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Entraînement à la synthèse de documents

Lisez attentivement les textes qui composent le dossier ci-dessous et puis proposez une synthèse de ces documents en 300 mots environ. Pour cela, vous dégagerez les idées et les informations essentielles que contiennent les textes proposés et vous présenterez avec vos propres mots un nouveau texte composé de façon suivie et cohérente.

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Document n. 1 - Un million de chômeurs en fin de droits en 2010 LE MONDE ECONOMIE | 18.01.10 | 16h01 • Mis à jour le 18.01.10 | 20h12

Un million de demandeurs d'emploi vont perdre leurs droits à l'assurance-chômage en 2010, prévoit la direction des statistiques, enquêtes et prévisions de Pôle emploi, dans un document du 25 novembre 2009 remis aux partenaires sociaux. A cette date, le nombre de chômeurs en fin de droits avait déjà augmenté de 35,2 % en un an.

Seuls 38 % de ces "fins de droits" devraient bénéficier de la solidarité nationale :

"Sur la période de juillet 2008 à juin 2009, 16 % des chômeurs en fin de droits étaient éligibles à l'allocation spécifique de solidarité (ASS), et 22 % au revenu minimum d'insertion (RMI), remplacé depuis par le revenu de solidarité active (RSA)", indique Jean-Paul Blouard, directeur adjoint de cette direction de Pôle emploi. L'éligibilité à l'ASS comme au RSA est en effet soumise aux conditions de ressources du foyer et non de l'individu.

Ce sont donc plus de 600 000 chômeurs qui verront leur sort remis au seul soutien familial, entraînant un accroissement sensible de la pauvreté en France.

Cette situation préoccupe les syndicats, qui ont échafaudé des propositions. Les partenaires sociaux doivent en débattre prochainement en groupe de travail avant la séance plénière de négociations du 26 février sur la " gestion sociale des conséquences de la crise économique sur l'emploi". Ils appellent d'ores et déjà à une prise de conscience urgente de la part du gouvernement.

Ce dernier sait bien que la question du chômage de longue durée n'est pas réglée. Si depuis plusieurs années les demandeurs d'emploi dits de longue durée (un an ou plus) représentent de façon stable plus de 40 % du nombre total de chômeurs, leur nombre absolu est en forte augmentation : "Il est évalué à 947 000 au troisième trimestre 2009 contre 760 000 sur la même période en 2008, soit en hausse de 24 % sur un an", indique Corinne Prost, responsable de la division emploi à l'Insee.

Mais le secrétariat d'Etat chargé de l'emploi estime que la problématique des chômeurs en fin de droits relève avant tout de l'assurance-chômage et de la négociation entre les partenaires sociaux.

"Le gouvernement a pris toutes ses responsabilités", assurait à l'Assemblée nationale, jeudi 14 janvier, le ministre de l'industrie, Christian Estrosi, qui s'exprimait à la place du secrétaire d'Etat chargé de l'emploi, lors de la séance des

questions au gouvernement . "Un groupe de travail s'est constitué, il faut attendre le résultat de leurs négociations", déclare-t-on encore au ministère.

Après deux ans de négociations entre syndicats et patronat, les conditions d'indemnisation de la convention d'assurance-chômage avaient enfin été redéfinies en février 2009, en pleine crise économique. Les partenaires sociaux, qui sont soucieux de pallier les carences de la protection sociale pour la majorité des personnes en fin de droits, ne veulent pas pour autant remettre en cause cette convention fraîchement signée. D'autant plus que les négociations de la prochaine convention Unedic doivent s'ouvrir au mois de décembre.

Les syndicats, pragmatiques, veulent donc trouver des solutions provisoires pour tous ces exclus de l'assurance-chômage et de la solidarité nationale. "On ne peut pas laisser 600 000 personnes sans aucune indemnité jusqu'à la reprise du marché de l'emploi. Il est urgent d'ouvrir le débat", affirme ainsi Maurad Rabhi, secrétaire confédéral de la CGT. Les syndicats proposent donc des "mesures de crise" ciblées pour les chômeurs de longue durée et les précaires, qui constituent la majorité des fins de droits.

Sur les 726 161 chômeurs auxquels l'assurance-chômage a cessé de verser des indemnités en 2008 (757 000 avec les départements d'outre-mer), 38 % ont cotisé moins d'un an et 38 % étaient des chômeurs de longue durée, indique le service public de l'emploi.

