1

Le corps R des nombres réels
1.1

Construction de R à l’aide des suites de Cauchy de
nombres rationnels

On explique brièvement dans ce paragraphe comment construire le corps R des nombres
réels à partir du corps Q des nombres rationnels.
L’ensemble N des entiers naturels peut être construit à partir de la notion de cardinal dans
le cadre de la théorie des ensembles. Après avoir étudié la théorie des groupes, on construit
l’anneau Z des entiers relatifs par symétrisation puis le corps Q des nombres rationnels est
construit comme le corps des fractions de Z.
Le corps Q étant totalement ordonné, on peut définir sur cet ensemble les notions de valeur
absolue, de minorant, de majorant, de borne inférieure et de borne supérieure.
On note Q+ [resp. Q+,∗ ] le sous-ensemble de Q formé des nombres rationnels positifs ou nuls
[resp. strictement positif].
Dire que M ∈ Q est la borne supérieure d’une partie non vide X de Q signifie que M est le
plus petit des majorants de X, ce qui se traduit par :
½
∀x ∈ X, x ≤ M,
∀a ∈ Q tel que a < M, ∃x ∈ X | a < x ≤ M
et on note M = sup (X) . Il n’est pas difficile de montrer l’unicité d’une telle borne supérieure
quand elle existe.
¾
½
1

|n∈N
de
Exercice 1.1 Montrer que 0 est la borne supérieure du sous-ensemble X =
n
Q.
Solution 1.1 ♠♠♠
Exercice 1.2 Montrer que le sous-ensemble X = {r ∈ Q | x2 < 2} de Q n’a pas de borne
supérieure dans Q.
Solution 1.2 ♠♠♠
Le but de ce chapitre est de donner les principales idées qui conduisent à la démonstration
du théorème suivant.
Théorème 1.1 Il existe un corps totalement ordonné R qui contient Q dans lequel toute partie
majorée non vide admet une borne supérieure.
3

si X est un ensemble non vide. Définition 1. où λ est un rationnel strictement compris entre 0 et 1. |rn − r| < ε.4 Montrer que la suite (rn )n∈N de nombres rationnels définie par r0 = 2 et rn+1 = 1 est de Cauchy.4 Le corps R des nombres réels Un tel corps est unique à isomorphisme près. On vérifie également par récurrence que rn > 1 pour tout n ∈ N. on vérifie facilement qu’une suite convergente est de Cauchy et qu’une suite de Cauchy est bornée. Exercice 1. alors la suite (rn )n∈N est de Cauchy. ∃n0 ∈ N | ∀n ≥ n0 . ∃n0 ∈ N | ∀n ≥ n0 . ♠♠♠ .∗ .2 On dit qu’une suite (rn )n∈N de nombres rationnels est de Cauchy si : ∀ε ∈ Q+. n→+∞ Exercice 1. En utilisant l’inégalité triangulaire dans Q. ce qui implique que (rn )n∈N est 2 2 de Cauchy. n→+∞ Définition 1. On rappelle que.3 Montrer que si (rn )n∈N est une suite de nombres rationnels telle que |rn+1 − rn | ≤ λn pour tout n ∈ N. Solution 1. En cas de convergence il y a unicité de la limite et on écrira lim un = ` ou un n→+∞ → `.1 On dit qu’une suite (rn )n∈N de nombres rationnels est convergente s’il existe un nombre rationnel r tel que : ∀ε ∈ Q+. |rn − rm | < ε. 1+ rn Solution 1. L’ensemble QN des suites de nombres rationnels est un anneau commutatif unitaire pour les opérations classiques d’addition et de multiplication. ∀m ≥ n0 . alors cette suite est de Cauchy. que s’il existe une suite (εn )n∈N de nombres rationnels convergente vers 0 telle que |rm − rn | < εn pour tous m > n.∗ . mais non convergente dans Q. Il en résulte que rn rn+1 = rn + 1 > 2 pour tout n ∈ N et : ¯ ¯ ¯1 ¯ |rn − rn−1 | 1 1 ¯= |rn+1 − rn | = ¯¯ − < |rn − rn−1 | ¯ rn rn−1 rn rn−1 2 1 1 pour n ≥ 1 et par récurrence |rn+1 − rn | < n |r1 − r0 | = n+1 .4 On vérifie par récurrence que cette suite est bien définie et à valeurs dans Q. On vérifie aussi facilement.3 Il suffit d’écrire pour m > n : ¯m−1 ¯ m−1 ¯X ¯ X ¯ ¯ |rm − rn | = ¯ (rk+1 − rk )¯ ≤ |rk+1 − rk | ¯ ¯ k=n k=n m−1 X λn ≤ λ < 1−λ k=n k → 0. alors une suite d’éléments de X est une application définie sur N (ou une partie de N) à valeurs dans X. On note usuellement u = (un )n∈N ou u = (un )n≥n0 une telle suite. à partir de la définition.

