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PROGRÈS

POUR LES
ENFANTS
Un bilan de la
protection de l’enfant
Numéro 8, septembre 2009
PROGRÈS
POUR LES
ENFANTS
Un bilan de la
protection de l’enfant
Numéro 8, septembre 2009
TABLE DES MATIÈRES

Avant-propos 1
Introduction 2
Panorama général 4
Enregistrement des naissances 5
Violence contre les enfants 7
Mariages d’enfants 10
Mutilations génitales féminines/excision (MGF/excision) 12
Travail des enfants 15
Exploitation sexuelle et sévices sexuels infligés à des enfants 17
Traite d’enfants 17
Migration 17
Enfants handicapés 18
Enfants privés de soins parentaux 19
Enfants confrontés aux systèmes judiciaires 20
Enfants dans des situations d’urgence 20
Mines terrestres, restes explosifs de guerre et armes légères 21
Tableaux régionaux
Afrique de l’Ouest et centrale 22
Afrique de l’Est et australe 24
Asie du Sud 26
Moyen-Orient et Afrique du Nord 28
Amérique latine et Caraïbes 30
Asie de l’Est et Pacifique 32
Europe centrale et orientale et Communauté d’États indépendants (ECO/CEI) 34
Pays industrialisés 36
La voie du progrès 37
Construire un environnement protecteur : Appel à l’action 38
Références 39
Tableau statistique : Indicateurs de la protection de l’enfant 42
Remerciements 46
AVANT-PROPOS

Partout dans le monde, des enfants en nombre bien Les données indiquent également que la prévalence
trop élevé sont victimes de violence, soumis à l’exploi- de la mutilation génitale féminine/excision a reculé au
tation et à de mauvais traitements. Certains d’entre cours des dernières décennies. Certes, on progresse
eux travaillent dans des conditions dangereuses. dans ces domaines mais le problème consiste à
D’autres sont confrontés à la violence ou à de mauvais accélérer le rythme.
traitements chez eux, dans leurs écoles, dans leurs
Des systèmes performants de protection de l’enfant
communautés ou dans des établissements pour
permettent de s’assurer que la majorité des enfants et
enfants. En certaines régions, les enfants sont la cible
des familles vulnérables ont accès à la scolarité, aux
d’un recrutement illicite de la part de forces et de
soins médicaux, à une protection sociale, à la justice
groupes armés, ou sont obligés de fuir leurs foyers à
et à d’autres services essentiels. Ces systèmes peu-
cause d’un conflit ou d’une catastrophe naturelle. Et
vent aider à briser l’engrenage de la pauvreté et de
ils sont des millions, des filles pour la plupart, à être
l’exploitation transmises de génération en génération
victimes de violences et d’abus sexuels ainsi que de
et contribuer ainsi à la réalisation des OMD.
pratiques traditionnelles qui nuisent à leur santé.
Le but collectif doit être de créer un environnement
Ce numéro de Progrès pour les enfants, le huitième
protecteur dans lequel filles et garçons sont à l’abri de
de la série qui suit l’évolution des progrès vers les
toutes les formes de violence et d’exploitation. Il faut
Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD),
déployer des efforts concertés pour protéger les droits
est un recueil de données qui permet de dresser un
des enfants et renforcer leurs chances de réaliser tout
bilan des efforts déployés aux échelles mondiale et
leur potentiel.
nationale pour protéger les droits de l’enfant.
Voilà vingt ans que la Convention relative aux droits
Nous disposons aujourd’hui de plus de données sur
de l’enfant, un instrument historique, a été adoptée.
les questions de protection de l’enfant que jamais
Alors que nous fêtons son vingtième anniversaire
auparavant. Cependant, l’obtention de données sur
cette année, cette édition de Progrès pour les enfants
certaines questions – en particulier l’exploitation des
offre des informations capitales sur la protection de
enfants à des fins sexuelles, les abus sexuels sur
l’enfant. Certes, on a progressé mais chaque enfant
enfants, la traite et la migration – reste encore difficile.
qui continue de souffrir doit nous inciter à redoubler
Il faut redoubler d’efforts pour combler ces lacunes et,
d’efforts jusqu’à ce que tous les enfants, partout dans le
avec davantage de données, on parviendra à améliorer
monde, bénéficient des protections de la Convention.
les perspectives de résultats concrets pour les enfants.

Les données révèlent toutefois quelques avancées.


Ainsi, dans certains pays où le mariage d’enfants
est une tradition répandue, les filles se marient
désormais plus tard. Ann M. Veneman
Directrice générale, UNICEF

Un bilan de la protection de l’enfant 1


INTRODUCTION le monde du travail. Les filles risquent plus que les garçons d’être
retirées de l’école pour s’acquitter de corvées domestiques (OMD 3),
et les filles qui survivent à l’exploitation sexuelle risquent plus
Les enfants, partout dans le monde, sont exposés à la violence, que les garçons de contracter des maladies qui mettront leur
à l’exploitation et aux mauvais traitements. Ils sont obligés de vie ou leur santé maternelle en danger (OMD 5 et 6). Le mariage
combattre lors des guerres ou de travailler dans des conditions d’enfants entraîne le retrait des filles de l’école et s’oppose à l’éga-
intolérables; ils sont victimes de sévices sexuels ou de châtiments lité des sexes (OMD 2 et 3); il est aussi à l’origine de grossesses
corporels; on les contraint à se marier trop jeunes ou ils sont précoces, qui comportent des risques considérables pour la santé
exploités économiquement; on les emprisonne, on les place dans des filles (OMD 5) et de leurs bébés (OMD 4).
des lieux de détention ou en institution sans raison valable.
Un environnement protecteur qui englobe tous les secteurs de la
Les droits des enfants qui vivent dans de telles situations sont vie sociale – dans lequel les lois, les services, les comportements
totalement bafoués – et leurs souffrances physiques et psycho- et les pratiques réduisent les risques auxquels les enfants peu-
logiques ont des conséquences à long terme et quelquefois vent être exposés tout en renforçant leurs propres capacités de
irréparables. Tous les éléments d’une enfance saine, tels qu’ils résistance – permet d’éviter de nombreuses formes de violence,
sont énoncés dans la Convention relative aux droits de l’enfant, d’exploitation et de mauvais traitements.
leur sont refusés car la communauté internationale ne réussit
En 2008, l’UNICEF a adopté une nouvelle Stratégie en matière de
pas à donner aux enfants la protection à laquelle ils ont droit.
protection de l’enfance qui décrit en détail les éléments indispen-
La Déclaration du Millénaire de 2000 porte spécifiquement sur la sables d’un environnement protecteur. Elle suggère l’adoption de
nécessité de protéger les enfants contre les conflits, la violence, mesures à l’échelle du système et le déploiement d’efforts pour
les mauvais traitements et l’exploitation. Tous les pays qui ont faire évoluer les attitudes, les coutumes et les pratiques sociales
adopté la déclaration ont pris la résolution de : qui bafouent les droits de l’enfant.
# Œuvrer en faveur d’une protection complète et de la La stratégie s’appuie sur un large cadre international de protection
promotion des droits civils, politiques, économiques, de l’enfant et sur les recommandations pertinentes figurant dans
sociaux et culturels pour tous. l’Étude du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence
# Combattre toutes les formes de violence contre les contre les enfants. Elle souligne que c’est aux gouvernements
femmes et mettre en œuvre la Convention sur l’élimina- qu’incombe la responsabilité de mettre en place les meilleurs sys-
tion de toutes les formes de discrimination à l’égard tèmes possibles pour protéger les enfants, sans distinction d’âge,
des femmes. d’incapacité, d’origine ethnique ou de religion.

# S’assurer que les enfants et toutes les populations civiles La stratégie recommande cinq grandes mesures permettant de
qui souffrent de manière disproportionnée des consé- créer un environnement protecteur pour les enfants :
quences des catastrophes naturelles, d’un génocide, d’un
conflit armé et d’une autre situation d’urgence humani- 1. Améliorer les systèmes de protection
taire reçoivent toute l’assistance et la protection voulues de l’enfant
de façon à pouvoir reprendre une vie normale aussi Depuis l’entrée en vigueur de la Convention relative aux droits
rapidement que possible. de l’enfant, dans la majorité des cas, les réformes du système
# Encourager la ratification et la mise en œuvre complète juridique ont abordé les problèmes de protection de l’enfant au cas
de la Convention relative aux droits de l’enfant et de ses par cas au lieu d’adopter une stratégie globale. Les gouvernements
Protocoles facultatifs sur la participation des enfants aux ne doivent pas se contenter de remanier les cadres législatifs – et,
conflits armés et sur la vente d’enfants, la prostitution le cas échéant, de les amender – ils doivent aussi adopter des
d’enfants et la pornographie impliquant des enfants. budgets, politiques, pratiques et mécanismes de suivi au niveau
national compte tenu des droits fondamentaux. Les gouvernements
La protection de l’enfant se conjugue avec chacun des Objectifs du
doivent aussi encourager un débat public sur les questions de
Millénaire pour le développement (OMD) – qu’il s’agisse de faire
protection de l’enfant, car la législation à elle seule n’aura que des
reculer la pauvreté, d’envoyer les enfants à l’école, d’éliminer les
effets limités si l’on n’améliore pas la sensibilisation du public et
inégalités liées au sexe ou de réduire la mortalité infantile.
si l’on ne modifie pas les attitudes.
Pour citer quelques exemples, le travail des enfants limite l’accès
Des services de santé et d’éducation de base doivent être mis à
à l’éducation en empêchant les enfants de fréquenter l’école et en
la disposition de tous les enfants – même ceux qui sont le plus
retardant leur scolarisation (OMD 2), tandis qu’une éducation de
difficiles à atteindre. Par ailleurs, des services sociaux doivent être
qualité médiocre incite les enfants à quitter l’école et à entrer dans
créés dans les écoles, les dispensaires et les établissements

2 Progrès pour les enfants


spécialisés pour les enfants les plus exposés ou touchés par la 4. S’allier pour une plus grande efficacité
violence, l’exploitation ou les mauvais traitements. La méthode
La protection de l’enfant peut bénéficier de partenariats entre les
utilisée pour fournir ces prestations est également importante, et
institutions des Nations Unies, les gouvernements nationaux, la
il convient de renforcer, par des formations spécifiques s’il le faut,
société civile, le secteur privé, et des organisations bilatérales
les capacités générales des enseignants, des médecins, de la police,
et multilatérales. Il faut favoriser la mise au point de stratégies
des travailleurs sociaux et des autres personnes concernées afin
communes en termes de programmes et de sensibilisation,
qu’ils puissent faire face aux problèmes de protection de l’enfant.
et encourager la responsabilité sociale du secteur privé face
aux objectifs de protection de l’enfant. Les partenariats avec
2. Promouvoir des changements sociaux
les institutions financières internationales peuvent stimuler les
De nombreuses formes de violence contre les enfants sont tolérées investissements dans des secteurs axés sur la protection de l’en-
tacitement ou explicitement par la société – par exemple, le fant. Les adolescents – en particulier ceux dont la protection est
mariage d’enfants, la mutilation génitale féminine/excision, les menacée – peuvent devenir les champions de causes telles que
châtiments corporels et la violence familiale. L’efficacité de la la violence contre les enfants et l’impact des conflits armés,
protection de l’enfant dépend en grande partie de l’évolution des et rompre le silence sur des sujets considérés comme sensibles.
mentalités des familles et des communautés, de sorte que les
attitudes, les convictions et les pratiques préjudiciables aux enfants 5. Réunir des preuves
ne soient plus tolérées. La protection la plus efficace de l’enfant
Le renforcement d’une base de données factuelles sur la
est renforcée par un consensus social positif. Les tentatives visant
protection de l’enfant revêt une importance capitale, ne serait-ce
à imposer le changement de l’extérieur entraînent souvent une
que pour s’assurer que les données sont utilisées pour améliorer
résistance. Les initiatives en faveur du renforcement de la protec-
les lois, les politiques et les pratiques. Le suivi et l’évaluation sont
tion de l’enfant sont plus efficaces quand elles s’appuient sur des
nécessaires pour déterminer l’échelle des violations de la protec-
partenariats et des coalitions, et quand les problèmes peuvent
tion de l’enfant, identifier les groupes vulnérables et les facteurs
être discutés ouvertement. Pour que le changement soit efficace,
de vulnérabilité, évaluer l’efficacité des mesures de prévention
il doit plonger ses racines dans des normes sociales reconnues et
et étayer les politiques et la programmation grâce à des données
des systèmes efficaces et accessibles.
réunies à tous les niveaux. Le processus de collecte de données
permet aussi d’identifier les enfants qui échappent aux systèmes
3. Renforcer la protection de l’enfant lors
de protection de l’enfance en place, et de trouver de nouveaux
des situations d’urgence
moyens de les atteindre conformément à une approche qui favo-
Les conflits et les catastrophes naturelles – telles que les rise la réalisation des droits de l’homme.
sécheresses, les inondations et les séismes – créent de nouveaux
On sait fort bien que la collecte de données fiables sur des questions
risques pour les enfants et exacerbent ceux qui les menaçaient
liées à la protection de l’enfant est difficile. La violence, l’exploita-
déjà. Les stratégies adoptées dans leur sillage doivent être ancrées
tion et les mauvais traitements fleurissent dans l’illégalité, dans le
dans les textes internationaux relatifs aux droits de l’homme,
secret et l’absence de transparence, ce qui fait que les statistiques
tandis que l’action locale doit être conforme aux Principaux
officielles ne traduisent jamais toute l’étendue des problèmes.
engagements pour les enfants en situations d’urgence élaborés
Par ailleurs, l’hésitation des autorités à reconnaître les mauvais
par l’UNICEF. Selon ces engagements, les enfants en situations
traitements risque d’aller de pair avec leur réticence à créer des
d’urgence ont les mêmes besoins et droits que les enfants des
mécanismes de collecte de données. Quand de tels mécanismes
communautés stables. Ici encore, l’action doit faire en sorte de
de collecte de données existent au niveau national et local,
prévenir la violence, l’exploitation et les mauvais traitements.
ils sont souvent faibles et manquent de capacités techniques.
Même pendant les conflits armés ou après une catastrophe L’absence de méthodologies solides d’évaluation et de recherche
naturelle, il faut s’attacher à édifier des systèmes nationaux de est aussi à déplorer, surtout quand il s’agit d’évaluer l’impact des
protection de l’enfant. De nombreux systèmes sont affaiblis dans interventions préventives.
un contexte de situations d’urgence, et pourtant ils ont un rôle
Quoi qu’il en soit, des progrès importants ont été accomplis.
crucial à jouer pour résoudre les problèmes de protection de l’enfant
Les enquêtes sur les ménages sont un outil utile pour réunir des
lorsqu’ils se présentent. Des secteurs comme la protection sociale,
informations détaillées au moins sur certains grands volets de la
l’application des lois et la justice auront peut-être besoin d’être
protection de l’enfant; l’UNICEF compile des données mondiales
soutenus pour faire face à des problèmes comme la recherche et
sur plusieurs thèmes (décrits en détail dans la section qui suit).
la réunification des familles, le placement temporaire des enfants
qui ont perdu leurs parents lors d’une situation d’urgence ou des
enfants en conflit avec la loi.

Un bilan de la protection de l’enfant 3


PANORAMA GÉNÉRAL Les difficultés que nous rencontrons quand il s’agit d’estimer
le nombre d’enfants touchés par des conditions particulières –
notamment travail des enfants, conflits armés et autres formes
de violence, sévices et exploitation sexuels, perte de la famille,
Le concept d’environnement lois et procédures judiciaires inadéquates – sont la conséquence
non seulement des sensibilités publiques et politiques face à ces
protecteur a évolué parallèlement au problèmes, mais aussi d’une incompréhension quant aux données
nécessaires et à la meilleures manière de les réunir. Ces lacunes
mouvement en faveur des droits de dans les données ne nous ont pas permis d’analyser de façon
précise et efficace la situation des enfants.
l’enfant qui a abouti à l’adoption de la
Malgré les recommandations qui figurent dans la Convention
Convention relative aux droits de relative aux droits de l’enfant, les observations générales du
Comité des droits de l’enfant et les recommandations qui figurent
l’enfant en 1989 et à sa ratification dans l’Étude du Secrétaire général des Nations Unies sur la vio-
lence contre les enfants, des difficultés sont toujours à déplorer
quasiment universelle à ce jour. concernant la recherche sur la protection de l’enfant : absence de
définition qui fait l’unanimité de la protection de l’enfant, pénurie
L’expression « enfants vivant dans des
d’indicateurs, manque de rapports obligatoires et « invisibilité »
conditions particulièrement difficiles » fréquente des phénomènes.

On a déployé beaucoup d’efforts pour combler certaines de ces


– utilisée dès le milieu des années lacunes grâce aux Enquêtes démographiques et sanitaires depuis
le milieu des années 1980, aux Enquêtes en grappes à indicateurs
1980 jusque dans les années 1990 –
multiples depuis 1995 et à d’autres enquêtes nationales sur les
est née des expériences réalisées ménages. Ces instruments nous fournissent des données quanti-
tatives sur un large éventail de sujets, notamment l’enregistrement
dans le cadre des programmes des naissances, les mariages d’enfants, les MGF et l’excision, et
le travail des enfants, et, plus récemment, sur les attitudes face à la
destinés à aider les enfants qui violence familiale, la discipline appliquée aux enfants et les enfants
handicapés. Les données présentées dans ce bilan de situation
vivaient et travaillaient dans les rues ont été essentiellement extraites d’Enquêtes démographiques
et sanitaires, d’Enquêtes en grappes à indicateurs multiples
d’Amérique latine et dans d’autres et d’autres enquêtes nationales sur les ménages. Ces pages
régions, et a rapidement évolué pour comportent un grand nombre de données; ces données sont
nouvelles, parfois même publiées pour la première fois.
englober les enfants dans les conflits L’UNICEF et ses partenaires ont compilé les données réunies
grâce aux enquêtes sur les ménages pendant un certain nombre
armés et les enfants victimes de d’années pour produire des estimations mondiales et régionales
et procéder à des analyses de tendances. La plupart des pays
mauvais traitements et de négligence.
réunissent des données relatives à l’enregistrement des nais-
Dans pratiquement tous les secteurs, sances, aux mariages d’enfant et au travail des enfants, tandis
que les données sur les MGF et l’excision sont disponibles pour
il apparaissait clairement que les les 29 pays dans lesquels ces pratiques sont courantes. L’UNICEF
examine ces problèmes depuis plusieurs années dans La Situation
données ne permettaient pas de des enfants dans le monde; l’organisation a commencé à parler des
attitudes face à la violence familiale, à la manière de discipliner un
donner une image quantitative et enfant et face aux enfants handicapés en 2007.

qualitative de la nature et de la portée Les données sur l’exploitation sexuelle des enfants et les sévices
auxquels ils sont soumis, sur la traite d’enfants, la migration,
des violations des droits de l’enfant. les enfants placés en institutions et les enfants placés dans des
centres de détention sont difficiles à réunir à l’aide des enquêtes
sur les ménages et, pour des raisons évoquées à plusieurs reprises
dans ce rapport, on déplore souvent une pénurie de données
quantifiables sur ces problèmes. Dans ces domaines, les données

4 Progrès pour les enfants


publiées dans le présent bilan proviennent d’analyses externes Près de 51 millions d’enfants nés en 2007 n’ont
et des mesures estimatives les plus précises dont on pouvait pas été enregistrés; la moitié d’entre eux environ
disposer à l’époque de sa publication. vivent en Asie du Sud
Nombre de naissances non enregistrées, par an et par région (2007)
Bien que les données qualitatives ne puissent pas se substituer aux
statistiques, elles viennent étayer les informations quantitatives
Amérique latine et Caraïbes ECO/CEI
et garantissent que la programmation va dans le sens de l’intérêt 400 000
1,3 million
supérieur de l’enfant. Asie du Sud
Moyen-Orient et Afrique du Nord 24,3 millions
2,4 millions
Enregistrement des naissances Asie de l’Est et Pacifique
L’inscription d’un enfant au registre des naissances permet à (sans la Chine)
3,5 millions
celui-ci d’obtenir un document officiel prouvant son existence et
sa nationalité; elle est considérée comme un droit fondamental
conformément à l’article 7 de la Convention relative aux droits de Afrique de l’Ouest
et centrale
l’enfant. L’enregistrement des naissances devrait être gratuit et
9,8 millions
universel. Pourtant, en 2007, près de 51 millions d’enfants n’ont
pas été enregistrés et la moitié d’entre eux vivaient en Asie du
Sud. Un pays en développement sur quatre pour lesquels des
données sont disponibles affiche un taux d’enregistrement des
naissances inférieur à 50 %.
Afrique de l’Est et australe
Près de deux enfants sur trois en Afrique subsaharienne et en Asie 9,7 millions
du Sud n’étaient pas enregistrés en 2007. Dans huit pays – six en
Note : ces estimations sont extraites de données réunies dans 98 pays représentant
Afrique subsaharienne et deux en Asie du Sud – le pourcentage
68 % de la population mondiale. Elles ont été calculées à partir de statistiques sur les
d’enfants de moins de 5 ans enregistrés était inférieur ou égal à naissances réunies en 2007. Elles n’incluent pas la Chine et sa population car les bases
de données de l’UNICEF ne comportent pas de données sur l’enregistrement des
10 %. Les enfants des ménages les plus pauvres risquent deux naissances en Chine.
fois plus de ne pas être enregistrés que les enfants des ménages Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
les plus riches. sanitaires, autres enquêtes nationales et données vitales sur l’enregistrement 2000–2008.

Dans de nombreux pays, l’absence de données sur les tendances


concernant l’enregistrement des naissances entrave l’analyse
des progrès aux niveaux mondial et régional. Au niveau des

L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud affichent les taux les plus faibles d’enregistrement des naissances
Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui sont enregistrés

Moins de 25 %
25–50 %
51–75 %
Plus de 75 %
Données non disponibles

Note : cette carte est stylisée et n’est pas à l’échelle. Elle ne reflète aucune prise de position de la part de l’UNICEF quant au statut juridique des pays ou territoires, ni quant au tracé de
leurs frontières. La ligne en pointillé représente approximativement la ligne de démarcation au Jammu-et-Cachemire sur laquelle l’Inde et le Pakistan se sont accordés. Le statut final du
Jammu-et-Cachemire n’a fait l’objet d’aucun accord entre les parties.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et sanitaires, autres enquêtes nationales et données vitales sur l’enregistrement, 2000–2008.

