Vous êtes sur la page 1sur 139
ROYAUME DU MAROC MINISTERE DE LA SANTE DIRECTION DES RESSOURCES HUMAINES DIVISION DE LA FORMATION
ROYAUME DU MAROC
MINISTERE DE LA SANTE
DIRECTION DES RESSOURCES HUMAINES
DIVISION DE LA FORMATION
SERVICE DE LA FORMATION CONTINUE
SYSTEME NATIONAL
DE SANTE
Module à l'usage des professionnels de
santé.

2

Table des matières

1 INTRODUCTION GENERALE

4

2 LE SYSTEME NATIONAL DE SANTE

5

2.1 LES OBJECTIFS PEDAGOGIQUES DE L’UNITE :

7

2.2 INTRODUCTION :

8

2.3 CLARIFICATION DES CONCEPTS :

8

2.4 DEFINITION DE LA SANTE :

8

2.5 QUEST - CE QUON ENTEND PAR « SYSTEME » ?

8

2.6 COMMENT DEFINIR UN SYSTEME DE SANTE ?

8

2.7 LES COMPOSANTES DU SYSTEME NATIONAL DE SANTE :

9

2.8 LE DISPOSITIF DE LOFFRE DE SOINS

24

2.9 LES AUTRES COMPOSANTES DU SYSTEME

27

3 LA STRATEGIE SECTORIELLE DE SANTE

30

3.1 OBJECTIFS PEDAGOGIQUES DE L'UNITE

32

3.2 DEFINITIONS

33

3.3 CADRE DANALYSE ET DE CONCEPTUALISATION DE LA STRATEGIE SECTORIELLE

34

3.4 AMELIORATION DE LA SANTE

36

3.5 LES OBJECTIFS GENERAUX DE SANTE

41

3.6 LES PRINCIPALES REFORMES DU SYSTEME DE SANTE

42

4 LES PROGRAMMES DE SANTE

60

4.1 OBJECTIFS PEDAGOGIQUES

62

4.2 INDRODUCTION

63

4.3 QUELQUES DEFINITIONS

64

4.4 LE PROGRAMME DE PRISE EN CHARGE INTEGREE DE L'ENFANT

65

4.5 PROGRAMME DE PROMOTION DE LA SANTE

66

4.6 PROGRAMME DE LA MATERNITE SANS RISQUE

67

4.7 PROGRAMME DE PLANIFICATION FAMILIALE

69

4.8 PROGRAMME NATIONAL D'IMMUNISATION

70

4.9 PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LES MALADIES DIARRHEIQUES

71

4.10 PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LES MALADIES DE CARENCE

71

4.11 PROGRAMME DE SANTE SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE

72

4.12 PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LES IST-SIDA

73

4.13 PROGRAMME DE LUTTE ANTITUBERCULEUSE

74

4.14 PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LES INFECTIONS RESPIRATOIRES AIGUËS

76

4.15 PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LEPRE

77

4.16 PROGRAMMES DE LUTTE CONTRE LES MALADIES PARASITAIRES

78

4.17 PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LES MALADIES EPIDEMIQUES

79

4.18 PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LES ZOONOSES

80

4.19 PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LA CECITE

81

4.20 PROGRAMME DE L'ASSAINISSEMENT DE BASE

82

4.21 PROGRAMME DE L'HYGIENE ALIMENTAIRE

83

4.22 PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LES VECTEURS

84

3

4.24 LUTTE CONTRE L'HYPERTENSION ARTERIELLE

85

4.25 LUTTE CONTRE LE RHUMATISME CARDIAQUE

86

4.26 LUTTE

CONTRE LES CANCERS

87

4.27 PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LES MALADIES MENTALES

88

4.28 PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LES TROUBLES DUS A LA CARENCE EN IODE

89

4.29 LA PREVENTION ET LA LUTTE CONTRE LE DIABETE

89

4.30 PROGRAMME DE SANTE BUCCO-DENTAIRE

90

4.31 PROGRAMME DE REHABILITATION PHYSIQUE

91

5 PRINCIPES DE BASE DE L'EPIDEMIOLOGIE

92

5.1 LES OBJECTIFS PEDAGOGIQUES DE LUNITE :

94

5.2 DEFINITION DE L'EPIDEMIOLOGIE

95

5.3 LA DEMARCHE EPIDEMIOLOGIQUE

95

5.4 LA DEMARCHE EPIDEMIOLOGIQUE (SCHEMAS)

97

5.5 LA SURVEILLANCE EPIDEMIOLOGIQUE :

98

5.6 CLASSIFICATIONS

100

5.7 PLACE DE L'EPIDEMIOLOGIE EN SANTE PUBLIQUE

102

5.8 LES MESURES DE FREQUENCES

103

5.9 LES MESURES DE DISTRIBUTION

108

5.10 APPROCHE A L'INVESTIGATION D'UNE EPIDEMIE

110

5.11 DEFINITIONS

117

5.12 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

119

6 LA FORMATION

120

6.1 OBJECTIFS DE L’UNITE

122

6.2 LA FORMATION MEDICALE

123

6.3 LA FORMATION PARA MEDICALE

124

6.4 LA FORMATION CONTINUE

128

6.5 L'INSTITUT NATIONAL D'ADMINISTRATION SANITAIRE

135

4

1 INTRODUCTION GENERALE

Les professionnels de santé nouvellement recrutés se heurtent à un certain nombre de problèmes liés à la méconnaissance de système de santé de son organisation et de son environnement rendant difficile parfois leur intégration dans l’organisation.

Portant de cette problématique et suite aux constats relevés au niveau du terrain ainsi qu’aux besoins exprimés par cette population médicale, infirmière et gestionnaire, il a été décidé d’élaborer un module d’intégration de ces nouvelles recrues.

L’objectif de ce module est de faciliter l’intégration des nouvelles recrues dans notre système par une meilleure connaissance des structures, du fonctionnement et de l’environnement de notre organisation.

Ce document élaboré grâce à l’appui de l’organisation mondiale de la santé est destiné principalement aux professionnels médicaux, infirmiers et gestionnaires nouvellement recrutés, il peut être consulté aussi par d’autres personnels pour la préparation des concours et examens.

Il a été élaboré par des personnes ressources du domaine suite à un effort de synthèse et de compilation des principaux documents du département. Il est organisé en unités et chaque unité est présentée sous forme de chapitres avec les objectifs qui sont assignés pour chaque partie.

La première partie présente le système national de santé avec une définition des concepts, une présentation des composantes du système national de santé et du dispositif de l’offre de soins.

La deuxième partie de ce document nous donne un aperçu sur la stratégie sectorielle et le plan de développement socio-économique 2000-2004 avec les principaux objectifs de santé et les réformes du système projetées.

Les programmes de santé développés par les différentes directions font l’objet de la troisième partie de ce document qui précise pour chaque programme ses objectifs, les principales activités et points clefs de la stratégie de lutte et les indicateurs de suivi.

Une partie est réservée au rappel de quelques notions fondamentales en épidémiologie depuis la notion de surveillance épidémiologique jusqu’aux mesures de fréquence.

Enfin la dernière partie nous présente le système de formation de base et continue de notre département.

5

2 LE SYSTEME NATIONAL DE SANTE

6

Contenu de l'unité

2.1 Les Objectifs pédagogiques de l’Unité

2.2 Introduction

2.3 Clarification des concepts

2.4 Définition de la santé

2.5 Qu’est - ce qu’on entend par « système » ?

2.6 Comment définir un système de santé ?

2.7 Les Composantes du système national de santé

2.8 Le dispositif de l’offre de soins

2.9 Les autres composantes du système

7

2.1 LES OBJECTIFS PEDAGOGIQUES DE L’UNITE :

Définir les concepts :

Santé

Système sanitaire

Citer les principales composantes du système national de santé.

Présenter sous forme d'un schéma l'organigramme du ministère de la santé.

Rédiger les principales attributions de chaque direction du ministère de la santé.

Présenter schématiquement l'organigramme :

D'une délégation médicale provinciale / préfectorale,

D'une direction régionale de la santé.

Définir les types d'hôpitaux selon :

La capacité litière,

Le mode de gestion,

La spécificité de l'établissement,

Le niveau d'intervention

Citer les formations sanitaires et les structures d'appui qui composent le réseau de soins de santé de base.

Définir les 3 types de stratégies de couverture des soins de santé de base.

Enumérer les éléments qui constituent le dispositif de l’offre de soins dans le secteur public

8

2.2 INTRODUCTION :

L’organisation et le développement de la santé joue un rôle fondamental dans l’amélioration de la productivité de la population et de son bien-être.

Le Ministère de la santé a défini l’ensemble des actions du système national de santé afin qu’il produise des prestations de qualité, réduise les disparités régionales dans le secteur et augmente les ressources permettant de préserver les acquis et d’étendre la couverture sanitaire.

2.3 CLARIFICATION DES CONCEPTS :

2.4 DEFINITION DE LA SANTE :

« La SANTE est un état dynamique de complet bien être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

« La Santé est l’équilibre et l’harmonie de toutes les possibilités de la personne humaine (biologiques, psychologiques, sociologiques), cet équilibre exige la satisfaction des besoins fondamentaux et l’adaptation à l’environnement en perpétuelle mutation ».

2.5 QU’EST - CE QU’ON ENTEND PAR « SYSTEME » ?

Un système c’est un ensemble structuré d’éléments cohérents (liés les uns aux autres) concourant au même ensemble d’objectifs.

2.6 COMMENT DEFINIR UN SYSTEME DE SANTE ?

« Un système de santé peut se définir comme étant :Toutes activités, officielles ou non, qui portent sur les services de santé mis à la disposition d’une population donnée et sur l’utilisation de ces services par la population »

« Un système de santé est un agencement complexe des activités des professionnels de la santé et des divers agents qui participent à leur financement (soins et autres activités connexes). Les activités financées dépassent le simple cadre des soins (hospitaliers et ambulatoires) et des biens médicaux pour toucher d’autres secteurs liés à la santé, à savoir l’enseignement, l’hygiène, la prévention collective et la recherche ».

(Zine Eddine El Idrissi My D. 1998 b P.24)

“ Le système National de santé se définit comme l’ensemble des ressources humaines, matérielles, financières ainsi que les institutions et activités destinées a assurer la promotion, la protection, la restauration et la réhabilitation de la santé de la population »

(Ministère de la santé, projet de loi relatif au système national de santé et à l’offre de soins)

9

2.7 LES COMPOSANTES DU SYSTEME NATIONAL DE SANTE :

Le système national marocain de santé se compose des secteurs suivants :

Un secteur Etatique comprenant :

Le Ministère de la Santé

Les services de santé des Forces Armées Royales

Les services de santé relevants des collectivités locales

Un secteur mutualiste, des assurances et des établissements publics.

Un secteur public

Un secteur traditionnel.

En somme, le Système national de santé peut être résumé en 3 secteurs principaux :

Secteur public

Secteur privé à but non lucratif

Secteur privé à but lucratif.

LE SYSTEME NATIONAL MAROCAIN DE SANTE

Secteur Privé à but non lucratif

*Hôpitaux et établissements de soins de la CNSS, des mutuelles, de l’OCP et l’ONE. *Cabinet dentaires et laboratoires d’analyse des mutuelles *Hôpitaux et centres de soins des ligues et fondations

Secteur Public

Secteur Privé à but lucratif

*Réseau hospitalier public *Réseau de soins de santé de base *Instituts et laboratoires nationaux *Services de santé des FAR. *Bureau municipaux et communaux d’hygiène

*Hôpitaux et cliniques privées *Cabinets libéraux *Opticiens prothésistes *Officines

Figure 1 : Schéma du système national de santé

Les principes fondamentaux du système national de santé Marocain concourent essentiellement à allonger l’espérance de vie en bonne santé du citoyen, à améliorer la qualité de son existence, pour permettre son implication active dans le développement économique et social et à favoriser un développement sanitaire harmonieux et intégré dans tous le pays. :

10

2.7.1 LE MINISTERE DE LA SANTE :

Le département de la santé est chargé de l’élaboration et de la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de santé de la population. Il est le garant de la promotion du bien être physique, mental et social des citoyens et agit en liaison avec les départements concernés.

2.7.1.1 Organisation :

L’organisation du Ministère de la santé comprend à l’instar de la structure des autres départements un cabinet du ministre, une administration centrale et des services périphériques

2.7.1.2 Organigramme du Ministère de la santé

Figure 2 : Organigramme du Ministère de la Santé

LE MINISTRE Inspection Cabinet Générale Secrétariat Général Direction de la population Division de D. de
LE MINISTRE
Inspection
Cabinet
Générale
Secrétariat Général
Direction de la population
Division de
D. de l’Epidémiologie et de
lutte contre les maladies
l'approvisionnement
D.
Délégations
des Hôpitaux et des
soins ambulatoires
aux Wilayas,
Division du Parc-Auto
et des affaires
générales
Provinces &
Préfectures
D.
Médicament et de la
Pharmacie
D.
Equipements et de la
maintenance
Division de
l’Informatique et des
méthodes
Direction des Ressources
Humaines
Institut National
d’Administration
D.
Sanitaire
Réglementation et du
Contentieux
D.
de la Planification et
Ressources Financières

11

2.7.1.3 Attributions du ministère de la santé

Définition des priorités sanitaires nationales et élaboration de la stratégie sectorielle

Régulation et coordination du développement du secteur

Planification de l’offre de soins

Développement de la législation sanitaire

Monitoring de la performance des institutions et processus de leur accréditation

Elaboration d’une politique sur la recherche et le développement.

Régulation du financement et allocation des ressources aux régions.

2.7.1.3.1 L’Administration centrale :

Elle est conçue sur le modèle hiérarchique combiné avec le principe de spécialisation et de la division de travail et comprend :

Le Ministre de la santé :

Le Secrétariat général :

C’est une institution qui assure sous l’autorité du Ministre des tâches techniques et administratives importantes et diverses, à sa tête un secrétaire général, considéré comme deuxième responsable après le Ministre, il assure la continuité de l’administration sanitaire ainsi que la coordination des structures du département.

L’inspection générale :

Cette institution procède sous l’autorité du Ministre et sur ses instructions au contrôle de l’utilisation des moyens et ressources mis à la disposition de tout le département et informe régulièrement le Ministre sur le fonctionnement des services.

Les Directions centrales :

Constituent le centre de conception de l’action sanitaire, de direction et d’impulsion des structures qui leur sont rattachées (divisions et services) Les directions assurent les grandes tâches du département.

2.7.1.3.1.1 Organisation et attributions des services centraux

Formulation des politiques de santé applicables aux activités inter et intra sectorielles et fixation des priorités.

Elaboration des plans nationaux sanitaires

Allocation des ressources

Surveillance et évaluation de l’efficacité et efficience du système

Appui technique aux régions

Contrôle des qualité des produits pharmaceutiques

Réglementation du développement du personnel y compris la formation

Réglementation des organismes prestataires de soins secteur privé

Encadrement/coordination des établissements de soins nationaux et instituts d’enseignement et de recherche.

Développement de la coopération bi et multilatérale

Coordination des diverses sources de financement

Répartition rationnelle et équitable des fonds et subventions entre régions/provinces

12

2.7.1.3.1.2 Direction de la planification et des ressources financières

PLANIFICATION ET RESSOURCES FINANCIERES

Division Financière

Budget, comptabilité, suivi et évaluation des ressources financières

suivi et évaluation des ressources financières Planification et études  Planification, carte
suivi et évaluation des ressources financières Planification et études  Planification, carte

Planification et études

Planification, carte sanitaire, études/informations/écono mie sanitaire

Coopération

Bilatérale, régionale, Organisations internationales, intergouvernementales, ONG, collectivités locales

Attributions :

Contribution à la définition des orientations en matière de la planification sanitaire dans le pays

Réalisation des études sectorielles ou intersectorielles en vue d’analyser la situation sanitaire.

