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Université des Sciences et de la Technologie Houari
Université des Sciences et de la Technologie Houari

B

Faculté de Génie Mécanique et de Génie des Procédés

Filière Génie des Procédés (GP) 3 ème année LMD :

Génie Chimique Froid & Cryogénie Raffinage & Pétrochimie Génie de l’Environnement

o

u

m

e

d

i

è

n

e

Transfert Thermique

2012/2013

Fait par : M. Y.K. BENKAHLA

Transfert Thermique

I. Généralités sur le transfert thermique

II. Transfert thermique par conduction III. Résistance au transfert : La convection thermique

IV. Echangeurs thermiques

V Transfert thermique par rayonnement

M. Y.K. BENKAHLA

2

Transfert Thermique

Programme :

I. Généralités sur le transfert thermique

IV. Echangeurs thermiques

I.1

Introduction

IV.1 Description des principaux types d'échangeurs

I.2

Champ de température et gradient de température

thermiques

I.3

Flux thermique et densité de flux thermique

a) Echangeurs double tube

I.4

Modes de transmission thermique

b) Echangeurs à faisceau et calandre

II. Transfert thermique par conduction

c) Echangeurs à plaques

II.1

Conduction thermique : Loi de Fourier

d)

Echangeurs refroidis par une circulation forcée

II.2

Conservation de l’énergie : Équation de l’énergie

d'air

II.3

Ecoulement stationnaire de chaleur

IV.2 Calcul des échangeurs tubulaires

II.4

Pas de résistance au transfert

a) Modes de fonctionnement des échangeurs

a) Mur plan

b) Mur composite multicouches : associations en séries et en parallèles

c) Conduite cylindrique creuse

d) Conduite gainée multicouches

b) Dimensionnement d'un échangeur de chaleur

c) Etude du transfert thermique

d) Différence de température moyenne

e) Coefficient de transfert thermique global

f) Pertes de charge

e) Sphère creuse

V

Transfert thermique par rayonnement

V.2

f) Cas particuliers III. Résistance au transfert : La convection thermique

V.1 Introduction

III.1 Conductances partielles et globales de transfert par convection III.2 Loi de Newton

V.3

Lois du rayonnement Brillance et Corps noir

III.3 Conduite cylindrique recouverte d'un manchon isolant : Epaisseur critique d'isolation III.4 Détermination du coefficient thermique de convection

M. Y.K. BENKAHLA

3

II. Transfert thermique par conduction

Résumé de la conduction thermique unidirectionnelle

Tableau : Principaux résultats du transfert thermique en mode de la conduction, unidirectionnelle, en régime stationnaire et sans source interne de chaleur, dans les cas du mur, de l’épaisseur d’une conduite cylindrique et celle d’une sphère creuse. La conductivité thermique de ces trois milieux étant constante et uniforme.

   

Mur plan

 

Conduite cylindrique creuse

   

Sphère creuse

 

(de hauteur h, de largeur L et d’épaisseur e).

 

L >> D, transfert principalement radial.

 

Equation de la chaleur

dq

x

0

dx

2

d T(x)

dx

2

0



q

x

Cte

 

dT (x)

dx

Cte

k

dT

dx

1 d

r dr

1 d

r dr

r q

r

r

= 0

dT  

dr

0



r q

r

Cte 2

r

dT(r)

dr

Cte

L

1

r

d

dr

2

r

q

r

2

2

1

2

r


dr d  

r

= 0

dT  

dr

0



q

r

r

r

2

2

dT(r)

dr

Cte 4

Cte

Distribution des températures

 

T(x)

T 1

  T   x

 

e

   

T(r)

T

1

T

ln(r r ) 2 1
ln(r
r )
2
1
 T ln(r r ) 2 1 ln(r r ) 1

ln(r r )

1

 

T(r)

T

1

T

1

1

    1 r  1 r  r r 1 2 1
1 r
1 r
r
r
1
2
1
 
       

T

 

T

 

Flux thermique

 

kS

T

e

   

q

 

q

(W)

q

 
 ln  r r   2 1
 ln
r
r
2
1

2

k L

 
 1 r  1 r  1 2
1 r
1 r
1
2

4

k

 