Un bilan de la protection de l’enfant 5


Près de deux enfants sur trois en Les enfants des ménages les plus pauvres courent
Afrique subsaharienne et en Asie du Sud deux fois plus de risques que ceux des ménages
ne sont pas inscrits au registre des naissances les plus riches de ne pas être enregistrés; la situation
Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui ne sont pas enregistrés, est la même pour les garçons et les filles
par région Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui ne sont pas inscrits au
registre des naissances, par quintile de richesse et par sexe

Afrique de l’Est 70 %
68
et australe 68

Afrique subsaharienne 64 60 %

55 55
Asie du Sud 64 50 %

Afrique de l’Ouest
61 40 %
et centrale
Asie de l’Est et Pacifique
28 32
(sans la Chine) 30 %

Moyen-Orient et
25
Afrique du Nord 20 %
Amérique latine et
11
Caraïbes 10 %

ECO/CEI 8
0%
Quintile le Quintile le Garçons Filles
Pays les moins avancés 71
plus pauvre plus riche

Pays en développement
50
(sans la Chine)
Note : les estimations par quintile de richesse sont extraites d’un sous-groupe de
81 pays, et les estimations par sexe sont extraites d’un sous-groupe de 81 pays. Elles
0% 20 % 40 % 60 % 80 % ne peuvent donc pas être comparées avec les estimations totales présentées dans
d’autres parties de ce rapport.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
sanitaires, autres enquêtes nationales et données vitales sur l’enregistrement, 2000–2008. sanitaires, autres enquêtes nationales et données vitales sur l’enregistrement, 2000–2007.

10 % ou moins des enfants de moins de 5 ans sont pays, cependant, les données indiquent que l’enregistrement des
enregistrés dans six pays d’Afrique subsaharienne naissances a progressé dans de nombreux pays, notamment en
et deux pays d’Asie du Sud Gambie, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam.
Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui sont enregistrés, dans
les pays où le taux d’enregistrement est inférieur ou égal à 10 % Les enfants et les adultes dont la naissance n’a pas été enregistrée
sont effectivement invisibles pour l’État. Ils sont hors de portée
10 %
des services auxquels ils ont droit, comme la protection, les soins
10 10
médicaux et l’éducation. Ils ne peuvent souvent pas revendiquer
9
8%
8
leurs droits en tant que citoyens plus tard dans la vie; il leur sera
7 souvent impossible, par exemple, de voyager avec un passeport,
6%
6 de se marier, de voter, d’ouvrir un compte en banque ou de perce-
voir un héritage.
4%
4
3 Pour garantir la protection d’un enfant, l’enregistrement de sa
2%
naissance revêt une importance capitale. Toute application de
la législation relative à l’âge minimum dépend d’un document
0%
Somalie Libéria Afghanistan Éthiopie République- Tchad Zambie Bangladesh
officiel spécifiant l’âge de l’enfant, que l’on veuille le protéger
Unie de contre un enrôlement illégal dans des forces ou des groupes
Tanzanie
armés, contre un mariage prématuré ou contre des formes de
Note : les données pour le Libéria et la République-Unie de Tanzanie diffèrent de la travail dangereuses pour sa santé. Les enfants en conflit avec
définition standard. la loi ont besoin d’un document officiel indiquant leur âge pour
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples et enquêtes démographiques et éviter qu’ils ne soient soumis au système de justice criminelle
sanitaires, 2000–2007.
applicable aux adultes. Les enfants qui sont en possession d’un
certificat de naissance sont moins exposés que les autres à l’ex-
ploitation sexuelle et à la traite d’enfants, et ceux qui vivent dans

6 Progrès pour les enfants


des situations d’urgence complexes ont de meilleures chances Le module des enquêtes en grappes à indicateurs multiples sur
de retrouver leurs familles. En outre, un certificat de naissance la discipline imposée aux enfants a été mis au point pour faire
constitue une reconnaissance parentale qui protégera souvent face à l’absence de données et d’analyses empiriques permettant
l’enfant contre une adoption illicite. d’élaborer des politiques, des programmes et des interventions
visant à prévenir la violence contre les enfants et à soutenir les
L’intégration de l’enregistrement des naissances dans les services
enfants victimes de cette violence. Mais il est clair qu’il faudra
sociaux, notamment les services de santé et les programmes d’éveil
réunir davantage d’informations sur ce sujet.
du jeune enfant, permettra de faire progresser les taux d’inscription
au registre des naissances. Des campagnes de sensibilisation Les données disponibles indiquent également que le fait qu’un
bien menées permettront au grand public de mieux comprendre homme batte sa femme est largement accepté, ce qui est une
l’importance de l’enregistrement des naissances et stimuleront un forme de violence familiale. Des données réunies dans 68 pays
soutien collectif à cette mesure. indiquent que plus de 50 % des jeunes filles et des femmes âgées
de 15 à 49 ans estiment qu’un mari est en droit de frapper ou de
Violence contre les enfants battre sa femme dans certains cas. Le fait de négliger les enfants
est la raison citée le plus fréquemment pour justifier le fait qu’un
Il est impossible de connaître toute la portée du problème de la
homme batte sa femme, et ce dans pratiquement toutes les
violence contre des enfants car elle intervient le plus souvent
régions. Toutefois, les femmes plus instruites sont moins enclines
dans le secret des familles et n’est pas dénoncée. L’évaluation la
à penser qu’un mari a le droit de battre sa femme dans certains
plus complète a probablement été réalisée à partir des données
cas que les femmes moins instruites.
compilées par le Centre de recherche Innocenti pour l’Étude du
Secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les Le Secrétaire général des Nations Unies, dans son Étude sur la
enfants (2006), selon laquelle entre 500 millions et 1,5 milliard violence contre les enfants, a recommandé un renforcement des
d’enfants sont soumis chaque année à la violence1. systèmes nationaux de collecte de données et d’information;
l’adoption d’indicateurs tenant compte des normes internationale-
Bien que certains actes de violence soient imprévisibles et isolés,
ment reconnues; et l’utilisation de données ventilées pour suivre
dans la majorité des cas, la violence contre les enfants est per-
les progrès au fil du temps et identifier les sous-groupes d’enfants
pétrée par des personnes que les enfants connaissent bien et en
particulièrement vulnérables. Parmi les autres recommandations
qui ils devraient pouvoir avoir confiance, comme leurs parents,
figurant dans cette étude, on peut aussi citer l’établissement de
beaux-parents ou le/la partenaire de leurs parents, des camarades
d’école, des enseignants et des employeurs. Certains groupes
d’enfants sont particulièrement vulnérables, notamment les enfants Est-il acceptable d’être battue par son mari? Plus de
handicapés, les enfants appartenant à des groupes minoritaires, la moitié des femmes des pays en développement
pour lesquels on possède des données pensent que oui
les enfants qui vivent dans la rue, les adolescents en conflit avec
la loi, ainsi que les enfants réfugiés et déplacés. Souvent, les Pourcentage de filles et de femmes âgées de 15 à 49 ans qui pensent
qu’un mari a raison de frapper ou de battre sa femme dans certains cas
enfants exposés à la violence ou témoins d’actes de violence ne
disent rien par peur de représailles ou d’exclusion, et nombreux
sont ceux qui acceptent la violence comme faisant inévitablement Afrique de l’Ouest
66
partie de leur vie. et centrale
Afrique de l’Est
65
Bien que la famille soit censée être le milieu naturel garantissant la et australe

protection des enfants, il arrive qu’ils soient soumis à une discipline Asie du Sud 54
imposée par la violence. Les données réunies dans 37 pays qui Asie de l’Est et Pacifique
35
ont utilisé un module facultatif sur la manière d’imposer la disci- (sans la Chine)

pline aux enfants au cours du troisième tour des enquêtes ECO/CEI 32

en grappes à indicateurs multiples (2005–2006) révèlent que


Pays les moins avancés 64
86 % des enfants âgés de 2 à 14 ans sont soumis à des châtiments
Pays en développement
corporels et/ou à des agressions psychologiques. Deux enfants (sans la Chine)
52

sur trois subissent des châtiments corporels.


0% 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 %
Les châtiments corporels sont très courants même quand les mères
de famille et les responsables d’enfants réprouvent cette pratique.
Note : ces estimations sont extraites de données réunies dans 68 pays représentant
Dans 35 pays pour lesquels des données sont disponibles, le
39 % de la population mondiale. Il n’a pas été possible de faire des évaluations régionales
pourcentage de mères et de responsables d’enfants qui estiment pour l’Amérique latine et les Caraïbes, ainsi que le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord,
faute de données suffisantes.
que les châtiments corporels ne sont pas nécessaires pour bien
Source : enquêtes démographiques et sanitaires, enquêtes en grappes à indicateurs
élever un enfant est pratiquement toujours plus faible que le
multiples et autres enquêtes nationales, 2001–2007.
pourcentage d’enfants âgés de 2 à 14 ans qui sont soumis à cette
forme de discipline.
Un bilan de la protection de l’enfant 7
Une vaste proportion d’enfants est victime de châtiments corporels et d’agressions psychologiques
Pourcentage d’enfants âgés de 2 à 14 ans qui ont subi des châtiments corporels uniquement, des agressions psychologiques uniquement,
ou les deux formes d’agression

Territoire
palestinien occupé 70 23 2

Viet Nam 58 32 4

Yémen 81 10 2

Égypte 68 22 2

Cameroun 69 16 7

Sierra Leone 69 13 9

Togo 67 16 8

Côte d’Ivoire 69 18 3

Ghana 64 20 6
République
69 12 7
centrafricaine
Jamaïque 61 14 12
République arabe
70 12 5
syrienne
Algérie 69 14 4

Gambie 62 13 10

Suriname 52 27 5

République dominicaine 45 27 12

Iraq 65 15 4

Burkina Faso 53 26 4

Bélarus 45 33 5

Guinée-Bissau 57 9 14

Mongolie 37 42 1

Azerbaïdjan 44 29 2

Trinité-et-Tobago 42 23 9

Tadjikistan 50 19 5

Guyana 47 15 11

Serbie 41 21 11
République démocratique
35 27 9
populaire lao
Ukraine 32 33 5

Djibouti 46 8 16
Ex-République yougoslave
42 15 12
de Macédoine
Belize 38 13 17

Géorgie 40 18 8

Monténégro 35 19 7

Kazakhstan 19 29 4
À la fois châtiments corporels et agression
Kirghizistan 25 16 11 psychologique

Albanie 10 2 37 Agression psychologique uniquement


Châtiments corporels uniquement
Bosnie-Herzégovine 13 14 9

0% 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %

Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et sanitaires, et autres enquêtes nationales, 2005–2007.

8 Progrès pour les enfants


Les femmes plus jeunes justifient plus aisément Dans la plupart des régions, le fait de négliger
le fait qu’un mari batte sa femme que les femmes les enfants est cité le plus souvent pour justifier
plus âgées qu’un mari batte sa femme
Pourcentage de filles et de femmes âgées de 15 à 49 ans qui estiment Pourcentage de filles et de femmes âgées de 15 à 49 ans qui estiment
qu’un mari a raison de frapper ou battre sa femme dans certains cas, qu’un mari est en droit de frapper ou battre sa femme dans certains cas,
par groupe d’âge par cas

Si elle Si elle sort Si elle Si elle refuse Si elle


15–19 ans 53 néglige sans le s’oppose d’avoir des laisse
les lui dire à lui rapports brûler
enfants sexuels le repas
20–24 ans 52 avec lui
Amérique latine 12 9 4 4 5
et Caraïbes
25–29 ans 52 ECO/CEI 23 20 22 11 8

Asie de l’Est et 29 22 13 13 7
Pacifique
30–34 ans 52 (sans la Chine)

Asie du Sud 34 29 30 14 20

35–39 ans 52 Moyen-Orient et 44 45 35 36 20


Afrique du Nord

Afrique de 50 50 43 37 28
40–44 ans 51 l’Ouest et
centrale

Afrique de l’Est 51 45 42 32 31
45–49 ans 51 et australe

0% 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 %
Note : les valeurs pour l’Amérique latine et les Caraïbes, ainsi que le Moyen-Orient et
l’Afrique du Nord, ne sont pas représentatives de l’ensemble de la population de ces
Note : ces pourcentages reflètent une moyenne pondérée pour 66 pays pour lesquels régions, mais sont des moyennes pondérées se fondant sur un nombre limité de pays
des données sont disponibles. pour lesquels des données sont disponibles.

Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
sanitaires, et autres enquêtes nationales, 2001–2007. sanitaires et autres enquêtes nationales, 2001–2007.

Les femmes des ménages les plus pauvres et les femmes sans instruction admettent plus facilement qu’un
mari batte sa femme
Pourcentage de jeunes filles et de femmes âgées de 15 à 49 ans qui estiment qu’un mari est en droit de frapper ou de battre sa femme dans
certains cas, par quintile de richesse des ménages et par niveau d’instruction

70 %
65
60 % 63
61 60
55 55
50 %

40 % 42
39
30 %

20 %

10 %

0%
Quintile le plus Deuxième quintile Quintile Quatrième Quintile le Sans instruction Instruction Instruction secondaire
pauvre médian quintile plus riche primaire ou supérieure

Note : les estimations ventilées par quintile de richesse des ménages sont extraites de données provenant de 53 pays représentant 29 % de la population mondiale. Les estimations relatives
à l’éducation sont extraites de données provenant de 64 pays représentant 38 % de la population mondiale.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et sanitaires et autres enquêtes nationales, 2001–2007.

Un bilan de la protection de l’enfant 9


programmes nationaux d’étude de la violence contre les enfants Plus d’un tiers des femmes âgées de 20 à 24 ans
dans tous les contextes où elle intervient – dans la famille et au dans le monde en développement se sont mariées
foyer, à l’école, dans les établissements sanitaires et judiciaires, quand elles étaient encore enfants
sur le lieu de travail et dans la communauté. Pourcentage de femmes âgées de 20 à 24 ans qui étaient mariées
ou en union avant l’âge de 18 ans, par région
Les conséquences de la violence sont multiples. De nombreuses
victimes doivent faire face à des problèmes de santé physique et
Asie du Sud 46
mentale qui peuvent entraîner la mort ou des handicaps plus tard
dans leur vie. La société paie le prix de cette violence en termes Afrique de l’Ouest
43
et centrale
de coûts médicaux directs, pertes de gains et de rentrées d’impôts
Afrique subsaharienne 39
qui auraient pu être perçus, ainsi que de coûts des services d’aide
et de protection sociale. Afrique de l’Est
36
et australe
Amérique latine
Mariages d’enfants et Caraïbes
25

En 2007, plus du tiers des jeunes femmes âgées de 20 à 24 ans Asie de l’Est et Pacifique
19
(sans la Chine)
vivant dans les pays en développement ont rapporté qu’elles
Moyen-Orient et
étaient mariées ou vivaient en union à l’âge de 18 ans. Les pro- 18
Afrique du Nord
portions étaient le plus élevées en Asie du Sud (46 %) et Afrique ECO/CEI 12
subsaharienne (39 %).
Pays les moins avancés 48

Plus de 64 millions de jeunes femmes âgées de Pays en développement


35
(sans la Chine)
20 à 24 ans dans le monde ont rapporté qu’elles
s’étaient mariées avant d’avoir 18 ans; la moitié 0% 10 % 20 % 30 % 40 % 50 %
d’entre elles vivent en Asie du Sud
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
Nombre de femmes âgées de 20 à 24 ans qui étaient mariées ou
sanitaires et autres enquêtes nationales, 2000–2007.
en union avant l’âge de 18 ans

ECO/CEI
2,2 millions
Dans les six pays où la prévalence des mariages
Moyen-Orient et Afrique du Nord d’enfants est la plus forte, plus de 60 % des femmes
3,5 millions Asie du Sud
32,6 millions âgées de 20 à 24 ans se sont mariées quand elles
Asie de l’Est et Pacifique étaient enfants
(sans la Chine) Pourcentage de femmes âgées de 20 à 24 ans qui étaient mariées
5,6 millions
ou en union avant l’âge de 15 ans et avant l’âge de 18 ans dans les
six pays où la prévalence des mariages d’enfants est la plus forte

Amérique latine
et Caraïbes Mariée ou en union avant l’âge de 18 ans
6,3 millions Mariée ou en union avant l’âge de 15 ans
80 %
39
70 % 46 37
Afrique de l’Est 60 % 40 43 36
et australe
6,5 millions 50 %

40 %
35 36
30 %
Afrique de l’Ouest et centrale 28
20 % 25
7,8 millions 21 20
10 %
Note : ces estimations ont été établies à partir de données provenant de 96 pays
0%
représentant 61 % de la population mondiale. Les estimations ont été calculées en
République Guinée Bangladesh Mali Tchad Niger
utilisant les chiffres de 2007 pour le nombre de femmes âgées de 20 à 24 ans et les centrafricaine
chiffres de 2000–2007 pour la prévalence des mariages d’enfants. La Chine et sa
population ne sont pas incluses car les bases de données de l’UNICEF ne comportent
pas de données sur les mariages d’enfants en Chine. Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples et enquêtes démographiques et
sanitaires, 2004–2006.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
sanitaires et autres enquêtes nationales, 2000–2007.

10 Progrès pour les enfants


Dans les six pays où la prévalence des mariages d’enfants est Les données réunies dans 47 pays révèlent que dans l’ensemble,
la plus forte, plus de 60 % des femmes âgées de 20 à 24 ans l’âge moyen d’un premier mariage a tendance à augmenter. Mais
s’étaient mariées lorsqu’elles étaient encore enfants. Les filles dans de nombreux pays, les changements sont lents à venir. Au
des ménages les plus pauvres risquent davantage de se marier Bangladesh, en Guinée et au Népal, par exemple, même si l’âge
très jeunes que les filles des ménages plus aisés. moyen d’un premier mariage a augmenté, il est toujours inférieur
à 18 ans (voir page 12).
Bien que les garçons soient aussi mariés avant l’âge minimum
dans certains pays, la grande majorité des enfants soumis au
mariage précoce sont des filles. Ces mariages compromettent Les filles des ménages les plus pauvres risquent
leur développement et les obligent souvent à quitter l’école. Ces plus que les filles des ménages les plus riches
d’être mariées à un très jeune âge
jeunes filles se retrouvent parfois extrêmement isolées – elles
Pourcentage de femmes âgées de 20 à 24 ans qui étaient mariées ou
sont souvent emmenées dans la famille et la communauté de leur
en union avant l’âge de 18 ans, par quintile de richesse du ménage
mari, et privées de contact avec les jeunes filles de leur âge et leur
propre famille. Le mariage d’enfants a pour conséquences pro-
60 %
bables la grossesse et la maternité chez ces adolescentes, ce qui 57
entraîne des risques non négligeables pour la santé de la mère et 50 %
50
du bébé.
40 % 42
Les jeunes filles, une fois mariées, sont censées effectuer la
majeure partie des tâches ménagères. Leur jeunesse et leur 30 % 32
manque d’expérience les expose à la violence familiale et aux
sévices sexuels, y compris à des rapports sexuels non désirés 20 %

avec leur mari. Il y a peu de chances que celui-ci les protège en 16


10 %
utilisant un préservatif, ce qui les expose au risque de contracter
des infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH2. 0%
Les mariages d’enfants peuvent aussi se solder par l’obligation Quintile le Deuxième Quintile Quatrième Quintile le
de travailler sans rémunération et l’exploitation sexuelle. Dans plus pauvre quintile médian quintile plus riche

certains cas, les filles et les garçons font l’objet d’un trafic qui peut
Note : les estimations par quintile de richesse des ménages sont extraites des données
déboucher sur un mariage forcé. réunies dans 75 pays représentant 51 % de la population mondiale.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
sanitaires et autres enquêtes nationales, 1996–2007.

Les garçons sont aussi exposés à des mariages précoces, mais moins que les filles
Pourcentage d’hommes âgés de 20 à 24 ans qui étaient mariés ou en union avant l’âge de 18 ans, dans sept pays où le taux de prévalence
est d’au moins 10 %

20 %

15 % 16
14

10 % 11 11
10 10 10

5%

0%
Inde Mali Sénégal Bolivie Madagascar Mozambique Népal

Source : enquêtes démographiques et sanitaires et autres enquêtes nationales, 2003–2006.

Un bilan de la protection de l’enfant 11


L’âge médian au premier mariage augmente au Bangladesh, en Guinée et au Népal, mais il reste inférieur à 18 ans
Âge médian au premier mariage pour les femmes âgées de 20 à 49 ans, par groupe d’âge, dans un sous-groupe de pays affichant une prévalence
élevée et possédant des données

20
Malawi

19 Mozambique
Âge médian au premier mariage

18 Mali

Népal
17

Guinée
16
Tchad
15
Niger

14 Bangladesh

13
45–49 ans 40–44 ans 35–39 ans 30–34 ans 25–29 ans 20–24 ans

Note : par âge médian lors du premier mariage on entend l’âge auquel 50 % au moins des femmes étaient mariées pour la première fois ou avaient commencé à vivre en union consensuelle.
Source : enquêtes démographiques et sanitaires, 2003–2006.