Harmonisation des programmes d’action en liaison avec les organismes publics ou privés des méthodes comptables, conformément aux orientations nationales en matière de prévention, de soins et d’encadrement sanitaire.

Recherche et proposition des projets d’infrastructure liés à la carte sanitaire.

Coordination de l’action du ministère dans le domaine budgétaire et mise en place des crédits en les déléguant aux sous ordonnateurs et tenue de la comptabilité de tout le département.

Réalisation d’études économiques sur le système de santé en termes d’évaluation et de prévision.

Jouer le rôle d’observatoire d’utilisation des moyens budgétaires et extrabudgétaires

Contribution à la mise en œuvre du système de l’assurance maladie dans les limites des compétences du ministère.

Promotion de la coopération dans le domaine de la santé, recherche, inventaire et mobilisation des aides de coopération pouvant être consenties au Maroc pour le développement de la santé.

13

2.7.1.3.1.3 Direction des Ressources Humaines

Œuvres sociales RESSOURCES HUMAINES Informatique et actes collectifs Gestion du personnel Formation Contrôle de
Œuvres
sociales
RESSOURCES HUMAINES
Informatique
et actes
collectifs
Gestion du personnel
Formation
Contrôle de la santé des
fonctionnaires
 Médical, paramédical et
administratif,
 Formation de base
Gestion
 Formation continue
 Affaires disciplinaires
Congés maladies et
homologation,
Aptitude à l’emploi
prévisionnelle
et des postes
budgétaires

Attributions :

Formation professionnelle et recyclage du personnel.

Affectation, recrutements, administration et gestion des affaires du personnel et promotion des actions d’œuvres sociales.

Réponse aux besoins exprimés par les différents services du département sur la base de plans d’acquisition et de développement des ressources humaines.

Elaboration et suivi des plans de formation des cadres administratifs, médicaux, pharmaceutiques, dentaires et des infirmiers en concertation avec le personnel concerné.

Evaluation de l’adéquation de la formation du personnel aux exigences du métier et emploi et adaptation des programmes de formation.

Tenu d’un fichier informatique du personnel.

Description des postes à des fins d’évaluation, de planification et de formation.

Etablissement des besoins qualitatifs et quantitatifs du ministère en personnel sur la base des priorités et des objectifs des plans.

Instruction des dossiers soumis au conseil de santé en matière de congés, maladies, homologations et contrôle de l’aptitude à l’emploi.

14

2.7.1.3.1.4 Direction de l’Epidémiologie et de la Lutte Contre les Maladies

DIRECTION DE L’EPIDEMIOLOGIE ET DE LA LUTTE CONTRE LES MALADIES Maladies non Maladies Hygiène du
DIRECTION
DE
L’EPIDEMIOLOGIE
ET
DE LA LUTTE CONTRE LES MALADIES
Maladies non
Maladies
Hygiène du milieu
transmissibles
transmissibles
 Maladies parasitaires
 Santé mentale et
 Maladies respiratoires
 Assainissement de base
maladies dégénératives
 Maladies oculaires et
 Hygiène alimentaire
 Médecine bucco-
otologiques
 Lutte anti- vectorielle
dentaire
 Maladies
 Action intersectorielle
 Santé des travailleurs
dermatologiques
 Salubrité de
l’environnement
 Maladies métaboliques
 MST/SIDA
 Maladies cardiova-
sculaires et néoplasiques
 Maladies
épidémiques

Attributions :

Service

administratif

Institut National

d’Hygiène

Centre National de

Radioprotection

Service de surveillance épidémiologique

Surveillance épidémiologique de la population et tenu du fichier épidémiologique central.

Evaluation des caractéristiques épidémiologiques de la population et réalisation des enquêtes et études en matière d’épidémiologie.

Conception et réalisation des programmes de lutte contre les maladies

Programmation et réalisation des actions visant à protéger le milieu ambiant.

Contrôle de la qualité des laboratoires de biologie relevant du ministère et définition des normes techniques de leur fonctionnement.

Promotion et participation au contrôle de l’application de la réglementation en matière de radioprotection.

Contrôle sanitaire des denrées alimentaires.

15

2.7.1.3.1.5 Direction Du Médicament et de la Pharmacie

15 2.7.1.3.1.5 Direction Du Médicament et de la Pharmacie MEDICAMENT ET PHARMACIE Laboratoire National de Contrôle

MEDICAMENT

ET

PHARMACIE

Du Médicament et de la Pharmacie MEDICAMENT ET PHARMACIE Laboratoire National de Contrôle du Médicament 

Laboratoire National de Contrôle du Médicament

Physico-chimie

Assurance qualité

Essais biologiques

Pharmacie

Visas, Homologations et autorisations

Stupéfiants

Suivi du secteur

Service des activités économiques

+Attributions :

Elabora

tion des normes de fabrication, de conditionnement, de circulation, de vente et de stockage des médicaments, produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques.

Fixation du cadre des prix des médicaments et des spécialités pharmaceutiques.

Contrôle technique et contrôle de la qualité des médicaments et des spécialités pharmaceutiques.

Etablissement et mise à jour de la liste des médicaments essentiels.

Détermination analytique et des essais nécessités par le contrôle des médicaments, des spécialités pharmaceutiques et des articles destinés à l’usage de la médecine.

Inspection des officines, grosseries et laboratoires de fabrication.

Délivrance des visas et des autorisations de débit des produits pharmaceutiques.

Gestion de la banque de données technique et économique sur les médicaments.

16

2.7.1.3.1.6 La Direction de la Population

DIRECTION DE LA POPULATION Administratif Réhabilitation et gériatrie
DIRECTION DE LA
POPULATION
Administratif
Réhabilitation et
gériatrie

Division de Santé Scolaire et Universitaire

*Enseignement préscolaire et fondamental *Enseignement Secondaire/universitaire

Division de la Santé Maternelle et infantile

*Protection de la santé infantile *Protection de la santé de la mère

Planification Familiale (PF)

*Programmation et planification des activités de PF *Coordination et collaboration intersectorielle

Division de l’IEC

*Production

*Conception

*communication

Attributions :

Promotion et exécution des programmes de planification familiale et des programmes relatifs à la santé maternelle et infantile.

Programmation et réalisation des actions de réhabilitation physique et de gériatrie.

Coordination des activités d’information, d’éducation et de communication des différents programmes.

Appui aux différentes directions et exécution des travaux pour le compte des différents programmes sur le plan d’Information / Education / Communication .

17

2.7.1.3.1.7 La Direction des Hôpitaux et des Soins Ambulatoires

HOPITAUX ET SOINS AMBULATOIRES Centre National de Transfusion Sanguine
HOPITAUX ET SOINS
AMBULATOIRES
Centre National de
Transfusion
Sanguine
AMBULATOIRES Centre National de Transfusion Sanguine Hôpitaux Soins Ambulatoires  Programmation des

Hôpitaux

Soins Ambulatoires

Programmation des

Soins ambulatoires

actions hospitalières

Couverture sanitaire et

Suivi/évaluation

intégration des

Budget

activités

Urgences et Secours

Urgentologie

Coordination intersectorielle

Logistique

Assistance

Assistance sociale

Assistance

médicale gratuite

Attributions :

Coordination des actions du département en matière hospitalière et suivi des activités des hôpitaux.

Etablissement des bilans des activités des hôpitaux.

Contribution à l’élaboration de la stratégie du département en matière de soins ambulatoires.

Evaluation de l’action du réseau ambulatoire sur le plan de la qualité et de l’accessibilité des prestations.

Gestion de l’action du département en matière d’assistance sociale et de l’assistance médicale gratuite au profit des indigents.

Contribution au développement des moyens logistiques pour faire face aux catastrophes, y compris le ramassage médicalisé des victimes et la coordination des programmes.

Définition des stratégies de restructuration des services des urgences à travers le royaume.

Définition des programmes de formation en urgentologie et contribution à leur réalisation.

Organisation, planification et évaluation des tâches relatives à la collecte, au stockage, au traitement, à l’utilisation et à la distribution du sang et de ses dérivés.

18

2.7.1.3.1.8 La Direction des Equipements et de la Maintenance

EQUIPEMENT ET MAINTENANCE
EQUIPEMENT ET MAINTENANCE
EQUIPEMENT ET MAINTENANCE
EQUIPEMENT ET MAINTENANCE

EQUIPEMENT ET MAINTENANCE

EQUIPEMENT ET MAINTENANCE
EQUIPEMENT ET MAINTENANCE
EQUIPEMENT ET MAINTENANCE
EQUIPEMENT ET MAINTENANCE
EQUIPEMENT ET MAINTENANCE
EQUIPEMENT ET MAINTENANCE
EQUIPEMENT ET MAINTENANCE
EQUIPEMENT ET MAINTENANCE
EQUIPEMENT ET MAINTENANCE
Equipements et de la Maintenance EQUIPEMENT ET MAINTENANCE Matériel et Equipements Biomédicaux  Maintenance
Equipements et de la Maintenance EQUIPEMENT ET MAINTENANCE Matériel et Equipements Biomédicaux  Maintenance

Matériel et Equipements Biomédicaux

Maintenance

Etudes et acquisitions

 Maintenance  Etudes et acquisitions Marchés Bâtiments et Architecture  Etudes
Marchés
Marchés

Bâtiments et Architecture

Etudes architecturales

Travaux de génie civil

Installations techniques

Patrimoine et Programmation

Patrimoine

Programmation et suivi budgétaire

Attributions

Exécution du budget d’investissement du ministère.

Etude et suivi de réalisation des projets d’architecture, de bâtiment et de construction.

Etude, programmation et suivi de réalisation des projets d’équipement en matériel biomédical et biotechnique.

Maintenance, aménagement et préparation du patrimoine immobilier et matériel.

Recherche et normalisation de l’infrastructure des équipements.

Gestion administrative, entretien des installations des services centraux et tenue des inventaires des patrimoines foncier et bâti du département.

19

2.7.1.3.1.9 La Direction de la réglementation et du Contentieux

REGLEMENTATION ET CONTAENTIEUX
REGLEMENTATION ET CONTAENTIEUX
REGLEMENTATION ET CONTAENTIEUX
REGLEMENTATION

REGLEMENTATION

ET CONTAENTIEUX

ET CONTAENTIEUX

REGLEMENTATION ET CONTAENTIEUX
REGLEMENTATION ET CONTAENTIEUX
REGLEMENTATION ET CONTAENTIEUX
REGLEMENTATION ET CONTAENTIEUX
REGLEMENTATION ET CONTAENTIEUX

Réglementation

Etudes juridiques et Statuts

Législation et réglementation sanitaire

Conventions et relations avec les associations à vocation sanitaire

Contentieux et affaires professionnelles

Contentieux

Installation des professions réglementaires

Etablissements de soins et laboratoires d’analyse

Attributions :

Etudes juridiques et élaboration des projets de textes législatifs et réglementaires en matière de santé.

Instruction des dossiers contentieux impliquant le ministère.

Suivi administratif des relations du département avec les autres administrations, les collectivités locales et les associations nationales.

Participation au contrôle de l’exercice des professions réglementées.

Appui aux autres directions du ministère en matière juridique.

20

2.7.1.3.1.10La Division du Parc Auto et Affaires Générales

PARC AUTO ET AFFAIRES GENERALES
PARC AUTO ET AFFAIRES GENERALES
PARC AUTO ET AFFAIRES GENERALES

PARC AUTO ET AFFAIRES GENERALES

PARC AUTO ET AFFAIRES GENERALES
PARC AUTO ET AFFAIRES GENERALES
PARC AUTO ET AFFAIRES GENERALES
PARC AUTO ET AFFAIRES GENERALES
Auto et Affaires Générales PARC AUTO ET AFFAIRES GENERALES Maintenance du Parc-Auto Gestion des moyens de
Auto et Affaires Générales PARC AUTO ET AFFAIRES GENERALES Maintenance du Parc-Auto Gestion des moyens de
Auto et Affaires Générales PARC AUTO ET AFFAIRES GENERALES Maintenance du Parc-Auto Gestion des moyens de

Maintenance du Parc-Auto

Gestion des moyens de mobilité

Affaires Générales

Attributions :

Gestion et maintenance du Parc auto et des moyens de mobilité du ministère.

2.7.1.3.1.11La Division de l’Approvisionnement

DIVISION DE L’APPROVISIONNEMENT
DIVISION DE L’APPROVISIONNEMENT
DIVISION DE L’APPROVISIONNEMENT

DIVISION DE L’APPROVISIONNEMENT

DIVISION DE L’APPROVISIONNEMENT
DIVISION DE L’APPROVISIONNEMENT
DIVISION DE L’APPROVISIONNEMENT
DIVISION DE L’APPROVISIONNEMENT
de l’Approvisionnement DIVISION DE L’APPROVISIONNEMENT Service de Marchés Service d’Approvisionnement Service
de l’Approvisionnement DIVISION DE L’APPROVISIONNEMENT Service de Marchés Service d’Approvisionnement Service

Service de Marchés

DIVISION DE L’APPROVISIONNEMENT Service de Marchés Service d’Approvisionnement Service de Gestion des

Service

d’Approvisionnement

Service de Gestion des Stocks

Attributions :

Exécution des dépenses communes des différentes directions

Acquisition, stockage et distribution des produits pharmaceutiques, des médicaments et des produits d’intendance.

21

2.7.1.3.1.12La Division de l’Informatique et des Méthodes

DIVISION DE L’INFORMATIQUE ET DES METHODES
DIVISION DE L’INFORMATIQUE ET DES METHODES
DIVISION DE L’INFORMATIQUE ET DES METHODES

DIVISION DE L’INFORMATIQUE ET DES METHODES

DIVISION DE L’INFORMATIQUE ET DES METHODES
DIVISION DE L’INFORMATIQUE ET DES METHODES
DIVISION DE L’INFORMATIQUE ET DES METHODES
DIVISION DE L’INFORMATIQUE ET DES METHODES

Service des études et de la coordination

Service d’Exploitation et d’Appui

Attributions :

Animation des activités informatiques du ministère par l’élaboration et la gestion d’un schéma directeur.

Appui technique en matière d’information aux services centraux et aux services extérieurs.

Décret 2-94-285 du 21 novembre 1994 relatif aux attributions et à l’organisation du ministère de la santé

2.7.1.3.2 Les services extérieurs :

2.7.1.3.2.1 Organisation :

Les services extérieurs de la santé sont constitués en délégations préfectorales et provinciales.

Chaque délégation est placée sous l’autorité d’un médecin délégué. Chacune de ces délégations est chargée dans la limite de son périmètre territorial de l’animation, du contrôle et de la coordination des activités des activités des services qui la composent.

2.7.1.3.2.2 Mission des services extérieurs :

Les services extérieurs prennent des mesures destinées à préserver et à promouvoir la santé des habitants.

Ils concourent à la protection préventive et curative de la santé de la population

Assurent la gestion des ressources humaines financières et matérielles mobilisées et les activités d’étude, de planification, de programmation, d’évaluation, de contrôle, de suivi et de recherche.

2.7.1.3.2.3 Organigramme d’une délégation médicale provinciale/préfectorale

Le service administratif et économique : Il est chargé du suivi et de la coordination des toutes les affaires administratives, économiques et générales.

Le service des soins curatifs : responsable de la coordination du système de soins, suivi évaluation et appui technique aux formations hospitalières et aux ESSB.

22

Le service de la promotion de la santé : assure l’animation, la programmation et le suivi évaluation des activités de prévention et de promotion de la santé.

