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UK price £ 1,50 Week- e n d Chopin Poète ou héros ? Culture page 19
UK price £ 1,50 Week- e n d Chopin Poète ou héros ? Culture page 19

Week- end

Chopin

Poète ou héros ?

Culture page 19

Eric Besson

« La sécurité reste une priorité absolue »

Entretien page 8

« TéléVisions »

a Le nouvel humour d’Arte

a Henri IV, star de téléfilm lm

Supplément

d’Arte a Henri IV, star de téléfilm lm Supplément Dimanche 7 - Lundi 8 mars 2010

Dimanche 7 - Lundi 8 mars 2010 - 66 e année - N˚20254 - 1,40 ¤ - France métropolitaine - www.lemonde.fr

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Fondateur : Hubert Beuve-Méry - Directeur: Eric Fottorino

Fondateur : Hubert Beuve-Méry - Directeur: Eric Fottorino 100 e Journéeinternationaledu8-Mars Où en sontles

100 e Journéeinternationaledu8-Mars

Où en sontles femmes?

e Journéeinternationaledu8-Mars Où en sontles femmes? La Journée internationale de la femme sera célébrée,

La Journée internationale de la femme sera célébrée, lundi 8mars, pourla centième fois.Lan- cée en 1910 par des militantes de l’Interna- tionale socialiste, cette journée particuliè- re est devenue un rendez-vous universel, officialisé par l’ONU, et l’occasion de s’in- terroger sur la situation des femmes. C’estce que fait LeMonde dans ce numé- ro spécial qui, au fil des rubriques, dresse un état des lieux contrasté : les progrès, les blocages, les promesses à tenir, les com- bats à mener et les rêves à poursuivre.

a Dans le monde. L’ONU envisage de

créer une agence spécialisée pour donner

plus de cohérence à son action en faveur des droits des femmes. Mais les pays du Sud sont réticents, et le projet tarde à se concrétiser. Planète P. 4

a Dans les institutions. Du Parlement

au cabinet de l’Elysée en passant par les

académies, les hommes restent large- ment majoritaires. Un groupe féministe, La Barbe, mène avec humour une action très sérieuse pour dénoncer la trop lente féminisation de la République.

France P. 10

a Dans l’économie. Accès aux grandes

écoles, postes à responsabilité, salaires les discriminations persistent. Mais les femmes n’hésitent plus à créer leur entre- prise. D’ailleurs, la crise aurait-elle eu lieu si Lehman Brothers s’était appelé Leh- man Sisters ? Analyse P. 2,

Enquête P. 16, Focus P. 17, Chronique Economie P. 26

a Sur les scènes. Des artistes se mobili-

sent pour défendre la place des femmes

en haut de l’affiche.

Culture P. 18

a Dans les têtes. La femme, son âge, son

corps et le regard des hommes.

Débats P. 15, &Vous P. 21

RICHARD PAK POUR « LE MONDE »
RICHARD PAK POUR « LE MONDE »

Lescombatsduféminismevuspar unenouvellegénération

a Témoignages. L’une a 24 ans et veut devenir journaliste, l’autre a 26 ans et un master d’histoire : Widad Ketfi [au pre- mier plan] et Faïza Zerouala font partie des jeunes signatures du Bondy Blog, qui raconte la banlieue depuis la crise de l’automne 2005. Pour Le Monde , à l’occasion du 8-Mars et des 40 ans du Mou-

vement de libération des femmes (MLF), elles ont écrit deux textes où elles rejettent à la fois le féminisme quand il devient « fanatisme » et le modèle de l’ « executive maman » parfaite qui assume aussi bien ses ambitions professionnelles que sa maternité. Comme l’écrit Faïza Zerouala, «les femmes ne pen- sent pas comme un seul homme » . Page Trois

LesIrakiensvotent, GordonBrown exprimedes regrets

Proche-Orient Les Irakiens devaient élire leurs députés dimanche 7 mars. L’invasion du pays continue de faire polémique outre-Manche, où le premier ministre a reconnu qu’il aurait fallu mieux préparer la reconstruction. P.5, 11 et l’éditorial p.2

CatherineAshton

faceauxcritiques

desVingt-Sept

UE La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères participait vendredi 5 mars à une rencontre à Cordoue, en Espagne, avec ses homologues des pays membres. Elle a dû s’expliquer sur son rôle et sur ses actes. P. 7

