«If you are reading this

,
it means that you believe
in the power of a Smile»

Bienvenue
Bienvenue à cette lecture qui, nous le souhaitons, vous fera plonger dans l’histoire que nous
avons vécu. Cette aventure est née, s’est déroulée et continue avec une conviction basée sur une
seule maxime : « La paix commence avec un sourire ». Smile4Peace Trip, c’est l’aventure de jeunes
camerounais de tous les coins réunis pour apporter le sourire, ce reflet de la paix intérieure, à des
compatriotes qui en avaient grandement besoin. L’initiative est née entre deux personnes qui ont su
reconnaitre la connexion de leurs pensées via les réseaux sociaux, et désormais c’est un mouvement
qui appartient à tout citoyen concerné. Ce carnet
est voué à vous présenter la naissance de
Smile4Peace. Ainsi comprendrez-vous mieux ce
qui a motivé les uns et les autres à participer à
l’aventure, quelle était la contribution de chaque
participant, ce que chacun des membres de
l’équipe du voyage a vu, entendu et tenu à vous
raconter, et enfin ce que nous avons envisagé
pour que cette aventure, devenue une mission,
ne s’arrête pas en chemin. La structure du carnet
sauvegarde l’appréhension personnelle de
chaque contributeur, de sorte que le lecteur (et
peut-être futur SMILE DONOR) que vous êtes, ressente ce que le narrateur a ressenti, tel qu’il l’a
ressenti. Nous espérons que nos récits respectifs vous ferons ressentir le pouvoir du sourire.

Paterne Bissay

Vous Y êtes !
« Nous sommes venus, nous avons vu, nous avons souri »,
ainsi se concluait l’article publié sur DOUALA C’KOMENT (www.ckomentpublishing.com) au lendemain de la première visite
du camp de réfugiés près de Mora. Dans le cadre de ce voyage et de tout ce qui l’a précédé, chacun d’entre nous s’est investi
d’une mission collective (aller sur le terrain pour constater ce qui s’y passe afin de partager la réalité avec le reste du monde.
Au-delà de l’engagement collectif, il y’avait surtout une mission individuelle pour chacun des participants/aventuriers Quelle
que fut cette dernière, il est certain que le SMILE 4 PEACE TRIP aura permis d’initier le dialogue nos frères de l’Extrême-Nord
et Nous.
La Smile4Peace Team a apporté de l’espoir à la population de l’Extrême-Nord et en est reparti avec une expérience forte et
inoubliable. D’un point de vue plus personnel, chacun de nous a apporté un brin de sourire à ce beau monde et nous avons pu
constater de nos propres yeux combien l’espoir fait vivre. Je ne mesure pas encore l’ampleur de ce que nous avons vécu
là-bas, mais je pense que l’expérience a été au-delà de nos attentes. En définitive, le partage a été mutuel : c’est en donnant
que l’on reçoit. En apportant des sourires, nous en avons reçus et notre présence aux côtés des nôtres vaut définitivement
plus que les biens périssables que nous avons offerts à nos frères et sœurs sinistrés. Nos rencontres nous ont rappelé
l’importance des valeurs fondamentales de la vie que sont : l’amour du prochain, l’assistance aux nécessiteux, le service à la
communauté et l’humilité. C’est donc guidé par l’esprit d’échange et de partage que nous nous sommes engagés à vous faire
vivre notre aventure afin d’inciter ceux qui le veulent à se mobiliser. Notre philosophie du partage a donc inspiré le titre de ce
carnet : SMILE4PEACE : OUR WAY TO SHARE.
Nous partagerons donc avec vous, nos valeurs : une vision de la charité et de l’humanitaire. SMILE4PEACE : OUR WAY TO
SHARE relate l’aventure 4 étapes :
• Le déclic : La naissance de l’idée. Comment nous sommes-nous retrouvés embarqués dans cette aventure ?
• La Préparation : Cette partie présente tout ce qui a été mis en œuvre afin de réaliser l’objectif que Smile4Peace
s’était fixé. Les interventions des uns et des autres auront réussi à former un travail complet.
• Le voyage : Qu’avons-nous vu, entendu, ressenti ?
• Les perspectives : Que faire ensuite ? Quelles sont les prochaines étapes/actions envisagées ?
Puissent ces diverses narrations toucher les cœurs et inciter les âmes à agir contre ce mal profond, cette barbarie qui mine le
plus beau pays du monde, le Cameroun. Ces mots et ces images vous sont présentés par une quinte de citoyens concernés qui
ont fait le voyage au nom de nombreux autres et pour le salut de plus nombreux encore:
-

Kate Mouliom – France
Jesse Carlton Happy – Douala
Tito Valéry – Yaoundé (Crédits Photo)
Maurice Etoundi – Yaoundé
Paterne Bissay - Douala

Découvrez comment tout a commencé, la naissance de l’initiative et les
émotions qui ont guidé nos actions à tous.

Kate Mouliom :

Le déclic

Depuis Octobre 2014, les médias n’ont cessé de relayer les nombreuses attaques de Boko Haram perpétrées sur le
territoire camerounais. On savait déjà que ce groupe terroriste sévissait depuis plusieurs mois dans le Nord du Nigéria, mais
rien ne laissait véritablement présager qu’ils franchiraient les frontières du Cameroun pour attaquer des innocents.
Naturellement, j’essaye avec mes compatriotes de la diaspora de m’informer au maximum sur l’évolution de la crise
sécuritaire grandissante dans la région de l’Extrême-Nord. Premier détail choquant, très peu de médias locaux en parlent…
Les informations qui me parviennent sont surtout celles des médias de mon pays de résidence (la France). Plus le temps passe
et moins sont bonnes les nouvelles.
En Janvier 2015, peu après l’attentat meurtrier de Charlie Hebdo qui bénéficiait d’une intense couverture
médiatique, j’appris qu’il eut un massacre sanglant à Fotokol, faisant plusieurs centaines de morts. Le choc ! Des images
apparaissent sur la toile. Je réalise petit à petit et j’ai le cœur meurtri quand je tombe sur le témoignage audio d’un jeune
nordiste, narrant comment des éléments de BH sont arrivés chez lui et ont tués ses frères et sa mère à balles réelles. Je me
souviens encore de sa voix. Sur Twitter, la communauté de blogueurs camerounais avait déjà élaboré des visuels de soutien à
l’armée camerounaise et créé un hashtag à utiliser sans modération pour se faire entendre pour dénoncer ce qui se passait
chez nous. C’est avec beaucoup de ferveur que chaque jour, je tweete le hashtag #stopbokoharam #BHLeave. Des
rassemblements et des marches sont organisés dans les grandes villes du monde : Paris, Montréal, Milan, Washington… Tout
cela n’était point vain. Il s’avère que l’armée sur place est au courant de nos mobilisations. Mon cousin qui en fait partie me le
confirme lors de nos échanges sur la toile. L’Etat Camerounais se mobilise également pour garantir la sécurité dans cette zone
sensible. Et la population ? Qu’en-est-il ? Je savais sans même chercher à me renseigner, qu’elle était abandonnée à elle-même.
La priorité était de soutenir l’armée.
Un jour sur Twitter, je constate que Jesse Happy prend les rênes d’un compte communautaire, qui donne la parole
chaque semaine à un jeune Camerounais afin de le découvrir et d’échanger avec lui. Je connais déjà Jesse de nom, grâce à
toutes ses œuvres dans le caritatif. Je suis admirative de sa détermination et je demeure persuadée que nous pouvons
travailler de concert. Quand je l’aborde à travers ce compte, c’est uniquement dans le but de faire connaissance et si possible
de trouver une quelconque inspiration auprès de lui. La prise de contact se passe bien, nous parlons d’éventuelles
collaborations sans en définir les contours. Un samedi, le 07 février, j’écris à Jesse et lui demande ce qu’il pense d’un Smile
Charity pour les enfants du Nord Cameroun ? Il me répond : « Oui. Smile 4 Peace ! Tu sais pourquoi ? Parce que Mère Térésa a
dit : « La paix commence avec un sourire ». C’était le début d’une belle aventure…
Après s’être rapidement réparti des tâches, une semaine plus tard, nous décidons de lancer la campagne de
crowfunding sans crier garde. Nous nous fixons deux mois de campagne et un mois supplémentaire pour organiser un voyage
dans l’extrême-nord, pour remettre les dons collectés aux populations sinistrées. J’avais pour charge de gérer la collecte de
fonds et la communication sur la toile et Jesse était l’homme du terrain. Je tiens à souligner que la réussite de notre
collaboration a été au fait que dès le départ, nous avons été sur la même longueur et animés par la même motivation : venir
en aide à nos compatriotes victimes d’attaques terroristes.

