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UN FRAGMENT DE STATUE HÉROÏQUE DE TRAJAN AU MUSÉE RODIN Author(s): Liliana Marinescu-Nicolajsen Source: Revue

UN FRAGMENT DE STATUE HÉROÏQUE DE TRAJAN AU MUSÉE RODIN Author(s): Liliana Marinescu-Nicolajsen Source: Revue Archéologique, Nouvelle Série, Fasc. 2 (1990), pp. 387-404 Published by: Presses Universitaires de France Stable URL: http://www.jstor.org/stable/41737417 Accessed: 13-08-2015 19:57 UTC

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STATUE

UN

FRAGMENT

DE

HÉROÏQUE

AU

DE

TRAJAN

MUSÉE

RODIN

par Liliana

Marinescu-Nicolajsen

*

Dans la collectionestiméeà

plus

de sixcentsmarbres antiquesque Rodin

commença à acquérir

particulier,malgré

dès les premières annéesde ce siècle, se trouveun documentd'un intérêttout

son état fragmentaire(fig. i a-c ). Il s'agit

ayantappartenu à une

etlesconditions d'acquisition sont inconnues, fut présenté lorsde l'expositionorganisée enhiver 1967-

d'une jambe droite nue, accoléeà une cuirasse historiée,

statuevirilede dimensionscolossales.Le document, dontla provenance

toujours conservé (Inv.

98).

1968 dansla chapelle de l'Hôtel Bironà Paris1, où il est

Hauteurde la jambe (sans la plinthe) : 1,050 m; Hauteurde la plinthe : 0,115 m > Hauteurde la cuirasse: 0,960 m ;

Tour

Tour de

Tour de jambe au-dessusde la

Marbreblancà

de jambe à mi-cuisse: 0,750 m ;

jambe sous le mollet:

0,470 m ; cheville: 0,380 m.

petits cristauxbrillantset serrés, de typepentélique, avecuneveineschisteuse

fortement micacée, trèsnettesurla cassureau reversde la cuisse ; la surface, non nettoyée, a pris rosé.

une patinebeige

La jambe

estconservée jusqu'à mi-cuisse, avecun grand éclatau revers ; un éclat plus super-

genou

et deux

longuesépaufruresmarquentl'épi-

la plinthe, auxbordsirré-

la moitiédroitede la cuirasseainsi que l'encolureet les lambrequins

deux morceaux, l'ensembleest

ptérygecentrale, la têteet une partie

ontétérefaites.Il semble que le reliefde la cuirasse, notammentla Victoire,

ficielsurla faceantérieuredescendau-dessusdu

dermede la jambe; les orteilssontmutilés.Il ne subsiste qu'unepartie de

guliers. Il manquepresque

centraux; le gorgonéion est partiellementendommagé. Brisé en

recolléau niveaude la chevilleet au bas de la cuirasse.Surla

de l'aile

ait été légèrementrepris.

gauche de l'aigle

*Je tiensâ remerciertoutd'abordMM.lesPrs J. Mar-

cadé,G.-Ch.PicardetM.

pour leurs précieux conseils.Que MmeC. Judrin duMu-

séeRodin, M. F. Fernandez-GómezetMmeC. Martin-

GómezduMuséedeSévilleet

del'UniversitédeCordoue,trouventici

mareconnaissance. Je remercieaussiM. G. Nicoletti

Leglay, ainsi que M.F.Braemer

également MmeP. León

l'expression de

dela qui

de type CAD-CAM.

Rev.arch.,2/1990

a eul'amabilitéderéaliserla reconstitutionsimulée

statue complète,grâce à son logicielinformatique

i. J.Frei,Catalogue

deV exposition

«

Rodincollection-

neur»,Palis,1967-1968,

avonseffectuéesdanslesarchivesduMuséeRodinn'ont

malheureusementrévéléaucuneinformation précise sur

l'origine, la

sitiondes pièces decettecollection.Le

desmarbres

grecs etromainsdelacollectionestencours

de rédaction.

174. Lesrecherches

que nous

provenance

exacteoulesconditions

d'acqui-

cataloguecomplet

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388 Liliana Marirtescu-Nico/ajsen

388 Liliana Marirtescu-Nico/ajsen 1 a. MuséeRodin.CLL. M.-N. Fragment de statue héroïque. 1b. Fragment de statue

1 a.

MuséeRodin.CLL. M.-N.

Fragment de statue héroïque.

1 a. MuséeRodin.CLL. M.-N. Fragment de statue héroïque. 1b. Fragment de statue héroïque, profilgauche. CLL. M.-N.

1b.

Fragment de statue héroïque,

profilgauche. CLL. M.-N.

Le

trépansépare, surle trophée de la cuirasse, le casque du troncnoueux qui le porte,par

manteauet sépare, en bas de la

pièce,

les

délimitesurla plinthe le bordde la cuirasse.Des traces

qu'au

longitudinal. Surle côtéintérieurdu mollet, on notela marque d'untenon

une

cavité rectangulaire, de dimensions réduites, a été percée à

l'époque

deux petitsponts; cernele bouclier,marque les plis du

lambrequins frontaux.Un canal plus large

de polissage subsistentsurla faceantérieurede la jambe, alors

en légerrelief, dansFaxe rectangulaire en marbre ;

moderne pouryplacer untenon métallique(au reversde la plinthe, on remarque untroude fixation, égalementmoderne).

reverson observeunenervure

Représentée deboutet de face, la jambe

révèleuneanatomie vigoureuse et

athlétique. Le vaste

externe,tendu, esttrès développé etla bandelettecruciformedesvastes apparaît commeunbourrelet

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Statue héroïque de Trajan au MuséeRodin

389

Statue héroïque de T r a j a n au MuséeRodin 389 1 c. F r

1 c. Fragment de statue héroïque, détailde la cuirasse.CLL. M.-N.

au-dessusdu genou. Une saillietrèssècheet nettement marquée le long du tibiafaitressortirle

jumeau interneet le soléaire.La position du

cuirasse anatomiquehistoriée, mutiléeà sa partiesupérieure et bordinférieurdu corseletdessineen bas du ventreune courbe

incomplète à l'extrémité gauche. Le

douceremontantsurle côté

larges feuillescharnuesdontil ne subsiste que deux : l'une, centraleétaléede faceavec la pointe

recourbéevers l'avant,l'autre, de

flexible qui sortde cettefeuilleet remonte parallèlement au borddé la cuirasse,

se dresseune Victoirede profil à gauche, cachéeen

Vêtued'un long chitonà

jambe droite qui

gauchepar le bas, la droite par le haut - un bouclier allongé et

qu'elle accrocheau trophée.

genouindiquequ'il s'agit

de

la jambed'appui.

