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LES PROJETS PATHOLOGIQUES

Petit essai de diagnostic sur les causes et les conditions de développement des
projets bâclés
Introduction
Vitale, Socrate, ...peut-être ces noms résonnent-ils à vos oreilles comme ceux de
projets de longue haleine, au parcours difficile et auxquels la presse s'est
intéressée à cause des obstacles qu'ils ont rencontrés ? Pour autant, personne ne
vous a jamais vraiment expliqué les causes profondes de ces difficultés.
Sans même citer des projets publics, vous avez sans doute un jour entendu
parler dans votre entourage d'un chantier ou d'un système qui ne donnaient pas
entière satisfaction ; de ces projets à rallonge, au développement compliqué, un
peu saccadé et dont l'histoire s'est noyée au milieu d'autres contingences, sans
que personne ne sache vraiment en reconstituer le parcours et analyser les
raisons des problèmes rencontrés.

Peut-être encore êtes-vous un chef de projet averti ayant toujours réussi ses
projets et curieux de connaître ce que vivent d'autres aventuriers moins avisés
qui - noyés jusqu'au cou dans des projets devenus des cauchemars - ne se
rendent même plus compte du degré d'anormalité dans lequel ils évoluent.

Si donc vous souhaitez comprendre ce qui se cache derrière un projet bâclé et
quels ressorts humains en font le lit, ces quelques pages vous sont dédiées.

Mais attention, ce site ne prétend en aucun cas expliquer les exemples
mentionnés au début de ce chapitre, ni même les cataloguer dans la typologie
des projets qui nous occupe ici : leurs noms ne sont en effet cités que pour leur
renommée. Tout ce qu'on pourrait en dire avec certitude d'ailleurs, c'est que leurs
détails demeurent encore assez obscurs,...en particulier aux yeux des
contribuables.

Il s'intéresse plutôt à cette catégorie générale de projets qui - lancés sur la base
de délais et de budgets bien précis - aboutissent à des résultats généralement
médiocres au prix de dépassements importants. Et lorsque les résultats s'avèrent
(finalement) satisfaisants, on les présente triomphalement comme des succès, en
passant soigneusement sous silence le fait qu'un résultat bien meilleur aurait pu
être obtenu à moindre frais et en moins de temps. Ces projets sont regroupés ici
sous le nom générique de projets pathologiques.

Cet exposé s'occupe presque exclusivement de projets développés en interne,
c'est à dire dans lesquels le client ou l'utilisateur final font partie de l'organisation
qui lance le projet (cas d'un système informatique qui serait développé pour les
besoins du contrôle de gestion de la société par exemple) ; ce qui n'exclut
évidemment pas la possibilité d'avoir recours à des fournisseurs externes
(prestataires ou sous-traitants) pour certaines parties du projet. Cependant, le
lecteur pourra facilement constater que les hypothèses et les conclusions
auxquelles nous arriverons dans ce cas de figure peuvent presque toujours
s'appliquer à d'autres typologies de projets, que le client final soit "interne" ou
"externe" à la société.

En outre, le projet pathologique étant toujours le résultat d'un environnement qui
souffre de dysfonctionnements, nous retiendrons cette définition pour englober
aussi bien le résultat (le projet pathologique) que le milieu dans lequel il voit le
jour (l'environnement pathologique).

Enfin, les auteurs n'ayant pas l'ambition d'être exhaustifs, il va de soi que toutes
les contributions qui permettraient d'enrichir le contenu de cet exposé seraient
les bienvenues.

Et si, comme nous le souhaitons, vous allez au bout de ce parcours, vous pourrez
constater que la gestion de projet ouvre des horizons bien plus vastes qu'un
terrain limité à de simples considérations méthodologiques.

Car un projet est toujours le reflet de la façon dont un individu, une organisation
ou une société humaine, envisagent et préparent leur avenir. Et les projets
bâclés, les projets mal nés qui n'en finissent pas d'être lancés, les projets à
complications, dans leurs manifestations multiples et riches de
dysfonctionnements, peuvent en dire beaucoup sur la santé et donc l'avenir des
acteurs qui les initient, les imposent ...ou les subissent. L'expression “projets
pathologiques” ne correspond donc pas dans notre esprit à un simple effet de
style.
es projets pathologiques constituent généralement une exception dans les
organisations, de même que les malades ne forment pas la majorité de la
population dans une société humaine viable.

Cependant, outre le fait qu'étudier les “exceptions" peut en apprendre beaucoup
sur l'état général d'une société, refuser de les analyser sérieusement reviendrait

à adopter en pratique la position d'un médecin qui ne s'occuperait que des
patients en parfaite santé, sous prétexte que les malades sont...des exceptions.

Or, si la littérature et les associations spécialisées en gestion de projet abondent
de conseils, de méthodes et d'outils indispensables pour réussir les projets, on
reste plus souvent sur sa faim lorsqu'il s'agit d'analyser pour quelles raisons
certaines organisations ont tant de mal à appliquer des procédés pourtant
largement reconnus et diffusés.

L'objet de ce site n'est donc pas de visiter ou de revisiter les méthodes
incontournables ou les best practices reconnues en gestion de projet. Son objectif
est plutôt d'étudier les cas dans lesquels ces méthodes - aussi bonnes soient
elles - ne sont d'aucun secours et les raisons pour lesquelles certaines
organisations y sont décidément imperméables.

Pourquoi ces organisations vivent-elles le fait d'appliquer des méthodes
confirmées comme un élément de perturbation ? Pourquoi y résistent-elles avec
détermination ? Et qu'est-ce qu'une telle résistance peut révéler d'elles ? C'est à
ces questions que nous allons essayer de répondre.

Sans prétendre détenir LA vérité, ce parcours doit donc d'abord nous servir à
mieux comprendre ou à découvrir ce qui se cache derrière une matière qu'on
prétend réservée aux initiés.

LES SYMPTOMES LES PLUS VISIBLES DES PROJETS
PATHOLOGIQUES (1/2)
PREAMBULE
Si des mots tels que chef de projet, utilisateurs, maîtrise d'ouvrage, maîtrise d'oeuvre, ou
recettage, ...ne vous sont pas familiers, commencez de préférence par le chapitre Quelques
termes de base illustrés par un exemple (retour assuré). Ce petit passage lexical vous permettra
d'ailleurs de constater que nous avons tous fait un jour de la gestion de projet sans le savoir
(comme monsieur Jourdain pratiquait la prose à son insu) et que les règles de réussite en la
matière sont assez semblables d'un projet à l'autre, quelle qu'en soit la typologie.
Dans le cas où vous en sauriez assez, vous pouvez passer à l'analyse directement.

LES SYMPTOMES LES PLUS VISIBLES DES PROJETS
PATHOLOGIQUES

il éprouvera un certain malaise devant la succession étrange de phénomènes désordonnés et incohérents propres à ces processus. Si le descriptif mis en exergue de cette page est un bon résumé du déroulement involutif d'un projet pathologique.. Désenchantement. mais le désordre dans lequel ils se mêlent et s'entremêlent.). on peut sans trop se tromper.. Nous serons donc amenés très souvent au cours de cette analyse à examiner en même temps les symptômes. C'est généralement dans ce deuxième cas. Panique.  soit. Ces symptômes. Récompense du Non-impliqué INTRODUCTION Analyser le déroulement des projets pathologiques n'est pas chose facile : non pas que les symptômes soient rares : ils sont au contraire d'une richesse infinie . Tout individu plongé brutalement dans un environnement pathologique a en principe deux solutions :  soit il s'adapte sans trop se poser de questions et adopte les comportements (pathologiques) exigés par son environnement. les causes de ces symptômes et leurs conséquences les plus directes dans l'organisation. il exige cependant quelques explications pour ceux qui n'auraient pas la chance d'être des initiés en la matière. Punition de l'Innocent. un peu moins souple. que les symptômes listés ici lui apparaîtront comme anormaux (comme quoi la notion de normalité ne dépend que d'une plus ou moins grande capacité d'adaptation à son environnement. Introduction  Un désintérêt marqué des utilisateurs pour le projet  Un enchaînement de tâches et de décisions désordonné pour un résultat médiocre  Des dépassements de coûts et de délais "en cinémascope  Le silence des organes de contrôle  Le partage des responsabilités Les différentes phases d'un projet selon J-L Gassé : Indifférence Ignorance Enthousiasme. les regrouper sous les constantes suivantes : UN DESINTERET MARQUE DES UTILISATEURS POUR LE PROJET . l'incohérence et l'absurdité de leurs manifestations ne permettent pas d'en faire facilement un compte rendu rationnel et ordonné. Recherche du Coupable. en les considérant comme normaux .

on peut donc aboutir dans un tel cas à une entente ou à une complicité de fait entre un responsable de projet pressé et des utilisateurs indifférents. dans ces cas là. leur rôle consiste pour l'essentiel à décharger les utilisateurs de toute responsabilité dans les projets qui les concernent. Lorsqu'un projet va mal. Dans les projets pathologiques.. UN ENCHAINEMENT DE TACHES ET DE DECISIONS DESORDONNE POUR UN RESULTAT MEDIOCRE .. L'organisation. est que la phase de définition des besoins. Ces utilisateurs de leur côté sont très souvent occupés à des tâches opérationnelles récurrentes qui ne leur permettent pas facilement de fonctionner en “équipe projet” et rien dans leur environnement (hiérarchique en particulier) ne les y encourage . que les chefs de projet soient des théoriciens convaincus de la non participation des utilisateurs. ils savent d'instinct que la seule attitude sûre à adopter et de ne surtout pas tremper dans une nouvelle aventure.sans être justifiables .. qu'ils considèrent comme trop "bêtes" ou trop "incompétents" pour pouvoir participer à des projets "trop innovants pour eux". Et dans les processus pathologiques.s'expliquent comme suit : Le chef de projet pour des raisons que nous analyserons plus loin considère que l'intervention des utilisateurs est effectivement une perte de temps et il n'est pas prêt à entamer un processus de concertation qui risque d'être beaucoup plus long que ce qu'il a prévu au départ . tout l'art du management consiste à confier à Monsieur X une tâche que Madame Y saurait mieux faire et vice versa. Il peut même arriver. qui est une phase essentielle dans les projets. nous avons souligné à partir d'un exemple simplifié l'importance de la participation des utilisateurs finaux dans les projets. Ces personnes portent des noms divers allant de celui d'organisateurs à celui d'assistants à la maîtrise d'ouvrage. dans les cas pathologiques aigus. La conséquence de tout ce qui précède. Enfin. il suffirait de le leur installer sans perdre de temps et sans "en faire des tartines" (attitude dite du « y'a qu'à faut qu'on »). quel intérêt peut-il bien avoir à s'en occuper ? Les utilisateurs peuvent aussi avoir déjà fait l'expérience de projets bâclés et considèrent avoir “suffisamment de problèmes comme ça avec les produits qu'on leur a déjà livrés pour ne pas en rajouter avec de nouveaux projets”. L'expression des besoins sera en conséquence incomplète et bâclée. je n'y vois aucun intérêt et je n'ai pas de temps à y consacrer! Derrière cette position apparente se cachent bien d'autres considérations qui .Dans le chapitre Quelques termes de base illustrés par un exemple. est très souvent confiée à des personnes déléguées qui ne sont pas réellement compétentes et ne connaissent les besoins des utilisateurs que de façon superficielle ou sur la base d'informations le plus souvent verbales (interviews). ne sait tout simplement pas accommoder le travail en "mode projet" et la façon dont les employés sont évalués est en général un très bon indicateur de cette incapacité : lorsque la participation active à un projet ne rapporte aucune gratification à un employé et que symétriquement sa non participation ne lui coûte rien. commencez donc par chercher ces utilisateurs ! Vous constaterez sans difficultés que leur position apparente sur le sujet peut se résumer à la déclaration suivante : J'ai bien d'autres choses beaucoup plus importantes à faire. si ces utilisateurs ont déjà vécu des projets pathologiques jusqu'à la phase de “partage des responsabilités” durant laquelle le responsable “initial !” d'un projet en difficulté se met activement à la recherche d'un responsable “final !”. Cette attitude se mêle très souvent de considérations assez vagues sur le fait qu'un système qui marche est déjà mis en place ailleurs et qu'au lieu de réfléchir pendant des mois.

Un projet classique respecte en principe les grandes phases suivantes :  Expression détaillée des besoins et cahier des charges (objectifs fonctionnels. recommencer à fumer.. et découvrent (oh stupeur !) qu'il ne correspond pas à leurs besoins. conduit en pratique à une grande précipitation dans le déroulement du projet et à un enchaînement de tâches désordonné: un observateur objectif constatera alors que l'équipe projet (ou ce qui en porte le nom) se lance dans le plus grand désordre sur des tâches de toutes sortes souvent déconnectées entre elles.). souffrir d'ulcères gastriques.. on commence souvent (et presque toujours) par établir les budgets et les plannings avant même de savoir ce qu'il y a à faire ! Ces budgets et ces plannings on ne les établit d'ailleurs pas n'importe comment ! Ils sont au contraire définis d'une façon très précise : c'est à dire qu'ils sont absolument. On défait alors d'urgence ce qui n'aurait jamais dû être fait. dans les projets pathologiques.voire même les spécifications (pendant qu'on y est. lorsque toutefois on n'a pas encore renoncé à suivre un tel indicateur. hurler sur leurs enfants et cent fois écrire et réécrire l'expression des besoins. C'est que le mot d'ordre qui guide tout le plan de bataille. C'est d'ailleurs au stade du “déploiement” du résultat (hum... menées dans l'urgence et en court-circuitant tout spécialement la phase la plus importante qui consiste à définir ce que l'on veut faire de façon détaillée (l'expression des besoins).  Proposition technique détaillée (spécifications) par le fournisseur (interne ou externe) et établissement du prix (ou du coût) ... réutiliser leurs vieux bouliers pour faire des opérations que leur “nouveau” système est incapable de réaliser.  Tests et livraison définitive .) que la situation devient la plus cocasse. car ces mêmes utilisateurs qui n'avaient pas une minute à consacrer au projet lors de son lancement se transforment alors en stakhanovistes de la correction des bugs. irrémédiablement et autoconstitutionnellement. pareils à des Pénélopes involontaires et méritantes de leur société. Le taux de modification en arrive finalement à dépasser le taux d'avancement du projet..  Déploiement. Et bien. de la réécriture des besoins et de la conjugaison des temps.  Réalisation (développement du produit) . se résume en deux mots:“FAIRE VITE !” Notre observateur s'apercevra ainsi que la définition des besoins et les spécifications sont faites en réalité après la livraison ou même après le “déploiement” du produit : c'est à dire au moment où les utilisateurs finaux réceptionnent le produit “livré”. dont nous analyserons les ressorts plus loin.. On les verra ainsi faire connaissance avec toutes les femmes de ménage de la société pour les avoir rencontrées soit très tôt le matin soit très tard le soir. contraintes de coût et de délais) . on bricole en vitesse ce qui n'a jamais été demandé et l'on révise et recette les nouveaux développements à un rythme effréné. .. Ce qui porte le nom d'équipe projet prend alors des allures de troupe en déroute après la campagne de Russie et le ras le bol devient probablement le seul élément fédérateur entre les personnes.. croyez le ou non.  Accord du client (sur les spécifications et sur le coût) et décision de lancement ...IMPERATIFS ! Cette attitude.

....”)  Définition des besoins (phase du “c'est pas comme ça qu'y fallait faire. ne sera cependant pas quantifié et passera inaperçu dans le suivi du projet ..”)  Re-Développements  Re-Tests  Re-élaboration des objectifs et des besoins  Re-Développements  Re-Tests  Re-élaboration du périmètre. Pour une raison simple : c'est qu'à partir du moment où il est établi que les utilisateurs finaux ne doivent pas perdre de temps sur les projets. des objectifs et des besoins  Re-Développements  Re-tests... le temps qu'ils consacrent en abondance ensuite à défaire et refaire ce qu'ils auraient simplement dû faire au début. ne doit surtout pas figurer dans les dépenses du projet.. lorsque tout changement devient plus difficile à réaliser et force à de multiples bricolages.. du périmètre. des spécifications. des spécifications.! Dans le cas où vous auriez du mal à suivre.. bien entendu ..LOI DE GOLUB N° 3 : L'effort nécessaire à redresser le cap croît géométriquement avec le temps Ce travail considérable que les utilisateurs se trouvent contraints de fournir à un stade avancé du projet...pour des raisons de cohérence.. ce qui d'ailleurs.. des objectifs et des besoins  Re-Développements  Re-Tests  Re-élaboration du phasage. voici donc comment notre observateur vivra les différentes phases du projet : Mémento :  Définition des délais et des plannings: IMPERATIFS !  Choix et paiement de la solution  Déploiement  Tests (phase du “y'a un truc qui va pas. . ne fera que conforter les responsables initiaux de cette situation..

dans ces circonstances. Dans tous les cas. orgie de délais..mais peu bruyante. Le silence Le partage des responsabilités des organes de contrôle LE SILENCE DES ORGANES DE CONTROLE “Offre un bon cheval à celui qui dit la vérité. etc..les utilisateurs ! C'est bête non ? DES DEPASSEMENTS DE COUTS ET DE DELAIS "EN CINEMASCOPE" Explosion est le mot le plus approprié à ce troisième symptôme des projets pathologiques. . Proverbe terrien Notre observateur lambda. NDLR : Tout en étant très claire. Explosion donc. observera un quatrième .  C'est ainsi qu'on pourra voir (cas authentique) des systèmes informatiques achetés et payés pour lesquels on s'apercevra soudain au stade du déploiement qu'on a oublié de se demander au départ qui diable pourraient bien en être ...parce qu'une autre caractéristique des projets pathologiques tient à l'étrange discrétion qui couvre les dérapages de budgets et de délais.. Sans doute s'agit-il là simplement d'une question de persévérance. révisés et redéfinis pour ainsi dire tous les jours.... poursuivant son parcours en terrain clinique. dépassements de toutes sortes se mêlent et s'entremêlent. ce petit “a parte” devrait faire un sort au mythe selon lequel les Américains seraient beaucoup plus riches que les Européens : c'est faux.. décidément très amusées du rythme auquel se remplissent les poubelles... LOI DE GOLUB N° 8 : Un projet mal planifié prendra trois fois plus de temps. cette loi de GOLUB écrite aux US dans les années 70 mérite sans doute d'être actualisée de ce côté-ci de l'Atlantique. Un projet bien planifié prendra seulement deux fois plus de temps....des femmes de ménages.. les révisions budgétaires s'entassent et cette masse de papier fait le plus grand bonheur.il en aura besoin pour s'enfuir”. plannings et budgets sont revus. Etc. où nous avons énormément progressé depuis : on y connaît en effet des projets qui ont duré et ont coûté allègrement dix fois plus que ce qui était prévu au départ. à moins qu'orgie ne soit plus proche de la réalité : explosion de budgets.... Les retards s'accumulent en même temps que les versions successives des plannings se multiplient . on le voit bien ! Quand on peut se permettre sans conséquence sérieuse de dépenser 10 fois plus que ce qu'on avait prévu. Le projet initial tourne au bouillon . somme toute très silencieuse et pour ainsi dire confidentielle.. c'est qu'on est forcément très riche.

constata simplement avec un grand naturel : “tout le monde sait très bien que ce projet va mal . ces services se comportent ni plus ni moins comme un myope qui. on constatera au contraire que ces organes de contrôle ou d'audit auront tendance à s'intéresser de façon beaucoup plus sérieuse à des problèmes de suspens comptables ou de conservation d'originaux de contrats dans des armoires ignifugées. les organes de contrôle sont absents de la phase de validation du projet ou ne s'y intéressent pas dans les premières phases de sa mise en oeuvre . On les verra alors. on le sait. ou faire des rapports détaillés sur les problèmes créés par le non fonctionnement des badgeurs. il leur apparaît qu'il est trop tard pour s'y intéresser et qu'il est même beaucoup plus sage de faire comme si de rien n'était. est le propre d'un phénomène pathologique.  Ensuite. ainsi que la peur de devoir remettre en cause in fine la “hiérarchie”. remettre en cause les modalités de mise en oeuvre d'un projet reviendrait implicitement à remettre en question (directement ou indirectement) les organes dirigeants qui en auraient validé les bases au lancement. s'essoufflerait à répéter que décidément il ne voit aucun éléphant à l'horizon ! ou bien encore comme un pompier qui s'acharnerait à éteindre un barbecue tandis que la tour infernale se consume dans son dos. cela peut être dû à de multiples raisons : manque de ressources. peut engendrer les pires lâchetés. Face aux gaspillages recensés dans les pages précédentes. . Sans doute peut-on résumer cette attitude par la phrase d'un contrôleur qui . dans les faits. qu'à des projets qui en arrivent à coûter dix fois plus que ce qui était prévu au départ. le nez collé à des listings. C'est donc "l'indifférence initiale" de ces “contrôleurs” qui renforce et justifie leur immobilisme par la suite. Ce faisant. on pourrait s'attendre à une réaction de ces acteurs ou tout au moins à un intérêt qui les pousserait à se pencher sérieusement sur leurs causes pour proposer des améliorations. tandis qu'à deux pas de leur bureau se développent et prospèrent des dysfonctionnements pachydermiques. etc. Et la peur. désintérêt pour le sujet. Cette attitude des organes de contrôle qui consiste à ne soigner que les patients en bonne santé. Derrière cette attitude pathologique se jouent en fait les mécanismes suivants (liste non exhaustive):  Tout d'abord. Curieusement. pour éviter d'être accusés de n'avoir rien détecté au départ. pointer des comptes du matin au soir pour rechercher trois francs six sous de suspens. Ce dernier point nous permet de mettre en évidence un phénomène de base des processus pathologiques: l'absence d'indépendance des organes de contrôle.  Enfin et surtout. une fois le projet en phase pathologique aiguë. en évitant soigneusement les vrais malades.interrogé sur un projet en phase pathologique aiguë .. manque de compétences.phénomène typique des processus pathologiques: l'étrange discrétion de ces organes de contrôle qui — dans les sociétés recherchant le profit — sont censés en principe détecter tout dysfonctionnement propre à mettre en péril leurs résultats. je ne vois donc pas l'utilité de m'y intéresser”. le nez collé contre la patte monumentale d'un gigantesque pachyderme. s'acharner sur un comptable qui refuserait d'utiliser les formulaires de service standards.

il est dans ces conditions facile de semer Sherlock Holmes lui-même. Ce flou artistique qui prédomine est le résultat de l'utilisation astucieuse de diverses techniques. Face au silence des organes de contrôle. Personne ne viendra constater qu'en réalité. qui se marie très bien avec l'anesthésie budgétaire. cette technique assez brutale mais efficace ne doit cependant pas être surexploitée. s'accompagne en général d'un dernier phénomène dont l'efficacité est proportionnelle à l'opacité de l'information qui circule sur le projet au sein de la société : le partage des responsabilités grâce auquel le chef de projet parvient à noyer toute trace d'implication dans le résultat. en vous arrangeant pour ne pas les dépasser annuellement. certains chefs de projet. la plus sophistiquée et pour tout dire. même si l'on connaît des chefs de projet dont la carrière est jonchée de fusibles: s'il dépasse un quota raisonnable de fusibles par an. les informations relatives à l'état du projet viendront en effet le plus souvent de séances de radio popotins ou de conversations impromptues tenues autour de la machine à café. consiste à élargir opportunément le périmètre du projet en indiquant qu'il était plus restreint au départ et que les circonstances et les changements subis par l'entreprise ont contraint l'équipe à l'étendre. On citera superficiellement le fait que le projet connaît des problèmes sans trop prendre le temps de les analyser. utilisent parfois des trucs vraiment très enfantins: si par exemple vous avez lancé un projet pour un budget prévisionnel total de 10 MF sur 2 ans et qu'au bout de 10 ans il en aura coûté 100 (MF).pour ce qui le concerne. profitant du terrain exceptionnellement favorable dans lequel ils évoluent. à force d'être constamment entouré d'imbéciles ou d'incompétents. est : La MONDIALISATION ! Cette méthode. dont trois sont présentées ci-dessous : La technique du fusible Le chef de projet désigne dans ce cas un coupable idéal . La technique de l'anesthésie budgétaire Il s'agit ici de présenter budgets et plannings de façon à confondre les pistes et à ce qu'il soit rigoureusement impossible de reconstituer les conditions de départ: en principe tout projet bâclé doit avoir en stock quelques tonnes de documents relatifs aux revues successives des budgets et des plannings . en expliquerait les retards. . Toutefois. il vous suffit de faire habilement disparaître la trace de vos premières estimations et de présenter des budgets annuels de 10 MF pendant 10 ans. on plaindra les utilisateurs condamnés à en faire les frais et de ci de là émergera le nom d'un soi-disant responsable ou l'annonce d'un événement qui.. Vous n'aurez donc pas dépassé votre budget ! Mais la technique la plus élégante. dit-on. la Rolls Royce du partage des responsabilités.. le chef de projet risque en effet de passer pour quelqu'un de très malchanceux. un projet prévu sur 5 sites en 3 mois. il s'agira en général de quelqu'un d'inoffensif qui sans se méfier se sera impliqué plus que de raison dans le projet .LE PARTAGE DES RESPONSABILITES Cette neutralisation des organes de contrôle. ce qui était imprévu. cet état d'hibernation profonde dans lequel ils plongent.

. si l'on compte le nombre de licences déjà payées sur les 10 sites pilotes. Je dois maintenant souligner que le projet est sur le chemin critique et qu'il est désormais impératif que le deuxième site soit lancé dans les deux semaines.. dysfonctionnements manifestes avérés et sommeil .avec la collaboration volontariste . indifférence des utilisateurs au départ et implication stakhanoviste de ces derniers à l'arrivée . et reconnaissez que ce genre de discours demande toujours quelque partun vrai talent d'artiste ! CONCLUSION : Quand le lièvre se transforme en tortue. sachant que nous avons déjà contacté le fournisseur pour faire un avenant au contrat et y intégrer les modifications demandées. Les utilisateurs nous ont aussi indiqué que le système est parfois très lent . pour être efficaces. Ils ne sont pas satisfaisants. “Bien. A titre de pause. nous proposons donc d'installer un serveur supplémentaire en production et nous feronsexceptionnellement tourner les tests sur la base de test. Ces pratiques peuvent sans doute paraître infantiles . il n'y a pas de soucis à se faire pour le deuxième qui a la même configuration que le premier. Délais impératifs et urgents au départ et retards à l'arrivée .. Cela n'aura cependant pas d'impact sur l'activité du service et sur le projet puisque le contrat de l'intérimaire embauchée il y a 1 an a été renouvelé pour 12 mois. en tenant compte des modifications déjà apportées à la base de production. budgets très stricts au départ et explosions budgétaires indolores à l'arrivée . Mais attention.comme nous l'avons dit ..bien entendu . nous pouvons donc aller de l'avant” ! NDLR : Notez SVP le choix des mots et l'utilisation de termes qui ne signifient strictement rien dans ce contexte mais donnent du poids formel à la présentation. Il demande une technique oratoire maîtrisée et beaucoup de contrôle dans l'art d'éviter les embûches. Le quatrième site ayant déjà été repoussé après le cinquième. ne croyez pas que ce talent soit donné à tous. il n'a pas pu jouer son rôle de site pilote prévu initialement mais si le troisième site fonctionne. Si les tests ne marchent pas nous retiendrons les 10 % que nous devons encore payer au fournisseur sur le montant du contrat total pour faire pression puisque 10% représentent un gros montant.d'organes de contrôle prêts à fermer les yeux avec détermination sur ces contingences. je vais vous illustrer comment un chef de projet spécialisé en projets informatiques décomposés peut présenter les choses après quelques années d'expérience. par rapport à la semaine dernière. de survoler les obstacles. de manier l'implicite et de neutraliser les questions.les organes de contrôle renoncent à jouer le rôle qui leur revient.a fini par n'en concerner que 3 sur 5 ans. Sur cette base nous pensons pouvoir lancer les tests sur le troisième site la semaine prochaine. elles sont cependant très efficaces à partir du moment où . nous avons relancé les tests utilisateurs sur le premier site.

cette tendance à réduire les risques au plus serré.. ces éléments. pour in fine sauvegarder leur position. En fait.Mais d'autres moins loquaces sont tout aussi efficaces dans le sentiment d'autocensure qu'ils suscitent chez les responsables de projets. Ce mécanisme d'autocensure nourrit ensuite les processus suivants :  Si un chef de projet est convaincu de l'utilité de son projet mais sait qu'en présentant chiffres et délais de façon réaliste. le raisonnement sous-jacent de ces dirigeants est qu'un projet ne vaut pas la peine d'être lancé s'il est “trop long” ou coûte “trop cher” .cataleptique des organes de contrôle..plus risqué. Comme l'ensemble du site.délais qui doivent être impérativement respectés. peut être soit clairement exprimée.tous ces phénomènes entremêlés et incohérents dans une société qui vise en principe la recherche du profit doivent avoir nécessairement à l'origine des “éléments fondateurs” forts... les conduit alors dans les environnements pathologiques à privilégier systématiquement le court terme sur le long terme. le chef de projet se sentira forcé d'imposer . ce qui se traduit évidemment ensuite par des retards explosifs.Ces dirigeants. il n'a aucune chance de passer en comité. ce chapitre ne demande bien sûr qu'à être enrichi de nouvelles réflexions.. pour ne pas remettre en cause toute la rentabilité de l'opération. Cette propension des organes dirigeants à privilégier le court terme. c'est à dire de ses conditions de lancement.. il faut impérativement repartir de l'acte de naissance du projet.. soit sous-entendue: il y a des dirigeants pour lesquels tout projet doit nécessairement être terminé en un temps record . il sera conduit à tricher et à ajuster coûts et délais de façon à ce que son projet puisse être approuvé. Pour les trouver. Une fois ce mécanisme enclenché. par définition plus aléatoire et donc .. LES CONDITIONS FAVORABLES A L'ECLOSION DU PROJET PATHOLOGIQUE Cette page contient quelques hypothèses de base sur les conditions favorisant la naissance ou le maintien des processus pathologiques dans l'entreprise. membres du comité de validation du projet. n'aiment en général pas prendre de risques inconsidérés et soumettent leur accord à la garantie que le projet générera une rentabilité bien précise dans des délais bien déterminés.. Le conservatisme Un environnement Des mécanismes Conclusion des dirigeants et favorable à des forts de leur peur règles de résistance des responsabilités gestion relâchées au changement LE CONSERVATISME DES DIRIGEANTS ET LEUR PEUR DES RESPONSABILITES Tout responsable de projet sait qu'avant d'être lancé un projet doit être validé par un comité de dirigeants expérimentés dont le rôle est de garantir que l'investissement est justifié.

