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HISTOIRES

PRODIGIEVSES,

EXTRAICT

E.S;;.

D E

AVTHEVRSj

mises en

PLVSIEVRS FAMEVX

Grecs & Latins, [aerez &

prophanes:

nofire langue

P. Boaiftuaujfarnômé Launay.

par natif de Bretaignc:auec les pourrraiéts & figures.

A PABIS-,

Pour Vincent

bruneau,tenantleur boutf-

S.Iean

l'Euangelifie:

Normeçt,&

Iehanne

en la rue neufue nostre

Dame.àl'image

que

Et

au P.alais,en la gallerieparouonva

M64

à la Chancellerie.

AVEC PRIVILEGE DV ROY.,

EXTRAICT DV

Priuilege.

I LefipermisàVincetSerte»as,Ulealogislibraires,

demourans 4 P4ris.defaire imbrimerce

hure,

intitulé

Histoires prodigieuses,extraites de plusieurs fa-

meuxauthcnrs,

Grecs,& Latins, sacrez &

langue

par

de

pro-

Pierre Boai-

phanes:mifesen nostre

ftuau, surnomme Launay, natif

Breraigne.

iusques

Et est defendu 4 tous autres de l'imprimer,

kfîx

ansprochainementvenansy kcompter du iour (juilfent

Acheuedimprimeryfùr

peine de confifcdticn de

CJ"

amplementefl

ce qui

re-

roit imprimé oultjeleurgré

de arbitraire, corne

plus

confentemet,, (7 d'amen-

contenu en leurs

lettresdeprimlegejgtéesparleConseil,

DE COVRLAT.

Etféeliée de cire Idunejitrfmple queue.

A TRESHAVLT

ET

TRESPVISSANT SElGNEVR

Iean de Rieux Chcualier, Seigneur DaITerac, Faugarer, Lisle-Dieu,GuédeliflcjlaFueillée,

Vicôte de Plohedel,Genrilhomme ordinaire

dela chambre du Roy, &c. Pierre Boaistuau,

iurnommé Launay,Salut.

quelquefois les llemens ont eslè Heraulx, Trompettes,

minières a exccuteurs

lors

que

les eaux

de la lufiice de

Ineu.

Comme

rD'

sedébordrientde leurs Canaulx

quelesPeines du Cielsouuriret partelle Impetucfitl.,

,

quelles furpaffoient de 15 couldées toutes les plus haul

tes montalgies de la terre.Le

ftnt4U

comandement de

fin

meufes

citey,,c-

quelquefoiss'est

feu sèmblablement obeif-

Createur.embrasacinqfa-

aufit

leçmistincetinétencédres.L'air

sicorrupu,yeneneuxCinfcCl

trouué

de l'vn

l'autre

en certaines

corne

yn

pénétrant

proutncesyque

en

suffoquéV efleinét

fouldavicmbrafêmétjla

la pluspartdugenrehumain,apresque laifc la ter-

deserte.La

femblablemétyOUkrâtfis

foufpiraux,

leurs ci.

terre

re

aengloutyVneinfinitéde (uperbes C>t(-^aucc

toyens. Encores efl ce peu de tous ces

,voulons considerermtrms

ne

s'enfidm contre

que

lors

pTcdrgt'sJi nom

que lafureur diui

honore

nous

pas

fèsllemenssmatf

en brideyelle ycuit

no^pecbez,elle ne

par

tatyque denous daignerehaftier

afin de nous mieux abaifferyet tenir

les plus puftlles cr db't'fi-{"nimaulx de la terre,

no^yices:Come (e grad

lors

que

les grevoillesy

que

soyes les tyras et bourreaux de Monarque vharaoexptrimenta

moufehes £7 ftuterelles

lit. Et toutamfi

ment efiranges

nous memorer d'autres

que

(7

Vallerentajjailliriu/ques àson

nous auons mis en auant ces châti-

efpouentables, encores en

qui

ne fontpas moins

pourions

efmerueil-

lablesjty indignes d'efirecontéplez,,,d ceulx principale-

ment qui

ont quelque apprehefion des iugemes deDieu:

