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ARTICLE·FEBRUARY2014

READS

998

1AUTHOR:

en Algérie ARTICLE ·FEBRUARY2014 READS 998 1AUTHOR: BoucheritOtmaniZahia AbouBakrBelkaidUniversityofTlemcen 41

41 PUBLICATIONS 67 CITATIONS

Availablefrom:BoucheritOtmaniZahia

Retrievedon:01December2015

Phytothérapie © Springer-Verlag France 2014 DOI 10.1007/s10298-014-0834-x

Article original

Pharmacognosie

Composition chimique et activité antioxydante dextraits organiques des racines de Fredolia aretioides de la région de Béchar en Algérie

N. Bentabet, Z. Boucherit-Otmani, K. Boucherit

Laboratoire antibiotiques antifongiques : physicochimique, synthèse et activité biologique, faculté des sciences de la nature et de la vie, sciences de la terre et de lunivers, université Abou-Bekr-Belkaid, BP 119, Imama, Tlemcen, Algérie

Correspondance : nes_tab200701@yahoo.fr

Résumé : La recherche actuelle porte essentiellement sur létude de molécules antioxydantes d origine naturelle. Cette étude sinscrit dans cette optique et consiste à faire dans un premier temps un criblage phytochimique de quelques extraits des racines de Fredolia aretioides , une plante endémique de la région de Béchar (Algérie). Dans un second temps, nous avons évalué lactivité antioxydante de ces extraits. L étude phytochi- mique a permis de mettre en évidence lexistence d alcaloïdes, de tanins et de saponines dans les racines. Les coumarines sont également présentes mais en faible quantité. De plus, lextrait méthanolique des racines contient une teneur élevée en phé- nols totaux estimée à 971,05 mg/100 g GAE ( gallic acid equi- valent). Lactivité antioxydante des différents extraits a été éva- luée par deux méthodes : la réduction du fer et le piégeage du radical libre DPPH (2,2-diphenyl-1-picrylhydrazyl). L extrait aqueux et lextrait des alcaloïdes présentent une bonne capacité de réduction au fer. La capacité de piégeage du radical libre DPPH est très intéressante avec une IC 50 = 0,54 mg/ml ; cette dernière reste supérieure à la capacité du piégeage du radical DPPH·de lacide ascorbique, dont lIC 50 = 0,08 mg/ml.

Mots clés : Fredolia aretioides Métabolites secondaires Activité antioxydante FRAP DPPH

Phytochemical Study and Evaluation of the Antioxidant Activity of Fredolia aretioides Root Extracts of Algeria

Abstract: The current research concerns essentially the study of antioxidant molecules of natural origin. This study falls into this context and consists in making at first a phytochemical screening of some extracts of the roots of Fredolia aretioides , an endemic plant of the region of Béchar (Algeria). Secondly, we estimated the antioxidant activity of these extracts. The phytochemical study allowed to highlight the existence of alka- loids, tanins and saponines in the roots. Coumarins were also present but in small quantities. In addition, the methanol

extract of the roots contained a high content of total phenols, estimated at 971.05 mg/100 g GAE (gallic acid equivalent). The antioxidant activity of different extracts was evaluated by two methods, the reduction of iron and free radical scavenging of DPPH (2,2-diphenyl-1-picrylhydrazyl). Reduction capacity of iron is remarkable in the aqueous extract and alkaloids. Scavenging capacity of DPPH free radical is very interesting with an IC 50 = 0.54 mg/ml, the latter is greater than the capacity of DPPH radical-scavenging ascorbic acid whose IC 50 = 0.08 mg/ml.