. UN ENVIRONNEMENT FAVORABLE A DES REGLES DE GESTION RELACHEES Dans un livre consacré à la gestion de projet informatique (Développer juste. Pour mieux analyser cette tendance. s'ils y gagnent . rien dans son expérience précédente ne lui permettra de présenter budget et planning de façon réaliste.théorie de la relativité ?”.. avec pour conséquence le désordre et la précipitation dans l'enchaînement des tâches. et les gaspillages que nous avons recensés dans les pages consacrées aux symptômes les plus criants des projets pathologiques. l'auteur compare certains dirigeants toujours prêts à mettre la pression sur les équipes à un chef autoritaire qui serait entré dans le bureau d'Einstein en hurlant : “Alors. “Police” et “larrons” seront donc strictement solidaires entre eux. né de l'esprit de conservation le plus élémentaire. ils poursuivront avec constance deux buts : d'abord s'assurer le marché en promettant “monts et merveilles”. mondialisation du projet).. prendront toutes les dispositions nécessaires pour ne pas avoir à tremper dans de nouvelles aventures et trouveront mille raisons valables pour ne pas s'impliquer. ou plutôt ce syndrome du projet “une heure. éduqués dans les projets pathologiques. Steeve Mc Connell).  Pour ce qui concerne les éventuels fournisseurs externes. après avoir examiné le terrain et constaté qu'ils ont à faire à des gens qui n'ont pas les pieds sur terre. Certains pourraient objecter qu'un chef de projet ayant les pieds sur terre pourrait toujours mentir à sa hiérarchie d'un côté et conduire son projet de façon saine de l'autre : cette possibilité toujours envisageable en théorie ne se vérifie jamais dans les environnements pathologiques.  Les utilisateurs de leur côté.  Si par contre.mais nous y reviendrons plus loin. il sait déjà quelles pourraient être pour lui les conséquences d'un échec. et ils expulseront ou neutraliseront d'office tout élément récalcitrant qui n'aurait pas intégré ce principe de base.. un franc”. parce que lui même n'aura acquis en fait aucune base de référence solide dans la conduite des projets. il forgera très vite toutes les armes nécessaires pour ne pas être considéré comme responsable du résultat final (fusible.. . il convient d'introduire d'autres éléments qui ont trait à l'environnement dans lequel se déroulent les projets.les mêmes conditions aux différents intervenants. Un autre trait caractéristique du “milieu pathologique” émerge de ce qui précède : les intérêts particuliers des éléments qui le composent se dissocient très clairement de l'intérêt collectif de l'ensemble et la non coopération y règne en maîtresse. . ensuite prendre toutes les précautions nécessaires (juridiques en particulier) pour ne pas être considérés comme responsables d'un résultat qu'ils anticipent avec un juste pessimisme.vous nous la pondez cette f----. pour les raisons évoquées dans le chapitre qui précède.  Les organes de contrôle quant à eux se garderont bien de s'exprimer sur des dérapages quelconques. Un seul mot d'ordre pour eux :“surtout ne pas faire de vagues !”.  Si par ailleurs le chef de projet n'a jamais pu conduire que des projets au passé décomposé. Ainsi s'enchaîneront et s'autoalimenteront tous les éléments nécessaires au maintien d'une situation pathologique. anesthésie budgétaire.

. dans ces conditions. mais seulement l'expérience que l'entreprise aura su se bâtir en interne. l'expérience dans une entreprise se traduit par un suivi historique et des statistiques sur les coûts et les délais. Ces organes étant particulièrement sensibles aux directives qui viennent de leur hiérarchie.. Lorsqu'au contraire un projet n'intéresse qu'une activité “annexe” ou “de support” de l'entreprise et que son résultat ne conditionne pas clairement l'avenir de l'organisation . Or quelle ne serait pas votre surprise d'entendre des dirigeants d'organisations à pathologies répondre que mettre en oeuvre un tel suivi ne se justifierait pas et surtout .Ces éléments ne peuvent cependant se comprendre qu'en gardant à l'esprit ce caractère constitutif du milieu pathologique qu'est l'absence d'indépendance des organes de contrôle vis à vis des instances dirigeantes. Pour ce faire. S'agissant de projets. Influence du type d'activité de l'entreprise sur les processus pathologiques .du moins de façon visible (impact direct sur la marge commerciale) . dès lors que cette dernière ne reconnaît pas les projets pathologiques comme un danger pour la pérennité de l'entreprise. de façon à s'adapter aux conditions du marché (prix) et à être concurrentielle. la seule méthode disponible en magasin est donc celle du “faut qu'ça saute !”.alors les règles de base d'une gestion saine tendent à se relâcher pour être remplacées par l'arbitraire et l'aléatoire. ferait perdre du temps et de l'argent ! (nous ne sommes pas l'INSEE. Activité annexe versus activité principale Lorsqu'une entreprise doit sa survie à la façon dont elle mène ses projets dans son coeur de métier. toutes les fantaisies sont permises. Cette dichotomie entre activité annexe et activité principale est cependant moins valable dans les cas où l'entreprise n'évolue pas dans un milieu concurrentiel et où sa survie serait de toutes façons garantie (monopole. dans de tels cas.. lien privilégié avec l'Etat. qui permettent lorsqu'on lance un nouveau projet de se référer à des éléments précédents tangibles.. voyons ! Et nous avons bien d'autres choses beaucoup plus importantes à faire ! ) Que va faire un comité de dirigeants auquel on demandera de valider les bases d'un projet dans ces conditions ? Il tendra tout simplement à se substituer à cet élément de pression objectif externe que constitue le marché dans une situation saine et cherchera à mettre la pression à sa façon sur les équipes en exigeant que le projet soit réalisé pour le coût le plus faible (“ pas trop cher”) et dans des délais très serrés (“ pas trop long”).. il y a de fortes chances pour que les dysfonctionnements recensés ici ne durent pas très longtemps: le marché et les clients scelleront très vite son sort si elle s'obstine à gérer ses projets de façon malsaine. Aussi cette entreprise sera-t-elle incitée dans son activité principale à suivre ses coûts au plus près et à améliorer ses méthodes. il va de soi que les pathologies peuvent se déclarer aussi au coeur de l'activité principale de la société. Plus d'élément de comparaison externe objectif sur la façon dont les projets sont gérés...) . A défaut de base de comparaison objective pour déterminer à quoi correspondent le “trop long” ou le “trop cher”. elle disposera de deux étalons de comparaison et de pression externe très objectifs: le marché et la concurrence.

qu'un grand financier dont les collaborateurs travaillent sur de l'immatériel et sont habitués à gagner (en principe) beaucoup d'argent en un clic de souris. La taille de l'entreprise ou sa position sur le marché Un autre aspect à prendre en compte concerne la taille de l'entreprise et la position de force que cette taille lui confère. on voit bien que les critères d'évaluation d'un projet sont loin d'être simples. qui semblent aller de pair avec le refus de se remettre en cause. type ou nature de l'activité. autant d'éléments qui peuvent expliquer pourquoi certains dirigeants adoptent parfois une attitude managériale “volontariste” et sont ensuite responsables de gaspillages étonnants. sont nécessairement imprégnés de la façon dont le "profit" est généré dans l'activité principale ou le coeur de métier. se base sur cet avantage pour prétendre de ces fournisseurs qu'ils exécutent pour ainsi dire gratuitement toutes les modifications qui s'avéreraient nécessaires sur un projet pour lequel elle aurait commis l'erreur de ne pas avoir bien défini les besoins au départ. s'il veut conserver son client. avions qui crashent. Et au-delà. On peut raisonnablement penser par exemple qu'un industriel habitué à évaluer le résultat d'un projet de façon très concrète (voitures rappelées en usine. profitant de sa position de force vis à vis de fournisseurs externes. les décideurs sont en général les représentants des activités qui font gagner de l'argent. grilles pains qui disjonctent). y compris dans des entreprises saines. DES MECANISMES FORTS DE RESISTANCE AU CHANGEMENT Conservatisme des dirigeants. De fait.prend du temps. en particulier lorsqu'il l'empêche de se remettre en cause et de s'améliorer dans sa façon de gérer les projets. cette réaction met bien en évidence le fait que les acteurs du milieu pathologique ne voient pas beaucoup plus loin que le bout de leur nez. Cet atout peut en effet se révéler curieusement défavorable pour elle en cas de pathologie. Ainsi. cette attitude qui dans d'autres circonstances pourrait être considérée comme saine (elle incite les équipes à faire de leur mieux en les obligeant à viser haut) se révèle en pratique contreproductive et alimente les processus pathologiques. Outre qu'il s'agit d'une illusion dangereuse (l'entreprise dépend aussi de ses fournisseurs et ces derniers savent très bien faire payer leurs clients d'une façon ou d'une autre in fine). L'attitude de l'entreprise dans ces circonstances tend vers une sorte de “ je m'en foutisme”. son mode de fonctionnement. une étude épidémiologique établirait sans doute qu'ils sont particulièrement fréquents dans les entreprises qui travaillent sur de l'immatériel. conforté par l'idée que le fournisseur devra de toutes façons accepter les conséquences d'une mauvaise gestion. taille de l'entreprise. . aura moins de mal à comprendre qu'un projet . même si les projets pathologiques peuvent frapper n'importe quelle société. Dans ce second cas. Il y a en effet dans les processus pathologiques une sorte de déficience du sens de l'anticipation. la nature de ce "métier" peut rendre l'organisation plus ou moins réceptive aux exigences et aux contraintes d'un travail en mode projet.quel qu'il soit . Or.Dans les entreprises. Il pourra arriver par exemple qu'une société. un resserrement de la ligne d'horizon et une tendance marquée à raisonner à court terme. la culture de l'entreprise elle-même.

Loin de résoudre le problème. Et après tout. la venue d'un chef de projet expérimenté capable de les guider dans la mise en oeuvre des projets.à l'immobilisme. ces dirigeants ne font en fait que l'aggraver: ils contournent l'obstacle pour éviter d'avoir à l'abattre. d'activité et de déperdition d'énergie et d'argent pour pouvoir mettre en oeuvre tous les procédés “politico-bureaucratiques” qui garantiront à l'organisation l'absence de tout changement sur le fond. c'est de la capacité d'une organisation à se remettre en cause pour s'améliorer et pour éliminer des dysfonctionnements qui de façon compliquée. longue.). Quoi qu'il en soit. cette résistance va de pair avec le conservatisme des dirigeants. au point qu'elles finissent par sécréter à l'égard de tout changement de méthode ou de culture de puissants antidotes bureaucratiques et poussent la résistance jusqu'à exiger de leurs membres qu'ils s'adaptent in fine.. Car abattre l'obstacle supposerait bien autre chose :  Remettre en cause la façon de travailler existante . Elles ont cependant le mérite d'aller au delà de l'explication trop simple selon laquelle les projets dérapent pour des questions de méthodes (“les projets ne marchent pas parce que les méthodes appliquées sont mauvaises”): plus que d'une question de méthode. . c'est bien de conduite du changement qu'il s'agit ici. A un ami naïf il arriva un jour de proposer dans une équipe sujette à des crises de projets pathologiques aiguës.. les entreprises les plus menacées à terme ne seraient pas précisément celles qui bénéficient depuis longtemps d'une position forte et confortable et que rien ne pousse à s'adapter. on pourrait même se demander si dans un contexte de changement rapide. car à sa proposition. Or. autant de changements qui . la résistance au changement exige au contraire beaucoup d'agitation.mal dirigés . qu'est ce qu'un Goliath avait à craindre de David ? Il ne faut pas croire pour autant qu'immobilisme soit synonyme d'inactivité . de décisions intempestives. La réponse qu'il obtint à cette occasion est révélatrice de la constance avec laquelle une organisation peut cultiver l'immobilisme et considérer le changement comme un élément de désordre . ce dont il s'agit ici. tortueuse mais réelle finissent par mettre en péril son avenir. ce que nous avons décrit jusqu'ici ce sont tous ces phénomènes qui liés les uns aux autres “encroûtent” une organisation et réduisent sa capacité à s'adapter aux changements. travail en mode projet.. de réorganisations.pourraient générer encore plus de problèmes qu'ils n'en résoudraient et risqueraient de créer des mécontentements. Bref.  Et mettre en oeuvre toute une série d'actions qui permettraient à l'organisation de se bâtir une expérience réelle en matière de projets (étude de l'historique et suivi statistique.. le responsable de l'équipe répondit simplement : “Ne nous égarons pas !” Au vu de tout ce qui précède. Or. incitation à participer aux projets pour les utilisateurs. CONCLUSION Sans doute les hypothèses présentées ci-dessus n'expliquent-elles pas tout des raisons pour lesquelles les projets pathologiques peuvent faire leur nid et se développer dans certaines organisations. tout à la fois émanation et cause de l'incapacité qu'éprouve une organisation à évoluer.

nous avons vu comment le conservatisme des dirigeants et l'environnement de l'entreprise peuvent enclencher des processus pathologiques dans l'organisation.une fois de plus .Comment une organisation “encroûtée” va-t-elle réagir alors aux inévitables évolutions et à la pression du changement dans son environnement ? C'est ce que nous allons voir dans les pages qui suivent. les dirigeants ne reçoivent en effet aucun signal d'alarme fort les incitant à redresser la situation.tome 10.n'avancent pas comme prévu. Dans les pages qui précèdent. que faut-il faire ? Lorsqu'une organisation à pathologies constate qu'elle éprouve des difficultés à mener des projets selon les conditions édictées au départ. que fait-elle ? La réponse est simple : UNE PROCEDURE ! C'est là ce qui fait d'ailleurs tout le sel des projets pathologiques. tout au plus constateront-ils de très loin que les projets .. Or.Histoire universelle et scientifique des procédures . N'est-il en effet pas plus simple pour un responsable de régler les problèmes à coups de papier plutôt que de les traiter sur le fond et de façon pratique ? La plupart des participants à un environnement pathologique sauraient nous expliquer à tous dans les moindres détails et de façon magistrale quelles sont les règles à suivre dans la conduite des projets. La persistance des projets pathologiques dans un environnement où les procédures abondent est même un trait caractéristique de ce type d'organisation.tout au contraire. lorsqu'un problème se présente et que sa résolution demanderait la mise en oeuvre d'actions pratiques qui risquent de créer des mécontentements et des résistances. . Ce n'est pas la science qui manque en la matière. Nous avons vu aussi que ces processus se renforcent entre eux et contribuent ainsi à favoriser l'éclosion de nouvelles pathologies : face au développement de projets pathologiques. en particulier de la part des organes de contrôle . mais plutôt son application qui fait défaut.. car il ne faut pas croire que procédures et méthodes soient absentes et proscrites du milieu naturel de ce type de projet. LES CONSEQUENCES SUR L'ORGANISATION La L'émergence du Génie multiplication des procédures LA MULTIPLICATION DES PROCEDURES “Rajoutez m'en dix kilos monsieur Gutenberg” .

NDLR : Pour ceux qui souhaiteraient aussi savoir comment on traitait les “fusibles” à l'époque. de disparaître et de se soumettre. nous l'appellerons la procédure des procédures. Alessandro Manzoni).. Ce document détaille clairement comment les procédures s'organisent dans notre société. nous vous conseillons la lecture d'un autre ouvrage (du même auteur mais bien plus court): Histoire de la colonne infâme. Ces bandits. Les organisations à pathologies cultivent au contraire simultanément l'abondance des procédures et la tendance régulière à gérer les projets de façon malsaine et à en alimenter les symptômes..écrit Manzoni . Il y a un problème dites-vous ? La solution est simple : “écrivez une procédure !” Au chapitre premier d'un livre illustre que nous vous recommandons (Les Fiancés...et pour les mêmes raisons : parce que les acteurs de l'organisation s'accordent en réalité pour considérer que rien ne les oblige à appliquer la “Loi”. appelés des “braves” étaient une espèce particulière de brigands faisant office de police parallèle privée et qui florissait en Lombardie au XVIIème siècle.. Ainsi l'auteur finit-il par souligner discrètement la complicité de fait qui existait -de façon compliquée et tortueuse sans doute.. L'auteur décrit donc de façon savoureuse comment les autorités espagnoles (de l'époque) entreprirent de mettre fin aux exactions commises par les « braves ».de ces bandits...c'est à dire en un temps révolu. Qualité ou Procédures. on commence d'abord par gérer les projets de façon saine .. bien entendu.. elle portera pour simplifier le nom deprocédure de mise en oeuvre de la procédure des procédures.entre les autorités de l'époque et des bandits mercenaires.. époque à laquelle se situe le roman. des procédures et des circulaires de toutes sortes produites sur le sujet dans les organisations riches en projets pathologiques... outils de pilotage) vient tout naturellement par la suite. tout le reste (contrôles.à coups d'édits et de proclamations retentissantes. comme s'ils correspondaient à un état “normal” de l'organisation. l'auteur. raconte la rencontre inopinée entre un curé un peu couard et deux bandits à la solde d'un puissant.!” ... écrivain italien du XIXème siècle.. et l'augmentation confortable et imperturbable du nombre..On serait ainsi étonné de la minutie des notes.. selon ce qui vous amusera le plus. car ces “sbires” servaient le plus souvent les intérêts de personnages puissants. Et bien dans les projets pathologiques. Par souci de clarté. procédures.. Pour l'anecdote. “C'est ainsi qu'allaient les choses au XVIIème siècle. faites vous donc inviter à une réunion Méthodes.. Nous ne pouvons que vous inviter à lire ce passage exemplaire dans lequel se côtoient la multiplication d'édits autoritaires et catégoriques de toutes sortes sommant les braves de se plier à LA LOI. à titre de support. les procédures et les méthodes sont tout aussi nombreuses et inefficaces que ces édits du XVIIème siècle. Le document que vous avez sous les yeux constitue la première étape d'une démarche ambitieuse et réaliste. nous avons décidé d'accompagner la procédure des procédures par une procédure détaillant précisément sa mise en oeuvre ..Pour simplifier et faciliter nos échanges. . C'est que dans les organisations saines. de se rendre et de se dissoudre. si vous avez l'occasion de visiter un jour une organisation à pathologies.. Le best of du projet Procédures (extrait).Première ! Vous êtes réunis aujourd'hui dans le cadre du projet procédures.

. Cependant. une fois celle-ci modifiée selon nos besoins. de la rédaction elle même de toute procédure de rédaction ou plus simplement de toute procédure purement et simplement. NDLR : Au cours de cette réunion ont été recensés dans l'ordre un suicide avorté. Il va de soi .la qualité. C'est à ce moment là qu'intervient un acteur majeur des processus pathologiques : LE GENIE ! A quoi sert le génie dans les processus pathologiques ? Acteur providentiel d'un scénario de changement dont les différents dirigeants éprouvent l'inconfort. la nature ayant horreur du vide. la procédure représente en milieu pathologique le dernier rempart possible de résistance au changement.. les procédures et la qua. procédure qui s'appuie sur la procédure des procédures. le génie se présente comme un substitut aux responsabilités des dirigeants. deux attentats manqués et trois tentatives d'évasion dont une réussie. Je tiens à souligner ici que le terme “réalisme” utilisé plus haut s'entend de façon dynamique : en effet dans le cas où la réalité ne correspondrait pas à notre doctrine. les dirigeants de la société finiront par cultiver pour le personnel de leur entreprise une estime très relative et tendront à devenir de plus en plus méfiants et conservateurs vis à vis de quiconque en interne leur proposerait des “nouveautés”. simple et de bon sens.. Le fugitif. celui qui vient à point nommé leur .que ces différents documents devront s'inscrire dans une démarche cohérente.. Elle permet de contourner les problèmes mais ne les résout pas.. Voilà... Après avoir clarifié ces quelques termes. un subversif récidiviste est toujours recherché.vous l'avez tous compris .. L'EMERGENCE DU GENIE D'une efficacité inversement proportionnelle à son abondance. Notre doctrine tiendra ainsi pleinement compte de la réalité. réaliste. pour rester simple. Devant la persistance des problèmes justement. ces dirigeants finiront par sentir de plus en plus fortement la pression du changement dans l'environnement de leur société et ils devront tôt ou tard abandonner leur position d'immobilisme rigoureux et prudent.. il conviendra tout simplement de corriger la réalité pour qu'elle s'aligne sur la doctrine. y compris dans les procédures. nous pouvons dire en résumé ce qui suit : Toute procédure s'inscrit dans le cadre du projet procédures tel que défini par la procédure de mise en oeuvre de la procédure des procédures.. et le progrès étant inéluctable. Nous diffuserons donc avant toute chose la procédure de rédaction de la procédure de mise en oeuvre de la procédure des procédures. vous savez tout ce qu'il faut savoir sur le contrôle.en milieu pathologique.la quaqua.. C'est pourquoi toute modification à l'une ou l'autre de ces procédures devra être reprise dans les autres procédures qu'il s'agisse de la procédure des procédures ou de l'application de cette procédure ou encore de la procédure de mise en oeuvre des procédures susmentionnées ou même plus clairement de la procédure de rédaction de la procédure de mise en oeuvre des différentes procédures ou d'ailleurs même. contraignant ainsi tout chef de nouveau projet à tricher encore davantage et à présenter des budgets et des plannings toujours plus “serrés”.. enrichie pour simplifier par la procédure de rédaction de la procédure de mise en oeuvre de la procédure des procédures.Tout ceci doit bien sûr prendre place dans un cadre méthodologique rigoureux.

quelle qu'en soit sa gravité et quelles qu'en soient les conséquences... car par essence le génie pourra résoudre brillamment toutes les situations que les dirigeants ne se sentent pas en mesure d'affronter. à partir du moment où il aura été établi qu'il s'agit d'un génie .  “ consultants-miracle” censés apporter des solutions tous terrains . le temps de passer un cap d'adaptation difficile En l'occurrence.mais c'est précisément comme cela qu'il emporte l'adhésion. un groupe de dirigeants.donner l'occasion d'abdiquer le pouvoir.en somme il vibrionne et fait du vent. Symptôme et conséquence tout à la fois des processus pathologiques. gesticule. enfle et tourbillonne.le temps d'une crise.... tout concept suffisamment large et confortablement vague susceptible de dissimuler derrière des mots l'absence réelle d'idées ou d'activité à l'intérieur d'une organisation. Ce récit dans lequel on voit deux “inventeurs” convaincre du bien-fondé de leur “invention” des personnages qui étaient loin d'être naïfs et inexpérimentés... argumente bruyamment et fait parler de lui. C'est ainsi que se résume la vie du projet pathologique né dans le terreau du conservatisme et .  ou “idée brillante” qui consiste à nourrir les bovins avec des farines animales pour "résoudre" un contentieux commercial ennuyeux avec les Etats-Unis ... Le génie va et vient...  “ e-quelque chose” dont on se gargarise. sera conduit avec grand soulagement à faire aveuglément confiance à quelqu'un...quelle découverte inespérée !).. semble être une bonne illustration du rôle joué par le génie dans une situation de crise (des avions qui reniflent le pétrole par tous temps. le GENIE exprime en un mot toute la difficulté que peuvent éprouver des dirigeants conservateurs devant la pression du changement. où l'on a vu des “führer” ou des “duce” être considérés comme les hommes de la situation. on n'entend d'ailleurs pas seulement un individu mais aussi toute idée miracle ou expression apparemment porteuses de modernité ou de nouveautés :  “synergies” mal préparées et mal digérées . précisément parce qu'il ne veut courir aucun risque. passe de bouche en bouche.bref. Par génie. le premier ressort de ce mécanisme reste l'impérieuse nécessité ressentie par des dirigeants conservateurs de se décharger de leurs responsabilités. La fameuse affaire des “avions renifleurs” qui défraya la chronique au début des années 1980 pourrait être un exemple type de ce genre de processus. Il s'agit cependant d'un épisode somme toute très anecdotique.  “ externalisations” mal préparées et mal digérées .  “ optimisation” dont les critères sont évanescents . au regard d'autres drames plus sanglants et plus meurtriers. Cependant. .

. nous avons décrit l'attitude et les décisions pathologiques des différents acteurs non pas comme des décisions individuelles prises de façon autonome en dehors de leur contexte.prospérant sans inquiétude dans des méandres budgétaires.. sans doute les sociologues devraient-ils donc un jour s'intéresser de plus près à ce nouveau domaine d'études très prometteur et curieusement délaissé qu'est la psychologie des masses dirigeantes... nous avons vu aussi comment une société peut se défendre contre le changement. Révolutions ou involutions ? PRÉAMBULE .. CONCLUSION Nous avons analysé jusqu'à présent les mécanismes qui alimentent les projets pathologiques dans une organisation . Après la psychologie des masses populaires. mais comme une façon pour eux de se conformer au mieux au fonctionnement de l'organisation dans laquelle ils évoluent. génie. Fonctionnement vécu comme un état normal de la société et que tous s'attachent à préserver et à protéger d'initiatives qui risqueraient de le perturber et de créer le désordre et le chaos. le considérer comme un élément de désordre et mettre en œuvre toute une série de gesticulations et de fuites en avant pour l'éviter (procédures. Que faut-il conclure alors d'une organisation dans laquelle les processus d'alerte vitaux ne fonctionneraient plus et où auraient été neutralisés les mécanismes d'adaptation propres à en assurer la survie ? "EXEUNT OMNES" : DÉCHÉANCE ET MORT D'UNE ORGANISATION Préambule La déchéance et la fin  L'incapacité à se renouveler  La divergence entre intérêts individuels particuliers et intérêt collectif  Le problème du diagnostic et du remède  Après la fin. dans une débauche de temps et dans l'illusion rassurante du génie providentiel. refuge inespéré contre la peur des responsabilités qu'éprouvent les dirigeants.). Ce faisant.

L'incapacité à se renouveler Cette incapacité se traduit pour une organisation par l'incapacité à se remettre en cause. ce principe justifie d'ailleurs très souvent l'intervention de consultants dont l'action repose sur l'idée qu'une organisation ne périclite que si “rien n'est fait” pour l'éviter. di Lampedusa) le personnage principal (le Prince Salinas) donne une très belle illustration de ce phénomène: il n'est plus nécessaire de changer quoi que ce soit lorsqu'on est parfait . quel qu'il soit. A moins d'ériger en principe le mythe de l'éternité pour les organisations. Nous ne pouvons donc que nous limiter à un certain nombre d'observations. C'est ce qui nous a fait dire dans les pages précédentes que résistance au changement et immobilisme ne sont pas nécessairement synonymes d'inactivité et que bloquer le changement demande parfois beaucoup d'inventivité. on doit donc reconnaître qu'une entreprise vieillit et finit par mourir. elles sont – bien qu'inéluctables . puis à sa disparition. La nature veut cependant que tout organisme. alors que les manifestations du déclin sont très visibles sur les organismes vivants (à commencer par l'espèce humaine). on est bien obligés de reconnaître que certains phénomènes pathologiques dans les organisations sont très proches de ce schéma. ou autre) possède a priori en soi les ressources nécessaires à son adaptation et à sa guérison. au même titre qu'un organisme vivant. ait un cycle de vie qui le porte de la naissance à la maturité. Lorsque l'organisme subit en revanche un processus de déchéance irréversible. organisation. Dans un célèbre roman du XXème siècle (Le Guépard de T. Sans doute existe-t-il des caractéristiques précises propres aux processus pathologiques irréversibles dans les organisations. . LA DÉCHÉANCE ET LA FIN Dans un organisme sain (ou du moins jeune). Dans le cas d'une organisation. les symptômes qui pourraient permettre de diagnostiquer le déclin physiologique inéluctable d'une entreprise. on observe en général qu'il n'est plus en mesure de se renouveler et qu'au-delà d'un certain stade. Sans faire de “physiologisme” à outrance. en précisant que notre analyse porte sur les cas pathologiques exclusivement.et dans un tel cas on s'active plutôt à mettre en oeuvre tous les changements qui garantiront dans les faits l'absence totale de changement. mais elles travaillent en pratique à la destruction de l'organisme.beaucoup moins claires dans le cas des organisations “industrielles”. non seulement les cellules ne coopèrent plus pour assurer la survie de l'ensemble. Dans cet esprit. Cependant. En effet. les différents éléments qui composent cet organisme travaillent de façon solidaire à assurer le bon fonctionnement de l'ensemble et son adaptation à l'environnement. Cette loi de la nature est vraie dans tous les cas. qu'il s'agisse d'organismes vivants ou d'entreprises commerciales.Nous sommes partis jusqu'à présent de l'hypothèse implicite selon laquelle l'organisme (entreprise. se confondent souvent avec les stigmates de processus pathologiques passagers et réversibles.dit-il . mais nous devons reconnaître ne pas les avoir repérées. et non pas sur les cas où la société disparaît pour d'autres raisons. il serait donc toujours possible de “faire quelque chose”.

et comme nous l'avons dit. on pourrait penser que dans le cas d'une organisation souffrant de pathologies. Northcote Parkinson considère que la dégradation d'une organisation est liée à la médiocrisation générale des individus qui la constituent . ces méthodes. les éléments les plus capables et les plus brillants de la société contribuent de façon “intelligente” à la destruction de l'organisation. mais il s'agit là d'un tout autre phénomène. Tout au plus pourrait-on envisager de “l'accompagner” dans sa fin. on peut remarquer que les individus les plus capables et les plus compétents s'appliquent à faire progresser l'organisation en même temps qu'eux mêmes. Toute la difficulté consiste donc à déterminer à quel stade pathologique se trouve une société. Dans cette situation. le lien entre intérêt individuel et intérêt collectif doit en effet se nourrir d'un enjeu commun. Nous pensons que dans les processus dégénératifs irréversibles. Sur ce point. les plus adroits sont ceux qui se soucient le moins de l'intérêt collectif. certains consultants en organisation justifient leur intervention (rémunérée) par cette conviction. Le problème du diagnostic et du remède En raisonnant superficiellement. pour être maintenu. intérêt individuel et intérêt collectif sont solidaires et vont de pair. aggravent son état et accélèrent sa disparition. de réformes ou de procédures pourrait toujours changer le cours des événements . ce qui supposerait implicitement que les éléments les plus capables de la société agissent toujours dans l'intérêt général. ces réformes et ces procédures ne sont que des gesticulations qui. lorsqu'un organisme est en phase de déchéance irréversible. en s'adaptant à son “histoire”. la mise en oeuvre de méthodes. Cette loi naturelle s'observe dans tout groupe humain en phase de déchéance irréversible.La divergence entre intérêts individuels particuliers et intérêt collectif Dans une organisation saine. circonscrit au seul périmètre de ce processus pathologique. dans la pratique. Cependant. Certains pourraient observer que les individus qui participent à un processus pathologique réversible travaillent aussi en tout ou partie contre l'intérêt de leur organisation (ce qui est indiscutable). Par contre. les individus doivent pour survivre nécessairement faire abstraction de l'intérêt commun . mais lorsque le bateau coule. C. et pas uniquement dans les organisations “industrielles”. dans les organisations sujettes à des processus dégénératifs irréversibles. Est-on en présence de symptômes pathologiques “parasitaires” comme on peut en observer parfois dans les entreprises où certains départements dits de “support” vivent simplement en consommant (ou en gaspillant) l'argent gagné par d'autres ? Ou bien observe-ton des processus dégénératifs confirmés qui se développent au coeur même de l'activité de l'entreprise ? Par quels secteurs débutent les signes de la déchéance dans une organisation ? Comment les détecter et comment en mesurer l'avancement ? Le devoir des spécialistes en organisation devrait donc être dans le futur de déterminer si .

