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M. SELLAL RENCONTRE UNE DÉLÉGATION DE LA COMMUNAUTÉ NATIONALE À L’ÉTRANGER Une contribution croissante à

M. SELLAL RENCONTRE UNE DÉLÉGATION DE LA COMMUNAUTÉ NATIONALE À L’ÉTRANGER

Une contribution croissante à l’essor du pays

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18 Moharram 1437 - Dimanche 1 er Novembre 2015 - N°15581 - Nouvelle série - www.elmoudjahid.com - ISSN 1111-0287

- Nouvelle série - www.elmoudjahid.com - ISSN 1111-0287 L A ­ R E V O L

L A ­ R E V O L U T I O N ­ P A R ­ L E ­ P E U P L E ­ E T ­ P O U R ­ L E ­ P E U P L E

n LE PRÉSIDENT RUSSE VLADIMIR POUTINE :

“L’Algérie, l’un des États influents du monde musulman”

n LE PRÉSIDENT CHINOIS XI JINPING :

«L’Algériejoueunrôledeplusenplusimportant

danslesaffairesinternationalesetrégionales»

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MESSAGE DU PRÉSIDENT BOUTEFLIKA, À L’OCCASION DE L’ANNIVERSAIRE DE LA RÉVOLUTION DU 1 er NOVEMBRE
MESSAGE DU PRÉSIDENT BOUTEFLIKA, À L’OCCASION
DE L’ANNIVERSAIRE DE LA RÉVOLUTION DU 1 er NOVEMBRE 1954 :

É ditorial

D’hieràaujourd’hui,

lanationestune

etindivisible

“Uneréférenceidentitaire

denotrepaysetdenotrepeuple”

PP. 3-4

n Ce 1 er novembre 1954, un idéal a pris forme, un rêve est devenu possible, réel. Le

chemin vers l’indépendance sera sanglant, car rares seront, en cette seconde moitié du vingtième siècle, les mouvements nationaux de libéra- tion qui paieront ce prix pour que du plus profond de cette longue nuit co- loniale, retentisse ce Tahya El-Dja- zaïr, en cet été 1962. Il faut relire avec tout le recul nécessaire la «Pro- clamation du 1 er Novembre 1954», pour saisir sa puissance. La relire avec ce regard qu’on porte sur notre histoire en ce 61 e anniversaire du dé- clenchement de la guerre de Libéra- tion, au moment où, à nos frontières ouest, sud et est, et même au-delà, aux Proche et Moyen-Orient, des forces, qui rappellent celles qui ont foulé notre sol en 1830, redessinent les frontières de pays, dépeuplent et repeuplent des territoires en fonc- tion de leurs intérêts. Relire cette Proclamation et s’ar- rêter, peut-être, à ce passage où les rédacteurs de ce texte fondateur sou- lignent que «devant cette situation qui risque de devenir irréparable, une équipe de jeunes responsables et militants conscients, ralliant autour d’elle la majorités des éléments en- core sains et décidés, a jugé le mo- ment venu de sortir le mouvement national de l’impasse où l’ont acculé les luttes de personnes et d’in- fluence». Mohamed Boudiaf, Mos- tefa Ben Boulaïd, Larbi Ben M’hidi, Rabah Bitat, Didouche Mourad et Krim Belkacem, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Khider et Ahmed Ben Bella, créent le Comité révolution- naire pour l’unité et l’action (CRUA), avec, pour seul objectif, l’indépendance de l’Algérie. Ils se mettent d’accord le 10 octobre 1954 pour que lundi 1 er novembre 1954, le compte à rebours du départ de la présence coloniale française soit dé- clenché. Certains l’oublient, faut-il le rap- peler ? Le tiers de la population al- gérienne a été anéanti, exterminé pour les besoins d’une colonisation de peuplement durant la seconde

moitié du XIX e siècle. Deux millions sur une population de huit millions ont été arrachés à leur terre, parqués dans des centres de regroupement durant la guerre de Libération na- tionale. Il fallait «dévaster les ré- gions qui fournissent vivres et gîtes, transférer la population dans des bourgs murés d’où les habitants ne peuvent sortir que munis d’un lais- sez-passer de la journée. Tous les malheureux qui errent à travers champs sans sauf-conduits seront tués», écrit Charles-Robert Ageron dans une Dimension de la guerre d’Algérie : les «regroupements» de populations.

(Suite en page 3)

◗ « Le projet de révision constitutionnelle bientôt rendu public » ◗ Les jeunes appelés
◗ « Le projet de révision constitutionnelle
bientôt rendu public »
◗ Les jeunes appelés à concourir
à l’édification d’une Algérie
développée et prospère
◗ La Révolution de Novembre
à ressuscité l’Algérie

61 e ANNIVERSAIRE DE LA RÉVOLUTION

Le Président Bouteflika reçoit plusieurs messages de vœux de ses homologues

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DOSSIER MUSÉES DU MOUDJAHID Lieux de mémoire et d’histoire Musée d’Ifri : Un lieu de
DOSSIER
MUSÉES DU MOUDJAHID
Lieux de mémoire
et d’histoire
Musée d’Ifri : Un lieu de pèlerinage pour les nouvelles
générations
Musée national du Moudjahid : Un symbole des sacrifices
de plusieurs générations
Akbou : Colloque « Pourquoi le 1 er novembre 1954 »
PP. 8 à 17
Ph. Nacéra I.
Ph. Wafa
Ph. Wafa

n TAYEB ZITOUNI INAUGURE LASEMAINE NATIONALE DE LAMÉMOIRE :

«Larécupérationdesarchives

estunequestiondeprincipe

pourl’État»

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LIGUE DES CHAMPIONS AFRICAINE (FINALE ALLER)

Ph. Billal
Ph. Billal

L’USMA s’incline devant le TP Mazembé 2-1

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2 EL MOUDJAHID M É T É O ENSOLEILLé Au Nord, le temps sera plutôt ensoleillé.

EL MOUDJAHID

M É T É O ENSOLEILLé Au Nord, le temps sera plutôt ensoleillé. Légères pluies
M É T É O
ENSOLEILLé
Au Nord, le temps sera plutôt ensoleillé.
Légères pluies à l’est. Sur les haut-plateaux
le temps sera peu nuageux
Les vents seront faibles à modérés.
A l’ouest et sur les régions Sud, le temps
sera généralement ensoleillé avec des tempé-
ratures moyennes et des vents modérés.
Températures (maximales-minimales)
prévues aujourd’hui :
Alger (26° - 16°), Annaba (21° - 12°), Bé-
char (29° - 16°), Biskra (26°- 16°), Constan-
tine (18° - 9°), Djelfa (22° - 13°), Ghardaïa
(26° - 15°), Oran (29° - 15°), Sétif (19° - 8°),
Tamanrasset (29° - 16°), Tlemcen (31° -
14°).

MERCREDI 4 NOVEMBRE À JIJEL

Iqraa : inauguration du centre AFIF

4 NOVEMBRE À JIJEL Iqraa : inauguration du centre AFIF L’association Iqraa en coordination avec OO-

L’association Iqraa en coordination avec OO- REDOO procèdera mercredi 4 novembre à l’inauguration officielle du Centre d’alphabéti- sation, de formation et d’Insertion des Femmes (AFIF) dans la commune d’Ouled Yahia Kha- drouche - Jijel.

LE 25 NOVEMBRE à TIZI-OUZOU

21 es journées médico - chirurgicales

Le Centre hospitalo- universitaire de Tizi- Ouzou organise les 21 es journées médico-chirurgi- cales les 25 et 26 novem- bre autour de thèmes portant sur l’ORL, la pneumo-phtisiologie, la neurologie, la médecine lé- gale suivis de communica- tions libres.

la médecine lé- gale suivis de communica- tions libres. LE 10 NOVEMBRE À 8H15 À L’HOTEL

LE 10 NOVEMBRE À 8H15 À L’HOTEL EL-AURASSI

Séminaire sur le jumelage CREG-E CONTROL- CNMC

A l’occasion du lancement du projet de jume- lage financé par l’UE entre le ministère de l’Energie représenté par la Commission de Ré- gulation de l’Electricité et du Gaz CREG et les Autorités de régulation autrichiennes et espa- gnoles représentées par E-Control et CNMC, le président du CREG présidera le séminaire d’ou- verture .

LES 6 ET 7 NOVEMBRE À ORAN

5 e journée de pneumologie et 2 e journée de la chirurgie thoracique

La 5 e journée de pneumologie et la 2 e journée de la chirur- gie thoracique se tiendront les 6 et 7 novembre . L’inau- guration du sémi- naire aura lieu le vendredi 6 novem-

bre à 17h au bloc pédagogique de l’EHU-Oran

. L’inau- guration du sémi- naire aura lieu le vendredi 6 novem- bre à 17h au
CET APRÈS-MIDI À 14H AU CENTRE CULTUREL AÏSSA-MESSAOUDI Le 61 e anniversaire à la Radio
CET APRÈS-MIDI À 14H AU CENTRE
CULTUREL AÏSSA-MESSAOUDI
Le 61 e anniversaire
à la Radio et à la Télévision
A l’occasion de la commé-
moration du 1 er Novembre et
de la clôture des festivités du
61 e anniversaire de la guerre de
Libération, la Radio et la Télé-
vi sion algériennes organisent
sous le haut patronage du mi-
ni stre de la Communication,
Hamid Grine, une rencontre
sous le slogan «61 e anniver-
sa ire à travers la radio et la té-
lévision ». ****************************
Le ministre de la Jeunesse
et des Sports à Médéa
Le ministre de la Jeu-
nesse et des Sports, effec-
tuera demain, une visite de
travail dans la wilaya de
Médéa, au cours de laquelle
il assistera aux championnats
nationaux inter-association
de handball et football orga-
nisés par la Fédération algé-
rienne des sports scolaires.

AUJOURD’HUI À 10H À GUELMA ET À SAÏDA

Caravane d’information du secteur du Travail

ET À SAÏDA Caravane d’information du secteur du Travail La caravane d’information sur les activités du

La caravane d’information sur les activités du sec- teur du travail se tiendra de 10h à 18h :

Guelma : aujourd’hui à la placette du théâtre com- munal-centre-ville et demain à la cité 550 Logts centre- ville - Bouchegouf Saïda : aujourd’hui à la placette Emir Abdelkader- centre-ville.

DU 3 AU 5 NOVEMBRE À BLIDA

3 e carrefour des Agriculteurs CARPEP 2015

À BLIDA 3 e carrefour des Agriculteurs CARPEP 2015 HM Communication et la revue agricole Green

HM Communication et la revue agricole Green Al- gérie, en collaboration avec la DSA et la CAW de Blida, organise du 3 au 5 novembre à Sidi Abdelkader-DSA CASAP-Blida, le 3 e carrefour des Agriculteurs «Carpep

2015».

DEMAIN À 9H À CONSTANTINE

La micro-entreprise moyen de développement culturel

La micro-entreprise moyen de développement culturel L’ANSEJ organise du 2 au 7 novembre, le Salon na-

L’ANSEJ organise du 2 au 7 novembre, le Salon na- tional de la micro-entreprise intervenant dans le domaine culturel sous le thème «La micro-entreprise : moyen de développement et de relance culturelle». La cérémonie d’inauguration aura lieu, demain à 9h, à la grande salle des spectacles Ahmed Bey-Zénith.

ALGÉRIE POSTE

Un timbre sur le 61 e anniversaire de la Révolution

Algérie Poste procédera aujourd’hui à l’émission d’un timbre-poste consacré au 61 e anniversaire de la Révolution, d’une valeur faciale de 25,00 DA. La vente anticipée aura lieu les 1 er et 2 novembre, dans les 48 recettes principales des chefs-lieux de wilaya. La vente générale aura lieu mardi 3 novembre dans tous les bureaux de poste. Une enveloppe 1 er jour à 7,00 DA sera également mise en vente avec une oblitération 1 er jour illustrée.

Une enveloppe 1 e r jour à 7,00 DA sera également mise en vente avec une

DU 3 AU 10 NOVEMBRE

DU 3 AU 10 NOVEMBRE Préventionsur lesdangers d’asphyxieaumonoxydedecarbone La direction de la Protection civile de la

Préventionsur lesdangers d’asphyxieaumonoxydedecarbone

La direction de la Protection civile de la wilaya d’Alger organise une campagne de prévention et de sensibilisation sur les dangers d’asphyxie au mo- noxyde de carbone à partir du 3 novembre à 9h :

3 novembre : départ de la caravane à partir de la direction de la Protection civile de la wilaya d’Alger, route de Baraki, El Harrach, jusqu’au centre de for- mation El Harrach 2 Du 4 au 7 novembre : journée d’étude dans les établissements scolaires et centres de formation pro- fessionnelle des nouvelles cités . Du 8 au 10 novembre : portes ouvertes au centre culturel Mustapha-Kateb, rue Didouche-Mourad.

DEMAIN À 9H, AU SIÈGE DE L’ANMJA – DÉLY IBRAHIM

Formation des formateurs de la Médiation judiciaire

L’Association nationale des médiateurs judiciaires organise demain à partir de 9h, au siège de l’associa- tion, sis 95, Route de Chéraga, Dély Ibrahim, sa 2 e session de la formation des formateurs de la média- tion judiciaire en deux sessions 2015 et 2016.

de la média- tion judiciaire en deux sessions 2015 et 2016. DEMAIN À 10H À L’HOTEL
DEMAIN À 10H À L’HOTEL SOFITEL Forum d’affaires algéro- jordanien Un forum d’affaires algéro-jordanien or-

DEMAIN À 10H

À L’HOTEL SOFITEL

Forum d’affaires algéro- jordanien

Un forum d’affaires algéro-jordanien or- ganisé par l’Organisme jordanien de Déve- loppement des Projets Economiques ,en collaboration avec la CACI, se tiendra de- main à 10h à l’hôtel Sofitel.

AGENDA CULTUREL

JUSQU’AU 5 NOVEMBRE

Tournée artistique de la troupe indienne « Bhangra and Gidda Groupe »

L’Office national de la culture et de l’information organise une tournée artistique de la troupe indienne «Bhangra and Gidda Group» :

Aujourd’hui : maison de la culture de Bordj Bou- Arréridj Demain : maison de la culture de Sétif Mardi 3 novembre : maison de la culture de Mila Mercredi 4 novembre : salle de l’ONCI Ahmed Bey, Constantine Jeudi 5 novembre : salle El Mougar.

Ahmed Bey, Constantine Jeudi 5 novembre : salle El Mougar. *********************************************************

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MARDI 3 NOVEMBRE

À 18H AU TNA

Pièce théâtrale d’ Exil en exil

NOVEMBRE À 18H AU TNA Pièce théâtrale d’ Exil en exil Dans le cadre de la

Dans le cadre de la 7 e édition du Festival interna- tional du théâtre de Béjaia, la Suisse sera présente à travers la pièce de théâtre d’Exil en exil de la troupe Ah hoc de Genève, mardi 3 novembre à 18h30, au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi.

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DEMAIN AU SILA

Présentation de l’ouvrage de Omar Houache

Dans le cadre du programme d’animation SEDIA du SILA 2015, une présentation de l’ouvrage de Omar Houache Citoyen, quelle langue parles-tu ? se tiendra demain à 15h suivie d’une séance de dédicace à 17h au stand AARC.

suivie d’une séance de dédicace à 17h au stand AARC. *********************************************************

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********************************************************* DEMAIN À 18 H À LA SALLE IBN-KHALDOUN Pièce théâtrale :

DEMAIN À 18 H À LA SALLE IBN-KHALDOUN

Pièce théâtrale : L’Amour perdu

La salle Ibn Khaldoun abritera, demain, a partir de 18h, une pièce théâtrale sous le titre l’Amour Perdu.

Dimanche 1 re Novembre 2015

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EL MOUDJAHID

MESSAGE DU PRÉSIDENT BOUTEFLIKA, À L’OCCASION DE L’ANNIVERSAIRE DE LA RÉVOLUTION DU 1 er NOVEMBRE :

« Une référence identitaire de notre pays et de notre peuple »

Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a adressé hier un message, à l'occasion de la commémoration du 61 e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1 er Novembre 1954, dont voici le texte intégral :

« Mesdames, Messieurs, Il m'est particulièrement agréable de partager avec vous la commémoration du 61 e anniversaire

de la Glorieuse Révolution du 1 er Novembre 1954,

et de nous recueillir ensemble à la mémoire de nos

glorieux martyrs. Je salue aussi mes compagnons de lutte, moudjahidine et moudjahidate, leur sou- haitant santé et longue vie, pour qu'ils soient té- moins d'autres avancées de l'Algérie, pour laquelle ils ont sacrifié leur jeunesse, l'Algérie pour laquelle sont tombés au champ d'honneur nos valeureux frères d'armes. Évoquant l'Algérie en armes, je voudrais également rendre hommage aux officiers, sous-officiers et hommes de rang de l'Armée Nationale Populaire, digne héritière de l'Armée de Libération Nationale, et des différents corps de sécurité, qui veillent sur l'intégrité de la Patrie et sur la sécurité des citoyens.

Mesdames, Messieurs, La majestueuse Révolution de Novembre a marqué l'histoire contemporaine. En effet, au-delà de nos frontières, la Révolution de Novembre est l'objet de respect sur tous les continents, en hom- mage à la vaillance du peuple algérien en lutte, en reconnaissance de la fierté qu'elle a procurée à la Nation arabe, et au regard de ce qu'elle a pesé dans l'accélération de l'indépendance d'autres pays africains. D'ailleurs, l'historique résolution 1514 de l'Assemblée générale des Nations unies, pro- clamant le droit à l'indépendance pour les peuples

et les pays coloniaux, adoptée en décembre 1960,

aura été un écho au soulèvement pacifique par le- quel notre peuple affirmait, au même moment, que l'Armée de libération nationale combattait en son nom, et pour proclamer qu'il n'accepterait d'is- sue à son combat que l'indépendance de l'Algérie.

Mesdames, Messieurs, La Révolution de Novembre n'a pas seulement libéré notre peuple de la domination coloniale, elle a ressuscité l'Algérie, victime de 132 années de négation de son histoire, de sa culture, et même de son peuple, à travers une vaine tentative de la réduire au rang de simples départements de l'oc- cupant. La Révolution de Novembre a été aussi la

confirmation de l'attachement farouche de nos an- cêtres à travers les millénaires, à leur terre, à la li- berté et à la dignité, et c'est par cela qu'elle est devenue une référence identitaire de notre pays et de notre peuple. En effet, c'est Novembre qui est derrière le refus par l'Algérie de toute forme d'in- gérence dans ses affaires et de présence étrangère sur son sol. C'est Novembre qui est la source où notre peuple puise le surcroît d'énergie nécessaire pour son sursaut national, chaque fois qu'il est confronté à des défis extrêmes, dont la Tragédie nationale aura été un douloureux exemple. En effet, c'est dans la solitude que le peuple algérien

a eu à lutter pour la survie de sa Patrie face à la

folie du terrorisme, une lutte durant laquelle les valeureux moudjahidine ont donné l'exemple pour une mobilisation citoyenne salvatrice. Notre peu- ple a, par la suite, offert au monde une démons- tration admirable d'amour de la Patrie, de sublimation de la vie que le Saint Coran a sacra- lisée. La Concorde civile puis la Réconciliation nationale furent et demeurent un exemple de Pa- triotisme, une affirmation que l'Algérie est au-des- sus de tout pour chacun de nous, ainsi qu'un

est au-des- sus de tout pour chacun de nous, ainsi qu'un hymne à l'unité nationale grâce

hymne à l'unité nationale grâce à laquelle toute grande entreprise se retrouve à notre portée.

Mesdames, Messieurs, Chaque fois que l'indépendance, la liberté, la

paix et la sécurité ont été restaurées, les artisans

et les enfants de la Révolution de Novembre ont

su prouver au monde leur capacité à bâtir. Ce fut

le cas après l'indépendance, lorsque notre pays ex-

sangue a dû faire face, avec courage, aux attentes de centaines de milliers de veuves et d'orphelins, ainsi que de millions de citoyens ayant perdu leurs terres et leurs demeures, et cela dans un manque cruel de ressources et d'expériences. Deux décen- nies durant, le peuple algérien a relevé le défi de son développement éducatif, social et écono- mique. A l'étranger, aussi, l'Algérie était un parte-

naire incontournable et une voix autorisée, chaque fois qu'il s'agissait des droits des peuples, de la paix, et du développement. Plus proche de nous, vous êtes des acteurs et des témoins de ce que

l'Algérie a pu concrétiser, depuis que le brasier de

la Tragédie nationale s'est, grâce à Dieu, éteint. La crise du logement a reculé avec la réalisa-

tion de millions d'habitations. Le système éducatif

a réceptionné plus de 3.000 collèges et lycées

alors que l'université accueille désormais plus d'un million et demi d'étudiants. Le chômage a re- culé fortement aussi et l'investissement écono- mique a progressé même si ce n'est pas au niveau de nos attentes encore. Tels sont quelques exem-

ples de tout ce que l'Algérie a concrétisé depuis 1999. Nous sommes déterminés à poursuivre cet effort de développement national malgré la crise mondiale des hydrocarbures, qui nous coûte la moitié de nos recettes extérieures, une crise qui pourrait persister quelque temps, du fait de fac-

teurs économiques et géopolitiques. De fait, l'Al- gérie dispose d'atouts pour surmonter cette étape difficile et pour poursuivre ses conquêtes écono- miques et sociales, qu'il s'agisse de la jeunesse formée et des infrastructures de base, ou qu'il s'agisse d'un réseau industriel respectable déjà, ou qu'il s'agisse encore de nos potentialités agri- coles, minières et touristiques. Nos atouts résident également dans la tradition du dialogue entre par- tenaires économiques et sociaux, qui permet de forger les consensus à même d'accompagner les réformes économiques nécessaires, et de pérenni- ser la justice sociale et la solidarité nationale. Nul doute, mes chers compatriotes, que vous saurez, à l'image de vos compagnons ou de vos aînés ar- tisans de la Révolution de Novembre, gagner la bataille de la productivité et de la compétitivité, d'autant qu'il s'agira par là de consacrer l'indépen- dance et la souveraineté économiques du pays, et d'accompagner de ces atouts l'intégration de l'Al- gérie dans la mondialisation qui ne fait guère de place aux faibles.

Mesdames, Messieurs, Depuis que vous m'avez investi de votre confiance, en me portant à la Présidence de la Ré- publique, je n'ai eu de cesse d'œuvrer au renou- veau national auquel j'ai appelé dès 1999. Beaucoup de réalisations ont déjà été concréti- sées, mais d'autres restent à consolider ou à pa- rachever, y compris dans les domaines politique et de la gouvernance, et le projet de révision constitutionnelle qui sera bientôt rendu public, se projette dans cette direction. Il en est ainsi de l'as- piration que ce projet reflète, à consolider l'unité nationale autour de notre histoire, de note identité et de nos valeurs spirituelles et civilisationnelles.

Il en est de même dans la volonté qu'il incarne de promouvoir la place et le rôle de la jeunesse face aux défis du millénaire. Il en est de même égale- ment à travers les garanties nouvelles que ce pro- jet de révision propose, pour conforter le respect des droits et libertés des citoyens ainsi que l'in- dépendance de la justice. La même approche guide aussi l'approfondissement de la séparation et de la complémentarité des pouvoirs, en même temps que l'opposition parlementaire sera dotée des moyens d'assumer un rôle plus actif, y com- pris par la saisine du Conseil constitutionnel. Enfin, la dynamisation des institutions constitu- tionnelles de contrôle, tout comme la mise en place d'un mécanisme indépendant de surveil- lance des élections, participent d'une même vo- lonté d'affirmer et de garantir la transparence dans tout ce qui est relatif aux grands enjeux écono- miques, juridiques et politiques dans la vie natio- nale. J'espère que cette révision constitutionnelle contribuera à l'affirmation d'une démocratie plus apaisée dans tous les domaines, ainsi qu'à davan- tage d'épanouissement des énergies des acteurs politiques, économiques et sociaux du pays, au service des intérêts de notre peuple, le peuple qui est la source exclusive de la démocratie et de la légitimité, le peuple qui est le seul arbitre souve- rain de l'alternance au pouvoir.

Mesdames, Messieurs, Les grands choix et les réalisations majeures que les civilisations et les peuples ont connus, ont, de tout temps, été l'aboutissement logique d'une force de résolution et de volonté, d'une commu- nion sincère avec l'histoire, d'une foi inébranlable des nations en leurs capacités propres et dans leur capital de valeurs. C'est grâce à cela que la glo- rieuse Révolution de Novembre a mérité d'entrer dans l'histoire des grandes révolutions en générant une multitude de valeurs et en s'inscrivant, à ja- mais, comme modèle pour tous ceux qui aspirent à la liberté et à l'indépendance. A la faveur du ra- jeunissement des cadres gestionnaires des entre- prises étatiques, j'ai grand espoir que la jeune génération puisse concourir activement à l'édifi- cation d'une Algérie développée et prospère, mue par le même esprit qui a animé leurs aînés qui ont libéré l'homme et la terre. J'exhorte toutes les Al- gériennes et tous les Algériens à bien considérer les enjeux de l'étape, de garder leur sang-froid de- vant les défis qui sont, souvent, exagérés dans le but d'effrayer le peuple, de le faire douter de ses capacités et d'ébranler sa confiance en ses diri- geants et ses cadres. Je suis persuadé que notre peuple, exercé à affronter les difficultés et à rele- ver les défis, saura dépasser cette étape porteuse de crises, en puisant dans ses vertus innées que sont la patience et la détermination, l'amour de la patrie, la défense de ce qu'il a de sacré et ses ri- chesses, la sauvegarde de sa liberté et de la sou- veraineté de sa décision, quels que soient la difficulté de la situation et le danger encouru. Tel est, donc, le message de recueillement et d'espérance que j'ai souhaité partager avec vous, Mesdames, Messieurs, en cette halte du souvenir et du recueillement, propos que j'accompagne de tous mes vœux pour la grandeur de l'Algérie ainsi que pour le bonheur et le bien-être de son peuple. Gloire à nos Martyrs ! Vive l’Algérie ! »

É d i t o r i a l (Suite de la page une)
É d i t o r i a l
(Suite de la page une)

D’hier à aujourd’hui, la nation est une et indivisible

au-dessus de tout pour chacun de nous, ainsi qu’un hymne à l’unité nationale grâce à laquelle toute grande entreprise se retrouve à notre portée », écrit le Président dans son mes- sage. Comment ne pas penser aux deux premiers points pro- mis par les rédacteurs de la Proclamation en contrepartie au choix non négociable de l’indépendance ? Libérer cette terre et ce peuple du joug colonial a été une détermination portée jusqu’au sacrifice ultime par des femmes et des hommes portés au Panthéon de l’histoire. Aujourd’hui, un autre défi est en cours. Libérer l’Algérien du pessimisme, de la fatalité et lui offrir les moyens moraux et matériels pour son épanouissement, telle est la tâche exprimée dans sa quin- tessence par l’ensemble des chantiers ouverts qu’ils soient économiques, sociaux, éducatifs ou politiques. Hier, dans la nuit coloniale, avec dans les consciences et sur les épaules plus d’un siècle d’asservissement, il est vrai, certains ont douté de la force et de la détermination de l’Algérien. Pour- tant déroulez l’histoire récente et prenez la mesure de tout

ce dont jouit, aujourd’hui, l’Algérien, lui qui fut parqué, brimé, exclu de tous les espaces matériels et intellectuels pour qu’il oublie l’EmirAbdelkader, Lalla Fatma N’Soumer et tous ceux qui font l’éternité de cette nation. Depuis 1962, l’Algérie a ouvert en permanence des chantiers pour que l’Algérien prenne en main son destin. Cette œuvre est tou- jours d’actualité. Les programmes de développement ainsi que les réformes politiques n’ont de but que la mise en place d’une démocratie apaisée (pour citer le Président dans son message). Apaisée, car quoi de plus destructeur et ravageur qu’une démocratie qui s’exprime dans une anarchie totale et qui confond le droit à l’expression et à la différence avec le respect et la fidélité que l’on doit à notre drapeau natio- nal ? « J’exhorte toutes les Algériennes et tous les Algériens à bien considérer les enjeux de l’étape, de garder leur sang- froid devant les défis qui sont, souvent, exagérés dans le but d’effrayer le peuple, de le faire douter de ses capacités et d’ébranler sa confiance en ses dirigeants et ses cadres », a appelé le Président de la République dans son message. « Il faut éviter la confusion », disait la Proclamation du 1 er No- vembre 1954 et « placer l’intérêt national au-dessus de toutes les considérations mesquines et erronées de per- sonnes », un message est toujours d’actualité. Mohamed Koursi

n Aujourd’hui, 61 années se sont écoulées et ce Pre-

mier Novembre est devenu une « référence identi-

taire de notre pays et de notre peuple », souligne le

Président de la République dans son message à l’occasion de la commémoration du 61 e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1 er Novembre 1954. Une référence à double titre. Par « la confirmation de l’attachement fa- rouche de nos ancêtres, à travers les millénaires, à leur terre, à la liberté et à la dignité » et aussi parce qu’au-delà de nos frontières, la Révolution de Novembre est l’objet de respect sur tous les continents, en hommage à la vaillance du peuple algérien en lutte, en reconnaissance de la fierté qu’elle a pro- curée à la Nation arabe, et au regard de ce qu’elle a pesé dans l’accélération de l’indépendance d’autres pays afri- cains », rappelle le Président de la République. Il faut relire avec les yeux du présent cette Proclamation historique qui avait gravé sur le marbre l’indépendance du pays, tout en promettant d’ouvrir des négociations avec l’occupant et d’insérer le pays, une fois indépendant, dans une universa- lité où les droits de chacun seraient respectés. 61 ans plus tard ces valeurs sont toujours respectées. « La Concorde ci- vile puis la Réconciliation nationale furent et demeurent un exemple de Patriotisme, une affirmation que l’Algérie est

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EL MOUDJAHID

MESSAGE DU PRÉSIDENT BOUTEFLIKA, À L’OCCASION DE L’ANNIVERSAIRE DE LA RÉVOLUTION DU 1 er NOVEMBRE

Abdelaziz Bouteflika : « Le projet de révision constitutionnelle bientôt rendu public »

Le projet de la révision constitutionnelle sera «bientôt rendu pu- blic», et vise à garantir les libertés et instaurer «une démocratie plus apaisée dans tous les domaines», a annoncé, hier, le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Des réalisations restent à «conso- lider ou parachever, y compris dans les domaines politique et de la gouvernance, et le projet de révision constitutionnelle, qui sera bien- tôt rendu public, se projette dans cette direction», a indiqué le Pré- sident Bouteflika, dans un message à l'occasion de la commémoration du 61 e anniversaire de la Révolution du 1 er Novembre 1954. La révi- sion de la Constitution aspire à «consolider l'unité nationale autour de notre histoire, de notre identité et de nos valeurs spirituelles et ci-

vilisationnelles» et «de promouvoir la place et le rôle de la jeunesse face aux défis du millénaire». Elle ambitionne également, à travers «les garanties nouvelles» proposées de «conforter le respect des droits et libertés des citoyens, ainsi que l'indépendance de la justice». Le Président de la République a souligné que la «même approche» guide aussi «l'approfondissement de la séparation et de la complé- mentarité des pouvoirs, en même temps que l'opposition parlemen- taires sera dotée des moyens d'assumer un rôle plus actif, y compris par la saisine du Conseil constitutionnel». Le Président Bouteflika a relevé, dans ce sillage, que la dynamisation des institutions constitu- tionnelles de contrôle, tout comme la mise en place d'un mécanisme

indépendant de surveillance des élections, «participent d'une même volonté d'affirmer et de garantir la transparence dans tout ce qui est relatif aux grands enjeux économiques, juridiques et politiques dans la vie nationale». «J'espère que cette révision constitutionnelle contribuera à l'affirmation d'une démocratie plus apaisée dans tous les domaines, ainsi qu'à davantage d'épanouissement des énergies des acteurs politiques, économiques et sociaux du pays, au service des intérêts de notre peuple, le peuple qui est la source exclusive de la démocratie et de la légitimité, le peuple qui est le seul arbitre sou- verain de l'alternance au pouvoir», a-t-il souligné.

