Vous êtes sur la page 1sur 2

20° Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques et de

l’Armement

Conférence N° 24 «les changements climatiques et la prévention des risques»


Date : 12/03/2010
Conférencier : M. Jacques MANACH, Directeur Météo France Sud-Est

1-Points forts de la conférence à retenir


Emanation de l’Organisation Météorologique Mondiale et du Programme des Nations Unies pour
l’Environnement, le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) fut créé en
1988.
Il se décompose en trois groupes, dédiés à :
• état de la recherche scientifique,
• analyse de l’impact des changements climatiques,
• recherche de moyens visant à atténuer les risques liés au changement climatique.
Un rapport est émis tous les 6 ans, le dernier en date est de Novembre 2007.

Changement climatique
Le GIEC constate le réchauffement climatique dès 1990, et indique dès 2001 que l’activité humaine est
clairement le principal contributeur.
Ce réchauffement peut se quantifier de façon très simpliste de la façon suivante, pour la France, et pour 100
ans (20ème siècle) : augmentation de la température de 1°, élévation du niveau de la mer de 15 cm, diminution
de la couverture neigeuse de 5%, augmentation du nombre de jours de forte chaleur.
Par contre, on note : une stabilité de la pluviométrie, avec toutefois une augmentation des pluies en hiver et
une diminution en printemps et été, la stabilité des pluies diluviennes, et, contrairement à une idée largement
répandue, pas d’augmentation des épisodes extrêmes.
Les courbes montrent que les années les plus chaudes depuis 1900 sont les années les plus récentes.

Le phénomène s’explique par l’effet de serre : le dioxyde d’azote, le méthane, les halo carbures, le protoxyde
d’azote, tous gaz liés à l’activité humaine, « réfléchissent » le rayonnement thermique de la terre. Les
contributeurs les plus importants sont le dioxyde de carbone et le méthane, ces gaz conduisant à un rejet de
carbone dans l’atmosphère largement excédentaire par rapport à son absorption par les océans et par la
végétation, touchée par la déforestation. Le bilan se chiffre à un excédent de 11 Milliards de tonnes par an.
Certains phénomènes naturels modifient aussi le climat, comme la position de l’axe de rotation de la terre.
Mais les constantes de temps se chiffrent ici en milliers d’années, non pas en dizaines d’années. A noter
toutefois le cas d’une éruption volcanique majeure, qui peut modifier le climat dans un délai très court.

Fondation Méditerranéenne d’Etudes Stratégiques


Association de préfiguration

04 94 05 55 55
Le GIEC a analysé plusieurs scénarios, et retenu comme le plus probable le scénario dit « A1 », qui prédit
que les choix politiques vont continuer à favoriser l’économie, au détriment de l’environnement. Ce qui
conduit à une augmentation de la température, au cours du 21ème siècle, dans une fourchette [1.8°C ;4°C].
Cette augmentation est plus élevée dans l’hémisphère Nord que dans l’hémisphère Sud, et plus élevée sur les
terres que sur les mers. En schématisant, à partir de 2040, le climat observé en été 2003 devrait devenir la
norme estivale, et les Alpes du Nord devrait avoir l’enneigement des Alpes du Sud.
Une des grandes incertitudes demeure l’évolution de la température des océans.

Prévention des risques


Météo France émet une carte de vigilance depuis Octobre 2001. Sa granularité est le département, et sa pro-
fondeur est de 24 heures. La liste des phénomènes dangereux s’est enrichie avec le temps. Par exemple, la vi-
gilance « canicule » date de 2004, faisant suite aux 15000 morts observés lors de la canicule de l’été 2003.

Faisant suite, notamment, aux événements de l’hiver 2010, un risque « vagues » va être ajouté en 2011. Ulté-
rieurement, un risque « incendie » devrait lui aussi voir le jour.

Noter qu’il existe une carte européenne des risques, accessible par Internet.

D’autres surveillances, plus ciblées, et ne touchant pas l’ensemble des populations, existent. Par exemple : la
surveillance des cendres d’origine volcaniques le long des routes aériennes.

2-Intérêts pour le thème de la session « La sécurisation de l’espace maritime méditerranéen »


Bien dommage d’avoir eu une présentation très centrée sur la France. Les auditeurs devront donc extrapoler
à l’espace méditerranéen.
La présentation montre les risques liés au changement climatique, lui-même lié à l’activité humaine.
L’hypothèse retenue par le GIEC est un développement de nos sociétés privilégiant l’économie. Les pays du
Sud étant moins réglementés que ceux du Nord, leur contribution au réchauffement climatique en sera
d’autant plus important. Etant plus vulnérables, ils seront de même plus impactés que leurs voisins du Nord.

3-Remarques
Deux remarques :
• Il aurait été intéressant de faire une loupe sur les conséquences de l’évolution climatique sur le pourtour
méditerranéen,
• Quel scénario devrait-on adopter pour éviter, ou limiter, le réchauffement climatique ? A combien de
tonnes de gaz à effet de serre doit-on se limiter? Impacts sur notre économie ?

Rédacteur : Philippe Crébassol, CNES Toulouse

Fondation Méditerranéenne d’Etudes Stratégiques


Association de préfiguration

04 94 05 55 55