Celle-ciest

étayéepar

une

; de la

nervure qui le limite prend naissanceun calice d'acantheaux

profil, orientéeversla droite.

partiepar la jambe du personnageprincipal.

étroit, à nervure centrale, un thyréos,

noueux,portant une

de lam-

Sur la

tige

manches,largement fendusurle côtéet découvrantla

s'avance, la Victoireest schématiquementfigurée. Elle tientde ses deuxmains - la

apoptygma, sans

Celui-ci,érigé

dans l'axe médiande la cuirasse, est un troncd'arbre

cuirasseà corseletarrondien bas du ventre,pourvue d'une

brequinsfrangés laissant apercevoir au-dessousune partie

cuirasseet l'emmanchured'où

Par-dessus, le sagum couvrela poitrine et descend obliquement en pointe

rangée de ptéryges et d'une jupe

de la

tunique.

Le bordinférieurde la

surgissent les lambrequinsd'épaule sont soigneusement ourlés.

versnotredroite.Le

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390 Liliana Marinescu-Nico/ajsen

mannequin estcoifféďun casque du typeHaguenau ou Weisenau, à timbre rond, munide paragna- thideset surmontéďun apex. Au-dessusdu trophéequi constituele motifcentralde la cuirasseaccoléeà la jambe,prend

humainestencadré

place, surla poitrine, un largegorgonéion du typeRondanini, dontle visage

de deux grandes ailes ouvertesen triangle, tandis que deux serpents se nouentsousle menton.

Le corseletde la cuirasse-support se prolonge en feston par une rangée de

l'une,

ptéryges arrondies

et espacées, bordéesd'unedoublenervure:

aigle de face, aux ailes déployées, la têtetournéeversnotre gauche; surla suivanteest figurée une

tête

casque

corinthienvu

lambrequinslarges et plats, bordésd'une nervure,complète cettecuirasse d'appui.

dansl'axe médiande la cuirasse, estdécoréed'un

la troisièmeestornéed'un

d'éléphant vue de profil à gauche,tromperelevée, alors que

également de profil à gauche.

Une sériede

On note que le schéma général esten accordavecceluides grandes cuirassesdes statueshono-

programmeidéologique de Yimperator.Seulement, il estici réduit

lui est

accordé, caril s'agit

d'un « Panzertronk », et nonde la

l'espacequi

commele « Sextus

Pompée » du

Louvre3, ou l'Hadrien

vogue à l'époque hellénistique, est souventutiliséedans l'iconographie

nombreux exemplaires conservés9.Ce type de représentation

significationidéologiqueprécise, celle d'exalterla vertu guerrière du personnagequ'elle

peut

êtredaté avec suffisammentd'exactitude grâce au décor

remplace la

palmette renverséedès

rifiques2, dontle décorreflètele

à l'essentielen raisonde

loricad'une statuecuirassée. La nuditéde la jambe et surtoutla présence du « Panzertronk» permettent d'attribuernotre

fragment à une statue-portraithéroïque,

de Pergame4, ou encorela statued'Antoninle Pieux du Musée des Thermes5, ou le Marc Aurèle

de la collectionLansdowneà Bowood6, ou bien le « CaracallaMattei»7.La nudité héroïque des

effigies Achilleae 8, déjà en

impériale commeen témoignent les

a une

représente. Le fragment du Musée Rodin

de la cuirasse qui désigne le personnage dans sa qualité militaireet faitofficeà la foisd'attributet

d'élémentde soutien. Le caliced'acanthesurle couvre-ventreestun motif qui

l'époque flavienneet devient presque la règle sousle règne d'Hadrien.Le traitementde ses feuilles

2. K.

Stemmer,Untersuchungen zur Typologie, Chrono-

8,III 25, IVa 1,V1,VII 5,VII 27

logie und, Ikonographie dérPanzerstatuen, Berlin,1978,

n081 9, II 3, III 4, III

3.

J.Charbonneaux,La sculpturegrecque etromaineau

1251,p. 142.

MuséeduLouvre, Paris,1963, n°

4.

M. Wegner,Das römischeHerrscherbild, II, 3 :

Hadrian, Berlin,1956,pl.14 a.

5. A. Giulianoet

autres,MuseoNazionaleRomano , I,

I, Rome,1979, n° 164,p. 267.

6. M.

Wegner,op.cit.3II, 4 : Antoninische Zeit3Berlin,

1939,pl.16-17 a-

7. F. Carinci,SculturediPalazzoMattei.Le statuedel

7,p.34-38,pl.XLV,

8. Pline l'Ancien,Nat. Hist.,XXXIV,18et 19; un

cortile,StudiMiscellanei, 20,1972,
XLVI.

des 7 types destatues honorifiques utilisésdansl'icono-

graphieimpériale.VoiraussiG. Lippold,Kopienund

UmbildungengriechischerStatuen3Munich,1923,p.178sq.;

surtout p. 186.

9. Nousavonscité

uniquementquelquesexemples

« Panzer-

tronk». Pourd'autresstatues héioïques, voirnotam-

mentF.

pl. XXXVIIIa

troisautresstatuesduPalazzo Mattei,pl.XXX,XXXII,

XXXVetXXXVII.H.G. Niemeyer, Studienzurstatuari-

schen Darstellung derrömischenKaiser ,

p.

d'effigiesayant commeélémentde soutienle

Carinci,loc. cit.3p. 19-43 : Augusted'Otricoli,

-3Pompée duPalazzo Spada,pl.XXXVIII b3

Naples,

3SeptimeSévèrede Nikosie,

Naples,pl.44;

.