Aspects essentiels du projet du texte fondamental

Les projections contenues dans le projet de révision constitutionnelle énoncées, hier, par le Président Ab- delaziz Bouteflika, préfigurent une vie politique plus ouverte protégée par des mécanismes constitutionnels inédits. Les indications fournies, prévoient, entre autres dispositions, une revalori- sation de la fonction de contrôle dont un mécanisme «indépendant de sur- veillance des élections», un rôle plus actif pour l'opposition parlementaire, un élargissement des espaces de liberté et des garanties à l'exercice démocra- tique. L'instauration de ces méca- nismes de gestion démocratique, concerne «l'approfondissement de la séparation et de la complémentarité

des pouvoirs», «la dynamisation des institutions constitutionnelles de contrôle», ainsi que des «garanties pour conforter le respect des droits des libertés des citoyens et l'indépendance de la justice». Concrètement, ces dis- positions devraient générer des capa- cités plus grandes de contrôle à différentes échelles de l'exercice du pouvoir. Elles visent aussi à donner de nouveaux instruments à l'opposition parlementaire qui l'aideraient à mieux contribuer à l'approfondissement du pluralisme politique et à présenter des propositions alternatives avec «pour seul arbitre souverain, le peuple». Selon les dispositions du projet, évo- quées par le Chef de l'État, l'opposition

parlementaire «sera dotée de moyens d'assumer un rôle plus actif y compris par la saisine du Conseil constitution- nel», une attribution limitée dans la Constitution (art 166) au Président de la République et aux présidents de l'Assemblée populaire nationale et du Conseil de la nation.

Un mécanisme indépendant de surveillance des élections L'ambition affirmée de «consolider les libertés» et de «raffermir la démo- cratie» apparaît aussi au travers de la mise sur pied d'un crucial «mécanisme indépendant de surveillance des élec- tions». Ce mécanisme devrait marquer le processus électoral du sceau de la

transparence, de l'équité et de la régu- larité, en même temps qu'il mettrait un terme aux suspicions récurrentes de fraude qui accompagnent chaque consultation électorale. Le Chef de l'État s'engage égale- ment à introduire de nouveaux outils pour promouvoir la bonne gouver- nance et impacter positivement les po- litiques tendant à améliorer le service public. Il déclare inscrire sa démarche en encourageant un mode de «dialogue entre partenaires économiques et so- ciaux qui permet de forger le consen- sus à même d'accompagner les réformes économiques nécessaires». Importante est aussi la place accordée, dans ce projet, à la jeunesse et à l'élite

nationale, appelées à prendre une part plus active dans la gestion des affaires du pays, notamment dans le dévelop- pement d'une économie diversifiée. L'accent est mis particulièrement sur «le rajeunissement des gestionnaires des entreprises étatiques». Enfin et pour préserver le tissu social des tirail- lements qui viendraient à menacer la cohésion nationale, le Président de la République s'engage à doter la société d'instruments à l'effet de consolider l'unité nationale autour des valeurs spi- rituelles et civilisationnelles, puisant leur source dans les référents identi- taires que sont l'amazighité, l'arabité et l'islamité.

Poursuivre l’effort de développement malgré la crise pétrolière

L'Algérie est «déterminée à pour- suivre» ses efforts de développement malgré la baisse des revenus pétroliers, car elle «dispose d'atouts» pour sur- monter cette «étape difficile», a af- firmé, hier, le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika. «Nous sommes déterminés à poursui- vre cet effort de développement natio- nal malgré la crise mondiale des hydrocarbures, qui nous coûte la moitié de nos recettes extérieures, une crise qui pourrait persister quelques temps du fait de facteurs économiques et géo- politiques», a affirmé le Président de la République dans son message adressé à l'occasion de la commémoration du

61 e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1 er Novembre 1954. L'Algérie «dispose d'atouts pour sur- monter cette étape difficile et pour poursuivre ses conquêtes économiques et sociales, qu'il s'agisse de la jeunesse formée et des infrastructures de base, ou qu'il s'agisse d'un réseau industriel respectable déjà, ou qu'il s'agisse en- core de nos potentialités agricoles, mi- nières, et touristiques». Citant quelques exemples des prin- cipales réalisations socio-économiques concrétisées par l'Algérie depuis 1999, le Chef de l'État a mentionné le recul de la crise du logement avec la réalisa- tion de millions d'habitations, tandis

que le système éducatif a réceptionné plus de 3.000 collèges et lycées, alors que l'université accueille désormais plus d'un million et demi d'étudiants. Il s'agit aussi du chômage qui a fortement reculé et de l'investissement écono- mique «qui a progressé, même si ce n'est pas au niveau de nos attentes en- core», a-t-il poursuivi. Pour le Prési- dent de la République, «nos atouts résident également dans la tradition du dialogue entre partenaires écono- miques et sociaux, qui permet de forger les consensus à même d'accompagner les réformes économiques nécessaires et de pérenniser la justice sociale et la solidarité nationale».

Les jeunes appelés à concourir à l’édification d’une Algérie développée et prospère

Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a appelé, hier, les jeunes à concourir «activement» à l'édifica- tion d'une Algérie développée et prospère. «À la faveur du rajeunissement des cadres gestionnaires des entreprises éta- tiques, j'ai grand espoir que la jeune génération puisse concourir activement à l'édification d'une Algérie dévelop- pée et prospère, mue par le même esprit qui a animé leurs aînés qui ont libéré l'homme et la terre», a indiqué le Chef de l'État dans un message à l'occasion du 61 e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1 er Novembre 1954. La nouvelle Constitution projetée inclut également la pro- motion de «la place et du rôle de la jeunesse face aux défis du millénaire», au même niveau que la «consolidation de l'unité nationale autour de notre histoire, de note identité et

de nos valeurs spirituelles et civilisationnelles», a-t-il pré- cisé. À cette occasion, le Président Bouteflika a exhorté toutes les Algériennes et tous les Algériens «à bien considé- rer les enjeux de l'étape, de garder leur sang-froid devant les défis qui sont, souvent, exagérés dans le but d'effrayer le peuple, de le faire douter de ses capacités et d'ébranler sa confiance en ses dirigeants et ses cadres». «Je suis persuadé que notre peuple, exercé à affronter les difficultés et à relever les défis, saura dépasser cette étape porteuse de crises, en puisant dans ses vertus innées que sont la patience et la dé- termination, l'amour de la patrie, la défense de ce qu'il a de sacré et ses richesses, la sauvegarde de sa liberté et de la sou- veraineté de sa décision, quels que soient la difficulté de la situation et le danger encouru», a-t-il affirmé.

La Révolution de Novembre à ressuscité l’Algérie

La Révolution de Novembre à ressuscité l’Algérie La Révolution du 1er Novembre 1954 a confirmé

La Révolution du 1er Novembre 1954 a confirmé l'attachement «farouche de nos ancêtres, à travers les millénaires, à leur terre, à la liberté et à la dignité», et fonde aujourd'hui «le refus (de) l'Algérie de toute forme d'ingérence dans ses affaires et de présence étrangère sur son sol», a indiqué, hier, le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Cet attachement à la liberté, à la dignité et à la souveraineté, soutient le Président de la République dans son message à l'occasion de la célébration du 61 e anniversaire du déclenchement de la Révolution, est devenu «une référence identitaire de notre pays et de notre peuple». C'est Novembre, a-t-il ajouté, «qui est la source où notre peuple puise le surcroît d'énergie nécessaire pour son sursaut national, chaque fois qu'il est confronté à des défis extrêmes, dont la tragédie nationale aura été un douloureux exemple». «En effet, c'est dans la solitude que le peuple algérien a eu à lutter pour la survie de sa patrie face à la folie du terrorisme, une lutte durant laquelle les valeureux moudjahidine ont donné l'exemple pour une mobilisation citoyenne salvatrice», a-t-il souligné. Le Président de la République a affirmé que la Révolution de Novembre «n'a pas seulement libéré notre peuple de la domination coloniale. Elle a ressuscité l'Algérie, victime de 132 années de négation de son histoire, de sa culture, et même de son peuple, à travers une vaine tentative de la réduire au rang de simples départements de l'occupant». La Révolution de Novembre, poursuit-il, a rayonné au- delà de nos frontières et est l'objet de «respect sur tous les continents, en hommage à la vaillance du peuple algérien en lutte, en reconnaissance de la fierté qu'elle a procurée à la nation arabe, et au regard de ce qu'elle a pesé dans l'accélération de l'indépendance d'autres pays africains». Le Chef de l'État a relevé que «d'ailleurs, l'historique résolution 1514 de l'Assemblée générale des Nations unies, proclamant le droit à l'indépendance pour les peuples et les pays coloniaux, adoptée en décembre 1960, aura été un écho au soulèvement pacifique par lequel notre peuple affirmait, au même moment, que l'Armée de Libération nationale combattait en son nom, et pour proclamer qu'il n'accepterait d'issue à son combat que l'indépendance de l'Algérie».

C o m m e n t a i r e
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notamment, d’une meilleure gestion des de- niers publics, de la possibilité également donnée à l’opposition de saisir le Conseil constitutionnel pour donner un rôle plus actif à l’opposition. Des garanties nouvelles sont prévues aussi pour assurer le respect des droits et libertés des citoyens ainsi que pour ce qui est du renforcement de l’indépendance de la jus- tice.Autre apport d’importance des nou- velles dispositions souligné par le Président de la République, c’est la place et le rôle dé- volus à la jeunesse, qui signifient davantage de responsabilités. Une option qui est deve- nue une réalité dans la gestion des entre- prises publiques, qui ont vu un rajeunissement de leur encadrement. Un apport de sang neuf à même de mener vers les succès escomptés, dès lors que les quali- tés de compétence, de goût du challenge et d’amour du pays ne font aucun doute chez

Consolider la démocratie et l’État de droit

s’agisse des partis politiques, des opéra- teurs économiques, des associations et des citoyens, compte tenu des évolutions inter- venues aux plans politique, économique, so- cial, culturel, que la loi suprême devait impérativement traduire en normes reflé- tant les aspirations communes. Cette an- nonce, qui intervient à l’occasion de la célébration du 61 e anniversaire du déclen- chement de la Révolution, moment particu- lier de communion de tout le peuple autour du souvenir, des valeurs et des repères sur lesquels il a toujours compté pour faire face aux défis et aller de l’avant, est significatif de l’importance des changements dont est porteuse la nouvelle Constitution. Pour le Chef de l’État, le travail de révision du texte suprême participe de l’œuvre de re- nouveau national à laquelle il s’est attelé depuis sa prise des responsabilités, une dy-

namique qui compte de nombreuses réali- sations dans de nombreux domaines, comme la réforme de la justice, la réforme de l’école et celle des structures et missions de l’État. Pour le premier magistrat du pays, la nouvelle loi suprême est porteuse de grandes avancées à même de consolider la démocratie, l’État de droit, tout en ap- portant les ingrédients susceptibles de dy- namiser le processus de développement. Les innovations qu’évoque le Chef de l’État sont de taille, comme on peut le constater, puisqu’il est fait mention, entre autres, de la mise en place d’un mécanisme indépen- dant de suivi des élections pour garantir la transparence de celles-ci, de l’approfondis- sement de la séparation des pouvoirs entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire, de la dynamisation des institutions de contrôle (APN, Cour des comptes, IGF…) en vue,

Le projet de révision de la Constitu- tion sera bientôt rendu public, a an- noncé, hier, le Président de la

République, dans son message à l’occasion de la célébration du 61 e anniversaire du dé- clenchement de la Révolution. Les choses sont donc parfaitement claires, la nouvelle loi suprême ne tardera pas à remplacer l’actuelle Constitution, une fois, bien sûr, qu’elle aura été adoptée, ce qui met fin à nombre d’interrogations et suppositions sur un sujet de grande importance qui a tenu en haleine l’opinion publique durant une longue période. On se rappelle le riche débat qui a permis l’expression de nom- breux avis de la part d’experts, juristes, personnalités, leaders de partis devant la commission qui a recueilli les propositions d’amendement. Un amendement jugé né- cessaire par l’ensemble des acteurs, qu’il

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m. SellAlRenContRe une délégAtion de lACommunAuté nAtionAle À l’étRAngeR

Une contribution croissante à l’essor du pays

L e Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a rencontré hier une délé- gation composée d'élus et de re-

présentants de la société civile de la communauté nationale établie à l'étran- ger, indique un communiqué des ser- vices du Premier ministre. lors de cette rencontre, «certains présidents d'associa- tion ont fait part de leurs préoccupations et de l'évolution de la situation de la communauté nationale établie à l'étran- ger. il a été noté le niveau élevé de la prise de conscience des Algériens établis à l'étranger sur leurs droits et devoirs, tant au niveau des pays d'accueil que de leur pays, et, notamment, leur volonté de participer au développement de leur pays», précise la même source. «dans son adresse, et après avoir salué leur

contribution croissante, chacun dans son domaine de compétence, dans l'amélio- ration du dialogue de l'Algérie avec les pays d'accueil, le Premier ministre a af- firmé que l'état algérien œuvre à faire en sorte que la qualité des relations et des échanges qui en sont issus se traduise par des retombées positives sur leurs conditions de vie dans tous les do- maines.» il les a assurés de «poursuivre la mise en place des mesures devant améliorer leur situation à l'étranger, ainsi que leur accueil en Algérie». la rencon- tre s'est déroulée en présence de mem- bres du gouvernement, de députés de la communauté nationale établie à l'étran- ger et de responsables d'organismes pu- blics, ajoute le communiqué.

d'organismes pu- blics, ajoute le communiqué. tAyeb Zitouni inAuguRe lA SemAine nAtionAle de lA mémoiRe :

tAyeb Zitouni inAuguRe lA SemAine nAtionAle de lA mémoiRe :

« La récupération des archives est une question de principe pour l’État »

le ministre des moudjahidine a procédé, hier à Riadh el-Feth, à l’inau- guration de la Semaine nationale de la mémoire. en marge de cette visite, tayeb Zitouni a souligné que cet es- pace dédié à la glorieuse guerre de li- bération intervient suite à toute une série de manifestations, ponctuées de rencontres et de déplacements effec- tués à travers tout le territoire national. un travail d’envergure basé sur un pro- gramme tracé et fourni, durant lequel ont été collectés des témoignages irré- cusables de moudjahidine encore en vie. tout en exprimant son admiration devant la qualité des expositions, aussi riches que nombreuses, le ministre an- nonce que ces activités seront program- mées à travers toutes les wilayas, précisant que «le tout s’inscrit dans le cadre de transmettre le message de nos valeureux moudjahidine et chouhada», auxquels m. Zitouni a rendu un hom- mage appuyé. il rappelle que «c’est grâce aux sacrifices, volonté et déter- mination de la génération de novembre que notre pays a accédé à son indépen- dance». même si militairement, un monde la séparait de la cinquième puis- sance militaire mondiale de l’époque qu’était la France, l’Algérie est venue à bout d’un colonialisme ravageur. Aux jeunes générations, m. Zitouni rappelle la responsabilité qu’elles en- dossent, celle de «préserver cet ac-

Ph : Wafa
Ph : Wafa

quis». À une question de savoir si la vi- site de la ministre française de la Cul- ture et de la Communication, Fleur Pellerin, a été l’occasion d’aborder le

sujet des archives, lors de son entretien avec Abdelmalek Sellal, m. Zitouni a précisé que «la récupération des ar-

est une question de principe

pour l’état algérien». Affirmant que le dossier enregistre une «avancée» et que des «commis- sions mixtes se rencontrent», le minis- tre indique que «c’est une

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revendication historique et entre dans le cadre de la mémoire nationale». Sur la mort de Claudine Chaulet, il dit que

«c’est une valeureuse moudjahida qui a aimé l’Algérie et les Algériens, tout en donnant une très bonne image de la grandeur de la guerre de libération». Quant à cette Semaine de la mé- moire, qui se tient du 30 octobre au 3 novembre, il y a lieu de préciser que ce sont six musées régionaux (tizi ouzou, tlemcen, biskra, médéa, Skikda et Khenchela) qui y sont présents. Ac- compagné du ministre de la jeunesse et des Sports, m. el hadi ould Ali, ainsi que de mohand Akli benyounes, secré- taire général de l’Association des moudjahidine de la fédération du Fln en France, ainsi que de tayeb el-

houari, premier responsable de l’orga- nisation nationale des enfants de cha- hid (onec), tayeb Zitouni a été attentif aux explications qui lui ont été présen- tées. il faut dire que la richesse des pho- tos et documents exposés est assez iné- dite. les stands de la manifestation proposent des photos retraçant les dif- férentes étapes de la lutte du peuple al- gérien depuis le début de la colonisation, passant par les mouve- ments de résistance populaires contre les forces coloniales, les batailles me- nées par l'Aln pour le recouvrement de la souveraineté nationale et les sé- vices endurés par le peuple durant la période coloniale. des tableaux, des portraits ou de vieilles photos en noir et blanc retra- cent les différents épisodes de la guerre de libération. une ambiance impré- gnée de souvenirs, de veille de premier novembre, règne. venant de plusieurs localités, des jeunes, soucieux de connaître leur histoire, veulent immor- taliser l’évènement. Appareils photo, caméscopes ou portables à la main, ils ne veulent pas rater une miette de cette importante exposition. le ministre a également donné le coup d'envoi des journées Ciné-ville du film révolutionnaire à l'espace Riadh el-Feth, et inauguré une exposi- tion regroupant les toiles artistiques

primées par le concours national de dessin organisé par le ministère de la jeunesse et des Sports au niveau des centres et maisons de jeunes. Par ailleurs, il y a lieu de préciser qu’outre les 6 musées sus-citées, le mi- nistère de la jeunesse et des Sports, le Centre national des études et de re- cherche sur le mouvement national et la guerre de libération, le musée de la mémoire du parc d’attraction de ben Aknoun ont marqué leur présence par une série d’articles, de témoignages transmis sur écran et des photos im- mortelles de ceux qui ont fait la Révo- lution. À l’issue de cette matinée, 8 jeunes écoliers, auteurs de meilleurs dessins sur la guerre de libération, sé- lectionnés suite à un concours national, ont été récompensés. le ministre des moudjahidine a également donné le coup d’envoi d’une caravane dénommée «bibliothèque ambulante de la mémoire historique», riche de 2.500 livres d’histoire, qui va sillonner les villes et villages d’Algé- rie, en partant de la capitale, pour arri- ver jusqu’à tlemcen, en passant par les Aurès où une longue halte est prévue à tébessa. tout un itinéraire. Fouad Irnatene

le diReCteuR deS ARChiveS nAtionAleS :

« L’Algérie a récupéré une partie de ses archives de la radio égyptienne Sawt Al Arab »

«l'Algérie a récupéré une partie de ses archives sur la guerre de libération de la radio égyptienne Sawt Al Arab», a déclaré le directeur général des Archives nationales, m. Chikhi, à l'APS, à la veille de la commé- moration du 61 e anniversaire du déclenche- ment de la Révolution du 1 er novembre. «le processus de récupération des archives res- tantes est en cours», a encore fait savoir le responsable. la radio Sawt Al Arab a de- mandé au Centre national des archives d’«envoyer des archivistes pour sélectionner les archives nationales restantes à récupé- rer», a-t-il précisé. le centre a remis les do- cuments récupérés auprès de cette radio au ministère des moudjahidine et à l'entreprise de la télévision et de la radio nationale. il s'agit d'enregistrements portant sur les dif- férentes étapes de la guerre de libération. des conventions ont été signées pour récu- pérer des archives nationales détenues par des pays arabes. «Certains pays ont de- mandé des aides pour parachever l'opération

ont de- mandé des aides pour parachever l'opération de récupération des archives nationales dont ils

de récupération des archives nationales dont ils disposent», a-t-il fait savoir. «le centre mène des démarches avec plusieurs pays pour récupérer ces archives, dont la turquie

et l'égypte», a-t-il indiqué. «l'égypte dé-

tient des archives algériennes qui remontent

à l'ère fatimide et aux différentes étapes de

la guerre de libération», selon le responsa- ble qui indique que plusieurs journaux arabes, dont des titres soudanais, yéménites

et égyptiens, détiennent d'importantes quan-

tités d'archives nationales. le journal égyp- tien Al Ahram détient plusieurs exemplaires

d'articles sur l'Algérie remontant à 1870, soit depuis sa création. À propos de l'utilisation des archives par les chercheurs algériens, m. Chikhi a indi- qué que «peu de chercheurs algériens recou- rent à ces archives», précisant que ce centre «est disposé à mettre la documentation à leur disposition». S'agissant de la récupéra- tion des archives nationales de la France, il

a indiqué qu'un accord engageant les deux

parties porte sur la confidentialité des étapes de restitution.

Révolution du 1 er novembRe 1954

Enregistrement de 13.000 heures de témoignages

le ministère des moudjahidine a pro- cédé à l'enregistrement de près de 13.000 heures de témoignages vivants de moudja- hidine, artisans de la glorieuse Révolution du 1 er novembre 1954, et ce depuis le lan- cement des manifestations commémorant l'anniversaire du déclenchement de la Révo- lution nationale. À cet effet, «tous les mu- sées nationaux, les directions de wilaya et les centres de repos réservés aux moudjahi- dine ont été équipés d'appareils audiovisuels

modernes pour enregistrer et conserver ces témoignages», a précisé le directeur du pa- trimoine historique et culturel au ministère, Khaled dehane, dans une interview accor- dée à l'APS, la veille de la commémoration du 61 e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1 er novembre 1954. Cette matière historique «sera gravée sur des disques compacts (Cd), après sa révi- sion au niveau du musée national du moud- jahid, par des enseignants et des historiens,

en vue de procéder à des corrections et la ré- partir en chapitres», a-t-il souligné. «le ministère a lancé un appel aux mili- tants et aux moudjahidine en vue d'enregis- trer leurs témoignages, ainsi qu'aux citoyens détenteurs de documents et d'objets ayant un lien avec l'histoire de notre révolution natio- nale, afin d'enrichir le patrimoine historique de notre glorieuse Révolution, de le trans- mettre aux générations futures», a soutenu m. dehane.

lAmoudjAhidAClAudine ChAulet inhuméeAu CimetièRe ChRétien de diAR eSSAâdA

Zitouni salue les valeurs de la défunte

de diAR eSSAâdA Zitouni salue les valeurs de la défunte la moudjahida Claudine Chaulet, décédée dans

la moudjahida Claudine Chaulet, décédée dans la nuit de jeudi à vendredi à l'âge de 84 ans, a été inhumée hier au cimetière chrétien de diar essaâda (Alger), en présence d'une foule nombreuse composée de sa famille, de moud- jahidine, de personnalités nationales et de membres du gouvernement. le cercueil de la défunte, recouvert de l'emblème na- tional et porté par un détachement de la Protection civile, a été déposé à l'entrée du cimetière, pour permettre à la foule présente de rendre un dernier hommage à la mili- tante de la cause algérienne. dans une oraison funèbre lue par le ministre des moudjahidine, tayeb Zitouni, les valeurs de la défunte, son militantisme et son engagement pour la cause algé- rienne ont été miss en évidence.

dimanche 1 er novembre 2015

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Le MInIstre Des AffAIres reLIgIeuses et Des WAkfs à sIDI BeL-ABBÈs

fonds de la zakat : un ancrage social et spirituel

L’ apport du discours religieux dans le développement du pays a été le thème central de la journée

d’étude organisée, hier à l’auditorium de l’université Djilali-Liabes, rehaussée par la présence du ministre des Affaires reli- gieuses et des Wakfs, Mohamed Aissa en visite d’inspection et de travail dans la wi- laya. La démarche se veut une démarcation d’un processus de fonctionnement clas- sique de ce département pour situer le rôle de l’imam dans l’éducation et la sensibi- lisation de la société autour des valeurs de la nation et la contribution de la mosquée dans le développement et la promotion de

de la mosquée dans le développement et la promotion de l’économie. Dans son allocution d’ouver- ture,

l’économie. Dans son allocution d’ouver- ture, le wali a tout d’abord rappelé les ac- tions initiées localement pour la consolidation de ce fonds de la zakat et son impact dans la création de nom- breuses micro-entreprises au profit des jeunes avant de s’étaler sur les vertus du fonds et l’importance de la mission de la mosquée dans le raffermissement des liens du tissu social et la mobilisation ci- toyenne. De son côté, le ministre a relevé la particularité de cette rencontre qui se tient à la veille d’une célébration histo- rique et dans un espace de savoir pour passer en revue la création de ce fonds de la zakat dont la wilaya de sidi-Bel-Abbès

fut le précurseur à la suite du rassemble- ment de ras eL Ma. C’est en fait un retour aux sources, a- t-il souligné, insistant sur la fidélité à ces repères de la nation et de la révolution et l’instauration d’un etat démocratique conformément aux préceptes de notre Islam. Il a ensuite rendu hommage au martyr du devoir Djillali Liabes et au sociologue Malek Bennabi pour se focaliser sur la pensée de ce dernier et son approche de la promotion sociale, aujourd’hui fondement de nombreux projets de société dans des pays asiatiques. A. Bellaha

sID AhMeD ferroukhI

Mise en œuvre en 2016 d’une feuille de route pour développer l’apiculture

Autoroute est-ouest

Ouali : « Réouverture fin décembre de tous les tronçons »

Le ministre des travaux pu- blics, Abdelkader ouali, a an- noncé, hier à Bouira, que tous les tronçons en chantier de l’auto- route est-ouest seront rouverts à la circulation "d’ici fin décembre prochain", excepté la zone de glis- sement de Djebahia (Bouira) où les travaux de confortement et de stabilisation du sol sont toujours en cours. "L’autoroute sera rou- verte fin décembre à la circulation puisque les travaux en cours au ni- veau des différents tronçons auto- routiers à l’est, au Centre et à l’ouest seront achevés dans quelques semaines, excepté le chantier de Djebahia", a expliqué le ministre, en marge d’une visite

de travail dans la wilaya. Le tron- çon de Djebahia, long de 5 km, est une zone de glissements où un grou- pement d'entreprises est à pied d’œu- vre pour réaliser des "ponts enterrés et implanter quelques 1.200 pieux afin de conforter et stabiliser le sol", a ajouté le ministre qui inspectait les travaux de mise à niveau du tronçon

qui inspectait les travaux de mise à niveau du tronçon autoroutier reliant Bouira à Lakhda- ria

autoroutier reliant Bouira à Lakhda- ria sur une distance de 33 km. Pour la réalisation de ces pieux et la stabi- lisation de la zone glissante, il a mis l’accent sur la nécessité de "redou- bler d'efforts et mettre tous les moyens nécessaires afin de pouvoir livrer le projet d’ici au mois de juin

Le ministre de l’Agriculture, du Déve- loppement rural et de la Pêche, sid-Ahmed ferroukhi, a indiqué hier à Alger que son secteur allait mettre en œuvre dès 2016, une feuille de route pour développer la filière apicole, visant essentiellement l’améliora- tion de la productivité et l’élaboration des normes de qualité du miel d’Algérie. "Cette feuille de route permettra de consolider les efforts consentis dans le dé- veloppement de la filière et définir notre vi- sion future concernant l’amélioration de la qualité de nos produits apicoles", a affirmé le ministre lors de sa rencontre avec des api- culteurs en marge de la foire nationale du miel qui s’est tenue du 22 au 31 octobre à Alger. suite à des réunions de concertation avec les différentes organisations et associa- tions professionnelles, le ministère a désigné des groupes de réflexion chargés de faire des

propositions portant sur l’amélioration de la productivité et de la qualité du miel en prévision d’exporter vers le marché international. Parmi ces axes, M. ferroukhi a cité la création d’un laboratoire d’analyse et de contrôle de la qualité et l’élaboration de normes et paramètres afin de faire connaître le miel d’Algérie. Le ministre a soutenu que l’apiculture avait connu un développement important durant ces quinze dernières années aussi bien en quantité de production qu’en nombre d’apiculteurs qui dépassent 30.000 professionnels. La production nationale du miel a atteint environ 56.000 quintaux cette année, en baisse par rapport à 2014 (59.000 quintaux), l’objectif étant d’arriver à 100.000 quintaux d’ici à 2020.

ACTIVITÉ DES PARTIS

à 100.000 quintaux d’ici à 2020. ACTIVITÉ DES PARTIS 2016". Au niveau de ce chantier (mise

2016". Au niveau de ce chantier (mise à niveau des 33 km), lancé depuis mai 2013, M. ouali a appelé les entreprises réalisatrices, les bu- reaux d’étude et les autorités lo- cales à "conjuguer leurs efforts et à travailler dans une parfaite coordi- nation". "La coordination est plus que nécessaire pour assurer le même rythme de réalisation à tous les niveaux (approvisionnement en matériaux, livraison, achemine- ment, exécution des travaux et ac- célération de la cadence)", a insisté le ministre. Il a donné de fermes instructions aux réalisateurs du pro- jet pour qu’ils achèvent "dans deux mois" les sections en cours de réha- bilitation au niveau de la partie re- liant Lakhdaria à Djebahia. Pour les chantiers de l’ouest et ceux du Djbel el-ouahch à Constantine, ils seront livrés "d’ici la fin de l’année", a as- suré M. ouali à Lakhdaria où il a également inspecté les travaux de réalisation d’un contournement de la ville.

tAJ

Ghoul : « Nous revendiquons une médaille internationale de mérite pour Bouteflika »

Le président du tajamoue’Amal el-Jazair (tAJ), Amar ghoul a sollicité, hier, les insti- tutions internationales pour la création d’une médaille de mérite pour les etats qui contri- buent à la paix et la stabilité au sein de leurs territoires et dans leurs environnements im- médiats. «nous revendiquons aussi que la première attribution de cette médaille soit dé- cernée au Président de la république, Abde- laziz Bouteflika» a indiqué Amar ghoul dans son intervention au 3 e jour de l’université d’été de son parti ayant réuni hier, militants et sympathisants de tAJ au Village des ar- tistes de Zéralda, à l’ouest d’Alger. «Le Président Bouteflika a consacré toute sa vie au service de son pays et continue en- core à ne ménager aucun effort pour la paix et la stabilité et le développement de l’Algé- rie. nous voulons qu’une médaille de mérite lui sera consacrée pour sa politique de récon- ciliation nationale, et c’est la moindre des re- connaissances du peuple algérien et de la communauté à l’encontre de cet homme de grande valeur» a encore ajouté Amar ghoul. Il rappellera que son parti et d’une fidélité ja- mais entamée au Président de la république et que la formation tAJ «appuie le premier

ministre Abdelmalek sellal et l’action du gouvernement visant la préservation des grands équilibres, la mise en œuvre du pro- gramme du président Bouteflika et la conso- lidation des acquis sociaux». Amar ghoul a annoncé par la même occasion, l’adhésion to-

tale de son parti à l’initiative du fLn portant création d’un front pour le soutien du pro- gramme du président de la république. «L’initiative du fLn s’articule sur deux prin- cipaux chapitres. La première porte sur le soutien et la consécration du programme du Président de

la république, et nous, au parti tAJ, nous

nous impliquons à bras le corps pour cette fi- nalité. Le second chapitre consiste à faire face aux dangers et menaces qui guettent l’Algérie

et sur ce plan, l’initiative du fLn s’inscrit en

droit ligne avec nos aspirations» a expliqué Amar ghoul.

« Nous avons besoin d’un seconde Novembre pour relever les défis »

A rappeler que la seconde édition de l’univer-

sité d’été de cette formation politique s’est

déroulée sous le thème : «ensemble pour re- lever les défis». La conférence-débat, tenue

hier, au Village des artistes de Zéralda a d’ail- leurs traité des défis sécuritaire, géo-politique et socio-économique auxquels fait face l’Al- gérie. Cette conférence a été animée par le conseiller à la présidence de la république kamel rezzag Bara, les experts Abderrah- mane Mebtoul, Abdelamek serrai et Ahmed Mizab, l’universitaire Mohamed Amroun et le journaliste Ammar Belhimer. tous ces intervenants ont mis en relief, au cours de leurs interventions le double contexte interne et régional auquel fait face l’Algérie autant au plan sécuritaire qu’au ni-

veau économique et social. Pour sa part, le président du tAJ, Amar ghoul ne manquera dans son intervention de saluer l’engagement de l’AnP pour ses efforts consacrés au main-

tien de la sécurité et la stabilité du pays .Il a surtout indiqué que face aux nombreux défis qui nous entourent «l’Algérie a grandement besoin d’un élan de solidarité similaire à celui de novembre 1954, qui a rassemblé tous les Algériens pour libérer le pays du joug du co-

lonialisme». «nous voulons qu’un second 1 er novembre puisse nous unir tous, pour le bien de l’Algérie» a soutenu le président de tAJ. Karim Aoudia

MPA

Appel à une rencontre de soutien du programme du Président Bouteflika

Le secrétaire général du Mouvement populaire algérien (MPA),Amara Benyounès, a appelé hier à la tenue d’une rencontre de concertation pour dégager une plateforme définissant les mé- canismes de soutien du programme du Président Abdelaziz Bou- teflika. Amara Benyounès a précisé, lors d’un rassemblement tenu à Mascara, que l’appel lancé aux partis politiques et institutions ayant soutenu le président Bouteflika lors des dernières présiden- tielles, est une position pratique vis-à-vis des initiatives du rnD et du fLn. "L’objectif étant de sortir de la situation politique ac- tuelle avec un consensus devant satisfaire toutes les parties ayant soutenu le président de la république", a-t-il soutenu. Le même orateur a en outre souligné que sa formation politique a "pleine- ment confiance" en la démarche du chef de l’État visant la révision de la Constitution. "Le MPA souhaite que la Constitution révisée demeure républicaine et démocratique et consacre toutes les liber- tés individuelles et collectives", a-t-il déclaré, tout en soulignant sa préférence pour le recours à un référendum pour adopter les amendements proposés "afin d’engager un large débat entre les citoyens et la classe politique". toutefois, Amara Benyounès a si- gnalé que sa formation approuverait l’adoption de ce texte par le Parlement au cas où le président de la république opterait pour ce choix. Il a estimé que la revendication d’une période de transi- tion par l’opposition est une "atteinte à la légitimité et à la Consti- tution".