Figure n° 14 : Organigramme d’une délégation médicale provinciale/préfectorale

Service Administratif et Economique

MEDECIN DELEGUE

Service Administratif et Economique MEDECIN DELEGUE Service de soins curatifs Service de promotion de la santé
Service Administratif et Economique MEDECIN DELEGUE Service de soins curatifs Service de promotion de la santé

Service de soins curatifs

Service de promotion de la santé

Etablissements

Hospitaliers

Etablissements de soins de santé de base (ESSB)

Structures

d’Appui

Au niveau des Wilayas, la préfecture médicale chef-lieu comprend en outre les services suivants :

Service d’hygiène du milieu : qui s’occupe du contrôle et la supervision des actions en matière de surveillance d’hygiène.

Service de planification et de l’appui : Chargé de la coordination et du suivi des activités de planification et de programmation sanitaire.

Service de maintenance : Assure la gestion et maintenance des équipements et installations biomédicaux et techniques.

2.7.1.3.2.4 Attributions des services provinciaux et préfectoraux

Organisation et direction des services hospitaliers dans la province

Gestion de tous les autres établissements de soins du secteur public

Exécution des programmes de santé

Gestion des budgets

Coordination et supervision de tous les services de santé assurés dans la province.

Encouragement de participation des collectivités locales à la planification sanitaire locale.

Préparation d’un plan annuel de santé.

Mobilisation de fonds locaux supplémentaires pour les projets d’investissement.

Formation en cours d’emploi des agents de santé.

2.7.1.3.2.5 Organisation régionale des services de santé

L’organisation territoriale des services régionaux de santé répond au souci de déconcentration, sur le plan structurel, la direction régionale créée dans chacune des chefs lieux de régions constituerait le relais entre les délégations provinciales et l’administration centrale. Elle sera investi d’une mission de représentant du pouvoir central au niveau de la région.

23

2.7.1.3.2.6 Organigramme de la direction régionale de santé

Figure n°15 : Organigramme de la direction régionale de santé

GOUVERNEUR REGIONAL Conseil régional Délégation Régionale de santé Commissions permanentes Centre Comm.
GOUVERNEUR
REGIONAL
Conseil régional
Délégation
Régionale de
santé
Commissions
permanentes
Centre
Comm.
hospitalier
Environnement
Comité de
coordination
intra - régional
régional
C. Santé-Hygiène
C.Hospitalier Provin
C.Hospitalier Provin
C.Hospitalier Provin
Assemblée
Gouverneur
provinciale
Délégation de la
santé
Délégation de
Délégation de
provincial
la santé
la santé
Comité technique
provincial
Structures d’appui au RSSB
Circonscriptions sanitaire
Centre Hospitalier
provinciale
Laboratoire d’épidémiologie /HM
Hôpital local
Conseil
CRPF
CSC avec lits
Communal
Dispensaire
CDST
Equipe mobile
Société civile
et itinérant

Attributions Des services régionaux de santé

Définition des besoins en santé de la région dans le cadre des politiques de santé nationales.

Planification sanitaire régionale, surveillance et évaluation des programmes.

Coordination de toutes les activités sanitaires dans la région.

Emploi et encadrement d’une partie ou d’une totalité du personnel de santé.

Formation en cours d’emploi.

Soutien logistique, notamment approvisionnement en achats groupés.

24

2.8 LE DISPOSITIF DE L’OFFRE DE SOINS

Le ministère de la santé a mis au point un dispositif de prise en charge fondé sur le nombre d’habitants et sur l’estimation des activités à réaliser par chaque type de structure ou formation sanitaire.

Ce dispositif se présente en deux principaux réseaux :

2.8.1 LE RESEAU DACTIONS HOSPITALIERES :

2.8.1.1 Classification selon la capacité litière:

C’est une ancienne classification elle présente les formations hospitalières sous quatre types hiérarchisées partant du niveau le plus rapproché de la population jusqu’au plus sophistiqué établissement de santé : Cette classification se fait comme suit :

L’hôpital local :

C’est une formation sanitaire d’une capacité de 120 à 200 lits et qui dessert une population de 200.000 à 250.000 habitants. L’hôpital local comporte au minimum quatre disciplines de base :

la médecine, la chirurgie, la pédiatrie et la gynéco-obstétrique.

L’hôpital provincial :

D’une capacité de 200 à 500 lits, il est implanté au chef lieu de la province d’où il prend en charge la totalité de la population qu’y habite. L’hôpital provincial comprend en plus des quatre disciplines de l’hôpital local : la dermatologie, la psychiatrie, la radiologie, l’ophtalmologie, les urgences et la réanimation.

Le centre hospitalier régional :

Dessert toute la région concernée, sa capacité est de 500 à 1000 lits et comprend outre les disciplines de l’hôpital provincial : le service des brûlés, la gastro-entérologie, l’oncologie, la réhabilitation, l’oto-rhino-laryngologie (ORL) et la cardiologie.

Le centre hospitalier universitaire (CHU) :

Sa capacité est supérieure à 1000 lits. Ces centres sont hautement équipés et disposent de toutes les disciplines et ont une vocation de formation et de recherche médicale.

2.8.1.2 Classification selon le mode de gestion :

Les hôpitaux dits « en régie » ou SEGER (services de l’Etat gérés en régie) :

L’organisation et le fonctionnement de ces établissements sont assurés par l’Etat, ils sont dans une situation de dépendance statutaire et financière du ministère de la santé et ne disposent pas de personnalité morale. Leurs ressources financières sont des crédits délégués par le département sur le budget général.

Les hôpitaux érigés en service de l’Etat géré de manière autonome (SEGMA) :

Il s’agit de services dotés d’une autonomie financière qui facilite leur autonomie de gestion, mais qui ne disposent pas de personnalité morale, ils sont soumis à la subordination de l’administration sanitaire.

25

« Les SEGMA sont des services de l’Etat dont les opérations de recettes, de dépenses et de trésorerie sont exécutées par un chef de service sous ordonnateur à plein droit et par un comptable public spécial rattaché au comptable supérieur de royaume ».

Art 65du décret Royal n°330 66 du 21 Avril 1967 et son application par le décret Royal n° 186-68 du 31 juillet 1999.

Les Centres Hospitaliers Erigés en Etablissements Publics Administratifs (CHEEPA) :

Sont des établissements dotés de personnalité morale et juridique propre, d’une autonomie financière plus au moins étendue, d’une indépendance aux autorités administratives et d’une autonomie de gestion des ressources. En contre partie, de part leur statut d’établissements publics, ils se trouvent soumis à certains contrôles de l’Etat et au respect des principes fondamentaux du service public.

Les centres hospitaliers concourent à la réalisation des objectifs fixés par l’Etat en matière de santé.

2.8.2 ORGANISATION ACTUELLE DES HOPITAUX AU MAROC :

2.8.2.1 Classification selon la spécificité de l’établissement :

Hôpital général (HG) :

C’est un établissement qui assure des services et des soins à des clients de tout âge qui serait atteints d’affections diverses.

Hôpital spécialisé (HS) :

Etablissement qui assure des services et des soins à des clients qui seraient atteints d’une affection d’un appareil ou d’un organe donné.

2.8.2.2 Classification hiérarchisée :

Comporte trois niveaux :

Le premier niveau :

La Polyclinique de santé publique (PSP) : Hôpital général

Le Centre Hospitalier Provincial ou Préfectoral (CHP) : Un ou plusieurs hôpitaux généraux ou spécialisés.

Le Deuxième niveau :

Le Centre Hospitalier Régional (CHR) : Un ou plusieurs hôpitaux généraux et spécialisés.

Le troisième niveau :

Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) : Etablissements offrant un gamme complète de services et de soins hautement spécialisés.

2.8.3 LE RESEAU DACTION AMBULATOIRE :

Ce réseau comporte un ensemble d’établissements dits de soins de santé de base (ESSB) qui sont destinés à assurer les soins de santé primaires (SMI-PF, vaccination, prévention et contrôle des maladies endémiques, traitement des maladies et lésions courantes, éducation, assainissement, fourniture des médicaments essentiels…)

26

Le réseau ambulatoire se compose des formations sanitaires suivantes :

Le dispensaire rural (DR)

Placé dans une aire géographique de 15 000 habitants appelée secteur sanitaire, chaque secteur est divisé en sous secteur d’environ 5000 habitants visités par un infirmier itinérant ou équipe mobile.

Le centre de santé communal (CSC)

Implanté au chef lieu d’ une commune d’environ 45 000 habitants. C’est le premier établissement sanitaire médicalisé en milieu rural

Le centre de santé urbain (CSU) :

C’est la formation de santé qui se situe dans une agglomération urbaine et assure les soins curatifs essentiels et les activités de prévention, la protection de la santé de la mère et de l’enfant, les consultations médicales (médecine générale, pédiatrie, gynécologie).

2.8.4 STRUCTURES DAPPUI

Le centre de diagnostic polyvalent (CDP) :

Prend en charge les patients adressés par les centres de santé pour diagnostic spécifique.

Le centre de référence pour la planification familiale (CRPF) :

C’est un centre de consultation, d’information et de formation en matière de tout ce qui a trait à la PF.

Le centre de diagnostic spécialisé de la tuberculose (CDST)

S’occupe de la prise en charge des cas de tuberculose et appui les ESSB qui interviennent dans le programme de lutte antituberculeuse.

Le laboratoire d’épidémiologie et d’hygiène du milieu (LEHM).

Il soutien les programmes de prévention et de lutte cotre les maladies transmissibles et non transmissibles (contrôle de produits à risque, diagnostic des maladies)

L’Offre de soins ou de prestations au niveau des ESSB se fait sur une stratégie qui tend à satisfaire les besoins sanitaires à travers trois modes reflétant la réalité du pays :

le mode dit « fixe » constitué par les différents établissements des SSB. La population se rend au niveau de ces formations pour bénéficier des prestations.

le mode mobile : C’est le personnel de santé qui se déplace pour se rendre chez la population soit par le moyen d’un véhicule avec un paquet d’actions plus important (équipe mobile), ou par un infirmier itinérant qui fait la visite à domicile (porte à porte).

le mode participatif : Fait dans le cadre de l’approche communautaire, par des personnes identifiées localement appelées agent communautaires ex : Kablas, Fkihs, enseignants des écoles (MEN)…

Les établissements des soins de santé de base assurent l’exécution des programmes d’actions sanitaires qui seront traités au niveau de l’unité v.

27

2.9 LES AUTRES COMPOSANTES DU SYSTEME

2.9.1 LES SERVICES DE SANTE DES FORCES ARMEES ROYALE :

Ces services sont dotés d’une infrastructure sanitaire importante constituée d’hôpitaux et de camps avancés, d’infirmeries de garnison et de sous secteurs, de bataillons médicaux, de magasins d’approvisionnement sanitaire, d’écoles de santé militaire.

Les moyens d’intervention mis en œuvre à travers le pays sont destinés à assurer la prise en charge de la santé d’une population cible plus importante( des militaires et de leurs familles).

2.9.2 LE SECTEUR MUTUALISTE :

Il intervient dans le cadre de l’AMO (Assistance Maladie Obligatoire) par des activités dont la nature est essentiellement orientée vers le financement des actes de santé et est représenté par deux principaux organismes de prévoyance sociale.

La Caisse Nationale des Œuvres de Prévoyance Sociale :

Contribue au financement des prestations sanitaires fournies par les établissements sanitaires publics ou privés, aux adhérents et leurs ayants droit. En plus, il fournit des soins à ses adhérents dans certaines structures sanitaires qu’il possède. Le nombre des adhérents est sensé augmenter grâce à la décision gouvernementale qui oblige tous les fonctionnaires à adhérer obligatoirement au C.N.O.P.S.

La Caisse National de Sécurité Sociale (C.N.S.S) :

Cette institution offre d’assurance couvrant une gamme de prestations sociales et sanitaires à ses adhérents, salariés du secteur privé (allocations familiales, indemnités de retraite, indemnités journalières de maladie, indemnités journalières de maternité, etc.

L’assurance médicale finançait des soins médicaux dispensés par le secteur privé et le ministère de la santé. A partir de 1979, l’action de la CNSS s’est étendue au secteur sanitaire par la construction d’un certain nombre de polycliniques, de maternités, de centres de diagnostic et d’hémodialyse.

2.9.3 LA MEDECIN PRIVEE :

Les cabinets médicaux, dentaires et les cliniques privés fournissent leurs prestations sanitaires aux personnes couvertes par des assurances ou ayant des ressources financières leur permettant de régler leurs factures. Etant donné que les médecins privés sont souvent mal équipés et peu contrôlés, ils n’offrent généralement pas de soins de qualité remarquable à l’exception de l’accueil, de l’hébergement et de la restauration qui sont meilleurs que ce qu’offre le ministre de la santé.

L’expansion rapide de la médecine privée, ces années, vue comme le moyen d’alléger les pressions qui s’exercent sur les services publics surchargés.

2.9.4 LA MEDECINE TRADIONNELLE :

Les populations rurales mais également des souches de la population urbaine ont souvent recours à d’autres prestataires pour obtenir des conseils ou des traitements auprès des herboristes, des guérisseurs traditionnels, des mécaniciens dentaires, des Kablas, les personnes

28

qui pratiquent des circoncision, etc. Bien que ces derniers ne soient pas légalement reconnus et que leurs activités ne soient pas évaluées, ils jouent toujours un rôle important dans le domaine des soins sanitaires vu leur accessibilité, de même que le secteur de santé a besoin de les impliqués tant qu’ils jouissent d’un rôle de personnes ressources influentes sur la population. Leur implication s’avère indispensable dans le cadre de l’approche de la participation communautaire.

29

Objectifs

IMPACT

E

F

F

I

C

I

E

N

C

E

Entrées Moyens Matériels (In put)
Entrées
Moyens Matériels
(In put)
E F F I C I E N C E Entrées Moyens Matériels (In put) RENDEMENT

RENDEMENT

C I E N C E Entrées Moyens Matériels (In put) RENDEMENT Résultat Final (Out put)

Résultat Final

Moyens Matériels (In put) RENDEMENT Résultat Final (Out put) PRODUCTIVITE Efforts Contrat Effets immédiats

(Out put)

PRODUCTIVITE

Efforts

Contrat

Effets immédiats (Out comes)

de gestion

Efforts Contrat Effets immédiats (Out comes) de gestion Humaines Financières Résultats d’un processus
Efforts Contrat Effets immédiats (Out comes) de gestion Humaines Financières Résultats d’un processus

Humaines Financières Résultats d’un processus précèdent

E F F I C A C I T E

Résultats d’un processus précèdent E F F I C A C I T E I N
Résultats d’un processus précèdent E F F I C A C I T E I N

I N T E R N E

F

F

I

C

A

C

I

T

E

E

X

T

E

R

N

précèdent E F F I C A C I T E I N T E R

E

Schéma d’évaluation d’un système

30

3 LA STRATEGIE SECTORIELLE DE SANTE

31

Contenu de l'unité

3 LA STRATEGIE SECTORIELLE DE SANTE

3.1 Objectifs pédagogiques de l'unité

3.2 Définitions

3.3 Cadre d’analyse et de conceptualisation de la stratégie sectorielle

3.4 Amélioration de la santé

3.5 Les objectifs généraux de sante

3.6 Les principales reformes du système de santé

32

3.1 OBJECTIFS PEDAGOGIQUES DE L'UNITE

Citer les 7 objectifs généraux de la stratégie sectorielle de santé 2000 –

2004.

Rédiger les 3 objectifs de la réforme du système de santé

Expliquer les caractéristiques du modèle des services de santé actuel.

Expliquer les caractéristiques et apports du modèle de service de santé projeté.

Schématiser les composantes clés de la réforme du financement du système de santé.

Rédiger les 6 principes fondamentaux de l'assurance maladie obligatoire.

Expliquer les 2 scénarios proposés pour la prise en charge médicale des économiquement faibles (RAMAF).

Citer les composantes clés de la réforme hospitalière et la visée de chacune d'entre elle.

Organisation régionale;

Organisation préfectorale / provinciale;

Stratégie

Citer les attributions projetées de chacune des organisations :

Provinciale;

Régionale;

Centrale

33

3.2

DEFINITIONS

Pour faciliter la lecture les membres du groupe de rédaction ont jugé utile de produire quelques définitions pour aider le lecteur dans sa lecture du document.