1059),pl.47. Surla question desstatues-

Pekáry, Das

Berlin,1968,

108-113 : HadrienduMuséeAlaouià Tunisetcelui

du Capitole,pl.37 a-b 3 ClaudeduMuséede

pl.393Hadriende Vaison-la-Romaine,pl.41-3Lucius

VerusduVatican,pl.43 a

pl.43 b ; AlexandreSévèreduMuséede

OfelliusMacrinusdu Vatican,pl. 45-, « Pupien » du

Louvre (Ma

portraitsidéalisées,voir égalementR. West,Römische

Porträtplastik31,II, Munich,1933-19413 G. Lahusen,

Untersuchungen zurEhrenstatueinRom.Literarischeund

epigraphischeZeugnisse3Rome,1983; T.

römischeKaiserbildnisin Staat3Kultund Gesellschaft,

Berlin,1985,notamment p.81-83 e* 116-129.

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Statue héroïque de Trajan au MuséeRodin

391

o ï q u e de T r a j a n au MuséeRodin 391 2

2 a. Statuede Carlsberg. CLL.

Trajan.GlyptothèqueNy

M.-N.

2 a. Statuede Carlsberg. CLL. Trajan.GlyptothèqueNy M.-N. 2 b. Statuede Carlsberg,profil droit.CL L.

2 b. Statuede

Carlsberg,profil droit.CL L.

Trajan.GlyptothèqueNy

M.-N.

larges et vigoureuses,généreusementétalées,

un torsecuirassé ďépoque trajane ou hadrianique conservéau Musée de Mantoue10,

est toutà fait analogue à celui que l'on retrouvesur

s'étirantde façon strictement

Les rinceaux latéraux, traitésen

simplestiges sans volutes,

parallèle au bordde la cuirasse, semblentêtreune

telleune statuede Knossos, une autrede l'Agorad'Athènes, ou biencelle de Cyrène conservéeà

Londres11.

caractéristique de certaines effigiesd'Hadrien,

io. K. Stemmer,op.cit., n°IV 13,pl.31,4.

il.

Ibid. yn°IV i, pl.27, 1-2 ; IV 2,pl.28,1-3; IV 4,

pl. 29,4.

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392 Liliana Marinescu-Nicoiajsen

392 Liliana Marinescu-Nicoiajsen 3 a . Statuede T r a j a n . Muséede Séville.Ci.

3 a. Statuede Trajan. Muséede Séville.Ci. L. M.-N.

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Statue héroïque de Trajan au MuséeRodin

393

Le

trophée,symbole au Iersiècledela fortunedivine qui accordela victoire, devientau IIesiècle

Virtus Augustigrâce à laquellel'empereur accèdeà la victoire,apportant ainsila

maissubitune éclipsepresque totalesous Hadrien,pour rede-

l'époque

antonine13.

gorgonéionapotropaïque estun décorbanal pour les cuirasses impériales,toutefois, l'évo-

donnerdes indicesde datation: le

visage monstrueux largementétalé,

le

plus

l'époque de Trajan

et d'Hadrien,lorsqu'il tendà se rétrécir, alors que les ailes

type,grimaçant et aptère, et

également d'un retourà des

dimensions importantes, alors

gorgonéion de notre document, au

plus fréquente. visage humainencadréde deux

serpentsqui

triangle, esttrès proche de celui que

l'on rencontre

bien qu'enseignegénérale de la légiondepuis

la

réorganisation

apparaît avec une fréquence trèsnettesurles

vogue sous

effigies de YOptimusPrinceps

si Yaqvila est garante de la protection divinede

la legio XIII Gemina 18,qui la compteparmi ses autres imagines.Or,

toutesles légions, elle a des liens

cetteunité

l'emblèmede la

Felicitas12.Le thèmede la Victoiredécorantun trophée est souventutilisécommeemblèmades

statuaeloricatae: presqueexceptionnel dans le deuxième quart du Ier siècle, il devient fréquent

au temps des Flavienset de Trajan,

venirtrèsà la mode à

Le

lution qu'il subit peut

souvent aptère, du débutde l'Empire se pare d'ailes et prend un aspectplus sereinversla findu

Iersiècleet surtoutà

s'ouvrent largement. Certaines effigieshadrianiquestémoignent,cependant, d'une alternanceavec

un second

que sous les Antoninsla taille réduiteest

se nouent

sousle mentonet aux grandes ailesouvertesen

sur plusieurs statuesde Trajan14 ou d'Hadrien15. La formedes ptéryges, courteset arrondies, estle plus courammentutiliséeà la findu Iersiècle et surtoutau débutdu IIe siècle apr. J.-C.L'analyse des motifs qui les décorentconfirmeet précise

cettedatation. Ainsi,l'aiglejovien,

militairede Marius16, estun motif plutôt raresurlescuirasses julio-claudiennes, assezen

les Flaviens, mais qui

pourraits'expliquer

et surtoutsur celles d'Hadrien17.Cette prédominance au débutdu IIe siècle

par le fait que, privilégiés avec

militaire participa activementdès les premièrescampagnes de Trajan contreDécébale19 ; elleresta

Le

12.G.-Ch.Picard, Les trophées romains, Paris,1957,

notamment p.

13.

315sq.,371sq.

Si l'onconsidèrele tableau statistique etchrono-

trophée

5 documents pourl'époque fla-

7,

7); 4

documentspour le

III

25, VII 18,VII 27),plus

incertains.Deuxdocuments pour

7, VIII 8),

24).Malgré les quelques

8,VIII 7), oucertainsdésac-

7, III 6, III 19),

logique établi par K. Stemmer,op.cit.,horstexte,on

constate que lemotifdelaVictoiredécorantun

estattesté par3 documentsde l'époquejulio-claudienne

(nos Vi, II 3 etVII 5);

vienne (n°« III 4, III 8,IVa 1,VII 15 etVIIIa 1),plus

undocumentincertain (n° II

règnede Trajan(nos I 9,

lesnosII a 5 etII a

le

règne d'Hadrien (nos II 11etIII 12,dontle premier

est incertain),alors quepour lesAntoninsonendénombre7

(nosII 4, III 15, III 16,III 18, III 19, VIII

plus undocumentincertain (n° III

non-concordancesentrele catalogue etletableau récapi-

tulatif (par ex.: nosI 9, III

cordsaveclesdatationsantérieures (nos II

(voir le compte rendude l'ouvragepar G.-Ch.Picard,

RA,1983,p. 97-103), dansl'ensemble,les proportions

répartitionchronologique restentsensiblementles

de

mêmes.

