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En outre, un classement comme monument, ponctuel, décontextualisé n'est, je pense, pas vraiment porteur de sens.

Cela dit, je trouve très positif que des habitants se réunissent et se mobilisent autour d'une identité culturelle et industrielle commune, que l'image péjorative d'infrastructures industrielles se modifie et que la tendance s'inverse même, de ce point de vue.

Je propose de travailler en ce sens avec mes collègues, car il faut bien constater que les projets étrangers ne sont pas si aisément transposables dans d'autres contextes.

Vous évoquez en effet le cas bien connu et souvent cité de Duisburg, dans la Ruhr en Allemagne, qui est devenu un grand parc paysager, qui conjugue, avec bonheur certes, nature et patrimoine industriel, mais à coup de centaines de millions d'euros, sans parler du coût d'entretien annuel.

En même temps, le taux de chômage de cette région demeure l'un des plus élevés d'Allemagne ; à Duisburg même, il est de 13,3 % et la création du parc n'a pas vraiment eu d'impact sur ce taux. Je vous laisse juge de l'opportunité de consacrer des moyens colossaux à cela, mais je pense que pour le redéploiement socioéconomique de la Wallonie, ils peuvent être plus efficacement utilisés.

Quant à votre dernière question relative à la gestion du petit patrimoine, je ne sais trop si vous visiez le petit patrimoine industriel ou le petit patrimoine populaire wallon. Quoi qu'il en soit, je peux vous confirmer que, pour le petit patrimoine, qui comprend aussi des éléments du patrimoine industriel, il est géré de manière tout à fait satisfaisante par l'administration du patrimoine, en concertation, d'ailleurs, étroite avec les communes.

Un autre fonctionnement n'est, a priori, pas à l'ordre du jour, mais l'octroi de subsides pour les travaux de conservation ou pour la promotion du petit patrimoine demeure d'initiative régionale ; ce qui garantit aussi une égalité de traitement et une vision à l'échelle de l'ensemble du territoire de la Wallonie. Par contre, ce qui est vrai, c'est que ce sont souvent des véhicules de financement méconnus. Je serais surpris du nombre d'autorités communales qui ne connaissent pas encore la possibilité d'obtenir des subventions au titre du petit patrimoine populaire de Wallonie et qui peut être, aussi, du petit patrimoine industriel. N'hésitons pas à en faire la promotion autour de nous. C'est aussi un élément d'identité et de fédération des citoyens qui est souvent important au cœur d'un quartier ou d'un village.

Mme la Présidente. - La parole est à M. Stoffels.

M. Stoffels (PS). - Si j'ai évoqué, dans ma question, l'exemple de Duisburg – et vous avez répondu sur cet

exemple – je pourrais vous en citer d'autres : Essen, Oberhausen, et cetera.

La liste est particulièrement longue. Il suffit de faire un petit tour en Rhénanie-Westphalie, et notamment dans le bassin de la Ruhr, pour découvrir ce qu'ils ont fait de leur patrimoine industriel qui a, d'ailleurs, connu la même histoire que le patrimoine industriel de la Région, les deux régions étant industrialisées au même moment et ayant connu également le même déclin de l'industrie, au même moment, sauf qu'il y a eu des efforts pour mettre en valeur un patrimoine d'un côté. Cela n'a pas d'effet immédiat sur le taux de chômage, mais crée quand même un contexte qui permet à une série d'investisseurs de trouver les régions suffisamment attractives pour se lancer et s'intéresser à ces régions. Cela contribue, à court terme, à freiner le développement du chômage, et à long terme, éventuellement – mais là personne n'a la science infuse – à développer de l'activité génératrice d'emploi.

Il me semble donc que l'exemple, même si c'est à force d'y mettre des centaines de millions d'euros – cela est vrai, mais le Land compte 19 millions d'habitants, il faut comparer ce qui est comparable – dans la gestion et la sauvegarde du patrimoine, cela me semble être de nature à augmenter l'attractivité d'une région et, par effet induit, de contribuer à ce que des investisseurs étrangers ou autochtones s'intéressent à notre Région pour, d'abord, investir, puis créer de l'activité économique.

