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PARANOÏA

La pensée sectaire en
noir/blanc
Parmi les différentes manipulations qui sont utilisées par ces
groupes, je voudrais parler aujourd'hui en particulier sur ce
que beaucoup de spécialistes appellent le "dualisme de la
pensée sectaire totalitaire".
Chaque groupe sectaire totalitaire enseigne aux personnes
comment penser en acceptant les principes du groupe. Dans
ces principes tout est noir ou blanc. Le gris ou les autres
couleurs n'existent pas. La vie des adeptes est dirigée par la
secte.
La secte dit blanc, les adeptes pensent blanc. La secte dit noir,
les adeptes pensent noir ; il n'est pas possible pour eux de
pouvoir penser par eux-mêmes. La secte ne tolère pas qu'ils
regardent une couleur différente. Dans la logique des groupes
sectaires, l'adepte est manipulé d'une manière tellement
abusive, qu'il finit par être absolument persuadé qu'il a raison
et que les autres sont dans l'erreur et qu'ils ont tort.
Pour une personne qui a été manipulée de cette manière, il est
très difficile de reprendre une vie normale dans la société. Au
début elle a toujours tendance à penser dans cette logique
dualisme où tout est blanc ou noir.
Pour un ex-adepte d'un groupe sectaire il n'est pas facile de
chercher sa propre réponse et aussi d'accepter que les autres
n'aient pas la même réponse. Il lui est difficile d'être tolérant.
Dans la logique sectaire vous êtes l'ami ou l'ennemi, de Dieu
ou du Diable. Il n'y pas de place pour les nuances. Il lui est
difficile d'admettre que dans la vie la pluralité existe. Il lui faut
du temps pour apprendre à réfléchir sur des questions difficiles
dont la pluralité de sens ne permet pas une interprétation sans
équivoque. Lorsqu'il retourne dans notre société, au départ il
peut être paniqué de se retrouver dans un monde où les
réponses ne sont pas claires et précises. Il lui faudra un long
entraînement pour sortir de ce piège qu'est le dualisme de la
pensée sectaire.
Wendy Ford qui est Américaine et ancienne adepte d'un
groupe sectaire totalitaire chrétien dans son livret « Recovery
from Abuse Group », édition de l'American Family
Foundation, page 41, explique comment elle a pu surmonter ce
difficile problème :
"Pour démanteler cette logique du tout ou rien, chaque fois
que je me trouvais confrontée à une question ou un problème,
j'essayais de voir différentes réponses. De chercher s'il y avait
une autre couleur que le blanc et le noir. Ceci est devenu ma
question favorite, cela m'aide beaucoup dans mon combat
pour me défaire de longues années dans un monde de noir et
blanc. Grâce à cela on peut comprendre que la vie est remplie
de nuances. Pour renforcer ce point je suis allée moi-même, un
jour, dans un magasin de décoration et j'ai regardé le nombre
de nuances de couleur allant du blanc au gris et au noir. Il y
avait des dizaines de nuances de couleurs. Ce jour-là j'ai
réalisé que la vie est plus riche que le noir et le blanc ....
Je me suis posé de simples questions « Dois je prendre un
toast ou deux ? » : Pourquoi pas un demi » ?, « Devrais-je aller
au concert ou rester à la maison ? » : Pourquoi ne pas aller au
concert et quitter plus tôt si vous le voulez ? » Devrais-je être
heureux ou triste ? » Pourquoi pas quelque chose entre les
deux ?
Entre les deux peut paraître étrange après tant d'années dans
un monde de noir ou blanc. Mais j'ai fini par prendre
confiance en moi, même si je n'avais pas toutes les réponses et
sans connaître quelqu'un qui les a. J'ai compris qu'il n'y avait
aucun problème à cela ....
La vie est pleine d'ambiguïtés. La vie est pleine de couleurs et
chaque couleur a un vaste éventail de nuances. Pour s'habituer
à l'ambiguïté il faut du temps. Quand vous commencez à vous
sentir à l'aise dans le gris, un monde bien plus coloré s'ouvre à
vous, plus coloré et plus complexe.... ».