14. Untorsecuirasséd'Ostie,imautrede Lugano, ou

la statue d'Utique conservéeà Leyde : K. Stemmer,op.

cit., nos110,pl. 6 I 10a, pl.7 etn°III 10,pl. 20.

;

15.Ibid.,n°III 13,pl.22, i provenantde Gortyne

14,pl.22,2 provenantd'Haïdraetconservé

etlen°III

auMuséeduBardo.

16.Pline l'Ancien,op.cit.,X,5; Tacite,Ann.,I, 39; Dion Cassius,Hist.Rom.,40, 18.

17. K. Stemmer,op.cit.,p. 162 ; letableau récapitulatif

dudécordes ptérygesindique : documents

5

25a,

pourl'époque

julio-claudienne(nos I 6, III 1,V 9, VI 1,VII 2), 12 pour

l'époque flavienne

V

findesFlaviensetdudébutdu

VII26,VIII 3),

IV10,V 17, VII 19, VII 28),3 de la findu règne de

Trajan etdudébutdeceluid'Hadrien (nos V8,VII

VIII

III 13, III 14, IVi,IV

X i, X 2),4 autresdocumentsdela findece règne et

dudébutdesAntonins (nos III

4a,VIII 8).

(1904);

1

(nos I 19, 20,III 4, III 7, V 10,V 13,

VII 12,VIII 4, VIIIa i), 3 dela

règne de Trajan(nos II 7,

VI 2, VII 9,

6du tempsdeTrajan(nos III 10,III 21 a,

25,

7), 12documentsde l'époquehadrianique(nos III 8,

2,IV 3, IV 4, IV il, IV 13, IV16,

15, III 16,III 17, IV 3a),

III

enfin,2documentsde l'époque antonine (nos II

18.R.

Cagnat, s.v.« Legio»,dansDA,

R. Ritterling, s.v.« Legio»,dansRE,XII,2 (1925);

S. Reinach,s.v.« Signa militaria»,dans DA,IV,2 (s.d.),

p. 1311.

19.CIL,II, 4461.

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394

LilianaMarinescu-Nico/ajsen

3 9 4 LilianaMarinescu-Nico/ajsen 3 b. Statuede p r o f i l droit.CLL. M.-N. T

3 b. Statuede

profil droit.CLL. M.-N.

Trajan. Muséede Séville,

droit.CLL. M.-N. T r a j a n . Muséede Séville, 3 c . Statuede T

3 c. Statuede Trajan. Muséede Séville, vuede dos.Ci.L. M.-N.

en Dacie jusqu'à l'abandonde la

tionsdécouvertesen

Colonia

reçut L'éléphant, d'ordinaireemblèmede l'Afrique, estconsidéréà Romecomme symbole de

et de puissancepolitique, touten revêtantune

provincepar

Aurèlien, commel'attestentles nombreuses inscrip-

piété

grandepartie à Apulum, où étaitinstalléP état-major, ainsi que dansla capitale

d'Hadrien que la légion

Ulpia

Traiana

Sarmizegetusa20. C'est probablement à l'époque

les surnomsde Pia Fidelis 21 .

significationreligieuse d'éternité22.Connucomme

20.I. I. Russu,Inscriptiile DaceieiRomane, III,

2:

Dacia SuperiorsBucarest,1980, nos100 (CiL,III, 1464),

no (C/L,III, 1459),113,243,245,248, 268 (C/L,III,

1434)3337(C/L,III, 7921),366(C/L,III, 1471),405

(C/L,III, 1476),419(C/L,III, 1477 et 7979, texte

complété),420(C/L,III,

1.1.Russuleconsidère authentique),432(C/L,III, i479)j 452(C/L,III, 1485), ainsi que 10 tegulaelegionum(n08541,

danslesfauxn° 88,p. 11 ;

i - 541,10),

Sarmisegetusa.

i, 2, 3. Voiraussi

J. Guey, Les éléphantsde Caracalla,REA, 1947,

p. 253sq.;

andArtiLondres,1973,p.

Elephants, Cambridge,1974,passim.

découvertesdansla Colonia Ulpia Traiana

J. M. C. Toynbee, AnimalsinRoman Life

39 sq.; H. H. Scullard,

21.C/L,VI, 1523.

22.Pline l'Ancien,op.cit.)VIII,

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Statue héroïque de Trajan au MuséeRodin

395

Statue héroïque de T r a j a n au MuséeRodin 395 3 d. Statuede T

3 d. Statuede Trajan. Muséede

Séville,profilgauche. CLL. M.-N.

a j a n . Muséede Séville,profilgauche. CLL. M.-N. 3 e . Statuede T r a

3 e. Statuede Trajan. Muséede

Séville,détailde la jambegauche. CLL. M.-N.

animalde combatbienavantl'affrontementavecles célèbres troupesd'Hanibal23, il

de la Ve légion Alaudae après la victoirede César contreles éléphants de Juba Ier24 ; ce type de

signum militare disparut à l'époqueflavienne, en même tempsque le corps d'armée auquel il appar- tenait25.On retrouve l'image du pachyderme commeornementde ptéryge sous la formede deux

têtesadosséessurles premières cuirasses impériales etsurcellesdes Flaviens,puis le

progressivement au

figure sur

effigies de Trajan et dominesurtoutà

devient l'insigne

motif disparaît

temps de Trajan26. Un second modèle, réduità une seuletêtede profil, tel qu'il

notre document, faitson apparition sur certainesloricae flaviennes, décoresouventles

l'époque

d'Hadrien27.