Keywords: Fredolia aretioides Antioxidant activity Secondary metabolites FRAP DPPH

Introduction

La part de plantes inexplorées à la fois en chimie et en bio- logie est encore immense. Ce qui offre l espoir de découvrir des traitements pour des maladies encore dévastatrices et de proposer des alternatives thérapeutiques peu onéreuses avec moins d effets indésirables. Les études actuelles portant sur les métabolites secondaires s attachent bien évidemment à explorer surtout leurs activités pharmacologiques [10,40]. La flore algérienne regorge de plusieurs espèces de plan- tes encore peu ou pas étudiées, mais dotées de réelles pro- priétés pharmacologiques [7,14,15]. La maîtrise totale et parfaite des différentes propriétés de ces plantes, qui passe par la détermination de l ensemble des groupes physicochi- miques capables d engendrer un ou plusieurs effets pharma- cologiques, est aujourd hui un objectif qui occupe un ordre de première place [1]. C est pourquoi nous nous sommes intéressés à effectuer une étude phytochimique de la plante Fredolia aretioides de la région de Béchar (Algérie) et à évaluer l activité

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antioxydante de ses extraits. L espèce Fredolia aretioides endémique du Sud-Ouest algérien et du Sud-Est marocain appartient à la famille des chénopodiacées, une famille lar- gement répandue dans les habitats salins tempérés, en par- ticulier dans les régions littorales de la mer méditerranée, les steppes arides et les déserts [28]. De point de vue botanique, Fredolia aretioides a la forme d un arbuste vigoureux cylin- drique, de 1 m de hauteur. Les branches sont très impactées dans le sable. Les petites feuilles nombreuses, très serrées et coriaces, sont de couleur bleu-vert et de formes charnues, ne dépassant pas 5 mm. Le fruit est un akène entouré par de petites ailes transparentes du périanthe persistant. Il est comprimé dorsalement. La floraison a lieu en automne. Elle se trouve sur les rochers et plateaux caillouteux (reg et hamada). Elle pousse rarement dans l oued ou des dépres- sions argileuses [3,31,37]. Cette plante est très utilisée en médecine traditionnelle. Les feuilles et les racines sont préparées sous forme dinfusion ou de décoction. Elle est utilisée comme antirhumatismal, diurétique, hypoglycémiant et antidote des poisons. Lécorce de la racine est utilisée comme bois de chauffage [12]. La présente étude a pour objectif la valorisation de la flore locale afin de développer de nouveaux composés ou princi- pes actifs à intérêts thérapeutiques. Pour cela, nous avons envisagé de réaliser une étude phytochimique qui comporte les tests phytochimiques et les dosages des polyphénols totaux, ainsi que la préparation de différents extraits (bruts et spécifiques) pour une évaluation de l activité antioxy- dante des racines de Fredolia aretioides en utilisant deux méthodes, à savoir la technique de DPPH (2,2- diphenyl-1-picrylhydrazyl) et celle de FRAP ( ferric reducing antioxydant power ; pouvoir antioxydant réducteur du fer).

Matériels et méthodes

Matériel végétal

L étude phytochimique et l évaluation de l activité antioxy- dante ont nécessité un matériel végétal représenté par les racines de Fredolia aretioides récoltée en décembre 2011 dans la région de Béchar (Algérie). La plante utilisée a été identifiée au sein du laboratoire d écologie végétale de l uni- versité Abou-Bekr-Belkaid de Tlemcen. Les racines séchées ont été pulvérisées et utilisées pour la préparation des diffé- rents extraits.

Étude phytochimique

L examen phytochimique est nécessaire pour identifier les grandes familles de métabolites secondaires existants dans les racines de la plante étudiée. Nous avons caractérisé la présence de ces derniers (saponosides, alcaloïdes, flavonoï- des, tanins, coumarines et composés réducteurs) en prépa- rant trois extraits de polarité croissante (éther diéthylique, éthanol et eau) à 10 % à chaud et sous agitation continue,

pendant 30 minutes selon les protocoles expérimentaux de de Karumi et al. [21], de Ciulel [11], de Trease et Evans [38] et de Benmehdi [5].

Dosage des polyphénols totaux

L extrait eau/méthanol (macération 48 heures et évapora- tion à sec) est solubilisé dans le méthanol à une concentra- tion de 1 g/l pour le dosage des polyphénols totaux. Le taux de polyphénols totaux des racines est déterminé par spec- trophotométrie en utilisant le réactif de Folin-Ciocalteu. La coloration produite, dont l absorption maximum est com- prise entre 700 et 760 nm, est proportionnelle à la quantité de polyphénols présente dans les extraits végétaux [8]. Le dosage de ces polyphénols est réalisé selon la méthode décrite par Vermerius et Nicholson [39]. 0,1 ml de l échan- tillon est mélangé avec 2 ml d une solution de carbonate de sodium à 2 %. Après agitation et d incubation de cinq minu- tes, 100 μ l du réactif de Folin-Ciocalteu à 1 N sont addition- nés ; après 30 minutes d incubation à température ambiante, la lecture des densités optiques (DO) est faite à 700 nm contre un blanc. Une courbe d étalonnage est réalisée en parallèle dans les mêmes conditions expérimentales en uti- lisant l acide gallique comme contrôle positif à concentra- tions finales allant de 0,1 à 1 mg/ml par palier de 0,1.