QUESTION ORALE DE MME SALVI A M. PRÉVOT, MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS, DE LA SANTÉ, DE L'ACTION SOCIALE ET DU PATRIMOINE, SUR « L’ACCES AUX ÉMISSIONS EN LANGUE DES SIGNES SUR LES TÉLÉVISIONS LOCALES »

Mme la Présidente. - L'ordre du jour appelle la question orale de Mme Salvi à M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine, sur « l’accès aux émissions en langue des signes sur les télévisions locales ».

La parole est à Mme Salvi pour poser sa question.

Mme Salvi (cdH). - Monsieur le Ministre, une très belle initiative a vu le jour dans la grille des programmes de rentrée de Télésambre, télévision locale de Charleroi.

En effet, d'ici quelques jours, à partir du mois d’octobre, le magazine hebdomadaire d’actualité régionale y sera traduit en langue des signes. Les personnes sourdes et malentendantes pourront ainsi avoir accès, une fois par semaine, à l’essentiel des événements régionaux. L’émission proposera, en outre, un dossier spécial et des sujets en lien avec le handicap.

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La direction de Télésambre a préparé ce projet pendant des mois, en collaboration avec la Ville de Charleroi pour l'intégration de la personne handicapée. La subvention débloquée par cette dernière couvrira ainsi, en partie, les surcoûts de réalisation et de production de l’émission.

En effet, ce projet nécessite des moyens humains complémentaires significatifs : un traducteur, un second cadreur ainsi qu’un intervenant pour le travail de postproduction.

J'en viens à ma question.

Le contrat de gestion 2012-2017 de l’AWIPH nous rappelle – on en a souvent discuté en commission avec sa directrice – que les grands principes généraux d’inclusion des personnes en situation de handicap doivent pouvoir se traduire au jour le jour dans des comportements concrets au sein des services qui s’adressent à l’ensemble de la population.

Pouvez-vous me dire ce que vous pensez de cette initiative, et si une telle initiative innovante pourrait, à l’avenir, être encouragée par votre administration auprès des autres télévisions locales ?

Soutenir ces innovations sociales et en assurer une diffusion plus large pourrait faire partie des missions de l’Agence dans le cadre de son contrat de gestion.

Je sais qu'il y a le conclave budgétaire et une série de discussions en cours, mais en même temps, je me dis que ce type d'initiative permet aussi aux personnes sourdes et malentendantes d'être considérées dans un souci d'inclusion, notamment pour tout ce qui concerne l'information régionale.

Il est vrai qu'au niveau de Télésambre, tout cela a été fait en interne, mais peut-être que, demain, la réflexion pourra s'opérer de façon plus large et je ne vous cache pas que je poserai la même question à votre collègue, M. Marcourt, en charge des Médias en Fédération Wallonie-Bruxelles, pour voir de quelle manière une éventuelle concertation ou collaboration pourrait se mettre en place.

Mme la Présidente. - La parole est à M. le Ministre Prévot.

M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine. - Madame la Députée, effectivement, il faut féliciter Télésambre qui met en œuvre ses émissions en langue des signes. Elle rejoint, de la sorte, TVLux, qui vient de fêter ses 10 ans de traduction en langage des signes d'une série d'émissions d'informations et CanalC qui l'organise aussi depuis plusieurs années. Il est heureux que Télésambre emboîte le pas et dans la perspective que d'autres télévisions locales puissent aussi, dans la foulée, le faire.

Sous réserve de ce que pourra souhaiter ou vous indiquer mon collègue, M. Marcourt, en charge des Médias au sein du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, je serais désireux de pouvoir dégager, dans les mois ou années qui viennent, quand j'en aurai la possibilité, une enveloppe structurelle qui permettrait à l'ensemble des télévisions locales d'avoir la faculté de doubler en langue des signes, tout ou partie de leurs informations régionales, soit dans une démarche hebdomadaire, comme c'est le cas à TVLux, soit dans une démarche quotidienne, comme c'est le cas pour CanalC. Ce ne sont pas les mêmes exigences, mais c'est une réflexion, me semble-t-il, importante à poursuivre.