naifhe descreatures'viues

Corne

quand nous "voyons

entre nous,qui ontdeux

ttfln entées Vliées nftmb/e

envn/èul

deux rameaux

enyn tronc de

arbre.D'autresquifontsi

corpsycomme

bien collées çycymentées l'y

fie ditec l'autre,que

artifice humain

les

paTducun

on ne

peut [rparer. D'Mitresfont

si abominables&diffjy-

mes,r¡u'z!'Z(èmMentauoirefU produises

cotumehede

desparen:

sur terre en

v regret

apprehe-

Natnre,0"perpétuelleinfamie

Le{i¡!leUes choses estans "iuemNIr

dées parlePropbeteO^ée.ds'tfcrie, chapitrencufiefme:

liront esié f.1,dl'Z abominables en leurs amours,

quand Il':\.Il"'mt

(y

Irurs (nfàns, ie les deffruiray,

nourry tellement c¡uldZite deuiendront point hommes. leleur donneray la matrice abortiuei<(j les mammelles tarifs,

leurracine fera d('lfècbée,r(;T nefera plus de fruitl:

lefrutcl de leur

(7 /d'Zengmdrent)ze mettray à mort

entre.ce

quieflpmblablementconfirmépar le Fro-

pbet? Efdrm,cbdpitreS.OU entre les autres cruelles ma-

lédictions3defquellesBabyloneefl menacée

fange,

par

ilest expressement da,qf4e les femmes fouilléesde fang3

enfanteront des Montres. mais

tel^Jecret^eftyn

peu

templé plus à loîirie

fays

parmes

arii,e

le mystere de

par ce que

qu'il Mcrite d'estre con.

que

font peuplées

d'au-

remette refle audifeours

ne

histoires, lefluetles

tres choes,que de relzdccidens etirages,£7"prodigieux

euenemens,defquel^joutes les prouincesdumartdeont esléefpouentéesdepuis la natiuité deïefùschrifl inf- quesanoftre siecle. Ormaintenant (Monseigneur)

que

i'ay combatu auec le labeur, cr qu'tt mon aduis ie fuis

fOrty "'VI[/orleux,zl ne me reste autre chose

le

pour

par-

of-

fait accompliffernent de mes deffeings3que de vous

frir,con/àcrercr deditrcefruiftabortifde

mufes

mes

(Tiufletributdemes peinesyestantnon feulementa-

JlrainBpar beaucoup de particulières obligations,

ietairay pour le present,mais mesmepar

que

lemente d\.

ne infinité d'heroiques "'Vertu'\,. qui "Vous rendentft ad-

finDERl E VXydontaue%jninsvostreorigine, les

qui^fcriuentiCar oultre leping illuflre de

tous

ïancicnemai

mirable,quevouf meritt'{cteftrt célébréde

ceulx

dons excellentdei'eff>rit

çj

de Nature, ynesinguliere

cognoissancedeplusieurs ars V difciplmcSyVne ardente

amytiéqueportent ceulx qui en font profefiiontencores

aue^-vous vne generoflté

(7

adresse aux armes si ef-

(7 deuottonau sèruice

de Voflre

tempsap

merueilla b UyVnetelleaffeftie n

de vostre Princesquilne s'efifaifl

(embléeydrefîéassault de villefaillie ou escarmouche en

Italie ou ailleurs,ou vousne Vous (ôyt'{trouué des pre

miers sur les

telle asseurance (7 mefprts de

con!!,oif!ent,n'esPerent

E.