Étude de l activité antioxydante

Préparation des différents extraits de Fredolia aretioides

Pour l évaluation de l activité antioxydante des racines de Fredolia aretioides , nous avons utilisé deux extraits : l extrait brut et les extraits spécifiques (tanins et alcaloïdes).

Extraits bruts

L extrait aqueux et l extrait hydrométhanolique (70 %) sont préparés par dissolution de 1 g de la matière végétale dans 20 ml de solvant. Après une macération de 24 heures sous agitation continue à température ambiante, le mélange est filtré. L opération est répétée trois fois avec renouvellement du solvant toutes les 24 heures. Les trois fractions filtrées sont regroupées et évaporées à sec [17].

Extraits spécifiques

L extraction des tanins est réalisée selon le protocole de Zhang et al. [40]. Pour les alcaloïdes, nous avons suivi le protocole de Hughes et al. [18].

Réduction du fer : FRAP

Le pouvoir réducteur d un extrait est associé à son pouvoir antiradicalaire. Cette technique permet de mesurer la capa- cité des extraits testés à réduire le fer ferrique (Fe 3+ ) présent dans le complexe K 3 Fe(CN) 6 en fer ferreux (Fe 2+ ) [29]. Le protocole expérimental suivi est celui de Karagôzler et al. [20]. Un millilitre de l échantillon à différentes

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concentrations dilué dans l eau distillée est mélangé avec 2,5 ml d une solution tampon phosphate (0,2 M ; pH : 6,6) et 2,5 ml d une solution de ferricyanure de potassium K 3 Fe (CN) 6 à 1 %, puis on incube les tubes à 50 ° C pendant 20 minutes. Après refroidissement des tubes à température ambiante, 2,5 ml d acide trichloracétique (ATC, TCA ; tri- chloracetic acid ) à 10 % sont ajoutés pour stopper la réac- tion. Les tubes sont centrifugés à 3 000 tours/minute pen- dant dix minutes. Nous prélevons 2,5 ml du surnageant auxquels nous ajoutons 2,5 ml d eau distillée. Nous addi- tionnons ensuite au mélange 500 μ l d une solution de chlo- rure de fer (FeCl 3 , 6H 2 O) à 0,1 % fraîchement préparée. La lecture des absorbances se fait contre un blanc à 700 nm à l aide d un spectrophotomètre. L acide ascorbique est utilisé comme contrôle positif dans cette expérience dans les mêmes conditions.

Test de piégeage du radical libre DPPH

Le DPPH est un radical libre stable de couleur violacée qui absorbe à 517 nm. En présence de composés antiradicalai- res, le radical DPPH est réduit et change de couleur en virant au jaune. Les absorbances mesurées servent à calculer le pourcentage d inhibition du radical DPPH, qui est propor- tionnel au pouvoir antiradicalaire de l échantillon [30]. Cette méthode est basée sur la mesure de la capacité des antioxydants à piéger le radical DPPH. Le pourcentage de piégeage du radical est calculé selon l équation suivante :

[(A1 A2)/A1] × 100 A1 : absorbance du contrôle (solution du DPPH sans extrait). A2 : absorbance en présence d extrait. L effet de chaque extrait sur le DPPH est mesuré par la procédure décrite par Sanchez-Moreno, et al. [34]. Un volume de 50 μ l de différentes concentrations de chaque extrait est ajouté à 1,95 ml de la solution méthanolique du DPPH (0,025 g/l) fraîchement préparée. En ce qui concerne le contrôle négatif, ce dernier est préparé en parallèle en mélangeant 50 μ l du méthanol avec 1,95 ml d une solution méthanolique de DPPH. Après incubation à l obscurité pen- dant 30 minutes et à température ambiante, la lecture des absorbances est effectuée à 515 nm à l aide d un spectropho- tomètre, contre un blanc pour chaque concentration qui contient 50 μ l de chaque concentration de l extrait et 1,95 ml du méthanol.

