Vous êtes sur la page 1sur 33

WWW.BISSMILLAHI.BF

WWW.BISSMILLAHI.BF

Au Nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux L’ISLAM ET LA PAIX DANS LE MONDE Auteur :

L’ISLAM ET LA PAIX DANS LE MONDE

Auteur : Dr. Ahmad Abdous Salam Savadogo (qu’Allah le protège)

TABLES DES MATIERES

Préface : remerciements

Introduction : Justification du livre

Chapitre I : L’historique de la paix en islam

Chapitre II : Les bases de la paix en islam

- La première base : la science utile

- La deuxième base : la foi

- La troisième base : la soumission à Allah

- La quatrième base : la bienveillance « al ihsâne »

- La cinquième base : la justice

Chapitre III : Les dimensions de la paix en islam

- La paix avec Dieu

- La paix avec soi-même

- La paix avec les deux parents

- La paix avec les proches parents

- La paix avec les voisins

- La paix avec ses concitoyens

- Intéresse la relation avec les animaux

- Consiste, pour le musulman, à être en paix avec les insectes

- La protection de l’environnement

- La paix en islam c’est faire la paix avec toute l’humanité

Chapitre IV : La réduction considérable de la violence par l’islam

Conclusion : Analyse profondes de violences récentes imputées à l’islam

PREFACE : Remerciements

Grand merci au Seigneur, Tout-Puissant, qui après m’avoir guidé à l’islam, ultime religion de vérité, a choisi pour moi comme préoccupation de la vie, la quête du savoir religieux. Puis grand merci aux deux parents qui, non seulement, ont tant souffert pour mon existence et ma subsistance, mais aussi ont guidé mes premiers pas démesurés sur le chemin hésitant de la medersa.

Merci aux directeurs Diawara N’DIAYE (Sénégalais), Mohamed DIALLO (Burkinabè), et au Cheikh Ahmad SOLIH Mouslih (Jordanien) d’avoir hissé haut le flambeau de la medersa à Bobo, et permis à beaucoup de s’envoler loin du pays, dans le noble but d’acquérir le savoir religieux dans les plus prestigieuses universités Islamique du monde.

Merci aux deux grandes universités d’Arabie Saoudite, l’université islamique de Médine et Ben Saoud de Riyad, de m’avoir offert grandement l’opportunité de gravir les multiples échelles du savoir religieux pour enfin figurer aujourd’hui, par la grâce d’Allah, dans ce cercle quasi fermé des Docteurs de la théologie et de la rhétorique arabe.

Merci à l’université Roi Fayçal qui m’a permis durant (05) ans, d’enseigner, de diriger, et de soutenir plus d’une cinquantaine de mémoires de fin d’études, de thèse de DEA et de Doctorat. Elle fut vraiment l’université de ma gloire et de mon apogée. Je ne saurai finir sans remercier tous ceux qui de près ou de loin ont volé à mon secours, lorsqu’après mon retour définitif, le pays des hommes intègres me confirma à travers humiliation, dénigrement et rejet par la petite porte, qu’on est jamais prophète chez soi et que chaque année d’ascension à l’extérieur sera l’équivalent d’une descente, indécente en enfer du Faso. Aujourd’hui, grâce aux soutiens des hommes de bonne volonté qui m’ont donné de nouvelles ailes, j’ai pu m’envoler de plus bel pour conquérir les espaces.

Merci et mille fois merci.

-Introduction-

Justification du livre

Certes, toutes les louanges sont à Allah (Exalté soit-Il), Le Seigneur de l’univers, Créateur de toute chose sans modèle préétabli. J’atteste qu’il n’y a point de divinité digne d’adoration sauf Lui et que Mouhammad (qu’Allah le bénisse et le salue) est Son Messager et sa Miséricorde pour l’humanité.

Depuis ses débuts, les ennemis de l’islam ont compris que l’arme la plus redoutable qu’on peut utiliser contre cette religion est celle de faire des propagandes en son encontre pour ternir son image et empêcher son expansion. C’est ainsi que dans le verset 26 de la Sourate 41-Les Versets détaillés-Dieu (Le Très-Haut) fait état de

l’acharnement des Mecquois contre le message apporté par le prophète (qu’Allah le

bénisse et le salue) en disant : Et ceux qui avaient mécru dirent : «Ne prêtez pas l’oreille à ce Coran, et faites du chahut (pendant sa récitation), afin d’avoir le dessus».S41V26

Ce qui va retenir notre attention ici est la partie « et faites du chahut pendant sa récitation ». « Al-Ghaw » est le mot arabe qui désigne « le chahut ». Ce mot renvoie à toute parole inutile. Selon les Imams Ibn Kathîr et Chawkâni (Que Dieu leur fasse sa miséricorde) dans leurs tafsirs, il s’agit ici d’utiliser tout ce qui peut ternir l’image de l’islam et tout ce qui peut amener les gens à ne pas écouter le Coran à savoir la musique, les actes de sabotage et les propagandes. Au verset 6 de la Sourate 31 –Luqman-Dieu (Pureté à Lui) fait allusion à la musique en disant :

« Et, parmi les hommes, il est [quelqu´un] qui, dénué de science, achète de plaisants discours pour égarer hors du chemin d´Allah et pour le prendre en raillerie. Ceux-là subiront un châtiment avilissant ».S31V6. Ibn

Mas’oud a juré que « les plaisants discours » mentionnées dans ce verset fait référence à la musique (al guinaa).

Alors, un certain Anadr Ibn Hârith comprenant que l’arme la plus redoutable c’est d’attaquer l’Islam par son intérieur, c’est de ternir son image et d’amener les gens à ne pas écouter les paroles prêchant l’Islam, a mis sur pied un groupe de chanteuses qu’il amena dans deux contrées, à Châm et à Hîra, où il leur a appris à chanter et à danser. A l’occasion des spectacles qu’il organisait il racontait les épopées des autres peuples notamment les perses et les romains, et toute histoire dont les gens se plaisaient d’écouter pour agrémenter leurs causeries. Quand il eut fini de former sa troupe, il haranguait la foule des pèlerins ou des commerçants qui transitaient par la Mecque après que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) leur ait prêché. Il leur

disait : « Ce que vous avez entendu de moi n’est-il pas mieux que ce que

vous avez entendu de Mouhammad ? ». Il avait pour but de détourner les foules de l’écoute du message de l’Islam car, en réalité, ce qu’il racontait pénétrait aussi les cœurs des gens. C’est de cette façon qu’il a mis des entraves au message de l’Islam depuis l’époque du Prophète(sallaAllahu alayhi wasallam) et celles des générations qui ont suivi.

Depuis le 11 septembre 2001, l’image de notre religion s’est assombrie surtout au regard de ce que nous assistons aujourd’hui avec le pullulement, çà et là, de

mouvements dits djihadistes comme Boko haram au Nigeria, Aqmi, Moujao au Mali et au Sahel, les talibans en Afghânistân, les Chebabs de Somalie, etc. Ces mouvements

dans leur diversité se réclament de l’Islam. Ils font des enlèvements et commettent des actes de barbaries au nom de Dieu ou de la religion islamique. Pourtant de tels actes ne sont pas cautionnés par l’Islam qui, plutôt, les interdits. Ces agissements, loin de contribuer à l’avancée de l’Islam, ternissent son image et suscitent le mépris de cette belle religion dans les cœurs de ceux qui ne la connaissent pas véritablement. Cela donne l’occasion également aux ennemis de l’Islam de faire des propagandes à l’encontre de cette noble religion en laissant croire qu’elle n’est pas une religion de paix.

Face à un tel environnement, il me semble qu’il est plus qu’une nécessité de présenter leVrai visage de l’Islam au monde entier afin que les gens polissent leurs cœurs des mauvais préjugés qu’ils ont sur l’Islam. Dans cette optique, j’ai eu à

animer des conférences à Ouagadougou et dans d’autres localités sur les thèmes relatifs à « L’Islam et la paix ». Lors de ces conférences, j’ai réalisé que la question

a de multiples dimensions et devenait de plus en plus préoccupante. Elle méritait

donc une attention particulière et commande de mener des actions pour sortir les gens de la confusion. Ainsi j’ai abordé plusieurs fois le sujet lors de mes sermons de vendredi.

En fin de compte, j’ai jugé qu’il serait bon de faire un écrit sur la question. Cela permettra de conserver les enseignements transmis lors des conférences et des sermons afin qu’ils puissent servir les gens de cette génération et ceux des générations futures. Cette voie permettra également d’atteindre beaucoup plus de personnes. Tous ceux qui liront le livre y découvriront que l’Islam est autre que les agissements condamnables de groupuscules incontrôlés qui sévissent dans certaines parties du monde.

Je demande à Allah (Ta’ala) appui et assistance afin que ce document puisse voir

le jour et que, par Sa grâce, les musulmans sans grande science, surtout ceux qui

suivent les médias, puissent connaître la position de l’Islam sur ces évènements malheureux qui ternissent son image. Pour ce faire, quatre chapitres nécessiteront notre modeste investigation dans ce livre. Et à Allah sont toutes les louanges !

CHAPITRE I : L’HISTORIQUE DE LA PAIX EN ISLAM

Il s’agit ici de donner un bref aperçu de ce mot « Paix » qui est tant cher à l’humanité du début de la création jusqu’à la descente du premier homme sur terre. Je vais développer ce point en commençant par Dieu Lui-même. Dieu (Gloire et Pureté à Lui) a plusieurs noms et attributs parmi lesquels « Assalâm » qui signifie

« Paix ». Ce nom revient dans plusieurs versets du Coran et dans beaucoup d’autres

textes religieux. On peut citer à ce titre le verset 23 de la Sourate 59 -L’exode-où

Allah (Le Très-Haut) dit : C’est Lui, Allah. Nulle divinité autre que Lui ; Le Souverain, Le Pur, L’Apaisant, Le Rassurant, Le Prédominant, Le Tout Puissant, Le Contraignant, L’Orgueilleux. Gloire à Allah ! Il transcende ce

qu’ils Lui associent.S59V23. Dans ce passage Coranique Dieu nous informe que

« Assalâm » est l’un de Ses noms et attributs. Cela veut dire que celui qui s’attache

à Lui aura la paix, sera un homme de paix.

Etant donné que la Paix est l’un de Ses attributs sublimes, Il a créé un lieu de paix qui est la Paradis. Au nombre des noms à ce paradis dans les textes il y a

« Daroussalâm » qui signifie « cité de la paix » La création de ce paradis est une

preuve que Dieu est vraiment un Dieu de paix qui veut la paix. Cette cité de la paix prévaut sur l’autre cité qui est l’enfer, le lieu du châtiment. En effet la Miséricorde d’Allah précède son courroux. Dieu (Le Très-Haut) a voulu cette cité de paix pour

toute l’humanité en témoigne le fait qu’Il y a accepté son ennemi juré Iblis (Satan). Ce dernier y a été accueilli bien que Dieu (Le Très-Haut) savait qu’il Lui désobéira par la suite.

Quand Dieu (Le Très-Haut) créa Adam (Sur lui la paix de Dieu), l’ancêtre des hommes, et lui insuffla son âme, celui-ci éternua et prononça la formule

« alhamdoulilah » qui veut dire « Louange à Allah ». Dieu (Le Très-Haut) lui

répondit en disant « yarhamoukallah » c’est-à-dire « que Dieu te fasse Miséricorde ». Ensuite Il (Exalté Soit-Il) lui ordonna : « Vas saluer ces anges

assis et écoute ce qu’ils vont te répondre ; ce sera ta formule de politesse et de salutation et celle de ta descendance après toi ». C’est ainsi que Adam (Sur lui la paix de Dieu) alla dire aux anges : « Assalâmou alaykoum » qui signifie

« que la paix d’Allah soit sur vous ». Et les anges de lui répondre : « wa alayka assalâm wa rahmatoullah » qui veut dire « à toi également la paix et la Miséricorde d’Allah ». Les anges lui ont ajouté la Miséricorde d’Allah afin que cette Miséricorde l’accompagne dans sa quête de paix.