grandMàreschalD

Croniques

(y An-

rengs,auec

Voflre vietque ceulx qui vous

pointmoins

RIE V

devoustquedece

Xvoflreayeul,Auquelles

nalesredonnentfifouuent les louanges.Une doy fem- blablementen ce lieu pafierfôub^ftlencejes

genereux

exploits O"àSies mémorables de Monjieur du Gué

de Flfle Vofîrefrerejequel vousa accompaignéen tous

'\lOt perilz e trauerfès defirtune, O* a en ce teune

nagedonné tel tesmoignage deluy partout ou lefang

a eflerefpàndu

le sèruice du Prince, qu'il mérité

par ce que

luy prepare,

pour

le

ilmesuffira

present

Çjr

pour

bienque la memoiredesa magnanimité 43vertu ne

ie

d'en

sbitiamais en/tuelie ou extebitfe. Mais

me referueyenquelque œuure

faire plusamplemention,

ie Vous

que

ie

(Monftigneur)de vous supplier d'auoir agreable toeu-

ure que

offre, me/me luy sèruir de defense

fauf-conâuit'.àfinqueflatfortiifédeVvmbre &fplen-

deur de v°'ttmrcifitez e )1ertu"

ilvoleafieurépar

lesplus perilleux deftroifi% denoftre France.

,

fIN.

I.D.R.S .D.

siBretaigne, LAVNAYJ se fent bien honorée

De tes premiers (fêriprsJque chacun àpeu ciy;,

Orei tu luyfais bien meilleure causeauoir

Defêsentir de

plus encor decorte.

toy

TA "Vertu feulementny est pasadmirée,

Mais en tous les endroiél--,que peultapperceuoir

foleilstuat saisi receuoir

œil le

De son

Tes

(fériptimttffinne'{d

peine elabourée.

tout l'vniuers remply de ta memoire

oruuresadmirantja te donne

l'n

despremiers qui le

Si que

Tes

lagloire

mieuxdefeript:

D'dire

2tpuis que me portan/fi bonne affeûion

rendu tien

Tu mas fout

lefetaytousiours tien &

par

obligation,

de corps,ed*eeit.

René de Ricux au S. de

Launay,Boaifiuau,

Mufes tont donné cesse grande abondance,

les

L A V N A Y,deteseferipts,pleins de diuinités

lesa admirables goutté

L'vniue-rs

qui

n'enpeutassezlouer la forcecr Cexcellence,

Tufcais assicomb,e-n tu es louepar

it combien ton

paysyou tu

plaisir,

&

A dbonneurde

De

tauoirdonnénom,vie,

Frànce,

nosguereesle

de félicité

laist

çr

naissance.

Mais ores nous donnant cess cruure de prodiges, Au plus hautain (àmmet de l'immortalité

immortel tu érigés:

Tes cenuresiO' ton nom

Efftfaisefbahir de cesse rarité,

Auecques

la Vertu qui

tesitousiourscompaigne,

lesM.uftsjvniuersjla Frnce)O' la Bretaigne.

DEALISDICTDE

CENAC,

sur les Hiftoircs Prodigicufes du S. de

Laijnay Boaistuau, Sonner.

L'Hercule des

Gregois^quiparsa grand vaillance

hommes 0' les Dieux,

Dou^efoiscflonna les

ij?maintenantla

haulttfxi6i

Citoyendes czeulx,

et

outrance.

Pour anoircombatUyles mon[Ires

Launay tu es aupil'Hercule Je la France,

Et auras quelque tour autant

luy ou mieux,

que

Ayantpar ton fcauoir d'vn bras

Tantde foisabatu le monstre

viûorieux

d'ignorance:

lu as, Launay,tuasdoÛement e (éldrcy

Lepoint quiplus tenoit Vbomme dode enJoucy,

Des Prodiges monfhueux

defermant la nature,

Itas rendu

(t'itom si doux u gracieux,

Quelofe

bien noeiimer,Laiinly,rrodigirux

Ton ('/frit, ton feauoir (7 ta doae eferipture.

LOYS DV LYS AV SEIGNEVR

de Launay,sur les Histoires Prodigieuses.

Ldunty,lontil-morts au tumbeall,

Monpres,les

of/entes)

ceulx Ikjnoncher

Quinous

ontCJtftignilts

fatalsJes

fjr

Les prodiges

Nouspredire

horriblesportentes, monstrer de notices lelféau?

ceulx la yiuront ilz,qui d'vn diuin cerueau Dans telsfignes ont leu les menaffis cuyfdntes,

Les serges du Seigneurdefta toutes sanglantes,

-

Comme dans yn cartclfans en

Etplus

Quitoutcesi

que

tous ceulx là,celtiy

rompre le r¿au

ne doibtil viuret

vmuers de toutdangerdeliurc}

Nf crdbts doncques la mort,toy qui chassè de Francc

Par tes dettes eferipts,tant de yncnflrcufes

voix,

Et qui contrains partœd <ifc rendre auxAbois

De tes

monpres bideuxjemonflre d'ignorance.