Densité de flux (W/m 2 )

 

q

k

T

e

   

q

T

k

r

ln  r r  2 1
ln
r
r
2
1
 

q

T

k

 1 r  1 r   r 2 1 2
1 r
1 r
 r
2
1
2

Résistance

 

R

e

 

R

ln(r r ) 2 1
ln(r
r )
2
1
 

R

 1 r  1 r  1 2
1 r
1 r
1
2
 

thermique

 

kS

   

2

kL

 

4

k

Remarque : le flux thermique est fonction de la coordonnée radiale dans les cas de la conduite cylindrique et de la sphère.

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4

III. Résistance au transfert : la convection

III. Résistance au transfert : la convection

La conduction intervient seule lorsque le mélange de matière est inexistant. Cette situation ne se produit que pour un fluide immobile ou un fluide en écoulement

laminaire car dans ce cas les fluides restent alors parallèles entre eux.

Ce comportement ne dure jamais très longtemps car très vite, même dans un fluide immobile, des différences de température provoquent des courants de convection. Le transfert par convection se produit alors avec l’apparition de cette turbulence.

Lorsque le transfert de chaleur s’accompagne d’un transport de la matière, il est appelé transfert par convection.

Ce mode d’échange de chaleur existe au sein des milieux fluides ou lorsque un fluide circule autour d’un solide.

Dans un écoulement turbulent en contact avec une paroi solide, il existe le long de la paroi une mince couche de fluide (film mince) d T en écoulement laminaire.

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5

III. Résistance au transfert : la convection

par superposition de deux phénomènes :

Le transfert

convection

est

la

1. on admet que dans le film il n’y a aucun mélange de matière et que la chaleur se transmet par conduction perpendiculairement à la paroi. La conductivité des fluides étant faible

par rapport à celle des solides, cette

couche constitue donc une zone importante de résistance au transfert de chaleur. Il y a ainsi une forte variation de température dans cette couche.

2. au sein du fluide, la chaleur se transmet parfaitement grâce au mélange et la température devient parfaitement homogène. Cette température est appelé température du fluide T f ou température de mélange du fluide.

Fluide Solide T f T p d T
Fluide
Solide
T f
T p
d
T
turbulent laminaire T f T p
turbulent
laminaire
T f
T p

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6

III. Résistance au transfert : la convection

Remarque : Tant qu’on est en turbulence, la température est uniforme et égale à T f . Cependant, étant donné que les particules fluides au contact de la paroi sont freinées (en vertu de la condition de non glissement), il se crée une sous couche limite laminaire d T qui s’oppose au transfert thermique.

Amortissement du courant turbulent

Solide T f d T V = 0
Solide
T
f
d
T
V = 0
Amortissement du courant turbulent Solide T f d T V = 0 Ventilation   . Re

Ventilation

 

.

Re

Re  d T  q 

d T

Re  d T  q 

q

 

.

Re

Re  d T  q 

d T

Re  d T  q 

q

M. Y.K. BENKAHLA

 

7

III. Résistance au transfert : la convection

Position du problème :

On conclut de cette étude que le phénomène de

convection se réduit d'un point de vue thermique à

une conduction dans la couche mince. Le flux de chaleur échangé entre le fluide et la paroi par convection peut donc s'écrire (après intégration de la loi de Fourier) :

?? k S q   (T  f d T ??
??
k
S
q  
(T
f
d
T
??

T )

p

(V.20)

où k est la conductivité thermique du fluide, d T l'épaisseur du film (couche limite), S la surface de la paroi d'échange, T f la température au sein du fluide et T p la température de la paroi.

au sein du fluide et T p la température de la paroi. Malheureusement l'épaisseur de la

Malheureusement l'épaisseur de la

couche n'est que très rarement connue

car elle dépend de beaucoup de facteurs. De plus k dépend de la température et celle-ci est variable dans la couche. Pour ces raisons, dans

un transfert par convection on écrit le

flux thermique comme :

III. 1 Loi de Newton (1643-1727)

le flux thermique comme : III. 1 Loi de Newton (1643-1727) q   hS(T f

q

hS(T

f

T )

p

(V.21)

h : coefficient de transfert de chaleur par convection (W m -2 °C -1 ) ou (W m -2 K -1 ). T p : température de la surface de la paroi (K ou °C). T f : température loin de la surface de la paroi (K ou °C ).