RÉVOLUTIONS OU INVOLUTIONS ? Prenons maintenant un peu de distance par rapport au sujet qui nous occupe. ces spécialistes ou consultants. Ces éléments .plus de vie. Ces situations. ou bien si – entrée dans un processus de déchéance . bref. on pourrait aussi considérer qu'en s'activant et en accélérant la mort d'une entité désormais condamnée.il lui est désormais impossible d'intégrer ces méthodes. dans tous les cas cela ne peut qu'aboutir à la cessation de l'activité de cette société.pour des raisons variées (concentration massive de personnel “pistonné”. se comporteraient comme des parasites s'ils s'obstinaient à proposer leurs services en se faisant rémunérer. plus que des débris de miel mêlés à une odeur de pourriture. et au-delà de cet . au piston ou à toutes autres formes de copinage. fréquentes en Europe.. Dans ce second cas. Ces personnes . Après la fin.. car ils ne feraient en pratique qu'accélérer un processus de déchéance dont ils auraient déjà observé les effets. Après la fin.l'organisation sur laquelle ils travaillent peut être réceptive aux conseils en management qu'ils prodiguent et aux méthodes et procédures qu'ils proposent. à sa liquidation et au licenciement du personnel. encore du mouvement. n'entrent cependant pas dans le champ de notre étude et nous nous limitons ici aux cas qui ne souffrent pas de “distorsions”. Ces individus qui bénéficient le plus souvent d'une position confortable grâce à des réseaux d'amitiés. Trois cas de figure se présentent alors :  Les éléments nuisibles.dotés d'un sens aigu de l'adaptation .ne comprendront pas bien dans quel genre de processus elles se trouvent embarquées et seront les moins bien préparées à affronter la disparition de l'organisme dont elles faisaient partie . imbrication étroite entre public et privé. utiliseront très rapidement tous les appuis dont ils disposent pour se recaser au mieux de leurs intérêts. Font exception à cette situation. plus de renouvellement. etc.. elles subissent donc presque toujours les dures conséquences de ce type de situation.souvent liées à leur société par des rapports de confiance (quasi) réciproque . ces intervenants (souvent brillants) ne font que contribuer à ouvrir la voie à des organisations et à des structures plus jeunes et plus adaptables. Tolstoï compare ce grand corps presque vide à une ruche d'abeilles que la reine aurait abandonnée.  Les éléments brillants. les sociétés qui . Encore de l'agitation. Que la société périclite naturellement ou qu'elle soit aidée en cela par l'action volontariste des spécialistes en organisation ou de ses éléments les plus “brillants”.) . Léon Tolstoï décrit l'entrée des Français dans une Moscou abandonnée de ses habitants. Au chapitre XX du troisième livre de Guerre et Paix. situations syndicales très favorables.  Les “ni-ni”. D'un autre côté.se seront mis en mouvement très tôt pour retrouver une nouvelle situation dans laquelle ils seront reconnus et où on saura les utiliser de façon avantageuse. les “cellules” de l'organisation s'emploient donc à trouver ailleurs une nouvelle situation. quelques mouches pillardes y font des incursions furtives ... mais plus d'activité..sont maintenues en vie par voie d'acharnement thérapeutique.

Toutes ces recherches. certains pays européens se sont littéralement suicidés et la recherche dans ce domaine a souvent été abandonnée au profit de recherches folkloriques inutiles et coûteuses. en particulier celles sur le génome humain. Comment expliquer de façon rationnelle ces événements ? Au terme de notre parcours. des méthodes et des comportements immuables. il est aussi indubitable qu'on assiste dans de nombreux secteurs à des signes de régression :  Le retard pris par la recherche scientifique dans certains pays ne fait pas de doute et l'on peut constater – fait significatif .  Dans le domaine de la recherche biologique.qui pour le moment resteront sans réponse. Or. avec toutes les conséquences que cela pourra avoir. l'Europe a subi deux guerres désastreuses et trois révolutions majeures tout aussi désastreuses : révolution communiste. l'Europe.n'ont pas préféré maintenir inchangés des privilèges.. Ils finiront tôt ou tard par nous imposer le leur. nous allons nous permettre de soulever quelques points. les Américains (et sans doute pas qu'eux) ont pris le grand large et ont déjà disparu au delà de l'horizon. dans la vie publique elle-même. .horizon. Depuis la dernière guerre (1939-1945). des idéologies. l'Europe a bénéficié d'un développement remarquable dans tous les domaines et ces progrès réalisés en période de paix ont accompagné la création d'un vaste espace économique sur lequel beaucoup fondent de grands espoirs. véritables processus involutifs. couverts par des idéaux et des slogans lancés aux quatre vents et proclamés à grands coups de grande caisse. au point qu'on est en droit de se demander parfois ce qu'il y reste de la Démocratie. pourraient très lourdement conditionner notre avenir et reléguer les européens dans une position de citoyens de troisième zone.  S'agissant d'énergie atomique. dont certains se demandent si elle ne serait pas entrée dans une phase de déchéance (irréversible ?). base essentielle de développement et de progrès à longue ou très longue échéance.émigrés depuis longtemps à l'étranger (aux US) et qui ont parfois même oublié leur langue d'origine. intéressons-nous à l'histoire récente de notre continent. au delà de la forme..  Les chercheurs européens écrivent désormais majoritairement en anglais pour des revues publiées outre Atlantique. révolution fasciste et révolution nazi. nous ne pouvons pas prétendre que d'autres travaillent pendant des siècles en fonction de notre intérêt... on assiste à une certaine sclérose des institutions. mis à part quelque Institut britannique.que les mass médias se font souvent l'écho des succès obtenus par des scientifiques européens. on pourrait se demander si les élites européennes confrontées à la nécessité de changer et d'évoluer . Cependant.  Il est évident que l'Europe a perdu le train de l'informatique et vit très largement sur ce que d'autres ont inventé (les US en particulier). A défaut de jugement tout fait sur cette question. Pendant ce siècle.  Enfin. . qui les ont conduites à opérer de grandes fuites en avant.

. la loi de Parkinson s'applique à tous les cas où une organisation s'étend (expands) au point d'utiliser la totalité du temps qui est mis à sa disposition. le manager commencera d'abord par créer le désordre en utilisant les équipes à disposition au-delà du raisonnable ou de façon incohérente . pour aboutir dans les cas pathologiques aux gaspillages que nous avons recensés. Elle couvre donc aussi les situations dans lesquelles un manager. ce faisant. C'est cette interprétation que retiennent la plupart des conseillers en gestion du temps pour considérer que la meilleure façon d'optimiser l'organisation du travail consiste à planifier un maximum de tâches sur le temps le plus court possible.. mais ensuite. Northcote Parkinson dans les années 50 (1958). Une fois le cercle vicieux enclenché. Notre site s'intéresse aux cas pathologiques qui vont audelà même de ce principe physique. il sera non seulement contraint d'employer du personnel supplémentaire en interne mais aussi de faire appel à des ressources externes additionnelles qui viendront s'ajouter à la mêlée générale (intérimaires. dans ces situations.en croyant bien faire . En effet. Et c'est sur la base de cette interprétation que certains managers . ou consultants chèrement payés. vous aurez tendance en pratique à employer toute la semaine pour la réaliser. les processus pathologiques s'autoalimentent. Il n'est donc pas en contradiction avec cette loi. Cette loi établit que le travail s'étend de telle sorte qu'il occupe in fine le temps mis à disposition pour sa réalisation ("work expands to fill the time available for its completion”).). comme nous avons tenté de le montrer dans les pages qui précèdent. crée ce qu'il faut de désordre dans l'organisation pour assurer que 10 personnes soient effectivement occupées à plein temps. . ayant à sa disposition une équipe de 10 personnes pour faire le travail de 5 personnes.Il pourrait s'agir en somme du processus subi par un organisme qui – refusant l'inéluctabilité de sa déchéance et incapable de changer de mentalité . prestataires externes.fixent des objectifs de délais “agressifs” à leurs équipes. Postscriptum n° 1 : de la mauvaise interprétation de la Loi de Parkinson Certains lecteurs pourraient considérer que le contenu de ce site est en contradiction avec une des lois formulées par le professeur C. Conclusion La loi de Parkinson établit qu'une organisation s'étend et grossit au point d'arriver à occuper le temps et les ressources à sa disposition. En fait. il atteindra la limite des ressources à disposition .se réfugierait dans le rêve et dans le délire. Une interprétation erronée de la Loi de Parkinson L'illustration généralement donnée de cette loi est que si une tâche peut être achevée en une journée et que l'on vous donne une semaine entière pour la mener à terme. pour assurer la survie du projet et pallier les médiocres résultats obtenus. Les projets pathologiques : au-delà du principe “parkinsonien” Dans les processus pathologiques on assiste en quelque sorte à une exacerbation de la loi de Parkinson qui peut paradoxalement dériver d'une interprétation erronée de cette loi.

nous allons donner dans ce chapitre quelques exemples de comportements propres à un organisme atteint par ce virus. and complexity decay. le syndrome dont nous allons nous occuper maintenant trouve un terrain particulièrement favorable dans les régions cultivant le rationalisme cartésien..Notes : quelques lois de Parkinson : Work expands to fill the time available for its completion. Expansion means complexity. Il s'ensuit donc (ergo !) que :  Dans un projet rigoureux lancé par une organisation rigoureuse. l'erreur est impossible. examinons maintenant une autre branche de l'arbre luxuriant de la pathoprojectologie : le syndrome de la rigueur ! Contrairement aux dysfonctionnements étudiés jusqu'ici qui s'adaptent à peu près à tous les climats. on peut se demander comment José Bové peut rester indifférent à ces cas alarmants d'organismes génétiquement modifiés ! Plutôt que de nous appesantir sur la théorie. il est temps de remiser vos croyances futiles : l'infaillibilité est le propre du milieu cartésiano-rigoureux et le premier devoir d'un responsable d'équipe rigoureux sur un projet rigoureux dans une organisation rigoureuse est de se considérer comme infaillible .  L'organisation des équipes dédiées aux projets rigoureux est basée sur la rigueur cartésienne : elle est donc (ergo !) parfaite et point perfectible car elle couvre d'emblée tous les cas . La loi fondamentale du projet rigoureux Dans un projet conduit selon des méthodes rigoureuses et s'appuyant sur des théories et des procédures valides. Lorsque le virus propre à cette pathologie fait souche dans une organisation de ce type. d'incantations et de cérémonies. à moins de renoncer à la sacro-sainte loi fondamentale de la rigueur. Et vraiment. Postscriptum n°2 : Les ravages de la pseudo-rigueur Nous nous sommes concentrés jusqu'à présent sur un filon unique assez riche pour mériter un site entier. Policies designed to increase production increase employment. le rationalisme et la rigueur ne sont plus envisagés comme des moyens de concevoir et de produire de façon efficace. mais se transforment au contraire en une sorte de liturgie aussi vide de contenu qu'elle est encombrée de rites. Expenditure rises to meet income. cette formulation peut provoquer des ravages dévastateurs : Si vous faites partie des naïfs qui s'imaginent que seul Dieu est infaillible.. policies designed to increase employment do everything but. Pour ne pas faire de jaloux. l'imprévu ne peut pas exister : tous les futurs possibles sont prévus d'avance et pris en compte "rigoureusement" . Sous un aspect apparemment très innocent. Telle est la loi de la rigueur.

 Tout étant pensé et préparé de façon rigoureuse. Côté jardin. côté cour. aucun travail ne serait possible pour le personnel des services rigoureux. les plus dangereux sont ceux qui détruisent lentement et se donnent ainsi le temps de se multiplier et de prospérer. La capacité de survie du projet rigoureux vient de ce que les milieux rigoureux fonctionnent en réalité sur deux axes qui ne se rejoignent jamais : la ligne officielle de la Rigueur d'un côté. .. qui se retrouverait enserré dans une sorte de cage ou d'armature organisationnelle . Hypocrisie et compromis discrets assurent ainsi la perpétuation de la vie (ou de la galère) de cette espèce particulière de projets pathologiques. Dans le milieu rigoureux. On voit bien qu'en l'absence de débrouille. des soubresauts et des gaspillages.. Il en va ainsi du virus de la rigueur. L'application rigoureuse du principe de la rigueur provoquerait bien entendu très vite l'effondrement de l'organisation touchée et la disparition du syndrome de la rigueur dans la foulée .possibles et impossibles. les chefs sont conscients que l'application stricte de la rigueur conduit à une paralysie totale . mais la débrouille tempère et compense ces déviances. les microbes les plus dangereux ne sont jamais ceux qui tuent sur l'instant en provoquant tout à la fois la disparition de l'organisme malade et du microbe lui-même ... elle est par nature rigide et établie une fois pour toutes. mais la débrouille y est admise et a pour ainsi dire droit de cité. Ce paradoxe apparent tient tout simplement à la préoccupation qu'ont les dirigeants d'aménager leur irresponsabilité :  d'un côté. c'est l'hypocrisie généralisée à tous les niveaux (et non plus seulement au niveau des organes de contrôle) qui constitue le liant fondamental soudant les différents composants de l'organisme rigoureux entre eux. tout est fait rigoureusement . aucune correction ni changement de méthode ne seront nécessaires par la suite (ergo !). ce qui est impossible dans un milieu rigoureux (CQFD) ! Les lecteurs qui n'auraient pas la chance d'être initiés à ce type de processus pourraient penser que de telles déviances intellectuelles sont impossibles ou qu'elles ne peuvent résister longtemps à la réalité du terrain et aux limites de la condition humaine ! Grave erreur ! Les processus rigoureux existent et jouissent d'un grand avenir. ou alors c'est que le projet n'aurait pas été mené de façon rigoureuse. Le fonctionnement de l'organisation rigoureuse L'organisation rigoureuse étant parfaite.. La capacité de survie des projets rigoureux Dans la nature. si bien que la charrette de la rigueur peut continuer à avancer cahin-caha au milieu des secousses. et la ligne officieuse et tolérée de la Débrouille de l'autre. on bricole et on bidouille dans l'ombre.

.. on colle souvent à ce type d'organisation informelle des noms qui .ils sont donc évitables ! Pas de panique ! Il vous suffit d'appliquer la loi de la rigueur à la lettre : Pour commencer. Pour faire bonne figure.. Il serait sacrilège d'informer l'assistance que quelque chose va mal.pour ainsi dire . d'étiquetage. la position des chefs s'en trouvera tout simplement confortée. il vous faudra rendre compte du "résultat" de l'expédition pendant la grande messe. Supposons qu'une société ait produit 200 missiles envoyés au client par voie de mer et qu'à la veille de la grande messe hebdomadaire on apprenne la nouvelle du naufrage du bateau en plein océan. La grande messe : "le bateau a coulé" Il est habituel dans les organisations que le chef convoque ses subordonnés à un rythme régulier.. le chef pourra dire que personne ne l'en avait informé. on prévoit même les naufrages à l'avance. avec la certitude d'avoir raison puisqu'il s'agit de règles impossibles à respecter .. Vous passerez ensuite à la description des opérations de chargement et de dédouanement qui .. ils ne peuvent s'empêcher de considérer toute évolution ou changement comme une méprisable absence. Une fois cette mission accomplie.comme chacun peut s'en douter . Donc tout va bien . Il s'agit là d'une opération délicate qui demande du tact. Que faire ? Annoncer que le bateau a coulé ? Quelle horreur ! Dans un organisme rigoureux.rigoureusement. Tout l'intérêt de cette cérémonie en milieu cartésiano-rigoureux consiste simplement à décharger le chef de ses responsabilités : il ne s'agit pas de permettre au Grand schtroumpf rigoureux de contrôler ou de prendre des décisions mais plutôt de se faire confirmer que tout procède. de composition des modules et de conditionnement du matériel . et si l'on découvre ensuite un cadavre dans les placards. vous allez vous étendre longuement sur les opérations d'emballage.sentent bon la rigueur . on masque ainsi le fait que l'organisation n'aurait jamais pu fonctionner telle qu'elle a été conçue et on englobe dans la rigueur la débrouille et le désordre. de la diplomatie et bien entendu.ont été effectuées de façon . Le dilemme peut néanmoins être résolu si l'on admet comme expédient que les individus communiquent entre eux de façon informelle et sans aucune préoccupation rigoriste : c'est la débrouille. on pourra toujours accuser les débrouillards de ne pas avoir respecté les règles. de l'autre.. Voici comment il faut procéder : En tant que responsable de l'expédition vous allez tout d'abord informer le grand chef du douloureux incident de façon strictement confidentielle et par voie rigoureusement réservée.une bonne dose d'hypocrisie.  et si les choses vont bien. Ce procédé présente de plus un avantage évident :  si les choses devaient se compliquer et que des problèmes devaient survenir.de rigueur.. vous pourrez mentionner par exemple que les étiquettes étaient de dimensions rigoureusement standard et que la couleur du papier d'emballage était aux normes.

on aura recours à la panoplie des techniques exposées dans le site pour masquer et camoufler les problèmes (chapitre : les symptômes les plus visibles des projets pathologiques / le partage des responsabilités). on choisira de "gratifier" le personnel responsable des tests pour qu'il ferme un oeil et même les deux sur ces détails . Toute la question est ensuite d'adapter cette procédure à la culture locale lorsque le produit (fabriqué selon les lois de la rigueur) ne marche pas : Si ce produit est livré en interne.. perdre du temps pour prouver qu'il fonctionne est tout simplement un non sens. le problème qui se présente le plus fréquemment est celui de l'obsolescence des composants. ils sont donc parfaits !). une phase de test est toujours prévue quel que soit le client final du projet (interne ou externe). on comprend toujours plus vite en pratiquant. on entrera dans la phase dite "des bricoleurs":  pour des problèmes importants. monocorde et d'une intensité légèrement inférieure à la norme. Si vous avez encore du mal à suivre. Les tests Lorsqu'un produit est conçu de façon rigoureuse... il vous suffira de glisser un dernier détail à l'attention voilée du chef : "Comme cela vous a été communiqué.. des inconvénients sont survenus durant la traversée.).  pour des problèmes mineurs (connexions oubliées. tranquille. évidemment. faites vous donc embaucher dans une organisation rigoureuse . prévue pour le 15 du mois. conformément au calendrier".. Dans ce cas. La reproduction d'un produit déjà réalisé Il peut arriver que l'on souhaite réaliser après des années une nouvelle série d'un produit qui a déjà été construit bien auparavant.rigoureuse et vous insisterez ensuite particulièrement sur le respect de l'horaire de départ. L'obsolescence d'un composant ne peut être prévue qu'occasionnellement . dans la mesure où nous sommes tous amenés aujourd'hui à imiter les procédures américaines dans leur formalisme et que les Américains font des tests.y compris dans les milieux rigoureux. dans les projets . Si le produit est en revanche livré à un client externe. d'une voix ferme. Ergo ! Vous voilà initié à la loi de la rigueur cartésienne en milieu rationalo-cartésien d'opérette. le chef ne sait pas. Donc. composants aux caractéristiques insuffisantes etc.. on effectuera les corrections loin des yeux et des oreilles du chef et sans réintégrer les modifications qui s'avèrent nécessaires dans les dossiers de production (ces dossiers ont été conçus de façon rigoureuse .sans répercussion aucune sur la prochaine expédition du deuxième chargement. Cependant. Retenez ceci : ce qui compte dans l'opération c'est que le responsable de l'expédition puisse dire que le chef sait sans que pour autant tout le monde sache officiellement que le chef sait. Arrivé à ce stade.

et en réalité pilotée par de vieux routards du métier. ces modifications ne seront pas reportées dans les dossiers de production. compte tenu des limites de l'être humain. En pratique. le dossier initial. Dans d'autres cas encore.mais cette fois. à des coûts gigantesques pour démontrer qu'aucune erreur n'a été commise dans le projet initial. capables de corriger en silence les nombreux dysfonctionnements qu'ils récupèrent des chantres de la rigueur. on finira par mettre au point un produit viable. supposé parfait. on opère les corrections nécessaires et on re-teste. des brocanteurs ou bien croyez le ou non . Dans ces conditions. à lancer des productions de composants vieux et dépassés. mais neuf fois sur dix.  Ensuite on transférera progressivement toujours plus de responsabilités à cette société jusqu'à ce qu'elle se substitue dans les faits à l'équipe projet de l'organisation rigoureuse. le produit conçu selon ces méthodes commence d'abord par ne pas marcher comme prévu . des écrans. concevoir du matériel signifie savoir modéliser parfaitement une infinité de situations et de phénomènes physiques. De cette façon et après un nombre raisonnable de tests. elle ne peut tout simplement pas exister. il doit donc être parfait et ne demander aucune retouche ni correction.. on préfère souvent tout simplement renoncer à produire et à vendre. de dessinateurs. cette obsolescence n'ayant pas été prévue.. Alors on bricole et on se débrouille autrement :  On confiera d'abord le soin de l'assemblage et des tests à une société externe. On en arrive parfois même. on ne voit plus aujourd'hui que des ordinateurs. Bien entendu. pour que le produit soit vendable . . Un beau bordel certainement. on révise le projet. ne sera pas modifié. ceinture". tous les problèmes relevés la première fois se reproduiront de nouveau. Après quoi.en cannibalisant d'autres produits. il ne le sera jamais. En principe. de laboratoires et d'officines.rigoureux. pour respecter l'exigence de la rigueur. des claviers et des cols blancs. neuf fois sur dix.. ce qui est très normal et très prévisible. le software prend de plus en plus la place de l'hardware et dans des organisations qui disposaient autrefois de bureaux systèmes.. Et en effet plutôt que de renoncer à la loi de la rigueur. ce qui implique que si l'on change d'assembleur.mais la rigueur est sauve... plus de possibilité de bricolage en laboratoire parce que les laboratoires ont disparu. C'est seulement dans le cas où il serait absolument impossible de se procurer de vieux composants qu'intervient la débrouille : on se les procure alors auprès des ferrailleurs. formellement supposée peuplée de béotiens ignorants.. Qu'en est-il dans les milieux cartésiano-rigoristes ? Désastre ! Le produit a été conçu de façon rigoureuse. le chef acceptera que les modifications nécessaires soient effectuées en faisant semblant de ne rien savoir. La répartition des compétences Dans nos sociétés modernes. pour garantir le respect des lois impitoyables de la rigueur. Et si cet expédient aussi se révèle impraticable ? "Alors.

 mais surtout la lecture de cette oeuvre de Stefan Zweig . Résumé Marie Stuart. Nous avons pourtant deux bonnes raisons de le faire:  s'agissant d'un site personnel. Suite à de nouvelles imprudences de Marie Stuart. Le dernier de ces scandales l'assassinat de son mari (Henry Darnley Stuart. Stefan Zweig indique clairement qu'Elisabeth avait connaissance du piège tendu à Marie Stuart depuis le début et au minimum l'approuvait. Comme des promeneurs découvrant un paysage connu sous un nouvel angle de vue. Elisabeth possédait des qualités managériales telles qu'il est parfois difficile de distinguer dans son entourage ce qui ressort d'initiatives individuelles et ce qui relève d'un travail d'équipe bien . La destinée tragique de Marie Stuart Le résumé qui suit ne peut en aucun cas remplacer la lecture de l'ouvrage publié en 1935 par Stefan Zweig que nous recommandons vivement pour sa qualité d'écriture et pour le regard aigu et vigilant que l'auteur porte sur l'âme humaine. nous souhaitons pouvoir y inclure librement tout argument susceptible d'en enrichir le contenu. même au détriment d'une certaine cohérence formelle . Marie Stuart est condamnée à la décapitation (1586) et après bien des hésitations. décide de la perdre en la laissant s'empêtrer dans les mailles d'un filet habilement tissé par des agents anglais. nous voudrions partager l'apport reçu de cette lecture. D'autres sources considèrent que les conseillers d'Elisabeth n'en auraient parlé à la Reine qu'une fois l'affaire menée “à bon port”. sa rivale et son ennemie (1568). (1) : Sur le rôle d'Elisabeth dans cette affaire. Marie Stuart commet alors sa dernière erreur : l'approbation écrite d'un complot contre Elisabeth. roi d'Ecosse) par son amant (Bothwell) en 1567 entraîne la rébellion des lords écossais. déjà suspicieuse.nous a ouvert les yeux sur une autre façon d'envisager le problème de la responsabilité des dirigeants. reine de France puis reine d'Ecosse provoque par sa conduite irréfléchie un enchaînement de scandales qui finissent par saper son autorité. piloté et surveillé en réalité par les espions de cette dernière(1). Elisabeth signe son acte de mort. Forcée d'abdiquer. les versions sont parfois différentes. Quoiqu'il en soit.postérieure à la mise en ligne du site . Nous devons maintenant dépasser ce constat et nous interroger sur ce que signifie vraiment la responsabilité quand elle se conjugue au pouvoir. Dans notre petite autopsie des processus pathologiques. la reine déchue se réfugie en Angleterre auprès d'Elisabeth I. Elisabeth d'Angleterre. nous avons évoqué l'incapacité de certains dirigeants à assumer leurs responsabilités dans les organisations “malades”.Postscriptum n°3 : Marie Stuart de Stefan Zweig Variations sur le thème de la responsabilité Traiter ici du destin tragique de Marie Stuart peut surprendre.

après avoir longuement consulté. La lutte constante qu'elle mène tout au long de sa vie pour revendiquer sa couronne et son titre “de droit divin” sur l'Ecosse et sur l'Angleterre.. est soumise à une condition : la signature de l'ordre d'exécution par Elisabeth d'Angleterre.. prend la décision souveraine de confirmer la mort et ordonne qu'on lui soumette l'ordre d'exécution de la sentence. Lourde responsabilité ! “Car que signifie l'envoi d'une reine à l'échafaud si ce n'est montrer à tous les peuples asservis de l'Europe que les monarques sont eux aussi responsables de leurs actes devant la justice et nullement intangibles ?”. tandis que Marie Stuart voit dans la royauté une prédestination qui la dispense de toute obligation. Henry Darnley Stuart. médité et hésité. Marie Stuart ne semble cependant pas avoir été à sa place comme Reine.écrit Zweig . Personnage complexe et fascinant racheté par la solennité de sa mort. cette première variante de la responsabilité correspond aux standards des processus pathologiques exposés dans ce site : une tragi-comédie jouée par des acteurs médiocres et. L'assassinat de Darnley: une tragi-comédie Dans la nuit du 9 au 10 février 1567.nous dit Zweig ...c'est William Davison (secrétaire privé d'Elisabeth) qui porte le document à la signature. C'est Bothwell qui a organisé le crime en s'ouvrant ainsi une voie vers le trône .et l'histoire montrera qu'il s'agissait d'un précédent historique dangereux.. Deux variantes de la responsabilité Dans la confrontation entre ces deux grandes figures féminines du XVIème siècle émergent deux pratiques différentes du pouvoir.déjà discréditée . Elisabeth D'Angleterre : la condamnation de Marie Stuart L'exécution de Marie Stuart. réclamée par le tribunal de la noblesse qui l'a jugée. à savoir qu'une reine. Nous avons essayé d'être fidèles dans l'interprétation. Toute cette affaire. avant d'avoir usé les chaussures avec lesquelles elle a suivi le cadavre de son mari. à l'arrière-goût de Rainbow Warrior. Elisabeth vit pour son pays et regarde son état de souveraine comme une profession comportant des devoirs.dementat (NDLR). dominée par sa passion. “Si Marie Stuart . Elisabeth I. En bref. Ce n'était pas seulement le cou de Marie Stuart qui risquait d'en souffrir.déclare que les coupables seront sévèrement punis et organise une mascarade de procès destinée à établir l'innocence de Bothwell et la sienne. en est la complice. comme si elle avait . roi d'Ecosse. Quos deus perdere vult.. Alors que des voix s'élèvent pour accuser Bothwell. “Encore quelques semaines .. en épouse l'assassin.mené.et ce qui paraît incroyable et une exagération poétique dans Hamlet va devenir une réalité. A l'arrivée de son secrétaire. deux visions opposées des devoirs qu'il implique.vit pour elle même. D'obscurs sous-fifres font office de fusibles et l'affaire est classée. En février 1587. relève d'une opération bâclée guidée par des impératifs mesquins et non par une analyse objective de la situation.” Concentrons-nous maintenant sur deux épisodes bien précis destinés à alimenter nos réflexions.. ressemble plus à un cri désespéré qu'à une affirmation de son autorité. C'est ici qu'intervient un scénario en deux temps : 1) Le secrétaire d'Etat et ministre de la police (sir Francis Walsingham) . la Reine.“ayant la chance ou la sagesse d'être malade” . Marie Stuart.”.irresponsables.. passe de vie à trépas dans l'explosion de sa “résidence” d'Holyrood. Marie Stuart .

