Dissertation - Mariage Homosexuel

DISSERTATION : Ouverture du mariage aux personnes de même sexe

Le mariage est le reflet de notre société actuelle, défini fondamentalement par l’article 144 du
Code civil qui disait que « l’homme et la femme ne peuvent contracter mariage avant 18 ans
révolu », cette définition s’est vue évoluer au fil du temps vis-à-vis des exigences de la
société. En 1804, le mariage se définissait par le rôle supérieur du mari selon l’article 213 « le
mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari », cette organisation
patriarcale a été de nombreuses fois, remise en cause, à partir de 1960, Jean Carbonnier
réforme tout le droit de la famille en cherchant à établir une égalité entre l’homme et la
femme, ce qui avait amené à supprimer les termes de mari et femme au sein de la législation.
Le 11 juillet 2002, la CEDH admet le mariage des transsexuels, le 26 juillet 2004 le TGI de
Bordeaux va procéder au mariage de deux hommes suite à une confusion dans les textes de
droit, qui n’exprime pas explicitement le sexe de l’homme et de la femme au sein du mariage,
dans de nombreux pays, le mariage homosexuel est adopté, aux Pays-Bas, en Belgique, en
Grande Bretagne, cet enchainement d’évènements a permis petit à petit à la reconnaissance du
mariage homosexuel en France en 2013. Nous nous interrogeons plus fondamentalement sur
l’ouverture du mariage aux personnes homosexuelles et sur les conséquences qu’elle a
apportée, pour cela nous étudierons tout d’abord les conséquences juridiques du mariage
homosexuel (I), menant à une désexuation des textes de droits (A) et à une étendue des droits
et des obligations aux homosexuels (B) mais aussi les conséquences sur l’individu (II), sur
l’enfant et le couple lui-même (A) et sur les officiers d’état civil (B).
La loi du 17 mai 2013 a eu beaucoup de conséquences sur le droit, tant au niveau des textes
que de leurs applications.
I.
Conséquences juridiques du mariage homosexuel
A. Modification des textes de droit
L’adoption de la loi du 17 mai 2013 aboutissant au mariage
homosexuel a provoqué une désexuation de l’ensemble des textes de
droits portant sur le mariage. Même si les actes d’état civil font toujours
référence au sexe de l’individu, les lois portant sur le mariage n’en font
plus référence. Cette recherche de l’égalité des sexes au sein du couple se
faisait déjà dans les années 60, en effet Jean Carbonnier avait pour objectif
d’effacer les inégalités entre les époux en supprimant les termes de « mari
et femme » et en les remplaçants par « époux » ou « conjoint ». Dans un
arrêt du 13 mars 2007, la cour de cassation rappelle cependant que le
mariage est l’union d’un homme et d’une femme, même si les textes ne le
disent pas expressément ; seulement quelques articles. C’est d’ailleurs
l’argument des parties, un couple homosexuel concerné dans cette affaire,
qui invoque le non-respect des articles 75 et 144 du code civil qui selon
eux, ne mentionnant pas la différence de sexe. Il a donc fallu réformer les
textes de droit, pour éviter une confusion, c’est ce qu’a fait le législateur,
en recréant l’article 143 du code civil qui dit que « le mariage est
contracté par deux personnes de sexes différents ou de même sexe » et
modifie l'article 144 « le mariage ne peut être contracté avant 18 ans
révolu ».
Le droit du mariage aujourd’hui est totalement désexué, ce qui a
provoqué des conséquences sur 3 dispositions : les conditions du mariage,
l’état civil et le nom des époux.
En ce qui concerne les conditions du mariage et sa célébration, les textes
sexués ont été complétement modifiés, l’article 144 du Code civil est
devenu « le mariage ne peut être contracté avant 18 ans révolu » et non

1. si le couple est de même sexe. un modèle unique de livret de famille a été créé.plus « l’homme et la femme ne peuvent contracter avant 18 ans révolu ». pour les actes de mariages et les livrets de famille. Les . les articles 162 et 163 interdisent désormais le mariage entre deux sœurs. il est nécessaire de distinguer les devoirs qui sont deux sortes : il s’agit des relations personnelles entre époux et des devoirs patrimoniaux. la relation d’adultère est physique et se concrétise par des relations intimes. on doit respecter des droits et des obligations et on parle des devoirs et des droits respectifs des époux selon l’article 212 du code civil. puisque la femme pouvait porter à titre d’usage le nom du mari par substitution ou adjonction à son nom alors que le mari n’avait que le droit d’adjoindre le nom de sa femme au sien. Pour les livrets de famille il existe une spécificité. Pour le nom des époux. il y a avait deux modèles différents : un modèle concernant la famille légitime et un modèle concernant la famille naturelle. Les homosexuels tout comme les hétérosexuels. il pourra y avoir la mention de deux fois « épouse » ou « époux ». il n’est pas possible de faire une convention pour se délibérer de la fidélité. le nom de l’autre époux par substitution ou adjonction à son propre nom dans l’ordre qu’il choisit » B. à titre d’usage. Un nouvel article 225-1 prévoit que « chacun des époux peut porter. Les cases blanches ont été introduites. de secours et d’assistance. se doivent de respecter le devoir de fidélité dans le cadre du mariage. à la suite de l’ordonnance du 4 juillet 2005. la coutume était autrefois inégalitaire. c’est-à-dire les mariages contractés entre membres d’une même famille. leur non-respect est une faute et peuvent faire être un motif de divorce. les mentions « époux » et « épouse » ont été remplacées par des cases blanches. de respect. Les actes de mariages et les livrets de famille ont été également modifiés par les décrets et arrêtés publiés au journal officiel le 28 mai 2013. ainsi l’officier pourra remplir deux fois « épouse » ou deux fois« époux ». Droits et obligations étendues aux homosexuels Une fois que l’on est marié. Les devoirs personnels Les devoirs personnels envers l’autre époux concernent les devoirs de fidélité. avant la réforme de la filiation. Et tous les textes sur les devoirs et droits des mariés sont évidemment étendus aux homosexuels depuis la loi du 17 mai 2013. entre deux frères etc. Et en ce qui concerne les empêchements de mariage. qui seront remplies par l’officier d’état civil. Dans un premier temps.