Le mot « Paix » a commencé depuis la première création avec le nom d’Allah Lui- même, la Paradis et Adam (Sur lui la paix de Dieu) qui a reçu l’ordre de propager la salâm parmi les anges

Avant sa descente sur terre, et pour qu’il soit éduqué à la paix, Adam (Sur lui la paix de Dieu) et son épouse ont séjourné dans le paradis. Dans le paradis il y a tout ce qu’on veut ; on n’y entend pas de mauvaises paroles. Seuls des propos de paix y sont lancés. Donc, Adam(Sur lui la paix de Dieu) et sa femme ont vécu dans cette cité pour non seulement y acquérir de la science mais aussi et surtout vivre la paix dans tous ses aspects. Comme l’a dit un chef d’État africain :la paix nest pas un vain mot mais un comportement. Pour que la paix devienne un comportement pour Adam ;Dieu lui a permis de vivre dans le paradis tout en sachant qu’Il le fera descendre sur terre plus tard.

Lorsque Adam(Sur lui la paix de Dieu) est descendu sur terre il avait pour mission, tout d’abord, de se soumettre à Dieu, lui et ses descendants. Cette soumission à Allah, c’est l’Islam. La soumission est la traduction de tout le comportement qu’il a appris au paradis dans sa vie sur terre. Ensuite il devait propager la salâm qui est sa formule de politesse qu’il a apprise des Anges sur l’ordre Divin. Donc une fois sur

terre, Adam(Sur lui la paix de Dieu) a été appelé à vivre musulman.

Voyons maintenant le lien entre l’Islam (al islam)et la Paix (assalâm). Ces deux mots dérivent d’un même mot de trois lettres qui est « SLM » (salama).

« Salama » veut dire exempt de souillures, de défauts. L’Islam prend source de

ce mot. L’Islam étant la soumission à Allah, cela veut dire que c’est en se soumettant à Allah (Gloire et Pureté à Lui) qu’on sera exempt des souillures, des défauts, des mauvais comportements, de la violence. C’est en se soumettant à Allah qu’on acquiert ces qualités qui conduisent au paradis, la cité de la paix. Cette soumission rend l’homme digne d’être le lieutenant de Dieu sur terre. L’homme est fait de corps et d’esprit. La soumission à Dieu mûrit le côté spirituel, l’éloigne des

vicissitudes du corps et le rapproche de la voûte céleste. L’obéissance à la volonté divine fait de l’homme un pieu, un modèle digne de représenter le Seigneur sur la terre. Quand on devient ainsi on n’est plus violent ; on n’a que la mission de

propager la paix, la quiétude, la sérénité et la justice sur cette terre. C’est en ce sens

que

Dieu

(Le

Très-Haut)

dit

dans

le

Coran : « Les

serviteurs

du

Tout

Miséricordieux sont ceux qui marchent sur terre humblement et qui,

lorsque

les ignorants

leur

tiennent des

propos

violents,

disent paix

(salâman) » (Sourate 25 Al-Furqane verset 63).

Le mot salâm aussi prend sa source de salama. Salama caractérise le défaut de souillures, de violence, de barbaries. Alors, assalâm désigne un comportement exempt de violence, un environnement, un milieu, une société où il n’y a pas de violence. C’est l’absence de tous ces maux qui est la paix.

Nous avons mentionné ci-dessus que Adam(Sur lui la paix dAllah), lorsqu’il fut parachuté sur terre, avait pour mission de répandre la paix. La première rupture avec la paix sur la terre arriva lorsqu’il y eut un désaccord entre les deux fils d’Adam, Hâbil et Câbil. Câbil tua Hâbil. C’est ainsi que le Prophète (quAllah le bénisse et le

salue)a dit que : « quand quelqu’un verse du sang sur terre le péché est également à la charge du premier des hommes qui a commis le meurtre ». Celui-ci a méconnu la

formule de politesse qu’il fallait propager et le comportement de paix que les gens devaient appliquer dans leur quotidien. Ainsi, les sociétés se succédèrent. Le Prophète Noé (qu’Allah le bénisse et le salue), à son époque, a invité son peuple à se soumettre à Dieu (Le Plus Grand), ainsi seront-ils heureux ici-bas et gagnants

dans l’au-delà. J’ai donc dit : « implorez le pardon de votre Seigneur car Il est Grand pardonneur, pour qu’Il vous envoie du ciel des pluies abondantes et qu’Il vous accorde beaucoup de biens et d’enfants et vous donne des jardins et des rivières » (Sourate 71 Nouh, Verset10-12).

Quant au Prophète Abraham (qu’Allah le bénisse et le salue), il s’est, tout d’abord, attaqué aux idôles terrestres et aux astres pour dire que le Seigneur est unique. Il a joint l’acte à la parole. C’était un Prophète artisan de la paix. Lorsqu’il a reçu la visite des anges qui partaient détruire une cité perverse qui pratiquait l’homosexualité, ceux-ci lui ont dit « tu as la salâm». Le terme « salâman » utilisé dans le Coran montre que la phrase employée est verbale mais le verbe a été omis. C’est pourquoi, selon certains exégètes du Coran, la phrase utilisée veut dire « nous te saluons salâman ». Tandis qu’Abraham en répondant a utilisé une phrase nominale. Il dit : « salâmoun ». Cela veut dire « ma vie, tout mon comportement est salâm ». C’est cela le sens de ses propos. En arabe la phrase nominale n’est pas liée au temps ; elle est plus forte en sens et en portée que la phrase verbale qui change de sens selon les temps et les contextes. Lorsqu’on est dans un temps passé le sens de la phrase verbale se limite au passé. Si c’est le temps présent son sens ne s’étend pas au temps passé. Le sens de la phrase verbale est étroit tandis que la phrase nominale n’est pas liée à un temps ; elle a un sens invariable. C’est pourquoi l’Imam Alzamagchari (Que Dieu lui fasse miséricorde) (décédé en l’an 538 de l’hégire), dans son exégèse du Coran, a commenté ce verset

en disant qu’Abraham a utilisé une formule meilleure que celle des anges. Ces derniers ont utilisé une phrase verbale pour dire qu’ils ne sont pacifiques qu’avec Abraham puisqu’après la visite d’Abraham ils vont détruire une cité. Abraham en employant la phrase nominale veut dire que partout où il se trouve, il fait la paix. Dans l’ancien testament il est dit qu’Abraham a tenté de négocier avec les anges pour qu’ils ne détruisent pas la cité bien que ce soit une cité perverse. Cela montre que c’est véritablement un homme de paix. Dieu (Gloire et Pureté à Lui)a été satisfait de son attitude. IL dit dans le verset 75 de la sourate 12 (Youssouf)

« Abraham était d’un naturel doux, compatissant et dévoué ». Dieu a fait,

dans ce verset et dans d’autres sourates, les louanges d’Abraham pour son pacifisme. Mais Dieu lui demanda de laisser les anges aller accomplir leur mission car cela a été déjà décrété.

Regardons l’attitude d’Abraham à l’égard de son père lorsqu’il invita celui-ci à abandonner les idôles pour adorer Dieu (Gloire et Pureté à Lui) Seul. Quand il lui prêchait, son père lui lançait des menaces : « Si tu narrêtes pas de me prêcher, je vais te lapider. Éloigne-toi de moi ». Le Prophète Abraham voulait la paix, la guidée pour son père ; il veut qu’il accède à la cité de la paix. Il répliquait à ces

menaces en disant : « paix sur toi, je vais implorer le pardon d’Allah en ta

faveur ». Abraham a vécu avec cette paix qu’Adam a reçue de la part de son Seigneur comme éducation dans la cité de la paix.

Les différents Prophètes ont voulu la paix pour leurs peuples et leur ont prêché la paix. Il a été rapporté qu’un Prophète, quand les gens l’assassinaient, a fait cette

prière : « Seigneur, pardonne à mon peuple car il est ignorant ». C’est ainsi

que ni Moïse ni Zachari, ni Yahya (Jean), ni Issa (Jésus) n’ont répondu à la violence par la violence. Leur culture de la paix leur empêchait d’utiliser la violence contre l’oppresseur.

Quant à notre Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et le salue)il a été persécuté, lui et ses compagnons, à la Mecque par son peuple qui ne voulait pas entendre son message. Face à cette persécution il conseilla à ses disciples l’endurance. Un jour, la famille de Yassir, une famille noire convertie à l’Islam, subissait les supplices des Mecquois. Le Prophète (quAllah le bénisse et le salue)leur

dit : « ô gens de la famille de Yassir ! Soyez patients ; votre destination

sera le paradis ». Il n’a pas accepté répondre à la violence par la violence. Lorsqu’il a émigré à Médine, son premier discours qu’il a tenu, avant même de descendre de

sa monture, est : « ô gens ! Répandez la salâm entre vous, donnez à manger, maintenez les liens de parenté, priez la nuit lorsque les gens se sont endormis, murissez votre spiritualité ». Toutes ces recommandations sont des

fondamentaux conduisant à la paix et à la cohésion des populations.

Plus tard lorsqu’il est revenu de Médine pour conquérir la Mecque, il n’a décidé de combattre que neuf de ses persécuteurs ; et parmi ses neuf personnes seules quatre qui n’ont pas désarmés contre lui ont été combattues. Les Mecquois, reconnaissant les supplices qu’ils leur ont affligés, à lui et à ses compagnons, s’attendaient à ce

qu’il se venge. A leur grande surprise, il (qu’Allah le bénisse et le salue)leur a

dit : « partez, vous êtes libres ».

Toutes les guerres que le Prophète a livrées sont des guerres défensives. C’était de la légitime défense. Les batailles de Badr, d’Ouhoud, de Khandac ont eu lieu à Médine. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue)se défendait contre les attaques de ses ennemis. Il arrivait, dans des cas spécifiques, qu’il envoie des expéditions punitives. Ce fut le cas de la bataille de Mou’ta à l’an 8 de l’Hégire. En effet un émissaire du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) au gouverneur de Busra, Al- harisse Ibn Oumaïre, y fut assassiné par un préfet du gouverneur. Pourtant l’émissaire était porteur d’un message de paix du Prophète pour le monde chrétien de Châm. Il fut ligoté et exécuté froidement en août ou septembre de l’an 629 de la naissance du christ. Acte pourtant condamné par les lois de l’époque. Alors le Prophète envoya 3 000 hommes pour venger sa mort.

Chapitre II : LES BASES DE LA PAIX EN ISLAM

Beaucoup sont ceux qui ont parlé de paix et qui, dans leurs actes, se sont contredits. Ils parlaient de paix tout en commanditant des actes de violence. Nous pouvons rappeler à ce titre le plus célèbre président français après Napoléon, le Général Charles DE GAULE. Il prônait la paix pour son peuple et pour toute l’humanité quand il résistait à l’occupation nazie. Lorsqu’il recouvra sa liberté et sa dignité grâce au soutien indéfectible des noirs africains et des musulmans, il a tourné son arme contre eux 1 . Il est connu des historiens éveillés qu’il était le commanditaire de la guerre de sécession au Biafra. Lorsqu’il a été chassé d’Algérie alors que la compagnie ELF avait besoin d’un autre pays pour s’implanter, il soutint cette guerre avec pour objectif de s’installer un jour dans cette localité 2 . Il parlait de paix ; il prônait la paix mais s’attaquait aux autres peuples et continuait de coloniser le Maghreb arabique. La guerre d’Algérie a eu lieu sous son règne. Comme les bases de la paix lui étaient inconnues ces faits ont remis en cause sa quête et sa lutte pour la paix. Sa principale base n’était que l’intérêt de la France. Et qu’elle est fausse cette base !

Dans un pays voisin de la sous-région, un homme d’État parlait de paix. La paix n’est pas un mot mais c’est un comportement. Les gens se disaient qu’après son départ son pays allait s’enflammer car il y avait de l’injustice, une oppression contre une majorité musulmane et d’autres ethnies comme les bétés qui juraient qu’après son départ ils se vengeraient. Et c’est ce à quoi on a assisté. Ce pays qui était modèle de paix dans la sous-région a connu l’une des guerres les plus fratricides. Il manquait à lui aussi la connaissance des bases véritables de la paix.