La résistance thermique de transfert par convection R est donc égale à R cv = (1/h S).

Ce transport de l'énergie par un écoulement est

analogue au transport d'autres quantités scalaires (non

vectorielles) : transport d'une concentration de sel par

de l'eau, transport de l'humidité par l'air,

On retiendra donc que dans la convection, la chaleur

se sert du fluide comme véhicule pour se déplacer. il

existe deux types de transferts convectifs :

M. Y.K. BENKAHLA

8

III. Résistance au transfert : la convection

1. Convection forcée

L'écoulement du fluide est forcé par un dispositif mécanique

quelconque (pompe ou gravite pour un liquide, ventilateur ou

compresseur pour de l'air). En d’autres termes, ce mouvement est induit par une cause indépendante des différences de température.

2. Convection naturelle ou libre

Lorsqu'il existe une différence de température entre deux points d'un

fluide, le fluide chaud, qui aura une masse volumique plus faible que le fluide froid aura tendance à monter sous l'effet de la poussée d'Archimède.

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III. Résistance au transfert : la convection

III. Résistance au transfert : la convection Batterie d'aéroréfrigérants dans leur environnement M. Y.K. BENKAHLA
III. Résistance au transfert : la convection Batterie d'aéroréfrigérants dans leur environnement M. Y.K. BENKAHLA
III. Résistance au transfert : la convection Batterie d'aéroréfrigérants dans leur environnement M. Y.K. BENKAHLA

Batterie d'aéroréfrigérants dans leur environnement

M. Y.K. BENKAHLA

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III. Résistance au transfert : la convection

III. Résistance au transfert : la convection M. Y.K. BENKAHLA 11

M. Y.K. BENKAHLA

11

III. Résistance au transfert : la convection

III. Résistance au transfert : la convection III.2 Conductances partielles et globales de transfert par convection
III. Résistance au transfert : la convection III.2 Conductances partielles et globales de transfert par convection

III.2 Conductances partielles et globales

de transfert par convection

partielles et globales de transfert par convection Soit un fluide chaud à la température T 1

Soit un fluide chaud à la température T 1 s'écoulant d'un côté (à gauche) d'une paroi métallique et un fluide froid à T 2 s'écoulant de l'autre côté de la paroi d'épaisseur e.

En régime stationnaire, les distributions de température observées

entre le fluide chaud et le fluide froid sont voisines de celles schématisées sur la Figure ci-dessus

la distribution des vitesses du fluide se répartis en deux zones principales :

1.

Une première zone située au voisinage de la paroi. Son épaisseur occupe toute la conduite si l'écoulement est

laminaire mais elle décroît très rapidement lorsque

l'écoulement devient de plus en plus turbulent. Dans cette première zone, le transport de la chaleur, se fait, comme 1e transport de la matière et de la quantité de mouvement, par diffusion moléculaire.

Une deuxième zone située au delà de la première, et dans

laquelle le fluide est animé d'un mouvement tourbillonnant aléatoire entraînant très rapidement une égalisation de la vitesse, de la température et des compositions du fluide.

La distribution des températures dans la phase fluide peut s'obtenir en résolvant les équations de la Mécanique des fluides et de l’énergie (V.8). Par suite de la difficulté de résoudre ces équations, on définit le flux de chaleur transféré à la paroi de manière purement phénoménologique (Loi de Newton), en posant :

2.

dq

h

1

dS (T

1

1

Tp )

1

h

2

dS (Tp

2

2

T )

2

(V.22)

M. Y.K. BENKAHLA

12

III. Résistance au transfert : la convection

Fluide chaud Solide Fluide froid T 1 Tp 1 Tp 1 T 2 e q
Fluide chaud
Solide
Fluide froid
T
1
Tp 1
Tp 1
T
2
e
q 
(T
Tp )
1
1
1
h
S
1
q 
(Tp
Tp )
2
1
2
kS e
q 
(Tp
T )
3
2
2
h
S
2
(V.23)
1
e
1