Cette utilisation d'un nom d'usage est totalement facultative et n'a aucun caractère automatique. que nous évoquerons dans la partie suivante. le comité consultatif nationale d’éthique se prononce en 2005 et déclare que « la PMA a toujours été destinée à résoudre un problème de stérilité d’origine . l’adoption d’un enfant pour le couple homosexuel. qui subsiste même en cas de séparation de fait. chaque époux a la possibilité d'utiliser le nom de l'autre. Droits personnels Après le mariage. Vient ensuite les dettes. Les époux choisissent leur résidence ensemble. les époux s’obligent à une communauté de vie. même si ces dettes ont été contractées par un seul des conjoints. c’est-à-dire vivre ensemble par la cohabitation. dès lors que l'époux manifeste cette volonté. Mais quel que soit le régime matrimonial. Le refus de consommer le mariage ou d’entretenir certaines relations constitue une violation des obligations du mariage. ils se doivent un respect mutuel. La responsabilité des dettes nées pendant le mariage dépend de la nature des dettes et du régime matrimonial des époux. C'est une obligation légale. On se demande si l’un des époux refusant de cohabiter peut être sanctionné et si l’autre pouvait suspendre ses obligations (c’est-à-dire de ne plus verser d’argent à son épouse par exemple). c’est ce qu’on appelle une situation d’exception d’inexécution. ses revenus et ses gains professionnels. les dettes acquises par une personne seule sont supportées exclusivement par lui-même. Il est nécessaire de distinguer ensuite les droits personnels et patrimoniaux du mariage. les députés refusent cette procréation au sein du mariage homosexuel. le respect concerne aussi la non-violence au sein du couple. Ils se doivent assistance. En principe. le nom d'usage doit être utilisé par les administrations. donc le juge va prendre en compte les circonstances. 2. En revanche. des dettes contractées pour l'entretien du ménage et l'éducation des enfants. pour celles contractées avant le mariage. Les injures sont d’ailleurs les précurseuses de la violence. Devoirs patrimoniaux Il y a d’abord les dépenses courantes. Théoriquement c’est possible. La cohabitation est aussi un devoir personnel. sur l'ensemble de leurs biens propres et communs. Et une procédure judiciaire peut être engagée contre le conjoint qui chercherait à s'y soustraire. c’est un soutien sur le plan moral et médical qu’il faut apporter. cela comprend l'entretien du ménage et l'éducation des enfants. 3.mariés ne peuvent pas non plus s’injurier entre eux. En revanche. mais c’est le juge qui le décide. le seul droit qui est profitable aux hétérosexuels et non au couple de même sexe est la procréation médicalement assistée en effet en janvier 2013. violence. chaque époux est responsable sur ses biens propres. obligation de vivre avec les beaux-parents par exemple. les deux époux sont co-responsables. Il est possible depuis la loi 2013. chaque époux doit y participer. Parfois le fait de ne pas pouvoir cohabiter peut s’expliquer par une faute de l’autre : maîtresse.

