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Mémoire de stage effectué à l’AGENCE D’URBANISME POUR LE DEVELOPPEMENT DE L’AGGLOMERATION LYONNAISE dans le cadre du MASTER 1 GENIE URBAIN ET ENVIRONNEMENT de l’Université de la Réunion

MEMOIRE DE STAGE DE FABIEN GARDENAT

de la Réunion MEMOIRE DE STAGE DE FABIEN GARDENAT L L L E E E S
de la Réunion MEMOIRE DE STAGE DE FABIEN GARDENAT L L L E E E S
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Sous la direction de :

Tutrice de l’agence :

d’étude espaces périurbains et agricoles

Tuteur universitaire : Michel REYNAUD, Professeur en Gestion écologique

Laurence BERNE Chargée

Professeur en Gestion écologique Laurence BERNE Chargée FF F aa a bb b ii i ee
Professeur en Gestion écologique Laurence BERNE Chargée FF F aa a bb b ii i ee

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JUILLET 2009

écologique Laurence BERNE Chargée FF F aa a bb b ii i ee e nn n

Les liaisons vertes : faire entrer le vert dans la ville

REMERCIEMENTS

Tout d’abord, j’adresse mes remerciements à l’Agence d’Urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise pour m’avoir permis d’effectuer mon stage au sein du pôle « Grands Territoires ». Je remercie plus particulièrement :

Madame Laurence BERNE, ma tutrice de stage, qui a fait preuve d’une grande disponibilité à mon égard, pour m’avoir fait confiance et m’avoir laissé une grande autonomie dans la réalisation de cette analyse. Je remercie ensuite, Monsieur Olivier ROUSSEL pour m’avoir accueilli dans son pôle et pour les précieux conseils fournis. Ainsi, un grand merci à Monsieur Olivier FREROT, directeur de l’Agence, pour m’avoir donné cette grande opportunité et avoir gardé un œil sur moi malgré son emploi du temps surchargé.

Je remercie également Monsieur Michel REYNAUD pour m'avoir encadré et conseillé au cours de mon stage. Ainsi que Monsieur Laurent SAUZAY et Madame Véronique HARTMANN pour leurs compétences et leurs observations lors de nos séances de travail. Un remerciement spécial à Joëlle DIANI pour ses conseils et son soutien. Une mention spéciale au couple responsable du GUE, Madame Alexandra SCHAFFAR et Monsieur Michel DIMOU pour nous avoir donné cette chance et leur confiance afin de représenter leur formation.

Enfin, je remercie l’ensemble du personnel de l’Agence (Angele, Nicole, Sandra.M, Sandra.L, Beravong, Jallali, Mr Patrick Brun, Mr Philipe Mary) pour leur accueil très chaleureux et pour avoir fait preuve de disponibilité et d’attention à mon égard tout au long du stage. Egalement, à tous les stagiaires avec qui on a passé de très bons moments. Un merci, tout particulier à Jonathan, Océane, Aurélie et Claudia qui ont su m’épauler et m’apporter des moments de divertissements très agréables.

Je n’oublierai pas de remercier les services de l’Université, du Département, de la Région, de l’ANT et tout ce qui ont participé financièrement à ce stage sans qui ce stage n’aurait pas eu lieu dans des conditions aussi favorable.

qui ce stage n’aurait pas eu lieu dans des conditions aussi favorable. Fabien GARDENAT Mémoire de

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

juillet 2009

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qui ce stage n’aurait pas eu lieu dans des conditions aussi favorable. Fabien GARDENAT Mémoire de

Les liaisons vertes : faire entrer le vert dans la ville

RESUME

L’évolution de la perception de la nature en ville aborde un tournant décisif durant ses dernières années. Autrefois chassée des villes, les limites de la ville et de la nature s’estompe aujourd’hui pour arborer des « nouvelles » fonctionnalités nécessaires à la vie urbain. En effet, les fonctions de l’Arbre en milieu urbain sont diverses :

Sociales (lieu de rencontre, d’échange, de paix sociale, récréatif…)

Pédagogiques (lieux d’apprentissage, d’enseignement et de sensibilisation)

Esthétiques et paysagères (embellissement, structuration paysagère, valorisation)

Le contexte actuel concernant le cadre de vie, le réchauffement climatique, la disparition des espèces et le besoin des citadins en nature définissent de nouveaux enjeux sociétaux :

Enjeux d’offre de loisirs, de bien être, de lieu de repos

Enjeux de lutte contre les effets d’îlot de chaleur, de pollution, assainissement

Enjeux de conservation de la biodiversité, des flux et des déplacements d’espèces

Enjeux urbanistiques avec la création d’espaces de nature à proximité et d’habitats intégrant du vert.

Cette réappropriation de la ville par la nature est synonyme de réappropriation de la ville par les citadins, d’intégrer dans la planification urbaine le désir du citoyen, son droit à une vie meilleure en ville et sa volonté de participer à son fonctionnement. Les planificateurs et les institutions redistribuent les cartes en misant également sur la valeur économique du vert c'est-à-dire en jouant sur le marketing territorial du vert pour rendre son espace attractif aux investissements. Le vert devient alors une arme pour les choix résidentiels, pour l’implantation de société, pour l’attractivité d’une ville, pour freiner l’étalement urbain, pour faire barrage à l’automobile et pour garantir un bon niveau de vie en ville. A Lyon, la situation est semblable aux grandes métropoles conséquence d’une recherche de nature, avec une ville dense gentrifiée qu’il faudra encore densifier, une périurbanisation paupérisée croissante grignotant l’espace naturel et agricole, un étalement urbain pavillonnaire à maitriser et des espaces de nature saturés.

La planification de la ville et même du territoire doit concilier la ville dense et la ville habitable par conséquent trois principaux chantiers sont en cours: Information/conseil en faveur de la biodiversité et du maintien du vivant (suite de l’étude réalisée sur les corridors écologiques)

vivant (suite de l’étude réalisée sur les corridors écologiques) Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

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vivant (suite de l’étude réalisée sur les corridors écologiques) Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

Les liaisons vertes : faire entrer le vert dans la ville

Les liaisons vertes : faire entrer le vert dans la ville  Nature en ville :

Nature en ville : accompagner la densification d’une présence forte de nature (toiture/mur végétalisés, herbes folles, requalification de voirie)

Produire une nouvelle offre de loisirs de proximité : mettre en œuvre les liaisons vertes du Scot (Définition pages 7 et 69 ) Ainsi dans cette réconciliation avec la nature, le développement de l’agglomération lyonnaise passe par l’application du Scot qui met l’environnement comme facteur d’attractivité de la métropole en élaborant une armature verte basée sur les parcs, les jardins, les grands paysages, les espaces naturels et agricoles. Dans ce schéma, les liaisons vertes instaurent une connexion entre ces espaces pour aboutir à une offre de nature et d’espaces récréatifs de proximité. Ces Liaisons Vertes deviennent un moyen de faire entrer la nature en ville.

Liaisons Vertes deviennent un moyen de faire entrer la nature en ville. Fabien GARDENAT Mémoire de

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Liaisons Vertes deviennent un moyen de faire entrer la nature en ville. Fabien GARDENAT Mémoire de

Les liaisons vertes : faire entrer le vert dans la ville

Les liaisons vertes : faire entrer le vert dans la ville Sommaire REMERCIEMENTS 1 RESUME 2

Sommaire

REMERCIEMENTS

1

RESUME

2

PREAMBULE

5

INTRODUCTION

7

I. De l’importance du vert dans la ville

8

1.1

Les enjeux du vert

8

1.2

Réappropriation de la nature par la ville

18

1.3

Quelle compatibilité entre la ville dense et une ville verte ?

26

II. Faire entrer la nature dans l’agglomération Lyonnaise

35

2.1

Le contexte urbanistique Lyonnais

35

2.2

Les nouveaux enjeux

41

2.3

40 ans de planification au service du vert (Inversion de regard)

53

2.4

Le Scot et l’armature verte de l’agglomération pour un développement urbain

équilibré

62

III.

La mise en œuvre des liaisons vertes ; un processus en cours

d’élaboration

69

3.1 Principe des liaisons vertes métropolitaines

69

3.2 Rôle de structuration du tissu urbain (Mise en réseau de l’armature verte de

l’agglomération)

74

3.3

Du Principe au projet

82

CONCLUSION

102

BIBLIOGRAPHIE

103

ANNEXES

105

82 CONCLUSION 102 BIBLIOGRAPHIE 103 ANNEXES 105 Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 4

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82 CONCLUSION 102 BIBLIOGRAPHIE 103 ANNEXES 105 Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 4

Les liaisons vertes : faire entrer le vert dans la ville

PREAMBULE

Depuis l’Antiquité, il existe une certaine idée de la nature et de ses relations avec l’homme. Elle incarne à cette époque la puissance des éléments naturels et la démesure qui fait opposition à la cité qui apparaît comme le lieu de la « nature » humaine. En effet, la cité est l’espace de la civilisation, de la tempérance, de la mesure : le métron, qui a donné le mot métropole.

Au fil des siècles, la ville façonnée par les constructeurs ne cesse de faire référence à la nature. Alors que l’art roman renvoie à une conception cosmique de la nature, l’art gothique évoque une conception organique et naturaliste du vivant. La Renaissance a fait de la nature en ville le décor du pouvoir. Pour les architectes et urbanistes hygiénistes et utopistes de la fin du XIXe siècle qui sont à l’origine des jardins ouvriers, des parcs, la nature est source d’équilibre, de santé et d’apaisement social.