1 Comme le massacre des anciens combattants du Camp Cheroy au Sénégal qui ne revendiquaient que leurs primes à l’instar de leurs compagnons d’arme français avec lesquels ils venaient ensemble de libérer la France à la fin la seconde guerre mondiale. 2 RFI (Archives d’Afrique animée par Alain Foka, numéro consacré au Gabon)

Si nous généralisons l’analyse, Georges Bush fils, celui-là qui est protestant et dit lutter pour la paix dans le monde, a pu mentir sur un peuple afin de pouvoir l’attaquer malgré la vive critique de la communauté internationale. Il a ainsi détruit un pays en y laissant des germes de la violence. Ce peuple continue de souffrir de la violence jusqu’à aujourd’hui. Malgré sa foi chrétienne cet homme n’a pas connu les bases sérieuses de la paix. Avec le prix Nobel de la paix, Obama a suscité beaucoup d’espoir pour l’humanité abimée par une sale politique de va-t-en-guerre de Georges Bush. Mais hélas ! Guantanamo, qu’il avait promis de fermer, hurle encore. Les drones américains contribuent de faire des victimes innocentes dans les zones tribales de Pakistan et d’Afghanistan. Pas un seul jour ne passe sans que qu’une bombe d’Obama ne tue un musulman sunnite 3 .

Des exemples d’hommes d’État ou de grandes personnalités qui chantaient la paix et la stabilité dans le monde et qui, dans leurs actes, les sapaient sont innombrables. En effets ils n’ont pas su ou ne connaissent pas les fondements véritables de la paix.

Dans ce présent chapitre, nous allons exposer les bases véritables de la paix selon l’Islam sur inspiration du Coran et de la tradition prophétique.

Essentiellement cinq bases cardinales seront successivement développées.

1-La première base : la science utile

Dans le Noble Coran, à la création du premier homme, lorsque Dieu (Le Très- Haut)a voulu mettre son lieutenant en disant aux anges : « Je vais mettre sur

terre un vicaire. Les anges répondirent : « Vas-tu mettre sur terre des gens qui vont y semer la corruption et y verser du sang ? » Il répond aux anges : « Moi, je sais ce que vous ne connaissez pas ».Sourate 2 (Al-

Baqarah), Verset30. C’est ainsi qu’Il(Gloire et Pureté à Lui) a enseigné a Adam(Sur lui la paix de Dieu) le savoir qui lui permet d’avoir un comportement de paix. Ce verset a été cité plus haut mais nous y revenons pour dire que le premier principe en Islam pour l’établissement de la paix est l’acquisition de la science.

Quand Dieu (Gloire et Pureté à Lui) dit qu’il a enseigné à Adam(Sur lui la paix de

Dieu) le nom de toute chose c’est pour lui permettre, avec ce savoir, de devenir autre chose, de modeler son comportement. Le premier principe est donc le savoir.

Dans le verset les anges prédisaient que l’homme allait répandre la corruption et verser du sang sur terre ; mais la science que celui-ci reçut a prouvé le contraire. Si devant les anges cela s’est produit c’est dire que sur la terre également l’homme, grâce à la science acquise du Seigneur, ne sera pas corrupteur mais, tout au

3 Le Hezbollah libanais a traversé la frontière pour soutenir le régime syrien dans la répression contre les Sunnites. Obama n’a rien dit par rapport à cela. Nouri Al-maliki, l’ex premier ministre irakien, dans sa Répression contre les sunnites, a demandé aux États-Unis de l’aide. Obama lui a donné même des avions qu’il a Utilisés contre les sunnites. Mais lorsque les sunnites se sont organisés et ont pu, par la force, repousser l’agression et conquérir une grande partie du pays, Obama et la communauté internationale ont crié au terrorisme.

contraire, sera un être responsable qui veillera à la préservation de la paix, à la protection de ce merveilleux environnement que Dieu (Gloire et Pureté à Lui)a créé pour lui et au respect des lois naturelles. La science fera de l’homme le véritable vicaire de Dieu sur la terre.

Nous parlons de science, mais de quelle science s’agit-il ?

Sachons tout d’abord que le savoir est le produit de la raison qui est la faculté de penser, de raisonner, « al-Aql » en arabe. « Aql » en arabe veut dire lier le pied d’un animal à quelque chose pour l’empêcher de divaguer. Si la raison de l’homme est ainsi désignée c’est pour dire que la raison le lie afin qu’il ne soit pas un être sans repère. Cette faculté permet à l’homme d’avoir la compréhension des choses et le discernement qui lui fera distinguer le bien du mal, le faux du vrai. La raison est comme un lien qui met des limites à l’action humaine.

« Aql » en arabe renvoie aussi à l’intelligence. L’intelligence permet de comprendre ; la compréhension permet de distinguer les choses.

La raison pure et saine, c’est-à-dire qui n’a pas perdu de sa lucidité, doit produire un savoir sain. Le savoir dérive de la raison. Seul l’homme, possesseur de cette faculté, apprend à l’exclusion de l’animal bien que disposant aussi d’un cerveau. La raison étant la faculté d’apprendre, de comprendre et le siège de l’intelligence, le savoir qui en dérive devrait apporter à l’homme une compréhension approfondie de la vie. Par contre un savoir qui dérive d’une raison souillée ne donnera qu’un savoir inutile ou dans le pire des cas un savoir nuisible.

Selon les textes islamiques, tout savoir n’est pas salutaire sur cette terre. Le savoir peut être subdivisé en trois catégories : le savoir bénéfique, le savoir inutile et le savoir nuisible.

Le savoir bénéfique est le savoir religieux qui est obligatoire et totalement profitable à l’homme. Ce savoir amène l’homme à connaître son Seigneur et à se tracer une bonne ligne de conduite dans cette vie. Ce savoir est une obligation. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue)n’avait cessé de répéter cette phrase dans

ses invocations d’Allah : « Ô Allah enseigne moi un savoir profitable ». Il disait aussi : « Je cherche protection auprès de Toi contre tout savoir inutile ».

C’est là que les savants ont compris qu’il y avait des connaissances qui sont utiles, des connaissances qui sont inutiles et des connaissances qui sont nuisibles à l’humanité. C’est le savoir religieux qui procure la paix. Le savoir utile entendu ici inclut tout savoir profane utile dans la vie des hommes tel la médecine, l’ingénierie, l’agronomie, etc. Ces sciences sous-tendues par la science religieuse sont très bénéfiques aux êtres humains.

Le savoir inutile est celui qui ne rapporte rien à l’homme. On y perd son temps mais on n’en tire aucun profit. Par exemple, l’histoire des vainqueurs ou des vaincus, le droit profane, etc. Ces savoirs n’apportent pas le bonheur ni la paix. On a beaucoup appris l’histoire de l’Afrique écrite par des non africains sans connaître les

réalités de l’Afrique. On a beaucoup enseigné le droit sans que la justice existe véritablement.

Le troisième type de savoir est le savoir nuisible. Le savoir nuisible c’est comme la philosophie. Les philosophes ont essayé d’interpréter le monde invisible par manque de révélation à cette époque. Ces hommes ont su qu’il y avait un monde idéal qu’il faut chercher à connaître et à expliquer. Mais après la révélation de la révélation cette science a perdu tout son intérêt. Il conduit même certains à nier l’existence de Dieu (Le Plus Grand) et à qualifier la religion d’invention humaine. Il en est de même pour la psychologie et de la biologie qui ont conduit Sigmund Freud et Darwin à nier l’existence de Dieu et fonder des théories basées sur l’ethnocentrisme telles l’évolutionnisme ou le darwinisme. Nous ne pouvons pas aussi ignorer la nocivité de la science qui a produit des armes de destruction massive.

La première catégorie de savoir est le savoir salutaire pour l’humanité. Le savoir religieux qui nous instruit sur notre Seigneur, nous dit : d’où venons-nous, pourquoi sommes-nous sur cette terre, où irons-nous après la mort et qu’est-ce qui nous y attend. Celui qui acquiert cette science et construit sa vie sur elle aura de la retenue et de la maitrise de soi dans ces actes. Il contribuera à la préservation de la paix.

Le savoir séculier encadré par le savoir religieux contribue à l’amélioration des conditions de vie des populations ; chose qui participe à l’instauration et au maintien de la paix. Dieu (Gloire et Pureté à Lui)a enseigné aussi le savoir séculier à Adam(Sur lui la paix de Dieu) afin qu’il puisse s’en servir pour façonner la terre à l’image des cieux qu’Il a embelli. Dieu (Le Très-Haut)a voulu que l’homme s’inspire de Son savoir pour construire ce monde pour sa survie. Cette science séculière permet de comprendre, à travers son caractère toujours provisoire, qu’il y a une force divine qui maintient les cieux et les astres intacts et les protège contre l’épreuve du temps. Ainsi les arabes appellent la lune et le soleil « al jadidâni » c’est-à-dire les deux qui sont toujours nouveaux. Le savoir profane peut conduire à connaître Allah, à consolider le savoir religieux. Nous sommes descendus sur terre pour maintenir un lien entre la terre et le ciel. Ce lien n’est autre chose que la paix.

Si le savoir profane transforme le comportement de l’homme cela l’est à fortiori pour le savoir religieux. En effet, un homme qui sait qu’il est une créature de Dieu, que Dieu veut la paix ; il travaillera en conséquence pour accéder à la cité de la paix qui est le paradis. Sans le savoir religieux et le savoir séculier encadré par le savoir religieux, les hommes se détruiraient eux-mêmes.

Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue)et ses compagnons, ayant la foi en Dieu (Le Sublime) et de leur comparution devant Lui le jour dernier étaient des hommes pacifiques qui évitaient de nuire aux autres. Et ils souffraient personnellement et énormément lorsqu’il arrive qu’ils fassent du tort à quelqu’un. Il en est de même des prophètes et des messagers qui ont précédé avec leurs compagnons. Leur foi a fait d’eux des hommes de paix. L’usure est par exemple interdite dans le but de réduire le déséquilibre économique, les écarts entre les riches et les

pauvres car ces écarts trop grands font courir des risques de rupture de la paix.

Ceci est l’importance du savoir religieux en tant que principe pour l’instauration de la paix sur terre.

Le savoir religieux doit s’imprégner de la foi. Le savoir religieux sans foi n’est pas bénéfique, pire il devient dangereux puisqu’une personne qui a le savoir religieux mais n’a pas la foi est comme Iblis (Satan) qui a connu, qui a su. Dans l’ancien testament il est désigné devin des anges. Il était par sa science au-dessus des anges bien qu’il ne soit pas de la même nature qu’eux puisqu’il a été créé du feu tandis que les anges ont été créés de lumière. Il dit aux anges que les soins que Dieu a mis dans la création de Adam(Sur lui la paix) allaient faire de ce dernier un être devant lequel ils allaient se prosterner. Il invita les anges à ne pas se prosterner devant Adam(Sur lui la paix) lorsque le Seigneur le leur ordonnera. En tant que musulman nous sommes neutres sur la question de la véracité de ces propos. Mais c’est une simple illustration. Bref, connaître Dieu, connaître qu’on a un compte à lui rendre, connaître sa responsabilité sur terre vis-à-vis de soi-même, du prochain et de toutes les créatures. Voilà ainsi jetée une base irréfutable de la paix.

2-La deuxième base : La Foi

La foi en islam consiste à croire en Allah ; qu’Il existe ; qu’Il a des noms et des attributs. Croire en Allah c’est aussi observer Ses prescriptions, se comporter conformément à Sa volonté. Il a rendu sacré la vie de l’homme. Dans le Coran Dieu

(Le Très-Haut) dit : « celui qui tue une âme est comme une personne qui a tué l’humanité toute entière. Celui qui sauve une âme est comme une personne qui a sauvé l’humanité toute entière » (Sourate 5 (Al-Ma’îdah) Verset 32).

La foi consiste également à croire en l’existence des anges, croire qu’il existe deux anges témoins des actes de l’homme. L’un enregistre ses bonnes œuvres, et l’autre note ses mauvaises actions. Alors une personne qui croit en cela s’efforcera à œuvrer dans le bien.

