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UNIVERSITE MONTESQUIEU BORDEAUX IV

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Licence 1ère année Economie - Gestion

Année universitaire 2005-2006

Semestre 2

Information financière de l’entreprise

Examen blanc

Durée : 2 heures

Sans document et sans machine


QUESTION N° 1:
Présentez le contenu de la mission d'un expert-comptable.
En quoi se distingue-t-elle de la mission d'un commissaire aux comptes ?
QUESTION N° 2 :
Présentez les principes comptables dans le référentiel comptable français.
QUESTION N 3 :
Présentez les différentes étapes du chemin comptable.
QUESTION N° 4 :
Définissez le bilan et le compte de résultat.
Présentez les différents postes du bilan et du compte de résultat.
Comment obtient-on le résultat dégagé par une entreprise au cours d'une année ?
QUESTION N° 5 :
Enregistrez au journal les opérations suivantes :
On ne tiendra pas compte de la TVA et on indiquera uniquement le premier numéro de la
classe de compte.
14/12/N : règlement par chèque de la taxe professionnelle pour un montant de 5 000
Euros.
15/12/N : achat de marchandises pour un montant de 10 000 Euros payé
immédiatement par chèque.
20/12/N : vente de marchandises pour un montant de 30 000 Euros encaissé
immédiatement par chèque.
31/12/N : amortissement du matériel pour un montant de 4 000 Euros.
31/12/N : comptabilisation du stock final pour un montant de 8 000 Euros.

QUESTION N° 6 :
Vous êtes embauché dans une entreprise qui vous demande de présenter le bilan et le compte
de résultat à partir de la balance générale au 31/12/N
Compte Solde débit Solde crédit
10 Capital 10 000
16 Emprunt 20 000
20 5 000
21 8 000
3 6 000
21 20 000 20 000
5 Terrain 12 000
41 Construction 15 000
40 Matériel 30 000
51 Clients 20 000
60 Fournisseurs 12 000
7 Banque 13 000
61 Achats 87 000
63 Charges externes
64 Impôts et taxes
70 Charges de personnel

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Ventes de marchandises
Total 129 000 129 000

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CORRECTION

QUESTION N° 1 : (2 points)
Présentez le contenu de la mission d'un expert-comptable.
En quoi se distingue-t-elle de la mission d'un commissaire aux comptes ?

L'expert-comptable, observateur indépendant des réalités de l'entreprise, a vu ses missions


évoluer ces dernières années. Sa mission traditionnelle est d'émettre un jugement sur la qualité
des documents comptables d'une entreprise, mais il remplit de plus en plus de missions
d'assistance et de conseil, ce qui fait de lui un conseiller privilégié du chef d'entreprise.

Missions principales de l'expert-comptable


• L'établissement des comptes annuels : mission de base de l'expert-comptable, elle
consiste à établir les comptes annuels de ses clients (bilans, comptes de résultats et documents
annexes). Il conçoit ou préconise des procédures visant à obtenir des comptes fiables et
fournit généralement une analyse de gestion.
• L'enregistrement comptable à partir des documents fournis par l'entreprise, le
plus souvent pour le compte de petites entreprises n'ayant pas de personnel comptable. Dans
ce cas, il produit l'ensemble des documents comptables : journaux, grand livre, balance...
• L'établissement de situations comptables périodiques et de comptes prévisionnels.

Missions secondaires : assistance et conseil


Suivant la demande, l'expert-comptable peut apporter une assistance administrative
(organisation de procédures administratives, établissement de bulletins de paie), fiscale,
juridique, une assistance en matière sociale (préparation des déclarations de charges sociales)
ou donner des conseils en matière de gestion du patrimoine.

Le commissaire aux comptes, en revanche, est nommé par l’assemblée générale des
actionnaires afin de certifier (ou non) que les comptes annuels de la société sont sincères et
donnent une image fidèle du résultat des opérations de l’exercice écoulé et du patrimoine de la
société à la fin de cet exercice.

Contrairement à l’expert comptable, le commissaire aux comptes est donc au service des
actionnaires de l’entreprise. Il doit vérifier les comptes de l’entreprise (établis
éventuellement avec l’aide d’un expert comptable) afin de protéger les actionnaires contre
toute manipulation comptable de la part des dirigeants.

QUESTION N° 2 : (3 points)
Présentez les principes comptables dans le référentiel comptable français.

L’hypothèse de continuité de l’exploitation


La comptabilité d’une entreprise en liquidation n’est pas conduite de la même manière que
celle d’une entreprise en activité.
Cela repose sur une hypothèse doctrinale qui stipule que si l’entreprise devait être dissoute,
ses actifs seraient évalués à leur valeur vénale (liquidative) et si un actif n’a pas de valeur
vénale il vaut 0. Au contraire, pour une entreprise en fonctionnement on ne suppose pas
devoir liquider ses actifs. Donc, même ceux qui n’ont pas de valeur vénale mais vont apporter
de futurs bénéfices au fonctionnement sont comptabilisés (charges constatées d’avance, frais

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de recherche et développement etc.)