Votre question est l'occasion de remettre l'idée sur la table et, pour moi, de requestionner mes collaborateurs sur le sujet. Nonobstant cela, vous avez rappelé, à juste titre, que l'AWIP a, dans son contrat de gestion, un de ses objectifs stratégiques qui consiste à assurer un continuum de prestations et un soutien personnalisé aux personnes en situation de handicap. Dans cette optique, l'administration vise tout particulièrement à offrir aux personnes handicapées la possibilité de s'exprimer et de communiquer adéquatement avec autrui, quels que soient les moyens de communication.

Pour rencontrer cet objectif et soutenir, ainsi, l'innovation sociale au travers d'actions concrètes, l'AWIPH veille à encourager la traduction en langue de signes et, plus largement, les innovations qui permettent une meilleure inclusion. Il y a différentes actions qui ont déjà été entreprises en ce sens : la participation de l'administration à une enquête universitaire menée par l'ULg ; la possibilité offerte aux personnes sourdes utilisatrices de la langue des signes de faire appel gratuitement à un interprète, lors de réunions organisées par l'AWIPH ; la formation de certains agents, à l'administration, à l'apprentissage et à la pratique de la langue des signes ; le soutien financier à projet, tel que la création d'un centre de ressources en langue des signes ; la plateforme Surdicécité ; la Journée mondiale des sourds, mais aussi la traduction en langue des signes et en sous-titrage des produits audiovisuels de l'AWIPH.

J'ajoute, par ailleurs, Madame la Députée, que j'ai veillé, cette année 2015, à dégager un montant récurrent de 300 000 euros pour permettre l'agrément et la pérennisation d'un service d'interprétation en langue des signes à l'échelle de la Wallonie, auquel il est possible de faire appel en toute circonstance, dès lors que le besoin se fait ressentir.

Je tiens aussi à souligner que, sur base d'une directive européenne, un règlement « accessibilité » a été mis en place, avec l'obligation, pour les chaînes, non seulement d'avoir un référent accessibilité – il faudrait vérifier auprès de mon collègue ministre pour voir si c'est bien le cas pour la télévision publique francophone –, mais aussi de diffuser, un certain nombre d'heures par an de programmes dits accessibles, c'est-à-dire sous-

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titrés, accessibles en langue des signes ou audiodécrits. Les chaînes sont par contre libres de choisir la ou les mesures d'accessibilité qu'elles souhaitent mettre en œuvre et les programmes qu'elles veulent rendre accessibles.

De manière complémentaire, j'ajouterai que nombre de festivals de films – j'ignore si c'est le cas à Mons, mais en tout cas, pour le FIFF, je peux vous le confirmer – proposent une séance en audiodescription organisée avec les amis des aveugles. On me confirme que c'est aussi le cas à Mons. Tant mieux, parce que c'est aussi une démarche importante et tous les organisateurs de festivals de film doivent l'intégrer pour que cela devienne un réflexe naturel.

Mme la Présidente. - La parole est à Mme Salvi.

Mme Salvi (cdH). - Je remercie M. le Ministre. J'entends votre volonté, votre désir à court ou à moyen terme de reprendre langue avec votre collègue de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur ce type de dossier. Je ne manquerai pas de le rappeler à l'occasion de ma question pour voir si, dans les prochains mois, des discussions peuvent s'ouvrir et, in fine, aboutir.

J'entends bien tout ce que l'AWIPH fait déjà par rapport à toutes les personnes sourdes et malentendantes et je ne remets pas du tout cela en cause, bien au contraire. Peut-être, y a-t-il une réflexion nouvelle à avoir par ailleurs. Enfin, sur le référent accessibilité, je pense que cela concerne notre télévision publique, mais je ne suis pas sûr que cela soit une obligation pour les télévisions locales et communautaires. Je me ferai un plaisir de me renseigner.