Stratégie :

Le petit Larousse définit la stratégie comme étant "un art de cordonner des actions, de manœuvrer habilement pour atteindre un but.

Stratégie nationale :

«La stratégie énonce les grandes lignes de l’action requise dans tous les secteurs en cause afin de donner effet à la politique nationale de santé, en indiquant les problèmes et les moyens de les résoudre. La stratégie comporte généralement des programmes. »1

Décentralisation :

La décentralisation peut être définie comme une technique d'organisation administrative se traduisant par la répartition des pouvoirs entre différents centres de décisions autonomes dans un Etat unitaire.

Deux formes de décentralisation coexistent :

La décentralisation territoriale

La décentralisation technique ou par service

Déconcentration

La déconcentration c'est le transfert d'une partie des pouvoirs de décisions à des agents locaux de l'administration central qui demeurent reliés à cette dernière par le principe de subordination hiérarchique. Elle vise :

La réponse aux besoins des citoyens en rapprochant l’administration des administrés

Assurer une articulation entre les fonctions étatiques et les nouvelles compétences des collectivités locales

1 Glossaire de la série « Santé pour tous » ; Volume N°1 à8 , 2dité par l’OMS ; Genève, 1984.

34

3.3 CADRE D’ANALYSE ET DE CONCEPTUALISATION DE LA STRATEGIE SECTORIELLE

L’approche adoptée est une analyse de l’état de santé, de l’organisation du système, son fonctionnement ainsi que sa gestion et son financement à l’aide d’un cadre conceptuel qui s’articule autour de deux axes principaux :

le premier concerne l’amélioration de la santé : cadre d’analyse de l’état de santé de la population, des déterminants qui nuisent à la santé ainsi que des problèmes sanitaires et les besoins de services qui en découlent ;

le second concerne l’amélioration de la gestion du système et la mise en œuvre des mesures d’accompagnement : cadre qui détermine les différents aspects organisationnels du système de santé ainsi que les outils de mise en œuvre de la stratégie.

Il est évident que les deux axes concourent ensemble à la réalisation d’objectifs santé qui restent en définitive la préoccupation majeure du système de santé. Afin de respecter la logique de ce cadre conceptuel et de mettre en exergue les objectifs de santé, le corps du document se scinde en trois parties. La première s’intéresse à l’axe relatif à l’amélioration de la santé ; la deuxième aux objectifs de santé et la troisième à l’amélioration de la gestion et à la mise en œuvre (figure 1).

35

Figure 16 : Modèle du cadre conceptuel de la stratégie de santé

AMÉLIORATION DE LA SANTÉ AMELIORATION DE LA GESTION ET MISE EN OEUVRE ORGANISATION MECANISMES DE
AMÉLIORATION DE LA SANTÉ
AMELIORATION DE LA GESTION ET MISE EN OEUVRE
ORGANISATION
MECANISMES DE GESTION ET DE
MISE EN OEUVRE
O
Facteurs
démographiques
B
J
MODELE DE
SERVICES DE SANTE
1.
Les actions de régulation et de
coordination nationale.:
E
Facteurs biologiques
- La fonction de financement
P
MODELE
C
R
PHARMACEUTIQUE
- La fonction de régulation et de
coordination du système
I
T
- La fonction de planification
CADRE
Facteurs liés aux
habitudes de vie
O
- Le système d'information sanitaire
I
MODELE DE SOINS
SANTE
- La politique du médicament
PROBLEMES
R
DE SANTE PRIMAIRES
DE SANTE
- La politique des ressources humaines
F
I
- La coordination de la santé publique
T
S
Facteurs liés à
l’environnement
MODELE
E
- Le développement et l’actualisation de le
législation sanitaire
D’ORGANISATION
2.
S
Modernisation de la Gestion :
RÉGIONALE
(physique,
S
-
La séparation des fonctions de
économique et
financement et de prestation de services
culturels
A
MODELE
- L'autonomie de Gestion
INTERSECTORIEL
- Le système d'accréditation des hôpitaux
N
- La formation en Management
Facteurs liés au
système de soins
- L'évaluation des technologies
T
- La stratégie de qualité
É
MODELE DE LA
RECHERCHE ET
DE L’EXPERTISE
- La valorisation des ressources humaines
3.
Renforcement de l’audit judiciaire
P R I N C I P E S
F O N D A M E N T A U X
R E G I S S A N T
L E
S Y S T E M E
N A T I O N A L
D E
S A N T E

Source : DPRF, MS, Rabat, Maroc, 1999

36

3.4 AMELIORATION DE LA SANTE

«La SANTE est un état dynamique de complet bien être physique, mental, spirituel et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité» 2 .

La politique de santé mise en œuvre depuis le début des années quatre-vingt s’est inscrite dans le cadre de la stratégie universelle « Santé pour Tous » auquel le Maroc a souscrit. De ce fait, elle a accordé plus d’attention au développement des soins de santé primaires 3 (ou de base) comme stratégie fondamentale de l’action sanitaire. Cette période a été également marquée par la mise en œuvre du Programme d’Ajustement Structurel de l’économie ainsi que par la consolidation du processus de démocratisation du pays et par une volonté de plus en plus forte des représentants de la population, de vouloir jouer un rôle actif dans la planification et la gestion des services de santé.

Les plans de développement sanitaire qui se sont succédés durant cette période avaient focalisé leurs interventions sur les objectifs suivants:

la réduction de la mortalité infantile,

le développement d’une politique sanitaire fondé sur les soins de santé primaires,

l’amélioration et la rationalisation de la gestion du système,

la recherche d’alternatives pour le financement du secteur de la santé et l’accroissement de ses ressources.

Ces objectifs se sont concrétisés par le développement et l’exécution de programmes de santé prioritaires qui ont contribué à une amélioration notable des principaux indicateurs sanitaires.

Le renforcement des programmes en relation avec la santé maternelle et infantile (planification familiale, vaccinations, surveillance de la grossesse et de l’accouchement etc.) et ceux de lutte et de prévention contre certaines maladies transmissibles ainsi que la réalisation de projets de construction d’établissements de soins (hôpitaux et centres de santé) pour étendre la couverture sanitaire à l’ensemble du pays ont été déterminants dans ce processus.

Ces actions déterminantes dans l’amélioration de l’état sanitaire du pays ont été possibles grâce aux efforts déployés par les professionnels de santé ainsi qu’à la volonté du Département d’améliorer le fonctionnement et la gestion de ses services et établissements. Tous ces acquis sont à consolider. Cependant, dans ce document, l’analyse se focalisera davantage sur les faiblesses afin de mettre en exergue les problèmes auxquels il faut s’attaquer et de proposer des solutions, des recommandations ou des voies à suivre au travers d’une stratégie élaborée dans un souci d’harmonie et de complémentarité de ses composantes.

L’état de santé qui prévalait en 1997, sera apprécié dans les paragraphes qui suivent en partant des principaux éléments d’analyse tels qu’ils ressortent du cadre conceptuel de la figure n° 1.

3.4.1 CADRE SANTE

Trois types d’actions doivent être menées par le système de santé au profit de la population pour améliorer la santé :

la promotion de la santé et la prévention des maladies ;

2 Définition de la Santé telle qu’elle figure dans la constitution de l’Organisation Mondiale de la Santé.

3 En 1977, la XXX ième assemblée mondiale de la santé a décidé que le principal objectif social des gouvernements et de l’OMS pour les prochaines décennies devait être de faire accéder d’ici l’an 2000 tous les habitants du monde à un niveau de santé qui leur permet de mener une vie socialement et économiquement productive. Cet objectif est généralement désigné par la formule « la santé pour tous d’ici l’an 2000 (SPT 2000).

37

le diagnostic et le traitement des maladies ;

la réduction des incapacités et de la souffrance.

Ces actions ciblent trois groupes de personnes : la population en général au sein de laquelle les améliorations de santé les plus spectaculaires s’obtiennent à partir des actions de santé publique 4 , les groupes vulnérables qui s’exposent à des facteurs de risque particuliers et les patients admis dans les établissements de santé.

3.4.2 . PRIORITES DE LA SANTE

Les grandes priorités retenues par les décideurs sont les suivants :

le renforcement de la prévention par la voie des interventions de la Santé publique ;

l’extension de la couverture sanitaire avec un rééquilibrage spatiale de l’offre de soins ;

l’utilisation efficiente et efficace des ressources disponibles et leur ciblage sur des priorités ;

la mobilisation des ressources additionnelles pour le secteur.

3.4.3 LA STRATEGIE DE SANTE

Les principaux éléments constituant la trame de fond de la stratégie du secteur de santé marocain sont :

3.4.3.1 Intensification des activités de promotion de la santé, de prévention et de lutte contre les maladies

Cet élément fondamental de la stratégie sectorielle s’articule autour des mesures suivantes :

Le développement et le renforcement des activités, de promotion sanitaire, qui influent positivement sur la qualité des modes de vie et préviennent les comportements nocifs pour l’individu, la famille et la collectivité. Ces activités se réaliseront autour du thème « TOUS POUR LA SANTE » et s’appuieront sur :

la mise au point de programmes globaux et intégrés d’information, d’éducation et de communication comme instrument efficace de la promotion sanitaire, avec une participation plus accrue des médias,

le renforcement de l’action d’information et d’éducation en direction des femmes, des jeunes scolarisés ou non par une intervention de proximité à développer avec les Organisations Non Gouvernementales et autres partenaires. L’information, l’éducation et la communication visent essentiellement à développer chez les citoyens une conscience sanitaire qui devra les rendre responsables de leur propre santé.

L'accroissement des niveaux de couverture par les prestations préventives des programmes de Santé. Les activités à déployer viseront en priorité des actions beaucoup plus ciblées et plus intenses, particulièrement en direction des zones rurales et des populations défavorisées, pour réduire l’acuité des problèmes sanitaires les plus importants parmi lesquels ceux liés à la grossesse et à l’accouchement. Ces actions sont :

4 Pour la fonction santé publique, il s’agit d’une série d’activités fondamentales et indispensables destinées à protéger la santé de la population et à traiter les maladies, et visant l’environnement et la communauté. Elles sont vitales pour le maintien et l’amélioration de la santé. Les pays, à tous les niveaux, doivent veiller à ce que ses services respectent des normes minimales. Leur application doit être surveillée par des services de l’Etat (document « la santé pour tous au XXIème siècle » Organisation Mondiale de la santé- document du conseil exécutif EB101/8).

38

le

renforcement

le

des

degré

activités

de

de

planification

de

familiale

pour

en

accroître

les

la

méthodes

couverture,

contraceptives de longue durée,

continuité

l’utilisation,

notamment

le soutien, le renforcement et l’intégration des activités de santé de la reproduction et des enfants ainsi que la prise en charge intégrée de l’enfant malade (surveillance de la grossesse et de l’accouchement, planification familiale, vaccinations, maladies

pour étendre et accroître

diarrhéiques, nutrition, infections respiratoires aiguës

leur couverture à l’ensemble des populations cibles concernées,

)

le renforcement des activités en matière de lutte contre la malnutrition et les carences en matière d’iode, de fer et de vitamine A ;

le renforcement des activités des programmes de prévention et de lutte contre les maladies par un réajustement de leur stratégie, une amélioration de leur gestion, une extension de leur couverture et une implication beaucoup plus accrue des autres secteurs concernés ;

le développement d’actions intégrées en matière de santé et d’environnement en partenariat avec les autres secteurs ;

l’extension du réseau de laboratoires d’épidémiologie et d’hygiène du milieu et le renforcement de ses capacités d’intervention ;

la conception et la mise en œuvre de programmes de lutte et de prévention vis à vis des maladies qui émergent comme problème de santé publique et pour lesquelles il n’y a pas encore d’actions de lutte structurées.

Le développement du rôle du secteur privé dans les programmes de santé et la surveillance épidémiologique par la formation, la sensibilisation et le soutien à la mise en œuvre de projets de formation focalisés en particulier sur le médecin généraliste.

3.4.3.2 La mise en place d’une offre de soins équilibrée et Intégrée ainsi que sa répartition équitable sur l’ensemble du territoire

La caractéristique essentielle d’un service efficace sera la capacité d’intégrer l’ensemble des soins de santé primaires et des soins de santé hospitaliers. Ces soins intégrés devraient être décentralisés afin de les rapprocher le plus près possible du patient. La vision globale du développement d’une offre de soins est nécessaire pour assurer une complémentarité entre les différents secteurs constituant le système national de santé.

Dans ce cadre, il faudra encourager le secteur privé à :

Investir dans les zones médicalement sous équipées.

Instaurer un partenariat avec le secteur public dans le cadre de conventions pour assurer au mieux la couverture par des médecins spécialistes de l’ensemble des provinces.

Investir dans les équipements lourds et les soins spécialisés en dehors de l’axe Casablanca-Kénitra

3.4.3.3 L’amélioration du management des services de santé avec un accent particulier sur la réforme hospitalière

Le souci de la rentabilité et de l’efficacité doit dominer dans la gestion pour avoir une administration plus efficiente, développer un exercice plus rigoureux des responsabilités envers la population et offrir des prestations sanitaires plus performantes et de meilleure qualité. Les mesures suivantes devront être mises en œuvre :

39

Réajustement de l’organisation de l’administration centrale et des services extérieurs dans le cadre des nouvelles attributions dévolues à la région et du renforcement de la déconcentration / décentralisation.

Introduction des réformes nécessaires pour améliorer la planification, l’organisation et la gestion des soins de santé en général et hospitaliers en particulier.

Renforcement à tous les niveaux de la supervision, du contrôle et de l’évaluation (ressources humaines, gestion par objectif et résultat, contrat programme, audit des soins

Amélioration de la qualité des données par le développement de nouvelles actions visant leur intégration pour qu’elles soient utilisées à des fins de gestion et de prise de décisions à tous les niveaux de l’organisation.

Développement d’applications informatiques dans tous les domaines de gestion et leur généralisation à l’ensemble du secteur.

Encouragement du partenariat entre le secteur public et le secteur privé dans le cadre de conventions pour accroître la couverture par des médecins spécialistes à l’ensemble des provinces.

3.4.3.4 L’amélioration de la qualité des services de santé y compris les soins curatifs

A ce niveau, plusieurs domaines sont concernés :

Amélioration des conditions de prise en charge des accouchements et des soins aux nouveau-nés aussi bien dans les centres de santé disposant de structures d’accouchement que dans les maternités hospitalières et le renforcement de leurs moyens d’intervention y compris les moyens de transport des cas d’accouchements dystociques vers les niveaux de référence appropriés.

Amélioration des conditions de travail en relation avec les consultations médicales et les soins fournis au niveau du réseau de soins de santé de base.

Amélioration de la disponibilité et de l’accès aux médicaments dans les établissements de soins de santé de base, particulièrement en milieu rural.

Soutien et renforcement des actions entamées dans le cadre de la restructuration des établissements hospitaliers, de la remise à niveau des plateaux techniques, de la rénovation des bâtiments et des installations techniques ainsi que de l’amélioration de la prise en charge des patients à tous les niveaux.

Mise en place d’un système efficace d’approvisionnement du secteur public, en médicaments ainsi que des procédures qui permettent de tenir à jour la nomenclature des médicaments essentiels.

Développement de normes techniques et des procédures pour apprécier la qualité des soins curatifs.

3.4.3.5 Le renforcement des mécanismes d’un financement de la santé suffisant et stable

La recherche de nouveaux moyens pour financer les soins et en améliorer le rapport coût/efficacité continuera à bénéficier d’une grande priorité. Un certain nombre de mesures devront être mises en œuvre :

Evaluation du coût/efficacité des interventions de santé, particulièrement le paquet minimum d’activités.

