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DROIT ADMINISTRATIF

Au moyen de quels instruments l'administration va t'elle agir pour satisfaire l'intérêt général ?
Nous n'existons juridiquement que par les actes juridiques que nous produisons.
L'administration va disposer de deux grandes voies : L'administration va émettre des actes
unilatéraux et des contrats.

TITRE 2 : Les actes administratifs: Les actes unilatéraux et le contrat.

Chapitre 1 : L'acte unilatéral et les notions fondamentales.


On dit acte administratif unilatéral (AAU). Depuis longtemps on a vu avec quelques raisons
que la possibilité pour la personne publique de prendre des actes unilatéraux était la disposition
juridique la plus spectaculaire. En effet tous les sujets de droit peuvent prendre des actes
unilatéraux, mais on s'aperçoit que les particuliers prennent rarement des actes unilatéraux. Les
particuliers sont égaux. Ils ont les mêmes droits et les mêmes obligations et aucun particulier ne
peut imposer quelque chose à un autre car l'autre lui est égal.
En droit privé l'acte juridique qui va dominer est le contrat. Le contrat est l'acte qui traduit
l'égalité. L'acte unilatéral est l'acte qui traduit l'inégalité. La solution est inverse en droit
administratif car en droit administratif on ne fait pas jeu égal avec l'administration car elle est
gardienne, gérante et responsable de l'intérêt général.
L'administration est inégale par rapport à ses administrés car elle elle fait ce qui est bien.
L'administration est la seule à savoir ce qui est bon pour l'intérêt général de la collectivité.
On est dans un système on l'administration va prendre des actes de sa seule volonté et ses actes vont
s'imposer aux particuliers.
Il est donc important d'abord d'élucider la question d'acte administratif unilatéral et ensuite on
étudiera le pouvoir réglementaire ( c'est à dire l'auteur des actes).

Section 1 : la notion d'acte administratif unilatéral.

Paragraphe 1 : L'acte unilatéral décision exécutoire ou décision ?

A. L'acte administratif :
Que veut dire le mot acte dans l'expression acte administratif ? Acte en latin c'est actum et çà
vient du verbe en latin ago. Que veut dire ago ? En latin il veut dire mettre en mouvement, faire
avancer, faire agir. Le mot français acte dans l'expression évoque l'idée d'action c'est à dire une
opération par laquelle l'homme intervient sur les choses. Actum signifie donc le fait d'agir ( l'action)
et en même temps il désigne l'acte au sens juridique du terme c'est à dire le document qui contient la
décision.
Les romains avaient deux mots pour désigner actum et la mise en oeuvre de l'actum, le
comportement c'était le negotum. Et donc l'acte administratif c'est donc à la fois l'action proprement
dite envisagée concrètement et aussi la décision juridique.
L'acte administratif relève donc du droit public français. Donc à ce titre ça ne peut pas être l'acte
d'une autorité publique étrangère , il ne peut pas être l'acte d'une autorité hybride. Mais en même
temps l'acte administratif c'est pas l'acte émané du législateur, ce n'est pas non plus l'acte prit par le
juge ( jugement).
L'acte administratif c'est donc l'acte de droit public interne qui n'est ni l'initiative du parlementaire
ni à l'initiative juridictionnelle. Il n'émane ni du législateur ni du juge et qui en outre n'est pas un
acte de gouvernement. À l'inverse, tout acte qui n'est aucun de ces trois ne peut être qu'un acte
administratif. Ce qui fait qu'un acte est administratif c'est simplement la nature, la qualité de son
auteur. Il est administratif car il émane d'une autorité exécutive. Il est donc administratif
indépendamment de son contenu. Tous les actes avant même qu'on sache de quoi ils parlent, ce
qu'ils disent il est acte d'administration car il est pris par une autorité qui prend des actes
d'administration.

Qui a t-il dans un acte administratif ?


L'acte administratif c'est d'abord l'expression d'une volonté. Il exprime la volonté de son
auteur. C'est un acte unilatéral c'est à dire qu'il est pris par quelqu'un qui n'a pas de destinataire.
C'est un acte juridique, il produit des effets de droit. On peut donc dire que l'acte administratif est
une manifestation de volonté de caractère juridique émanant d'une personne publique ou émanant
d'une personne privée mais à la double condition que cette personne privée gère un service public et
qu'elle soi dotée à cet effet de prérogatives de puissance publique. La personne privée qui gère un
service public mais qui n'a pas de prérogative ne peut pas prendre d'actes administratifs.
Il ne suffit pas de satisfaire l'intérêt général pour que les actes qui satisfont l'intérêt général soient
administratif. On a des prérogatives car la personne publique a conféré une ou plusieurs
prérogatives de puissance publique. L'acte est administratif car il est pris par une personne publique.
En définitive, il est clair que dans l'expression acte administratif, puis s'agissant de la notion
même d'acte administratif on a une seule idée, l'idée qu'on est en présence d'une seul volonté
émanant d'une autorité exécutive. C'est parce que l'acte exprime la volonté d'une personne publique
qu'il est administratif.

Est ce que l'acte de volonté d'une administration ce n'est pas tout bêtement une décision ?
Non car tout acte administratif unilatéral n'est pas forcément une décision. Mais en revanche
toute décision administrative est forcément un acte administratif unilatéral.

B. La décision exécutoire existe t-elle ?

La controverse sur l'existence de la décision exécutoire :


Le CE emploie très souvent l'expression décision exécutoire pour dire que la décision à
enfin un caractère exécutoire. En 1982 le CE dit : « le caractère exécutoire d'une décision est la
règle fondamentale du droit public ». Ces principes, dit le CE, s'appliquent à toutes décisions
administratives qui ont un caractère exécutoire. Il y a donc des décisions qui ne sont pas exécutoire.
Pour CHAPUS il y a les décisions et les décisions exécutoires « ce sont deux questions distinctes de
savoir si un acte unilatéral est une décision et de savoir si une décision est exécutoire », donc les
deux notions d'actes administratifs et de décision exécutoire sont rigoureusement distinctes. Et pour
Charles EISNMANN rejette lui l'idée même que puissent exister des décisions exécutoires.
En réalité la question n'est pas si compliquée que ça. Le CE considère que parmi les actes de
l'administration qui sont tous des actes unilatéraux la question n'est pas la, les uns modifient
l'ordonnancement juridique les autres ne le modifient pas. L'ordonnancement juridique c''est
l'ensemble des règles juridiques qui compose notre statut. Ce n'est que si la mesure de
l'administration modifie l'ordonnancement juridique que la décision est attaquable devant le juge.
On a pas besoin de la décision exécutoire, on a besoin de la décision, en cela CHAPUS a raison un
acte administratif peut fort bien ne pas être déférable au juge. Il en est ainsi toutes les fois qu'il ne
constitue pas une décision c'est à dire qu'il n'opère pas une modification de l'ordonnancement
juridique. Dès lors que la puissance publique veut modifier l'ordonnancement juridique elle le peut,
la mesure est donc décision. La décision est décision dès lors qu'elle est manifestation de volonté de
modifier l'ordonnancement juridique. Il s'agit donc que lorsque quelqu'un attaque une décision de
l'administration qui n'a pas encore été appliquée et que l'administration abroge la décision, le procès
ira jusqu'à son terme car la décision a existé.
Il y a donc des actes de l'administration qui modifie l'ordonnancement juridique ( ce sont
ceux pour lesquels l'administration crée unilatéralement des droits et des obligations au profit ou à
la charge des tiers) et d'autres non ( donner une information, confirmer une décision antérieure
etc...). La décision est volonté de la puissance publique.
L'expression décision exécutoire est en effet mal connue car elle trompe les gens, il suffit qu'un acte
soit décisoire pour qu'il puisse modifier l'ordonnancement juridique, cette condition suffit. Peu
importe qu'il soit seulement une décision, une décision exécutoire ou une décision exécutable.
Une partie seulement des actes est décisoire, pour être décisoire ils doivent exprimer la volonté de
modifier l'ordonnancement juridique.
Comment peut-on identifier au sein de l'acte, le fait qu'il est une décision ?
Tout simplement parce que cet acte créé à la charge ou au profit des administrés des obligations et
des droits.
L'acte décisoire est donc celui qui a pour auteur une personne publique exprimant sa volonté
de modifier l'ordonnancement juridique et on a besoin de rien d'autre.
En définitive on pourrait dire pour conclure qu'en fin de compte la décision est un acte administratif
unilatéral au moyen duquel une personne publique manifeste sa volonté d'apporter une modification
à l'ordonnancement juridique.
Un acte administratif unilatéral est contestable devant le juge voilà l'intérêt de savoir que c'est une
décision.

Paragraphe 2 : Le contenu de la notion de décision.


Il faut rappeler que nombre d'actes unilatéraux ne sont point décisoires ( exemple : les
déclarations du Président de la République lors du congrès d'une associations).
Deux catégories posent problèmes : les mesures préparatoires ou provisoires, et les mesures
d'ordre intérieur/

A. les mesures préparatoires ou provisoires.


Ces mesures n'ont pas le caractère de décision et ne sont donc pas susceptibles d'être
déférées au juge de l'excès de pouvoir.
La démarche par laquelle l'autorité administrative interroge et la démarche par laquelle l'ordre va
répondre.
On va trouver au cours de la procédure administrative des tas d'actes administratifs qui ne sont pas
la décision elle même car il la prépare. On dira d'une mesure qu'elle est préparatoire car elle est un
acte sans autonomie ni intellectuelle ni fonctionnelle. C'est un acte qui n'existe qu'en vue de faire
exister une décision future. Il n'a donc pas de raison d'être en soit.

Les avis :
Première catégorie d'actes préparatoires. L'avis n'est pas normalement déférable au juge. D'abord il
y a:
– l'avis consultatif : l'administration a décidé de consulter spontanément alors que cette
consultation n'est pas prévue par un texte ou elle est prévue par un texte mais elle n'est pas
obligée de consulter ( facultatif). L'administration a toujours le droit de solliciter un avis.
– l'avis obligatoire : l'administration est obligée de solliciter mais pas de le suivre.
Mais dans tous les cas l'administration n'est jamais obligée de suivre l'avis qu'il soit consultatif ou
obligatoire.
– L'avis conforme est celui que l'administration doit solliciter et suivre.
L'avis ne peut jamais être attaqué devant le juge. Quand l'avis est irrégulièrement donné, on ne peut
pas attaquer l'avis mais on peut attaquer la décision car la décision est illégale. C'est toujours parce
que la décision est modificative de l'ordonnancement juridique qu'on tire de cette modification le
droit de la contester.

Les voeux :
Il arrive que certains corps délibérants émettent des voeux notamment les conseils
municipaux et généraux. Ils émettent des souhaits pour obtenir d'une autorité publique une mesure
dans un certain temps, ou pour obtenir qu'elle renonce à une intention.
Pendant longtemps la jurisprudence sur les voeux était compliquée. Aujourd'hui la jurisprudence
dit que tous les voeux,avis, propositions ou autres émis par une assemblée délibérante locale ne
peuvent jamais faire l'objet d'un recours.
Les propositions :
Il arrive qu'un organisme soit habilité à faire des propositions. La proposition n'est pas une décision
car l'autorité compétente à laquelle est faite la proposition, n'est pas tenue de prendre une décision.
La proposition bloque la faculté de choix de l'administration car elle est tenue de décider dans le
sens. Si l'organisme tenu de faire une proposition ne fait pas de proposition dans ce cas le refus de
proposer est une décision et elle est déférable au juge car on ne proposant pas il empêche l'autorité
de décision de décider.

Les renseignements:
En principe le renseignement ou le refus de renseigner n'est pas une décision. Toutefois CE
considère que lorsque le renseignement est erroné et que même vigilant l'administré n'a pas pu
percevoir l'erreur, et quelle celle ci a eu une incidence, dans ce cas le mauvais renseignement est
déférable au juge. De même si le refus de renseignement paralyse les possibilités d'action de
l'administré , le refus sera également déféré au juge.

Le 02/02/10
B. Les circulaires, les directives et les mesures internes au services
On peut les ranger en trois grandes catégories dont deux on vraiment une problématique.

La circulaire :
Quand le juriste de droit administratif parle de circulaire c'est un nom générique qui peut
désigner toutes sortes d'actes. Ce sont des instructions, conseils ( quelque soit le nom) donnés par le
supérieur hiérarchique à ses subordonnés. Leur nom de circulaire vient du fait qu'elles circulent. La
circulaire fait le tour. Ces documents normalement sont des mesures internes et par conséquent
n'étant pas décisoire ne sont que des actes administratif unilatéraux. Il arrive que la ministre, le chef
des services etc.. en réalité la circulaire contient des éléments opposables à l'administré. Il arrive
que ce soit des décisions : Arrêt D'assemblée 29 janvier 1954, Notre Dame du KREISKER : Une
jurisprudence immense est née qui consiste a distinguer que la circulaire est interprétative ou
réglementaire. La circulaire interprétative était celle qui n'ajoutait pas à la réglementation intérieure.
Au contraire la circulaire réglementaire était celle qui parce qu'elle modifiait l'état de droit
intérieure constituée la décision donc déférable au juge. Exemple : Avait été considéré comme
réglementaire une circulaire qui ajoute un critère, ou la circulaire qui crée une règle nouvelle, elle a
donc deux caractère elle était nouvelle et crée quelque chose. Mais en pratique il était très difficile
de distinguer entre les circulaires interprétatives et les circulaires réglementaires. C'est pourquoi
renversant, ou complétant partiellement cet arrêt le CE, Arrêt section, 18 décembre 2002, Mme
DUVIGNERES va distinguer circulaire impérative( déférable) et circulaire non impérative ( pas
déférable, donc acte administratif unilatéral non décisoire).
La distinction impérative/ non impérative ne recouvre pas la première. La notion de
circulaire impérative est plus large que la notion de circulaire réglementaire. En effet pour déceler
l'impérativité ou l'absence d'impérativité le CE va adopter des critères beaucoup plus larges. La
circulaire impérative n'est pas forcément nouvelle car la répétition d'une circulaire impérative peut
la faire impérative et par ailleurs l'impérativité n'est pas forcément la modification de l'état du droit
antérieur. Il suffit qu'elle soit récente, qu'elle donne un ordre même s'il ne modifie pas
l'ordonnancement juridique. Toutes les circulaires qui auraient été réglementaire sous l'empire de la
jurisprudence de Notre Dame sont qualifiées d'impératives ainsi que quelques unes qui étaient
interprétatives. La réitération d'une circulaire illégale et elle même illégale.

Les directives :
Il y a trois grandes catégories de directives en droit : les directives communautaires, les directives
territoriales et enfin, ce que nous appelons directives en droit administratif peut très bien ne pas
porter le nom de directive.
Elle suppose deux conditions : Premièrement, la question de la directive ne se pose que dans les
seuls cas ou l'administration dispose d'un pouvoir discrétionnaire. Autrement dit, la directive
suppose que l'administration est un pouvoir relativement important d'appréciation. Et
deuxièmement, la directive suppose que par cet acte l'administration anticipe sur la conduite à tenir.
L'administrateur n'aime pas la liberté, il préfère la règle contraignante car il n'a pas a réfléchir et ce
n'est pas discutable. Le problème c'est qu'elle se heurte à un principe c'est le principe que l'on appel,
lorsque l'administration est victime d'un pouvoir discrétionnaire, elle doit procéder à un examen
particulier des circonstances. Le problème c'est que d'un coté la directive elle pousse à la rationalité
mais de l'autre elle empêche d'adapter aux cas particuliers. Le CE a voulut élaborer une théorie de la
directive à partir d'un arrêt de section 11 décembre 1970, Pompier de France : il fixe la règle
suivante la directive présente une caractère impératif, il dit aussi que la directive est une moyen
normal d'administration et donc il est normale qu'elle fixe elle même des règles applicables. Mais, le
CE l'usage de pouvoir discrétionnaire à l'obligation néanmoins d'examiner les cas particuliers. C'est
à dire qu'autant la directive est possible autant une application mécanique et automatique serait
illégales. Lorsque la directive est soit réglementaire ou impérative elle est illégale.

Les mesures internes au service : ( revoir avec le bouquin pour compléter).


Elles sont innombrables. Ça peut être une mesure d'organisation, les correspondants internes, les
mesures de police internes.
Les mesures d'organisation interne du service ne modifies pas la condition juridique des administrés
donc ne sont pas discutables devant le juge. La question s'est posée dans deux lieux : l'armée et la
prison. À partir de 1995 le CE a mené une offensive pour faire rentrer de plus en plus de choses
dans la catégorie déférable au juge. Le point de départ a été deux arrêts de principe 17 février 1995,
Marie et Arrêt HARDOUIN.
Les correspondances internes : Normalement ce ne sont pas des décisions. Mais il en va autrement
lorsque la correspondance révèle l'existence d'une décision.
Les mesures de police interne aux SP : elles ne sont pas déférables au juge. Mais il pourrait arriver
qu'une mesure de police interne constitue une décision.

Paragraphe 3 : La diversité des décisions.