"Les contrats courts reviennent de manière récurrente dans les bataillons du chômage", tient à rappeler Stéphane Lardy, secrétaire confédéral de Force ouvrière (FO). "En 2008, parmi les chômeurs en fin de droits à l'assurance-chômage, 45 % s'étaient inscrits à la suite d'une fin de contrat à durée déterminée (CDD) et 14,7 % après une fin de mission d'intérim, indique M. Blouard. Le nombre de chômeurs arrivés en fin de droits après un contrat court va probablement augmenter en 2010, notamment parce que, si la convention d'assurance-chômage entrée en vigueur en avril 2009 ouvre l'accès à l'indemnisation plus tôt (dès le 122e jour de cotisation, soit après environ 4 mois de travail contre 6 mois précédemment), la durée d'indemnisation est en revanche égale à la durée d'affiliation."

Pour la plupart des syndicats, c'est dans la prise en compte de la précarisation du marché du travail qu'il faut puiser les financements de la politique de l'emploi. Les pistes étudiées par les différentes centrales (CGT, CFDT, CFTC, FO) ou la Fédération syndicale unitaire (elle n'est pas représentée dans les négociations sur l'assurance-chômage) privilégient tantôt la taxation de la précarisation du travail (cotisations corrélées à la durée des contrats, élargissement de l'assiette de cotisations), tantôt la prolongation de la durée d'indemnisation, tantôt l'assouplissement des conditions d'éligibilité à la solidarité nationale.

Car si pour le secrétaire d'Etat chargé de l'emploi, Laurent Wauquiez, l'augmentation du nombre de chômeurs en fin de droits est une "question de gestion de l'assurance dans la crise", pour les partenaires sociaux, elle ne relève pas de la seule responsabilité du système assurantiel. Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT, juge que "l'impact social de la crise ne doit pas être financé par

la solidarité du privé, mais par la solidarité nationale".

Il suggère, en accord avec la CGT et FO, d'assouplir les conditions d'accès des chômeurs en fin de droits à l'ASS - réservée actuellement à ceux qui ont travaillé au moins cinq ans durant les dix dernières années - et de proroger le dispositif Allocation équivalent retraite (AER), sorte de "pont" entre assurance-chômage et retraite. Le maintien de cette mesure, déjà prolongée dans le cadre du plan de relance, ne coûterait, pour 2010, que 40 millions d'euros, estime Pôle emploi. D'autres propositions sont avancées. Par exemple, reporter l'âge maximal fixé pour toucher l'indemnisation chômage - coût estimé à 80 millions d'euros en 2010 - ; ou prolonger de six mois la durée de prise en charge des contrats de reclassement professionnel et des contrats de transition professionnelle.

L'extension des périodes d'indemnisation, prônée par la CGT, la CFTC et FO, générerait un surcoût chiffré par Pôle emploi à 555 millions d'euros pour un mois, 999 millions pour deux mois et 1,3 milliard d'euros pour trois mois, avec un taux dégressif de 70 % à 50 %. La dégressivité n'est cependant pas une proposition des syndicats, qui ne voudraient surtout pas qu'elle soit généralisée à tous les chômeurs indemnisés après le retour de la croissance.

Mais nul n'ignore la situation financière de l'Unedic. La croissance économique ayant un impact direct sur le montant des contributions, la récession de 2009 (- 2,2 %) s'est traduite dans ses comptes par un déficit annuel de 902 millions d'euros. Il est attendu à 3,6 milliards en 2010, avec une hypothèse de croissance de 1,1 %, un scénario plus optimiste que les prévisions retenues dans le projet de loi de finances 2010 (+ 0,75 %).

"La réduction des déficits publics passe d'abord par la réduction de la dépense", rappelait mercredi 13 janvier à l'Assemblée nationale le premier ministre, François Fillon, en prévision de la conférence gouvernementale du 28 janvier sur les déficits publics. Ce contexte pourrait paraître défavorable au financement d'une solution pour les chômeurs en fin de droits, à moins que l'Etat, prenant la mesure du risque social, ne considère cette dépense comme un investissement. D'autant que les évaluations des mesures de solidarité nationale réalisées par Pôle emploi ne représentent pas "un montant impossible à financer dans l'équation budgétaire actuelle : il s'agit simplement d'un arbitrage budgétaire à opérer, d'un choix à faire", estime Mathilde Lemoine, économiste en chef de la banque HSBC France.

Anne Rodier et Adrien de Tricornot

Document n. 2 - Quelques débats sur le chômage

Le progrès technique détruit-il des emplois ?