23.L'éléphant, animalde combattel

1985,p.

qu'on le voit

V 3, V 24, VII 24),

II

8 de l'époque flavienne (n08 I 7 (?),

surun plat dela VillaGiulia: R. Bianchi-Bandinelli,

Roma, L'arteromananelcentrodel potere,4eéd.,Milan,

5, V 11,VI2,VII 7, VII 9, VII26 (?), VIII i) et 5 du

temps deTrajan(nos I 9 (?), V 15, VIII 5, VIII 11 (?),

XII a i).

27. K. Stemmer,op.cit.,p.

Julio-Claudiens(nos V 5(?),

7,

II

a 3,

III

4,

162: 2 documents pour

VII

les

viens (nos I

VII 9(?), VII 8,VII 10,VIIil,VIIIai,VIII a 5),5pour

Trajan(nos I 9, III 10,V 16, VII26, VIII 5), 16 pour

Hadrien (nos II 4, II 22a, III 8, III 12,III 13, III 14, IVi,

IV2, IV 3, IV 3a, IV 4, IV8,IV 13, IV16,X i,X 2),

3

3

III 27).

5),13pour lesFla-

10, V 13,

III 6, IVa 1, V

pour les Antonins(nos III 17, VII22,VIII 7 (?));

autresdocumentssontnondatés (nos II 4a, IV 11,

25,fig. 28.Les Romainsaffrontèrent pour la

guerre

première foisles« bœufsdeLucanie» lorsdela

contre Pyrrhus : Plinel'Ancien,op.cit.,VIII, 16.

24. La Ve légion Alaudaefutcréée par César pendant

la guerre desGaulesetellese

particulier

minaCésarà lui octroyer le droitdesurmontersesen-

seignes d'un éléphant : César,Bel. Afr.,1,47,60,80,84;

Appian, Bel.Civ.,II,

distingua

en Afrique, en

déter-

contreles éléphants

96.

de JubaIer,ce qui

25.Tacite,Hist.,I, 55; Suétone,Domitien, 6.

26.K. Stemmer,op.cit.,p.

162: documentspour

a 1, II a 3 (?),

l'époquejulio-claudienne(nos I 4, I 6,II

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396 LilianaMarinescu- Nicola/sen

3 9 6 LilianaMarinescu- N i c o l a / s e n 4 a

4 a. Statuede Trajan. Muséede Séville,avantl'installationdansle socle.CLD.A./.Rome.

Contrairementà l'aigle qui pouvait avoir une

significationhistorique et militaire précise

avoirici des rapports avec

associéeà la XIIIe

légionGemina, la têtedu pachyderme ne paraîtpas

semble que le motiffasse plutôt allusionà la

l'insignelégionnaire. Il

du

ďimperator, sinonmêmeà sa propre divinisation28.

piété età la puissancepolitique

personnagereprésenté,rappelant ses triomphesmilitaires, exaltant pour l'éternitéses qualités

28.Les éléphantsapparaissent

dansles cottèges

triom-

phaux à

deManiusCuriusDentatussur Pyrrhus; en 250 av. J.-C. défilentà Romeceux que L. Métellusavait capturés aux Carthaginois enSicile: Pline l'Ancien,op.cit.,VII,16. Plus attelés haut,VIII, qui traînèrentle 4, Pline évoque charde les Pompée premierséléphants dansson triomphe sur l'Afrique, alors quedanslelivre XXXIV,19, parlant de l'emploiduchar pour lesstatuesdes triompha- teurs, il mentionneceuxtirés par le pachyderme,qui

Romedèsl'année 274 av. J.-C.,après lesvictoires

seraient«un usagetardif, nedatant quedudivin Auguste ».

VoiraussiS.Reinach,s.v.« Elephas»,dansDA, II (1892),

et J.Guey, loc. cit.,p.256. D'autre part, ce typed'attelage

apparaît surdesmonnaies impériales oùlessouverains

diviniséssont représentés surunchartiré par desélé-

phants, commeonlevoit,parexemple, surunemonnaie

de

cinia {BMC,III, pl.44,

symbole delumièreetd'éternité: J. M. C. Toynbee,

op.cit.,p. 39.

l'époque de Trajan,ayant comme légende DivaMar-

-

n° 8)

l'animalétantconsidéré

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Ab. Statuede Trajan. Muséede

Séville,avantl'installationdansle

socle. Vue de trois quarts. Cl. Muséede Séville.

Statue héroïque de Trajan au MuséeRodin

397

q u e de T r a j a n au MuséeRodin 3 9 7 m

motifdu casque dans le répertoire décoratifďune cuirasse, son emploi n'a rien

ďinsoliteet

moins courant, absentdes cuirasses julio-claudiennes,sporadique au temps des Flavienset des Antonins,paraît êtrele motifréservéauxcuirassesde Trajan età cellesde sonsuccesseur30. Evoquant

davantage l'armement hoplitiqueque

l'hellénisme qui s'amorce déjà sousle règne de Trajan et qui esttoutà faitmanifestedansle

politique et cultureld'Hadrien.

Quant au

les exemples de

ptéryges ornéesainsisontnombreux29. Toutefois, le typecorinthien,

celui de Vexercitus romain, il semble

suggérer un retourà

programme

proposerpour le fragment du Musée Rodin

L'analyse du

une datationdans

décorde la cuirasseconduitdoncà

le premierquart du IIe siècle apr. J.-C.

29. K. Stemmer,op.cit.,p. 162: n08I 7, I 20,122,

4, II 7, II a 2,II a 3, II 4, III 5, III 12,III 13, IV 2,

II

IV 9> IV11 (?), IV16,V10,V

13, V 17, V 25a,VI 1,etc.

30.Ibid.,p.163 : 2 documents pourl'époque flavienne

(n°8 III 7, IVa

1)5 2 pourl'époque de Trajan(n08 V 16,

VII 19);

celuid'Hadrien (n°8 IV 3, VIII 7);

(nos III 8,IVi, IV2,IV 4, IV

antonine (n08 II 4a, III 15, III 19, IV8 (?)).