Les coefficients h 1 et h 2 représentent les coefficients de transfert partiel (ou conductance partielle de transfert) interne (côté fluide chaud) et externe (côté fluide froid). La définition des coefficients h 1 et h 2 est arbitraire puisque leur valeur dépend du choix de la force motrice. Pour évaluer les conductances précédentes à partir de la connaissance du débit transféré, il est nécessaire de connaître la température du fluide à la surface du solide, température délicate à mesurer. Aussi, préfère-t-on définir le débit transféré

par rapport à une différence de température plus

facilement accessible, par exemple celle entre les températures des noyaux turbulents des fluides intérieur et extérieur, soit :

dq

U dS

m

(T

1

T )

2

(V.24)

Le coefficient U représente une conductance globale de transfert et S m désigne une valeur moyenne de la surface solide de séparation.

une valeur moyenne de la surface solide de séparation.   1   1 


1

1

 

   

 1   1           e
 1   1           e

e

   

1

  

(V.25)

M. Y.K. BENKAHLA

13

III. Résistance au transfert : la convection

III.3 Conduite cylindrique recouverte d'un

manchon isolant : épaisseur critique d’isolation

Soit un tuyau, dans lequel circule un fluide à une température T 1 . On voudrait calorifuger cette conduite par ajout d’une certaine couche d’isolant, d’épaisseur e :

e = (r – r 2 ). T 1 r 1
e = (r – r 2 ).
T 1
r 1

Ta

r 2

Situation initiale : conduite nue

Ta

T 1 T 2 r 2 r 1 Conduite calorifugée
T 1
T 2
r 2
r 1
Conduite calorifugée

r

Constat : Ajouter de l’isolant augmenterait la résistance conductive mais diminuerait la résistance convective:

Existe-t-il une épaisseur optimale d’isolant ?

M. Y.K. BENKAHLA

14

III. Résistance au transfert : la convection

Ta

T 1 r 2 r 1
T 1
r 2
r 1

T 2

r

Un tube cylindrique (composite ou non) de longueur

L et de rayon r 1 et r 2 possède une résistance

thermique R k0 . Supposons qu’autour de ce tube soit

placé un isolant de rayon extérieur r et de conductivité

k. h est le coefficient de convection avec l’air ambiant

de température Ta. La température intérieure du tube

est T 1 , la résistance thermique entre fluide intérieur et

la paroi est négligeable. La résistance thermique du

système est :

R

k

R

k

R

k0

R

k0

 ln r r 2     1     
ln r r 2
1
2
kL
(2
rL)h
1   r ln r r    c  2  2
1
r
ln r r
c
2
2
kL 
r 

(V.26.1)

(V.26.2)

En posant :

2  2  kL  r  (V.26.1) (V.26.2) En posant : (V.28) Examinons comment

(V.28)

Examinons comment varie R k avec le rayon r de l’isolant :

d

R

k

dr

1

1

r

2

k L

1

2

Lk r

2

r

r

c

1

1

2

Lh

r

2

(V.27)

On remarque que le fait de mettre une épaisseur

d’isolant a d’abords un effet négatif car l’augmentation

de la surface d’échange diminue la résistance totale. Mais cet effet est rapidement atténué par l’épaisseur de l’isolant. Ainsi (pour une valeur de r finie) :

d R

k

dr

R

d

k

dr

0

si

r

r

c

0

si

r

r

c

(V.29.1)

(V.29.2)

M. Y.K. BENKAHLA

15

R /dx

d

R

III. Résistance au transfert : la convection

Discussion : r2  rc 
Discussion :
r2  rc

d R

k

dr

0

T

R k croît toujours avec r

2

r2  rc
r2  rc
comme r ≽ r 2 ≽ r c r 2 r c Ta r
comme r ≽ r 2 ≽ r c
r 2
r c
Ta
r

(V.30)

