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Les Intoxications par le Mercure

Pr A. Bouklouze
Introduction
Le mercure

Seul métal liquide à température ambiante de


densité 13.6. c’est le seul métal connu qui soit
liquide à 0°C

Pr A. Bouklouze
5. Les métaux traces

Le mercure
Hg = Hydrargyrum ou argent liquide

• Elément naturel
• Dépôt naturel surtout dans le
cinabre (HgS)
• Niveau des sources chaudes et
des roches volcaniques

Pr A. Bouklouze
1-a Usages et sources d’intoxication

z Métallurgie du mercure
z Importante source d’intoxication dans divers pays producteurs de
mercure
z Utilisation du mercure
z Appareils scientifiques de précision
z Industrie électrique (lampes à vapeur de mercure, tubes fluorescents,
redresseurs et interrupteur de courants)
z Production de soude caustique
z Préparation d’amalgames
z Séparation de l’or et de l’argent de leurs minerais
z Utilisation du dérivé du Hg
z Le calomel était utilisé comme antisyphilitique
z Le chlorure mercurique: sublimé sert d’antiseptique externe, utilisé
comme catalyseur dans l’industrie du plastique
z Le nitrate de mercure (secret) employé dans l’industrie des couperies de
poils pour la fabrication de chapeaux de feutre (feutrage = agglomération
des poils)
Pr A. Bouklouze
1-a Usages et sources d’intoxication

z Utilisation du dérivé du Hg
z Le mercure d’ammonium : utilisé dans les crèmes cutanés pour blanchir
z L’oxyde rouge de mercure entre dans la fabrication des peintures
protectrice pour les coques de navires, par l’action des chlorures de l’eau
de mer, une telle peinture devient toxique pour les crustacés
z Les dérivés organiques du mercure: utilisés en agriculture comme
insecticide, fongicides et bactéricides, et comme diurétiques

Pr A. Bouklouze
Mécanisme d ’action toxique
z Absorption
z Le mercure s’évapore à la température ambiante
z En milieu professionnel, la principale voie d’entrée du mercure
métallique dans l’organisme est la voie pulmonaire suite à l’inhalation
de vapeur
z La concentration atmosphérique dépend de la température ambiante
z Un m3 d’air saturé par des vapeurs de mercure contient
approximativement 15 mg de mercure à 20 °C, A 40 °C l’air saturé
contient 68mg par m3.(C.adm = 0.05 mg par m3.
z La voie sous cutanée est une voie de pénétration accidentelle du
mercure métallique
z Pour les dérivés inorganiques , la voie digestive est la principale voie de
pénétration. Soit une ingestion accidentelle ou volontaire
z Pour les dérivés organiques: trois voies sont possibles
(cutanée,pulmonaire et orale) . Par la voie pulmonaire sont plus
absorbés les dérivés alkylés (plus volatile que les dérivés arylés et
alkoxylalkylés). Pour la population générale, l’exposition s’effectue
surtout par voie digestive (poisson, aliments contaminés)
Pr A. Bouklouze
Mécanisme d ’action toxique
z Transport
z Il est transporté dans les différentes organes où il est rapidement oxydé
en ion mercurique Hg2+ qui peut se lier aux protéines sanguines et
tissulaires. thioloprive
z Distribution
z Les composés mercuriels inorganiques s’accumulent principalement
dans les riens
z Une quantité importante de Hg s’accumule dans le SNC après
administration de composés organiques alkylés
z Le méthyle mercure se fixe aussi dans le foie et les reins
z Dans le cerveau, le Hg est localisé dans les cellules de la substance
grise. Il est moins rapidement échangeable que dans les autres
organes

Pr A. Bouklouze
Mécanisme d ’action toxique
z Excrétion
z Hg inorganique est excrété par le colon et les reins et un faible
pourcentage par la peau.
z Le méthylmercure est partiellement excrété par voie biliaire mais en
majeure partie réabsorbé dans l’ intestins.
z L’excrétion urinaire du méthylmercure est faible
z Les composés inorganiques (alkylés) traversent la barrière placentaires
et peuvent excrétés dans le lait.
z Mécanisme d’action
z Il est bien connu que l’ion mercurique se combine préférentiellement
aux groupes SH et peut par conséquent inhiber plusieurs enzymes et
co enzymes contenant ces groupement.