Le déclic
Jesse Carlton Happy :
“If you are not part of the solution, you are part of the problem.” M. Gandhi
It had been over a year since Boko Haram started causing lots of damages in the Far North Region of Cameroon.
The most recent was at Fotokol which take away hundreds of lives. The social networks were going viral with tweets of
support and for some awkward reason, it made me feel useless. Useless because I knew I could do much more than a
tweet.
These thoughts crossed my mind round about the same time when I was releasing my book [The What Why and
How of CHARITY]. I was thinking about donating the revenues from my book, until I got in contact with an exceptional
lady.
Kate Mouliom contacted me via email congratulating me on the job done with CarltonSmile Charity throughout
the continent and said she would be glad to join the team someday. The introductions were made on twitter, conversation
started via mail and proceeded on whatsapp (digital generation indeed).
About a week after that introduction, she wrote to me saying “Maybe CarltonSmile Charity should do something
for the victims in the North”. – I think that was the statement which sparked the whole thing. We are usually open to all
ideas shared provided the person sharing the ideas has equally thought about a basic implementation plan.
We started brainstorming for about an hour or two then came up with a name which was SMILE4PEACE and a
week later, at about 6:49 PM on Saturday 14th of February 2015, the campaign was launched with a crowdfunding via indiegogo.
Why the name SMILE4PEACE ?
Ever since I founded CarltonSmile Charity, Mother Teresa has always been a spiritual guide to me and I did my
best to spread that energy to anyone we have collaborated with.
She says; Peace starts with a smile. Kate and I figured that if peace is truly what we want, then the campaign had
to place a special emphasis on the SMILE.
It would obviously be very difficult to smile in time of war, but like Dr. King says “you can’t fight darkness with
Darkness. We have to smile if our intention is to bring (back) the light.”
In the same vein, we didn’t want to say “Against….” Or “fight…..” because the very Mother Teresa says “Do not
invite me to an anti-war protest, invite me to a peace protest”. Fighting against one thing does not automatically indicate
that we are fighting “for” the same thing. We choose to focus on what we perceived as the solution.
So SMILE4PEACE was the term that was closer to our values. We substituted “for” with “4” to put an artistic
touch to the whole process. That was it, well though to the best of our capabilities. We had the idea of what we wanted to
achieve, why it was important and we had faith to figure out the “How” in the course of the journey.
“When you know your WHAT, your WHY will determine your HOW.” Mr. Africa

Le déclic
The mobilization :
SMILE4PEACE took about two months to really kickoff. At 20 days to the end, we had not raised 50% of the objective. I guess this is where the aspect of perseverance comes in. We had faith in the project, but I felt like nature was intentionally testing us to see how bad we wanted this. Kate and I kept
talking about it to the best of our capabilities. A couple of tweets
and Facebook post every day, word of mouth that brought it a few
dollars per week.
We were not the only ones that were thinking about a
solution. A group youth, who equally happen to be my very good
friends had started a group called “On est Ensemble”. The intention
was to bring together associations from Cameroon and the diaspora to equally figure out a solution for the North. They intended to
equally launch a fundraising and we thought it would make more
sense to join forces, which obviously brought an additional boost to the campaign.
Two months in the campaign, the heavens sent another angel to bring us the help we needed. Isn’t it amazing
that it was a woman (Kate) that brought up the idea of smile4peace and now again a lady that boosted the campaign?
Maybe Beyoncé was 100% right when she asked; who runs the world?
“When you empower a woman, you empower a man.” Andrea Bomo
Esta had been following the campaign from a distance on twitter. According to what she told when we kicked off
the collaboration, she was shocked that on one hand people were having useless debates on twitter, while all that energy
could be used in a more constructive way. This angel is the founder of an institution called MBOA URBAN MUSIC which
promotes local music and therefore has an interesting network of well-known artists. A network which turned out to be
extremely valuable for SMILE4EPEACE.
Just a couple of days after the tweets started increasing. I think more than 70% of the funds and awareness raised
came from that buzz on twitter. Our intention through this campaign was equally to enable the youths understand that twitter can be used for a positive impact. That same channel we use to mess around can be used to give a smile. It was really
amazing at some point to see how people took things personally and started calling for support.
I believe that the community really embraced the concept at some point because it went beyond the money to
be raised, and this is one of the reasons why I started CarltonSmile Charity. I had noticed how the human side was relatively
neglected. At the end of the day it is not the money that will make us smile, it is what we do with the money that matters.
It actually takes me back to the night when over 150 people tweeted a selfie of themselves with a smile. Imagine
all these people smiling for support. It obviously had an interesting impact on the figures, but for a moment, people across
the world (Even china tweeted) were in a positive state of mind.

Le déclic
The intention
As mentioned above, the intention was to overcome darkness with the light. There is no “little” light in
darkness. In a huge atmosphere of darkness, a candle can be
noticed 5 miles away and can easily take over darkness. We were
out to overcome tears with smiles.
Show our fellow people that the little resources we
have around us can be used for a positive impact.
The intention was to get up there and shake the
hands of our fellow people for them to understand that we
really have them at heart.
The intention was to keep the hope alive.
To show that together we can really do better.
To show that it is not about the amount of resources you have, but how well
you use what you have.
I am 23 years old and I had the audacity to lead a campaign that had an
impact on over 1000 people. To show that it is not a matter of age, but brains.
It is not about what you have in your pocket, but what you have in your
heart.

Paterne Bissay :
Je prends part à l’aventure parce que l’opportunité de satisfaire à ma curiosité se présente. Depuis le début de
la crise au Nord, à l’Extrême-Nord la plupart des informations qui me parviennent me semblent incomplètes. Les
commentaires faits autour de ces informations ne me semblent pas utiles à celui qui veut contribuer à un quelconque
changement. Les théories de complot pleuvent, l’indifférence de certains camerounais commence à naitre autour de moi,
nombreux considèrent que ce sont les problèmes des « nordistes » ou encore, une tentative de déstabilisation de notre
gouvernement depuis l’intérieur. Donc nous avons des commentaires de toutes sortes, pas toujours fiables, de sources
diverses et qui ont pourtant le dangereux mérite de ne susciter aucune réaction de la part de la population.