Mutilation génitale féminine/excision On sait aussi que les MGF et l’excision sont pratiquées dans
(MGF/excision) d’autres pays, notamment dans les communautés immigrantes
d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Australie, mais il semble que
Les mutilations génitales et l’excision sont une forme de violence
la pratique ne soit pas très répandue. Les taux de prévalence
contre les filles et les femmes qui viole leur intégrité physique et
sont davantage fonctions de l’origine ethnique que de toute autre
psychologique et, partant, leurs droits fondamentaux. Les MGF et
variable. Ainsi, dans un pays où le taux de prévalence nationale
l’excision sont pratiquées avec la conviction qu’elles garantiront
est faible, certaines communautés ethniques peuvent afficher des
le mariage à la jeune fille, sa chasteté, sa beauté et l’honneur de
taux de prévalence très élevés, tandis que la majorité des autres
sa famille. Elles reposent sur des normes sociales si puissantes
communautés ne se livrent pas du tout à ces pratiques.
que même quand les familles sont conscientes du mal que ces
mutilations peuvent faire, elles acceptent de faire exciser leurs Globalement, la prévalence des MGF et de l’excision a reculé
filles. Dans leur esprit, si elles ne se plient pas à cette obligation, lentement au cours des dernières décennies. Les statistiques
les conséquences pour leurs filles et pour la famille seront révèlent que les filles et les jeunes femmes ont été moins
encore plus graves puisqu’elles seront exposées à la honte et exposées que les femmes plus âgées à quelque forme que ce
à l’exclusion sociale. soit de MGF/excision, et dans une famille, les filles sont moins
nombreuses à être excisées que leurs mères. Le taux de réduc-
Selon l’UNICEF, plus de 70 millions de jeunes filles et de femmes
tion varie cependant profondément et des millions de filles sont
âgées de 15 à 49 ans ont subi des MGF ou une excision dans
toujours exposées au risque d’excision.
28 pays d’Afrique, plus le Yémen. Le chiffre serait probablement
beaucoup plus élevé si l’on comptait toutes les fillettes et les Même dans les pays où le taux de prévalence des MGF et de
femmes de tous âges de par le monde. l’excision est élevé, les femmes ne sont pas toutes favorables
à ces pratiques, et les données révèlent que de plus en plus
Environ 60 % des jeunes filles et des femmes qui ont été excisées
de femmes s’y opposent. Mais les changements au niveau
vivent en Afrique subsaharienne, et 40 % vivent au Moyen-Orient
des attitudes individuelles ne suffisent pas à faire évoluer
et en Afrique du Nord. Selon les données réunies dans le cadre
les comportements.
d’enquêtes sur les ménages représentatives au niveau national,
29 pays afficheraient un taux de prévalence des MGF/excision d’au
moins 1 %. Un seul de ces pays – le Yémen – est situé en dehors
du continent africain.

12 Progrès pour les enfants


La MGF/excision est pratiquée dans 28 pays d’Afrique et au Yémen
Pourcentage de filles et de femmes âgées de 15 à 49 ans qui ont été excisées dans
les 29 pays où le taux de prévalence de la MGF/excision est d’au moins 1 %

Plus de 70 %
41–70 %
10–40 %
Moins de 10 %
Données non disponibles ou MGF/excision
ne sont pas largement pratiquées

Note : dans le cas de l’Égypte et du Yémen, l’échantillonnage de personnes interrogées


n’est composé que de femmes âgées de 15 à 49 ans qui sont ou ont été mariées.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
sanitaires et autres enquêtes nationales, 1997–2007.

La prévalence de la MGF/excision varie davantage Les femmes plus jeunes sont moins susceptibles
en fonction de l’origine ethnique que de toute autre d’avoir subi une forme de MGF/excision que les
variable sociale ou démographique femmes plus âgées
Pourcentage de filles et de femmes âgées de 15 à 49 ans qui Pourcentage de filles et de femmes âgées de 15 à 49 ans qui ont été
ont été excisées, par origine ethnique, dans 16 pays pour excisées, par groupe d’âge
lesquels des données sont disponibles

60 %

Taux national Prévalence du Prévalence du 50 % 52


de prévalence groupe ethnique groupe ethnique 50 49
47
affichant le taux affichant le taux 45
40 % 42
de prévalence de prévalence 38
le plus élevé le plus faible
30 %
du pays du pays
Bénin 13 74 0 20 %
Burkina Faso 73 86 29
Cameroun 1 12 0 10 %

Côte d’Ivoire 36 77 4
0%
Gambie 78 97 12 45–49 40–44 35–39 30–34 25–29 20–24 15–19
Ghana 4 19 0 ans ans ans ans ans ans ans

Guinée 96 99 68
Guinée-Bissau 45 95 6 Note : les estimations sont extraites de données réunies dans 28 pays.
Kenya 32 97 1 Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
Mali 85 98 28 sanitaires et autres enquêtes nationales, 1997–2007
Niger 2 66 0
Nigéria 19 61 0
République
26 59 1
centrafricaine
Sénégal 28 78 2
Tchad 45 95 0
Togo 6 35 0

Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples et enquêtes démographiques


et sanitaires, 2003–2006.

Un bilan de la protection de l’enfant 13


Dans huit pays, le pourcentage de femmes dont les filles ont été
DES DONNÉES PLUS COMPLÈTES POUR excisées est supérieur au pourcentage de femmes qui soutien-
SOUTENIR LES DYNAMIQUES SOCIALES : nent cette pratique. Des études récentes donnent des indications
L’ABANDON DES MGF ET DE L’EXCISION théoriques et pratiques selon lesquelles l’abandon est possible
Depuis les années 1990, la mise à disposition de statistiques détaillées à grande échelle si l’on fait comprendre aux communautés qui
sur les mutilations génitales féminines et l’excision a étayé les politiques et
les programmes qui avaient pour but de promouvoir l’abandon de cette pratiquent ces mutilations que dans d’autres communautés, les
pratique et d’autres pratiques sociales qui portent préjudice à la santé jeunes filles trouvent un mari même sans avoir été mutilées3.
des filles et des femmes.
Les MGF et l’excision ont attiré l’attention de la communauté internatio-
nale à la fin des années 1970, en particulier à l’occasion d’un séminaire
Le changement des attitudes individuelles
de l’Organisation mondiale de la Santé consacré aux pratiques n’entraîne pas toujours un changement des pratiques
traditionnelles qui affectent la santé des femmes et des enfants, Pourcentage de jeunes filles et de femmes âgées de 15 à 49 ans
organisé à Khartoum en 1979. Les premières statistiques sur l’enver- dont au moins une fille a été excisée et pourcentage de jeunes filles
gure du problème des MGF et de l’excision étaient très limitées et leur et de femmes âgées de 15 à 49 ans qui estiment que la pratique de
fiabilité était discutable, car les estimations de la prévalence reposaient la MGF/excision doit se poursuivre, dans les pays où le niveau de
souvent sur des informations non confirmées.
soutien est plus faible que le taux de prévalence chez les filles
Les premières enquêtes démographiques et sanitaires à comporter
des questions portant spécifiquement sur les MGF et l’excision se sont
déroulées dans le Nord du Soudan entre 1989 et 1990. À la fin des
années 1990, les enquêtes démographiques et sanitaires comportant 66
Mauritanie
un volet MGF/excision étaient plus fréquentes dans les pays où cette 53
pratique est courante, et les questions avaient été uniformisées. Les
informations recherchées ont pour but de déterminer si la femme 63
Érythrée
interrogée a été excisée et si l’une de ses filles a été excisée, la nature 49
de l’excision et qui l’a pratiquée, et l’attitude de la personne interrogée
face à cette pratique. 49
Djibouti
37
Les premières enquêtes en grappes à indicateurs multiples à comporter
des questions sur les MGF et l’excision ont été lancées en 2000, et le
38
cycle le plus récent de ces enquêtes (2005–2006) a permis de réunir Éthiopie
31
des données sur 13 pays.
Les données figurant dans les enquêtes en grappes à indicateurs 35
multiples et les enquêtes démographiques et sanitaires ont été Guinée-Bissau
28
systématiquement réunies compte tenu des variables suivantes :
région, lieu de résidence urbain-rural, âge, ressources du ménage et
25
niveau d’éducation et, de plus en plus, origine ethnique. Ces données Burkina Faso
11
révèlent que les progrès en faveur de l’abandon des MGF et de l’excision Pourcentage de jeunes filles
sont plus rapides dans les pays où cette pratique ne concerne que certains et de femmes dont au moins
20
groupes sociaux. Cette constatation est conforme à la théorie des Sénégal
une fille est excisée
18
conventions sociales. Si pratiquement toutes les filles et toutes les
femmes sont excisées dans une communauté, il n’y a pas lieu de Pourcentage de jeunes filles
2 et de femmes qui pensent que
concevoir qu’il puisse en être autrement. Bénin
1 cette pratique doit se poursuivre
Les statistiques confirment qu’il existe un lien étroit entre l’origine
ethnique et la pratique des MGF et de l’excision – plus fort que toute
0% 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 %
autre variable sociale ou démographique. Elles indiquent encore que
le taux de prévalence a tendance à être très élevé dans les groupes
ethniques qui pratiquent les MGF et l’excision. Il est rare qu’un segment Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
seulement d’un groupe ethnique se livre à cette pratique; si tel est le sanitaires et autres enquêtes nationales, 2002–2007.
cas, c’est probablement qu’un processus de changement social est en
cours. Ainsi, les efforts nationaux en faveur de l’abandon des MGF et de
l’excision doivent-ils s’accompagner de mesures communautaires dans
les régions du pays où cette pratique est courante, et les stratégies
doivent tenir compte du fait que les groupes ethniques s’étendent
souvent au-delà des frontières nationales.
La comparaison des données relatives aux attitudes face aux MGF et
à l’excision et leur taux de prévalence révèle que, dans certains pays,
de nombreuses femmes ne sont pas favorables à cette pratique mais
qu’elles continuent à la subir. Ce fait vient confirmer la théorie selon
laquelle pour que cette pratique soit abandonnée à grande échelle, il
faut que les membres des communautés qui l’appliquent changent
non seulement leurs attitudes individuelles – ce qui ne suffit pas pour
entraîner un changement de comportement – mais décident explicite-
ment et collectivement de l’abandonner. L’évolution au fil du temps est
une mesure indirecte de la détermination à abandonner cette pratique
à grande échelle, et les stratégies à appliquer dans des contextes
sociaux particuliers évolueront au fil du temps si un processus de
changement social est en cours.

14 Progrès pour les enfants


Travail des enfants Plus d’un tiers des enfants travaillent en
Afrique subsaharienne
Selon l’UNICEF, 150 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent
dans le monde. Cette estimation est extraite des données réunies Pourcentage d’enfants âgés de 5 à 14 ans qui travaillent
dans 102 pays. Le travail des enfants est surtout courant en
Afrique subsaharienne, où plus d’un tiers des enfants travaille. Afrique de l’Est
36
et australe
Understanding Children’s Work (Comprendre le travail des Afrique de l’Ouest et centrale
35
enfants), un projet interinstitutions de l’Organisation interna- (À l’exclusion du Nigéria)

tionale du Travail (OIT), de la Banque mondiale et de l’UNICEF, Afrique subsaharienne


34
(À l’exclusion du Nigéria)
a examiné les données de plusieurs pays pour lesquels des
Asie du Sud 13
données comparables sur le travail des enfants existent. Une
réduction de l’engagement des enfants dans une activité écono- Amérique latine et
11
Caraïbes
mique a été constatée dans la majorité des pays, y compris dans
Asie de l’Est et Pacifique 10
de grands pays comme le Brésil, l’Inde et le Mexique. Mais dans
Moyen-Orient et
plusieurs pays, la tendance reste stable ou le travail des enfants Afrique du Nord
9
est même en progression4.
ECO/CEI 6
Selon les estimations de l’OIT, plus des deux tiers des activités
Pays en développement 16
économiques impliquant des enfants interviennent dans le secteur
agricole. Les enfants des zones rurales – les filles en particulier – Pays les moins avancés 30
commencent à travailler dans l’agriculture quand ils n’ont parfois
0% 10 % 20 % 30 % 40 %
pas plus de 5 ou 7 ans5.

Le travail des enfants est à la fois la cause et la conséquence de Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
la pauvreté et il perpétue la paupérisation en compromettant sanitaires et autres enquêtes, 1999–2007.

gravement l’éducation des enfants. En commençant à travailler


très jeunes, la plupart des enfants retardent leur entrée à l’école,

Le travail des enfants est le plus courant en Afrique subsaharienne, mais il existe aussi dans certaines régions d’Asie
Pourcentage d’enfants âgés de 5 à 14 ans qui travaillent

30 % ou plus
20–29 %
10–19 %
Moins de 10 %
Données non disponibles

Note : cette carte est stylisée et n’est pas à l’échelle. Elle ne reflète aucune prise de position de la part de l’UNICEF quant au statut juridique des pays ou territoires, ni quant au tracé de
leurs frontières. La ligne en pointillé représente approximativement la ligne de démarcation au Jammu-et-Cachemire sur laquelle l’Inde et le Pakistan se sont accordés. Le statut final du
Jammu-et-Cachemire n’a fait l’objet d’aucun accord entre les parties. Les données pour le Jammu-et-Cachemire sont extraites de l’Enquête nationale sur la santé des familles (Inde), 2005–2006.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et sanitaires et autres enquêtes nationales, 1999 -2007.

Un bilan de la protection de l’enfant 15


Les pays dont un pourcentage élevé d’enfants n’achèvent pas leur éducation de base ou ne vont parfois même
travaillent affichent souvent de faibles taux de
pas à l’école du tout. Lorsque les filles qui travaillent vont à
scolarisation des enfants
l’école, elles portent un triple fardeau : tâches ménagères, travail
Pourcentage d’enfants de 7 à 14 ans qui travaillent et taux de
scolaire et travail en dehors de la maison, rémunéré ou non,
fréquentation scolaire
ce qui limite inévitablement leur niveau d’instruction et leurs
performances scolaires6.
100 %
Grâce aux enquêtes en grappes à indicateurs multiples qu’il
Fréquentation scolaire

effectue depuis 2000, l’UNICEF a réuni activement des données


80 %
sur les corvées ménagères et les autres tâches assumées par les
enfants, mettant au point une définition du travail des enfants
60 %
intégrant les enfants qui s’acquittent des corvées ménagères.
40 %
Cette définition englobe :

# Les enfants âgés de 5 à 11 ans se livrant à une activité


20 %
économique ou à des tâches ménagères pendant 28 heures
0% 20 % 40 % 60 %
Travail des enfants
par semaine ou davantage.
# Les enfants âgés de 12 à 14 ans se livrant à une activité
Note : les points représentant des pays qui suivent la ligne de régression de ce graphique économique (à l’exception de ceux qui font de menus travaux
décrivent l’association entre le travail des enfants et la fréquentation scolaire. Des
pourcentages élevés d’enfants âgés de 7 à 14 ans qui travaillent vont de pair avec des pendant moins de 14 heures par semaine) ou à des tâches
taux faibles de fréquentation scolaire. Des pourcentages faibles de travail des enfants ménagères pendant 28 heures par semaine ou davantage.
sont associés à des taux élevés de fréquentation scolaire.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
# Les enfants âgés de 15 à 17 ans soumis aux pires formes
sanitaires et autres enquêtes, 1999–2007. de travail des enfants, notamment à des travaux dangereux
pour leur santé, ou soumis à des corvées ménagères
pendant 43 heures par semaine ou davantage.

TRAVAIL DES ENFANTS : NOUVELLE DÉFINITION POUR UNE MEILLEURE COMPARABILITÉ DES DONNÉES
Au cours des 10 dernières années, on a constaté une forte augmentation # Les services ménagers dangereux et non rémunérés,
des informations statistiques disponibles sur le travail des enfants. Outre notamment les tâches ménagères effectuées pendant de
une meilleure sensibilisation des gouvernements et des institutions longues heures dans un milieu malsain, dans des lieux
sur ce sujet, ce progrès peut être attribué à trois grands facteurs : le dangereux et nécessitant l’emploi d’équipements dangereux
lancement en 1998 du Programme d’information et de suivi sur le travail ou obligeant l’enfant à porter des objets trop lourds.
des enfants du Programme international de l’OIT sur l’élimination du Dans le passé, les statistiques sur le travail des enfants publiées par
travail des enfants; l’inclusion, dans les enquêtes en grappes à indica- l’OIT se fondaient sur une définition purement économique du terme
teurs multiples, de modules sur le travail des enfants; et la collecte de « travail » tel qu’il est compris dans le Système ONU de comptabilité
données réalisée depuis 2000 par Understanding Children’s Work, un nationale. Cette définition n’intégrait pas les services ménagers non
projet interinstitutions de l’OIT, de l’UNICEF et de la Banque mondiale. rémunérés, comme la garde d’enfants ou les soins aux malades et aux
La difficulté consiste aujourd’hui à rendre ces informations plus personnes âgées de la famille, ainsi que les corvées plus traditionnelles
cohérentes et mieux comparables. La documentation publiée ou qui permettent aux autres membres de la famille de travailler mais
préparée par les divers organismes sur le travail des enfants se fonde empêchent les enfants d’aller à l’école, surtout les filles.
sur un large éventail de définitions et de mesures statistiques, créant En établissant les toutes premières normes internationales d’évaluation
une certaine confusion et occultant la nature précise du problème statistique du travail des enfants, cette résolution marque un tournant
auquel il faut faire face. important vers des estimations plus précises, et elle devrait aider les
En 2008, la 18ème Conférence internationale des statisticiens du travail, bureaux nationaux de statistique à réunir des données sur le travail des
dans sa Résolution II, a adopté une nouvelle définition du travail des enfants et à évaluer le travail des enfants à des fins d’établissement de
enfants portant sur les statistiques relatives au travail des enfants. Le rapports au niveau local et mondial.
cadre fixé par cette résolution englobe à la fois les activités économi- Bien que ce cadre ait été l’objet d’un accord de principe, il reste
ques (« l’emploi des enfants ») et les tâches ménagères (« les services encore beaucoup à faire au niveau statistique pour améliorer la
ménagers non rémunérés »), ce qui a contribué à lever une partie des comparabilité des estimations réalisées par l’intermédiaire des
malentendus qui entachaient les statistiques sur le travail des enfants. divers instruments d’enquête.
Selon cette résolution, l’expression « travail des enfants » couvre les
aspects suivants :
# Les pires formes de travail des enfants, notamment l’esclavage;
la prostitution et la pornographie; les activités illicites; et les
tâches qui risquent de porter atteinte à la santé, à la sécurité
ou au sens moral des enfants, tels qu’ils sont définis dans la
Convention No. 182 de l’OIT.
# L’emploi avant l’âge minimum de 15 ans, tel qu’il a été défini
dans la Convention No. 138 de l’OIT.

16 Progrès pour les enfants


La 18ème Conférence internationale des statisticiens du travail a autres organisations – l’Organisation internationale du Travail,
adopté une résolution sur les statistiques relatives au travail des l’Organisation internationale pour les migrations et l’Office des
enfants en 2008 (voir encadré, page précédente). Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) – entre un
sixième et la moitié de ces personnes seraient des enfants. Ces
Exploitation sexuelle et sévices sexuels infligés chiffres peuvent toutefois être contestés en raison de la faiblesse
à des enfants méthodologique de l’analyse, des lacunes dans les données et des
Il s’est avéré extrêmement difficile d’établir des statistiques fiables écarts numériques8.
concernant les enfants et les adolescents victimes de sévices Selon l’ONUDC, plus de 20 % des victimes de toutes les formes de
sexuels et d’exploitation sexuelle. L’absence de données s’explique traite, tant à l’intérieur du pays qu’au niveau transnational, sont
par la nature clandestine de ces délits, qui fait que l’on ne mesure des enfants. Dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest, dans la
pas toute l’envergure du problème et qu’on en parle peu. région du Mékong en Asie de l’Est, et dans certains pays d’Amérique
Il est cependant probable que des millions d’enfants, filles et garçons centrale et latine, les personnes faisant l’objet d’une traite sont
de tous âges et de tous les milieux, dans toutes les régions du en majorité des enfants. Sur les rescapés identifiés dans 61 pays,
monde, sont victimes d’exploitation et de sévices sexuels. Les 13 % étaient des filles et 9 % étaient des garçons9.
études révèlent que les filles sont plus touchées que les garçons, Plus de la moitié des 155 pays étudiés par l’ONUDC ont adopté des
bien que ces derniers n’échappent pas au fléau7. En plus du trau- plans d’action nationaux pour faire face au problème de la traite
matisme de l’exploitation sexuelle qu’ils subissent, les enfants qui de personnes. Environ 125 pays inclus dans l’étude s’étaient dotés
survivent ne vont souvent pas à l’école et sont exposés à divers de législations spécifiques de lutte contre la traite de personnes
risques : lésions physiques, infections sexuellement transmissi- en novembre 2008, alors qu’ils n’étaient que 55 avant 2003. Mais
bles, VIH et grossesses non désirées, ces dernières représentant l’étude révèle aussi que 73 seulement de ces pays possédant des
un danger potentiel pour les adolescentes. lois anti-trafic affichaient au moins une condamnation pour traite
Au 31 mai 2009, 131 pays avaient ratifié le Protocole facultatif à de personnes en novembre 200810.
la Convention relative aux droits de l’enfant concernant la vente
d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant Migration
en scène des enfants, qui criminalise toutes les formes d’exploi- Selon la Banque mondiale, environ un tiers des migrants des
tation sexuelle des enfants et préconise un soutien aux victimes. pays en développement sont des jeunes âgées de 12 à 24 ans11.
Mais les difficultés demeurent. La Déclaration et l’Appel à l’action Plusieurs études récentes mettent en lumière la vulnérabilité
de Rio de Janeiro visant à prévenir l’exploitation sexuelle des des enfants à toutes les étapes de la migration12.
enfants et des adolescents et à y mettre fin (2008) engage les Dans les communautés d’origine, les enfants qui restent après
gouvernements à poursuivre un ensemble d’objectifs spécifiques le départ de leurs parents doivent faire face à l’impact psycho-
assortis d’un calendrier afin de prévenir l’exploitation sexuelle logique de la séparation, ainsi qu’à un risque accru de sévices
des enfants et des adolescents, de mettre fin à cette pratique et de physiques ou sexuels. Une étude récente a montré que bien que
protéger les enfants exploités. les enfants dont les parents ont réussi à l’étranger bénéficient sou-
vent d’avantages matériels, les enfants séparés de leurs parents
Traite d’enfants par la migration sont deux fois plus exposés que les autres à une
Les enfants sont victimes de la traite d’enfants tant dans leur pays détresse affective13.
qu’au niveau international à diverses fins : travail forcé, prostitu-
tion, mariage sous la contrainte, corvées ménagères, mendicité, Dans les communautés qui accueillent les migrants, les enfants,
participation aux groupes armés et plusieurs autres formes surtout ceux qui ne sont pas enregistrés, risquent d’être confrontés
d’exploitation. Les statistiques sont rares et celles qui existent à la discrimination et à la marginalisation, notamment à l’impos-
sont souvent peu fiables. Il est difficile, par exemple, de trouver sibilité d’avoir accès à l’éducation et aux services médicaux.
des informations sur les enfants entraînés dans la traite des Éloignés du réseau de sécurité sociale auquel ils sont habitués,
employés de maison car ils travaillent dans l’intimité du foyer et leurs mécanismes de survie s’en trouvent affaiblis.
parce que cette forme de travail n’est souvent pas réglementée. Il ressort d’études récentes sur les enfants et la migration que le
Il est aussi difficile de réunir des informations sur les enfants concept traditionnel selon lequel les jeunes migrants dépendent
soumis à une traite à des fins d’exploitation sexuelle en raison de de leur famille a évolué vers une approche plus complexe selon
la nature cachée de ce crime. Les idées erronées qui perdurent sur laquelle ils sont des agents et des décideurs à part entière14. Quoi
la différence entre la traite et la prostitution, et entre la traite et la qu’il en soit, certains enfants prennent la décision de migrer dans
migration illégale, portent atteinte à la fiabilité des données. l’espoir d’améliorer leur situation économique et se retrouvent
Selon le Gouvernement des États-Unis, entre 600 000 et 800 000 dans des situations potentiellement dangereuses.
personnes font chaque année l’objet d’un trafic transfronta-
lier. Si l’on en croit cette analyse et celles effectuées par trois

Un bilan de la protection de l’enfant 17


Enfants handicapés Le dépistage est positif sur au moins l’une des
questions portant sur les handicaps pour une
Il est difficile d’obtenir des statistiques fiables sur les enfants
grande proportion d’enfants
handicapés. Pour faire face à cette pénurie d’informations,
Pourcentage d’enfants âgés de 2 à 9 ans dont le dépistage
l’UNICEF a inclus un module sur les handicaps, « le dépistage est positif pour au moins 1 des 10 questions sur les handicaps
en dix questions » sur les handicaps chez l’enfant dans son
enquête en grappes à indicateurs multiples la plus récente.