A chaque époque la ville renouvelle son rapport à la nature. L’image de la ville moderne que façonnent les journaux est celle de la dureté et du stress, tandis que la campagne serait synonyme de douceur de vivre et de paix. Les métropoles sont les lieux de concentration de l’économie, mais le bien-être serait-il ailleurs ? En quelques décennies, l’expansion urbaine a connu une évolution sans précédent. La ville s'étale en annexant des espaces naturels et ruraux périurbains et, dans le même temps, valorise quelques espaces urbains épargnées de l'urbanisation. L’aspiration à davantage de nature n’est pas étrangère à ce phénomène surtout que quatre français sur cinq vivent aujourd’hui en ville. Les villes se desserrent. Les agglomérations grandissent, leur densité baisse. Les villes qui ont perdu des habitants dans les recensements précédents ont réagi en misant sur le renforcement de leur attractivité. Elles redoublent d’investissements et de projets pour améliorer leur cadre de vie. Elles édifient ainsi des squares, des parcs et des jardins sur les bas-fonds marécageux, les terrains inconstructibles, et les espaces boisés pentus. Rien n’arrête l’ambition des villes pour s’affirmer comme des lieux de bien être et d’épanouissement. La revendication de nature est partout, au centre, en périphérie, dans les espaces publics, sur les balcons, jusque dans nos assiettes. Tous ces espaces composent un paysage végétal unique, un assortiment d'infrastructures vertes qui structurent l'armature urbaine.

d'infrastructures vertes qui structurent l'armature urbaine. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 5

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d'infrastructures vertes qui structurent l'armature urbaine. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 5

Les liaisons vertes : faire entrer le vert dans la ville

Les liaisons vertes : faire entrer le vert dans la ville Quel est le rôle de

Quel est le rôle de ces coupures vertes dans le tissu urbain ? La séparation ville/nature serait elle finie ? Trois objectifs pour un retour de la nature dans la ville : maintenir un bon état de fonctionnement des écosystèmes, répondre aux aspirations des citadins et valoriser l’espace urbain. Mais comment se fait se retour ? Quels planifications et aménagements sont préconisés ? Vers quelle forme d’urbanisme et de ville tend t’on ? Quels sont les nouveaux enjeux et les nouvelles approches à prendre en compte ? La mission confiée par l’Agence d’Urbanisme de Lyon est de réaliser une analyse spatiale, sensible et illustrée de la place du végétal dans les tissus urbains constitués. Les lieux d’analyse privilégiés pour répondre à cette problématique ont été, à l’occasion d’un stage réalisé à l’Agence, les liaisons vertes métropolitaines du Scot lyonnaise (concept développé page 69).

vertes métropolitaines du Scot lyonnaise (concept développé page 69). Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

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vertes métropolitaines du Scot lyonnaise (concept développé page 69). Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

Les liaisons vertes : faire entrer le vert dans la ville

INTRODUCTION

Le travail effectué est le fruit d’un stage de 3 mois réalisé d’avril 2009 à juillet 2009 sur les liaisons vertes. En effet, les objectifs principaux ont consisté à :

Participer à la réflexion de l’agence sur le rapport ville-nature.

Prendre connaissance et analyser plus particulièrement les 4 liaisons du Scot identifiées pour la commande

Illustrer la place du végétale dans le tissu urbain constitué en lien avec les liaisons vertes

Faire du « benchmarking 1 » de ce qui a été réalisé dans d’autres agglomérations en matière d’aménagement de nature

Mon stage a été réalisé simultanément au démarrage d’une commande du Grand Lyon 2 sur la mise en place d’un cahier des charges « liaisons vertes », dans la perspective d’une mise en œuvre d’une de ces liaisons au cours du mandat actuel. Mon travail apporte donc une réflexion théorique de la nature en ville (enjeux en autre des liaisons vertes), également de préciser et d’illustrer la mise en place des liaisons vertes inscrites dans le projet du Scot (suite de l’étude réalisée par le cabinet TIKOPIA 3 pour le compte du SEPAL 4 et du travail de Serena Vanbutsele stagiaire agence). Les enjeux étant de produire une nouvelle offre d’espaces récréatifs de proximité dans les espaces de nature. Pour ce faire, il a d’abord fallu comprendre et donc de mettre à plat le contexte dans lequel s’inscrit cette démarche de nature en milieu urbain. Ainsi, Il est nécessaire d’emblé d’évoquer la place de la nature en ville ses effets sur le territoire pour apprécier l’importance de cette nature. Ensuite, il m’a paru inévitable de comprendre les projets existant à Lyon, leur philosophie et comment ils sont planifiés dans le Scot. On s’attache alors à analyser les choix de l’agglomération lyonnaise et sa politique, notamment par la mise en place du Scot, pour faire enter la nature en son sein. Enfin, on passe à l’étude de cas et aux principes des liaisons vertes métropolitaines qui est un moyen de faire entrer la nature à Lyon et de créer une nouvelle offre. Définition de liaison verte 5 :

« Les liaisons vertes sont des espaces de circulation réservés aux piétons et aux cyclistes, espaces de dimensions variables, mais suffisamment larges pour être

agrémentés de plantations. Elles sont utilisées pour les déplacements quotidiens ou pour la promenade et facilitent l’accès aux équipements publics. Elles permettent

de décloisonner et de structurer les espaces urbains traversés, d’améliorer le paysage et l’environnement dans les secteurs dégradés. (…) Leur organisation en réseau

ramifié, sur plusieurs kilomètres, permet d’irriguer l’agglomération dense et de la relier aux massifs forestiers périphériques et à l’espace rural, également support des

activités récréatives de plein air. En milieu urbain, elles permettent la pénétration de la nature, grâce à un accompagnement végétal et une emprise assez large. Leur

parcours peut être agrémenté d’espaces de détente. Les traversées d’obstacles sont protégées ou dotées d’ouvrages de franchissement. Elles trouvent leur

prolongement dans les cheminements verts d’intérêt local, les pistes cyclables ou les sentiers de grandes randonnées. »

1 Ou Analyse Comparative : est une technique de marketing ou de gestion de la qualité qui consiste à étudier et analyser les techniques de gestion, les modes

d'organisation des autres entreprises afin de s'en inspirer et d'en retirer le meilleur.

2 La communauté urbaine de Lyon regroupe 57 communes et s'étend sur 51 500 hectares, au cœur de la région Rhône-Alpes. Sa population s'élève à plus de 1

300 000 habitants, soit 80% de la population du département du Rhône.

3 Bureau d’étude dans le domaine de la nature, des loisirs, du tourisme et d’analyse de territoire.

4 Syndicat mixte d’études et de programmation de l’agglomération lyonnaise

5 Définition de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région d’Ile-de- France, dans « Note rapide sur l’environnement, les liaisons vertes desservant les bases de loisirs régionales », n°367, novembre 2004.

desservant les bases de loisirs régionales », n°367, novembre 2004. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

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desservant les bases de loisirs régionales », n°367, novembre 2004. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

I.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration I. De l’importance du

I.

De l’importance du vert dans la ville

Par nature en ville, on entend les espaces verts, les parcs, les jardins, les arbres d’alignement et les animaux domestiques peuplant la ville: une nature introduite, organisée et gérée par l’homme. Mais la nature en ville peut également être sauvage ; on pensera par exemples aux friches urbaines. La ville et sa nature, est un théâtre où se rencontrent l’écologie et l’ethnologie. Une approche interdisciplinaire, centrée sur le monde végétal, se trouve proposée. Pour l’écologue, la nature en ville s’appréhende en terme de biodiversité. Comment la caractériser ? Quelles fonctions joue t-elle ? En quoi le contexte actuel favorise t-il son retour ?

1.1 Les enjeux du vert

1.1.1 Fonctions de l’arbre en milieu urbain et caractéristiques de sa prise en compte

a. Des fonctions sociales et pédagogiques évidentes

Intuitivement, la vague hygiéniste du 19 e siècle l’avait bien senti : les arbres adoucissent la vie. Depuis, des études du comportement humain l’ont confirmé : les couleurs ont une influence considérable sur la vie des hommes. Le vert et le bleu sont reconnus comme des couleurs particulièrement apaisantes. Des observations précises dans les hôpitaux révèlent combien la vue sur des arbres participe au moral des malades, à leur réconfort et donc à l’amélioration de leur état. Associés à la promenade et au repos, les arbres sont facteurs d’équilibre. L’ombrage estival, le bruissement des feuilles et l’odeur qu’ils procurent sont

évident bienfait qui n’est plus à démontrer (C.M Gillig, 2008). Les espaces végétalisés, dans leur diversité, peuvent être le support d’activités variées et offrir de nombreuses opportunités : jardinage, jeu, terrain d’aventure, promenade, détentes,

cueillette, festivité

intergénérationnelles et de mixité sociale. Moins onéreux que les structures en dur, ils peuvent être un vecteur pour rompre l’isolement. Accessibles à tous, ils peuvent contribuer à l’épanouissement des habitants ou à l’amélioration de leur santé. S’ils sont suffisamment attrayants ils peuvent détourner les enfants des activités passives d’intérieur (télévision, jeux vidéo, …). Cette dynamique peut permettre aux citoyens de mieux s’investir dans la vie de la cité. De consommateurs d’espaces verts, ils peuvent en devenir initiateurs, animateurs voire gestionnaires.

Les espaces de nature sont des lieux privilégiés de rencontres

Les espaces de nature sont des lieux privilégiés de rencontres Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

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Les espaces de nature sont des lieux privilégiés de rencontres Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

I.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

b. Des fonctions culturelles souvent esthétiques et paysagères

L’arbre joue un rôle prépondérant dans la structuration paysagère en ville et constitue un élément de référence pour les citadins par rapport à l’espace (C.M Gillig, 2008). L’insertion harmonieuse de l’arbre dans l’environnement urbain permet de créer un cadre agréable, de mettre en valeur les bâtiments, les vues et perspectives. L’arbre articule et définit les espaces. L’arbre est un élément central du paysage de nos villes ; il met en valeur ou au contraire occulte des éléments architecturaux ou urbains. Il a toujours été vu et perçu comme un « faiseur » de paysage, c'est-à-dire une fonction esthétique et embellissement d’un espace.

c. Des fonctions écologiques

Les arbres constituent un des éléments majeurs des écosystèmes urbains et permettent la présence de nombreux êtres vivants en ville : insectes, oiseaux, mammifères et communautés végétales. Les arbres de ville sont le siège d’une intense activité de l’avifaune. Le nombre d’espèces varie en fonction de la diversité du milieu. L’effet positif de la végétation dans le maintien ou l’introduction de véritables écosystèmes urbains est d’autant plus important si les espaces plantés sont reliés entre eux et sont en connexion avec les périphériques plus champêtres (notion de mise en réseau et de corridor biologiques). La colonisation de la flore et la faune se fait en effet de proche en proche et les échanges permanents entre le milieu construit et le milieu extérieur sont, de ce fait, essentiels pour le maintien et le renouvellement de la biodiversité urbaine. Ce réseau en milieu urbain s’appelle la trame verte et est la somme :

-des habitats naturels de la flore et de la faune sauvage et spontanée, -des sites de reproduction, -des sites de nourrissage, -des sites de repos et d’abri, -des « couloirs » (corridors) de déplacement (dont migrations) de la faune sauvage, -des « couloirs » (corridors) de dispersion de la flore. L’état et la qualité de cette trame verte se mesurent dans la qualité et la quantité des habitats naturels et des connexions biologiques entre ces habitats. Les habitats sont en quelque sorte les nœuds du maillage, et ils jouent le rôle de réservoir de gènes, d’espèces, de communautés pour la biodiversité.

de gènes, d’espèces, de communautés pour la biodiversité. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 9

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de gènes, d’espèces, de communautés pour la biodiversité. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 9

I.