la Reine d'Angleterre est non seulement consciente de ses devoirs mais de plus les revendique par la dignité que lui confère la couronne et par son rôle de souveraine dont ell e mesure pleinement l'ampleur. Furieuse. de leur côté. Ne sachant que faire. Le mieux concluent-ils . Elisabeth change d'avis et ordonne que l'ordre d'exécution soit bloqué.soudainement oublié l'ordre qu'elle a donné. Le 8 février 1587. Ils s'attendent en fait à ce que la Reine les désavoue en public et les félicite chaudement pour leur diligence en privé. Marie Stuart est décapitée dans la grande salle du château de Fotheringay. même si la duplicité était un art maîtrisé de cette femme lorsque les circonstances l'exigeaient. il est jugé. En fait. Commentaires . elle les signe distraitement (y compris l'ordre d'exécution) comme s'il s'agissait d'affaires courantes pour lesquelles elle se fie entièrement à ses subordonnés. Davison revient mais cette fois la Reine. de l'affranchir de cette patate brûlante. Elisabeth envoie une lettre au fils de Marie Stuart. le laisse repartir sans lui avoir donné la moindre consigne. dans une scène magistrale. se met à bavarder de la pluie et du beau temps . puis libéré avec pour ordre de ne jamais reparaître à la cour. il se confie à d'autres membres du Conseil qui se gardent bien. la Reine d'Angleterre entre dans une rage folle. puis tout en continuant à deviser et en se gardant bien de lire les documents. Le malheur veut pour notre homme qu'il n'y ait aucun témoin à la scène. Les membres du Conseil se consultent alors et concluent qu'Elisabeth souhaite l'exécution de Marie Stuart mais ne veut pas en assumer la responsabilité. S'agissant de dirigeants. Comment a-t-on osé ordonner à son insu et sans son ordre formel l'exécution de sa “chère soeur” ?! C'est sur Davison que se déverse finalement la colère royale : lâché par ses pairs. Entre-temps. Enfin. Tous les Grands d'Europe sont informés de l'atroce douleur que cet assassinat a provoquée dans l'âme inconsolable de la Souveraine. nos rugissements font maintenant figure de pitoyables miaulements. jeté en prison. Jacques VI. Notre analyse initiale voit défiler des personnages malades dans leurs comportements et médiocres sur le fond. elle se livre presque à des voies de fait sur son conseiller (William Cecil) et l'abreuve de reproches et d'injures. responsabilité limitée En rédigeant notre essai. 2) Les conseillers d'Elisabeth se trompaient ! A la nouvelle de l'exécution. quoique ses conseillers l'y poussassent journellement. il ne faudrait surtout pas penser qu'Elisabeth ne croyait pas un mot de ce qu'elle écrivait.” Or. ils nous ont semblé condamnables entre autres . saisie de colère. Puis pour prévenir l'objection toute naturelle qu'elle aurait trouvé en Davison un bouc émissaire. ils décident d'insérer un prologue précisant à l'audience qu'il s'agit d'un faux lion et de faux rugissements. elle dit fièrement qu'aucune puissance de la terre ne pourrait la contraindre à charger autrui de ce dont elle serait responsable. A la lumière de l'ouvrage de Stefan Zweig. Elisabeth lui enjoint cependant de communiquer avec diligence l'acte d'exécution au chancelier et déclare qu'elle ne s'y est résolue qu'à contrecoeur.Le paradoxe du pouvoir : à puissance étendue. Au moment où Davison prend congé. dans laquelle “elle prend Dieu à témoin qu'elle est innocente dans cette affaire et que jamais elle n'a songé à faire exécuter sa mère. nous étions dans la position de ces comédiens amateurs caricaturés par Shakespeare dans le songe d'une nuit d'été : craignant que l'imitation d'un lion confiée à l'un d'entre eux n'épouvante les spectateurs.est d'exécuter sa volonté. De peur d'effrayer les lecteurs nous nous sommes ainsi efforcés d'atténuer la crudité des phénomènes étudiés dans notre site.

action-récompense-sanction. voilà que se dresse devant nous une figure historique. Voilà la règle que même une grande reine est forcée de respecter. une Reine qui a dignement mérité le titre de “grande”. Son action peut ainsi “se dilater” mais (c'est là le problème) la sanction. Reste que cette distinction est loin d'être simple. Or. il finit par se forger des règles de comportement qui visent à en minimiser les inconvénients et en à maximiser les avantages. Devant son attitude. contribue chez l'être humain à la formation d'une norme morale selon laquelle tout acte doit recevoir une sanction ou une récompense proportionnelles à ses conséquences. il existe une contradiction évidente entre cet impératif moral et le fonctionnement de la société humaine dans son ensemble. Comment évaluer l'apport d'un dirigeant dans un environnement complexe. Il s'agit d'une loi physique incontournable : le puissant ne pourra jamais être puni ou récompensé proportionnellement aux actions qu'il engage . sans doute faudrait-il se contenter de faire la différence entre celui qui construit et celui qui démolit ou se contente plus vulgairement “de vivre sur la bête”. et cette Reine semble exprimer le même refus. y compris avec le recul du temps ? Quels critères appliquer ? Quels indicateurs utiliser ? On ne peut pas renoncer à tout jugement pour autant: l'être humain est naturellement porté à se forger une opinion avec les moyens et les critères à sa disposition et refuser de juger c'est renoncer à vivre. nous sommes forcés de nous interroger sur le sens du mot “responsabilité” appliqué à un homme ou à une femme "de pouvoir".par leur refus d'assumer les responsabilités qui leur reviennent. un personnage en tous cas qu'on ne peut pas confondre avec les vulgaires lapins et les souriceaux qui s'agitent dans notre site . Ce trinôme. Alors comment distinguer un bon dirigeant d'un mauvais ? Comment séparer le bon grain de l'ivraie ? Au vu de ce qui précède. Cette façon de concevoir héritée des premières phases de la vie. Une soif de justice atavique. Lorsqu'un être humain acquiert du pouvoir. Hitler.. restera toujours individuelle et donc limitée. propre à tout être vivant.qui se heurte à la réalité Dès sa naissance (peut-être même avant) l'organisme vivant expérimente continuellement les réactions de son environnement et de son propre corps à ses actions et. Qu'un individu soit responsable de la mort d'un seul homme ou de milliers. n'aurait jamais pu subir plus de peines et de sanctions qu'un seul parmi les centaines de milliers de prisonniers russes qu'il fit périr dans les camps d'extermination de Rawa Ruska et alentours. Or. la peine maximale qui pourra lui être infligée se “limitera” toujours à la perte de sa seule et unique vie.. s'il avait été capturé. elle. il est donc intrinsèquement “irresponsable”. il englobe en quelque sorte son environnement dans sa sphère d'influence et dans l'exercice de son autorité il voit sa puissance décupler par le consensus et l'obéissance de ses subordonnés. avec le temps. et comme enracinée dans notre patrimoine génétique. . nous accompagne tout au long de notre existence.

” En conclusion.. notre grand schtroumpf rigoriste d'opérette n'est pas tant condamnable pour son incapacité congénitale à assumer ses responsabilités mais plutôt pour le simple fait d'être un médiocre acharné et un imbécile professionnel. Pourquoi ne pas voir alors dans cette exigence forte d'une justice supérieure à celle des hommes.. il est beaucoup plus prudent de déverser une énième solution dans l'océan des solutions déjà en vogue que de soulever des problèmes bien réels susceptibles de perturber le doux repos de personnes qui ne demandent qu'à continuer de "travailler" (si on peut dire) comme elles l'ont toujours fait.... une proposition de solution de notre part risquerait donc d'être .. .Une chose est sûre d'ailleurs : c'est qu'un monde sépare cette Reine qui a donné son nom à l'Angleterre de son siècle et notre dirigeant rigoriste du postcriptum n°2 (cf ci-dessus : les ravages de la pseudo-rigueur). Postscriptum n°4 : Commentaires reçus Commentaires sur l'absence Autres remarques sur le fond et la forme de proposition de solutions COMMENTAIRES SUR L'ABSENCE DE PROPOSITION DE SOLUTIONS Parmi les réactions reçues au sujet de ce site et de son addendum. Dans la bouche d'une Elisabeth d'Angleterre. cela équivaut simplement à “c'est moi qui décide mais c'est pas moi qui paie et le premier qui me parle de responsabilité je le vire. dans cette foi en un monde plus grand. l'esprit peut trouver une consolation dans l'existence de l'Au-Delà. Face au conflit qui oppose la norme morale héritée et intégrée par l'être humain et le fonctionnement du monde dans lequel il est jeté. plusieurs internautes nous ont signalé ou reproché de nous être prudemment limités à analyser des problèmes sans proposer aucune solution. Notre réponse est la suivante : 1) De nos jours. nous ne sommes pas des spécialistes ..un héritage venu tout droit de notre enfance ? Hélas. Dans celle de notre managerus rigorosus comicus. 2) Comme nous l'avons indiqué à plusieurs reprises dans les deux sites.. ce débat philosophico-religieux dépasse nos compétences et la sagesse nous commande de nous arrêter là. plus haut et plus juste. La vraie justice est dans l'Au-Delà !.. l'expression “j'en assume l'entière responsabilité” signifie gagner sa légitimité en mettant son pouvoir au service de son pays. de cet autre monde où les peines et les récompenses seront à la mesure des actes commis ici-bas et compenseront pleinement “l'injustice” qui y règne.

4) Nous pensons que décortiquer les problèmes et les causes exige un effort multidisciplinaire dans un environnement universitaire.? Pour conclure sur cette question des solutions. Participer à un groupe de travail de ce type serait sans doute intéressant pour nous (voire amusant) à condition que cela soit utile et nous n'avons pas d'opinion à ce sujet.. si nous sommes fermement convaincus de la nécessité d'un tel travail.. Nous serions heureux de recevoir de nos lecteurs leurs réponses quant aux chances de succès d'une telle initiative auprès de ces différentes sociétés. vous décidez d'agir seul (“je me présente. Les difficultés rencontrées en gestion de projet ne concernent pas seulement des questions techniques (méthodes et outils) mais aussi des problèmes de civilisation et de psychologie humaine. Deuxième cas : un certain nombre d'indices vous conduisent à penser qu'un pont très fréquenté risque de s'écrouler et vous avertissez qui de droit pour que les mesures nécessaires soient prises. Ce dernier signalait cependant de trop nombreuses et . elles auraient décelé par hasard des processus pathologiques dans leurs organisations (demande somme toute innocente et anodine.. M. Alors regardez bien autour de vous : à qui faudrait-il vraiment reprocher de ne pas apporter de solutions ? AUTRES REMARQUES SUR LE FOND ET LA FORME Nous avons reçu jusqu'à présent de nombreux encouragements et très peu de critiques de fond. certaines parties de notre site (en particulier la page traitant de la pseudorigueur) ont été qualifiées d'intéressantes sur un site que nous ne signalons pas ici. vous la secourez promptement avant qu'elle ne tombe : c'est très bien. vous en conviendrez). qu'avant de proposer des solutions au problème qui nous intéresse. encore faut-il avoir pris la peine de diagnostiquer la maladie . Dupont contribuable de son état”) et vous interrogez un certain nombre de sociétés pour savoir lesquels parmi leurs différents projets sont des succès ou des échecs et si. 3) Nous sommes fermement convaincus. On ne peut donc pas dire que nous n'avons suggéré aucune solution mais plutôt que d'illustres professeurs n'ont pas considéré nos suggestions comme recevables. Peut-on raisonnablement vous reprocher dans un tel cas de ne pas apporter de solutions pour éviter que le pont ne s'écroule ? Et si vous n'avez pas de solution à proposer. A ce propos. Dernièrement. on trouve aujourd'hui beaucoup d'apothicaires prêts à vendre à grand prix un élixir soi disant universel sans se soucier de savoir de quoi souffre le patient. Nous avons proposé ce travail à différents professeurs universitaires sans le moindre résultat. ce qui est pire. Dans aucun de ces deux sites nous ne prétendons avoir couvert cette phase préliminaire mais nous croyons avoir exposé pourquoi tout progrès suppose d'en passer par là. 5) Certaines personnes nous ont indiqué qu'à défaut de proposer des solutions. Avant d'administrer un remède. devriez-vous vous taire ? Une question subsidiaire pour conclure sur le sujet qui nous intéresse : voyant que personne ne bouge. de décortiquer et de diagnostiquer comme il se doit les différents problèmes et leurs causes. aucun éditeur n'accepterait de publier un essai sur cet argument. n'étant pas sûrs de rendre service à son auteur.au mieux inutilisable. vous avez trouvé une solution. exposons simplement deux cas de figure: Premier cas : vous marchez à côté d'une personne qui trébuche et risque de se blesser . il est d'abord indispensable d'analyser.Faudrait-il par hasard consacrer un nouveau site aux phénomènes pathologiques qui sévissent dans le milieu de l'édition. au pire dommageable. nous n'aspirons pas nécessairement à y jouer un rôle..

nous avions décidé de laisser le site en l'état. il est possible que des erreurs subsistent." Herman Melville L'idée que nous soyons idéologiquement "tendancieux" nous a beaucoup surpris et encore plus amusés. Postscriptum n°5 : Le fonctionnement des organes de contrôle dans les organisations pathologiques Dans le chapitre consacré aux symptômes des projets pathologiques. Nous continuerons donc malgré tout à exposer nos idées. avec les fautes déjà repérées et celles qui nous étaient encore inconnues. c'est à dire notre résistance obstinée à toute idéologie. ceux qui ont déjà lu les remerciements en bibliographie comprendront que notre Français ne peut être parfait puisque nous ne l'avons jamais étudié à Florence (!) . ils nous pardonneront donc. sauf à les commettre en prétendant donner des leçons du haut d'un piédestal de présomption.  sont détenteurs d'un pouvoir d'alerte dans le cas contraire (rapports d'audit contenant les constats et recommandations d'amélioration). D'ailleurs. nous aimons écrire et la crainte de faire des erreurs de grammaire. "Let us speak. Nous envisageons donc d'offrir 3 kilos de parmesan “d'origine contrôlée” à celui de nos visiteurs qui saura le mieux mettre en évidence (arguments et exemples à l'appui) le contenu “ idéologique” de nos écrits (en réservant cette mention aux idéologies classiques de droite et de gauche). though we show all our faults and weaknesses . notre critique ne nous ayant apporté aucun exemple pour nous aider. les organes de contrôle (auditeurs internes ou inspecteurs internes selon la terminologie en vigueur) :  s'assurent que les risques de l'entreprise sont bien identifiés et maîtrisés .“misérables” fautes d'orthographe et regrettait l'approche trop idéologique de notre conclusion. Aucun de nos visiteurs ne semblant être particulièrement gêné par ce défaut. nous avons analysé les raisons qui incitent les organes de contrôle à garder le silence face aux dysfonctionnements propres aux projets pathologiques. Nous ne pensons pas que des fautes d'orthographe ou de grammaire puissent être “misérables”.. and out with it. for it is a sign of strength to be weak. Cela dit. En outre. to know it. car dans tous les forums auxquels nous avons participé jusqu'à présent c'est précisément l'inverse qui nous est régulièrement reproché.. Comme tout ce qui est humain nous intéresse (dixit Ennius). nous avons cependant révisé le site récemment sans pour autant prétendre à une perfection qui n'est pas dans notre nature et à laquelle nous ne tenons pas du tout. conscients de nos faiblesses. de syntaxe ou d'orthographe ne nous effleure même pas quand il s'agit de ce plaisir. LES ORGANES DE CONTROLE DANS LES ENTREPRISES SAINES Le dispositif de contrôle interne mis en place par une entreprise lui permet de s'assurer que l'organisation dans son ensemble respecte ses objectifs tout en maîtrisant les différents risques liés à son activité. Au sein de ce dispositif. Le rôle clé de ces organes dans une entreprise justifie une page spéciale sur leur fonctionnement dans les organisations pathologiques. .

dans le cas où l'on n'aurait personne d'autre sous la main. privilèges non justifiés. l'auditeur pathologique doit rendre visible un nombre d'interventions. si besoin. non pas tant pour l'utiliser (car le nombre de balles au fusil est parfois limité) mais pour faire planer une menace permanente sur quiconque viendrait lui reprocher de ne pas bien faire ... voire la survie. LES ORGANES DE CONTROLE DANS LES ORGANISATIONS PATHOLOGIQUES Dans un environnement pathologique. Au cours de sa carrière. IMPERATIF N°2: Justifier de son existence : Pour ce faire.  et bien sûr rédiger et diffuser en abondance des notes.  servir de bouc émissaire ou de responsable « final » pour un projet pathologique. en tous cas en interne.). car susceptibles de mettre en cause la position de la hiérarchie (voir les mécanismes décrits dans le chapitre le silence des organes de contrôle dans le cas des projets pathologiques).. Pour se prémunir du danger. de l'entreprise au regard des objectifs qu'elle s'est fixés. l'auditeur pathologique peut être lui aussi soumis à l'arbitraire des changements politiques. c'est-à-dire d'informations qui si elles étaient divulguées pourraient mettre sérieusement en difficulté la société et surtout ses dirigeants (montages financiers. fiscaux. Il pourra donc:  se voir reprocher un jour d'avoir fermé les yeux sur des problèmes réels (par exemple : cas où un nouveau directeur souhaite mettre en difficulté un prédécesseur ou un concurrent potentiel) . Il s'établit alors une relation de confiance implicite dans laquelle l'organisation dans son ensemble sait qu'elle a tout intérêt (elle y gagne économiquement) à assurer à ses auditeurs. Pour assurer sa survie (« cover your ass »!). une indépendance dont les premiers garants sont précisément les dirigeants de la société. La solution consiste à :  multiplier les points qui concernent des sujets politiquement corrects . organigrammes et procédures confirmant le principe de l'indépendance des organes de contrôle au sein de l'organisation. les solutions de partage des responsabilités classiques en gestion de projet pathologique (désignation d'un bouc émissaire. changement de périmètre . les auditeurs internes doivent disposer d'une marge de manoeuvre entière leur permettant de s'exprimer sur tout sujet dès lors qu'il a un impact négatif sur le fonctionnement.Pour réaliser leurs missions. circulaires. etc…. tout auditeur est un jour ou l'autre mis en présence d'informations sensibles pour l'organisation. un auditeur pathologique respecte trois impératifs de base : IMPERATIF N°1: Fermer les yeux sur les sujets «politiquement» incorrects. l'auditeur pathologique dispose d'un outil de base : le dossier. l'auditeur pathologique se doit de conserver ce type d'information. IMPERATIF N°3: Protéger ses arrières: Dans un contexte où son existence n'est pas tant liée à son utilité réelle par rapport aux objectifs de l'entreprise mais à son habileté à ménager les sujets sensibles.  mentionner les sujets sensibles en adoptant une formulation qui “noie le poisson” et recourir à / valider. de constats et de recommandations d'amélioration suffisant pour avoir l'air productif et justifier le salaire qu'il perçoit à la fin du mois. chartes.

. Quant à l'idée selon laquelle les organes de contrôle externes jouiraient de leur côté d'une parfaite indépendance et ne seraient pas sujets aux mêmes déviations. un niveau de risque supérieur était attribué à un repose tête mal plié plutôt qu'à une panne du train d'atterrissage . Beaucoup ont avancé l'idée que les organes de contrôle publics seraient plus indépendants que des entités privées.. Dans ces conditions. CONSEQUENCES Les conséquences sur l'organisation sont les suivantes :  L'organisation ne dispose plus d'un système d'alerte adapté à ses objectifs et à la réalité du terrain : un peu comme si dans un avion.  Les organes de contrôle ne travaillent pas dans l'intérêt de l'organisation mais dans leur propre intérêt (couvrir ses arrières et justifier de son existence !) . souffrent d'un défaut commun : soit le contrôlé paie directement et légalement le contrôleur soit il le paie moyennant pots de vins.. CONCLUSION Dans un environnement pathologique. voici une petite anecdote vécue alors que nous écrivions notre site. Dans les faits. L'expérience de laCassa del Mezzogiorno italienne ne plaide pas en faveur de cette hypothèse : il n'était pas rare que des “contrôleurs” de cet organisme public certifient l'existence d'usines et d'activités productives justifiant le versement de subventions publiques. alors qu’il suivait paisiblement son cours. les auditeurs ou inspecteurs pathologiques ne sont pas seulement inutiles .  Lorsque le problème des organes de contrôle n'est pas tant d'apporter des remèdes ou une quelconque valeur ajoutée mais plutôt de trouver des scalps pour donner (et se donner) une apparence d'efficacité. est facile à imaginer. tellement évidents même parfois. l'attitude des auditeurs pathologiques contribue alors doublement aux dysfonctionnements de l'organisation.. les collaborateurs mis en présence d'un auditeur pathologique auront tout intérêt à dissimuler ou à camoufler des informations utiles au diagnostic dans un contexte sain . L'impact à moyen et long terme sur une organisation dont la survie repose sur son utilité / rentabilité..COMPLEMENT DU 29/02/08 SOUS FORME D'ANECDOTE Sans aucune référence (bien sûr) à des événements récents ou moins récents qui conduisent à s’interroger sur "l’inefficacité des contrôles". ils sont aussi et surtout nuisibles à l'organisation. un phénomène pathologique .son travail (la menace en puissance étant souvent perçue comme plus dangereuse). soit encore il l'influence par divers moyens de pression. elle demande malheureusement à être examinée à la lumière de certains évènements qui se sont produits dans les dernières années au Royaume Uni.. qu’on est forcés de se demander comment ils peuvent passer si facilement (et apparemment) inaperçus.. privés ou publics.. La question est encore plus légitime quand par malheur. les organes de contrôle s'adaptent et contribuent aux dysfonctionnements du système d'alerte et de feedback de l'organisation. aux Etats Unis ou en Italie. là où ne s'étendaient que des terres incultes. aussi bien les organes de contrôle internes qu'externes. . Une des caractéristiques des phénomènes pathologiques est que les dysfonctionnements qu’ils charrient sont tellement patents.

nous avons donc adressé une lettre à une personnalité qui en son temps avait étudié un phénomène pathologique connu.sont lancés sur des bases tellement malsaines ou irréalistes. crainte souvent fondée d’ailleurs sur l’expérience. au cours de votre enquête sur …. nous avons reçu une réponse : le destinataire a renvoyé le tout. juré. dans ce genre de cas. Et si par hasard quelqu’un avait osé émettre des interrogations. C’est tellement énnooooooooorme !!!! Comment peut on croire que personne. lepostscriptum n°4). A la réponse un peu trop facile et exclusive qui consiste à s’imaginer que de tels projets sont toujours le fait de personnes incompétentes. Nous voulions savoir si vraiment personne n’avait émis des doutes ou des interrogations au plus fort de l’aventure qu’il décrivait. houhoulala. nous avons renvoyé un deuxième courrier. Cher monsieur blablabla.demandions nous . craché. vraiment vraiment. que non que non ! Forts de notre naïveté. sans autre formalité qu’un raturage énergique de ses coordonnées sur l’enveloppe non décachetée. des doutes.avait subi sa carrière?" Faute de réponse après plusieurs semaines. .… Nous nous permettons de faire suite à une première lettre envoyée il y a quelque temps (5/05/2000) et dans laquelle nous souhaitions obtenir certaines informations sur …. nous nous intéressons à la gestion de projets et plus particulièrement aux projets qu’on pourrait qualifier de "pathologiques" (c’est à dire des projets qui . c’est à dire la crainte ressentie par un certain nombre de subordonnés de voir leur carrière ou leur poste compromis pour s’être opposés à des décisions ou à des options prises en haut lieu.. et si oui. cette fois en RAR. non. quel cours a suivi leur carrière à partir de ce moment là ? Cette fois. personne je vous le jure. Nous ne voulons pas vous importuner mais nous craignons avoir manqué de clarté dans notre première lettre et aimerions beaucoup connaître la réponse à la question que nous nous sommes posés à la lecture de votre ouvrage.. Comme nous l’avons écrit. qu’il en résulte de graves dérapages en temps et en argent). croix d’fer. Or. les processus irrationnels sont tellement visibles. des questions et des réponses. Pour proposer des solutions. ..éclate tout d’un coup au grand jour. non. Nous voulions donc savoir si vous avez relevé.même dans les cas où ils sont justifiés . Cette anecdote savoureuse explique pourquoi nous sourions toujours un peu (nous rigolons même franchement) quand on nous critique sur l’absence de solutions dans notre site (voir aussi à ce propos. j’vousl’jure. vraiment jamais. des questions : quelle évolution . ce qui implique un échange d'information.personne a vu. Comment est ce possible ? Se dit-on. il faut d'abord pouvoir approfondir les problèmes. jamais. çui qui m’croit pas va en enfer…non c’est vrai. déconnez pas. le cas de personnes ayant formulé une opposition ou une réticence marquée à un stade précoce de ce projet. nous préférons l’hypothèse qu’un des ressorts de ces "processus pathologiques" est la peur. qu’on est forcés de se demander avec stupéfaction comment ces projets peuvent être lancés et maintenus sans rencontrerapparemment la moindre opposition. croix d’bois.

Sans pouvoir parler de “causes”.. voire même avec des domaines de recherche encore plus vastes relevant de la philosophie. réalistes. En élargissant notre champ de recherche sur internet à de nouveaux mots clés (systèmes pathologiques. comme d'autres cachent une maladie honteuse. c'est-à-dire en bref.peut-être d'ailleurs faudrait-il plutôt parler de symptômes ou de «conditions suffisantes» ...  Le premier élément a trait à la nature des objectifs que se fixe l'organisme : on peut parler d'un processus sain lorsque ces objectifs sont utiles. pathological society. sale. égoïste. nous pensons avoir identifié des éléments communs . Un système en “boucle ouverte” ou dans lequel le contrôle des résultats est factice n'est pas contrôlable et a vocation à dériver inévitablement vers son auto-destruction. Dans un processus pathologique le processus de contrôle subit des distorsions. beurk. Même si nous n'avons pas énoncé formellement ces deux principes dans notre essai. pouah. de surcroît contribuable de son Etat (pouah! beurk. etc. Ce feedback tient compte non seulement du processus en cours mais aussi de toute l'histoire de l'organisme et cette dimension historique intervient aussi bien dans la phase de définition des objectifs qu'au moment du contrôle des résultats. En revanche. Eléments communs aux processus pathologiques Dans le présent essai. la psychiatrie. je me présente Monsieur Dupont de La Masse). etc…) nous nous sommes aperçus que notre analyse pouvait avoir des liens étroits avec d'autres matières telles que la psychologie. imaginez quelle réponse il recevrait sur des sujets beaucoup plus scabreux comme les projets pathologiques et la façon dont des sociétés privées ou publiques se vautrent sans vergogne dans les bas-fonds de la mauvaise gestion. porteurs d'amélioration et de progrès pour l'organisme. l'histoire (étude du développement et de la décadence des civilisations). organisations pathologiques. Ces considérations touchent à des problèmes théoriques que nous n'avons pas la prétention . Un processus sain prévoit toujours un feedback à chaque étape permettant de vérifier qu'il y a bien cohérence entre les résultats attendus et les objectifs initiaux..  Le deuxième élément est lié au “modus operandi”.. il y a pathologie lorsque ces objectifs sont porteurs d'un processus inhérent d'auto-destruction... répondant à une exigence vitale (dans le sens d'un processus typique des organismes vivants en cours de développement).qui semblent être des constantes dans ce type de processus. ostscriptum n° 6 : des projets pathologiques aux pathologies des sociétés.) reçoit une réponse de ce genre sur un sujet connu du public. Nous nous sommes demandés s'il existait dans tous ces écrits des points communs aux phénomènes pathologiques qui se déclarent dans un organisme sans être provoqués par une cause traumatique externe. ils sont évoqués en plusieurs endroits et sont sous-jacents presque dans chaque page de notre site.autant de tabous qu'on préfère dissimuler ou maquiller.Quand un simple citoyen (Bonjour. la sociologie.. nous avons limité notre analyse au domaine de la gestion de projets. pathological systems.

les écoles de pensée. l'organisation de la société civile. Pourquoi à un certain moment de la vie d'un organisme se produit-il un phénomène de décadence et de mort? La présence d'organismes pathologiques est-elle inévitable voire souhaitable. nous pourrions dire que dans les deux cas. le poids des traditions et l'émergence de processus pathologiques dans le monde industriel ? A partir du petit ruisseau des projets pathologiques. Les textes que nous avons lu fournissent une grande richesse d'information sur le fonctionnement du corps social et proposent même des outils ou méthodes permettant de distinguer les situations pathologiques ou au contraire les situations saines.. Ces travaux utilisent des théories issues de recherches en mathématiques. comme s'il était sous-entendu que cette société doit nécessairement pouvoir se soigner elle-même une fois les symptômes de sa maladie mis en évidence. nous avons atteint le fleuve des systèmes pathologiques pour aboutir à l'océan des structures de la société humaine. Le champ de ces sciences est si vaste que nous ne pouvons que nous limiter à les mentionner. Certains termes employés sont empruntés aux théories des systèmes contrôlés (feedback positif ou négatif). Or. en psychiatrie ou en biologie. si nous devions faire un parallèle entre les cas pathologiques que nous avons étudiés et les processus de déviance ou de dégénérescence mentales propres aux humains. Ils font en particulier référence aux recherches de Wiener (entropie et théorie de l'information) et aux théories des fractales et du chaos. Plutôt que de fournir un échantillon de références bibliographiques sur les sujets que nous n'avons qu'effleurés dans cette page (facilement repérables par une recherche sur internet par ailleurs)..! Liens avec les sciences sociales Les phénomènes pathologiques que nous avons repérés étant propres au corps social. Mais dans tous ces écrits nous n'avons pas trouvé d'indications sur la façon dont il faudrait s'y prendre pour porter vers la guérison une société qui serait malade. nous avons plutôt l'impression d'en être encore au stade des clystères et des saignées ? Demandons nous d'abord dans quelles conditions une telle science . nous préférons mentionner les différents champs de recherche que nous avons pu identifier. Dans certains de ces travaux sont explorées les similitudes de comportement entre un être vivant et un groupe social dans son ensemble. pour en comprendre les mécanismes il faut d'abord comprendre le fonctionnement de ce dernier. même dans une société saine ? Quels liens y a-t-il entre les idéologies. A d'autres de naviguer dans ces eaux et que le vent leur soit favorable. A quoi servirait une médecine des processus pathologiques ? Faut-il alors appeler de nos voeux une science médicale traitant les processus pathologiques.d'aborder. le malade ne se rend pas compte de sa maladie et a fortiori n'est pas capable de se soigner tout seul. Nous sommes d'abord partis des écrits de Bentham et des travaux plus récents de Niklas Luhmann pour nous orienter ensuite vers des travaux s'intéressant aux tendances actuelles en sociologie. sachant que dans ce domaine. en précisant que notre essai n'avait pas d'autre ambition que d'examiner certains (et seulement certains) des aspects pathologiques de notre société humaine.