Les suites réelles seront étudiées en détails au chapitre 3.6 Montrer que. Supposons qu’elle soit convergente vers un rationnel r = positifs premiers entre eux. Pour m > n > 2. on vérifie facilement que c’est un sous-anneau de QN . le nombre p où p. L’application i qui associe à un nombre rationnel r la classe de la suite constante C C égal à r dans réalise une injection de Q dans . C est un corps On vérifie alors que Z est un idéal maximal de C et l’anneau quotient R = Z commutatif. on a : µ ¶ m X 1 1 1 1 |rm − rn | = = 1+ + ··· + k! (n + 1)! n + 2 (n + 2) · · · (m − 1) m k=n+1 µ ¶ 1 1 1 1 1+ ≤ + + ··· + (n + 1)! n + 2 (n + 2)2 (n + 2)m−n−1 n+2 1 1 1 ≤ ≤ 1 = 2 (n + 1)! 1 − n+2 n (n + 1) n! ce qui implique que (rn )n∈N est de Cauchy. q sont deux entiers strictement q pn = n! (r − rn ) = n! lim (rm − rn ) m→+∞ est un entier strictement positif avec : 0 < n! (rm − rn ) ≤ n+2 1 2 ≤ 2 (n + 1) pour m > n ≥ 2. Pour tout n > q.5 On vérifie facilement que cette suite est bien définie et à valeurs dans Q. Le fait que C est stable pour la multiplication se montre en utilisant fait qu’une suite de Cauchy est bornée. ce qui permet d’identifier Q à i (Q) . mais non convergente dans Q.5 Montrer que la suite (rn )n∈N de nombres rationnels définie par rn = de Cauchy. La suite (rn )n∈N est donc non convergente dans Q. On vérifie ensuite que dans R toute partie non vide majorée dans R admet une borne supérieure et que toute suite de Cauchy dans R est convergente.Construction de R à l’aide des suites de Cauchy de nombres rationnels Exercice 1. Exercice 1. 5 n 1 P est k=0 k! Solution 1. mais nous en utiliserons quand même quelques propriétés de bases connues du Lycée. On consultera le livre de Doukhan et Sifre (Cours d’Analyse chez Dunod) ou celui de Boualem et Brouzet (La planète R chez Dunod) pour plus de détails. . Le sous-ensemble Z de C formé des suites qui tendent vers 0 est un idéal de C (là encore on utilise le fait qu’une suite de Cauchy est bornée). mais non convergente dans Q. la suite (rn )n∈N de nombres rationnels n P 1 définie par rn = est de Cauchy.6 ♠♠♠ En notant C l’ensemble des suites de Cauchy de nombres rationnel. pour tout entier a ≥ 2. ce qui implique 0 < pn < 1 dans N qui est impossible. k2 k=0 a Solution 1. Z Z On peut alors munir R d’une relation d’ordre total compatible avec la structure de corps.