Anr

Contribuer à la réussite de l’initiative lancée par le fLN

Le secrétaire général de l’Alliance nationale répu- blicaine, Belkacem sahli, a affirmé, samedi depuis el- oued, que sa formation était prête à contribuer "pleinement" à la réussite de l’initiative lancée par le parti du front de libération nationale (fLn). "L’Anr a senti que cette initiative, placée sous le slogan d'ini- tiative politique nationale pour le progrès à la faveur de la cohésion et de la stabilité, est susceptible de res- serrer les rangs des Algériens sous un seul mot d’or- dre, comme ce fut le cas pour la déclaration du premier novembre", a indiqué le sg de l’Anr lors d’un mee- ting de son parti tenu à la maison de la Culture Moha- med Lamine Lamoudi. Le parti du front de libération nationale (fLn) avait lancé récemment une initiative de former un front national de soutien au programme du Président de la république, qui, selon son secré- taire général, restait "ouverte à tous". Lors d'une ren-

contre-conférence, organisée dans le cadre de la célé- bration du 61 e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération, M. sahli a souligné que "cette ini- tiative, au contenu axé sur les principes de la stabilité et de la cohésion, est un sérieux test pour réhabiliter les valeurs et principes de la glorieuse révolution de novembre, sur la base d’une lecture lucide pour une bonne compréhension du présent et projection sur l’avenir". Il a pour cela appelé les acteurs politiques, chefs de partis politiques et personnalités nationales, à adhérer aux objectifs de cette initiative. fustigeant le discours jugé "extrémiste" de l’opposition, de la part de partis ayant opté pour un "discours agressif", au point de porter atteinte à l’autorité des institutions de l’etat et leurs dirigeants, M. sahli a invité les forces politiques à "faire preuve de sagesse dans leurs dis- cours politiques".

rnD

Les « sceptiques » sur l’atteinte des objectifs de la Révolution fustigés

Le porte-parole du rassemblement national démocratique (rnD), seddik Chiheb, a fus- tigé, samedi à Mascara, ceux qui demeurent "sceptiques" quant à l'atteinte des objectifs fixés par la révolution de novembre 1954, afin de "détourner" les jeunes de ses valeurs et principes. Lors d'un meeting animé à l’occasion de la célébration du 61 e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale, il a affirmé que "la révolution algérienne a bien concré- tisé ses grands objectifs que sont la liberté, l’indépendance et la préservation de l’identité na- tionale algérienne". A ce sujet, le responsable du rnD a rappelé que le colonialiste a tenté, durant plus d'un siècle, à détruire l'identité du peuple algérien musulman imprégné de valeurs humaines nobles, mais n'est pas parvenu à concrétiser cet objectif grâce aux sacrifices de chouhada, depuis la résistance populaire menée par l’emir Abdelkader et jusqu’à la glorieuses révolution du 1 er novembre. M. Chiheb a ajouté que l’Algérie est restée fidèle aux valeurs et principes de la révolution et au message du 1 er novembre axé sur la l’indépendance et l’édi- fication d’un etat fort sur les bases et les préceptes de l’islam, et en s’investissant dans le so- cial, "œuvre qui se poursuit à ce jour en dépit de la crise économique conjoncturelle, comme l'atteste une hausse des transferts sociaux contenue dans le projet de loi de finances 2016", a- t-il argué.

N

a t io n

EL MOUDJAHID

7

rEndEz-vOUS dE rAdIOtHérAPIE

Verslacentralisationdelaprogrammation pour réduirelesdélais

Les problèmes de lenteurs d’accès aux soins des malades atteints de cancer sont en passe d’être résolus. « Un plan d'action pour la centralisation des rendez-vous de radiothérapie est en cours d’élaboration aux fins de réduire davantage les délais entre les rendez-vous de traitements et d’éviter les déplacements des malades entre les différents centres du pays. »

C’ est ce qu’a annoncé, vendredi der- nier, le chargé de la communication au ministère de la Santé, de la Po-

pulation et de la réforme hospitalière, dans une déclaration accordée à la presse.

M. Slim Belkacem, qui a rappelé de prime

abord que les efforts déployés, des années du- rant, pour accélérer l'ouverture et l'équipement

des anciens et nouveaux centres ont contribué

à la réduction des délais des rendez-vous de

radiothérapie, a précisé ensuite que « ces dé-

lais seront réduits davantage à la faveur du plan de centralisation de la programmation des rendez-vous qui sont en cours d'élaboration ». Il faut dire que la radiothérapie constitue

une étape cruciale dans le processus du traite- ment contre le cancer. Aujourd’hui et s’il est un fait avéré c’est que la lutte contre le cancer en Algérie est en progrès constant. Aussi, la programmation des rendez-vous de radiothé- rapie a connu « une amélioration palpable » en ce qui concerne les délais, notamment au centre Pierre et Marie Curie (CPMC-Alger) et ce, après l'ouverture des centres anti-cancer dans les wilayas de Sétif, Batna et Annaba et

la mise en marche des accélérateurs de Mes-

serghine (Oran) et de Constantine. Il convient

de signaler, également, dans ce contexte, que l'ouverture prochaine — en 2016 — des cen- tres de Sidi Bel-Abbès, tlemcen, Laghouat, draâ Benkhedda (wilaya de tizi-Ouzou), Be- char, Chlef et El Oued permettra à coup sûr une réduction des délais. Celle-ci sera également possible avec l'équipement du CPMC et du CAC de Blida, en nouveaux accélérateurs.

M. Salim Belkacem a également relevé le

fait que les rendez-vous de radiothérapie sont programmés dans les délais fixés pour les dif- férents types de cancers « conformément aux

normes en vigueur à l'échelle internationale »,

à l'exception, précise-t-il, « du traitement du

cancer du sein qui a vu les délais réduits de 14

à 9 mois ». S’exprimant par ailleurs au sujet

de certains agissements relatifs à la gestion des

au sujet de certains agissements relatifs à la gestion des en ambulatoire, c’est-à-dire sans hospitalisa- tion,

en ambulatoire, c’est-à-dire sans hospitalisa- tion, car les séances sont de courte durée et les "Effet secondaire (médecine)" effets secon- daires moindres que lors d'une chimiothérapie, hormis chez certains patients victimes d'une hypersensibilité individuelle aux rayonnants ionisants. A retenir, par ailleurs, selon l’Organisation mondiale de la santé, OMS, qu’« un tiers au moins de l’ensemble des cas de cancer sont évitables ». La prévention constitue donc un élément important dans la lutte contre cette maladie tueuse, d’où l’impératif de sensibili- ser le maximum de personnes sur les diffé- rents facteurs à risque, surtout, les facteurs dits « évitables ». Il s’agit notamment du taba- gisme, de la sédentarité, des facteurs diété- tiques, obésité et surpoids, de la consommation d’alcool et de la pollution. Par ailleurs et en cas de suspicion d’un cancer, le dépistage est une impérieuse nécessité qui per- met de sauver des vies. Soraya Guemmouri

rendez-vous de radiothérapie, ce responsable les a qualifiés d'« immoraux ». Aussi, il af- firme que « certains rendez-vous sont fixés contre une somme d'argent ». Poursuivant ses propos, M. Belkacem a relevé que le ministère prendra toutes les décisions et mesures, y compris le recours à la justice, pour dénoncer ces pratiques. Pour rappel, la radiothérapie est une méthode de traitement locorégional des radiations pour détruire les cellules cancé- reuses en bloquant leur capacité à se multi- plier. L'irradiation a pour but de détruire toutes les cellules tumorales tout en épargnant les tis- sus sains périphériques. Selon la définition du dictionnaire, la radiothérapie est utilisée chez plus de la moitié des patients ayant un cancer. Elle est, avec la chirurgie, le traitement le plus fréquent des cancers et peut entraîner une ré- mission nette à elle seule. Elle peut être utili- sée seule ou associée à la chirurgie et à la chimiothérapie. Ses indications sont liées au type de la tumeur, à sa localisation, à son stade et à l'état général du patient. Elle peut être faite

EnLèvEMEnt d’EnfAntS

Bientôt un numéro vert

«La sécurisation des écoles entre dans le cadre du plan géné-

ral de la sécurité. Chaque jour, il

y a des patrouilles qui sillonnent

les alentours des écoles», tels sont les propos du chef de la sû- reté de wilaya d’Alger, récem- ment qui a tenu à rassurer les parents quant à la prise en charge de la sécurité des enfants, en mi- lieu scolaire. En effet, selon le responsable, la dGSn dispose d’un pro- gramme d’actions annuel pour la sécurisation des écoles, qui se met

en place avant la rentrée scolaire, et cela en coordination avec les directeurs de ces établissements. Parmi les autres mesures préconi- sées par les services de sécurité, pour limiter ce genre d’actes cri- minels, il est prévu la mise en place d’un numéro vert « alerte spéciale enlèvement d’enfants »,

la multiplication de patrouilles de

police et de gendarmes dans les agglomérations urbaines, les cités d’habitation et à proximité des écoles. des mesures qui seront sûrement d’un apport non négli- geable, notamment en matière de dissuasion de pareilles tentatives d’enlèvements. Au-delà de leur rôle indéniable en la matière, les services de sécurité signalent que parmi les multiples moyens et dispositifs de lutte, les médias ont aussi un rôle prépondérant à jouer. Le phénomène, qui n’est pas spécifique à notre seul pays, vient nous rappeler que dans plusieurs pays européens et aux USA no- tamment, les médias ont été, ils y sont encore, pour beaucoup dans

les médias ont été, ils y sont encore, pour beaucoup dans la lutte contre l’enlèvement d’en-

la lutte contre l’enlèvement d’en- fants. Pour ce qui est du cas du petit Amine Yarichène, l’on apprendra du ministre de la Justice, tayeb Louh, que « l’enquête prélimi- naire concernant l’enlèvement de l’enfant âgé de 8 ans, se poursuit toujours et que tous les moyens scientifiques sont déployés à cet

effet pour parvenir à la vérité ». « notre but est de retrouver le petit Amine sain et sauf, c’est pour cette raison que je ne peux pas vous révéler plus de détails sur l’affaire, mais soyez sûr que l’enquête se poursuit et elle avance bien », a-t-il affirmé, se refusant à commenter l’arresta- tion de trois auteurs présumés. Pour rappel, la nouvelle de la dis- parition d’Amine Yarichène, qui s'est rapidement répandue auprès des habitants du quartier, angois- sés et désemparés, a suscité éga- lement de la colère. L’enfant a disparu mercredi 21 octobre à 07H45 alors qu'il rejoi- gnait son école, à la sortie du do- micile familial situé au quartier 11-décembre à dely Ibrahim

(Alger), la grand-mère du garçon témoigne : "Je lui ai ouvert la porte et je me suis bien assurée qu'il n'avait rien oublié et qu'il a bien pris son goûter. Habituelle- ment, je reste devant la porte de la maison et je le surveille de loin jusqu'à ce qu'il rentre à l'intérieur de l'établissement. Mercredi matin, je suis rentrée plus tôt que d'habitude, c'est-à-dire avant 8h, car je devais me préparer, vu que j'avais un important rendez-vous à l'extérieur. Quelques minutes plus tard, à 8h15, quand j'ai ou- vert la porte, j’ai trouvé son sac à dos par terre". Une importante marche a été organisée la semaine dernière, les manifestant ont scandé, le prénom de Amine tout en demandant aux éventuels kidnappeurs de le libé- rer. Sur les banderoles des jeunes et moins jeunes on pouvait, entre autres, lire "Libérez Amine". des enfants et d'autres personnes, brandissaient des affiches sur les- quelles il était écrit : "nous sommes tous Amine". Interpellé à ce sujet, le direc- teur général de la Sûreté natio-

nale, le général major Abdelghani Hamel, a assuré qu'il n'existe pas de phénomène d'enlèvements d'enfants en Algérie. « Les quelques affaires traitées d'enlè- vement d'enfants ne signifient pas un phénomène », a-t-il affirmé à la presse jeudi dernier. « nous avons enregistré des cas d'enlèvement et des tentatives d'enlèvement d'enfants dont la majorité ont été solutionnés par les services de police », a-t-il sou- ligné, tout en annonçant qu'un nombre de mesures ont été prises dans le cadre de la consolidation de la prévention contre toutes formes d'atteinte à l'enfance. « Il faut moderniser l'outil de prévention et de lutte avec la coo- pération institutionnelle et l'impli- cation de tous les acteurs de la société, la mosquée, l'éducation, la société civile et les médias », a soutenu le général major. Pour rappel, quelques se- maines auparavant, Anis Berdjem de Mila avait été kidnappé et re- trouvé mort une semaine plus tard dans une localité proche de son lieu d'enlèvement. deux années auparavant, les Algériens, Constantinois notamment, avaient été secoués par le kidnapping et l'assassinat de deux garçons, dans la nouvelle ville Ali Mendjeli. Effectivement, le phénomène d’enlèvement d’enfants est très li- mité, mais il constitue à chaque fois, une source d’angoisse et d’inquiétude pour l’opinion pu-

blique. Sarah A. B. C.

D

ROIT AU BUT

24 % des accouchements en Algérie réalisés par césarienne

Près de 24 % des accouchements dans les struc- tures sanitaires en Algérie sont effectués par césa- rienne, a indiqué le secrétaire général de la société nationale de gynécologie obstétrique, le professeur Mohand Said Oukid. Le nombre d’accouchement par césarienne a connu une évolution notable, au cours des vingt dernières années, où le taux national n’excédait pas auparavant les 5%, a indiqué le pro- fesseur Oukid, lors du Congrès maghrébin de gy- nécologie obstétrique. Le recours, de plus en plus, à cette pratique est motivé, selon ce responsable, par des considérations purement médicales, car, permettant, de réduire les risques de complications ou de décès chez les femmes enceintes ou leurs nouveau-nés, .

COnCOUrS dE rECrUtEMEnt

4.500 postes dans les corps communs de l’éducation

Le ministère de l’Education nationale, vient d’annoncer l’ouverture d’un concours pour le recru- tement de 4.500 postes relatifs aux corps communs, soit des ingénieurs, des techniciens et des adminis- tratifs, en parallèle au concours de recrutement des directeurs et des censeurs administratifs. de fait, les directions de l’éducation ont entamé l’opération de réception des dossiers des candidats qui s’étalera sur 15 jours, alors que le concours se déroulera le 3 décembre prochain. Le ministère de l’Education a mis en place une série de nouvelles mesures afin d’éviter les dépassements administra- tifs et bureaucratiques qui surviennent au niveau local. Le premier concours concerne la catégorie des corps communs, les ingénieurs informatiques et statistiques et techniciens statistiques, les agents ad- ministratifs, documentalistes pour un total de 704 postes. Les candidats sont appelés à remettre un dossier contenant en plus des documents adminis- tratifs et de santé, un document attestant le règle- ment de la situation vis-à-vis du service national, une copie du casier judiciaire en cours de validité, une attestation de travail justifiant l’expérience pro- fessionnelle du candidat dans la spécialité et une autre certificat attestant la période de travail dans le cadre du dispositif d’insertion sociale et profession- nelles pour les titulaires de diplômes. Le dossier doit être accompagné d’un formulaire téléchargé et im- primé sur le site de la direction de la fonction pu- blique. Pour ce qui est des mesures mises en place pour éviter les dépassements et passe-droits qui peu- vent survenir notamment au niveau local, la tutelle a exigé de remettre aux candidats un document sur lequel l’on note toutes les attestions et certificats fournis et remis par le concerné au niveau de la di- rection de l’éducation des wilayas, dans un délai de 15 jours à compter de la date de publication du concours. Le document remis aux candidats contient également la date et le lieu de l’entrevue et les délais de recours. En parallèle, le ministère de l’Education a ouvert un deuxième concours pour le recrutement de 3.726 postes de censeurs et conseil- lers de l’éducation dont 1.299 postes de censeur et 871 postes de censeur adjoint, 666 postes de conseillers d’orientation et 888 postes d’attaché de laboratoire. Il faut rappeler dans le même contexte, que le ministère de l’Education nationale a procédé en prévision de la rentrée scolaire 2015-2016, à l’ouverture de plusieurs concours pour le recrute- ment d’enseignants, de directeurs d’écoles et d’ins- pecteurs. Le ministère de l’Education nationale avait lancé un concours national pour le recrutement de plus de 19.000 enseignants. Il s’agit de la plus grande opération de recrutement dans l’histoire du secteur. « Pour la première fois dans l’histoire du secteur de l’éducation nationale, qu’un concours de recrutement de 19.262 enseignants dans les diffé- rentes spécialités pour les trois paliers est organisé », a déclaré la ministre de l’Education, M me nouria Benghebrit, avant de préciser qu’il s’agit de 9.012 postes d’emplois pour l’enseignement primaire, 6.850 pour le moyen et 3.400 pour le secondaire. durant la même période, un autre concours pour le recrutement de 7.000 directeurs d’établissements et inspecteurs a été ouvert en prévision de la rentrée 2015-2016. Il s’agit de 1.137 postes d’inspecteurs répartis sur le grade d’inspecteur de l’Education na- tionale (330 postes), inspecteur de l’enseignement moyen (242 postes) et inspecteur d’orientation sco- laire et professionnelle (13 postes). Il est à rappeler que la ministre de l’Education nationale, M me nouria Benghebrit, avait annoncé ré- cemment l’organisation de concours professionnels dans son secteur, tel que prévu dans la circulaire cadre n° 93 du 25 juin relative à la rentrée scolaire

Salima Ettouahria

2015-2016.

dimanche 1 er novembre 2015

Ph. : Nacera I.

D

8 o ssie r EL MOUDJAHID MUSÉES DU MOUDJAHID Lieux de mémoire et d’histoire SOMMAIRE
8
o ssie r
EL MOUDJAHID
MUSÉES DU MOUDJAHID
Lieux de mémoire
et d’histoire
SOMMAIRE
Musée national du Moudjahid : Un symbole des sacrifices de
plusieurs générations
Mustapha Bitam, directeur général du musée national du
Moudjahid : « Une course contre la montre pour écrire
l’histoire »
Musée du Moudjahid d’El-Tarf : Souvenirs et témoignages sur
l’épopée algérienne
P. 9

L’ Algérie célèbre le 61 e anniversaire du déclenchement de sa Révolution, l’une des plus grandes, les plus longues et les

plus douloureuses du vingtième siècle. Porteuse de valeurs universelles comme la liberté, la di- gnité et la justice, elle s’affirme comme une réfé- rence majeure pour de nombreux peuples et nations qui étaient encore sous domination colo- niale ou qui étaient assujettis à l’ordre ségréga- tionniste de l’apartheid et au paternalisme criminel et qui aspiraient à l’indépendance et à l’égalité. Pour le Front de libération nationale, le déclen- cheur de ce vaste mouvement révolutionnaire, la question sémantique ou historique ne s’est pas posée hier et ne se pose ni aujourd’hui ni demain, parce que, dès le départ, synthétisant et canali- sant les aspirations profondes de la majorité du peuple algérien, il proclame de manière solen- nelle que l’objectif est la «restauration de l’État algérien souverain, démocratique et social». Un tel objectif a été pleinement atteint après près de huit ans d’une guerre atroce, au cours de laquelle le peuple algérien a montré toute sa force, son énergie, son intelligence, sa foi et sa détermina- tion pour la «liquidation du système colonial» et «la reconnaissance de la souveraineté algérienne, une et indivisible». Oui, une guerre totale et bar- bare au cours de laquelle l’ennemi a commis des destructions massives et des violations flagrantes des droits naturels et civiques les plus élémen- taires du peuple algérien. L’Algérie libre et souveraine a entrepris, depuis son indépendance, une reconstruction difficile en relevant plusieurs défis à la fois, dont la question mémorielle et historique, en encourageant l’écri- ture et en ouvrant des musées dédiés à la Révo-

lution de Novembre. Bien entendu, le chemin est encore long, mais celui parcouru déjà n’en est que plus stimulant, si l’on évalue le nombre des écrits sur cette période majeure de notre histoire contemporaine. La démarche d’instituer un musée national du Moudjahid, d’ouvrir des musées régionaux, de baptiser des stèles commémoratives et de recon- vertir des lieux aussi tristement célèbres que les pénitenciers de Serkadji ou d’El-Djorf en monu- ments historiques, et ce quelle que soit l’autorité publique sous laquelle ils seront placés, relève de ce souci d’entretenir la mémoire et de diffuser le plus largement possible la connaissance de l’his- toire nationale. Hauts lieux de la mémoire et de l’histoire, pages d’héroïsme et de bravoure, ces espaces muséo- graphiques ou ces stèles commémoratives ont évidemment une fonction pédagogique, celle de montrer aux jeunes générations, les conditions dans lesquelles leurs parents et leurs grands-pa- rents ont vécu et avec quelle détermination ils ont pu vaincre avec de bien faibles moyens, l’une des plus grandes puissances de la planète. Ces lieux, il convient de les enrichir constamment par la collecte des témoignages et d’archives person- nelles, des documents photographiés, de les ou- vrir largement aux jeunes et aux historiens, et de les animer de manière permanente, par l’organi- sation de rencontres, de colloques et d’exposi- tions afin que la légende de Novembre et le message de la libération se transmettent de géné- ration en génération et, sans faire la leçon à per- sonne, dire et affirmer tout haut que l’Algérienne et l’Algérien sont fiers d’eux-mêmes et de leur histoire.

Cherif Jalil

Musée du Moudjahid de Sétif Une dimension éducative Entretien avec Djenane Azzouz, secrétaire de wilaya de l’Organisation nationale des moudjahidine : « Préserver et valoriser le patrimoine historique »

P. 10

Musée du Moudjahid de Bordj Bou-Arréridj : Un gardien de l’histoire

Musée du Moudjahid de Constantine : Un lieu à forte charge

historique et émotionnelle

P. 11

Musée du Moudjahid de Sidi Bel-Abbès : Pages revisitées d’une résistance Musée et manufacture d’armes de l’émir Abdelkader de Miliana : Les gardiens de la mémoire

Musée de Tlemcen : Un haut lieu du souvenir

P. 12

Mascara : Une source inépuisable de témoignages

Musée du Moudjahid d’Ifri : Un lieu de pèlerinage pour les

nouvelles générations

P. 13

Bataille de Tighremt (Makouda) : Premier accrochage entre les moudjahidine et l’armée coloniale Iguersafene, le village aux 99 martyrs : Au cœur de la

Révolution

P. 14

L’USMBA boycotte la finale de la coupe d’Afrique du Nord 1956 à la suite de l’appel du FLN : L’esprit de sacrifice Sidi Bel-Abbès : La résistance au féminin

Khadidja et les autres

P. 15

Évocation : La bataille d’El-Hourane Tlemcen : Les Béni Snous, une résistance exemplaire Le commandant Djaber dit Métaiche Abdelkader : Un exemple de patriotisme

Bouchegouf : L’épopée du chahid Youcef Latreche

P. 16

La guerre de Libération nationale à travers les ouvrages : Le premier embryon d’industrie militaire Akbou : Colloque « Pourquoi le 1 er Novembre 1954 »

P. 17

Dimanche 1 er Novembre 2015

D

EL MOUDJAHID

o ssie r

9

D EL MOUDJAHID o ssie r 9 MUSÉE NATIONAL DU MOUDJAHID Un symbole des sacrifices de

MUSÉE NATIONAL DU MOUDJAHID

Un symbole des sacrifices de plusieurs générations

Le Sanctuaire du martyr, perché sur le plateau d’El-Madania et construit sur la colline d’El-Hamma qui surplombe la baie d’Alger et sa périphérie, est devenu le symbole de la capitale algérienne moderne. Mais il a toujours été et demeure un pan d’histoire qui immortalise les sacrifices du peuple et sa résistance à l’occupation coloniale.

I naugurée le 5 juillet 1982, à l’oc- casion du 20 e anniversaire du re- couvrement de la souveraineté

nationale, cette perle architecturale se constitue de deux parties. La partie su- périeure comporte la grande statue qui atteint 97 mètres de long, et autour de laquelle s’élèvent trois grandes statues en bronze, symbolisant la résistance populaire et l’occupation française, l’Armée de libération nationale et l’Armée nationale populaire. Quant à la partie inférieure, elle se compose du Musée national du moudjahid, qui se veut un livre ouvert sur l’histoire de la résistance anticoloniale et de la Guerre de Libération nationale et qui préserve la mémoire du peuple algérien. Le musée propose, dans son hall d’entrée, un espace dédié aux exposi- tions périodiques, ainsi que des por- traits du groupe des 22 à l’origine du déclenchement de la Révolution. De forme circulaire, le visiteur l’arpente en bifurquant à droite afin de décou- vrir les quatre grands pavillons de la salle d’exposition qui le font plonger dans la capsule à remonter le temps de manière chronologique. Le premier pavillon est réservé à la résistance po- pulaire armée et la politique coloniale entre 1830 et 1919. Il peut découvrir de grandes lithographies représentant le débarquement des armées fran- çaises au port de Sidi Fredj, le 14 juin 1830, et la bataille de Staouéli, le 19 juin 1830. Ce pavillon met en avant la prouesse des leaders des révoltes po- pulaires, à commencer par celle de l’Émir Abdelkader, entre 1832 et 1847. On peut y trouver des pièces rares ayant appartenu à l’Émir en per- sonne, un plan indicatif de la Z’mala, capitale de l’État de l’Émir, ainsi que deux pistolets de grande valeur offerts par le président américain de l’époque, Abraham Lincoln, à l’Émir Abdelkader, en reconnaissance à sa

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médiation dans le conflit qui opposa, en 1860, les musulmans et les chré- tiens de Damas. On trouve également la résistance d’Ahmed Bey, celle du Cheikh Ahmed Bouziane, dans la ré- gion de Zaâtcha en 1849, les insurrections des Ouled

Sidi Echeikh, du Cheikh Bouamama, d’El-Mo- krani et du Cheikh El- Haddad dans les Bibans, en 1871 et 1872, l’insur- rection dans les Aurès et les Hauts-Plateaux, ainsi que celle des Touareg

dans l’Ahaggar et Djanet, entre 1911 et 1918, sans oublier la ré- sistance de Cherif Boubaghla dans le Djurdjura, entre 1851 et 1854, et de Lala Fadhma N’soumer en Gande Ka- bylie, entre 1851 et 1857. Le deuxième pavillon est réservé à la politique de l’implantation des co- lonies françaises en Algérie. D’em- blée, le visiteur peut découvrir des documents illustrant les pratiques hi- deuses du colonisateur pour anéantir l’identité algérienne, à travers la

confiscation des terres fertiles des Al- gériens, les génocides systématiques de la population autochtone, forcée ainsi à s’exiler loin de ses terres, l’usage de la politique de la terre bru-

à l’exemple du Parti du peuple algé- rien, du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, ainsi que les manifestations du 8 Mai 1945. D’une suite chronologique, le visiteur se retrouve enfin dans le dernier pa- villon, celui de la Guerre de Libéra- tion nationale, très riche en documents, photos, cartes, tableaux, maquettes et textes explicatifs. On trouve, entre autres, une copie de la Déclaration du premier Novembre et la machine Ronéo qui a servi au tirage du texte original, une carte des pre- mières opérations durant la nuit du premier Novembre 1954, l’offensive du 20 Août 1955 dans le Nord- Constantinois, le Congrès historique de la Soummam en 1956, avec des ex- plications sur son organisation et ses résultats. La Bataille d’Alger et la

grève des huit jours sont également présentes à travers une dizaine de ta- bleaux et d’illustrations, ainsi que d’un espace dédié aux formes d’expression po-

pulaire du refus du colo- nialisme, à l’exemple des manifestations du 11 Dé- cembre 1960 et celles du 17 Octobre 1961 en France. Au fil de la vi- site, on y trouve les plans

coloniaux visant à étouf- fer la Révolution, des spécimens d’armes de l’Armée de li- bération nationale (ALN) ainsi que le débris d’un avion de combat détruit par celle-ci. La dimension sociale de la révolution est également illustrée à travers une dizaine de photos ainsi que

les moyens d’information et de com- munication durant le combat, avec des appareils de radiodiffusion, des numé- ros des journaux El Moudjahid et La résistance algérienne. Les crimes du colonialisme durant la Révolution sont bien illustrés artistiquement, à

On peut y trouver des pièces rares ayant appartenu à l’Emir en personne, un plan indicatif de la Z’mala, capi- tale de l’Etat de l’Emir, ainsi que deux pistolets de

icain de

grande valeur offerts par le président amér

en 1860 les musulmans et les chrétiens de

lée, l’appauvrissement et l’analphabé- tisation des Algériens, ainsi que leur conscription obligatoire pour le ser- vice militaire français, telle la mobili- sation de 1912. L’autre pavillon est consacré au combat politique entre 1919 et 1954, dans lequel le visiteur prend connais- sance des différents courants poli- tiques du mouvement national. On trouve un plan expliquant la naissance et l’évolution des courants politiques,

l’époque Abraham Lincoln à l’Emir Abdelkader en re-

connaissance à sa médiation dans le conflit qui opposa

Damas.

travers des maquettes qui démontrent l’exécution par la guillotine, la torture, les centres de détention et les camps de concentration. À l’approche de la sortie, le visiteur découvre un ensem- ble de photos et de documents retra- çant la naissance et l’évolution du Gouvernement provisoire de la Révo- lution algérienne avant de finir par les négociations et la proclamation de l’indépendance en illustrant les scènes de liesse du peuple algérien. De grands écrans sont placés ça et là pour démontrer les scènes de liesse de l’in- dépendance du pays, de la dernière production théâtrale L’épopée de l’Al- gérie ou d’autres représentations rela- tives au sacrifice du peuple algérien. Des baffes sont installées dans chaque coin du musée offrant au visiteur, en sourdine, l’occasion d’écouter des chants glorifiant la Révolution algé- rienne et l’engagement du peuple et des moudjahidine avec, notamment, un chant adéquat à chaque période de notre glorieux passé. La lumière tami- sée permet au visiteur de mieux appré- cier toutes les expositions, ainsi que les chambres plongées dans la pénom- bre pour bien illustrer des faits drama- tiques, tels que la torture, la peine capitale ou la traversée des lignes Challe et Maurice en pleine nuit. Le visiteur achève son périple en accédant au dôme de recueillement qui est un chef-d’œuvre architectural de forme discoïde, de style musulman, dont les murs sont ornés de versets co- raniques sculptés et dorés, avec une récitation continue du saint Coran. Enfin, le visiteur peut admirer une fresque toute en marbre sur laquelle ont été sculptés en lettres d’or des vers d’un poème de Mohamed El Aïd Al Khalifa louant les vertus des martyrs, intitulé «Serment de fidélité aux va- leureux martyrs». Kader Ben

MUSTAPHA BITAM, DIRECTEUR GÉNÉRAL DU MUSÉE NATIONAL DU MOUDJAHID :

« Une course contre la montre pour écrire l’histoire »

Le Musée national du moudjahid est devenu une destination privilégiée des hôtes d’Algérie. Peut-on dire qu’il s’inscrit dans les sites historiques et touris- tiques de la capitale ? Chaque pays au monde possède ce qui symbolise sa personnalité et sa souverai- neté. L’idée d’ériger ce sanc- tuaire en 1982 n’est pas apparue du néant, mais c’était pour immortaliser les sacrifices de nos martyrs et

les ancrer dans la mémoire des Algériens et du monde entier. Pour cela, le Musée national du moudjahid reçoit les chefs d’État, les chefs de gouvernement et les diffé- rents hôtes d’Algérie faisant partie d’organisa- tions internationales. Hélas, les Algériens ne donnent pas assez d’importance à notre histoire, unique en son genre, dans le monde entier. Les Algériens doivent prendre conscience de la di- mension du sacrifice de leurs pères et de leurs aïeux. Certains historiens disent que nous avons perdu 7 millions de martyrs entre 1830 et 1962, d’autres parlent de 9 millions. C’est à nous, gé- nération d’aujourd’hui, de préserver et de valo- riser cette mémoire, héritage des générations futures. Quel est le nombre de visiteurs du musée, mais surtout quelle stratégie doit-il mettre en place afin d’accroître ces chiffres ? C’est le seul musée au monde arabe qui ouvre ses portes tous les jours, de 8h à 22h. Nous sommes arrivés à plus de 300.000 visi- teurs par an et nous ne sommes pas convaincus de ce résultat. Nous devons travailler plus pour que les visiteurs affluent par millions. Nous sommes un pays de sacrifices, et les générations futures doivent impérativement connaître l’his-

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toire de l’Algérie. Nous sommes en relation avec dif- férents établissements d’édu- cation afin de préparer des programmes communs dans la perspective d’accueillir un plus grand nombre de visi- teurs. Quelles sont les activités du musée sur l’écriture de l’histoire et la préservation des témoignages des moud- jahidine ? Les documents transcrits et les informations enregis- trées constituent une énorme source d’écriture de l’histoire. Les témoignages des moudjahidine sont aussi une référence his- torique dans la politique du musée, et pour les- quels nous accordons une grande importance. Nous sommes dans une course contre la montre, d’ici 15 ans, je ne pense pas qu’il y aurait en- core des moudjahidine en vie. Nous avons un studio où le moudjahid peut venir enregistrer et nous avons opté, récemment, pour des «témoi- gnages collectifs», sous forme de rencontres et, chaque semaine, nous accueillons entre 15 à 20 moudjahidine pour enregistrer leur témoignage collectif. Nous risquons de perdre nos valeu- reux moudjahidine chaque jour, et cette idée permet d’ouvrir des débats et en même temps vérifier les informations narrées par les ora- teurs. La véracité et la clarté de l’information, c’est la tâche accomplie par des historiens et le musée a pour objectif de chercher et accueillir les moudjahidine pour témoigner. Dans presque chaque foyer algérien, il y a un moudjahid, une moudjahida, et des histoires glorieuses à trans- mettre, c’est le devoir de chaque citoyen d’écrire l’histoire, pas seulement celui des mu-

sées. Entretien réalisé par K. B.