B. DE GIRARD.

Tant d'œuttfes. mon LttUnay,Jontnoflre France abonde

Que tant heureusement à leurfin as conduit,

Tragiiq,ton chelidon traduit,

Torr ouurage

Et ce

hure diuin du iheatre du monde,

Auoient affizrQmply toute la terreronde

De ton n-omyqui courant parl'vniuers,rcluir,

d'vn artnouueau, tu nous eusses produit

Sans que

Ces Prodiges remplis de diuinefaconde.

Ha ie me doubtois bien quetuferais,

Launay,

Quelqueœuwe monstrueux en bonneurc,doélrint,

Puis qI/aux premiers tuasefiéftfortuné.

diuins,l'muenrion diuine,

Tu as tes mots

ton effrit de lagrandeur des cirulx,

Et tenant

plus que ton hure encortu es prodigieux.

R.DE RIEVX LAVNEO.

Quœlouis è cerebro metuendis prodiitarmis

Pall,u,mille operum créditaprima Dea t'fl. Prodigiofàquidem res vlim "Vifa3Çed tfhs QuœdasprodigiiSyprodigiofa minus.

Nam dum tu à primis

ferutaris U

eruis

anniç^

Quicquidprodigijpoffe yidere datumefl.

Dum causameuolun^totumque educis in orbem

Quodjîtm Ajjaracœnomma prima domus.

Qujd nonprodigio mdiusgrduiufque relmquis,

Ingeuij prodens

lumind viud tUI?

louisilld

patlasJnmsi

Concédât

putdtd

Nata fuit,n"tUl prodigto/Ju eris.

B. G. HALHANIIAD

Launarum.Boaistuau.

Qui munit celfô yitkmqueyhomintfque ibcdtro

aaor

Egityffiettacli qui

a duflor erar:

Qutque chtlidoniunI,Regt's prœccptddocentem

Vite,rcgnxndïq

ne,impertique modu m:

Q.!!jtragi'primw

fcripftt sermonefc luto

Historias,trdfricis dans fusVerbd tonis:

En flu.fjq,tt$t4C[ue en fcmper prodtgusdrtis

Vroiigix hxcVdrio lefldIdborefrémit.

Trodigiifymonflri^portentd^oftentaqueiungk,

ftgtorumnomen}*y omen htlbent.

Et qu

Et dumprodtgid bac defcribitmmftraqucjnonârdt

Et mondrum ingcni\,prodigitîmque fut.

Ommaque bttc fcrtbens fthi magniestnommisomen, MaiusprodigtuO" ftbt prodigium.

IOSEPHVS SCALIGER,

P. Launaro.

Non tgiturUdturdpotefly Ldun<te,iubere

SoU nouis mirdm rebussdeSt fiarm.

Quécndoquidemvna nouis dudet se tollcre lingud

Ld.udlbUl,elot¡tlqsida miniftid tui.

Qujppe immenft cdnens,mirdndkquc fatlcrd-rerum

Non potuit tait:i pdrtc cdrere loci.

siqudHtdednitjothdbet mifdculd vock,

QUdt

EttothOJtorat pignora landecapit:

honos Naturtt mira pdrentis

Cetera, qudntus

Supra

naturce munerdpoffe loquil

C. ROILLET BELNENSIS,

Launxo,Boaistuau.

Quoi vhrygium A Çdrdcumnojlrdbxcquoque tempo"

rd norunr,

Doftorutn effecit curdjaborque virum.

zritonis sffamci proles quodse efferatj'vt fit am populus prafènSjpofteritafqtie legdt

Quamfie

do£lrin<e>vtdo£lorumagnofeat amantem.

ld,ldun<ice,tudyfoce,manuque ftcis,

Qtûdum Prodïgusvaritsferiptd aurra comples,

Quœpexna foluinon

te

me-tuente-volent.-

notior

olimy

AfFsYdCIUfit

Sic VDllt.)11t

Tu

quoquefis diffo notiorAffaraco.