1 er cas : r 2 < r < r c

R k décroît avec r

2 ème cas : r > r c

R k croît avec r

d R k  0 dr r 2 T 2 Ta r r c
d R
k
 0
dr
r 2
T 2
Ta
r
r c

(V.31)

d R k  0 (V.32) dr r 2 T 2 Ta r c r
d R
k
 0
(V.32)
dr
r 2
T 2
Ta
r c
r

0,4

0,2

0

-0,2

-0,4

-0,6

-0,8

10

8

6

4

2

0

r > r c

r c = 10

-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
-0,6 -0,8 10 8 6 4 2 0  r > r c  r c
0 5 10 15 20 25 r 0 2 4 6 8 10
0
5
10
15
20
25
r
0
2
4
6
8
10

r

M. Y.K. BENKAHLA

16

III. Résistance au transfert : la convection

Conclusion :

- Le rayon critique r c correspond au minimum de la fonction (dR/dr) ; - Pour la conduite cylindrique creuse, r c = (k/h) ; - L’épaisseur de l’isolant est donnée par : e = (r c r 2 ).

r2  rc
r2  rc

T 2

r 2 r c Ta r
r 2
r c
Ta
r

r2  rc
r2  rc

2 ème cas : r > r c

Remarque : examiner le cas de la sphère creuse et montrer qu’on aboutit à : r c = (2k/h).

T 2

Ta

r 2 r c
r 2
r c

M. Y.K. BENKAHLA

r

17

III. Résistance au transfert : la convection

Le problème majeur pour le calcule du flux (ou la densité de flux) thermique par convection

est la détermination du coefficient de convection h.

Question : Comment évalue-t-on en pratique

le coefficient de convection h ?

Nombreux paramètres descriptifs

Analyse dimensionnelle

Théorème de Vaschy-Buckingham

Groupements adimensionnels (combinaisons des paramètres)

Mesures expérimentales : lois de corrélation entre groupements

Détermination du coefficient h par connaissance des caractéristiques du fluide

M. Y.K. BENKAHLA

18

III. Résistance au transfert : la convection

III.4 Détermination du coefficient thermique

de convection

Le problème de la convection est en fait de déterminer ce coefficient en fonction des conditions

d'écoulement du fluide, des caractéristiques

géométriques des parois et des éventuels changements d'état du fluide. On traitera quelques cas importants en Génie des Procédés, mais on gardera à l'esprit que l'expérience est souvent la méthode apportant le plus d'informations sur la valeur de ces

coefficients.

a)

cylindrique

L'expérience montre que le coefficient de convection

interne h i suivantes :

tube

Circulation

forcée

à

l'intérieur

d'un

dans une section dépend des 7 grandeurs

U

: vitesse débitante du liquide

r

: masse volumique du liquide

Cp

: chaleur massique du liquide

 

m

: viscosité dynamique du liquide

 

k

: conductivité thermique du liquide

 

D i : diamètre intérieur du tube

 

x

: abscisse de la section considérée avec l'origine placée à l'entrée du tube.

Une analyse dimensionnelle fondée sur le Théorème de Buckingham (théorème) permet de prédire le nombre de groupements sans dimensions et les relations qui les relient, et ce à partir des variables du système et des dimensions de base :

 

Variables : U,

r, Cp,

m,

k,

h i ,

D i ,

x

n = 8

Dimensions :

M,

L,

T,

Q

m = 4

(n – m) = 4 Groupements sans dimensions

(n m) = 4

Groupements

sans

dimensions

 

(1 , 2 , 3 et 4 ) : 1 = f(2 , 3 , 4 )

 

M. Y.K. BENKAHLA

19

III. Résistance au transfert : la convection

 

b

c

 

D i a d

D i h h

2 = D i

=

=

1

3

r

m m e r f

i

k j

U

g

C p

k

k

m

i

k j

 

C

p k

h i

4 = D i

m

C

p

x

Pour 1 : M 0

L 0 T 0

Q 0 = 1 = L a (M / LT) b (M / L 3 ) c (L / T)

 
 

b

a b -3c +1 = 0 -b -1 = 0

+ c = 0

a = 1

b = -1

c = 1

1

r UD

m

i

Re

Pour 2 : M 0

L 0 T 0

r UD m i  Re Pour  2 : M 0 L 0 T 0
r UD m i  Re Pour  2 : M 0 L 0 T 0
r UD m i  Re Pour  2 : M 0 L 0 T 0
r UD m i  Re Pour  2 : M 0 L 0 T 0

