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L’intention affirmée du ministre de l’aménagement du territoire et des

collectivités locales de favoriser un large consensus dans le cadre de la réforme
des textes de la décentralisation nous offre l’opportunité, en revisitant la pratique
depuis 1996, de livrer ci-après notre réflexion sur la question.
La consolidation de la décentralisation ne peut se faire sans la moralisation de la
pratique politique ;
Il faut bien le dire et surtout l’admettre, notre manière de faire la politique ne
nous honore pas toujours.
L’attitude n’est pas souvent marquée du sens des responsabilités basé sur un
engagement sincère, loyal et franc, au regard des normes et principes d’éthique
de comportement et non au service d’intérêts partisans.
Les prises de position sont dans bien des cas assujettis à des intérêts de
positionnement personnel d’où les volte-face déconcertantes dans les
déclarations.
On semble ne pas pouvoir prendre de la hauteur en se comportant en véritable
homme d’Etat.
La propagande politique se réduit le plus souvent à des rassemblements de
masses au cachet folklorique très prononcé pour servir à des démonstrations de
force ;
Le coût d’une telle pratique estimée à des centaines de millions entraine
forcément une gestion politicienne des fonds publics destinés au développement
ou des accointances avec des milieux mafieux.
La pratique politique a été aussi rendue médiocre par le fait que ce sont les
activistes de l’appareil de mobilisation des partis qui sont propulsés aux hauts
niveaux de responsabilité ;
Incapables de réfléchir sur les grands choix socioéconomiques à faire, ils ne
peuvent ni définir ni mener à terme des stratégies opérationnelles en prise sur
les grandes questions de l’heure : éducation, formation, emploi, agriculture,
industrialisation, énergie, aménagement urbain…
L’une des répercussions les plus négatives est que, depuis très longtemps, dans
les partis, l’accent n’est plus mis sur l’éducation politique, sur les vertus
humaines permettant d’être un peuple capable de porter des dynamiques de
développement, sur l’éveil des mentalités en les préparant aux grandes
mutations qui bouleversent le monde d’aujourd’hui.
Les logiques d’accaparement, de confiscation et de rester au pouvoir le plus
longtemps possible impriment malheureusement une démarche politicienne au
détriment d’une dynamique de bonne gouvernance.
Ou bien on accède au pouvoir sans au préalable avoir mené une réflexion
sérieuse sur les grandes questions en rapport avec la problématique du
développement ; aucun dossier n’est ficelé pour être appliqué ; ce qu’on a appelé
programme n’était que simple profession de foi ;

il est devenu impérieux de réorganiser le dispositif de gestion des affaires publiques locales pour restituer pleinement aux populations leur devoir et leur pouvoir de participation. pour renouveler efficacement l’expérience. auxquelles il faudra trouver Un regard sur les différentes impasses de l’expérience en cours permettra de revenir sur les différents points. les priorités qu’elles assignent au budget et les règles de mise en œuvre de ce budget ? Comment tirer profit. C’est ce principe qui justifie le jeu des mandats limités. à prendre en considération. se contentant de gérer le quotidien. Quel mécanisme mettre en place pour se donner les moyens de discuter avec les populations les thématiques qui retiennent leur attention. missions et objectifs. . de toutes les ressources locales en vue d’un véritable sursaut ? Comment arriver à inscrire la gouvernance locale dans le cadre d’un contrat concrétisé par des conventions inscrites dans un tableau de bord partagé par les populations et les conseils élus ? Ce sont à notre avis les questions essentielles réponse dans cette refondation. en les valorisant. on prend le pouvoir pour le perdre et on l’exerce au service exclusif de sa communauté . la personnalité. Une absence de politiques sectorielles partagées à la base au niveau des quartiers au détriment d’une appropriation collective des projets et d’une participation volontaire à leur réalisation rendant ainsi l’action politique plus efficace et d’un meilleur impact. Relever les défis que nous impose la décentralisation passe forcément par une œuvre de rénovation locale pour l’émergence d’une véritable conscience citoyenne. La destinée de l’homme est la grandeur. nous ne devons pas trahir cette destinée pour laquelle l’homme a été créé. c’est pour pouvoir réconcilier sa dimension politique à sa dimension socioéconomique dans l’exaltation de l’objectif du mieux-être des populations. la dignité . on reste à la remorque des difficultés de l’heure. la progression faite. Une observation critique relève les points faibles ci-après constatés : - - Des conseils confisquant toutes les procédures de décision au risque de générer une véritable aristocratie locale au détriment de l’implication du plus grand nombre dans les processus de décision. On n’oublie que si nous avons choisi la démocratie. l’avancée démocratique notée . En démocratie. Or il ne peut y avoir de progrès dans la perversion de la chose politique. Il faut restituer à la décentralisation ses véritables principes.Par conséquent au lieu d’ouvrir des fronts pionniers pour anticiper sur les questions majeures. l’enjeu est le bilan présenté. Au regard des travers notés dans la pratique depuis 1996.