Le déclic
Nous croyons savoir ce qui s’y passe, et nous ne réagissons pas parce que le conflit semble
géographiquement lointain ; et ne concerne qu’une catégorie de personnes. Tout cela est-il vrai ? Il s’agit tout de
même de notre pays ! Aurions-nous eu la même attitude, nous serions-nous si peu sentis concernés si la
situation avait touché l’un de nos proches ? D’autre part, sur Internet, c’est un tout autre monde. Les médias web,
les réseaux sociaux, la presse étrangère relaient la crise au gré des informations qui leur parviennent. Sur Facebook ou
Twitter, on semble plus concerné que le camerounais lambda qui ne fréquente que très peu ces plates-formes. Il semble
en fait que ce soit une situation qui concerne plus les médias, et les blogueurs que l’ensemble des citoyens La réalité est
certaine : le pays est en guerre, en guerre contre un ennemi identifié, mais la population est divisée depuis certaines
opinions. Il y’a ceux qui souffrent
parce que subissent chaque jour
les exactions de Boko Haram et
ceux qui vaquent à leurs
occupations quotidiennes

Pourquoi
nous
sentons-nous
si
peu
concernés ? Savons-nous ce qui

se passe réellement dans ces
zones désormais classées extrêmement dangereuses ? Si nous le savions, comment réagirions-nous ? Que faut-il pour
que nous nous sentions concernés ? Et que ressentent-ils de leur côté ? Comment se sentiraient-ils se rendant
compte que nous ne sommes pas concernés par leur peine ? Sommes-nous réellement en sécurité nous aussi ?
Qu’est-ce qui empêche que la situation se dégrade et nous rattrape dans notre zone de confort ? Autant
de questionnements qui ne pourraient trouver réponses que dans une expédition au cœur des zones de conflit. Et voilà
que le Smile4Peace Trip se présente. Une chance, une opportunité d’aller toucher du doigt la situation et de savoir si
l’implication du camerounais lambda peut contribuer à changer quelque chose.

LA PRéPARATION

L’idée mûrie et le projet défini, il fallait ensuite tout organiser
et tout planifier. Bien que passionnant, ce n’était pas facile.

Kate Mouliom :
Au début du projet, les seuls moyens que nous avions à disposition pour lancer la collecte de fonds étaient
Internet et…Microsoft Word. Nous n’avions pas de budget ! Nous avons rédigé un dossier de presse que nous avons
ensuite envoyé à plusieurs magazines en ligne. La collecte de fonds était hébergée gratuitement sur une plateforme de
crowfunding. Nous avions à peu près des tâches similaires Jesse et moi : contacter les médias, parler de la collecte à nos
proches, nos amis, publier des messages d’incitation sur les réseaux sociaux. Les résultats après les deux premiers mois
n’ont pas été à la hauteur de nos attentes. Je me souviens que le 26 Mars, nous étions à près de $680 sur $3500
attendus. Nous demeurions néanmoins
déterminés à relever le défi/challenge. Le projet
intéresse de plus en plus de jeunes Camerounais,
notamment le collectif On Est Ensemble qui
s’était ardemment mobilisé pour sensibiliser les
jeunes d’Afrique et du monde sur les réseaux
sociaux, à propos de la crise sécuritaire qui
touchait non seulement le Nigéria et le
Cameroun mais aussi le Tchad et le Mali. D’autres
associations se joignent au projet, des anonymes
aussi. Du coup, d’autres moyens se déploient au fur et à mesure : publicités payantes sur Facebook pour avoir une plus
grande visibilité, création du site officiel de Smile4peace (www.smile4peace.com) par un généreux bénévole, la
mobilisation d’artistes et personnalités Camerounais par d’autres bénévoles, etc… La solidarité. Tel est le mot pour
décrit le véritable moyen qui permit de faire avancer le projet plus loin. Nous recevons aussi des conseils de nombreux
curieux sur les réseaux sociaux. Par leurs questionnements, nous ajustons le déroulement de la campagne. Nous
obtenons les photos des victimes sur place par l’intermédiaire d’un journaliste de renom et grâce à ces dernières,
certaines personnes perçoivent de plus en plus compris nos motivations et réalisent l’urgence de venir en aide à nos
compatriotes. La courbe de contributions grimpe de manière spectaculaire à partir du 3e mois.
L’autre challenge crucial durant cette campagne était de rapidement trouver un contact fiable dans
l’Extrême-nord, qui soit suffisamment proche des victimes. J’ai effectué plusieurs recherches sur Internet. C’est avec
beaucoup de stupeur que je découvre à travers un reportage, l’immense camp de réfugiés de Minawao, non loin de
Maroua. Visitant le site internet officiel du camp, j’ai pu avoir accès à bon nombre d’informations sur les besoins des
victimes, ainsi que les différentes ONG et associations caritatives qui s’y trouvent etc. Je charge donc Jesse d’entrer en
contact avec eux pour leur proposer une éventuelle collaboration.

LA PRéPARATION
Le 15 avril au soir, nous atteignons finalement 109% de fonds attendus. Plus de 500 personnes ont participé à

la levée de fonds. , Des jeunes Gabonais se sont également mobilisés. L’émotion, le sentiment d’accomplissement et de
fierté de voir une jeunesse si solidaire me submergèrent. J’ai eu la confirmation que la jeunesse africaine peu importe
qu’elle soit loin de son pays ou surplace, pouvait faire preuve d’unité à l’égard de son continent.
Un mois avant la fin de la collecte de fonds, Jesse avait réussi à trouver un contact au Nord après des recherches
ardues et plusieurs recommandations : Ibrahim Djagra, le président du conseil national de la jeunesse de l’Extrême-Nord.
Un excellent collaborateur qui a déjà accompli de nombreux projets dans la région en faveur des jeunes. Il a tenu le rôle
d’informateur sur la situation et sur les différents camps de déplacés. Dans une relation de confiance et après avoir établi
le budget ensemble, nous nous concertons pour qu’il se charge de l’achat des dons sur place. Il se porte également garant
pour être notre guide tout au long de notre séjour à Maroua.

Jesse Carlton Happy :
I have noticed how surprised people are when I tell them I did business studies and today the founder of a charity
organization. It is true that I currently have a profit generating activity, but CarltonSmile will always have a special place in
my heart. In The What Why and How of CHARITY, I talk about the fact that we love to place people in boxes. A designer
only draws, an accountant only counts and a dancer only dances. That might be the core activity, but it goes way beyond
that. Actually a passion is something whose energy is so strong that it cannot be limited to one activity. Jay Z doesn’t only
rap, Oprah Winfrey is beyond a TV/radio host, or Happy Jesse is not all about business and marketing. Actually, maybe I am.
“If your only goal is to become rich, you will never achieve it.” John D. Rockefeller
One of the major intelligence obtained from my degree was marketing. Contrary to popular belief, marketing is
not about selling a product, but selling an idea. The feeling you have when you wear a T-shirt from NIKE is not the same
when you wear a T-shirt from ADIDAS. They are both T-shirts, the material might slightly differ but it is not the same state
of mind. What dictates you choice when you need to buy water, a phone or even something as simple as a pen? It is the
power of marketing done beforehand that dictates our choice at that particular time.
I believe charity is about three fundamental principles; Love, care and share. I think in life and in our dear
continent, these are virtues we really need. What happened in the northern part of the country is a result of such virtues
being neglected. Hence with my marketing skills, I decided to sell that idea. We have been doing that over the past two
years and it has been an amazing journey.