Mise en œuvre des mesures concernant le financement des soins de santé à travers l’obligation de l’Assurance Maladie et l’institutionnalisation d’un mécanisme de prise en charge des soins prodigués aux couches sociales à faible revenu.

40

Renforcement des capacités de gestion financière des différents acteurs du système en vue d’optimiser au mieux l’utilisation des ressources allouées.

Instauration de comptes nationaux de la santé.

Révision de la tarification hospitalière, pour l’ensemble des hôpitaux publics.

Mise en place de mesures visant à améliorer la facturation, à renforcer et à développer les capacités de recouvrement des coûts au niveau des différents établissements sanitaires.

Etude des mécanismes de financement des programmes et activités de soins délivrés par le réseau de soins de santé de base.

Renforcement du partenariat national avec les associations de la société civile et international à travers des projets à développer dans le cadre de la coopération bilatérale et multilatérale.

Recherche de nouvelles sources de financement comme alternative au désengagement projeté par certains organismes et agences de coopération.

Recherche d’un meilleur équilibre entre les interventions de l’Etat et les lois du marché en évitant la polarisation actuelle de la dichotomie public/privé afin d’assurer un accès équitable à des soins de santé efficaces.

3.4.3.6 La définition et la mise en œuvre d’une stratégie globale sur les ressources humaines

La maîtrise de l’utilisation des ressources humaines ainsi que l’amélioration et l’adaptation de leur capacité dans la résolution des problèmes de santé sont des enjeux majeurs pour le fonctionnement du système. Les mesures envisagées portent essentiellement sur :

L'élaboration d’une stratégie de motivation des ressources humaines.

La définition des profils de professionnels nécessaires au fonctionnement du système de santé.

La révision des critères ou normes d’estimation et de planification des besoins en personnel.

L'élaboration de la mise en œuvre d’un plan de redéploiement basé sur des critères et des normes qui seront préalablement définis.

Le renforcement de la médicalisation du monde rural et la stabilisation du médecin au niveau de chaque commune rurale.

Le renforcement de la formation continue en tant qu’instrument de l’amélioration de la qualité des services et son extension à toutes les catégories de professionnels de santé. Un effort particulier devra être fait au profit des médecins du rural.

La mise en place de mécanismes de régulation des ressources médicales de l’ensemble des secteurs notamment au niveau de l’encadrement par des médecins spécialistes.

L'amélioration de la qualité de la formation des différentes catégories de professionnels.

3.4.3.7 Le renforcement de la déconcentration / décentralisation avec la mise en place des structures sanitaires régionales

Cet élément de la stratégie sectorielle implique la mise en œuvre des mesures suivantes :

Identification de l’ensemble des aspects liés à la déconcentration et à la décentralisation.

Conception et adoption de l’organisation de la Direction Régionale des services de santé.

Définition d’un processus de mise en place des structures régionales et de la déconcentration.

Réorganisation de l’administration centrale et des délégations provinciales sur la base des nouvelles attributions dévolues aux régions ainsi que sur la base des attributions qui seront déconcentrées ou décentralisées.

41

En résumé, les éléments principaux de la stratégie sont bien mis en évidence par la figure n°17 qui suit.

Figure 17 : Principaux éléments de la stratégie sectorielle santé

Intensification des activités de promotion de la santé, de prévention et de lutte contre les
Intensification
des activités de
promotion de la
santé, de prévention
et de lutte contre les
maladies
Mise en place
d’une offre de soins
équilibrée et intégrée
ainsi que sa
répartition équitable
sur l’ensemble du
territoire
Renforcement de la
déconcentration et de la
décentralisation avec la
mise en place des
structures régionales de
santé
Valorisation des
ressources humaines
OBJECTIFS
S
T
R
A
T
E
G
I
E
S
A
N
T
E
SANTE
Amélioration de la
qualité des soins
Amélioration du
management des services
de santé avec un accent
particulier sur la réforme
hospitalière
Renforcement des
mécanismes de
financement de la santé
suffisant et stable
Source : D.P.R.F, MS, Rabat, Maroc, 1999

3.5 LES OBJECTIFS GENERAUX DE SANTE

Les principaux objectifs ci-après sont définis sur la base des besoins minimaux définis à partir de l’analyse des problèmes de santé ainsi que des ressources potentiellement mobilisables au cours des cinq prochaines années. Leur atteinte à l’horizon 2004, reste liée à une bonne organisation du système, aux performances de sa gestion et à une optimisation de l’utilisation de toutes les ressources disponibles :

1. Renforcer les programmes de promotion de la santé, de prévention et de lutte contre les maladies. Ce renforcement devrait permettre une réduction de la mortalité infantile de 37 à 27 pour 1.000 naissances vivantes et le taux de mortalité maternelle en milieu rural de 307 à 274 pour 100.000 naissances vivantes.

2. Améliorer la couverture sanitaire par l’offre de soins et corriger les iniquités régionales et provinciales, en ramenant la desserte de l’offre publique de soins de santé de base particulièrement en milieu rural, de 9.100 habitants par établissement de santé à 6.500.

3. Mettre en place un système de financement à travers l’extension de l’assurance maladie et d’un mécanisme institutionnel pour la prise en charge des économiquement faibles.

4. Mettre en œuvre la réforme de la gestion hospitalière comme vecteur de la politique de maîtrise des coûts, de mobilisation et de rationalisation des ressources.

42

6. Mettre en place les directions régionales des services de santé et procéder au redéploiement des ressources.

7. Revaloriser et remobiliser les ressources humaines.

3.6 LES PRINCIPALES REFORMES DU SYSTEME DE SANTE

L’amélioration de la gestion et des outils de mise en œuvre s’inscrivent dans le cadre d’un vaste chantier de réformes que le Ministère de la Santé a entrepris. Ces réformes, qui sont déjà amorcées depuis quelques mois et dont il va falloir accélérer l’exécution, visent à résoudre à terme des difficultés liées à la santé et des problèmes d’ordre structurel relatifs à la gestion et au financement du système. Les principaux objectifs visés sont les suivants :

améliorer l’efficacité et la qualité des soins au niveau des deux réseaux de santé primaire et hospitalier ;

mobiliser des ressources additionnelles pour le secteur ;

doter le Ministère de la Santé des outils nécessaires afin d’améliorer la gestion du secteur.

Une amélioration de l’organisation non seulement du Ministère de la Santé mais du système de santé en général reste liée à une définition appropriée des modèles relatifs aux médicaments, aux soins de santé primaires, à l’organisation régionale des services de santé et à l’intersectorialité, etc.

3.6.1 MODELE DES SERVICES DE SANTE

L’analyse portera d’abord sur le modèle actuel du système de santé. Ce modèle admet un certain nombre de faiblesses qui exige une définition d’un modèle alternatif. Ce second modèle (projeté) essaie d’intégrer des éléments des réformes et des orientations nouvelles du MS.

3.6.1.1 Le modèle des services de santé actuel

Le modèle est structuré autour de quatre composantes fondamentales :

L’offre de soins publique et privée (médecins, pharmaciens, dentistes, hôpitaux, centres de santé, cabinets de soins, cliniques…)

Le financement (Etat, assurances, mutuelles, ONG, Collectivités locales…)

La demande de soins (population en général, groupes vulnérables et à risque en particulier)

Les éléments de liaisons des trois premières composantes par rapport aux flux financiers (subvention, cotisation privée, impôt, remboursement, paiement direct…)

La figure numéro 18 représente le modèle actuel du système de santé avec ses principaux flux financiers.

D’une manière générale, ce modèle se caractérise par les éléments suivants :

Une pluralité de sources de financement inégales dans leurs importances respectives. En dépit de cette pluralité, le secteur de la santé souffre de l’insuffisance quantitative du financement à cause d’une assurance-maladie facultative ne couvrant que 15 % de la population, de l’inexistence d’un système efficace et équitable de prise en charge des indigents et d’un faible budget consacré à la santé et à la prévention sanitaire collective. Cette situation engendre une participation informelle trop forte des ménages aux frais des soins.

43

Une participation multiple (différents départements ministériels, Offices, Collectivités Locales, prestataires de soins privés, Organisations Non Gouvernementales, entreprises privées…) à la santé. Cependant, même si le MS est en principe responsable de la santé de tous, son autorité ne s’exerce directement, en général, que sur ses propres services et programmes et sur les fonds qui lui sont alloués à travers le budget de l’Etat ou dans le cadre de la coopération. Il n’est pas associé à la prise de décision sur l’usage de fonds d’autres ministères ou organismes publics, même si ces derniers financent parfois d’importantes activités liées à la santé comme la nutrition, l’approvisionnement en eau ou l’assainissement… (l’influence du MS sur l’utilisation des fonds dans le secteur privé est encore plus limitée). De ce fait, le MS n’exerce pas assez le rôle de coordination qui doit être le sien.

Une très large configuration de l’offre de soins de par ses différents statuts et modes de fonctionnement (publique ; privée à but non lucratif ; privée à but lucratif ; médecine traditionnelle). Toutefois, l’offre demeure insuffisante par sa qualité et par sa disponibilité, en particulier dans le monde rural. Cette offre est très concentrée dans les grands centres urbains où le pouvoir d’achat est supérieur à la moyenne nationale et où le nombre d’assurés est élevé. La logique d’implantation du secteur privé qui cherche à maximiser ses recettes et l’incapacité du secteur public à combler entièrement l’absence de l’offre privée est à l’origine des déséquilibres entre les régions et entre le milieu rural et urbain.

Figure 18 : Flux financiers du système national de santé existant

Particuliers Médecine traditionnelle Entreprises Soins hospitaliers et ambulatoires (publics, privés à but non
Particuliers
Médecine traditionnelle
Entreprises
Soins hospitaliers et ambulatoires
(publics, privés à but non lucratif et
privés à but lucratif)
Collectivités
Impôts
locales
Biens médicaux (lunetterie,
prothèses, médicaments, etc.)
Coopération bilatérale
et multilatérale, ONG
Etat (Santé, Education Nationale,
Enseignement Supérieur, FAR,
Justice, etc.)
CNSS
Prévention sanitaire collective
ONEP
Assurance-maladie
facultative
Enseignement, formation et
recherche
Source : DPRF,
MS, Rabat,

Les faiblesses du modèle actuel rendent nécessaires les réformes qu’envisage d’entreprendre le MS afin d’instaurer un modèle alternatif à même de renforcer les différentes sources de financement et de mieux canaliser les flux financiers.

3.6.1.2 Le modèle des services de santé projeté

Le modèle futur des services de santé, représenté par la figure 19 essaie de pallier les insuffisances du modèle actuel tout en essayant d’incorporer la dynamique de la régionalisation.

44

Tout d’abord, le modèle projeté intègre la réforme du financement qui tente de remédier aux faiblesses actuelles de mobilisation des ressources financières en élargissant la couverture de l’Assurance-maladie à près de 30% de la population et en mettant en place un mécanisme adapté et plus juste d’assistance médicale aux économiquement faibles.

Ensuite, le souci du partenariat, même s’il n’apparaît pas clairement dans le modèle projeté, est très présent car si le MS doit être stratège et régulateur, il doit nécessairement être coordonnateur de toutes les activités et mesures qui touchent à la santé. Une des grandes missions du Ministère consiste à promouvoir et à protéger la santé. Le rôle de coordination va indubitablement lui permettre de renforcer cette mission tout en instaurant une logique de partenariat qui serait utile (pour tous les partenaires) dans l’amélioration de l’efficacité des actions.

De plus, ce partenariat (qui sera ici très renforcé) sera élargi à la Région qui insufflera au secteur de la santé publique un dynamisme certain si l’arrimage à cet élan (de la régionalisation) est bien effectué. La Région peut constituer une source additionnelle et importante de mobilisation des ressources financières. C’est l’une des raisons qui poussent le MS à entreprendre une politique de décentralisation/déconcentration, aussi progressive que forte, qui se manifeste dans la création des directions régionales, dans l’allocation de ressources humaines et financières à la hauteur des nouvelles responsabilités très élargies des régions et dans l’autonomie progressive des hôpitaux publics.

En corollaire, il paraît indispensable de séparer la fonction de financement de celle de prestations des services afin de permettre aux hôpitaux publics de jouir d’une pleine autonomie nécessaire à l’amélioration de leur gestion, de leurs performances et de la qualité des soins qu’ils offrent. Cette autonomie permettra, par ailleurs, de réallouer au moins une partie des subventions destinées traditionnellement aux hôpitaux érigés en SEGMA et aux CHU vers les soins de santé de base.

En résumé, ce modèle cherchera à assurer :

Le renforcement institutionnel du Ministère de la Santé : le développement du rôle de

garant de l’équité de la distribution de l’offre, de réglementation et de régulation du secteur joué par les services centraux du Ministère de la Santé. L’efficience gestionnaire : la mise en place des directions régionales de la santé avec dévolution des fonctions de planification et de gestion des services de santé. L’efficience économique : l’amélioration de la gestion financière dans les hôpitaux. L’équité inter-régionale : la correction de disparités inter-régionales en termes de disponibilité des ressources publiques de santé. L’équité intra-régionale : l’augmentation du taux de médicalisation (habitants par médecin) des services de santé de base.

Le modèle admet une vision selon laquelle la santé et le bien-être de la population représentent à priori un investissement pour la société. Pour l’individu, santé et bien-être constituent une ressource importante, qui lui permet de tirer une satisfaction de la vie et d’exercer pleinement ses rôles. Pour la société, des citoyens et des citoyennes en bonne santé représentent un gage de dynamisme et de progrès. Les sommes et les énergies de la collectivité consacrées à l’amélioration de la santé et du bien-être doivent donc être considérées à priori comme un investissement, non comme une dépense de consommation. Mais, comme tout investissement, il doit être dirigé vers les solutions les plus efficaces 5 .

5 La politique de la santé et du bien-être. Ministère de la santé et des services sociaux du Québec. 1992

45

Figure 19 : Flux financiers du système national de santé projeté

Particuliers Médecine traditionnelle Entreprises Soins hospitaliers et ambulatoires (publics, privés à but non
Particuliers
Médecine traditionnelle
Entreprises
Soins hospitaliers et ambulatoires
(publics, privés à but non lucratif et
privés à but lucratif)
Impôts
Collectivités
locales :
rôle croissant de
la région
Biens médicaux (lunetterie, prothèses,
médicaments, etc.)
Coopération bilatérale et
multilatérale, ONG
Etat (structures régionales actives) :
* Santé : département de tutelle
coordonnateur et régulateur
Prévention sanitaire collective
ONEP
* Autres départements
Enseignement, formation et recherche
Assurance-maladie
obligatoire
(couverture de base)
Assurance-maladie
complémentaire et facultative
Régime d’assistance
Source : DPRF, MS, Rabat, Maroc, 1999
médicale aux économiquement
faibles

46

3.6.2 LA REFORME DU FINANCEMENT DES SOINS DE SANTE

Au Maroc, la réflexion sur le financement des soins de santé entamée au cours des dix dernières années a été imposée par un effet de ciseaux : d’un côté les restrictions budgétaires induites par les mesures du Programme d’Ajustement Structurel ainsi que la stagnation du pouvoir d’achat, de l’autre la hausse des coûts due essentiellement à une transition démographique et épidémiologique, à l’avènement de technologies et de traitements nouveaux et coûteux ainsi qu’aux attentes accrues de la population.

De surcroît, il est devenu très manifeste que la réduction de l’acuité de nombreux problèmes du système national de santé (inaccessibilité aux soins et aux médicaments, iniquités, modestie des performances…), passe obligatoirement et pour une partie par une réforme du financement. Le défi à relever consiste à choisir une configuration réaliste de cette réforme qui soit cohérente avec nos valeurs socioculturelles et sanitaires et viable à long terme compte tenu des capacités de financement actuelles et futures de notre économie.