Le mot décision recouvre une grande diversité de catégories juridiques.
Il faut toujours avoir à l'esprit la distinction entre l'analyse organique ( ou formelle) et l'analyse
matérielle.
L'analyse organique qu'on appel aussi analyse formelle permet de classifier les actes juridiques. Elle
prend en considération deux éléments. On comprend qu'elle s'appelle organique car elle ne
s'intéresse qu'à la nature de l'organe qui prend une décision ou formelle car elle ne s'intéresse qu'à la
forme.
Alors que l'analyse matérielle prend en considération le contenu de l'acte, de la décision ( ce qu'il dit
) et la portée. Critères de naissance ( organique) et d'existence ( matérielle). Appliqués à un même
acte l'application des deux critères ne donnent pas la même réponse.
Exemple : Chirac, port ceinture sécurité à l'avant.
Si j'applique le critère organique : qui est l'auteur ? L'exécutif. Selon qu'elle procédure ? Acte
administratif. Le critère matériel : quel est le contenu ? Nouveau ou pas ? Ça créé une norme ? Oui.
Et la portée ? Générale et impersonnelle ? Oui. Donc le décret est une loi car la loi c'est une norme à
portée générale est impersonnelle.
De manière générale, le droit public français applique le plus souvent le critère organique
que le critère matériel.
La distinction en droit appliquée aux actes administratif , l'analyse organique fait que l'on va
distinguer en fonction de l'auteur de la procédure, on aura donc des décrets et des arrêtés. L'analyse
matérielle elle va distinguer parmi les actes administratifs ceux qui sont à portée réglementaire
( général et impersonnel, c'est à dire l'acte initial) et ceux qui sont à portée non réglementaire.
Il ne faut pas se laisser tromper en confondant général et impersonnel avec quantitatif.
A. L'intérêt de la distinction entre l'acte réglementaire et l'acte non réglementaire :
Ressemblances : Les deux sont pris par les même autorités ( président, ministre, préfet,
maire..). Ils sont pris aussi tous les deux dans l'intérêt général. Ce sont des actes administratif
unilatéraux et ce sont des décisions.
Différences: Une décision individuelle peut créer des droits ( ce n'est pas automatique). Une
décision réglementaire ne crée jamais de droit acquis. L'administration lorsqu'elle abroge un acte
réglementaire doit respecter le principe de non rétroactivité et le principe de sécurité juridique.
L'acte individuel peut être contesté dans un délais de deux mois alors que l'acte
réglementaire peut être d'une part contesté dans un délais de deux mois à compté de son émission
mais également il peut être contesté chaque fois qu'il est fait application individuelle de l'acte
réglementaire c'est ce qu'on appel l'exception d'inégalité.
La publicité n'est pas la même pour les actes réglementaires et non réglementaires.
La décision réglementaire s'applique à tout le monde ( générale et impersonnelle) alors que la
décision individuelle ne concerne qu'un individu déterminé.
La décision réglementaire ne peut être annulée que par le juge administratif alors que la
décision non réglementaire peut être interprétée par n'importe qu'elle juridiction de chacun des deux
ordres.

1. La décision réglementaire.
C'est une décision à caractère général et impersonnel. Les notions de «générale et impersonnelle»
ne sont pas des notions quantitatives, c'est la manière dont la chose est envisagée par l'auteur de
l'acte. Le refus de prendre une décision réglementaire est un acte réglementaire. Exemple : La
décision par laquelle un conseil municipal décide de transformer un emploi qui était jusque la
complet en un emploi à mi temps est une décision réglementaire.

2. La décision non réglementaire ( = décision individuelle).


Pour dire d'une décision qu'elle n'est pas réglementaire on peut s'attacher soit à l'objet de la décision
soit à sa portée. Il faut faire attention car on peut se tromper sur l'identification de l'objet il ne faut
pas considérée l'objet direct mais la finalité. L'acte peut être dit non réglementaire à raison de sa
portée. Dès lors que l'acte à une portée délimitée ( un territoire, des personnes etc..) c'est une acte
individuel. Tous les actes à portée précise ou facilement déterminable, dans ces cas l'acte est
individuel. Cependant qui dit individuel dit individu. Que se passe t-il lorsqu'une autorité
administrative prend des décisions collectives ? Ici, c'est assez compliqué. Exemple : pour un
examen en effet la décision est individuelle, il y a 500 personnes mais il y aura 500 décisions
individuelles. En revanche dans un concours s'il y a solidarité l'acte n'est pas individuel mais s'il n'y
a pas de solidarité l'acte est individuel.

3. Les décision sui generis.


Quand un juriste ne sait pas si l'acte est individuel ou réglementaire la décision est qualifiée de sui
generis. Il y a des décisions qui ne sont ni réglementaires ni individuelles. C'est parce que il y a des
actes à les considérer d'un certain côté sont réglementaires et d'un autre côté sont individuels.
CHAPUS préfère dire les décisions d'espèces, d'autres préfèrent les actes particuliers par exemple.
L'acte réglementaire et l'acte individuel ont un statut alors que l'acte sui generis n'en a pas. Ce n'est
pas un troisième régime juridique. On a deux régimes et un troisième qui selon les aspects de l'acte
prend tantôt le régime de l'acte réglementaire tantôt celui de l'acte individuel.

B. La hiérarchisation des décisions.

Le 3/02/10
Les décrets peuvent être pris par le Président de la République ( en conseil des ministres) ou par le
1er ministre. Les décrets du 1er ministre sont toujours pris hors conseil des ministres.
Le CE considère que le président de la République est l'auteur unique de la décision. Le CE
a dit :«Dans une séance des conseils des ministres, les ministres sont spectateurs, muets et
impuissants à l'égard du président». La Constitution emploie deux expressions : elle dit que les
décrets du président de la république doivent porter le contre seing des ministres responsables /
alors que s'agissant de contre seing ministériel la constitution parle des ministres chargés de leur
exécution.
Parmi les décret du président et du premier ministre, la procédure est la suivante: ils sont
tantôt soumis à l'avis du CE tantôt ils sont non soumis à son avis. La hiérarchie est la suivante parmi
les décrets du président doublé de la hiérarchie parmi les décret du 1er ministre qui est la même. En
premier le décret du président pris après avis obligatoire et conforme du CE / décret du président
pris après avis obligatoire simple du CE/ décret du Président pris sans avis obligatoire du CE. On
retrouve la même hiérarchie pour le premier ministre.
Donc hiérarchie formelle car ce qui est pris en considération est l'auteur de l'acte et la
procédure suivie pour le prendre.
La première hypothèse est l'hypothèse dans laquelle la loi dit après avis conforme et obligatoire du
CE ect ... La 3 veut dire soit que le président n'a pas pris l'avis du CE soit qu'il a quand même pris
l'avis du CE même s'il n'y est pas obligé. On remarque que le CE considère que lorsqu'un décret
doit être pris en CE mais n'a pas été pris en CE il est illégal pour incompétence. Le CE se considère
co-auteur de l'acte. La classification proposée est purement formelle.
Pour les arrêtés : le président de la république, le 1er ministre, les ministres, les préfets
peuvent en prendre. Évidemment les arrêtés sont comme les décrets. Dans la hiérarchie on a les
arrêtes interministériels ( ceux qui sont pris par plusieurs ministres à la fois), ministériels,
préfectoraux, et les autres.
À l'intérieur des actes pris par un même autorité il y a une hiérarchie mais cette hiérarchie
n'est pas formelle, elle est matérielle : les actes réglementaires du président de la république
s'impose aux actes individuels du président de la république.
Les actes réglementaires du 1er ministre s'imposent aux actes individuels du présent de la
république. On peut très bien avoir une compétence du chef de l'état aussi bien pour prendre l'acte
réglementaire que pour prendre les actes individuels dans un même matière. Dans ce cas l'acte
individuel du président de la république est soumis à l'acte réglementaire du président de la
république. Mais on peut très bien avoir dans une matière donnée, la compétence réglementaire
appartenant au 1er ministre et la compétence pour prendre les mesures individuelles d'application
appartenant au Président ( c'est la situation la plus courante). La distinction se fait non plus par
auteur mais pas réglementaire/ individuel. Le réglementaire l'emporte toujours sur l'individuel. Le
président est tenu de respecter le décret du 1er ministre lorsqu'il prend une décision individuelle.
Il est normal de voir qu'une autorité soit tenue dans ses actes individuels de respecter ses propres
actes réglementaire.

1- Les différentes décisions.


Enfin, il existe outre le critère organique et matériel, il existe physiquement deux catégories
de décision : d'abord les décisions administratives peuvent être écrites ou verbales. Le seul
problème se pose pour la preuve de l'existence et du contenu.
L'hypothèse ou on rencontre la distinction entre décisions implicite et explicite. La décision
explicite c'est celle qui se présente elle même comme étant une décision. C'est donc un document
écrit dans lequel l'administration modifie ( ou indique vouloir modifier) l'ordonnancement juridique
antérieur créant des droits ou des obligations ou en éteignant ceux qui existaient déjà.
La décision peut également dans un autre cas être implicite. C'est une décision qui
physiquement n'existe pas. En effet, il arrive que l'administration appelée par l'administré à prendre
une décision, que l'administration ne réponde pas. Évidemment cette situation est agaçante pour
l'administré. Il a donc fallut que le juge s'énerve et finisse par décider que le silence de
l'administration aurait une signification. En droit PV qui ne dit mot consent. En droit administratif
on n'a pas adopté cette règle. On s'est dit que si on dit que le silence de l'administration vaut
acceptation alors le silence va être une complicité. Le silence de l'administration vaut toujours rejet
de la demande. Il faut que le silence est duré deux mois. Le dernier jour du deuxième mois on est en
présence d'une décision implicite de rejet. Mais attention il y a parfois des attitudes de
l'administration sont troublantes. Il arrive parfois que l'administration trompe l'administré.
Dans quelques rares cas cependant, le silence gardé par l'administration vaut acceptation.
Exemple : Quand on dépose une demande de permis, le maire a accusé de réception de la demande
et il dit que si vous n'avez rien reçu dans un délais qu'il mentionne, la présente lettre vaut
acceptation. Parfois, il y a aussi une situation qui n'est pas toujours bien, quand on s'adresse à une
autorité administrative qui a la double casquette exemple : le maire, il est maire de la commune
mais il est aussi agent de l'état. Donc si il commet une faute en temps qu'officier d'état civil ( c'est
l'état qui paiera) ou d'officier de la commune ( c'est la commune qui paiera).

Section 2 : Le pouvoir réglementaire.


Le pouvoir réglementaire c'est donc la faculté qu'ont les autorités exécutives à prendre des
décisions à caractère général, impersonnel et obligatoire. L'origine du pouvoir réglementaire
remonte à la révolution. La révolution au début pris d'un optimisme béa dit que le corps législatif
vote les lois et le roi les exécute. Et donc, cette vue complètement loufoque n'a pas tenu longtemps
car on a bien compris que la loi ne peut pas prévoir tous les détails d'exécution. C'est dans la
constitution de l'an 8 (13 décembre 1799) à l'article 80 crée un pouvoir réglementaire, c'est à dire un
pouvoir qui n'appartient qu'au pouvoir exécutif. De 1799 à 1914 on va dire successivement deux
choses : premièrement le domaine de la loi est infini ou plutôt il n'y a pas de domaine de la loi ( car
lorsqu'un domaine recouvre tout, il ne contient plus rien ). Deuxièmement, le décret ne peut
intervenir que s'il existe préalablement une loi ( pas de loi, pas de décret d'application). De même
que le domaine de la loi est infini, de même le domaine des règlements était infini. Le CE avait dit
«le décret est pris en application de la loi, attention le pouvoir exécutif peut intervenir chaque fois
qu'il y a une loi, soit si la loi l'invite à intervenir soit dans le silence de la loi».
Avec son interventionnisme l'état a pris de plus en plus d'actes juridiques réglementaire.
1914, la constitution semble distinguer un pouvoir réglementaire de droit commun et un pouvoir
réglementaire d'exception.

Paragraphe 1 : le pouvoir réglementaire de droit commun.


Deux articles de la Constitution : article 37 «les matière autres que celles qui relèves du
domaine de la loi on un caractère réglementaire ». article 21 «On peut prendre des décrets pour
l'exécution de la loi ». le CE a interprété exécution de la loi dans deux sens le pouvoir réglementaire
intervient grâce à la loi soit la loi est muette et les décret peuvent alors intervenir spontanément. En
revanche l'articles 37 oblige a opérer une distinction entre domaine de la loi et règlement/ avec la
création du Conseil Constitutionnel il y avait deux juges de la lois / il faut savoir qui sous l'empire
de la constitution de 1958 qui est titulaire du pouvoir réglementaire.

A. La loi et le règlement.
Article 37 définit négativement le domaine du règlement en disant qu'il s'agit des matière
autres qui sont du domaine de la loi.
La loi reste dans la constitution de 1958 ce qu'elle était sous les constitutions de la 3 et 4
république, c'est à dire un acte de puissance initiale et inconditionnée, même si certes il a été créé
un véritable contrôle de la constitutionnalité des lois. Désormais dans un procès il est possible à une
partir de soulever par voie d'exception qu'une loi viole les droits et libertés reconnus par la
Constitution. La juridiction saisie renvoie l'affaire au CE ou à la Cour de Cassation et il appartient a
chacune de ces juridictions de vérifier si la question présente un intérêt et si c'est le cas elle est
renvoyé devant le Conseil Constitutionnel. Mais il n'en reste pas moins que dans l'immense majorité
des cas la loi est parfaite juridiquement lorsqu'elle a été votée par le parlement.
Il y a une évolution importante cependant. D'abord c'est la première fois que dans un texte
de droit positif on séparé deux domaines : celui de la loi et celui du règlement. En réalité l'article 34
et 37 sont contenus dans un avis donné par le CE au gouvernement (Avis du 6 février 53).
La deuxième innovation c'est que en faite l'article donne en réalité non pas une délimitation
du domaine de la loi mais deux délimitation. Quand on lit l'article 34 on s'aperçoit qu'il est divisé en
deux partie : la première dit que la loi fixe les règles / la loi détermine les principes fondamentaux.
On avait dit au fond il y a deux matières : celles qui ne sont que réglementaire et les matières
législatives ( les matière pleinement législative et celles sommairement législative).
La définition du domaine réglementaire : ici apparemment c'est simple tout ce qui n'est pas
du domaine de la loi est du domaine du règlement. Enfin le Conseil Constitutionnel a dit attention
les matière législative ne se borne pas à l'article 34 car il ne faut pas oublier 72, 74 etc.. le Conseil
Constit a décidé de constitutionnaliser toute la déclaration de 89 et de dire que toutes les matières de
89 sont des matières législatives.
Deuxième jurisprudence du Conseil Constitutionnel : du fait qu'il y a séparation des
domaines législatifs et réglementaire si un décret empiète sur le domaine de la loi il est
inconstitutionnel. Quand la loi sort de son champ elle est inconstitutionnelle aussi normalement.
Mais le 30 juillet 1982 le Conseil Constit a décidé que lorsqu'une loi sort de son domaine celle ci
n'est pas pour autant inconstitutionnelle.

Unité ou dualité du pouvoir réglementaire ?


La deuxième question que posée la constitution c'était de savoir s'il y avait un ou deux ou
plus pouvoirs réglementaire.
En effet, le gouvernement et toutes les autorités réglementaires sont placées dans des
situations différentes. Il y a le pouvoir réglementaire autonome et le pouvoir réglementaire dérivé.
Est ce que ça fait deux pouvoirs réglementaires différents ou deux manières ?
Une réponse implicite a été fournie dès 1959 par le CE .Le CE répond, dans un Arrêt
syndicat général des ingénieurs conseil 1959, que de telles décisions sont soumises au juge
administratif et que les règlements autonomes impérieux sont soumis au respect des principes
généraux du droit tout comme les autres actes pris, eux, au titre du pouvoir réglementaire ordinaire
si l'on peut dire.
On a dit d'abord que cette distinction et son contrôle constitutionnel était une machine de
guerre dirigée contre le parlement. En fait ça ne s'est pas passé comme ça, le Conseil
Constitutionnel a développé une politique systématiquement favorable a la loi et défavorable au
règlement.
Est ce que le CE va donner la même interprétation de la Constitution que le Conseil
Constitutionnel ? Il n'y a rien dans la Constitution qui dit que le Conseil Constitutionnel à le
monopole de l'interprétation de la Constitution. Il y a quand même une disposition qui dit que les
décisions du Conseil Constitutionnel s'imposent à toutes les juridictions.