Non dliter

Pelides

Graco

notas

Homeroy

Non Vehd<£ dliternotas Romcrus agit.

ADVERRISSEMENR

duleé/eur.

Eâeur,ault que péné-

trer plus auant

ennoj

que

ic

difeours prodigieux,ie

teveulx aduertir

n'ay

este contét de

pas

fueillctcr plusieurs au-

theurs

recher-

,pour

cher si i'y

pourroistrou

uer quelque chose de

cftranee.admira-

ble & conforme à mon fubiecfctmais d'abondac

rare.

i'ay voulu lire

grande curiofitc tous les au-

efeript quelques traiebz

par-

Côme vn Ioachimus Ca-

par

theurs quiauoient

ticuliers

des prodiges:

merariuSjPolydorus Virgilius,Iulius

Cardanus en

Obfequens

fon-14.liure,Devarictatererum,

Gafparus Pucerus en ses Commentaires De diui

natione,Iacobus pturlefquelz ont

ceste mesme miticre:mais sur tous autres,ie fuis

grandement redeuable àConradus Lycofthenes

Rubeaquenfis, lequel oultre la dodtrine qui l.uy

est cômune auec les

tous ceulx qui l'ont precedé,en labcur,& diligé.

Ruoffus

ses liures De

en

conce

tous dottemét traia en Latin

encores a il surpasse

autres,

ce.Et afinque ie ne me fraude moy-mesme de ce

qui m'dl:

foulagé des doétes

dtu,côbien que i'aye elle grandement

que

Latines delTiis

œuures

nom-

i'aytrai&cbeaucoupd'histo:-

mez,ficft-ce

res,de(quelles ilz n'auoient faict aucune mentio

cfctits:mesmes

leurs

ayrédu

laraifon desPro

en

diges,ce queie n'ay encoresobferué auoireftc

faitt d'aucun

supplie préds

Partant (leéteur) ie te

en gré ce mie labeur,& le

auantmoy.

encores

auec tel tesmoignage de beneuoléce,

reçoy

que

tUassaid

nozceuuresprecedentes. Eti'cfpere,

de Dieu, te faire veoir en brief en

auec la grace

nostre langue,la Cité de Dieu de S.Augustin, la-

quelle jerraiéteray

a

d'vn ftilleplus serieux,

par

gra-

ue,solide,& mieux élabouré,que ce traité d'Hi

iloires,lequel

estétant précipité

les Impri-

meurs,qu"ilz lem'ôt presque arraché des mains.

Au resse(leéteur)

laisse

expres

ic te veux aduertir

que i'ay

propres

couftu-

que

grand nombre de noms

Latins en leur languefeontre la

Grecz &

me deceulx qui efcriuentauiourd'huy) afin

ceulx qui voudront conferer le Latin auec le

t

François de quelques autheurs

en

recouurer chezlesImprimeurs & Libraires.

ie cite

rares que

mô œuure,pui£f'ent

moindre

labeur les

auec

FIN.

IAQJ/ES GREVIN

ODE DE

DE CLERMONT, AV

SEIGNEVR.DE LAVNAY

CE L V Y qui d'vne main foigneufc

Append le doux fruiét de ses ans

Aucc la

Des plus afleurez courtisans,

desireuse

trouppe

Qui ont d'vne courre premiere

Franchy le sentier peu battu,

Pour dans

vne

Cherirlesfilles

longue carrierc

de vertu.

Celuy qui

d'vn grand cœur mesure.

Tesvers,

laRithmede

Auec

Le beauchef-d'oeuurc

Nature

que

Monstra batissant l'vniuers:

Ou qui

le fil d'vne histoire

par les failli plus merueilleux

Poursuit

Dont la veritable memoire

Se chargea des les lîedcs vieux;

Ccluy certes,se renouuelle

Vne autre vie Que iamaisla

aptes

sa mort,

Parque cruelle

Ne

Ou

tirer sur le bord,

pourra

les vndes obliuieufcs

De l'impetueux Acheron

Emportent les vmbres poureufes

La part ou lcsconduidt Charon.