QUESTION ORALE DE MME TROTTA A M. PRÉVOT, MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS, DE LA SANTÉ, DE L'ACTION SOCIALE ET DU PATRIMOINE, SUR « LA SANTÉ MENTALE DES JEUNES »

Mme la Présidente. - L'ordre du jour appelle la question orale de Mme Trotta à M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine, sur « la santé mentale des jeunes ».

La question est retirée.

QUESTION ORALE DE MME TROTTA A

M. PRÉVOT, MINISTRE DES TRAVAUX

PUBLICS, DE LA SANTÉ, DE L'ACTION SOCIALE ET DU PATRIMOINE, SUR « LA SANTÉ ET LES POLITIQUES FAMILIALES DANS LE PLAN WALLON DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ »

Mme la Présidente. - L'ordre du jour appelle la question orale de Mme Trotta à M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine, sur « la santé et les politiques familiales dans le Plan wallon de lutte contre la pauvreté ».

La question est retirée.

QUESTION ORALE DE MME PÉCRIAUX A

M. PRÉVOT, MINISTRE DES TRAVAUX

PUBLICS, DE LA SANTÉ, DE L'ACTION SOCIALE ET DU PATRIMOINE, SUR « L'ÉLABORATION DU PLAN NUTRITION-

SANTÉ »

Mme la Présidente. - L'ordre du jour appelle la question orale de Mme Pécriaux à M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine, sur « l'élaboration du plan Nutrition- Santé ».

La

parole

question.

est

à

Mme Pécriaux

pour

poser

sa

Mme Pécriaux (PS). - Monsieur le Ministre, lors de l'examen de l'ajustement budgétaire, en juillet dernier, vous nous annonciez que l'article budgétaire relatif au plan wallon Nutrition-Santé n'avait pas été doté dans l'attente de la décision finale relative au plan wallon Nutrition-Santé, mais qu'un budget de 40 000 euros y serait consacré.

En parcourant le Plan wallon de lutte contre la pauvreté présenté par le Ministre-Président, j'ai pu constater que diverses actions seraient menées dans le cadre du plan, afin de favoriser la nutrition saine auprès des personnes en situation de précarité.

Où en sommes-nous dans la rédaction du plan Nutrition-Santé annoncé ? Des concertations avec vos homologues sont-elles engagées ? Confirmez-vous le budget annoncé lors de l'ajustement ?

Mme la Présidente. - La parole est à M. le Ministre Prévot.

M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine. - Madame la Députée, j'ai tenu expressément à inscrire une action spécifique relative à la nutrition dans le cadre du plan Pauvreté, coordonnée par le Ministre-Président Magnette, puisqu'il me semblait assez évident, comme

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ministre de la Santé, que la volonté première doit être aussi de participer à l'amélioration globale de la santé des Wallons, et singulièrement de celles et ceux qui sont les plus fragilisés sur le plan socioéconomique.

Nul besoin de faire une longue thèse démontrant le lien qui existe entre l'état de santé et les revenus. Ceci étant, il faut éviter la stigmatisation singulièrement concernant l'obésité, par exemple, puisque l'on sait que cela touche de multiples strates de la population. Il est important, que cela soit à l'égard des plus jeunes comme des personnes âgées où les questions de nutrition ne sont pas à négliger, qu'il y ait cette dimension qui soit prise en considération.

Actuellement, nous peaufinons, au sein du cabinet, ce plan sur lequel nous planchons depuis plus d'un, le plan wallon Nutrition-Santé et je souhaite le soumettre au Gouvernement wallon avant la fin de cette année.

Mme la Présidente. Mme Pécriaux.