LA PRéPARATION
Lots of people did what they thought they could only do if they had six figures. Lots of people were able to
grow, discover or re-invent themselves by applying the virtues of loving, caring and sharing through the foundation.
Once again that was the idea we intended to sell through SMILE4PEACE and with the 200 people that
participated and over 500 smiles that were initiated in the far-north region, I think we did well. During our stop at the
Mozogo camp, one of the ladies who lost her son and husband, told us that we have restored hope in her. She had seen
hell and now witnessing young people that travel through the country to bring them support makes her believe again.
Idea sold!
Bridging the gap :
Raising 2.600.000 FCFA was a big challenge, but embarking on a 26 hour journey to a region we had never
been to under an unstable atmosphere was another mighty challenge. I personally knew no one in the far North region. I
only friend I had that could be of help spent more time in Douala than any other place.
I have to admit that Kate and I were pretty scared
from the very beginning when we said we were going to
travel to Maroua. The Northern side of Cameroon has the
Adamawa, north and extreme-north regions. We use to think
that we would stop at Adamawa to send the goods, but as
time passed by and we got more informed, the courage grew.
We had to get a reliable contact up North to help us
organize the trip and we were lucky enough to get in touch
with another angel called DJAGRA Ibrahim (A man this
time). We got that recommendation from Roland KWEMAIN,
who is someone I trust maybe even more than myself. Roland
runs an institution called GoAhead Africa and each year they organize the Cameroon Leadership academy. It is basically
about selecting 100 young Cameroonians having a positive impact in their communities and bringing them together for a
four day training program to strengthen their leadership skills. Ibrahim was to take part in the academy, but
unfortunately, while he was on the road coming down to Limbe, his father died of a heart attack. His death was caused by
a shocking news about his son (The brother of Ibrahim) killed by Boko Haram.
Very sad indeed, but Ibrahim is a brave man. I have insane admiration for the man and I truly hope God continues
to grant him a lot of wisdom to keep on fulfilling the great mission he has here on earth.
The collaboration with him was fabulous. He had been in contact with the victims so he knew exactly what they
needed. He had good contacts in the army, so he assured and reassured our security to the very high ranks. He also
assisted us in purchasing all the stuff that we needed to donate. He is the man I call SMILE4PEACE hero.

LA PRéPARATION
Paterne Bissay
Lorsque je découvre l’initiative Smile4Peace, celle-ci est très avancée. Je viens d’intégrer la Synergie de la
Jeunesse Camerounaise (SJC) et c’est en son sein que je suis édifié à propos de ce en quoi consiste l’initiative qui est portée
par Jesse, au nom de plusieurs collectifs camerounais (On est Ensemble, SJC, Smile Charity etc.) Le crowdfunding est
terminé, l’itinéraire est tracé, les personnes à rencontrer sont connues et l’équipe du voyage est même constituée. Que
puis-je faire pour contribuer à cet élan de cœur, cette entreprise audacieuse qu’est le Smile4Peace Trip ? En réalité pas
grand-chose : j’arrive au moment où tout est déjà fait.

A 24h du voyage, le président de la SJC lance un appel, le représentant de la SJC est indisponible au dernier moment, il

faut quelqu’un pour le remplacer. C’est un heureux hasard pour moi, je vais pouvoir me rattraper et faire le voyage.
Beaucoup de gens disent qu’il y’a pas de hasard, moi je dis que le hasard est un processus de sélection qui prend en
compte des variables que les hommes ont omis.
Après un périple pour embarquer dans le train pour
Ngaoundere, je fais la connaissance du reste de l’équipe du
Smile4Peace Trip, une sorte d’équipe à la Prison Break (pour
ceux qui connaisse cette série TV, ils se retrouveront) avec
Kate , la Michael Scofield du groupe, elle a tout planifié dans
sa tête et s’est très vite vue emboiter le pas par Jesse en
quelque sorte l’Alexander Mahone, qui transforme les
pensées de Kate en réalité. Tito, le Théodore Bagwell à qui
aucun détail n’échappe. Maurice est le fidèle compagnon de
Tito et au regard du calme et de la forte concentration dont il
a fait preuve pendant tout le voyage, il pourrait être comparé
à un Lincoln Burrows. Et enfin moi-même, celui qui n’était pas
censé être là au départ, mais va bien devoir se faire une place
dans cette aventure ; donc je dirait Fernando Sucre.
Nous sommes rendus à Maroua et chacun sait ce qu’il a à faire pendant ce voyage. Pour moi qui ai intégré
l’équipe en retard, je me retrouve (d’abord par défaut) à faire ce que je fais le mieux dans le cadre de mon activité
quotidienne. Observer, questionner et proposer des idées. A la fin de la journée, mon rôle apparait plus clairement. Je vais
observer la population et les victimes, identifier leurs besoins, collecter leurs doléances et réfléchir à une solution pour
participer d’une manière pragmatique à leur sortie de ce calvaire.

LA PRéPARATION

A cette étape de l’initiative je commence
à me dire que le voyage n’est que le début d’un
élan de cœur et de main tendue qui ne devra
s’arrêter qui si tout revient à l’ordre. Parce qu’à ce
moment précis, il m’apparait clair qu’avec ce
voyage nous saurons désormais ce qui se passe
réellement dans la région et dans les villages
touchés, nous saurons donc quelle action nous
pouvons mener envers nos frères de la région.

Nous avons, d’ailleurs, le devoir d’inciter d’autres
personnes à se sentir concernées, car désormais,
nous savons comment elles peuvent aider. Alors il faudra rentrer et dire à nos compatriotes : Voici comment aider

les victimes, voici comment aider l’Extrême-Nord, comment aider le Cameroun.

LE VOYAGE
Le voyage arrive enfin, qu’allons-nous vivre, qu’allons-nous ressentir
mais surtout, comment vont réagir les personnes que nous allons
rencontrer ?

Jesse Carlton Happy :
I learned from an American billionaire that success comes from how well you do what you do when no one is
watching. SMILE4PEACE looks great on pictures and videos, but we really did put in doubles in the back ground.
The trip started off on a weird note because I had to actually abandon my traveling bag in an endeavor to
catch the train. It was just insane, but I guess that’s another story. Thank God we had a good night rest after 26 hour
journey and I think the first thing that caught my attention was the sound of the children playing in the morning. I live in
Douala and unfortunately you don’t really hear that
sound very often in big cities which are being invaded
by buildings. I wondered how amazing it was to feel
that much life in a region that has been affected by war.
I guess that the dark moments of our lives truly
contribute in actually bringing out the bright side of
things.
Team :
The outstanding team chemistry that reigned
throughout the trip, from Kate who flew all the way
from France to Christian in charge of our security was
just an amazing feeling.
We were all young people doing our best to
be the solution we want to see in the world. The healthy team obviously gave healthy results. It was inspiring to see how
these people were smiling. Even if they smiled for a minute, even if it was for an hour or even a day, I believe it was
worth it. Ever since I started CarltonSmile Charity, I have always gained more than what I have given. The more I give,
the more I receive from these people we do our best to uplift.
An icon :
It was equally striking during the first hour of our arrival in Maroua to notice at night the drawing of Samuel

Eto’o on one of the walls in the city center. He is someone that I admire for the credits he has brought to Cameroon.

LE VOYAGE
Patience
Douala to Maroua and back was a very long journey. One hour into our journey, I recall Kate looking at her
watch with a slight expression of impatience. We laughed at her because we were not even into 1/10th of the journey.
We got in real contact with patience. On a personal note, throughout the trip I hardly ever looked at my watch. I didn’t
try or even wish that we could go faster. I just enjoyed every single moment of it. The mission was ahead and if we had
to accomplish it, we had to accept the pain of time.
The destination of life is death, so why rush through life? Why wish that certain things happened faster when
it is eventually going to happen?
The smile4peace trip made us see simplicity, feel humility, kindness, sadness, idleness, frustration, smiles, joy,
but I think above all it made us discover Cameroon, or a side of Cameroon we had neglected for a long time.