Les données réunies dans 22 pays grâce à cette enquête ont République centrafricaine 48

révélé que de grands groupes d’enfants courent un risque plus Belize 44


élevé de souffrir d’un handicap, et que la proportion d’enfants
dont le test de dépistage est positif pour au moins l’une des Suriname 39

questions sur les handicaps est extrêmement variable, allant de Sierra Leone 34
3 % en Ouzbékistan à 48 % en République centrafricaine.
Cameroun 33
Le problème des enfants handicapés revêt de multiples aspects.
Géorgie 30
Les enfants handicapés ont moins de chances que les autres
enfants d’être scolarisés, et dans certains pays, leurs taux de Mauritanie 30
transition sont souvent plus faibles en raison de la faiblesse de
Sao Tomé-et-Principe 29
leurs résultats scolaires15. Ils ont parfois aussi de la peine à avoir
accès aux services de santé dont ils ont besoin, soit parce que ces Yémen 29

services ne sont pas disponibles, soit parce que ces enfants sont
Mongolie 26
exposés à la discrimination ou à l’exclusion.
Jamaïque 24
Les enfants handicapés sont particulièrement exposés à la violence
physique et aux mauvais traitements, qu’il s’agisse de sévices Bangladesh 21

sexuels, de violence psychologique ou verbale, et dans certains Ghana 21


pays, le handicap est le résultat des mauvais traitements16. Les
Iraq 21
données réunies dans 15 pays révèlent que dans 7 d’entre eux, les
parents d’enfants dont le dépistage est positif pour un handicap Ex-République yougoslave
21
de Macédoine
étaient nettement plus nombreux à déclarer les avoir frappés au
Albanie 16
visage, sur la tête ou les oreilles, à plusieurs reprises et le plus
fort possible. Dans seulement deux des pays soumis à l’enquête, Thaïlande 15
les enfants dont le test des handicaps était positif risquaient consi-
Monténégro 14
dérablement moins que les autres d’être battus. (Dans six pays, le
rapport entre le statut de handicapé et la probabilité de se faire Serbie 14

frapper était statistiquement insignifiante). Bosnie-Herzégovine 10

République démocratique
10
populaire lao

Ouzbékistan 3

0% 10 % 20 % 30 % 40 % 50 %

Note : ce sont généralement les parents qui répondent aux questions des enquêtes
sur les ménages. Bien que les parents soient généralement capables d’identifier les
difficultés rencontrées par leurs enfants quand il s’agit d’effectuer certaines tâches,
leurs réponses aux questions ne sont pas suffisantes pour diagnostiquer un handicap.
Il ne faut donc pas interpréter ces données comme une représentation de la prévalence
d’un handicap dans un pays. Elles traduisent plutôt le pourcentage d’enfants qui pourrait
souffrir d’une forme de handicap, bien que le diagnostic réel du handicap exige un bilan
clinique. Il convient de noter qu’aucun des pays qui ont réuni des données sur les
handicaps au cours des dernières enquêtes en grappes à indicateurs multiples réalisées
le plus récemment n’a pratiqué une évaluation clinique des enfants concernés.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, 2005–2007.

18 Progrès pour les enfants


Les enfants dont le dépistage des handicaps était positif étaient plus souvent exposés à une discipline sévère
Pourcentage d’enfants âgés de 2 à 9 ans frappés au visage, sur la tête ou les oreilles, qui sont frappés à plusieurs reprises ou frappés forts,
par statut concernant le handicap, dans 15 pays dans lesquels ces données sont disponibles

50 %

47 Enfants dont le dépistage des handicaps est négatif


Enfants dont le dépistage des handicaps est positif
40 %
40

36

32
30 % 31
30
28
25
24 24
20 % 21
20
17
15
12 12
10 %
9 9 8
8 8 8 8
7
6 6 6 5
4
3
0%
Mongolie République Iraq Cameroun Sierra Géorgie Ghana Ex-République Albanie Belize Suriname Monténégro Bosnie- Jamaïque Serbie
centrafricaine Leone yougoslave de Herzégovine
Macédoine

Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, 2005-2007.

Enfants privés de soins parentaux Les meilleures données disponibles indiquent que
l’ECO/CEI affiche le plus grand nombre d’enfants
Par enfants privés de soins parentaux, on entend « tous les
placés en institutions
enfants qui ne vivent pas avec au moins l’un de leurs parents,
Nombre estimatif d’enfants placés en institutions, par région
quelle qu’en soit la raison et les circonstances17. » Le SIDA est
l’un des nombreux facteurs qui contribuent à la perte des soins
1 000 000
parentaux, de même que les mauvais traitements, l’exploitation et
la négligence. On admet de plus en plus que la pauvreté est l’une 800 000
des causes sous-jacentes de ces différents types de fragilités qui
600 000
s’aggravent mutuellement18.

On a estimé que plus de 2 millions d’enfants sont placés dans des 400 000

institutions de par le monde, dont plus de 800 000 dans l’Europe


200 000
centrale et orientale et la Communauté d’États indépendants
(ECO/CEI).Mais ce chiffre est probablement fortement sous-estimé 0
en raison de l’absence de rapports et de données fiables19. De ECO/CEI Pays membres Amérique Moyen-Orient Afrique de Asie de
de l’OCDE latine et et Afrique l’Est et l’Est et
nombreuses institutions ne sont pas enregistrées et beaucoup de Caraïbes du Nord australe Pacifique
pays ne recueillent ni publient régulièrement des données sur les
Note : l’estimation représente le nombre d’enfants placés en institution à n’importe quel
enfants placés en institutions.
moment. Pour les régions de l’Amérique latine et des Caraïbes, du Moyen-Orient et de
l’Afrique du Nord, de l’Afrique de l’Est et australe, et de l’Asie de l’Est et du Pacifique, il y
La pauvreté, plus que l’absence de famille, est à l’origine de a de fortes chances pour que les chiffres soient largement sous-estimés en raison de
nombreux placements en institutions et les transferts d’argent l’absence de système d’enregistrement dans les établissements. Le total n’a pas été
calculé pour l’Afrique de l’Ouest et centrale et pour l’Asie du Sud en raison de l’absence
et d’autres formes de protection sociale peuvent réduire les
de données pour ces régions.
pressions qui poussent certaines familles à se séparer de leurs Source : ces estimations se fondent sur une analyse de l’UNICEF de plusieurs sources
enfants. La communauté internationale doit s’assurer que le principales, notamment des estimations nationales, souvent faites par les gouverne-
ments, données par les bureaux de pays de l’UNICEF (2005 et 2006) ; les rapports de
placement en institutions n’est qu’une solution temporaire utilisée
pays préparés pour la « Second International Conference on Children and Residential
dans des cas extraordinaires. Care: New Strategies for a New Millennium », qui s’est déroulée à Stockholm en 2003 ;
et la base de données TransMONEE des indicateurs de l’ECO/CEI (2003).

Un bilan de la protection de l’enfant 19


Enfants confrontés aux systèmes judiciaires La détention entrave la réinsertion constructive de l’enfant dans
la société, qui devrait être l’objectif de toute intervention judicaire
La privation de liberté reste une forme courante de châtiment
conformément à la Convention relative aux droits de l’enfant.
appliquée aux délinquants mineurs, en violation du principe rele-
Pourtant, la vaste majorité des enfants en détention n’ont pas
vant des droits de l’enfant, selon lequel elle ne devrait être qu’une
commis de délits graves. Beaucoup d’entre eux sont inculpés
mesure de dernier ressort. Selon les estimations de l’UNICEF,
pour des délits mineurs : s’être enfui de chez eux, avoir violé
quelle que soit la période considérée, plus de 1 million d’enfants
le couvre-feu appliqué aux enfants, avoir manqué l’école ou
sont détenus de par le monde20, un chiffre qui est probablement
consommé de l’alcool. Des enfants sont aussi détenus dans le
bien en deçà de la réalité compte tenu des difficultés à obtenir des
contexte de l’immigration, pour des préoccupations concernant
données sur les nombreux enfants détenus qui n’apparaissent
leur santé mentale ou pour « leur propre protection ». Les enfants
pas dans les registres. Non seulement la collecte de données est
victimes ou témoins d’un acte criminel sont deux fois victimes car les
chaotique, mais les données n’incluent souvent pas les enfants
systèmes judiciaires ne possèdent pas les structures qui leur per-
qui attendent d’être jugés, les jeunes enfants détenus avec leurs
mettraient de faire respecter les droits et les besoins des enfants.
parents ou les enfants en garde à vue.
Cinq pays ont appliqué la peine de mort à des enfants depuis
Dans les 44 pays pour lesquels on disposait de données, environ
janvier 200523. La Convention relative aux droits de l’enfant
59 % des enfants détenus n’avaient pas été condamnés21. Une
interdit la peine de mort ou l’emprisonnement à perpétuité sans
minorité seulement de ces enfants est condamnée à une peine
possibilité de libération pour les enfants.
de privation de liberté, ce qui permet de penser que la détention
provisoire fait régulièrement office de sanction, en violation du
droit d’être présumé innocent tant que la culpabilité n’a pas été
Enfants dans des situations d’urgence
légalement établie, comme stipulé dans la Convention relative Selon les estimations de l’UNICEF, un peu plus de 1 milliard d’enfants
aux droits de l’enfant22. vivent dans des pays ou des territoires touchés par un conflit
armé, et sur ce total, près de 300 millions ont moins de 5 ans. En
Plus de la moitié des enfants détenus n’ont pas 2006, selon les estimations, 18,1 millions d’enfants faisaient partie
été jugés et condamnés des populations souffrant des conséquences du déplacement, dont
Nombre estimatif d’enfants en détention provisoire et après 5,8 millions de réfugiés et 8,8 millions de personnes déplacées
condamnation dans quatre régions où des données suffisantes existent dans leur propre pays24.

Les enfants qui vivent dans des pays frappés par des conflits risquent
Enfants en
plus que les autres de souffrir de pauvreté, de sous-alimentation,
200 000 détention provisoire
d’une mauvaise santé et d’un manque d’éducation. Les systèmes
Enfants détenus
après condamnation et les réseaux sociaux se dégradent souvent considérablement
150 000
en périodes de conflit, ce qui limite leurs capacités de protéger
les enfants vulnérables. Bien que les disparités économiques et
100 000 la pauvreté puissent être à l’origine des conflits, des dérivés simi-
laires des conflits armés, y compris la pauvreté et un chômage
50 000 élevé, peuvent entraîner le recrutement, la traite et l’exploitation
sexuelle d’enfants.
0 Les enfants sont aussi frappés de façon disproportionnée par les
Pays Asie de l’Est et Amérique latine ECO/CEI
membres Pacifique et Caraïbes catastrophes naturelles, comme les séismes, les sécheresses,
de l’OCDE la mousson et les inondations. Ces catastrophes détruisent les
Note : ces estimations représentent le nombre d’enfants en détention à quelque
foyers et les communautés, créent des conditions propices à
période que ce soit. la propagation des maladies, éloignent les enfants de l’école et
Source : ces estimations se fondent sur une analyse par l’UNICEF de plusieurs sources détruisent les systèmes sociaux qui protègent les enfants vulné-
importantes : enquêtes régionales et nationales de l’UNICEF et enquêtes et rapport
nationaux sur la justice appliquée aux mineurs; rapports de pays préparés pour la
rables. Il arrive que les enfants soient séparés de leur famille ou
« Second International Conference on Children and Residential Care: New Strategies qu’ils perdent les documents officiels dont ils ont besoin pour
for a New Millennium », qui s’est déroulée à Stockholm en 2003; Enquête des Nations
avoir accès à l’aide humanitaire. Les enfants séparés et non
Unies sur les tendances de la criminalité et le fonctionnement des systèmes de justice
pénale (septième enquête 1998–2000, huitième enquête 2001–2002, neuvième enquête accompagnés, en particulier les familles dont le chef est un enfant,
2003–2004) de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime; King’s College
sont inévitablement plus exposés à l’exploitation économique ou
London, World Prison Brief (diverses dates); Space I (Conseil de l’Europe, Annual Penal
Statistics) - 2005 Enquiry; base de données TransMONEE des indicateurs ECO/CEI sexuelle et aux mauvais traitements.
(édition 2007); Aebi, Marcelo Fernando, et al., European Sourcebook of Crime and
Criminal Justice Statistics (2006); Defence for Children International, Kids Behind Bars Les situations d’urgence menacent gravement le bien-être
(2003),and données supplémentaires fournies pour la DCI dans Violence against
psychologique et social des enfants, de leurs familles et de leurs
Children in Conflict with the Law: A study on indicators and data collection in Belgium,
England and Wales, France and the Netherlands (2008). communautés. Les enfants peuvent rencontrer des difficultés
psychologiques dues à des nombreux facteurs, dont la mort, les

20 Progrès pour les enfants


blessures, les déplacements, la destruction du foyer ou de l’école Mines terrestres, restes explosifs de guerre
et la suspension des services essentiels. Il arrive aussi que les et armes légères
situations d’urgence perturbent les institutions sociales, privent
Les mines terrestres et les restes explosifs de guerre violent
les familles de leurs moyens de subsistance, créent des tensions
pratiquement tous les articles de la Convention relative aux droits
et des divisions au sein des communautés et provoquent
de l’enfant : le droit de l’enfant à la vie, à un milieu sûr pour jouer,
l’effondrement de l’état de droit.
à la santé, à l’eau salubre, à des conditions sanitaires et à une
Les conflits et les catastrophes naturelles rendent les enfants éducation appropriée. Bien que des progrès importants aient été
et les femmes plus vulnérables à toutes les formes de violence accomplis pour lutter contre la menace des mines antipersonnel,
et d’exploitation. Ceux qui ont survécu à la violence sexiste se 78 pays sont toujours contaminés par des mines et 85 pays sont
trouvent parfois aux prises avec des maladies sexuellement trans- encore touchés par le problème des restes explosifs de guerre32.
missibles, notamment le VIH, et avec des grossesses non désirées, En 2007, 72 pays ont déploré de nouvelles victimes de mines
et ils risquent d’être exclus et abandonnés par leurs familles et terrestres et de restes explosifs de guerre, et près d’un tiers des
leurs communautés25. En République démocratique du Congo, par victimes étaient des enfants33.
exemple, une étude récente a révélé que les enfants qui sont nés
Dans de nombreux pays, les enfants qui survivent à des accidents
d’un viol sont souvent négligés ou soumis à la discrimination car
provoqués par des mines terrestres doivent interrompre leurs
on les identifie à l’auteur du crime26.
études prématurément en raison de la longue période de conva-
La question liée aux enfants et aux conflits armés à laquelle le lescence et du fardeau financier pour la famille que représente
plus d’attention a été accordée au plan mondial dans le contexte leur rééducation suite à ces accidents. Il est rare qu’un soutien
des droits fondamentaux concerne « les enfants associés aux psychologique soit disponible pour les enfants en détresse, et les
forces et aux groupes armés. » Cette expression ne concerne pas effets de cette souffrance persistent pendant de longues années.
seulement les enfants qui portent des armes, mais également ceux
Un grand pas a été accompli en 2008, lorsque 96 États ont signé
qui sont utilisés pour faire la cuisine, les porteurs et les enfants
une nouvelle convention internationale interdisant les armes
recrutés à des fins sexuelles ou pour des mariages forcés27. Selon
à sous-munitions34. Toutefois, la difficulté est toujours de faire
les estimations des Nations Unies, le nombre d’enfants associés
adopter ces nouveaux traités à l’échelle de la planète et de les
aux forces et aux groupes armés dépasserait les 250 00028.
mettre en œuvre, ainsi que des traités plus anciens comme le
Au 31 mai 2009, 128 pays avaient ratifié le Protocole facultatif à la Traité de 1997 sur l’interdiction des mines.
Convention relative aux droits de l’enfant concernant la participa-
Même dans des pays qui ne sont pas affectés par un conflit armé,
tion des enfants aux conflits armés, et au moins 76 pays avaient
la prolifération et l’utilisation inadéquate des armes de petit calibre
fixé à 18 ans l’âge minimum légal pour entrer dans l’armée29. Par
et des armes légères représentent de graves dangers pour les
ailleurs, 78 pays avaient adopté les Engagements et les Principes
enfants. Dans la majorité des pays, toutefois, il n’existe pas encore
de Paris visant à protéger les enfants contre un recrutement illicite
de mécanismes efficaces et fiables de collecte de données pour
ou leur utilisation par les forces et les groupes armés. Malgré ces
définir l’impact des armes de petit calibre et des armes légères sur
mesures, en 2008 des enfants ont été recrutés ou utilisés par des
les enfants, et les statistiques disponibles sur les décès d’enfants
forces ou des groupes armés dans 25 pays, y compris dans des
et les blessures infligées aux enfants par les armes de petit calibre
pays qui ont ratifié le Protocole facultatif 30.
dissimulent certainement l’énorme impact de ce type de violence
Le Conseil de Sécurité des Nations Unies, dans sa Résolution 1539 sur les enfants. Des études réalisées récemment dans une dizaine
(2004) avait prié le Secrétaire général d’élaborer un mécanisme de pays ont révélé que les enfants et les adolescents continuent
de surveillance et de communication de l’information portant sur à être victimes des armes légères en dépit des lois adoptées pour
six violation spécifiques des droits de l’enfant : meurtre et bles- les protéger contre cette forme de violence35.
sures; recrutement ou utilisation d’enfants dans les conflits armés;
attentats contre des écoles ou des hôpitaux; viol et autres actes de
violence sexuelle graves; enlèvement; et refus de l’accès huma-
nitaire. En 2005, un tel mécanisme a été créé dans le cadre de
la Résolution 1612, le but étant de réunir systématiquement des
informations objectives, spécifiques et fiables sur des violations
graves commises contre des enfants dans des situations de conflit
armé; ces informations seraient utilisées pour garantir la confor-
mité avec les normes internationales et locales de protection des
enfants lors des conflits armés. En 2006, ce mécanisme a été testé
dans 7 pays – Burundi, Côte d’Ivoire, Népal, République démocra-
tique du Congo, Somalie, Soudan et Sri Lanka – et il a été élargi
officiellement à 14 pays depuis lors31.

Un bilan de la protection de l’enfant 21


AFRIQUE DE L’OUEST Environ 35 % des enfants d’Afrique de l’Ouest et centrale travaillent,
d’après les estimations. On constate toutefois d’importantes

ET CENTRALE disparités entre pays de la région. Au Cap-Vert et à Sao-Tomé et


Principe, par exemple, la prévalence du travail des enfants est
faible, 3 % et 8 % respectivement. En revanche, six pays ont des
taux de travail des enfants supérieurs à 40 % et, au Tchad, plus de
Les enfants d’Afrique de l’Ouest et la moitié des enfants travaillent. Dans de nombreux pays, le taux
de travail des enfants dans les zones rurales est au moins deux
centrale sont exposés à toute une fois plus élevé que dans les agglomérations urbaines.
série de risques contre lesquels ils L’ONUDC rapporte que la plupart des victimes de la traite dans
ont le droit d’être protégés, notamment la région sont des enfants, en situation de servitude domestique
pour la plupart ou obligés de travailler dans des plantations de thé,
le travail des enfants, l’exploitation de coton ou de cacao ou encore dans ces mines qui sont d’une
importance capitale pour l’économie de l’Afrique de l’Ouest36.
sexuelle, la traite, les conflits et autres
Certains de ces enfants qui travaillent sont également soumis à
situations d’urgence, la mutilation une exploitation sexuelle à des fins commerciales. On ne dispose
pas de statistiques sur le problème mais plusieurs pays, dont le
génitale féminine (MGF)/excision et
Burkina Faso, le Ghana, le Mali, la République démocratique du
le mariage des enfants. Congo et le Togo font état d’une augmentation du nombre d’en-
fants exploités dans les activités sexuelles à fins commerciales.
L’exploitation sexuelle des enfants peut se dissimuler derrière
des activités de vendeurs à la sauvette ou de domestiques
mais nombre d’enfants sont également membres de réseaux
de prostitution organisés37.

L’Afrique de l’Ouest et centrale est la proie de conflits depuis


quelques années et des conflits chroniques se poursuivent en
République centrafricaine, en République démocratique du Congo
(RDC) et au Tchad tandis que la situation reste volatile en Côte
d’Ivoire, en Guinée et en Guinée-Bissau. Beaucoup d’enfants des
zones de conflit ont été victimes de violence sexuelle – 50 % des
personnes qui ont survécu à la violence sexuelle dans la région
ont moins de 18 ans38.

Dans les pays de l’Afrique de l’Ouest et centrale, on note des


niveaux élevés de violence dans les écoles, qu’il s’agisse de bri-
mades, de châtiments corporels ou de sévices sexuels sur enfant
commis par des enseignants, du personnel et d’autres élèves. Un
examen de l’UNICEF a montré que la violence dans les établis-
sements scolaires entraînait des taux élevés d’abandon scolaire
et de faibles taux de scolarisation dans la région, pour les filles
en particulier39. L’Afrique de l’Ouest et centrale est la région qui
affiche les taux de scolarisation les plus faibles du monde.