B. Quels sont les autorités détentrices du pouvoir réglementaire ?


En France il n'y a que deux autorités à l'échelon nationale :
Article 13 et 21 : l'autorité réglementaire de droit commun est le premier ministre et l'autorité
réglementaire par voie d'exception est le Président de la République. En revanche, les ministres
n'ont pas en France de pouvoir réglementaire à l'échelon nationale. Ils ne peuvent l'avoir que dans
des matières déterminées et pour autant que la loi l'admet. Mais ils apposent leur contre seign sur
les actes du président et du premier ministre, ils peuvent prendre des mesures d'organisation, ils
disposent du droit d'adresser des directives.
Au niveau local deux autorités principales ont le pouvoir réglementaire :
Le préfet dans son département et le maire dans sa commune. C'est quoi un département ? Le
département n'existe pas en dehors des communes, physiquement il n'y a que des communes. Il n'y
a qu'un cas en France la commune de Chambord qui se trouve dans le périmètre du château de
Chambord et comme c'est l'état qui le gère toute la commune est gérée par l'état.
La question s'est posée de savoir d'ou les Collectivités Locales tirent leur pouvoir
réglementaire ? Une partie de la doctrine affirmée que la loi était la source. Lors de la révision
constitutionnelle de 2003 on a ajouté que les collectivités disposent d'un pouvoir réglementaire dans
l'exercice de leur compétence. C'est donc la constitution qui est la source de ce pouvoir.
Il y a des personnes privées qui ont la possibilité de détenir le pouvoir réglementaire.
Exemple : les ordres professionnels ( l'ordre des médecins disposent d'un pouvoir réglementaire).

Paragraphe 2 : les hypothèses d'extension exceptionnelles du pouvoir réglementaire.


Les ordonnances de l'article 38 permettent au pouvoir réglementaire de prendre des mesures
qui relèvent normalement du domaine de la loi. Sous la 3ème république les lois constitutionnelles
ne disaient rien sur cette question. Le parlement a donc été conduit a inventer les décrets loi.
La constitution de la 4 République va donc inclure dans la constitution un article 13 « l'assemblée
nationale vote seule la loi, elle ne peut déléguer ses pouvoirs». Malheureusement les mêmes raisons
qui avaient poussé la 3 République a s'en remettre au gouvernement reviennent. La nécessité étant
maintenue on a vu apparaître les lois cadre ( le parlement voté une loi et disait au gouvernement de
faire ce qu'il veut).
Donc apparition dans la Constitution de 58 des ordonnances. Le gouvernement explique au
parlement pourquoi il sollicite et demande l'autorisation de prendre des ordonnances. À la fin du
délais le gouvernement à l'obligation de déposer les ordonnances sur le bureau du parlement en vue
de la ratification. Si le gouvernement n'a pas déposé au terme du délais l'ordonnance devient
caduque. S'il a déposé : le parlement organise une débat et ratifie / ou il n'organise pas de débat.
Temps que le parlement ne s'est pas prononcé l'ordonnance reste un simple acte administratif. Le
parlement s'est prononcé est à dit non, l'ordonnance garde toute sa valeur d'acte administratif pour le
passé et pour le futur l'ordonnance devient caduque. Le parlement ratifie, l'ordonnance devient une
loi.
Le gouvernement peut encore disposer de l'ordonnance en ce qui concerne la loi de finance. Si le
parlement n'a pas finit l'examen de la loi de finance après 70 jours de débat, le gouvernement met le
décret en vigueur. Idem avec l'article 49-1 de la constitution en matière de sécurité sociale. Le
parlement à 50 jours pour examiner, si il n'a pas terminé, le gouvernement peut mettre en vigueur la
loi de financement de la sécurité sociale. Il y a aussi les décisions prisent sur le fondement de
l'article 16 de la Constitution.

Chapitre 2 : Le régime juridique des actes administratifs unilatéraux.


Nous allons voir qu'il y a en droit administratif un véritable régime juridique, statut de la
manière de décider. On parle de procédure administrative non contentieuse.
Les actes administratif bénéficie d'une présomption de régularité juridique. Un acte administratif est
présumé régulier. C'est ce qu'on appel autorité de choses décidées. C'est à l'administré de prouver
que l'acte est irrégulier.

Section 1 : La connaissance des actes administratifs unilatéraux par l'administré.


Il y a une question qui longtemps a été ignorée par les pouvoirs publics. Devant le
foisonnement des décisions souvent on a du mal à se retrouver. Ça relève trois sortes de difficultés.
La première c'est de connaître la règle. Comment je fais pour savoir que c'est une règle, que cette
règle existe ? La deuxième est la question de l'intelligibilité du droit : comment on sait que un
citoyen qui lit un texte le comprend. Cette question est délicate. Nul n'est censé ignorer la loi donc
on ne peut pas invoquer l'ignorance. Et la troisième c'est la question de la durabilité de la règle.
On a dit au fond il faut déterminer dans quoi, comment l'acte est publié. On a dit les lois et les
décrets seront publiés au journal officiel de la République française. Mais il est apparu que le
simple régime de la publicité des actes, destinés essentiellement à permettre leur opposabilité aux
intéressés ne répondant pas correctement à ces exigences.

Le 24/02/10
Paragraphe 1 : La communication des documents administratifs.
Pendant longtemps, il a été quasiment impossible au citoyen français d'accéder à la
connaissance des documents de l'administration. Pendant longtemps l'action de l'administration a
été dominée par le secret. Cette situation apparue malsaine et la loi du 17 juillet 1978 étendue et
complétée par la loi du 12 avril 2000 ont posé un certain nombre de règle. Toutefois le CE ne fait
pas de la communicacité un principe général du droit. Par ailleurs, si les lois de 78 et 2000 ont
prévu un régime général des lois particulières ont prévu des modes spécifiques de communication.
Le principe posé par la loi c'est la liberté d'accès aux documents administratifs.
Le principe était que les documents administratifs sont communicables de plein droit. Mais pour
cela, encore faut-il qu'on soit en présence d'un document administratif.
Il faut donc d'abord que ce soit un document. N'est jamais un document quelque chose qui
en est à un stade provisoire. C'est ainsi que le CE a considéré qu'un RUST ( pellicule en matière
cinématographique), que les bandes filmiques qui ont servi au journal télévisé sont un document
administratif mais que les bandes préparatoires ne le sont pas.
Il faut en deuxième lieu que le document soit administratif qu'il est donc un origine dans la
volonté ou l'action de l'administration ou qu'il soit conservé par l'administration. Ne sont donc pas
communicables les actes de l'état civil. Ne peut pas être communiqué un contrat de droit privé de
l'administration car les contrats administratif de droit privé ne sont pas administratif. Les actes
notariés même transféré au archives d'état ne devient pas un acte administratif mais reste un acte de
droit privée.
Il faut que ces documents administratifs ne soient pas nominatifs. Normalement lorsqu'un
document administratif est communicable et qu'il comporte le nom d'une personne qui n'est pas le
demandeur, ce nom doit être occulté c'est ce que le CE à dit dans un arrêt du 25 mai 2009, Ministre
de l'économie et des finances.
Le document ne doit pas avoir déjà été publié. Il suffit pas qu'il est été publié pour ne pas
être communicable. Il faut que le support sur lequel il a été publié soit accessible.
Il faut que le document soit réellement détenu par le service auquel il est demandé. Un
service ne peut pas communiquer un document qui n'existe pas, qu'il n'a pas ou qu'il a perdu.
On ne peut pas demander à l'administration sous prétexte de communication la fabrication d'un
document.
Ce droit est ouvert à tous les français, mais également aux étrangers. Il y a quand même un
certain nombre de limite. Ne sont pas communicables les documents qui ont toutes les
caractéristiques pour être communiqué mais qui sont XXXX. Ne sont pas aussi satisfaites les
demandes de communication répétitive. On remarque que dans les régimes particuliers en gros le
scénario est le même. Il y a cependant un cas à part en matière de droit de l'environnement. En effet
par l'application de la convention AAHROUS de 1998 et la directive communautaire qui en fait
l'intégration dans le droit européen ont fait une communication spontanée c'est à l'administration de
communiqué le document sans qu'il lui soit demandé. Même les documents à caractère provisoire
doivent être communiqués.

Le particulier doit d'abord s'adresser à l'administration qui détient le document. Cette


communication s'effectue normalement par consultation sur place. Mais soit à la demande de
l'autorité ou sur proposition de l'administration il est possible de se faire délivrer des copies qui sont
payantes. La demande est donc adressée à l'administration. Si l'administration refuse de
communiquer ou demeure silencieuse sur la demande de communication. Si le silence dure un mois
ou avant le terme l'administration à dit non on est en présence d'une décision implicite de rejet.
Dans ce cas l'intéressé à deux mois pour saisir. Une fois qu'elle est saisie la CADA a deux mois
pour rendre son avis. Après quoi l'administration indique à la CADA la suite qu'elle entend donnée.
L'administration a un mois pour faire connaître à la CADA et à l'intéressé sa position. Si
l'administration refuse encore il faudra saisir le juge. Il serait impossible de saisir le juge si on a pas
préalablement saisi la CADA.
On remarque que lorsque le droit à la communication a été reconnu à une personne qui
décède avant d'exercer son droit. Le droit reconnu au défunt ne se transmet pas automatiquement
aux héritiers.

Paragraphe 2 : L'accès au droit.


Ici c'est l'objet propre de la loi de 2000 de rendre plus aisé pour les administrés l'accès à la
règle de droit et surtout pour leur permettre de comprendre la règle de droit. À cette fin a été créé la
loi de la liberté d'accès des citoyens à toutes les règles de droit. C'est pourquoi une loi du 8
décembre 2008 a prévu qu'aucune circulaire ne peut être opposé à un administré si elle n'a pas été
publiée sur un site internet www.circulaire-ministeriel.gouv.fr. Il s'agit là d'un accès brut. La loi de
2000 est allé encore plus loin. Elle est venu s'assurer qu'un lecteur était capable de le comprendre.
Ici la difficulté est colossale car la loi n'est pas statique. La langue juridique est une langue très
précise il n'y a pas de synonyme en droit et de plus le juriste s'exprime de manière concise. Celui
qui dit quelque chose nit forcément son contraire. Donc la lecture d'un texte de droit n'est pas facile.
La loi de 2000 fait que le parlement ne va voter que des modification de code. L'idée c'est qu'il ny'
aura que des codes et que le parlement quand il voudra faire quelque chose il ira dans le code et dira
que l'article X est modifié. XXXXXXX On ne codifie pas les directives.

Paragraphe 3 : La transparence de l'action administrative.


Cette transparence principalement administrative mais qui est aussi une transparence
financière. Ça veut dire que lorsqu'un administré s'adresse à l'administration il ne peut pas se heurter
à l'anonymat des agents. On va lui dire votre affaire relève de MR. X, bureau Z, adresse. C'est une
obligation. La loi également a travailler la question de la transparence financière. Normalement
depuis la loi de 2000 tous les budgets et tous les comptes publics des collectivités publiques sont
communicables. Sont communicable également tous les budgets des personnes privées qui ont reçu
des subvention publiques d'un certain montant.

Section 2 : La prise des décision administratives.


La première question est celle de la forme qui entoure la prise de décisions administrative.
La deuxième est celle de la compétence : qui peut prendre les décisions ? Et comment fait-on pour
déterminer? La troisième est la question du principe de précaution.

Paragraphe 1 : La forme.
Un très grand nombre de forme sont imposés parce que la forme est une garantie offerte aux
administré. C'est le soucis de la protection des droits des administrés. Tantôt les formes qui doivent
être respectée sont des formes à propos, tantôt la forme concerne la forme intrinsèque de l'acte lui
même.

A.Les formalités qui accompagnent la prise de décision.

1-La procédure consultative.


La première forme que l'on va rencontrer c'est ce que l'on appel la procédure consultative car
dans un certains nombre de cas l'administration ne peut prendre sa décision que après avoir
consulté. Tantôt l'administration n'a aucune obligation de consulter, la consultation n'est même pas
prévue mais elle peut toujours l'organiser ( consultation spontanée). Tantôt la consultation est
facultative, elle est prévue mais l'administration n'est pas obligé d'y recourir. Et ensuite vient la
consultation obligatoire, la consultation est prévue et l'administration n'est pas obligée de la
respectée. Et enfin, la consultation sur avis conforme, obligation de l'administration de consulter et
de suivre l'avis. La consultation doit être intégrale, loyale, sincère. Quand l'administration pose une
question à un organisme il faut qu'il lui dise tout ce qu'il a à lui dire. Si l'avis est donné sur la base
d'indication illégale, l'avis est irrégulier. Si l'avis est irrégulier il ne peut pas être attaqué mais la
décision qui fait suite à l'avis irrégulier est elle même irrégulière. Même dans les deux cas ou
l'administration consulte spontanément et dans le cas ou elle est soumise à une consultation
facultative elle est obligée de consulter de manière loyale et complète. Lorsque l'administration a
fournie un dossier à un organisme qui lui a donné son avis et que après réflexion de l'administration,
l'administration modifie son projet ou le sens de ce qu'elle voulait décider, elle est obligé de revenir
devant l'organisme et de la consulter à nouveau sinon elle commettrait une illégalité. Enfin il y a un
cas particulier des actes pris pas le gouvernement ne peuvent être pris que après avis du conseil
d'état, le défaut de consultation ou la mauvaise consultation du CE entache d'incompétence la
décision de l'administration.

2- La procédure contradictoire.
Elle est issue du droit romain « écoutes l'autre partie » qui fait l'obligation à l'administration
de respecter la contradiction des points de vue avant qu'elle ne prenne une décision.
Toutes les fois que l'administration s'apprête à prendre une mesure qui affecte une personne, elle
doit respecter la procédure contradictoire. L'administration doit avoir entendue la personne avant de
donner sa décision. Cette règle est un principe général du droit inventé par le CE dans un arrêt de
section du 5 mai 1944 Veuve TROMPIER-GRAVIER. Cette règle a directement inspiré le droit
communautaire. En particulier ce principe avait été systématisé pour les fonctionnaires à la suite du
scandale provoqué par l'affaire des fiches.

3-Principe de parallélisme des formes.


Principe du parallélisme des formes. Ici il s'agit de contourner un obstacle. Il arrive souvent
qu'un texte indique les règle de forme qui doivent être respecter mais il est muet sur les règles de
forme qui doivent être respecté pour prendre la décision inverse. Donc la CE a inventé le principe
de parallélisme des formes dans un arrêt de section du 10 avril 1959, FOURRE-CORMERAY, il dit
que lorsque les formes pour prendre l'acte inverse ne sont pas prévues se seront les même que pour
prendre l'acte initiale. La difficulté est de savoir enfin ce qu'il en est de l'acte inverse. L'acte inverse
c'est pas forcément l'acte contraire.

4-L'impartialité de l'administration active.


C'est un principe général du droit qui régit toute l'activité de l'administration.
L'administration ne doit jamais se déterminer dans ses décisions en prenant en considération la
personne de l'administré. Cette exigence s'impose à l'administration mais également à des
organismes qui fonctionnent dans l'administration mais ne sont pas administratifs.
Enfin, qu'est ce qui se passe lorsque la formalité a accomplir est impossible à respecter ?
Le CE a inventé la théorie de la formalité impossible. C'est à dire que lorsque l'administration doit
respecter une forme mais qu'elle ne le fait pas car elle dit qu'il est impossible de le faire son acte ne
serait pas illégal. On ne peut reprocher à l'administration de ne pas procéder à une consultation
lorsque l'organisme à consulter n'existe plus ou n'existe pas encore ou lorsqu'il cet organisme c'est
mis lui même hors d'état de fonctionner.

B. Le principe de la motivation des actes administratifs.


L'administration en France n'avait pas l'obligation de donner aux administrés les raisons de
ses décisions. C'est la loi du 11 juillet 1979 qui va poser le principe que l'administration doit dans
un certain nombre de cas motiver ses décisions. Le CE a décidé que cependant cette loi n'institué
pas une obligation générale de motivation.
La loi du 11 juillet 1979 ne s'applique que dans l'état qu'elle prévoit ce qui veut dire que d'autres
système de motivation peuvent être prévus.
Qu'est ce qui doit être motivé ? En quoi ça consiste quand on dit il faut motiver? Et qu'est ce
qui se passe si on motive pas ?

L'obligation de motivation concerne 3 catégories de décision de l'administration :


– les décisions administratives individuelles défavorables ( exemple : mesure de police, sanction,
refus d'une autorisation).
– Les décisions administratives individuelles dérogatoire à des règles générales.
– Les décisions prises par toute sorte d'organisme de sécurité sociale ou des institutions
d'assurance chômage lorsque ces organismes refusent un avantage qui est normalement un droit.
Ou lorsqu'ils refusent d'attribuer des aides ou des subventions lorsque celles ci sont à caractère
social ou sanitaire même lorsque celles ci sont facultative.

Qu'est ce que ça veut dire motiver ?


Le CE avait dit dans un arrêt dont la formulation a été reprise par la loi du 1979 : c'est l'énoncé des
considérations de droit ou de fait qui constituent le fondement de la décision. On ne peut pas se
borner à renvoyer à un texte.
Le défaut de motivation :
l'absence de motivation entache d'illégalité pour vice de forme substantiel la décision qui aurait du
être motivée.
Comment on fait quand on a une décision implicite ?
Si l'administration n'a rien dit elle n'a pas motivée. Le sénat avait pris un amendement disant que
lorsqu'une décision doit être motivée et qu'elle est implicite elle est illégale. Mais les décisions
implicites ( donc non motivée) ne sont pas illégale de ce seul fait : les intéressé disposent de deux
mois pour en demander les motifs et l'administration doit répondre dans le mois qui suit la demande
à la demande de communication des motifs. En cas d'urgence absolue et non de simple urgence,
l'administration est dispensée de motiver ses décisions mais l'intéressé peut en demander les motifs
dans les deux mois et la réponse doit être fournie dans le mois qui suit cette demande. L'absence de
motivation alors que ce n'est pas reconnu le caractère absolu de l'urgence entraîne l'illégalité de la
décision.