2 dela findu règne de Trajan etdudébutde

6 du temps d'Hadrien

13, X i) etde l'époque

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398 Liliana Marinescu-Nico/ajsen

L'étude que F. Muthmanna consacréeaux différents types d'élémentsde soutienutilisés

pour lesstatuesen

existe déjà à la finde l'époque hellénistique, maisaucun exemple n'en est connu jusqu'icipour le

Iersiècle apr. J.-C.,quand les empereurs divinisésse plaisaient à

tériens.La

au débutde l'Empire32. Le nu héroïque revientà la modeau

par exemple, une statuede Trajan portant la

représenté en Mars,seul, ou avecSabine-Vénus33 ; les reproductions dece dernier typeiconographique

sontnombreusesduranttoutela dynastie antonine34.Il faudrait peut-être chercher l'explication de

cettemode dans un certainrenouveaudu culte de

d'Hadrien35et dontle temple dédiéà Vénuset à Roma paraît êtrele révélateur.

marbre31 étaye notredatation.En effet, le «Panzertronk », sansêtretrès fréquent,

revêtir plutôt les attributs jupi-

statue-portraithéroïque estd'abordune créationde l'hellénisme, maiselle estassezrare

nesiècle apr.J.-C., commeen témoigne,

léonté herculéenne, ou plusieurs statuesd'Hadrien

Vénus,qui s'opère justement sous le règne

semble que l'on puisse attribuerle

fragment conservé

lui préfère de loinle Palladionassociéà la

civilisationde l'Orientavec celle de l'Occident

Lupa

Compte tenude ces considérations, il

au Musée Rodinà une statuede l'époque hadrianique.Cependant, le motifcentralde la cuirasse

est plutôt raresurles

Romana

reflétantl'idée

Victoiredécorantun

de Trajan qui fondeson pouvoir surle

par Pline37.Dans le

toireau trophéeapportant le clipeus virtutis

trophée est exceptionnel sur les

effigies de cet empereurqui

(groupe de Hiérapytna),synthèse de la

qu'Hadrien

se faisaitde son rôle politique et culturel.En revanche, le thèmede la

personnalité

trophée, bien que non prédominant36, s'accordetoutà faitavecla

couragemilitaire, et il correspond à

sa « vertu» tantlouée

la Vic-

monnayage de Trajancontemporain des campagnesdaces,apparaîtdéjà

,

émissionconsacréeà la Virtus Augusti38, alors que le

monnaiesd'Hadrien39.

Le

trophée de

notredocumentestrevêtud'armesromainessemblablesà celles que l'on voit

déjà

nimonceaud'armesau pied du mannequin, sans personnification d'aucunedes

avaitcombattueset dontles noms apparaissent dans sa titulature officielle, le trophée ne fait pas

d'allusion précise aux faits historiques; ne désignantpas expressément des victoires déterminées,

il doitêtre interprété,ici, dans sa valeur universelle, comme symbolepar

s'il peut faire partie de l'armement

Augusti de Trajan. De même pour le thyréosque porte la Victoire:

dace, il est toutaussi fréquent dans la panoplie du légionnaire romain42.

surl'autelde DomitiusAhénobarbus40etsurtoutsurla Colonne trajane41. Sans captifs barbares

provincesque Trajan

excellencede la Virtus

31. F. Muthmann,Statuenstützenunddekoratives

Beiwerkan griechischen undrömischenBildwerken, Heidel-

berg,1951, notamment p. 58-65.

32. P. Zanker,Augustus unddieMachtderBilder,

Munich,1987,p. 7 sq.

33.

W. H. Gross,Das römischeHerrscherbild,II, 2 ;

2cet18a.

Bildnisse Trajan,Berlin,1940, n° 45,p.62,pl.

HadrienduMuséeAlaouideTunis,ouceluiduMusée

Rome: H. G. Niemeyer,op. cit.,pl.37.

Le groupe de Sabine-Hadrienau Muséedu Louvre:

du Capitole à

J.Charbonneaux,op.cit.) n° 1009,p. 173-174.

époque antonineauMuséedu Capi-

tole:

fig. 108 ;

ibid.,pl.20,fig.107.

Crispine etCommodeduMuséedesThermes:

34. Un groupe d

M.Bieber,Ancient Copies, New York,1977,pl.20,

35.

36.

G.-Ch.Picard,Bas-reliefinéditdelaVillaMedicis,

56,1939,p. 134-150. Voir égalementJ.Aymard,

51,1934,p. 178-196.

III 12); 6

pour

MEFR ,

Vénuset les impératrices sousles derniersAntonins,

MEFR,

Unseul exemplepour Hadrien: K. Stemmer,op.

cit., tableau chronologique horstexte (n°

Trajan(nos I 9, II a 5, II a 7, III 25, VII 18,VII 27).

Enfait,c'estle motifdes griffons auxcandélabres qui

estle plusfréquent : 8documents(nosI 10 a, III 10, V 16,

V 17, V26 (?), VII

miaterionestattestée

par 6documents (nos V 17a,VII 17,

20,VII28,XI 3); la Nikéau thy -

VII 19, VIIIa 2, VIII 50,XIIa i) ; parmieux,4 asso-

cientle motifau thème cosmocratique de Telluset

Jeune,Panégyrique, 4, 4.

Oceanus.

37. Plinele

38. P. L.

prägung

pl. V.

39.

Strack,Untersuchungen zurrömischeReichs-

desII Jahr.,I, Stuttgart,1933,p. 119, n° 374,

Le seul exemple : RICSII, p.373, n° 295,pl.XIV,

Judée.

faisantréférenceà lavictoirede 135 surla

40. J.Charbonneaux,op.cit.)n° 975,p. 130. 41. S. Settis, A. La Regina, G. Agosti, V. Farinella,

La ColonnaTraiana, Turin,1988, scènesnos X,27-29,

XXXIII,77-79,XXXV-XXXVII,87-93,P-272,304-308,

fig.3 et 46-50.