Ce grand De mon, ce vieil Homère Immortel, delaissason

corps

Auec la commune misere

Fidele compaigne des

morts,

Pour voler iufqu'à noz oreilles,

D'aage

Le douxneétar de fesmerueilles

renouuellant

enaage

Qujl va dans noz cœurs distillant:

Pourauoir discouru Tenuie

Et leflambeau,quifift

Toute l'Europe encontre armer Afie,

Et les

orages de la mer,

faidt

vaguer

dix

Ou il a

Vliffè

Comme banny

ans entiers,

Luy grand Prince

exerçant l'office

Des mifcrables mariniers.

Ainsi toy

par ta

preuoyance

Tu te bastis en tes

eferipts

Vne eternelle demourance

Auecques ces diuins esprits,

Que d'autant def-ia tu surpasses

Qi.ell: admirable le proieét,

Sur qui

doétement

tu

compares

Lebeaudesseindetonfubicâ.

iCar c'est luy qui

|

t

î

fera viure

te

Tant qu'on verra les branflements

Des

cejeftes Pcntl'eCuyureJ

corps

Tant

qu'on verra les clements

Et les diuerfes sympathies

Des

Renouueller dix mille vies,

culbutants de trauers

corps

Dans le vague de l'vniuers.

Bien

l'heure,noffre France

defpiter

que pour

Ingrate,

semble

Cculxqui d'vne brauc aflfeurance

Or fodforcent de resister

Aux efforts de la Parque fiere,

Qui nous ferrant soubs le fardeau

Dont noftrc vie est heritiere

Cache vn beau nom dans le tombeau.

Bien qu'vneBrigide eshontée

De badins,de sotS,d'ignorans,

Se voye

Aux

plus

fouuent

montée,

ou font afpirans:

degrez

Ceulx }¡l,qui forgent dans la teste

De leur auare volonté,

Les despouilles & la conqueste

Que iamais ilz n'ont merité.

Bien qu'ils soient des premiers,li est-ce

Que le

moins fauorifé

temps

ce

Regrette

qu'en sa icuneffc

Trop ignare il a dcfprifc:

Et ia commence à se dcfplaire, Prisant d'auantage tous ceulx Qui plus heureux ont sceu parfaire Le chemin pour monter aux cieulx.

Pourfuys doncq,dc Launay,cestœuure,

Dont tu as

mis le fondement,

dosse nous a faitt prcuue

Et qui

Du reste de ton iugement:

Poursuis-le,& penseque la France,

la,d'ef-ia defsillant ses

yeux,

Commence à chasser l'ignorance

De qui Parmoient les enuieux.

Que te puissé-ie,afin de viure

Entre les mains des plus fsauants,

Dedans ce beau sentier enfuyure,

Pour monstrer à ces ignorants,

Ennemis des dons

Mercure

que

Et les Mufes

Ce

que

Plus

ne m'ont

caché,

dansle

fein de Nature

curieux i'ay recherché.

LVDOVICVS LILIVS

P. Luntto, Boaiflwau.-

qualis ab otio

Viden7tnolefti

Audace tentans lucis iter via,

Launxe,non

parua decorem

aucupetur,

Laude tuus labor

Iuflîis fuperbi pignore przmij

Sperare duris funétalaboribul

Momenra,velocérnque famam

Auxilio melioris Aurx?

Non ille molles fallere conscius

Opinioncs:hoc animus vetat

Et cerrus,& solers modefli*

Fada fcqui mcliora vcrbis.

Vindex malignar lnudis, & inuidcnji

Danti finiltris iudiciis fidcm.

Er(luIraperucdi)tlupcnti

Scilicet ingcniispopello.

Nunc monstra Gcclorumauribus offerenf

Monflris

petituin

percipies dccus,

ÆrcrnirarÎsimpcriro

Immeritum obfoluiflc fcclo.