Paterne Bissay :
Plus de 33h de voyage (avec de nombreux arrêts) sur 1378 km, c’est la plus longue distance que j’ai eue à
parcourir de ma vie dans un même pays, et c’est bien la première fois que je ne suis pourtant pas fatigué à notre arrivée.
Pas que je regorge d’énergie, mais je suis surtout très curieux pour la suite. Nous faisons la rencontre d’Ibrahim
Djagra, le président du conseil national de la Jeunesse du Cameroun dans la région de l’Extrême-Nord. Il
est originaire du Mayo-Sava et est très populaire dans toute la région. Les autorités administratives et les jeunes des
quartiers de toutes les villes de l’Extrême-Nord le connaissent ; il sera notre hôte, mais plus encore, il nous ouvrira les
portes qu’une personne lambda ne pourrait franchir en toute aisance. Il est accompagné de John, un chauffeur
expérimenté.
Après une nuit de repos et un bon repas, puis un petit déjeuner le lendemain matin, nous prenons la route pour
rallier Mora. Le premier camp que nous allons visiter est à l’entrée de la petite ville. Les vivres que nous devons remettre
aux déplacés sont à Mora, nous dépasserons donc le camp après avoir salué quelques résidents. La journée semble bien
commencer sur le sol aride et les routes de l’extrême-nord. Des huttes en terre battue de part et d’autre de la route et à
perte de vue, on pourrait s’y perdre, mais fort heureusement nous sommes accompagnés de John, un vrai GPS humain.
Au cours du chemin, Ibrahim refais l’itinéraire : Nous irons au Centre-ville de Mora nous assurer que les vivres et les
engrais sont prêts à être transférés au camp de déplacés, nous rencontrerons ensuite le Sultan du Wandala qui trône
à Mora comme guide spirituel, puis le chef traditionnel du village de Mémé et nous retournerons enfin au camp.

LE VOYAGE
Le sultan Boukar :
La rencontre avec ce grand homme est à la fois un voyage dans le temps, dans l’histoire et la découverte d’un
mode vie. Le sultanat existe depuis 1115 ans. Il date d’une époque où les territoires nigérians et camerounais ne
formaient qu’une seule contrée pour les peuples de la région. C’est donc une autorité qui a survécu au temps, à la
colonisation et qui a reçu le respect de nos autorités administratives, Le sultan Boukar est le guide spirituel de tous les
musulmans de la région et il a également gagné le respect des non musulmans.
Avec les exactions de Boko Haram sur
son territoire, les populations s’en remettent à son
intervention auprès d’Allah pour trouver une
solution et surtout pour avoir sa protection. Le
sultan affirme même que cette guerre se mène
aussi avec les prières, il est donc nécessaire de
confier la situation à l’être suprême. L’histoire lui
donnera sûrement raison car Mora n’a jamais été
attaqué. Il nous dit par ailleurs que les populations
en ce temps de crise meurtrières ont besoin de se
sentir aidées et soutenues.
Des actions telles que celles du Smile4Peace sont une bouffée d’air frais et une lueur d’espoir pour son peuple.
Elles sont donc à multiplier et à encourager. La campagne SMILE 4 PEACE n’a eu de réel impact que parce que nous
sommes allés à la rencontre physique des victimes. Elles ont été rassurées et encouragées, elles nous ont dit combien
notre visite et nos échanges leur ont rappelé qu’elles ne sont pas seules. Une expérience unique qui a renforcé la valeur
que nous accordons à la vie humaine, notre désir de soutenir toute modeste action en faveur de la consolidation de
l’Unité Nationale ou du renforcement du sentiment d’appartenance. De cette visite au sultanat du Wandala, je retiendrai
donc ces mots du sultan Boukar : « avec toutes les horreurs que le peuple vit ici, ils ont besoin de savoir qu’ils

ne sont pas seuls et que nous nous mobilisons pour leur venir en aide, c’est ce qui leur permet de garder
espoir ».

LE VOYAGE
Le camp de refugiés près de Mora
Le camp de réfugiés est situé sur les terres du chef traditionnel du village de Mémé, près de Mora. Les déplacés
viennent de plusieurs villages autour de Mora qui ont été attaqués. Ils ont eu la chance de se voir accorder le droit
d’occuper provisoirement cet espace. Ils doivent toutefois vivre dans des huttes faites de paille, d’à peine 2m² de
superficie, et ne pouvant pas résister au vent. Ces huttes sont souvent occupées par 10 personnes, voire plus. La saison
pluvieuse, une fois survenue, les ramènera à la triste réalité : Ils n’ont pas réellement d’abri. Ils n’ont pas non plus du pain
quotidien, et pire encore un gagne-pain. Nous avons eu la chance de rencontrer Yérima dans ce camp, il s’entretenait avec
Ibrahim, à qui il exposait avec beaucoup de détail la vie des déplacés. De nouveaux réfugiés arrivaient en compte-goutte,
les plus vaillants se rendaient à Mora, parfois à pied, afin de se chercher à manger. Il n’existe pas de point d’eau potable
dans les environs étant donné l’état désert et aride du camp, Les réfugiés ont tout abandonné dans les villages d’où ils
viennent. Certains ont perdu de vue des frères, sœurs et parents et ne savent pas où les retrouver. D’autres ont vu leur
famille se faire massacrer sans qu’ils ne puissent faire quoique ce soit. C’est encore plus pathétique de savoir que, de peur
de se retrouver privés de tout, certains préfèrent rejoindre les rangs des terroristes. La situation dans ce camp est
tellement désolante que je me suis presque senti coupable d’avoir eu un petit déjeuner ce matin-là. Notre mission était
d’apporter de l’espoir et surtout du sourire, cela a été bien plus facile que je ne pouvais l’imaginer.
Cela semble contradictoire, mais nous étions une attraction pour ces déplacés, et même une attraction plutôt
drôle. Tito s’amusait avec les enfants pendant que Yérima
nous faisait visiter le camp. Les enfants étaient pleins de
sourire, ils s’amusaient car ils avaient un compagnon de jeu,
quelqu’un qui suscitait leur curiosité, et qui leur faisait
penser à quelque chose d’autre que l’état de guerre. Ils
s’essayaient à des poses de mannequin devant l’appareil
photo de Tito, oubliant un instant dans quelle situation ils se
trouvaient. Leurs parents n’étaient pas moins ravis, avaient
juste plus de retenu. On pouvait voir à leurs regards qu’ils
voyaient en nous, avec nos T-shirts #Smile4Peace fièrement
arborés, un nouveau groupe d’amis. Les femmes qui
n’osaient pas vraiment nous approcher (probablement à
cause de leurs coutumes) se faisaient des commentaires tout
en souriant tandis que les hommes nous transmettaient par
le biais de Yérima et Ibrahim leurs remerciements.

LE VOYAGE
Ces brefs moments passés avec eux ont suffi à leur apporter le sourire, ils voyaient sûrement l’avenir sous de
meilleurs jours, ayant réalisé qu’ils n’étaient pas seul, et que des camerounais pouvaient venir de partout pour leur apporter
un soutien. Et au moment de partir, on se disait bien, ils ont souri, mission accompli, mais je me disais surtout, tant qu’on ne
le voit pas de ses propres yeux, on ne peut pas savoir ce que peut représenter un sourire pour une personne qui a tout
perdu. C’était juste à peine le premier jour, le premier camp. Il y’avait encore des choses à voir et à faire. Du retour à l’hôtel
ce soir- là je me retrouvais en train de rédiger à la demande de Jesse, le premier article de ma vie. Et bien que la rédaction
ne fasse pas particulièrement partie de mes aptitudes, c’était plutôt facile, il y’avait tant à dire.
Le camp de Mozogo
Le second jour sera le plus pénible de tous. Il fallait
se rendre dans le village de Mozogo, après la ville de Mokolo.
A quelques kilomètres de ce village se trouvait un autre
camp de déplacés, bien plus peuplé que celui que nous
avions visité la veille. Le voyage était plus long, mais grâce à
l’expérience de la veille, nous étions mieux préparés. Nous
nous sommes arrêtés dans le village de Mozogo où nous
avons rencontré le Lamido en place et Ibrahim en a profité
pour lui rappeler l’objet de notre présence. Le Lamido nous a
fait donc asseoir et a fait venir les chefs représentant chacun
village dont les populations s’étaient réfugiées au camp.
Je crois bien que ce fut l’un des instants de forte
émotion de notre voyage. Les chefs appelés ne sont pas venus seuls, ils étaient accompagnés de quelques déplacés. Etant
donné la densité du camp, nous avions convenu de remettre les dons du Smile4Peace aux chefs, dans le village, ils se
chargeraient par la suite de les redistribuer une fois rentrés au camp.
Pendant qu’Ibrahim présentait une fois de plus l’équipe représentant le Smile4Peace, une dame tint absolument
à prendre la parole. Elle s’exprima pour dire [et elle disait parler au nom des autres aussi], qu’avec les attaques de Boko
Haram dans son village, elle avait vu la cruauté de l’homme et avait perdu tout espoir en la vie. Voir son mari et ses enfants
se faire tuer est l’une des pires choses qu’une personne puisse vivre. Elle ne pensait plus pouvoir voir en l’être humain une
once de bonté, jusqu’à ce que nous arrivions. Selon elle, le fait que nous venions de loin et que nous n’ayons pas besoin de
la connaitre, de les connaitre tous pour agir signifiait que malgré son expérience, son jugement sur l’homme pouvait
changer. L’être humain n’est pas foncièrement mauvais. Autant il y’en a de cruels, autant on en retrouve de bons.