La foi comporte également la croyance aux prophètes et aux livres qui leur ont été révélés. Tous les prophètes étaient des hommes de paix et ont prôné la paix. Les guerres qu’ils ont eu à mener avaient pour objet de rétablir la paix et la justice sur terre en mettant fin au système d’exploitation de l’homme par l’homme. Leur lutte avait pour fin d’affranchir les gens du joug de leurs semblables pour qu’ils ne soient soumis qu’à la volonté du Seul Dieu Créateur de toute chose.

De nos jours, les organisations internationales, avec à leur tête l’Organisation des Nations Unies, déploient des efforts considérables pour le maintien de la paix dans le monde. Mais il est déplorable de constater que cette paix vaut pour certains et non pour d’autres. Nous constatons amèrement que les puissances en leur sein semblent ne vouloir la paix que pour leurs seuls peuples puisqu’ils alimentent et maintiennent

des conflits dans des coins du monde afin d’étendre leur pouvoir et leur domination. Ils ne cherchent donc pas une paix véritable pour le monde. Ils ne cherchent qu’à protéger leurs intérêts. Le matérialisme, l’égoïsme caractérisent leur foi sur terre.

La foi consiste également à croire au jour dernier. C’est le jour où tous les êtres humains répondront de leurs actes devant le Maître de l’Univers. Ceux qui ont cru et œuvré dans le bien auront le paradis, la cité de la paix, comme récompense. Quant à ceux qui auront été injustes sur terre et y auront commis des actes de corruption seront destinés à l’Enfer, le demeure des châtiments. Croire à la prédestination fait aussi partie de la foi. Elle accroit en l’homme sa dépendance de Dieu, modèle sa conduite sur celle des gens de bien.

Ces piliers de la foi énumérés, bien compris et encrés en nous, feront de nous des êtres de paix. Ils permettent de s’autocontrôler pour ne pas enfreindre aux prescriptions divines. Celui qui se garde d’outrepasser les limites fixées par son Seigneur sera un homme de droiture, un homme de justice et un homme de paix.

Dieu (Gloire et Pureté à Lui)dit : « Ceux qui ont cru en ALLAH et n’ont pas mélangé leur foi avec de l’injustice quelconque, ceux-là ont la sécurité ».

[Sourate 6 - Les Bestiaux - verset 82]

3-La troisième base : la soumission à Allah.

La foi est la soumission du cœur. Cette soumission interne n’est pas suffisante ; elle doit être accompagnée de la soumission du corps et de ses membres. La soumission du corps résulte de l’accomplissement des actes d’adoration à commencer par les piliers de l’Islam.

Le premier pilier est constitué des deux témoignages : l’attestation qu’il n y a de divinité digne d’adoration sauf Allah et l’attestation que Mohamad est Son messager et Son serviteur. Celui qui prononce ces deux formules de la foi se confie à Allah (Le Protecteur par excellence)dans toutes ses affaires et a la quiétude dans sa vie. Cet homme dans la quiétude sera un homme de paix.

La prière, second pilier, est une sublime humiliation devant Allah (Le Très- Haut)en frottant son visage contre le sol. La prière purifie l’homme de ses péchés, de ses mauvais caractères et l’élève en degré devant son Seigneur. Ceux qui observent la prière conformément aux prescriptions en la matière sont les plus vertueux et les plus éloignés des péchés. On a rapporté un jour au Prophète qu’un homme pratiquait des prières nocturnes mais volait malgré cela. Le Prophète

(qu’Allah le bénisse et le salue)répondit : « Laissez-le ; un jour viendra où sa prière l’empêchera de voler». Dans ce sens, Allah (Le Très-Haut) dit : « très certainement la prière empêche de commettre les turpitudes et les actes blâmables » (Sourate 29 Verset 45).

La zakat, troisième pilier, consiste en un prélèvement sur la fortune des riches au profit des pauvres. Elle a pour but de réduire l’écart entre les riches et les pauvres. La réduction de cet écart permet de préserver la paix sociale. Les gens démunis bénéficiaires des produits de la zakat comprendront que les biens des riches leur

sont également profitables. Dans un tel contexte ils travailleront plutôt à préserver leurs biens plutôt qu’à les piller comme on le voit dans la plupart des pays en situation de troubles.

Le jeûne, quatrième pilier, est toute une école dans laquelle on apprend beaucoup. Le jeûne c’est punir le corps au profit de la maturité spirituelle. A chaque fois qu’on punit le corps le côté spirituel se développe. Quand on donne plus au corps notre capacité spirituelle s’en trouve réduite.Dieu nous a réservé un mois dans l’année afin de mûrir notre spiritualité. C’est pourquoi au sortir de ramadan on est spirituellement préparé pour traverser avec paix, sérénité et foi les autres mois de l’année. Comme éducation pendant le jeûne on ne doit pas prononcer de mauvais propos, on préserve son regard et ses membres du péché. La rigueur au respect des prescriptions est plus accrue par rapport aux autres moments. La progression de notre spiritualité accentue également nos pratiques religieuses.

Dans un hadith le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue)a dit : « si quelqu’un t’injurie ou te livre combat (pendant que tu es en jeûne) répond lui : je

jeûne ». Le jeûne apprend à ne pas être agressif, à être pacifique.

Le pèlerinage, cinquième pilier, ne consiste pas seulement à la visite de la Maison sacrée. On part au pèlerinage avec deux conditions : l’obligation de ne causer de tort à quelqu’un de quelques manières que ce soit ; et l’obligation de ne pas enfreindre à la loi divine. Il faut tenir des propos agréables et bienveillants et poser des actes qu’Allah (Gloire et Pureté à Lui)agrée. Alors, l’observation de ces règles contribuera à améliorer les relations entre le pèlerin et les autres. Il cultive la paix.

Tout ce qui précède procède de l’islam, la soumission à Allah, Le Dieu de la paix. La soumission à Dieu est la paix.

4-La quatrième base : la bienveillance « al ihsâne »

La foi et la soumission à Dieu (Le Plus Grand)conduisent à la bienveillance. La bienveillance est le niveau sublime dans le cheminement spirituel. A ce niveau l’homme devient comme un ange. Il adore Dieu comme s’il Le voyait se disant que même s’il ne voit pas Dieu, Lui, le voit. Il répugne la commission du mal quelque soit son ampleur. Dieu dit dans la sourate 55Ar-rahmâne : « Y a-t-il une rétribution

personne bienfaisante (al

mouhsine) n’approuve et ne fait que du bien pour les autres. Sa bienfaisance

s’étend des hommes aux autres créatures, les animaux et l’environnement.

pour le bienfaiteur plus que le bienfait ». La

Dans la législation islamique la victime d’une agression a un droit légal de répliquer dans la même proportion du tort qu’il a subi. Mais Dieu recommande, afin que nous devenions des bienfaisants (almouhsinîne), d’être patients c’est-à-dire de renoncer à notre droit de réplique en accordant notre pardon. Dieu (Le Très-Haut) dit : « Et

si vous punissez, infligez à l’agresseur une punition égale au tort qu’il vous a fait. Et si vous endurez, cela est certes meilleur pour les endurants » (Sourate 16 Verset 126). « Cela veut dire, a dit un commentateur, que le

talion est autorisé mais le pardon est recommandé ». C’est cela le degré de al

ihsâne. Celui qui a atteint le niveau de la bienfaisance est plus pacifique que celui qui

a seulement la foi et est soumis.

Dans l’histoire il a été rapporté qu’un jour le Prophète et ses compagnons ont effectué un voyage dans le but de faire le petit pèlerinage (al ‘umra) à la Maison sacrée. Mais, à leur grand désarroi, ils ont été renvoyés par les Mecquois. De retour

à Médine, ils apprirent un jour qu’une caravane de commerçants Mecquois a quitté

Châm avec des marchandises pour la Mecque. Ils se concertèrent et décidèrent de les intercepter. C’est là que Dieu (Le Miséricordieux)a fait descendre un verset

qui dit : « …Ne soyez pas poussés par la haine contre un peuple qui vous a empêché d’atteindre votre lieu de culte à le faire subir le même tort. Entraidez-vous dans le bien et ne vous entraidez pas dans le mal » (Sourate 5 Verset 2).Dans un autre verset Dieu (Le Plus Grand)dit :

« Réponds au mal par le bien. Ton ennemi deviendra bien vite ton confident. Une telle grandeur est le privilège des persévérants, de ceux qu’a touchés une grâce infinie » (Sourate 41 Verset 34). Il est dit que ce

verset fait allusion à un des compagnons du Prophète qui, avant sa conversion à l’islam, avait une grande aversion pour le Prophète et les musulmans. Il a dirigé l’armée Mecquoise à la Bataille de Badr contre les musulmans. A chaque fois qu’il faisait du tort au Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) celui-ci lui répondait par le bien jusqu’à épouser sa fille. En fin de compte il embrassa l’islam. A la bataille de Houneyne, dernière bataille du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue)contre les arabes, les musulmans ont été pris dans une embuscade. Ils se dispersèrent et beaucoup d’entre eux fuirent. Mais Abou Soufyane (Que Dieu l’agrée), puisque c’est de lui qu’il s’agit, est resté en compagnie du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue).C’est le fils de ce compagnon qui sera le cinquième khalife des musulmans. Dans un autre verset Dieu (Le Très-Haut)évoque ceux qui pardonnent aux gens et termine en disant qu’Il aime les bienfaiteurs. Dieu dit à ce propos que les pieux sont

ceux « qui dépensent dans l’aisance et dans l’adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui. Car Allah aime les bienfaisants » (Sourate 3

Verset 134). Al ihsâne est le plus haut degré de la spiritualité. Le bienfaiteur est un homme de paix. L’islam invite les hommes à cela.

5-La cinquième base : la justice

Le savoir religieux, la foi, l’islam, la bienfaisance conduit celui qui les possède à la

justice. Dieu (Gloire et Pureté à Lui)dit : « Ceux qui ont cru en ALLAH et n’ont pas mélangé leur foi avec de l’injustice quelconque, ceux-là ont la

sécurité » [Sourate 6 - Les Bestiaux - verset 82]. L’article défini « al » en arabe, « la » en français, a une signification singulière. Son emploi dans ce contexte (al amnou) signifie que ceux qui croît en Allah et n’ont pas mélangé leur foi avec une quelconque injustice ont la sécurité véritable. La justice doit exister partout où on se trouve ; que ce soit dans la famille, entre ses membres ; que ce soit dans la société, entre les individus, entre les gouvernants et les gouvernés.

La relation entre la justice et la paix est très étroite à tel point que nous avons peur pour l’avenir de ce monde, vu l’injustice qui sévit partout. Des peuples ont été anéantis par d’autres ; ces derniers cherchant à étendre leur pouvoir. Nous citerons le cas des indiens d’Amérique qui ont été chassés et exterminés par des européens qui les traitaient de sauvages. Les survivants de ces massacres chercheront un jour à se faire justice. Il y a également les aborigènes d’Australie qui ont été chassés au profit de la race blanche, la race supérieure sensée gouverner ce monde-là. C’est également la situation des Palestiniens qui sont chassés de leurs terres par les israéliens. L’implantation du peuple israélien après l’expulsion des palestiniens est la cause de l’insécurité qui règne dans le monde arabe de nos jours. Le conflit israélo- palestinien ponctué de trêves dure toujours.

En Afrique, nous avons été obligés à délaisser nos cultures au profit de ceux de nos colonisateurs. Beaucoup d’entre nous se sont totalement convertis à ces cultures. Mais il y a toujours des gens qui considèrent ce fait comme une injustice et lutteront pour avoir réparation.

Au regard de ce qui précède nous sommes fondés à croire que la paix que nous vivons n’est pas une paix durable car bâtie sur l’injustice. Ni le Conseil de sécurité des Nations Unies, ni l’attribution annuelle des prix Nobels de la paix ne peuvent garantir la paix à un monde gouverné par une communauté internationale fictive qui n’a d’autres soucis que la protection de ses intérêts.

Au temps du khalife bien guidé Omar Ibn Al-Khattâb(Dieu l’agrée) la justice régnait sur le pays musulman. Cette justice était attestée par tous et connu du monde. C’est alors qu’un homme ayant entendu parler de la justice du khalife quitta un pays lointain pour en être témoin et s’informer de la politique du khalife. A son arrivée à Médine, on le conduisit au commandant des croyants. Quelle ne fut pas sa surprise ? Il le trouva couché sous un arbre sans gardes. Il tint alors les propos

suivants : « Tu as fait l’équité, tu t’es conduit avec droiture, et voilà que tu

es en paix ». La paix résulte de la justice ; l’injustice conduit aux troubles.