Supposons que X admette deux bornes supérieures M et M 0 avec M 0 < M. alors 0 est le plus petit élément (et donc la borne inférieure) et 1 est la borne supérieure de X. Exemple 1. sup (X) ∈ X] on dit aussi que c’est le minimum [resp. Théorème 1. Dans le cas où X est une partie finie de R. Prenant ε = M − M 0 .2 Si X admet une borne inférieure [resp. max (X)]. maximum] de X et on le note min (X) [resp. mais cette borne supérieure n’est pas dans X. On procède de même pour la borne inférieure.2 Le corps R des nombres réels La propriété de la borne supérieure On peut définir sur R les notions de minorant. majorant. +∞[ n’a ni plus grand élément ni borne supérieure. Définition 1.2 X = [0. Les définitions étant analogues à celles données sur Q. Si inf (X) ∈ X [resp. ∃x ∈ X | m ≤ x ≤ m + ε (ce qui peut se traduire en disant que m est le plus grand des minorants de X). borne inférieure et supérieure. m ≤ x On dit qu’un réel M est un majorant de X si : ∀x ∈ X. ∃x ∈ X | M − ε < x ≤ M (ce qui peut se traduire en disant que M est le plus petit des majorants de X). Dans ce cas de figure. on peut donc noter m = inf (X) la borne inférieure de X et M = sup (X) sa borne supérieure. sup (X)] est le plus petit [resp. ces bornes étant des éléments X. plus grand] élément de X. Dans les définitions qui suivent X est une partie non vide de R. On rappelle que la valeur absolue d’un réel x est définie par : ½ x si x ≥ 0 |x| = max {−x. sup (X)] est le plus petit [resp. sup (X)] existe et est dans X. La borne inférieure ou supérieure de X quand elle existe n’est pas nécessairement un élément de X. L’ensemble X admet donc au plus une borne supérieure.3 On dit qu’un réel m est un minorant de X si : ∀x ∈ X. on dit que inf (X) [resp. on dit alors que inf (X) [resp. on le note aussi min (X) [resp.1 Si X = [0. Si inf (X) [resp. on peut alors trouver x ∈ X tel que M 0 = M − ε < x ≤ M. Démonstration. x ≤ M On dit qu’un réel M est une borne inférieure de X si M est un minorant de X et si : ∀ε > 0. En cas d’existence. Exemple 1. supérieure] cette dernière est unique. On dit qu’un réel M est une borne supérieure de X si M est un majorant de X et si : ∀ε > 0. plus grand] élément de X. ce qui contredit l’inégalité x ≤ M 0 . max (X)]. 1[ . ses éléments peuvent être rangés dans l’ordre croissant et l’existence des bornes inférieure et supérieure est assurée sans référence au théorème précédent.6 1. il n’y a donc pas de plus grand élément. x} = −x si x < 0 .

On dit qu’une partie de R est bornée si elle est minorée et majorée. inf (B))  A ⊂ B ⇒ inf (B) ≤ inf (A) et sup (A) ≤ sup (B) .4 Toute partie non vide minorée [resp. b) est la borne inférieure de l’intervalle a+b d’extrémités a.7 Montrer que pour réels a et b. Les bornes inférieures et supérieures d’un ensemble peuvent aussi s’exprimer comme limites de suites de points de cet ensemble. Théorème 1. Plus généralement. α] . les équivalences suivantes sont bien utiles : |x − x0 | ≤ α ⇔ −α ≤ x − x0 ≤ x ⇔ x ∈ [x0 − α. La construction de R esquissée au paragraphe précédent permet de montrer le théorème suivant que nous admettons.3 Si X admet une borne inférieure [resp. on peut trouver un élement xn de X tel que M − n+1 on déduit alors que M = lim xn . majorée]. on a :    max (a. B sont deux parties non vide et bornées de R. 2 Solution 1. Pour tout entier 1 < xn ≤ M. max (a. supérieure]. x0 + α] ou encore : |x − x0 | < α ⇔ −α < x − x0 < x ⇔ x ∈ ]x0 − α. b) la borne supérieure et le milieu de cet intervalle.8 Soient A. on peut alors trouver pour tout entier n ≥ 1 un élément xn de X tel que xn > n. b) = − 2 2 On peut retenir ces égalités en remarquant que min (a. x0 + α[ Exercice 1. on notera inf (X) = −∞ si X n’est pas minoré. n→+∞ Si un ensemble X n’a pas de borne supérieure. b) = a + b + |b − a| 2 2 a + b |b − a|   min (a. b. Exercice 1. majorant] est dite minorée [resp. Cette caractérisation est souvent utilisée. Une partie de R qui admet un minorant [resp. Démonstration. sup (B)) inf (A ∪ B) = min (inf (A) . supérieure]. Une partie X de R bornée admet donc une borne inférieure et une borne supérieure et on a inf (X) ≤ sup (X) . Montrer que :   sup (A ∪ B) = max (sup (A) . M = sup (X)].La propriété de la borne supérieure 7 et la majoration |x| ≤ α est équivalente à −α ≤ x ≤ x ou encore à x ∈ [−α. il existe alors une suite (xn )n∈N de points de X qui converge vers m = inf (X) [resp. De manière analogue. majorée] dans R admet une borne inférieure [resp. De cet encadrement naturel n. Supposons que X admette une borne supérieure M. La suite (xn )n≥1 diverge alors vers +∞. Il est alors naturel de noter dans ce cas là que sup (X) = +∞.7 Laissée au lecteur. Théorème 1.