Ce découpage prendra aussi en compte l’histoire de leur implantation et les réalités urbanistiques. Inexistence d’une politique de communication entre élus et populations rendant ainsi la gestion opaque. la corruption au détriment d’une prise de conscience en faveur d’un mouvement citoyen fort. Absence de moments de contrôle social du réalisé terrain dans le cadre de l’exécution du budget ou de moments de bilan partagé au détriment des règles de transparence. .- - - - Faiblesse de la mobilisation de masse dans la mise en œuvre du budget au détriment d’un véritable sursaut local.A et maires de villes Opportunité de nouveaux transferts… L’appellation même de « ministère des collectivités locales » nous pose problème et révèle un état d’esprit d’un exécutif supra dominateur. floue et source de légitimes suspicions au détriment d’un apprentissage permanent des mécanismes de la démocratie. les passe-droits. d’un sens civique élevé. Une nomenclature budgétaire locale conçue en vérité pour permettre au chef du conseil local d’entretenir une clientèle politique Problème d’articulation entre le budget local et les autres organes de planification Manque de visibilité des expériences de terrain de bonnes pratiques pour servir de répertoire d’expertises à valoriser au niveau local Absence de mise en cohérence des interventions de la multitude d’acteurs ou de partenaires au détriment d’un cadre d’actions opérationnel intégré favorisant les relations de convergence et précisant les rôles et responsabilités des uns et des autres… D’autres points du débat d’ores et déjà rebattus peuvent être revisités en apportant aisément les correctifs nécessaires : - Faiblesse des moyens et des ressources qui accompagnent le transfert des domaines de compétences Lenteur excessive dans la mise en place des fonds légalement mis à disposition Absence d’harmonie et de cohésion dans le découpage de certaines collectivités locales Pouvoir de décision encore exorbitant des autorités centrales dans certaines compétences transférées Germes potentiels de conflits entre maires de C. Mentalité d’attente passive des populations ou clientélisme politicien basé sur le favoritisme. Un redécoupage des quartiers leur donnera plus de cohérence et de consistance géographique. La structure de participation du quartier sera l’outil de base du dispositif . Une autre question à verser dans le débat ! Notre conviction est que la gouvernance locale doit commencer au niveau des quartiers et des villages Le renforcement du processus de décentralisation que nous souhaitons mettrait en pôle position le quartier comme premier espace de participation .

Elles regrouperont les acteurs du processus et permettront une explication sur le travail effectué. cadre de vie… La plateforme locale des familles d’acteurs jouera le rôle de coordination participative. Par exemple santé. Elle sera l’interface entre les structures de participation des quartiers d’une part. . le conseil élu. la convivialité entre habitants du quartier Assurer la mission de contrôle des travaux et de l’exécution des projets dans le quartier Jouer le rôle de veille et d’alerte pour la sauvegarde des bonnes mœurs Un règlement intérieur organisera les modalités de composition. l’utilisation des ressources de la collectivité locale. éducation. les systèmes de décision et les axes thématiques à débattre. Ce processus mènerait vers une gouvernance à partir du quartier en faisant de la participation une responsabilité individuelle et collective de s’investir. les représentants des services déconcentrés de l’Etat. Ses missions seront - - Organiser le processus du dialogue par la tenue du forum d’élaboration du cadre d’actions opérationnel intégré à remonter sur la table du conseil municipal pour adoption Assurer le contrôle social dans l’exécution du budget Les réunions publiques de compte rendu seront les moments et les espaces d’évaluation. la définition du nombre de plénières. de fonctionnement. leur périodicité. après confrontation des opinions. l’état d’avancement de la planification validée. de sensibilisation et de formation prévoir et gérer les conflits contribuer à renforcer les liens sociaux. les représentants des associations professionnelles et les partenaires au développement.il doit être conçu pour rendre au citoyen son pouvoir et son devoir de participation. des initiatives porteuses de développement local déterminer les priorités à mettre en œuvre et finaliser la proposition budgétaire à présenter au forum de restitution et de débat d’orientation budgétaire servir de cadre d’information. Ses missions peuvent être de : - - fédérer tous les acteurs de la communauté sans exclusive organiser une concertation sur tous les domaines de la vie du quartier permettre l’expression des différents points de vue proposer. les difficultés rencontrées et toute autre question diverse. un acte d’engagement au service de sa communauté.