22 Progrès pour les enfants


Les niveaux d’enregistrement des naissances ont progressé en Gambie
Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui sont enregistrés, dans les pays d’Afrique de l’Ouest et centrale où des données comparables en
matière de tendance sont disponibles

100 %

2000–2001
80 % 82
2005–2007 78 79
72 73
70 69 70 70
60 %
60
55 55
49
40 % 46 48
42
39
32 34
31
20 %

0%
Gambie République Guinée-Bissau Sierra Sao Togo Bénin Côte d’Ivoire République Cameroun
démocratique Leone Tomé-et-Principe centrafricaine
du Congo
Augmentation significative Pas de changement significatif Diminution significative

Note : les données du Bénin sont de 2001 et 2006; les données de la République démocratique du Congo sont de 2000 et 2007; Sierra Leone, 2000 et 2005; Gambie 2000 et 2005-2006. Toutes
les autres données sont de 2000 et 2006.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples et enquêtes démographiques et sanitaires, 2000-2007.

On a peu progressé dans la région en ce qui concerne le droit des La MGF/excision reste une pratique répandue dans de nombreux
enfants à être enregistrés à la naissance. Dans de nombreux pays pays de la région; plus de 90 % des femmes ont été excisées
étudiés, les niveaux d’enregistrement stagnent et dans quatre en Guinée et en Sierra Leone. Cependant, on note que dans la
d’entre eux – Bénin, Cameroun, République centrafricaine et plupart des pays, les femmes plus jeunes sont moins susceptibles
République démocratique du Congo – on constate un recul signifi- de se faire exciser que les femmes plus âgées. En février 2009,
catif en la matière depuis 2000. De tous les pays qui disposent de 11 pays de la région avaient adopté des lois érigeant en crime la
données de tendances, seule la Gambie affiche une augmentation MGF/excision mais il n’y avait qu’au Burkina Faso, au Ghana, au
substantielle des taux d’enregistrement des naissances. Sénégal et en Sierra Leone que ces lois s’étaient traduites par des
arrestations et des poursuites en justice40.
A 43 %, la prévalence des mariages d’enfants en Afrique de l’Ouest
et centrale est la plus élevée du monde derrière l’Asie du Sud. Le nombre d’enfants privés de soins parentaux dans la région
Parmi les pays qui disposent de données, les quatre qui affichent a augmenté au cours de ces dernières années, passant de
le taux de mariage d’enfants le plus élevé – Niger (75 %), Tchad 19,6 millions en 2001 à 22,7 millions en 200741.
(72 %), Mali (71 %) et Guinée (63 %) – sont aussi ceux qui ont les
taux de fécondité les plus élevés et où au moins 44 % des femmes
âgées de 20 à 24 ans avaient accouché avant d’avoir 18 ans.

Dans presque tous les pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, la pratique de la MGF/excision perd du terrain
Pourcentage de femmes âgées de 45 à 49 ans et de filles âgées de 15 à 19 ans qui ont été excisées

100 %
100 97
89 86 85 Pourcentage de femmes âgées de 45 à 49 ans qui ont été excisées
80 % 81 81
80 78 79 Pourcentage de filles et de femmes âgées de 15 à 19 ans qui ont été excisées
74
68
60 %
60

46
40 % 43 41 44 40
36
31 32
28 25 28
20 %
19 16
13
10 1 3 2 2 0
8 7 1
0%
Guinée Sierra Mali Gambie Burkina Mauritanie Libéria Tchad Guinée- Côte Sénégal République Nigéria Bénin Togo Ghana Niger Cameroun
Leone Faso Bissau d’Ivoire centrafricaine

Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples et enquêtes démographiques et sanitaires, 2003-2007.

Un bilan de la protection de l’enfant 23


AFRIQUE DE L’EST On estime qu’en Afrique de l’Est et australe, le nombre d’enfants
de moins de 18 ans ayant perdu un ou deux parents, toutes causes

ET AUSTRALE confondues, est passé de 21,1 millions en 2001 à 24,9 millions en


2007, et que 8,7 millions d’entre eux ont perdu un ou deux parents
à cause du SIDA42. Dans quatre pays d’Afrique australe (Afrique
du Sud, Lesotho, Swaziland et Zimbabwe), plus d’un quart des
L’Afrique de l’Est et australe compte de enfants de moins de 15 ans vivent sans parents; en Namibie, cette
proportion atteint plus d’un tiers43.
plus en plus d’enfants ne bénéficiant
En Afrique subsaharienne, la tradition du placement informel des
pas d’une prise en charge parentale, enfants, via la prise en charge par la famille élargie, est devenue
beaucoup ayant perdu un ou deux un mécanisme salutaire essentiel pour faire face à la mortalité
adulte accrue due au SIDA ou autre. Mais les familles et les com-
parents à cause du SIDA. Dans cette munautés atteignent leurs limites et le nombre d’orphelinats et de
foyers d’enfants augmente à une vitesse alarmante. Le maintien
région, le mariage des enfants, le des enfants dans les familles est encouragé par des stratégies
travail des enfants et les violences nationales de protection sociale qui luttent contre la pauvreté et
les nombreux autres effets du VIH et du SIDA. Sur les 22 pays de
sexistes affectent de très nombreux la région, 16 ont fait des progrès dans le développement d’un plan
d’action national pour répondre aux besoins des enfants ne béné-
jeunes, de même que les mutilations
ficiant pas de prise en charge parentale, et ces plans concernent
génitales féminines et l’excision tous les orphelins et enfants vulnérables, y compris ceux affectés
par le SIDA44.
(MGF/E) exécutées dans certains pays,
bien que la prévalence de cette Entre 2001 et 2007, le nombre d’orphelins a
augmenté en Afrique de l’Est et australe, ainsi
pratique décline lentement. qu’en Afrique de l’Ouest et centrale.
Nombre estimatif d’enfants de moins de 18 ans ayant perdu un ou
deux parents, toutes causes confondues, en millions

40
38 38 37
2001
35
30 2005 32
30
2007
24 25
20 22 23 21
20

10
9 8 8 10 10 9
7 6 6

0
Moyen- ECO/CEI Amérique Afrique de Afrique de Asie de Asie du
Orient et latine et l’Ouest et l’Est et l’Est et Sud
Afrique du Caraïbes centrale australe Pacifique
Nord

Source : estimations non publiées de l’ONUSIDA, 2008.

24 Progrès pour les enfants


L’Afrique de l’Est et australe compte la plus faible L’Afrique de l’Est et australe est la région qui enregistre la plus
proportion d’enfants enregistrés et les plus grands forte proportion d’enfants âgés de 5 à 14 ans qui travaillent :
écarts entre les niveaux d’enregistrement des naissances 36 %. Toutefois, derrière cette moyenne régionale, se cachent de
Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans enregistrés grandes différences dans le taux de travail des enfants par pays,
de 9 % au Swaziland à 53 % en Éthiopie.

Comores 83 En moyenne, des progrès ont été réalisés vers l’abandon de la


Rwanda 82 MGF/excision dans la région. Dans l’ensemble, les filles et les
Afrique du Sud 78
jeunes femmes sont de moins en moins susceptibles que les
femmes plus âgées de subir des mutilations génitales ou l’exci-
Madagascar 75
sion, et les filles risquent beaucoup moins que leurs mères d’être
Zimbabwe 74
excisées. Fin 2008, l’Afrique du Sud, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya
Namibie 67 et la République-Unie de Tanzanie ont adopté des lois érigeant
Burundi 60 la MGF/excision en crime, mais dans aucun de ces pays cette
Botswana 58 législation n’a donné lieu à des arrestations ou des poursuites46.
Kenya 48 L’Afrique de l’Est et australe vit régulièrement des situations
Afrique de l’Est et australe 32 d’urgence, notamment des guerres et des conflits civils, des
Swaziland 30 sécheresses, des cyclones, des inondations et des épidémies, qui
Angola 29 exposent souvent les enfants à de plus grands risques de violences
Lesotho 26
physiques et sexuelles, d’exploitation et de maltraitance47.

Ouganda 21

Zambie 10
La prévalence de la MGF/excision en
Afrique de l’Est et australe a baissé
République-Unie de Tanzanie 8
Pourcentage de femmes âgées de 15 à 49 ans ayant été excisées,
Éthiopie 7 par groupe d’âge
Somalie 3

60 %
0% 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %
52 52
50
Note : les données pour le Kenya, l’Afrique du Sud et la République-Unie de Tanzanie ne 47
correspondent pas à la définition standard. 44
40 %
40
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
34
sanitaires et données vitales sur l’enregistrement, 2000-2007.

20 %

L’enregistrement des naissances est particulièrement important


pour les enfants vulnérables, y compris ceux qui sont affectés 0%
45-49 ans 40-44 ans 35-39 ans 30-34 ans 25-29 ans 20-24 ans 15-19 ans
par le SIDA. Les enfants ne bénéficiant pas de prise en charge
parentale, par exemple, peuvent avoir besoin de vérifier leurs Note : ces pourcentages représentent une moyenne pondérée pour six des sept pays
droits de propriété pour s’assurer un moyen de subsistance. Or, de la région où les MGF/E sont pratiquées par au moins 1 % de la population.

l’Afrique de l’Est et australe affiche le plus faible taux d’enregis- Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
sanitaires et autres enquêtes nationales, 2002-2006.
trement des naissances du monde, à savoir 32 %. Elle connaît
également les plus grandes différences de niveaux d’enregistre-
ment des naissances entre les pays, d’à peine 3 % en Somalie à
83 % aux Comores.

Le nombre de mariages d’enfants est élevé dans la région, les


estimations indiquant que 36 % des femmes de 20 à 24 ans se
sont mariées ou mises en union avant l’âge de 18 ans, ce qui
représente 6,5 millions de femmes. Au Malawi et au Mozambique,
au moins la moitié des femmes de 20 à 24 ans se sont mariées
ou mises en union avant l’âge de 18 ans. Une étude récente sur
le mariage des enfants menée dans deux pays de la région, le
Kenya et la Zambie, montre que les filles mariées ont un taux
de prévalence du VIH plus élevé que les filles non mariées
sexuellement actives45.

Un bilan de la protection de l’enfant 25


ASIE DU SUD Dans le monde, plus de la moitié des femmes de 20 à 24 ans qui
se sont mariées ou mises en union avant l’âge de 18 ans vivent
en Asie du Sud, et plus du tiers des femmes qui se sont mariées
alors qu’elles étaient des enfants sont originaires de l’Inde.
En Asie du Sud, les mariages d’enfants Malgré son interdiction dans la plupart des pays d’Asie du Sud,
le mariage des enfants tend à être perpétué par la coutume et la
sont plus fréquents que n’importe pratique religieuse; son interdiction est, par conséquent, difficile à
où ailleurs. C’est également la région mettre en application. En Inde, au Népal et au Pakistan, les enfants
peuvent être fiancés ou même mariés bien avant l’âge de 10 ans48.
qui compte le plus grand nombre Les filles sont plus susceptibles d’être mariées, mais en Inde et au
Népal, le taux de mariage d’enfants concernant des garçons est
de naissances non enregistrées,
de 10 %, voire plus.
pratiquement la moitié du total On estime que 47 % des enfants nés en 2007 et qui n’ont pas été
mondial en 2007. Le travail, la traite enregistrés sont originaires d’Asie du Sud. Sur ces 24 millions
d’enfants, 16 millions viennent de l’Inde. Dans toute la région, on
et l’exploitation sexuelle des enfants observe des disparités dans les niveaux d’enregistrement entre
les zones rurales (30 %) et les zones urbaines (52 %).
sont des problèmes majeurs dans
Environ 13 % des enfants d’Asie du Sud travaillent, ce qui représente
cette région. environ 44 millions d’enfants. Parmi eux, 29 millions vivent en Inde,
pays où le taux relatif au travail des enfants est de 12 %. Dans ce
pays, on observe entre les États de grands écarts dans l’incidence
du travail des enfants, de 32 % dans le Gujarat à 3 % à Goa et au
Kerala, ce qui indique que le ciblage régional des politiques visant
à éliminer le travail des enfants revêt une importance capitale.

La moitié des filles mariées vivent en Asie du Sud,


dont un tiers en Inde
Nombre de femmes de 20 à 24 ans qui se sont mariées ou mises
en union avant l’âge de 18 ans (2007)

Inde Autres pays


24,5 millions 31,9 millions

Autres pays
d’Asie du Sud
8,1 millions

Note : ces estimations se fondent sur 96 pays représentant 61 % de la population


mondiale. Les estimations ont été calculées en utilisant les chiffres 2007 pour le nombre
de femmes de 20 à 24 ans et les chiffres 2000-2007 pour la prévalence du mariage des
enfants. Ils n’incluent pas la Chine et sa population, car l’UNICEF ne dispose pas
d’informations sur le mariage des enfants en Chine dans ses bases de données.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
sanitaires et autres enquêtes nationales, 2000-2007

26 Progrès pour les enfants


En Asie du Sud, 24 millions de naissances ne sont en Europe et au Moyen-Orient51. On n’insiste pas suffisamment
pas enregistrées, dont 16 millions en Inde sur la protection des enfants victimes de la traite et sur le fait que
Nombre de naissances annuelles non enregistrées, en millions (2007) toute procédure judiciaire devrait tenir compte de l’enfant52.

La région fait face aussi bien à des situations d’urgence provoquées


par l’homme et dérivant d’insurrections et d’instabilités qu’à des
Inde 16,0 millions
catastrophes naturelles de type inondations et séismes, qui ont un
Bangladesh 3,6 millions impact important sur les enfants. Le conflit actuel en Afghanistan
Afghanistan 1,2 million a isolé plus de 40 % du territoire national; les travailleurs huma-
nitaires y ont peu ou pas accès pour de longues périodes et on
Népal 500 000
dénombre plus de 150 000 personnes déplacées à l’intérieur du
Autres pays
d’Asie du Sud
3,0 millions pays. Au Sri Lanka, les districts affectés par le conflit affichent des
niveaux de dénutrition aiguë et chronique bien plus élevés que
0 2 4 6 8 10 12 14 16 la moyenne nationale, et environ 250 000 enfants ont interrompu
Millions
leur scolarité. Au Népal, beaucoup de systèmes de protection de
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et l’enfance ne fonctionnent plus et les enfants restent exposés à la
sanitaires, autres enquêtes nationales et données vitales sur l’enregistrement, 2000-2007 violence, à la maltraitance et à l’exploitation53.

Le Comité des droits de l’enfant a exprimé son inquiétude quant


au fait que les systèmes de justice pour mineurs en Asie du Sud
La maltraitance et l’exploitation sexuelles des enfants sont un n’ont pas suffisamment vocation à garantir la dignité des enfants
problème majeur pour tous les pays d’Asie du Sud. Les enfants et à les réintégrer dans la communauté54. Ces systèmes de justice
sont plus vulnérables aux sévices sexuels et autres formes de pour mineurs ne sont pas séparés de ceux des adultes et recourent
violence s’ils font l’objet de discrimination, de négligence et trop rapidement au placement en institution55.
de désavantage liés à leur caste, leur appartenance ethnique, L’Étude de 2006 du Secrétaire général des Nations Unies sur la
leur sexe ou leur statut économique. Et les filles encourent violence contre les enfants estimait que chaque année, entre
généralement plus de risques49. 41 millions et 88 millions d’enfants dans la région étaient témoins
La traite d’enfants en Asie du Sud à des fins d’exploitation comme de violences chez eux, le chiffre régional le plus élevé du monde56.
le travail dangereux, la prostitution ou la servitude domestique
est répandu50. Comme dans d’autres régions, la traite a lieu aussi
bien à l’intérieur d’un pays, en particulier au Bangladesh et en
Inde, que d’un pays d’Asie du Sud à un autre, comme les Népalais
qui finissent par être exploités en Inde, ou les Pakistanais en
Afghanistan. Les victimes de trafic en Asie du Sud se retrouvent

Un bilan de la protection de l’enfant 27


MOYEN-ORIENT ET La MGF/excision demeure très courante dans certains pays de la
région, mais on observe des signes encourageants de change-

AFRIQUE DU NORD ment d’attitude dans les deux pays pour lesquels des données
en matière de tendance sont disponibles (Égypte et Soudan). Ces
données montrent qu’en Égypte, les mères ayant récemment eu
une fille sont moins susceptibles de manifester leur intention de
Les pays du Moyen-Orient et d’Afrique soumettre celle-ci à l’excision. De manière générale, cependant,
les progrès sont très lents, et une large majorité de filles subit
du Nord montrent qu’ils prennent de toujours la MGF/excision.
plus en plus conscience des problèmes En Égypte, les données d’enquêtes sur les ménages indiquent
liés à la protection de l’enfance, tels que la MGF/E est de plus en plus pratiquée par des docteurs, des
infirmières ou des sages-femmes, et moins par des praticiens
que la violence, la maltraitance et traditionnels. Bien que cette évolution vers la « médicalisation »
puisse réduire les risques pour la santé des filles, elle ne tient pas
l’exploitation. Toutefois, la mutilation compte des implications de cette pratique en matière de droits de
génitale féminine/excision et les l’homme. La Convention relative aux droits de l’enfant et d’autres
instruments encouragent le droit à participer à la vie culturelle,
châtiments corporels restent répandus mais ne soutiennent pas les pratiques traditionnelles qui violent
le droit à l’intégrité physique et les principes d’égalité et de
et les enfants continuent de souffrir
non-discrimination, quel que soit le sexe.
du grave impact des conflits dans L’Égypte et Djibouti ont tous deux adopté des lois qui érigent la
la région. MGF/excision en crime et l’Égypte a pris des dispositions pour
poursuivre certains individus sur la base de cette législation57.

De plus grands progrès doivent être accomplis pour refuser les


châtiments corporels ou la discipline violente que subissent de
nombreux enfants. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, trois
enfants sur quatre subissent des châtiments corporels. Un enfant
sur trois est frappé au visage, à la tête ou aux oreilles, ou est battu
avec force ou de manière répétée. En octobre 2008, aucun pays de
la région ne disposait d’une législation interdisant les châtiments
corporels à la maison, mais 12 les interdisaient à l’école58.

Les niveaux de prévalence de la MGF/excision au


Moyen-Orient et en Afrique du Nord évoluent peu
Pourcentage de femmes âgées de 15 à 49 ans ayant été excisées,
par groupe d’âge

100 %

80 % 86 85 85 85 82 82 80

60 %

40 %

20 %

0%
45-49 ans 40-44 ans 35-39 ans 30-34 ans 25-29 ans 20-24 ans 15-19 ans

Note : ces pourcentages représentent une moyenne pondérée pour les quatre pays de la
région où la MGF/excision est pratiquée par au moins 1 % de la population.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
sanitaires et autres enquêtes nationales, 1997-2007.

28 Progrès pour les enfants


Trois enfants sur quatre subissent des châtiments La prévalence du mariage des enfants au Moyen-Orient et en
corporels au Moyen-Orient et en Afrique du Nord Afrique du Nord (18 % des femmes de 20 à 24 ans se sont mariées
Pourcentage d’enfants âgés de 2 à 14 ans ayant subi une forme ou mises en union avant l’âge de 18 ans) est également inférieure
quelconque de châtiment corporel et pourcentage d’enfants du à celle de toute autre région en développement, excepté la région
même âge ayant été frappés au visage, à la tête ou aux oreilles,
ECO/CEI. Le Soudan (34 %) et le Yémen (32 %) affichent la plus
ou ayant été battus de manière répétée ou avec force
grande prévalence du mariage des enfants.

Les conflits armés continuent de compromettre une protection


84
des enfants digne de ce nom dans un certain nombre de territoires,
Yémen
41 bien que le Darfour (Soudan), l’Iraq et le Territoire palestinien
occupé aient reconnu la nécessité de renforcer leurs systèmes
République arabe 75
de protection des enfants durant les urgences et les périodes de
syrienne 21
reconstruction subséquentes59.
Algérie 72
Human Rights Watch a identifié cinq pays ayant exécuté des
23
enfants de moins de 18 ans depuis janvier 2005 et quatre d’entre
Territoire palestinien eux se situaient dans cette région : l’Arabie saoudite, l’Iran, le
71
occupé
Soudan et le Yémen60.
Égypte 70
40
Dans quatre pays de la région, 58 % des femmes
Iraq 69 en moyenne estiment qu’il est justifié qu’un homme
30 batte sa femme
Pourcentage de femmes de 15 à 49 ans qui pensent qu’un mari est en
Djibouti 63
droit de battre ou frapper sa femme dans certaines circonstances, dans
21
quatre pays où les données sont disponibles

Moyen-Orient et 74
Afrique du Nord 34

Jordanie 90
0% 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %
Algérie 68
Toute forme de châtiment corporel
Frappés au visage, à la tête ou aux Iraq 59
oreilles, battus de manière répétée
ou avec force Moyenne
58
des quatre pays
Note : estimations basées sur les données de sept pays représentant 51 % de la
population du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Aucune donnée sur les enfants Égypte 50
frappés au visage, à la tête ou aux oreilles ou battus de manière répétée ou avec force
n’est disponible pour le Territoire palestinien occupé.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et 0% 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %
sanitaires, et autres enquêtes nationales, 2005-2006.
Note : ces quatre pays ne couvrant que 37 % de la population du Moyen-Orient et
d’Afrique du Nord, ces données ne sont pas représentatives de l’ensemble de la région.
Les données pour l’Égypte et la Jordanie se réfèrent aux femmes de 15 à 49 ans qui ont
déjà été mariées.
Les données disponibles concernant les attitudes vis-à-vis des
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques
femmes battues indiquent aussi une acceptation générale des et sanitaires, 2005-2007
violences conjugales. Des enquêtes sur les ménages menées dans
quatre pays montrent qu’en moyenne, 58 % des femmes âgées de
15 à 49 ans pensent qu’un mari est en droit de frapper ou battre sa
femme dans certaines circonstances.

Le taux de travail des enfants, qui est de 9 % en moyenne et varie


de 4 % en République arabe syrienne à 13 % au Soudan, est moins
élevé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord que dans toute autre
région en développement, excepté en ECO/CEI. Dans la plupart
des pays, les garçons sont plus susceptibles de travailler que les
filles, bien qu’à Djibouti ce soit l’inverse.