LE VOYAGE
Personnellement, avant ce jour-là, je n’avais pas mesuré vu à quel point un geste de compassion ou de générosité
pouvait transformer une vie. Je le supposais, je l’imaginais, mais ce jour-là je l’ai vu. L’espoir fait réellement vivre et il faut en
donner chaque fois qu’on le peut. Et ce jour-là, sans être des héros, ni des surhommes, nous avons donné de l’espoir à
plusieurs de nos frères et sœurs. Nous avons donc décidé de symboliser cet espoir par les bracelets « Smile Donors » qui pour
l’occasion furent distribués aux femmes et aux enfants.
Nous avons ensuite fait un tour dans cet autre camp pour rencontrer tous ceux qui n’avaient pas pu nous rejoindre
dans la cour du Lamido. Ce camp était bien plus grand (en
nombre de huttes) que celui de la périphérie de Mora, mais
les conditions de vie étaient les mêmes. Ils se préparaient
pour la saison des pluies en recouvrant leurs minuscules
huttes de gaines plastiques transparentes. La précarité était
à son comble. Les chefs avec qui nous avions discuté dans la
cour du Lamido revinrent nous trouver dans leur camp, ils
tenaient à nous remercier une fois de plus, mais par leur
propre voix. Nous avons visité le camp sur pratiquement
toute son étendue, et nous avons pris le soin de laisser au
passage les couleurs du
Smile4Peace,
avec
l’espoir qu’un jour elles
rappelleront que les
camerounais se sont montrés solidaires de leurs compatriotes de l’Extrême-Nord, et plus
encore, qu’ils l’ont manifesté. Mais la journée n’était pas terminée, nous sommes
retournés à Mokolo et nous avons rencontrés les Lamibés en place. Ils tenaient à nous
rencontrer car Ibrahim avait annoncé notre passage dans la ville. Nous nous sentions un
peu privilégiés d’être attendus par des autorités de la région. Ils tenaient aussi à nous
remercier, mais surtout à nous encourager dans notre action, ce qui signifiait qu’il ne
faudrait pas s’arrêter là. Le Lamido de Mokolo nous a fait part de la situation qui prévaut
dans la ville depuis le début de la crise : Les activités douanières à la frontière se sont
arrêtées, certaines activités commerciales aussi. Les jeunes, désormais oisifs car n’ayant
plus d’activité ou voyant leurs parents démunis, deviennent des délinquants. La ville de
Mokolo a connu son premier cambriolage domestique (vol perpétré dans un domicile)
depuis plus de 7ans.

LE VOYAGE
En résumé, les exactions de Boko Haram ont des conséquences sur tous les aspects de la vie et provoquent de
nouveaux problèmes. Il est donc urgent d’agir pour ramener l’ordre et le calme dans la région. Une visite de musée, puis
de tribunal coutumier et une séance photo plus tard, nous étions de retour à Maroua avec le sentiment d’une mission
accompli, mais surtout avec une nouvelle mission : Rapporter les cris des
opprimés à la portée de ceux qui peuvent leur tendre la main. Et surtout
s’assurer que cette main soit tendue.
Le lendemain, c’était le 20 Mai, le plan de Jesse avait
fonctionné, aller manifester la solidarité et la compassion à nos
compatriotes pendant la fête de l’unité nationale. Une certaine
symbolique qui permettait aux personnes comme moi de savoir enfin ce
que signifie : l’Unité Nationale, au-delà des discours politiques : une réalité
dont notre peuple a plus que jamais besoin.
C’était aussi le dernier jour avant le retour à nos vies
quotidiennes, une raison pour prendre quelques souvenirs matériels de la
ville de Maroua. Nous nous sommes donc rendus au marché de l’artisanat,
non loin de la zone où sera perpétré le premier attentat de cette belle ville,
sept semaines plus tard.
Nous sommes rentrés chacun chez soi sachant pourtant que ce
n’était pas terminé, être témoins d’une histoire implique que l’on ait
sa pierre à poser dans l’édifice de sorte que l’histoire continue de
s’écrire

Kate Mouliom :
Le Smile4peace Trip a été une étape cruciale du projet. C’est à ce moment que nous devions donc accomplir ce
qui nous avait motivés depuis le début : redonner du sourire à nos frères et sœurs de l’Extrême-Nord du
Cameroun. Au tout début du projet, je n’avais absolument pas prévu de faire le voyage jusqu’au bout. Mais un mois après,
étant complètement immergé dans le projet et le voyant prendre forme, j’ai estimé que je me devais d’aller sur place. Ça
m’a d’ailleurs servi d’argument fort lors de la campagne. Cela semblait plus rassurer les gens quand je leur disais que je
comptais remettre en main propre les dons aux victimes.

LE VOYAGE
Je suis arrivée à Douala le 15 Mai. Le lendemain je prenais déjà le bus pour Yaoundé, le point de départ pour
Maroua. L’équipe était constituée de 5 personnes : Jesse, Tito, Maurice, Dante (Ndlr Paterne) et moi. Nous nous
sommes donné rendez-vous à la gare ferroviaire de Yaoundé à 18h. Le départ du train pour N’Gaoundéré était à 19h10.
A 19h, nous n’étions que trois (Tito, Maurice et moi) et les portes du train se refermaient déjà. C’était l’heure
d’embarquement. Nous ne pouvions plus faire marche arrière. Les dons collectés à Douala et à Yaoundé (des vêtements,
des confiseries, des cartons de savons, etc…) avaient déjà été enregistrés. Nous avions tant attendu ce moment. Alors
nous trois, embarquions dans le train. Quelques minutes après, nous étions installés à nos places. Le train a démarré.
Une petite crainte se lisait dans nos yeux. L’équipe n’était pas au complet. Nous fîmes tout de même connaissance et on
essayait de se remotiver comme des grandes personnes. L’instant d’après, on aperçut de loin Jesse et Dante arrivés.
Personnellement, je croyais rêver. Nous nous sommes mis à rire et à pousser des cris de joie. C’était la première fois
après 3 mois d’échanges quotidiens que je rencontrais Mr. Africa (Ndlr Jesse). Notre parcours du combattant
commença donc dans la joie et le plaisir des retrouvailles. Il y avait une bonne ambiance dans le train.
Nous arrivâmes le lendemain autour de 9h du matin. Après quelques heures d’attente, nous nous remettions
en route vers 14h mais cette fois-ci en bus à destination de Maroua. Il y avait moins de confort mais nous nous
rapprochions de plus en plus de notre objectif. Nous finîmes par arriver vers 22h. Ibrahim et le chauffeur qu’il nous avait
dégoté nous attendaient déjà sur place. L’accueil fut très chaleureux. Malgré la fatigue, nous étions heureux de
rencontrer enfin notre interlocuteur depuis plusieurs semaines. Nous fûmes rapidement conduits à l’hôtel.
Le lendemain, Lundi le 18 Mai, nous étions déjà en route vers Mora à une heure de Maroua, pour visiter un
premier camp de déplacés. Ibrahim avait déjà fait livrer une partie des dons sur place. Durant le trajet, j’étais stupéfaite
des magnifiques paysages décorés de montagnes rocailleuses et de vastes champs secs et arides, de petites cases
groupées en terre battue et avec des toits en paille, typiques de la région. Des paysages qu’on n’a pas l’habitude de voir
dans le sud du pays.
Nous arrivâmes enfin sur le camp. C’était pour ma part, la première fois que je visitais un camp. J’avais déjà eu
quelques images du camp de Minawao sur lequel étaient jonchées des centaines de tentes bien alignées. Je fus
choquée de voir un camp qui n’en était pas un vraiment mais un champ dont le propriétaire a généreusement donné
accès aux déplacés pour qu’ils puissent s’y installer. Des petites cases faites de pailles, s’étendaient un peu partout sur ce
champ. Nous fûmes présentés aux déplacés par Ibrahim. Il leur présenta les dons et exhorta les patriarches à gérer
convenablement la distribution et la gestion de ces dons. Ensuite, nous parcourûmes le camp. On y retrouvait des cases
minuscules abritant des familles de 12 personnes en moyennes (parents et enfants) Il n’y avait aucune installation
électrique, quant aux sanitaires, ils étaient les plus rudimentaires que j’ai connus. Enfin, avant de partir, nous prîmes
quelques photos de familles. Les enfants étaient heureux et souriaient volontiers pour la photo. Mission accomplie :
nous avions redonné le sourire aux enfants, à nos frères et sœurs.