Dans la nature. une étude des pathologies trouverait sa justification . Nous ne sommes pas dans cette situation et du début à la fin de nos réflexions nous avons . à englober. nous serions forcés devant ce problème que nous ne savons pas résoudre :  soit de proposer des solutions factices . Il s'agirait en fait d'une oeuvre de prévention. on considère en revanche qu'une activité ne se justifie que par son succès ou ses performances. Laissons de côté le fait que le terme “performant” a une signification variable selon le contexte. ce qui en soi revient à respecter la loi de la sélection naturelle. la cellule sociétaire a un droit illimité à s'étendre. Dans le contexte de la société civile.non pas dans la prétention de guérir le malade . Quel rôle une science médicale pourrait-elle jouer dans ce contexte ? un rôle bien limité. Nos sociétés évoluées attribuent à la vie d'un être humain singulier une importance qui va parfois même jusqu'aux limites de l'acharnement thérapeutique. L'activité d'une société peut être encadrée par des règles juridiques et par l'élaboration de concepts de dommages ou profits collectifs et si ces règles sont efficaces. l'idée que la liberté consiste a faire tout ce que l'on souhaite dès lors que cela ne nuit pas à autrui. Comment concevoir ce “désordre nécessaire” dans nos organisations industrielles ? et comment le distinguer du désordre propre aux processus pathologiques que nous avons analysés ? Arrivés à ce stade. étant donné qu'un petit groupe de dirigeants “performants” (de point de vue de leurs intérêts personnels) peut avoir un comportement globalement nuisible pour les sociétés qu'ils dirigent. pour progresser. bien au contraire.  soit de purement et simplement escamoter ou dissimuler le problème. à neutraliser. Est ce vraiment si simple ? On pourrait conclure de ce qui précède que nous adhérons à une forme de déterminisme prévoyant des punitions certaines pour les non méritants et des bonus tout aussi certains pour les méritants. On ne soigne pas le malade .mais dans la volonté d'identifier les cas à risques et de convaincre ceux qui dirigent les organisations que seule une conduite saine pourra garantir la survie de ces organisations. on en favorise la disparition. trouve ses limites pratiques dans le fait qu'éliminer un concurrent moins performant est considéré comme licite dans le jeu de la concurrence. Dans ces conditions. si nous espérions tirer un profit de notre essai.dans une certaine mesure . on peut supposer que les organismes pathologiques auront une existence très brève. C'est une manière statique de concevoir les choses. Abstraction faite de la variabilité de certains termes. car le rôle majeur est dévolu aux sciences juridiques ou sociologiques. Dans ce domaine. expérimenter et .créer du désordre. dès lors qu'on adhère aux idées libérales ou libéristes. un être humain dans ses premières phases de vie doit forcément se tromper.serait possible ou nécessaire. Les organismes malades doivent disparaître. voire à éliminer.

Qu'on le veuille ou non. vainqueurs de l'armée de Napoléon. préindustrielles. Le travail est concédé presque comme un acte gracieux et aussi bien l'employeur que l'embauché cultivent l'idée que l'embauche contient une bonne dose d'arbitraire et de “bon vouloir du prince”. considéré comme un travailleur par principe exploité sur son lieu de travail. Le marché du travail est affecté dans son ensemble d'une forte rigidité qui porte la masse des . Il n'est qu'à voir l'attitude des milieux progressistesà l'égard des petits actionnaires : l'ouvrier. a laissé d'amples traces dans la vie quotidienne de notre temps. Nous allons essayer de formuler quelques hypothèses. Les rapports entre l'univers des dirigeants et le monde salarié : le modèle de l'entreprise féodale L'Europe charrie derrière elle un passé qui. restent incrustés à la culture du vingtéunième siècle et se manifestent par un mépris diffus des classes “inférieures” : paysans dans un premier temps. Cette tendance typique de l'aristocratie à mépriser ses propres serviteurs infecte aussi les classes dirigeantes de nos jours. ouvriers ensuite et petite bourgeoisie qui.rigoureusement respecté la position de l'enfant naïf qui découvre que le Roi est nu ! Nous pouvons donc conclure cette page en disant avec une immuable constance que nous n'avons rien à proposer sur ce dernier problème du désordre créatif. nous avons décrit les symptômes qui caractérisent les projets pathologiques et nous avons analysé. Sur notre continent. Il manque dans tout ceci une analyse sur les causes profondes de cette situation et sur les raisons du retard enregistré par l'Europe par rapport à d'autres contrées. en dehors des slogans et des prétendues différences. la mentalité qui fait concevoir le travail subordonné comme un rapport entre le maître et le serf n'a pas disparu et ne présente aucun signe de faiblesse dans la conjoncture actuelle. Dans les milieux “progressistes”. remontant au moyen âge et même avant. s'il lui prend la fantaisie de posséder des actions. On peut dire que des résidus d'époques antérieures.le théorême de l'entreprise féodale: hypothèses sur le principe d'irresponsabilité des dirigeants Dans les chapitres précédents. Bon vent à tous ! Postscriptum n°7 . à l'égard des classes exploitées du moment et en particulier de la petite bourgeoisie. les différences existantes entre l'Europe et les Etats Unis dans la conception des projets. Cette mentalité préindustrielle a été adoptée aussi par les cercles élitistes “progressistes”. On dit que Wellington considérait comme de la “racaille” ses propres soldats. on a même la tendance typique des parvenus à “augmenter la dose”. elle. en étant bien conscients qu'un examen exhaustif est impossible et qu'un approfondissement réel exigerait des moyens et des connaissances hors de notre portée. dans l'addendum au site. celui qui effectue un travail subordonné se trouve presque toujours en position de faiblesse face à sa hiérarchie. devient un capitaliste indigne de protection. fournit la masse principale du travail subordonné aujourd'hui. Il existe une alliance idéologique de fait entre droite et gauche sur ce point.

projeter et réaliser des projets. est qu'il est préférable de rester là où on est. Si nous admettons ce théorème que nous pourrons définir le “théorème de l'entreprise féodale”. Dans nos industries et nos entreprises. avec des conséquences catastrophiques pour la famille du salarié. Plutôt que d'atteindre l'autre côté de la rue. non seulement les hommes et les femmes effectuant un travail subordonné. il s'agit des syndicats. Nous touchons là au noeud du problème : il n'existe chez nous aucun mécanisme de feedback ascendant du subordonné vers son supérieur. une fois constatée la crise. En réalité. mais aussi les intérêts du pays. le mépris pour la petite bourgeoisie infecte profondément les syndicats et les motive peu à défendre les intérêts des membres de cette classe . Il n'en est rien dans les faits pour deux raisons de base :  d'abord. ou pourquoi pas dans un autre département. le travailleur est seul face à sa hiérarchie. Il s'agit de personnes ayant un parcours scolaire globalement solide et aptes à concevoir. Ce dernier se trouve donc en position de soumission. Sur le papier. les syndicats ne sont pas préparés à aborder des problèmes qui. typiques de ces systèmes qui. analyser. concernent l'utilisation rationnelle des capacités et des compétences des travailleurs. pour se transférer dans une autre entreprise. au-delà des horaires de travail.salariés à concevoir le licenciement ou la cessation d'activité de leur société comme un fait traumatique susceptible de déboucher sur une longue période de chômage. On pourrait dire que presque toutes nos entreprises sont potentiellement susceptibles de manifester des processus pathologiques. Tel n'est pas le cas dans nos contrées où la règle implicite et intégrée. nécessaires conséquences du théorème.  ensuite. on a plus de chances ici de se retrouver sous un pont et même si tel n'est pas le cas en pratique. Un chef atteint de crises pathologiques aigues pourrait guérir rapidement si ses subordonnés. n'ont aucun pouvoir ou en ont bien peu. fonctionnant en boucle ouverte. Il n'a jamais été possible d'appliquer chez nous le slogan si fréquent aux Etats-Unis selon lequel il suffit de traverser la rue pour trouver un autre job. le tout crée une peur diffuse qui hante en arrière plan l'esprit de bien des salariés. même en cas de crises pathologiques paroxystiques de la hiérarchie. De nos jours. le laissaient seul à fantasmer sur le “que ça saute”. Intermède sur la responsabilité On pourrait se demander si dans les siècles passés notre société fonctionnait aussi en boucle . alors tout ce que nous avons écrit dans notre site n'apparaîtra finalement que comme une série de corollaires. confrontés aux exigences de leur hiérarchie. Le problème central est que ces salariés. dans ce domaine. des ingénieurs et des salariés cadres. sont condamnés à la dérive. des questions de salaires ou de l'adéquation de la mission avec le diplôme. Certains pourraient objecter qu'il existe des organismes dont le rôle est de protéger. la petite bourgeoisie (donnez lui le nom que vous voudrez si notre définition ne vous convient pas) fournit à nos entreprises la masse principale des techniciens. on travaille en boucle ouverte.

La Grande Vérole a emporté d'entières dynasties . Ce n'est pas un hasard si dans nos contrées. Même si l'étude de ce type de structures serait à notre avis très instructif. c'est de la tête que le poisson sent mauvais. Thucydide écrit que les commandants de la flotte athénienne. l'ingénieur concepteur se suicidait dans la foulée. En haut on se décharge de ses propres responsabilités sur ses subordonnés. comme on peut le constater dans les récits de la guerre de cent ans. Si l'on remonte encore dans le temps. Jusqu'à une époque récente. Il serait illusoire de penser que la situation est meilleure dans ces services ou industries où les travailleurs jouissent d'un statut privilégié. furent traduits en justice pour n'avoir pas sauvé des marins tombés en mer au cours d'une tempête. La réponse est non. Ces structures ressemblent plutôt aux corporations médiévales et le mécanisme du feedback y est maintenu artificiellement faible dans les deux sens. elle ne fait pas l'objet de notre analyse. L'amiral Persano. tombé en désuétude. Il faudrait une vraie révolution dans la façon de concevoir les rapports de travail. ce qui a d'ailleurs forcé bien des princes à adopter des moeurs plus chastes. on dépense temps et énergie à éviter d'être le prochain bouc émissaire de la farce. mais comme on dit. Les monarques des siècles passés jouissaient d'amples libertés dans le domaine des entreprises galantes . ce qui n'améliore en rien la situation. et c'est vers le haut que notre regard doit se porter. lorsqu'un navire coulait le jour de son baptême. s'est vu remplacé par le substantif bien plus approprié et ô combien significatif de “décisionnaire”. la tête haute et sans frais . le capitaine d'un navire de guerre coulait dans la plupart des cas avec son navire et très souvent dans le passé. une nouvelle éthique et au moins une possibilité de sanction (feedback) contre ces dirigeants qui peuvent s'amuser aujourd'hui librement et sans aucun risque pour eux à lancer et à mener des processus . Inutile de préciser que les salariés des sociétés coulées par ce digne personnage eurent un sort moins favorable de leur côté. La jeunesse des sciences elle-même contribuait à sanctionner la légèreté des chefs. Un des auteurs de ce site a eu l'honneur et l'avantage de connaître un haut dirigeant industriel affichant une bonne douzaine de faillites à son actif et qui continuait à percevoir de larges émoluments de la holding dont il faisait partie. le terme “responsable”. Les dignes feudataires du moyen âge qui participaient à une bataille avaient pour habitude de payer de leur personne. en bas.ouverte exemptant les dirigeants du trinôme action-récompense-sanction. Nous pouvons dire que nous sommes désormais dans l'ère de l'irresponsabilité. pouvons nous avancer des propositions d'améliorations ? Il est très difficile d'imaginer quelle pourrait être la démarche susceptible de corriger la situation. mais quand on examine les portraits de François Premier et de Charles Quint. Il faudrait tout d'abord que la classe politique prenne conscience du problème et qu'enfin un travail puissant de recherche soit entrepris au niveau universitaire. pourtant victorieuse de la flotte ennemie. avec plus ou moins de dignité il est vrai. commandant la flotte italienne à Lissa fut traduit en justice et condamné par les chambres italiennes réunies. Notre époque n'a pas retenu cela de son passé : il règne aujourd'hui un climat d'irresponsabilité diffuse du haut jusqu'en bas de l'échelle sociale . on comprend vite que les explorateurs de l'Amérique n'avaient pas rapporté que des dindons et des patates de leurs voyages. Quelles solutions ? Si nous revenons maintenant à l'objet de notre site et nous occupons de l'état de la gestion des projets dans nos contrées.

les pseudogynes. Il en est ainsi de la Loméchuse (du nom d'une célèbre empoisonneuse romaine).le syndrome de la loméchuse Avant propos Le monde animal recèle parfois des phénomènes effrayants et fascinants à la fois. se trouvent psychologiquement paralysées par l'idée de devoir protéger un méprisable petit bourgeois au détriment de l'action humanitaire de la grande distribution Conclusion Compte tenu de la situation actuelle et des défis auxquels notre société se trouve confrontée. télécommunications. mais notre expérience nous conduit à penser que des systèmes d'interactions complexes entre ces puissances économiques et ces organismes font passer largement en arrière plan les intérêts du citoyen. on peut légitimement craindre que notre continent ne dérive vers un processus de décadence irréversible.). les fourmis se réorganisent pour se dédier entièrement à cet hôte pourvoyeur de drogue et à ses larves. l'administration et les puissances économiques. les scientifiques ont observé une modification des comportements portant les fourmis à privilégier et à protéger les larves de la loméchuse au détriment de leurs propres larves et à ne plus mettre au monde que des formes d'individus « abortifs ».pathologiques ruineux. banques. Cet animal secrète le long des poils qui tapissent sa paroi abdominale un suc douçâtre dont les fourmis raffolent et qui agit sur elles comme une drogue. ni ouvrières ni reines. Nous avons de sérieuses raisons de penser que ces réformes devraient s'étendre bien au-delà du domaine de la gestion de projet et conduire aussi à une évolution dans les rapports du citoyen avec la justice. Dans ces circonstances. auxquelles il est parfois confronté et toujours dans des conditions d'infériorité (grande distribution. Ainsi une entreprise de grande distribution pourra-t-elle par exemple faire oublier les mauvaises affaires qu'elle inflige à ses clients par la sponsorisation de spectacles “culturels” ou d'actions “humanitaires” propres à impressionner et à orienter l'action d'organisations de défense. Il existe en principe dans nos contrées des organismes qui devraient protéger le citoyen pour ces problèmes « extra-professionnels » . Cette scène est sans doute la plus illustrative de ce processus d'autodestruction induite.. qui. le scénario est celui de la mort lente. Postscriptum n°8 . ni mâles ni femelles. où l'on voit une communauté consacrer toute son énergie à la préservation et à la protection d'une espèce venue pour la . un coléoptère staphylinide parasite et mangeur de fourmis. qui par nature “progressistes”. etc. en l'absence de réformes radicales. Lorsque cet insecte entre dans une fourmilière. Perdant tout sens de la communauté. à peine en vie. dévorent à leur tour d'énormes quantités de larves de fourmis. On a vu des fourmis continuer à sucer avidement le suc secrété par Loméchuse alors même que cette dernière les dévorait..

They waste our resources by graft and neglect of duty and pernicious schemes and perverted policies. it fares with us. “All this goes sadly against the general reputation of ants for wisdom. greatly to the loss of the commune? Our parasites destroy the virility and the very life of our young. Nous nous limiterons pour notre part à l'étude de comportements parasitaires. générateurs de dérives budgétaires parfois catastrophiques.  Dans d'autres cas. sur des projets dont elles ont mal mesuré le poids et les conséquences.” http://www. Bertrand Russel s'est intéressé aussi à certains aspects du comportement aberrant des fourmis confrontées à l'attaque de la Loméchuse. Nous nous occuperons ici exclusivement de ce dernier cas dit “classique” en considérant deux variantes :  Les dépenses du projet sont supportées par la société victime du syndrome elle même. and we give them our suffrages and support. and will ever fare.antcolonies. Les attraits de la Loméchuse: le cas classique Pour que notre processus s'enclenche. as with ant communes inoculated with Lomechusan beetles. que nous appellerons les cas classiques.html Dans son article The analysis of mind. ils sentent tout simplement que le terrain est propice.net/insectsinantcolonies. dans des sociétés frappées par ce que nous appellerons “le syndrome de la Loméchuse”. les personnes à l'origine du projet n'agissent pas consciemment comme des parasites mais se comportent comme tels. . parce que comme la Loméchuse des fourmis. But perhaps it might modify our censure to mark our own history or survey existing society.  Le projet est financé par un client externe (par exemple un organisme public). practices. en toute irresponsabilité. La loméchuse en entreprise Le syndrome de la Loméchuse se présente sous différentes formes mais le résultat reste le même : l'organisation se trouve engagée dans un processus de dépenses la portant à privilégier et à nourrir indéfiniment un projet coûteux et inopérant au détriment d'autres projets ou initiatives plus utiles. même si l'enchaînement des faits pourrait faire penser que ces parasites agissent en connaissance de cause.détruire. Monsieur (ou Madame) Loméchuse doit présenter des “caractéristiques” dont nous ne citons qu'un échantillon. à la suite d'un enchaînement d'erreurs et poussées par l'orgueil de l'innovation. and persons that carry the seeds of communal disorder and decay. and private life. Would it not be found that we have not only tolerated but have fondled and nurtured human parasites in official. Et pourtant certains observateurs du milieu fourmilier ont trouvé des parallèles avec l'espèce humaine. paru en 1921. “Comme les fourmis sont naïves” se dit-on devant un tel spectacle. par flair animal. Misguided by such social and political unwisdom. and we endure them. family. non pas tant par volonté destructrice mais plutôt par instinct. We open our homes and our harbors to guests who repay our hospitality by implanting among us doctrines.  Dans certains cas. un individu ou un petit groupe d'individus lance la société dans un processus dégénératif.

peut être déjà advenu dans les zones d'ombre de son passé. la Loméchuse produit quelque chose : elle permet à ses chefs de lécher le liquide douçâtre de “l'innovation” dont ils sont friands. C'est la phase de “pérennité”.  Monsieur Loméchuse est pistonné par des personnes de confiance importantes . si le projet n'est qu'inutile. Et comme personne n'accepte facilement de passer pour un minable à ses propres yeux. la Loméchuse est certaine. Cependant. pour avoir accepté d'aller déjà aussi loin. et les ressources nécessaires (au foirage bien sûr) augmentent sans fin sans que rien de concret ne sorte. Mais la Loméchuse doit aller au-delà et prévenir le cas. de ne tenir aucun compte de ses précédents déboires ou de ceux déjà en gestation. alors que maintenant Loméchuse a pleine confiance en ses chefs qui. Si le projet est au contraire irrémédiablement nuisible pour la société. Dans certains cas extrêmes. les chefs de la Loméchuse pourraient encore recourir à la panoplie des techniques propres aux organisations pathologiques pour faire apparaître un résultat pseudo-positif et clore la partie en beauté. Nota Bene 1: “projet pérenne” dans notre cas signifie projet dont la caractéristique est de ne rien produire d'utile et dont la pérennité est directement proportionnelle à son inutilité. ou mieux encore à sa nuisibilité. sans même projeter un désastre. Notre utilisation du terme “projet pérenne” n'a évidemment rien . en en rejetant la faute sur des “idiots” incapables d'appliquer sa méthode de gestion de projet . Elle doit savoir rendre facile aux yeux et aux oreilles des dirigeants ce qui n'a rien de facile en pratique. Première variante: le projet est financé en interne C'est un fait. où ses chefs. d'emprunter la voie royale du projet “pérenne”. Nota Bene 2: Il faut préciser ici que les termes “projet pérenne” et “continuous project” semblent être de plus en plus utilisés dans la littérature technique. du fait de ses expériences passées ou de son background culturel se présenter à point nommé pour lancer des projets en gestation dans la tête de certains dirigeants et qui n'ont pu voir le jour par manque de compétences spécifiques. L'optimum se réfère ici à la nuisibilité du projet et non à la rapidité avec laquelle le seuil critique est atteint. ont brutalement bloqué les dépenses. Cet usage correspond à des techniques de gestion de projet confirmées. le chef de la Loméchuse continuera contre toute logique dans sa fuite en avant à encenser et à donner sa pleine confiance à Monsieur Loméchuse. Ces caractères externes ne sont pas les plus importants. que si ses chefs avaient recours à l'avortement traumatique. Pour éviter cela. Passé ce seuil critique. une fois goûté le “produit”. les consultants surabondent. qu'elle pourrait aisément balayer d'un revers de la main la découverte de précédentes “casseroles”. Elle doit leur inspirer une confiance telle. la Loméchuse doit tendre rapidement vers un seuil critique de dépenses tel. “ont de l'étoffe”. ils iront même jusqu'à payer le client interne (ou à prendre en charge toutes ses dépenses dites “de production”) pour qu'il utilise ou fasse au moins semblant d'utiliser le produit “fini” pondu par Loméchuse. En effet. Loméchuse peut commencer à “travailler”. Monsieur Loméchuse doit avoir des diplômes prestigieux qui à eux seuls garantissent son “sérieux” . les chefs ne peuvent rien faire d'autres que de continuer à dépenser.  Monsieur Loméchuse peut. Voici les attraits majeurs de notre animal: La Loméchuse a un toupet extraordinaire qui lui permet d'instinct. Munie de tous ces attraits. c'est à dire à dépenser. eux. sauf cas de révolution hiérarchique. le temps passe. ils seraient immédiatement taxés d'imbéciles et d'irresponsables.

une fois enregistrée la volonté du chef. Seule une révolution hiérarchique serait susceptible d'empêcher la Loméchuse d'envoyer au tapis tout ou partie de l'organisation. mais son instinct pourrait bien l'aider à renaître des cendres de son projet. tout compris et sans limite. d'autres sévèrement réduits et les pauvres bougres aux prises avec les autres tâches seront taxés d'incapables ou verront leur marge de manoeuvre diminuer. pourront faire office de coupable idéal. Sanction des dirigeants précédents et comptabilisation des pertes seraient probablement au menu. Deuxième variante : le projet est financé par un client externe Cas typique d'un organisme public finançant par exemple des recherches sur de nouvelles applications industrielles. alors que d'autres personnes. telle la salamandre légendaire. Dans une autre réunion et dans bien d'autres encore. La technique du bouc émissaire pourra lui être utile dans ces circonstances : il suffira d'éplucher les évaluations des collaborateurs pour constater que la Loméchuse a toujours été bien notée. il se réfère exclusivement au caractère “pérenne” des projets infectés par la Lomechuse. sera particulièrement vigilant sur les frais de formation (histoire de ne pas payer des trucs inutiles. Il est évident qu'externaliser le bordel de son projet ne fera qu'augmenter les dépenses et le désordre. le contrôleur de gestion. quand ils ne seront pas l'objet de raillerie et de réprobation de la part de la Loméchuse et de ses chefs. personnage pittoresque s'il en est. Si l'organisation vit déjà une situation pathologique. ce terme n'a pas échappé à l'oeil vigilant des Lomechuses qui y ont trouvé un nouveau filon à exploiter. De tant en tant la Loméchuse décrètera que tel ou tel service n'est pas à la hauteur des prestations attendues et proposera des externalisations “visant à augmenter la productivité du projet (pérenne) et à réduire les coûts”. peut-être par excès de bon sens irritant. ils iront directement au septième ciel). et que les chefs continuent à alimenter le parasite.à voir avec l'usage qu'on en fait dans la littérature technique . il faudra serrer les cordons de la bourse sur d'autres projets. Mais quid de la Loméchuse ? Elle court un risque réel d'être sanctionnée aussi. donnera par exemple des directives limitant strictement la consommation de gommes et de crayons. Nous ne détaillerons que ce cas pour le moment. mal notées. Si l'organisation était saine au départ rien ne changera en pratique car le contrôleur de gestion subira une mutation génétique forcée sous la pression des événements. s'adaptera à son environnement et suivra point par point les mêmes schémas que son collègue évoluant dans une organisation pathologique. pas tombé de la dernière pluie et habitué des tableaux de bord farcis d'indicateurs que personne ne suit. nullité des . Les conséquences restent tout aussi graves pour les sociétés impliquées. En effet. Tout fonctionne en apparence comme dans la première variante : pérennité du projet. “Externalisation” et “réduction des coûts” dira Loméchuse et ses chefs à nouveau lècheront avidement le suc douçâtre de l'innovation (s'il prononce “outsourcing”. Le contrôleur de gestion approuvera d'un hochement de tête. Conséquences sur l'organisation Pour que Loméchuse continue de dépenser sur son projet “pérenne”. tend vers l'optimum. Certains seront tout simplement supprimés. rougeaud et rondouillard. hein chef ?) et viendra signifier sans rire aux pauvres bougres que leur ligne budgétaire de 100 euros et 35 cents s'entend naturellement toutes taxes comprises. mais la voie de sortie peut être plus soft. mais c'est tout au bénéfice de Loméchuse qui comme nous l'avons dit. bien qu'à plus long terme. il aura béni urbi et orbi l'orgie de dépenses de Loméchuse. Comme quoi les personnes travaillant sur ce type de projets ont tout intérêt à rester vigilantes. en regagnant la confiance des nouveaux chefs pour repartir sur de nouveaux désastres.

De plus. et elles tourneront mal. la société touchée finit de toutes façons par souffrir de phénomènes pathologiques classiques. jusqu'à ce qu'un fonctionnaire. avec des conséquences graves à long terme. seule une action de blocage rapide pourrait arrêter l'infection . la Loméchuse promettra tout au client et ne produira que du papier. dépenses croissantes. Ce piège subtil a deux conséquences :  stérilisation des efforts que peut consentir la société civile pour progresser (cas typique où c'est l'Etat qui paie le projet Loméchuse). les dégâts provoqués par la Loméchuse seront moins profonds. Si c'est de surcroît l'Etat qui paie. les chefs de Monsieur Loméchuse seront encore plus tentés d'encourager le projet “pérenne”: quoi qu'il arrive. Les techniques d'attaque mises en oeuvre se basent sur des vulnérabilités propres à la nature humaine. Il existe cependant deux éléments différenciant. peut-être qu'il en sortira quelque chose. La solution la plus pratiquée porte un nom : Tahiti (La Réunion ou la Nouvelle Calédonie feront l'affaire aussi). Une SSII payée par des organismes publics pour un projet grandiose de fabrication de cure-dents ne saurait faire rien d'autre à la longue et se condamnerait à disparaître du marché. Ce petit jeu pourra durer des années (quinze ans dans un cas répertorié). Quelle nation peut se payer ce luxe ?  perte de savoir faire réel de la société hébergeant la Loméchuse et se prêtant à ce jeu. Dans ces conditions. Il donnera en partant quelques consignes rapides accompagnées de prévisions optimistes sur le projet. . en précisant en passant que Monsieur Loméchuse. ils lanceront alors une opération spéciale de fondu enchaîné. la probabilité de subir l'infection est extrêmement élevée. les organismes publics ayant des exigences de rentabilité moindres. nos fonctionnaires finiront par ouvrir les yeux . compte tenu de la surface financière et de la solvabilité du client. si les choses tournent mal. Le fonctionnaire en charge du suivi budgétaire éprouvera alors le besoin impérieux de partir en mission à Tahiti. En règle générale. consistant à réduire progressivement les fonds alloués au projet pérenne. ils n'y perdront rien et sait-on jamais. mais à moins d'avoir subi une attaque précédente et d'en être sorti à peu près rétabli et vacciné. Un jour cependant. Il recevra pour son Noël quelques kilos de dossiers en échange de quelques millions d'euros. déviation des fonds vers le projet Loméchuse au détriment de projets ou de dépenses plus utiles. on pourra toujours dire qu'on n'a pas su brider la Loméchuse. doit être un peu “bridé”. finisse par s'inquiéter. jusqu'à le suffoquer dans le plus grand silence. De cette façon. qui comme chacun sait “est en cours de finalisation”. Puisque la société de Monsieur Loméchuse n'est pas le payeur.résultats. la Loméchuse ne pourra pas l'envoyer au tapis à elle seule. comme tous les êtres exceptionnels. même le plus distrait de tous les fonctionnaires. EPILOGUE Nous n'avons pas distingué dans ce qui précède environnement sain et environnement pathologique en partant du principe que la Loméchuse peut attaquer indifféremment l'un ou l'autre. laissant à son successeur le soin de suivre la Loméchuse. à la façon d'une attaque virale ou microbienne: qu'elle soit saine ou malade à l'origine.

ne font pas preuve de plus de discernement que des insectes ? Postscriptum n°9 . apparemment logique. Hitler ne pouvait que faire un pas de plus vers la fosse en attaquant la Russie. l'un surévaluant ses dons d'hypnotisme et . en comblant les allemands de dons. à moins de se résoudre à disparaitre. c’est à dire le contexte dans lequel s’est illustré notre “héros” . Ensuite. Pour la clarté du propos et pour satisfaire notre penchant naturel à la digression. on s’évertue à accuser l’URSS d’avoir pactisé avec les nazis. à l’époque du pacte de non agression germano-soviétique. l'hiver russe se serait chargé de les convaincre de la nécessité de renvoyer à plus tard les hostilités. Tout indique que Staline se préparait à “secourir” l’Allemagne à sa façon en 1942. Hitler n'avait donc que le choix d'ouvrir les hostilités le premier. des êtres humains dotés de raison. Les adversaires en présence Nous sommes en 1939. Dans ce nouveau (et long) postscriptum. avec des perspectives sinistres. en omettant le fait que les puissances occidentales avaient jusqu’alors constamment poursuivi l’objectif de déchaîner l’Allemagne contre l’URSS. A son tour le raisonnement de Hitler. nous avons traité de l’irresponsabilité de dirigeants faux-jetons : l’irresponsabilité des médiocres. Le raisonnement de Staline était apparemment logique. non seulement à se défendre. L’idée de Staline n’avait rien de stupide en soi: les allemands ayant échoué contre l'Angleterre. auraient du se battre sur deux fronts s'ils avaient ouvert les hostilités contre la Russie. Dans ces circonstances. au moins pour un certain temps. celle dont fit précisément preuve le grand Staline. En fait de cynisme. afin de liquider les deux adversaires une fois leurs forces épuisées dans la lutte. On voit ici deux champions de cynisme et de fourberie. Depuis plus d’un demi siècle. Staline. s’efforça désespérément de convaincre Hitler qu’il était bien plus avantageux pour lui de s’abstenir de tout conflit contre l’URSS. Après l’échec cuisant subi dans le ciel d’Angleterre. l’époque de la mise à mort de la Pologne. Le problème était de tirer le gain maximum de la situation. la Loméchuse pousse à l'humilité : n'est-il pas instructif de constater que dans certains cas. de fourniture et de déclarations de loyauté “doucereuses”. en arrachant leur proie aux occidentaux et en s’emparant de l’Europe centrale. au plus tard en 1943. du simple exécutant au grand “décisionnaire”. Dans le postscriptum consacré à Marie Stuart. nous allons maintenant nous intéresser à l’irresponsabilité géniale.Quoiqu'il en soit. mais aussi à attaquer. Selon Staline. Staline aurait sûrement attaqué. en signant un pacte avec les allemands ne fit rien de plus aux occidentaux que ce qu’ils avaient prévu de faire à l’Allemagne et à la Russie. nous avons traité de l’irresponsabilité inévitable. parce que Hitler savait que le moment venu.le grand moustachu. Staline. Un observateur “neutre” pouvait à l’époque prévoir avec une raisonnable assurance qu’Hitler était “cuit”. mais en 1942 les russes auraient été prêts. mais irréaliste. il n’y a rien à dire : les adversaires étaient de force égale. ce qui aurait été certes judicieux.Staline ou le génie dans l'irresponsabilité Introduction Dans notre site. il suffisait de couvrir les allemands de dons et de gentillesses pour les endormir. était dans les faits un coup de hasard imposé par la situation désespérée dans laquelle les nazis avaient plongé l'Allemagne. mais forcément erroné. nous allons d’abord planter le décor.