ce qui nous donne z = x + y ∈ A + B tel que : 2 M + M0 − ε < z ≤ M + M0 Le réel M + M 0 est donc la borne supérieure de A + B. on a C = C1 ∪ C2 avec : ½ ¾ ¾ ½ 1 1 ∗ C1 = 1 + | p ∈ N .8 Le corps R des nombres réels Solution 1. L’ensemble B étant contenu dans [0. 1] est borné.9 Si A.10 Déterminer. il en résulte que 1 = sup (B) et B n’a pas de plus grand n n élément car 1 ∈ / B. on a 0 = min (B) . on a x ∈ B et inf (B) ≤ x ≤ sup (B) . il en est alors de même de A + B et : sup (A + B) = sup (A) + sup (B) Solution 1. Il en résulte que 1 est la plus grand élément (et donc la borne supérieure) de A. On montre de manière analogue que inf (A ∪ B) = min (inf (A) . soit x ∈ B et x ≤ sup (B) . En séparant les entiers pairs des entiers impairs. L’ensemble B est majoré par 1 et pour tout réel ε > 0 on peut trouver un entier n ≥ 1 tel que 1 1 1 − ε < 1 − < 1 avec 1 − ∈ B. y) ∈ A × B. Si x ∈ A ∪ B. Exercice 1. Exercice 1.8 Supposons que sup (A) ≤ sup (B) . on définit l’ensemble : A + B = {x + y | x ∈ A et y ∈ B} Montrer que si A et B sont majorés. Comme 0 ∈ B et minore B. Pour ε > 0 donné. Comme pour tout réel ε > 0 on peut trouver un entier naturel n tel µ ¶ 1 que 0 < 2−n < ε (c’est équivalent à n > log2 ). on déduit que 0 est la borne inférieure de ε X. ce qui entraîne. on a : z = x + y ≤ M + M0 L’ensemble A + B est donc non vide majoré et en conséquence admet une borne supérieure ε M 00 ≤ M + M 0 . inf (B) ≤ inf (A) et sup (A) ≤ sup (B) . si elles existent les bornes inférieure et supérieure des ensembles suivants : © ª A = 2−n | n ∈ N B = [0. 0 est un minorant de X. on peut trouver x ∈ B ⊂ A ∪ B tel que sup (B) − ε < x ≤ sup (B) . Tous les éléments de A étant strictement positifs. B sont deux parties non vide de R.9 Notons M = sup (A) et M 0 = sup (B) . Pour tout x ∈ A. Pour tout réel ε > 0. inf (B)) .10 On a 20 ∈ A et 2−n ≤ 1 pour tout n ∈ N. on peut trouver x ∈ A et y ∈ B tels que M − < x ≤ M 2 ε et M 0 − < y ≤ M 0 . 1[ ∩ Q ½ ¾ 1 n ∗ C = (−1) + | n ∈ N n Solution 1. On a donc sup (A ∪ B) = sup (B) . Pour tout z = x + y avec (x. par définition des bornes inférieure et supérieure. on a soit x ∈ A et x ≤ sup (A) ≤ sup (B) . C2 = −1 + |p∈N 2p 2p + 1 . Supposons que A ⊂ B. il en résulte que sup (A ∪ B) ≤ sup (B) .