Bêtesàconcourset

retapepolitiqueau

Salondel’agriculture

Régions Pendant dix jours, hommes et femmes politiques, candidats ou non aux régionales, se sont succédé porte de Versailles dans la « plus grande ferme de France », où Nicolas Sarkozy était attendu de pied ferme samedi 6 mars. Récit. P.9

était attendu de pied ferme samedi 6 mars. Récit. P.9 Leregard de Plantu Demaindans 0123 «Le

Leregard de Plantu

pied ferme samedi 6 mars. Récit. P.9 Leregard de Plantu Demaindans 0123 «Le Monde Economie» Quelle

Demaindans 0123

«Le Monde Economie» Quelle est la région la plus endettée? Où dépense-t-on le plus pour la santé, l’éducation, les transports? Les budgets des conseils régionaux passés au crible

Les budgets des conseils régionaux passés au crible AuChili, lacafouilleuse gestionpolitique duséisme Santiago

AuChili,

lacafouilleuse

gestionpolitique

duséisme

Santiago du Chili Envoyé spécial

C ombien de Chiliens ont péri

dans le séisme et le tsunami

qui ont dévasté le centre-

sud de leur pays le 27 février ? Le saura-t-on jamais avec une totale précision ? Une semaine après la catastrophe, et alors que trois vio- lentes répliques ont frappé, ven- dredi 5 mars, la région de Concep- cion, un doute a soudain surgi. Jusqu’à présent, les autorités faisaient état d’un chiffre provi- soire avoisinant 800 morts. La présidente de la République sor- tante, Michelle Bachelet, laissait entendre que ce bilan s’alourdi- rait. Or elle fut la première, jeudi, à réduire de près de moitié le nom- bre des morts dans les zones les plus affectées. Vendredi, après une reprise en main des services responsables par la présidence, le vice-ministre de l’intérieur, Patricio Rosende, a énuméré une première liste de 279morts pourl’instant «officielle- ment identifiés ». Jean-Pierre Langellier

a Lire la suite page 5

». Jean-Pierre Langellier a Lire la suite page 5 Algérie 150 DA, Allemagne 2,00 ¤, Antilles-Guyane
». Jean-Pierre Langellier a Lire la suite page 5 Algérie 150 DA, Allemagne 2,00 ¤, Antilles-Guyane

Algérie 150 DA, Allemagne 2,00 ¤, Antilles-Guyane 2,00 ¤, Autriche 2,40 ¤, Belgique 1,40 ¤, Cameroun 1 500 F CFA, Canada 4,25 $, Côte d’Ivoire 1 500 F CFA, Croatie 18,50 Kn, Danemark 25 KRD, Espagne 2,00 ¤, Finlande 2,50 ¤, Gabon 1 500 F CFA, Grande-Bretagne 1,50 £, Grèce 2,20 ¤, Hongrie 700 HUF, Irlande 2,00 ¤, Italie 2,20 ¤, Luxembourg 1,40 ¤, Malte 2,50 ¤, Maroc 10 DH, Norvège 25 KRN, Pays-Bas 2,00 ¤, Portugal cont. 2,00 ¤, Réunion 2,00 ¤, Sénégal 1 500 F CFA, Slovénie 2,20 ¤, Suède 30 KRS, Suisse 3,00 CHF, Tunisie 2,00 DT, Turquie 6,00 TL, USA 3,95 $, Afrique CFA autres 1 500 F CFA,

0123

Dimanche 7 - Lundi 8 mars 2010

International 5

0123 Dimanche 7 - Lundi 8 mars 2010 International 5

AuChili,lescafouillages politiquesont retardé lessecours aprèsleséisme

Laprésidente,MichelleBachelet,ahésitéavant d’envoyer l’arméemaintenirl’ordre dansles régions ravagées

aaa Suite de la première page

Puis une autre dans la soirée, qui portele bilanprovisoire à452 victi- mes. Il n’a ni évoqué une baisse du bilan total, ni mentionné le nom- bre des disparus. Ce flou statisti- que résulte d’une confusion initia- le entre les morts et les disparus. Elle fait suite à plusieurs faux pas. Très vite, la marine avait fait son mea culpa en reconnaissant une erreur de diagnostic. Situant l’épicentre du séisme sur terre, et non en mer, elle avait écarté le ris- que de tsunami au moment mêmeoùdes vaguesgéantesdéfer- laient, meurtrières, sur le littoral. Vendredi, le chef du service d’hy- drographie et d’océanographie de la marine, responsable de cette erreur, Mariano Rojas, a été limo- gé. Une enquête a été ouverte. D’autres cafouillages ont une dimension plus politique car ils ont donné lieu à des versions contradictoires entre M me Bache- let et les chefs de l’armée. La prési- dente affirme avoir attendu qua- tre heures un hélicoptère avant de pouvoir partir survoler les régions sinistrées; les militaires répondent que l’appareil était