Mon ami américain Steve Hassan, ancien adepte de la secte
Moon, et qui est maintenant l'un des meilleurs spécialistes sur
les problèmes des groupes sectaires totalitaires explique très
bien cette manière de penser des sectes où la réalité est
toujours noire ou blanche dans son livre « Protégez-vous
contre les sectes », édition du Rocher, page 138 « Même les
doctrines les plus complexes réduisent finalement la réalité à
deux pôles : le noir opposé au blanc, le bien opposé au malle
monde spirituel opposé au monde physique, « nous » à « eux
». Il n'y a jamais de place pour le pluralisme. La doctrine ne
reconnaît aucun autre groupe comme valable (bon, divin, réel)
parce que cela menacerait le monopole de la secte sur la
vérité. Il n'y a pas de place non plus pour l'interprétation ou la
déviation.
Si la doctrine ne fournit pas une réponse directe, le membre
doit demander au chef. Si le chef n'a pas de réponse, il peut
toujours s'en sortir en qualifiant la question de sans
importance ou d'incongrue. L'ennemi peut varier d'un groupe à
l'autre. Cela peut-être une institution politique et économique
(le communisme, le socialisme, le capitalisme), les psychiatres
ou des entités métaphysiques comme Satan, les esprits, des
créatures extraterrestres ou simplement les dures lois de la
nature. Les diables en tous genres habitent les corps des
parents, des amis, des ex-membres, des journalistes et de tous
ceux qui s'opposent au groupe. Les « grandes conspirations »
ourdies contre le groupe sont, bien entendu, la preuve de son
importance.
Certains groupes cultivent une paranoïa qui consiste à faire
croire à leurs membres que des esprits les observent en
permanence, prenant possession d'eux dès qu'ils pensent ou
sentent d'une façon non autorisée. Un chef mooniste a
emmené des autobus entiers de membres voir le film
l'Exorciste, qui montrait d'horribles scènes de possession
démoniaque. Il leur a dit ensuite que le même sort les attendait
s'ils quittaient le groupe. Le film a servi d'instrument
merveilleux pour créer une phobie. »
Comme l'explique Steve Hassan : « Même les doctrines les
plus complexes réduisent finalement la réalité à deux pôles : le
noir opposé au blanc, le bien au mal, le monde spirituel au
monde physique, nous à eux ».
Dans le christianisme aussi nous trouvons dans certaines
églises, dénominations et aussi communautés cette manière de
penser ou la réalité et noire ou blanche. Où rien d'autre n'est
accepté, excepté une certaine interprétation biblique. A partir
de cette interprétation chaque chose est jugée «blanc ou noir ».
Le plus grand problème dans cela est que les chrétiens qui
pensent comme cela ne peuvent jamais voir la réalité des
choses. Ils ne la voient qu'à parti de leurs lunettes bibliques.
De ce fait il en résulte beaucoup de discriminations.
La Bible nous dit que Dieu a créé le monde. Le petit Larousse
illustré 1993 explique, que le monde est l'ensemble de tout ce
qui existe ; l'univers. Chaque chose qui existe a été créée par
Dieu. Les couleurs aussi. Dans la Genèse ch. 1 v. 31 il est écrit
: Dieu vit tout ce qu'il avait fait, cela était très bon...
Tout était très bon, donc toutes les couleurs avec leurs
différentes nuances aussi. Voici un point très important que
beaucoup qui se disent chrétiens devraient profondément
méditer. Dieu n'a pas créé que le blanc et le noir, mais un
nombre considérable de couleurs avec leurs nuances. Pour
permettre à chaque être humain de choisir sa couleur et de
pouvoir dire en toute liberté : j'aime le rouge, le jaune, le vert,
le blanc, le noir, etc. Lorsque que Dieu a fait son alliance avec
Noé, tous les êtres vivants et les générations à venir, le signe
de l'alliance qu'il a choisi n'est pas un arc-en-ciel seulement
blanc et noir. Mais un arc en ciel composé des sept couleurs,
avec toute l'infinité de leurs nuances. Ceci représente l'amour,
la tolérance, la pluralité, et l'anti-discrimination de Dieu et
Jésus Christ.
