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La nature de la monnaie

Selon la thèse la plus répandue, la tendance générale de l’évolution monétaire va dans le sens
d’une dématérialisation croissante, selon une perspective historique unilinéaire. La monnaie
serait l’instrument fondamental de l’amélioration des échanges depuis le troc originel. À
l’heure actuelle, la valeur intrinsèque de la monnaie est devenue un non-sens (carte
magnétique = morceau de plastique + puce magnétique).
C’est l’invention de l’effet de commerce (titre de créance fondé sur une opération
commerciale et transmissible par endossement) qui marque les débuts de la tendance à la
dématérialisation de la monnaie, puisque les paiements différés sont ainsi autorisés et se
substituent, fort bien, à la monnaie divisionnaire ou à la monnaie-papier.

Aujourd’hui toutefois, cette thèse est largement remise en question. Le recours à une monnaie
dématérialisée n’est pas l’apanage des sociétés dites « développées », cette conception
unilinéraire de l’évolution de la monnaie doit donc être mise en question. Par ailleurs, dans
nos sociétés, on assiste à l’heure actuelle à des retours (ponctuels certes) à des formes
premières de monnaie, voire au troc (exemple des SEL, « Système d’Échange Local »).

Époque Inventions Norme monétaire Base de la valeur


Préhistoire Lingots de métal
Antiquité Marchandises (sel, Emploi sous forme
huile, blé, bronze, de marchandises
électrum…)
VIIe siècle av. J.-C. Pièces de métal (avec
poinçon) en Lydie
(Asie mineure)
XIVe siècle Billet à ordre
(chèque)
1656 Billets (première
émission par la
banque de Suède)
Jusqu’à la fin du Métaux précieux (or Rareté des métaux
XVIIIe siècle et argent)
XIXe siècle Monnaie-papier Confiance et
(billets de banque convertibilité
convertibles et
virements)
XXe siècle Billets Confiance et
inconvertibles, dématérialisation
virement et cartes
magnétiques
XXIe siècle Cartes magnétique,
virement bancaires
via internet
Quelques éléments sur les composantes actuelles de la monnaie

1. La monnaie fiduciaire (monnaie « matérialisée » ou manuelle)

La dénomination de monnaie "fiduciaire" (fiducia = confiance) vient du fait que sa valeur


faciale, est supérieure à sa valeur "réelle", mesurée par le poids de papier ou de métal (pièces
et billets n'ont aucune valeur sui generis) : c’est une monnaie à laquelle on fait confiance, de
fait.

- La monnaie divisionnaire
Elle est composée de pièces (émises par le Trésor Public et frappée à l’Hôtel de la Monnaie,
en particulier à Pessac, dans le cas du feu, « Franc Français »). On parle de monnaie
"divisionnaire", car elle permet de régler des achats de faible valeur.
- La monnaie-papier
Elle est composée essentiellement de billets émis par la Banque Centrale.

2. La monnaie scripturale (monnaie dématérialisée)

La monnaie scripturale (de scriptura = écriture en latin) est constituée par l’ensemble des
inscriptions dans les comptes en banque. Elle circule d'un compte à un autre par simple jeu
d'écritures, manuelles ou électroniques, grâce à des supports tel que le chèque, le virement, la
carte magnétique.
Cette forme de monnaie est majoritaire dans les pays développés bien que difficilement
cernable. Les dépôts dans les banques étant soit à vue (c’est à dire immédiatement utilisables)
soit à terme (bloqués pendant une certaine durée).
La monnaie est donc a priori, un actif accepté par des agents sur un espace donné, en
règlement d'une transaction ou extinction d'une dette. De ce point de vue, l'or, symbole de la
monnaie marchandise, parce qu'il n'incarne aucunement une dette (d'où sa qualité de valeur
refuge, en période de crise majeure), peut être considéré comme le parangon de l'actif réel.
Mais s'en tenir à ce type de définition est réducteur, dans la mesure où la monnaie est aussi un
passif : toute créance d'un individu sur un autre, est fondamentalement une dette de ce dernier
vis à vis du premier. Par voie de conséquence, la monnaie incarne une dette, en particulier
des agents bancaires envers les agents non bancaires : la notion de confiance est donc
primordiale (cf. notion de liquidité).