Cette réforme s’articule autour de deux axes principaux, à savoir l’assurance maladie obligatoire (AMO) et le régime d’assistance médicale aux économiquement faible à l’hôpital public (RAMEF). Au travers de la solvabilisation de la demande, la solidarité et la mutualisation du risque ainsi qu’à un meilleur recouvrement des coûts des hôpitaux publics, ces deux composantes de la réforme visent à pallier des dysfonctionnements tels que la forte participation des ménages aux dépenses de santé, le coût élevé de la consommation médicale, l’indigence de la solidarité institutionnalisée au niveau de la prise en charge des coûts des soins, le problème du financement des hôpitaux publics…

La figure 20 ci-dessous schématise les composantes clés de la réforme du financement du secteur de la santé.

47

Figure 20 : Composante clés de la réforme du financement

Plus d’Equité et meilleure justice sociale Développement du système de santé pourvoyeur d’emploi et créateur
Plus d’Equité et meilleure
justice sociale
Développement du système de
santé pourvoyeur d’emploi et
créateur de richesse
Meilleure accessibilité
Réforme du financement de la
Santé
Solvabilisation de la demande
Amélioration du niveau de
Santé de la population
et affirmation des effets sur le
pouvoir d’achat
Amélioration du
financement du secteur privé
AMO
Réforme
Hospitalière
Planification et
régulation de
l’offre de soins
RAMEF
Amélioration du
Qualité de soins publics
Renforcement des soins
de base
financement des
hôpitaux publics
Amélioration du
management des
hôpitaux publics
Renforcement des
capacités propres
de financement
Réallocation budgétaire
Renforcement de la
gestion financière
(facturation,
recouvrement…)
Source : DPRF, MS, Rabat, Maroc, 1999

48

Les scénarios pour le développement de l’assurance-maladie et la prise en charge des économiquement faibles qui sont avancés ci-dessous représentent les options envisageables par le MS.

3.6.2.1 L’Assurance-maladie Obligatoire (AMO)

Le financement des soins de santé par les assurances sociales (également appelées assurance maladie à cotisations) a été promu comme « voie moyenne » entre le financement par les assureurs privés et les systèmes type « service national de santé » alimenté par la fiscalité 6 .

Les principes fondamentaux qui sous-tendent le projet d’instauration d’une couverture médicale de base par l'AMO, dont l’objectif est purement social, sont :

Solidarité et équité.

Préservation de l’existant, c’est-à-dire les avantages dont bénéficie actuellement la population couverte.

Obligation d’adhésion pour la population concernée par le projet :

Les fonctionnaires, les agents temporaires, journaliers, occasionnels et contractuels de l’Etat ainsi que le personnel des Collectivités Locales et des établissements publics.

Les personnes immatriculées au régime de sécurité sociale de la CNSS (salariés du secteurs privé).

Les personnes titulaires de pensions.

Les étudiants non éligibles ni au régime AMO, ni à l’assistance médicale aux économiquement faibles.

Les ayants droit des personnes citées ci-dessus.

Gestion du régime par les organismes de prévoyance existant et par d’autres organismes qui seront habilités par l’Administration sur la base d'un cahier de charge.

Responsabilisation financière des organismes assureurs, le rôle de l’Etat se limitant à assumer ses contributions patronales pour ses employés et à réglementer le régime.

Extension progressive.

Le projet d’assurance maladie proposé instaure l’obligation, dans un premier temps, de tous les salariés des secteurs public et privé dit « structuré » au nouveau régime de base. La couverture de la population passerait de 15 à 30 % 7 .

Cet accroissement de la couverture du régime d’Assurance Maladie à tous les ménages solvables devrait générer des recettes globales annuelles supplémentaires d’environ 1,5 milliards de DH.

3.6.2.2 La prise en charge médicale des économiquement faibles (RAMEF)

Il est impératif compte tenu du taux de pauvreté élevé et des disparités sociales très fortes de définir avec rigueur le statut d’économiquement faible (non seulement pour la santé mais pour tous les secteurs concernés). Cette définition va permettre de bien identifier la population économiquement faible et réduire les abus. Ensuite, l’Etat doit la prendre en charge notamment pour les soins prodigués et facturés dans les hôpitaux publics. Ceci permet d’une part, de contribuer à l’amélioration du recouvrement des coûts de ces établissements et à éviter les abus, d’autre part, à mieux responsabiliser le personnel de l’hôpital public. Deux scénarios sont envisageables.

6 Pr Jurgen Wasen (1991), « Les systèmes d’assurance sociale », Réunion du Groupe Spécial de l’OMS sur le développement sanitaire dans les pays d’Europe Centrale et Orientale, 22-26 avril, OMS, Genève.

7 Le succès du régime pourrait attiser l’espoir d’étendre la couverture à 50 % de la population en incluant les personnes appartenant aux autres catégories socio-professionnelles non concernées par la première phase de l’AMO.

49

Scénario 1 : Gestion directe par l’Etat de l’assistance médicale aux économiquement faibles

Cette assistance consiste à payer les prestations facturées par les hôpitaux publics aux économiquement faibles par un mécanisme de prise en charge de cette partie de la population. Les fonds nécessaires à cette assistance peuvent avoir plusieurs sources :

une partie des subventions destinées actuellement aux hôpitaux publics autonomes ;

participation des économiquement faibles proportionnellement à leur capacité contributive ;

une partie des subventions alimentaires dans le cas où la Caisse de Compensation serait démantelée ;

Collectivités Locales ;

vignettes de solidarité sur les médicaments ;

taxes sur les produits de consommation nuisibles pour la santé ;

une partie de la Zakat ;

dons et legs, etc.

Cette prise en charge donnera aux hôpitaux publics la possibilité d’améliorer le taux de recouvrement ainsi que leurs recettes afin d’atteindre une véritable autonomie.

Scénario 2 : Gestion déléguée de l’assistance médicale aux économiquement faibles

Au lieu de se charger de payer les montants facturés aux économiquement faibles par les hôpitaux publics, l’Etat se chargera des paiements des cotisations des personnes éligibles au RAMEF aux organismes gestionnaires (à déterminer).

Les sources de financement seront quasiment identiques à celles du premier scénario. Toutefois, il est nécessaire que l’Etat s’assure que le gestionnaire de cette assistance garantit d’une part un accès au régime à tout postulant reconnu par les autorités compétentes comme éligible quels qu’en soient l’âge, le sexe ou le dossier médical et d’autre part, un remboursement de toutes les prestations admises dans le régime.

3.6.2.3 Conséquences d’une application partielle de la réforme du financement de la santé (l’AMO sans le RAMEF)

La mise en place d’une couverture médicale obligatoire sans institutionnaliser la prise en charge médicale des économiquement faibles pourrait avoir des conséquences très lourdes sur la société et sur le système national de santé, à savoir :

Aggraver les iniquités au détriment d’une population vulnérable, dont les problèmes de santé ne pourront que s’accentuer, et creuser les disparités entre les classes. Accroître la désaffection de la population solvable de l’hôpital public et inhiber la portée des actions incluses dans la réforme hospitalière quelle qu’en soit la pertinence. En corollaire, l’hôpital public, qui demeure une composante fondamentale du système national de santé (présent dans toutes les régions du Maroc avec plus de 80 % de la capacité litière nationale), connaîtra une dégradation inéluctable.

L’impact conjoint de cette prise en charge et de l’élargissement de l’Assurance-maladie , sera important d’autant plus que le MS cherche au travers de la réforme hospitalière, à améliorer ses performances (nouvelle tarification, facturation adéquate, moyens de recouvrement efficaces, bon rapport qualité/prix). La figure numéro 21 décrit la différence, relative à la taille des flux financiers dont bénéficient les hôpitaux publics, entre la situation actuelle et projetée.

50

Figure 21 : Reforme des mécanismes de financement de la santé

Population solvable (30%)

Population indigente (70%)

Assurés Non assurés Population se déclarant à faibles revenu SITUATION ACTUELLE (15%) (15%) (70%) Demande
Assurés
Non assurés
Population se déclarant à faibles revenu
SITUATION ACTUELLE
(15%)
(15%)
(70%)
Demande
de
soins
et
de
services
Faible flux financier
Secteur privé et
Flux financier intermédiaire
Secteur public
OFFRE
soins à
l’étranger
Fort flux financier
Demande de soins et de services
Indépend
Population assurée (30%)
ants non
SITUATION PROJETEE
couverts
Salariés à revenus moyens
et élevés assurés
Salariés à faible
revenu assurés
population à faibles revenus bénéficiant
d’une assistance médicale gratuite
(15%)
(20%)
(10%)
(55%)

Population solvable (35%)

Population à capacité contributive faible 65%

Source : DPRF, MS, Rabat, Maroc, 1999.

51

3.6.3 LA REFORME HOSPITALIERE

Cette réforme consiste en une série de mesures, à caractère organisationnel, managérial et financier, à même d’améliorer l’image du secteur hospitalier public et de le rendre compétitif. Les éléments clés de cette réforme hospitalière sont résumés dans la figure n°22.

Figure 22 : Composantes clés de la reforme hospitalière

Objectifs : - Efficacité - Efficience
Objectifs :
- Efficacité
- Efficience

P L A N I F I C A T I O N

P L A N I F I C A T I O N

Assurer une meilleure adéquation entre l’offre de soins et la demande de services par la population

Optimiser l’utilisation des ressources existantes

Corriger l’insuffisance du financement

existantes  Corriger l’insuffisance du financement  Déconcentrer les pouvoirs de décision 

Déconcentrer les pouvoirs de décision

Promouvoir un état d’esprit orienté vers l’initiative, la collaboration et l’esprit d’équipe

Valoriser le statut juridique de l’hôpital :

* définir les missions et les niveaux de prestations de l’hôpital
* classifier les hôpitaux

Intégrer les activités des hôpitaux avec celles des soins de santé de base

Développer les normes et les standards

Bâtir une compétence de gestion fondée sur la responsabilisation et la reddition des comptes

Atteindre l’autonomie financière de l’ensemble des hôpitaux

Améliorer l’utilisation des ressources humaines

Introduire et développer des outils modernes de gestion :

* Comptabilité analytique

* Facturation adéquate

* Système d’information renforcé et mieux adapté

* Budget-programme

* Modalités de recouvrement améliorées…

Améliorer la qualité des prestations à travers un programme national d’assurance qualité

Fournir des infrastructures et des équipements adéquats

Source : DPRF, MS, Rabat, Maroc, 1999.

3.6.3.1 Les enjeux liés à la planification

Assurer une meilleure adéquation entre l’offre de soins et la demande de services par la population

Au niveau central, il faudra établir un cadre normatif qui complète la carte sanitaire et précise les objectifs et critères de dotation des ressources à travers le pays en se fondant sur l’équité entre les régions et les véritables besoins de la population.

52

Optimiser l’utilisation des ressources de santé existantes

En raison de la rareté des ressources, le MS doit développer des mécanismes d’optimisation de leur utilisation par le renforcement de la planification aux niveaux central et régional, l’intégration de nouvelles technologies dans l’organisation des soins, l’extension progressive de l’approche programmes de santé publique au secteur hospitalier, le renforcement du système de références, etc.

Corriger l’insuffisance du financement

L’accroissement de la performance et de l’efficacité des hôpitaux publics, l’élargissement de la couverture par l’Assurance-maladie et l’institutionnalisation d’un mécanisme de prise en charge des économiquement faibles sont autant de modalités à même de favoriser une extension des ressources de ces établissements. Cependant, quelques points doivent être précisés.

Assurer aux hôpitaux publics une part de l’accroissement des ressources.

L’augmentation du pourcentage d'assurés recourant aux services des hôpitaux publics peut être obtenue par une politique attractive de ces établissements. L’amélioration de l’accueil et de l’hôtellerie, la recherche d’un niveau de tarification fondé sur les prix de revient et la rationalisation de la gestion des hôpitaux publics peuvent induire un meilleur rapport qualité/prix des services de soins fournis et partant plus de recettes. A contrario, le développement de la couverture médicale par l’assurance-maladie sans réforme hospitalière risque de canaliser la majeure partie de l’augmentation des ressources générées par cet élargissement vers le secteur privé.

En dehors des recettes qu'engendrerait cette réforme, il sera possible de consolider le financement du secteur public :

en adoptant un mécanisme susceptible de réserver pour le secteur public une part minimale des cotisations globales de l’Assurance-maladie ;

en limitant le remboursement des soins prodigués aux économiquement faibles qu’aux établissements du secteur public.

Accroître la participation financière des ménages solvables

La faiblesse relative des dépenses de santé laisse supposer que la population pourrait payer davantage pour les soins qu’elle obtient ou qu’elle désire obtenir. Il serait sans doute possible d’attirer des ressources additionnelles :

En corrigeant les déficiences importantes au niveau de la tarification, de la facturation et du recouvrement, notamment en adoptant des pratiques qui se rapprochent de celles utilisées dans les établissements privés.

En incitant ou en obligeant tous les salariés du secteur public et privé (moderne) à cotiser à un système d’Assurance-Maladie.

En instaurant un système transparent de prise en charge des coûts de santé de la population économiquement faible (plus de 50% de la population) qui obligerait en contrepartie cette population à payer une contribution minimale.

En adoptant un système rigoureux d’émission de cartes d’indigence basé sur des critères définis de façon à empêcher des individus solvables de profiter indûment de ce statut.

En évitant au maximum les « paiements des surcharges » par les utilisations des services publics

Assurer la viabilité financière de la période de transition

53

Enfin, il est très probable que l’élargissement de la couverture de l’Assurance-maladie et l’introduction d’un mécanisme pour financer les soins aux économiquement faibles génèrent un accroissement important du volume de soins. Il s’ensuivra une hausse immédiate des coûts dans les établissements publics alors que la hausse des recettes propres surviendra avec un délai inévitable. Il sera possible d’éviter une pénurie initiale de ressources en adoptant un plan de transition doté d’un fonds d’ajustement qui permettra aux établissements de réagir promptement aux changements de clientèle et de demande de soins.

3.6.3.2

L’organisation

Modifier les contraintes externes : règles et procédures actuelles de gestion dans l’administration publique

structures

administratives qui pour objectif de mettre en place un processus de décision et d’exécution rapide, les actions à entreprendre sont :

Dans le cadre de l’étude de définition sur

la

fonction

publique

et

les

Identifier les aspects organisationnels liés au secteur de la santé ;

Participer à la réalisation de l’étude de ces aspects ;

Mettre en place les recommandations nécessaires à la réussite de la démarche de réforme ;

Evaluer avec les autres partenaires les résultats ainsi obtenus.

Déléguer la décision de gestion

S’appuyer sur les régions, au fur et à mesure qu’elles seront opérationnelles, pour valider les plans d’organisation des services et de rehaussement des équipements.

Déconcentrer progressivement les fonctions de planification et de suivi des plans.

Mandater les régions et les provinces pour partager l’utilisation de certains équipements spécialisés, dont l’offre est limitée.

Réviser l ‘ensemble des fonctions du MS afin d’alléger les procédures de contrôle à priori, et les tâches d’exécution pouvant être dévolues aux établissements

Renforcer la fonction du MS dans l’élaboration de politiques de santé, l’allocation des ressources, la conception des systèmes d’information ; le MS devrait alors fixer les objectifs et exercer un rôle général de régulation et d’évaluation du système de santé.

Adapter le processus budgétaire, à partir de ce qui aura été retenu comme mécanisme d’allocation budgétaire et de partage des rôles de gestion financière opérationnelle entre le central et les hôpitaux.

Promouvoir un état d’esprit orienté vers l’initiative, la collaboration et l’esprit d’équipe

Créer au MS un comité de stratégie et des équipes de projets inter directionnels chargés de mettre au point les programmes d’implantation et les mesures d’accompagnement de la réforme.

