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spécial marathon des mots, à toulouse Tournée descafésbeyrouthins du 25 au 28 juin La capitale
spécial marathon des mots, à toulouse Tournée descafésbeyrouthins du 25 au 28 juin La capitale
spécial marathon des mots, à toulouse Tournée descafésbeyrouthins du 25 au 28 juin La capitale
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spécial marathon des mots, à toulouse Tournée descafésbeyrouthins du 25 au 28 juin La capitale

spécial marathon des mots, à toulouse

Tournée descafésbeyrouthins du 25 au 28 juin La capitale libanaise est, comme Damas, à l’honneur
Tournée descafésbeyrouthins
du 25 au
28 juin
La capitale libanaise est, comme Damas, à l’honneur à Toulouse. Rencontres avec ses écrivains
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| 4
Quatre pages
autour du
Liban et autres
points forts
du Marathon
des mots
 Reportage
à Beyrouth
laure stephan
correspondance de Beyrouth
 Entretien
avec l’essayiste
I ls vont souvent parler de leurs li­
vres en France, ils les y publient
même, qu’ils soient rédigés en
français ou traduits de l’arabe.
Certains y ont étudié ou vécu pen­
dant leurs années d’exil, du temps
et éditeur
franco­syrien
Farouk
Mardam­Bey
Rencontre
avec l’anthro­
pologue Alban
Bensa, coauteur
des Sanglots de
l’aigle pêcheur
de la guerre (1975­1990). Mais leurs amar­
res sont à Beyrouth, ou en tout cas non
loin de la ville, de ce côté­là de la Méditer­
ranée et de sa lumière magique. Bey­
routh est l’écrin des souvenirs d’enfance
ou des années de jeunesse, des séjours au
long cours ou des vacances arrachées,
des désillusions adultes, des joies aussi.
Ils s’y font surprendre par le cocasse, ils
puisent dans son énergie. Ils en connais­
sent le tumulte et les déchirements. Bey­
routh leur a montré ce que le déferle­
ment de la violence veut dire.
Confessons­le : pour cette balade bey­
routhine aux côtés de Jabbour Douaihy,
Charif Majdalani, Hyam Yared, Alexandre
Najjar ou encore Diane Mazloum, nous
n’avons pas arpenté les rues de la capitale,
aux trottoirs parfois absents ou trop en­
combrés. Nous nous sommes assis dans
l’ombre des terrasses de café ou en salle,
dans les senteurs de limonade et de marc
de café, pour contempler et entendre la
ville­phénix au rythme des mots des cinq
romanciers. Ils participent, avec d’autres
écrivains libanais, installés pour leur part
en France – dont le Prix Goncourt Amin
Maalouf ou le grand poète Salah Stétié –,
au Marathon des mots, à Toulouse, du 25
au 28 juin. Beyrouth et Damas y sont à
l’honneur. Deux villes que la tragédie de
la guerre, passée ou présente, n’est pas
seule à rassembler. Deux capitales voisi­
nes, « deux villes jumelles qui auraient dé­
vié alors qu’elles parlent la même langue
et partagent la même cuisine », constate
Charif Majdalani, le conteur des sagas fa­
miliales. Une femme nous rejoindra – à
distance, depuis Paris – dans cette pro­
menade, la journaliste franco­syrienne
Hala Kodmani, elle aussi conviée au Ma­
rathon des mots. Elle qui a « commencé à
ET AUSSI
5
Traversée
Les affres
du « je » en trois
romans
6
« Voix de
femmes »
L’historienne
Mona Ozouf
se trouvait
sur la scène
de l’Odéon­
Théâtre de
l’Europe
Jabbour Douaihy,
près de la place des Martyrs,
non loin du Lina’s de Beyrouth.
MARIA TURCHENKOVA
POUR « LE MONDE »
aimer Damas avec la révolution syrienne »
et pour qui Beyrouth fut longtemps la
« ville chérie ».
C’est dans un café Lina’s du centre­ville,