Calcul des concentrations 50 « IC 50 »

L IC 50 ( inhibitory concentration 50% ; concentration inhibi- trice à 50 %) permet de calculer la concentration de l échan- tillon testé nécessaire pour réduire 50 % des radicaux DPPH. Elle est calculée graphiquement par la régression linéaire des graphes tracés, pourcentages d inhibition en fonction de dif- férentes concentrations des fractions utilisées en utilisant le logiciel SigmaPlot [6,13,26,35].

Résultats et discussion

Étude phytochimique

Tests phytochimiques

Les tests phytochimiques consistent à détecter les différentes familles de métabolites secondaires existants dans la partie étudiée de la plante par des réactions qualitatives de carac- térisation. Ces réactions sont basées sur des phénomènes de précipitation ou de coloration par des réactifs spécifiques à chaque famille de composés [16]. Les résultats des tests phy- tochimiques effectués sur l extrait aqueux, l extrait éthano- lique et l extrait d éther diéthylique des racines de Fredo- lia aretioides sont regroupés dans le Tableau 1. Nous remarquons que les alcaloïdes, les tanins (tanins galliques) et les flavonoïdes sont présents en quantités importantes dans l extrait aqueux par rapport aux deux autres extraits. Les saponosides sont présents uniquement dans l extrait aqueux. Nous remarquons également la pré- sence des composés réducteurs avec une faible intensité dans les racines de Fredolia aretioides .

Dosage des polyphénols totaux

Le dosage des polyphénols totaux est réalisé selon la méthode de Folin-Ciocalteu. Nous avons utilisé l acide gal- lique comme standard [24]. En se basant sur la valeur d ab- sorbance de la solution de l extrait, ayant réagi avec le réactif de Folin-Ciocalteu et comparée à la solution étalon en équi- valence d acide gallique, les résultats de l analyse colorimé- trique des composés phénoliques totaux sont représentés sur les Figures 1, 2. Les résultats obtenus sont exprimés en mil- ligramme équivalent d acide gallique par 100 g de la matière végétale sèche (mg GAE/g), en utilisant l équation de la régression linéaire de la courbe d étalonnage tracée de l acide gallique.

Tableau 1. Résultats des réactions de caractérisation des diffé- rents groupes chimiques recherchés dans les différents extraits de Fredolia aretioides .

Classes

Extrait

Extrait

Extrait éther

recherchées

aqueux

éthanolique

diéthylique

Alcaloïdes

++

+

+

Flavonoïdes

+

Tanins

++

++

+

Coumarines

––

Saponosides

+++

Composés

+

réducteurs

+++ : réaction fortement positive ; ++ : réaction moyennement positive ; + : réaction faiblement positive ; : réaction négative.

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4 Fig. 1. Courbe d ’ étalonnage de l ’ acide gallique pour le dosage des

Fig. 1. Courbe détalonnage de lacide gallique pour le dosage des polyphénols totaux

l ’ acide gallique pour le dosage des polyphénols totaux Fig. 2. Teneurs en polyphénols totaux

Fig. 2. Teneurs en polyphénols totaux des racines de la plante étudiée

Nous constatons que les racines de Fredolia aretioides sont très riches en polyphénols avec une teneur de l ordre de 971,05 ± 0,83 mg GAE/g. Ces résultats expliquent en partie les résultats de la Figure 3 où nous avons enregistré des rendements relative- ment élevés des extraits bruts, ce qui prouve la richesse de cette partie de la plante en polyphénols à savoir les tanins. Ce résultat ne va pas dans le même sens que ceux de Rached et al. [32] qui ont montré que la teneur des phénols totaux dans les racines de Fredolia aretioides est de l ordre de 110,92 ± 6,34 mg GAE/g. Cela peut être dû à la période de récolte qui a été faite pendant le mois de juin pour les études de Rached et al., alors que notre plante est récoltée au mois de décembre. Le contenu polyphénolique varie qualitative- ment et quantitativement d une plante à l autre, cela peut être attribué à plusieurs facteurs :

facteurs climatiques et environnementaux : la zone géogra- phique, sécheresse, sol, agressions et maladies, etc. ;

le patrimoine génétique, la période de la récolte et le stade de développement de la plante [27] ;

récolte et le stade de développement de la plante [27] ; Fig. 3. Rendements en extraits