Créer des liens permanents de communication entre le MS et la “ périphérie ” dans le cadre des activités liées à la réforme telles que :

la conception des plans d’organisation des services ;

la détermination des critères d’allocation des ressources ;

l’élaboration des plans d’effectifs ;

l’élaboration des plans d’organisation de l’hôpital ;

le développement des indicateurs de performance.

54

3.6.3.3 La gestion

Développer des compétences de gestion fondées sur la responsabilisation et la reddition des comptes

Sélectionner un groupe d’hôpitaux SEGMA pouvant faire partie d’un projet de rehaussement des compétences de gestion avec une délégation immédiate de pouvoirs pour favoriser un passage progressif à l’autonomie complète de gestion.

Elaborer un plan stratégique dans chacun des hôpitaux, décrivant la mission interne, les clientèles cibles, les résultats attendus sur 3-5 ans, les services ainsi que des liens de complémentarité avec les partenaires du réseau.

Accorder aux hôpitaux sélectionnés une délégation de pouvoirs et de signature leur permettant d’exercer progressivement une autonomie de gestion plus complète, et ce, en contrepartie de l’adoption d’un plan stratégique.

Assurer progressivement aux hôpitaux le soutien d’une équipe de gestion à qui on dispensera une formation sur les techniques et processus de gestion hospitalière.

Elaborer un plan type d’organisation pour chacun des hôpitaux selon la taille et en fonction des spécificités locales.

Départager les attributions entre la gestion des activités médicales et celles des soins infirmiers.

Créer d’autres structures internes consultatives telles un conseil ou comité de soins infirmiers.

Atteindre l’autonomie financière de l’ensemble des hôpitaux

Déterminer les coûts de revient des services et des acquisitions

Développer des unités de mesure pour établir les coûts unitaires

Introduire la notion de centre d’activités dans le rapport annuel

Elaborer pour chaque hôpital son plan de transition vers son autonomie de gestion. Convenir avec lui des objectifs à atteindre et des outils que le MS peut lui fournir pour le soutenir.

Prévoir, à l’intérieur de la structure, une véritable direction comptable et financière disposant d’une comptabilité générale, budgétaire et analytique.

Réformer les mécanismes de contrôle à priori, rendre les gestionnaires imputables et instaurer progressivement des contrôles à posteriori.

Instaurer le budget programme.

Mettre en place une gestion prévisionnelle du budget tenant compte du plan de développement de l’hôpital, et ce en étroite collaboration avec les services médico- techniques.

Rédiger des manuels de procédures administratives et comptables afin d’uniformiser les règles de gestion au niveau des hôpitaux et d’éviter la duplication des systèmes et pratiques en la matière.

Réviser la tarification et la nomenclature des actes

Trouver un terrain d’entente avec les mutuelles et compagnies d’assurances pour faciliter les remboursements des frais engagés au profit des assurés.

Améliorer l’utilisation des ressources humaines

Elaborer des profils de compétences pour tous les postes de responsabilité de chacun des hôpitaux.

Décrire les tâches des principaux postes dans chacun des hôpitaux.

Etablir un programme de formation sur mesure pour le personnel ayant un potentiel de compétence en gestion.

55

Contrôler l’évolution du ratio médecins/infirmiers, médecins généralistes/spécialistes.

Déléguer des pouvoirs de gestion des ressources humaines vers la périphérie dans le cadre des plans d’effectifs régionaux.

Adopter une stratégie de valorisation des ressources humaines pour chaque établissement (plans de formation, réorganisation du travail) afin de renforcer le sentiment d’appartenance, d’améliorer le climat de travail et de réduire les problèmes chroniques liés au manque de motivation et à l’absentéisme.

Mettre en place un plan de formation continue dans le domaine de la gestion des ressources humaines adaptée aux niveaux central et périphérique.

Etablir l’inventaire des postes et les créer par service et établissement en fonction du degré de décentralisation.

Développer et soutenir des efforts d’implantation de nouveaux modèles d’organisation des services et des soins dans les hôpitaux faisant partie du projet et distribuer le personnel en conséquence.

Favoriser les mécanismes de motivation en introduisant notamment une prime basée sur la performance.

Déployer des systèmes d’information en mesure d’aider à la prise de décision tant au niveau central qu’au niveau périphérique

Revoir l’organisation et les procédures.

Préparer un plan de diffusion du schéma directeur informatique et de déploiement d’infrastructure technologique et des systèmes d’information dans les hôpitaux.

Préciser l’architecture globale des systèmes d’information des hôpitaux, les modèles de traitement et les modèles de données

Préparer un plan type de déploiement des systèmes d’information intra hospitaliers

Préparer un plan de communication reliant les hôpitaux, les délégations et le ministère.

Préparer dans chaque hôpital le plan de déploiement des systèmes et des technologies d’information incluant le réseau de communication interne.

Améliorer le contrôle de la qualité des soins et des services

Etablir les normes relatives à l’amélioration des plateaux techniques, à la formation des ressources humaines et autres déterminants majeurs de la qualité.

Développer un système de contrôle de la qualité au niveau des hôpitaux, notamment en élargissant le mandat des commissions médicales consultatives.

Instaurer un système d’accréditation des hôpitaux sur une base obligatoire ou volontaire.

Prévoir des stages intensifs de formation sur mesure pour les médecins spécialistes et les gestionnaires d’hôpitaux qui auront à mettre en place ce système.

Fournir des équipements et des infrastructures de santé publique adéquats

Confectionner un plan directeur énonçant la mission et les besoins pour une période déterminée suivant la nouvelle carte sanitaire.

Compléter l’inventaire des établissements et des installations.

Augmenter le degré de précision des estimations des budgets de réhabilitation des hôpitaux.

56

Revoir l’organisation de la fonction maintenance de manière à favoriser le partage (entre plusieurs établissements) des ressources rares et coûteuses à l’échelle régionale ou nationale.

Poursuivre l’acquisition d’outils de gestion : inventaire, données de base informatisées, carnets de maintenance, formulaires de contrats, etc.

Mettre en place une organisation et des outils de gestion de la maintenance à l’échelle du réseau ( niveau de maintenance; structure et ressources humaines; sous- traitance; budget)

3.6.4 MODELE DORGANISATION TERRITORIALE : LA REGIONALISATION

Le renforcement du processus démocratique et le développement de la décentralisation a conduit l’Etat à la création des régions en tant que collectivités locales dotées de conseils régionaux élus auxquels incombe la charge de gérer directement les affaires de leur région. La décentralisation territoriale doit s’accompagner d’une déconcentration administrative des services de l’Etat, avec une reconsidération des missions imparties à l’Administration Centrale et une définition de celles devant être dévolues aux Services Déconcentrés. Pour que celle-ci se réalise, la volonté et le soutien du pouvoir central sont nécessaires.

En outre, l’élément humain administrative afin de répondre à :

devra être placé au centre de cette action de réorganisation

la nécessité de valoriser les ressources humaines dont dispose l’Administration et de permettre leur meilleur redéploiement entre l’Administration Centrale et les Services Déconcentrés ;

l’exigence du développement de l’information des administrés pour leur permettre de connaître leurs droits et obligations ainsi que les démarches qu’ils doivent accomplir;

des besoins réels de l’Administration par une utilisation rationnelle des ressources matérielles et humaines.

3.6.4.1 Organisation régionale des services de santé

L’organisation de structures régionales est orientée vers la réponse aux besoins de la population avec efficacité et efficience d’une part, et vers la répartition équilibrée des pouvoirs entre le niveau central, le niveau régional et le niveau provincial d’autre part.

Le modèle proposé d’organisation territoriale des services déconcentrés du Ministère de la Santé (voir figure n° 23) adhère au découpage administratif. Sur le plan structurel, la Direction Régionale créée dans chacun des chefs lieux de régions constituerait le relais entre les délégations provinciales et l’Administration centrale ce qui nécessitera la mise en place d’une Administration Régionale de la santé où la Direction Régionale sera investie d’une mission de représentant du pouvoir central au niveau de la Région.

Dans ce cadre, le directeur régional sera appelé à assumer un rôle de coordination et d’impulsion des services déconcentrés. Les délégués du département de la santé dans chacune des préfectures ou provinces composant la région demeureront seuls responsables directs de leurs services vis-à-vis de leurs gouverneurs et de l’Administration Centrale.

3.6.4.2 Les attributions des services régionaux de santé

Les responsabilités des services régionaux peuvent se résumer en trois grandes fonctions :

planification, gestion et santé publique. Par conséquent, les principales attributions du niveau régional seront :

57

Définition des besoins en santé de la Région dans le cadre des politiques de santé nationales.

Planification sanitaire régionale, surveillance et évaluation des programmes.

Coordination de toutes les activités sanitaires dans la région.

Emploi et encadrement d’une partie ou de la totalité du personnel de santé.

Formation en cours d’emploi.

Soutien logistique, notamment approvisionnement en achat groupé.

3.6.4.3 Réajustement des attributions des services provinciaux et préfectoraux de santé

Compte tenu des nouvelles attributions dévolues au niveau régional, celles des délégations provinciales et préfectorales devraient être réajustées comme suit :

Organisation et direction des services hospitaliers dans la province.

Gestion de tous les autres établissements de soins du secteur public.

Exécution des programmes de santé publique.

Gestion des budgets.

Coordination et supervision de tous les services de santé assurés dans la province.

Encouragement de participation des collectivités à la planification sanitaire locale.

Préparation d’un plan annuel de la santé.

Mobilisation de fonds locaux supplémentaires pour les projets d’investissement.

Formation en cours d’emploi des agents de santé.

58

Figure 23 : Projet d'organisation régionale des services publics de santé (Relations fonctionnelles avec l’environnement politico administratif)

CONSEIL DELEGATION REGIONALE DE LA SANTE GOUVERNEUR REGIONAL REGIONAL CENTRE COMITE DE HOSPITALIER COORDINATION
CONSEIL
DELEGATION
REGIONALE
DE LA SANTE
GOUVERNEUR
REGIONAL
REGIONAL
CENTRE
COMITE DE
HOSPITALIER
COORDINATION
REGIONAL
INTRA
COMMISSIONS
REGIONAL
PERMANENTES
COMMISSION
ENVIRONNEMENT
COMMISSION
SANTE ET
ASSEMBLEE
Délégation
Délégation
Délégation
GOUVERNEU
PROVINCIALE
provinciale
provinciale
provinciale
R PROVINCIAL
Comité
Technique
Provincial
Structure
Circonscription
Centre
d’appui au
sanitaire
hospitalier
Réseau SSB
provincial
Laboratoire d’Epidémiolog ie et d’Hygiène du Milieu Hôpital local Centre de santé communal avec lit
Laboratoire
d’Epidémiolog
ie et d’Hygiène
du Milieu
Hôpital local
Centre de santé communal
avec lit d’accouchement
Centre de
Référence pour
Centre de Santé Communal
la planification
familiale
Dispensaire rural
Centre de
diagnostic
spécialisé de la
tuberculose
Equipe mobile et itinérant

Source : DPRF, MS, Rabat, Maroc, 1999

CONSEIL

COMMUNAL

SOCIETECI

VILE

59

3.6.4.4 Recentrage des attributions de l’Administration Centrale

Les attributions de l’Administration Centrale de la santé seront recentrées comme suit :

Formulation de la politique de la santé, notamment des politiques applicables aux activités intra sectorielles et intersectorielles, et fixation des priorités nationales.

Elaboration des plans sanitaires nationaux et d’instructions pour la planification régionale et locale.

Allocation de ressources, notamment des dotations budgétaires pour les investissements et le fonctionnement.

Surveillance et évaluation de l’efficacité et de l’efficience du système national de santé .

Appui technique aux régions.

Contrôle de la qualité des produits pharmaceutiques.

Réglementation du développement du personnel de santé, y compris la formation.

Réglementation des organismes prestataires de soins de santé du secteur privé.

Encadrement/coordination des établissements de soins de niveau national et des instituts d’enseignement et de recherche.

Développement de la coopération bilatérale et multilatérale.

Coordination des diverses sources de financement de la santé.

Répartition rationnelle et équitable des fonds ou des subventions entre les régions et les provinces sur la base de critères fondés sur l’équité.

60

4 LES PROGRAMMES DE SANTE

61

Contenu de l'unité

4 les programmes de sante

4.1 Objectifs pédagogiques

4.2 Indroduction

4.3 Quelques définitions

4.4 Le programme de prise en charge intégrée de l'enfant

4.5 Programme de promotion de la santé

4.6 Programme de la maternité sans risque

4.7 Programme de planification familiale

4.8 Programme national d'immunisation

4.9 Programme de lutte contre les maladies diarrhéiques

4.10 Programme de lutte contre les maladies de carence

4.11 Programme de santé scolaire et universitaire

4.12 Programme de lutte contre les IST-SIDA

4.13 Programme de lutte antituberculeuse

4.14 Programme de lutte contre les infections respiratoires aiguës

4.15 Programme de lutte contre lèpre

4.16 Programmes de lutte contre les maladies parasitaires

4.17 Programme de lutte contre les maladies épidémiques

4.18 Programme de lutte contre les zoonoses

4.19 Programme de lutte contre la cécité

4.20 Programme de l'assainissement de base

4.21 Programme de l'hygiene alimentaire

4.22 Programme de lutte contre les vecteurs

4.23 Programme de surveillance epidemiologique

4.24 Lutte contre l'hypertension arterielle

4.25 Lutte contre le rhumatisme cardiaque

4.26 Lutte contre les cancers

4.27 Programme de lutte contre les maladies mentales

4.28 Programme de lutte contre les troubles dus a la carence en iode

4.29 La prevention et la lutte contre le diabete

4.30 Programme de sante bucco-dentaire

4.31 Programme de rehabilitation physique

62

4.1 OBJECTIFS PEDAGOGIQUES

Définir :

Programme

Programme national de santé

Objectifs, stratégie, activité de programme

Indicateurs de suivi

Citer les trois composantes de la prise en charge intégrée des maladies de l'enfant,

Rédiger pour chacun des 29 programmes sanitaires cités dans le document:

Les objectifs

Les principales activités et points clés de la stratégie de lutte

Les indicateurs de suivi

63

4.2

INDRODUCTION

Afin de répondre aux besoins de la population et faire face aux problèmes sanitaires, le Ministère de la Santé a élaboré une stratégie nationale et des plans d'action ainsi que des programmes sanitaires.

Le présent travail fournit aux formateurs et aux utilisateurs une référence de base qui leur sera utile dans l'exercice de leurs responsabilités.

Pour alléger le document et le rendre plus accessible aux consultations sur le terrain (aide mémoire), il a été structuré de la manière suivante :

Intitulé du programme

Objectif (s) du programme

Activités à réaliser pour atteindre les objectifs du programme

Indicateurs de suivi pour la performance du programme.

Le contenu du présent document est tiré du plan de développement social et économique du Maroc - Plan de développement sanitaire 2000-

2004.

Par conséquent les objectifs des différents programmes exposés dans ce document sont conformes aux données exprimées dans le plan en vigueur.

64

4.3 QUELQUES DEFINITIONS

Pour faciliter la lecture les membres du groupe de rédaction ont jugé utile de produire quelques définitions pour aider le lecteur dans sa lecture du document.

4.3.1 PROGRAMME 8

" Un programme est un ensemble organisé d'activités axées sur des objectifs et cibles bien définis et progressivement plus précis que les buts vers lesquels ils conduisent. Chaque programme de santé devra être assorti d'objectifs et cibles précis, et si possible quantifiés, qui soient en harmonie avec ceux de la stratégie sanitaire nationale. Le programme doit exposer clairement les besoins en personnel de santé, en installations, en technologie, en matériel et en fournitures, les méthodes de surveillance et d'évaluation, le calendrier des activités t les moyens d'assurer une corrélation entre ces divers éléments et les programmes connexes."