MUSÉE DU MOUDJAHID D’EL-TARF

Souvenirs et témoignages sur l’épopée algérienne

Inauguré en 1994, le Musée du moudjahid à El- Tarf représente la mémoire des régions de l’extrême est du pays, particulièrement celle relative à la lutte de Libération nationale armée, jalonnée de hauts faits d’armes. Implanté au chef-lieu de wilaya, cet espace conserve des souvenirs et des témoignages de l’épopée du peuple algérien qui a défié l’une des grandes puissances de l’époque, arrachant avec bra- voure la liberté et l’indépendance du pays. Le recueil de témoignages des moudjahidine et des citoyens qui furent les témoins de faits liés à la glorieuse Révo- lution de Novembre 1954 est la principale mission de cet établissement qui symbolise la fierté et la di- gnité, explique son responsable, rencontré sur les lieux. L’exposi-

tion qui se tient toute l’année au hall du rez-de-chaussée du musée témoigne d’une volonté d’immor- taliser la lutte et les sacrifices consentis par le peuple algériens pour le recouvrement de la liberté et de l’indépendance du pays, préciseAoufi Kamel, en précisant que l’établissement qu’il gère rassemble actuellement des

centaines de photographies des héros de la Révolution ainsi que d’autres archives et documents ayant trait à la lutte de Libéra- tion nationale. Ces valeureux martyrs et héros de l’épopée du peuple algérien, issus de la wi- laya d’El-Tarf ou d’autres ré- gions du pays, avaient tous un

dénominateur commun, en l’oc- currence la libération du pays du joug colonial. Abondant dans le même sens, un moudjahid originaire de Té- bessa, de passage à El-Tarf, estime que le musée du moudjhid est un espace qu’il faut valoriser et conser- ver jalousement pour permettre aux jeunes de s’im- prégner des principes et valeurs de la révolution du premier novembre 1954. Il faut, selon lui, l’enrichir par d’autres archives et documents historiques, en plus des divers types d’armes à feu, de munitions,

d’obus, ainsi que des équipements de télécommuni- cations et des habits des moudjahidine qui y sont ex- posés au profit du public. À son entrée dans le Musée du moudjahid d’El-Tarf, le regard du visiteur sera vite gagné par le premier drapeau algérien hissé à Hammam Beni-Salah, le jour de l’indépendance nationale, puis par les débris d’un moteur d’avion de

combat de l’armée coloniale, abattu à Skhira (com- mune d’Aïn Kerma) par le martyr Sebti Guetmi et le défunt moudjahid El-Hamdi Kemamine, en pleine bataille contre les troupes coloniales, à proximité de la frontière algéro-tunisienne. D’autres moudjahi- dine, parmi lesquels Bouhara Abderrahmane et Be- nyahia Hadène, ont évoqué la nécessité de procéder à une opéra-

tion d’extension du Musée du moudjahid pour lui permettre de jouer son rôle de pérennisation de la lutte de Libération nationale et de sa portée pour sensibiliser les géné- rations montantes contre l’oubli. Considéré comme «le dépositaire de la mémoire collective» mettant en exergue l’épopée de la base de l’Est, le Musée du moudjahid d’El- Tarf continue d’accueillir, à lon- gueur d’année, et à l’occasion des fêtes nationales, des délégations d’élèves et de stagiaires en forma- tion, des policiers aussi. Le Musée du moudjahid d’El-Tarf est aussi un espace de rencontre entre des moudjahidine et des jeunes, des

chercheurs ou des historiens. Ces derniers sont en quête du moindre détail sur la Base historique de l’est et les lignes électrifiées «Challe et Morrice», ainsi que sur les approvisionnements et l’acheminement des armes vers les wilayas de l’intérieur du pays, a fait savoir le directeur du Musée du moudjahid d’El- Tarf sont ravis de trouver sur place une bibliothèque regroupant 3.173 livres et 819 titres, d’autres ou- vrages, documents historiques et revues traitant des étapes de la Révolution du premier Novembre 1954. B. Guetmi

Le musée du Moudjahid

est un espace qu’il faut va- loriser et conserver jalou- sement pour permettre aux jeunes de s’imprégner des principes et valeurs de la Révolution du Premier No- vembre 1954. Il faut, selon lui, l’enrichir par d’autres

cuments his-

archives et do

de munitions, que des équi télécommunic

qui y sont exp fit du p

toriques, en plus des di- vers types d’armes à feu,

d’obus, ainsi pements de ations et des

habits des Moudjahidine

osés au pro- ublic.

Dimanche 1 er Novembre 2015

D 10 o ssie r EL MOUDJAHID MUSÉE DU MOUDJAHID DE SÉTIF Une dimension éducative

D

10

o ssie r

EL MOUDJAHID

MUSÉE DU MOUDJAHID DE SÉTIF

Une dimension éducative

L’ancien tribunal colonial est aujourd’hui le musée du Moudjahid : une manière d’affirmer que le dernier mot revient aux justes et à l’histoire.

A fin que nul n’oublie : quoi de mieux qui puisse résumer l’œuvre consentie par le musée du moudjahid de Sétif depuis son

ouverture en 2008 qui se veut être aujourd’hui et au delà des séquelles qu’il porte encore dans le cri résonnant de tous ceux victimes de la ré- pression barbare imposée à notre peuple par l’occupant, un lieu où la mémoire est constam- ment secouée par la forte symbolique qu’il en- tretient et valorise. Un lieu, une grande bâtisse pas comme les au- tres pour avoir été dans le temps le tribunal de première instance de Sétif depuis sa création en 1860 à l’indépendance. Il a accumulé bien de sombres souvenirs de la répression, de juge- ments péremptoires quand il s’agissait de sujets algériens et pire, pour tous ceux là nombreux qui contribuaient à la glorieuse révolution de Novembre et qui passaient le reste de leur vie en prison, à seulement quelques encablures de là, alors dire leurs derniers attachements à l’Al- gérie libre avant d’être conduit vers la machine de la mort. Une mort d’autant plus atroce que tous ceux qui ont été jugés par ce tribunal et qui n’ont pas pu survivre au destin forcé qui leur était imposé, scandaient dans leur dernières paroles « Tahia el Djazaïr » quand ils étaient conduits vers la guillotine , témoin de ces atrocités infligées à notre peuple, à ceux qui luttaient pour la dignité et la liberté. « Je regrette de ne pas vous avoir abattu » Autant de symboles forts et d’images encore dans la mémoire que préserve encore ce musée qui se souvient, qui n’a pas oublié et qui conti- nue en ce 61 e anniversaire du déclenchement de la révolution à transmettre aux jeunes généra- tion de l’Algérie indépendante le message de leurs aînés, ceux qui ont payés sur ces mêmes lieux et au prix fort, cette liberté que nous vi- vons sans jamais baisser la tête face à la guillo- tine et souvent défier leur bourreau par une foi inébranlable, aussi forte que celle qui a permis au chahid Messaoud Abbas un jour alors qu’il comparaissait devant ce tribunal et au moment où le juge lui disait s’il regrettait son geste et s’il avait quelque chose à dire : « Oui, monsieur le juge je regrette de ne pas vous avoir rencon- tré et vous avoir abattu ». Le juge réplique aus- sitôt « vous êtes condamné à mort pour la troisième fois ». Abbas de lui répondre : « J’ai une seule tête monsieur le juge ». Aujourd’hui dans ce grand musée de l’histoire glorieuse de Novembre précédée par ces horri- bles massacres de mai que Sétif, logé au cœur de ces espaces pour exprimer le début du fas- cisme, chaque marche que nous montons avant d’atteindre l’entrée semble porter sous nos pas, les complaintes de toutes ces mères, ces pères ou ces veuves qui venaient assister au dernier jugement de l’être cher. Rien n’a changé sur la façades ou les murs ex- térieurs de cet édifice que l’organisation et la direction des moudjahidine ont gardé en l’état pour que le témoignage soit poignant, d’autant plus poignant que l’image qu’offre juste en face le jardin du 8-Mai-1945 dans une symbiose de la continuité, de la cohérence mais aussi de la douleur et de l’espoir. Nous traversons le jardin du 8-Mai qui est venu prendre place sur d’anciennes baraques en amiante léguées par le colonialisme et nous dé- cidons non sans une émotion profonde de grim- per les 23 marches qui se trouvent de part et d’autre de la façade de ce musée pour nous re- trouver droit face à cette porte à deux vantaux qu’auront franchi bien des symboles de cette ville, condamnés à mort ou qui ont survécu par

Ph. : Krach
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le hasard avant d’être, à la force de l’âge et à la douleur des séquelles béantes qu’ils ont porté sur les corps, rappelés à Dieu. Les 23 dernières marches… Au crissement de cette grande porte en bois protégée par une autre en métal, nous mesurons dans le silence qui règne, à peine déchiré par ces chants patriotiques, l’envergure de tous ces documents, photos, maquettes et autres effets datant de la glorieuse révolution de Novembre qui sont là, pour dire à la face du monde l’en- vergure d’une grande révolution, ce que fut no- vembre décisif et toutes

les étapes glorieuses du mouvement nationaliste, dans une wilaya que mai aura forgé. Le directeur du musée du Moudjahid de la wilaya de Sétif, Kamel Feria qui aura fait état de toute la disponibilité nécessaire en nous accompagnant sur cet itinéraire qui s’étale sur 600 m 2 , bien qu’il ne soit pas suffi- samment large pour dire dans leur véritable di- mension toutes ces conquêtes de l’Algérie combattante, mais aussi

ces massacres sanglants infligés au peuple par la France coloniale.

« Comme vous le savez ce musée était le siège

d’un tribunal civil du temps de l’occupation, il le sera encore quelques temps après l’indépen- dance avant la réalisation du nouveau siège et deviendra musée archéologique avant de recou- vrer cette dimension de musée du Moudjahid. Ce musée a été ouvert en 2008, et, dans ce

contexte, je dois rappeler que la wilaya de Sétif était durant la révolution, un carrefour entre 3 wilayas historiques la I, la II et la III.

« C’est un musée qui s’assigne une dimension

éducative, culturelle qui pour répondre aux be- soins de la société et partant, rassembler, entre- tenir, valoriser du patrimoine historique la nation et tout ce qui a un lien avec la résistance populaire, le mouvement national et la guerre de Libération. Aussi, le musée dans son action quotidienne regroupe des témoignages vivants, des expositions sur place et partout à travers

d’autres institutions éducatives, culturelles ou nous organisons également des conférences et des projections de films pour perpétuer le mes-

sage et ancrer les valeurs de la glorieuse révo- lution de Novembre en nos jeunes. » Des témoignages émouvants C’est alors que nous entamons au niveau de la première salle, notre longue et combien pas- sionnante visite qui nous permettra de décou- vrir bien des secrets de Novembre et de la résistance populaire. Une première halte face à une immense vitrine nous permettra de décou- vrir avec beaucoup

d’émotion, des armes uti- lisés par des moudjahi- dine, des munitions saisies à l’occupant, des obus grandeurs nature qu’utilisait le colonia- lisme, mais aussi cette « Barnoussa » que l’on tis- sait alors à la campagne pour couvrir les enfants du froid, criblée par des explosifs, attestant à la fois de l’horreur d’une ré- pression sans foi ni loi qui n’épargnait même pas les enfants. Non loin de là, notre re- gard se posera sur ce pre-

mier emblème que porta pour la première fois le 8 mai 1945, Saal Bouzid, le premier martyr de ces massacres qui s’étaient alors traduit par une atrocité atteignant son paroxysme dans la mort de 45.000 Algériens. Moment fort en effet ou l’émotion qui nous gagna ne sera pas sans ga- gner plus d’intensité lorsque nous découvrons tous ces grades exposés de moudjahidine et chouhada, cet appareil photo, jusque même à l’aiguille qu’utilisait pour rafistoler ses effets au maquis le moudjahid BenlarbiAbderahmene de Guenzet et plus dur encore ce morceau d’étoffe qui porte le sang du chahid Gharbi Bra- him ou les objets qu’utilisait la moudjahida Aïcha Guenifi pour soigner les moudjahidine. 1.700 heures de témoignages L’espace consacré aux maquettes témoins de grandes batailles n’était pas sans secouer notre mémoire en nous racontant bien des épopées glorieuses de nos moudjahidine. Nous com- mençons alors par découvrir celle de la bataille

Des portrait à peine supportables des affres qui ont été imposées aux populations prennent place pas

très loin de ceux qui illustraient les avancées de la guerre de Libéra- tion depuis le premier novembre 1954 jusqu’à l’indépendance. Nous y découvrirons aussi la reconstitu- tion du camp de la mort : « Ksar El Abtal » au sud de Sétif, où périrent

torture, qui ne de nombreux ussebilines sur

sous le poids d’une porte pas de nom, moudjahidine et mo

les 4.000 qui y étaient emprisonnés de même que le triste souvenir de tous ces charniers où étaient jetés les corps de ceux qui mourraient sous le feu des massacres.

de Boudhelaoufen (Ouled Aïssa) dans la com-

mune de Tizin Béchar qui a eu lieu le 7 juillet

1958 qui se déroula sur ces hauteurs et a permis

aux éléments de l’ALN, suite à une plainte des habitants sans cesse harcelés de ce village, de tuer 40 militaires français et saisir plusieurs armes. La grande bataille de Djebel Guedil sur les hauteurs de Ouled Tebben alors zone inter- dite après que toute une population ne soit dé- portée par l’occupant français avec pas moins de 700 enfants qui moururent de faim et de soif, occupe une large place dans ce musée. Une ba-

taille qui dura 3 jours, les 9, 10 et 11 juillet

1959 et qui se solda par la perte de 150 moud-

jahidine tombés au champ d’honneur et la mort

de près de 700 militaires français tués avec, est-

il également spécifié, 4 avions abattus.

La bataille de Djebel Atafi à El Hamma, le 8 mai 1958 sous la conduite de Ahmed Bouzraa, bataille qui dura de 7 heures à 22 heures avec de grosses pertes pour l’occupant mais aussi plusieurs chahid dont Said Rebah, Saïd Mer- nata, Hamadi Chenouf… était aussi mise en exergue dans ce musée où entre deux grandes céramiques portant la Déclaration de Novem- bre et l’hymne national, un écran géant diffusait en boucle d’autres batailles et les portraits de 3.700 martyrs. De la femme sétifienne au maquis et d’autres coins consacrés à « ce qui s’est passé ce jour » durant la révolution, à de nombreux documents historiques « très utilisés par les chercheurs qui

viennent travailler ici », nous dit le directeur du musée, ainsi que l’espace consacré aux massa- cres perpétués par le colonialisme, laisseront place à une autre grande bataille de Djebel

« Azrou Ifelen » sur les hauteurs de Beni Our-

tilène le 15 mai 1957. Un musée où nous dé- couvrirons que le premier guillotiné dans l’est du pays fut Nacerdine Abdelhamid le 13 dé- cembre 1956 alors que le premier Sétifien guillotiné aura été Bellel Abdalah en 1957. On

y trouvera aussi ces planches qu’utilisait le cha-

hid Cheikh Laïfa dans son enfance pour ap- prendre le Coran de même que les portraits de certains symboles de la wilaya de Sétif : Cheikh Laïfa, Salah Sersour, Derbal Embarek, Laïd Dhahoui, Omar Degou, Amardjia Abbas, Ahmed lemtarouech et bien d’autres. S’en suivra dans la deuxième salle, une chro- nologie des différentes étapes qui ont marqué le mouvement national et la guerre de Libéra- tion nationale jusqu’à l’indépendance. Dans ce contexte les massacres du 8 Mai 1945 ne seront pas sans bénéficier d’une place à la mesure de l’événement dans toute son horreur. Des por- trait à peine supportables des affres qui ont été imposées aux populations prennent place pas

très loin de ceux qui illustraient les avancées de la guerre de Libération depuis le premier No- vembre 1954 jusqu’à l’indépendance. Nous y découvrirons aussi la reconstitution du camp de la mort : « Ksar El Abtal » au sud de Sétif, où périrent sous le poids d’une torture qui ne porte pas de nom de nombreux moudjahidine et moussebiline sur les 4.000 qui y étaient em- prisonnés de même que le triste souvenir de tous ces charniers où étaient jetés les corps de ceux qui mourraient sous le feu des massacres.

« Nous avons également une salle de confé-

rences ou nous recevons beaucoup de groupes et une salle d’enregistrement où nous avons pu recueillir les témoignage de 470 moudjahidine soit un volume de près de 1.700 heures d’enre- gistrement qui nous permettent de travailler avec des chercheurs d’université », conclut le directeur de ce musée. F. Zoghbi

ENTRETIEN AVEC DJENANE AZZOUZ, SECRÉTAIRE DE WILAYA DE L’ORGANISATION NATIONALE DES MOUDJAHIDINE :

« Préserver et valoriser le patrimoine historique »

D’ancien tribunal à un musée du moudjahid, la symbolique est forte. Vous en conviendrez ? Tout à fait ! mais je crois qu’il faut également situer ce musée dans un contexte global de la stratégie de l’occupant qui a décidé en ce temps de placer ce tribunal au cœur de tout un complexe dans ce quartier et ce complexe donc le tribunal c'est-à-dire l’actuel musée du moudjahid avec à côté la prison civile, la gendarmerie nationale. Autant de structures im- plantées les unes à côté des autres et qui relevaient de toutes une série d’affinités qui étaient destinées à mater l’Algérien. Au-delà de ce musée nous avons également agi

pour implanter au rez-de-chaussée le siège de la direction des moudjahi- dine. Un musée qui de par son im- plantation au cœur de la ville en face du jardin du 8-Mai-1945 offre suffi- samment de visibilité et veille à la mission qui lui est conférée dans la préservation et la valorisation du pa- trimoine historique.

Un musée avec également des pro- longements dans certaines zones de la wilaya ? Nous avons effectivement un musée au niveau du camp d’internement de Ksar el Abtal où étaient regroupés et torturés des éléments de l’ALN que l’occupant ramenait de tout l’est du

Ph. : Krach
Ph. : Krach

pays. Cela donc pour la Wilaya I his- torique et comme nous étions au car- refour de 3 wilayas historiques, nous avons également un musée à El Eulma pour la Wilaya II et nous pro- jetons d’en réaliser un à Beni Ourti- lene où le choix du terrain a été arrêté. Tout pour donner à la Révolu- tion la juste place qu’elle a toujours occupé dans cette région.

Egalement bien d’autres choses pour que la mémoire n’oublie pas

?

Nous avons également mis en place dans chacune des 60 communes un grand livre du chahid. Un livre sur le- quel sont gravés les noms de tous les

martyrs de chaque localité, sachant que c’est près de 8.000 martyrs qui sont tombés au champ d’honneur dans cette wilaya, cela en plus d’ef- forts d’envergure déployés par des moudjahidine pour l’écriture et l’im- pression d’une encyclopédie des martyrs qui comporte aussi les grandes batailles, le rôle de la femme durant cette grande Révolution, les centres et poste militaires de l’occu- pant, avec en projet avancé les ac- tions du Fida avec près de 700

actions du genre dans la seule ville de Sétif. C’est une très grande Révolu- tion, il ne faudra jamais l’oublier ! F . Zoghbi

Dimanche 1 er Novembre 2015

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EL MOUDJAHID

D o ssie r 11 EL MOUDJAHID T ous les historiens, journalistes et même les étudiants

T ous les historiens, journalistes et même les étudiants et les élèves, de la wilaya et d’ail-

leurs, se rendent dans la structure pour voir de près ceux qui ont fait la Révolution. Le terrain sur lequel il a été bati ne manque pas d’intérêt éga- lement. Près de la porte de Zem- moura, qui était un des accès de la ville de Bordj Bou-Arréridj, la gen- darmerie française a installé sa bri- gade locale. La structure qui était censée assurer la sécurité des ci- toyens est devenue un haut-lieu de sévices. Beaucoup de moudjahidine ont été torturés dans ces locaux qui ont été rasés depuis. C’était un espace sinistre qui était craint par les Algériens qui évitaient

de passer à côté. Il formait avec la ca- serne des spahis, où la citadelle a été aménagée, un territoire maudit. Heureusement que l’indépendance est passée par là. La caserne est de- venue un lieu de détente avec des es- paces verts, des kiosques et des jeux qui abrite surtout l’annuaire des mar- tyrs. L’ex-brigade a été remplacée quant

à elle par le musée. Ce n’est que jus- tice pour des moudjahidine qui ont supporté tous ces sévices pour que vive l’Algérie. Justement, c’est un moudjahid qui

a eu l’idée de construire l’édifice, malheureusement, faute de moyens,

il a dû attendre des années avant de

concrétiser le projet. Le défunt Saïd Benathmane, qui était le secrétaire de wilaya de l’ONM, ne voulait pas que l’Organisation s’occupe des cas so- ciaux des moudjahidine et ayants droit seulement. « Nous avons un devoir de mé- moire en face des nouvelles généra- tions comme nous devons être fidèles au message des chouhada », disait-il. Ce qui a fait qu’à la première oc- casion qu’il a eue en tant que respon- sable de l’Organisation il a cherché à concrétiser le projet. Il était d’autant plus pressé que les objets historiques venaient et par- taient. « On a perdu une réserve im- portante pendant les années qui ont suivi l’indépendance », a-t-il regretté. Il a avoué qu’au départ, il voulait juste consacrer un espace de la kasma pour ces réserves. Mais le wali qui a accepté le projet, M. Bouaazgui en l’occurrence, a eu l’idée de construire une nouvelle bâ-

MUSÉE DU MOUDJAHID DE BORDJ BOU-ARRÉRIDJ

Un gardien de l’histoire

Situé entre la citadelle et le siège de l’APC, le musée du Moudjahid de Bordj Bou-Arréridj n’est pas seulement une structure culturelle importante de la wilaya, il est aussi un lieu chargé d’histoire, et pas seulement pour son contenu. Il abrite, en effet, le siège du bureau de wilaya des moudjahidine. Il est de ce fait le lieu de rencontre de la famille révolutionnaire.

le contenu de l’étage. Au deuxième étage se trouvent les bureaux du se- crétariat de wilaya de l’ONM bien sûr, mais aussi ceux de l’administra- tion du musée avec un service de col- lecte de la matière historique, un autre pour le traitement et le classe- ment et bien sûr l’administration. Les murs sont remplis de photos des pré- sidents de l’Algérie indépendante. Une partie est consacrée à la visite du Président Bouteflika dans la struc- ture. Une belle collection de tableaux représentant les mères de chouhada orne le lieu également. Elles sont re- présentées sous forme de roses avec leurs noms gravés dessus. Leurs en- fants tombés au champ d’honneur sont cités sur des feuilles vertes. Elles sont appelées, à juste titre, « El Khanssaouet », en référence à la célèbre poétesse arabe qui a perdu quatre de ses enfants dans une ba- taille contre les Perses. Des salons ont été disposés pour accueillir les délégations et les moud- jahidine qui se rendent dans les lieux. Justement les visiteurs sont nom- breux dans la structure particulière- ment durant les vacances scolaires. Les élèves peuvent voir sur place les objets utilisés par les moudjahidine et peuvent même leur parler et pourquoi pas prendre des photos avec eux. Ces visiteurs qui plongent dans l’histoire du pays ne sont pas dépay- sés à leur sortie. Deux canons sont disposés à l’en- trée de la structure. Ils rappellent le rôle joué par la porte de Zemmoura, qui était érigée également sur les lieux pour garder l’ancienne ville. Ce qui donne une troisième dimension à la structure à savoir sa position stratégique.

C’est d’ici que les caravanes se di-

rigeaient vers le nord de la wilaya. C’est pas pour rien que la rue Mebar-

kia Smaïl, perpendiculaire avec le boulevard Houari-Boumediène, est en fait le début de la RN 76. La ville a beaucoup changé comme en témoigne l’animation qui caracté- rise le boulevard qui passe à côté du musée. La mission des canons aussi. Ils ne sont pas là pour faire peur aux étran- gers mais pour une toute autre fonc- tion, garder l’histoire. F. D.

pour une toute autre fonc- tion, garder l’histoire. F. D. tisse sur le terrain actuel qui

tisse sur le terrain actuel qui offre l’avantage d’être bien situé et de ne

pas poser de problème de propriété.

Une moitié dépendait des Domaines, l’autre était un bien de l’APC qui a fait don de tout le terrain pour l’Or- ganisation. Le même wali qui est ac- tuellement à Blida a eu l’idée de faire

appel au volontariat pour concrétiser

le projet. Les travaux ont démarré en

l’an 2000, et ont permis de construire le rez-de-chaussée et un étage. Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, M. Noureddine Bedoui, qui l’a remplacé à ce poste, a pris à bras-le-corps le même projet et lui a même ajouté un autre étage qui abrite maintenant l’administra- tion du musée, ainsi que les locaux du bureau de wilaya de l’ONM. Il lui a donné son visage actuel. Il l’a égale- ment équipé. Il a surtout réglé le pro- blème de financement en confiant à l’APC du chef-lieu le règlement des affaires courantes comme les factures d’électricité et d’eau, l’entretien et le fonctionnement. Un lieu émouvant Une fois ces deux opérations ter- minées, la collecte pouvait commen- cer. Les moudjahidine, leurs ayants droit et les simples citoyens se sont prêtés avec amabilité, et pour certains avec une disponibilité totale, au jeu qui devait permettre de retracer l’his- toire de la wilaya en général et de la

Révolution en particulier, comme le montrent les objets disposés qui étaient hétéroclites mais classés de manière à présenter aux visiteurs les différentes étapes de la Révolution et

la variété des activités menées par ses membres. C’est ainsi qu’au rez-de- chaussée de la structure où plane le souvenir de son initiateur comme pour le protéger, une salle de confé- rences pour la tenue de séminaires

sur l’histoire et des ateliers d’entretien des tableaux et au- tres objets de col-

lection ont été aménagés. Le hall central est rempli de maté- riel médical avec des seringues et des boîtes de mé- dicaments sont exposés pour

montrer la pré- pondérance du rôle joué par le service de santé de la Révolution pour la réussite de cette dernière. Les câbles, des appareils de transmission avec leurs chargeurs rappellent l’activité intense du service non moins impor- tant de la communication. Les re- liures de numéros de l’époque du journal El Moudjahid soulignent quant à eux l’apport des services

d’information. Au premier étage consacré au dé-

roulement des batailles, des cartes si- tuant les positions de l’ALN, du découpage des régions et même des centres de l’armé coloniale sont pré- sentées. Des maquettes qui rappellent même le relief de chaque zone et les positions de unités de l’ALN sur son territoire ont été confectionnées.

Elles rappellent également les ba-

tailles importantes comme celle de Béni Laâlam située dans la commune de Tassameurt qui

a été marquée par

un accrochage vi-

rulent qui a montré

la force de l’ALN.

Les Français qui ont appelé un ren-

fort conséquent ont enregistré des pertes considérables. Les murs sont chargés de photos de chouhada. Le musée en compte 247. Leur vue est émouvante tant ils étaient jeunes et beaux. Les images de criminels de guerre comme Salan et Massu sont égale- ment exposés, pour ne pas oublier leurs méfaits. Une bibliothèque comptant plus de 300 titres complète

Des maquettes qui rappellent même le relief de chaque zone et les positions de uni- tés de l’ALN sur son territoire ont été confectionnées. Elles

l’ALN sur son territoire ont été confectionnées. Elles rappellent également les ba- tailles importantes, comme

rappellent également les ba- tailles importantes, comme celle de Béni Laâlam située dans la commune de Tassa- meurt qui a été marquée par un accrochage virulent qui a montré la force de l’ALN.

ANNEXE DU MUSÉE DU MOUDJAHID DE CONSTANTINE

Un lieu à forte charge historique et émotionnelle

L’effet est toujours le même. En pénétrant dans l’enceinte de l’annexe du musée du Moudjahed de Constan- tine, située à l’entrée de la cité Chaâb Erssas, juste à côté du complexe Hamlaoui, on est comme happés, sai- sis par la majesté des lieux. L’archi- tecture est pourtant rustique et la conception basique : pas d’ornemen- tations superflues ni de décors fas- tueux, comme si l’édifice voulait refléter la simplicité et l’humilité de ceux, héros reconnus ou anonymes, qui furent à la base d’une des plus grandes révolutions de l’histoire contemporaine. Le voyage dans le temps, celui de la bravoure désinté- ressée et du sacrifice de soi, est tou- jours une occasion pour les visiteurs, notamment les plus jeunes, d’être édifiés sur la foi et le courage de ces combattants de la liberté qui ont cru en un idéal, et tout donné pour l’at- teindre. En effet, aussi bien les armes rudimentaires que les effets person- nels exposés rappellent le grand dés- équilibre des forces existant alors entre l’armée de Libération et les troupes surarmées de la France colo- niale. À côté, c’est l’exposition de

la France colo- niale. À côté, c’est l’exposition de photographies de moudjahidine et de martyrs, ainsi

photographies de moudjahidine et de martyrs, ainsi que d’articles de presse d’époque, relatant des faits d’armes, parfois méconnus, qui constituent autant de jalons sur le chemin de l’indépendance. Cette an- nexe, inaugurée il y a treize ans, est de plus en plus fréquentée. Pour cer- tains, venir se recueillir, se ressourcer en ces lieux à forte charge historique

et émotionnelle est devenu plus qu’une habitude, un rituel. À en croire le personnel, l’établissement reçoit presque quotidiennement des délégations d’élèves issus de diffé- rentes écoles de la wilaya, et ce dans le cadre d’une convention signée entre le ministère des Moudjahidine et celui de l’Éducation. Cependant, la difficulté majeure concerne l’ac-

quisition d’objets à exposer. Selon le directeur, M. Mohamed Khacha, il

est devenu délicat de satisfaire la cu- riosité des visi- teurs : « Nous

avions lancé, à l’ouverture du musée, un appel aux dons auprès des moudjahidine encore en vie ou des familles pos- sédant des photo- graphies, des armes ou des ef- fets pouvant être exposées, et même si nous avions pu réunir un certain nom- bre de ces ob- jets, cela demeure, au vu de la capacité d’accueil des

lieux et de l’in- térêt grandissant de la population pour l’histoire de la Révolution, bien insuffisant. Nous ne pouvons que réi- térer notre appel, notamment en di-

rection de ceux qui veulent garder ce genre de souvenirs chez eux, en les assurant qu’ils seront conservés dans de bonnes condi- tions. » Il y a lieu de

rappeler qu’outre

l’exposition d’objets

rapport avec la

guerre de Libéra- tion, l’activité de l’annexe de Constantine du musée du Moudja- hed s’étale sur toute l’année, et consiste notamment en l’ac- cueil de conférences thématiques regrou- pant anciens com- battants, historiens et universitaires, l’organisation de vi- sites de sites et mo- t

en

« Nous avions lancé un appel aux dons auprès des moudja- hidine encore en vie ou des fa- milles possédant des photographies, des armes ou des effets pouvant être expo- sés, et même si nous avions pu réunir un certain nombre de ces objets, cela demeure, au vu de la capacité d’accueil des lieux et de l’intérêt gran- dissant de la population pour

l’histoire de la Révolution, bien insuffisant. Nous ne pouvons que réitérer notre appel, no- tamment en direction de ceux qui veulent garder ce genre de souvenirs chez eux, en les as- surant qu’ils seront conservés conditions. »

dans de bonnes

s historiques, ainsi que le recueil, à l’ef- fet de les consigner et de les archiver, de témoignages d’acteurs de la Ré- volution issus de la région. Issam B.

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Dimanche 1 er Novembre 2015

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12

o ssie r

EL MOUDJAHID

D 12 o ssie r EL MOUDJAHID MUSÉE DU MOUDJAHID DE SIDI BEL-ABBÈS Pages revisitées d’une

MUSÉE DU MOUDJAHID DE SIDI BEL-ABBÈS

Pages revisitées d’une résistance

Quelques équipements de transmission de l’époque du MALG, des armes et fusils de combattants et des effets vestimentaires criblés de balles de moudjahidine et moudjahidate sont exposés à l’entrée du musée fraîchement réceptionné, sans compter des dizaines de portraits de martyrs de la région accrochés tout le long du hall et autres documents historiques et des archives mis à la disposition des chercheurs et historiens. Des pages entières d’une résistance sont revisitées systématiquement au simple regard de ce décor évocateur d’une période d’oppression et d’injustice, et révélateur d’une résistance dans toutes les formes pour renseigner sur le prix payé par un peuple et les sacrifices consentis par la génération de Novembre pour arracher l’indépendance du pays. 53 ans se sont déjà écoulés, mais les blessures restent parfois fraîches et non encore cicatrisées au vu de leur profondeur.

L es moins jeunes se souviennent toujours de l’ordre établi prévalant au niveau de cette région envahie totalement et qua-

drillée régulièrement par les forces de la légion étrangère… A l’approche de toute célébration historique, notamment celle du déclenchement de la revo- lution, cet établissement de la mémoire s’érige en une véritable ruche bourdonnante de par cet engouement manifesté par les collegiens, les ly- céens et les universitaires avides de s’informer des fait et événements de ce combat livré contre l’occupant. «Je trouve que notre histoire n’est pas suffisamment enseignée ou expliquée d’une manière académique à cette génération mon- tante pour saisir justement sa portée et relever la dimension de ses artisans…», s’exclame Mohsen de la faculté des sciences humaines tout en visitant les stands de ce musée dont le regard se fixe sur les portraits de ces martyrs tombés au champ d’honneur pour que vive l’Al- gérie. «Il est impératif aujourd’hui que l’univer- sité s’implique dans cette œuvre d’écriture âpres plus de 50 ans d’indépendance pour per- pétuer le message de Novembre et l’idéal de ses fondateurs. En clair, lui inculquer les valeurs de cette Révolution grande par l’union et la soli- darité du peuple et imposante par la foi et l’en- gagement de ses artisans… réplique son camarade Samir, plus pragmatique dans ses ju- gements âpres avoir passé en revue l’itinéraire de quelques héros de cette lutte animés unique-

de quelques héros de cette lutte animés unique- ment par un idéal et guidés par leur

ment par un idéal et guidés par leur amour pour la patrie. Une simple et furtive rétrospective de cette résistance de cette région autrefois Zone cinq de la wilaya V, est indicatrice de cette adhésion populaire autour de ses dirigeants et de ses héros ou tout bonnement de ses combattants dans les maquis ou en milieu urbain en dépit de la forte présence de la légion étrangère à l’image du responsable de l’OCFLN, le chahid

Boumelik Abdelkader exécuté suite à la sen- tence du tribunal militaire d’Oran dans sa pre- mière session en décembre 1956. Dans les zones rurales, la même dynamique de résistance était maintenue à travers les batailles menées et les embuscades tendues par Si Belahcen, Tahar Moustache, si Abdelkrim, si Lazhari, Si Khel- ladi et autres héros en prise avec la réalité d’un terrain et soutenus dans leurs actes de lutte pour mieux neutraliser l’ennemi et semer le doute

dans ses rangs. Aucune couche n’est restée en marge de cette résistance impliquant ainsi la femme pour ren- forcer un effectif et donner de la résonance à une révolution déclenchée effectivement au nom du peuple dans toutes ses composantes. Les moins jeunes se souviennent encore des sœurs Tayeb Brahim, Affane Fatima, Adhim Fatiha, Mekkaoui Zoulikha, Soraya Bendime- red, Chadia et autres, cette vague de jeunes filles en avance sur leur temps et si attachées à leur authenticité ayant opté pour le sacrifice. Bref, un veritable patrimoine d’archives à ex- plorer et à vulgariser pour la perpétuité de l’œu- vre et la pérennité d’un serment prêté par nos glorieux martyrs, le serment de libérer le pays et de défendre par le sang la souveraineté de son peuple… Le musée qui porte le nom du chahin Boulin Abdelkader est devenu cette référence pour les investigations et les recherches de l’histoire de la Zone cinq, du parcours et de l’esprit d’organisation de ses responsables et la bravoure de ses combattants. Une convention a été signée récemment avec l’université Djilali Liabes pour une exploration du patrimoine his- torique, l’exploition des informations et l’éla- boration d’un document de base permettant aux futures générations de s’imprégner du climat d’une époque pour mieux préserver les acquis de l’Algérie souveraine et indépendante. A. Bellaha

MUSÉE ET MANUFACTURE D’ARMES DE L’ÉMIR ABDELKADER DE MILIANA

Les gardiens de la mémoire

C’est pratiquement le cœur et la mémoire de la ville de Miliana, de l’Algérie, de son histoire, de sa résis- tance, du sacrifice de ses enfants à travers des générations jusqu’à celle de Novembre qui a allumé la mèche du détonateur de la glorieuse Révo- lution qui a fini par mettre fin à 132 années d’occupation coloniale. Dar El-Emir, une bâtisse de style mau- resque qui a hébergé l’Emir Abdelka- der lors de son passage dans cette ville, a été restaurée et sert désormais de musée. Un musée qui a fait l’objet d’une extension et qui offre pour le visiteur une plongée dans l’histoire de l’Algérie, depuis l’époque ro- maine jusqu’à l’indépendance à tra- vers ses différentes salles d’exposition. Des pièces, des objets qui racontent l’histoire, des pièces numismatiques, aux armes, de l’éten- dard de l’Emir Abdelkader aux pho- tographies des chouhadas, c’est toute l’histoire qui défile. Des objets inertes qui retrouvent leurs âmes quand vient le visiteur et quand le di- recteur du musée, Boualem Bouyahia les raconte avec force détails. Incon- tournable pour le visiteur, le musée l’est aussi pour les délégations offi- cielles, pour les sorties éducatives scolaires et des étudiants. Gardien de la mémoire, le musée abrite égale- ment en sa médiathèque les rencon-

musée abrite égale- ment en sa médiathèque les rencon- tres littéraires ou historiques comme celle organisée

tres littéraires ou historiques comme celle organisée en cette dernière se- maine d’Octobre sur les crimes du colonialisme français durant la pé- riode 1945-1962. Deux conférences au programme, l’une donnée par un enseignant de l’université Djillali Bounâama de Khemis Miliana et l’autre par une étudiante qui en avait fait son sujet de mémoire, suivies par le témoignage de trois moudjahi- dines. En face, un parterre composé d’élèves-gendarmes, de jeunes scouts et des collégiens et lycéens. Une ren- contre entre la génération de Novem- bre et celles d’aujourd’hui, une transmission et une consolidation de cette mémoire collective. En contre-

bas de la ville de Miliana, un autre musée, la fabrication d’armes de l’Emir Abdelkader. Une structur éga-

lement restaurée et qui reproduit la vie et l’activité qui prévalait lors de l’arrivée de l’Emir Abdelkader et le

choix de cet emplacement pour s’ins- taller et usiner les armes nécessaires pour son combat contre l’envahisseur français. Son directeur veille à la conservation des différentes pièces d’époque, des objets matériels qui re- produisent cette richesse immatérielle de l’histoire de l’Algérie. « Notre rôle éducatif est complémentaire de l’école, c’est ce que nous essayons de donner aux jeunes écoliers qui vien- nent en visite». Nous veillons toujours à donner une âme au musée, en faire réellement un centre de rayonnement culturel, nous avons de ce fait élargi mes activités avec l’organisation de conférences et d’activités culturelles ». A. M. A.

Quand l’esprit de Novembre souffle…

Pas plus haut que trois pommes, Abdelghani élève en quatrième année primaire, contemplait des photographies de chouhadas exposées dans le hall d’entrée du Musée Emir Abdelkader de Miliana. Le Musée abritait une conférence historique sur les crimes du colonialisme français durant la période 1945-1962. Son air interrogatif nous pousse à nous en approcher. « Ce sont tous des chouhada ?» questionne-t-il « Oui mon enfant, toutes ces photos et tout ces portraits sont ceux de chouhada » à mon tour je l’interroge «que veut dire le terme chouhada, qu’ont-ils fait ». « Ils ont combattu la France parce qu’elle est rentrée de force dans notre pays, c’est mon grand-père Allah yararhmou qui était moudjahid qui m’en a parlé. Il me racontait à chaque fois ce que les moudjahidines et les chouhada ont fait pour libérer l’Algérie du colonialisme» et si par malheur on venait à coloniser de nouveau l’Algérie que feras-tu ? La réponse de l’enfant est catégorique «jamais je ne le permettrai, j’aime l’Algérie, c’est mon pays et je les combattrai comme mon grand père». Les chouhadas peuvent désormais reposer en paix, le message transcrit en lettres de sang, le message transmis par Kassamen est arrivé aux générations d’aujourd’hui. A. M. A.

MUSÉE DE TLEMCEN

Un haut lieu du souvenir

Le musée régional du Moudjahid, implanté sur site du plateau de Lalla Setti a été inauguré le 13 octobre 2008 par le Président de la Répu- blique, Abdelaziz Bouteflika. Il a pour mission de la collecte, la récupération, l’enrichissement des collections, la conservation, la restauration, la présentation, l’information et la diffusion pa- trimoine historique et culturel relatif à la résis- tance populaire, au mouvement national et à la révolution de libération nationale, selon les textes en vigueur. D’autres annexes sont ou- vertes à Ain Témouchent, Mostaganem, Oran,

Sidi Bel Abbès, Saida, Mascara, Relizane, El Bayadh,Adrar, Béchar, Naâma et Tindouf. Dans ce contexte, cette structure, dans le cadre de l’écriture de l’Histoire nationale, une série de té- moignages ont été réalisés avec les moudjahi- dates et moudjahidines, de même que la production de six vidéos sur la torture, les lignes de la mort, Reggane la plaie empoisonnante, le chahid commandant Ferradj, le cessez-le-feu :

un combat d’un siècle et trente-deux années, un crime qui refuse d’être oublié. D’autres projets sont en cours, a indiqué Farid Djouaher, le di-

recteur du musée. En plus de l’édition pério- dique des fascicules de l’histoire et de la sym- bolique. Dans ce cadre, des journées d’études furent organisées sur la torture, les crimes et la résistance populaire. Une bibliothèque dotée de documents historiques, d’ouvrages, des travaux académiques et le tout sur la thématique de la lutte de libération nationale est ouverte pour tous les lecteurs, les universitaires, les chercheurs, doctorants intéressés par le volet de la recherche. Au musée, il y a un important espace où d’an- ciennes photos des martyrs tombés au champs

d’honneur lors de la lutte de Libération nationale sont exposées, de moudjahidines, de documents historiques, d’habits vestimentaires, de matériels transmission, des armes, fusils, revolvers, de mines anti-personnel, une exposition sur les lignes Challe et Maurice, une guillotine, etc. Des visiteurs rencontrés sur place à l’occa- sion de la célébration de la fête du 1 er Novembre nous ont déclarés «nous sommes très émus cette exposition au musée national avec des photos et documents importants». M. Gadiri

Dimanche 1 er Novembre 2015

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EL MOUDJAHID

o ssie r

D 13 EL MOUDJAHID o ssie r C ette structure, mise en activité en 2007 et

C ette structure, mise en activité en 2007 et inaugurée officiellement au mois de mai 2011, comprend un rez-de-chaussée et

deux niveaux supérieurs où sont conservés des documents sur la Révolution du 1 er Novembre, des photos de chouhada et de moudjahidine de la wilaya, et autres écrits historiques de cette pé- riode témoignant des hauts faits et batailles qui

ont eu lieu dans la région de Béni Chougrane. Le musée accueille des visiteurs des établissements scolaires, de l’université, des CFPA, des jeunes de différents âges des centres culturels et des maisons de jeunes, soit au total plus de 3.095 au cours de l’année précédente, nous apprend M elle Khadidja Bouramla, la responsable du musée du Moudjahid qui comprend des salles d’archives et de conservation des manuscrits ayant trait à l’histoire de la Révolution dans la région. La grande salle de lecture, dans la bibliothèque du musée, située au premier étage, compte plus de 3.273 ouvrages et plus de 1.500 titres, des ou- vrages édités par le ministère des Moudjahidine et le Centre national de s études et de dans le mouvement national et la Révolution du 1 er No- vembre 1954, ainsi que des publications du mi- nistère de la Culture et de l’université de Mascara, celle d’Oran et d’autres universités al- gériennes, plus de 2.695 lecteurs ont rendu visite à la bibliothèque du musée. Le musée possède une grande salle de conférences. Une grande fresque orne l’entrée sur laquelle sont sculptés et inscrits et en lettres d’or, les noms de chouhada de la région, où l’on a dénombré plus de 6.600 martyrs. Les activités du musée sont multiples et diverses, pour revivifier un patrimoine culturel et historique. «Situé au centre-ville, à quelques mètres du siège de la wilaya, le musée est bien géré et en- tretenu par une équipe jeune et dynamique. Tous les documents du patrimoine historique sont bien conservés et font la joie des étudiants, profes- seurs et chercheurs avides de connaître l’histoire de la Révolution et de mouvements d’insurrec- tion de la résistance populaire face aux coloni- sateurs de 1830 à 1962. Disposant d’un son équipement en matériel informatique et audiovi- suel afin d’archiver et d’informatiser tous les do- cuments et photos en notre possession», insiste le responsable de l’établissement. Et de poursui- vre : «Le musée pourvu de bureaux, de tables, de chaises et d’armoires pour le classement des archives dans de bonnes conditions de préserva- tion.» La structure a aussi un système de clima-

MUSÉE DE MASCARA

Une source inépuisable de témoignages

Le musée du Moudjahid dédié à la glorieuse guerre de Libération nationale a été créé le 27 novembre 2006, suite à un proto- cole d’accord entre le ministère des Moudjahidine, et celui des Finances.

entre le ministère des Moudjahidine, et celui des Finances. tisation et d’ameublement de la pièce réservée

tisation et d’ameublement de la pièce réservée aux invités d’honneur. Véritable acquis pour la population locale et des régions limitrophes, le musée fait l’objet d’une attention particulière du fait qu’il renferme

guerre des fermes, en septembre 1956, menée par des combattants de l’ALN, à leur tête le moudjahid si Abdelmalek. Une journée symbo- lique chargée d’histoire au cours de laquelle des moudjahidine de la zone 5, sous le commande-

Véritable acquis pour la population locale et des régions limitrophes, le musée fait l’objet d’une attention particulière du fait qu’il renferme en son sein une collection de photos de chouhada locaux et des régions environnantes. Des documents, des correspondances échangées entre les moudjahidine, des coupures de jour- naux, autant d’archives d’une valeur inestimable classées et gardées jalousement mis à la disposition d’universitaires et de chercheurs désireux écrire l’histoire du pays en général et celle de Mascara en particulier qui fut le théâtre de hauts faits d’armes.

particulier qui fut le théâtre de hauts faits d’armes. en son sein une collection de photos

en son sein une collection de photos de chouhada locaux et des régions environnantes. Des docu- ments, des correspondances échangées entre les moudjahidine, des coupures de journaux, autant d’archives d’une valeur inestimable classées et gardées jalousement mis à la disposition d’uni- versitaires et de chercheurs désireux écrire l’his- toire du pays en général et celle de Mascara en particulier qui fut le théâtre de hauts faits d’armes. Citons, entre autres, l’attaque et la

ment, firent irruption dans les fermes co- loniales du douar Eddrawiche, à quelques encablures de la ville de Tighennif. Les moudja- hidine soutenus par les habitants de la localité procèdent au sabotage, au saccage et à l’incendie de 14 fermes appartenant à des propriétaires ter- riens parmi les riches colons de la région. Un acte héroïque pour ébranler l’armée coloniale. Un témoin, Bessous Athmen, coiffeur de son état aujourd’hui, a raconté qu’il avait seize ans au moment du fait et il sortait lui et ses copains du

cinéma Douniazed de la ville après avoir vu un film western, le Cavalier noir, où ils s’aperçurent «de grandes flammes visibles à des kilomètres à la ronde tant le brasier était si important». «Tous les habitants de la ville sortaient de chez eux, ainsi que les colons et les résidents français pris de panique après avoir été informés de cet incen- die. Ils nous ont traités de tous les noms et nous pourchassaient à coups de pierres et de gourdins en guise de représailles et de vengeance devant l’indifférence des agents de police», a-t-il ajouté. La veuve du moudjahid Benaoum Benzerga nous indique en outre que cet événement à été longuement commenté par la presse française coloniale de l’époque, notamment la presse écrite, tant le retentissement de cette offensive, qui a vu le saccage et la destruction par le feu de 26 fermes de colons, ainsi que des pertes hu- maines parmi les occupants de ces fermes sur ce site murement choisi pour semer la peur et la pa- nique parmi les colonisateurs spoliateurs des terres de citoyens de la région, ainsi que la ba- taille de Djebel Menaouar, pour ne citer que ces hauts faits de l’histoire de la wilaya de Mascara ville. «Nous avons le devoir de transmettre l’his- toire de la Révolution aux générations futures», explique Mohamed, un moudjahid que nous avons rencontré sur les lieux. Et de poursuivre :

«Si la quarantaine de moudjahidine toujours en vie n’ont plus, vu leur âge, les capacités pour se remémorer des événements auxquels ils ont par- ticipé ou en tant que témoins, le musée avec ses archives reste une source inépuisable pour connaître l’histoire et l’itinéraire de ceux qui ont fait la Révolution.» Notre interlocuteur interpelle toutes les parties concernées afin d’accorder un peu plus d’attention au musée. Il lance aussi un appel aux familles de chouhada et aux moudja- hidine pour alimenter le musée en archives et tout autre objet datant de la guerre de Libération qu’ils détiennent. Il invite enfin les autorités lo- cales à s’impliquer davantage, en tant que res- ponsables, en collaboration avec la coordination des moudjahidine dans les célébrations des fêtes nationales en leur accordant le cachet qu’elles méritent. Le futur musée de l’émir Abdelkader, d’un programme global de 6.000 m², est projeté sur un terrain de plus d’un hectare, situé au cœur de la ville de Mascara, entouré de projets de haute importance culturelle et historique. Artisan incontestable de l’histoire, l’émir Abdelkader, né à Mascara en 1808, a mené, pendant 17 ans, une résistance héroïque contre la conquête coloniale française et mis en place les bases de l’unité al- gérienne moderne.

A. Ghomchi

MUSÉE DU MOUDJAHID D’IFRI

Un lieu de pèlerinage pour les nouvelles générations

Situé à 8 kilomètres du chef-lieu de la commune d’Ouzellaguen, appelée également commune Ighzer Amo- krane, et niché en plein milieu d’une forêt verdoyante, entouré d’un en- semble de maisons de style kabyle avec des murs en pierres et des tuiles rouillées, le musée d’Ifri domine le village et se positionne en haut lieu de pèlerinage qui accueille chaque jour des dizaines de visiteurs pour dé- couvrir les valeureuses pages de l’histoire écrites, lors d’un congrès historique tenu sur le lieu un 20 août 1956 avec les chefs de régions et des moudjahidine qui ont prêté serment de libérer le pays du joug colonial. Ce musée qui demeure le symbole de cette héroïque lutte de libération a été inauguré en 1984 par le défunt Prési- dent Chadli. En cette occasion, ce lieu a accueilli la grande vedette Warda El-Djazaïria qui chanta pour la première fois «le congrès à Ifri». Dès lors, le musée d’Ifri est inscrit dans le patrimoine historique de l’Al- gérie. Constitué d’une grande salle où sont exposés, sur les murs et dans des armoires vitrées sécurisées, des vieilles armes et munitions, des por- traits de martyrs et moudjahidine, des tenues de moudjahidine, dont celle du colonel Mira Abderrahmane, des ma- nuscrits et coupures de journaux, ainsi qu’un drapeau national confec- tionné a la main et qui date de 1954. Du côté opposé, sont exposés des hé- lices d’hélicoptères, des chaussures et treillis, des casques et des canons rouillés. Juste à côté de cet endroit d’exposition, se dresse une biblio-

côté de cet endroit d’exposition, se dresse une biblio- thèque avec plus de six cents ouvrages

thèque avec plus de six cents ouvrages destinés essentielle- ment aux étu- diants, chercheurs et enseignants qui se documentent sur l’histoire algé- rienne. Ce musée, qui dépend du

musée régional de Tizi Ouzou, est dans un état de déla- brement avancé par le manque d’en- tretien et surtout l’absence

Les visiteurs qui affluent vers le musée effectuent également

une virée à la vieille maison, constituée de deux petites pièces, qui a abrité les travaux du congrès de la Soummam, le 20 août

1956. Ainsi, le musée d’Ifri, qui demeure incon

testablement un

de réhabilitation to- tale avec une étude et réalisation, avec de grosses réparations a été élaborée et trans- mise au secteur de la Culture, mais, pour l’instant, il n y a au-

cune opération enga- gée ni travaux lancés et qui sont inclus dans le programme communal de développement. Néan- moins, l’APC intervient en faveur de ce musée en lui assurant le mazout

mérite une attention plus particulière avec le

d’autonomie locale pour sa gestion et son fonctionnement. Selon le se- crétaire général de la commune d’Ouzellaguen, «une fiche technique

symbole de cette lutte armée qu’a menée le peuple algérien,

lancement des

travaux de réhabilitation et surtout la délocalisation de sa ges- tion vers la direction des moudjahidine de Béjaïa.

pour le chauffage, le transport pour les déplacements et le pavoisement des lieux dès que les besoins sont ex- primés». Par ailleurs, la stèle érigée à l’entrée de ce musée ne comporte au- cune liste de martyrs de la région, comme nous l’a bien souligné Ami Mohand Arab, un moudjahid de la lo- calité : «En plus qu’aucun martyr n’est inscrit sur cette stèle, le musée nécessite des grosses réparations pour qu’il retrouve sa vocation de lieu d’information et de documenta- tion sur l’histoire de l’Algérie. De- puis 1984, les choses n’ont pas changé ici, bien que le village ait bé- néficié d’un programme de dévelop- pement avec la route qui est goudronné, les chemins bitumés, une école pour les enfants, une adduction d’eau potable, tout cela grâce à l’im- plantation de ce musée qui est visité très fréquemment, surtout en période d’été avec les festivals et les visites organisées où le nombre de visiteurs dépasse les 500 personnes jours.» Mais ces visiteurs qui affluent vers le musée effectuent également une virée à la vieille maison, constituée de deux petites pièces, qui a abrité les travaux du congrès de la Soummam, le 20 août 1956. Ainsi, le musée d’Ifri, qui demeure incontestablement un symbole de cette lutte armée qu’a menée le peuple algérien, mérite une attention plus particulière avec le lan- cement des travaux de réhabilitation et surtout la délocalisation de sa ges- tion vers la direction des moudjahi- dine de Béjaïa. M. Laouer

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D 14 o ssie r EL MOUDJAHID BATAILLE DE TIGHREMT (MAKOUDA) Premier accrochage entre les moudjahidine
D 14 o ssie r EL MOUDJAHID BATAILLE DE TIGHREMT (MAKOUDA) Premier accrochage entre les moudjahidine

BATAILLE DE TIGHREMT (MAKOUDA)

Premier accrochage entre les moudjahidine et l’armée coloniale

Bien que tous les villages et hameaux de la wilaya de Tizi Ouzou aient été le théâtre de batailles héroïques livrées par de valeureux combattants de l’ALN depuis le déclenchement de la guerre de Libération nationale, le lieu-dit Tighremt, du village Tazrart, commune de Makouda, à une vingtaine de kilomètres du nord du chef-lieu de wilaya de Tizi Ouzou, restera intimement lié au déclenchement de la Révolution de Novembre 1954, du fait qu’il a été le lieu où s’est dé- roulé le premier accrochage armé entre l’armée d’occupation et les premiers moudjahidine de la Wilaya III historique, et ce un certain 14 novembre 1954, soit à peine deux semaines de la première étincelle annonciatrice du début de la Révolution algérienne, selon un témoignage recueilli auprès du moudjahid Si Ahmed Morsli, qui avait à l’époque des faits 15 ans.

S elon ce moudjahid, qui avait re- joint le maquis en 1958, la ba- taille de Tighremt a eu lieu dans

la journée du 14 novembre 1954, date

à laquelle l’armée coloniale française

avait entrepris une opération de ratis- sage des maquis de la région de Ma- kouda, une région connue pour être un fief de militants nationalistes de- puis 1945, d’où d’ailleurs la décision des autorités coloniales de passer au peigne fin les maquis de cette région, en signe de représailles de la partici- pation de ses enfants au déclenche-

ment du 1 er novembre 1954. Avant de poursuivre son récit sur cette bataille héroïque, notre interlocuteur a tenu à préciser que la section de Makouda du MTLD, dirigé le chahid Ali Rabia, dit Si Ali Cheikh Mhend, comptait à l’époque près de 700 militants-adhé- rents, dont plus de 80 personnes avaient participé aux premières ac- tions annonciatrices du déclenche- ment de la guerre de Libération nationale. Sur ces 80 moudjahidine, quatre avaient participé en compa- gnie du colonel Amar Ouamrane, à l’attaque contre une caserne à Blida et un dépôt de chêne-liège à Boufa- rik, a-t-il ajouté, avant de poursuivre sa narration. Alors que les soldats de l’armée coloniale ramenés à bord de cinq camions GMC s’apprêtaient à descendre des camions pour entamer leur opération de ratissage, des moudjahidine, 11 à 12, recherchés depuis des années par les autorités coloniales pour leur militantisme en faveur de l’indépendance, étaient em- busqués derrière des rochers et des oliviers, tiraient avec sang-froid en direction du convoi et des soldats à bord. Pris de panique, les soldats de

et des soldats à bord. Pris de panique, les soldats de l’armée coloniale tombaient un par

l’armée coloniale tombaient un par un des camions pour se réfugier sous les véhicules criblés de balles, tout en ripostant aux tirs des valeureux com- battants de la liberté. Au bout de plu- sieurs heures d’accrochage avec les soldats de l’ennemi, le chahid Akli Babou, qui était chef de ce groupe de premiers moudjahidine, ordonna à ses compagnons de se replier pour ne pas subir beaucoup de perte, vu le nombre important de soldats ennemis et les armes lourdes qu’ils portaient. Plusieurs soldats de l’armée coloniale avaient été tués et plusieurs autres blessés, dont l’officier chef du convoi tombé dans le guet-apens tendu par ces valeureux moudjahidine, notam- ment Kasri Si Ouakli, natif de Sidi

Naâmane, encore vivant, mais ma- lade, Babou Ali, natif de Makouda (chahid), Arab Mouhamed, natif éga- lement de Makouda (chahid) et You- trane Chaâbane, natif d’Ighil Imoula (chahid), et Moh Ouyedir (chahid). Du côté du groupe de moudjahidine qui avait résisté pendant plusieurs heures à l’arsenal militaire des sol- dats ennemis, on a déploré la mort au champ d’honneur de Arab Mohamed et Moh Ouyedir, nous a indiqué le moudjahid Si Morsli, en soulignant le courage et la détermination de ces hommes à en découdre avec le convoi de la soldatesque coloniale qui était de surcroît surarmée par rap- port aux armes que portaient les moudjahidine. Pour notre interlocu-

teur, la bataille de Tighremt est cer- tainement la première bataille qui eu lieu dans la Wilaya III historique, dès lors qu’elle était intervenue à moins de deux semaines de l’annonce du déclenchement de la Révolution de l’indépendance et avant même la constitution des organes de cette Ré- volution. Cela, n’est pas étonnant, vu l’engagement précoce de la popula- tion de Makouda depuis les années 1940 en faveur de la lutte armée pour le recouvrement de l’indépendance nationale. Makouda comptait à l’époque plus de 700 de ces quelque 6.000 habitants de l’époque, militants nationalistes, dont plusieurs étaient déjà recherchés par les autorités co- loniales pour leurs activités en faveur

de l’indépendance. La population lo- cale a subi au lendemain de ce pre- mier accrochage avec l’armée coloniale au niveau de la Wilaya III historique d’insupportables repré- sailles commises par les soldats en- nemis, nous a indiqué M. Si Morsli, en affirmant que des citoyens avaient été torturés dans les prisons colo- niales pour les contraindre à renoncer à leurs activités en faveur du recou- vrement de l’indépendance. Conscient de l’engagement sans faille de la population de cette région du nord de la wilaya de Tizi-Ouzou, située non loin de la dense forêt de Mizrana, fief des moudjahidine, les autorités coloniales y ont implanté pas moins de six casernes militaires pour venir à bout de cette résistance populaire. Mais c’étaient sans comp- ter sur la détermination de la popula- tion à poursuivre sa lutte armée contre la présence coloniale dans cette région en particulier et dans le territoire national en général. Malgré cette présence massive de l’armée co- loniale, la région n’a pas renoncé à son engagement. Elle a poursuivi sa résistance face à la présence coloniale jusqu’à l’indépendance nationale en sacrifiant pas moins de 450 de ses va- leureux fils, tombés au champ d’hon- neur dans les quatre coins du pays. Aujourd’hui, un mémorial est érigé sur le lieu de la bataille du 14 novem- bre 1954, en signe de reconnaissance aux sacrifices de la dizaine de pre- miers moudjahidine de la région ayant inscrit leur nom en lettres d’or dans la mémoire collective de la Wi- laya III historique. B. A.

IGUERSAFENE, LE VILLAGE AUX 99 MARTYRS

Au cœur de la Révolution

Iguersafène, village du chef-lieu de la com- mune Idjeur, daïra de Bouzeguen, près de 70 ki- lomètres à l’extrême Est du chef-lieu de wilaya de Tizi-Ouzou, est un village de martyrs par ex- cellence. Niché dans le dense et étendu massif forestier de l’Akfadou, le village Iguersafène a été au cœur de la glorieuse Révolution de No- vembre 1954 de par l’engagement précoce et massif de ses habitants dans le combat libéra- teur qui venait d’être déclaré à travers tout le territoire national contre le colonialisme fran- çais. Dès l’annonce du début de la lutte armée contre la colonisation, les habitants de ce vil- lage, qui souffrait de la rudesse de la nature et aussi et surtout de l’injustice de l’administration coloniale, se sont mis au service des premiers maquisards qui commençaient à signer leur ap- parition dans le massif forestier de l’Akfadou qui sera plus tard l’un des quartiers généraux du valeureux chef de la Wilaya III historique, le colonel Amirouche. Vu sa situation géographique, difficile d’ac- cès et sa forêt dense, ce village de martyrs était un refuge sûr et sécurisé pour les moudjahidine qui transitaient pour se rendre à d’autres ré- gions. Les combattants de l’Armée de libération nationale (ALN) étaient accueillis à bras ou- verts par les habitants de ce village épris de li- berté et décidés à en découdre avec l’administration coloniale qui les privait des droits les plus élémentaires. De l’hébergement

à l’approvisionnement en denrées alimentaires

et vestimentaires, les « moussebeline» de ce vil- lage ne lésinaient sur aucun effort, voire ne re- culaient devant aucun risque pour accueillir et protéger les moudjahidine qui y transitaient et préparaient des projets d’embuscades contre

et préparaient des projets d’embuscades contre l’armée coloniale qui faisait subir de pires atro- cités

l’armée coloniale qui faisait subir de pires atro- cités aux populations «indigènes». En plus qu’il était un centre de transit des moudjahidine, le village Iguersafène était également le théâtre de plusieurs embuscades et batailles entre les com- battants de l’ALN et l’armée coloniale. La po- pulation de ce village poursuivait son activité de soutien aux maquisards jusqu’au jour où l’armée coloniale avait été renseignée sur son engagement en faveur de la lutte armée pour l’indépendance. S’ensuivit alors de vastes et non moins criminelles opérations de repré- sailles contre la population de ce village dont plusieurs des habitants avaient été arrêtés et tor- turés dans les prisons coloniales, selon des té- moins ayant été au cœur ces événements. Le

village avait été encerclé par l’armée coloniale fortement équipée après cette vague opération d’arrestation de militants nationalistes, dont Akli Mohand Ameziane qui a été arrêté en pos- session d’un pistolet. Le 4 décembre 1957, en plein saison hivernale, l’armée coloniale avait, après avoir encerclé le village, évacué tout le village de sa population et mis le feu aux habi- tations avant de lancer un déluge de feu à coup de mortiers sur ce village le détruisant entière- ment. Le village totalement détruit, sa popula- tion, la mort dans l’âme après avoir perdu ses biens, dont le bétail, avait pris le chemin de l’exile vers des localités voisines. Toutes ces atrocités subies par la population de ce village n’ont toutefois pas amené ces habitants à renon-

cer à leur engagement pour la libération de notre pays du joug colonial. Bien au contraire, elles n’ont fait que renforcer la détermination de ces derniers à poursuivre leur engagement et leur lutte contre l’armée coloniale en rejoignant en grand nombre les maquis de l’ALN à travers le territoire de la Wilaya III historique et dans les autres wilayas. Quatre-vingt-dix-neuf de ces hommes qui avaient rejoint les maquis de l’ALN sont tombés au champ d’honneur les armes à la main. Neuf parmi ces valeureux cha- hids n’ont pas de sépultures à ce jour, selon les témoignages. Ces noms sont gravés en lettres d’or au musée aménagé au niveau du cimetière des Martyrs du village. Ils sont là, comme meil- leurs témoins des sacrifices consentis par la gé- nération de Novembre 1954 pour que l’Algérie soit aujourd’hui libre, indépendante, une et in- divisible. Certains de ces moussebeline ayant été d’un grand apport à la glorieuse Révolution de Novembre 1954 sont toujours vivant et gar- dent intacts leurs mémoires quant à la glorieuse histoire de leur village martyrs. Aujourd’hui, ils sont fiers d’avoir choisi le camp des combat- tants de la liberté. Parmi ces moudjahidine, MM. Saïd et Mohand Raab, respectivement 83 ans et 71 ans, Amar Kassouri, 77 ans et Kes- souar Mohand, 84 ans, qui sillonnaient les ré- gions à travers des forêts à la recherche des denrées alimentaires et autres approvisionne- ments au profit des moudjahidine. Ils sont fiers d’avoir été au service des maquisards en dépit de tous les risques qu’ils avaient encourus et les atrocités, dont certains moussebeline avaient subi dans les geôles de la colonisation. Bel. Adrar

Dimanche 1 er Novembre 2015

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en page 1 31/10/15 20:50 Page1 D EL MOUDJAHID o ssie r 15 L’USMBA BOYCOTTE LA

L’USMBA BOYCOTTE LA FINALE DE LA COUPE D’AFRIQUE DU NORD, ÉDITION 1956, À LA SUITE DE L’APPEL DU FLN

L’esprit de sacrifice

Autour d’un duo de choc, en l’occurrence Larbi Ben Barek et Nehari Miloud, deux professionnels évoluant dans l’hexagone venus renforcer un groupe composé de jeunes, à l’image des Dey, Benyounès, Guella, Daouadji, Argoub, Djalti, Hamada, les frères Bendimred, Kebir et autres, l’USMBA, sous la présidence du D r Hassani, avait mis le paquet, cette saison-là, pour tenir tête et concurrencer l’autre équipe de Bel-Abbès, celle des colons et l’ennemi de toujours, le SCBA.

U ne talentueuse formation qui dominait le championnat de l’époque, par la richesse de

son effectif, le talent et les perfor- mances de ses individualités recru- tées parfois à partir des rangs de la

légion étrangère. Une véritable dua- lité était livrée entre ces deux clubs dont les couleurs revêtaient une forte symbolique et évoquaient une rivalité

constamment entretenue. D’un côté, l’USMBA en vert et rouge, et, de l’autre, le SCBA en bleu et blanc, la motivation était systéma- tique pour s’en passer en fait des conseils et consignes de l’entraîneur-

joueur cheikh Larbi Ben Barek

cette saison 1955-1956 fut exception- nelle pour les coéquipiers de Dey promu pour la première fois au poste de titulaire dans les bois en surmon- tant tous les obstacles et se permet- tant même d’éliminer de la course la redoutable équipe de Casablanca. Des exploits ayant donné de l’es- poir et de la confiance à ces milliers «d’indigènes» qui s’identifient dans cette glorieuse équipe musulmane as- surément compétitive par la foi et l’engagement de ses joueurs habitant dans les cités populaires et évoluant dans la precarité. Des joueurs qui ne franchissaient guère les frontières du vieux quartier El-Graba, ce foyer du nationalisme et de résistance pour s’attabler à la place du Tahtaha et res- ter à l’écoute le plus souvent de ces vieux militants de la cause nationale. Une proximité qui les encourageait à

Et

maintenir une cadence, à fournir des efforts supplémentaires et à surpasser toutes les épreuves en dépit de la fai- blesse, voire l’inexistence des

en dépit de la fai- blesse, voire l’inexistence des moyens. Une forme de résistance était exprimée

moyens. Une forme de résistance était exprimée sans doute pour ac- compagner l’œuvre et l’action de l’OCFLN fortement implantée dans la cité et impliquer ces milliers de supporters attachés aux couleurs de cette équipe qu’on avait créée en 1933 sous l’appellation de l’union sportive musulmane belabesienne dans la vieille mosquée. Ses princi-

paux fondateurs Sellem Ali, Mami Abdeslem et Bendimred Belkacem, les premiers nationalistes également et Messalistes surtout, avaient à l’es- prit de mobiliser les foules et de constituer une équipe à même de ri- valiser avec celle des colons. Après un début quelque peu ta- tillon, cette formation s’est forgée et aguerrie pour connaître des ascen-

sions fulgurantes et rejoindre le palier du SCBA. Un vœu était exaucé en at- tendant de relever le défi celui de bat- tre cette coriace équipe et de lui tenir tète à chaque confrontation. Les an- ciens se rappellent encore de ces der- bys belabbesiens généralement marqués par des interpellations et des arrestations, ou encore un dispositif sécuritaire impressionnant.

Les survivants

Sept éléments survivent encore de cette équipe : Har- rach Mohamed dit Guella, Hamada Mohamed dit Petit Abbès, Daouadji Ahmed, Kebir Abdallah, Menezla Ahmed, Ghazzali Kaddour et Benali Boumediene sur- vivent de cette fameuse équipe finaliste de la coupe d’Afrique du Nord. Ils seront honorés, lors d’une récep-

tion offerte en leur honneur, à l’occasion de la célébra- tion du 61 e anniversaire du déclenchement de la Révo- lution. Un geste d’une forte symbolique pour manifester une reconnaissance et méditer sur l’esprit de sacrifice d’une génération…

A. B.

Ils se souviennent toujours de ces abonnés des cellules du commissariat central, tels hadj Omar Lakhmes ou Khaled dit Petit Poucet… L’année 1956, soit 23 ans après sa création, a été le couronnement d’un long par- cours plus que sportif où s’entremê- laient le jeu, la compétition, la rage de vaincre et la révolte, surtout pour atteindre le summum : une finale de la coupe d’Afrique du Nord entre cu- rieusement deux rivaux. L’engouement était tel qu’une ten- sion se percevait dans la cité amenant les forces coloniales à se déployer, à quadriller les quartiers et à observer une vigilance. Les protégés de Ben barek se sont bien préparés pour cette opposition, avec ce désir ardent d’ar- racher le trophée jusqu’à l’appel du FLN demandant aux dirigeants et joueurs de boycotter cette empoi- gnade. Il fut entendu et exécuté inci- tant quelques jeunes de la catégorie des juniors à rejoindre le maquis, à l’image du talentueux Mustapha Amarouche, de Sebbar, de Zouaoui et autres, tous tombés au champ d’hon- neur. L’USMBA s’est de son côté re- tiré définitivement de la compétition pour reprendre au lendemain de l’in- dépendance sous la houlette curieu- sement du coach Feu Boumezrag et le renfort de Bekhloufi Kaddour, c'est-à-dire l’entraîneur et le joueur de la glorieuse équipe du FLN avant une succession d’autre éléments tels que Rouaï Amar, Zouba Abdelhamid, Soukhane Abderrahmene et Amara Saïd… Une belle revanche sur l’histoire. A. Bellaha

SIDI BEL-ABBÈS

La résistance au féminin

Au milieu de ce quartier populaire habité en majorité par les Espagnols et appelé communément d’ailleurs Bari Alto, tout mouvement de la foule ou de la circulation est suivi ou supervisé par les éléments de l’arrondissement de la police érigé en la cir- constance pour assurer un contrôle au quotidien et une identifi- cation des passagers ou autres visiteurs. Un ordre était établi pour être scrupuleusement respecté imposant aux habitants un rythme de vie et les confinant dans un espace où le déplacement reste peu souhaité. C’est dans donc dans ce climat d’hostilité qu’une femme si éveillée et en prise avec un mouvement nationaliste a eu l’idée de créer un atelier de couture en engageant une vague de jeunes filles dans l’apprentissage. La regrettée Kheira Louahla, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, s’est totalement investie dans cette mis- sion de formation et de sensibilisation, à vrai dire de la femme autour d’une résistance à l’occupation étrangère. Elle fut vitement repérée par les responsables de l’organisation de l’OCFLN pour être contactée et se conformer aux directives reposant sur l’enga- gement de l’élément féminin dans le renforcement du maquis. Ce

de l’élément féminin dans le renforcement du maquis. Ce sont MM. Mohamed Nedjadi dit Si Bekkaï

sont MM. Mohamed Nedjadi dit Si Bekkaï et Mohamed Tayebi Larbi qui ont pris attache avec cette dame à l’allure imposante, pour ne point susciter un éventuel ou un quelconque suspect.

Khadidja et les autres

L’atelier de couture s’est consolidé en équipements et graduelle- ment spécialisé dans l’art de la révolution pour devenir un lieu de rencontre et de communication, d’échange et de réseau de sou- tien à la Révolution. Pas moins d’une vingtaine de jeunes filles apprenties ont d’ailleurs rejoint le maquis pour tomber au champ d’honneur et apposer le sceau de la résistance feminine. Elles s’appellent Adhim Fatiha, Affane Fatima, Soraya Bendimred, Mekkaoui Zoulikha, Tayeb Brahim Cherifa. Des établissements socio-éducatifs, notamment, portent haut leurs noms qui évoquent le sens du sacrifice et le dévouement à la patrie de la femme de l’Algérie profonde. Leur mémoire est souvent citée comme pour perpétuer leur message, celui de mourir pour une Algérie libre et souveraine. En clair, l’atelier s’est excellé dans la formation po- litique de la femme belabbesienne pour ne guère se concentrer sur les styles et modèles d’une couture au demeurant reléguée au dernier plan pour cette génération plus préoccupée par l’indépen- dance de leur pays.

A. B.

Elle a perdu en sa nuit de noces son mari, son frère, son père, son oncle et trois autres cousins. Elle a longtemps fait partie du décor de la cité de la Mekkerra et ne s’arrête jamais pour sillon- ner à longueur de journée ses artères et ses bou- levards et évoquer, dans des moments de lucidité, les souvenirs lancinants d’une enfance et d’une nuit de noces, notamment troublante en balançant souvent cette expression à l’adresse des passagers : ils vous ont libéré le pays pour qu’aujourd’hui vous vous permettiez de trahir l’idéal de leur combat ou en pleurant continuellement en se remémorant d’une époque. Elle a perdu la raison, lors d’un soir à la suite d’un grand choc, mais retrouve curieu- sement à chaque célébration historique ses fa- cultés mentales comme pour manifester cet attachement ou encore cette fidélité à un ser- ment prêté par les glorieux chouhada. Avec son haïk, car elle demeure allergique à la Djellaba, une manière forte de se conformer à la tradition et d’être authentique surtout. Elle cause constamment et disserte, commente et spécule

parfois sans discontinuité, tout en faisant valoir souvent une agressivité en signe de refus, de de déception et de frustration. L’histoire de la bonne dame, qui est pour le moins émouvante, heurte la sensibilité du com- mun des sceptiques et renseigne sur les atrocités commises et les actes barbares perpétrés par l’occupant et dont les séquelles restent percep- tibles à ce jour. Des blessures vraiment pro- fondes et difficiles à cicatriser même après 53 ans d’indépendance. Absolument, Khadija issue de la famille des Assas originaire de la tribu des Amarnas a subi réellement les affres du colonialisme pour per- dre et les repères et la raison. En un soir, les forces coloniales ont fait irruption dans le douar un certain été de l’année 1959 pour assassiner froidement et lâchement le père, le frère, le mari, l’oncle et trois autres cousins. Un soir où on devait à propos célébrer le mariage de Kha- didja. Cette dernière, en attendant les coups de feu, est sortie en robe de mariée pour assister, terrifiée, à ces scènes horribles et échapper mi-

raculeusement à son tour à la mort. Elle avait sans doute préféré mourir et rallonger la liste. Son sort fut autrement pour survivre au massacre et terminer le reste de sa vie dans la tristesse et la douleur, même si elle est devenue inconsciente depuis. En fait, elle était quelque part préparée, mais nullement à une telle inten- sité d’atrocité puisqu’elle restait en prise avec des activités militantes et de résistance des membres de sa famille ayant, pour certains, re- joint le maquis ou constitué pour les autres des relais pour les moudjahidine. Âgée de plus de 70 ans aujourd’hui, Khadidja se confine dans son espace réduit et se renferme dans sa mo- deste demeure pour méditer parfois sur un des- tin ou s’interroger sur l’atrocité de la France coloniale. Elle n’est plus encore en possession

de ses capacités physiques pour faire cette

grande balade et revisiter les temples. Elle se contente de quelques visites devenues d’ailleurs rares d’anciennes militantes pour s’évader d’un quotidien où la solitude, l’isolement et la dé- pression s’entremêlent pour constituer son lot. Une artère aujourd’hui porte le nom des frères ASSAS, mais, il faut le dire, peu connue ou ins- pirant superficiellement et vaguement les moins jeunes en l’absence des informations sur l’esprit de sacrifices de cette famille de l’Algérie pro- fonde et de l’histoire déchirante de ce peuple pour sa liberté, son indépendance et le recou- vrement de sa souveraineté. Khadidja évoque une partie et symbolise les séquelles encore vi- vantes d’un combat mené contre les forces de

l’occupation.

A. B.

«Khadidja est morte il y a quelques mois seulement, à la suite d’une longue maladie dont elle ne ressentait nullement la douleur. Elle fut immunisée par les souvenirs lancinants d’une période qu’elle n’a point oubliée. Une période où elle fut victime et témoin des atro- cités les plus abjectes. Repose en paix, Khadidja. A. B.

Dimanche 1 er Novembre 2015

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16_Mise en page 1 31/10/15 20:55 Page1 D 16 o ssie r EL MOUDJAHID E l-Hourane

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EL MOUDJAHID

E l-Hourane est un site qui abri- tait une caserne de l’armée française qui se trouvait à 3 ki-

lomètres au nord de la commune de Hammam Dhalaa dans la wilaya de Msila. La batisse qui actuellement appartient aux services des forêts, a été le théatre d’une grande bataille qui a eu lieu 4 février 1958. Cette ba- taille a non seulement jeté le doute dans les esprits des membres de l’ar- mée coloniale. Mais elle a été l’une des victoires les plus éclatantes de l’ALN . Les moudjahidines qui étaient dirigés par l’officier Said Ouskitch ont traversé l’oued qui sé- pare les montagnes de Ouled Sidi Amar pour surprendre l’ennemi qui se croyait à l’abri avec la hauteur du site ainsi que les mines qui étaient placées aux abords du cours d’eau . Le moudjahid Mohamed Zernouh a joué un grand rôle dans ce passage par sa parfaite connaissance des lieux. A la tombée de la nuit, le res- ponsable de la katiba chargée de l’at- taque avait divisé celle-ci en plusieurs groupes, attaque la caserne. Alors que le premier devait abattre le

ÉVOCATION

La bataille d’El-Hourane

devait abattre le ÉVOCATION La bataille d’El-Hourane gardien, le second de s’infiltrer dans le local de

gardien, le second de s’infiltrer dans le local de l’armement, le troisième celui des vivres et le quatrième la surveillance des lieux, Saïd Ouskitch a pris la tête de celui qui devait faire irruption dans la cantine où les offi-

ciers français qui ne se doutaient de rien dîner tranquillement. Quand il cria haut les mains, l’un des officiers eu le réflexe de lui tirer dessus blessé à l’épaule, le valeureux Ous- kitch riposta avec son fusil mitrail-

leur tuant l’officier français et plu- sieurs de ses pairs. Les autres n’ont eu d’autres choix que de se rendre. Cette bataille a été facilitée rappe- lons le par l’aide d’un Algérien qui avait le grade de caporal chef dans

l’armée française. Cet Algérien du nom de Mohamed Hourani avait donné aux assaillants toutes les infor- mations relatives à la caserne. Il a en- suite donné le feu vert pour l’assaut grace à une lampe. Il a enfin guidé les moudjahidines dans leurs mouve- ments et même dans leur retrait. Cette victoire a permis aux moudja- hidines de subtiliser un lot important d’armes et de munitions qui ont été chargées sur des mulets et envoyé au poste de commandement de la wi- laya III dont dépendait la katiba. 22 officiers français ont été faits prison- niers également. Ils ont été remis avec les armes aux responsables de la meme wilaya. Les moudjahidines qui n’avaient enregistré aucune perte à part la bles- sure de leur chef Said Ouskitch se sont dirigés au lever du jour à la lo- calité voisine de Beni Ougague ou ils pouvaient compter sur le relief difficile et la disponibilité de la po- pulation pour prendre un peu de répit en attendant d’autres batailles et d’autres victoires. F. D.

TLEMCEN

Les Béni Snous, une résistance exemplaire

Les habitants de la commune de Béni Snous située à 45 km du chef lieu de wilaya de Tlem- cen, célèbrent chaque année, la fête du 1 er No- vembre selon un programme tracé par les autorités locales, par des activités dont une ex- position de photos de chouhadas, des moudja- hidines ainsi que les hauts faits ayant marqué l’histoire de cette époque faste de la lutte de li- bération nationale pour l’indépendance de l’Al- gérie arrachée grâce à des sacrifices consentis par tous. Cette commune historique montagneuse avec un relief accidenté est connue par son appella- tion la « commune des mille chahids» et c’est un honneur pour elle. Ses habitants ont répondu à l’appel lancé pour la lutte armée et plusieurs actions ont été menées contre l’occupant. Les monts de cette région ont servi comme base de stockage de l’armement en provenance de l’étranger à partir de la frontière marocaine, de centres d’appro-

à partir de la frontière marocaine, de centres d’appro- visionnement et de ravitaillement, de l’artillerie et

visionnement et de ravitaillement, de l’artillerie et munitions à Edden Essaîd, Massay et à Fed- den Yahia. La région a été le théâtre de plusieurs ba- tailles comme celles de Bouabdous, RasAsfour, Khémis et dans d’autres endroits dont les té- moignages des moudjahidines et citoyens sont encore vivaces dans les esprits. L’armée française n’a pas trouvé mieux que de bombarder les villages de Béni Achir et Béni Zidez et la région a été déclarée zone militaire à partir de l’année 1956 et mise sous haute sur- veillance. Des centres de regroupements ont été crées à El-Mansourah en 1956, Diar Addoussi en 1957 et à Sidi Larbi en 1957. Pour que personne n’oublie, l’écriture de l’histoire est devenue indispensable. Un grand projet auquel s’attèlent le ministère des Moud- jahidines et les musées régionaux par le recueil des témoignages des anciens moudjahidine. Mohammed Gadiri

LE COMMANDANT DJABER DIT MÉTAICHE ABDELKADER

Un exemple de patriotisme

Le chahid, commandant Djaber dit Métaiche Abdelkader, est né en 1928 au village d’Ouled Moussa, il était un militant très actif, dès son jeune âge, selon son fils Mustapha. Au cours de l’année 1948, il émi- gra en France et a travaillé en qualité de mineur pour revenir en 1950. Il

milita avec le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques. Il reparti en France en 1952 et rentra définitivement en 1953 pour préparer le déclenchement de la Révolution de 1954. Avec son intelligence, sa formation et sa vision durant cette période MétaIche entreprit des

contacts avec d’autres militants. Cette phase fut couronnée de succès grâce à ses efforts et à ceux égale- ment de ses premiers frères d’armes dont Mohammed Kaou, Hocine Ga- diri, etc. Les premières actions furent menées contre les fermes des colons, des attaques contre les postes des

gardes forestiers. Il militait avec le colonel Lotfi qui, au début, était son secrétaire. Le 1 er mars 1955, le commandant Djaber à la tête de trois sections mena la bataille de Bouhamama. Il a prouvé toujours ses qualités de stra- tèges, d’un responsable aguerri me-

neur d’hommes. Le chahid Abdelka- der Métaiche, dit le commandant Djaber, décéda le 13 février 1958 au cours d’un accrochage dans la zone de Ain Fézza. Il demeure dans la mé- moire de ceux qui l’ont connu, un exemple de patriotisme. G. M.

BOUCHEGOUF

L’épopée du chahid Youcef Latreche

Bouchegouf (wilaya de Guelma), bastion de la guerre deLibération nationale avec ses djebels Beni Salah , qui constituaient les bases arrières des moud- jahidines se souvient aujourd’hui des luttes et ba- tailles menées contre les forces coloniales françaises depuis le déclenchement du 1 er novembre 1954 dont on commémore ce dimanche le 61 e anniversaire. Outre plusieurs activités culturelles et sportives im- mortalisant cette date historique, à partir de laquelle le peuple algérien a pris son destin en main et s’af- franchir définitivement de l’occupation coloniale éhontée, l’heure est encore aux témoignages d’acteurs et d’artisans du 1 er Novembre 1954 et de l’Indépen- dance, devenus aujourd’hui des bâtisseurs du pays.Du haut de ses 80 ans, le moudjahid Djahel Abdallah, connu sous le nom de guerre, Cherif Boulahya, qui faisait partie de la sixième compagnie de l’armée de libération nationale (ALN), se rappelle des opérations d’acheminement des armes et munitions de la Tunisie vers la wilaya IV historique, plus précisément à la mechta de Chrea li- mitrophe de Blida, et tous les risques de se retrouver face à face avec les forces de l’ennemi. Il évoque dans ce cadre, une des missions qu’il avait effectuée en 1957, en compagnie de ses-

qu’il avait effectuée en 1957, en compagnie de ses- frères de combat, sous la responsabilité du

frères de combat, sous la responsabilité du valeureux moudjahid Mohamed Cherif Asfour qui décéda malheureusement quelque jours après, les armes à la main. «C’est son adjoint le chahid Youcef Latreche qui avait été désigné pour conduire cette mis- sion sur ordre du colonel Amara Bouglaz», raconte Djahel Che-

rif. Cette mission a fait l’objet d’un film documen- taire par le réalisateur Tewfik Charbat et sera pro- jeté à Bouchegouf à l’occasion des festivités commémoratives du 61 e anniversaire du 1 er No- vembre 1954 et un hommage appuyé, au moud- jahid Hallouane Saddek, chargé par le chef de la wilaya IV historique, Si M’hamed Bouguerra, de la réception des armes et munitions, en prove- nance de la Base de l’Est de l’ALN. Ayant gardé une mémoire intacte de son passé, Djahel Cherif raconte que cette mission a duré six mois à cause du relief accidenté de l’itinéraire et la crainte d’être découvert par les forces de l’ennemi. Pour- suivant son témoignage, il se rappelle les obsta- cles et difficultés marquant cette mission. Un autre moudjahid Djahel Ezzine, se rappelle à son tour, de l’accrochage meurtrier et violent avec les sol- dats de l’ennemi à l’origine du décès au champ d’honneur de 37 éléments de l’ALN aux djebels de Sour El Ghozlane. «Cela s’est passé le 27 novembre 1957, alors qu’on revenait de Chréa, l’ennemi y a perdu 94 soldats, en plus d’im- portants dégâts matériels» raconte t-il. B. Guetmi

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EL MOUDJAHID

LA GUERRE DE LIBéRATION NATIONALE à TRAvERS LES OUvRAGES

Le premier embryon d’industrie militaire

LES OUvRAGES Le premier embryon d’industrie militaire Une nouvelle parution sur le chapitre douloureux, mais ô

Une nouvelle parution sur le chapitre douloureux, mais ô combien glorieux, vient compléter et grossir la liste des témoi- gnages de grands acteurs de lutte pour l’indépendance algérienne ayant, après plus d’un demi-siècle, observé le silence pour finalement, le moment venu, décider de rendre publiques, leurs expériences et trajectoires en tant que militants du FLN et membres à part entière de l’Armée de libération nationale dans les réseaux les plus connus dans les pays voisins, où chacun transitait et se fabriquait même par des agents et techniciens de l’armement devant servir aux maquisards.

L e thème de l’approvisionnement des djounoud en armes ayant servi au dé- clenchement de la révolution de No-

vembre 1954, a été très peu abordé dans les mémoires des anciens combattants et pour- tant il a constitué en dehors de l’engagement militaire de plusieurs milliers d’Algériens la raison principale qui a mené à la victoire fi- nale contre l’occupation française et le re- couvrement de la souveraineté nationale après près d’un siècle et demi d’oppression et de répression sanglante d’un peuple qui n’aspirait qu’à se libérer du joug colonial en se réappropriant sa terre. La publication dont il est question ici s’intitule Les armes de la liberté, l’Algérie : Guerre de libération na- tionale. Mémoires et témoignages de Moha- med Boudaoud, dit Si Mansour qui vient tout juste de paraître aux éditions Rafar.Al’heure où nous célébrons le 61 e anniversaire du dé- clenchement du 1 er Novembre 1954, le pré- sent ouvrage s’insère logiquement dans cette commémoration grâce au nouvel éclairage qu’apporte l’auteur, éclairage complémen- taire aux diverses publications actuelles qui permet au lecteur non seulement d’avoir une vision d’ensemble sur l’histoire de cette pé- riode cruciale de notre pays, mais aussi de réunir les détails nécessaires pour connaître toutes les stratégies utilisées dans la lutte armée par nos anciens militants et notam- ment ici d’en savoir plus sur ce qui s’appa- rente à la première constitution de l’industrie militaire algérienne sous le commandement de l’ALN. Les mémoires d’un de nos plus valeureux militants de la cause nationale, Mohamed Boudaoud, officier de l’ALN et responsable du Département armement et lo- gistique ouest du MALG, vient à point nommé pour lever le voile sur un pan entier de l’histoire de notre Révolution que des hommes stoïques et déterminés, affrontant durant les sept années de guerre, les pires dangers en l’occurrence sur un territoire voi- sin, le Maroc. Le parcours semé d’embûches et de prouesses de Si Mansour nous est relaté avec fidélité sous la plume de Mustapha Aït

Mouhoub et Khelaï- fia zoubir qui ont recueilli la parole du combattant avant de la transcrire sous la forme d’un témoi- gnage poignant qui ne laisse aucune ambiguïté sur les rôles assigné à cha- cun des principaux artisans de la Révo- lution et jette la lu- mière sur certaines questions sensibles qui sont restées dans l’ombre. Et il faut croire que la mé- moire prodigieuse de cet officier de l’ALN reste excep- tionnelle tant elle arrive à reproduire la réalité des faits de façon chronolo- gique en omettant aucun souvenir tran- chant parfois sur quelques questions et éludant d’autres :

« En faisant l’effort douloureux pour se

remémorer et pour trouver les mots pour dire les faits, le narra- teur extériorise son histoire de vie. Elle de- vient dès lors un objet extérieur qui lui permet l’approche et la saisie du sens pour lui-même. Il met à jour une masse d’infor- mations sur son propre itinéraire entendu comme le repérage de situations, faits, évé-

nements, rencontres par rapport auxquels il s’est déterminé dans le passé et par-là même façonné. Ce faisant, en mettant de l’ordre dans sa relation des faits, son récit de vie produit du sens, mais pour l’historien, il de- vient matière première d’autant plus pré- cieuse qu’elle est accompagnée de

d’autant plus pré- cieuse qu’elle est accompagnée de documents et d’ar- chives. C’est ce que les

documents et d’ar- chives. C’est ce que les profession- nels du métier ap- pellent une source orale devenant de ce fait même une référence dans l’écriture de l’his- toire contempo- raine de l’Algérie », écrit dans sa pré- face Daho Djerbal. En écrivant ce livre Si Mansour, fidèle au sermon de Di- douche Mourad, raconte toutes les péripéties qu’il a vécues durant la guerre comme un acteur et un témoin privilégié d’une belle aventure réussie par l’ALN, faisant intervenir d’autres acteurs jusque là inconnus ayant occupé une place importante dans l’OS et leur rendant hommage

dans ce récit de guerre unique en son genre. Il raconte sur- tout comment les maquisards réussirent grâce à leur ténacité et une volonté de fer à fabriquer des armes au péril de l’un d’entre eux fauché par la mort en utilisant des gaz toxiques. L’officier de l’ALN rend hommage à tous ceux tombés en martyrs du devoir na- tional ainsi qu’aux 300 hommes affectés au service de l’armement et de la logistique au Maroc travaillaient dans des ateliers clandes- tins et grâce à la collecte d’argent en Europe achetaient des outils et des machines pour fa- briquer des grenades, des mitraillettes et des mortiers acheminés dans des bateaux par

mer, une mission de tous les risques : « Du côté du ravitaillement et de la logistique, notre département dépendait du Ministère de l’armement et des liaisons générales (MALG) fut également sollicité sur ce plan par les responsables de la Révolution. Nous avons reçu des aides de plusieurs pays, dont la Chine en particulier. Dans ce cadre, nous avons reçu des aides alimentaires et en ha- billement, de ce pays ami. Nous avons reçu notamment un bateau chargé de milliers de tonnes de riz, de thé et d’habillement pour femmes et hommes. D’autres pays, aussi, nous ont apporté leur aide, comme Cuba. Ils nous envoyaient des boissons alcoolisées, particulièrement du rhum. Les responsables de ce pays, amis de la Révolution algérienne, pensaient que nos soldats, comme ceux de l’Amérique latine, se saoûlaient, avant d’al- ler au combat. En fait, nous troquions ces boissons avec les Marocains en contrepartie de tenues militaires. Les Cubains nous en- voyaient, également d’énormes quantités de cigares, qu’on troquait contre des produits de première nécessité », raconte Si Mansour, originaire de Taourga dans la région de Tizi- Ouzou où il naquît vers la moitié des années 1920 et dont l’éveil au nationalisme fut pré- coce et dont toute la famille était engagée dans le feu du combat politique particulière- ment lors des massacres du 8 mai 1945. Si Mansour qui n’oublie pas d’évoquer ses compagnons de guerre et de lutte dans la clandestinité la plus totale, lui qui était chargé de la coordination des cellules clan- destines du FLN au Maroc pour l’achat et l’acheminement d’armes et d’explosifs : « L’intérêt de ce témoignage de première main, c’est qu’il nous permet de connaître ce groupe de jeunes ingénieurs algériens si sou- vent ignorés par l’histoire commune, de tous ces Mohamed Issaad,AïssaAbdesamed, Seif El Islma ou Morad Bentchouk. Sari et Khaïli qui faisaient partie de la première équipe », ajoute notre préfacier. Lynda Graba

TIzI OUzOU

Inaugurations et hommages

La célébration du 61 e anniversaire du déclenchement de la glorieuse révolution de Novembre 1954 sera mar- quée à Tizi Ouzou par la mise en service du gaz naturel au profit de 5.655 foyers répartis à travers plusieurs lo- calités de la wilaya, apprend-on du cabinet de la wilaya. Cette journée sera également marquée par l’inauguration de plusieurs infrastructures relevant de plusieurs sec- teurs à travers différentes localités de la wilaya où les festivités commémoratives ont commencé hier. En plus de ces inaugurations et la mise en service du gaz naturel au profit de foyers dans des villages reculés, plusieurs autres activités sont lancées à travers tout le territoire de la wilaya par le mouvement associatif, les organisations de la famille révolutionnaire, ainsi que les directions de la culture, des moudjahidine, de la jeunesse et des sports et le musée régional du Moudjahid. Des hommages aux moudjahidine et aux veuves de chahids ainsi que des conférences et témoignages sont également au pro- gramme des festivités. Des cérémonies de levée des cou- leurs nationales sont aussi prévues à travers les 67 communes de la wilaya. Plusieurs activités sont lancées par la direction de la culture de Tizi-Ouzou, notamment des conférences et des projections de films sur la glo- rieuse révolution de Novembre au profit des détenus des maisons pénitentiaires des villes de Tizi-Ouzou, Draâ El Mizane et Azazga, un hommage au valeureux moudja- hid le regretté Ali zamoum, dont le nom est intimement lié à la proclamation de 1 er Novembre 1954 qui a été ro- néotypée et tirée en plusieurs exemplaires au village Ighil Imoula, ainsi que des conférences et des projec- tions de films historiques. Dans le même cadre, il sera procédé aujourd’hui au lancement de la 5 e édition des journées nationales de la chanson patriotique. Bel. Adrar

AKBOU

Colloque : « Pourquoi le 1 er Novembre 1954 »

Organisé par l’association « Med-action d’Akbou », le col- loque intitulé « Pourquoi le 1 er Novembre 1954 » a drainé une grande assistance de tout âge et différentes couches sociales. Des moudjahidine, étudiants, chercheurs et historiens ont suivi avec une grande attention les trois interventions programmées. Ont pris part également à ce colloque, les historiens Gilbert Meynier, pro- fesseur à l’université de Nancy, ancien maître de conférence de l’université de Constantine, Gilles Manceron, journaliste et auteur, Tahar Khelfoune, auteur et enseignant à l’université Lumières de Lyon et Salima Oulebsir, journaliste et directrice de maison d’édi- tion. Le président de l’association, Hocine Smaïli, a souligné à l’ouverture de ce colloque « à travers cette manifestation, nous voulons apporter notre humble

contribution à l’écriture de l’his- toire : une entreprise éminemment délicate lorsqu’il s’agit surtout de la guerre d’Algérie avec, au de- meurant, une révolution en ma- juscule. Une dimension scientifique sera donnée à cette commémoration symbolique, à travers des communications aca-

démiques posant la question du 1 er Novembre qui reste cet authentique sursaut populaire, salvateur qui engendra une date, une révolution libératrice, essaimée à tra- vers le monde, en symbolisant un flamboyant modèle de résis- tance pour les peuples opprimés ». Pour l’historien Gilbert Meynier, qui axa son intervention sur les différentes étapes qui ont amenés a déclencher le 1 er Novembre il citera : « Le déclen- chement de la guerre d’indépendance du 1 er Novembre 1954, est donc dû à plusieurs séries de facteurs à savoir la colonisation de l’Algérie par la France depuis la conquête. Cette conquête violente qui coûta de 1830 à 1871 au pays pas loin du tiers de sa popula- tion, soit près d’un million d’humains. Le dépérissement culturel engendrée par la colonisation à savoir le biens des habous qui ser- vaient à doter les établissements d’enseignement furent confisqués par la France coloniale. La discrimination et le racisme où une loi

de 1881 édicta le code de l’indigénat qui légalisa le régime bien établit de l’arbitraire, des condamnations, de l’exil forcé et des as- signations à résidence sans jugements. « L’allumage de la mèche » fixé au 1 er Novembre 1954 sanctionna l’échec d’un réformisme colonial, parfois entrevu, mais jamais advenu. Il n’y a pas eu vrai- ment, contrairement à ce qu’on a pu dire, occasions manquées pour la raison qu’il n’y a eu jamais, au fond, d’occasions tentées. Le 1 er Novembre consacra l’échec du politique. En 1954 on

change de registre ». De son côté, Gilles Manceron abordant la question du « FLN où la construction d’un anticolonialisme mo- derne », il soulignera : « La guerre d’indépendance de l’Algérie ne doit pas être séparée de l’histoire de ce qui l’a précédée, en par- ticulier des nombreux mouvements

de résistance à la colonisation de l’Algérie qui ont eut lieu avant son déclenchement. Le FLN s’est donné des objectifs politiques avec une particularité, dès son premier mani- feste de Novembre 1954. Tout au long de la guerre d’indépendance, il s’est doté des textes de références et de règles qui relèvent des mouve-

ments politiques modernes. Il a opéré de fait une séparation avec le religieux qui n’existaient pas dans les résistances des chérifs, telle est, me semble-t-il, l’une des clés du succès de la lutte d’indépendance et c’est probablement aussi l’une des conditions du succès possible, du développement de l’Algérie au 21 e siècle ». Le conseiller juridique Tahar Khelfoune a abordé quand a lui « la domanialisation de la propriété foncière en Algérie : la spoliation couverte de l’habit de la légalité ». Enfin, le moudjahid Rachid Adjaoud a longuement relaté les différentes étapes de la guerre de Libération de novembre 1954 jusqu’à l’in- dépendance du pays en 1962. Ce colloque a été très intéressant dans la mesure où un grand débat a été instauré entre les confé- renciers et l’assistance. Mustapha Laouer

Une dimension scientifique sera donnée à cette commémoration symbolique, à travers des com- munications académiques posant la question du 1 er Novembre qui reste cet authentique sursaut po- pulaire, salvateur qui engendra une date, une ré- volution libératrice, essaimée à travers le monde, en symbolisant un flamboyant modèle de résis- tance pour les peuples opprimés.

en symbolisant un flamboyant modèle de résis- tance pour les peuples opprimés. Dimanche 1 e r

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Eco no m ie

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EL MOUDJAHID

LE LABEL ORIGINE ALGÉRIE GARANTIE SERALANCÉ LE 4 NOVEMBRE

« Bassma Djazaïria » pour désigner le produit local

La cérémonie de lancement officiel du label Origine Algérie Garantie (OAG), désigné sous l’appellation «Bassma Djazaïria», est prévue le 4 novembre à Alger.

C ette initiative du Forum des chefs d’entreprises, portant sur la conception d’un label algé-

rien, poursuit cinq objectifs majeurs, à savoir participer à la diversification économique, promouvoir et stimuler la production nationale, favoriser la créa- tion d’emplois, réduire la dépendance technologique et sensibiliser le consommateur et lui faire privilégier un acte d’achat bénéfique. Aussi, l’ini- tiative s’inscrit dans le sillage de la campagne «Mentoudj bladi», autre- ment dit «Consommons algérien», ini- tiée par le ministère du Commerce.

Le Salon national de la microentre- prise, intervenant dans le domaine cul- turel, sera organisé par l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ), sous le thème «La mi- croentreprise : moyen de développe- ment et de relance culturelle», demain au niveau de grande salle de spectacles Ahmed Bey-Zénith, Constantine. Plus de cinquante exposants, venant de dif- férents régions d’Algérie, spécialisés dans les métiers et les activités cultu- rels, vont prendre part à cet événement, aux côtés des organismes chargés de la mise en œuvre des dispositifs d’emploi et d’appui à la création de microentre- prises (ANEM, ANSEJ et CNAC). L’organisation de ce Salon confirme en- core l’importance qu’accorde l’État à ce domaine. D’ailleurs, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité so- ciale, Mohamed El-Ghazi, a insisté sur la nécessité de donnée un nouvel élan à la politique nationale de création de l’emploi, et ce par l’introduction de nouvelles mesures allant dans le sens de la facilitation des procédures et l’allè- gement des dossiers de création de mi- croentreprises, et réduire le taux de

Une démarche qui vise, en définitive, à encourager la production nationale, favoriser la création d’emplois, à par- ticiper à la réduction de la facture d’im- portations, à œuvrer à la diversification de l’économie nationale, à défendre les intérêts de l’entreprise, ainsi qu’à assu- rer la sécurité du consommateur dans un marché inondé de produits d’origine douteuse. Adaptabilité, clarté et qualité sont les critères qui régissent ce label, sou- lignent les responsables du FCE dont la démarche a été précédée, faut-il le souligner, par une étude préalable à la

production du label, lancée au début de mois de septembre de l’année dernière, et dont les résultats seront remis lors de cette cérémonie. En fait, l’idée de développer ce label est la résultante d’un constat conséquent à cette étude financée par Mobilis, et qui recommande que les opérateurs qui contribuent à la création de valeur ajoutée et d’emplois en Algé- rie doivent bénéficier d’un avantage comparatif sous forme d’un outil d’identification des produits algériens. L’initiative du FCE tend, par consé- quent, à faire valoir la qualité du pro-

duit algérien et à inciter le citoyen à opter pour le produit local, car «consommer algérien participe à l’ef- fort de la collectivité à travers l’impôt, ainsi qu’à la création de richesse», avait déclaré le vice-président du Forum, à l’occasion de l’annonce de lancement de l’étude préalable au label. En toute évidence, cette stratégie à in- térêt national a besoin de temps pour sa maturation, notent ses initiateurs, qui tiennent à souligner que cette démarche ne s’oppose pas à la liberté du com- merce.

D. Akila

SALON NATIONAL DE LA MICROENTREPRISE

Plus de 50 participants attendus

DE LA MICROENTREPRISE Plus de 50 participants attendus chômage. Il dit, à cet effet, que les

chômage. Il dit, à cet effet, que les orientations de son département visent, en premier lieu, à réaliser un meilleur résultat durant la période 2015-2020 par rapport à la période précédente. Rappelons qu’entre 2010 et 2015, le nombre d’offres d’emploi enregistrées par l’ANEM est passé de 234.666 en 2010 à 400.734 en 2014, soit une pro- gression de plus de 70%, alors que le nombre de placements effectués a pro-

gressé de 179.821 en 2010 à 308.275 en 2014, soit une évolution de plus de 71%. Cet important événement, qui sera organisée sous le haut patronage de Son Excellence, le Président de la Ré- publique, Monsieur Abdelaziz Boute- flika, et sous l'égide du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité so- ciale, et en collaboration avec le minis- tère de la Culture, vise notamment à promouvoir la microentreprise créée

dans le cadre des dispositifs ANSEJ et CNAC dans le domaine culturel, et à valoriser la contribution des microen- treprises créées dans le domaine cultu- rel, dans la préparation et l’exécution du programme «Constantine, capitale de la culture arabe». Cet important événement offre éga- lement des opportunités de rencontre et d’échange entre les jeunes bénéficiaires des dispositifs publics d’appui à la créa- tion d’activités. Comme il permettra, selon les organisateurs, aux jeunes en- trepreneurs, d’une part, de présenter leurs entreprises, leurs produits et ser- vices et, d’autre part, de nouer des rela- tions d’affaires aussi bien entre eux qu’avec les différentes institutions et opérateurs économiques. Il y a lieu de noter qu’en marge de ce Salon, un riche programme d’animation est prévu en direction des jeunes entrepreneurs ex- posants et du large public, notamment des visites guidées au profit des étu- diants des instituts universitaires spé- cialisés, des conférences et des tables rondes thématiques. Makhlouf Aït Ziane

BISKRA

Augmentation de la superficie vouée aux céréales

La campagne labours-se- mailles cible, cette saison à Biskra, une superficie de 27.500 hectares, soit 260 hec- tares de plus par rapport à la campagne précédente, a indi- qué, hier à l’APS, le directeur des services agricoles (DSA), Aïssa Derbali. Cette superficie, répartie sur la culture des blés dur et tendre et de l’orge, est concentrée dans les communes de Zeribet El-Oued, d’Aïn Naga, d’El-Feidh, de Sidi Okba (partie orientale de la wilaya), de Lioua et de Doucen (ouest) et de Loutaya (nord), a précisé le même responsable. Une surface de 50 hectares est également consacrée à la production de fourrages, a éga- lement indiqué M. Derbali, ajoutant que tous les moyens nécessaires, humains et maté-

riels, ont été mobilisés, en col- laboration avec la Coopérative des céréales et des légumes secs (CCLS), pour la bonne conduite des labours ainsi que pour l’accompagnement des agriculteurs en matière d’ac- quisition d’intrants. Selon le DSA, les pluies ne sont pas un facteur déterminant dans la conduite de la campagne la- bours-semailles, car les sur- faces exploitées sont généralement irriguées par des eaux souterraines et superfi- cielles provenant des barrages de Foum El-Ghorza et de Fon- taine des gazelles. Environ, 750.000 quintaux de céréales, toutes espèces confondues, ont été moissonnés dans la wilaya de Biskra au terme de la cam- pagne agricole 2014-2015, a encore rappelé la même source.

AÏN TÉMOUCHENT

18 MSAN mis en service

Dix huit nœuds d’accès multiservices de nouvelle génération (MSAN) ont été mis en ser- vice durant le troisième trimestre de l’année en cours, à travers la wilaya d’Aïn Témouchent, a- t-on appris, hier, du chargé de communication de la Direction opérationnelle de télécommuni- cation (DOT). S’inscrivant dans le cadre de la modernisation et du développement du secteur des TIC, cette action renforce le réseau avec une capacité de 8.384 nouvelles lignes (téléphonie et Internet) et un débit pouvant aller jusqu’à huit mégabits (8 Mbts), a indiqué M. Diffalah Be- namar à l’APS. Venant en complément aux do- tations de 2012, 2013 et 2014, ces 18 équipements MSAN ont bénéficié à 11 com- munes de la wilaya, notamment celle de Beni Saf qui s'est dotée de quatre (Beni Saf ville, Bouhmidi et Sidi Sohbi), d’une capacité de 1.000 accès chacun, et Ghar El-Baroud (250 accès). Deux MSAN ont, par ailleurs, été ins- tallés à Hammam Bouhadjar à Haï Boudiaf Mo- hamed (1.000 accès) et Ouali Mustapha (500 accès) et trois à Aïn Larbâa (Sidi Ameur, pro- tection civile avec 250 accès chacun) et la Zone

d’activité (128 accès). La collectivité locale d’El-Amria s’est vue accorder 2 MSAN (Botra de 500 accès et Rouaiba de 128 accès) alors qu’Aïn Tolba et Chentouf ont eu chacune un MSAN, a-t-on ajouté. Le programme d’action pour l’année 2015, arrêté par la direction géné- rale, porte sur la réalisation de 44 sites MSAN d’une capacité de 20.582 accès, a-t-on rappelé, soulignant que cela permettra de couvrir entiè- rement la wilaya avec ces équipements. Dans ce même cadre, l’antenne locale de Algérie Té- lécom est en train de connaître une avancée si- gnificative dans la wilaya d’Aïn Témouchent, a-t-il affirmé, rappelant que 40 équipements MSAN ont été mis en service durant l’année 2014 avec une capacité de 22.530 nouvelles lignes (téléphonie et Internet). Un linéaire de 168,30 kilomètres de fibre optique est pro- grammé pour être installé, durant l’année en cours, au niveau de la wilaya d’Aïn Témou- chent pour appuyer les actions de modernisa- tion du secteur dont la pose d’équipements MSAN.

ZONE EURO

Inflation nulle et chômage en baisse

L'inflation qui était dans le rouge en septembre a été stable en octobre dans la zone euro, passant du négatif au nul, tan- dis que le chômage a continué de se re- plier, atteignant 10,8% en septembre, une nouvelle fois un plus bas depuis 2012. «Le taux d'inflation annuel de la zone euro est estimé à 0% en octobre 2015, en hausse par rapport au mois de septembre où il était de -0,1%», selon une estimation rapide publiée par Euro- stat, l’office statistique de l'Union euro- péenne. Le retour de l'inflation dans une zone neutre permet d'écarter une nouvelle fois les craintes d'un retour du risque de dé- flation qu’appréhendaient les écono- mistes le mois précédent. C'est la chute des prix de l'énergie en octobre (-8,7%) qui a entraîné à la baisse l'ensemble des prix dans la zone euro. La baisse était encore plus importante en septembre : - 8,9%. Selon cette première estimation,

l'alimentation, l'alcool et le tabac de- vraient connaître le taux annuel le plus élevé en octobre, suivis par les services, les biens industriels non énergétiques et l'énergie. «S’agissant des principales compo- santes de l’inflation de la zone euro, l'ali- mentation, l'alcool et le tabac devraient connaître le taux annuel le plus élevé en octobre (1,5%, comparé à 1,4% septem- bre), suivis par les services (1,3%, com- paré à 1,2% en septembre), les biens industriels non énergétiques (0,4%, comparé à 0,3% en septembre) et l'éner- gie (-8,7%, comparé à -8,9% en septem- bre)», a précisé Eurostat. Lors de sa dernière réunion de poli- tique monétaire, la Banque centrale eu- ropéenne (BCE) s'est inquiétée de la «persistance de facteurs» qui empêchent l'inflation de revenir juste en dessous de 2%, notamment de la baisse des prix du pétrole ou encore le ralentissement éco-

nomique observé en Chine.

Le taux de chômage poursuit s on repli Par ailleurs, Eurostat a annoncé un

nouveau repli du chômage en septembre

à 10,8% après 10,9% en août. Pour le

deuxième mois consécutif, le taux de

chômage s'affiche donc en dessous de 11% et à ses plus bas niveaux depuis

2012.

«Dans la zone euro (ZE19), le taux de chômage corrigé des variations sai- sonnières s’est établi à 10,8% en sep- tembre 2015, en baisse par rapport au taux de 10,9% enregistré en août 2015 et

à celui de 11,5% de septembre 2014. Il

s’agit du taux le plus faible dans la zone euro depuis janvier 2012», a précisé l'Office européen de statistiques. Dans l’UE (28), le taux de chômage s’est éta- bli à 9,3% en septembre 2015, en baisse par rapport au taux de 9,4% enregistré

en août 2015 et à celui de 10,1% de sep- tembre 2014. Il s’agit du taux le plus fai- ble dans l’UE28 depuis septembre 2009. En septembre, «22,631 millions d’hommes et de femmes étaient au chô- mage dans l’UE28 dont 17,323 millions

dans la zone euro», a souligné Eurostat, relevant que sur un an, «le taux de chô- mage en septembre 2015 a baissé dans vingt-trois États membres» et «a aug- menté dans quatre autres». Seule l'Au- triche a connu la stabilité. Les baisses les plus marquées ont été observées en Espagne (de 24,0% à 21,6%), en Estonie (de 8,0% à 5,7% entre août 2014 et août 2015), en Bulga-

rie (de 11,3% à 9,4%) ainsi qu’en Slova- quie (de 12,9% à 11,0%). Les hausses ont, quant à elles, été enregistrées en Finlande (de 8,9% à 9,5%), en France (de 10,4% à 10,7%), en Roumanie (de 6,7% à 6,8%) et en Belgique (de 8,6% à

8,7%).

Le lait est acheté à 300 DA le kg Subventionné par l'État, le lait est

Le lait est acheté à 300 DA le kg

Le lait est acheté à 300 DA le kg
Subventionné par l'État, le lait est acheté à environ 300 DA le kg et il

Subventionné par l'État, le lait est acheté à environ 300 DA le kg et il est revendu aux laiteries publiques et pri- vées, conventionnées avec l'ONIL, à 159 DA le kg. «Si cette importante diffé- rence n'était pas prise en charge par l'État, le litre de lait aurait coûté au consom- mateur entre 35 et 40 DA le litre, au lieu de 25 DA.»

charge par l'État, le litre de lait aurait coûté au consom- mateur entre 35 et 40
charge par l'État, le litre de lait aurait coûté au consom- mateur entre 35 et 40

ÉNERGIE

Le pétrole

termine

en hausse

Les cours du pétrole se

maintenaient dans le vert ven- dredi en fin d'échanges euro- péens, consolidant leurs positions après la bonne sur- prise des stocks américains de brut, mercredi dernier, mais res- tant toutefois prudents dans un marché toujours plombé par l'excès d'offre. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en dé- cembre valait 49,61 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 81 cents par rapport à la clôture de jeudi. Sur le New York Mer- cantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour la même échéance prenait 56 cents à 46,62 dollars. «Le marché reste encore forte- ment influencé par la séance de mercredi qui avait abouti à une hausse de 6,16% du WTI», no- tait Christopher Dembik, ana- lyste chez Saxo Banque. Les cours du Brent et du WTI s'étaient envolés mercredi dans le sillage de la publication des chiffres hebdomadaires du département américain de l'Énergie (DoE) sur les stocks de pétrole aux États-Unis, qui se sont avérés moins élevés qu'attendu. En outre, la hausse des cours semblait soutenue par des chiffres faisant état d'une baisse de production de l'Orga- nisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) pour octobre, ce qui a ravivé les espoirs d'un rééquilibrage du marché. «La production a baissé de 125.000 barils par jour, surtout à cause

de l'Arabie saoudite (

)

en rai-

son d'une baisse de l'utilisation domestique, mais sur un an, la production reste en hausse de 1,5 million de barils par jour par rapport à il y a un an», relevait Phil Flynn, analyste chez Price Futures Group. Mais pour M. Dembik, il convient de relativi- ser ce recul, qui intervient après que la production journalière de l'OPEP a atteint, en septembre, un plus haut depuis 2012 et

qu'elle reste proche de ses re- cords. «Il n'est pas surprenant qu'il puisse y avoir une baisse en octobre. C'est un simple ajustement qui ne change pas la donne. L'excès d'offre est même amené à s'amplifier dans les mois à venir au fur à mesure de la progression de la production iranienne qui pourrait passer de 2,8 millions de barils par jour à environ 4 millions de barils au début de l'année 2016», ajoutait l'analyste.

Dimanche 1 er Novembre 2015

Mo nd e

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EL MOUDJAHID

RÉUNION DE VIENNE SUR LA SYRIE

Ébauche d’un processus de sortie de crise

La réunion de Vienne, vendredi, sur la crise syrienne a achoppé sur de nombreux points, dont le principal est le sort du président Bachar El-Assad, mais un processus a été mis en route, au moment où les États-Unis annonçaient l'envoi, pour la première fois, de soldats au sol.

P endant que les principaux acteurs diplo- matiques du dossier syrien, y compris pour la première fois l'Iran, étaient réunis

dans la capitale autrichienne, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi d'un petit contingent de soldats d'élite en Syrie, assurant toutefois qu'ils ne par- ticiperaient pas directement aux combats. Après huit heures de discussions serrées entre une vingtaine de délégations, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius a dé- claré : "Nous avons abordé tous les sujets, même les plus difficiles. Il y a des points de dés- accord, mais nous avons suffisamment avancé pour que nous nous retrouvions, dans la même configuration, dans deux semaines". "Le prin- cipal point de désaccord est le rôle futur de M. Bachar al-Assad", a ajouté le chef de la diplo- matie française, soulignant aussi des "points d'accord" : "le processus de transition, la pers- pective d'élections et le rôle des Nations unies". Les participants ont, notamment estimé que l'Etat syrien devait être préservé et ont chargé les Nations unies de négocier un cessez-le-feu et d'organiser de futures élections générales, a indiqué à la presse le secrétaire d'Etat américain John Kerry. il a confirmé que son pays, la Rus- sie et l'Iran "s'étaient mis d'accord pour ne pas être d'accord" sur le sort à réserver au président Assad, qui va certainement constituer dans les semaines et sans doute les mois à venir le point de divergence numéro un dans ces négociations. "La position des Etats-Unis est qu'il n'est pas possible que le président Assad puisse unifier et gouverner la Syrie", a ajouté l'Américain. "Nous pensons que les Syriens méritent d'avoir un meilleur choix". Pour sa part, le vice-minis- tre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, cité à l'issue de la réunion

AFFRONTEMENTS AU YÉMEN

Au moins 33 morts

Des affrontements entre rebelles chiites Houthis et forces progouvernementales ont fait au moins 33 morts dans le sud du Yémen, ont indiqué hier des responsables militaires, tandis que les bombardements de la coalition arabe menée par l'Arabie saoudite se poursuivent. Les combats ont éclaté dans la province de Baida entre les rebelles Houthis, soutenus par des uni- tés de l'armée restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, et des combattants de la "Ré- sistance populaire", alliées aux forces du prési- dent Abd Rabbo Mansour Hadi, ont indiqué des sources tribales. Selon des sources médicales, 19 rebelles et 14 combattants progouvernementaux ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi. Des af- frontements ont également eu lieu à Al-Mada- ribah (sud-ouest), à la frontière entre les provinces de Lahj et Taëz, faisant plusieurs vic- times dont le nombre reste inconnu, selon des sources militaires. Les combattants anti-re- belles ont expliqué avoir empêché les Houthis d'atteindre les rives du détroit stratégique de Bab al-Mandeb, séparant Djibouti et le Yémen, dont le contrôle a été repris par les forces loya- listes il y a un mois.

a été repris par les forces loya- listes il y a un mois. par les agences

par les agences de son pays, a assuré que ven- dredi "certains pays avaient tenté d'inclure un calendrier pour le départ de Bachar al-Assad". "Mais avec les efforts faits, cette partie a été supprimée", s'est-il félicité. Sur l’envoi par Washington d'une cinquantaine de soldats des forces spéciales ainsi que l'acheminement d'avions d'attaque au sol A-10 et de chasseurs F-15 sur une base aérienne turque voisine, afin d'accroître les capacités américaines de lutte contre les groupes extrémistes radicaux, Sergueï Lavrov a désapprouvé cette décision, rappelant qu'"une opération militaire — que ce soit dans les airs ou au sol — a besoin du consentement des gouvernements concernés et du conseil de

sécurité de l'Onu. Même si personne ne s'atten- dait à Vienne à une avancée diplomatique ma- jeure, notamment sur le rôle futur du président Assad, soutenu par Moscou et Téhéran, la sim- ple présence de protagonistes aux positions en- core très divergentes a été perçue comme un progrès. A l'issue de la réunion, le ministre des AE russe a déclaré que "le processus politique devrait désormais conduire à un accord entre les parties (syriennes) pour parvenir à la création d'une structure inclusive qui permette de régler les questions vitales pour le pays, de préparer une nouvelle Constitution et d'organiser des élections générales". M. T. et agences

POUR LA DIGNITÉ ET CONTRE LE RACISME

Des milliers de personnes marchent à Paris

Des milliers de personnes ont manifesté samedi après-midi à Paris pour la dignité hu- maine et contre le racisme à l’appel d’un col- lectif de femmes, Marche des femmes pour la dignité (Mafed), engagé contre le racisme et les "violences policières". Cette marche, dont l'AméricaineAngela Davis en est la mar- raine, se veut un "événement historique", 32 ans après "la Marche pour l'égalité" et qui portait les mêmes revendications, et 10 ans

après les révoltes des quartiers populaires provoquées par la mort de deux jeunes, Zyed Benna, 17 ans et Bouna Traoré, 15 ans, pour- suivis par la police, dans un transformateur de Clichy-sous-Bois. Les organisatrices ont décidé de dénoncer les violences policières, le racisme et les humiliations, à travers cette marche dans les rues de Paris, en s’ébranlant de Barbès. Une foule compacte, menée par un premier rang des femmes, qui scandait "jus- tice, réparations, unité". "Aujourd'hui, en France, si vous n'avez pas la bonne couleur

vous pouvez mourir aux mains

de peau (

de la police", a déclaré Amal Bentounsi, la porte-parole de la Mafed, dont le frère a été tué par un policier à Noisy-le-Sec en 2012, alors qu'il tentait, selon elle, d'échapper aux forces de l'ordre. Amal Bentounsi, qui préside

)

le collectif "Urgence notre police assassine",

a souligné que cette manifestation vise à

"réaffirmer notre dignité". Les organisatrices ont estimé que, trois décennies plus tard, "en plus des conditions sociales toujours plus dé- plorables, le harcèlement des populations des quartiers, leur humiliation, constituent le quo- tidien pour les Noirs, les Arabes, les Roms et les Blancs des quartiers". "Nos quartiers ne sont pas des stands de tir", lit-on sur des ban- deroles dans le cortège, dans lequel flottaient également quelques drapeaux palestiniens et des photos des deux adolescents brandies, leurs prénoms scandés : "Zyed, Bouna, on n'oublie pas". Des militants, des jeunes com- munistes, du Parti de gauche, d'Europe Eco- logie Les Verts (EELV) ou du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), dont l'ex-candidat à la présidentielle Philippe Poutou, ont participé à cette marche en fin de cortège, alors que les associations antiracistes les plus médiatiques, comme SOS Racisme, ont brillé par leur ab- sence. Selon le programme, les manifestants devaient rejoindre la place de la Bastille pour un concert, avec les rappeurs Médine, Disiz, Tunisiano ou encore Kery James, auteur d'un morceau en hommage à Zyed et Bouna.

GRAND ANGLE n Ça fulmine et ça maugrée du côté des nombreux sceptiques au retour
GRAND ANGLE
n Ça fulmine et ça maugrée du côté
des nombreux sceptiques au retour
de la diplomatie iranienne au de-

vant de la scène internationale. Ceux qui af- fichaient haut et fort leur scepticisme quant

à la signature d'un accord sur le nucléaire

avec l’Iran au printemps dernier ont du mal

à déglutir la grosse pilule : la République is- lamique d’Iran revient par la grande porte, celle de Vienne. Tout le monde s’accorde sur la présence de cette puissance régionale au- tour de la table qui réunit belligérants et puissants pour tenter de trouver une sortie politique à la guerre syrienne qui a déjà ac- croché 250.000 morts, 11 millions de dépla- cés et 5 millions d'exilés sur 22 millions d'habitants à son funeste palmarès. Partie prenante d’une solution, l’Iran qui consi- dère sa participation comme une victoire, n’est plus montrée comme un État doté

Iran, le retour

d'une capacité de nuisance dans la région. Le chef de la diplomatie iranienne Moham- mad Javad Zarif a été bel et bien assis à la conférence avec dix de ses homologues des Affaires étrangères. Après «l’aval» de Pou- tine et l’invitation de Kerry, c’est Barack Obama himself qui a réussi à convaincre le roi Salman d'Arabie saoudite de «donner le feu vert à cette invitation». Rappelons que l'Iran et les Saoudiens ont toujours été au coude-à-coude pour s'assurer la suprématie dans la région. En attendant la levée des sanctions économiques et financières au début de l'année prochaine, l'Iran, l’incon- testable grande puissance du Moyen-Orient, joue sur du velours, sa présence à Vienne est pleinement légitime. Nul ne fait, en tous cas, l’impasse sur la pleine implication des Ira-

niens dans le maintient du régime d’Al Assad en place avec l’aide des unités d’élite des pasdarans, un large financement, de l’armement et des conseillers membres de la fameuse force Al Qods. A Vienne, l’Iran ne joue pas à l’irréductible quant au maintient du raïs syrien au pouvoir, mais est venue réaffirmer sa détermination à réduire ses ennemis jurés à néant, les djihadistes de l'État islamique. Le reste des participants à cette première rencontre, comme les Améri- cains, savent pertinemment que sans l'aide militaire iranienne au sol, Daesh ne sera vaincu ni en Syrie ni en Irak. Désormais, la République islamique d’Iran fera entendre sa voix officiellement dans les tribunes inter- nationales, sans passer par le Hezbollah li- banais ou d’autres circuits longtemps empruntés pendant le long blocus imposé. Kamel Morsli

LU

empruntés pendant le long blocus imposé. Kamel Morsli LU AILLEURS Ban Ki-moon juge « inacceptable »

AILLEURS

Ban Ki-moon juge « inacceptable » que le sort d’El-Assad paralyse la négociation

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon juge "totalement injuste" et "inacceptable" que le sort du président sy- rien Bachar al-Assad "prenne en otage tout le processus de négociation politique" sur la crise syrienne, dans un entretien pu- blié hier par quatre journaux espagnols. "L'avenir du président Assad doit être dé- cidé par le peuple syrien", dit M. Ban, dans cet entretien accordé aux quotidiens El Pais, El Mundo, ABC et La Vanguar-

dia. "Il est totalement injuste et irrationnel que le sort d'une personne prenne en otage tout le processus de négociation politique. C'est inacceptable", a dit clairement M. Ban au sujet de Bachar El-Assad.

Brèves

CRASH D’UN AVION RUSSE DANS LE SINAÏ ÉGYPTIEN

Les 224 passagers sont morts

Tous les passagers, 224 personnes, qui étaient à bord de l’Airbus A321 de la compagnie charter russe Kogalymavia, sont morts, suite au crash de l’avion, hier matin, dans le centre de la péninsule du Sinaï, en Égypte, a confirmé l’am- bassade de Russie en Égypte. Le commandant de bord de l’Airbus A321 d’une compagnie charter russe s’était plaint d’une défaillance technique des équipements de communication, alors que le Président russe, Vladimir Poutine, a ordonné l’envoi d’équipes de secours russes sur les lieux du crash, après l’annonce de cet acci- dent, l’un des plus meurtriers dans l’histoire de l’aviation civile. L’appareil avait décollé de Charm El-Cheikh avec 224 personnes à bord, selon des sources russes et égyptiennes. «La communication avait été coupée avec un avion charter russe transpor- tant 217 passagers et 7 membres d’équipage au- dessus du Sinaï», avait fait savoir un haut responsable de l’autorité de contrôle de l’espace aérien en Égypte. Après le crash, des débris de l’avion russe avaient été localisés, a annoncé le cabinet du Premier ministre égyptien, Chérif Ismaïl, dans un communiqué. «Les avions de l’armée ont re-

trouvé les débris de l’avion (

) dans une région

montagneuse, 50 ambulances ont été envoyées dans la zone pour évacuer les morts et les bles- sés», a-t-on précisé. Les circonstances exactes de l’incident restent encore inconnues. Après l’annonce de l’accident, le Président russe, Vla- dimir Poutine, a ordonné l’envoi d’équipes de secours russes sur les lieux du crash, décrétant une journée de deuil national aujourd’hui.

BAN KI-MOON :

«LaCatalognenefigurepas

parmilesrégionsayantdroit

àl’autodétermination»

La Catalogne (nord-est de l'Espagne) n'est pas classée par l'Onu parmi les territoires non au- tonomes qui peuvent invoquer le droit à l'auto- détermination, a déclaré le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon dans un entretien publié hier par quatre journaux espagnols. "Un aspect positif de l'Espagne, c'est qu'il y a un res- pect de la diversité : la culture, les langues, les traditions", a affirmé M. Ban. Interrogé sur la possibilité pour la région catalane de 7,5 millions d'habitants d'invoquer le droit à l'autodétermina- tion, Ban Ki-moon a répondu : "L'Espagne est un pays indépendant et souverain qui inclut la région catalane et c'est ainsi qu'elle a été admise aux Nations unies et agit au sein de la commu- nauté internationale".

PALESTINE

Al Khalil enterre ses morts

Les Palestiniens enterraient sept jeunes dont les autorités israéliennes confisquaient jusqu'ici les corps, tandis que l'Etat hébreu s'apprêtait à marquer hier le 20 e anniversaire de l'assassinat d'Yitzhak Rabin en présence de l'ancien prési- dent américain Bill Clinton. Cet anniversaire in- tervient au moment où une nouvelle spirale de violences s’est emparée des territoires qui a de nouveau fait un mort hier. Un Palestinien de 17 ans a été abattu par des gardes israéliens à un check-point du nord de la Cisjordanie occupée. Depuis le début du mois, les violences ont fait 67 morts parmi les Palestiniens

Dimanche 1 er Novembre 2015

Cult ure

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EL MOUDJAHID

SILA-2015
SILA-2015

DÉBAT

Le livre électronique détrônera-t-il un jour le livre objet ?

Le livre objet va-t-il disparaître pour laisser place au livre électronique ? Telle est la question qui a été au centre du débat qui a suivi la conférence qui a eu lieu, hier, au palais des Expositions des Pins-Maritimes à Alger, pour le compte de la vingtième édition du Salon international du livre d’Alger.

A yant comme conférenciers l’animateur de la radio al- gérienne Mohamed Réda

Khiar, le romancier français Caryl Ferey et la directrice du départe- ment langue française, livre et sa- voir à l’institut français Judith Rose, l’avenir du livre objet et le risque de se voir remplacer par la version électronique a créé de vifs débats dans une salle pleine. Pour Judith Rose, il serait pro- bable que le livre électronique dé- busquera un jour le livre objet, mais selon elle, ça n’aurait pas lieu incessamment. « Les Etats- Unis est le premier pays en ma- tière de chiffre d’affaires du livre électronique qui avoisine les 30% du taux de vente de livres. Ça avait pris une dimension monstre il y a quelques années avant que ce taux ne stagne, voire régresse ces dernières années. Cela prouve que le livre électronique a été une mode de tendance et que le livre objet gardera toujours sa place », a-t-elle fait savoir. De son côté, Caryl Ferey a précisé que les en-

Ph : Billel
Ph : Billel

fants doivent apprendre à lire dans le livre en papier, et que le contraire pourrait rompre la rela- tion intime qu’un enfant puisse avoir avec un livre. « Dans cer- tains pays occidentaux, les lobbys d’industrie de tablettes et de li- seuses essayent d’influencer la méthode d’enseignement et de

faire aimer à l’enfant la lecture électronique. C’est une démarche dangereuse, car elle peut faire fuir l’enfant du livre et il ne risque de ne jamais mettre les pieds dans une bibliothèque », a-t-il souligné avant de revenir sur l’aspect hu- main dans le monde livresque, qui selon lui, ne pourrait jamais être

remplacé par la technologie. « Nous sommes face à un mil- lions de choix de livres dans la toile, et on fini par ne choisir aucun. Tandis que lorsqu’on cô- toie les libraires, on cherche le choix de notre goût, et cela aide à une meilleure lecture », a-t-il ajouté avant de relater l’histoire du safari qui le mène toujours quelque part avant d’entamer un roman. « Il est clair que nous trouvons beaucoup d’informa- tions sur internet, mais rien ne vaut l’expérience humaine, j’ai écris des livres sur l’Afrique et la Nouvelle Zélande, je suis parti côtoyer les Mauris et les Zoulous pour mieux cerner mes person- nages », a-t-il précisé. De son côté, Reda Khiar a précisé qu’en Afrique le livre demeure inacces- sible par rapport aux pays occi- dentaux, et que l’option du livre électronique pourrait, à l’aune de l’expansion des smartphones en Algérie, constituer un atout ma- jeur pour encourager la lecture. Kader Bentounès

MOHAMED REDA KHIAR, ANIMATEUR À LA RADIO CHAÎNE III :

« Il faut créer plusieurs prix littéraires »

Vous avez dit lors de votre intervention que l’Algérie manque de traditions livresques. Selon vous, que peut-on faire pour les créer ? C’est peut être naïf ce que je vais dire, mais je pense sincèrement que c’est en multipliant les initiatives du type concours de la meilleure nouvelle, concours de la meilleure plume jeune que nous pourrons créer des traditions livresques en Algérie. Il faut multiplier ce genre d’actions, je pense aussi qu’il faudrait avoir un prix des médias, en sus de beaucoup de prix d’écrivains confirmés, il faut les inviter, assurer leur notoriété, faire la promotion de leurs ouvrages, et naturellement dénicher de nouveaux talents comme c’est le cas au football. Si nous aurons des détecteurs de talents dans les inter-quartiers, il est clair que nous irons les chercher plus loin. Vous avez évoqué également un souvenir d’enfance, celui du professeur à l’école primaire qui militait pour que vous ayez des livres pendant les vacances. Pensez-vous que nous devions agir de la sorte afin que l’enfant se réconcilie avec le livre ? Il s’agit en fait d’un professeur qui militait pour que les élèves aient des bouquins pendant les vacances. Il ne s’agissait pas d’un devoir à rendre ou un compte rendu qu’il fallait impérativement remettre, juste pour le plaisir de lire, et cette méthode m’a plu et m’a poussé à terminer le livre. Ce genre d’initiative est à encourager, d’autant plus que nous disposons de tous les moyens pour y parvenir. Evidemment, je

disposons de tous les moyens pour y parvenir. Evidemment, je on arrive à semer des graines

on arrive à semer des graines de lecteurs, c’est d’ailleurs l’intitulé de la rencontre qui devrait regrouper les représentants du département d’éducation nationale lors de ce 20 e SILA. Selon vous le livre objet va-t-il disparaître pour laisser place au livre électronique ? Lorsqu’on dit livre objet, il faut bien garder à l’esprit que le livre fait partie d’une industrie, et puis la vraie question que nous devons poser c’est comment cette industrie va se défendre face au numérique. A l’heure actuelle, cette industrie n’est pas menacée, bien au contraire, elle fait des formats numériques, des produits supplémentaires qu’elle met en vente, or les gens de cette industrie ont compris que les lecteurs en format numérique sont des gens qui ne verront peut-être jamais en librairie, donc ça leur ferait des lecteurs en plus. Les coûts de productions du numérique sont inférieures, c'est-à-dire lorsqu’on vous vend un bouquin, c’est une qualité de papier, une reliure et tout une série de produits fournis afin de confectionner l’ouvrage, mais pour cela, je pense honnêtement que d’un côté c’est lié aux avancées technologiques, et de l’autre côté, c’est lié au génie que déploiera l’industrie du livre objet pour assurer sa survie, mais je pense que le livre en papier gardera toujours son charme, notamment avec la liaison intime qu’il noue avec le lecteur. Entretien réalisé par K. B.

dis que le système éducatif est responsable de bon nombre de choses, y compris de la

perception que l’on puisse avoir du rapport qu’on

a avec le livre, mais il y a des établissements en

Algérie où ça existe, je trouve qu’il faut inciter à

la lecture et à l’écriture tout en essayant, tant que

possible, de mettre ces deux activités loin de l’évaluation scolaire et de la notation afin qu’elles puissent dégager cette passion. Et puis il y a la lecture plaisir avec laquelle

SILA

Une pléiade de grands auteurs

Placé sous le haut patronage du Président de la République et orga- nisé par le ministère de la Culture algérien, le Salon international du livre d'Alger dans sa vingtième édi- tion accueille la France en invitée d’honneur. A cet effet, de grands auteurs français et des conférenciers anime- ront un programme des plus allé- chants dédié au pays à l’honneur du salon. En effet, des rencontres thé- matiques, des séances de dédicaces, des expositions, des cours de langue et des concours d’écriture seront as- surés par l’Institut culturel français d’Alger en soutien à la littérature française et francophone et ce, jusqu’au 7 novembre prochain. Le Centre national du livre et le Bureau international de l’édition française prévoient également des journées conçues spécialement aux profes- sionnels algériens et français de l’édition. Dans le même ordre d’idées, une pléiade d’éditeurs, in- ternationaux et algériens, ont ré-

pondu présents à ce festival, à l’ins- tar de Casbah éditions, Larousse ou encore l’ANEP. Il faut dire que, cette manifes- tation littéraire placée sous le signe des échanges interculturels consa- crée au livre en Algérie, est tout simplement la plus importante dans son genre en Afrique. A cet effet, nous avons enregistré une forte par- ticipation arabe et africaine avec 17 pays arabes et 17 pays africains dont 7 appartiennent au monde arabe, l’Europe quant à elle est re- présentée par 15 pays dont l’invité d’honneur, la France. Les Amé- riques (nord et sud) sont également au rendez-vous avec 5 pays : Etats- Unis, Canada, Argentine, Pérou et Venezuela, suivies de l’Asie avec 4 pays : Chine, Iran, Japon et Turquie. La participation de tous ces pays est une preuve indéniable de la grande notoriété internationale dont jouit ce salon. Ceci dit, pour cette 20 e édi- tion, nous avons quand même ob- servé un léger recul au niveau du

nombre d’exposants étrangers (620 éditeurs contre 659 en 2014 de 52 pays), en revanche le nombre de professionnels algériens du livre (267 l’année précédente, 290 cette année) a augmenté. Il semble que la diminution peu importante du nom- bre d’exposants étrangers, a été contrebalancée par l’accroissement de la participation nationale. Autre particularité de ce festi- val, les trois estrades réservées aux auteurs étrangers et algériens. Chose qui leur permettra de parler de leurs œuvres, de mettre en avant leurs idées et surtout d’en débattre et ce, au niveau de la salle de confé- rences du pavillon central. L’une des autres nouveautés, est la pre- mière édition du prix Assia Djebar du roman, co-organisé par l’ENAG l’ANEP. Il sera décerné le 4 novem- bre prochain au niveau de l’hôtel Hilton à Alger et constituera sans doute un moment fort de cette ving- tième édition. Il convient aussi de souligner

que la progression du nombre de vi- siteurs et d’exposants dans ce Salon a toujours été constante, démontrant ainsi la notoriété grandissante de cet évènement en Algérie et dans le monde mais encore l’intérêt que lui accorde le public algérien. S’agis- sant du volet financier de ce salon, des dispositifs de collaboration entre le SILA et la SAFEX sont mis en œuvre, ce qui permettrait de ré- colter des bénéfices, tirés des ventes des livres et la location des espaces d’exposition. Enfin, le Salon international du livre d’Alger est une occasion ex- traordinaire pour faire un voyage dans le temps et l’espace sans le moindre petit effort, excepté celui d’ouvrir un livre, et de découvrir d’autres cultures, qui vont d’une manière ou d’une autre et à coup sûr nous apprendre énormément de choses sur nous-mêmes et sur les autres. En d’autres termes un ren- dez-vous à ne pas manquer. Mourad Mancer

Lecoinducopiste La foire du livre revêt cette année le cachet grandiose des rendez-vous avec les
Lecoinducopiste
La foire du livre revêt cette année le
cachet grandiose des rendez-vous
avec les personnalités les plus en vue
dans les domaines des lettres, de la
critique et de l’histoire. La France qui
est présente en force pour cette édi-
tion comme invitée d’honneur a misé
sur toutes les potentialités qu’elle re-
cèle en invitant des auteurs et écri-
vains qui ont au préalable une vision
connue de l’Algérie, faisant place à
des rencontres mixtes lors de confé-
rences pour débattre de sujets qui in-
téressent en premier lieu l’édition
algérienne et une catégorie de théma-
tiques proche de notre réalité socio-
politique tout en conviant les
visiteurs à aller à la découverte de la
culture occidentale dans ce qu’elle a
de plus contemporain. Zoom sur la
journaliste et écrivaine Laure Adler,
bien connue ici à travers le petit
écran, qui a présenté hier une confé-
rence à l’Institut français avec Maïssa
Bey intitulée « Autour de Hyzia,
femmes d’aujourd’hui ».

FESTIVAL INTERNATIONAL DU MALOUF

Place à la magie de la parole palestinienne

Le chanteur palestinienAlaâAzzam a instillé, hier soir à Constantine, au cours de la 7 e soirée du festival international du Malouf, beaucoup d’émotion grâce à une magie parolière où la Palestine meurtrie était dans tous les cœurs. Se produisant pour la première fois en Algérie, l’artiste a entamé son programme avec "Mich Aaref", une chanson patriotique qui rappelle le vécu douloureux des Palestiniens, et porte le cri de révolte des opprimés, le tout entrecoupé de salves d’applau- dissements nourris. Alaâ, également auteur et compo- siteur, enchaîne avec "Ma bininsa" pour évoquer une nouvelle fois son peuple, ses souffrances, mais aussi sa résistance héroïque, devant une assistance souvent très émue. Changement de registre,Alaâ, à la voix pro- fonde et puissante, revisite le patrimoine musical pa- lestinien pour interpréter "Arjii ya alfa leila", "Ya rayeh ila Cham", "Ah ya hilou", dans une ambiance euphorique. A la demande du public, Alaâ chante "Mountassiba la kamati" du poète Samih Al Kacem, un morceau rendu célèbre par le grand artiste libanais Marcel Khalifa. Dès les premières notes, l’assistance se lève spontanément et se met à accompagner le chan- teur, comme pour dire haut et fort le soutien desAlgé- riens à la cause palestinienne.Après le spectacleAlaâ a fait part à l’APS de sa joie de se retrouver enAlgérie :

"l’appui des Algériens, je le ressens tout au fond de moi, cela fait chaud au cœur et c’est très rassurant". Il est également revenu sur "la résistance culturelle et intellectuelle" que beaucoup d’artistes palestiniens s’appliquent à exercer pour "déjouer toutes les tenta- tives d’acculturation". Auparavant, le Jordanien Aymen Tayssir a offert au public constantinois une soi- rée Tarab, tout en émotion poétique et musicale, en re- prenant des chefs-d’œuvre du patrimoine arabe. Accompagné de musiciens dont le talent, la virtuosité et la maîtrise ont enchanté l’assistance, Aymen a en- tamé sa prestation avec le mouachah "Ya chadi alal- han". Sa voix sublime et son application ont subjugué le public. Décontracté, l’artiste entonne "Zarani al mahboub" et tant d’autres "perles" des mouachahate arabes. Entre deux chansons, les musiciens accompa- gnant le chanteur ont offert des moments musicaux fascinants où le vibrato du qanun accompagne délica- tement les cordes du luth et le son d’une flûte enchan- tée. La soirée s’est poursuivie avec le chanteur constantinois Salaheddine Khaldi qui a présenté avec brio des partitions des noubas "H’sin" et "Zidane", un délicieux istikhbar et un Mçader, dans la pure tradition du malouf constantinois. Inscrite dans le cadre de la manifestation "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe", la 9 e édition du festival des artistes venus des quatre coins du monde pour chanter une musique sa- vante et séculaire, héritage universel. Les hôtes de la ville des ponts étaient accompagnés dans ces soirées par des troupes musicales nationales et des artistes lo- caux qui ont démontré que l’école du malouf regorge de talents et de voix. Le clap de la fin de cette 9 e édition organisée sous le slogan "le malouf, héritage des gé- nérations", est prévu pour ce soir avec au programme la prestation très attendue de l’orchestre régional de la musique andalouse dirigé par Samir Kredira, aux côtés des artistes syrien Badr Rami et égyptien MohamedAl Hilou.

Vie pratique

21

EL MOUDJAHID

Vie religieuse Horaires des prières de la journée du dimanche 18 Mouharram 1437 correspondant au
Vie religieuse
Horaires des prières de la journée du dimanche 18 Mouharram 1437
correspondant au 1 er Novembre 2015 :
- Dohr … 12h32
- Asr 15h29
- Maghreb 17h55
- Ichaa……………… 19h14
Lundi
19
Mouharram
1437
correspondant au 2 Novembre 2015 :
- Fedjr 05h45
- Chourouq
07h12
au 2 Novembre 2015 : - Fedjr 05h45 - Chourouq 07h12 Déclaration de vol Volés le
Déclaration de vol Volés le 26/10/2015 cachet rond et griffe portant les mentions suivantes :
Déclaration de vol
Volés le 26/10/2015 cachet
rond et griffe portant les
mentions suivantes :
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J.H., cherche emploi comme chauf-

feur poids lourd, environs Alger-Blida. Tél. : 0555.36.73.10

 

0556.03.44.52

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J. FILLE, 26 ans, ayant une licence en français + une attestation de succès en informatique, habitant à Alger-Centre, cherche emploi comme secrétaire ou assistante sur Alger-Centre ou environs. Tél. : 0559 75 06 70

 

——0o0——

J.H., 39 ans, cherche emploi comme aide en maçonnerie dans société privée ou étatique. E-mail : Mouh-59@hotamail.com

 

——0o0——

J.H., 34 ans, sérieux, licence en sciences politiques spécialité «relations internationales», 3 ans d’expérience dans l'administration, polyglotte : arabe, français, anglais, espagnol (turc : notions de base), maîtrise l'outil informatique, dégagé de toutes obligations nationales, cherche emploi stable dans la wilaya d'Alger ou environs.

 

Tél. : 0798 67.75.36

——0o0——

J.F., 36 ans, cherche emploi comme garde-malade ou nourrice aux environs de Bordj El-Kiffan.

 

Tél. : 0799 98.27.74

——0o0——

J.H., 35 ans, TS en VRD, six ans d’expérience, cherche emploi dans un bureau d’études ou entreprise en tant que chargé d’études.

 

Tél. : 0665 63 36 98

——0o0——

J.H., 33 ans, ingénieur d’Etat en agronomie (culture pérenne) cherche

emploi. Tél. : 0558 61 41 05

——0o0——

J.H., 29 ans, licencié en finance, résidant à Blida, cherche emploi dans le domaine au Centre, dans la wilaya d’Alger, ou environs

 

Tél. : 0674 31.19.18 0780 13.27.87

——0o0——

J.F., 25 ans, titulaire d’une licence en commerce international, cherche emploi. Tél. : 0665 53.77.86

——0o0——

H., retraité, sérieux, ponctuel, cherche un emploi comme chauffeur léger, chez famille ou privé, accepte

déplacement. Tél. : 021 53.12.91 0779 56.12.41

——0o0——

J.H., 28 ans, technicien en topographie, 05 ans d’expérience, maîtrise Auto-Cad et Covadis, Appareils SOKKIA et Leica, cherche emploi dans le domaine, accepte le déplacement. Tél. : 0663 59.92.99

 

——0o0——

Architecte, expérience 4 ans, cherche emploi en études chantiers ou autres. Libre.

Tél. : 0552 05.00.31

——0o0——

J.H., TS en froid industriel et climatisation, 03 ans d’exp. comme opérateur, cherche emploi dans une entreprise étatique ou privée. Tél. : 0559 61.97.63

El Moudjahid/Pub du 01/11/2015

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ANEP du 01/11/2015
Dimanche 1 er Novembre 2015

Sp o rt s

22

EL MOUDJAHID

MONDIAL-2015 /ATHLÉTISME-HANDISPORT 9 e JOURNÉE

L’argent pour Mounia Gasmi, le bronze pour MadjidDjemai

Les athlètes algériens Mounia Gasmi (poids T32) et Madjid Djemai (1500 m, T37) ont remporté, respectivement, une médaille en argent et une en bronze, vendredi dernier au stade Suhaïm Bin Hamad à Doha, lors de la 9 e et avant-dernière journée des Championnats du monde d’athlétisme handisport.

E n finale du concours du poids, Gasmi a réussi une autre médaille d’argent,

après celle du Club, en lançant son

engin à 4.54 m, lors de son 4 e et

seul essai réussi (cinq autres mor-

dus). La médaille de bronze du concours est revenu à l’Austra- lienne Louise Ellery (4.53 m, un

des quatre réussis). Le titre mon-

dial a été gagné par la Tunisienne

Maroua Ibrahmi, après un jet à

6.18 m. La cérémonie de remise

des médailles a été retardée de

presque quatre heures après la pro- testation introduite par les respon- sables australiens pour un essai de

leur athlète, non comptabilisé par

le juge du concours et qui aurait permis, si il est accepté, de prendre la médaille d’argent. Ce n'est qu'à 21h35 que le résultat du concours

a été officiellement publié et le po- dium maintenu (Tunisie, Algérie, Australie). "Je suis comblée de remporter dans ces Championnats du monde deux médailles d’argent. J’aurais souhaité faire mieux, sur-

tout au Club, mais, je crois que j'ai

fais beaucoup d’erreur au cours de

mes

deux concours, que je tâche-

rais

de corriger au plus vite, car

aux prochains jeux Paralympiques, les erreurs seront plus fatales.", a

jeux Paralympiques, les erreurs seront plus fatales.", a indiqué Mounia Gasmi, qui n’a pas caché sa

indiqué Mounia Gasmi, qui n’a pas

caché sa joie pour ses consécra- tions, mais pas pour ses perfor- mances. Pour son coach, Cherif Benmoussa, le concours du lancer de poids, tout comme d’ailleurs celui du Club, était très disputé et difficile surtout pour désigner des deux dernières places du podium. "Je crois que les nouveautés inté- grées récemment dans le règlement des différents lancers ont eu un effet négatif sur nos athlètes qui les

assimilent lourdement, mais, Dieu merci, Gasmi a réussi à remporter deux médailles d’argent (poids et Club), deux concours qui était très difficile", a souligné Benmoussa, en remerciant son athlète pour les efforts fournis durant la compéti- tion, et qui n’étaient évidents avec les conditions climatiques (chaleur et un tôt d’humidité très élevé, qui n’arange jamais les athlètes IMC (infirmité motrice cérébrale). L’au- tre médaille algérienne obtenue

lors des compétitions de cette jour- née, était de couleur bronze, ob- tenu par Madjid Djemai en finale de l’épreuve du 1500 m, classe T37. Dans une course, emmenée par l’Australien Brad Scott durant les premiers 1200 m, puis par l’Ir- landais Michael Mckillop, dans la suite et jusqu’à la fin, l’Algérien Djemai a eu l’intelligence de sui- vre la course de prêt, jusqu’aux derniers 150 m, pour prendre le large et assurer une médaille de bronze, la première dans sa carrière sportive. Djemai a parcouru le 1500 m en 4:29.94, derrière res- pectivement, Brad Scott (second en 4:21.12) et Mckillop (1 er en 4:16.19). A la fin de la course, Madjid Djemai n’en revenait pas, car pour lui, il venait de réaliser un rêve qu’il caressait depuis des an- nées de suite. "Enfin, j’ai eu ma médaille mondiale. Cette médaille de bronze vaut, pour moi, de l’or que visait à chaque fois que je prendre part à un championnat du monde. Ici, à Doha, j’étais prêt à laisser mon âme pour gagner une médaille et monter, pour la pre- mière fois de mes dix années de carrière, sur un podium mondiale", a expliqué Djemai, comblé de joie. "Aujourd’hui, Djemai a effectué

une course tactique, avec les athlètes de sa classe (T37). Il savait que les deux premiers, qui ne sont pas d’ailleurs de sa catégorie (T38), étaient au dessus du lot, donc il a joué sans va-tout, avec ceux de sa classe et il a montré qu’il était plus fort. Je suis content pour lui, car cette année il a bien travaillé", a souligné, quand à lui, l’entraîneur nationale des demi- fond et courses de fond, Tahar Salhi. Pour sa part, l’athlète Moha- med Berrahal s’est qualifié facile- ment pour la finale du 400 m (T51), en terminant 3 e dans la 2 e série en 1:23.36, derrière le Mexi- cain Navarro Sanchez (1:23.34) et le Belge (1:22.70). La finale, pré- vue hier soir, lors de la 10 e et der- nière journée des mondiaux, devrait-être très disputée, car elle a regroupé les meilleurs de la spécia- lité et de la classe T51, à savoir les trois premiers de la 2 e série et le Finlandais Piispaneen, l’Italien de Vidi Alvise, entres autres. A l’issue des résultats de la 9 e journée, l’Al- gérie perd encore des places au classement général des médailles. Elle occupe la 20 e position, sur 66 pays classés, avec un total de onze médailles (2 or, 7 argent, 2 bronze).

MC ORAN

Benchadli disposé à succéder à Cavalli

Le technicien Djamel Benchadli s'est dit hier "prêt

à prendre en main les desti-

nées techniques du MC Oran

en remplacement du Français Jean-Michel Cavalli, limogé vendredi. "Juste après le li- mogeage de Cavalli, j'ai reçu

un contact officiel de la direc-

tion du MCO pour diriger

l'équipe. J'ai un rendez-vous samedi après midi (hier, ndlr) avec le président Belhadj

pour approfondir les discus-

sions et éventuellement don-

ner mon accord final.", a

affirmé à l'APS Benchadli.

Classé troisième lors du pré- cédent exercice, le MCO n'ar-

rive toujours pas à amorcer

exercice, le MCO n'ar- rive toujours pas à amorcer son départ en occupant l'avant dernière place

son départ en occupant l'avant dernière place au clas-

sement de la Ligue 1 avec 9

points, au terme de la 10 e journée. En dépit du point dé- croché vendredi sur le terrain

de l'USM Harrach (1-1), la direction a procédé au limo- geage de Cavalli, en poste de- puis la saison dernière. "Le challenge du MCO est inté- ressant, mais je dois discuter d'abord avec les responsables pour voir plus clair.", a-t-il ajouté. Djamel Benchadli a débuté la saison 2015-2016 sur le banc de l'USM Blida avant d'être à son tour limogé et remplacé par Mohamed Bacha. La valse des entraî- neurs dans les deux ligues professionnelles 1 et 2 a pris cette saison des proportions alarmantes, d'autant que chaque journée apporte son lot de départs.

CLASSEMENT DES BUTEURS DE LALIGUE 1-MOBILIS

Zâabiya rejoint Benyettou et Djallit en tête

L'attaquant international libyen du

lent avec 5 buts chacun en l'occurrence,

MC

Oran, Mohamed Zaâbiya, auteur

Diawara et Boulaouidet (JS Kabylie),

d'un

but vendredi sur le terrain de l'USM

Merzougui (MC Alger) et Moussi (MC

Harrach (1-1), a rejoint Benyettou (ES Sétif) et Djallit (JS Saoura) en tête du classement des buteurs de la Ligue 1 de football avec six buts chacun, au terme de la 10 e journée. Djallit aura l'occasion de se hisser seul en tête puisque la JSS jouera son match en retard face à l'USM Alger le 24 novembre. Derrière les trois attaquants, quatre éléments se bouscu-

Oran). A la troisième place, pas moins de six éléments se bousculent avec 4 buts chacun, dont Hadj Bougueche (USM Harrach) auteur de trois buts lors des deux dernières rencontres. Le meil- leur buteur du précédent exercice, Walid Derrardja (17 buts), sociétaire du MC Alger, n'a toujours pas enclenché son compteur.

CLASSEMENT

6 buts : Benyettou (ES Sétif), Djallit (JSS), Zâabiya (MC Oran) 5 buts : Diawara, Boulaouidet (JS Kabylie), Merzougui (MC Alger), Moussi (MC Oran)

4 buts : Guessan (RC Arbâa), Ndoye

(MO Béjaia) et Seguer (USM Alger), Gasmi (NA Hussein Dey), Feham (CR Belouizdad), Bougueche (USM El Harrach)

Le CR Belouizdad, vain- queur vendredi sur le terrain du RC Relizane (2-1), s'est installé en tête du classement du championnat de Ligue 1 des moins de 21 ans (U-21), au terme de la 10 e journée.

Avec 22 points, le Chabab est

suivi par l'USM Blida (20

pts), vainqueur mardi à do- micile face au MO Bejaia (2- 0) en match avancé. L'USM Alger, triple championne d'Algérie, effectuera un voyage à Béchar le 24 no- vembre pour croiser le fer

avec la JS Saoura, en match

LIGUE 1 /U-21 (10E J)

Le CR Belouizdad seul en tête MCA-RCA, reporté

décalé de cette journée. La lanterne rouge le DRB Tad- jenanet s'est lourdement in- clinée à domicile face à l'ES Sétif (5-1). Avec 3 points seulement, le DRBT n'a tou- jours pas gagné le moindre

match. Le match MC Alger- RC Arbaâ a été reporté à une date ultérieure, selon le site de la Ligue de football pro- fessionnel (LFP) sans préci- ser les raisons.

Résultats :

USM Blida- MO Bejaia

2-0

DRB Tadjenanet- ES Sétif

1-5

USM El Harrach- MC Oran

2-2

ASM Oran- CS Constantine

1-1

NA Hussein-dey - JS Kabylie 0-1 RC Relizane- CR Belouizdad 1-2

Mardi 24 novembre2015 JS Saoura- USM Alger MC Alger-RC Arbaâ Classement : Pts J 1-CR
Mardi 24 novembre2015
JS Saoura- USM Alger
MC Alger-RC Arbaâ
Classement :
Pts
J
1-CR Belouizdad
22
10
2-USM Blida
20
10
3-ES Sétif
18
10
USM Alger
18
9
5-JS Kabylie
17
10
6-MC Alger
16
9
7-JS Saoura
15
9
8-NA Hussein Dey
14
10
USM Harrach
14
10
10-ASM Oran
13
10
RC Relizane
13
10
12-MC Oran
12
10
13-MO Béjaia
8
10
14-RC Arbaâ
7
9
14-CS Constantine
5
10
15-DRB Tadjenanet
3
10

ELIMINATOIRES COUPE DU MONDE 2018 (2 e TOURALLER)

Tanzanie-Algérie débutera à 14h30 à Dar Es Salam

Le match Tanzanie- Algérie comptant pour le second tour aller des éliminatoires de la Coupe du monde 2018, prévu le 14 novembre prochain au stade Benjamin Mkapa à Dar Es Salam, débutera à 14h30 (heures algé- rienne), 16h30 (heure locale), a annoncé vendredi la Fé- dération internationale de football (FIFA). L'instance internationale n'a pas en revanche communiqué les noms du trio arbitral. Quant à la rencontre retour, elle aura lieu trois jours plus tard, mardi 17 novembre à 19h15 au stade Mustapha-Tchaker de Blida. Elle sera officiée par un trio camerounais sous la direction du di- recteur de jeu Alioum Neant. Le vainqueur de cette dou- ble confrontation se qualifiera pour le troisième et dernier tour qualificatif qui regroupera 20 équipes qui seront scindées en cinq groupes de 4. Les premiers de chaque groupe se qualifieront pour le Mondial 2018 en Russie.

COUPE DAVIS (GR.3 / ZONEAFRIQUE)

L'Algérie termine à la 5 e place

La sélection algérienne de tennis (seniors-messieurs)

a terminé à la 5 e place sur 8, suite à son succès face au Mozambique (2-1) en match de classement disputé ven- dredi au Caire. En phase de poule, les Algériens ont ter-

miné à la 3 e place de la poule A, concédant deux défaites face à la Tunisie (3-0) et la Namibie (2-1), et une vic- toire face au Ghana (3-0). De leur côté, la Tunisie et l'Egypte ont assuré l'accession en Zone II (Europe- Afrique) de la Coupe Davis de tennis, à l'issue de leurs

victoires respectivement face au Bénin (2-0) et la Na- mibie (2-0). Les éliminatoires de la Zone II dont le ti- rage au sort est prévu mardi prochain, se dérouleront en

2016.

KARATÉ DO

278athlètesauFestivalnational

desjeuneskaratékasàBatna

278 jeunes athlètes, filles et garçons, venus de 22 wilayas du pays, prennent part depuis hier dans la salle omnisports du complexe sportif du 1 er -Novembre de Batna au Festival national des jeunes karatékas. Initiée par le ministère de la Jeunesse et des Sports, cette com- pétition de deux jours, destinée à la détection de jeunes talents, est encadrée par 35 arbitres de grade national

et continental. Elle est mise sur pied par la Fédération algérienne de karaté do (FAK) avec le concours de la direction la jeunesse et des sports (DJS) et la ligue spé- cialisée de wilaya. Au-delà de son aspect compétitif,

ce festival suivi par un public nombreux, vise égale-

ment à relancer le karaté, une discipline très prisée par

les jeunes algériens, tout en constituant une opportu- nité pour encourager les échanges d’expériences entres les différents clubs et écoles, et instaurer de nouvelles traditions, selon les organisateurs.

Dimanche 1 er Novembre 2015

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