Que certains chrétiens ne veuillent voir la Bible qu'en noir et
blanc cela ne me dérange pas, ils sont libres. Mais qu'ils
blessent profondément d'autres personnes parce que celles-ci
préfèrent une couleur différente de la leur est une chose
inacceptable. Avant d'accuser que cette personne n'est pas
chrétienne, n'a pas la foi, ou que sur tel forum il n'y pas Jésus-
Christ, elles feraient bien de réfléchir si elle ne portent pas les
dangereuses lunettes de la pensée dualiste des groupes
sectaires totalitaires.
Pascal Zivi
Note de Claire Poujol : Pascal Zivi habite au Japon depuis 23 ans. Il est chrétien.
Depuis seize ans il travaille sur le phénomène des groupes sectaires totalitaires et
de leurs manipulations. Il a écrit en mai 2002 un livre (en japonais) " L'abus
spirituel ".
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La paranoïa des groupes


sectaires
Les groupes sectaires totalitaires sont dirigées par des gourous
qui pour la plupart du temps dans leurs manières de faire et de
parler à leurs adeptes ont des comportements bizarres et
dangereux.
Un gourou de groupe sectaire totalitaire a toujours des
tendances paranoïaques. Malheureusement il n'y a pas que les
gourous de ces groupes qui sont paranoïaques. Dans toutes les
religions nous rencontrons des personnes qui bien qu'elles ne
soient pas des gourous ont le même comportement
paranoïaque. Ces personnes se rencontrent aussi dans toute la
chrétienté.
Dans son livre "la mécanique des sectes, document Payot"
Monsieur Jean-Marie Abgrall psychiatre, criminologue au
sujet de la paranoïa d'un gourou explique : « Il n'y a pas de
gourou sans paranoïa. C'est cette psychose qui lui donne le
sentiment d'être différent du reste de l'humanité. C'est elle
aussi qui va lui donner la conviction qu'il a un rôle de leader et
de guide à jouer. Il s'agit là d'une pathologie de la personne
caractérisée par quatre critères que la psychiatrie connaît
depuis longtemps : l'hypertrophie du moi, la fausseté du
jugement, la méfiance et la psychorigidité ....
1 : L'hypertrophie du moi
Il s'agit du classique moi je. La totalité du monde doit se
trouver a l'affût des désirs du gourou, qui deviennent
l'expression de la volonté divine, et de sa pensée, qui devient
le reflet de la vérité absolue. Construction égocentrique qui
voue aux gémonies tout ce qui n'est pas a lui : 'Hors de moi
point de salut' (ou hors de ma manière de voir les choses). En
toute modestie, Moon se présente à ses disciples comme « le
plus grand homme de l'univers, un géant, le prince de Dieu
envoyé à la plénitude des temps ».
C'est ce caractère para-divin qui lui donne l'impression d'être
éternel et lui permet de s'imposer à ses disciples, car il défie la
mort et nie le caractère limité de son influence spatiale et
temporelle. C'est ce sentiment d'éternité qui autorise la
création de rituels sacrificiels morbides et qui explique en
partie la dévotion des disciples. Une dévotion qui peut les
entraîner dans la mort ....