Paragraphe 2 : La compétence pour prendre des actes administratifs unilatéraux.

1-La notion d'autorité compétente.


Une autorité administrative n'est compétente que pour certaines choses. On dit que la
compétence est l'aptitude légale à décider. Cette compétence est importante car l'incompétence est
le vice le plus grave c'est pourquoi il est toujours d'ordre public.
Au niveau local il n'y a pas vraiment de difficulté. En générale la compétence des autorités locales
n'est pas dure à déterminer.
Au niveau nationale la répartition des compétences est beaucoup plus délicate car plusieurs
autorités sont susceptibles d'agir de manière conjointe ou simultanée et cela à des titres différents de
compétence.

2-L'obligation d'exercer sa compétence.


Toute autorité administrative est obligée d'exercer sa compétence. Lorsqu'elle a un doute
sérieux sur une question qui lui est posée, elle doit cependant la trancher et cela même si cette
difficulté, en cas de contentieux, relèverait du juge judiciaire. Ainsi l'administration peut trancher
des questions de droit privé afin d'exercer sa compétence.

3-Les trois éléments de détermination de la compétence:


Quand on parle de la compétence on parle de 3 choses :
– la compétence rationne loci : l'autorité administrative n'est compétente que pour un territoire.
– La compétence ratione temporis : cela veut dire qu'une autorité n'est compétente qu'entre le
temps qui s'écoule entre son investiture et sa désinvestiture. Cependant il existe une théorie
inventée par le conseil d'état qu'on appel la théorie de l'expédition des affaires courantes, 4 avril
1952 SYNDICAT REGIONAL DES QUOTIDIENS D'ALGERIE le CE considère qu'une
autorité administrative désinvestie se survie dans ses compétences jusqu'à l'arrivé ou la
nomination de son successeur.
– la compétence ratione materiae : ( matière) l'autorité n'est compétente que dans certaines
matières dont elle ne peut sortir sauf l'hypothèse de circonstances exceptionnelles. Exemple : un
proviseur de lycée n'est pas compétent pour fixer les programmes du bac.

4-Les incidents de compétence.


Il faut parler de 3 situations :
– la suppléance est l'hypothèse dans laquelle le titulaire se trouve empêcher d'exercer sa
compétence et cette autorité est automatiquement remplacée par une personne désignée par les
textes.
– L'intérim est comme la suppléance mais son remplaçant n'est pas désigné automatiquement par
les textes.
– La délégation est une situation plus compliquée. Il y a d'un côté la délégation de pouvoir ou de
compétence c'est à dire que l'autorité délègue une partie de sa compétence à une autre, et de
l'autre la délégation de signature l'autorité compétente confère à une personne le pouvoir de
signer à la place de l'auteur de la décision. Celui qui est délégataire de signature peut
subdéléguer sa signature mais le titulaire de délégation de compétence ne peut pas subdéléguer
sa compétence.

Le 03/03.10

5-Le principe du parallélisme des compétences:


En principe, les textes définissent l'autorité compétente pour prendre une décision
déterminée. En revanche, il arrive qu'ils soient muets sur l'autorité compétente pour modifier,
abroger ou retirer cette décision. En ce cas, la jurisprudence applique le principe du parallélisme des
compétences analogue au principe du parallélisme des formes. L'autorité compétente pour prendre
l'acte initial est compétente pour prendre l'acte inverse.

6-Compétence respectives du supérieur et du subordonné :


l'autorité subordonnée, hors le cas ou elle bénéficie d'une délégation, ne peut empiéter sur
les compétences de son supérieur. Inversement l'autorité supérieure ne peut empiéter sur les
compétences de son subordonné. Cela peut surprendre mais le supérieur, s'il peut lui donner des
ordres, rapporter ou modifier ses actes, n'a pas le pouvoir de substituer ses propres actes à ceux de
son subordonné. De plus, le pouvoir hiérarchique suppose, pour pouvoir être validement exercé, la
réunion de deux conditions : la personne concernée doit réellement être la subordonnée de celui qui
s'en prétend le supérieur ( 12 novembre 1965, Cie marchande de Tunisie : sous le régime de la IV
République, le chef du Gouvernement, président du conseil des ministres, n'est pas le supérieur
hiérarchique des ministres). Il faut rappeler ici aussi que les décisions individuelles du supérieur
hiérarchique doivent respecter les décisions réglementaires de son subordonné.

La combinaison entre supérieur hiérarchique et subordonné et la distinction entre actes


individuel et acte réglementaire.
L'acte individuel est subordonné à l'acte réglementaire et l'acte du subordonné est subordonné à
l'acte du supérieur. L'acte individuel de l'autorité supérieure est soumis à l'acte réglementaire de
l'autorité subordonnée. L'autorité supérieur su soumettra au règlement d'examen conforté par ses
subordonné. Le règlement d'examen de la fac de droit est un acte réglementaire en tant qu'il est un
acte réglementaire il est subordonné à tous les actes réglementaires qui lui sont supérieurs. Mais il
est supérieur à tous les actes individuels pris en application du règlement d'examen. Dans le jeu
supérieure subordonné et réglementaire individuel la hiérarchie réglementaire individuelle l'emporte
sur la hiérarchie supérieur subordonné.

Paragraphe 3 : Le principe de précaution.


Ce que l'on appel aujourd'hui le principe de précaution est un principe très ancien
qu'exprime l'adage de bon sens «dans le doute abstiens-toi».
C'est à partir du moment ou le principe de précaution a fait irruption dans le droit de
l'environnement que ce principe a pris dans notre pays un essors fulgurant et en 20 année il a menée
une carrière tape à l'oeil. Puis du droit international de l'environnement il est passé en droit
communautaire et enfin en droit interne français ( loi du 2 février 1995 et du 1 juillet 1998).
Mais le prédisent Chirac a tenu à ce que ce soit statufié dans le marbre et désormais il est inscrit
dans la constitution et la Charte de l'environnement.
Il ne faut pas confondre la précaution et la prévention. La prévention c'est la situation ou le
risque est connu. Et la seule question c'est de savoir si il se réalisera ou pas.
Le principe de précaution est appelé à jouer normalement que s'il existe une double situation
d'incertitude rendant impossible la réponse à chacune des deux question suivantes : y a t-il un risque
? Et si il existe en quoi consiste t-il ? Et c'est précisément parce que on ne sait pas qu'il y a un risque
qu'alors on va décider qu'il n'y a pas lieu de décider.
On a un schéma étroit entre l'application trop systématique du principe de précaution.
En droit français 3 conditions a remplir pour la mise en oeuvre du principe de précaution :
1er : Il faut avoir la certitude que le risque dont on ignore s'il existe, produirait s'il existait des
dommages très graves et irréversibles. 2ème : il faut que les mesures prises au titre de la précaution
soient proportionnées à la menace virtuelle. C'est à dire une menace qui est potentiellement présumé
dans son existence et indéterminée dans ses effets. Car en matière de police l'administration commet
toujours une illégalité en prenant des mesures de police insuffisantes ou excessives. 3Ème: le coût
final des mesures de précaution doit être économiquement et socialement acceptable ( au delà d'un
certain seuil les mesures de précaution seraient plus coûteuse que le risque encouru).

Le juge administratif et le principe de précaution :


La jurisprudence a été très timide dans les premières années puis elle s'est faite plus
offensive et plus massive : Arrêt du 28 juillet 1999, Association intercommunale «Morbihan sous
très haute tension» ou l'expression de principe de précaution est semble t-il employée pour la
première fois.
Le CE estime que le principe de précaution oblige les administration a une double fonction
d'anticipation : à l'égard des possibilités de survenance d'un risque et à l'égard de ses conséquences
concrètes. Il considérera légales les décisions qui montrent une bonne double anticipation les autres
ne le seront pas.

Section 3 : Les effets dans le temps des actes administratifs unilatéraux.


Le pouvoir exécutif peut à tout moment modifier les actes réglementaires c'est ce qu'on
estime en disant que les administrés n'ont jamais de droit acquis au maintient de la réglementation
existante. C'est pourquoi les modifications, suppressions ou adjonctions apportées aux règlements
sont d'application immédiate.
Mais ce principe connaît deux limites : l'interdiction faite aux règlements d'être rétroactif
c'est à dire d'avoir des effets sur des situations ou des actes antérieurs et il y a un soucis de sécurité
juridique c'est à dire que l'administration se voit désormais privé du droit de modifier trop
brutalement sa réglementation ou alors elle peut le faire à condition d'aménager un régime
transitoire.

Paragraphe 1 : L'entrée en vigueur des actes administratifs.


La différence entre la validité d'un acte et l'opposabilité. Dire d'un acte qu'il est valide ça
veut dire qu'il est juridiquement régulier, dire qu'il est opposable ça veut dire qu'il a fait l'objet de la
publicité qui permet de le faire connaître à ses destinataires.
Un acte valide peut ne pas être opposable temps qu'il n'a pas fait l'objet de publicité. Et un acte
illégale qui a été publié régulièrement est opposable.
Un acte administratif n'est opposable qu'à partir de son entrée en vigueur c'est à dire quand il
a fait l'objet d'une publicité. En principe la publicité dont un acte doit faire l'objet est prévue par les
textes. Les lois et les règlements sont publiés au JO soit sous forme papier, soit sous forme
électronique soit les deux à la fois. Ils entrent en vigueur dans toute la France le lendemain du jour
de la publication.
Lorsque le mode de publicité d'un acte juridique est prévu par un texte législatif ou
réglementaire, il n'est pas possible de lui en substituer un autre en dehors des hypothèses des
circonstances exceptionnelles. Cette publicité rend le texte opposable même au tiers.
Lorsqu'un mode de publicité n'est pas exigé, la jurisprudence impose une publicité
«suffisante», par sa teneur, et «adéquate» par sa formule, au public visé.
Un certain nombre de décrets et d'arrêtés entrent en vigueur immédiatement d_s leur
publication au JO.

Il peut arriver qu'on fasse application de la théorie de la connaissance acquise.


Lorsqu'il est établi qu'une personne a eu incontestablement connaissance de l'existence et de la
teneur d'une décision administrative à son égard l'acte est opposable et entre en vigueur dès le jour
de la connaissance même si celui ci est antérieur au jour de la publicité.

La non rétroactivité des actes administratifs :


les actes administratifs n'ont pas d'effet sur le temps ou ils n'existaient pas encore. C'est un PGD
proclamé dans un arrêt du 28 février 1947 Maire de Lisieux mais surtout dans un grand arrêt du
principe 25 juin 1948 Société du Journal de L'Aurore.
Il existe trois exceptions à ce principe en faveur des décisions administratives :
– lorsque l'acte administratif est pris en exécution d'une loi elle même rétroactive.
– Toutes les décisions de l'administration prise en conséquence d'un décisions juridictionnelle
d'annulation, laquelle a normalement un caractère rétroactif mais cette solution tend à être de
moins en moins exacte.
– L'administration peut prendre des mesures qui s'appliquent au situations en cours dès lors que
ces situations n'ont pas épuisé complètement leur effets. Elles n'ont pas acquis un caractère
définitif.

Paragraphe 3 : La fin de vigueur des actes administratifs.


Les actes administratifs peuvent à un moment donné cesser de produire des effets. Un acte
sort de vigueur de deux grandes façons : l'acte a été fait sans limitation juridique dans ce cas il
sortira de vigueur par deux procédés ( l'abrogation pour l'avenir ou le retrait rétroactif).

A. L'abrogation pour l'avenir.


Elle consiste pour l'autorité administrative auteur d'une décision, que pour l'avenir, elle cessera de
produire tout ou partie de ses effets. Cette abrogation peut être explicite ou implicite.
Le régime de l'abrogation combine trois éléments selon que l'acte est réglementaire ou pas
réglementaire, qu'il a créé des droits ou pas, ou qu'il est régulier ou pas.
L'abrogation d'un acte réglementaire est toujours possible. Soit que l'administration décide
spontanément d'abroger car les administrés ne disposent d'aucun droit au maintient des règles
générales ou soit que ce soit par une demande des administrés. Il est toujours possible pour les
administrés de demander à l'administration et d'obtenir d'elle qu'elle abroge une règlement qui est
illégal, soit qu'il est été illégal depuis l'origine soit que ce règlement initialement régulier soit
devenu par la suite irrégulier.
Ce n'est pas l'administration qui prend l'initiative, c'est un particulier qui vient dire à l'administration
n que son règlement est illégal, je demande donc de l'abroger. Et l'administration est alors obligée
d'abroger ce règlement ( arrêt du 3 février 1989, Compagnie Alitalia) et enfin un particulier peut
demander à l'administration d'abroger un règlement illégal qui ne l'était pas à l'origine mais qui l'est
devenu plus tard.
L'abrogation des actes non réglementaires :
si l'acte non réglementaire n'a pas fait acquérir des droits sont abrogation est toujours possible. Sur
décision spontanée de l'administration ou sur demande des intéressés.
La décision non réglementaire a fait acquérir des droits : il faut alors distinguer ou bien la décision
individuelle est régulière ou elle est irrégulière.
Elle est régulière : l'administration ne peut plus procéder à son abrogation.
Irrégulier : seulement dans les 4 mois de l'édition de l'acte individuel créateur de droit et irrégulier.
Qu'est ce que c'est qu'un acte créateur de droit ? On peut dire plus facilement qu'elles sont
les décisions non créatrices. Il est ni provisoire, ni conditionnel, il n'est pas décisoire, si la mesure
est purement récognitive ( c'est la décision qui se borne a opérer un constat de preuve).

Le retrait rétroactif :
C'est une situation plus grave que l'abrogation. Le retrait rétroactif consiste pour l'administration a
anéantir un décision pour le passé.
Il faut opérer une distinction entre décision régulière et irrégulière :
– régulière : la décision régulière n'est pas créatrice de droit, pas de soucis elle peut être retirée.
Elle est créatrice de droit : elle ne peut pas être retirée.
– Irrégulière : la décision irrégulière n'a pas créé de droit elle peut donc être toujours retirée. Si la
décision irrégulière a créé des droits : et elle est explicite dans ce cas l'administration peut la
retirer pendant un délais qui a été invente par le CE, un délais de 4 mois : arrêt TERNON. Ce
retrait doit être motivé. Et elle est implicite (résulte donc du silence gardé par l'administration) :
la décision peut être retirée dans le délais de deux mois de son édition et si dans ce délais de
deux mois ou la décision est retirable un recours a été formé devant le juge, alors
l'administration peut encore la retirée pendant tout le cour du procès ( article 23 de la loi du 12
avril 2000. c'est la reprise pure et simple de la jurisprudence du CE, 1922 DAME CACHET).

Le retrait rétroactif des actes obtenus par fraude :


les décisions obtenues à la suite d'une fraude peuvent être retirée perpétuellement depuis un arrêt
d'assemblé du 12 avril 1935 SARAVITCH. On a pas a distinguer selon que la décision est régulière
qu'elle a créé des droits ou pas car on ne peut jamais obtenir de droit d'une décision obtenue par
fraude.

Paragraphe 3 : Les effets dans le temps des actes administratifs : confiance légitime et sécurité
juridique.
Ces principes sont très à la mode et viennent du droit allemand.
Le principe de confiance légitime c'est l'idée c'est la prévisibilité des comportements futures de
l'administration. C'est à dire que lorsqu'un particulier a légitimement des raisons de penser que
l'administration dans le futur immédiat va faire ou ne va pas faire certaines choses, et que cette
confiance mise dans l'administration est trahie par une brusque volte face de l'administration.
L'administration doit donc réparer le préjudice qui résulte de cette croyance qui est par la suite
trompée.
Le droit communautaire a dit que dans tous les cas ou on veut changer on peut le faire mais sans
brutalité et il faut ménager une période transitoire. Ce principe de confiance légitime interdit la
rétroactivité.
Le Ce n'accepte ce principe que dans le cas des actes pris par le pouvoir exécutif pour la mise en
oeuvre du droit communautaire. Sinon ce n'est pas un principe général du droit français.
Ensuite il y a la sécurité juridique. En ce qui concerne ce principe, la puissance publique ne
doit pas par ses actes créer de l'insécurité juridique. C'est devenu un PGD dans un arrêt d'assemblée
du 24 mars 2006 Société KPMG.

Section 4 : L'autorité des actes administratifs unilatéraux.

Paragraphe 1 : Les caractères de l'autorité des actes administratifs unilatéraux.


On va dire que l'acte administratif est moins fort qu'une décision de justice mais est plus
puissant qu'un acte de droit privé. Il est moins fort que la décision de justice car il n'a pas l'autorité
de la chose jugée ce qui veut dire que l'acte administratif peut être remis en cause. Par rapport à
l'acte de droit privé, pourquoi dire que l'acte administratif à plus de puissance que les actes de droits
privés ? Car il dispose du privilège du préalable, c'est à dire que l'administration a la faculté de
prendre des actes unilatéraux. L'administration n'a pas besoin du consentement des administrés.
L'administration prend des décisions comme elle pense devoir les prendre voilà le privilège du
préalable. L'administration par conséquent peut se délivrer à elle même un titre exécutoire.
L'acte administratif pour des raisons tout à fait particulière, n'est pas au sens habituel de
l'expression un acte authentique c'est à dire qui fait foi jusqu'à inscription de faux, il n'en reste pas
moins que la force probante de ses énonciation est grande.