Hoc cana Grclis sarra perennibus

Vcro

tloquio

vcher,

pcrauras

Nonrurpibusmcndaciorum

Opprobriis mctucme vinci.

Nec ista folùmrmaius adhuc feres, Non iam miniftrans prodigiis

dccus,

Scd

naturarminifter

nempe

Prodigij

dccus vniucrfu

TABLE DES MATIERES

contenues au traidé- des histoires Prodigieuses.

-

N la

hidoire font

premiere

contenues

de 54.

quelquesProdiges3Villtjfeons

tlxw.

In

1.1.3.4

dcnxiefme,les ires,fléaux 0.

en

uoyéesfur la mi

la

nudediûiosde Dieu,

grôphetted\itpai/anr.4

ftrabie

ciré de

"ur lesattirerapenitence, mesme

vncprediBion,

Hierufaiem^uecplusieurs aduertiffemes

C7*

6

la

troifieline

il estfaiEl

mention deplufieurs

En

dePyinces,&^ad^eigneurs^ueclamortprodigieux Je a-vn Koy de Poloigne C7 d'vn brcheuefque de Ma-

itnct'.

7.8.10.11

morts

in la 4. e(ideferipre

Fbrfloire de Ndbuchodonofor,

vhilofophquepar I, quele(lmontré

11 12. O"13

1

lescatt

16

dUtc",ndzfcourr

en

quel perilfontceulx qui comandent.

Iniacinquiesmefont dtcLaréesfùccinBemét

fèsprincipalesdelà génération des monfbres,auec plu

peurshiflairesmémorablesacepropos.

A u chapitre 6.efl racomptée

hifloire notable de

yne

ieuxfUlesengendrées de nofire

tfmpsJfjui cfiaientcol-

léesenfèmblepar les Lelfes.

17.18

Si les

diables

concruoirauc-c Chifîoire d'vn

noflretemps.19 20 11.11.

meres

peuuent

horriblemo-heengendréde

<

\nenfanttiré VIfdu yêtre desa

laquelle,efloit

mortedepui6deuxjours) duecpleurshlftoircs des

fouldrestempefles.

Letonoirreentrât

21.z3.z4.iy.

qui efloit 4

par la bouche d'vne fille

cheualjuy feififornr

la langue parsêspartieshoteufei

UifloireVrodigieufè d-vn homme quidenoftreteps

se Uuoit la face crles mains de plombfondu,

18.

Enfantcrucifié farlesluifeauec quelques autres !

hiftobres des Ladres,qm empoijlnnerent les Fontaines,

Cr Puuauecquesrulx.

31

DelugeSyîf cruelles inundationsd'eauxaduenues

denofbretemps.

34

Prodigieujêmort de pline, uec les causes

A

des flam-

terre.$6

mes qwfortent des entrailles de la

L'JEuct' dudiable qui feifi précipiter"V» cheuaher

goujfrefoubzle prétexté drdeliivrerfon

35

Romain en vn

pays

detribulttion.

L'histoireprodigieufî dvnt fille quiauoit deux ff-

stes (7 nauoit quym corps.

Histoire prodigieuse

apparutkfamtt Antoine

41

d'y'n homme monfirueux qui

au

defert.

44

47

Histoires mémorables des pierresprecieu/és.

Hiûoire admirable de deux Vtirtceffes faulcemet AC

cuféesjlefqudles ne peuret estreendomagées du feu.54

Vrodigesde la mtr,ou il efffitiû mention des mon-

fîtesmarins, Nefcides)^yrenes^lxutons3poiJfons~X>olas,

C autresmontresaquatiques.

17

VouitrdiEl d'vneefpece de poisson "Volant, ou autre

montre aquatique, figuréfur celuy quiefhau cabinet

du seigneur

DafTerac.

60

Prodige des cbiés qui mageoiêtleschrefîtes.67.6Z

Vourquoy on Voyt quelquefoisplufjeitrsSoleil^ an

Cielyou

plusieurs Lunes, auec la cause ty pgtification

69

des Comettt's.