Voici donc cinq bases susceptibles de cultiver la paix dans le monde.

CHAPITRE III : Les dimensions de la paix en islam

Beaucoup sont ceux qui croient que la cessation des hostilités et le retour des militaires dans les casernes constitue l’établissement de la paix. Or, en Islam les dimensions de la paix sont plus larges. Dans ce chapitre il sera question de la manière dont la paix doit se manifester selon les règles de la religion islamique.

Première dimension : La paix avec Dieu

Le musulman après avoir acquis les principes de la paix les applique tout d’abord entre lui et son Créateur, Allah, Le plus Grand.

Le musulman connaît également que sa présence sur terre a une cause, une motivation ; que sa présence sur terre n’est pas vaine. La vie de l’homme ne se résume pas à la nourriture, la boisson et la satisfaction de ses désirs de tout ordre. Le musulman sait qu’il a été créé pour une cause noble. Dieu (Le Très-

Haut)dit : « Je n’ai créé les hommes et les djinns que pour qu’ils m’adorent » (Sourate 51 Verset 56).

Le musulman en accomplissant des actes d’adoration cherche à pacifier sa relation avec Dieu (Le Maître de l’Univers). Cela n’est pas connu des mécréants. Ceux qui adorent Allah (Le Sublime)sont en paix avec Lui. Ceux qui, par contre ne L’adorent pas sont en conflit avec leur Créateur. Le musulman adore Allah avec amour au vrai sens du terme. En Lui vouant son culte, en exécutant toutes les obligations qu’Il lui a prescrites, le musulman obtient une relation harmonieuse avec son Créateur. Ceci est la première dimension. Quant à ceux qui ne l’adorent pas, tentent de le défier, sèment la corruption sur terre, nient son existence et ne cherchent même pas à le connaître ils sont permanemment en conflit avec le Seigneur. Le musulman en se fiant à ce seul Créateur dans toute sa vie reçoit en contrepartie la paix du cœur,

la sécurité. Il dit dans le Coran : « c’est Lui qui envoie vers vous des gardiens

pour vous protéger ». (S6V61)Dieu dit à propos de Son Prophète : « c’est Lui

qui te protège contre le mal des hommes ». Donc, en adorant Allah on reçoit

en contrepartie la paix dans le cœur, la paix dans cette vie et la paix dans la tombe et on a la paix quand on Le rencontre. Par contre les incrédules vivent dans la peine et la peur, leurs cœurs sont toujours troublés ainsi que leurs esprits malgré leur opulence. C’est pourquoi le niveau de suicide est élevé dans les pays développés que dans les pays musulmans pourtant pauvres. Dieu (Le Plus Grand)n’a pas pacifié leur vie. Pendant leur mort ils sont accablés car les anges arrachent leurs âmes avec brutalité. Dans leurs tombes ils connaîtront le châtiment jusqu’à la résurrection. Et le jour de la résurrection ils seront parmi les perdants. En effet Allah dit : « Si tu

voyais lorsque les anges arrachent leurs âmes aux mécréants ! Ils les frappent sur leurs visages et sur leurs postérieurs en disant : « Goutez au châtiment du feu pour ce que vos mains ont accompli ». Et Allah n’est pas injuste envers ses esclaves ». (Sourate le butin Versets 50-51).

Deuxièmement dimension : La paix avec soi-même

Après la paix avec Dieu, le croyant doit être en paix avec lui-même. Lorsqu’on est en harmonie avec le Seigneur il nous met en paix avec nous-mêmes. C’est pourquoi, le croyant ne fume pas, ne se drogue pas, ne prend pas de l’alcool. Tous ceux-ci sont des choses nuisibles à la santé physique et mentale de l’homme. Le musulman qui les évite est en ce moment en paix avec lui-même. Le Bon Dieu a interdit de nuire même à sa propre personne. Il a envoyé le prophète pour rendre licite ce qui est sain et profitable à l’homme et rendre illicite ce qui est nuisible au corps humain. En effet,

Il dit dans la sourate 7 : « … pour qu’il déclare licite ce qui est bon et rendre illicite tout ce qui est impropre à la consommation ».(S7V157) La paix avec

soi-même c’est s’abstenir de consommer ce qui est dangereux pour sa santé tant

physique que mentale. Dans plusieurs versets du Coran, Dieu (Le Très-Haut)a clairement interdit la consommation de telles choses. Il dit par exemple : «vous

sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair du porc, ce qui a été égorgé pour autre qu’Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne et celle qu’une bête féroce a dévorée sauf celle que vous égorgez avant qu’elle ne soit morte… »

(Sourate 5 Verset 3). Dans ce verset Dieu cite dix choses interdites à la consommation. Ce qui est interdit à la consommation doit présenter l’un des caractères suivants : être impur (que la chose soit de nature impure ou que de nature pure elle a été touchée d’une impureté), être nuisible au corps, être nuisible à la raison, être la propriété d’autrui. La paix avec soi-même c’est éviter de manger ce qui est illicite. Dieu (Gloire et Pureté à Lui)dit encore à propos de ce qui est licite

à la consommation : « ô vous les humains, mangez de ce qui est licite et sain sur la terre et ne suivez pas les pas de Satan car il est certainement pour vous un ennemi déclaré» (Sourate 2 Verset 168).Dieu s’adresse à tous les

humains sans distinction. La consommation des bonnes nourritures est profitable pour l’homme en termes de santé physique et mentale. Celui qui se nourrit d’aliments sains aura la paix avec soi-même. Dans un autre verset de la même

sourate Dieu (Gloire et Pureté à Lui)s’adresse aux croyants : « ô vous qui avez cru, mangez des bonnes nourritures que Nous vous avons octroyées et soyez reconnaissants si vous adorez uniquement Allah » (Sourate 2 Verset

172). Dans un verset de la sourate Les Croyants, Dieu (Gloire et Pureté à Lui)interpellent les prophètes en ces termes : « ô vous les messagers, mangez

de ce qui est bon et œuvrez dans le bien, très certainement Je suis parfaitement informé de ce que vous faites ». (Sourate 23 Les Croyants,

V51) Les commentateurs du Coran précisent que le verset montre que les prophètes œuvrent dans le bien parce qu’ils consomment de la nourriture saine. On en déduit qu’on ne peut faire de bonnes œuvres que si on se nourrit d’aliments sains et licites. Le musulman doit mettre en application ces prescriptions pour être en paix avec lui- même. La paix avec soi-même implique qu’on ne se suicide pas. Dans certaines confessions religieuses le suicide est même légiféré. Le musulman croyant se comporte conformément aux principes contenus dans le Coran et dans la tradition du

Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue). Le Coran dit : « ne vous suicidez pas car Allah est miséricordieux envers vous ». (S4 An-Nisa’, V29)Dans un hadith

du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) l’interdiction est encore plus formelle. Il

dit : « celui qui, après s’être jeté du haut d’un arbre ou d’une montagne, se tue sera ainsi châtié dans le feu de l’enfer. Celui qui se tue avec un couteau ou un fer aura pour châtiment dans l’enfer de se poignarder sans répit avec le poignard qu’il a utilisé. Et celui qui s’empoisonne, il lui sera donné du poison qu’il consommera dans l’enfer ». Ce sont des textes explicites qui

proscrivent que le musulman se suicide ou se fasse du mal quelque soit la difficulté qu’il vit.

Le musulman est en paix avec lui-même quand il est propre. Il doit garder son corps toujours propre. Il fait les ablutions cinq fois par jour. Il doit se laver le corps au

moins une fois la semaine ne serait-ce que pour la prière de vendredi. L’eau est la matière purificatrice que le musulman utilise.

La paix avec soi-même c’est aussi donner au corps ses droits. Parmi ces droits l’on peut retenir le droit au repos, au sport, à la nourriture et à la boisson, le droit à la satisfaction des désirs sexuels, le droit à l’habillement. Un jour des jeunes gens sont venus s’enquérir des actes d’adoration du Prophète suite à quoi l’un s’est décidé à jeûner sans rompre, l’autre s’est engagé à ne plus se marier et le dernier a pris la décision de passer toutes ses nuits en prière. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le

salue) leur dit : « je suis le meilleur d’entre vous ; je jeûne et je romps mon jeûne ; j’épouse des femmes ; je prie une partie de la nuit et je me repose durant une partie. Celui qui s’écarte de ma sounna n’est pas de moi ». Le

Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue)a enjoint à ses compagnons de faire le sport notamment la natation, la manipulation des armes, la course à cheval. Il a lui-même souvent fait la course avec sa femme Aïsha. Dieu dit : « Qui a interdit à mes

serviteurs les parures que Dieu a fait sortir dans ce bas monde. Dit : ces parures sont destinées aux croyants dans ce bas monde [mais les autres peuvent en profiter dans ce bas monde] mais elles leur seront exclusifs le jour de la résurrection » (Sourate 7 Verset 32)

La troisième dimension : la paix avec les deux parents.

Il nous est donné de constater dans la vie courante et au travers des médias des actes que certains posent contre leurs parents. Il peut s’agir, dans les cas les plus malheureux, d’une action en justice, de tortures et même de meurtre. Les parents, en islam, ont des droits sur leurs enfants. Allah dit dans le Coran : « ton Seigneur

a décrété que tu n’adoreras que Lui et qu’envers tes deux parents tu sois bienveillant ne leur dis pas « ouf » et ne leur tiens pas des propos blessants ; baisse pour eux les ailes de la miséricorde » (Sourate 17

Versets 23-24). Ce sont des versets explicites qui enjoignent au respect et au bon traitement de ses deux auteurs. Quand on met en application ces versets on instaurera et maintiendra une bonne relation avec ses géniteurs. Et cela est très important. Un jour, Il a été demandé au Prophète à savoir, pour une personne, qui mérite le plus sa compagnie. Il (qu’Allah le bénisse et le salue) répondit : « ta mère ». La question a été renouvelée deux fois ainsi : Et après ma mère ? Et à chaque fois il répondit : « ta mère ». A la quatrième fois il répondit : « ton père ». Dieu et son Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) nous ordonne d’être bienfaisants envers nos parents même s’ils n’ont pas la foi musulmane en ce qui concerne les choses de la vie. C’est ainsi que lorsque Asma, fille de Abou bakr Siddiq, reçut en visite sa mère venu de la Mecque elle demanda au prophète si elle pouvait lui offrir quelque chose car elle était dans le besoin. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) lui répondit par l’affirmatif et ajoute que si elle fait cela elle aura deux récompenses : pour avoir maintenu les liens de parenté et pour avoir fait de l’aumône. Dans un autre hadith le Prophète (quAllah le bénisse et le salue) dit : «

celui qui veut de la longévité et la prospérité qu’il maintienne les liens de

parenté ». C’est dans la famille musulmane que les parents ont le respect que leurs enfants leur doivent puisque c’est un droit découlant du Coran. Et c’est dans la famille musulmane que la quiétude règne grâce au bon maintien des liens de parenté.

La quatrième dimension : la paix avec les proches parents.