na > b. De ce théorème on déduit le résultat important suivant sur l’existence de la partie entière d’un réel. il existe alors pour tout réel ε > 0 une infinité d’éléments de X dans l’intervalle ]M − ε. sup (C2 ) = 0 ∈ C1 . Théorème 1. ce qui entraîne na ≤ α − a pour tout n ∈ N∗ et α − a est un majorant de A strictement inférieur à α. alors A = {na.∗ . n ∈ N∗ } est une partie de R non vide et majorée (par b).1) Démonstration. ∃m ∈ N r {0} | m > x et en conséquence. Théorème 1. . Pour x < 0 en raisonnant avec −x on aboutit à l’existence d’un entier p vérifiant : p ≤ −x < p + 1. ce qui est impossible. sup (C2 )) = 3 ∈ C1 .La propriété de la borne supérieure 9 et comme pour l’ensemble A. Si na ≤ b pour tout n ∈ N∗ . soit : sup (C) = max (sup (C1 ) . on peut trouver xn+1 dans X tel que xn < xn+1 < M. (1. Il existe donc un entier n ∈ N∗ tel que na > b. Et par récurrence on construit ne suite strictement croissante (xn )n∈N dans l’intervalle ]M − ε. on vérifie que inf (C1 ) = 1 ∈ / C1 . Solution 1. on peut trouver x1 ∈ X tel que x0 < x1 < M. inf (C2 )) = −1 ∈ /C Exercice 1. elle admet donc une borne supérieure α.6 Pour tout réel x il existe un unique entier relatif n tel que : n ≤ x < n + 1. Démonstration.5 L’ensemble R des nombres réels est archimédien. Il suffit alors de poser n = p − 1. il suffit de prendre n = x. l’ensemble des entiers m > 0 vérifiant m > x est non vide. Montrer que si M = sup (X) ∈ / X. On a alors (n + 1) a ≤ α pour tout n ∈ N. on déduit que : ∀x > 0.11 On se donne ε > 0. p − 1 ≤ x. sup (C1 ) = −1 ∈ / C2 . En effet. ∃n ∈ N∗ . Pour x entier relatif. c’est-à-dire que : ∀a ∈ R+.11 Soit X une partie non vide et majorée de R. Supposons d’abord que x est strictement positif. Toujours par définition de M. M [ ∩ X. En prenant a = 1 dans le théorème précédent. ∀b ∈ R+ . M [ . On suppose donc x non entier. Par définition de la borne supérieure M il existe x0 ∈ X tel que M − ε < x0 < M (on a x0 < M du fait que M ∈ / X). Il admet donc un plus petit élément p qui vérifie : p > x. x0 et x1 ont été trouvés et supposant trouvés x0 < x1 < · · · < xn dans ]M − ε. inf (C2 ) = 2 3 ∈C 2 inf (C) = min (inf (C1 ) . M [ . Une conséquence importante du théorème de la borne supérieure est la propriété d’Archimède qui suit.

n b b n n Comme 0 ≤ x ≤ 1. Théorème 1. Tout réel x pouvant s’écrire sous la forme x = p + y avec p = E [x] entier et y ∈ [0. l’entier n est appelé la partie entière de x. 1] et n ≥ 1. 0 ≤ k ≤ b . on a : [bn x] ≤ bn x < [bn x] + 1 et : [bn x] 1 ≤ x < rn + n . (rn )n≥1 étant une suite de n→+∞ b n→+∞ b nombres rationnels.4 Avec les notations du théorème précédent. 1 1 De 0 ≤ x − rn < n et lim n = 0. on a 0 ≤ [b x] < b et rn ∈ Qn . Exercice 1. soit n − p ≥ 0. (rn )n≥1 est une suite d’approximations décimales par défaut de x. Pour b = 10. On le note [x] ou E (x) . il existe rn ∈ Qn tel que : rn ≤ x < rn + 1 . bn Montrer que pour tout réel x ∈ [0. 1] . Solution 1.1). . 1] et tout entier naturel non nul n.12 On se donne un entier b ≥ 2 et pour tout entier naturel non nul n. on a alors : ½ n ≤ x < n + 1. L’étude détaillée des suites numériques est faite au paragraphe suivant. −p − 1 < −x ≤ −p.1) . on déduit que lim rn = x. rn = La densité de Q dans R peut aussi se montrer directement comme conséquence du fait que R est archimédien. on définit l’ensemble : ½ ¾ k n Qn = | k ∈ N.7 Entre deux nombres réels distincts il existe un nombre rationnel.10 Le corps R des nombres réels On a alors − (p + 1) < x < p (x n’est pas entier) et n = − (p + 1) convient. Et nécessairement n = p. on a en fait montrer que l’ensemble D des nombres décimaux est Q est dense dans R. L’existence de cette fonction partie entière nous suffit pour montrer que Q est dense dans R. bn En déduire que Q est dense dans R. donc n − p < 1. soit n − p ≤ 0 et n − p > −1. on en déduit que Q est dense dans R. Définition 1.12 Pour x ∈ [0. Si pour x réel il existe deux entiers n et p vérifiant (1. Pour b = 10. D’où l’unicité de n vérifiant (1. c’est-à-dire que tout réel est limite d’une suite de nombres rationnels.