Océan BOLIVIE BRÉSIL Pacifique PARAGUAY CHILI ARGENTINE Séisme du 27 février de magnitude 8,8 Santiago
Océan
BOLIVIE
BRÉSIL
Pacifique
PARAGUAY
CHILI
ARGENTINE
Séisme du 27 février
de magnitude 8,8
Santiago
URUGUAY
Talcahuano
Concepcion
Océan
Atlantique
800 km

prêt bien avant. M me Bachelet dit avoir signé le décret instaurant « l’état de catastrophe » dès le dimanchematin;l’armée parle de l’après-midi. Même désaccord concernant l’imposition trop tar- dive du couvre-feu, que l’armée, selon M me Bachelet, n’aurait pas jugé nécessaire. Ces dissonances s’expriment à fleurets mouchetés. Elles témoi- gnent des hésitations de la prési- dente, pendant vingt-quatreheu- res, à faire appel pleinement à l’ar-

deux régions sinistrées, et notam- ment du couvre-feu. Elle a la char- ge de deux millions de personnes.

Elle a été bien accueillielorsqu’elle

a commencé à distribuerles vivres

et à traquer les pillards. Des convois blindés et des camions militaires ont été applaudis. Le général Bosco Pesse, commandant des opérations, s’est réjoui publi- quement de cet accueil. Une partie des soldats est com- posée dejeunes qui accomplissent

leur servicemilitaire et qui étaient

Unesemaine après lacatastrophe, undoute est apparu surlenombre demorts,qui a été revu àlabaisse

peine nés à la fin de l’ère Pino- chet. L’armée semble avoir fait preuve de discernement dans sa répression des pillages, distin-

à

guantlesdélinquants«profession-

nels » des autres contrevenants. Elle a procédé à quelque 300 arres- tations, dont des prisonniers qui avaient été libérés par décision

«humanitaire » avant le tsunami par le directeur de l’établissement où ils étaient incarcérés. Les trois fortes répliques (de 6,

mée, avant que l’ampleur même dela catastrophe neluilaissât plus aucun autre choix. Cette décision

6,2 et 6,6 sur l’échelle de Richter)

aussi divisé le gouvernement. « Pour une coalition qui a lutté contre la dictature militaire, l’idée demettreles soldats dansla rue n’a pas été facile », avoue le ministre des travaux publics, Sergio Bitar. Et d’abord pour M me Bachelet, tor- turée pendant la dictature, contrainte à l’exil avec sa mère, et dont le père est mort en prison. Ces atermoiements ont eu un prix. L’aide n’a commencé à arri- ver sur place que trois jours après le séisme ; entre-temps, les pillards s’étaient déchaînés et des familles dans le besoin s’étaient servies au passage. Pour la première fois depuis le rétablissement de la démocratie, en 1990, l’armée est responsable du maintien de l’ordre dans les

a

survenues vendredi matin ont semé un début de panique à Concepcion, sans faire ni victimes

ni

dégâts importants. La maire de

la

ville, Jacqueline Van Rysselber-

ghe, voit dans ces répliques, nor- males en pareille situation – plus de deux cents se sont déjà produi-

tes –, une raison majeure pour « accélérer la démolition des bâti- ments » endommagés. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, en visite à Santiago,

a

annoncé, vendredi, l’octroi au

Chili de 10millions de dollars et appelé à l’aide de la communauté internationale. Il devait se rendre samedi à Concepcion et dans le port, dévasté, de Talcahuano. M me Bachelet a décrété, à partir de dimanche, un deuil national de

a décrété, à partir de dimanche, un deuil national de Des policiers patrouillent dans les rues

Des policiers patrouillent dans les rues de Concepcion, détruite en grande partie par le séisme. La plupart des 220 000 habitants de la deuxième ville du pays sont sinistrés. KYODO/SIPA

trois jours. Elle a annoncé que la passation de pouvoirs, le 11mars, à sonsuccesseurdedroite, Sebastian Piñera, sera «austère et simple ». Les réjouissances populaires

sontsupprimées.Lacérémonieoffi-

cielle aura lieu, comme c’est l’usa-

ge, au Parlement, en présence de délégations étrangères, dont l’invi- tation a été maintenue. La France sera représentée par saministre de l’économie, Christine Lagarde. p Jean-Pierre Langellier