A ce propos le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dit : « celui qui veut

qu’Allah augmente son opulence et prolonge le terme de sa vie qu’il

maintienne les liens de parenté ». Le maintien des liens de parenté est cité dans plusieurs textes. Par exemple Dieu, en prescrivant l’aumône, a précisé que les proches parents font parties des bénéficiaires privilégiés. Tout cela vise à la

préservation des relations avec les proches. Faire l’aumône est un acte de générosité

et de bonté ; et les proches doivent être les premiers à en jouir. L’islam ira plus loin

en liant le maintien des liens de parenté à la croyance sincère. Selon Abou

Houraïra(Qu’Allah soit satisfait de lui) le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue)

en citant des actes liés à la croyance a dit : « celui qui croit en Dieu et au jour

dernier qu’il soit gentil envers tous ses parents ». Maintenir les liens de

parenté c’est consolider ses liens avec Dieu Lui-même, c’est avoir sa protection, c’est

vivre en paix. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « Les liens de parenté s’accrochent au trône d’Allah et disent : « celui qui nous respecte qu’Allah reste lié à lui. Et celui qui nous rompt, qu’Allah rompt avec lui »

(hadith rapporté par Aïsha). Ce hadith, chers frères et sœurs, S’est illustré dans notre mosquée. Un jour, alors qu’on venait de célébrer la prière, un homme grièvement blessé se leva et sollicita la solidarité des fidèles. Il a été victime, dans la nuit, d’une agression et avait perdu tout ce qu’il avait amassé d’une mine d’or du pays. Il présentait ses blessures et l’ordonnance médicale qui lui a été prescrite par un médecin. Les fidèles, très touchés, firent ce qu’ils pouvaient pour lui. Quelques jours plus tard je reçu sa visite à domicile. La situation étant loin d’être débloquée. A ma grande surprise j’ai appris qu’il avait des parents dans la ville. Pourquoi ne pas se faire aider par eux ? Lui demandai-je avec stupéfaction. Il hésita pendant longtemps, puis, sous mon insistance, finit par m’avouer que ses liens avec ses parents étaient fragiles et qu’il avait essayé de voler seul dans la vie. Pauvre type ! Sans les liens

de parenté, l’isolement de l’homme trouble sa vie et met en péril sa

sécurité. Ce n’est pas pour rien que dans le monde du pouvoir et de la dictature on s’entoure des proches parents pour mieux se sécuriser.

La cinquième dimension : la paix avec les voisins.

Le voisin a des droits dont il faut lui faire jouir. Le Prophète (quAllah le bénisse et le salue) nous enseigne que : l’ange Gabriel a tellement insisté sur les droits du voisin qu’il a cru qu’il le déclarera héritier. Dans un autre hadith il

est rapporté que le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) jura : « je jure

que ne peut être croyant ! » à trois reprises. Et

demander : « Qui, ô messager d’Allah ? » Il répondit alors : « celui dont les voisins ne sont pas à l’abri de ses mauvais comportements ». L’islam interdit

les compagnons de lui

de nuire au voisin de quelque manière que ce soit notamment par le bruit, le jet d’ordures et d’eaux usées devant sa cour comme nous le voyons couramment. Le voisin a droit aux visites et à l’entraide. Le musulman doit rendre visite à son voisin, lui venir au secours en cas de besoin. On le sait certains de ces droits ne sont pas respectés et très souvent ne sont garantis dans des pays dits développé. Même pas loin, ici à Ouagadougou 4 , les gens déplorent la vie à Ouaga 2000 qui est une cité aménagée pour habiter les personnes nanties. Nous connaissons des gens qui en sont retournés après un petit séjour. Dans cette cité l’individualisme est très accru ; personne ne s’intéresse à son voisin. Les familles sont loin d’y vivre la paix car l’isolement tue la dureté et perturbe la tranquillité de la vie.

La sixième dimension : la paix avec ses concitoyens.

Le champ est ici encore plus élargi. Il s’agit de toute la nation. Un bon musulman est en communion et en bonne relation avec toute la nation. Il respecte l’autorité publique et obéit à la haute hiérarchie du président et son gouvernement s’il s’agit d’un gouvernement islamique. En effet Dieu (Le Sublime)lui ordonne dans le

Coran : « Ô vous qui avez cru, obéissez à Allah, au messager et à ceux qui détiennent le commandement parmi vous ». (Sourate 4 Les Femmes Verset

59) Si ceux qui détiennent le pouvoir sont des musulmans leur obéissance est une obligation religieuse. L’autorité englobe ici l’autorité politique et l’autorité religieuse. Le musulman leur doit toujours obéissance excepté les cas où ils lui ordonnent une désobéissance au Seigneur. Oubâda Ibn çamit(Que Dieu l’agrée) rapporte : « nous

avons prêté serment au Prophète d’écouter et d’obéir tant lorsque cela nous convient que lorsque cela ne nous convient pas, tant dans l’aisance que dans la difficulté, et même quand ils nous privent de nos droits et de nos biens » (unanimement reconnu authentique). C’est pourquoi en islam il

n’est pas permis de se rebeller contre l’autorité que ce soit par les coups d’État, les révoltes, les mouvements violents ou pacifiques de protestation, les grèves, les appels à la rue. Tout ceci est interdit par le Prophète (qu’Allah le bénisse et le

salue)dans plusieurs hadiths. Il dit en effet : « celui qui vivra longtemps parmi vous sera témoin de beaucoup de divisions. Je vous enjoint de vous accrocher à la corde d’Allah et de suivre les pas des califes orthodoxes et d’obéir à l’autorité même s’il s’agit d’un esclave noir aux cheveux crépus ».

Le musulman ne participe donc pas aux actes tendant à troubler l’ordre public et qui peuvent nuire à la paix et à la cohésion sociale.

Le musulman entretient des rapports de paix avec ses concitoyens. Le Prophète

(qu’Allah le bénisse et le salue) a dit : « le vrai musulman est celui dont les autres sont à l’abri de sa langue et de ses mains ». C’est-à-dire qu’il ne leur

adresse pas de propos virulent ni ne leur cause du tort avec ses mains. Quand un musulman rencontre son concitoyen musulman, le premier à lancer la salâm est le meilleur des deux. Entre le musulman et son concitoyen c’est le respect mutuel, la

4 Ouagadougou est la capitale du Burkina Faso où réside l’auteur du livre.

collaboration dans l’édification de la patrie. Le musulman doit participer à la construction et au développement de la nation. Par conséquent il ne doit pas détruire les biens publics ni collaborer à des actions qui aboutiraient à cela. Il doit se conformer à la règlementation de la circulation pour éviter de nuire aux autres. Il ne doit pas abuser des biens communs dont il détient par devers lui au titre de sa fonction ou pour quelque autre titre. Il ne doit pas détourner ces biens de leur destination notamment pour la satisfaction de ses affaires personnelles. C’est cela le civisme. Cela implique également que le musulman lutte contre la corruption en s’abstenant de corrompre et en refusant d’être corrompu. Le musulman doit participer aux travaux d’intérêt commun. C’est ainsi qu’il contribuera à l’édification de sa patrie. Celui qui accompli tout ce qui est susmentionné garantira le vivre en paix avec la nation.

La septième dimension : la relation avec les animaux.

Aujourd’hui la survie de plusieurs espèces d’animaux est menacée à cause de l’œuvre de l’homme. Le musulman est appelé à prendre soin de l‘animal. Il a été rapporté

dans un hadith :qu’une femme prostituée dont les œuvres lui destinaient l’enfer a accédé au paradis parce qu’elle a abreuvé un chien qui mourrait de soif. Une autre femme qui enferma un chat qui mourut par la suite de faim et de soif a été destinée à l’enfer à cause du châtiment qu’elle a

infligé à l’animal. Informé de ces récits les compagnons du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) lui demandèrent si les animaux font partie de ceux dont il faut prendre soin pour avoir la récompense divine. L’Envoyé de Dieu (quAllah le bénisse

et le salue)leur rétorqua en disant : « la bienfaisance envers tout être doté d’une âme, d’un cœur qui bât donne droit à des bénédictions divines ». Le

musulman a le devoir d’être bienveillant à l’endroit des animaux en leur donnant à manger et à boire, en leur donnant des soins lorsqu’ils sont malades. Un jour alors qu’ils étaient en voyage avec le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), un compagnon maudit son chameau. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) dit à celui-ci d’abandonner l’animal. C’est pourquoi il est interdit d’apprendre ou de s’exercer au tir de fusils ou de flèches en prenant un animal comme cible. Il en est de même de faire supporter à un animal qu’on utilise pour le transport une charge supérieure à ses forces. Il ne doit tuer un animal que pour la consommation. Et dans ce cas il doit l’immoler sans le faire trop souffrir par exemple en affûtant très bien son couteau. Il s’abstient de tuer les animaux dont la consommation est proscrite. Ceci est la manière dont le musulman doit se comporter face aux animaux. C’est la paix avec le monde animal.

La huitième dimension : consiste, pour le musulman, à être en paix avec les insectes.

Dans un hadith authentique le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) nous dit :

qu’un des prophètes qui lui ont précédés a été piqué par une fourmi ; il ordonna alors à ses compagnons de brûler toute la fourmilière. Dieu lui reprocha son acte par la révélation suivante : « à cause de la piqure d’un

seul insecte tu as détruit toute une communauté qui chantait ma gloire ».

Ainsi il n’est pas permis au musulman de s’en prendre aux insectes qui ne lui nuisent guère. Ce sont des communautés comme nous qui glorifient leur Seigneur. Il n’y a pas cet être sur terre qui ne chante la gloire du Seigneur. Dieu (Le Sublime)

dit : « Et il n’existe rien qui ne célèbre Sa gloire et Ses louanges mais vous ne comprenez pas leur façon de le glorifier » (Sourate 17 Verset 44). Le

musulman observe tout cela pour être en communion avec son entourage.

La neuvième dimension de la paix en islam est la protection de l’environnement.

Le musulman est un homme de paix ; et cela doit se manifester à l’égard de l’environnement. Il lui est enjoint de planter les arbres et de ne pas en couper abusivement. Il doit préserver un cadre propre et sain. Le fait d’écarter du chemin tout ce qui peut nuire aux passants est une aumône. Il lui est défendu de se soulager sous les arbres ombrageux où les gens se reposent de même que d’uriner dans les eaux qui ne coulent. Tout ceci entre dans le cadre de la protection de l’environnement et celle de l’homme lui-même. Protéger l’environnement, en islam, c’est protéger une grande source d’inspiration car à travers lui, le musulman médite et découvre la grandeur d’Allah à travers Sa création. Protéger l’environnement, c’est aussi sauver la faune menacée d’extinction. C’est aussi lutter contre le réchauffement climatique par la préservation de la forêt. Même en temps de guerre, le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue)a interdit de couper ou de brûler les arbres sur le sol ennemi. Protéger l’environnement, enfin, c’est lutter contre la désertification qui menace, aujourd’hui, la paix mondiale à cause de la rareté des pluies, de l’eau et de l’accroissement de l’insécurité alimentaire. Certains experts ont affirmé que l’eau sera à l’origine de la troisième guerre mondiale.

La Dixième dimension de la paix en islam c’est faire la paix avec toute l’humanité.

L’islam a tracé les relations intercommunautaires les plus louables. La guerre est proscrite entre les humains. L’islam a considérablement réduit la violence entre les hommes. La relation interpersonnelle est basée sur la connaissance mutuelle. Dieu

(Le Très-Haut) dit en effet : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un homme et d’une femme. Nous vous avons divisés en races et en tribus afin que vous vous entre connaissiez. Le meilleur d’entre vous aux yeux d’Allah est celui qui Le craint le plus. Allah est savant et bien informé » (Sourate

49 Verset 13). Cet appel est adressé à tous les humains sans distinction de race ni de religion. Le Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) a interdit d’attenter à la vie d’autrui excepté les cas très restrictifs prévus par la loi islamique. Le Prophète

(qu’Allah le bénisse et le salue) a dit dans un de ses propos : « le sang du musulman est sacré sauf dans trois cas : la loi du talion, l’adultère et le

renégat ».Quand un musulman rencontre une personne ; si elle est musulmane il lui adresse la salâm ; si elle n’est pas musulmane il ne lui lance pas la salâm mais lui réserve un accueil chaleureux. Entre États l’islam reconnaît et respecte les accords et

traités signés entre États et entre communauté. Les clauses de la convention entre le Prophète et les juifs au lendemain de son arrivée à Médine sont claires dans les livres d’histoire. Aussi, dans un seul État, l’islam reconnaît le droit aux non-musulmans de vivre dans un pays musulman. En reconnaissant l’honneur qui lui est dû, Dieu (Le

Très-Haut) dit : « certes, nous avons honoré les fils d’Adam. Nous les avons transporté sur terre et sur mer, leur avons attribué de bonnes choses comme la nourriture, et nous les avons nettement préférés à plusieurs de nos créatures » (Sourate 17 Verset 70). Parmi les droits de citoyenneté

reconnus aux non-musulmans dans un État islamique il y a le droit à la liberté de

culte et de pensée. Dieu (Le Très-Haut) dit : « Nulle contrainte en religion. Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement » (Sourate 2 Verset 256).