42.Ibid.)scènesI, 4-6,XI, 29-31,XXIV,56-58,

XXXIV,57-59,XXXVIII,95-97,XXXVIII-XXXIX,97- 98,XL,108-109,LIII-LIV,135-136,fig.3,15,28,29, Egalement 53,54,62,82,p.261,273,286,287,311,312,320,340. le reliefmentionnéci-dessus,n.40.

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Statue héroïque de Trajan au MuséeRodin

399

La Victoireau bouclier peut donc êtreconsidéréecommeune

autre expression de la Virtus

Augusti, le thyréosprenant icila valeurdu

ensemblecommel'exaltationde la Virtus Augusti de YOptimusPrinceps . C'est

éternelleet

dédiéau temps d'Hadrienà la mémoirede son pèreadoptif, faisantallusionà la

Trajan, celle qui lui permitd'apporter la Securitas , la Felicitasetla Feconditasdans

clipeus virtutis eton comprendra alorsl'emblèmedansson

,

qualitépremière de

l'Empirepacifié.

existetrois effigieshéroïques, identifiéesaveccertitude

fontdéfaut.

la Victoire impériale,

universelle,qui en est glorifiée. On penserapar conséquent à un hommageposthume,

Mis à part le faux Trajan de Genève43, il

commeétantcellesde l'empereur,auxquelles les jambes

Il

s'agit, en premierlieu, de plusieursfragments d'unestatue provenant du « castro» de Tigani

R.

Herbig en 192844. Seule

la

le groupe 2 Bürgerkronentypus, type remontantà la

a pu être également utilisé pour

des

première

portraitsposthumes.

Neptune ou de Jupiter47; il nous semble que

Trajan48. La statuedevaitêtre

analogue à l'effigie de Claude

la couronne

Borghése49, toutesdeux coiffées, l'une de

tête,couronnée, est reproduite dans l'ouvrage

à Samos,signaléspar

de W. H. Gross45,qui la classedans

décenniedu IIe siècle (103-107), mais qui

C'étaiten faitune statue demi-drapée; il n'est pas impossible de concevoir pour elle une cuirasse commeélémentde soutien, telle qu'on la voitsurla statued'un général romaindu Iersiècleav. J.-C.,

l'image utilisaitl'icono-

graphie de

conservéeau Musée des Thermes46. Cependant, C. C. Vermeule préciseque

cettedernière corresponddavantage à la

théologiejovienne du principát de

conservéeau Vaticanou à celle de la Villa

civique, l'autrede la corona triumphalis, et flanquées de l'aigle, ce qui excluraitla présence du « Panzertronk».

Carlsberg,acquise

par W. H. Helbig en 1910 à

typeque cellede Samos.De taille supérieure à la nature,l'effigie a

près du torse ; la jambegauche fait égalementdéfaut, tandis que

genou.Malgré ces mutilations, il est possible de la rapprocher du Diomèdede Cumes51: la jambe

droiteétantla jambed'appui, la têtetournéeà

autourdu bras

comme l'indique une cassureau reversde la statue.

Une secondestatue héroïque de Trajan est celle de la GlyptothèqueNy

Rome50 (fig. 2 a-b);

la tête, non couronnée, estnéanmoinsdu même

perdu les bras qui descendaient la droiteestbriséeau-dessusdu

manteau jeté sur l'épaule devaits'enrouler

gauche, le

gauche,

Etantdonnéla différencedes marbreset la fracturese situant trop bas surla cuisse, il faut

écarter l'hypothèseque

la

jambe

de la collectionRodinait

pu appartenir à cette effigie de Trajan.

En revanche, unestatuecolossaledécouverteen 1788 danslesthermesde l'Est (« Los Palacios »)

à Italicaet conservéeactuellementau Musée

points communsavec le documentde Paris.Taillée dans un seul bloc, l'œuvreconservela

inférieurede la têteà partir des pommettes, et les traitssontassez

d'Ostie53.Les brasont disparu; la jambegauche estbriséeau-dessusde la chevilleetla jambedroite,

archéologique de Séville52 (fig.3 a- e), offre plusieurs

partie

proches du portrait idéalisé

43. W.Deonna,Muséed'Artetd'HistoiredeGenève.

Catalogue des sculpturesantiques, Genève,1924, n° 131

(8938).

44. R.

Herbig,AA,1928,625; également H. G. Nie-

110.

13,p. 59,74 et 126,pl. 11.

meyer,op.cit., n° 109,p.

C. C.

45. W.Gross,op.cit., n°

46. A. Giuliano,op.cit.,I, 1,n° 164,p. 267.
47.

Vermeule,Roman Imperial ArtinGreeceand

AsiaMinor , Cambridge-Massachusetts,1968,p.

6.

48. Plinele Jeune,op.cit.,1,5; lereliefde l'attique

deTaredeBénéventen

témoigneégalement.

49. M. Bieber,op.cit.,pl.17,fig.92(l'exemplaire du

Vatican) et 93(Feffigie

delaVilla Borghese).

50. V.Poulsen,Les portraitsromains,II, Copenhague,

1974, n° 34(543a),p.63-64,pl.

LV.

51. Muséenationalde Naples, salleV, n° 144978;

LIMC , III (1986), s.v.«

également A.

Diomedes», n° I 38 a -, voir

Maiuri, Il DiomedodiCuma,Rome,1930.

52.

Ramenédès1880au MuséedesBeaux-Arts, elle

Musée archéologique, Inv.

A. García y Bellido,Esculturasromanasde

futtransféréeen 1945 au

n° 1052 :

Españay Portugal,Madrid,1949,p. 32,

marbre grec; H. 2,20 m W.H. Gross,op.cit.,n° 76,

pl. 2a,

n° 20,pl. 20 ;

;

p. 59,61,133(avec mesures erronées).

53.Ibid., n° 74,pl.33-35.

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400

LilianaMarinescu-Nico/ajsen

4 0 0 LilianaMarinescu-Nico/ajsen 5. Dessinsde A. Ponz,p. 1533 : « Fragmento de escultura antigua ».