Dans ce colloque. Sur ces bases. On pourra nous reprocher de prêter à Hitler et Staline des raisonnements qui nous sont propres. nous ne parvenons pas à nous résoudre à l’idée qu’un pareil problème n’ait jamais été approfondi. Nous avançons donc nos thèses avec une modeste tranquillité. il ne s'agit pas de "dizaines d'avions de reconnaissance" comme nous l’avons écrit mais de deux avions: l'un tombé aux environs de Grodno parfaitement équipé pour un vol de reconnaissance et l'autre. idée qui se trouve être confirmée par l'histoire des cinquante dernières années et qui. D’autre part. parce que Staline comme Béria parlaient de “punir” les provocateurs de façon exemplaire. Une attaque allemande était plus que certaine. Dans les faits. Staline. qui eut lieu un peu après deux heures le 22 Juin 1941. Et ils ne se contentaient pas de mots. Ribbentrop annonça l'entrée en guerre de l'Allemagne contre la Russie. de l’autre côté il interdisait à ses militaires d’organiser quelque plan de défense des frontières que ce soit. et sans retirer le moindre mérite aux espions et aux agents secrets. pour en finir une fois pour toutes avec les “provocations”. nous ont précédé.l'autre. des navires russes mis sous séquestre dans les ports allemands. les protestations russes pour les survols continuels des avions de reconnaissance allemands devinrent une véritable routine. que les russes laissèrent repartir après moults gentillesses. avec l’idée fixe qu’il ne fallait donner aux allemands aucun prétexte pour attaquer. Les preuves d'une attaque allemande imminente On a beaucoup parlé dans les soixante dernières années des multiples preuves fournies à Staline par les espions et les agents secrets à ce sujet. des vrais. ce qui dans l’esprit et la pratique se traduisait par autant de pelotons d’exécution que nécessaire. considéraient comme un traître et un provocateur. mais des historiens. et son horrible exécutant des basses oeuvres Béria. après ce colloque et un du même type qui eut lieu à Moscou entre l'ambassadeur d'Allemagne et Molotov. Peut-être l’a-t-il été dans des ouvrages spécialisés démocratiquement réservés à un public d’érudits et d’élites. Staline était obsédé par l’idée que les occidentaux visaient le démembrement définitif de l’empire soviétique. un boucan tellement assourdissant de moyens mécanisés sur certaines parties de la frontière que les militaires soviétiques n’arrivaient plus à dormir. enfin. On reste du coup émerveillés des hésitations des autorités russes. dépassant la centaine depuis le mois de mars 1941. et de Staline en particulier. alors se pose le problème de comprendre le cheminement psychologique qui le conduisit à un aveuglement aussi incroyable. déclaration cependant formulée de façon tordue et ambiguë. Même dans l'ultime colloque de Dekanozov avec Ribbentrop l'ambassadeur russe faisait état de ces survols. en certaines zones délimitées de certaines bibliothèques nationales non accessibles aux pauvres profanes que nous . au moins en déclarations. pendant le premier jour du conflit. Tout en reconnaissant n’avoir pas trouvé à ce jour la moindre trace de travaux traitant de la psychologie du personnage dans de telles circonstances. semblait une hypothèse plus que raisonnable à la lumière des positions étranges que l’Angleterre adopta dans les dernières années qui précédèrent l’invasion de la Pologne. nous démontrer que même les "grands" raisonnent parfois comme les "petits" quand les événements les pressent de trop près.une petite correction sur ce point : selon nos sources. mu plus par le désespoir que par le calcul. déjà à l’époque. Pour revenir à notre sujet. *Erratum . si d'un côté Staline s’efforçait fébrilement et en sous main de se préparer à un éventuel conflit. Une énigme psychologique Si l’on accepte l’hypothèse raisonnable selon laquelle Staline n’était pas un débile mental. détectés par les russes. ces survols. les preuves étaient tellement évidentes qu’il fallait être sourd et aveugle pour refuser de reconnaître l’imminence d’une attaque allemande : des dizaines d’avions d’observation allemands atterris en urgence sur le territoire soviétique*. l’arrêt de toute forme de fourniture de la part des allemands et. Peut être. quiconque aurait osé parler d’une attaque allemande imminente. atterri près de Libau. Par contre. des disparitions subites de techniciens et d’ingénieurs allemands travaillant en Russie.

On mentionne le fait que certains généraux russes. auquel cas les russes eux mêmes seraient venus solder son compte. mais qui en plus avaient objectivement fait preuve d’incompétence. Staline se révéla être le plus rusé et le plus fort. Après l'attaque Les chroniqueurs racontent que Staline disparut pendant quelques jours. préférèrent s’administrer d’eux-mêmes un coup de revolver “préventif”. n’était pas à l’abri de tentatives de rébellion et Staline le savait . le régime imposé par Staline.sommes. commandant en chef du front occidental. avec en tête de liste le fidèle Pavlov. En 1941. mais entreprise inimaginable dans ce cas. Bien que féroce. souvent innocents et dans certains cas même valeureux et compétents disparaissaient dans des “trous noirs” sans que personne ne sache plus rien d’eux et sans que des imprudents n’osent s’inquiéter de leur sort. ces chefs étaient tout. Staline administra la “dose de maintien” : des chefs militaires. un chantage qui nous semble bien coûteux si l’on pense aux cent quarante divisions déployées d’ouest en est. Staline se mit au travail. On parle d’un Staline soupçonneux. même des chefs médiocres auraient pu s’insurger et traîner Staline devant le peloton d’exécution. à l’instar d’un certain général mexicain. après ce qu’il avait fait. Il aurait pu faire semblant de rien . La terreur créée par le dictateur. avaient noué des rapports bizarres ou suspects dans le passé avec des correspondants occidentaux. Il choisit une troisième voie : l’élimination fulgurante de ces chefs militaires qui avaient commis le crime impardonnable d’obéir scrupuleusement à ses ordres. prirent place des militaires qui s’étaient certes révélés fidèles et obéissants. vrai aussi. Théoriquement. Dans les faits. c’est vrai. il voyait donc des ennemis et des traîtres partout. ou les deux . On dit aussi que Staline voyait simplement dans les préparatifs des allemands une forme de chantage visant à obtenir encore plus de la Russie . Dans cette première charrette. En vérité. il pouvait en effet raisonnablement redouter d’avoir à disparaître pour toujours. pour “abréger les démarches administratives”. certains chefs militaires. Dans cette succession de batailles rangées entre grandes araignées. rassembla en fait les militaires russes autour de leur chef. compte tenu de l’énormité des erreurs commises. au lieu de les dégoûter. parmi lesquels Toukatchevsky. Le coup de génie Il fallait agir vite. jusqu’à la paranoïa . presque tous ses adversaires étaient morts et Staline pouvait déclarer dans des conditions normales qu’il n’avait plus d’ennemis. Il aurait pu imaginer une justification à la situation qu’il avait créée. peu structurés en vérité. dans les conditions d’extrême faiblesse passagère où il se trouva dans les premiers jours du conflit. Dommage ! Reste des moignons de discours. Une fois passés les premiers jours d’angoisse et de craintes justifiées. L’éléctrochoc que suscita ce traitement. Passée cette première période. dans certains cas. sauf de doux agneaux. faisons un petit retour en arrière : on éprouve une compassion étrange pour cette pléiade de chefs que Staline fit liquider à l’époque des grandes et petites purges. Arrivés à ce point de notre récit. Cependant. Reste le fait que non seulement Staline maintint sa position jusqu’au dernier moment. le comportement bestial de l’agresseur allemand et leur patriotisme . La “bête” voulait imposer fermement son droit de frapper au hasard. mais que même après l’attaque allemande. il s’accrocha pendant une journée entière à l’idée qu’il s’agissait non pas d’une décision de Hitler mais seulement d’une initiative isolée d’une partie des forces armées allemandes. pratique courante parmi les dirigeants dont nous nous sommes occupés dans notre site.

les a conduits à se forger une “morale” dans laquelle leur “ego” a fini par occuper une position dominante et exclusive. finissent par se “spécialiser” et par être considérés par beaucoup comme des “surhommes” ou des champions de “l’exaltation du moi”. Si ces beaux esprits se contentaient de constater qu’une certaine catégorie de personnes. Tolstoï soutient la thèse selon laquelle il s’agit d’éléments nuisibles et qui.en agissant fortement et rapidement sur la psychologie de ses subordonnés pour effacer ses fautes. ont inventé de nouvelles religions dites “satanistes”. on pourrait parler de l’invention de l’eau chaude en souriant. au prix du sacrifice de la liberté la plus élémentaire et la plus vitale pour un homme qui est celle de l’esprit. nous font croire. Dans différents chapitres de notre site. Mais au moins ces thèses ne prônaient pas un monde sauvage dans lequel tout un chacun se devait d’écraser son prochain. Il s’agit maintenant de l’action scientifique d’un chef suprême qui face au danger de devoir répondre d’une grave erreur se libère d’une partie de ses fidèles . Bien sûr. Malheureusement. ces beaux parleurs. soucieux de ne pas s’arrêter en si bon chemin et avides d’ériger la découverte de l’eau chaude en trouvaille spirituelle. en réaction aux croyances religieuses. de la générosité désintéressée et du dévouement au bien commun. Même si certains “satanistes modérés” se sont éloignés en paroles de thèses proprement racistes et sadiques. en faisant du “bruit”. que l’activité qu’ils déploient est indispensable à la marche du monde. Mussolini. Dans les siècles passés. comme Napoléon. comme ceux cités ci-dessus. nous mettons en exergue cette curieuse forme de violence qui pousse certains “grands esprits” à enfermer l’histoire et les hommes dans des carcans idéologiques ou des morales qu'ils nous forcent à endosser. on est porté à conclure qu’ils ont tous en commun un monstrueux égoïsme. Venus du bas.. il est probable que la nécessité de survivre et de progresser face à des adversaires tout aussi cyniques et téméraires qu’eux. certaines religions ont glorifié la morale du sacrifice personnel. Il ne s’agit plus ici d’un comportement inévitable (Elizabeth d’Angleterre) ou de la réaction d’individus médiocres qui marchandent leur irresponsabilité sur le dos des autres. Or voilà que surgissent maintenant de beaux esprits qui.à la façon des lézards qui sacrifient leur queue pour ne pas être pris . ont décidé qu'ils avaient découvert une nouvelle idéologie et prêchent la “nécessité” pour les “meilleurs” d’exalter et de glorifier leur “ego”. à lire certains écrits de Mussolini à l’époque de son anticléricalisme furibond. certaines catégories d’individus. au moins en paroles. En s'éloignant de ce comportement général..se mêlèrent dans le temps. comme celles citées plus haut. on reste stupéfait de l’identité et de la communauté de pensée de certains de ces “pontes” satanistes contemporains avec les concepts mussoliniens. a déjà appliqué ces principes. à tort. on peut même dire que très souvent l’hypocrisie a tenu le devant de la scène. quitte à nous contraindre à la contorsion mentale et au reniement du bon sens. en bon Tartuffe. les faits ont parfois trahi les mots . Hitler. Or. on est forcés de constater que de nombreux groupes surgis du chaudron “sataniste” et désireux de pousser la logique de leurs . qualifiées par certains de religions de l’égoïsme et de l’exaltation de l’ego. jusqu’à produire peu à peu cette machine de guerre qui aurait par la suite écrasé l’envahisseur. Considérations sur les nouvelles idéologies : la violence déguisée en morale En examinant dans l’histoire des siècles passés le comportement de chefs fameux. L’être humain en tant qu’animal “social” ne peut s’empêcher d’avoir un comportement ambivalent : égoïste pour assurer sa propre conservation et altruiste pour assurer la conservation de l’espèce (certains diraient même : de la nature). toujours et encore. Staline. Dans certains passages de Guerre et Paix. Nous voilà donc en face d’une troisième variante de l’irresponsabilité. Saddam et bien d'autres.

Dans l’esprit de l’auteur. Derrière ces nouvelles “morales”. l’auteur dressait un inventaire (non exhaustif) des inégalités françaises. s'adonnent à des rites et à des activités du plus pur jus néonazi. on retrouve toujours et encore des bourreaux désoeuvrés. mêmes les plus odieux. Un conseil : ne vous contentez pas des commentaires superficiels des médias. De l’idéologie de la générosité quasi obligatoire. il nous entraîne vers les pathologies des sociétés.. Prenez le temps de les lire. quel que soit le nom qu'on veuille leur donner. Ces FNM correspondaient et correspondent toujours à des avantages (ou « zakisocio » selon l’expression sacrément consacrée…) obtenus par des groupes sociaux actifs et solidaires organisés en corporations. Elles sont l'expression du triomphe de l'irresponsabilité. l’auteur superposait une vision horizontale intégrant ce qu’il appelait les “facteurs non monétaires” (FNM). contre ce qu’il est convenu d’appeler l’obscurantisme religieux. comme cela fut précisément le cas dans la Russie stalinienne. avec d’autres mots mais la même source nourricière : le mépris de l’homme et la haine de la liberté. “d’exaltation de l’ego” et de “triomphe de la liberté”. Dans la grande trame que tresse l’histoire. Or.Toujours plus ! Plus encore ! Radiographie d'un mal de société Avant propos Que nos lecteurs nous pardonnent : notre site prend de plus en plus de liberté avec nous. nous sommes ainsi passés maintenant à des théories qui prêchent l’égoïsme triomphateur et qui qualifient ce nouveau cocktail “d’élévation spirituelle”. Quand donc l’humanité parviendra-t-elle à se libérer enfin de ces ivresses idéologiques qui prétendent “découper” l’être humain et le “sectionner”. Des projets pathologiques que nous analysions en 2001. A l’analyse classique des statisticiens qui découpent la société en catégories socio professionnelles réparties par tranche de revenus comme un millefeuilles.beaux concepts à l'extrême.jusqu’à l’amputation ? Postscriptum n°10 . Staline est un exemple lumineux de ces méthodes. toutes ces théories qui exaltent le “moi” reviennent à justifier tous les actes visant à imposer son propre “ego”.. on croit leur avoir fait un sort. pressés de reprendre du service et puisant leur source d’inspiration dans des cloaques dont ils tirent un jus qu’ils vendent pour de l’eau pure. On peut même observer qu’égoïsme monstrueux et générosité obligatoire peuvent très bien coexister. théories. en refusant tout principe de sanction pour ces actes. "religions" ou pratiques. parfois au prix de vies humaines et on s’en glorifie. C’est dans ce contexte que nous vous invitons à lire les deux ouvrages de M. De ce point de vue. et des dizaines d’années plus tard les voilà qui ressurgissent de dessous la terre et se renforcent sous une autre forme. des restitutions partiales ou partielles régurgitées par d’autres ou des réactions épidermiques de ceux que ces livres chatouillent ou irritent. une corporation était un groupe qui . Toujours plus ! Un inventaire des inégalités françaises Dans les années 80 et alors que des gouvernants dits « de gauche » venaient de prendre le pouvoir. François de Closets (FDC dans cette page) cités dans le titre.

Alors une question se pose : qui a profité de cette évolution ? Dans une société saine. la revue des plus ou moins grands et divers privilèges non monétaires dont bénéficient certains groupes présente cependant un point commun : les principes ayant présidé à leur attribution. plutôt que sur les rapports de force.  Ensuite que dans les cas où certaines catégories ont perdu leurs avantages. toute tentative de réforme fondée sur des considérations de justice. subventions. • De leur pouvoir de nuisance. • De moyens de pression dont ils disposent. • D’un environnement non concurrentiel. Or ces avantages qui pouvaient être anecdotiques à l’époque des trente glorieuses et du plein emploi sont devenus douloureusement injustes dans le contexte de chômage massif que connaît la France depuis trente ans. C'est un constat amer. quand ils ne se sont pas appuyés sur ces corporations pour se maintenir au pouvoir dans une optique délibérée de clientélisme électoral sélectif. Car bien qu’étant non monétaires. ne le sont plus aujourd’hui. en reculant devant toutes les réactions (ou menaces de réactions) corporatistes. la sécurité de l’emploi. régime fiscal favorable. bien compréhensible que peut susciter l’existence de ces privilèges doit donc être tempérée par cette triste considération. on est forcés de constater deux choses :  D’abord que certains groupes cités comme des exemples de privilégiatures dans ce livre du début des années 80. ce qui se dessine ici dans les faits. Mais quand on lit le livre de monsieur de Closets à 25 ans de distance. couverture santé ou régimes de retraite avantageux. et donc plus faciles à dissimuler. un rééquilibrage fondé sur des principes de justice (et non pas sur l’impératif catégorique du “maintien de la paix sociale”) voudrait qu’elle profite à ceux qui travaillent le plus dur. L’envie. Ils présentent de plus l’avantage de ne pas être facilement mesurables . une égalisation par le bas pesant d'abord et . nous dit l’auteur . c’est une perte de pouvoir progressive. Les différences monétaires ont été atténuées par un jeu de ponctions-redistributions opéré par les gouvernements successifs. Or. les travailleurs non privilégiés n’y ont rien gagné. ces avantages sont bien payés…à commencer par ceux qui n’en bénéficient pas. apanage des fonctionnaires. par les temps qui courent. Dans ce corporatisme à la française. Dans cette liste à la Prévert figuraient (et figurent encore !) des primes de tous type. de pénibilité du travail ou de mérite. constante et générale des travailleurs. • etc Dans ces conditions. contexte économique et ouverture à la concurrence aidant. Les deux ouvrages de FDC montrent ainsi comment les gouvernements qui se sont succédés plutôt que de faire que la justice soit forte ont été contraints de faire en sorte que la force soit considérée comme juste. numerus clausus limitant la concurrence…et “last but not least en période de chômage massif”. ce sont les avantages non monétaires qui prennent toute leur valeur.s’organise en position non concurrentielle pour obtenir des avantages créant des disparités de statuts que la crise transforme en privilèges. s’est toujours heurtée à l’opposition de ces corporations. Non pas tant des considérations de justice sociale ou le mérite des bénéficiaires que la position de force des corporations auxquelles ils appartiennent dans la sphère économique ou politique. du fait : • D’un rôle stratégique.

avant tout sur ceux que l’on devrait au contraire encourager à poursuivre leurs efforts. les grands perdants de l’affaire selon l’auteur étant les jeunes et les travailleurs âgés n’appartenant pas aux secteurs protégés. ou disons plutôt que ceux qui ont toujours payé jusqu’à présent devront bien finir par solder pour la tranquillité de tous. A la lecture du second ouvrage. la France des années 2000. vient de publier la nouvelle radiographie de la France : Plus Encore ! Plus encore ! Une confirmation amère Quel visage offre donc la France d'aujourd'hui ? Las ! La France fait la grimace. plus encore que la France des années 80. de menace ou de force et ceux qui se taisent et se contentent de payer la facture généreusement présentée par des gouvernants dont certains pourraient dire qu'ils pratiquent la reculade comme le pas de tango. au point qu’on se demande s’il ne s’agit pas désormais de modalités de négociation inscrites dans la culture gauloise (peut-être pas que dans la culture gauloise d’ailleurs en Europe). Les français ont pourtant gagné quelque chose en prime à ce jeu du Toujours plus et Plus encore: un endettement public de plus de 1000 milliards d’euros. tandis que les populations les plus faibles et les plus exposées à la loi du marché ont continué à subir la crise. de solidarité et de générosité payée par d’autres. passée au tamis des gouvernements dits “de gauche” ou de droite. Une loi du silence qui en dit long Après la sortie de son premier ouvrage. FDC s’étonnait du peu de suite qui avait été donné malgré un tirage à plus d’un million d’exemplaires. en mettant ce livre en perspective sur 25 ans. Pour obtenir un avantage en France. L’embrasement des cités en novembre 2005 n’est qu’une version assez crue et spontanée d’un pays qui a parfaitement intégré la ligne de partage des eaux entre ceux qui savent que pour obtenir quelque chose il faut user de prétention. qu’il faudra bien payer tôt ou tard. nous nous demandions ce que FDC aurait écrit de la France des années 2000. Ce qu’il est convenu d’appeler la “fracture sociale” s’est renforcée avec une coupure encore plus nette entre les français insérés dans des corporations offrant des parapluies anti-crise et ceux qui naviguent tant bien que mal dans les eaux troublées des secteurs non protégés. Au total. devançant notre souhait. Bref. loin de s'être atténuées. toujours prêtes à descendre dans la rue pour réclamer plus encore de moyens. il faut pouvoir user de menace et de force et cette notion semble de plus en plus ancrée dans l’esprit des français. “Par une bizarrerie que la défaillance de l’information peut seule expliquer. . offre le spectacle d’une France duale dans laquelle les corporations les plus fortes ont consolidé leurs positions tandis que les moins organisés restent condamnés à subir et à payer. tout en conservant bien au chaud et bien cachés l’exclusivité de leurs privilèges ou “zakisocio”. C’est chose faite. C’est un fait. puisque l’auteur. qu’ils soient ou non organisés en corporations. se sont au contraire renforcées au gré des gouvernements successifs. selon l’expression sacrément consacrée. Toujours plus !. qui tout en se payant de mots ont continué à acheter la paix sociale en satisfaisant les prétentions des corporations les mieux organisées…ou les plus “activistes”. on est forcés de constater que les inégalités dénoncées dans les années 80. soutenus en cela par les corporations les plus protégées.

C’était beaucoup d’honneur. il conviendrait de la faire partout.Cela ne se serait pas produit. Et pour une raison toute simple : c’est que ceux qui auraient vraiment intérêt à ce qu’on parle du sujet et à ce qu’on l’étudie de plus près. se vit conférer le statut d’un rapport sur l’état des inégalités en France. Par ailleurs. il n’en fut rien. et autres salades pas fraîches en vrac. l’administration ou les centres de recherche prennent le relais. répondant à la curiosité du public. ne sont précisément pas ceux qui détiennent les clés et l’accès aux médias. C’est d’ailleurs ce que montre aussi FDC dans son second ouvrage quand il illustre l’extrême prudence avec laquelle deux chercheurs se sont timidement engagés dans l’étude d’une sous-sous-partie bien délimitée du sujet qu’il avait abordé dans Toujours plus. il en aura besoin pour s’enfuir”. Il n’a jamais été dans mes intentions de présenter un tableau exhaustif des situations privilégiées ou pénalisées que l’on rencontre dans notre société ……… Le retentissement du livre eut pour résultat de braquer les projecteurs de l’actualité sur ces privilégiatures alors que celles que j’avais oubliées restaient dans l’ombre…. Les médias tournèrent obstinément autour des quelques cas que j’avais mis en avant et ne firent pas le moindre effort pour déterrer les autres…. lls ne détiennent pas non plus les cordons des budgets de recherche attribués aux chercheurs. encore plus aujourd’hui !. On ne leur demande qu’une chose. mais il faut reconnaître qu’il expose là un ensemble de faits incontestables. si la presse. Bref. Malheureusement. il s’agit de critiques empruntes d’une mauvaise foi évidente et d’une volonté de distorsion délibérée des arguments avancés par FDC. Ces derniers. c’est de continuer à faire ce qu’ils font très bien et depuis des années : travailler ou subir le chômage (ou sa menace). Parions qu’il en ira de même pour son second ouvrage. Ils n’ont pas voix au chapitre. La pertinence “triomphale” quasi granitique de ses analyses nous est donnée de façon lumineuse par tous ceux qui les contestent. moyens supplémentaires revendiqués. avait présenté les exemples que je n’ai pas retenus et qui sont tout aussi éloquents.” Malheureusement il n’en fut rien. disions nous dans une partie de notre site. aux plateaux télé “branchouille” ou aux micros “branchés” devant lesquels on déblatère à l’envie et jusqu’à la nausée sur les “zakisocio” sacrément consacrés. devant les dérangeurs publics autorisés. nous l’avons vu dans notre site. ceux qui auraient le plus intérêt à faire la lumière sur ces disparités de statut que la crise a transformé en privilégiatures ne sont tout simplement pas représentés. les deux ouvrages de FDC présentent aussi l’intérêt d’offrir une clé de lecture de la France contemporaine. “Donne un bon cheval à celui qui dit la vérité. parfois en hululant plus qu’en parlant d'ailleurs: dans la majorité des cas.travail d’un journaliste indépendant. en encourageant à s'interroger sur le contenu de termes . ils n’existent pas. Une pertinence confirmée par l'unanimité des critiques On peut opposer bien des critiques aux deux ouvrages de FDC. Dès lors que l’on entreprend de faire la lumière. la superficialité des rares commentaires que nous avons pu entendre dans les médias est une preuve supplémentaire. de la justesse du propos. payer et se taire. s’il en fallait. Une clé de lecture utile Parmi les autres qualités. beaucoup trop. J’attends que d’autres dans la presse. ont bien d’autres choses beaucoup plus importantes à faire dans l’intérêt de la nation.

y compris les plus brutales. C’est tout. l’Etat ne doit être présent dans ces zones que sous forme d’assistance et de subventions. Les points à creuser sur le diagnostic.. Parfois encore il semble partager certaines théories. nous préférons avancer à pas feutrés parce que l’auteur semble parfois se contredire. en leur évitant de devoir vivre sur le dos de ceux qui travaillent : justes considérations. que cela nous plaise ou non !”. On pense généralement que les auteurs de ces violences sont des “cas isolés”. Ainsi en est-il des passages consacrés à la logique brutale du libéralisme (voir le chapitre sur La France réactionnaire). Il indique ainsi que très peu d’initiatives sont prises pour orienter les jeunes en risque d’échec scolaire vers des filières “courtes” utiles au pays. Pour ce qui concerne la synthèse du second ouvrage (Plus encore !) et les déductions qui en découlent. on fait encore moins d’efforts pour permettre à ceux qui voudraient ou pourraient effectuer un cursus d’études complet de réaliser leur souhait. Nous pensons au contraire que les auteurs de ces faits avaient des objectifs simples et clairs : selon eux. Donc dans notre analyse. de qui parle-t-on ? De l’ouvrier de l’imprimerie nationale jouissant des avantages de sa corporation ou de l’ouvrier du privé travaillant dans des secteurs ouverts à la concurrence et qui fera les frais le premier des restructurations. “L’échec scolaire” FDC constate que rien n’est fait pour éviter l’échec scolaire dans les quartiers difficiles. Quand on parle d’ouvriers. Il nous semble évident que ces individus évoluent au contraire comme des poissons dans l’eau dans ces quartiers. Il ne s’agit pas d’un phénomène marginal mais d’une mentalité diffuse. On pourrait même dire que dans certains milieux dits “progressistes” se niche un ADN caché. il ajoute souvent des considérations qui portent à croire qu’il ne partage pas vraiment ces théories mais plutôt qu’il cherche à les mettre sur la table des faits réels : la table du “Les choses sont ainsi faites. nous souhaitons pour ainsi dire tenter de rendre un peu plus explicites certaines affirmations de l’auteur. Nous avons tenté plus haut un résumé du premier ouvrage (Toujours PLus!). tout en apportant ensuite des correctifs qui dénouent en partie ces contradictions. Toute autre présence n’est pas tolérée. Et quand on parle de patrons ? Qui vise-t-on ? Le patron de PME qui engage sa fortune dans son entreprise et assume les risques de son affaire ou le patron salarié de grande entreprise issu des grands corps et jouissant de rémunérations plus que confortables apparemment inversement proportionnelles aux risques qu’il prend et quels que soient les résultats de l’entreprise. Il serait utile d’ajouter à notre avis que dans ces zones à problèmes.génériques souvent utilisés à tort et à travers sans réelle explicitation sur ce qu'il désignent : Ainsi quand on parle de professeurs. doté de protéines racistes bien ancrées. plutôt que de développer des critiques sur les conclusions de FDC. telles que nous les avons interprétées bien entendu. qui conduit nos . Mais même dans ce cas. Ceux dans lesquels nos gouvernants de droite comme de gauche (ou dits de gauche) mettent leurs enfants. de qui parle-t-on ? Du jeune professeur de zone d’éducation prioritaire à qui on ne demande plus d’enseigner grand-chose ou du professeur de lycée tranquille ou prestigieux de Paris ou de Province.. Les zones à problèmes L’auteur semble affirmer que les mouvements de novembre 2005 n’avaient pas d’objectifs précis.