-

La

parole

est

à

Mme Pécriaux (PS). - Je remercie M. le Ministre pour ces éléments de réponse. Effectivement, j'avais été attentive, lors de la présentation de M. le Ministre- Président du Plan wallon de lutte contre la pauvreté sur ce volet « alimentation », puisqu'il relève notamment de favoriser la distribution des invendus alimentaires, la création et l'organisation d'épiceries sociales, encourager le développement de plateformes d'achats solidaires, et notamment intégrer une dimension sociale dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, dans le cadre d'un plan Nutrition. C'est pour cela que je voulais voir si l'articulation était bien complète et globale.

QUESTION ORALE DE MME SALVI A M. PRÉVOT, MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS, DE LA SANTÉ, DE L'ACTION SOCIALE ET DU PATRIMOINE, SUR « LE DÉPISTAGE DU CANCER DU COL DE L'UTÉRUS A DOMICILE »

Mme la Présidente. - L'ordre du jour appelle la question orale de Mme Salvi à M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine, sur « le dépistage du cancer du col de l'utérus à domicile ».

La parole est à Mme Salvi pour poser sa question.

Mme Salvi (cdH). - Monsieur le Ministre, le cancer du col de l'utérus n'est peut-être pas un des cancers gynécologiques les plus fréquents en Belgique, mais il est malgré tout responsable de près de 190 décès par an et il reste, en Europe, la cause principale de décès dus au cancer chez les femmes de moins de 35 ans. On considère que près de 90 % de ces décès pourraient être évités grâce à un dépistage régulier. En Belgique, 40 %

des femmes ne participeraient pas régulièrement à un programme de dépistage de ce cancer du col de l'utérus.

Pour augmenter la couverture, différentes options existent : la campagne classique d’information, le courrier postal ciblé aux femmes concernées, mais aussi l'envoi d’un kit de dépistage afin que ces dernières effectuent elles-mêmes, à domicile, le prélèvement à envoyer au laboratoire.

L’Institut scientifique de santé publique évalue actuellement la pertinence de ces kits d’autoprélèvement à domicile. Pour déterminer la meilleure option à prendre pour toucher ce public insuffisamment sensibilisé parmi les femmes de 25 à 64 ans, il a réalisé une méta-analyse publiée dans Le journal européen du cancer. Seize études sur le sujet, réalisées en Europe et aux États-Unis, ont ainsi été prises en compte pour voir de quelle manière une stratégie d'autoprélèvement pourrait être mise en place.

De cette analyse, il ressort que la stratégie de l’autoprélèvement augmenterait le taux de participation au dépistage par rapport à l’approche du courrier postal incitant à consulter. En général, on reçoit un courrier et on se dit que l'on va aller consulter et, in fine, le courrier termine à la poubelle et on ne met pas en place les démarches nécessaires.

Sur base d'études réalisées sur leur territoire respectif, le Danemark et les Pays-Bas ont déjà pris la décision d'appliquer cette approche.

En Belgique, l’ISP recommande de faire des études pilotes préalablement à toute généralisation de l’envoi de kits d’autoprélèvement à domicile, afin de voir si une telle stratégie serait efficace chez nous. La Flandre aurait d’ores et déjà décidé de lancer, à la fin de cette année, un projet test d’envoi de matériel.

Pouvez-vous nous éclairer sur l’opportunité d’envoyer de tels tests de dépistage à domicile ? Est-ce de l'ordre du possible, en Wallonie ? Si une réflexion a déjà commencé au sein de votre administration, avez- vous déjà une échéance ? Si l'on parle de projet pilote, il faudra que des budgets soient dégagés pour voir de quelle manière les choses pourraient se mettre en place et, ensuite, généraliser ce type d'opération.

C'est quelque chose d'assez innovant, mais on se rend compte combien les femmes et les jeunes femmes, non pas par volonté de ne pas consulter, mais parfois par manque de temps, d'envie, de peur, ne mettent pas en place ce type de démarche. Peut-être qu'un dépistage à domicile pourrait prévenir ce cancer qui tue beaucoup trop dans nos régions.

Mme la Présidente. - La parole est à M. le Ministre Prévot.

M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine. - Madame la

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