Fig. 3. Rendements en extraits obtenus à partir des deux parties de la plante. exbAR : extrait brut aqueux racine ; exsTAR : fraction tanins acétate d éthyle racine ; exbMeOHR : extrait brut eau/MeOH racine ; exTBR : fraction butanolique racine ; exsAR : alcaloïde racine

Tableau 2. Les rendements en extraits obtenus pour les deux par- ties de la plante.

Les extraits

Solvants utilisés

Rendements (%)

Extrait brut

Eau

38,875

Extrait brut

Eau/méthanol 13,70

Tanins : fraction acétate

Acétate d éthyle

5,096

d

éthyle

Tanins : fraction 1- butanol Alcaloïdes

1-butanol

10,30625

Chloroforme

2,395

la méthode d extraction et la méthode de quantification peu- vent également influencer lestimation de la teneur des phé- nols totaux [23].

Étude de l activité antioxydante

Rendements en extraits secs

Les extractions des différents composés les plus abondants dans notre plante nous ont permis de calculer le rendement de chaque extrait, notamment les extraits bruts aqueux, eau/ méthanol, tanins (fraction acétate d éthyle et 1-butanol) et les alcaloïdes. Le rendement, qui a été déterminé par rapport à 100 g de matière végétale sèche et broyée, est exprimé en pourcentage. Les résultats obtenus sont représentés dans le Tableau 2. Il ressort de ces résultats que le rendement le plus élevé est obtenu dans l extrait brut aqueux des racines de Fredo- lia aretioides (38,87 %) suivi de l extrait brut eau/méthanol (13,70 %). Nous avons observé aussi que le rendement trouvé dans l extraction des tanins est important dans les racines. Les différents rendements illustrés sur la Figure 3 vien- nent confirmer les intensités des résultats des tests phyto- chimiques, et nous pouvons dire que l extrait brut des raci- nes est essentiellement constitué en polyphénols. Les extraits évaporés qui sont testés pour leurs activités antio- xydantes par la méthode de FRAP et DPPH sont : lextrait brut

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aqueux et méthanolique, lextrait des alcaloïdes dans la phase chloroformique et lextrait des tanins de la phase acétate déthyle et 1-butanol. Lacide ascorbique est utilisé comme contrôle posi- tif pour sa grande activité antioxydante.

Réduction du fer : FRAP

C est une méthode de mesure de la puissance des substances de nos extraits à réduire le fer ferrique Fe 3+ en fer ferreux Fe 2 + qui est l un des mécanismes antioxydants. C est une tech- nique rapide, facile et reproductible [20]. La capacité réduc- trice d un composé peut servir comme un indicateur signi- ficatif de son activité antioxydante potentielle. Beaucoup de publications actuelles ont indiqué qu il y a une relation directe entre les activités antioxydantes et la puissance de réduction des composants de quelques plantes. Dans notre travail, nous avons testé, par la méthode de FRAP, différents extraits des racines de la plante, et les résultats obtenus nous ont permis de tracer des courbes pour chaque extrait. D après ces résultats, nous remarquons que la capacité de réduction du fer est proportionnelle à l augmentation de la concentration des échantillons [25,36]. Tous nos extraits présentent des activités antioxydantes nettement inférieures que celle de la référence (acide ascor- bique), pour ce dernier la réduction est presque totale à par- tir d une concentration de 0,75 mg/ml (Fig. 4). Les résultats obtenus montrent que la capacité de notre extrait de réduire le fer est largement inférieure à celle de l acide ascorbique. Cette réduction est beaucoup plus importante dans l extrait des alcaloïdes (DO = 0,892) qui est presque égale à celle de l extrait brut aqueux (DO = 0,891). Nous pouvons déduire que tous les extraits des raci- nes de Fredolia aretioides ont la capacité pour réduire le fer, mais elle reste toujours inférieure à celle de l acide ascor- bique (DO = 3,700). Si nous classons nos extraits selon la puissance de réduction de fer par rapport à l acide ascor- bique, nous obtiendrons l ordre suivant : acide ascorbique

> alcaloïdes racines > aqueux racines > tanins frac- tion 1-butanol racines > tanins fraction acétate d éthyle racines > brut méthanol racines.