Un bilan de la protection de l’enfant 29


AMÉRIQUE LATINE Une étude récente de l’UNICEF sur l’impact des armes légères
dans quatre pays de cette région indique que l’Amérique latine

ET CARAÏBES et les Caraïbes affichent les plus forts taux de violence armée du
monde et sont responsables de 42 % de l’ensemble des homicides
du monde61. L’étude a montré que les enfants sont plus souvent
les victimes que les auteurs de ces crimes. En Jamaïque, par
La violence constitue le problème exemple, les garçons de moins de 18 ans représentent 60 % des
victimes de blessures liées à la violence62.
majeur de la protection de l’enfant en L’étude attribue l’acceptation de la manipulation d’armes par les
enfants à une tolérance culturelle de la violence et une vision
Amérique latine et aux Caraïbes, que faussée de la masculinité. De nombreux enfants interrogés pour
l’étude ont indiqué qu’ils s’étaient engagés dans des activités
ce soit dans les rues, dans les systèmes
criminelles suite à des pressions de la part de leur famille pour
de justice pour mineurs, à la maison qu’ils gagnent de l’argent. Pour d’autres, l’obtention d’armes à
feu n’était pas une question d’argent mais de statut social63.
ou sous forme de sévices sexuels et Les violences au foyer sont également répandues. Les données
provenant de six pays de la région montrent qu’en moyenne,
d’exploitation. Le travail des enfants 83 % des enfants âgés de 2 à 14 ans ont subi des formes violentes
de discipline et que 60 % ont subi des châtiments corporels. En
et l’enregistrement des naissances revanche, 16 % seulement des mères ou des personnes en charge
d’enfants estiment que le châtiment corporel est nécessaire pour
sont également des priorités pour
élever un enfant. Parmi les femmes âgées de 15 à 49 ans interro-
cette région. gées dans neuf pays, 16 % ont déclaré qu’il est justifié qu’un mari
batte ou frappe sa femme dans certaines circonstances.

La violence est également courante dans les systèmes de justice


pour mineurs. Des rapports font état de torture d’enfants en
détention ainsi que de l’utilisation d’enfants, par la police, à des
fins d’espionnage. En outre, il n’est pas difficile pour les enfants
se trouvant en centre de détention d’obtenir des armes64.

Dans l’ensemble de la région, l’incidence moyenne du travail


des enfants est de 11 %. Ils travaillent souvent dans les carrières,
les plantations de café, les mines, les champs de canne à sucre
ou les marchés de gros65 et les enfants, principalement les filles,
effectuent des travaux domestiques. Les données d’enquêtes
portant sur les ménages indiquent que les enfants issus de foyers
pauvres sont plus susceptibles de travailler que ceux issus des
foyers aisés. En Bolivie et au Nicaragua, par exemple, les enfants
du quintile le plus pauvre risquent six fois plus de travailler que
ceux du quintile le plus riche.

30 Progrès pour les enfants


Dans six pays d’Amérique latine et des Caraïbes, 83 % en moyenne des enfants subissent une discipline violente
Pourcentage d’enfants âgés de 2 à 14 ans ayant subi une forme de discipline violente par type, et pourcentage de mères et de personnes en
charge d’enfants qui pensent que les enfants ont besoin d’être punis physiquement, dans six pays disposant de données

100 %

90 %
87
83 84 83
80 % 79
74 75 75
70 % 73
71 71
68
66
60 % 63
59 60
57 57
55
50 % 51 52

40 %

34
30 %

25 25
20 % 23

16 16
10 %
9

0%
Belize République Guyana Jamaïque Suriname Trinité-et-Tobago Moyenne des
dominicaine six pays

Enfants ayant subi des châtiments corporels


Enfants ayant subi une forme quelconque de discipline violente
Pourcentage de mères et de personnes en charge d’enfants
Enfants ayant subi une agression psychologique
qui pensent que les enfants doivent être punis physiquement

Note : ces six pays ne représentant que 3 % de la population d’Amérique latine et des Caraïbes, les données ne sont pas représentatives de l’ensemble de la région.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples et autres enquêtes sur les ménages, 2005-2007.

L’ONUDC estime que 41 % des personnes victimes de la traite aux


États-Unis proviennent d’Amérique latine et des Caraïbes. La traite Les enfants issus des minorités autochtones
existe également au sein de la région, la Bolivie, l’Équateur, le ont moins de chances d’être enregistrés que
Guatemala et le Paraguay, entre autres66, servant de destination. les autres enfants
Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans enregistrés, par sous-groupe,
Le taux d’enregistrement des naissances en Amérique latine et
dans les pays où les données sont disponibles
aux Caraïbes est bien plus élevé que dans la plupart des autres
régions en développement (89 %), mais les disparités sont impor-
Enfants issus de foyers
tantes et le niveau des enregistrements des naissances a tendance 76
Belize

parlant le garifuna
à être plus faible pour les enfants issus de minorités autochtones
Ensemble des autres enfants 96
ou de familles d’origine africaine. Le Belize, le Guyana et le
Suriname, par exemple, ont un niveau d’enregistrement quasi- Enfants de mère
Guyana

87
amérindienne
total pour la majorité des enfants, mais un niveau inférieur pour
les enfants issus des minorités autochtones. Ensemble des autres enfants 97

Enfants issus de foyers


Suriname

89
de langue autochtone

Ensemble des autres enfants 98

0% 20 % 40 % 60 % 80 % 100 %

Note : les données concernant les enfants de foyers parlant le garifuna au Belize se
basent sur moins de 25 cas non pondérés.
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, 2006-2007.

Un bilan de la protection de l’enfant 31


ASIE DE L’EST Le taux moyen de travail des enfants en Asie de l’Est et dans le
Pacifique est de 10 %, Chine exclue, pays pour lequel il n’existe

ET PACIFIQUE pas de données. Comme dans d’autres régions, cette moyenne


cache de grandes différences entre les pays, avec un taux de
45 % au Cambodge, contre seulement 4 % en Indonésie et au
Timor-Leste. Le travail des enfants concerne autant les garçons
Le travail, la traite, l’exploitation que les filles.

sexuelle des enfants et leur place dans Dans la plupart des pays asiatiques, le travail domestique des
enfants a été identifié comme élément d’une tendance vers
les systèmes de justice font partie l’urbanisation67, et une enquête sur le travail domestique des
des problèmes les plus urgents de enfants à Ho Chi Minh-Ville (Viet Nam) a indiqué qu’il se répartit
mieux entre les classes de ménages. L’enquête a également révélé
la région; de nombreuses violations que la majorité des enfants effectuant des tâches domestiques
sont dépourvus de papiers d’identité, ce qui rend ces enfants
des droits de l’enfant sont aggravées particulièrement vulnérables à l’exploitation et à toutes sortes de
par la pauvreté et les inégalités. Des sévices68. Des données qualitatives en provenance du Cambodge
et du Viet Nam indiquent que la traite d’enfants qui effectuent
progrès significatifs ont été réalisés des tâches domestiques peut être liée au travail forcé, puisqu’ils
travaillent pour rembourser les dettes de leurs parents69.
pour améliorer l’enregistrement des
naissances dans certains pays. Le travail des enfants concerne autant
les garçons que les filles
Pourcentage d’enfants de 5 à 14 ans qui travaillent, par sexe

45
Cambodge
45

République démocratique 24
populaire lao 26

19
Mongolie
17

15
Viet Nam
16

13
Philippines
11

8
Thaïlande
8

4
Timor-Leste
4

5
Indonésie
4

0% 10 % 20 % 30 % 40 % 50 %

Garçons
Filles

Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et


sanitaires et autres enquêtes, 1999-2006.

32 Progrès pour les enfants


Dans certains pays d’Asie de l’Est, Cette dernière décennie, le nombre d’enfants en conflit avec la
les garçons risquent plus que les filles loi a augmenté dans presque tous les pays d’Asie de l’Est et du
d’être punis physiquement Pacifique. Ces enfants souffrent souvent de privation économique
Pourcentage d’enfants âgés de 2 à 14 ans subissant une et de marginalisation sociale; la plupart d’entre eux n’ont commis
forme quelconque de châtiment corporel, par sexe, dans
que de petits larcins ou infractions mineures liés à l’abus de
les pays où les données sont disponibles
drogues, et leur taux de récidive est faible. Tout ceci souligne l’im-
portance d’améliorer la qualité et la portée des mesures privatives
100 %
de liberté pour les enfants74.
Garçons
80 % L’enregistrement des naissances est en moyenne de 72 % dans la
Filles
région (Chine exclue). Une forte augmentation des enregistrements
67
60 % d’enfants de moins de cinq ans a été observée en République
55
48 démocratique populaire lao et au Viet Nam. Dans la région d’Asie
40 % 42 41 de l’Est et du Pacifique, les enfants non enregistrés sont souvent
34
20 %
issus de familles pauvres, marginalisées ou déplacées, ou vivant
dans des pays où le système d’enregistrement est insuffisant75.
0%
Mongolie République démocratique Viet Nam
Un rapport de l’UNICEF sur l’enregistrement des naissances révèle
populaire lao qu’en Thaïlande, le haut niveau d’enregistrement des naissances
(99 %) a aidé à retrouver et réunir des victimes du tsunami de
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, 2005-2006.
décembre 200476. Cette expérience est un exemple à suivre pour
plusieurs autres pays qui connaissent des situations d’urgence et
souligne l’utilité de créer des systèmes et des réseaux de protection
Une évaluation de l’UNICEF portant sur sept pays a révélé que la de l’enfance pouvant à la fois empêcher les cas de sévices, de négli-
traite en Asie de l’Est et dans le Pacifique a principalement lieu gence et d’exploitation lors de situations d’urgence et y répondre.
dans un contexte d’immigration irrégulière : les enfants peuvent
migrer de manière volontaire, mais ils sont l’objet de la traite Certains pays ont effectué d’importants progrès
en cours de route ou à leur arrivée et, dans les zones rurales en dans l’augmentation du niveau d’enregistrement
particulier, les enfants abandonnés par des parents ayant migré des naissances
risquent d’être victimes de la traite. Outre la traite à des fins de Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans enregistrés, dans
travail et d’exploitation sexuelle, les nouveaux rapports faisant les pays où des données comparables sont disponibles
état d’enfants vendus à des fins d’adoption illégale, de prostitu-
tion de garçons et d’engagement dans des conflits armés sont 100 %
98 98
2000
préoccupants dans cette région70. 88
80 % 2005-2006
L’Étude de 2006 du Secrétaire général des Nations Unies sur la 72 72
violence contre les enfants estimait que chaque année, entre 60 % 65
61 59
20 millions et 61 millions d’enfants dans la région étaient témoins
40 %
de violences au sein de la famille, le deuxième chiffre régional le
plus élevé du monde71. Moins de la moitié des pays de la région
20 %
interdisent le recours au châtiment corporel à l’école, et aucun ne
l’interdit à la maison72. Dans certains pays, les garçons risquent 0%
plus que les filles de subir des châtiments corporels. Myanmar République Viet Nam Mongolie
démocratique
populaire lao
La question des brimades et autres formes de violence envers
les enfants commence seulement à être traitée par les pays de la Note : les données de Myanmar datent de 2000 et 2003, celles de Mongolie de
région. En République démocratique populaire lao, par exemple, 2000 et 2005 et celles de la République démocratique populaire lao et du Viet Nam
de 2000 et 2006.
98 % des filles et 100 % des garçons déclarent avoir été témoins
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples, enquêtes démographiques et
de brimades à l’école, souvent envers des enfants issus de sanitaires, autres enquêtes nationales et données vitales sur l’enregistrement, 2000-2006.
minorités ethniques73.

Un bilan de la protection de l’enfant 33


EUROPE CENTRALE La proportion d’enfants placés en institution dans la région
ECO/CEI est bien plus élevée que dans toute autre région, ce qui
montre que cela reste l’un des principaux mécanismes de prise
ET ORIENTALE ET en charge pour de nombreuses familles vivant dans la pauvreté.
L’UNICEF estime qu’il y a plus de 800 000 enfants en institutions
COMMUNAUTÉ dans la région et que le taux de placement en institution/famille
d’accueil est aujourd’hui plus élevé qu’au début de la période de
D’ÉTATS transition suite à l’ère soviétique77.

INDÉPENDANTS Une récente étude de l’UNICEF a montré que les enfants


handicapés en particulier risquaient d’être placés en institution –

(ECO/CEI) dans la région ECO/CEI, un enfant handicapé a ainsi 17 fois plus


de chances d’être placé en institution qu’un enfant non handicapé.
On estime qu’en Ouzbékistan, 82 % des enfants vivant en institution
sont handicapés78.
La région ECO/CEI a une forte
Dans cette région, les systèmes de justice pour mineurs ne
tradition d’engagement de l’Etat répondent pas encore aux normes internationales et les jeunes
délinquants peuvent être victimes de violences aux mains de
dans le domaine de la protection de la police, du personnel ou de codétenus pendant leur séjour
l’enfant, legs de son passé socialiste. en prison79.

Mais il est préoccupant de constater En moyenne, le taux d’enfants vivant en institution


que la violence contre les enfants, ou en famille d’accueil en ECO/CEI augmente
Nombre d’enfants de moins de 18 ans pris en charge en institutions/
l’exploitation sexuelle et autres familles d’accueil, pour 100 000 enfants (2000-2006)

mauvais traitements se poursuivent à Prise en charge en familles d’accueil


2 000

l’abri des regards et que les systèmes 1 800


Prise en charge en institutions

de protection de l’enfant sont dépassés


Nombre par rapport à 100 000 enfants

1 600

et incapables de relever les nouveaux 1 400

défis dans la région. On s’inquiète aussi 1 200

du nombre excessif d’enfants placés 1 000

800
en institution, de la manière dont les
600
enfants sont traités par le système
400
judiciaire et de la traite d’enfants.
200

0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

Note : on ne dispose pas de données concernant la prise en charge en institution pour


le Tadjikistan (2000-2002) et la Géorgie (2004-2006). Pour la Croatie et le Monténégro,
où les données concernant la prise en charge en institution manquent pour 2001, 2003
et 2005, une moyenne a été calculée pour chacune de ces années sur la base des
années précédente et suivante. Les données 2000 de prise en charge par famille
d’accueil manquent en Serbie, celles utilisées pour 2001 sont des estimations. Sur
l’ensemble de la période, les données de prise en charge par famille d’accueil manquent
en Albanie, au Monténégro, au Kazakhstan et au Turkménistan, et pour certaines années
en Bulgarie (2000, 2001), en Géorgie (2003-2006) et au Tadjikistan (2000-2004). Pour
les données manquantes, le calcul des taux est ajusté en excluant les données de
population appropriées.
Source : base de données TransMONEE 2008, Centre de recherche Innocenti de
l’UNICEF, Florence.

34 Progrès pour les enfants


Le recours au châtiment corporel est répandu, Les attitudes vis-à-vis de la violence domestique diffèrent beaucoup
même lorsque les mères ne l’approuvent pas entre les pays de la région. Alors qu’en Ukraine, seulement 4 %
Pourcentage d’enfants de 2 à 14 ans ayant subi des châtiments des femmes pensent qu’il est justifié qu’un mari batte ou frappe
corporels et pourcentage de mères et de personnes en charge sa femme dans certaines circonstances, elles sont 74 % à le penser
d’enfants qui pensent que les enfants doivent être punis physiquement,
au Tadjikistan. Les données de 12 pays de l’ECO/CEI indiquent que
dans 12 pays disposant de données
40 % des enfants de 2 à 14 ans ont subi des châtiments corporels,
bien que seulement 13 % des mères ou personnes en charge d’en-
55 fants estiment qu’une telle discipline est nécessaire. Les enfants
Tadjikistan
15 les plus exposés aux châtiments corporels vivent au Tadjikistan
Ex-République 54
(55 %), les moins exposés en Bosnie-Herzégovine (22 %).
yougoslave de
7
Macédoine La région enregistre une plus faible incidence du travail des
52 enfants, de l’ordre de 6 %, que toute autre région en développe-
Serbie
6 ment. Toutefois, ces statistiques ne reflètent pas le débat actuel
50 sur les formes de travail des enfants en ECO/CEI, notamment sur
Bélarus
15 le travail des enfants durant la récolte du coton. Les filles risquent
48
tout autant que les garçons d’avoir un travail et de travailler un
Géorgie
13 nombre d’heures moyen similaire lorsque le travail domestique
est inclus.
47
Albanie
6 La pauvreté, la violence domestique et l’addiction des parents à
47 l’alcool sont fréquemment mentionnées, par les enfants faisant
Azerbaïdjan
22 l’objet de la traite dans la région ou depuis cette région, comme
42
des facteurs alimentant leur désir de quitter le foyer. Dans une
Monténégro
5 enquête de l’UNICEF, presque tous les enfants victimes de la traite
indiquent qu’ils n’ont pas disposé d’un accès aux informations et
36
Ukraine compétences qui auraient pu les protéger des mauvais traitements
16
et les empêcher de tomber aux mains de trafiquants80.
36
Kirghizistan
8
Davantage d’hommes que de femmes justifient
23
Kazakhstan
7
les violences faites aux femmes dans certains
pays de l’ECO/CEI
Bosnie- 22
Pourcentage de filles et de femmes âgées de 15 à 49 ans et de
Herzégovine 6
garçons et d’hommes du même âge qui pensent qu’il est justifié
Moyenne 40 qu’un mari batte ou frappe sa femme dans certaines circonstances,
des 12 pays 13 dans les cinq pays disposant de données

100 %
0% 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 %

Filles et femmes de 15 à 49 ans


80 %
Enfants de 2 à 14 ans ayant subi Garçons et hommes de 15 à 49 ans
des châtiments corporels 70
60 % 61
Mères et personnes en charge d’enfants 58
qui pensent que les enfants doivent être 49
punis physiquement 40 %

31
Note : ces 12 pays ne couvrant que 28 % de la population de l’ECO/CEI, ces données 20 % 22 21 23
ne sont pas représentatives de l’ensemble de la région.
11
Source : enquêtes en grappes à indicateurs multiples et enquêtes démographiques et 0% 4
sanitaires, 2005-2006. Ouzbékistan Azerbaïdjan Arménie Moldova Ukraine

Source : enquêtes démographiques et sanitaires, enquêtes en grappes à indicateurs


multiples et autres enquêtes nationales, 2001-2007.

Un bilan de la protection de l’enfant 35


PAYS INDUSTRIALISÉS Un examen récent d’études mesurant la maltraitance des enfants
a révélé que chaque année, au moins 4 % des enfants des pays
industrialisés sont victimes de maltraitance physique, et qu’un
enfant sur dix est victime de négligence ou de maltraitance
La violence, le travail et la traite psychologique, par ses parents ou tuteurs dans 80 % des cas.
Dans de nombreux pays industrialisés, une grande majorité de
des enfants sont particulièrement parents considère toujours que la punition corporelle des enfants
est acceptable81.
inquiétants dans les pays
On estime que durant toute leur enfance, 5 à 10 % des filles et
industrialisés, de même que les jusqu’à 5 % des garçons sont victimes d’abus sexuels pénétra-
tifs, et qu’un nombre jusqu’à trois fois supérieur subit une forme
pratiques préjudiciables au sein quelconque d’abus sexuel82. Toutefois, les données suggèrent que,
dans certains cas, la maltraitance physique et sexuelle peut être
des communautés d’immigrants. en train de diminuer.

Les problèmes de maltraitance physique et surtout sexuelle des


enfants ont pris une certaine visibilité dans les pays industrialisés
ces dernières années. Mais le mal provoqué par la négligence et
la maltraitance psychologique n’a pas fait l’objet d’une attention
suffisante. Parmi les facteurs de risque associés aux parents qui
maltraitent leurs enfants se trouvent la pauvreté, les problèmes
de santé mentale, une réussite scolaire insuffisante, l’abus
d’alcool et de drogues – ainsi que leur propre expérience de la
maltraitance durant l’enfance83.

Les enfants de personnes immigrées dans les pays industrialisés


risquent d’être exploités, en particulier si leur famille a migré
illégalement et n’a, par conséquent, aucun accès aux services
d’assistance de base. Ils risquent davantage d’être victimes de
la traite à des fins d’exploitation sexuelle, de travail forcé ou de
servitude domestique. Toutefois, la traite ne se fait pas toujours
d’un pays à l’autre; en Allemagne et aux Pays-Bas, par exemple,
un quart des victimes de ce trafic le sont à l’intérieur du pays84.

L’enregistrement des naissances est quasiment total dans les pays


industrialisés, mais les enfants d’immigrants ou d’autres groupes
marginalisés sont le moins susceptibles d’être enregistrés85.

Le mariage des enfants est moins courant dans les pays indus-
trialisés que dans les pays en développement, mais au moins
10 % des adolescents se marient avant l’âge de 18 ans en
Grande-Bretagne, en France et aux États-Unis86. De nombreuses
adolescentes deviennent enceintes en dehors du mariage ou
d’autres types d’union officielle87.

La MGF/excision est pratiquée au sein de certaines communautés


immigrantes, bien que les données disponibles quant à sa préva-
lence soient limitées. En février 2009, 12 pays industrialisés avaient
adopté des lois érigeant en crime les mutilations génitales fémi-
nines ou l’excision : l’Australie, la Belgique, le Canada, Chypre,
le Danemark, l’Espagne, les Etats-Unis, l’Italie, la Norvège, la
Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et la Suède88.