LE VOYAGE
Mardi 19 Mai, le scénario était un peu différent. La remise de dons se fit
dans une grande place de Mozogo qui est aussi à une heure de Maroua. Une ville
proche de la frontière du Cameroun et du Nigeria. Des chefs de Mozogo et des villes
voisines atteintes par les exactions du groupe terroristes étaient rassemblés. Les
femmes étaient assises sur le côté. Les dons étaient déjà sur place. Après les
présentations, le chef de Mozogo prit la parole pour nous remercier et nous raconter
la situation critique qu’ils ont dû vivre ces derniers mois. Une femme demanda
ensuite à prendre la parole. Cela était inattendu. Elle nous remercia et nous raconta
comment elle avait vu son mari se faire tuer sous ses yeux. Une phrase qui me marqua : « Après avoir vécu cela, j’ai arrêté
de croire en l’homme. » Elle nous dit qu’elle ne pouvait plus imaginer qu’aujourd’hui qu’il existerait encore des Hommes
bienveillants comme nous et elle en était heureuse et reconnaissante. Son
témoignage me fit réaliser que les femmes aussi vivaient au milieu de cette
guerre. Je vis le regard de ces femmes assises au sol, remplis de peur,
d’incertitude et de désespoir. Nous décidâmes de distribuer les bracelets « Smile
Donors » avant de partir. Nous leur avons demandé de considérer cela comme
un objet symbolisant notre solidarité. Qu’à chaque fois qu’elles regarderont ce
bracelet, qu’elles se rappellent qu’il y a des gens qui pensent à elles et qui prient
pour elles. Qu’elles ne perdent pas espoir. Des sourires se dessinèrent peu à peu
sur leurs visages. Tito et Maurice les immortalisèrent avec leurs appareils
photos.
Après la visite des camps, nous avions fait un tour dans les locaux de l’association de jeunes bénévoles
collaborant avec Ibrahim. Le président de cette association, Gabriel Ekogo, nous avait d’ailleurs assistés tout au long de
notre visite. L’association a pour but de faire des campagnes de sensibilisation sur la crise sécuritaire dans la région
auprès des populations et particulièrement les jeunes. Elle les incite à ne pas céder à la panique ni à l’intimidation de
l’ennemi. Au-delà de cette situation même, il existe également une précarité dans la région qui pousse les jeunes à la
délinquance et l’oisiveté. Gabriel et Ibrahim projettent de créer des opportunités qui permettront à ces jeunes de trouver
un emploi, en se faisant accompagner de potentiels investisseurs et entrepreneurs qui pourraient venir dans
l’Extrême-Nord.
Les deux journées ont été enrichissantes. J’étais surtout réjouie de voir ce projet aboutir. Nous avons redonné
le sourire, passer des messages de soutien, donner un peu à manger, de quoi se vêtir et se soigner. Ma surprise a été
encore plus grande de rencontrer d’autres jeunes Camerounais qui se démenaient sans relâche pour améliorer la vie de
nos compatriotes. Cela motive à avoir un regard tourné vers le pays et d’avoir espoir que les choses iront mieux.
Seulement si nous restons solidaires et unis.

LES PERSPECTIVES
La Smile4Peace Trip Team est de retour,
mais qu’envisager désormais, face aux réalités que nous avons vécu ?

Paterne Bissay :
A mon retour du Smile4Peace Trip, la plupart des personnes que je rencontrais me posaient la même la
question : « Qu’est-ce que tu es même allé faire au nord ». Cette question est facilement posée par ceux qui pensent que
ce qui se passe à Kolofata, Fotokol, Mozogo, Kourgui et autres villages de l’Extrême-Nord, et plus récemment à Maroua,
ne concerne que les populations de ces régions. C’est le Cameroun tout entier qui est touché, et même si certains savent
qu’il faut agir pour changer ça, ils ne savent pas comment procéder. L’équipe du Smile4Peace Trip peut désormais
répondre à trois questions : Qu’est-ce qui se passe réellement là-bas ? De quoi ont besoin nos compatriotes ? Et
comment pouvons-nous les aider ?
C’est une situation d’insécurité maximale qui prévaut dans les zones frontalières, mais fort heureusement,
notre précieux Bataillon d’Intervention Rapide fait front les solutions ne sont pas seulement militaires. Il ne suffit pas
d’éliminer toutes les factions armées, il faut redonner de la vie à la région, ceci ne nécessite pas une fonction militaire.
A la question : De quoi ont besoin nos compatriotes, nous répondrons ceci : Sur un plan physiologique, Ils ont
besoin de vivres, de soins médicaux. Sur un plan psychologique, ils ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas seuls, ils n’ont
pas demandé à vivre cette horreur. Mais il ne suffira jamais de faire parvenir des vivres et des médicaments aux déplacés
pour que la situation change. Nous pouvons faire beaucoup mieux : Les zones de forte insécurité sont connues de tous
les résidents (zones rouges). Ceux qui se retrouvent dans les camps ne peuvent pas retourner chez eux, mais ils peuvent
générer des activités dans le nouveau refuge. Ces hommes dans les camps représentent une forte main d’œuvre agricole
pour les zones où ils sont réfugiés, des terres sont non cultivées à perte de vue. Ils ont donc besoin de semence et
d’engrais. Ceci étant coûteux, ils n’arrivent pas jusqu’ici à s’en procurer. Il va de soi que si un camp de réfugiés se
transforme en grande plantation, il naitra des attitudes de vigilance et de préservation des acquis qui provoqueront et
amèneront une sécurité naturelle dans le zone cultivée. Cette zone bénéficiera de l’attention de tous ceux qui profitent
de cette nouvelle activité (producteurs, revendeurs, consommateurs) et ils pourront par ailleurs bénéficier de la
protection militaire qui continue de s’accroitre dans la région. L’intention est déjà dans la nature (pour copier Jesse),
mais il nous faut encore agir.
D’autres part, nous savons qu’il y’a des âmes dans la région sur lesquelles nous pouvons compter dans la
région pour assurer un vrai lien entre tous ces nécessiteux et ceux qui veulent bien aider. Ibrahim Djagra en est une, il a
les clés de la région, il peut rencontrer et faire rencontrer toutes les autorités compétentes.