Enfin avec n (y − x) > 1.2) .2) . On peut supposer que y > x. y) = (x. 0) dans (1. y. −x) dans (1. On a donc f (−x) = −f (x) pour tout x ∈ R. y) = (0. En prenant (x. Exercice 1. Montrer que l’identité est l’unique fonction non identiquement nulle f : R → R telle que f (x + y) = f (x) + f (y) et f (xy) = f (x) f (y) pour tous réels x.2) Cette équation (1. De cet encadrement on déduit que x = lim rn . Montrer qu’il existe un réel λ tel que f (x) = λx pour tout réel x.2) .1 Tout réel est limite d’une suite de nombres rationnels. on obtient f (x)+f (−x) = 0. y) ∈ R2 . De (1. 3. on obtient f (0) = 2f (0) .2) est l’équation fonctionnelle de Cauchy. Solution 1. f (ra) = rf (a) . on déduit que : y> 1 1 p +x≥ + n n n et : x< p+1 < y. . f (x + y) = f (x) + f (y) (1.13 1.La propriété de la borne supérieure 11 Démonstration. 2. c’est-à-dire que la fonction f est impaire. n+1 Ces résultats peuvent être utilisés pour déterminer toutes les fonctions monotones f : R → R telles que : ∀ (x. Cet ensemble E admet donc un plus grand élément p et on a : p p+1 ≤x< n n (p est tout simplement la partie entière de nx). Montrer que : ∀a ∈ R. y deux réels distincts.13 On désigne par f une fonction monotone vérifiant l’équation (1. 1. n Corollaire 1. n→+∞ n+1 Dans la démonstration précédente les rationnels rn sont tels que x < rn pour tout n. Démonstration. Pour x ∈ R et n ∈ N on peut trouver un rationnel rn tel que x < rn < 1 x+ . Il en résulte que l’ensemble E des entiers relatifs k tels que ≤ x est n n m k m non vide puisque −m ∈ E (on a − < − |x| ≤ x) et majoré par m (on a ≤ x ≤ |x| < et n n n donc k ≤ m puisque n > 0). On peut aussi trouver une suite de rationnels (sn )n∈N qui converge vers x et telle que sn < x en 1 utilisant l’existe d’un rationnel sn tel que x − < sn < x. ce qui équivaut à f (0) = 0. Soient x.2) on déduit par récurrence que pour tout a ∈ R on a : ∀n ∈ N. ∀r ∈ Q. Comme R est archimédien il existe un entier naturel n ≥ 1 tel que n (y − x) > 1 et un entier naturel 1 k m ≥ 1 tel que m > |x| . En prenant (x. f (na) = nf (a) .

On suppose que f est croissante. On procède de manière analogue pour f décroissante. ³ a´ ³a´ En écrivant. que f (a) = f n = nf . Si f (1) = 0. on obtient f (r) = λr pour tout r ∈ Q. on a alors f (1) = 1. on a : f ((n + 1) a) = f (na) + f (a) = nf (a) + f (a) = (n + 1) f (a) . Il en résulte que pour tout rationnel n n p positif r = . Solution 1. pour tout n ∈ N \ {0} . Avec f (1) = (f (1))2 .14 Montrer que E = {r3 | r ∈ Q} est dense dans R. on déduit que f (1) = 0 ou f (1) = 1. En notant. on déduit que f (x) ≥ 0 pour tout x ≥ 0 et pour x ≥ y dans R. q q q Enfin avec l’imparité de f.12 Le corps R des nombres réels En effet. Pour a = 1. Exercice 1. il est donc vrai pour tout n ∈ N. D’où la densité de E dans R. On a donc f (ra) = rf (a) pour tout a ∈ R et tout r ∈ Q. ce qui signifie que f est croissante. on déduit que n n ³a´ 1 f = f (a) pour tout a ∈ R et tout n ∈ N \ {0} . on déduit que ce dernier résultat est encore vrai pour les rationnels négatifs. en notant λ = f (1) . alors pour tout x ∈ R on a f (x) = f (x) f (1) = 0 et f est identiquement nulle. 3. 2.14 Soient x < √ y des réels. on a pour tout n ∈ N : λrn = f (rn ) ≤ f (x) ≤ f (sn ) = λsn et faisant tendre n vers l’infini. on peut trouver un √ nombre rationnel r tel que 3 x < r < 3 y et on a alors x < r3 < y. pour x ∈ R. avec p ∈ N et q ∈ N \ {0} . Si on suppose que f n’est pas identiquement nulle. Avec f (x2 ) = (f (x))2 ≥ 0. on a : q µ ¶ µ ¶ a p a f (ra) = f p = pf = f (a) = rf (a) . En utilisant la densité de Q dans R. par (rn )n∈N et (sn )n∈N des suites de rationnels qui convergent vers x avec rn < x < sn . on a f (x) − f (y) = f (x − y) ≥ 0. on en déduit que f (x) = λx. On a λ = f (1) ≥ f (0) = 0. . le résultat est vrai pour n = 0 et le supposant vrai pour n ≥ 0. On déduit alors de la question précédente que f (x) = x pour tout x ∈ R (λ = f (1) = 1).

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