Depuis au moins la destruction de leurs machines par les luddites, au début de la Révolution industrielle, l’idée que le progrès technique détruit l’emploi est communément admise. La science économique tend, pourtant, à prouver qu’elle est fausse. La critique la plus classique de cette idée a été formulée par Alfred Sauvy, dans La Machine et le Chômage (1980), où il présente la célèbre thèse dite du «

déversement ». Après avoir rappelé que, durant les deux siècles précédents, le progrès technique a bouleversé les modes de production et décuplé la productivité sans susciter l’augmentation durable du chômage, il insiste sur les effets indirects du progrès technique : « le travail consacré à la production de la machine ; l’accroissement de la vente des produits bénéficiant du progrès, grâce à la baisse de leur prix et la production de masse ; l’apparition de consommations nouvelles ou l’augmentation de consommations anciennes ». De ces processus découlent ce qu’il nomme le « déversement », c’est-à-dire le transfert de la population active des activités dont le besoin de main d’œuvre diminue en raison du progrès vers de nouvelles activités suscitées par ce même progrès technique (fabrication des machines créées par le progrès, productions nouvelles, etc.). C'est par ce processus de « déversement » qu’Alfred Sauvy explique la transformation de la structure de la population active : la société agricole est devenue industrielle, avant d’être dominée par le secteur tertiaire - en suscitant à chaque fois une transformation qualitative des emplois, mais non leur diminution quantitative. Alfred Sauvy postule enfin que l’humanité s’inventera toujours de nouveaux désirs que le progrès technique comblera. En 1995, Jeremy Rifkin a contesté, dans son livre La Fin du Travail, l’argument du déversement dans le contexte d’une troisième révolution industrielle dont l’automatisation et l’informatisation poussent progressivement à la disparition du travail, même dans le secteur tertiaire. Cette thèse futuriste n’est pourtant pas sans similitude avec les inquiétudes infondées des ouvriers du XVIIIe siècle

La mondialisation, source de chômage dans les pays riches ?

Selon la théorie du commerce international, les pays se spécialiseraient dans les activités qui requièrent abondamment le facteur de production dont elles sont le mieux dotées. Celle de main-d’œuvre pour les pays pauvres, celle de capitaux et de savoir-faire dans les pays riches. Selon Walter Stolper et Paul Samuelson le résultat de cette évolution est d’égaliser le salaire tiré d’un même travail à travers le monde. Ceci pourrait expliquer la chute des salaires dans l’industrie manufacturière aux États-Unis et le chômage dans les pays où les salaires sont rigides à la baisse (en France par exemple). Toutefois si quelques économistes soulignent le lien entre ouverture commerciale et montée des inégalités, nombreux sont ceux qui proposent une contre-analyse. Selon Paul Krugman, l’idée que la hausse du chômage serait liée à une concurrence déloyale des pays à bas salaires relève d’une « théorie populaire du commerce international »33. Il explique que l’intérêt des politiques à prêter leur voix à de telles théories n’est qu’électoral. Il précise que la plupart des ouvrages traitant de ce sujet ou de la « guerre économique » sont l’œuvre d’essayistes et non d’économistes et sont vendus grâce à leurs thèses faciles qui alimentent l’imaginaire populaire. C’est la théorie « pop » qui néglige toutes les causes possibles du chômage (cf. supra). « Selon cette idée reçue, la concurrence étrangère a érodé la base manufacturière américaine et détruit les emplois bien rémunérés […] Un faisceau croissant de preuves vient contredire cette idée courante […] Le ralentissement de la croissance du revenu réel est presque entièrement imputable à des causes internes. » Wikipédia

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Je dois te dire quelques mots sur une erreur courante, celle qui consiste à accuser le progrès technologique de la montée du chômage. Non, la machine ne tue pas l'emploi. C'est une vieille peur séculaire qui refait surface périodiquement chaque fois que la situation économique se dégrade. Non, la machine ne tue pas l'emploi. Elle le déplace, elle le recompose. Certains secteurs et entreprises en perdent, c'est sûr. Mais d'autres en créent. Globalement l'histoire montre que le progrès technologique et l'innovation en créent plus qu'ils en détruisent. Certes, pas toujours rapidement. Des périodes de transition sont parfois nécessaires. Certes, les adaptations se font parfois dans la douleur et avec un chômage passager (l'Etat peut avoir un rôle à jouer pour faciliter ces transitions et aider à passer les caps difficiles : protection sociale, formation Le marché est un processus dynamique, à la fois créateur et destructeur d'emploi. Mais sur la durée la création l'emporte, heureusement. André Fourçans, L'économie expliquée à ma fille, Editions du Seuil, 2006