Toute décision de l'administration peut prévoir des sanctions.


Le seul fait de ne pas exécuter une décision de l'administration constitue une contravention de 3ème
classe. Le principe en droit français c'est que l'administration n'a pas le droit de recourir à la force
pour exécuter ses décisions. Simplement on admet à ce principe des dérogations : TC, 1992, Société
immobilière de Saint Just. Les cas dans lesquelles l'administration peut décider de recourir à
l'exécution forcée : la loi l'a prévue, il n'y a pas d'autre sanctions prévues par la loi même pas pénale
, l'administration peut encore se trouver dans une situation ou il y a urgence.
Si l'on est dans l'un de ces 3 cas on ne peut mettre en oeuvre matériellement que si 3 conditions sont
réunies ( c'est pour que l'exécution matérielle soit considérée comme régulière) :
il faut que l'exécution forcée consiste à permettre d'exécuter un but , il faut que l'administration se
heurte à une mauvaise volonté caractérisée des intéressés, il faut que cette exécution forcée
permette la réalisation d'une opération concrète prescrite par la loi.
Si l'administration recours illégalement à l'exécution forcée elle commet une illégalité qui peut
parfois aller jusqu'à une voie de fait.

Chapitre 3 : Le contrat administratif.


Section 1 : Observation liminaires : liberté contractuelle et contrat administratif.

1 : La distinction entre acte unilatéral est contrat n'est pas toujours facile à faire et des hésitations
sont parfois possibles.
2 :Les personnes publiques disposent comme les personnes privées de la liberté contractuelle.
3 : Cependant la liberté contractuelle des personne publiques n'est pas la même que la liberté
contractuelles des personnes privées. D'abord car la liberté contractuelle des personnes publiques
connaît d'importante limite car il y a des règles et des principes d'ordre public qui font parfois échec
à cette liberté ou en limite la portée.
4 : Même dans les matières ou l'administration peut contracter il y a des clauses qui lui sont
interdites.
5: l'administration peut pour la gestion de l'intérêt général passer avec ses cocontractants des
contrats administratifs ou des contrats de droit privé. En d'autre terme l'administration recourt au
procédé contractuel selon la forme qui lui permet la plus adaptés à la situation de son cocontractant.
L'administration peut si elle le souhaite décider de satisfaire l'intérêt général en recourant aux
procédés du droit privé si ceux ci permettent d'obtenir un résultat pratique identique à celui qu'aurait
procurer le recours aux procédés exorbitants qui caractérisent le droit public.
Si le contrat est administratif c'est la compétence du juge administratif, mais si c'est un contrat de
droit privé on lui apportera les dispositions du droit privé et la compétence est du juge civil ou
commerciale en fonction. L'administration et ses cocontractants ne sont pas libres.
L'administration passe aussi des contrats internationaux.
Section 2 : Qu'est ce qu'un contrat administratif ?

Paragraphe 1 : Les critères du contrat administratif.

Les critères qui permettent d'identifier un contrat comme étant administratif s'appliquent à
tous les contrats conclus par l'administration française en France ou à l'étranger.
Il arrive que la loi définisse la nature d'un contrat. Soit la loi qualifie tel type de contrat comme
étant administratif ( les marché de travaux public sont administratifs, les contrats qui comporte
occupation du domaine public sont administratif, les contrats de partenariat). La loi peut aussi
qualifier un type de contrat comme étant privé. Dans l'immense majorité des cas, il n'y a pas de
qualification légale de la nature du contrat. C'est donc à la jurisprudence d'édicter les critères.
A. Le critère organique.
Pour qu'un contrat soit, organiquement administratif il faut qu'au moins une personne
publique soit présente ou représentée dans ce contrat. Cette présence directe ou indirecte est
absolument nécessaire.
Pour cela elle a recours au critère organique : le contrat ne comporte que des personnes publiques,
ou des personnes publiques et des personnes privées, ou le contrat ne comporte que des personnes
privées.
– Si le contrat n'est conclu qu'entre des personnes publiques il est public. Il arrive dans quelque
rares cas que le contrat conclu uniquement par des personnes publiques ne soit pas administratif
quand il fait naître entre ces personnes des rapports de droit privé.
– On a des personnes dont les uns sont publics d'autre sont privés :Dans ces cas là, le CE dit que
pour le contrat soit administratif il faut satisfaire l'un des deux critères matériel.
– Lorsque le contrat ne comporte que des personnes privées : normalement c'est toujours un
contrat de droit privé. Mais par exception il peut être qualifié d'administratif à deux conditions
qui doivent être remplies cumulativement. Il faut que l'une des personnes privées contractantes
se trouve dans l'hypothèse ou il peut être dérogé au critère organique. D'autre part, il faut que le
contrat satisfasse à l'un des deux critères matériels.
La première condition est réalisée dans chacun des 4 cas suivants : l'une des personnes privées
est en réalité mandataire d'une personne publique / le contrat porte sur un objet appartenant par
nature aux personnes publiques/ l'une des personnes privées sans être véritablement mandataire,
apparaît dans le contrat comme agissant au nom et pour le compte d'une personne publique. /
l'une des personnes privées est transparente car elle a été créée à l'initiative d'une personne
publique qui contrôle l'organisation et le fonctionnement et lui procure l'essentiel de ses
ressources.
Donc lorsqu'une contrat conclu entre deux personnes privées satisfait néanmoins à la fois à l'un
des 4 cas de dérogations au critère organique énoncé et à l'un des deux critères matériels ci
après, il sera un contrat administratif.

B. Le critère matériel.
– Le critère tiré de la liaison du contrat avec le service public :
Ce critère est alternatif.
1: cette liaison du contrat avec le SP peut d'abord se manifester par le fait que le contrat fait
participer le cocontractant privé à l'exécution même du SP.
2: cette liaison du contrat avec le SP peut ensuite se traduire par le fait que le contrat a pour objet
même l'exécution du SP.
La différence entre ces deux cas réside en ce que dans la première hypothèse le contrat constitut à
lui seul la modalité directe, exclusive et intégrale d'exécution du SP. Le SP est assuré du seul fait de
l'exécution du contrat. Dans la seconde hypothèse, il existe un SP dont une partie seulement de
l'exécution se fait au moyen du contrat. Celui ci ne porte que sur une fraction de la réalisation du SP.
– Les clause exorbitantes du droit commun :( critère trié du contenu du contrat)
Les clauses exorbitantes du droit commun mettent en oeuvre des prérogatives de puissances
publiques qui sont soit impossible à réaliser pour des personnes privées, ou inhabituelles dans un
contrat entre particulier.
Ainsi, sont exorbitantes les clauses qui font obligation d'assurer le continuité du SP, de recruter de
préférence le personnel parmi les habitants d'une commune déterminée etc.. par exemple.
Deux exceptions :
– les contrats conclus par un SPIC avec ses usagers sont toujours des contrats de droit privé même
s'ils contiennent une clause exorbitante.
– Lorsqu'un contrat administratif contient des clauses exorbitantes non pas du droit commun mais
de droit administratif lui même, il est illégal.

Paragraphe 2 : Les différents contrats administratifs.


A. Les contrats comportant délégation de la gestion d'un service public.
Une délégation de SP est un contrat par lequel une personne morale de droit public confère
la gestion d'un SP dont elle a la responsabilité à un délégataire public ou privé, dont la rémunération
est substantiellement liée aux résultats de l'exploitation du service.
Ces contrats constituent une catégorie juridique qui comporte 5 éléments:
– la phase de négociation : elle est dominée par le principe général du droit de libre négociation.
– La délégation ne peut résulter que d'un contrat donc pas de dévolution unilatérale.
– La délégation doit comporter dévolution de l'ensemble ou d'une partie de la gestion d'un SP. Ce
service peut être un SPA ou un SPIC.
– La délégation doit confier au délégataire la gestion même d'un SP, ce dernier doit donc être un
véritable entrepreneur du service public.
– La rémunération du délégataire doit comporter une part incompréhensible d'aléas économique et
financier. Le délégataire doit courir un certain risque du fait que sa rémunération repose en
partie soit sur les résultats financiers tirés de l'exploitation du SP délégué, soit sur les redevances
perçues sur l'usager du service, soit sur une combinaison des deux.

1-La concession :
C'est un contrat par lequel une personne publique ( le concédant) confie à une personne,
normalement privée ( le concessionnaire), la gestion d'un SP ou la réalisation de travaux public, ou
les deux à la fois, à charge pour cette personne de se rémunérer sur les usagers en leur faisant
acquitter une redevance pour le service fourni.
Il peut exister une concession de travaux publics sans service public ou une concession de
SP sans travail public.
La conclusion du contrat de concession, longtemps dominé par le principe d'intuitus
personae ( c'est à dire la prise en considération de la personne avec laquelle on se propose de
contracter), doit satisfaire aujourd'hui à une mise en concurrence effective car le contrat de
concession est soumis au droit de la concurrence.
Les stipulations de l'acte de concession sont constituées par un cahier des charges et par le
contrat de concession.
Cet acte comporte donc pour partie des dispositions réglementaires ( clauses du contrat
relatives aux conditions de la gestion du SP concédé) et pour partie des dispositions véritablement
contractuelles ( fixation de tarifs, conditions financières-recettes, subventions, aides diverses...).
Le concédant dispose de pouvoir envers son cocontractant : contrôle de la correcte exécution
du contrat, pouvoir de sanction. Il a aussi des obligations : garantir l'exécution paisible du contrat,
respect des conditions de rémunération et des conditions de l'équilibre financier etc..
Le concessionnaire dispose de droit : droit à ce que lui soit accordés certains moyens
d'action ( exemple possibilité d'exproprier, prérogatives de puissance publique, occupation du
domaine public ...), droit à rémunération ( redevance assise sur les usagers du service), droit à
l'évolution des tarifs, droit à l'équilibre financier du contrat. Il peut se voir aussi reconnaître certains
privilèges : monopole législatif d'exploitation, privilège d'exploitation, ou quand cela est
juridiquement possible protection contre la concurrence. Le concessionnaire a des obligations :
exécution correcte et loyale du contrat, accomplissement des obligations supplémentaires imposées
par le concédant, soumission aux contrôles et aux ordres de service du concédant, prohibition de la
sous traitance sans l'accord du concédant.
La fin de la concession peut survenir de différentes façon : arrivée du terme prévu,
survenance d'un cas de force majeure, rachat de concession, droit qui existe de plein droit au profit
du concédant, déchéance concessionnaire, qui est une sanction.
La concession est par excellence, le type même du contrat de délégation de la gestion d'un
service public.

2-La régie intéressée.


Contrat par lequel une personne publique confie à un cocontractant privé, personne physique
ou morale, le régisseur, le soin d'exploiter un SP que cette personne publique a elle même créée et
organisée. L'administration assure directement les risques.
Le régisseur est rémunéré en fonction des résultats de l'exploitation du service, résultats qui
ne sont pas des bénéfices financiers mais des prestations matérielles non directement financières.
Elle peut se comparer à la concession sauf que la rémunération est différente c'est pour ça
qu'elle est peu utilisée.

3- L'affermage.
Contrat par lequel une personne publique charge sous son contrôle un cocontractant
( fermier) d'exploiter un SP déjà existant, moyennant la perception de redevances sur les usagers.
Différence avec la concession : le fermier reçoit de l'administration des ouvrages et des
installations qu'il n'a pas lui même créées, et il verse à l'administration de ce fait, une redevance
pour leur utilisation.
La résiliation illégale d'un affermage se résolve par l'octroie de dommages et intérêts. Ceci
explique l'imputabilité au délégataire (fermier) des dommages liés au fonctionnement de l'ouvrage,
imputabilité à la personne publique propriétaire des dommages liés à l'existence de l'ouvrage, sa
nature ou son dimensionnement.
L'affermage ne peut porter que sur une partie du SP à condition que n'en résulte pas pour les
usagers des différences de traitement autres que celles découlant soit d'une nécessité d'intérêt
général soit de l'existence entre eux de différences objectives de situations.
Si le fermier réalise des investissements ou des ouvrages, sa qualité de fermier demeure sous
la condition que sa participation financière reste minoritaire par rapport aux engagements financiers
de la collectivité publique contractante.

B. Les contrats ne portant pas délégation de la gestion d'un service public.

1-Le marché public.


le marché est un contrat d'achat dans lequel la rémunération est versée par l'administration à
con cocontractant ( entrepreneur) sous forme de prix et non d'une redevance assise sur les usagers.
C'est la différence essentielle avec la concession au yeux de la jurisprudence : dans le marché
l'entrepreneur ne court pas d'aléa et n'a de relation qu'avec la collectivité publique qui a attribué le
marché. En principe, il n'a aucune relation avec les usagers. L'emploi de ce critère financier pour
différencier concession ( et délégation de SP de façon plus générale) et marché a été critiqué par une
partie de la doctrine qui le trouve dépourvu de pertinence.
Le marché des travaux publics, le plus important des marchés publics, a pour objet l'exécution par
le cocontractant d'une opération de travaux publics moyennant un prix.
Le marché de prestation intellectuelles comporte des travaux d'ordre « cérébral » : conception,
étude, devis, analyse...
le marché des fournitures courantes et de services comporte l'obligation pour l'entrepreneur de livrer
des produits, denrées, objets ou d'assure des prestation en nature.
Le marché industriel : concerne les prestations d'une certaine ampleur et d'une grande
sophistication, de nature scientifique, mécanique qui peuvent consister en fabrication , réparation,
transformation.
La convention conclue en exécution d'un acte unilatéral dont elle n'est pas détachable ne peut pas
être un marché public, tout comme celle conclue par une autorité publique française à l'étranger,
sauf volonté expresse contraire à cette autorité.

2- l'offre de concours.
Contrat par lequel une personne s'engage, parce qu'elle y a un intérêt au moins pratique, à
participer ( en nature, en espèces ..) aux frais nécessités par un travail public qu'elle souhaite
réaliser. L'administration bénéficiaire de l'offre n'est normalement jamais obligée de l'accepter.

3-La concession de créments futurs.


Contrat par lequel un particulier s'engage à exécuter à ses frais des travaux destinés à
conquérir des terrains sur la mer ou sur un étang, et reçoit, en contre partie, la jouissance des
terrains asséchés ou exondés.

4-Le marché d'entreprise de travaux publics ( METP).


Contrat par lequel une personne publique confie à un entrepreneur, contre paiement d'un prix
à celui ci, soit à la fois la construction d'un ouvrage nécessaire à un SP et l'exploitation de cet
ouvrage, soit seulement l'exploitation de celui ci.
Ce type de contrat avait été abrogé par le code des marchés de 2001 mais a été partiellement
rétabli par celui publié en 2004. Désormais il est possible de conclure un METP sous la forme d'un
marché global comportant une ventilation très précise entre le prix correspondant à la construction
de l'ouvrage et le prix de la maintenance de cet ouvrage et/ou de son exploitation.

Le 10/03/10

5-Les contrats de partenariat :


Ils ont été créé par l'ordonnance du 17 juillet 2004, vite devenu contrats de partenariat public
privé, ordonnance complétée par la loi du 28 juillet 2008.
Ces contrats ont très fortement encadré. L'administration ne peut y recourir à un tel contrat pour
réaliser une commande publique que dans 3 cas :
– il y a urgence
– l'opération d'entreprendre revêt une complexité particulière.
– il est démontré qu'un recours au contrat de partenariat PP serait plus favorable qu'un recours à
un autre contrat.
La législateur avait imaginer que dans certains cas il y aurait présomption d'urgence.
Il s'agit de contrat par lesquels les personnes publiques territoriales et leur établissements publics
administratifs confient à un tiers une mission globale comportant les trois éléments suivants :
– le financement d'ouvrages, d'équipement etc.. donc de ce qui est nécessaire pour un SP.
– le contrat doit comporter la prise en charge par le partenaire privée de la construction ou de la
transformation d'ouvrage ou d'équipement nécessaire au SP.
– l'entretient, la maintenant, exploitation de l'ouvrage ou équipements nécessaire au SP.
La durée du contrat est déterminée en fonction de la durée d'amortissement des investissement ou
en fonction des modalités de financement retenues.
Les contrats de PPP sont des marchés publics.

Section 3 : la régime juridique des contrats administratifs.


Le régime juridique du contrat administratif est toujours quelque chose de délicat a explorer.
Il diffère en théorie profondément de celui des contrats civils c'est pourquoi la détermination de la
nature administrative ou privée du contrat est si importante.
Le contrat administratif n'est pas conclu contrairement au contrat de droit privé dans l'intérêt des
parties mais dans l'intérêt général. Ce qui explique que le fait qu'une personne publique n'a pas
exécuté ses obligation contractuelles ne dispense pas son cocontractant privé ou public d'exécuter
des propres obligations.
Cependant en réalité la plupart des contrats de l'administration sont exécutés tels qu'ils ont été
conclus, il y a presque toujours accord des parties pour modifier, compléter ou résoudre le lien
contractuel. C'est à dire que le plus souvent le contrat administratif est exécuté comme comme s'il
était à l'instar du contrat civil « la loi des parties ».