Ce verset, chers frères et sœurs a une cause. C’est qu’un ansârite 5 de Médine avait voulu contraindre son fils, qui avait suivi des commerçants chrétiens à Châm 6 et s’était converti au christianisme, à renoncer à la religion chrétienne. C’est alors que ce verset fut révélé.

Un droit également reconnu aux non-musulmans est le droit à l’équité et à la justice. Dieu (Le Juste) dit à propos des non-musulmans qui vivent en paix avec les

musulmans : «Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour votre religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables » (Sourate 60 Verset 8).

Le non musulman a également droit à la visite. D’après Anas Ibn Malik « un jeune

juif qui servait le Prophète tomba malade un jour. Le Prophète alla lui rendre visite. Il s’assit du côté de sa tête et lui dit : Deviens musulman ! L’enfant regarda son père qui était à côté de lui. Il lui dit : Obéis à Aboulhoussein (surnom élogieux du Prophète) ; et il embrassa l’islam. Le Prophète sortit en disant : Louanges à Allah qui l’a sauvé du feu » (rapporté par Boukhari).

Les droits accordés aux non musulmans dans un État musulman sont multiples. Il suffit de savoir que les juifs fuyant la barbarie des Nazis et de l’Occident ont trouvé refuge dans les pays arabes et musulmans. D’ailleurs, la plupart des membres des gouvernements d’Israël qui se sont succédé sont issus de pays arabes notamment maghrébins. Il suffit de savoir également que de fortes communautés juives continuent de vivre en Égypte, au Maroc, en Algérie, au Yémen et même en Iran sans être inquiétés malgré les massacres continus des palestiniens par Israël. Il suffit de connaître tout cela pour se rendre compte que c’est sous l’ombre de l’Islam que la paix véritable règne avec toutes les communautés de la terre.

5 Ansarite désigne un habitant de Médine qui a soutenu et accueilli à bras ouvert le Prophète et les émigrés de la Mecque. 6 Châm, à l’époque, regroupait les pays actuels suivants : le Liban, la Syrie, la Jordanie, la Palestine.

Voici dix dimensions de la paix en Islam qui commencent d’abord avec la paix avec Dieu, puis avec soi et se termine avec la paix avec toute l’humanité, qui commence avec les hommes pour s’étendre jusqu’au plus petit insecte.

Dites-moi si le Conseil des Nations Unies, si le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine et si l’attribution annuelle du prix Nobel de la paix peuvent nous tracer une telle vision générale de la paix pour le monde ?

Dites-moi chers frères et sœurs si les attentats, les enlèvements, les décapitations d’otages que les médias essaient désespérément de coller à l’islam font partie de l’Islam ?

Chapitre IV : La réduction considérable de la violence par l’islam

Face à la recrudescence actuelle de la violence imputée à l’islam beaucoup auront du mal à croire que c’est par l’islam, et par lui seul, que la violence sera réduite et que la paix véritable règnera. Ce chapitre qui viendra clore ce périple a pour but de montrer combien l’islam, après avoir étendu les sphères de la paix comme nous venons de le constater dans les dix dimensions précédentes, a contribué à la réduction considérable de la violence. Cette réduction atteignit son paroxysme lorsque des grands prophètes tels Nouh (Noé), Ibrahim (Abraham), Moussa (Moïse), Issa (Jésus) (Que la paix d’Allah soient sur eux) n’ont utilisé aucune violence contre quiconque malgré l’oppression. Lorsque, après sa victoire écrasante sur les Mecquois, le Prophète Mouhammad (qu’Allah le bénisse et le salue)a dompté l’esprit de vengeance en disant : « Allez-y, vous êtes libres ». Même dans des cas d’expéditions punitives rares, le Prophète (quAllah le bénisse et le salue) exigeait de ses troupes une guerre toujours propre et juste lorsqu’il leur donnait

comme consigne : « Appelez les d’abord à l’islam, ils acceptent sinon invoquez l’aide d’Allah avant de les combattre et surtout ne trompez pas et ne trahissez pas. Épargnez les enfants et les femmes, les vieillards et les moines dans les synagogues ; ne coupez pas d’arbre et ne démolissez point de maison ».

Si après le 11 septembre 2001, la punition des américains fut collective et personne dans le monde musulman ne fut épargné : gel des avoirs, interdiction de voyage, fermeture d’associations islamiques actives, réduction de bourses d’études, changement négatif des programmes d’études, rapatriement, emprisonnement et assassinat d’imams et de prédicateurs, etc.

Et si après les exécutions des trois otages américains et britanniques en Irak la punition risque d’être collective après la mobilisation et l’implication forcée de toutes les nations, l’islam exige que toute punition soit égale à la proportion du forfait commis. Dieu (Le Très-Haut) dit en liant la punition égale à la piété

: « Quiconque transgresse contre vous, transgressez contre lui à transgression proportionnelle. Et craignez Allah et sachez qu’Allah est avec les pieux » (Sourate 2 Verset 194). Dans la Sourate 42 « La Consultation » Dieu

(Le Sage)préfère le pardon à la sanction. Il dit : « La sanction d’une mauvaise

action est une peine identique. Mais quiconque pardonne et réforme, sa

rétribution incombe à Allah » (Sourate 42 Verset 40). Il en est de même du

(Le

Verset

Sage)préfère le pardon à la sanction. En effet, Il dit : « Et si vous punissez,

infligez à l’agresseur une punition égale au tort qu’il vous a fait. Et si vous endurez cela est certes meilleur pour les endurants ». (S16V126) Ces

versets et bien d’autres ne contribuent pas seulement à la réduction de la violence mais à son éradication si toutefois la maturité spirituelle conduit au pardon.

L’islam, chers frères et sœurs, condamne les génocides et les épurations ethniques et la technique de la terre brûlée. Tous ceux-ci font partie de la transgression et la punition collective condamnées par les versets précités.

En islam il n’y a pas de rébellion contre le pouvoir central, ni de prise de pouvoir par la force. Il est même interdit de descendre massivement dans la rue pour manifester de peur de débordement et d’infiltration. Dieu (Le Très-Haut) nous informe dans le Coran qu’en dépit de l’envoi des messagers pour pacifier le monde, notamment les communautés israélites, les gens semèrent le désordre sur terre. Dieu (Le Très-

Haut)dit : « En effet nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà qu’en dépit de cela beaucoup d’entre eux se mettent à commettre des excès sur terre » (Sourate 5 Verset 32). La conséquence de

telles actions sont fatales. Dieu (Le Très-Haut) poursuivit en disant : « La

récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur terre ; qu’ils soient tués ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie sur terre et, dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment » (Sourate 5 Verset 32-33). Tous

les savants de la sounna sont unanimes pour dire que ces versets concernent les rebelles, les fauteurs de troubles, les coupeurs de route et tous ceux qui portent atteinte à l’ordre public et à la paix sociale. Ils sont unanimes également que l’utilisation de la violence pour exprimer son mécontentement ou pour vouloir apporter un changement n’est pas de la tradition du Prophète (quAllah le bénisse et le salue)ni des salafs 7 . C’est plutôt la méthode des khawârijs 8 reprise aujourd’hui par certaines sectes islamiques ou groupes armées. L’expérience a toujours prouvé l’inefficacité de cette méthode tant dans la revendication des droits que dans la quête d’une évolution positive des situations. Selon l’éminent savant Abdoul Aziz Ben Bâz 9 (Qu’Allah lui fasse miséricorde) tout recours à la force pour

126

de

la Sourate

16 « Les abeilles »

qui montrent que

Dieu

7 Salafs désignent les premiers musulmans bien guidés. 8 Groupe qui a conduit la rébellion pour assassiner le Khalife Othmân et qui a combattu également Ali Ben Abi Taleb. 9 Ex Mufti d’Arabie Saoudite

changer un régime ne doit se faire qu’après l’épuisement de toutes les voies pacifiques. Il faut dans ce cas remplir trois conditions :

- Il faut que la mécréance du pouvoir soit manifeste,

- Il faut disposer de la force nécessaire pour sa destitution,

- Il faut que la destitution du pouvoir n’entraine pas un chaos car on ne doit pas changer une situation par ce qui est pire 10 .

La prospérité des pays du Golf s’explique, en grande partie, par la stabilité politique et la réduction des troubles sociaux au plus bas niveau.

En islam, chers frères et sœurs, il n’y a pas de guerre préventive 11 dans les logiques du genre : pour mieux se défendre il faut attaquer. Les guerres tribales sont proscrites. Il n’y a pas, en islam, de guerre mondiale qui affecte des innocents et les fait périr au nom d’une mère patrie fictive. L’islam n’admet pas non plus d’impérialisme, de colonisation, de traite négrière systématisée. Les maux tels le viol utilisé comme arme de guerre, le suicide, les enlèvements ou prise d’otages, les attentats sont bannis par l’islam. En interdisant la cigarette, l’islam sécurise la santé de l’homme ; en luttant farouchement contre l’alcoolisme, l’islam sécurise la vie de l’homme ; en incriminant la fornication et l’homosexualité, l’islam éradique le sida.

Si certains ont livré la guerre à toute la terre pour imposer leurs langues et leurs cultures, l’islam s’est propagé grâce à la paix, le commerce et le bon comportement des musulmans. L’histoire ancienne nous enseigne que c’est suite à la signature du pacte de cessation des hostilités pendant dix ans que le Prophète (Que Dieu le bénisse et le salue)eut le temps de s’adresser aux autres nations en les appelant à l’islam à travers des missives et des émissaires. Et de l’an 6 de l’Hégire, date de cette signature, à l’an 10, date du décès du Prophète, l’islam s’est propagé plus qu’il ne l’a été pendant les dix-sept ans d’hostilité. L’histoire récente, quant à elle, nous montre qu’au Burkina Faso, au Niger, au Sénégal, en Europe, aux Amériques et un peu partout l’islam s’est propagé et continue sa progression sans épées ni coups de feu. Voilà une forme de réduction de la violence.

Si les deux grandes guerres et la guerre actuelle contre le terrorisme a mobilisé toutes les nations de la terre, en islam la guerre ne doit impliquer que ceux qui sont concernés. En route pour la bataille de Badr, un mécréant rencontra le Prophète

(Que Dieu le bénisse et le salue)et demanda à y participer. « Crois-tu en Allah et à son Prophète ? » demanda le Messager d’Allah (Que Dieu le bénisse et le salue).« Non » répondit l’homme. « Un non musulman ne doit pas participer à nos interventions militaires » a conclu le Prophète (Que Dieu le bénisse et le

salue). Voici là une autre forme de réduction de la violence.

Si pour certains la guerre contre le terrorisme vise seulement les groupes armés et les adversaires, le terrorisme, en islam, commence par le terrorisme d’État. Les États

10 Comme le printemps arabe qui a détruit la Libye, la Syrie et autres. 11 Comme la guerre de Georges Bush contre l’Afghanistan et l’Irak.

qui sont derrières les assassinats politiques ; les États qui financent des rébellions au profit de multinationales ou pour instaurer un régime protecteur de leurs intérêts. Les États qui alimentent le terrorisme des groupes armés pour mieux étendre leur influence et ouvrir des bases militaires. La lutte contre le terrorisme doit commencer par des actions tendant à mettre fin à de telles conspirations sécrètes. C’est pourquoi, pour éradiquer le terrorisme d’État de Pharaon, Dieu (Le Sage) envoya Moussa (Moïse) (Que la paix d’Allah soit sur lui), homme de paix, afin que le peuple d’Israël recouvre la paix et adore avec quiétude son Seigneur. L’éradication du terrorisme d’État entrainera celle des autres formes de terrorisme. Voilà encore un autre moyen de réduire la violence sur terre.

Si d’autres abolissent la peine de mort pour protéger une seule vie, celle du coupable, l’islam, depuis l’ancien testament, a instauré la loi du talion pour faire justice et sauver la vie de toute la communauté. Dieu (Le Sage) dit : « C’est dans

le talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous qui êtes doués d’intelligence » (Sourate 2 Verset 179). Il suffit de comparer la société

saoudienne avec peu de moyens avec les pays développés les plus sophistiqués en

terme de sécurité pour se rendre compte sans peine de la réduction considérable de

la violence par l’islam surtout avec l’adoption de la loi du talion.