Pr A. Bouklouze
Symptômes de l’intoxications par le mercure
métallique et ses dérivés inorganiques

z Intoxication aiguë :
z Elle est exceptionnelle dans l’industrie

z Peut survenir par inhalation de vapeurs de mercure


z en cas de contamination accidentelle d’espace mal ventilés

z Lors de l’extraction du métal de son minerai

z Chauffage d’amalgame

z Ingestion accidentelle ou dans un but suicidaire

z Mercure métallique est très peu toxique car son absorption est très
faible par cette voie

Pr A. Bouklouze
Symptômes de l’intoxications par le mercure
métallique et ses dérivés inorganiques

z Intoxication aiguë :
z Symptômes généraux
z Gastro-entérite aiguë, stomatite et colite ulcéro-hemorragique,
vomissement, salivation
z À hautes concentration (1à 3mg/m3),les vapeurs de mercure peuvent
aussi produire une irritation pulmonaire conduisant à l’oedème aigu du
poumon
z Conduit à une encéphalopathie qui se manifeste par des convulsions suivi
d’un coma
z Une intoxication subaiguë peut se manifester en plus par des problèmes
cités ci-dessus par des douleurs gingivales, des ulcères dans la bouche
z Sans traitement la mort surviens soit dans les 24 h par choc et par
insuffisance respiratoire en cas de pneumonie chimique, soit par urémie
après 8 à 15 jours
z Introduction du mercure métallique peut engendrer des complications
graves (embolisation de mercure) cas de l’infirmière ……….

Pr A. Bouklouze
Symptômes de l’intoxications par le mercure
métallique et ses dérivés inorganiques

z Intoxication aiguë :
z Symptômes locaux
z Dermite avec érythème,prurit intense, œdème, papules, pustules et ulcères
profonds à l’extrémité des doigts produite par le fulminate de mercure
z Anurie avec urémie suite à la nécrose des tubes contournés distaux
z État de choc

Pr A. Bouklouze
Symptômes de l’intoxications par le mercure
métallique et ses dérivés inorganiques

z Intoxication chronique :
z Gingivite ,stomatite
z Salivation excessive ( sialorrhée) et douleur gingivale
z Les gencives sont enflammés et saignent aisément
z Goût métallique dans la bouche et perte des dents
z Le plus caractéristique et le tremblement (tremor), il existe une corrélation entre
l’intensité du tremor et l’excrétion urinaire du Hg
z Troubles du caractère et de la personnalité
z Timidité excessive
z Perte du self contrôle
z Tendance à chercher querelle
z Irritabilité
z Inversion du rythme du sommeil
z Dépression
z Phénomène d’Atkinson (1942) atteinte du cristallin dont la capsule antérieure présente
un reflet brunâtre
z Un retard mental chez les nourrissons nés de mères intoxiquées
z VLE : 50 µg/m3 ramenée par l’OMS à 25 µg/m3
Pr A. Bouklouze
5. Les métaux traces

Effets du mercure à dose subléthale sur l’homme


mercure métallique méthylmercure

z gingivite z ataxie (incoordination des


z tremblement inintentionel mouvements volontaires)
z éréthisme (irritabilité, excitabilité, z parasthesie (trouble subjectif de la
perte de la mémoire, insomnie) sensibilité, sensations non
douloureuses tels engourdissement,
fourmillements, sensations de
ruissellement sous la peau)
z restriction du champ visuel –
cécité
z troubles de l’ouïe - surdité

Retard dans le développement moteur du fœtus

Pr A. Bouklouze
Qualité de l'Eau - Détermination du mercure
(juillet 1997)

z Domaine d'application
z La présente norme spécifie deux méthodes pour la détermination du
mercure : l'une avec du chlorure d'étain, l'autre avec du tétrahydroborate de
sodium.
z Elle est applicable pour la détermination du mercure dans les eaux
souterraines, les eaux de surface et les eaux usées dans une gamme de
concentration de 0,1 ug/L à 10ug/L.
z Des concentrations plus élevées peuvent être déterminées si l'échantillon
est dilué.
z Il faut utiliser des flacons dans un matériau adapté pour éviter les réactions
d'échange (adsorption et désorption).
z Les interférences dues aux métaux lourds sont limitées si le chlorure d'étain
est utilisé comme agent réducteur au lieu du tétrahydroborate de sodium.
z Les teneurs en iodure supérieures à 0,1 mg/L provoquent des interférences
lors de la détermination par la formation de complexes de mercure.
z Dans ce cas, il est préférable d'utiliser une méthode différente telle que la
réduction par le tétrahydroborate de sodium.

Pr A. Bouklouze
Qualité de l'Eau - Détermination du mercure
(juillet 1997)

z Domaine d'application
z Avec le tétrahydroborate de sodium, les concentrations en nickel
supérieures à 1 mg/L et les concentrations en argent supérieures à
0,1 mg/L provoquent des interférences dans la détermination du
mercure.
z En présence d'acide chlorhydrique et de fer (III), les concentrations
en nickel inférieures à 500 mg/L et en argent inférieures à 10 mg/L,
ne provoquent pas d'interférences.
z Principe
z Le mercure est réduit à sa forme élémentaire par le tétrahydroborate
de sodium ou le chlorure d'étain.
z Le mercure élémentaire est ensuite dégagé de la solution à l'aide
d'un courant de gaz inerte et transporté dans une cellule de mesure.
z Les absorbances sont mesurées à la longueur d'onde de 253,7 nm
dans le faisceau optique d'un spectromètre d'absorption atomique.