à exiger avec “vertu” et “progressistiquement” que ces mêmes jeunes puissent néanmoins conduire une vie satisfaisante. en sous entendant implicitement que de toutes façons ce serait peine perdue. et de l'autre. en particulier en milieu scolaire. en particulier lorsqu’elle vient de milieux “pseudoprogressistes”. à commencer par les milieux dits “progressistes”. des élèves lui demandent en guise de conclusion de leur parler de bites et d’oublier le reste. Depuis plus de vingt ans. . pour ne pas dire sinistres. mais d’aller vers un échec plus que certain : que peut faire un policier expérimenté quand il reçoit sur le crâne un parpaing de plusieurs kilos ? Que peut faire un pompier expérimenté quand il reçoit une volée de caillasses tandis qu’il éteint un incendie ? Que peut faire un professeur expérimenté quand au bout d’une heure “d’enseignement”. à se donner bien peu de mal pour les jeunes issus de ces zones. La situation de l’enseignement dans les quartiers sensibles. d’un côté. désireux de s’installer dans une vie confortable. Le problème des fonctionnaires inexpérimentés FDC – suivant en cela les critiques souvent faites par les médias – relève qu’on envoie souvent dans ces quartiers des fonctionnaires (enseignants. un gâchis lamentable d’intelligences et de richesses perdues dont nos pseudo-progressistes sont les premiers responsables. écrit par FDC. Le vrai drame est que si ces fonctionnaires expérimentés évitent soigneusement ces quartiers c’est qu’ils savent qu’il ne s’agit pas de relever un défi. Nous nous trouvons maintenant devant un désastre. ce phénomène a été constamment masqué et continue à l’être. Les premiers. ce qui d’ailleurs est la traduction contemporaine du fameux “Avez-vous du feu ?” de sinistre mémoire progressisto-soixanthuitarde. aux frais d’une collectivité composée d’individus. Le problème est ailleurs et il faudrait maintenant sérieusement se demander si des solutions existent encore. On pourrait en conclure que les fonctionnaires expérimentés sont tous des égoïstes indécrottables. disons depuis la période faste de 1981.“pseudo-progressistes”. que nos “progressistes” considèrent comme assez méprisables tout compte fait. pompiers. ce qui implique entre autres qu’on accepte un jour de parler autant de “devoirs” que de “droits” dans ces quartiers. Rien n’a été fait. Comme dans le reste du livre. La domination du pouvoir financier Le chapitre consacré à la France réactionnaire est un des plus crus. Dans le milieu dit “progressiste” de l’enseignement. Cette fois pourtant. l’école ne produit souvent plus que des chômeurs subventionnés et violents. il s’agit d’une analyse précise. excluant les défis et renonçant pour toujours à l’ambition (voire la vocation pourtant souvent partagée par de nombreux enseignants) de faire progresser des jeunes destinés à devenir des parasites violents. Dans ces quartiers. Créer des filières courtes ne suffit pas à nos yeux : il faudrait se battre pour que tous ceux qui sont susceptibles de réussir dans des métiers intellectuels puissent le faire . sauf bien sûr de minimiser le phénomène avec obstination. après tant de décennies d’incurie et de mépris également distribué par nos “pseudo-progressistes” à l’égard de toutes les populations qui subissent aujourd'hui les conséquences de leur belle irresponsabilité. policiers) jeunes et inexpérimentés : juste observation qui surprend cependant. grâce à ce bien précieux qu’est la connaissance. pour corriger une tendance catastrophique. vers un statut de citoyens à part entière. C’est précisément parce qu’ils sont expérimentés que ces fonctionnaires refusent d’aller dans ces quartiers. la violence n’a fait que progresser dans ces quartiers. Cette situation est intimement liée au problème de l’échec scolaire abordé ci-dessus.

la situation sera d’abord un peu moins difficile. Il peut arriver qu’on se trouve même face à une incompatibilité complète entre les objectifs d’un Etat démocratique et ces pratiques financières. Et nous ne croyons pas aux miracles de l’auto-adaptation ou de “l’ajustement”. parce qu’elle n'a pas su adapter ses connaissances et ses méthodes à la situation des sociétés évoluées. La position des syndicats dans une société moderne est extrêmement difficile. FDC s’inquiète donc avec raison pour l’avenir des jeunes. certains pourraient trouver curieuse la présence massive et militante aux manifestations anti-CPE de représentants des secteurs protégés. les syndicats ont joué un rôle fondamental pendant plus d’un siècle en faveur des travailleurs. ni libéraliste. il ne suffit pas simplement de “l’accompagner”. Dans de tels cas. Comme s’il s’agissait pour les membres de ces corporations de se dédouaner en paroles et à bon compte d’une position privilégiée de moins en moins justifiée à vrai dire.FDC soulève un problème qu’on ne peut pas éluder : quel doit être le rôle d’un Etat dans un pays démocratique ? Un Etat peut-il adopter une doctrine économique en se limitant à un rôle “d’accompagnateur” ? La réponse de FDC semble correcte : l’Etat seul est impuissant à contrer les excès de la puissance financière. Certes. Le problème aujourd’hui ne tient pas tant au fait que les syndicats soient bien plus forts dans les secteurs protégés. ni libéral. c'est-à-dire de ces jeunes qui cherchent un travail à tout prix et qui seront condamnés à une triste situation de précarité. Mais ensuite. tout en conservant jalousement et bien au chaud les avantages et privilèges exclusifs dont elles bénéficient. les temps deviendront plus durs. Pour ceux des jeunes que nos pseudo-progressistes auront éduqués dans le désoeuvrement et la violence. telle que la présente FDC. L’Etat ne devrait être ni collectiviste. de ces secteurs qui ont précisément contribué. Le chômage Quelques observations cocasses sur cette partie. Le problème est que l’action syndicale se soit à ce point réduite à un tel rôle. Le rôle d’un Etat dans un pays démocratique nous semble être de viser le bien-être spirituel. on observe ces derniers temps une tendance de plus en plus forte des catégories les plus privilégiées à manifester bruyamment leur généreuse “solidarité” en faveur de catégories officiellement “non privilégiées” ou dites “démunies” par des actions stériles et propagandistes. Disons plutôt que ces augustes personnages ont tout essayé et que la France a dû tout essuyer. Cible préférée de FDC. De fait. . L’homme laissé totalement libre de ses actions peut devenir un animal de rapines. Rien ne dit que l’Etat doive se contenter de simples actions d’ajustement ou d’accompagnement face à certaines pratiques financières. à rendre aussi précaire la situation des jeunes qui se battent aujourd'hui pour trouver un emploi dans les secteurs non protégés. Un éminent président de la République affirmait avec un calme olympien qu’on avait tout essayé contre le chômage et que rien n’avait marché. tant qu’ils sauront. mais le problème ne nous semble pas réglé à la base pour autant. Dans ces conditions. Il faudrait un effort immense pour qu’ils reprennent le rôle bénéfique qui était le leur jusqu’à il y a quelques décennies. comme d’autres groupes. Et nous ne parlons pas là de pratiques douteuses ou irrégulières mais de pratiques qu’on devrait admettre comme normales si l’on s’en tenait à l'application simple et brutale de la loi du profit. matériel et moral de tous les citoyens. Le rôle des syndicats. utiliser leur capacité de nuisance. et pas qu’un peu. pour eux aussi.

on peut toujours tenter le clystère. Le jugement de FDC nous semble global : chacun de nous. zakisaucisses. Toujours est-il que la facture sera payée et nous savons par qui.. où les mêmes hommes et femmes politiques se succèdent et se re-succèdent. Et si le patient refuse la voie orale. laitue chérie et tutti quanti. qui tout en constituant la grande majorité de la population en Europe a réussi l’énorme exploit de n’être représentée politiquement parlant par personne. Il nous semble que le jugement de FDC concerne d’un côté des comportements qui vont bien au-delà d’une seule génération et de l’autre côté ne vise pas à accuser toute la génération du baby boom dans son ensemble. égalité glouglou. ordre et choucroute. toujours excellente dans son rôle favori : le cocu politique. Il nous faut donc maintenant saluer par anticipation et pour l’occasion l’interprétation brillante que fera la petite bourgeoisie dans son meilleur rôle : payer la dette et se taire..quand elle prendra le temps de s’asseoir pour souffler. vue l’ampleur de la tâche et vus les sacrifices qu’elle devra supporter à coups d’augmentations d’impôts et à force de réductions des “zavantajsocio” qu’il faudra bien réserver aux “plus démunis” (ce n’est que justice…). FDC semble vouloir accuser tous ceux qui appartiennent à la génération du baby boom d’avoir pillé le patrimoine de la nation et d’en avoir compromis l’avenir. Comme d’habitude. avant d’administrer d’un geste svelte et sûr ce qu’il faut de médecine pour remettre les finances du pays en ordre. La génération prédatrice Toujours sur l’énorme ampleur de la dette accumulée par la France. pourtant. ne permet pas de les qualifier de “prédateurs”. Comme dans toute médecine cependant. espoir. sortis par la porte et rentrés par la fenêtre. Dans ce grand vaudeville tragicomique. La solution est toute simple. justice. salades. n’est ce pas ? Pour cela il suffira d’un bon papa ou plutôt d’une bonne maman (tiens pourquoi pas ?) qui lui chanteront des berceuses ponctuées de mots doux: solidarité blabla. ce sont ceux qui ont toujours payé et qui continueront à payer avec discipline et en silence.Le problème de la dette publique FDC s’inquiète à juste titre de l’énormité de la dette pesant sur le pays : 1000 milliards accumulés par de brillants politiques. tous issus des meilleures écoles et des meilleures familles pourtant et qui ne pensaient qu’au bien du pays. le mode d’administration peut emprunter plusieurs voies. tant que leurs forces leur permettront de travailler pour ce faire : j’ai nommé la petite bourgeoisie.. D’autre part.et sur ce qui va bien ? . à peine gênée par l’énorme clystère qu’on lui aura collé au derrière. en particulier les chômeurs âgés issus du baby boom. L’idéologie destructrice puise ses racines dans une période bien antérieure aux trente glorieuses. est plus ou moins responsable du désastre actuel et en particulier d’avoir favorisé ou de ne pas avoir empêché le pillage de ces biens qui manqueront aux générations futures. Ceux qui paieront.. expression qui ne sert qu’à brouiller les idées et à refuser une identité à une catégorie bien homogène de la population. Qui paiera ? demande l’auteur. Evitons ici de parler de “classes moyennes”. Courageuse petite bourgeoisie. . espérances et sécurité. elle sera la seule à ne pas savoir. à commencer par celui des jeunes. comme toujours. peut-être faudra-t-il s’attendre à quelques réticences de sa part. Bien sûr. le sort réservé aux chômeurs. seule la petite bourgeoisie traversera la scène en innocente. respect tsointsoin. tant elle inspire de mépris à nos élites “progressistes”.

Nous devons le reconnaître : FDC nous semble plus convaincant quand il nous expose ce qui va
mal que lorsqu’il analyse les succès parfois engrangés au sein de sociétés conservato-capitalistes.

Le succès démographique
FDC constate que la France est un des rares pays européens à être parvenu à freiner le déclin
démographique. Malheureusement les chiffres et les pourcentages ne disent pas tout. Nous
sommes arrivés en Europe, et en France aussi, à cette situation absurde qu’il est moins stressant
pour certaines catégories de la population de mettre au monde de nombreux enfants en étant
chômeurs assistés, qu’en ayant un travail non protégé. Le cas de chômeurs assistés qui
s’installent et ont une descendance nombreuse est de plus en plus fréquent. Au sein du monde
du chômage, les distorsions du système reflètent celles de la société : pour certaines catégories
de la population le chômage est vécu comme un enfer sans fin, tandis que pour d’autres
catégories mieux protégées et disposant d’un pouvoir de nuisance, le chômage présente sans
doute des inconvénients mais aussi des avantages. Dans certains milieux, le chômeur arrive en
additionnant toutes les subventions ou les aides reçues par atteindre un niveau de vie meilleur
que celui d'un travailleur au SMIC. Dans ces conditions, une descendance nombreuse, loin
d’impliquer une charge et des sacrifices, donne droit à des contributions et à des aides
supplémentaires.
A l'opposé de cette situation, on trouve des dizaines de milliers d'hommes et de femmes qui
travaillent et n’ont pas droit à un toit pour autant, et qui doivent se contenter dans la plus grande
indifférence de caravanes déglinguées et de camping de fortune, parce qu'il s'agit en général de
personnes paisibles n'ayant aucun pouvoir de nuisance et dont aucune organisation dite
"humanitaire" ne s'occupe sérieusement. Dans cette situation extrêmement précaire, il est peu
probable que ces hommes et femmes participent au succès démographique dont FDC se félicite.
Etant donné qu’il est impossible d’analyser en détail ce fameux “succès” démographique, il
convient d’observer une certaine prudence en la matière.

Le renouveau industriel
Dans un autre domaine, FDC cite certaines entreprises comme Renault comme des exemples
d’industries qui ont su relever le défi et se relancer. FDC analyse bien le processus de remise en
route opéré, parfois de façon exemplaire, par des managers de premier ordre et qui ont fait
passer leur entreprise d’une situation de pré-faillite à une situation prospère…entre autres en
licenciant à forte dose d’ailleurs. Comme toujours l’analyse est excellente. Pourtant, on relève
dans une tournure de phrase de l’auteur sur un ton anodin que les choses ne se sont pas si mal
passées pour les employés puisque l’Etat est intervenu par des dispositifs de préretraites et
d’aides diverses. Très bien, sauf qu’une fois de plus, l’Etat, c'est-à-dire le contribuable, a dû
mettre la main au portefeuille pour “accompagner” ce genre de politique managériale : il a rempli
une fonction d’auxiliaire du système capitaliste. Dans les cas cités par FDC on peut sans doute
penser que la communauté y a trouvé son compte (Renault). Il est d’autres cas dans lesquels les
industriels ont fini par fermer boutique et par partir sous d’autres cieux (délocalisés), après avoir
englouti les subventions et les contributions que l’Etat leur avait généreusement accordées.

Annexe : les lois de l'inégalité
(in Toujours Plus ! François de Closets - Chapitre L'inégalité française - page 26 de l'édition du
Livre de poche - 1982)

Seule la prise en compte simultanée des Facteurs monétaires (FM) et non monétaires

(FNM) permet de définir la condition des individus.

L’inégalité s’observe à partir des corporations et imbrications de corporations qui
s’organisent autour des avantages.

La condition de chacun correspond autant à la puissance de sa corporation qu’à son mérite
personnel. Cette puissance tient aux moyens de pression et aux possibilités d’organisation
et pas seulement au mérite ou à la combativité des intéressés.

La répartition des Facteurs Non Monétaires (FNM) suit les règles comparables à celles de la
bataille pour l’argent, en sorte que les inégalités tendent à se cumuler d’un système à
l’autre.

Les inégalités monétaires sont donc généralement amplifiées et non corrigées par les FNM.
Ceux qui touchent les plus basses rémunérations n’ont que des FNM négatifs.

Les corporations dont on entend beaucoup parler sont souvent celles qui ont beaucoup
reçu. La misère est silencieuse.

En période de crise, l’argent se dévalue et les droits se valorisent, en sorte que les
secondes inégalités deviennent plus importantes que les premières.

Toute réduction des inégalités monétaires accroît l’importance des inégalités non
monétaires.

Depuis quelques années, les inégalités monétaires tendent à se réduire et les inégalités
non monétaires à s’accroître. Ce sont elles qui posent le plus grave problème de
redistribution pour l’avenir.

Les corporations, ayant intérêt à se faire plaindre plutôt qu’envier, défendent jalousement
le secret sur leurs avantages.

Note utile : jusqu'à présent, nous avons laissé notre adresse email sur ce site pour permettre aux
lecteurs de réagir. Au vu des retours que reçoit Monsieur de Closets pour avoir dit deux ou trois
vérités, nous avons préféré supprimer ce lien pour des raisons préventives. Vu le niveau et la
qualité de ces “productions” nous préférons épargner à leurs “auteurs” la peine d'honorer de
leurs “écrits” nos modestes personnes. De plus, par générosité naturelle, nous préférons que
l'attention de ces personnes se porte sur Monsieur de Closets qui le mérite bien.

Postscriptum n°11 - Néo-libéralisme et esclavagisme
: une alliance inévitable ?
Avant propos
Dans le postscriptum précédent consacré aux deux livres de François De Closets (Toujours Plus !
et Plus encore !), nous avons qualifié de “sinistre” le chapitre de Plus encore ! consacré à “La
France réactionnaire”. Dans ce chapitre, l’auteur dessine de façon crue le visage du nouveau
libéralisme. Prolongeons maintenant notre réflexion dans ce nouveau postcriptum où il sera
question d’Arturo Brachetti, de Michelet et de vieilles dames anglaises qui aimaient les chats.
Un des mérites des personnes intellectuellement honnêtes est de permettre à ceux qui ne
partagent pas leurs thèses de puiser dans leurs analyses des arguments contraires solides.

Dans le chapitre La France réactionnaire, François De Closets développe comme toujours une
analyse impeccable. Cependant, l’auteur aboutit à des thèses qui, selon nous, se prêtent à une
critique de base.
En effet, nous ne sommes pas convaincus que ce nouveau libéralisme ou néo-libéralisme dont il
est question s’accorde avec les principes libéraux ou avec le concept de démocratie. Nous
craignons qu’en définitive il ne conduise qu’à une forme renouvelée d’esclavagisme.
Ne donnons ici aucun poids moral aux termes de démocratie, libéralisme ou esclavagisme.
Contentons nous de vérifier s’il y a cohérence ou pas entre des concepts qui sont à la base – ou
sont présentés comme étant à la base – d’un pays régi par un système démocratique et les
processus mis en œuvre par les systèmes néo-libéraux.

La propriété privée
Historiquement, le droit à la propriété privée a marqué un fossé infranchissable entre les
systèmes collectivistes ou communistes et les systèmes sur lesquels reposent depuis longtemps
les démocraties occidentales.
Il ne s’agit pas là d’un argument de discussion sophistiqué entre élites intellectuelles mais d’un
concept intégré dans la vie des masses. Dans les pays occidentaux comme aussi dans les pays
régis par le collectivisme, d’ailleurs, le refus du droit à la propriété privée a été vécu par la
majorité des individus comme une atteinte intolérable. Si un régime communiste n’a jamais pu
prendre pied démocratiquement chez nous, c’est en grande partie parce que les idéologues
communistes se sont obstinés à refuser aux individus le droit à la propriété privée. Mais
comment définir ce concept ?
En réalité, personne ne prétend “porter sur soi” ou se “remplir” de ce qu’il considère comme sien.
Dans le film la folie des grandeurs, on voit Louis De Funès tenter de suivre cette voie en
dissimulant dans ses pantalons les “biens meubles” qu’on lui confisque, ce qui le transforme en
montgolfière. Nous sommes ici dans la caricature. Dans les faits, ce que nous pensons posséder
ne nous appartient jamais totalement. Cependant, chaque chose sur laquelle nous revendiquons
un droit de propriété, fut-il minime, fait partie en quelque sorte de notre propriété privée. Cela va
de nos pensées, toujours influençables et pourtant toujours nôtres, jusqu’à nos “propriétés”
taxables, dont on peut nous exproprier légalement, et jusqu’à des formes de propriété collective
dans lesquelles chaque individu possède quelque chose du patrimoine commun.
Les copropriétés proprement dites appartiennent à cette dernière forme, mais aussi ce que nous
considérons comme “nôtre” de notre quartier, de notre ville, de l’environnement, de la planète,
sans oublier ce que nous pouvons considérer comme “nôtre” dans le domaine des sentiments.
La propriété privée, prise dans un sens large, nous permet d’atteindre un équilibre, une sécurité,
de satisfaire notre désir de liberté et même de revendiquer le droit au respect (la dignité).
Ce concept de propriété privée trouve ainsi une mesure dans la façon dont nous pouvons plus ou
moins “influencer” notre environnement et dont nous pouvons, toujours plus ou moins, nous
défendre de ce que nous ressentons comme une agression venant de cet environnement.
Si cette définition élargie de la propriété privée ne vous convient pas, résumons donc le tout en
“droit à posséder quelque chose d’une façon ou d’une autre”. Cela nous va aussi.
Nous allons voir dans la suite comment ce concept de propriété privée est décliné dans sa forme
néo-libérale.

Considérations sur le libéralisme et le néolibéralisme
Ici, quelques citations suffiront à planter le décor, plutôt qu'un long discours. Et

Page 238 Les gestionnaires de [ces] fonds s’invitent au capital des grandes entreprises. Pour bien comprendre cette citation de sa sainteté Léon Trotsky (curieusement rarement citée par les. sur la base d’un plan économique. Ils remettent en cause cette technostructure qui dédaigne ses actionnaires et imposent progressivement une gouvernance fondée sur une nouvelle hiérarchie du pouvoir. de ces compagnies d’assurances si fidèles. Au sommet les actionnaires propriétaires. Mais l’organisation sociale l’y contraint et le pousse à coups de fouets dans cette direction. Cependant l’ensemble du passage montre bien la pérennité et l’attachement de fond de l’auteur à ces concepts. Nous connaissons le travail des esclaves. un travail qui est obligatoire pour tout le pays. à l’Etat ouvrier. le droit de l’Etat ouvrier. et les managers découvrent des actionnaires bien différents de ces petits porteurs si discrets. c'est-à-dire imposé à chaque travailleur. Il ne veut pas travailler.” Tretij Vserossijskij S’ezd Professional’nych Sojuzov (1920). qui arrivent en position de force et qui entendent peser sur la gestion. Du patron qui craint pour son entreprise au salarié qui risque de perdre son job. Nous nous dirigeons maintenant vers un nouveau type de travail socialement réglementé. Avril 1920. des “zinzins” si accommodants. une sorte de néo-colonialisme en somme. Revenons en 2006 maintenant et puisons quelques autres citations dans le livre Plus encore ! de François de Closets. nous avons connu le travail salarié que la bourgeoisie définit comme “libre”. Nous reconnaissons donc à l’Etat. La bonne gouvernance consiste à faire passer le profit avant toute autre considération NDLR : Remarquons que ce nouveau type de capitalisme est un capitalisme “qui vient d’ailleurs”. l’insécurité. Pouvons nous dire de nos jours que les méthodes et les pratiques néo-libérales se justifient par une situation de danger extrême pour notre société ? Nous ne le croyons pas. L’homme doit travailler pour ne pas mourir. chacun en ressent la morsure. nous connaissons le travail obligatoire et discipliné des corporations médiévales. à envoyer chaque ouvrier et chaque ouvrière là où leur travail résultera le plus utile à la réalisation des objectifs économiques.commençons d’abord par Adam Smith ? Friedman? Von Hayek ? … non. La militarisation du travail dans le sens profond dont j’ai parlé.. I (Plenumy).. et relégué à la base le personnel. commençons par Trotsky ! “ Que le représentant menchevik nous explique donc ce qu’il entend par travail libre et sans contrainte. nous connaissons le travail des serfs de la glèbe. non pas formellement mais fondamentalement. 88-90. Les nouveaux venus sont des financiers pugnaces à la recherche d’un profit maximum. constitue la méthode indispensable et fondamentale pour organiser les forces du travail…Nous savons que tout travail est un travail imposé socialement. … . le droit de punir l’ouvrier ou l’ouvrière qui refuserait d’exécuter l’ordre de l’Etat et qui ne subordonne pas sa propre volonté à celle de la classe ouvrière et à ses devoirs économiques. Nous sommes aujourd’hui dans une situation normale.trotskystes). il faut la replacer dans un contexte de danger extrême pour l’Etat bolchévique. nous reconnaissons fondamentalement. Que personne ne s’en offusque! Page 240 L’ordre nouveau dispose de sa plus fidèle alliée. Telle est la base du socialisme… Et une fois établi ce principe. en second rang le management à sa botte.

Eh oui! Le capitalisme libéral fait de l’emploi un sous-produit de l’économie et. elle. maintenir les profits à la hausse. si l’on voulait. ni sécurité. qu’importe! Le système a troqué la carotte pour le bâton. Il fallait l’abaisser. Nous voici revenus au XIXème siècle. Page 243 La souveraineté des Etats tient à leur monopole. et le chantage à la démission n’est d’aucun poids face au chantage à la délocalisation. L’actionnaire ne sera plus là lorsque le surpâturage aura stérilisé la prairie. Car l’espoir des “relations humaines” a vécu. le travail se faisait sans conditions. au contraire. son travail. elle évalue sur six mois. les jaugent et se donnent aux mieux-disants. Une autre version du “Toujours plus!” Le capital financier a pris le pouvoir afin d’imposer les lois du profit. La gestion doit se penser dans cet horizon extraordinairement limité. qui exige tout à la fois des rémunérations plus basses et des rendements les plus élevés. tout naturellement. Les taux de profits étaient énormes. pas dans le futur. ni fidélité. elle doit privilégier la rémunération du capital et non pas celle du travail. propriétaire et manager. Mais cette loi de l’entrepreneur n’est pas celle du financier. Page 242 L’hyper-rentabilité suppose l’hyper-productivité. Page 244 Cette “révolution” capitaliste est aussi une restauration. La finance n’a pas réduit l’utilité du travail. dont la valeur jouait comme variable d’ajustement. elle a imposé un pouvoir de nuisance supérieur. à l’origine de la révolution industrielle! Les premières entreprises devaient assurer la fortune du patron-roi. …… Troisième point : cette rentabilité s’apprécie aujourd’hui et maintenant. On ne parlait pas alors de “conditions de travail”. Cela s’appelle l’intermédiation. Un objectif qu’il peut même atteindre sans production et sans travailleurs. dépendent entièrement de leur entreprise. Page 250 Or le capitalisme se fixe un objectif tout différent : dégager du profit. Les entreprises les jugent. comme tous les autres. La finance ne veut prendre aucun risque. Elle n’a pas à se soucier de considérations locales. pas davantage. Elle doit toujours privilégier l’avenir en misant sur l’investissement. loin de se battre pour occuper le plus de monde possible. il n’engage des salariés qu’à seule fin de dégager des bénéfices. un horizon qui finit par l’asphyxier. et cela peut rapporter gros. au fusil et au canon. L’entreprise. doit être réduit. Les nouveaux maîtres n’apportent ni conseils. NDLR : petite objection: les capitalistes mentionnés dans ce passage étaient presque toujours “nationaux”. dans lesquels les patrons ne se limitaient pas à utiliser le bâton mais avaient souvent recours aussi. La grève ne pèse pas lourd face aux sanctions du marché. Et le maladroit qui s’en désintéresse se fait chiper ses marchés par ses concurrents. La précarité et l’insécurité se chargeront de les mettre au pas. ce qu’on appelle pudiquement “créer de la valeur pour l’actionnaire”. Face à lui. c’est-à-dire de . Il se trouvait toujours des remplaçants éventuels pour prendre la place des mécontents. valeur absolue ou relative. tout à la fois créateur. La comparaison devrait plutôt être faite avec certains procédés colonialistes de certains Etats libéraux d’antan. Page 241 Les salariés.Le financier n’a pas supplanté le salarié en raison d’une utilité supérieure voilà bien le paradoxe. rien que des contraintes supplémentaires qui rendent la vie des entreprises plus difficile et leur avenir moins assuré. il s’efforce d’accroître sa productivité. Un investisseur n'a pas vocation à devenir employeur. Le travail est un coût qui. vit dans la durée. seul compte le rendement à court terme. qui réduit les profits du jour pour assurer ceux du lendemain. Pour ce dernier. et l’enrichissement était très rapide. Premièrement : l’entreprise a pour seule vocation d’enrichir ses propriétaires. voire la spéculation. rien qu’en jouant sur les prix à l’achat et à la revente. le travailleur proposait une marchandise comme les autres. Peu importe que cette cupidité se révèle destructrice par la suite. Les travailleurs risquent de renâcler. Les gouvernements ne sont plus des maîtres dictant leur loi. Le libéralisme mondialisé les met en concurrence. écologiques ou sociales. mais des boutiquiers faisant la retape pour attirer et retenir la clientèle.

En matière de profit. C’est au politique qu’il revient logiquement de se préoccuper des valeurs. de délocalisation. le néo libéralisme ne retient pas grand chose des idéaux libéraux d’antan. ou pour mieux dire. De l’ensemble des citations reportées plus haut. Là où les Etats libéraux manquaient à leurs principes. tels qu’ils ont été mis en œuvre en Asie. Appuyons nous maintenant sur ces citations pour tenter de cerner la situation du travailleur du secteur privé sans privilèges dans le nouvel ordre néo libéral. il ne fait aucun doute que le néo-libéralisme n’est rien d’autre qu’une forme renouvelée de l’esclavagisme. Un schéma théorique bien difficile à mettre en oeuvre dans la réalité. se proposait de garantir une plus grande liberté. l’excellent Jan Pieterszoon pourrait enseigner encore bien des choses aux tenants du néo libéralisme. imposée naturellement. Il ne sait pas où il va et peut même aller dans le mur lorsqu’il enrichit les riches en oubliant les pauvres. NDLR : Et pourtant. Par simple respect de la vérité historico-financière.). Quelle idée nous faisons nous de l'Etat libéral ? Nous ne sommes pas des experts en sociologie mais dans notre esprit. . avec pour conséquence l’idée que la “loi est la même pour tous” ou que “tous sont égaux devant la loi”. AVERTISSEMENT DES AUTEURS Ces extraits du livre de FDC ne signifient pas à notre avis que l’auteur prenne fait et cause pour cet “ordre nouveau” : il s’agit d’un constat et nous pensons ne pas trahir la pensée de FDC en disant qu'il considère cette situation non pas comme souhaitable mais comme inévitable. Le néo-libéralisme selon François de Closets Autant mettre les pieds dans le plat tout de suite: selon nous. malgré tout. sortant de leurs frontières. c’était lorsque. Pour se rafraîchir la mémoire. à sa façon. et avec laquelle il faut compter. Une des prérogatives. ils appliquaient des politiques prévaricatrices et prédatrices. Nous pensons que l’Etat libéral. on peut dire que les néo libéraux n’ont rien inventé. parfois de façon définitive d’ailleurs en les expédiant directement vers l’autre monde. fabriques. des ambitions théoriques des Etats libéraux était la certitude du droit. De façon générale. il faut lui reconnaître qu’il ne se limitait pas à délocaliser des activités (plantations.réduire son personnel. trop peu loué gouverneur des Indes hollandaises.. Aucune connotation morale dans cette observation : il s’agit d’un constat.. il délocalisait aussi des populations. Page 256 Le capitalisme libéral est tout sauf une civilisation. Quand les lois du profit l’exigeaient. Il propose des moyens et se soucie peu des finalités. de donner du sens et de dégager des finalités. dignité. si l’on examine les méthodes et les objectifs des colonialistes anglais et surtout hollandais. instruction. peut-être faudrait-il réétudier les méthodes du célèbre Jan Pieterszoon Coen. de petites carottes et d’énormes bâtons. le libéralisme ne peut pas se réduire au seul concept de la liberté d’entreprendre. bien entendu. par opposition aux régimes qui l’ont précédé. Néo-libéralisme ou ordre nouveau. On nous objectera que les néo libéraux n’utilisent pas le canon : pas encore. À lui d’utiliser l’économie pour ce qu’elle est. à tous et pas seulement à quelques catégories privilégiées. nous pensons que le néo-libéralisme a bel et bien toutes les caractéristiques d’une “néo-civilisation”. etc. un système qui produit les richesses.