5. Dessinsde A. Ponz,p. 1533 : « Fragmento de escultura antigua ».

à mi-cuisse.Le corps, avecun déhanchement prononcé,repose surla jambe droite.Le bras

abaissé appuyait la mainsurla hanche,

position des

écarté, tenant probablement une lance, car un

dansle mêmesens.En fait, ici la têteesttournéeversla

épaules. Le manteau, retenu par

dans le dos jusqu'au niveaudu mollet.

gauche

comme l'indique

la traced'une phalange à cetendroit.La

le brasdroitétait

muscles pectoraux et l'arrachementde

l'épaule droite indiquentque

geste oratoireaurait exigéque le regard fût dirigé

gauche,

entraînantune légère torsiondes

unefibule circulaire, est posé sur l'épaulegauche etretombeensuite

type del'Hermès praxitélien54,ou, comme l'exemplaire

par le traitement plus athlétique du torseet le

La pondération de cettestatuedérivedu

de Copenhague, du Diomèdeattribuéà Krésilas55 ;

déhanchementmoins accentué, elle

tudedu bras

d'effigies divinesremontantaux Veet IVesièclesontété repris et

notammentà l'époque impériale, comme l'Augusted'Otricoli58, le « Pompée » du Palazzo Spada59,

peutrappelerégalement le Diadumène polyclétéen56, maisl'atti-

gauche se rattache davantage à l'Arèsdu « Dodécathéon» d'Ostie57.Ces prototypes

adaptéspour

des

statues-portraits

54. Ch.Picard,Manuelď

56.

57.

archéologiegrecque.

La sculp-

ture,IV,2,Paris,1954.p.274sq.,fig.107,pl. IX.

55. VoirnotammentF. Carinci,loc.cit.,p.27-32 avec bibliographie.

P. E. Arias,Policleto, Milan,1964,pl.73.

G.Becatti,Nuovoframentodeldodekatheon pras-

sitelicodiOstia,Boll.Arte, 36,1951,p.

et 3; LIMC,III (1986), s.v.«

193-200,fig. i

Dodekatheoi»,n° 24.

Skulpturen desVaticanischenMu-

seum , III, i, Berlin,1956, n° 565,p. 162 ; voiraussici-

dessus, n. 9.

Facenna, II Pompeo diPalazzo Spada, Arch.Cl.,

8,1956,p. 173sq.,pl.41-43;

pompeiano del Campo Marzioe

scultorea,Atti Pontif.Accad.,44,1971-1972,p.99-122;

voiraussici-dessus, n.

58. G. Lippold, Die

59.

D.

F. Coarelli,Il complesso

la sua decorazione

9.

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Statue héroïque de Trajan au MuséeRodin

401

o ï q u e de T r a j a n au MuséeRodin 401 6

6. Dessinsde J. Matute y Gavi-

na,p. 90, Pl.17.

. Matute y Gavi- n a , p . 9 0 , Pl.17. 7. Dessinde Demetriode

7. Dessinde Demetriode

los Rios.

plusieurs statuesd'Hadriendécouvertesaussibiendansla pars Graeca que dansles provinces occi-

dentalesde

au Metropolitan Museumde New York61en est le témoin. La statued'Italicaoffredes analogies toutà faitsaisissantesaveccellede CaiusOfelliusFérus de Délos récemment restaurée62, à ceci prèsque surla statuede Trajan le manteautombelibrement dansle dos, ce qui la distingue de toutesles autresstatuesde la série, et que la main gauche est

l'Empire60 et jusqu'à des époques

tardives: le bronzede TrebonianusGallusconservé

posée

sur la hanche.

Plusieursdétailsde

l'effigieibérique de Trajanpermettent d'avancer l'hypothèseque

la

jambe

conservéeau Musée Rodin peut lui êtreattribuée: notonsl'identitédu marbre, blancà cristauxfins

et serrés, avecdesveinesmicacéesobservablessurlescassures ; lesmensurationsdétailléescoïncident (tour de la jambe à mi-cuisse, sousle molletet au-dessusde la cheville); surtout, ces mensurations livréessurordinateurà un logiciel de typeCAD, ontrévélé que les deux documents - statueet

jambe - étaient compatibles. Du

point devue stylistique, onretrouvele mêmetraitementdu modelé,

6o. Pergame :

M.

Wegner,op.cit.,1956,p. 59,66,

pl.14;Argos : W.

BCH,82,1958,p.550sq.,fig.25-26; J.Marcadé,Sculp-

tures argiennes,II, BCH, 87,1963,p.44sq.,fig.16-175

Tunis: M.

meyer,op.cit.,pl.37, 1 ; Vaison-la-Romaine: M. Wegner,

ibid.,p. 71,115,pl. 12et 14.

Vollgraff, Leflancorientaldela Larissa,

Wegner,op.cit.,1956,p.46,115; H.G.Nie-

61.M. Biebei,op.cit.,pl.158,fig.894.

62.J.Marcadé,AuMuséedeDélos,Paris,1969,p.117-

118; G.-L.Bartheet D. Besnainou, Restaurationde

l'effigie-portrait deCaiusOfelliusFérusà Délos,BCH,

112,1988,p.413-432,fig.1-2,28-30.

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402 Liliana Marinescu-Nicofajsen

402 Liliana Marinescu-Nicofajsen 8 a. Reconstitutionde l a droite,simulation p a r un l o g

8 a. Reconstitutionde la

droite,simulation par un logiciel

de type CAD-CAM.

jambe

un

peu de la fracturede la cuisseattenanteà la statuetrouveson

le raccordne sauraitêtre complet entrela jambe etla cuisse, caril manque un morceausurle revers

pas été possibled'appliquer

l'empreinte en

plastiline de la cassurede la jambe, surla cassurede la statue, car celle-ciest fixée,

depuis le réaménagement du Musée archéologique en 1945,

disgracieusebéquille - qui,

et plusieurspetitsfragments surle côtéintérieur ;

froidet banal, avecla mêmesailliedu musclele

long

du tibia. Enfin, un détailsurle tracé

échosurla fracturede la jambe.Certes,

d'autre part, il n'a

surun socleen granit - une sortede

W. H.

de su<