au cœur des ruelles de la reconstruction
qui divise tant les Libanais – luxe fanto­
matique ou renaissance ? –, que Jabbour
Douaihy nous a donné rendez­vous. Il
aime écrire – il est le seul de ces cinq ro­
manciers libanais à le faire en arabe –
dans les cafés modernes, ces enseignes
anonymes « qui se ressemblent, et où le
mobilier est identique. Dans les cafés tra­
ditionnels, on vient pour parler, fumer,
jouer au trictrac. La seule activité intellec­
tuelle autorisée est de lire le journal. » « Un
type comme moi ferait parasite ». On rit
beaucoup avec ce romancier à l’humour
corrosif. Il écrit pourtant sur un sujet
grave : celui du temps qui a été et ne re­
viendra plus. Il campe admirablement
les ambiances.
7
Littérature
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Aharon
Appelfeld,
p r i è r e
d ’ i n s é r e r
Gilles Lapouge
jean birnbaum
8
Riad Sattouf, une Syrie de rêve
D ans ce
livre ma­
gnifique
auquel il faudra
souvent revenir
et qui s’intitule
Une enfance de
rêve (Flamma­
rion, 2014),
Catherine Millet pose une
question toute simple :
que sait­on du mal à 5 ans ?
Pour y répondre, l’écrivaine
s’en réfère notamment aux
images, et compare la façon
dont petits et grands se
tiennent devant un appa­
reil photo : « Au contraire
des adultes qui souvent ont
une pose en retrait (…), les
tout jeunes enfants ont une
attitude qui les projette, le
regard droit dans l’objectif
comme s’ils voulaient adhé­
rer à la surface de l’image. »
Cette adhésion est une
forme de vision, une
confiance, aussi, qui vaut
d’abord conscience. On le
vérifiera encore avec le
deuxième tome de L’Arabe
du futur (Allary, 160 p.,
20,90 €), dans lequel le
dessinateur et réalisateur
Riad Sattouf revient sur son
enfance en Syrie, au milieu
des années 1980. Prenant la
suite d’un premier tome
qui se passait en Bretagne
puis en Libye, et qui a été
récompensé par le Fauve
d’or du meilleur album au
festival d’Angoulême, ce
volume ne décevra pas les
très nombreux lecteurs
que le précédent a déjà
bouleversés.
On y retrouve la même
tendresse lucide, cette ma­
nière de concevoir l’en­
fance comme quête de vé­
rité. Tandis que Catherine
Millet posait la question du
mal sur la scène des cruau­
tés familiales, Sattouf décrit
un écolier de 6 ans con­
fronté à la perversion poli­
tique, telle qu’elle s’empare
des mots et des corps. Dans
la cour de récréation
comme parmi les ruines de
Palmyre, partout la vio­
lence double l’émerveille­
ment. Sous les coups de la
maîtresse comme dans les
hantises des enfants (ne
pas passer pour un faible, et
surtout pas pour un juif),
la jeunesse se meut en une
candeur surmontée.
Et pourtant, si l’enfant ad­
hère aux images, c’est pour
mieux les déchirer. Images
roses qui jouent parfois
avec les couleurs du dra­
peau syrien, comme pour
dévoiler ce pays où le prési­
dent, candidat unique, est
régulièrement réélu avec
100 % des voix. Page après
page, conquis par l’im­
mense sensibilité et l’hu­
mour poignant qui empor­
tent le trait de Sattouf, nous
apprenons nous aussi à
adhérer pour démystifier.
Renouer avec le regard de
l’enfance, ici, c’est retrouver
la simple exigence d’une
souveraine lucidité. 
 Le feuilleton
Eric Chevillard
danse avec
les baleines
de Nicolas
Cavaillès
9
Enquête
De Marignan
à
Waterloo,
écrire l’histoire
des batailles
10
Rencontre
Isabelle
Autissier

Cahier du « Monde » N o 21903 daté Vendredi 19 juin 2015 ­ Ne peut être vendu séparément

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