Toujours dans ces milieux on exposait ainsi qu’un Etat devrait avoir le droit de s’approprier les ressources hydrauliques d’un autre Etat sans. le patrimoine commun. mais l’histoire nous enseigne que les intérêts financiers. . d’habitudes. Une fois éliminés les coutumes. à une réglementation ou à une traduction sous forme d’articles de loi. solennel perruqué et poudré. Il y a quelque temps. Ici le législateur-avocat-juge poudré néo libéral polymorphe et transformiste change de costumes et se transforme en un clin d’œil en capitaine crochet sournois et agressif brandissant un sabre rutilant. voire rien. face à un tel numéro. Comment pourrait-on traduire juridiquement le droit de posséder une parcelle de l’environnement dans lequel on vit ? Sur quel droit reconnaissable pourrait on s’appuyer pour dédommager le fait d’être dépossédé de son quartier. Nous sommes cernés ! L'Etat démocratique à la sauce néo-libérale Constatons d’abord qu’une bonne partie de ce qui constitue le noyau de la propriété privée du travailleur (dans sa définition élargie) ne se prête pas à une codification. il n’a aucune sécurité quant à ses biens. tout ceci fait partie d’un ressenti commun. de sa cité. prêts à voler à son secours si quelqu’un ose s’opposer à ses “droits”. les habitudes. Tragique ironie du sort : ces masses qui chez nous pendant des décennies ont repoussé démocratiquement les ambitions des communistes dans leur montée au pouvoir. Dans cette phase. où l’on admire à l’œuvre tour à tour le législateur pointilleux.Edition: SEUIL 1956) Que devient alors le droit à la propriété privée des travailleurs dans ce nouvel ordre néo libéral ? Une coquille vide. Le rêve trotskyste semble être devenu réalité. Ce dernier n’a pas voix au chapitre là où il travaille. ni plus ni moins. donner quoi que ce soit en échange. utilisa largement ce transformisme. quand ils sont “purs” et libres de toute considération morale. qui devrait être étudié par les néo libéraux. soutenu par une myriade d’instituts et d’organismes souvent dotés de pouvoirs législatifs. Pire encore ! Nous assistons à un retour en force de l’extrémisme de gauche. se retrouvent aujourd’hui dépossédées de ce droit au nom du sacro-saint profit : on leur montre maintenant le bâton et elles devraient se demander désormais où la carotte a bien pu passer. le néo libéral se présente d’abord comme un législateur. surtout pas de technologie par exemple ou de connaissances scientifiques. pour écraser définitivement Carthage. de son pays ? Aucune possibilité législative. ressources qui devraient être considérées comme “un bien de l’humanité” (regardez donc où va se nicher la sensibilité humanitaire parfois !). Arturo Brachetti n’a qu’à bien se tenir ! Michelet écrivit en son temps une œuvre consacrée à l’histoire de la République Romaine. Panikkar : L'Asie et la domination occidentale . bardé de lois nationales et internationales. ensuite comme un avocat pratiquant les effets de toges et enfin comme un juge. (NOTA : Pour ceux qui voudraient mieux connaitre les méthodes coloniales appliquées en Asie voir : K. Disons le. en refusant de renoncer au sacro-saint droit à la propriété privée. “tempéré” par des pratiques néo libérales. Dans un chapitre très intéressant. Le financier. son lieu de travail. Michelet explique comment Rome. Dans un Etat démocratique. Rien de plus ? Peut-être pas. conduisent toujours à faire usage de la force la plus brutale si le “profit” l’exige. ses relations. aux travailleurs. au contraire. bien entendu. il reste bien peu. le juge inflexible et pour finir l’agresseur sans scrupules. ou mélange hybride. l’avocat “causidicus”. de coutumes et jamais de lois.M.sans doute . entre en scène. on avançait dans certains milieux néo libéraux que la souveraineté d’un Etat ne devrait pas s’étendre à la possession des ressources hydrauliques. Il est évident que ce droit est nié au travailleur dans la pratique. et même sa vie affective peut être mise à mal du jour au lendemain.

Dans ce contexte. il est évident qu'en se barricadant dans des citadelles dont les autres travailleurs sont exclus. le simple fait de considérer que l’Etat doit être pris d’assaut par le peuple présente comme un acte révolutionnaire ce qui ne devrait être que la simple affirmation d’un droit indiscutable. mais disposant d’un pouvoir de nuisance. comme cela se passait déjà dans l'empire colonial hollandais. Ce résultat est déjà remarquable en soi. Pour eux. notre néolibéral polymorphe et transformiste se comporte un peu comme ces vieilles dames anglaises sans concession aucune pour l’humanité mais tendres et tolérantes pour leurs vieux chats incontinents qui pissent partout chez les voisins. nos gauchisants sinistroïdes offrent comme sur un plateau et en un seul coup aux néo libéraux une masse de travailleurs divisée et “pantalons baissés”: un vrai bonheur pour les néo libéraux ! Quant à ceux qui —tout en distribuant des leçons de générosité à la douzaine — jouissent de privilèges corporatistes. En clair. nobles déchus de l'ancien monde du travail. au dessus de lui le citoyen libre inséré dans une corporation et enfin en haut trône celui qui dicte la loi parce qu’il détient le pouvoir financier. réduits au rôle d'intermédiaires. Cette catégorie tolérée par le financier dominateur nourrit en quelque sorte sa bonne conscience en le maquillant d'un vernis “d’humanité”. esclaves esclavagistes. Que faire ? Comme d’habitude. Les alliés objectifs des néo-libéraux : les gauchistes Les gauchistes d’appellation vraiment contrôlée partagent l’idée plus ou moins explicite que l’Etat “bourgeois” est un ennemi à abattre et que la petite bourgeoisie est un serviteur de cet ennemi. il va de soi que les déclarations “utopisto-démagogiques” des représentants de ces corporations privilégiées en faveur des “exclus” et autres déclarations de bon aloi salivantes et baveuses à souhait ne devraient bientôt tromper plus grand monde. car dans un Etat démocratique.Un état dans lequel domine la pratique néo libérale ne peut pas être démocratique. peuvent prétendre au “panem et circenses”. et en particulier des travailleurs. liées non pas tant à des origines ethniques mais à des privilèges et au pouvoir financier. nos “gauchisants sinistroïdes” obtiennent le fabuleux résultat de diviser les travailleurs. ils mettent de fait ces derniers à la disposition de ceux qui les veulent “corvéables à merci ”. s’ajoute dans ce cas la triste impression qu’il est sans doute déjà trop tard. comme cela fut le cas à l’époque des romains. Tout en bas de l’échelle se trouve le travailleur esclave. Ce faisant. nous n’avons aucune suggestion à faire. Souhaitons seulement que le destin nous . mais il font encore mieux : en désignant l’Etat comme un ennemi du peuple. l’Etat doit être et ne peut pas être autre chose que la propriété des citoyens. De l’analyse de FDC demeure l’impression amère que les ressources nécessaires pour conduire une politique s’opposant au néo-libéralisme ont été largement gaspillées par le passé et que le recours à ces financiers venus d’ailleurs est devenu inévitable : nous nous trouvons en somme dans la situation de ces individus qui d’une condition libre se trouvaient autrefois réduits à l’esclavage à cause de dettes non remboursées. et ce sans tenir le moindre compte du fait que la petite bourgeoisie est désormais la classe travailleuse majoritaire en France et dans bien d’autres pays européens. Il s’agit d’un Etat divisé en castes. A notre résolution constante de ne proposer aucune “solution” à dix sous la livre. nos “gauchisants sinistroïdes” le dépossèdent de son bien. En marge de ces populations. notamment à Java. Armés de ces magistrales théories. A ce tableau on peut ajouter si on veut les dirigeants. évolue aussi une catégorie de hors classe constituée d’individus qui ne pouvant s’assimiler au marché du travail selon les normes et pratiques néo-libérales.

etc…) et au pays qui les accueille.protégera des néo-Karl Marx et néo-soixanthuitards déchaînés. même si parfois ceux qui en parlent et s'en gargarisent ne prennent pas toujours la peine d'en préciser le sens. toutes aussi valables les unes que les autres. dans un mélange de sombre pessimisme et d’espoir naïf. France Cela fait désormais près de cinquante ans que nous parlons d’intégration avec des résultats qui indiquent plutôt une nette tendance à la “désintégration”. Nous proposons une définition qui nous semble difficilement contestable. Constats Etats Unis L’intégration des populations d’origine africaine ne peut pas être considérée comme un succès. A noter que ce concept peut être étendu dans un même pays aux populations “autochtones” vivant dans des conditions difficiles pour des raisons diverses. Grande Bretagne Les événements récents (attentats) indiquent que la cohésion sociale tant vantée entre les différentes ethnies.Intégration ou désintégration ? Un cas d'école de projet conçu pour échouer Que signifie le terme “intégration” . Nous avons la naïveté de penser que nos lecteurs. communauté. quartier.Définition préliminaire On trouve bien des définitions du terme “intégration”. Le fait est que. culturels et intellectuels d’être utiles (au sens large) à eux-mêmes. l’intolérance croissante des populations . nous nous laissons guider par la main par notre amour de la liberté. Italie La situation des diverses ethnies d’origine étrangère. Il serait trop cruel d’ajouter ce nouveau malheur à ceux qui nous guettent déjà ! Petite remarque en conclusion Certains pourraient penser que nous dérivons résolument en nous éloignant de plus en plus du thème initial du site. n’existe pas dans les faits. ce magnifique cadeau des dieux dont tout être rationnel devrait jouir et que personne ne devrait avoir le droit d’enchaîner ou d’entraver. à leur prochain (famille. confirmée par de nombreux indicateurs. Les images de la Nouvelle Orléans après l’ouragan Katrina dénoncent une fracture sociale dramatique. trouveront peut être plus de cohérence dans notre travail qu’il n’y parait à première vue.. Une famille d’origine étrangère peut se dire intégrée si ses membres ont les moyens matériels.La liberté. Postscriptum n°12 . l’intégration ne peut certainement pas être considérée comme un succès. s'ils n’ont pas un trop grand nez (voir Erasme). Nous n’analyserons pas les causes profondes de cette situation et nous limiterons à constater qu’en Grande Bretagne non plus..

A noter que l’Etat pourvoit aussi à la prise en charge complète de ces personnes lorsqu’elles arrivent sans travail ou qu’elles se retrouvent au chômage. de l’éducation et même des loisirs. elles seront utilisées. Inutile de dire que toute indication plus précise sur ce sujet serait la bienvenue. dans des activités à faible valeur ajoutée. Le coût Pour la seule année 2006. L’essentiel des actions de l’Etat ou des associations “humanitaires” se concentre dans la distribution d’aides. l’augmentation de la délinquance au sein des populations “non intégrées” font de l’Italie une candidate désignée au titre de championne de la non “intégration”. allocations chômage. selon nos estimations. ne permettent pas une plus grande précision. avant de devenir souvent victimes de délocalisations ou de restructurations les rejetant dans une situation de chômage plus ou moins définitif. Un quotidien national indiquait. Pourquoi ? Dans ce qui suit.de ceux qui la détiennent. infirmiers. etc.. assistance médicale. de se nourrir correctement et de bénéficier des mêmes facilités que celles dont bénéficient les “autochtones” dans le domaine de la santé. On aimerait être plus précis sur ces dépenses mais la dispersion de l’information. et souvent exploitées. pour les raisons évoquées plus haut. et la “timidité” dirait-on . un étranger qui débarque chez nous n’est “intéressant” que s’il représente une force de travail à bas coût. nous ne nous occuperons que de la France : 1) Quelles mesures ont été prises pour intégrer (ou pour ne pas intégrer) les “couches” de populations dites “difficiles” ? 2) Quel en a été le coût ? 3) Pour quels résultats ? 4) Pourquoi ? Quelles mesures ont été prises ? Il faut faire une distinction très nette entre les objectifs du monde de l’entreprise et les actions aussi bien des gouvernements que des associations “humanitaires”. que l’Etat avait dépensé en vingt ans 70 milliards d’euros.) l’intégration pourrait être considérée comme acquise de prime abord.autochtones. S’il s’agit de travailleurs spécialisés (techniciens. S’il s’agit de personnes ne possédant pas une culture de base. Pour l’entreprise. toujours dans le cadre de la politique de la “ville” (ce qui signifierait. que pour ces mêmes quartiers. etc…) mais nous pensons ne pas nous tromper de beaucoup en considérant que le coût global se situe entre 20 et 30 milliards d’euros par an. Par manque de statistiques. le coût global se situerait entre 200 et 300 milliards d’euros sur cette période). la propagation du travail au noir qui s’accompagne de l’exploitation de travailleurs étrangers. mais à la longue cette situation discriminante provoque des frustrations et des difficultés économiques. qui peuvent influencer non seulement le travailleur mais aussi sa famille. à propos des mouvements d’octobre 2005.. subventions aux familles. de subventions et d’assistance permettant à ces familles d’accéder à un logement décent. médecins. on doit . le coût de la politique de la “ville” dans les zones sensibles se situera en France aux alentours de 7 milliards d’euros. Si l’on ajoute à ce qui précède les effets de l’insatisfaction et de la frustration qui règnent souvent dans ces quartiers et qui débouchent sur des dégradations ou des destructions. il nous est impossible de mesurer les autres coûts générés pour les besoins des populations de ces zones (éducation.

Ce processus de “non mixité sociale” est souvent stigmatisé jusqu’à la caricature par certains milieux “humanitaires” qui en attribuent la faute exclusive aux pouvoirs publics. mais les résultats sont négatifs du fait du climat de violence croissante qui y règne et de la faible valeur ajoutée que l’instruction (celle qui est possible dans ces quartiers) produit par rapport à des activités. ceux qui travaillent et oseraient protester contre les désagréments subis quotidiennement peuvent apparaître comme des espions potentiels à éloigner manu militari s’il le faut (faits rapportés). évidemment. Les membres de ces dernières n’ont pas d’horaires à respecter et peuvent passer une grande partie de la nuit debout. dans ces conditions bêler ou pester à l’envie sur les problèmes de non mixité sociale en recommandant des mesures de mixité sociale forcée est une façon comme une autre de renoncer à résoudre réellement le problème. Le mal est profond et son origine est malheureusement “naturelle” et difficilement évitable. Ces quartiers sont considérés par beaucoup de leurs habitants comme des zones exclusives où “l’étranger” doit montrer qu’il a une raison “légitime” d’y circuler. Observations. On se trouve donc.étrangères ou non vivant dans ces zones. A cela s'ajoute un effort partagé à fournir aussi bien par celui qui veut s’intégrer que par le pays d’accueil sous la forme de moyens financiers en adéquation avec les objectifs. estimé pour les mouvements de novembre 2005 uniquement. S’agissant de quartiers à très fort taux de chômage. Pourquoi l'intégration a-t-elle tant de mal à se faire ? Simplement parce que les moyens mis en œuvre jusqu’à présent. L’Etat a déployé des efforts énormes pour l’instruction des jeunes de ces quartiers. Avec le temps on assiste aussi à un repli sur soi de ces communautés qui partagent de moins en moins de valeurs intercommunautaires. Les choses ne sont pas si simples. Les résultats Force est de constater d'abord la progressive ghettoïsation des populations . à 400 millions d’euros. Un travailleur immergé dans une atmosphère nocturne envahie de bruits ne résistera pas bien longtemps à ce stress et se verra forcé de chercher un logement ailleurs. l’intégration suppose naturellement un effort et des moyens variés qui dépendent de la culture du pays d’origine et de celle du pays d’accueil. ou dans d'autres activités qui sont rarement “silencieuses”. on se doit d’examiner quelles peuvent être les possibilités de cohabitation entre des familles de travailleurs (d’origine étrangère ou non) et des familles composées en majorité de chômeurs. parfois. c’est que nous pensons qu’il faut se garder de considérer les responsables en charge des affaires publiques dans notre pays comme moins habiles que leurs homologues des autres nations. . mais permettant des gains bien plus importants sans aucun besoin de notions scolaires. Existe-t-il une raison intrinsèque pouvant expliquer l’impossibilité de s’intégrer de certaines populations ? Non. En fait. Nous y voilà donc ! C’est de culture dont il s'agit et donc d’instruction.inclure à l’estimation précédente un coût supplémentaire. souvent illégales. A noter qu’en moyenne la France recense 40. Les raisons. A leurs yeux.000 véhicules brûlés par an. confrontés à un processus progressif “d’auto-ghettoïsation” . sont peu de choses par rapport à ceux qu’il faudrait déployer pour atteindre le but recherché. A cela s’ajoute un autre facteur : ces quartiers abritent bien souvent des trafiquants. Si nous avons cité d’autres pays que la France comme des exemples de non intégration. devant la télévision. même s’ils ont été énormes. conséquence inévitable du chômage.

une spécificité concerne la communauté musulmane pour laquelle. ce qui est le cas le plus fréquent. D'ailleurs. 2. le problème posé par la pluralité des coutumes et des lois ne pourra plus être escamoté. 6. selon la presse. du fait de sa culture. l’éducation. cette dernière devra être maintenue par la communauté nationale et ses membres devront être assistés en particulier pour ce qui concerne le logement. les moyens de subsistance. la loi doit être respectée à tout prix et cela non seulement dans l’intérêt du pays d’accueil mais aussi et surtout dans l’intérêt des populations de ces quartiers. Il conviendrait donc d'envisager une réorganisation du Ministère de l'Education Nationale en autant de "sous-Ministères" qu'il y a de religions. Bien entendu. il est accompagné de sa famille. On tolère par exemple qu’un étranger circule le visage totalement couvert. battue en brèche dans la pratique : on tolère déjà dans les faits qu’un étranger puisse ne pas respecter les coutumes du pays d’accueil. Au Canada on étudie la possibilité de créer un tribunal en charge des “affaires religieuses”. d'autres organisations pourraient être envisagées pourvu que soit rigoureusement respecté le principe de non différenciation entre les religions. Si. les lecteurs attentifs pourront facilement vérifier en visitant . obtenir l'approbation de ces populations et être conformes à leurs desiderata. nous pensons que l'ensemble des dispositions exposées ci-dessus ne pourra qu'obtenir l'approbation des vrais humanistes progressistes. ce qui ne pose aucun problème. mais aussi puisse “officieusement” ne pas respecter les lois du pays d’accueil. il ne peut pas y avoir de traduction officielle du Coran. Il s’agit d’initiatives qui n’ont encore rien de systématique. les mêmes dispositions devraient être prises pour les autres religions. mais quand le nombre des intéressés aura dépassé un certain seuil. Bien entendu. Il s’agit d’une pure théorie. il a avant tout besoin pour s’intégrer de moyens de subsistance lui permettant de ne pas se trouver en position d'infériorité par rapport à la population indigène. ce qui est interdit aux autochtones. la communauté nationale se doit de lui fournir tous les moyens qui lui permettront de compléter ses connaissances pour qu’il puisse s’intégrer avec succès dans le monde du travail. Si la communauté qui pratique une certaine religion est financièrement dépourvue. 5. un “onorevole” député communiste revendique pour certaines populations le remboursement de l'excision dite “douce” par les organismes de sécurité sociale. Si. Quand un étranger débarque dans un pays doté d'une culture différente de la sienne. la santé. Si des familles pratiquent une religion donnée. il faudrait évidemment que l'Etat prévoit de financer comme il se doit ces écoles. on dit souvent qu’un étranger arrivant dans un pays “doit” s’adapter aux coutumes et aux lois du pays d’accueil. tout doit être mis en œuvre pour que la pratique de leur culte pour ces familles ne se limite pas à un simple énoncé de bons principes mais soit une réalité rendue possible s’il le faut par des financements publics. Nous laissons aux lecteurs le soin d'évaluer le poids économique de chacune de ces mesures. il lui est impossible d’accéder directement au marché du travail. sauf bien entendu à vouloir faire échouer le projet éducatif. c’est toute la famille qui doit “fréquenter ” l’école. compte tenu du fait que les populations concernées ne disposent pas toujours des moyens financiers nécessaires à la mise en place de ce type de programme. on examine aussi la possibilité de construire des piscines. et ce temps peut s’exprimer en années voire plutôt en décennies. En tout état de cause. en outre. 3. 4. S’agissant de coutumes et de droits. l’Etat ne peut pas s’en laver les mains sous prétexte que la religion est un fait privé. Toujours pour des questions de coutumes et de religion. Dans les quartiers en difficulté. L’ensemble des mesures décrites ci-dessus doit s'étendre sur le temps nécessaire au succès de l’opération. et on tolère aussi en pratique la polygamie à tel point que. gymnases et écoles prévoyant la séparation des deux sexes. Quand un membre d’une famille immigrée fréquente l’école. et en Italie. affaires pourtant non exemptes de conséquences dans les domaines civil et pénal.Que faudrait-il faire ? 1. la ville de Paris envisage de mettre à disposition de familles polygames des appartements ad hoc pourvus d’un nombre de pièces inusuel. à notre connaissance. Dans ce contexte. Cependant dans un esprit d'équité. Il nous semble donc juste que ceux qui pratiquent cette religion puissent bénéficier de l'enseignement de cette langue dans des écoles ad hoc. et requiert point par point des financement adéquats à la hauteur des objectifs. les lois doivent être justes. et last but not least. En outre. Ce texte sacré devrait être lu dans sa langue d'origine.

n’en déplaise à nos ”intellectuellovoïdes. le philosophe énonce des théories tandis que le politique parle le langage des chiffres. Nous avons été agréablement surpris de constater que certaines des idées exposées ci-dessus ont trouvé un écho favorable aussi dans un tout autre horizon de la pensée politique. Sans parler des ces déclarations à l’emporte pièce à la limite du porno exhibitionniste qu’on nous débite en pâture du style “y a qu’à faut qu’on faire payer les riches !” ou pire encore “i suffit d’éliminer l’évasion fiscale”. on a la désagréable impression que ceux qui consentent vraiment les sacrifices dans cette affaire n’apparaissent toujours qu’en négatif. Autant de phrases qui indiquent en général à quel degré de mauvaise foi peut conduire la démagogie de caniveau la plus répugnante. elles sont données par ce qui peut être consenti par les contribuables. Le brave baudet travailleur semble bien avoir été chargé de tout le poids qu’il peut raisonnablement supporter. et depuis des millénaires. de budgets et de financements. qui sont les vrais payeurs dans les faits. Ce qui signifie pour les points 1 à 6 énoncés ci-dessus. Au premier acte. c’est à dire qu’il parle. Quelles en sont les limites ? A l’évidence. les fonds semblent étrangement surgir comme par miracle de dessous la terre. sociologues ou recherchologues de droiiiiiiiiiiiite. dans d'autres cas. les efforts consentis n'ont pas été évalués sur la base des objectifs poursuivis. Effort fourni et effort à fournir De façon générale. ou devrait parler. alias la petite bourgeoisie qui constitue dans notre pays la majorité de la population travailleuse. en l'occurrence ce qu'on pouvait extraire régulièrement des poches des travailleurs. Etant donné les difficultés croissantes subies par les travailleurs dans leur vie quotidienne. d'avoir le bon goût de faire preuve de reconnaissance et d’enthousiasme au moment de la saignée. nous pensons que ces limites sont en passe d'être atteintes. on a laissé. Et ce n’est pas tout. On dit que la politique est l’art de l’anticipation. qui sait accorder harmonieusement ses idéaux théoriquement très modérés avec une attitude plus qu’énergique. Les temps ne sont pas encore mûrs pour la création de sous-ministères religieux mais nous sommes sur la bonne voie. sagement tempérée par une juste prudence qui lui permet d’éviter les endroits à valeur ajoutée fortement négative. sans se préoccuper d'un quelconque effort d'intégration et d'éducation pour ces populations . Une personnalité remarquable et remarquée. Comme déjà indiqué. alias les travailleurs. de gôôôôôôche (sort of…) ou de zigzag”. ce qui laisse espérer des développements heureux. et comme cela arrive dans les projets pathologiques. voire encouragé des industriels ou des patrons d'entreprise à profiter d'une main d'oeuvre à bas coût exploitable à loisir. le bienfaiteur ou le bailleur des fonds restant toujours anonyme et dans l’ombre. C’est dans ces conditions que depuis plusieurs décennies. Tout le monde sait. mais ont été au contraire dispensés en ponctionnant la source disponible.les sites progressistes sur internet que nous n'inventons rien et que ces mesures sont soit clairement explicitées soit. et ne sont mis en scène en chair et en os que lorsqu’ils ont l’affront de se plaindre des charges toujours croissantes qu’on leur fait généreusement supporter (égoïste !!! chauviniste !!!! Raciii… grrrr…ste !!!!!) Comme si les généreux dispensateurs (et non payeurs) des fonds exigeaient du payeur. découlent nécessairement des écrits diffusés dans ces sites. l’effort fourni jusqu’à présent est déjà en soi énorme et tout indique qu’il sera augmenté. Aucune anticipation ou planification n'ont eu lieu dans ce cas et nos dirigeants n'ont fait par la suite que pallier à coups de dépenses les problèmes issus précisément de cette absence de planification. d’une nature quasi évanescente. Ce faisant. en plus des sacrifices qu'ils lui imposent. que le passage de la simple énonciation au discours politique implique une traduction en termes de budgets et de financements. anonymes. a pris ces derniers temps position pour une école religieuse. Notons à ce propos que chaque fois qu’une autorité publique proclame un nouveau financement d’envergure.

” Dans notre cas. vingt fois supérieurs à ce qui a été consenti jusqu’à présent. Disons que l’absence d’un tel projet fait partie de ces “non informations” précieuses qui forcent malheureusement au scepticisme. le principe de libre circulation des individus comme des capitaux justifie ou en tout cas ne permet pas de s'opposer au second (journée “portes ouvertes”) et la fameuse loi de la “main invisible” laisse espérer que tout ça trouvera un équilibre naturellement. “cherche à en donner une justification “scientifique” reposant sur la théorie de l'équilibre général proposée à la fin du XIXe siècle. ces deux procédés apparemment antinomiques (exploitation d'une main d'oeuvre sous-payée et humanitarisme “à bras ouverts”) ne s'opposent pas aux principes qui sous-tendent le libéralisme. ce qui va bien au-delà des moyens disponibles. Il est d'ailleurs symptomatique de constater. qu'au moins à notre connaissance. Selon un article de Wikipedia. et vous obtenez les brillants résultats recensés à ce jour. L'intégration de populations étrangères n'est qu'un cas particulier d'un problème de portée générale . ne conduisent pas en pratique “mathématiquement” et “scientifiquement” à des situations ruineuses fortement déséquilibrées. on comprend trop bien pourquoi ces mêmes “responsables” ont préféré garder pudiquement le silence tout au long des années.. conduit à la meilleure des situations possibles. on pouvait toujours prétendre que le pays y gagnait. mais largement insuffisant. et donc prétendument capable de trouver toujours un point d'équilibre. Ceci explique de la façon la plus simple pourquoi la politique dite “d’intégration” a échoué en France et dans de nombreux autres pays : le manque de moyens. A première vue. une approche récente du libéralisme née au XXe siècle. grâce à la coordination supposée parfaite de leurs actions par le seul biais du marché. A l'expérience. aucun “responsable” n’a jamais présenté un projet dont l’objectif soit une intégration effective accompagné d'une quantification des financements nécessaires et des financements possibles et d'une planification dans le temps de sa mise en œuvre. Au deuxième acte et faute d'avoir anticipé. Si l’on tient compte de l’extension numérique des personnes vivant dans les quartiers “sensibles”. qui tente de démontrer que la rationalité des acteurs.établies en France et pour les générations qui suivraient. on cumule et on accumule les dépenses au fil des ans pour compenser les conséquences fâcheuses de ce manque de prévoyance..et jusque là. la loi du profit justifie le premier procédé (exploitation). on pourrait voir quelque chose de schyzophrénique dans cette démarche: d'un côté la froide exploitation d'une main d'oeuvre sous payée et de l'autre une politique "portes ouvertes" inspirée d'un “humanitarisme” intégriste pur jus. pourtant. Ajoutez à ce cocktail une dose subtile d'humanitarisme ayattolesque façon "journées portes ouvertes et french cancan youpla boum”. le pays a obtenu comme résultat non pas l’intégration de ces populations mais simplement la possibilité de subvenir à leurs besoins tant bien que mal. ce qui comporte un effort certes énorme. les financements nécessaires devraient être dix. on est donc bien obligés de se demander si ces deux procédés légitimes dans une société qui se veut libérale. Un mélange par nature instable et hautement inflammable. On voit ici combien les promoteurs des théories en “isme” peuvent déjà faire de dégâts pris séparément et devenir carrément de vrais fléaux quand ils conjuguent leurs efforts ! Ce faisant. A y regarder de plus près. pour ne parler que d’actions de financement aux objectifs assez flous et dont on peut constater les effets depuis des décennies. Si par contre il ne s’agissait en fait que d’une chimère irréalisable.

Maintenant qu'on y pense. Bizarre ? Vous avez dit bizarre ? Quelles solutions ? Donc. au bout d’un “certain temps”. A noter que pendant la période de régression la population de Rome passa d’un million d’habitants à trente mille habitants vivant pratiquement tous d’aumônes dispensées par la chrétienté. entend-on crier à chaque coin de rue). Les Etats-Unis. Il existe en effet une règle de base toujours respectée dans les faits: quand le pouvoir décide de financements aux objectifs flous. grâce à la présence de la cour papale à Rome. diront nos lecteurs. plus les gaspillages et la corruption sont importants. institution qui fut un épouvantable gouffre financier aux résultats catastrophiques. on trouve comme par hasard sur Internet des milliers d’associations et d’organismes se consacrant tous religieusement à l’intégration et recevant tous des financements publics toujours plus juteux. En fait. la décadence. Quand l’Italie. ils ne peuvent qu'être fortement tentés d'orienter le flot d’argent vers leurs poches. entre le troisième et le septième siècle de notre ère profita d’un apport de populations étrangères. il n’y a rien de paradoxal à cela: quand les promoteurs d’un institut ou d’un organisme privé ou public constatent que les fonds mis à leur disposition ne servent à rien. trouveront une “solution”. il y aura une “solution”. détrompez vous ! Les solutions existent malgré tout ! Il suffit d'un peu de patience.. peut être même une solution satisfaisante…au cours de ce siècle ou peut-être au cours du prochain. Vous voyez : il suffit simplement d'être un peu patients et. Huit cent ans furent nécessaires pour retrouver un pays en progrès. un gouvernement italien a cru bon de ressusciter cette “Caisse” sous la forme d’un clone (le roi est mort.Ce qui est exposé ci-dessus peut s'appliquer aussi aux couches de populations autochtones “non intégrées” ou en difficulté sociale. les parasites et les profiteurs se pressent au portillon et prospèrent. Un autre signe. Pour ce qui est de l’Europe. sans doute.. s’accéléra brutalement malgré l’apport réduit de ces populations (moins de quatre pour cent). d’une façon ou d’une autre. Un exemple classique nous est donné par les péripéties de la Cassa del Mezzogiorno en Italie. bien entendu. du fait que les financements destinés à l’intégration sont très largement inférieurs aux besoins chez nous. Il y a six ou sept ans. il n’y a aucune solution ! Mais si. et pourtant toujours aussi insuffisants (il faut plus de moyens. déjà amorcée. le modèle italien pourrait être retenu comme le plus réaliste. vive le roi!!!) : en quelques années le “clone” a englouti une bonne vingtaine de milliards d’euro avec des résultats tout aussi décevants. On se trouve alors dans cette situation apparemment paradoxale que plus les financements sont insuffisants pour atteindre l’objectif. .