Le principe de séparation ou de spécialisation des exercices


Article L123-21 du Code de commerce.
« Seuls les bénéfices réalisés à la date de clôture d'un exercice peuvent être inscrits dans les
comptes annuels. Peut être inscrit, après inventaire, le bénéfice réalisé sur une opération
partiellement exécutée et acceptée par le cocontractant lorsque sa réalisation est certaine et
qu'il est possible, au moyen de documents comptables prévisionnels, d'évaluer avec une
sécurité suffisante le bénéfice global de l'opération. »
Si une charge a été comptabilisée en année N (car le contrat a été conclu à ce moment ou on a
payé le fournisseur) mais qu’on bénéficie des ses fruits en années N+1, alors on ne va pas
l’inclure dans le calcul du résultat en N mais on va la garder temporairement dans le bilan en
tant qu’actif nommé « charges constatée d’avance ».
De même pour les produits qui ont été constatés en N mais pour lesquels les charges ne vont
être engagées qu’en N+1. On a alors des « produits constatés d’avance ».

Le principe de prudence
Article L123-20 du Code de commerce.
« Les comptes annuels doivent respecter le principe de prudence. Pour leur établissement, le
commerçant, personne physique ou morale, est présumé poursuivre ses activités.
Même en cas d'absence ou d'insuffisance du bénéfice, il doit être procédé aux amortissements
et provisions nécessaires.
Il doit être tenu compte des risques et des pertes intervenus au cours de l'exercice ou d'un
exercice antérieur, même s'ils sont connus entre la date de la clôture de l'exercice et celle de
l'établissement des comptes. »
Dit autrement, on va devoir comptabiliser les pertes (moins-values) éventuelles mais pas les
bénéfices (plus-values) éventuels afin de ne pas surévaluer le résultat comptable et le
patrimoine de l’entreprise. Dans ce sens, on doit systématiquement tenir compte des
amortissements et des dépréciations des actifs.

Le principe de non compensation


Article L123-19 alinéa 1 du Code de commerce.
« Les éléments d'actif et de passif doivent être évalués séparément.
Aucune compensation ne peut être opérée entre les postes d'actif et de passif du bilan ou entre
les postes de charges et de produits du compte de résultat. »

Le principe de permanence des méthodes


Article L123-17 du Code de commerce.
« A moins qu'un changement exceptionnel n'intervienne dans la situation du commerçant,
personne physique ou morale, la présentation des comptes annuels comme des méthodes
d'évaluation retenues ne peuvent être modifiées d'un exercice à l'autre. Si des modifications
interviennent, elles sont décrites et justifiées dans l'annexe. »

Le principe d’importance significative


Selon l’article L123-15 du Code de commerce « Le bilan, le compte de résultat et l'annexe
doivent comprendre autant de rubriques et de postes qu'il est nécessaire pour donner une
image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l'entreprise… ». Il faut
ajouter que les éléments dont l’importance n’est pas significative sont regroupés dans des
postes commençant par « Autres.. » (Autres charges d’exploitation par exemple)

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Le principe d’évaluation au coût historique
Selon l’article Article L123-18 du Code de commerce « A leur date d'entrée dans le
patrimoine de l'entreprise, les biens acquis à titre onéreux sont enregistrés à leur coût
d'acquisition, les biens acquis à titre gratuit à leur valeur vénale et les biens produits à leur
coût de production. »
Le principe de comptabilisation au coût historique demande la mention des valeurs brutes des
actifs. Le principe de prudence impose d’amortir ou provisionner la dépréciation des actifs et
donc de les afficher dans le bilan en valeur nette.
C’est le principe qui pose le plus de problèmes à la normalisation comptable internationale.
Les US GAAP préfèrent y substituer le principe de la juste valeur. Cela impose des
réévaluations fréquentes des actifs à leur valeur de marché ou à leur valeur d’utilité estimée
par des calculs financiers d’actualisation des cash-flows futurs.

Intangibilité du bilan d’ouverture


Article L123-19 alinéa 2 du Code de commerce.
« Le bilan d'ouverture d'un exercice doit correspondre au bilan de clôture de l'exercice
précédent. »

Le principe de l’image fidèle


Selon l’article L123-14 du Code de commerce.
« Les comptes annuels doivent être réguliers, sincères et donner une image fidèle du
patrimoine, de la situation financière et du résultat de l'entreprise.
Lorsque l'application d'une prescription comptable ne suffit pas pour donner l'image fidèle
mentionnée au présent article, des informations complémentaires doivent être fournies dans
l'annexe. »
Ce principe a été introduit sous l’influence des anglo-saxons pour équilibrer quelque part
celui du coût historique. Son interprétation reste assez difficile pour un comptable d’Europe
continentale, habitué à établir les comptes selon des normes à orientation très fiscale où la
comptabilité donne une image fidèle si elle respecte ces normes et ne détourne pas le résultat
imposable.