Paragraphe 1 : La formation du contrat administratif.


Ici parce qu'il s'agit de contrat auquel est partie une personne publique, c'est à dire une
personne qui met en oeuvre des deniers qui ne lui appartiennent pas, il va falloir appliquer certaines
règles.

A. La formation du contrat et la qualité du cocontractant.


Du côté de la personne publique, on distingue deux étapes : l'autorisation de contracter et la
décision de contracter. C'est à dire que de façon générale ces deux actes n'émanent pas de la même
autorité. L'autorisation de contracter est donnée par l'organe délibérant et la décision de contracter
c'est à dire de mettre en oeuvre l'autorisation donnée appartient à l'exécutif. Seule la décision de
contracter permet l'établissement du lien de contracter. L'absence de mise en oeuvre d'une telle
décision empêche toute naissance du lien contractuel : cette carence en cas de dommage peut
entraîner la responsabilité fautive extracontractuelle de l'administration.
L'organe délibérant peut prendre lui même la décision de contracter : l'autorité exécutive a donc
compétence liée pour contracter. Dans tous les cas l'organe délibérant doit bénéficier d'une
information complète sur l'ensemble des éléments du contrat.
La décision de contracter est souvent précédée d'une obligation de consultation et également
soumise souvent à une procédure d'approbation par l'autorité compétente. Le non respect de ces
exigences entraîne la nullité du contrat.

Le cocontractant doit avoir la capacité juridique de contracter et pour certains contrats il doit
être ressortissant de l'un des états membres de l'Union européenne.
Le principe d'intuitus personae favorise une très grande liberté de l'autorité publique dans le
choix du cocontractant , que vient combattre l'exigence de mise en concurrence.
Une jurisprudence soumettait les concessions au principe d'intuitus personae et les marchés publics
au principe de la mise en concurrence.
Le droit communautaire a bouleversé cette distinction pour les contrats excédant un certain
seuil financier : dans ce cas, une mise en concurrence communautaire, avec publicité au niveau
communautaire, est obligatoire quelle que soit la nature du contrat.
L'obligation de l'administration de respecter et d'assurer la concurrence entre les opérateurs
souhaitant contracter avec elle est très importante au stade de la conclusion du contrat comme à
celui de son renouvellement.
Ces voies de recours ont conduit à l'introduction d'une voie de recours particulière : le référé
précontractuel ( permet à une personne qui se dit lésée par la violation des règles régissant la
passation des contrats publics de solliciter du juge qu'il ordonne à la personne publique soit de se
conformer à ces règles, soit de de surprendre la conclusion ou l'exécution du contrat litigieux, soit
d'annuler toute décision d'exécution du contrat , soit d'annuler certaines clauses du contrat. Pour
cela l'intéressé doit avoir formé en vain auprès de la personne publique concernée un recours
préalable lui demandant de se conformer aux règles à respecter).

B. La diversité des procédures du choix du cocontractant.


Quand on est en présence d'une délégation du SP, l'administration a une liberté très grande
dans le choix. Seulement elle doit satisfaire aux 3 principes : liberté d'accès à la commande
publique, égalité de traitement des candidats, transparence des procédures afin de satisfaire aux
exigences de la concurrence et s'ajoute l'emploi optimal des derniers publics.
Lorsqu'on se trouve en présence d'un marché sans délégation de SP les trois principes énoncés vont
jouer. Mais le marché lui est fondé sur une procédure extrêmement réglementée. Les marché sont
normalement passés sur appel d'offres. Il existe deux sortes d'appel d'offres : l'appel d'offre ouvert
( tout candidat peut remettre une offre) et l'appel d'offre restreint ( seuls peuvent remettre des offres
les candidats autorisés). On choisit l'offre économiquement la plus avantageuse, sans négociation,
sur la base de critères objectifs.
Les marchés peuvent être aussi passés selon l'une des 6 principales procédures.
Au départ l'idée était de dire d'assurer la satisfaction de l'intérêt général en y mettant le moins
d'argent possible car la puissance publique n'est pas propriétaire de l'argent. Le problème c'est que
ce qui est bon marché fini par devenir cher. Et effectivement on s'est aperçu que le moindre prix
c'était de la mauvaise qualité.

Paragraphe 2 : les règles applicables au contrat.


Aucune forme particulière n'est exigée du contrat. Il peut être verbal ou de relations de fait
nouées entre deux parties.

A. Les règles relatives à la validité du contrat.


Il faut que le contrat soit conclu par l'autorité publique compétence c'est à dire signé par
l'autorité compétente et souvent il faut qu'il soit approuvé par l'autorité compétente qui souvent n'est
pas celle qui a signé.
Lorsque le contrat n'a pas été signé par l'autorité compétence, il n'y a pas de contrat, de lien
contractuelle. Le cocontractant de l'administration ne peut pas se prévaloir de l'existence d'un
contrat. L'administration n'est pas engage par la signature du contrat il faut que ce soit approuvé par
l'autorité compétente alors que le cocontractant est engagé dès la signature.
Il faut que le consentement des deux parties soit valide. Il n'y a point de contrat s'il n'y a pas
de consentement, si celui ci est vicié.
Il faut que le contrat est un objet qui soit à la fois déterminée et licite, un objet certain qui
forme la matière de l'engagement. Un contrat ne peut pas porter sur l'exercice des pouvoirs de
police administrative, ou sur l'exercice du pouvoir réglementaire. Il faut donc que l'objet soit
déterminé et que ce soit un des objets sur lesquels la puissance publique peut contracter.
Le contrat peut être a durée déterminée ou indéterminée mais ne peut pas être à durée
perpétuelle.
Le contrat doit reposer sur une cause qui ne doit être ni immorale, ni illicite ( contrat sans
cause est nul).

B. Le contenu du contrat.
Le contrat administratif a un contenu assez largement comparable à un contrat de droit privé.
Mais très souvent, les contrats de l'administration sont rédigés à partir de contrat type que l'on appel
le cahier des clauses administratives générales (CCAG) et cahier des clauses administratives
particulières (CCAP).
Ce que l'on appel le CCAG il est le cahier qui contient les clauses administratives générales
pour un ministère. Et le CCAP est destiné à déterminer les prescriptions administratives propres à
chaque marché.
Il y a aussi le cahier des clauses techniques générales ( CCTG) qui fixent les dispositions
applicables à toutes les prestations de même nature, et particulières ( CCTP) qui fixent les
dispositions techniques nécessaire à l'exécution des prestations prévues au marché.

Section 3 : l'exécution du contrat administratif.


S'applique en droit administratif le principe selon lequel le contrat n'a d'effet qu'entre les
parties.
C'est un contrat qui n'est pas conclu que dans l'intérêt des contractants. Voilà pourquoi lorsqu'un
contrat administratif est nul, la nullité est d'ordre publique car il dépasse les cocontractants eux
même.
La première observation c'est la question de savoir jusqu'à quel point le contrat administratif
est un contrat. Car il peut exister un certain déséquilibre entre les parties à un contrat administratif
car l'administration dispose de pouvoir qui ne se rencontre pas habituellement dans les contrats
civilistes. Les contrats administratifs doivent être exécuté de bonne foie. La mauvaise foie a en droit
administratif de très lourdes conséquences qu'en droit civiliste.
Parce que le contrat administratif est un peu la loi es parties, le juge administratif ne se
reconnaît pas le pouvoir d'annuler les mesures prises par un ou les cocontractants.
Rien n'interdit dans un contrat administratif à l'administration d'aider son cocontractant en
lui donnant des subventions même si rien n'est dit dans le contrat car elle l'aide a pérenniser le
contrat donc à satisfaire l'intérêt général.
Mais le contrat administratif est conclu dans l'intérêt général. Il doit donc être en
permanence adapté aux variations de l'intérêt général. De cette variation de l'intérêt général un seul
des contractants est le gardien, le responsable, et c'est bien sur l'administration.
Deuxième observation concerne la responsabilité contractuelle. En droit civil il y a eu
longtemps débat sur savoir si on avait raison de parler de responsabilité contractuelle. En droit
administratif on admet bien qu'il existe une responsabilité contractuelle comparable a sa mise en
oeuvre au mécanisme de la responsabilité extra contractuelle. Il y a un grand nombre de
ressemblance entre les deux. On peut rencontrer une responsabilité contractuelle pour faute et une
sans faute. La ou il y a différence c'est que dans l'extra contractuelle tout dommage est réparable dès
lors que le comportement de l'agent a entraîné un dommage. Dans le contractuel on a pas besoin de
savoir si il y a un dommage car chacun est tenu de ce qui est dit. Il peut y avoir réparation sans
dommage même.
Lorsqu'il y a concours, possibilité d'invoquer les deux responsabilités, la responsabilité
contractuelle absorbe toujours la responsabilité extra contractuelle. Il en va ainsi même lorsque la
responsabilité extracontractuelle en cause est engagée sans faute à prouver et est donc d'ordre
public.
Si tout dommage donne lieu a réparation dans la responsabilité extracontractuelle il n'en va
pas de même dans la responsabilité contractuelle.
On ne peut pas s'exonérer par contrat par avance de sa responsabilité extracontractuelle mais cela
est possible aux auteurs d'un contrat à l'égard des conséquences dommageables de leur faute simple
mais non de leur faute lourde, la faute lourde étant considérée comme un quasi dol.
Troisième observation : la théorie de l'enrichissement sans cause. Une personne s'appauvri
sans raison valable et cette appauvrissement entraîne l'enrichissement d'une autre personne. Il y a
une relation entre l'appauvri et l'enrichi. Et donc depuis longtemps on a considéré qu'il n'était pas
normal que quelqu'un s'enrichisse au détriment d'autrui. On va reconnaître à l'appauvri un droit
d'action contre l'enrichi, action in rem verso, par laquelle il va réclamer la réparation. Dans l'action
d'enrichissement sans cause l'appauvri n'a pas le droit à une somme équivalente à son
appauvrissement, mais à une somme équivalente à l'enrichissement.

Paragraphe 2 : Les pouvoirs de l'administration contractante.


C'est ici que le contrat administratif peut théoriquement s'éloigner le plus du schéma civiliste
du contrat car le contrat est conclu dans l'intérêt général et qu'il n'y a qu'une partie contractante qui
sait ce qui est bon. Cependant en pratique, la plupart des contrats administratifs sont exécutés tels
qu'ils ont été conclus.
L'administration cocontractante a des pouvoirs sur la manière dont le contrat doit être
exécuté et sur la manière.

A. Les pouvoirs de l'administration sur les modalités d'exécution du contrat.


L'administration a le pouvoir d'exiger que son cocontractant exécute personnellement le
contrat. Car elle va dire soit le contrat est passé intuitus personae soit c'est un marché public.
Arrêt Société des téléphériques du Mont Blanc, 1991.
L'administration a un pouvoir de direction et de contrôle sur son cocontractant. C'est à dire
que pendant que le cocontractant va exécuter le contrat, l'administration va se comporter comme si
elle était le supérieure hiérarchique de son cocontractant. Elle va donner des ordres de servie à son
cocontractant.
L'administration dispose du pouvoir de modification unilatérale du contrat. Arrêt du 21 mars
1910, Compagnie générale française de Tramway.
Ce pouvoir ne peut s'exercer que sur certaines clauses du contrat ( celles qui intéressent le SP et ses
besoins), il ne peut être utilisé que de manière modérée. Et enfin c'est à la condition capitale que le
surcoût engendré par la modification unilatérale doit être compenser par la personne publique.
Enfin l'administration à le pouvoir de sanctionner les manquements de son cocontractant. Ici
il faut parler de l'arrêt DEPLANQUE du 31 mai 1907 : l'administration peut recourir à ce pouvoir
de sanction même quand le contrat ne le prévoit pas.
Quand le contrat prévoit un tel pouvoir de sanction, l'administration peut recourir à d'autres
sanctions que celles prévues.

B. Les pouvoirs de l'administration sur la durée du contrat.


C'est essentiellement la résiliation. La résiliation unilatérale est un pouvoir exorbitant de
l'administration.
D'abord elle peut résilier le contrat pour sanctionner son cocontractant en raison de
manquement à ses obligations.
Elle peut aussi le résilier car elle considère que tel qu'il est il ne permet plus de satisfaire
l'intérêt général.
La résiliation unilatérale n'a pas a être motivée. Elle doit indemniser intégralement son
cocontractant.
L'administration peut résilier le contrat pour inexécution non fautive de la part du
cocontractant. L'administration constate qu'il n'y a pas faute de son cocontractant mais celui ci est
mis de fait ou de droit hors d'état de poursuivre ses obligations contractuelles.
Enfin le cas de la force majeure, la survenance de situation de force majeure rendant
impossible la poursuite de l'exécution du contrat met un terme à la poursuite du contrat.
L'événement doit être irrésistible, extérieure à la volonté ou au comportement des parties et
imprévisible.

Paragraphe 3 : les obligations de l'administration contractante.


L'obligation fondamentale se résulte en une obligation financière à savoir que
l'administration a l'obligation de s'assurer du juste paiement des prestations de son cocontractant.
Elle doit en effet d'une part rémunérer ou permettre la rémunération de son cocontractant et veiller
au maintient de l'équilibre financier.

A. L'obligation de rémunération du cocontractant.


Il existe une grande différence selon que le contrat est une délégation de SP ou pas.
S'il est une délégation de SP, une part importante de la rémunération du cocontractant consiste dans
la perception de redevances sur les usagers du SP. L'administration doit s'assurer que le montant
tarifaire est correct en tant qu'il est un correct paiement du service rendu à l'usager et qu'il permet un
juste paiement du concessionnaire. Et elle doit veiller que les variations sont bien conformes.
Dans le marché et toutes les autres formes non délégation du SP, la rémunération du
cocontractant consiste dans le versement d'un prix de l'administration.

B. L'obligation d'indemnisation du cocontractant.


Quand cela est nécessaire pour le maintient, l'équilibre financier du contrat. Il faut faire état
ici de deux systèmes.
En droit privé le cocontractant c'est engagé, il n'est pas dans une situation de force majeure
mais il a mal calculé son coût.
En droit administratif, l'obligation de l'adminsitration d'indemniser son cocontractant est la
contre partie du droit à l'équilibre
Deux grandes théories sont ici en jeu: la première concerne le contrat devient plus onéreux
pour le cocontractant en raison d'une situation nouvelle née de la volonté de l'administration ou
l'obligation d'indemniser résultant de faits extérieurs à l'autorité administrative contractante, la
théorie de l'imprévision.

Une nouvelle situation créée par l'autorité administrative contractante :


L'administration doit l'indemniser. Cette obligation joue dans deux hypothèses :
– la théorie des travaux supplémentaires ou des sujétions imprévues : met à la charge de l'autorité
publique cocontractante les travaux supplémentaires découlant de l'exécution du contrat.
– La théorie du fait du prince : L'administration a pris elle même une décision qui renchérie le
coût du contrat. Cette théorie oblige l'administration a indemniser intégralement le cocontractant
du sur coût provoqué. Ou la décision qui aggrave les conditions du contrat ne concerne que le
cocontractant ou bien la décision de l'administration contractante est générale, elle ne vise pas
plus son cocontractant qu'un autre mais elle affecte un élément essentiel du contrat. Dans ce cas
s'applique la théorie du fait du prince. Bien que cette théorie soit une responsabilité sans faute à
prouver elle n'est pas d'ordre public.

La théorie de l'imprévision :
Elle figure sans doute pour la première fois dans un arrêt de 1905, Ville de Paris c'est
cependant le célèbre arrêt du 30 mars 1916, Compagnie générale d'éclairage de Bordeaux qui a fait
la théorie générale de l'imprévision. Il y a imprévision lorsque trois conditions sont cumulativement
réunies :
– l'événement qualifié d'imprévisible dépasse tout ce qui avait pu être raisonnablement prévue.
– Il faut que ces circonstances soient extérieurs au cocontractant.
– Il faut que cette série de circonstances imprévisibles est entraînée un bouleversement complet
du contrat et pas seulement des modifications de celui ci.
Dans ces trois cas l'administration est obligée de voler au secours de son cocontractant en lui
versant une indemnité pour charges exceptionnelles liées à l'imprévision. Pour calculer cette
indemnité on va d'abord déterminer la durée de la période pendant laquelle s'exercent les effets
perturbateurs de la situation d'imprévision, on va calculer ensuite la charge extracontractuelle
( surcoût financier résultant des événements imprévus), et enfin on opère a un partage de la charge
extracontractuelle entre les cocontractants.
Dans un arrêt du 1932, Compagnie des tramways de Cherbourg : expose les limites du
régime issue de la théorie de l'imprévision pour qu'il soit justifié au regard des nécessités de l'intérêt
général et de sa continuité.

Le 12/03/10

Chapitre 3 : La juridiction administrative. ( p239)


Le contrôle de l'action administrative se fait par la juridiction administrative. Cette
juridiction joue un rôle doublement essentiel. D'abord comme toutes les juridictions elle tranche les
litiges contentieux. Puis, elle joue une rôle majeure dans la formation et la mise en oeuvre du droit
administratif.