36 Progrès pour les enfants


LA VOIE DU PROGRÈS Le nombre d’enfants dans le monde exposés à la violence,
l’exploitation et la maltraitance est profondément troublant.
L’ampleur du problème montre clairement que les Objectifs du
Millénaire pour le développement ne pourront être atteints si
Bien que la communauté internationale l’on ne progresse pas plus rapidement et plus résolument pour
protéger les enfants.
s’intéresse desormais davantage à la Empêcher et répondre à la violence, l’exploitation et la maltraitance,
cela est essentiel pour garantir les droits des enfants tels que définis
protection de l’enfance, il existe des
dans la Convention relative aux droits de l’enfant. Les pratiques
enfants maltraités et brutalisés dans abusives envers les enfants aggravent la pauvreté, l’exclusion
sociale et la transmission du VIH, et constituent un bien triste
tous les pays du monde. Ils travaillent héritage pour les générations à venir. En revanche, lorsque les
enfants sont protégés, leur santé, leur éducation et leur bien-être
dans des conditions dangereuses ou sont de meilleure qualité, de même que leur capacité à contribuer
à la société en tant que futurs parents et citoyens.
sont recrutés par des forces ou Ce bilan montre que des progrès sont réalisés dans certains
domaines, mais qu’ils sont encore insuffisants et trop lents. Les
groupes armés; ils sont victimes de
multiples facteurs qui contribuent à la violation du droit des
discipline violente dans leur famille enfants à la protection – y compris la pauvreté et l’inégalité des
sexes, les pratiques traditionnelles préjudiciables, une législation
ou d’exploitation sexuelle dans la rue; et des politiques inadéquates et des services gouvernementaux
passifs – prouvent que l’on ne saurait résoudre le problème de
ils sont mariés de force trop tôt ou la protection de l’enfance en traitant les questions une par une. Il
faut attaquer le problème de manière systématique et globale.
privés de soins parentaux.
L’absence de données solides sur les nombreuses questions
couvertes par ce bilan représente un gros problème, notamment
aux fins de mobilisation et d’action. Il y a un besoin évident
d’instruments de mesure normalisés, de données cohérentes
ventilées au niveau sous-national et par sexe, et d’autres variables
socio-économiques. Il est évident qu’il faut mieux interpréter et
comprendre de telles données et les appliquer dans le contexte
d’élaboration de politiques et de programmation. Mais au lieu
de partir de zéro, cet effort doit s’appuyer sur l’expérience, les
connaissances et les résultats.

Aujourd’hui, on comprend mieux les multiples facteurs à associer


entre eux pour améliorer la protection des enfants. Cette compré-
hension doit à présent se traduire en action urgente, car chaque
année qui passe sans que cette action ne soit entreprise est une
nouvelle année durant laquelle les enfants sont victimes d’une
violence, exploitation et maltraitance intolérables.

Un bilan de la protection de l’enfant 37


CONSTRUIRE UN ENVIRONNEMENT PROTECTEUR : APPEL À L’ACTION
1. Impliquer les gouvernements pour garantir la protection 5. Encourager une véritable participation et autonomisation
globale de tous les enfants. Les gouvernements doivent fournir des enfants. Impliquer les enfants dans les questions qui les
des ressources budgétaires adéquates pour protéger les enfants concernent est primordial pour leur autonomisation en tant
et développer les secteurs jouant un rôle dans la protection des qu’acteurs de leur propre protection et de celle de leurs
enfants, en particulier ceux de la protection sociale et de la camarades. Cela inclut la participation des enfants grâce à
justice. Les services doivent être réceptifs et préventifs et être l’enseignement des aptitudes à la vie quotidienne, la communi-
coordonnées les uns aux autres. Le rôle de protection de tous cation entre eux et les activités empêchant la stigmatisation et
les professionnels doit être renforcé, depuis la planification et la discrimination, et grâce également à la participation aux
la politique jusqu’aux codes de conduite, aux systèmes de processus légaux et à la recherche de solutions aux problèmes
formation et de gestion. Les gouvernements doivent également qui les touchent.
assurer un meilleur accès à la protection sociale pour les 6. Renforcer le rôle protecteur des familles et des communautés.
familles vulnérables. Les parents et les personnes en charge d’enfants peuvent tirer
2. Adopter et promulguer des lois qui répondent de manière parti de programmes qui combattent les stéréotypes fondés
exhaustive aux questions de protection de l’enfance. Le point sur le sexe, améliorent leur compréhension du développement
de départ doit être la ratification par les gouvernements de des enfants et encouragent des formes de discipline non
normes internationales de protection de l’enfant et, au-delà violentes. Les gouvernements peuvent favoriser l’environne-
de cela, un engagement à respecter ces normes. Les cadres ment protecteur au moyen de services sociaux, en soutenant
législatifs conformes aux normes et standards internationaux les réseaux communautaires de protection de l’enfance et le
doivent être effectivement appliqués et constamment mis en dialogue, et en encourageant l’élimination de toutes les formes
œuvre. Engager les responsabilités, mettre fin à l’impunité de violence envers les femmes et les enfants.
pour les crimes commis envers les enfants, cela revêt une 7. Améliorer le suivi et la surveillance grâce à une meilleure
importance primordiale. collecte, analyse et utilisation des données. Les pays doivent
3. Fournir des informations correctes provenant de sources améliorer leurs systèmes d’information et de collecte de
fiables sur les solutions viables pouvant remplacer les atti- données afin d’identifier les groupes vulnérables, d’étayer les
tudes, comportements et pratiques actuels qui violent les politiques et de suivre les progrès obtenus. La collecte de
droits de l’enfant. Les communautés doivent avoir la possibilité données nationales sur la protection des enfants doit devenir
d’identifier et d’adopter de meilleures façons de rechercher le une procédure de routine et inclure la désagrégation par sexe,
bien-être de leurs enfants et de les protéger de la violence, âge et autres facteurs de vulnérabilité. Conformément à une
de la maltraitance et de l’exploitation. Outre les activités au « approche systèmes » de la protection des enfants, des
niveau des communautés, des campagnes de sensibilisation indicateurs doivent être identifiés afin d’évaluer les progrès et
du public, y compris un engagement actif et responsable des les tendances concernant les capacités des systèmes de
médias, peuvent jouer un rôle pour faire évoluer les attitudes, protection de l’enfance. En outre, il est essentiel de renforcer le
les croyances et les pratiques qui compromettent la protection soutien aux capacités des gouvernements, des organisations
des enfants. d’aide et des communautés pour la collecte des données et
4. Encourager un franc débat sur les questions de protection l’application d’outils d’information à la protection des enfants.
des enfants. Lorsque des pratiques préjudiciables résultent des La recherche et le diagnostic des enjeux liés à la protection de
attitudes et normes sociales, il est capital de discuter de l’enfance, ainsi que l’évaluation systématique des initiatives de
manière franche et ouverte pour forger le consensus coor- protection des enfants doivent également être renforcés.
donné nécessaire à l’abandon à grande échelle de la violence. 8. Garantir un environnement protecteur pour les enfants en
Toutes les formes de violence, de maltraitance et d’exploitation situation d’urgence. Cela implique une approche multisectorielle
doivent être reconnues, documentées et signalées dans les englobant des éléments de protection sociale, d’éducation, de
médias, de même que les changements positifs d’attitude et de santé, d’application de la loi et de justice. Les parties engagées
comportement, car la compréhension de ces questions peut dans un conflit doivent s’assurer que les enfants sont protégés
entraîner d’autres changements positifs. Il faut savoir recon- contre la mort, les blessures, les arrestations arbitraires ou la
naître les échecs en matière de protection et mettre en place détention, le recrutement par les forces armées, les violences
un environnement favorable pour permettre aux jeunes de sexistes, la torture et tout autre traitement cruel, inhumain et
discuter de leurs problèmes chez eux, à l’école et entre eux. Les dégradant. À cette fin, les pays affectés par un conflit doivent
victimes ne doivent pas être menacées ou marginalisées et les activement surveiller et notifier les violations graves des droits
organisations non gouvernementales et les médias doivent de l’enfant, en vertu de la résolution 1612 du Conseil de
pouvoir travailler avec un minimum d’interférence. sécurité de l’ONU, mettre un terme à l’impunité pour de telles
violations et adhérer aux plans d’actions convenus.

38 Progrès pour les enfants


RÉFÉRENCES
17
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le recours à d’autres formes de prise en charge des enfants et les conditions
de cette prise en charge », Nations Unies, New York, 18 juin 2007, p. 6.
1
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, « Monitoring Progress on 18
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, « Who Is the Vulnerable Child?
Major Conventions, Declarations and Plans for Children » et « L’Etude du Using data from DHS and MICS to identify vulnerable children in an era
Secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les enfants » of HIV/AIDS », UNICEF, New York, 2008, présentation PowerPoint,
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Harmful Practices: A new look at the theory », Centre de recherche Innocenti global estimates for juvenile justice indicators 2 and 3 », Division des
de l’UNICEF, 2008. programmes, UNICEF, New York, 2007 (document interne).
4
Comprendre le travail des enfants, estimations non publiées, 2009. 21
Ibid.
5
Organisation internationale du Travail, La fin du travail des enfants: un 22
Cappelaere, Geert, Anne Grandjean et Yasmin Naqvi, Enfants privés de
objectif à notre portée, OIT, Genève, 2006, 37–38. liberté: droits et réalités, Editions Jeunesse et Droit, Liège, Belgique, 2005,
6
Haspels, Nelien, et Busakorn Suriyasarn, La promotion de l’égalité des sexes 280–281.
dans la lutte contre le travail et la traite des enfants. Un guide pratique pour les 23
Bencomo, Clarisa, Les derniers irréductibles : Abolir la peine de mort pour
organisations, Organisation internationale du travail, Bangkok, mai 2003, p. 13. mineurs en Iran, en Arabie Saoudite, au Soudan, au Pakistan et au Yémen,
7
ECPAT International, « Exploitation of Children in Prostitution », document Human Rights Watch, New York, septembre 2008, p. 1.
thématique préparé pour le troisième Congrès mondial contre l’exploitation 24
Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et
sexuelle des enfants et des adolescents, ECPAT International, Bangkok, les conflits armés et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Examen
novembre 2008, 28–29. stratégique décennal de l’Étude Machel : Les enfants et les conflits dans un
8
Government Accountability Office des États-Unis, « Human Trafficking: Better monde en mutation, OSRSG-CAAC et UNICEF, New York, avril 2009, p. 19.
data, strategy, and reporting needed to enhance U.S. antitrafficking efforts 25
Ibid., p. 161.
abroad » (GAO-06-825), GAO, Washington D.C, juillet 2006, p. 2 et 11–12.
26
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, « Children Born of Sexual Violence
9
Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Rapport Mondial sur la in Conflict Zones: DRC Study », UNICEF, New York, 2009, p. 1 et 6.
Traite des Personnes, ONUDC, New York, février 2009, p. 11 et 49–50.
27
Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et
10
Ibid., p. 8 et 44. les conflits armés et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Examen
11
Banque mondiale, Rapport sur le développement dans le monde 2007, stratégique décennal de l’Étude Machel : Les enfants et les conflits dans un
Banque mondiale, Washington D.C., 191–193. monde en mutation, OSRSG-CAAC et UNICEF, New York, avril 2009, p. 151.
28
12
Voir, par exemple : Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Otunnu, Olara A., « Era of Application: Instituting a compliance and
Rapport Mondial sur la Traite des Personnes, ONUDC, New York, février 2009; enforcement regime for CAAC », Déclaration devant le Conseil de sécurité,
Groupe de travail thématique régional sur les migrations internationales, y Nations Unies, New York, 23 février 2005, p. 3.
compris la traite des êtres humains, Rapport de situation sur les migrations 29
Analyse de l’UNICEF des déclarations d’États qui ont signé, signé et ratifié
internationales en Asie de l’Est et du Sud-Est, Organisation internationale ou adhéré au Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de
pour les migrations, Bangkok, 2008; Cortes, Rosalia, « Children and Women l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés
Left Behind in Labour Sending Countries: An appraisal of social risks », (document interne).
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, New York, août 2008.
30
Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats, Enfants soldats :
13
Swärd, Susann, et Lise Bruun, « Conference Report: Focus on children in Rapport mondial 2008, Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants
migration – From a European research and method perspective », Save the soldats, Londres, 2008, 290–407.
Children Sweden, European Network of Masters in Children’s Rights and
31
Separated Children in Europe Programme, Varsovie, 2007, p. 12. Les 14 pays sont les suivants : Afghanistan, Burundi, Colombie, Iraq,
Myanmar, Népal, Ouganda, Philippines, République centrafricaine,
14
Bhaba, Jacqueline, Independent Children, Inconsistent Adults: International République démocratique du Congo, Somalie, Soudan, Sri Lanka et Tchad.
child migration and the legal framework, Centre de recherche Innocenti de
32
l’UNICEF, Florence, mai 2008, p. 1 et 2. Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et
les conflits armés et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Examen
15
Filmer, Deon, Disability, Poverty and Schooling in Developing Countries: stratégique décennal de l’Étude Machel : Les enfants et les conflits dans un
Results from 11 household surveys, document de recherche 3794 de la monde en mutation, OSRSG-CAAC et UNICEF, New York, avril 2009, p. 21.
Banque mondiale, Washington D.C., décembre 2005, p. 15.
33
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16
Sobsey, Dick, « Exceptionality, Education, and Maltreatment », de l’Observatoire des Mines 2008 : Vers un monde sans mines. Synthèse,
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Un bilan de la protection de l’enfant 39


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36
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56
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37
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Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’UNICEF, « La
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57
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39
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59
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Bencomo, Clarisa, The Last Holdouts: Ending the death penalty in Iran,
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40
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(FGM) – Legal prohibitions worldwide », Centre pour les droits reproductifs, 61
Organisation mondiale de la Santé, Premier rapport mondial sur la violence
New York, février 2009, p. 1.
et la santé, OMS, Genève, 2002, cité dans Fonds des Nations Unies pour
41
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Enfants et SIDA. Troisième bilan de l’enfance, « The Impact of Small Arms on Children and Adolescents in
la situation 2008, UNICEF, New York, décembre 2008, p. 44; et l’analyse de Central America and the Caribbean: A case study of El Salvador, Guatemala,
l’UNICEF sur les données de l’ONUSIDA (document interne). Jamaica and Trinidad and Tobago », UNICEF, New York, 2007, p. 4, 14 et 64.
42 62
Ibid. Fonds des Nations Unies pour l’enfance « The Impact of Small Arms on
43
Children and Adolescents in Central America and the Caribbean: A case
Enquêtes démographiques et sanitaires, 2003–2007.
study of El Salvador, Guatemala, Jamaica and Trinidad and Tobago »,
44
Équipe spéciale inter-institutions sur les enfants et l’équipe spéciale UNICEF, New York, 2007, pp. 19, 64.
inter-institutions sur des plans d’action nationaux en matière de VIH/SIDA, 63
Ibid., pp.14, 20.
« National Responses for Children Affected by AIDS: Review of progress and
64
lessons learned », IATT, New York, août 2008, 11–13. Ibid., p.57.
45 65
Clark, Shelley, « Early Marriage and HIV Risks in Sub-Saharan Africa », Van den Berge, Marten, et al., « The Worst Forms of Child Labour in
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46
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Centre pour les droits reproductifs. « Fact Sheet: Female genital mutilation
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47
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Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Rapport sur l’action humanitaire
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68
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49
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69
50
Organisation internationale du Travail, Rapport d’enquête: Child domestic
Centre de recherche Innocenti de l’UNICEF, « South Asia in Action:
workers in Ho Chi Minh City, Bureau régional pour l’Asie et le Pacifique de
Preventing and responding to child trafficking – child rights-based pro-
l’OIT, Bangkok, Mars 2006, p. 33, et l’Organisation internationale pour les
gramme practices », Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Florence,
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51
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Trafficking in East and Southeast Asia: Reversing the trend, Version
52
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and responding to child trafficking – child rights-based programme practices », 71
Pinheiro, Paulo Sérgio, Rapport mondial sur la violence contre les enfants,
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Florence, octobre 2008, p. 3.
Étude du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les
53
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Rapport sur l’action humanitaire enfants, New York, 2006, p. 71.
2009, UNICEF, New York, 2009, 34, 39.

40 Progrès pour les enfants


72
Initiative mondiale pour l’élimination de toutes les formes de châtiments
corporels donnés aux enfants, Global Progress Towards Prohibiting All
Corporal Punishment, Mars 2009.
73
Pinheiro, Paulo Sérgio, Rapport mondial sur la violence contre les enfants,
Étude du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les
enfants, New York, 2006, p. 71, 123 et 133.
74
Bureau régional pour l’Asie orientale et le Pacifique de l’UNICEF, « Child
Protection: Trafficking, commercial sexual exploitation, violence against
children, juvenile justice, child injury », UNICEF, Bangkok, 2004, p. 12.
75
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, La situation des enfants en Asie/
Pacifique (The State of Asia-Pacific’s Children 2008: Child Survival), UNICEF,
New York, mai 2008, p. 18.
76
Bureau régional pour l’Asie orientale et le Pacifique de l’UNICEF, Birth
Registration: The record in tsunami-affected areas – Getting it right in East
Asia and the Pacific, UNICEF, Bangkok, décembre 2005, p. 29.
77
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, « The Institutional Care of
Children », UNICEF, New York, janvier 2008 (document interne). Par prise en
charge en institution, on se réfère à toute prise en charge de remplacement,
c’est-à-dire une prise en charge en institution mais aussi prise en charge par
une autre famille d’accueil ou prise en charge par un tuteur.
78
Ibid.
79
Bureau régional ECO/CEI de l’UNICEF, Perdu dans le système judiciaire: Les
enfants en conflit avec la loi en Europe de l’Est et en Asie centrale, UNICEF,
Genève, mai 2008 (édition révisée), p. 16.
80
Dottridge, Mike, « Young People’s Voices on Child Trafficking: Experiences
from South Eastern Europe », Centre de recherche Innocenti de l’UNICEF,
Florence, décembre 2008, 12–13.
81
Gilbert, Ruth, et al., « Burden and Consequences of Child Maltreatment in
High-Income Countries », The Lancet, vol. 373, nº9657, 3 janvier 2009, 68–81.
82
Ibid.
83
Ibid., p. 72.
84
Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Rapport Mondial sur
la Traite des Personnes, ONUDC, New York, février 2009, p. 59.
85
Fonds des Nations Unies pour l’enfance, The ‘Rights’ Start to Life: A
statistical analysis of birth registration, UNICEF, New York, 2005, p. 3.
86
Organisation mondiale de la Santé, Adolescent Pregnancy: Unmet needs
and undone deeds – A review of the literature and programmes, OMS,
Genève, 2007, p. 12.
87
Brady, E. Hamilton, Joyce A. Martin and Stephanie J. Ventura, « Births:
Preliminary data for 2007 », Département de la Santé et des services
humains des États-Unis, National Vital Statistics Reports, vol. 57, nº12,
18 mars 2009, p.13.
88
Centre pour les droits reproductifs, « Fact Sheet: Female genital mutilation
(FGM) – Legal prohibitions worldwide », Centre pour les droits reproductifs,
New York, février 2009, p. 2.

Un bilan de la protection de l’enfant 41


INDICATEURS DE LA PROTECTION DE L’ENFANT
Mutilation génitale
Attitudes féminine/excision
Discipline
Enregistrement face à la 1997–2007* Enfants
imposée Mariage des enfants Travail des enfants (5–14 ans)
des naissances violence handicapés
aux enfants 2000–2007* femmes filles 1999–2007*
2000–2008* familiale 1999–2007*
2005-2007* (15–49 ans)
2001–2007*

Pays et territoires total urbain rural total total total urbain rural total total total garçons filles total

AFRIQUE DE L’EST ET AUSTRALE


Afrique du Sud 78 y – – – – 6 – – – – – – – –
Angola 29 34 19 – – – – – – – 24 22 25 –
Botswana 58 66 52 – – – – – – – – – – –
Burundi 60 62 60 – – 18 14 18 – – 19 19 19 –
Comores 83 87 83 – – – – – – – 27 26 28 –
Erythrée – – – – – 47 31 60 89 63 – – – –
Ethiopie 7 29 5 – 81 49 27 55 74 38 53 59 46 –
Kenya 48 y 64 y 44 y – 68 25 19 27 32 21 26 27 25 –
Lesotho 26 39 24 – – 23 13 26 – – 23 25 21 –
Madagascar 75 87 72 – 28 39 29 42 – – 32 36 28 –
Malawi – – – – 28 50 38 53 – – 29 28 29 –
Maurice – – – – – – – – – – – – – –
Mozambique – – – – – 56 41 66 – – – – – –
Namibie 67 83 59 – 35 9 6 11 – – 13 y 15 y 12 y –
Ouganda 21 24 21 – 70 46 27 52 1 – 36 37 36 11 y
République-Unie
de Tanzanie 8 y 22 4 – 60 41 23 49 15 4 36 37 34 –
Rwanda 82 79 83 – 48 13 9 14 – – 35 36 35 2 y
Seychelles – – – – – – – – – – – – – –
Somalie 3 6 2 – 76 y 45 35 52 98 46 49 45 54 –
Swaziland 30 38 28 – 38 5 1 6 – – 9 9 9 –
Zambie 10 16 6 – 85 42 32 49 1 – 12 y 11 y 12 y –
Zimbabwe 74 83 71 – 48 34 20 44 – – 13 y 12 y 14 y –
AFRIQUE DE L’OUEST ET CENTRALE
Bénin 60 68 56 – 47 34 19 47 13 2 46 47 45 –
Burkina Faso 64 86 58 83 71 48 29 61 73 25 47 y 46 y 48 y –
Cameroun 70 86 58 92 56 36 23 57 1 1 31 31 30 33
Cap-Vert – – – – – – – – – – 3 y 4 y 3 y 1 y
Congo 81 y 88 y 75 y – 76 31 24 40 – – 25 24 25 –
Côte d’Ivoire 55 79 41 90 65 35 27 43 36 9 35 36 34 –
Gabon 89 90 87 – – 34 30 49 – – – – – –
Gambie 55 57 54 84 74 36 24 45 78 64 25 20 29 –
Ghana 51 69 42 89 47 22 15 28 4 1 34 34 34 21
Guinée 43 78 33 – 86 63 45 75 96 57 25 26 24 –
Guinée équatoriale 32 43 24 – – – – – – – 28 28 28 –
Guinée-Bissau 39 53 33 80 52 24 14 32 45 35 39 41 37 –
Libéria 4 y 5 y 3 y – 59 38 25 49 58 – – – – –
Mali 53 75 45 – 75 71 60 77 85 69 34 35 33 –
Mauritanie 56 75 42 – – 35 27 44 72 66 16 18 15 30
Niger 32 71 25 – 70 75 42 84 2 1 43 43 43 –
Nigéria 30 50 21 – 65 43 27 52 19 10 13 y – – –
République centrafricaine 49 72 36 88 – 61 57 64 26 7 47 44 49 48
République
démocratique du Congo 31 33 30 – 76 39 31 45 – – 32 29 34 –
Sao Tomé-et-Principe 69 70 67 – 32 33 31 37 – – 8 8 7 29
Sénégal 55 75 44 – 65 39 23 55 28 20 22 24 21 –
Sierra Leone 48 62 44 92 85 56 34 66 94 35 48 49 48 34
Tchad 9 36 3 – – 72 65 73 45 21 53 54 51 3 y
Togo 78 93 69 90 53 24 15 36 6 1 29 29 30 –
MOYEN-ORIENT ET AFRIQUE DU NORD
Algérie 99 99 99 86 68 2 2 2 – – 5 6 4 1 y
Arabie saoudite – – – – – – – – – – – – – –
Bahreïn – – – – – – – – – – 5 6 3 –
Djibouti 89 90 82 70 – 5 5 13 93 49 8 8 8 –
Égypte 99 99 99 92 50 y 17 9 22 96 28 y 7 8 5 8 y
Emirats arabes unis – – – – – – – – – – – – – –
Iran, République
islamique d’ – – – – – – – – – – – – – –
Iraq 95 95 96 84 59 17 16 19 – – 11 12 9 21
Jamahiriya
arabe libyenne – – – – – – – – – – – – – –
Jordanie – – – – 90 y 10 10 7 – – – – – –
Koweït – – – – – – – – – – – – – –
Liban – – – – – 11 – – – – 7 8 6 –
Maroc 85 92 80 – – 16 12 21 – – 11 y 13 y 9 y –
Oman – – – – – – – – – – – – – –
Qatar – – – – – – – – – – – – – –
République
arabe syrienne 95 96 95 87 – 13 15 12 – – 4 5 3 –
Soudan 33 53 22 – – 34 24 40 89 43 y 13 14 12 –
Territoire
palestinien occupé 96 y 97 y 96 y 95 – 19 – – – – – – – –
Tunisie – – – – – – – – – – – – – –
Yémen 22 38 16 94 – 32 28 35 23 20 11 y 11 y 12 y 29