Pour le FMI, le séisme affectera peu la croissance

Le séisme qui a frappé le Chili le 27 février ne devrait pas avoir d’effets majeurs sur sa croissan- ce, a déclaré, jeudi 3mars à Wash- ington, Caroline Atkinson, porte- parole du Fonds monétaire inter- national (FMI). « Le gros effet» de la catastrophe « est son coût humanitaire et social immédiat», a-t-elle précisé. L’activité des

mines de cuivre a repris évitant une perturbation de la produc- tion de ce métal dont le Chili assure près de 30% de l’offre mondiale. En septembre2009, le FMI estimait que l’économie chilienne devrait croître de 3,6% en 2010. Le Chili compte sur des prêts internationaux pour sa reconstruction. – (AFP.)

prêts internationaux pour sa reconstruction. – (AFP.) M.Browndéfendlebien-fondédelaparticipationde Londres àla

M.Browndéfendlebien-fondédelaparticipationde Londres àla guerre en IrakdevantlacommissionChilcot

Le premierministrejuge quelesAméricains ontmal préparéla reconstruction du pays

Londres

Correspondante

I l n’était pas prévu que la com-

mission Chilcot, chargée de fai-

re la lumière sur les conditions

de l’intervention britannique en Irak, entende Gordon Brown aussi tôt. Soucieuse de maintenir une neutralité politique, la commis- sion souhaitait interroger l’actuel premier ministre après les élec- tions législatives prévues d’ici juin. Sous la pression de l’opinion publique,M.Brown s’est livré à cet exercice, vendredi 5mars. Gordon Brown était le ministre des finances de Tony Blair en mars2003,lorsque des soldats bri- tanniques, aux côtés des Améri- cains, envahirent l’Irak sans man- dat des Nations unies. Jusqu’à son audition, Gordon Brown avait tou- jours soigneusement évité d’abor- der un sujet aussi polémique, et qui a sans aucun doute contribué au départ de son prédécesseur. C’est donc sous la contrainte qu’il a fini par accepter qu’une commis- sion s’y consacre, en menant des auditions publiques. Vendredi, pendant plus de qua- tre heures, il a répondu aux ques- tions.M.Blair «a prislabonnedéci- sion pour de bonnes raisons », a-t-il jugé, même si «je pense qu’entrer en guerre est la plus grave des déci- sions à prendre ». Après avoir ren-

du hommage aux 179 soldats de Sa Majesté morts dans ce conflit, il s’est justifié: « Nous ne pouvons pas avoir une communauté inter- nationale qui fonctionne bien si nous avons des terroristes qui

enfreignent ses règles, des Etats bel- liqueux qui refusent d’[y] obéir. » M. Brown a néanmoins expri- mé un regret. Contrairement à M. Blair qui avait déclaré, lors de son audition, n’en avoir « aucun ».

Il regrette de « n’avoir pas réussi à

convaincre les Américains de mieux préparer la reconstruction de l’Irak », qui a sombré dans un véritable chaos après l’invasion de mars 2003. « C’était essentiel, autant que la préparation de la guerre », a-t-il poursuivi. En revanche, le premier minis- tre a nié avoir cherché à faire des économies sur le dos des troupes déployées en Irak. Plusieurs res-

ponsables militaires, ainsi que l’ancien ministre de la défense Geoff Hoon, l’ont accusé d’avoir limité les moyens de l’armée et d’avoir ainsi exposé les soldats envoyés au front à des risques inu- tiles. Il était d’autant plus attendu sur la question que le même pro-

M.Brown anié avoir cherché à faire

des économies surledosdes troupes

cès lui est fait au sujet de l’actuelle guerre en Afghanistan. « Toutes les demandes d’argent que nous ont faites les militaires ont été agréées. Aucune n’a jamais essuyé le moindre refus » , a-t-il affirmé. De nombreux témoigna- ges décrivent, au contraire, une

Al-Qaida en Irak proclame un « couvre-feu»

L’Etat islamique en Irak, la bran- che locale d’Al-Qaida, a procla- mé, vendredi 5mars, un « couvre- feu» pour dimanche, afin d’em- pêcher la tenue des élections législatives qui doivent avoir lieu ce jour-là, selon le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE. L’Etat islamique en Irak avertit que quiconque enfreindra ce

couvre-feu « s’exposera à la colè- re d’Allah et à toutes les sortes d’armes des moudjahidins » . «Participer aux élections n’a-t-il jamais fait autre chose que de rendre les sunnites plus faibles et moins avantagés ? » , lance Al-Qaida, qui s’en prend aux lea- ders chiites, coupables, selon l’organisation, de vouloir « asser- vir» les sunnites d’Irak.