Piégeage du radical libre DPPH

L activité antioxydante d un composé correspond à sa capa- cité à résister à l oxydation [33]. De nombreuses méthodes sont utilisées actuellement pour évaluer cette activité. Le radical DPPH a été largement utilisé pour l étude de l acti- vité antiradicalaire des différents extraits végétaux. Le com- posé chimique 2,2-diphényl-1-picrylhydrazyle fut l un des premiers radicaux libres utilisés pour étudier la relation structure activité antioxydante des composés phénoliques [9]. Il possède un électron non apparié sur un atome du pont d azote. La réduction de ce radical s accompagne par son passage de la couleur violette caractéristique de la solution de DPPH à la couleur jaune mesurable par spectrophotomé- trie à 514 518 nm. La mesure de l absorbance (ou DO) a été effectuée par spectrophotométrie à 514 nm. À partir des valeurs obtenues, nous avons calculé les pourcentages d in- hibition en utilisant la formule donnée auparavant. Les valeurs obtenues ont permis de tracer des courbes représen- tées sur les Figures 5 9, qui montrent la variation du pour- centage d inhibition en fonction des concentrations de nos extraits. Nous avons déterminé graphiquement la concen- tration correspondante à 50 % d inhibition (IC 50 ).

Calcul des IC 50

La capacité antioxydante de nos différents extraits est déter- minée à partir des IC 50 . C est la concentration en extrait nécessaire pour réduire 50 % du radical DPPH. L IC 50 et l activité antioxydante de l extrait testé sont inversement proportionnelles. Les valeurs des IC 50 trouvées pour tous les extraits testés sont représentées dans le Tableau 3. La valeur d IC 50 de l acide ascorbique que nous avons trouvé (0,08 mg/ml) est proche de celle trouvée par Rached et al.

(0,08 mg/ml) est proche de celle trouvée par Rached et al. Fig. 4. Histogramme des DO

Fig. 4. Histogramme des DO des extraits étudiés par FRAP en fonction de différentes concentrations

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6 Fig. 5. Pourcentages d ’ inhibition du radical DPPH en fonction des différentes concentrations utili-

Fig. 5. Pourcentages dinhibition du radical DPPH en fonction des différentes concentrations utili- sées pour les extraits bruts aqueux des racines de Fredolia aretioides

extraits bruts aqueux des racines de Fredolia aretioides Fig. 6. Pourcentages d ’ inhibition du radical

Fig. 6. Pourcentages dinhibition du radical DPPH en fonction des différentes concentrations utili- sées pour les extraits bruts eau/méthanol des racines de Fredolia aretioides

[32] qui est de l ordre de 0,07 mg/ml. En comparant les IC 50 des différents extraits testés des racines de Fredolia aretioides par rapport à celle de l acide ascorbique, nous remarquons que l activité antiradicalaire de tous nos extraits est infé- rieure à la capacité du piégeage du radical DPPH de la substance de référence. Cette capacité est plus importante dans l extrait des alcaloïdes (0,54 ± 0,794), comme elle en est de même pour l extrait brut eau/méthanol des racines et la fraction acétate d éthyle qui représentent une activité antioxydante presque similaire, et intéressante par rapport au contrôle positif. Nous remarquons aussi, pour le reste des extraits restants, une activité similaire entre eux avec une IC 50 toujours supérieure ou égale à 1. Il est évident que la forte activité des extraits bruts est attribuée à sa richesse aux composés phénoliques, qui possèdent la plus forte teneur en molécules dosées (polyphénols, flavonoïdes et tanins). Une

dosées (polyphénols, flavonoïdes et tanins). Une Fig. 7. Pourcentages d ’ inhibition du radical DPPH en