4.3.2 PROGRAMME NATIONAL DE SANTE 9

" Un programme national de santé est simplement l'ensemble coordonné des activités de tous les programmes de santé d'un pays. Cette expression s'est trouvée périmée lors de l'adoption des concepts plus larges que sont les stratégies et les plans d'actions. "

4.3.3 STRATEGIE 10

"La stratégie énonce les grandes lignes de l'action requise dans tous les secteurs en cause afin de donner effet à la politique nationale de santé, en indiquant les problèmes et les moyens de résoudre. La stratégie comporte généralement des programmes. "

4.3.4 OBJECTIF 11

Un objectif est le résultat final visé par un programme.

4.3.5 ACTIVITES 12

C'est l'ensemble d'actions et/ou de mesures à prendre pour atteindre l'objectif visé ou pris en charge.

Aussi c'est un terme qui couvre beaucoup de sens plus ou moins proches.

L'activité peut être définie comme action d'une certaine ampleur, appartenant à un domaine technique déterminé, dont l'exécution peut être confiée à une personne physique ou morale compétente, action considérée comme unique dans le temps et dans l'espace et, en conséquence non répétitive.

En planification le terme " tâche " est considéré comme synonyme de activité.

8 " Glossaire de la série " Santé pour tous " ; Volume N°1 à8 , 2dité par l'OMS ; Genève, 1984.

9 Idem 1

10 Idem 1

11 Idem 1

12 Idem 1

65

4.3.6 SUIVI 13

"Ensemble d'opérations consistant à suivre et à surveiller un processus.

Il s'agit d'une surveillance continue qui n'est autre que " le suivi permanent des activités auquel il est procédé pour s'assurer qu'elles se déroulent conformément au plan.

La surveillance continue permet de se tenir informé des réalisations, de suivre les mouvements et l'utilisation du personnel, de contrôler les fournitures et le matériel et d'apprécier les dépenses en tenant compte des ressources disponibles. En cas de défaillance, il est possible de prendre immédiatement des mesures correctives."

4.3.7 EVALUATION 14

" C'est l'appréciation systématique de la pertinence, de l'adéquation, de la progression , de l'efficience, de l'efficacité et de l'impact d'un programme de santé. "

4.3.8 INDICATEURS 15

" Sont des variables qui aident à mesurer les changements intervenus dans la situation

sanitaire directement ou indirectement et à apprécier dans quelle mesure les objectifs et cibles

d'un programme sont atteints ".

4.4 LE PROGRAMME DE PRISE EN CHARGE INTEGREE DE L'ENFANT

4.4.1 PRINCIPES

Stratégie visant à réduire la mortalité et la morbidité chez les enfants de moins de 5 ans en ciblant les principales causes et en utilisant des approches efficaces et efficientes.

4.4.2 OBJECTIFS

Réduire la mortalité

Réduire la morbidité.

4.4.3 STRATEGIES

Assurer une prise en charge correcte des enfants malades

Assurer la prévention et la promotion en vue de réduire la survenue des maladies

Agir sur la compétence du personnel de santé, l'efficacité du système de santé, l'implication des familles et des communautés

13 Idem 1

14 " Glossaire de la série " Santé pour tous " ; Volume N°1 à8 , 2dité par l'OMS ; Genève, 1984.

15 Idem 7

66

4.4.4 COMPOSANTES OPERATIONNELLES

Composante 1 : renforcement des compétences du personnel

Composante 2 : Amélioration du système de santé

Composante 3 : Amélioration des pratiques des familles et communautés.

4.4.5 PRINCIPES

Hiérarchiser les problèmes de santé : cibler les plus meurtriers

Avoir une approche santé publique : accessibilité à la plus grande majorité possible (physique et financière)

Utiliser des interventions curatives, préventives et promotionnelles dont l'efficacité est prouvée et en assurer l'efficience

Rationaliser les actions et les ressources : assurer la globalité et l'intégration et la continuité des soins

Impliquer les différents acteurs / structures : personnel soignant, système de santé, familles et communautés (organiser et coordonner)

4.4.6 DEMARCHE

1. Evaluer et classer l'enfant malade

1.1. Rechercher les signes de danger 1.2. Demander si l'enfant a l'un des problèmes prioritaires
1.1.
Rechercher les signes de danger
1.2.
Demander si l'enfant a l'un des problèmes prioritaires :
La toux ou difficulté respiratoire
Pour toute réponse
«OUI» demander,
rechercher, palper
La diarrhée
La fièvre
Le problème d'oreille
Signes
1.3.
Vérifier l'état nutritionnel
1.4.
Vérifier la supplémentation en vitamines
1.5.
Vérifier l'état vaccinal
CLASSER
1.6.
Evaluer les autres problèmes
ASSURER LA GLOBALITE
4.5 PROGRAMME DE PROMOTION DE LA SANTE

4.5.1 OBJECTIFS

Mobiliser les professionnels de santé autour d'un programme national d'Information, Education et Communication (IEC).

Rapprocher les citoyens marocains des services d'IEC

Développer une mobilisation sociale durable autour des principaux objectifs de santé.

67

Renforcer les capacités nationale et locale des services chargés de l'IEC.

4.5.2

ACTIVITES

Rationalisation et optimisation des ressources tant humaines que budgétaires.

Formation en techniques d'animation du groupe, en communication interpersonnels, et en utilisation des supports audiovisuels pour les professionnels santé.

Conception, production et diffusion d'émissions audiovisuelles et renforcement des relations avec les médias locaux et régionaux (radio, télévision et presse).

Mise en place des stratégies spécifiques dans les zones enclavées.

Equipement d'unités mobiles en vidéo projecteurs.

Productions de films pédagogiques pour les unités mobiles.

Décentralisation de la conception et la production des supports.

Modernisation des équipements de conception et de production des supports d'information.

4.5.3 INDICATEURS DE SUIVI

Taux de réalisation des activités programmées : Conception, formation, production, diffusion et équipement.

4.6 PROGRAMME DE LA MATERNITE SANS RISQUE

4.6.1 OBJECTIFS

4.6.1.1 OBJECTIFS GENERAUX :

Réduire d'ici l'an 2004:

la mortalité maternelle de 30%

la mortalité néonatale de 25%

certains états morbides secondaires à la grossesse, à l'accouchement et au post- partum

Atteindre une couverture prénatale et d'accouchement de 52 % ( 80 % en milieu urbain et 30 % en milieu rural ).

4.6.1.2 OBJECTIFS SPECIFIQUES :

Améliorer la qualité de prise en charge des femmes qui présentent des complications obstétricales et la qualité de soins au nouveau-né,

Elargir la couverture des soins obstétricaux d'urgence,

Améliorer la couverture vaccinale des femmes enceintes,

Diminuer la prévalence de la carence en fer chez les femmes enceintes et allaitantes,

Réduire le déficit en interventions obstétricales majeures par le recrutement et l'affectation du personnel compétent dans le domaine de la maternité sans risque,

Réduire le premier délai (retard de la prise de décision) par le renforcement de la sensibilisation de la population en matière de recours précoce aux services de santé en cas de complications obstétricales,

Améliorer la qualité de prise en charge des femmes enceintes et des accouchées au niveau des structures de soins de santé de base,

68

4.6.2 STRATEGIE

Pour parvenir à la réalisation de ces objectifs

il y a lieu de consolider et de renforcer la

stratégie de la maternité sans risque adoptée depuis 1995 par les axes suivants :

Amélioration de l'offre en matière de prise en charge de la grossesse et de l'accouchement par la construction, l'extension, la rénovation des structures d'accueil (maternités hospitalières formations du RSSB) ;

Dotation des structures de prise en charge en équipements nécessaires ;

Renforcement des compétences du personnel en technique d'accouchement et urgences obstétricales, et en gestion (approche d'équipe pour la résolution des problèmes) ;

Institution de l'audit pour les incidents critiques ;

Amélioration du système de référence, de contre référence et d'évacuation des urgences ;

Amélioration des conditions de l'accouchement à domicile ;

Intégration des activités de la santé reproductive

Assurer un appui par une stratégie d'IEC aussi large que possible.

4.6.3 ACTIVITES

Augmenter le nombre de structures qui offrent les soins de santé, équiper les structures qui manquent de matériel pour les mettre à niveau et mettre le personnel compétent dans ces structures délivrant les soins obstétricaux et améliorer les compétences du personnel déjà existant par une formation appropriée ;

Mettre une ambulance au niveau de chaque structure offrant les soins obstétricaux ;

Dotation des provinces en médicaments essentiels, en matériel technique et en supports opérationnels ;

Développer la stratégie d'IEC qui a pour objectif la sensibilisation des publics clés à l'ampleur du problème et à sa nature non fatale ; et elle englobe plusieurs activités afin d'atteindre les cibles intensifiées: décideurs, prestataires, et grand public ;

Etudes et recherches ;

Suivi et évaluations. Au cours de ces dernières années plusieurs supports opérationnels ont été mis à la disposition du personnel de santé qui visent la collecte et l'exploitation des données.

4.6.4 INDICATEURS DE SUIVI

Taux de mortalité maternelle.

Taux de mortalité néonatale.

Taux d'accouchement en milieu surveillé.

Taux de couverture par la CPN par milieu.

Taux d'intervention obstétricale majeure.

Nombre d'hôpitaux provinciaux équipés et ayant le personnel qualifié pour prendre en charge les urgences chirurgicales .

Nombre des ESSB et ayant le personnel qualifié pour assurer les accouchements

69

4.7 PROGRAMME DE PLANIFICATION FAMILIALE

4.7.1 OBJECTIFS.

Répondre aux besoins de la population en matière de contraception et consolider les acquis du programme et élargir l'accès aux populations rurales et suburbaines.

Développer les méthodes modernes de longue durée et améliorer la qualité des prestations et la gestion décentralisée du programme ;

Elargir la population cible aux hommes et aux jeunes afin de les sensibiliser et les préparer à l'utilisation de la planification familiale ;

Promouvoir la collaboration et la mobilisation intersectorielles et avec les ONG ;

Assurer la pérennité de la formation continue au niveau du terrain ;

Développer le dépistage et le traitement des Infections du Tractus Génital (ITG).

Intégration des prestations de PF dans les maternités et les maisons d'accouchement.

Atteindre une prévalence contraceptive nationale (PCN) toutes méthodes confondues de 63% dont 55 % par les méthodes contraceptives modernes;

Augmenter la prévalence contraceptive en milieu rural à 61,0 %.

Faire participer le secteur privé dans les activités de PF à un taux de 44 % .

Réduire les besoins non satisfaits de 16 à 10%.

Modifier la structure contraceptive en faveur des méthodes de longue durée.

4.7.2 PRINCIPAUX AXES D'INTERVENTION.

La consolidation des acquis.

La pérennisation du programme.

Le renforcement de l'utilisation des méthodes contraceptives de longue durée.

L'implication des couples et des jeunes.

L'amélioration de la qualité de la gestion et des prestations.

La prise en charge des besoins non satisfaits.

La collaboration intersectorielle, la décentralisation et la régionalisation .

4.7.3 ACTIVITES.

la formation et le recyclage de 1 300 cadres en techniques d'insertion de dispositifs intra-utérins et de la contraception chirurgicale volontaire et dans la gestion;

le développement des activités d'information, d'éducation et de communication décentralisée;

l'acquisition des produits contraceptifs ;

le renouvellement et le maintien du plateau technique ;

le renforcement du mode de couverture mobile ;

le renforcement des actions de l'implication du privé ;

l'appui au processus de décentralisation et de régionalisation ;

la participation aux actions du partenariat Sud-Sud ;

la réalisation des études, enquêtes et évaluations.

4.7.4 INDICATEURS DE SUIVI .

Année-couple-protection des femmes mariées en âge de reproduction 15-49 ans;

Prévalence contraceptive par milieu et par méthode;

Taux de participation du secteur privé;

Structure contraceptive.

70

Taux de satisfaction des besoins non satisfaits.

4.8 PROGRAMME NATIONAL D'IMMUNISATION

La surveillance épidémiologique a surtout porté sur l'amélioration du système de déclaration des maladies cibles, à savoir la tuberculose, la diphtérie, la coqueluche, le tétanos néonatal, la poliomyélite et la rougeole. Une chute spectaculaire de ces maladies a été enregistrée. Aussi, aucun cas de poliomyélite n'a été déclaré depuis 1990 et aucun cas de diphtérie depuis 1992 et le tétanos néonatal est en cours d'élimination.

4.8.1 OBJECTIFS

4.8.1.1 OBJECTIF GENERAL

Contribuer à la réduction de la mortalité infantile et infanto-juvénile.

4.8.1.2 OBJECTIFS SPECIFIQUES

Atteindre et maintenir une couverture vaccinale uniforme supérieur à 90%, par milieu (urbain, rural et périurbain) et par niveau d'intervention, chez les enfants de moins d'un an et chez les femmes en âge de procréer (1997/1998).

Eradiquer la poliomyélite.

Eliminer le tétanos néonatal.

Eliminer la rougeole d'ici l'an 2 005

Introduire d'autres vaccinations dans le calendrier vaccinale de l'enfant.

4.8.2 STRATEGIE

Renforcer le programme permanent

Développer la stratégie mobile au niveau des zones à haut risque et assurer une continuité des passages

Organiser des Journées Nationales de Vaccination dans le cadre de l'éradication de la poliomyélite et de l'élimination de la rougeole.

Assurer le maintien de l'élimination du tétanos néonatal.

Mettre en place la stratégie d'élimination de la rougeole

4.8.3 ACTIVITES

Amélioration des compétences du personnel en matière de gestion du programme et en surveillance épidémiologique.

Développement des activités I.E.C. en faveur de la vaccination

Introduction d'autres vaccins dans le calendrier vaccinal de l'enfant

Implication du secteur privé dans les activités de vaccination.

4.8.4 INDICATEURS DE SUIVI

Taux de couverture vaccinale par le BCG, le DTCP3, HB3 et la VAR

Taux d'incidence des maladies cible de la vaccination.

71

4.9 PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LES MALADIES DIARRHEIQUES

4.9.1 OBJECTIFS

Réduire l'incidence diarrhéique de 50 % .

Atteindre et maintenir un taux d'utilisation de la TRO (Thérapie et Réhydratation Orale ) de 80 % .

Atteindre un taux d'utilisation des S.R.O. de 50%.

Approvisionner 100% des formations sanitaires en S.R.O. et matériel nécessaire pour la réhydratation orale

4.9.2 ACTIVITES

Prise en charge correcte des cas se présentant au niveau des formations sanitaires .

Approvisionnement des formations sanitaires en S.R.O. et en matériel de réhydratation orale.

Formation et /ou recyclage du personnel de santé impliqué dans la L.M.D. en matière de prise en charge des cas de diarrhée.

Développement des activités I.E.C. en matière de prise en charge des cas de diarrhée et de prévention.

Développement des actions intersectorielles.

4.10 PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LES MALADIES DE CARENCE

4.10.1 OBJECTIFS.

Contribuer à la baisse de la mortalité et de la morbidité infanto juvénile.

Promouvoir un bon développement somatique et psychomoteur de l'enfant.

Suivre la croissance des enfants de moins de 2 ans par une pesée régulière afin de dépister et de prendre en charge au moins 80 % des cas de malnutrition et

développer l'éducation nutritionnelle et encourager les bonnes pratiques de sevrage.

Maintenir l'effort de promotion de l'allaitement maternel à tous les niveaux.

Maintenir la couverture par la vitamine D2 chez au moins 80 % des enfants de moins de 1 an .

Maintenir la stratégie de prévention de la carence en vitamine A chez les enfants de moins de 2 ans.

Mettre en place une stratégie de prévention de l'anémie par carence en fer chez l'enfant.

Mettre en place une stratégie de fortification de certains aliments de base par des

micro nutriments (fer , vitamine A

)

4.10.2 INDICATEURS DE SUIVI.

Taux d'utilisation de la TRO

Taux d'utilisation des SRO

Taux de malnutrition aiguë.

72

Taux de malnutrition chronique.