42 Progrès pour les enfants


Mutilation génitale
Attitudes féminine/excision
Discipline
Enregistrement face à la 1997–2007* Enfants
imposée Mariage des enfants Travail des enfants (5–14 ans)
des naissances violence handicapés
aux enfants 2000–2007* femmes filles 1999–2007*
2000–2008* familiale 1999–2007*
2005-2007* (15–49 ans)
2001–2007*

Pays et territoires total urbain rural total total total urbain rural total total total garçons filles total

ASIE DU SUD
Afghanistan 6 12 4 – – 43 – – – – 30 28 33 –
Bangladesh 10 13 9 – – 64 58 69 – – 13 18 8 21
Bhoutan – – – – – – – – – – 19 y 16 y 22 y –
Inde 41 59 35 – 54 47 29 56 – – 12 12 12 –
Maldives 73 – – – 70 – – – – – – – – –
Népal 35 42 34 – 23 51 41 54 – – 31 y 30 y 33 y –
Pakistan – – – – – 24 – – – – – – – –
Sri Lanka – – – – – 12 y – – – – 8 9 7 –
ASIE DE L’EST ET PACIFIQUE
Brunéi Darussalam – – – – – – – – – – – – – –
Cambodge 66 71 66 – 55 23 18 25 – – 45 y 45 y 45 y –
Chine – – – – – – – – – – – – – 2 y
Fidji – – – – – – – – – – – – – –
Îles Marshall – – – – – – – – – – – – – –
Îles Salomon – – – – – – – – – – – – – –
ÎlesCook – – – – – – – – – – – – – –
Indonésie 55 69 43 – 25 24 15 33 – – 4 y 5 y 4 y –
Kiribati – – – – – – – – – – – – – –
Malaisie – – – – – – – – – – – – – –
Micronésie,
Etats fédérés de – – – – – – – – – – – – – –
Mongolie 98 98 99 79 20 9 7 12 – – 18 19 17 26
Myanmar 65 y 88 y 59 y – – – – – – – – – – –
Nauru – – – – – – – – – – – – – –
Nioué – – – – – – – – – – – – – –
Palaos – – – – – – – – – – – – – –
Papouasie-Nouvelle-
Guinée – – – – – – – – – – – – – –
Philippines 83 87 78 – 24 14 10 22 – – 12 13 11 –
République démocratique
populaire lao 72 84 68 71 81 – – – – – 25 24 26 10
République populaire
démocratique de Corée 99 99 99 – – – – – – – – – – –
Samoa – – – – – – – – – – – – – –
Singapour – – – – – – – – – – – – – –
Thaïlande 99 100 99 – – 20 12 23 – – 8 8 8 15
Timor-Leste 53 y – – – – – – – – – 4 4 4 –
Tonga – – – – – – – – – – – – – –
Tuvalu – – – – – – – – – – – – – –
Vanuatu – – – – – – – – – – – – – –
Viet Nam 88 94 86 93 64 10 3 13 – – 16 15 16 4 y
AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES
Antigua-et-Barbuda – – – – – – – – – – – – – –
Argentine 91 y – – – – – – – – – 7 y 8 y 5 y –
Bahamas – – – – – – – – – – – – – –
Barbade – – – – – – – – – – – – – –
Belize 94 92 97 68 12 – – – – – 40 39 42 44
Bolivie 74 76 72 – – 26 22 37 – – 22 22 22 –
Brésil 89 y – – – – 24 y – – – – 6 y 7 y 4 y –
Chili 96 y – – – – – – – – – 3 3 2 –
Colombie 90 97 77 – – 23 19 38 – – 5 6 4 3 y
Costa Rica – – – – – – – – – – 5 6 3 –
Cuba 100 y 100 y 100 y – – – – – – – – – – –
Dominique – – – – – – – – – – – – – –
El Salvador – – – – – 27 – – – – 6 y 9 y 4 y –
Équateur 85 85 85 – – 22 – – – – 12 12 13 –
Grenade – – – – – – – – – – – – – –
Guatemala – – – – – 35 – – – – 29 25 32 2 y
Guyana 93 96 92 74 18 20 15 22 – – 19 21 17 –
Haïti 81 87 78 – 29 30 27 33 – – 21 22 19 –
Honduras 94 95 93 – 16 39 33 46 – – 16 16 15 –
Jamaïque 89 89 88 87 6 9 7 11 – – 6 7 5 24
Mexique – – – – – 25 y – – – – 16 y 15 y 16 y –
Nicaragua 81 90 73 – 17 43 36 55 – – 15 18 11 –
Panama – – – – – – – – – – 3 5 2 –
Paraguay – – – – – 18 – – – – 15 17 12 –
Pérou 93 95 90 – – 18 13 31 – – 19 20 19 –
République dominicaine 78 82 70 83 9 40 – – – – 10 12 7 5 y
Sainte-Lucie – – – – – – – – – – – – – –
Saint-Kitts-et-Nevis – – – – – – – – – – – – – –
Saint-Vincent-
et-Grenadines – – – – – – – – – – – – – –
Suriname 97 98 95 84 13 19 14 33 – – – – – 39
Trinité-et-Tobago 96 – – 75 8 8 – – – – 1 1 1 –
Uruguay – – – – – – – – – – 8 y 8 y 8 y –
Venezuela, République
bolivarienne du 92 – – – – – – – – – 8 9 6 –

Un bilan de la protection de l’enfant 43


INDICATEURS DE LA PROTECTION DE L’ENFANT
Mutilation génitale
Attitudes féminine/excision
Discipline
Enregistrement face à la 1997–2007* Enfants
imposée Mariage des enfants Travail des enfants (5–14 ans)
des naissances violence handicapés
aux enfants 2000–2007* femmes filles 1999–2007*
2000–2008* familiale 1999–2007*
2005-2007* (15–49 ans)
2001–2007*

Pays et territoires total urbain rural total total total urbain rural total total total garçons filles total

EUROPE CENTRALE ET ORIENTALE ET COMMUNAUTÉ D’ÉTATS INDÉPENDANTS (ECO/CEI)


Albanie 98 97 98 49 30 8 7 8 – – 12 14 9 16
Arménie 96 97 95 – 22 10 7 16 – – 4 y – – 12 y
Azerbaïdjan 94 96 92 75 49 12 – – – – 7 y 8 y 5 y –
Bélarus – – – 83 – 7 6 10 – – 5 6 4 –
Bosnie-Herzégovine 100 99 100 36 5 6 2 7 – – 5 7 4 10
Bulgarie – – – – – – – – – – – – – –
Croatie – – – – – – – – – – – – – –
Ex-République
yougoslave de
Macédoine 94 95 93 69 21 4 3 4 – – 6 7 5 21
Fédération de Russie – – – – – – – – – – – – – –
Géorgie 92 97 87 66 7 17 12 23 – – 18 20 17 30
Kazakhstan 99 99 99 52 10 7 6 9 – – 2 2 2 –
Kirghizistan 94 96 93 51 38 10 7 14 – – 4 4 3 –
Monténégro 98 98 99 61 11 5 5 5 – – 10 12 8 14
Ouzbékistan 100 100 100 – 70 7 9 7 – – – – – 3
République de Moldova 98 98 98 – 21 19 16 22 – – 32 32 33 –
Roumanie – – – – – – – – – – 1 1 1 –
Serbie 99 99 99 73 6 6 4 8 – – 4 5 4 14
Tadjikistan 88 85 90 74 74 y 13 13 13 – – 10 9 11 –
Turkménistan 96 96 95 – 38 y 7 9 6 – – – – – –
Turquie 84 87 79 – 39 18 17 22 – – 5 4 6 –
Ukraine 100 100 100 70 4 10 – – – – 7 8 7 –
PAYS INDUSTRIALISÉS
Allemagne – – – – – – – – – – – – – –
Andorre – – – – – – – – – – – – – –
Australie – – – – – – – – – – – – – –
Autriche – – – – – – – – – – – – – –
Belgique – – – – – – – – – – – – – –
Canada – – – – – – – – – – – – – –
Chypre – – – – – – – – – – – – – –
Danemark – – – – – – – – – – – – – –
Espagne – – – – – – – – – – – – – –
Estonie – – – – – – – – – – – – – –
États-Unis – – – – – – – – – – – – – –
Finlande – – – – – – – – – – – – – –
France – – – – – – – – – – – – – –
Grèce – – – – – – – – – – – – – –
Hongrie – – – – – – – – – – – – – –
Irlande – – – – – – – – – – – – – –
Islande – – – – – – – – – – – – – –
Israël – – – – – – – – – – – – – –
Italie – – – – – – – – – – – – – –
Japon – – – – – – – – – – – – – –
Lettonie – – – – – – – – – – – – – –
Liechtenstein – – – – – – – – – – – – – –
Lituanie – – – – – – – – – – – – – –
Luxembourg – – – – – – – – – – – – – –
Malte – – – – – – – – – – – – – –
Monaco – – – – – – – – – – – – – –
Norvège – – – – – – – – – – – – – –
Nouvelle-Zélande – – – – – – – – – – – – – –
Pays-Bas – – – – – – – – – – – – – –
Pologne – – – – – – – – – – – – – –
Portugal – – – – – – – – – – 3 y 4 y 3 y –
République de Corée – – – – – – – – – – – – – –
République tchèque – – – – – – – – – – – – – –
Royaume-Uni – – – – – – – – – – – – – –
Saint-Marin – – – – – – – – – – – – – –
Saint-Siège – – – – – – – – – – – – – –
Slovaquie – – – – – – – – – – – – – –
Slovénie – – – – – – – – – – – – – –
Suède – – – – – – – – – – – – – –
Suisse – – – – – – – – – – – – – –

44 Progrès pour les enfants


Mutilation génitale
Attitudes féminine/excision
Discipline
Enregistrement face à la 1997–2007* Enfants
imposée Mariage des enfants Travail des enfants (5–14 ans)
des naissances violence handicapés
aux enfants 2000–2007* femmes filles 1999–2007*
2000–2008* familiale 1999–2007*
2005-2007* (15–49 ans)
2001–2007*

Pays et territoires total urbain rural total total total urbain rural total total total garçons filles total

INDICATEURS CONSOLIDÉS
Afriquea 42 58 33 – 64 35 22 45 45 22 30 n 31 n 29 n –
Afrique subsahariennes 36 52 28 – 65 39 27 49 34 19 34 n 35 n 33 n –
Afrique de l’Est
et australe 32 41 24 – 65 36 26 46 43 28 36 38 33 –
Afrique de l’Ouest
et centrale 39 56 32 – 66 43 28 53 28 14 35 n 34 n 35 n –
Moyen-Orient et
Afrique du Nord 75 86 67 89 – 18 12 23 – – 9 10 8 –
Asie 45 ** 62 ** 38 ** – 48 ** 40 ** 25 ** 51 ** – – 12 ** 13 ** 12 ** –
Asie du Sud 36 52 30 – 54 46 33 58 – – 13 13 12 –
Asie de l’Est et
Pacifique 72 ** 81 ** 67 ** – 35 ** 19 ** 12 ** 25 ** – – 10 ** 11 ** 10 ** 3
Amerique latine
et Caraïbes 89 – – – – 25 – – – – 11 11 10 –
ECO/CEI 92 93 92 – 32 12 – – – – 6 6 6 –
Pays industrialisés – – – – – – – – – – – – – –
Pays en développement 50 ** 65 ** 39 ** – 52 ** 35 ** 23 ** 47 ** – – 16 ** 17 ** 16 ** –
Pays les moins avancés 29 42 25 – 64 48 36 54 – – 30 31 28 –
Monde – – – – – – – – – – – – – –

NOTES
a L’Afrique comprend l’Afrique subsaharienne, l’Algérie, l’Egypte, la Jamahiriya arabe libyenne, le Maroc et la Tunisie.
s L’Afrique subsaharienne comprend Djibouti et le Soudan.
– Données non disponibles.
y Données se rapportant à des années ou périodes différentes de celles indiquées en tête de colonne, ne correspondant pas à la définition standard ou ne portant que sur une
partie du pays. Ces données sont incluses dans le calcul des moyennes régionales et mondiales.
n À l’exclusion du Nigéria.
* Les données se rapportent à l’année la plus récente pour laquelle on dispose de données pendant la période indiquée en tête de colonne.
** À l’exclusion de la Chine.

DÉFINITIONS DES INDICATEURS


Enregistrement des naissances – Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui étaient enregistrés au moment de l’enquête. Le numérateur de cet indicateur comprend les
enfants dont le certificat de naissance a été vu par l’enquêteur ou ceux dont la mère (ou la personne qui s’occupe d’eux affirme que sa naissance a été enregistrée.
Discipline imposée aux enfants – Pourcentage d’enfants âgés de 2 à 14 ans qui subissent quelque punition corporelle ou psychologique que ce soit
Attitudes face à la violence familiale – Pourcentage de femmes âgées de 15 à 49 ans qui estiment qu’un mari est en droit de frapper ou de battre son épouse en certaines
circonstances, par exemple si elle fait brûler le repas, se dispute avec lui, sort sans le lui dire, néglige les enfants ou refuse d’avoir des rapports sexuels.
Mariage d’enfants – Pourcentage des femmes de 20 à 24 ans qui se sont mariées ou vivaient en concubinage avant l’âge de 18 ans.
Mutilation génitale féminine/excision : Femmes – le pourcentage de femmes âgées de 15 à 49 ans qui ont été mutilées/excisées. (b) Filles – le
Mutilation génitale féminine/excision : Filles – le pourcentage de femmes âgées de 15 à 49 ans qui ont au moins une fille qui a été mutilée/excisée.
Travail des enfants – Pourcentage des enfants de 5 à 14 ans qui avaient un travail au moment de l’enquête. Un enfant est considéré comme se livrant au travail des enfants
dans les conditions suivantes : (a) enfants de 5 à 11 ans qui, pendant la semaine précédant l’enquête, se sont livrés à une activité économique pendant au moins une heure
ou ont effectué des travaux domestiques pendant au moins 28 heures et, (b) enfants de 12 à 14 ans qui, pendant la semaine précédant l’enquête, se sont livrés à une activité
économique pendant au moins 14 heures ou ont effectué des travaux domestiques pendant au moins 28 heures.
Enfants handicapés – Pourcentage d’enfants âgés de 2 à 9 ans qui répondent de manière affirmative à au moins une des questions sur les handicaps.

PRINCIPALES SOURCES DE DONNÉES


Enregistrement des naissances – enquêtes en grappes à indicateurs multiples (MICS), enquêtes démographiques et sanitaires (EDS), autres enquêtes nationales et données
vitales sur l’enregistrement.
Discipline imposée aux enfants – MICS, EDS et autres enquêtes nationales.
Attitudes face à la violence familiale – MICS, EDS et autres enquêtes nationales.
Mariage d’enfants – MICS, EDS et autres enquêtes nationales.
Mutilation génitale féminine/excision – MICS, EDS et autres enquêtes nationales.
Travail des enfants – MICS, EDS et autres enquêtes nationales.
Enfants handicapés – MICS, EDS et autres enquêtes nationales.

NOTE SUR LES DONNÉES CONCERNANT LES ENFANTS HANDICAPÉS


Ce tableau ne comprend que les données sur les enfants handicapés qui ont été recueillies au cours de la dernière série des enquêtes en grappes à indicateurs multiples (MICS)
(2005-2006). Un changement dans la méthodologie utilisée pour calculer ces estimations a été introduit après juin 2008. Dans l’édition 2008 de La Situation des enfants dans le
monde, ainsi que dans les MICS des rapports de pays et les autres publications de l’UNICEF d’avant juin 2008, les estimations se fondaient sur 9 des 10 questions MICS sur les
handicaps. Dans l’édition 2009 de La Situation des enfants dans le monde, et ensuite, ces estimations se fondent sur les 10 questions. Les chiffres de ce tableau reflètent les
nouvelles estimations.

CHANGEMENTS DANS LES CLASSIFICATIONS RÉGIONALES


À partir de ce numéro de Progrès pour les enfants, l’UNICEF présente des informations sur deux régions de plus : Afrique et Asie. L’Afrique comprend tous les pays de la région
Afrique de l’Est et australe, tous les pays de la région Afrique de l’Ouest et centrale, et les pays suivants de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord : Algérie, Djibouti, Égypte,
Jamahiriya arabe libyenne, Maroc, Soudan et Tunisie. L’Asie comprend tous les pays de la région Asie du Sud et tous les pays de la région Asie de l’Est et Pacifique.

En outre, le nombre de pays dans la région Afrique subsaharienne a changé. L’Afrique subsaharienne comprend maintenant Djibouti et le Soudan. En raison des changements
notés ci-dessus, les estimations régionales concernant l’Afrique subsaharienne publiées dans les numéros précédents de Progrès pour les enfants peuvent ne pas être
comparables à celles publiées dans ce numéro.

Les autres régions ne changent pas.

Un bilan de la protection de l’enfant 45


REMERCIEMENTS
Rédaction et recherche Nous remercions en particulier Furio Rosati du projet
Patricia Moccia, Rédactrice en chef; Catherine Langevin-Falcon, Understanding Children’s Work, un projet interinstitutions
Rédactrice; Chris Brazier, Hirut Gebre-Egziabher, Nelly Ingraham, de recherche sur le travail des enfants.
Amy Lai, Charlotte Maitre, Kristin Moehlmann, Baishalee Nayak,
Bureaux régionaux de l’UNICEF
Marilia Di Noia, Catherine Rutgers, Judith Yemane.
Clemencia Aramburu, Begoña Arellano, Laurent Chapuis,
Statistiques et suivi Trish Hiddleston, Jean Claude Legrand, Amalee Mccoy,
Claudia Cappa, Spécialiste des statistiques et du suivi (Protection Guillemette Meunier, Margie de Monchy, Cliff Myers,
de l’enfant), a dirigé les principales analyses statistiques des don- Anna Nordenmark Severinsson, Diane Swales, Joachim Theis.
nées compilées par l’UNICEF. Richard Morgan, Directeur, Division
Nous remercions les équipes régionales de communication
des politiques et de la pratique; Tessa Wardlaw, Directrice asso-
pour avoir facilité les contributions à ce bilan à toutes les étapes
ciée, Section des statistiques et du suivi, Division des politiques
de sa réalisation.
et de la pratique; Priscilla Akwara, Danielle Burke, Xiaodong Cai,
Archana Dwivedi, Friedrich Huebler, Edilberto Loaiza, Nyein Nyein Production et distribution
Lwin, Khin Wityee Oo. Jaclyn Tierney, Chargée de la production, Division de la
communication; Germain Ake, Fanuel Endalew, Eki Kairupan,
Orientation des programmes
Farid Rashid, Elias Salem, Edward Ying Jr.
Nicholas Alipui, Directeur, Division des programmes;
Dan Rohrmann, Directeur adjoint, Division des programmes, Traduction
Maniza Zaman, Directeur adjoint, Division des programmes; Marc Chalamet, Édition en français; Carlos Perellón,
Susan Bissell, Directrice associée, Section de la protection Édition en espagnol.
de l’enfant, Division des programmes; Sharif Baaser, Maquette et production pré-publication
Caroline Bacquet-Walsh, Joanne Dunn, Amaya Gillespie, Green Communication Design inc., Montréal
Anne Grandjean, Aaron Greenberg, Kendra Gregson, Carolina
Hepp, Pernille Ironside, Lena Karlsson, Jennifer Keane, Ann
Linnarsson, Amanda Melville, Francesca Moneti, Julie Myers,
Shirin Nayernouri, Bo Viktor Nylund, Stephane Pichette,
Helen Schulte, Stella Schuhmacher, Lara Scott, Vanessa Sedletzki,
Saudamini Siegrist, Clara Sommarin, Abubacar Sultan, Susu Thatun,
Massimo Zucca.

AUTRES TITRES DANS LA SÉRIE PROGRÈS


POUR LES ENFANTS
Progrès pour les enfants : Un bilan de la survie de l’enfant,
numéro 1, septembre 2004
Progrès pour les enfants: Un bilan de l’enseignement
primaire et de la parité des sexes, numéro 2, avril 2005,
révisé en juin 2005
Progrès pour les enfants : Un bilan de la vaccination,
numéro 3, septembre 2005
Progrès pour les enfants : Un bilan de la nutrition,
numéro 4, mai 2006
Progrès pour les enfants : Un bilan de l’eau et de
l’assainissement, numéro 5, septembre 2006
Progrès pour les enfants : Un monde digne des enfants,
bilan statistique, numéro 6, décembre 2007
Progrès pour les enfants : Un bilan de la mortalité maternelle,
numéro 7, septembre 2008

46 Progrès pour les enfants


Publié par l’UNICEF
Division de la communication
3 United Nations Plaza
New York, NY 10017, États-Unis

Site Internet : www.unicef.org/french


Courriel : pubdoc@unicef.org

ISBN : 978-92-806-4440-1
Numéro de vente : F.09.XX.14
Prix : 15 dollars É.-U.

© Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF)


Septembre 2009