Section 1 : L'organisation de la juridiction administrative.

Paragraphe 1: La notion de juridiction administrative.


A. La notion de juridiction.
À quoi se reconnaît une juridiction ? Ou bien il existe une qualification légale de la nature
juridique de l'organisme en cause, ou bien il n'en existe pas. Il faut donc recourir aux critères
jurisprudentiels quand il n'en existe pas. Le juge combine dans un critère principal d'ordre matériel
avec un critère utilisé à titre supplétif, le critère formel.

1- Le critère matériel, critère principal.


L'organisme qui est habilité a trancher des litiges avec force de vérité légale est
juridictionnel. Cette habilitation résulte soit d'un texte soit des principes qui régissent cet organisme.
Il faut que les actes de cet organismes possèdent une certaine autorité ( s'imposent aux individus
concernés avec une force objective et incontestée), et il faut que cet organisme soit habilité à
trancher des litiges ( c'est à dire décider entre des prétentions contradictoires), et il doit se trouver en
présence d'une contestation.

2-Le critère formel, critère supplétif.


En utilisant ce critère le juge va préciser les résultats obtenus par l'application du critère
matériel, quand ce dernier n'a pas permis une réponse nette à la question de la nature
éventuellement juridictionnelle d'un organisme. Seront donc examiné la composition de celui ci, la
qualité des magistrats, ses modes de saisines, ses règles de fonctionnement etc..

B. La détermination du caractère administratif d'une juridiction.


Il faut savoir de quel ordre de juridiction l'acte en cause relève. En principe est judiciaire le
juridiction qui relève, en dernier ressort du contrôle de la Cour de Cassation. Est donc
administrative celle qui relève du conseil d'état. Quand le droit est muet, il faut se demander quelle
est la nature d'une juridiction pour savoir de quelle juridiction suprême elle relève ( il faut donc
regarder la nature des litiges, la composition de la juridiction).

C. La création des juridictions administratives.


Le législateur n'est compétent que pour la création de nouveaux ordres de juridiction, le
pouvoir réglementaire étant lui compétent pour la création de toute nouvelle juridiction. Est un
nouvel ordre de juridiction selon le conseil constitutionnel et le CE, toute juridiction suffisamment
nouvelle ou qui fait l'objet d'une nouvelle organisation.

Paragraphe 2 : Les divers juridictions administratives.

A. Les tribunaux administratifs, juridiction de droit commun du premier degré.

1-L'organisation des tribunaux administratifs.


Il en existe 41. Il y a un président à leur tête, assisté de vices présidents, et comportant un
nombre variable de chambre chacune composée de 3 juges. En formation plénière tous les membres
du tribunal siègent. Il y a un greffe pour la marche des dossiers et la gestion du tribunal.

2-Les attributions des tribunaux administratifs.


Elles sont de 3 sortes:
– ils ont des attributions contentieuses. Ce sont les plus importantes. Tout litige administratif leur
revient sauf dispositions contraires expresse. Sont soumis par voie d'appel aux cours
administratives d'appel. Exceptionnellement relève du CE par voir d'appel ou par voie de
cassation. Décision sont des jugements. Exerce aussi mission de conciliation, sur demande des
intéressés, soit entre administrations, soit entre administration et personne privée.
– Se rencontrent les attributions administratives ( de nombreuses missions administratives sont
confiées au membre de ces tribunaux comme la présidence d'organisme par exemple).
– Des attributions consultatives : ils peuvent être consultés en formation collégiale par les préfets
des départements sur toute question administrative et rendent un avis qui n'est pas public.

3-Le personnel des tribunaux administratifs.


700 membres portent le titre de conseillers. Le recrutement se fait par le moyen de l'école
nationale d'administration. Un tour extérieur hors ENA est organisé pour recruter une partes des
conseillers de deuxième et de première classes. Sont institués aussi les recrutements spéciaux sur
titre et/ou sur épreuves. L'avancement d'échelons s'opère à l'ancienneté et l'avancement de grade a
lieu au choix. Inamovibilité.

B. Les cours administratives d'appel, juridiction administrative de droit commun du


deuxième degré.

1-L'organisation des cours administratives d'appel.


Il existe 8 CA. Leur ressort territoriale est assez vaste. Un président membre du CE est placé
à la tête de chaque cour et il est assisté de vices présidents. Chaque chambre comprend 5 membres,
La formation plénière 7.

2-Les attributions des cours administratives d'appel.


Il existe deux catégories d'attributions :
– Les attributions contentieuses : elles sont juges d'appel de la plupart des jugements rendus par
les tribunaux administratifs. Leurs décisions sont des arrêts soumis au contrôle du CE.
– Les attributions administratives et consultatives : dans ces matières les cours ont les mêmes
attributions que les tribunaux administratifs mais elles ne peuvent être saisi que par les préfets
de région agissant en cette qualité.

3-Le personne des cours administratives d'appel.


250 juges environ soumis au même règle que le personnel des tribunaux administratifs avec
lequel il forme un corps unique. Un greffe par cour qui exerce les même attributions que les greffes
des tribunaux administratifs.

C. Le Conseil d'Etat, juridiction administrative de cassation de droit commun.

1-L'organisation du CE.
À la tête du CE il y a un vice président qui est le véritable chef du conseil. Le premier
ministre ne préside pas le conseil d'état mais peut présider son assemblée générale. Le vice
président du CE est assisté d'un bureau, 7 présidents de section et d'un secrétaire général. Il est
divisé en 7 sections :
– Les six sections administratives : exercent les fonctions administratives du Conseil. 4 d'entre
elles sont spécialisées ( travaux publics, finance et sociale) et disposent d'importantes
attributions consultatives. / La section de l'administration./La section du rapport et des études :
est chargé de rédiger le rapport annuel du conseil d'état au président de la république.
– La section du contentieux : est chargée d'exercer la justice administrative. Elle comprend dis
sous section non spécialisées qui ont chacune un rôle d'instruction et de jugement des dossiers
confiés. Les décisions sont rendues normalement, par une seule sous section, ou deux sous
sections réunies. Lorsque l'enjeu des décisions est plus important, elles sont rendues par la
section du contentieux en formation de jugement qui est composé de 15 membres de la section
du contentieux en tant que subdivision du CE. Les décisions les plus solennelles et les plus
fondamentales émanent de l'assemblée du contentieux, dont les 17 membres, y compris le vice
président du CE appartiennent.
La dualité fonctionnelle du CE, c'est à dire l'accomplissement de taches contentieuses et de taches
d'administration, était menacée par la conception que se fait la Cour européenne des droits de
l'homme de l'impartialité objective ou apparente d'une juridiction ( CEDH, 1995, PROCOLA
c/LUXEMBOURG. Puis 2003, KLEYN et autre c/Pays-Bas).

2-Les attributions du CE.


Elles sont de trois ordres : administratives, hiérarchiques et contentieuses.
Les attributions consultatives sont exercées par les sections administratives du conseil d'état. Elles
répondent aux demandes d'avis juridiques formulées par le Gouvernement, elle sont appelées à
préparer des projets ( de lois, d'ordonnances et de décrets), ou a donner leur sentiment sur la
régularité ou l'irrégularité juridique de tels projets, ou sur les incidences juridiques qu'est
susceptible d'avoir l'adoption d'un texte. Ces demandes d'avis sont tantôt facultatives, tantôt
obligatoires, tantôt assortie d'une obligation pour le gouvernement de se conformer strictement à
l'avis rendu par le conseil d'état. Le CE est également consulté sur les conventions internationales
que la France s'apprête à négocier, à signer, à modifier ou à ratifier. Cette fonction – trop méconnue
du public- prend à l'heure actuelle une importance quantitative est qualitative croissante.
Le CE est le régulateur suprême de la justice administrative ( Arrêt 1999, Société coopérative
agricole de BRIENON).

3-Le personnel du CE.


Environ 300 membres. Il se recrute normalement par la voie de l'ENA. Le tour extérieur
pourvoit à un quart des emplois de maître des requêtes et à un tiers de ceux de conseillers d'état.
L'avancement a lieu exclusivement à l'ancienneté.

D. Les juridictions administratives spécialisées.

1-Les juridictions administratives spécialisées qui relèvent du CE par la voir d'appel.


On rencontre surtout le conseil des prises qui statue sur la validité de toute prise maritime,
dont les décisions sont jugées en appel par le conseil d'état selon les modalités de la justice retenue.

2-Les juridictions administratives spécialisées qui relèvent du CE par la voie de cassation.


Ce sont les plus nombreuses. Tel est le cas de la cour des comptes, de la cour de discipline
budgétaire et financière, conseil supérieur de la magistrature, conseils nationaux des divers ordres
professionnels statuant comme conseils de discipline.

Paragraphe 3 : Le partage des compétences à l'intérieur de l'ordre juridictionnel administratif.


Les règles de répartition de compétence entre ces juridictions sont de nature réglementaire.

A. L'étendue de la compétence des tribunaux administratifs.

1-La compétence matérielle des tribunaux administratifs.


Il faut faire une distinction selon que les litiges sont jugés, comme cela est normalement la
règle, en formation collégiale, ou par dérogation à juge unique. Cette deuxième hypothèse,
normalement exceptionnelle, a tendance à devenir la règle dans un souci d'accélération du jugement
des litiges et de désencombrement des tribunaux.
– Sont jugés à juge unique les litiges relatifs:
au permis de conduire, aux impôts locaux autre que la taxe professionnelle, aux actions
indemnitaires lorsque le montant des indemnités demandées dans la requête introductive d'instance
est inférieur à 10 000 euros, aux édifices menaçant ruine etc...

2-La compétence territoriale des TA.


Le principe : la compétence juridictionnelle est déterminée par le siège de l'autorité qui a
pris l'acte ou passé le contrat litigieux.
Mais il y a des exceptions à ce principe. Le tribunal administratif territorialement compétent
est en matière d'expropriation, d'urbanisme, de domaine public, celui du lieu de situation des biens
objets de la mesure contestée par exemple ou de pension, celui du lieu d'assignation de la pension,
ou de la résidence du demandeur lors de l'introduction du recours.

B. L'étendue de la compétence des CAA.


Elles sont compétentes pour connaître de tous les appels dirigés contre les jugements rendus
par des tribunaux administratifs sauf d'une part ceux relatif aux élections locales et ceux concernant
les recours directs en appréciation de légalité, et ceux rendus en premier et derniers ressort dans
certaines matières.

Le 17/03/10

C. L'étendue de la compétence du Conseil D'Etat.

Le CE a 4 fonctions :
– il a d'abord une première fonction c'est que lorsqu'une juridiction est saisie d'une question de
droit nouvelle qui compte tenue de ce qu'elle est va se poser dans un grand nombre de litige et
qui soulève des difficultés sérieuses. Dans ce cas la juridiction peut saisir le CE pour lui
demander de trancher la question : c'est ce qu'on appel les avis contentieux ( avis dans le cadre
d'un procès). Cette question est apparue dans la loi du 31 décembre 1987 mais elle était connue
dans l'empire romaine déjà.
– Le CE est appelé à résoudre les contrariétés de décisions à l'intérieure de l'ordre administratif.
Par exemple lorsqu'il y a contrariété entre deux décisions du CE. Ou bien il y a contrariété entre
une CA et le CE, ou le TA et le CE.
– La connexité c'est la situation ou deux juridictions dont chacune sont saisies d'un litige différent,
mais la solution a donné à l'une des affaires va dépendre de la réponse donnée à l'autre affaire.
Dans ce cas le CE règle la question
– Il y a l'hypothèse dans laquelle une juridiction administrative s'estime incompétente pour
connaître parce que c'est une autre juridiction administrative qui l'est. Dans tous ces cas la
juridiction doit saisir le CE qui décide. Ou la juridiction administrative saisie estime que la
requête est manifestement irrecevable ou qu'il n'y a pas lieu de statuer, dans ce cas la juridiction
saisie va rejeter immédiatement la requête pour irrecevabilité et elle va la rejeter alors même
qu'elle eu été incompétente pour sa prononcer.

Section 2 : la répartition des compétences entre les deux ordres de juridictions.


Il y a deux ordres de juridiction et la question se pose souvent de savoir si on doit aller
devant le juge judiciaire ou le juge administratif.

Dans une décision Conseil de la Concurrence, 23 janvier 1987, selon le Conseil


constitutionnel il y a 3 catégories de matières : celles qui relèvent par nature du juge judiciaire. Ces
matière relèvent du juge judiciaire en vertu de la Constitution. Ensuite le Conseil dit qu'il y a des
matières qui sont réservées par la constitution au juge administratif : «c'est tout ce qui concerne
l'annulation ou la réformation des décisions prévue dans l'exercice de prérogatives de puissances
publiques par les autorités exerçant le pouvoir exécutif, leurs agents, les collectivités territoriales de
la République ou leurs organismes publics placés sous leur autorité ou leur contrôle». Et enfin, en
vertu de la Constitution il y a les autres matières, c'est à dire qui ne sont pas dans les blocs et celles
là relèvent du domaine de la loi, ce qui signifie que le législateur est compétent que de ce qui n'est
pas dans les blocs.
Le Conseil Constitutionnel, dit que le législateur peut intervenir dans le bloc constitutionnel
pour les matières qui sont à cheval entre les deux blocs.

Paragraphe 1 : La délimitation de la compétence du juge administratif en matière administrative.


Il arrive que dans certaines matières la loi indique expressément que le juge administratif est
compétent. Dans ce cas il n'y a pas de difficulté, le juge administratif est compétent par
détermination de la loi. Mais dans la majorité des cas la loi est muette. Comment le CE peut-il
déterminer qu'une matière relève du juge judiciaire ou du juge administratif ?
Le CE a donc certaines critères.
Pendant longtemps la doctrine a cherché un critère permettait de déterminer le champ
d'application du droit administratif et donc par suite la compétence du juge administratif. A partir
de l'arrêt BLANCO on disait que quand il y a SP c'était la compétence du juge administratif. Puis
après on s'est arrêté au critère de la puissance publique qui met l'accent sur l'utilisation de
prérogatives exorbitantes du droit commune. Ce dernier critère paraît être le seul qui soit du rang
Constitutionnel.

A. Le principe : compétence du juge administratif en matière administrative.


L'activité administrative relève de la compétence du juge administratif. L'activité
administratif est l'activité menée par les personnes publiques ( Etat, collectivités d'outre mer,
régions, départements etc ... ).
Il existe deux séries de distorsions à ce principe :
– le juge administratif est également compétent à l'égard de certaines personnes privées soit parce
qu'un texte l'a dit.
– Ou en vertu de la jurisprudence. Certaines activités de personnes privées peuvent constituer une
activité administrative et relever du droit et du juge administratif à la double condition que ces
personnes gèrent un SP et qu'elles aient été dotées à cette fin de prérogatives de puissances
publiques.

Le juge administratif est complètement incompétent pour :


– activité administratives des états étrangers.
– Contentieux des actes de gouvernement.
– En matière de contentieux de constitutionnalité des lois.
– Pour toutes les matières dans lesquelles le Conseil Constitutionnel est compétent.

L'incompétence du juge administratif est partielle pour :


– les actes administratifs relatifs aux traités internationaux de la France.
– Il n'est pas juge d'une partie des activités françaises à l'étranger: il n'est pas juge des activités
menées par les agents français à l'étranger, des activités menées par des agents, même français,
ayant une double compétence lorsqu'ils agissent en tant qu'autorité étrangère, Des actes non
détachables de la conduite des relations internationales.
– Des litiges relatifs au SP de la justice judiciaire. En tant que SP administratif, la justice
judiciaire devrait relever de la compétence du juge administratif tandis que le principe de
séparation des pouvoirs des deux ordres juridiques conduit lui à exclure la compétence du juge
administratif. Une décision du TC du 27 novembre 1952, Préfet de la Guyane, range les litiges
concernés en deux catégories : l'organisation du SP de la justice judiciaire et le fonctionnement
de celui ci. Le juge administratif connait des litiges relatifs à l'organisation de la justice
judiciaire et pour tout ce qui touche au fonctionnement même de la justice judiciaire c'est à dire
l'acte juridictionnel lui même, échappe au juge administratif y compris les actes préparatoires
aux décisions de justice ainsi que la plupart des actes d'exécution de ces décisions.
Cependant le juge administratif retrouve sa compétence dans 3 hypothèses : les litiges relatifs au
refus de concours de la force publique pour assurer l'exécution d'une décision de justice , litiges
relatifs au fonctionnement administratif du service pénitentiaire, les actions en responsabilité
sans faute dirigées contre l'état du chef du fonctionnement défectueux de la justice judiciaire.

Paragraphe 2 : La délimitation de la compétence du juge judiciaire en matière administrative.

Tantôt il est compétent parce que la loi lui a accordé. Tantôt la compétence est le résultat de
la jurisprudence.

A. La compétence judiciaire par détermination légale.


– Relève tout le contentieux des impôts indirects, des droits de douanes et d'enregistrement.
– Le contentieux de toute nature soulevé par les dommages causés par un véhicule quelconque.
– Les dommages causés aux élèves et par les élèves.
– Les brevets d'invention
– le contentieux en matière de sécurité sociale.