Nous allons nous pencher plus précisément sur l’incidence de cette loi sur la personne. la part des héritiers est fixée par la loi Il y a évidemment imposition commune et en matière de prestation sociale. sur le couple. le bail appartient à l’un ou l’autre des époux quel que soit le régime matrimonial et en cas d’abandon du domicile ou de décès d’un des époux. Si le défunt n’a pas fait de testament. en effet l’enfant ne peut provenir de deux hommes ou deux femmes. et a le droit à la pension de réversion. il y a indivision sur les biens acquis ensemble. souhaite ouvrir un débat sur la GPA et fait référence à la « femme qui louerait son ventre comme un ouvrier loue ses bras ».médicale et non à venir en aide à une préférence sexuelle ou à choix de vie sexuelle ». S’il y a partage des biens de la succession. et si l’un des conjoints meurt. Pour la succession en matière de mariage. Le 25 janvier 2013. le survivant conserve le droit au bénéfice du bail. non à la GPA » en 2012. l’enfant ne peut pas avoir deux mères naturelles. Droits patrimoniaux En matière d’habitation. envisage cette procédure en déclarant « Oui à la PMA. cette comparaison a choqué et a fait beaucoup de débats. Les personnes de même sexe ne peuvent pas non plus accéder à une assistance médicale à la procréation. le 16 décembre 2012. c’est-à-dire sur l’enfant mais aussi sur le couple. l’époux est ayant-droit de l’autre. Incidences sur l’enfant et le couple L’ouverture du mariage homosexuel a réformé le droit de la famille. l’enfant mais aussi sur les officiers d’état civils. II. 4. il y a Co titularité de plein droit. un enfant mis au monde par une femme. la vente de celui-ci ne peut pas se faire sans l’accord des deux conjoints. La gestation pour autrui est elle aussi remise en cause. le conjoint survivant peut demander l’attribution préférentielle du logement avec le mobilier. Sous le régime légal de la communauté. Le législateur a souhaité cependant égalisé les époux vis-à-vis de l’adoption selon l’article 6-1 du code civil « le mariage et la filiation . les biens acquis dans le cadre du mariage appartiennent aux deux époux. Conséquences du mariage homosexuel sur l’individu A. ne pourra être reconnu par la conjointe. Si un seul est propriétaire du logement. l’époux a toujours le statut d’héritier ainsi que la famille. François Hollande en revanche. et en case de régime de séparation de biens. a provoqué des incidences sur l’individu. Le droit de la filiation non adoptive n'a pas été modifié par les textes. Pierre Bergé. célèbre homme d’affaires. le ministère de la justice publie une circulaire en demandant aux greffiers des tribunaux d’instance de ne plus refuser de certificats de nationalité française au seul motif qu’ils concernent des enfants nés de mère porteuse à l’étranger.

les deux parents doivent autoriser cette adoption. l’adopté peut porter le nom de l’un de ses adoptants. dans l’adoption simple. plusieurs maires. ils doivent continuer à assurer la coparentalité. L’époux devra donc demander une adoption plénière de l’enfant de son conjoint né sous une relation hétérosexuelle. sauf l’adoption simple pour motifs graves. Il y a ensuite des incidences sur le nom de l’enfant. cet article ouvre systématiquement l’adoption aux personnes de même sexe mariées. la fixation de la pension alimentaire. lorsque les couples ont utilisés l’adoption. Incidences sur l’officier d’état civil Même après l’adoption de la loi. Le couple homosexuel accède donc à la coparentalité. Il faut retenir que toute adoption repose avant tout sur l’intérêt de l’enfant selon le conseil constitutionnel. leur enfant pourra être doté de deux pères et deux mères. à défaut de choix. si ce n’est pas des époux ». l’autorité est confiée à l’adoptant. en cas d’adoption simple. L’adoption de l’enfant du conjoint est également possible pour les personnes de même sexe. l’autorité est exercée par les deux parents. par le biais d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) avaient saisi les juges car ils souhaitaient être assimilés à des professionnels de santé auxquels une clause de conscience leur était spécialement reconnue selon l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. en cas d’adoption plénière. En cas de rupture du couple. car cela rompt tout lien de l’enfant avec sa famille d’origine. L’adoption plénière par un couple homosexuel est cependant contestée. dans le but de préserver . il y a eu des difficultés quant à son application. l’autorité parentale peut être exercée par les deux parents qu’ils soient de sexe différent ou non. il faut cependant que l’enfant ait une filiation établie de ce conjoint ou que l’autre parent biologique n’ait plus l’autorité parentale de l’enfant ou qu’il soit décédé. Dès lors que les parents ont opté pour l’adoption. au profit d’une relation artificielle. car l’adoption de peut pas être annulée. l’enfant prend le nom de chacun de ses deux parents dans l’ordre alphabétique. B.adoptive emportent les mêmes effets. En effet. Dans le cas d’une adoption simple. leur rupture entrainera le choix de la résidence. Dans le cas de l’adoption plénière. L’article 346 du code civil dit que « nul ne peut être adopté par plusieurs personnes. comme le couple hétérosexuel. droits et obligations (…) que les époux soient de même sexe ou de sexe différent ».

. le législateur n'a pas porté atteinte à leur liberté de conscience». Le Conseil juge qu'«eu égard aux fonctions de l'officier de l'état civil dans la célébration du mariage. un maire ne célèbre pas un mariage à titre personnel. les officiers d'état civil et leurs adjoints ne peuvent «se prévaloir de leur désaccord avec les dispositions de la loi du 17 mai 2013 pour se soustraire à l'accomplissement des attributions qui leur sont confiées par la loi pour la célébration du mariage». mais en tant que représentant de l'Etat. même si il est agent de l’état. Autrement dit. Mais selon le Conseil constitutionnel qui a rendu une décision le 18 octobre 2013.la liberté de conscience du professionnel. il ajoute que le législateur a pour objectif de d’assurer l’application de la loi relative au mariage et garantir le bon fonctionnement et la neutralité du service public.

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