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I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

d. Différentes échelles pour aborder la nature en ville

Deux constats peuvent être observés : la trame verte s’apprécie à des échelles spatiales variées :

- à l’échelle des grands couloirs de migration pour les oiseaux,

- à échelle paysagère pour les habitants,

- ou à échelle plus locale (berge de rivière, fossé).

- à différentes échelles administratives (pays, région, Département, Parc naturel

régional, Agglomération, ville, etc.) Elle s’apprécie aussi dans le temps, c'est-à-dire que certains corridors ne remplissent leur fonction qu’à certaines époques de l’année (ex : corridors de migration pour les amphibiens, poissons, oiseaux ou papillons migrateurs), ou ponctuellement lors de migrations imposées par des aléas climatiques ou de type incendies… Ainsi, à titre d'exemple la trame verte d'agglomération du Scot de l’agglomération lyonnaise tient compte à la fois d’une logique métropolitaine d’organisation d’un réseau maillé d’espaces naturels et agricoles mais également des projets communaux concernant ces espaces.

L’entrée par les paysages permet de faire état des fonctions d’un espace mais également de ces représentions. On peut avoir une approche plus écologique en considérant les classements par biotope (voir Tableau 1 et 2 ci-dessous) :

Tableau 1 : Classement typologique des espaces verts mis au point par les ingénieurs de

Tableau 1 : Classement typologique des espaces verts mis au point par les ingénieurs de l’AITF en 1995

verts mis au point par les ingénieurs de l’AITF en 1995 Tableau 2 : CORINE biotope,

Tableau 2 : CORINE biotope, classement européen des différents biotopes

2 : CORINE biotope, classement européen des différents biotopes Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

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2 : CORINE biotope, classement européen des différents biotopes Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

I.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

1.1.2 Dérouler le tapis rouge au vert pour atténuer les îlots de chaleur urbains

Les villes vont devoir se préparer au changement climatique : une végétalisation abondante des tissus urbains permettra de réduire les effets dramatiques des vagues de chaleur sur la santé humaine 6 .

Etant dans une zone tempérée, la France présenterait une variabilité climatique plus grande que sur d’autres parties de la planète. L’évolution de la température moyenne nationale devrait prendre plus de degrés que la moyenne mondiale. En région Rhône-Alpes, les vagues de chaleur seront plus fortes en été, les hivers plus doux. Sur Lyon, depuis le siècle dernier, les températures maximales ont augmenté d’un degré et les températures minimales de deux degrés. Les relevés mettent également en évidence un réchauffement plus important au sein des villes du fait de l’effet d’îlot de chaleur urbain.

villes du fait de l’effet d’îlot de chaleur urbain. Les précipitations restent constantes mais il y

Les précipitations restent constantes mais il y aura sans doute des épisodes pluvieux plus intenses en automne, avec des risques de ruissellements, de crues, etc.

automne, avec des risques de ruissellements, de crues, etc. Photo 1 : Le parc technologique de

Photo 1 : Le parc technologique de la porte des Alpes à l’entrée Est de l’agglomération lyonnaise est équipé de bassins d’infiltration d’eau pluviale (Certu-Stéphane Autran)

Les relevés effectués à la station de Bron, sur la période 1922-2005, montrent que la région Rhône-Alpes a connu une réduction des précipitations cumulées d’environ 20 % sur les mois

6 Emmanuel Boutefeu, article paru dans la revue Techni-Cités n°129 du 8 mai 2007

article paru dans la revue Techni-Cités n°129 du 8 mai 2007 Fabien GARDENAT Mémoire de stage

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article paru dans la revue Techni-Cités n°129 du 8 mai 2007 Fabien GARDENAT Mémoire de stage

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration de juin, juillet et août. Les niveaux

de juin, juillet et août. Les niveaux d’enneigement des massifs montagneux devraient

diminuer avec des répercutions notables au niveau des écosystèmes : la majeure partie de la Région Rhône-Alpes 7 devrait évoluer vers une biodiversité plutôt méditerranéenne d’ici 2030-

2050.

En ce qui concerne l’aménagement du territoire, la création et la préservation d’espaces verts et de parcs en milieu urbain constituent des mesures simples qui s’avèrent bénéfiques quelle que soit l’ampleur du réchauffement. Elles s’accompagnent d’autres avantages : réduction des poussières dans l’air, limitation des écoulements d’eau lors des pluies intenses, espaces supplémentaires pour la biodiversité. Leur développement peut aussi se faire par la promotion des toits et rails verts, peu répandus actuellement en France. Selon certaines études de l’Institut de veille sanitaire (INVS), les villes denses sont décrites comme plus vulnérables que les villes vertes durant la vague de chaleur de 2003. Les auteurs mettent en évidence que certaines caractéristiques des logements diminuent le risque de mortalité comme la hausse de l’indice de végétation à proximité des logements pour rafraichir l’air ambiant et d’abaisser les températures extérieures.

D’autres travaux montrent que des écarts de température entre un parc urbain et ses environs vont de 1°C à 7°C et que cette différence est plus importante aux abords de grands parcs arborés « baignés » par une rivière. L’orientation donnée au projet d’aménagement des berges du Rhône à Lyon a fortement été influencée par les épisodes caniculaires. La volonté a été de privilégier un aménagement « vert » basé sur le développement et la conservation des espaces verts, parcs et zones de rafraîchissement.

Par extrapolation de ces données d’études, des mesures sont à mettre en place pour rafraîchir les villes 8 :

réduire les surfaces imperméables ;

préférer les revêtements clairs réfléchissant la lumière ;

planter des arbres capables de transpirer en période de forte chaleur ;

ombrager les parkings, les cours d’école, les esplanades ;

végétaliser les murs, les balcons, les toitures-terrasses ;

mettre en service des fontaines, jets d’eau, bassins d’eau vive ;

multiplier les espaces verts de proximité.

7 Changement climatique : comment s’adapter en Rhône-Alpes ? Rhône-Alpes énergie environnement, juillet 2007, 40 p. et cédérom.

8 Concevoir, édifier et aménager avec le développement durable, Éditions Le Moniteur, 368 p.

avec le développement durable, Éditions Le Moniteur, 368 p. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

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avec le développement durable, Éditions Le Moniteur, 368 p. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration Afin de limiter les effets négatifs des

Afin de limiter les effets négatifs des pics de chaleur, l’introduction massive d’espaces verts et d’arbres doit être une priorité. Les villes doivent anticiper cette nouvelle donne climatique.

1.1.3 Nouvelle perception de la ville et de l’espace vert

a. De nouveaux rapports à la nature : des limites ville/nature qui s’estompent

Une représentation idéologique traditionnelle de la nature oppose la ville à la campagne ; la campagne serait le lieu de production de ressources naturelles tandis que la nature en ville, constituée d’espaces verts paysagers, aurait une fonction récréative, esthétique et hygiénique. Ce schéma simpliste est mis à mal par l’évolution des facteurs socio-économiques. En ce sens, Martin Vanier considère que, dans les relations ville/campagne, l’âge de la transaction a succédé à l’âge de la production et à l’âge de la consommation 9 . Cette phase de transaction, se caractérise par de nouveaux rapports à la nature, de nouvelles formes et valeurs de mobilité, et de nouvelles configurations politico-territoriales au travers du développement de l’inter- territorialité. Contrairement aux zones rurales isolées (dites rurales profondes), qui continuent à perdre des habitants, les zones rurales proches des agglomérations voient leur population s’accroître par l’arrivée des ménages ayant un emploi en ville et un mode vie urbain 10 . L’accroissement de la mobilité par l’usage des moyens de transport individuels et collectifs est à la fois moteur et conséquence du phénomène de périurbanisation. Des zones rurales très éloignées des métropoles deviennent de facto péri-urbanisables avec le TGV. Dans ce contexte, la dimension paysagère revêt une importance particulière ; la convention européenne du paysage recommande de mettre en œuvre des politiques paysagères au niveau local, notamment en territoires urbains et périurbains. Dans cette convention, ratifiée par la France, le paysage est défini comme le résultat de « l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations ». Le paysage n’est donc pas exclusivement lié à la problématique de l’environnement et de l’écologie, il possède aussi une dimension culturelle et identitaire, il constitue enfin une ressource économique qui intéresse beaucoup la ville.

9 Vanier Martin, 2005. La relation « ville/campagne » ré-interrogée par la périurbanisation. Villes et territoires n° 328 - Septembre-Octobre 2005 10 Pierre Merlin ; L’aménagement du territoire en France ; La Documentation française, 2007, 174 pages.

territoire en France ; La Documentation française, 2007, 174 pages. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

juillet 2009

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territoire en France ; La Documentation française, 2007, 174 pages. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

I.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

b. Nouveaux jardins, nouveaux espaces verts urbains

La gestion écologique des espaces verts est avant tout une gestion différenciée qui s’inscrit dans la démarche du développement durable. C’est ensuite une gestion excluant autant que possible les traitements chimiques biocides en les remplaçant par la lutte biologique contre les animaux « ravageurs », en binant le sol pour retirer les mauvaises herbes et en limitant l’emploi de fertilisants.

Selon la formule de Gilles Clément 11 : « le jardin combine l’industrie de l’homme à l’inventivité de la nature » et pour lui l’industrie du jardinier doit consister à « faire le plus possible avec, le moins possible contre ». Il définit ainsi le concept de « jardin en mouvement » qu’il a décrit pour la première fois en 1985 sous la dénomination de « friche apprivoisée » :

« Dans cette dynamique de gestion, l’une des manifestations les plus remarquables du jardin en mouvement vient du déplacement physique des espèces sur le terrain. Ce déplacement rapide et spectaculaire concerne les espèces herbacées à cycle court - annuelles, bisannuelles

- qui disparaissent sitôt

leurs graines formées (

décidé du choix de leur emplacement (

de celui qui l’entretient ». Les délaissés urbains ou ruraux, les friches urbaines, marais, landes, tourbières, bords de routes, talus de voies ferrées, rives de cours d’eau, qui étaient autrefois les espaces naturels les plus dépréciés sont aujourd’hui valorisés en tant qu’espaces d’accueil de la biodiversité. Ces espaces représentent ce que Gilles Clément appelle le tiers-paysage qui devient un élément marquant du paysage urbain. En régions périurbaines, sujettes à l’implantation de lotissements, zones d’activités, où les infrastructures (routes, autoroutes, voies ferrés) sont particulièrement denses, les habitats naturels subissent une fragmentation qui fragilise certaines populations animales. Des dispositifs offrent des voies de passage à la faune sauvage, soit sur les voies de communication (passages à faune), soit sous forme de tunnels

Le dessin du jardin change au fil du temps, dépend

Le jardin en mouvement préconise de conserver les espèces ayant

(coquelicots, bleuets, nielles, nigelles, digitales, molènes, résédas (

)

).

).

(crapauducs). Toutes ces notions, développées par l’écologie scientifique sont appliquées dans une nouvelle discipline au service de l’aménagement du territoire : l’écologie du paysage. « Pour analyser la mosaïque paysagère et en tirer des enseignements, l’écologue utilise toute une batterie de paramètres qui découlent de la nature et de la longueur des contacts entre

unités écologiques différentes (

de la diversité et de la fragmentation dans l’espace de ces

unités, de la nature des relations qu’entretiennent ces unités entre elles grâces à des

)

11 Clément Gilles et Louisa Jones, Une écologie humaniste, Aubanel, 2006

Gilles et Louisa Jones, Une écologie humaniste, Aubanel , 2006 Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

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Mémoire de stage

juillet 2009

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Gilles et Louisa Jones, Une écologie humaniste, Aubanel , 2006 Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration corridors. Il parle de complexité, de diversité,

corridors. Il parle de complexité, de diversité, de connectivité, et finalement d’hétérogénéité

du paysage qui en conditionne la biodiversité (

C’est une démarche longue et complexe mais qui est à la mesure de l’enjeu : créer des

paysages pour demain qui soient modernes et productifs tout en étant harmonieux, équilibrés

).

et foisonnants de vie sauvage. 12 »

Cette vision nous amène à penser ou repenser le jardin de manière différente. Il ne servira plus

seulement à répondre aux besoins des êtres humains, mais il servira de refuge, de nichoir, ou

de garde-manger pour une multitude d’espèces animales, une quantité d’essences végétales et

de champignons… D'apparence inorganisé, le jardin « naturel » est moins sophistiqué que le

jardin traditionnel. Chaque élément qui le compose est soigneusement agencé pour recréer les

habitats naturels de la faune et de la flore.

1.1.4 La valeur économique des infrastructures vertes et de la biodiversité

a. Le fleurissement des villes et espaces verts : un poids économique significatif

Le Conseil national des villes et villages fleuris, association relevant de la loi de 1901 (B.

Reygrobellet, 2007), anime le concours Villes et villages fleuris créé en 1959 par Robert

Buron. Actuellement 12 000 collectivités locales sont inscrites à ce concours dont le but est de

« promouvoir et encourager toute action en faveur du développement des espaces verts et de

l’amélioration du cadre de vie. ». L’attribution du label « ville fleurie » ou « village fleuri »

génère également des retombées économiques importantes pour la filière horticole qui

emploie 150 000 personnes dans 45 000 petites et moyennes entreprises : les communes

françaises consacrent annuellement 152,45 millions d’euros pour le fleurissement Cet effort

est accompagné par les particuliers qui ont dépensé en 2005 1,8 milliard d’euros pour l’achat

de fleurs et plantes d’intérieur et 728 millions d’euros pour l’achat de végétaux d’extérieur (B.

Reygrobellet, 2007).

Globalement, les communes françaises dépensent 2,44 milliards d’euros par an pour la

création et l’entretien de leurs espaces verts. Une indication du budget annuel de

fonctionnement du service des espaces verts de vingt-cinq villes est donnée dans le tableau 3

ci-après. Certaines villes se distinguent par des budgets nettement plus élevés que les villes de

population équivalente ; soit elles ont une forte vocation touristique qui les conduit à investir

dans les parcs et jardins, comme Thonon-les-Bains ou Versailles, soit elles appliquent un

programme d’Agenda 21, comme Beauvais ou Nantes. Versailles a de gros budgets

12 Fischesser Bernard et Marie-France Dupuis-Tate, 1996 ; Le guide illustré de l’écologie ; Coédition La Martinière-CEMAGREF

guide illustré de l’écologie ; Coédition La Martinière-CEMAGREF Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 1

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Mémoire de stage

juillet 2009

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guide illustré de l’écologie ; Coédition La Martinière-CEMAGREF Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 1

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration d’investissement : 880 000 € en 2006

d’investissement : 880 000 € en 2006 pour des aménagements de nouveaux espaces verts. Le budget annuel d’investissement des métropoles atteint plusieurs millions d’euros (Lyon 2006 :

10,25 millions d’euros contre 3,55 millions d’euros en 2008).Ce gros écart entre 2006 et 2008 s’explique par le début d’une politique très volontariste mise en place pour faire de Lyon la référence en matière d’espaces verts (dépenses majeures en travaux et en matériel surtout consacré à la Plaine Africaine de la Tète d’Or en 2006). Le budget de fonctionnement (coût direct, indirect et masse salariale) de la ville de Lyon à été de 25 000 000 en 2008 contre 14 000 000 € en 2006, et souligne une dépense de plus en plus conséquente dans le budget globale de la ville.

en plus conséquente dans le budget globale de la ville. Tableau 3 : Budget alloué aux

Tableau 3 : Budget alloué aux services des espaces verts dans 25 villes françaises (fonctionnement)

Source : Sites internet officiels des villes, à l’exception de Nantes, Lyon, Gex et Saint Valery- en Caux

b. Vers un marché financier de la biodiversité ? 13

Des mesures de compensation des pertes de biodiversité sont prévues dans les lois et règlements aux États-Unis, au Brésil, en Australie et en Europe (dans les directives « oiseaux

» et « habitats »). Deux conditions doivent être remplies pour qu’elles soient mises en œuvre :

- le projet doit présenter un grand intérêt public ;

- il n’existe aucune alternative pour éviter tous les dommages prévus dans l’étude d’impact malgré les mesures d’atténuation des impacts.

13 Les informations présentées dans ce paragraphe ont été exposées lors du séminaire du 6 juillet 2006 organisé par le MEDD: les mécanismes de compensation, une opportunité pour les secteurs économiques et financiers et les gestionnaires de la biodiversité.

économiques et financiers et les gestionnaires de la biodiversité. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

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économiques et financiers et les gestionnaires de la biodiversité. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration La compensation porte alors sur l’impact résiduel

La compensation porte alors sur l’impact résiduel du projet et doit satisfaire à l’obligation d’absence de perte de biodiversité. Plutôt que de prendre en charge lui-même la création d’habitats équivalents et aussi riches en biodiversité que ceux qu’il endommage, l’initiateur du projet peut actuellement dans certains pays acheter des crédits d’habitats ou d’espèces à un organisme financier qui dispose d’un portefeuille de sites naturels variés dont la haute qualité écologique est certifiée par une autorité compétente. Il se constitue ainsi un marché de la biodiversité sur le modèle du marché du carbone avec l’objectif affiché de réduire les pertes de biodiversité comme son modèle réduit les émissions de dioxyde de carbone. Parmi les arguments avancés en faveur du marché financier de la compensation, deux doivent être considérés avec attention. Le premier repose sur le constat d’échec des politiques de protection de la nature reposant sur des mesures législatives et réglementaires, le second met l’accent sur le fait que seul le marché financier permet de fixer un prix aux sites naturels et aux espèces et de passer de la valeur au prix. Les difficultés rencontrées et les risques qui en résultent portent sur les incertitudes de la méthode de fixation de la valeur du bien mis sur le marché, la question des équivalences (qui ne se pose pas pour le carbone pour lequel la tonne est l’unité universellement admise), celle de l’additivité des valeurs (un même site peut- il avoir une valeur totale correspondant à somme des valeurs partielles des habitats qui y sont représentés). Enfin, la proportionnalité entre les superficies dégradées et celles compensées (il est généralement admis que le rapport se situe entre deux et dix), pèse sur le risque financier de l’investissement. En France, une expérimentation a été lancée en 2007 par la société forestière de la Caisse des Dépôts et Consignations qui a créé un fond de compensation dédié aux dommages à la biodiversité pour établir un rapport marchand entre des actions de préservation de la biodiversité et des demandeurs de mesures compensatoires. Selon les propos tenus par son président 14 , l’objectif de cette expérimentation que le ministère français considère comme une étude de faisabilité est de « récupérer ailleurs ce qui a été détruit ici » et de le « faire par le marché pour optimiser les coûts ».

14 Pour mieux la préserver, l’Etat met la nature à prix, Libération, 11.05.09

la préserver, l’Etat met la nature à prix, Libération, 11.05.09 Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

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la préserver, l’Etat met la nature à prix, Libération, 11.05.09 Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

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La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

1.2 Réappropriation de la nature par la ville

1.2.1 La place de la nature dans l’espace et les paysages de la ville ; dans la vie des citadins, dans leurs préoccupations et leurs représentations mentales

De prime abord, il est essentiel de se demander quelle est la place de la nature dans l’espace

urbain dans les paysages de la ville, dans la vie des citadins ainsi que dans leurs

préoccupations pour mettre en avant les moyens de réappropriation de la nature.

a. Quelle place pour la nature en ville ?

Les espaces verts ne représentent pas tous ce qu’on peut appeler la nature en ville même si ils

y sont assimilés fréquemment par les citadins ou les aménageurs. Elle ne se résume pas alors

qu’aux espaces verts, ni aux coulées vertes, encore moins aux arbres d’alignement. Le

végétal en compagnie de la vie animale colonise des vieux murs de pierres, des berges d’un

cours d’eau, les annexes vertes d’une voie rapide urbaine. La nature s’affirme et s’infiltre

partout. La nature gagne tous les espaces urbains quels qu’ils soient :

Les espaces verts publics (squares, parcs, mails, plantations d’alignement, forêts

domaniales) ;

Les espaces verts intérieurs privés (arbres, vergers, jardins des particuliers)

Les espaces construits et minéralisés (murs d’enceinte, toits-terrasses, pavés de cours

d’immeuble, ouvrages d’art)

Les espaces interstitiels (terrains vagues, friches, jachères, berges de cours d’eau).

b. La nature en position insulaire 15

La théorie des peuplements insulaires permet de mieux comprendre comment les espèces

arrivent à coloniser un vieux parc boisé ou un jardin de création récente, comment elles

s’organisent, comment les populations animales maintiennent des effectifs stables suivant la

stratégie de croissance démographique déployée : rapide pour les espèces opportunistes et

vagabondes ou bien, au contraire, lente pour les espèces sédentaires et spécialisées

(R.MacArthur., E.WILSON, 1967). La surface est un paramètre clé pour expliquer le niveau

de richesse spécifique d’un espace vert : un square est toujours plus pauvre qu’un parc urbain.

Mais ce n’est évidemment pas le seul facteur déterminant. Une faible distance de connexion

du square au « continent rural » via un corridor vert - la berge arborée d’un cours d’eau, un

alignement d’arbres d’ornement, un cordon de haies vives d’un lotissement - diminue les

risques d’extinction locale des espèces présentes. En ville, l’extinction des espèces isolées

15 Le modèle insulaire de Robert H.MacArthur et Edward O.Wilson

1 5 Le modèle insulaire de Robert H.MacArthur et Edward O.Wilson Fabien GARDENAT Mémoire de stage

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1 5 Le modèle insulaire de Robert H.MacArthur et Edward O.Wilson Fabien GARDENAT Mémoire de stage

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration dans le tissu urbain est un péril

dans le tissu urbain est un péril permanent, car le flux d’immigration reste occasionnel et aléatoire tant les obstacles physiques à la colonisation sont nombreux. Sur le plan pratique, la théorie des peuplements insulaires apparaît d’une grande utilité pour améliorer les conditions de vie des espèces animales et des plantes sauvages qui poussent ville. Si l’on admet que le processus d’urbanisation s’accompagne d’une fragmentation des habitats naturels et d’un éloignement des sources extérieures d’approvisionnement, on peut alors convenir que la ville ressemble à un « archipel » (Concept développé page 43) et en tirer toutes les conséquences stratégiques pour agir sur deux paramètres clés sur lesquels on peut justement intervenir : la surface et la distance ville-campagne (D, SIMBERLOFF, L.ABELE, 1982). Concrètement, l’établissement de liaisons vertes entre les parcs et les jardins publics, la création de corridors de verdure assurant une interconnexion des milieux naturels, l’aménagement de zones tampons entre la ville et la campagne s’inscrivent dans le droit fil de cette théorie. Si la faiblesse des surfaces végétalisés est évidente dans les centres-villes (de l’ordre de 5 à 10%, en revanche, la végétation reprend vite la place qu’elle mérite dans les banlieues lâches à l’habitat diffus et dans les quartiers pavillonnaires où la végétation est très largement utilisée par les habitants. Les abords plus ou moins verdis des centres d’activités sont 4 à 5 fois plus étendus que les parcs et les jardins ouverts au public. Les espaces verts aménagés ne représentent qu’une part infime de la couverture végétale d’une ville. Ce sont les espaces verts intérieurs privés ainsi que les surfaces agricoles et forestières qui font le patrimoine vert d’une agglomération.

qui font le patrimoine vert d’une agglomération. Photo 2 : Le parc de la commune de

Photo 2 : Le parc de la commune de Paris est situé en position insulaire dans le tissu urbain de la commune de Villeurbanne (69) 16

16 Certu - Emmanuel Boutefeu, juin 1998

Villeurbanne (69) 1 6 1 6 Certu - Emmanuel Boutefeu, juin 1998 Fabien GARDENAT Mémoire de

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Villeurbanne (69) 1 6 1 6 Certu - Emmanuel Boutefeu, juin 1998 Fabien GARDENAT Mémoire de

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La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

c. Place de la nature dans la vie des citadins et ses usages

Une meilleure connaissance des attentes et des représentations des citadins, concernant la nature devrait apporter quelques enseignements utiles aux professionnels des espaces naturels. Pour ce faire, une enquête a été réalisée en 2002 auprès des habitants de la Communauté urbaine de Lyon qui plébiscite les squares de proximité. Parmi les résultats de cette enquête, on note que, dans les parcs urbains ou en pleine nature, les citadins recherchent la même chose : calme, paix et détente (E. Boutefeu, 2005).

« SALON DE VERDURE »

Durant la semaine, il y a 54% des citadins qui fréquentent quotidiennement les squares (cf figure 1). Le square est considéré comme un espace multifonctionnel : un lieu de détente, une salle de lecture en plein air, un terrain de jeux et une aire de pique-nique mais surtout selon E. Boutefeu : « un salon de verdure où les riverains viennent rompre l’isolement et renforcer les liens sociaux ». Les usagers aiment bavarder avec leurs voisins de palier, après la sortie des classes, pendant qu’ils surveillent discrètement leurs enfants comme si c’était leur jardin privé.

leurs enfants comme si c’était leur jardin privé. Figure 1 : À la question de savoir
leurs enfants comme si c’était leur jardin privé. Figure 1 : À la question de savoir

Figure 1 : À la question de savoir quels nouveaux types d’espaces verts les Lyonnais souhaitent-ils près de chez-eux, le square de proximité arrive en tête, quel que soit l’âge de la personne interrogée.

Photo 3 : Lyon : le jardin du Palais Saint-Pierre (Emmanuel Boutefeu, Certu) 1

Concernant le trajet domicile-square, la promenade est le premier motif de visite évoqué (40 %), assez loin derrière, les riverains accompagnés d’enfants sont attirés par les aires de jeux (26 %). Le temps de déplacement domicile-square est de l’ordre de dix minutes : ce budget-temps permet de mesurer le rayon d’attractivité d’un square ; la fréquentation étant cependant fortement tributaire des rythmes scolaires et des conditions météorologiques. Un square est d’autant plus sollicité que la population riveraine se compose de jeunes ménages,

sollicité que la population riveraine se compose de jeunes ménages, Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

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sollicité que la population riveraine se compose de jeunes ménages, Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

I.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

avec des enfants, habitant en immeubles collectifs groupés et une surreprésentation de la jante féminine.

LIEU DE DETENTE ET DEXERCICE

Le week-end, les citadins fréquentent les parcs urbains (86 % des personnes interrogées). La marche reste l’activité favorite de ses usagers ; ils viennent au parc avec la ferme intention de se promener afin de se détendre et de contempler le spectacle de la nature. Plus la surface d’un parc est grande, plus il est capable d’offrir une aire végétale importante, et plus le parc attire de visiteurs venus de loin. Les équipements d’accueil (aires de jeux, grands toboggans, animaux de la ferme, plans d’eau) et les installations sportives (terrains de basket, skate-parc, pistes cyclables) sont des aménagements très sollicités des enfants et des adolescents. Compte tenu que ces derniers sont souvent des prescripteurs de sortie dominicale, un parc disposant de l’un de ces équipements spécialisés a une meilleure notoriété en direction des familles et des adolescents.

Un parc en position centrale est un espace public très prisé des habitants de la ville-centre, notamment les jours travaillés durant lesquels il fonctionne comme un square de proximité. En fin d’après-midi et en soirée, un parc connaît une fréquence d’utilisation plus importante qu’un square. Et plus encore le week-end, car il attire les habitants de la ville pavillonnaire et des communes périurbaines.

UNE CAMPAGNE A VIVRE : UN MONDE DE SILENCE

Plus de 60 % vont à la campagne régulièrement : dont 48 % deux fois par mois et 18 % toutes les semaines en toutes saisons. Les motifs souvent évoqués sont : « le besoin de calme et de verdure », celui « d’être en famille ou entre amis » et profiter de « leur pied à terre pour s’immerger dans la campagne » pour ceux qui possédaient une résidence secondaire à la campagne. Cependant, la majorité d’entre eux ne pratique aucun activité (sportives, balades, cueillettes…), elles font essentiellement « le plein de calme » et « le vide en eux ». Pour les autres, une sortie à la campagne est l’occasion de « se promener dans la nature ».

Une moitié des personnes allant régulièrement à la campagne y reste une demi-journée à une journée complète tandis que l’autre moitié prolonge son séjour sur deux jours consécutifs ou plus. Le prix à payer pour accomplir un séjour à la campagne est donc beaucoup plus élevé que pour un parc et un square : il faut organiser la sortie, disposer d’un véhicule, prévoir la

: il faut organiser la sortie, disposer d’un véhicule, prévoir la Fabien GARDENAT Mémoire de stage

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: il faut organiser la sortie, disposer d’un véhicule, prévoir la Fabien GARDENAT Mémoire de stage

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des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration logistique d’accompagnement, les repas et les nuitées.

logistique d’accompagnement, les repas et les nuitées. Face à ces contraintes matérielles et financières, on comprend que 35 % des répondants renoncent à se balader dans les espaces naturels et ruraux.

LE PARC URBAIN LE MODELE DE NATURE

Le parc est le modèle référent de jardin public. Non seulement les squares mais aussi les espaces naturels et ruraux sont perçus à travers le prisme des qualités que doit présenter un parc urbain. Les caractéristiques de l’urbain ne doivent pas y siégées c'est-à-dire c’est un endroit calme, assimilé à un lieu propre, sans déchet ni pollution. Dans l’imaginaire du public, il correspond à une « île verte », composée d’arbres, de pelouses et de plans d’eau, dont la mise en scène rehausse les bons côtés de la nature : apaisante, aimable et agréable. Aux yeux du public, un espace végétalisé en ville, engazonné et arboré, même restreint, incarne « le petit coin de nature ». Cette enclave de verdure jouit d’une position extraterritoriale : elle est perçue hors la ville. Aussi, à quoi bon quitter la ville le week-end, pour se balader en forêt, si les panneaux d’accueil et les sentiers balisés ne se démarquent pas de ceux que le citadin côtoie dans un parc urbain ? Quel plaisir à se retrouver dans une forêt-parc, bondée de visiteurs, sous la surveillance d’un garde-moniteur ? Les publics urbains qui fréquentent les espaces naturels protégés attentent le libre contact avec la nature, attendent la rupture sociale avec la vie active.

1.2.2 L’espace agricole une nouvelle alternative de nature

« L’homme aime tant l’homme que, Quand il fuit la ville, c’est encore pour chercher la foule,C'est-à-dire pour refaire la ville à la campagne ». Charles Baudelaire

L’étalement urbain en milieu rural semble offrir aux citadins la possibilité d’accéder à un logement moins cher et plus grand, dans un espace ouvert, à proximité de la nature. Les espaces agricoles sont perçus comme des espaces de loisirs et de détente, par opposition à l’environnement urbain. Le souhait des ruraux s’exprime davantage en termes de conservation de cet environnement, auquel certains d’entre eux, comme les agriculteurs, contribuent. L’ouverture de l’espace et la présence de nature se présentent comme les caractéristiques communes des paysages recherchés par la demande sociale actuelle. D’une manière générale, il y a un attachement pour l’espace agricole en tant que reflet d’une activité menacée, car il évoque la nature au travers des souvenirs d’enfance, les histoires des aïeux : il est le reflet des civilisations agricoles qui nous ont précédées. Les espaces naturels de proximité, comme le

nous ont précédées. Les espaces naturels de proximité, comme le Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

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nous ont précédées. Les espaces naturels de proximité, comme le Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

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La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

maraîchage, sont prisés des citadins car ils peuvent en partager le produit et en retirer un aspect ludique et éducatif. L’agriculture moderne et mécanisée, ressentie comme une altération de la relation entre l’homme et son environnement, est moins appréciée et est souvent écarté très loin des espaces périurbains. De ces attentes sociétales ressort l’affirmation du rôle primordial de l’agriculture comme maintien d’espaces de nature dans, et en périphérie des zones urbanisées. Puis, le souhait de voir se développer des espaces gérés par les agriculteurs, où les citadins peuvent accéder à la nature (fermes pédagogiques, espaces de loisirs, chemins de randonnée…). La volonté de découvrir, de mieux comprendre l’espace agricole et la manière de produire se développe,

comme en atteste le succès des initiatives prises par les agriculteurs en termes d’ouverture au

public (visites des fermes, cueillettes, ventes

produits, les producteurs, leurs savoir faire et le territoire. Par ailleurs, les consommateurs établissent une relation forte entre la qualité des paysages et la valeur des produits, confortant la nécessité et l’intérêt pour les agriculteurs, d’une gestion paysagère qualitative des espaces agricoles et de la valorisation économique qui peut en résulter. Paradoxalement, les citadins résidant dans les villages périurbains s’intéressent peu aux activités agricoles qui les entourent. Ils perçoivent l’intérêt de l’agriculture en termes de paysage et de cadre de vie. Mais en elle-même l’activité agricole est plutôt vécue comme une source de gêne (bruits, odeurs…). Ce décalage entre les missions souhaitées de l’agriculture et la perception des activités agricoles s’explique par une profonde méconnaissance du monde agricole, de ses logiques, de ses contraintes et de ses exigences. Répondre aux demandes de qualité en termes de produits et de territoires constitue le défi des prochaines années pour l’agriculture. C’est un atout social et économique à valoriser. Les citadins attendent de l’agriculture une qualité des produits avec une recherche de la sécurité alimentaire et de la qualité gustative. Mais également une qualité des espaces naturels en tant qu’espaces de production, de cadre de vie, de récréation et de lieux d’identité, ce qui permet le rétablissement du lien entre l’urbain et le rural. La vente à la ferme et les cueillettes

C’est l’occasion d’établir le lien entre les

).

répondent aux objectifs des consommateurs de recherche de qualité, de contact avec les producteurs et de renseignements sur l’origine du produit.

avec les producteurs et de renseignements sur l’origine du produit. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

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avec les producteurs et de renseignements sur l’origine du produit. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

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La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

1.2.3 Les ambiances urbaines

En tant que perception sensible de l’environnement urbain et architectural, l’ambiance est une expérience partagée par tout le monde mais le plus souvent difficilement communicable et explicable. Les définitions les plus courantes du terme « ambiance » sont les suivantes 17 :

- « Éléments et dispositifs physiques qui font une ambiance »

- « Atmosphère matérielle et morale qui environne un lieu, une personne ».

Les travaux sur les ambiances 18 sont caractérisés (pour ce qui nous concerne) par une recherche architecturale sur les objets. Il s’agit ici des phénomènes physiques d’ambiances, naturels et anthropiques, qui sont en interaction avec l’environnement construit (bâtiments, infrastructures, …) et naturel (parcs, végétation, plans d’eau, …) ; L’architecture paysagère va au-delà de la simple fonction ornementale : elle doit permettre certes de valoriser les parcs, les places et les jardins, mais aussi les espaces interstitiels non construits que l’on considère malheureusement encore trop souvent comme des surfaces négligeables. Il faut considérer les habitants comme des clients (le sujet), les motiver et étudier avec eux les possibilités d’aménager leur environnement. Les professionnels ont ensuite la tâche de traduire leurs souhaits en solutions viables. Définir une ambiance signifie « ….Il est moins urgent de développer des conceptions pour la nature urbaine. Il s’agit en l’occurrence de redécouvrir la plante en tant qu’élément urbain et

non pas comme facteur écologique ou dendrologique, de la considérer comme un élément architectonique de l’espace. Nous devrions apprendre qu’il existe de nombreux tons de vert, que les plantes bruissent de façon différente dans le vent et que non seulement les fleurs, mais également les feuilles tombées au sol, ont un parfum. Nous devrions impliquer les ombres, tenir compte de l’effet des branches dénudées en hiver, mettre le doigt sur la valeur de symbole du végétal et ressentir sa sensualité » pour Dieter KIENAST (C.M Gillig, 2008). Le choix des arbres porte sur la forme, la grandeur, l’aspect et la qualité du feuillage, les changements saisonniers, les floraisons des différentes essences, etc. Les ambiances créées sont directement liées aux jeux de lumières à travers les feuillages, aux épaisseurs de houppiers apportant plus ou moins d’ombrage, aux variations saisonnières, aux caractères spectaculaires de certaines écorces ou de certaines floraisons. En outre, les essences sont souvent une évocation faisant appel aux références de chacun. Ainsi, le saule et le peuplier évoquent facilement l’eau, le cyprès et l’olivier, le climat méditerranéen.

17 Source : site du Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (LATTS)

18 Trois articulations possibles des ambiances : l’objet, le sujet et le projet

possibles des ambiances : l’objet, le sujet et le projet Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

juillet 2009

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possibles des ambiances : l’objet, le sujet et le projet Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration L’agencement des arbres entre eux permet la

L’agencement des arbres entre eux permet la mise en valeur de certaines de leurs

caractéristiques et offre une multitube de réponses propre à chaque projet.

C’est pourquoi il est important de savoir jouer avec un arbre isolé ou avec un ensemble mais

en toute connaissance du développement adulte de chaque essence.

Source : C.M Gillig, 2008

Source : C.M Gillig, 2008

Un double alignement permet une

promenade ombragée, un isolement par

rapport à l’environnement. L’arbre isolé marque un carrefour, une

place, il devient repère pour l’usager, il

ombre un espace mais il est aussi refuge ou

perchoir pour la faune

Source : C.M Gillig, 2008

Source : C.M Gillig, 2008

refuge ou perchoir pour la faune Source : C.M Gillig, 2008 Source : C.M Gillig, 2008
refuge ou perchoir pour la faune Source : C.M Gillig, 2008 Source : C.M Gillig, 2008
Source : C.M Gillig, 2008
Source : C.M Gillig, 2008

Un alignement souligne un axe de circulation tel qu’une route, une allée, une rue, un canal, une

entrée de ville ou de parc, etc. En soulignant un axe, les alignements d’arbres conduisent le regard et

masquent ou révèlent des points forts du lieu et de son architecture. En tant qu’ensembles d’arbres,

les alignements amplifient le rôle écologique de l’arbre isolé en multipliant les possibilités d’accueil

de la faune, l’infiltration et l’épuration de l’eau, de même que la filtration des poussières. Selon

l’implantation par rapport au cheminement et selon les distances de plantation d’un alignement, la

perception de l’espace et l’ambiance du site seront très différentes. Un ensemble d’arbres peut être conçut également en termes de

Source : C.M Gillig, 2008
Source : C.M Gillig, 2008

bosquets, de boisements appelés plutôt à créer des ambiances

forestières. Il s’agit alors de « chambres de verdure » à concevoir et

gérer de manière globale avec un équilibre. Le mot équilibre est

important à souligner ici car la recherche de l’harmonie est à la base

même du projet de plantation : une plantation trop dense peut aussi

générer de l’angoisse

: une plantation trop dense peut aussi générer de l’angoisse Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

juillet 2009

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: une plantation trop dense peut aussi générer de l’angoisse Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

I.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

1.3 Quelle compatibilité entre la ville dense et une ville verte ?

1.3.1 Espèces envahisseurs et tolérantes aux perturbations humaines

La ville crée sa part de nature en aménageant des îlots de verdure ou en laissant des friches

propres au développement d’une biodiversité. Mais des espèces viennent parfois envahir ces

espaces.

a. Maîtriser les nuisances biologiques et le risque sanitaire

Si l’aspiration des citadins à une plus grande proximité avec la nature dans leur cadre de vie

minéral est forte, encore faut-il veiller à ce que la présence de celle-ci ne se traduise pas par

des désagréments ou des risques incontrôlés.

Menace représentée par les insectes et les rongeurs qui consomment et gâchent les denrées

agricoles conservées dans des greniers et les magasins des villes, par les insectes qui

s’attaquent aux bois et aux tissus, par tous les ravageurs des plantes du jardin, du potager, du

La blatte, le moineau, le pigeon, la souris et d’autres animaux

verger en milieu urbain

sauvages (ou revenus à la vie sauvage, tels les chats harets) vivant auprès des humains sont

des animaux commensaux de ceux-ci. Bien que certains d’entre eux causent des nuisances

incontestables, ils ne sont plus considérés comme nuisibles mais pourraient être qualifiés de

« parasitisme modéré ».

Le terme « nuisible » appliqué à la faune sauvage a aujourd’hui une signification très précise.

L’appellation de « nuisible » n’est applicable qu’aux dix-huit espèces d’oiseaux et de

mammifères qui figurent sur la liste nationale des espèces susceptibles d’être classées

nuisibles 19 fixée par le décret n° 88-940 du 30 septembre 1988. En outre, sur le fondement de

l’article R.227-6 du Code rural, seules trois causes peuvent justifier le classement : l’intérêt de

la santé et de la sécurité publique, la prévention de dommages importants aux activités

agricoles, forestières et aquacoles et la protection de la flore et de la faune.

Des exemples d’extension de ces espèces sont relevés par les biologistes : un noyer exotique

colonise les rives de la Loire à Nantes ; une plante aquatique, la jussie et une petite lentille

d’eau américaine (Lemna minuta) recouvrent les plans d’eau et les asphyxient, une autre

plante introduite, la renouée du Japon (Fallopia japonica) envahit les berges de la Thur en

Comme dans bien d’autres domaines relatifs à la biodiversité, le changement

climatique renforcera les tendances déjà observées.

Alsace

19 Mammifères: Belette, Chien Viverrin, Fouine, Lapin de garenne, Martre, Putois, Ragondin, Rat musqué, Raton laveur, Renard, Sanglier, Vison d’Amérique. Oiseaux : Corbeau freux, Corneille noire, Etourneau sansonnet, Geai des chênes, Pie bavarde, Pigeon ramier

Etourneau sansonnet, Geai des chênes, Pie bavarde, Pigeon ramier Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

juillet 2009

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Etourneau sansonnet, Geai des chênes, Pie bavarde, Pigeon ramier Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

I.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

Dernièrement les citadins ont surtout été sensibilisés aux zoonoses par la crise médiatique déclenchée autour de la grippe aviaire et du chikungunya qui a frappé les Comores en 2004 puis la Réunion en 2005. Bien qu’ils diffèrent sur de nombreux points, notamment quant au risque sanitaire réel qui est bien plus grand pour le chikungunya en l’état actuel des connaissances, il s’agit dans les deux cas de maladies transmises par des animaux présents en ville : oiseaux et moustiques. Qu’il s’agisse des nuisances engendrées par les animaux commensaux du citadin ou des problèmes sanitaires qu’ils posent, les enjeux en termes de salubrité et de santé publique sont très important.

1.3.2 Des politiques complexes face à une demande complexe

a. Des politiques souvent réfractaires à la densification du tissu urbain

Selon un sondage CSA de mars 2007 réalisé pour le Forum pour la gestion des villes et des collectivités locales, la vision des maires de deux cent cinquante-deux villes de plus de 10 000 habitants (30 % des villes françaises de cette catégorie) montre un avis globalement défavorable sur la politique de densification urbaine : 54 % y sont opposés et 43 % y sont favorables. Il faut noter l’écart net entre l’opinion des maires et l’idée qu’ils se font de l’opinion de leurs administrés. Un tiers environ des maires favorables à la densification pensent que les habitants de leur commune y sont hostiles.

Cela étant, malgré le rejet massif des tours ou d’immeubles de grande hauteur (89 % en région parisienne, 92 % en province) les enquêtes d’opinion révèlent un désir de nature qui semble exprimer la volonté d’intégrer des espaces verts à l’habitat urbain et témoignent du besoin d’espaces naturels peu ou pas artificialisés à proximité des lieux de résidence. Ces attentes sont majoritairement partagées par les élus locaux, et s’applique à agglomération lyonnaise, qui veut rendre sa ville dense attractive et habitable. Pour ce faire, la ville de Lyon a mis en place une politique pour renforcer l’offre d’espace vert de proximité (moins de 15 minutes par habitants). L’implantation de mur et toitures végétalisés est une des solutions testées pour un rééquilibrage des surfaces minéralisées en gardant une ville dense. De plus, la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (loi SRU du 13 décembre 2000) vise clairement à redensifier la ville, mais elle ne prend pas en compte la dimension bien-être, qualité de vie, réchauffement climatique. Alors comment répondre aux politiques et aux attentes des uns et des autres ? De quelle manière le réchauffement climatique questionne-t-il la ville ?

manière le réchauffement climatique questionne-t-il la ville ? Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 2

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

juillet 2009

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manière le réchauffement climatique questionne-t-il la ville ? Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 2

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration Le milieu urbain, tel qu’il est actuellement

Le milieu urbain, tel qu’il est actuellement conçu et aménagé, n’est pas adapté aux changements climatiques, et encore moins aux fortes canicules à venir (cf 1.1.2 page 11). La densité urbaine est un facteur aggravant de mortalité pendant les pics de températures élevées. Une étude menée par la ville de Gênes (Italie) a comptabilisé les décès des personnes vivant à leur domicile, selon les caractéristiques des quartiers : habitat pavillonnaire, tissu urbain dense, très dense. La corrélation est nette entre forte densité et forte mortalité : les personnes qui ont le mieux résisté sont celles qui résident en habitat pavillonnaire, aéré, de faible hauteur, et qui disposent d’un pourcentage de verdure important à proximité 20 . La température est également très dépendante de la présence végétale. Un square de 1.000 m2 de surface au sol permet de réduire la température alentour d’au moins un degré Celsius sur une distance cumulée de 100 mètres de profondeur. Athènes, par exemple, qui possède un grand parc central, réduit sa température intérieure de 6-7 degrés par rapport aux quartiers riverains. L’espace vert est donc un excellent climatiseur naturel. Pour faire face au réchauffement climatique, il faut créer plus d’espaces verts, et aborder le problème de l’étalement urbain avec un regard nouveau. Verdir la ville, c’est gagner en qualité de vie et en santé publique. Or, la présence d’espaces verts de grande taille, les coupures d’urbanisation et les trames vertes, ne favorisent pas la ville compacte, car les espaces verts limitent et freinent le

développement des espaces urbanisés. Malheureusement, en plus des budgets importants que les espaces verts mobilisent, tant pour la création que l’entretien, les parcs et jardins prennent

la place des espaces libres qui sont dédiés au bâti, à la voirie, aux centres commerciaux. Les

espaces verts contribuent à l'étalement urbain par la recherche du vert en périphérie mais aussi

en occupant des espaces libres en zone urbaine. Ils vont à l’encontre du développement durable, véritable école de la densité urbaine, dont les préconisations sont revisitées par les urbanistes et soutenues par les pouvoirs publics. La densité est synonyme de réduction des gaz à effet de serre, de baisse des consommations énergétiques pour le chauffage urbain, de

transports collectifs efficients, de mixité sociale

mais au regard des critères de qualité de vie et d’ambiances, elle ne l’est plus.

Le tissu pavillonnaire des banlieues est décrié, parfois démoli et recyclé en quartier d’habitation plus dense. Est-ce une tendance dans l’avenir ?

A Lyon et son agglomération, le quartier de Montchat, est un quartier pavillonnaire, fort

attractif, qualifié de « villages urbains ». Ne serait-il pas dommage ou profitable de les densifier d’avantage?

Sur ces critères, la ville dense est gagnante,

20 Emmanuel Boutefeu, Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques (CERTU).Entretien réalisé le 3 avril 2008 par Sylvie Mauris-Demourioux

réalisé le 3 avril 2008 par Sylvie Mauris-Demourioux Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 2

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

juillet 2009

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réalisé le 3 avril 2008 par Sylvie Mauris-Demourioux Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 2

I.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

Les formes urbaines denses créent de l'exclusion sociale alors que le périurbain permet à des ménages défavorisés de pouvoir se loger à moindre coût. Les centres urbains sont de plus en plus onéreux (plus valus par le vert ou densification), et de ce fait, les ménages à faible revenu, voire les classes moyennes, ne peuvent plus accéder au logement. La densité induit des coûts supérieurs de transaction et de montage des opérations immobilières par rapport au périurbain : le portage du foncier, les techniques et pratiques constructives, le dimensionnement des réseaux et des raccordements, les délais d’instruction des permis de construire sont des postes incompressibles qui renchérissent les prix de sortie d’un logement…. Au final, à surface égale, le prix de vente d’un logement en centre-ville est plus élevé qu’un logement pavillonnaire. Ces questions soulèvent nombre de paradoxes et de contradictions. Actuellement la réflexion porte essentiellement sur la densité en négligeant tous les autres aspects de la problématique, alors que devant nous, ce sont notamment des enjeux de santé publique qui se profilent.

b. Des évolutions sociologiques

Les évolutions sociologiques en milieu urbain influent aussi sur la représentation de la nature par les citadins. Comme le souligne Alain Bourdin 21 , la force des groupes organisés a permis le développement de la civilisation urbaine. Lieu de conflits entre ces groupes, la ville est aussi le lieu du développement de la société civile, lieu du dialogue permanent entre les pouvoirs et les représentants de tous les groupes sociaux. Dans la métropole contemporaine, les groupes persistent et continuent à jouer leur rôle mais les liens d’appartenance sont distendus. La migration des classes moyennes vers la périphérie a profondément affecté la composition socio-économique de la ville dense, à la fois dans son centre et dans ses banlieues. D’une part, les grands ensembles et les cités d’habitat collectif sont désormais habités par des populations

pauvres, souvent immigrées ou issues de l’immigration, qui exercent leur droit au logement social. Certains de ces « quartiers sensibles » sont aujourd’hui assimilés à des « zones de non- droit », foyers d’insécurité, de délinquance et de violences urbaines. D’autre part, les opérations de rénovation et de réhabilitation, l’augmentation vertigineuse du prix des logements et des loyers, ont chassé les classes populaires des centres-villes, laissant la place à

une catégorie moyenne supérieure (cadres, professions libérales, artistes

qui manifeste des

)

21 Bourdin Alain, La civilisation urbaine Villes et territoire. Les cahiers français. Troisième trimestre 2005.

et territoire . Les cahiers français. Troisième trimestre 2005. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

juillet 2009

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et territoire . Les cahiers français. Troisième trimestre 2005. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

I.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

besoins culturels spécifiques et qui recherche un cadre de vie « écologique » dans lequel la nature figure en bonne place. Ce phénomène est observé dans toutes les métropoles en France

(Paris, Lyon, Lille

comme au Royaume-Uni et en Amérique du Nord ; il est connu sous

l’appellation de « gentrification » des centres-villes créé en Angleterre en 1963.

)

Jacques Donzelot 22 intègre ces éléments dans le modèle de la ville à trois vitesses : relégation, périurbanisation et gentrification. Anne Wyvekens résume son analyse relative aux classes moyennes qui sont devenues « le problème de la ville mondialisée » ; elles cherchent à se démarquer des exclus de la mondialisation et sont rejetées par les couches sociales gentrifiées. Deux causes non exclusives sont évoquées pour expliquer le départ vers les périphéries : un choix contraint par le prix de l’immobilier et le résultat d’une confrontation entre offre et demande de logement. La définition de la ville durable s’enrichit d’une dimension socioculturelle exprimée par Cyria Emelianoff 23 : « est durable une ville qui parvient à conserver son identité, à protéger son

patrimoine et à cultiver sa résilience (

Est durable une ville qui assure une certaine qualité

de vie à ses habitants en permettant, grâce à des formes originales de densité urbaine, de

favoriser les proximités sociales, générationnelles et fonctionnelles ».

).

1.3.3 Entre développement durable et urbanisation

a. Relations ville-périphérie et étalement urbain

L’urbaniste Pierre Merlin schématise les rapports entre la ville et sa périphérie en décrivant trois types de situations, dont le modèle méditerranéen, caractérisé par des centres urbains denses qui demeurent forts, vivants et attractifs, avec toutefois l’extension croissante des zones périurbaines. En France, où le modèle urbanistique méditerranéen domine, dans la périphérie des grandes villes, le développement de l’urbanisation se fait avec une densité du bâti beaucoup plus faible qu’en centre-ville en raison de son caractère essentiellement pavillonnaire. Dans ces aires périurbaines, l’accroissement des surfaces urbanisées se produit au détriment des espaces agricoles et naturels. Cet étalement urbain incontrôlé est perçu comme incompatible avec le modèle de la ville durable : « Une périurbanisation faiblement organisée, au sein des aires métropolitaines comprenant plusieurs milliers d’habitants, conduit inévitablement à une plus grande segmentation sociale des communes de l’agglomération et à des atteintes

22 Donzelot Jacques ; La ville à trois vitesses : relégation, périurbanisation, gentrification. Esprit, n° 3-4, mars-avril 2004, pp. 14-39 23 Emelianoff, Cyria, 2007. Qu’est-ce qu’une ville durable ? La ville durable. Perspectives françaises et européennes. La Documentation française. Problèmes politiques et sociaux n° 933, février 2007.

française. Problèmes politiques et sociaux n° 933, février 2007. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

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Mémoire de stage

juillet 2009

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française. Problèmes politiques et sociaux n° 933, février 2007. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration environnementale » 2 4 . Les zones

environnementale » 24 . Les zones périurbaines sont au cœur de la réflexion des écologistes. Parmi les « dix objectifs pour changer de cap » du pacte écologique de Nicolas Hulot 25 , l’aménagement du territoire figure en quatrième position et l’accent est mis sur la maîtrise de l’extension des zones périurbaines : « Territoire : contenir l’extension périurbaine et relocaliser les activités humaines. Objectifs : préserver l’espace rural et naturel, cesser de multiplier les infrastructures et d’artificialiser les surfaces, lutter contre l’étalement urbain par le rapprochement des lieux de travail et d’habitation ». L’espace utilisé par habitant dans les villes en Europe a plus que doublé au cours des cinquante dernières années, la surface des agglomérations a augmenté d’environ 20 % dans de nombreux pays d’Europe occidentale et orientale, tandis que la population n’a augmenté que de 6 % dans le même temps. Le rapport du CESR d’Île-de-France sur la densification de l’habitat 26 distingue d’une part la densité bâtie 27 et la densité résidentielle 28 , d’autre part la densité perçue, notion subjective nourrie par un imaginaire marqué par l’image négative des tours et des grands ensembles. Pour réhabiliter la densité, des agences d’urbanismes et des CAUE ont initié des actions de sensibilisation reposant sur des exemples qui font apparaître la distinction entre densité perçue et emprise au sol 29 . C’est pourquoi le Grand Lyon a élaboré une politique, à travers le PLH, pour maîtriser l’étalement urbain et favoriser un développement urbain durable sur l’ensemble de l’agglomération. Outre le développement des transports en commun, cette politique porte sur une plus grande prise en compte des capacités foncières encore disponibles et sur le potentiel constructible mobilisable au centre de l’agglomération. Ce mouvement s’est notamment concrétisé à travers l’élaboration et la réalisation du programme Villa Urbaine Durable (VUD) lancé en 2001 par le Plan Urbanisme Construction Architecture (PUCA) qui s’inscrit dans la loi « Solidarité Renouvellement Urbain » : Maîtrise de l’étalement urbain - Mixité sociale et urbaine de l’habitat - Qualité environnementale et efficacité énergétique des constructions. Le Plan Local de l’Habitat en cours de révision souligne l’importance du cadre de vie en matière d’habitat.

24 Lydie Laigle ; Les paradoxes de l’attractivité urbaine, in La ville durable. Perspectives financières et européennes. La Documentation française. Problèmes politiques et sociaux, n° 933, février 2007.

25 Hulot Nicolas et le comité de veille écologique, 2006. Pour un pacte écologique. Calman-Lévy 2006, 282 p

26 Dumont-Fouya Lucien (rapporteur). La densification : pour un urbanisme à échelle humaine en Île-de France ; rapport du CESR Île-de-France. 22 mars 2007

27 Densité bâtie : coefficient d’emprise au sol multiplié par le nombre de niveaux ; densité faible : 0 à 1, densité moyenne : 1 à 2, forte densité : > 2

28 Densité résidentielle : nombre de logements à l’hectare. L’îlot haussmannien atteint de très fortes valeurs, supérieures à 200 logements par hectares.

29 . Dumont-Fouya Lucien (rapporteur). La densification : pour un urbanisme à échelle humaine en Île-de France ; rapport du CESR Île-de-France. 22 mars 2007

en Île-de France ; rapport du CESR Île-de-France. 22 mars 2007 Fabien GARDENAT Mémoire de stage

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

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en Île-de France ; rapport du CESR Île-de-France. 22 mars 2007 Fabien GARDENAT Mémoire de stage

I.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

b. Le vert, une carte blanche à une urbanisation contrôlée

La proximité d’une trame végétale ponctuée de parcs et jardins est un élément déterminant en matière de localisation résidentielle : un plan local d’urbanisme ouvre des opportunités d’augmenter l’offre d’habitat de qualité et d’accroître le maillage des espaces verts 30 . Face à un déficit d’espaces verts, plus durement ressenti dans les quartiers denses, le risque de " déclassement " social et économique s’avère une variable d’ajustement des flux migratoires et des parcours résidentiels des habitants. Ces derniers peuvent ainsi se mobiliser pour préserver leur standing, en repoussant les projets dénaturant leur cadre de vie, et augmenter la valeur de leurs biens immobiliers, en privilégiant les quartiers verts. L’équilibre entre espaces non urbanisés et surtout non urbanisables est un sujet sensible, un enjeu de gouvernance urbaine. Comment contenir l’urbanisation diffuse et verdir des tissus urbains ménageant peu d’espaces libres ?

Établir d’abord un plan vert (S. AUTRAN, 2004). Ce plan d’ensemble de référence, que certains nomment plan vert, de paysage ou d’embellissement, se présente sous la forme d’une étude préalable qui vise à coordonner les différents projets destinés à améliorer le cadre de vie à l’échelle d’un quartier ou de la commune. Un plan vert définit une stratégie globale d’aménagement à moyen terme, propre à guider la conduite de chaque opération vers un projet urbain cohérent. Le caractère préopérationnel du plan vert en fait l’instrument permanent de gestion de la municipalité : il hiérarchise les interventions en établissant les priorités, permet à la municipalité de saisir les opportunités qui s’offrent à elle. Ce plan induit des points de passage obligé : l’établissement d’un diagnostic partagé, des scénarios d’aménagements envisageables, un programme d’action doté de moyens, la tenue d’un bilan et le suivi des réalisations achevées.

Traduire les orientations d’aménagement dans le PLU. Outre les dispositions applicables aux zones agricoles (A) et aux zones naturelles et forestières (N), trois articles-clés du code de l’urbanisme permettent de renforcer la présence d’espaces verts en tissu urbain dense, là où la demande sociale est la plus forte.

En premier lieu, l’article 13 du règlement d’un PLU a vocation à gérer les espaces libres existants, non encore consommés par le bâti, la voirie ou une aire de stationnement. Un square, un parc urbain, un mail, un espace vert intérieur privé, tel

30 Emmanuel BOUTEFEU article paru dans la revue Techni-Cités n°111 du 8 juin 2006

article paru dans la revue Techni-Cités n°111 du 8 juin 2006 Fabien GARDENAT Mémoire de stage

Fabien GARDENAT

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juillet 2009

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article paru dans la revue Techni-Cités n°111 du 8 juin 2006 Fabien GARDENAT Mémoire de stage

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration qu’un jardin en retrait d’une rue peuvent

qu’un jardin en retrait d’une rue peuvent bénéficier d’une protection stricte en espace boisé classé au titre de l’article L.130-1 du code de l’urbanisme. Le classement interdit tout changement d’affectation ou tout mode d’occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection, la création de boisements.

Les jardins familiaux sont des espaces verts à classer en zone inconstructible dans un PLU

En second lieu, l’article 13 peut édicter des obligations de réaliser un espace vert à l’occasion d’un aménagement de voirie, d’une opération immobilière, d’un lotissement, d’une zone d’activité. Cette disposition permet de délimiter les espaces libres à végétaliser aux abords d’une voie publique, d’une aire de stationnement, d’une construction nouvelle. Certaines communes vont jusqu’à fixer un pourcentage en pleine terre pour augmenter les continuités vertes et les surfaces perméables.

L’emplacement réservé pour espace vert permet de verdir des délaissés fonciers, non sans difficulté, mais surtout de créer un jardin public dans des secteurs appelant des requalifications : des démolitions d’entrepôts vétustes, des recompositions de places, de parcs de stationnement… L’emplacement se doit de rechercher la meilleure localisation, notamment dans les quartiers déficitaires, au cœur des îlots denses. Un espace vert fonctionne d’autant mieux qu’il est facilement accessible, à 10 minutes de marche, en prise avec les besoins de détente des habitants.

Le vert présente donc plusieurs visages. D’une part, il est réclamé de toute part par les citadins, les institutions et les scientifiques pour ses valeurs esthétiques, écologiques, économiques et sociales. D’autre part, sa recherche est source de plusieurs maux non négligeable en ville : étalement urbain, dé-densification du centre, occupation d’espace libre et absence de gouvernance. Comment lutter contre l’étalement urbain en amenant de la nature de proximité quand la densification est mal acceptée ? Qui doit gérer ce besoin de nature quand les échelles de prise en compte dépassent les frontières administratives ? Comment intégrer le vert dans la planification tant les acteurs sont multiples et que les démarches des particuliers et des collectivités ne sont pas cohérentes ? Comment satisfaire le plus de personnes quand chaque perception de nature est différente ? Va-t-on vers un marché du vert de stratégie économique de la part des aménageurs ? L’espace agricole ne devient-il pas un pole touristique qui sera dénaturé à son tour au profit de plus d’attractivité ? Les aménageurs sont confrontés à beaucoup de difficultés pour intégrer ce retour avec efficacité. Pour le

de difficultés pour intégrer ce retour avec efficacité. Pour le Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

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de difficultés pour intégrer ce retour avec efficacité. