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La Banque Mondiale

Historique

Créée en 1944 lors de la conférence de Bretton Woods sous le nom de Banque


Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD), institution
unique à l’origine, afin d’aider les pays européens et le Japon à la reconstruction de
l’après-guerre. Son siège est installé à Washington. Elle deviendra ensuite le groupe
de la Banque Mondiale (BM). La Banque Mondiale, qui est un intermédiaire
financier international pour soutenir des projets de développement à long terme,
possède un capital constitué par la participation des Etats membres. Elle finance des
projets de divers secteurs, publics ou privés à destination des Pays en
développement (PED) ou de l’ex-bloc soviétique, depuis les années 1990. Les
objectifs généraux sont l’aide à la reconstruction des pays, le financement des
projets d’investissement dans les pays du Sud et un développement économique à
long terme. C’est une institution internationale autonome qui entretient des liens
étroits avec l’Organisation des Nations Unies, via le Conseil Economique et Social.

Organisation

Un pays doit être membre du Fonds Monétaire International pour être membre de la
Banque Mondiale. Ce même pays doit en outre être affilé à la Banque Internationale
pour la Reconstruction et le Développement pour pouvoir devenir membre des
autres filiales du groupe Banque Mondiale. Elle compte donc aujourd’hui, comme le
Fonds Monétaire International (FMI), 184 pays membres actionnaires qui nomment
un gouverneur et un gouverneur suppléant pour les représenter au Conseil des
gouverneurs qui est l’organe de décision suprême de la Banque Mondiale et qui se
réunit une fois par an lors de l’assemblée annuelle commune avec celle du Fonds
Monétaire International. Elle est organisée deux années sur trois à Washington et la
troisième année dans un autre Etat membre. Ce sont des mandats uniques de 5 ans.
Paul WOLFOWITZ est en place depuis le 1er juin 2005. Il a travaillé auparavant
pendant 24 ans dans l’Administration américaine et occupait la fonction de sous-
secrétaire d’Etat à la défense, lors des attentats du 11 septembre 2001, sous la
présidence de George W. BUSH.

L’essentiel du pouvoir relève du Conseil d’administrateurs qui compte 24


administrateurs dont 1 représentant pour chacun des 5 principaux actionnaires, les
Etats-Unis, l’Allemagne, le Japon, la France et le Royaume-Uni, et 19 représentants
pour le groupe des pays restants. La répartition au sein des sous-groupes n’est pas
toujours cohérente.

Le principe de financement des pays est identique à celui du FMI. La quote-part est
déterminée par l’institution et déterminante pour le pays, en ce qui concerne son
poids dans les décisions prises. Le vote repose sur le système « 1dollar = 1 voix ».
Ce qui signifie qu’en fonction de ses intérêts économiques et géopolitiques, un pays
va se voir sous-évalué et imposer une position minoritaire au sein de l’assemblée.
Tout comme au sein du FMI, les Etats-Unis ont la quote-part la plus élevée et donc le
pouvoir suffisant pour imposer son droit de veto.

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Le groupe de la Banque mondiale est composé de 5 filiales :
• La Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement
(BIRD) composée des 184 membres, octroie des prêts concernant le
développement de grands secteurs d’activités (agriculture et énergie) aux
pays de niveau moyen.
• L’Association Internationale pour le Développement (AID) qui est
spécialisée dans l’octroi de prêts à très long terme à des taux d’intérêts
faibles en faveur des pays les moins avancés.
• La Société Financière Internationale (SFI) qui se charge de financer des
entreprises ou institutions privées des Pays En Développement (PED).
• Le Centre International de Règlements des différends (CERDI) qui gère
les conflits d’intérêts.
• L’Agence Multilatérale de Garantie des investissements (AMGI) qui
favorise les investissements dans les pays en développement.

Fonctionnement et Evolutions

Mise en place pour aider à la reconstruction de l’Europe et du Japon après la


seconde guerre mondiale, la Banque Mondiale y consacre ses moyens jusqu’aux
années 60. Cependant, le rôle des Institutions internationales est limité par le
manque d’investissement des pays qui concentraient leurs efforts dans le Plan
Marshall mis en place conjointement sous l’impulsion des Etats-Unis.

En effet, en 1960, le groupe de la Banque Mondiale se penche sur la situation


catastrophique des pays du Sud et crée l’Association Internationale pour le
Développement (AID), pour octroyer des prêts à des taux bas aux pays en
développement.

Les problèmes macroéconomiques des années 70, lors de la crise économique


qui a frappé les pays riches et la situation des pays du Sud ont forcé la Banque
Mondiale à se concentrer davantage sur ces questions. Elle leur prête alors des
sommes considérables et investit dans des projets de développement. Le
mécanisme de l’endettement est enclenché.

Depuis les années 80, les pays du Sud empruntent à ces institutions ou à des
banques privées pour rembourser au FMI et à la Banque Mondiale leur dette
initiale qui ne fait que s’amplifier. Toutefois, sous l’influence des Etats-Unis, les
responsables prennent la décision d’accroître les taux d’intérêt. Le regain de
l’idéologie et des politiques néolibérales ne fera qu’aggraver de manière
exponentielle la situation des pays déjà endettés.

Dès lors, l’action de la Banque Mondiale concerne essentiellement les pays en


transition comme la Chine, l’Indonésie ou la Russie, alors que les pays les plus
pauvres, notamment l’Afrique subsaharienne, sont plutôt soutenus par l’AID.

Dans les années 1990, la Banque Mondiale a réorienté considérablement son


action dans un cadre global de lutte contre la pauvreté et d’amélioration de la
gestion politique des Etats. La Banque Mondiale est à l’origine de l’initiative prise
en 1996 et renforcée en 1999, par les pays du G7 (la France, les Etats-Unis, la
Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Japon, l’Italie et le Canada) d’allègement de la
dette des pays les plus pauvres (PPTE ; pays pauvres très endettés). Ils entrent

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dans le cadre des Objectifs du Millénaire de l’ONU. La Banque Mondiale participe
donc à l’élaboration de ceux-ci.

Ces organisations des nations émergeantes ne font que confirmer les inégalités
croissantes entre les Etats qui profitent de ces politiques et ceux qui les
subissent.

Controverse

De manière plus informelle qu’au sein du FMI, la Banque mondiale exerce un


pouvoir d’influence important et une légitimité internationale qui lui
permettent d’orienter les politiques mondiales et de faire primer les politiques
économiques sur les autres.

En outre, ces deux institutions internationales entretiennent des liens étroits,


tant au niveau de leur fonctionnement interne que de leurs objectifs de
développement. Une assemblée générale annuelle commune est organisée en
vue de discuter des actions respectives et d’envisager des initiatives
conjointes dans les champs d’action partagés. Les Objectifs du Millénaire
pour le Développement des Nations Unies (OMD) ont d’ailleurs été insufflés
par ces 2 organisations internationales. Par ailleurs, la répartition des postes
de direction respectifs entre les Etats-Unis et l’Europe traduit le manque de
neutralité des Etats au sein de ces organismes. Le poste de directeur de la
Banque Mondiale est réservé prioritairement à un représentant des Etats-
Unis, pour laisser conjointement celui du Fonds Monétaire International (FMI)
être occupé par un représentant de l’Europe.

On observe également des interrelations plus informelles et insidieuses entre


le FMI et la Banque mondiale notamment à travers un appui mutuel de leur
chantage économico-financier. En effet, souvent, l’aide demandée à l’une ne
se voit accordée que sous les conditions de l’autre. Ainsi, comme le FMI, la
Banque Mondiale prête des capitaux au Sud en échange de quoi le Sud
s’engage à suivre les politiques économiques drastiques et à acheter la
marchandise au Nord.

Au fil du temps, les résultats de ce système sont alarmants. Les orientations


prises s’avèrent inadaptées, les projets démesurés, inaboutis et la corruption
s’intensifie et détourne les capitaux. La population en bénéficie de moins en
moins et subit davantage des conséquences néfastes de ces mécanismes. Les
conditions de vie se détériorent, l’environnement se dégrade et la situation
nationale s’aggrave. La dépendance des PED à l’égard de ces aides les
contraint à se soumettre aux politiques dominantes. La Banque Mondiale
s’octroie le droit de déterminer les domaines qui relèvent des secteurs publics
ou privés, de libéraliser, d’imposer les modes d’exploitation et de production.

Les droits humains ne font pas partie des priorités politiques et idéologiques
de la Banque Mondiale. Seul le droit individuel de propriété privée est soutenu
indépendamment des droits collectifs, qu’ils soient sociaux, culturels ou
économiques.

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Par ailleurs, la Banque Mondiale est en bénéfice, c'est-à-dire que les rentrées
venant du remboursement de la dette des pays en développement sont
supérieures aux sorties de capitaux d'aide à ces mêmes pays !

D’autre part, la position incontournable de ces Institutions Internationales sur


l’échiquier mondial incite les nations à y investir prioritairement, au
détriment de contributions auprès d’organismes spécialisés dans des aides
techniques et plus adaptées (tels que le Programme des Nations Unies pour le
Développement - PNUD).

Par le pouvoir qu’ont les pays riches au sein de ces organismes, on assiste à
un système impérialiste d’exploitation des pays du sud par les pays riches.
Les pays bénéficiaires du soutien, les Organisations Non Gouvernementales
(ONG) et organisations de terrain ont une capacité d’expression extrêmement
faible et ne sont pas concertés pour déterminer les préoccupations et priorités
adaptées.

Il est impératif que la Banque Mondiale, et les autres Institutions


Internationales, adoptent un fonctionnement plus démocratique et plus
transparent et que leur contrôle soit indépendant. Les politiques en faveur du
développement doivent être reconsidérées de manière durable et juste.

Site officiel : http://www.banquemondiale.org/