B. La compétence judiciaire par suite de la jurisprudence.


Litiges relatifs à l'état civil et capacité des personnes publiques:
Le juge administratif retrouve sa compétence dans de rares cas :
– Changement de nom des communes, départements et régions
– litige relatifs aux libertés des individus et aux droits de propriété.
– Naturalisation et refus de naturalisation.
– Nationalité des personnes morales.
– Refus du garde des Sceaux d'inscrire un titre de noblesse sur le registre du Sceau de France.

Les libertés de l'individu et le droit de propriété :


Car l'on fonde cette dernière sur l'article 66 de la constitution ( CC, 9 juillet 1986, Ville de Paris).
Deux grandes théories sont issues de cette conception : il s'agit de l'emprise irrégulière et de la voie
de fait.
L'emprise irrégulière est réalisée lorsque trois conditions sont remplies :
– l'administration doit avoir elle même dépossédé un particulier ou l'avoir laissé déposséder par un
tiers. Ensuite ou bien l'emprise est régulière ( repose sur un titre légale) donc ça relève du juge
administratif.
– Ou bien cette dépossession doit être intervenue de manière irrégulière. Dans ce cas la
détermination du caractère régulier et irrégulier de l'emprise relève de la seule compétence du
juge administratif en revanche le juge judiciaire est seul compétent pour connaître des
conséquences du caractère irrégulier de l'emprise ( : arrêt du TC, 17 mars 1949 Société
Immobilière RIVOLI-SEBASTOPOL).
– La dépossession doit porter sur un bien immobilier.
La voie de fait existe si deux conditions sont remplies:
– l'action considérée doit être entachée d'une irrégularité grave. Il faut que ce soit une espèce de
flagrant délit administratif. Quand on parle de cette irrégularité on évoque 3 possibilités : soit la
décision est gravement irrégulière, soit de l'exécution irrégulière d'un acte administratif régulier,
soit d'une double irrégularité, de l'acte et de sa mise en oeuvre.
– L'action irrégulière porte atteinte soit à une liberté fondamentale, soit au droit propriété.
En raison de sa gravité la voie de fait peut être constatée indifféremment par le juge judiciaire et le
juge administratif mais seul le juge judiciaire est compétent pour en apprécier les conséquences.
Le CE a essayé de faire disparaître la théorie de la voie de fait.

Les actes détachables :


Juge judiciaire est compétent pour connaître des litiges relatifs à des actes détachables d'un acte
principal qui relève du droit public, ainsi que de l'acte d'une personne privée détachable d'un contrat
administratif.

Le 24/03/10

C. La compétence du juge judiciaire pour connaître des opérations à gestion privée du


l'Administration.
Lorsque l'administration se comporte comme tout le monde elle est soumise au droit de tout
le monde ( = ROMIEU, conclusion 6 février 1903, TERRIER). C'est pourquoi les activités de
l'administration dites privée relèvent souvent du droit privé et du juge judiciaire. Il en va ainsi de :

1-La gestion du domaine privé.


Les litiges relatifs à la gestion du domaine privé, aux dommages causés par le domaine privé ou par
son exploitation, à ses contrats et à la responsabilité qui en découle, comme au actes unilatéraux non
détachables d'une procédure judiciaire, relèvent du juge judiciaire.

2-Les SPIC.
La compétence de principe est celle du juge judiciaire.

3-Les contrats de droit privé des personnes publiques.


Normalement ces litiges relèvent du juge judiciaire.

Section 3 : Conflit de compétence et questions préjudicielles.

Paragraphe 1 : Les conflits de compétence entre les deux ordres de juridiction.

A. Le Tribunal des conflits.


Le TC a d'abord été créé par la constitution de 1848 puis a disparu avec le second Empire. Il
a été rétabli par la loi du 24 mai 1872, il est aujourd'hui régi par le règlement d'administration
publique du 26 octobre 1849, le loi du 4 février 1850 et le décret du 25 juillet 1960.
Le TC se compose de 3 conseillers d'état et de 3 conseillers à la Cour de cassation, et en
principe les 6 conseillers élus désignent deux autres membres. Ces conseillers sont élus par leurs
pairs pour 3 ans. Le TC est présidé théoriquement par le garde des sceaux.
Ministère public et les rapporteurs sont pris, à pars égales, parmi les maîtres des requêtes au
CE et parmi les avocats généraux de la Cour de Cassation. Le quorum pour délibérer valablement
est de 5.
Il faut faire attention de ne pas se laisser abuser par l'apparence.. Enfaite, même si le rôle du
TC semble modeste ( il se borne a indiquer la juridiction compétente), son rôle est capital dans un
certains nombre d'affaire,il oriente décisivement la jurisprudence (C'est lui qui a inventé le SPIC
par exemple).

1-Les divers types de conflits.

-Le conflit positif :


Ce conflit suppose qu'une affaire est devant le juge judiciaire et le préfet demande au juge de
se déclarer incompétent. Devant le refus de la juridiction judiciaire le préfet fait saisir le TC.
Un déclinatoire de compétence est pris par le préfet pour inviter à se dessaisir du dossier. Ce
déclinatoire s'adresse au ministère public placé auprès de ladite juridiction avant qu'elle n'est rendue
une décision définitive sur le fond ou sur la compétence et ce à peine d'irrecevabilité du
déclinatoire. Soit dans les 15 jours, Le tribunal judiciaire se déclare compétente, c'est à dire rejette
le déclinatoire du préfet, le tribunal n'a pas le droit de rejeter et donc en conséquences de statuer en
même temps. Il doit simplement rejeter. Le préfet dispose alors de 15 jours soit pour renoncer à sa
position, soit il persiste et signe et dans ce cas il prend un arrêté de conflit. Cet arrêté à deux effets :
saisi du TC, et empêche la juridiction judiciaire de statuer. Le TC a alors 3 mois pour décider et s'il
n'a pas statuer à l'expiration d'un mois après le délais de 3 mois, l'affaire se poursuit devant la
juridiction précédemment saisi. Le TC soit confirme l'arrêté de conflit, ou bien il annule l'arrêté (le
préfet avait tors le juge judiciaire était compétente).
Le conflit peut être relevé par le préfet devant toutes les juridictions civiles du premier degré
ou d'appel. En revanche le conflit ne peut pas être relevé devant la Cour de Cassation car elle n'est
pas un 3ème degré de juridiction.
Pour les juridictions répressives, l'élévation du conflit est impossible en matière criminelle.
Mais si la victime et les ayant droits ont formulé une action civile alors l'élévation du conflit est
possible.
En matière correctionnelle ou de police, l'élévation du conflit est toujours possible sur
l'action civile. Mais sur l'action publique c'est impossible sauf lorsque la répression du délit est
confiée par la loi à l'autorité administrative ou en cas d'existence d'une question préjudicielle qu'une
loi réserve à la connaissance du juge administratif.
Pas d'élévation possible, même sur l'action civile, quand est en cause la liberté individuelle
ou l'inviolabilité du domicile.

– Le conflit négatif.
C'est la double déclaration d'incompétence. Deux juridictions appartenant à un ordre
différent se déclarent successivement incompétente pour connaître d'un litige au motif que c'est
l'autre ordre juridictionnel qui est compétent.
L'institution du renvoi a éliminé un grand nombre de cas de conflit négatif.
En 1960 on a créé le renvoi au TC. Il y a deux sortes de renvoies :
– l'obligatoire: lorsque une juridiction appartenant à un ordre, s'estime incompétente pour
connaître d'un litige, alors si les juridictions de l'autre ordre c'est déjà déclarée incompétente,
elle a l'obligation de renvoyer l'affaire au TC afin de trancher.
– facultatif : il ne concerne que la Cour de Cassation et le CE. Lorsque l'une ou l'autre de ces
juridictions suprême estime que l'affaire dont elle est saisie soulève une difficulté sérieuse de
compétence, elle peut saisir le TC ( mais c'est pas obligé).

- Le conflit de décision au fond:


c'est l'hypothèse ou il n'y a pas de débat sur la compétence. Toutefois le rapprochement de
deux décisions, émanant de deux juridictions différentes, fait apparaître une contradiction soit sur la
manière d'appréhender les faits, soit sur le droit applicable. En d'autres termes, le justiciables ne
reçoit pas de réponse à sa question.
Loi du 20 avril 1932 a décidé que quand il y a vraiment déni de justice et bien c'est le TC qui
tranche lui même au fond le litige.

Paragraphe 2 : Les question préjudicielles.


Lorsqu'une juridiction saisie a besoin, pour pouvoir statuer au fond, de voir trancher une
question, deux cas peuvent se présenter. La question relève de la juridiction saisie il s'agit alors
d'une question préalable à laquelle il suffira de résoudre avant de passer à l'examen du litige
principal. Soit la question relève de la compétence d'une juridiction de l'autre ordre, ou d'une
juridiction non française, cette question est alors dite préjudicielle.

A. L'existence d'une question préjudicielle.


Il faut qu'il y est une véritable question c'est à dire une difficulté réelle soulevée par les
parties ou spontanément reconnue par le juge, et de nature à faire naître un doute dans un esprit
éclairé. Il faut que la réponse à la question soit indispensable à la solution du litige. En présence
d'une telle question le juge sursoie à statuer et les parties doivent aller devant la juridiction
compétente.

B. Les question préjudicielles devant le juge administratif.


Devant le juge administratif la question est toujours préjudicielle : le juge administratif doit
toujours renvoyer devant au juge judiciaire quelles que soient la forme ou la nature de la question
qui lui est posée.

C. La question préjudicielle devant le juge judiciaire.


Deux types de questions peuvent se poser : la première consiste à interpréter une décision,
l'autre à apprécier la légalité de la décision. Interpréter une décision de l'administration n'est pas un
problème car le juge judiciaire fait tous les jours de l'interprétation. Le juge judiciaire peut toujours
interpréter les actes réglementaire car par leur généralité ils s'apparentent à une loi ( : Arrêt TC
SEPTFONDS).

1- L'interprétation des actes administratifs.


S'agissant des actes individuels, leurs interprétation est toujours possible par le juge
répressif. En revanche, elle est toujours interdite au juge civil. Le juge civil n'a une compétence
pour interpréter les actes administratifs individuel que dans deux cas : lorsque l'acte est relatif à une
matière ou un litige qui relève du juge judiciaire en verte des dispositions légales expresses. Le juge
judiciaire retrouve compétence en matière d'interprétation des actes individuel lorsque l'acte
administratif a interpréter est clair. Car ce qui est clair est clair donc n'a pas besoin d'interprétation.

2- L'appréciation de la légalité des actes administratifs.


La solution est plus restrictive en matière d'appréciation de la légalité d'un acte.
L'appréciation de la légalité d'un acte administratif réglementaire est toujours possible pour le juge
répressif, impossible pour le juge civil en application pour les deux cas d'un arrêt TC, 1951,
AVRANCHES ET DESMARETS. Mais pour le juge civil exception : lorsque l'acte réglementaire
est relatif à l'inviolabilité du domicile, à la liberté individuelle ou au droit de propriété : arrêt
BARINSTEIN, 1947.
Lorsqu'il s'agit d'apprécier la légalité d'un acte individuel le juge répressif est toujours
compétent, cette appréciation est impossible pour le juge civil. Il n'y a qu'une seule exception pour
le juge civil en matière de fiscalité indirecte.

3- La controverse sur la compétence du juge administratif en matière d'exception d'inventionnalité


des actes administratifs.
Ces solutions pendant longtemps ont été traité de la même façon par la Cour de Cassation.
C'est à dire que les exceptions d'illégalité et les exceptions d'inconventionnalité soulevées devant le
juge judiciaire à l'encontre des actes administratifs sont traitées identiquement, c'est à dire de
déclarer ce juge incompétent pour en connaître.
Depuis une 15aine d'année, toutes les chambres de la Cour de cassation ( sauf la criminelle), ont
complètement renversé cette jurisprudence. Elles se déclarent tour à tour compétente pour connaître
d'exceptions d'inconventionnalité soulevées à l'encontre d'actes administratif.

Chapitre 2 : Le recours devant le juge administratif.


Section 1 : La procédure devant le juge administratif.
Alors que devant le juge judiciaire on fait une action en justice, le juge administratif lui est
saisi d'une requête.

Paragraphe 1 : La demande devant le juge administratif.


La demande doit être portée devant la juridiction compétente. Après, la première question
est de savoir si vous êtes recevable ? La requête est -elle recevable ? La recevabilité en matière de
recours pour excès de pouvoir s'apprécie au joue ou l'intéressé saisi le jour, alors qu'en plein
contentieux elle s'apprécie le jour ou le juge statut.
Ensuite, il faut faire une série de remarque de vocabulaire : il y a trois expressions :
demande préalable, décision préalable et recours préalable.
– La demande préalable cela veut dire que l'intéressé n'a pas de décision, il veut faire exister une
décision. Il va donc former une demande qui sera préalable à la décision que l'administration
prendra.
– La décision préalable est la décision prise par l'administration soit spontanément soit à la suite
d'une demande préalable. Pourquoi la décision est-elle à son tour préalable ? Car elle est
préalable au recours juridictionnel.
– Le recours préalable. Ici on a une décision de l'administration, cette décision ne me convient
pas, on peut saisir le juge, mais on peut aussi entre la décision et la saisine revenir devant
l'administration pour qu'elle revoit tout ou partie de la décision préalable. Le recours est dit
préalable car il est préalable à la saisine de la juridiction.

A. La notion de décision préalable.


On ne peut aller contester devant le juge administratif que si on dispose d'une décision de
l'administration. Il n'y a qu'une matière ou il y a dispense de décision préalable c'est en matière de
travaux publics.
Quel est l'intérêt de cette décision préalable ? Peu d'intérêt dans le contentieux de
l'annulation ( pour excès de pouvoir). En revanche pour le contentieux de pleine juridiction, il arrive
souvent qu'une telle décision n'existe pas: il faut en provoquer l'existence et c'est en ce cas que la
règle de la décision préalable présente tout son intérêt.
À l'origine le juge n'avait aucune obligation. Mais très vite il a imposé la règle de la décision
préalable car il a estimé qu'elle avait un avantage important et paraissait répondre à
On a pris l'habitude de solliciter l'administration et on considérait que la décision de l'administration
était au fond le premier degré. Les contribuable avaient l'habitude de s'adresser d'abord à un
ministre. Ce préliminaire au procès avait ait progressivement considérer de recours au ministre
comme une sorte de premier degré de juridiction: On appelé ça la théorie du ministre juge.
Dans un arrêt du 13 décembre 1869 CADOT, le CE a expressément abandonné la théorie du
ministre juge.
Mais l'exigence d'une décision préalable a été maintenue car elle s'est révélée avoir une
grande utilité pratique car elle permet d'évacuer une partie du contentieux.

1-La décision explicite ou la décision implicite.


La décision préalable peut être explicite ou implicite ( résulte du silence gardé pendant 2
mois par l'administration). Le principe est que le silence vaut rejet mais par exception certains
silences valent acceptation. Par exception, le silence de l'administration vaut acceptation en vertu de
testes exprès, lois ou décrets en CE, régissant certaines matières. Le point de départ du délais de
deux mois dans ce cas est le jour de la réception de cette demande par l'autorité compétente.

2-Formation d'une demande.


Il faut que cette demande soit effectuée au plus tard le dernier jour du délai ( règle seulement
pour les recours administratifs préalables de caractère spontané).
Tout recours gracieux ou hiérarchique est une demande. L'administration doit accuser réception de
la demande. La demande préalable doit être valablement faite.

3-Exceptions et limites à la règle de la décision préalable.


Certains litiges n'ont pas besoin de décision préalable ( en matière électorale par exemple).
Si dans la plupart des matières il faut une décision préalable, dans certaines matière la décision
préalable ne suffit pas pour saisir le juge. Il en va ainsi pour les actes de gouvernement, actes pris
par des autorités administratives étrangères, mesure d'ordre intérieur etc..

B. La recours administratif préalable obligatoire ( RAPO).


Il y a des décision qui ne peuvent pas être déféré au juge car entre la décision et la saisine il
y a un RAPO ( recours administratif préalable obligatoire). C'est à dire qu'on ne peut pas passer de
la case décision à la case saisine du juge. Il faut faire décision, rapo, saisine du juge.

C. Les délais d'action.


Le délai est de deux mois en général en droit commun. Mais ce délai peut être écarté dans
certaines hypothèses pour lui substituer un délai plus bref ( 5 jours pour la contestation d'élection
universitaire), ou au contraire un délai d'une durée supérieure (pension militaire d'invalidité), voir
un délai de 30 ans ( en matière de travaux publics), ou même un délai infini.
La règle du délais est d'ordre public. C'est à dire que notre requête doit être parvenu au plus tard le
dernier jour du délai. Ce délai est un délai franc ( tous les délais sont non francs sauf les délais des
procédures administratives).

Les prorogations et les suspension du délai:


– le délai de distance : les délai sont prorogé d'un mois pour les requérants domiciliés dans une
collectivité d'outre mer, de deux mois s'ils sont domiciles dans le reste du monde.
– Le délai à titre moratoires :