Pr A. Bouklouze
D / NF EN 13506: Qualité de l'eau - Dosage du
mercure par spectrométrie de fluorescence atomique
(janvier 2002)

Principe
z Une partie de l'échantillon est digérée en utilisant du
brome. Immédiatement l'excès de brome est éliminé
par l'acide ascorbique.
z Les vapeurs de mercure sont générées à partir de
l'échantillon, puis entraînées de la solution par un
flux vecteur d'argon.
z L'humidité est éliminée en permanence du courant
gazeux et les vapeurs de mercure sont détectées
par spectrométrie de fluorescence atomique.

Pr A. Bouklouze
D / NF EN 13506: Qualité de l'eau - Dosage du
mercure par spectrométrie de fluorescence atomique
(janvier 2002)

Domaine d'application
z C'est une méthode de dosage du mercure total dans l'eau potable, les
eaux de surface, les eaux souterraines et les eaux de pluie.
z La méthode permet de mesurer des concentrations de 10ng/Là 10ug/L.
z Il faut utiliser des flacons dans un matériau adapté pour éviter les
réactions d'échange (adsorption et désorption).
z Les substances gazeuses dissoutes peuvent conduire à l'extinction du
signal de fluorescence atomique. Elles sont normalement éliminées
pendant la phase de digestion.
z La présence de vapeur d'eau ou d'aérosol dans la cellule de
fluorescence peut provoquer une dépression du signal. Il convient
d'utiliser une membrane hydroscopique.
z Les anions (sulfure, iodure ou bromure) et les métaux nobles qui
s'amalgament au mercure peuvent entraîner également une dépression
du signal.
z Les substances organiques volatiles ne causent pas d'interférences
avec la méthode de spectrométrie de fluorescence atomique.

Pr A. Bouklouze
Spéciation du mercure
z II n'existe pas de méthodes normalisées pour le dosage des espèces
organiques du mercure méthyl et diméthyl mercure qui figurent
parmi les formes les plus toxiques).
z La méthylation du mercure inorganique en présence de bactéries
aérobies ou anaérobies.
z Les mécanismes de méthylation et de déméthylation sont encore
mal connus, ce qui pose de nombreux problèmes en terme
d'analyse et de fiabilité des dosages.
z Cependant, il existe quelques matériaux de référence certifiés (qui
ont fait l'objet d'essais inter laboratoires avec des méthodes parfois
controversées).
z Les principales méthodes proposées dans la littérature allient les
étapes suivantes :

Pr A. Bouklouze
Spéciation du mercure
z Extraction :
z Elle est réalisée au toluène puis l'extrait est digéré à
l'acide nitrique au micro-onde. Elle est suivie d'une
distillation et d'une complexation des espèces
z Préparation de l'extrait avant analyse :
z Il est dérivé éventuellement par un agent réducteur
du type NaBH4, puis irradié par une lampe UV.
z Dosage :
z L'échantillon est séparé par chromatographie (GC
ou HPLC), puis quantifié par l'une des méthodes de
détection suivantes (absorption atomique vapeur
froide, ICP-MS ou ECD).

Pr A. Bouklouze
5. Les métaux traces

Oxydant / réducteur
• oxydant + e ™ réducteur
• oxydant = accepteur d’électrons
• oxydation = perte d’électrons
•Réduction = gain d’électrons
•Hg++ (oxydant) + 2e ™ Hg0 (réducteur, forme réduite)
Pr A. Bouklouze
Hg0  Hg++  CH3 Hg+  (CH3)2 Hg T
Oxydation bactérienne (perte
d’électrons) Hg++ Synthèse bactérienne, chélation
Plantes
Bactéries benthiques -
Plancton - algues anaérobies
Réactions inorganiques
réductions bactérienne (gain
d’électrons)
champignons

Hg (0) plantes R-Hg-X


réactions inorganiques, lumière
solaire R-Hg-X’

n
atio
Oxydation bactérienne (perte a d
d’électrons) égr
D Synthèse bactérienne, chélation,
Plantes, réactions inorganiques oxydants organiques
Hg+
Pr A. Bouklouze
Ions mercureux cations et
anions chélatés
Variations d’état du mercure dans la biosphère en fonction
de l’action des divers facteurs biogéochimiques
:

état oxydé i état réduit


état inorganique i organique

Pr A. Bouklouze
5. Les métaux traces

D’ou provient le mercure anthropique dans


l’environnement?

Pr A. Bouklouze
Sous-produit de l’extraction de l’or

Mais encore… Pr A. Bouklouze


Pr A. Bouklouze
Pr A. Bouklouze
Pr A. Bouklouze
• Les émissions anthropiques
totales sont quatre fois plus
importantes que les
émissions naturelles

Pr A. Bouklouze