2 : La fausseté du jugement
Pour faire sourire, les discours des gourous n'en sont pas
moins porteurs d'illogismes et d'absurdités aux conséquences
dramatiques tels que le meurtre ou le suicide. Le faux
jugement s'alimente de superstitions, de paralogisme,
d'incompréhension du réel et d'interprétations abusives. Il tend
à remplacer les éléments de cohérence de la société par
l'incohérence du discours sectaire. C'est lui qui représente le
fondement de la secte. Faire la preuve de l'incohérence du
jugement d'un gourou entraîne la remise en question de la
secte, car c'est s'attaquer à l'épine dorsale du système, à la
crédibilité du leader, a la valeur même des idées qui cimentent
le groupe. Ces aberrations de jugement se retrouvent dans tous
les secteurs de la pensée, et c'est autour d'elles que se
construisent les raisonnements paralogiques de la secte ; ce
sont elles qui secrètent des vues contraires à la logique la plus
élémentaire .....
3 : La méfiance
La mise en accusation par l'extérieur suscite chez le gourou un
sentiment de défiance à l'égard de tous, sentiment qui va être
renforcé par le fait que ces disciples sont convaincus qu'il est
persécute à cause de son savoir et de son pouvoir. Il existe un
auto-entretien de la méfiance, véritable phénomène de feed-
back entre disciples et gourou. La soumission des premiers
persuade le second qu'il est dans le droit et le juste chemin ; en
retour, il les entretient dans la conviction délirante que le
monde extérieur les persécute. Cette méfiance peut s'exercer à
l'égard d'une communauté donnée ou l'ensemble de la
population ou, mieux encore, envers les alentours cosmiques
dans lesquels serait immergée la secte... Cette dynamique de
méfiance généralisée est à la base d'un système manichéen sur
lequel va reposer la psycho-dynamique du groupe et son
leader, et qui va culminer dans des délires paranoïaques...
4 : La psychorigidité
Quels que soient les arguments développés à l'encontre de sa
pensée, le gourou est pénétré de la conviction que seul son
raisonnement est fiable, et que lui seul détient la vérité. Rien
ni personne ne le fera changer d'avis. Pour lui, le discours tenu
par la société et visant à le contrarier n'est que l'expression de
la bêtise humaine. Non seulement les arguments qui lui sont
contraires ne le font pas ciller, mais au contraire ils alimentent
ses thèmes et le poussent à des raisonnements paralogiques ;
l'opposition rencontrée n'est que le signe de l'incompréhension
du monde, incapable à ses yeux, d'analyse sereine… » (Fin de
la citation)
J'ai rencontré des chrétiens qui ont des tendances paranoïaques
comme Monsieur Jean-Marie Abgrall l'explique. En général
ces chrétiens croient qu'ils ont reçu de Dieu un ou des dons
spéciaux. Grâce a ces dons ils pensent détenir la vérité et que
seuls leurs raisonnements sont fiables. Il n'y a que leur
interprétation de la Bible qui est juste. Dans leur délire
paranoïaque ils utilisent les paroles de la Bible toujours en
dehors de leurs contextes pour juger, condamner,
excommunier, faire de la discrimination, des abus spirituels.
S'ils rencontrent une opposition de certaines personnes, ils
deviennent menaçants. Ils harcèlent ces personnes, par lettres,
téléphone, e-mail, etc. Ils peuvent aussi demander à des amis
(amies) qui partagent leurs idées de les aider pour faire le
harcèlement. Bien entendu ils font cela au nom de Dieu et du
Christ et pour se justifier ils utilisent les paroles de la Bible.
Certains de ces chrétiens peuvent parfois utiliser la violence.
Comme le dit Monsieur Jean-Marie Abgrall : "Non seulement
les arguments qui leur sont contraires ne les font pas ciller,
mais au contraire ils alimentent leurs thèmes et les poussent à
des raisonnements paralogiques ; l'opposition rencontrée n'est
que le signe de l'incompréhension du monde, incapable, à
leurs yeux, d'analyse sereine... "
Pascal Zivi
Note de Claire Poujol : Pascal Zivi habite au Japon depuis 23
ans. Il est chrétien. Depuis seize ans il travaille sur le
phénomène des groupes sectaires totalitaires et de leurs
manipulations. Il a écrit en mai 2002 un livre (en japonais) "
L'abus spirituel ".

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