arméebritannique souffrant, com- me aujourd’hui en Afghanistan, d’un manque d’hélicoptères et de la piètre qualité de ses véhicules blindés. Dès la mi-2002, a expli- qué M. Brown, il avait assuré à MM.Blair et Hoon quele Trésor ne chercherait pas «à écarter telle ou telle option militaire au motif qu’elle serait trop onéreuse ». Pro- messe tenue, a-t-il affirmé, même s’il a reconnu que le coût de la guerre (8milliards de livres, soit 8,9milliards d’euros) ne lui avait pas facilité la tâche. L’ancien chancelier de l’échi- quier a implicitement mis en cau- se les hauts gradés de l’armée, qui n’auraient pas su évaluer correcte- mentleurs besoins. « Ce n’est pas à moi de décider de quels types de véhicules les militaires ont besoin sur le terrain », a-t-il dit. Dans une interview au Times, vendredi, le général Guthrie of Craigiebank, chef des forces armées entre 1997 et 2001, a jugé quant à lui que «le fait de n’avoir pas financé l’armée comme elle le demandait a incontestablement coûté des vies ». Après l’invasion en Irak, des hauts gradés du ministère de la défense avaient d’ailleurs menacé de démissionner pour protester contre des coupes budgétaires imposées par M.Brown. p Virginie Malingre

budgétaires imposées par M.Brown. p Virginie Malingre Quandchaque Israélien doitdevenirambassadeur L ’image

Quandchaque Israélien doitdevenirambassadeur

L ’image d’Israël à l’étranger ayant été flétrie par la guerre de Gaza, et la presse interna-

tionale s’obstinant, faut-il com- prendre, à présenter une vision biaisée de l’Etat juif, Yuli Edels- tein,ministre israélien de la diplo- matie publique et de la diaspora, s’est résolu à répliquer par… la cari- cature. Le résultat est visible sur le site officiel www.masbirim.gov.il. Avec un double message: délé- gitimer les correspondants en pos- te en Israël, et demander à tous les Israéliens de devenir les «ambassadeurs» de leur pays, grâ- ce à un viatique politique soigneu- sement orienté leur permettant d’«expliquer » (masbirim) Israël. Le site ministériel diffuse trois courtes vidéos satyriques: la pre- mière caricature un journaliste britannique qui arpente le désert avec ce commentaire: «Le cha- meau est un animal israélien typi- que utilisé par les Israéliens pour voyager d’un endroit à l’autre, dans le désert où ils vivent. »

Dans le second court-métrage, une présentatrice d’un journal télévisé français confond des scè- nes de guerre, «des tirs et d’impor- tantes explosions à travers tout le pays», avec ce qui n’est qu’un feu d’artifice. Le dernier clip présente une journaliste espagnole au milieu d’Israéliens réunis autour d’un barbecue: «La plupart des maisons israéliennes n’ont pas l’électricité ou le gaz, aussi utili-

se-t-on d’anciennesméthodes de cuisson.» Entre chaque vidéo, une voix insiste: «En avez-vous assez delamanière dont on nous présen- te dans lemonde? Vous pouvez changer cette image. » Ce programme gouvernemen- tal, qui a bénéficié d’un budget de 1,5million de dollars (1,1million d’euros), prévoit également la for- mation de 70 groupes de travail qui dispenseront une formation à tous ceux – sportifs, hommes d’af- faires, étudiants, conférenciers divers – qui peuvent devenir les «ambassadeurs » d’Israël. Dans cette vision officielle, les colonies dans les territoires pales- tiniens occupés, loin d’être un obstacle à la paix, sont décrites comme «un renouveau des anciennes colonies juives », et leur éventuelle évacuation comme une «violation des droits de l’hom- me». Et l’Autorité palestinienne est présentée comme « appelant à la destruction de l’Etat juif et à la guerre sainte ». La presse israélienne s’est éton- née que l’argent public puisse financer une campagne aussi outrancière, et Yariv Oppenhei- mer, secrétaire général de l’ONG israélienne Peace Now, a souli- gné, comme plusieurs éditorialis- tes, que celle-ci ne peut que ren- forcer une image négative d’Is- raël à travers le monde. p Laurent Zecchini (Jérusalem, correspondant)