Q 0 = 1 = L d (M / LT) e (M / L 3 ) f (M L 2 T -2 / M Q) g (M L 2 T -3 / L Q)

e

d

-

-

+ f

+ 1 = 0

- e - 3f + 2g +1 = 0 e - 2g - 3 = 0 g -1 = 0

g

e

f

d

= -1

= -1

= 0

= 0

2

C k

m

p

Pr

-1

De même pour 3 et 4 :

3

h

i

D

i

k

N

u

4

x

D

i

Nu = F (Re, Pr , (x/D i )) = a Re p Pr q (x/D i )

M. Y.K. BENKAHLA

20

III. Résistance au transfert : la convection

La détermination du coefficient h i par l'expérience est impossible à réaliser à cause du trop grand nombre d'expériences nécessaires. L'analyse dimensionnelle permet de simplifier notablement ce problème. Elle montre qu'il existe une fonction F à (n m = 4) 4 variables vérifiant la relation :

h

i

D

i

k

F

 r UD

i

Cp m

x

m

;

k

;

D

i

(V.33)

On définit donc 4 nombres sans dimension (il faut toujours veiller à écrire les paramètres de ces nombres dans un

système d'unité cohérent, par exemple le système SI) :

Nombre de Nusselt :

Nombre de Reynolds :

Nombre de Prandtl :

h

i

D

i Nu

k

UD i

r

m

Re

Cp m

k

Pr

(V.34)

(V.35)

(V.36)

Les nombres de Nusselt, Prandtl et Reynolds caractérisent respectivement l'échange thermique, les propriétés physiques du liquide et le régime d'écoulement du liquide. Le nombre (x/ D i ) est le terme représentatif des effets de bord : il n'intervient donc plus quand on est suffisamment loin d'une des extrémités du tube.

L'expérience est alors utilisée pour déterminer la fonction F, c'est à dire une corrélation mathématique liant ces nombres. Cette relation est bien entendu empirique et on détermine les paramètres des nombres à une température moyenne entre l'entrée et la sortie du tube.

M. Y.K. BENKAHLA

21

III. Résistance au transfert : la convection

Si on se trouve dans le cas d'un tube lisse avec écoulement

turbulent, on utilise la relation de Colburn :

Nu 0,023Re

0,8

Pr

0,33

La relation est valable si :

10 000 < Re < 120 000

0,7 < Pr < 120

(L/D i ) > 60

Il existe aussi la relation dite de Sieder et Tate :

Liquide :

Gaz :

Nu 0,027Re

0,8

Pr

1/3

Nu 0,023Re

0,8

Pr

0,4

En écoulement laminaire :

Tubes circulaires très longs

Pour (L/D) > 0,03 Re

et

Gz < 10

Pour (L/D) > 0,03 Re

et

Gz > 10

Nu = 3,66

Nu = 1,6 Gz 1/3

(V.36)

pour

(V.37)

(V.38)

(V.39)

(V.40)

Avec Gz (nombre de Graetz) : Gz = Re Pr (D/L)

Tubes circulaires de longueur finie

- Relation de Hausen :

Pour (L/D) < 0,03 Re

et

Gz < 100

- Relation de Sieder et Tate :

Pour (L/D) < 0,03 Re

et

Gz > 100

Nu 1,6Gz

1/3

(V.41)

(V.42)

b) Circulation forcée d'un liquide à l'extérieur d'un tube cylindrique et perpendiculairement à celui-ci

On montre que suivant si le faisceau de tubes comporte des tubes alignés ou en quinconce, le coefficient de convection externe he (transfert entre le liquide extérieur aux tubes et la paroi extérieure de ces tubes) est différent.

On obtient les relations suivantes :

Faisceau aligné :

Faisceau en quinconce :

Nu 0,26Re

0,6

Pr

0,33

Nu 0,33Re

0,6

Pr

0,33

(V.43)

(V.44)

M. Y.K. BENKAHLA

22