Fig. 7. Pourcentages d inhibition du radical DPPH en fonction des différentes concentrations utili- sées pour les extraits des alcaloïdes des racines de Fredolia aretioides

extraits des alcaloïdes des racines de Fredolia aretioides Fig. 8. Pourcentages d ’ inhibition du radical

Fig. 8. Pourcentages d inhibition du radical DPPH en fonction des différentes concentrations utili- sées pour les extraits des tanins (fraction acétate d éthyle) des racines de Fredolia aretioides

étude faite par Kang et al. [19] a suggéré que les molécules polaires présentes dans les extraits végétaux contribuent à l augmentation de l activité antiradicalaire. Dans lhistogramme (Fig. 4), nous pouvons classer les extraits par ordre de réactivité décroissante : acide ascorbique > extrait des alcaloïdes racines > extrait brut eau/méthanol racines > taninsfraction acétate déthyle racines > extrait brut aqueux racines > tanins1-butanol racines. Le classement des extraits selon la méthode du piégeage du radical DPPH·est totalement différent du classement obtenu par la méthode de réduction du fer. En général, les activités de nos extraits sont « bonnes », sauf lextrait des alcaloïdes qui présente une grande activité, cela suggère que cette partie de notre plante est riche en

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7 Fig. 9. Pourcentages d ’ inhibition du radical DPPH • en fonction des différentes concentrations

Fig. 9. Pourcentages d inhibition du radical DPPHen fonction des différentes concentrations utili- sées pour la fraction 1-butanol (tanins) des racines de Fredolia aretioides

Tableau 3. Valeurs des IC 50 trouvées pour les extraits des racines de la plante.

L extrait/IC 50

Racines (mg/ml)

Aqueux Eau/MeOH Alcaloïdes Tanins 1-butanol Tanins acétate d éthyle

1,81 ± 0,841 1,06 ± 0,839 0,54 ± 0,794 1,90 ± 0,978 1,61 ± 0,577

composants phénoliques qui sont responsables de lactivité antioxydante selon de nombreuses études [22]. Les autres extraits présentent une activité inférieure à lextrait eaumétha- nol, bien que le contenu en composés phénoliques soit impor- tant, cela est dû généralement à la synergie entre les différents composés antioxydants existants [2]. Si nous comparons nos résultats avec une autre espèce de la même famille des chénopo- diacées : Atriplex halimus (une espèce majeure de cette famille, aussi trouvée dans le Sahara algérien), on trouve que lIC 50 de lextrait méthanolique des racines est de 3,24 ± 0,23 mg/ml, ce qui est une valeur supérieure à celle de notre extrait. Atri- plex halimus présente donc une faible activité par rapport à notre Fredolia aretioides. Lextrait des alcaloïdes des racines dAtriplex halimus a montré une faible capacité de piégeage du radical libre DPPH par rapport à notre extrait dalcaloïde [4]. Cela est montré par lIC 50 de cette plante qui est de 9,06 ± 0,45 mg/ml, par contre lIC 50 de Fredolia aretioides de lextrait des alcaloïdes a été de lordre de 0,54 ± 0,794 mg/ml pour les racines.

Conclusion

Dans l industrie pharmaceutique, sachant que les antioxy- dants contribuent de manière significative à la prévention

des maladies, le développement de nouvelles méthodologies de synthèse et la préparation de molécules à usage thérapeu- tique constituent un objectif majeur et une préoccupation permanente pour de nombreux chercheurs. Dans ce contexte, nous nous sommes intéressés à l étude phytochi- mique et à l évaluation du pouvoir antioxydant des diffé- rents extraits de Fredolia aretioides récoltés dans la région de Béchar. Le criblage ( screening ) phytochimique réalisé à l aide de réactions de caractérisation révèle la richesse de notre plante en métabolites secondaires. L extraction des différents composés secondaires les plus abondants dans les racines de notre plante nous a permis de calculer le ren- dement de chaque extrait. Ainsi, notre travail nous permet de confirmer les utilisations traditionnelles de Fredolia are- tioides . Selon les résultats obtenus dans cette étude, nous pouvons dire que cette analyse trouvera une importante application dans l industrie pharmaceutique ainsi qu une utilité potentielle dans l industrie alimentaire.

Conflit dintérêt :

les auteurs déclarent ne pas avoir de conflit d intérêt.

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