Anecdote : Je ne saurai tourner cette page sans évoquer cette grande stupéfaction qui m’envahit le 25 août dernier lorsque par message reçu sur mon portable je fus

mis au courant de l’arrivée de vingt experts américains supplémentaires au Burkina Faso pour, disent-ils, apprendre la paix au Burkina. Allahou Akbar ! Je répondis aussitôt en disant que l’Amérique qui est en guerre expansionniste partout n’est pas

la mieux placée pour nous enseigner la paix ; surtout à nous Burkinabè que l’islam et

la tradition ont cultivé en nous la paix et l’hospitalité. C’était nous, Burkinabè, qui

devrions aller enseigner la paix aux Américains, surtout avec toutes les dimensions développées dans ce modeste livre.

Conclusion

A travers ce modeste parcours nous avons constaté que l’islam au sens étymologique

du mot désigne la paix ; et que, pour ce faire, l’islam a exigé la soumission à Dieu et

des actes de dévotions susceptibles d’anéantir le mal en l’homme pour qu’il soit homme de paix en commençant par la paix avec soi-même et en se terminant par la paix avec l’humanité ; en commençant également par l’homme pour finir par la paix même avec les insectes. D’où viennent alors ces enlèvements, ces attentats et ces djihads insensés au nom d’Allah ?

Les raisons, chers frères et sœurs, sont multiples et nécessitent un ouvrage entier. Mais pour satisfaire la curiosité du lecteur je me borne à citer les raisons suivantes :

Premièrement : La culture occidentale en est responsable. Car, non seulement elle a été violente envers les peuples pendant et après la colonisation et l’est encore aujourd’hui. Or la violence n’engendre que la violence. Elle a aussi privé l’homme de sa spiritualité et tout contact véritable avec Dieu, facteur essentiel de pacification, et l’homme musulman en particulier de connaître parfaitement sa religion et de s’imprégner de l’esprit de paix qu’elle enseigne. Beaucoup de ces groupes armés qui sèment la terreur sur terre ignorent la tradition prophétique.

Deuxièmement : La crise palestinienne qui a créé une crise de confiance entre les peuples et leurs dirigeants. Des dirigeants qui se réunissent constamment pour lutter contre le terrorisme et qui ont même participé à la coalition occidentale qui a détruit l’Irak et la Libye. Pourtant ceux-ci sont incapables de rompre les relations diplomatiques avec Israël ou même condamné sa violence répétée contre la Palestine. Cette crise ayant atteint son paroxysme après la chute du mur de Berlin a entrainé des personnes ou des groupes à vouloir venger ce peuple longtemps martyrisé avec tous les moyens disponibles.

Troisièmement : Les mensonges qui ont conduit à la destruction de l’Irak, d’Afghanistan, de la Somalie, de la Libye de la Bosnie, etc. Je me rappelle le jour de la pendaison de Saddam Hussein, un jour de fête musulmane. J’étais encore au Tchad. Un étudiant camerounais a failli s’affoler. L’humiliation du monde musulman, ce jour-là, aux yeux de tout musulman conscient avait atteint son paroxysme. Il a fallu que j’organise une conférence le lendemain pour apaiser les esprits.

Quatrièmement : Et comme la vie matérielle et la perversion enseignées par l’Occident ont, d’une part, montré leur limite, et de l’autre, elles se sont radicalisées au point de légaliser l’homosexualité, la réaction de ceux qui sont en quête de spiritualité n’a pas manqué de radicalisation et de violence.

Cinquièmement : Depuis longtemps, les slogans de démocratie et de liberté ont plongé les musulmans dans un profond sommeil. Après l’effondrement du mur de Berlin, le 11 septembre 2001 et les évènements qui s’en sont suivis, la jeunesse musulmane consciente a ouvert les yeux pour mieux voir. Elle fut choquée par une réalité très amère. Des scrutins libres et transparents ont été annulés, des dictatures fortement protégées au détriment de la volonté des peuples ; des constitutions ont été changées avec le soin d’experts occidentaux en droit pour permettre au fils de prendre le pouvoir après le père. Au vu et au su des défenseurs des droits de l’homme des opposants sont emprisonnés et tués. Au vu et au su des défenseurs des droits de l’homme des assassinats politiques viennent allonger la liste des veuves et de orphelins. Au vu et au su des défenseurs des droits de l’homme la très célèbre prison de Guantanamo continue d’abriter des prisonniers sans procès. Enfin, sous le regard impuissant des Nations Unies des grandes puissances se décident seules, en contournant l’instance internationale, pour attaquer et déstabiliser des pays. Là, la crise de confiance touche maintenant l’ensemble du système occidental. Des jeunes échappant au contrôle des leaders religieux prennent des armes pour poser des actes isolés.

Sixièmement : Nous avons constaté avec amertume qu’à chaque apparition de groupes dits djihadistes des pays du golf alliés de l’Occident jouent un rôle de financement et de logistique. Des pays qui n’appliquent pas la charia. Cela nous laisse penser qu’il s’agit là de manœuvre pour faciliter la politique expansionniste de l’Occident sur le monde musulman. La récompense que ces pays gagnent en contrepartie est connue, telle l’organisation de la coupe du monde de football.

Septièmement : La désertion de militaires fuyant certaines crises ensanglantées ont permis de savoir qu’une sale politique d’infiltration est manifeste dans les groupes djihadistes. Des agents secrets s’infiltrent pour perpétrer des horreurs qu’on impute finalement à l’islam pour ternir son image.

Huitièmement : Au moment où on a volé au secours de la population de Bengazi contre les chars et les bombardiers libyens on a laissé la population syrienne périr sous les coups de barils d’explosif, du gaz chimique, des chars et de toutes les artilleries lourdes possibles. Au moment où on envoie les casques bleus protéger les civiles dans d’autres parties du monde on est incapable de les envoyer en Palestine, ne serait-ce qu’une seule fois, pour protéger les femmes et les enfants victimes de massacres répétés d’Israël. Tandis qu’on punit des pays pour avoir violé les règles du droit international d’autres pays sont au-dessus de la loi et font ce que bon leur semble sans encourir la moindre blâme. Voilà une sale politique de deux poids deux mesures qui a aussi contribué à sortir certains de leur mutisme et mobiliser les plus impatients à prendre les armes et poser des actes isolés et souvent insensés. La faute n’est ni celle de l’islam ni celle des musulmans. La faute est, avant tout, l’injustice, l’égoïsme, l’immoralité, la violence, l’animalité et l’impérialisme des grandes puissances ; le mal n’engendrant que le mal.

Neuvièmement : Nul ne doute de l’impact de la provocation sur les soulèvements individuels et populaires. En effet, après les Etats-Unis, le monde musulman fut surpris de l’ouverture d’une mosquée dite « libre » en Afrique du Sud, qui a, pour la première fois, permis aux homosexuels d’accéder et d’occuper une place prépondérante dans la mosquée, et de permettre à la femme de s’arrêter côte à côte avec l’homme et même d’officier la prière. Une provocation qui a mobilisé une grande foule de sud-africains devant la mosquée malgré l’énorme dispositif sécuritaire mis en place. Nul ne doute également de l’esprit de vengeance et de radicalisation qu’a suscité les caricatures du prophète Muhammad en France comme ailleurs ; cette autre provocation qui a fait couler beaucoup de sang. On permet de caricaturer Muhammad mais on ne tolère jamais l’antisémitisme contre les juifs et d’émettre le moindre doute sur la shoah. Là-bas les grands protecteurs des libertés deviennent des liberticides féroces. L’humaniste Dieudonné en a payé le prix.

Dixièmement : Jadis, le monde n’a pas digéré l’occupation de l’Afghanistan par l’Union Soviétique ; mais, après avoir chassé celui-ci, pas un seul mot pour condamner l’occupation de ce pays musulman par l’OTAN. Si les Américains occupent, cela est légitime ; mais si c’est l’Union Soviétique qui cherche, elle aussi, à

protéger ses intérêts, on juge cela illégitime 12 . On a beaucoup condamné les talibans de commettre des atrocités. En revanche, on manque de mots pour condamner l’OTAN qui a commis des bavures et des crimes de guerre. Les talibans sont chez eux, tout comme les Chebabs en Somalie, etc. La faute, si elle existe, incombe à celui qui a attaqué, pas à celui qui n’a fait que se défendre. Oui, je ne suis pas pour les crimes commis par ces groupes armés au nom de la religion mais je condamne, de plus, ceux qui les ont agressés. Personne n’ose s’attaquer à la France, aux Etats- Unis et les autres grandes puissances, si elles respectent la vie des autres et leurs intégrités territoriales. Mais si ce sont ces grandes puissances, gendarmes du monde, qui traversent les continents pour aller larguer des bombes en Syrie, en Irak, en Afghanistan et en Somalie, elles ne doivent pas se sentir en sécurité.

Puisse Allah bénir ce travail. Qu’il fasse de ma plume et de ma langue deux soutiens indéfectibles de la vérité et deux sources intarissables d’éveil des consciences. Puisse Allah faire prévaloir grâce à l’islam la paix et la quiétude sociale au Burkina Faso, en Afrique, en Asie, en Europe, aux Amériques et partout dans le monde.

Ouagadougou, le 17 septembre 2014

Dr Ahmad Abdous Salam SAVADOGO

Biographie du Docteur Ahmad Abdous Salam Savadogo

Naissance :

Date de naissance : 12/09/1960 Lieu de naissance : Bobo Dioulasso (Burkina Faso)

Etudes Primaires :

1967-1976 : Ecole Franco Arabe de Sikasso-Cira (Bobo Dioulasso). Certificat d’étude primaire (CEP) Arabo-français.

12 En Ukraine récemment, les pro-occidentaux ont occupé la place Al-maïdane, ils ont été salués et qualifiés de démocrates ; mais lorsque les pro-russes ont occupé la même place, ils ont été traités de terroristes.

Etudes Secondaires :

1977-1978 : Ecole Franco-arabe de Sikasso-Cira :

Brevet d’étude du premier cycle (B E P C).

1981-1983 : Institut des études secondaires de l’université islamique de Médine (Arabie Saoudite)

Baccalauréat.

Etudes Supérieurs :

1984-1987 : Université Islamique de Médine :

Maîtrise en langue Arabe.

1988-1995 : Université Mohammad ben Saoud de Riyadh (Arabie Saoudite).

Doctorat de troisième cycle en Rhétorique arabe.

1996-2001 : Université Mohammad Ben Saoud (Riyad). Doctorat d’état en rhétorique arabe.

Carrière Professionnelle :

2002-2007 : Maître de conférence à l’Université roi Fayçal du Tchad (N’djamena)

2008-2009 : Au Burkina Faso

Recteur de l’Université Al-Houda.

Imam de la grande mosquée du célèbre quartier (Ouaga 2000)

Membre du comité de suivie des activités et programmes de la radio islamique (Al- Houda).

Président de la commission de la Dawa et l’enseignement de l’association Abdoullah ben Massoud.

Membre du comité des oulémas du Mouvement Sunnite du Burkina.

Membre du comité chargé de superviser les œuvres littéraires publiées dans le journal Al kalam de la section araba de l’Université du Mali (Bamako)

Livre écrit par : Dr Ahmad Abdous Salam Savadogo Théologien et Professeur de Rhétorique arabe
Livre écrit par : Dr Ahmad Abdous Salam Savadogo
Théologien et Professeur de Rhétorique arabe et critique littéraire au Burkina
Faso / Tél : 78 78 55 74 / E-mail : dr_savadogo1960@yahoo.fr / Site web du
Docteur : http://drsawadogo.islam.bf/
Imprimé et Distribué par : Forum pour un Islam décomplexé au
Burkina Faso :inforum@bissmillahi-bf.org / bissmillahi.bf@gmail.com
/Tél : 78 80 22 48 – 75 55 00 07 – 70 73 27 47 – 75 15 02 16
Retrouvez-nous sur :http://www.bissmillahi.bf/