QUESTION N 3 : (1 point)
Présentez les différentes étapes du chemin comptable.
Le chemin comptable comprend les étapes suivantes :
- les faits économiques (présentés par des pièces justificatives)
- le journal
- le grand-livre
- la balance
- les états financiers (bilan, compte de résultat, annexe)

QUESTION N° 4 : (4 points)
Définissez le bilan et le compte de résultat.
Présentez les différents postes du bilan et du compte de résultat.
Comment obtient-on le résultat dégagé par une entreprise au cours d'une année ?

Le bilan est une photographie à un instant donné (début, fin d’exercice etc.) de l’état du
patrimoine d’une entreprise et des moyens mis en œuvre pour son financement. Le compte

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de résultat fait, en revanche, un état de l’ensemble des flux enregistrés durant une période
pour faire ressortir un bénéfice ou une perte de capitaux propres.
Le bilan
Actifs Passifs
Capital souscrit non appelé Capitaux propres
Actif Immobilisé Capital social
Immobilisation incorporelles Réserves
(Frais R&D, brevets, licences…) Résultat de l’exercice
Immobilisations corporelles Provisions pour risques et charges
(terrains, bâtiments, machines, équipements)
Immobilisation financières Dettes
(participation, prêts à LT) Emprunts obligataires
Emprunts auprès des établissements de
Actif Circulant crédit
Stocks et encours Dettes fournisseur
Créances Dettes fiscales et sociales
Divers (VMP, Disponibilités)
Comptes de régularisation
Comptes de régularisation Produits constatées d’avance
Charges constatées d’avance Écart de conversion passif
Charges à répartir
Écart de conversion actif

Le compte de résultat en liste


N N-1
Produits d’exploitation
(ventes de marchandises ; production vendue (biens et services) ; ~
stockée ; ~ immobilisée ; subventions d’exploitation)
Charges d’exploitation
(achats de marchandises, de matières premières, de services
extérieurs ; personnel ; charges sociales ; impôts et taxes,
amortissements)
Résultat d’exploitation (A)
Produits financiers (intérêts perçus, produits de participations)
Charges financières (intérêts versés, frais bancaires
Résultat financier (B)
Produits exceptionnels (produits de cession d’actifs, amendes
perçues)
Charges exceptionnelles (VNC des actifs cédés, amendes et autres
dédommagements versés)
Résultat exceptionnel (C)
Participation des salariés (D)
Impôt sur les bénéfices (E)
Résultat net de l’exercice (A + B + C – D – E)

Le résultat de l’entreprise est obtenu par la différence entre les Produits et les Charges de
l’exercice, analysés en Produits et Charges d’exploitation, financiers et exceptionnels (voir le
compte de résultat plus haut)

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QUESTION N° 5 : (5 points)
Enregistrez au journal les opérations suivantes :
On ne tiendra pas compte de la TVA et on indiquera uniquement le premier numéro de la
classe de compte.

14/12/N : règlement par chèque de la taxe professionnelle pour un montant de 5 000 Euros.
Débit Crédit
6 Taxe professionnelle 5 000
512 Banque 5000

15/12/N : achat de marchandises pour un montant de 10 000 Euros payé immédiatement par
chèque.
Débit Crédit
6 Achat de marchandises 10 000
512 Banque 10 000

20/12/N : vente de marchandises pour un montant de 30 000 Euros encaissé immédiatement


par chèque.
Débit Crédit
512 Banque 30 000
7 Vente de marchandises 30 000

31/12/N : amortissement du matériel pour un montant de 4 000 Euros.


Débit Crédit
6 Dotations aux amortissements 4 000
28 Amortissements du matériel 4 000

31/12/N : comptabilisation du stock final pour un montant de 8 000 Euros.


Débit Crédit
3 Stock de marchandises (/produits/approvisionnements) 8 000
6 Variation du stock de marchandises (/appro / 7 produits.) 8 000

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QUESTION N° 6 : (6 points)
Vous êtes embauché dans une entreprise qui vous demande de présenter le bilan et le
compte de résultat à partir de la balance générale au 31/12/N.

Compte de résultat de …… au 31/12/N


Montants en €
Produits d’exploitation
Ventes de marchandises 87 000
Total 87 000
Charges d’exploitation
Achats 30 000
Charges externes 20 000
Impôts et taxes 12 000
Charges de personnel 13 000
Total 75 000
Résultat d’exploitation 12 000
Résultat financier 0
Résultat courant avant impôt 12 000
Résultat exceptionnel 0
Résultat net comptable 12 000

Bilan de ……. au 31/12/N


Actifs N Passifs N
I. Actif immobilisé I. Capitaux Propres
Capital social 10 000
5 000 Résultat (bénéfice) 12 000
8 000 Total capitaux propres 22 000
20 000 6 000
Immobilisations corporelles
Terrain II. Dettes
Construction Emprunt auprès des
Matériel établissements de crédit 20 000
Total actif immobilisé 19 000 Dettes fournisseurs 12 000

II. Actif circulant 20 000


Clients 15 000
Banque
Total actif circulant 35 000 Total dettes 32 000
Total Actif 54 000 Total Passif 54 000

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