LES PERSPECTIVES
Grâce à son rôle bien assumé de président du conseil national de la jeunesse de l’Extrême-Nord, mais aussi grâce
à sa popularité auprès de toutes les couches de la population. Il peut mobiliser les ressources dont tout volontaire aura
besoin pour apporter sa contribution. Toucher cet homme revient à toucher tous les nécessiteux, l’équipe du Smile4Peace
Trip en a eu la preuve.
Mais plus projeté encore, il faut dire que la situation actuelle dans l’Extrême-Nord de notre pays peut changer si
en plus de combattre l’oisiveté des populations meurtries, des campagnes de sensibilisation pour le rappel à l’unité
nationale peuvent être multipliées. Celles-ci sont actuellement menées par une ONG en place, SOS HUMANITAIRE, dont le
président, Gabriel ne ménage aucun effort. Ibrahim et lui présentent respectivement l’un aux autres comme étant « un gars
sûr », et je confirme, ces sont des gars très sûr. Elles sont importantes parce qu’elles permettent d’avoir un dialogue
régulier entre les populations et les potentiels contributeurs. Un peuple qui se sent écouté est plus enclin à écouter aussi.
S’ils sentent que leurs besoins sont pris en considération par les autres, ils seront plus disposés à croire que l’unité
nationale, et surtout l’unité de tout le peuple face à Boko Haram permettra de faire un grand pas en avant vers la paix. Et
enfin à la sortie de ce voyage, Jesse et Ibrahim ont décidé d’implémenter une idée qu’ils ont appelé « SN Program » ou
encore « Programme Sécurité Naturelle »

Kate Mouliom :
Le dernier jour de notre séjour à Maroua, autour d’une table avec
Ibrahim, nous avons discuté des perspectives de ce projet. Je me suis
rendue compte de l’immensité de la région de l’Extrême-Nord, encore
suffisamment inexploitée tant du point de vue des ressources minières que
du potentiel humain. Il y a des milliers d’opportunités qui profiteraient à
tout le monde : l’investisseur et les populations. Un programme a été
imaginé par Jesse et Ibrahim : le SN Program ou le programme de sécurité
naturelle. Il consiste à motiver et à former des jeunes afin qu’ils puissent
sortir de l’osiveté et de leur situation précaire avec leur famille. A l’heure
actuelle, nous cherchons des donateurs pour réaliser ce projet. Je ferais
personnellement partie de l’équipe formatrice en mettant à profit mes
compétences. J’espère de tout cœur que d’autres seront inspirés et nous rejoindront dans la même initiative.

LES PERSPECTIVES
Jesse Carlton Happy :
When the crises began, I recall lots of people saying we shouldn’t abandon the north, but I believe we
abandoned it long before Boko Haram came around. Every time someone around me said “I’m going to the North”, the
response was usually “What are you even going to do over there?” with such an under graded tone. Growing up, I really
thought the North province is a region that is not worth the trip. There is nothing good over there. You know what they
say? Neglect your wife and ….. It is time for us to reconnect with the upper side of our country, a region with an
outstanding potential. It is time for us to bridge that Gap. Boko Haram got in because they seduced a young person that
was idle. Someone not doing anything, not looking forward to anything, not having anything and hence open to
everyone that could offer him a little bite of hope. Sad, but that’s the reality.
On the other hand, for a very long time the youths of the North waited for their fulfillment to come from
others, or should I say, from the South. It is almost the same mentality youths have in the main cities. A culture of waiting
that everything should come from the government. The government is a stabilizing and supporting institution. It
supports what is created and stabilizes what is growing. How do you expect to support someone that hasn’t created
anything? It is doesn’t have to be a company, but we can all initiate something. I am not saying that the government
should or will support everyone that starts something, but I am saying that we should learn to take care for ourselves,
before expecting anything from anyone (even our parents).
SN program
It is in this line that we have thought about a program called “SN” meaning “Sécurite Naturelle”. It has to do
with training a group of youths in Maroua that are already running an activity. We empower them with marketing,
management, IT and leadership skills to enable them take their activities to the next level. Once the know-how is
transferred, we then proceed to searching for funds that will be aimed at boosting 10 projects in the region. Priority will
be granted to economically viable activities that will directly or indirectly involve at least 10 people.
This will create at least 100 jobs over the first year. Every person will therefore want to protect the activity
which feeds him and his family. If each of the 100 youths seeks to protect their activities and family, then this will result
to a city protected, not by the guns, but by the people.
“It takes a village to raise a child.” African Proverb
Piece of the puzzle
This is just my little idea, this is just a piece of the puzzle. It takes a couple of hands to build a house. It takes
passion to build a nation. Contributing to change is nothing extraordinary. Like Mother Teresa says “We can only do little
things with great love.” Focus on what you do best, focus on your passion and ask yourself how that can be used to solve
problems of your society.

SMILE4PEACE TRIP TEAM
Ingénieure en informatique résidente en France, elle a le cœur bien enraciné
au Cameroun. Elle a comme principaux centres d’intérêts l’écriture, la musique, l’éducation,la culture
camerounaise et africaine. Cette aventurière, curieuse et solidaire s’intéresse et touche à tout. A travers
SMILE4PEACE, elle a posé sa première action humanitaire et marque ainsi sa détermination à œuvrer pour
son pays.

Kate
Mouliom

Ses surnoms (Mr Africa, Le Dale Carnegie Africain), acquis de ses différents travaux témoignent
d’une notoriété dont il jouit déjà au sein d’une communauté camerounaise en plein mouvement.
Diplômé en management de la Midrand Graduate Institute en Afrique du Sud, Jesse est un coach de
développement personnel, mais aussi un entrepreneur (CT Consulting) et Bénévole (Carlton Smile Charity)
qui a mit la charité et l’amour de son continent, l’Afrique, au centre de ses actions.

Jesse
Carlton

Vidéaste indépendant et artiste musicien amateur, Maurice est un passionné de son art. Il collabore
avec plusieurs médias en leur fournissant au gré de son courage et de son professionnalisme les images
les plus parlantes qu’il peut produire. Smile4Peace n’était pourtant pas sa première expédition dans la
région de l’Extrême-Nord, mais il a fait le voyage afin de contribuer tel qu’il sait le faire le mieux à la
campagne.

Maurice
Nseng E.

Journaliste culturel, artiste photographe, producteur, coach de développement personnel et même
professionnel de l’évènementiel, Tito a engrangé une forte expérience dans le domaine des médias,
de l’art et de la communication. C’est un travailleur acharné qui sait pourtant allier loisir et expertise.
C’est d’ailleurs ainsi qu’il démontre sa passion dans son travail. Toutes les photographies prises lors de ce
voyage sont le résultat de son oeil avisé et de sa technique.

Tito
Valéry

Consultant en stratégies marketing et technique de gestion, c’est un bénévole dans l’âme. Diplômé de
l’Université de Yaoundé 2, puis de l’Institut Universitaire de Technologie de Douala, il est l’un des promoteurs d’un cabinet conseil en Ingénieurie Financière et Stratégies Marketing. Paterne s’intéresse aux actions
humanitaires depuis ses années de collège. Passionné de musique et de plusieurs cultures à travers le monde
(d’où le pseudonyme de Dante), il a développé la plupart de ses compétences dans des mouvements associatifs.

Paterne
Bissay

«Merci d’avoir consacré votre temps à cette lecture»
Pour plus d’informations ou si vous souhaitez
contribuer à notre action, contactez-nous :
Web : carltonsmilecharity.org / smile4peace.com / sjc-online.com
GSM : +237 695 385 040/+33 06 62 84 72 82/+237 699 049 353

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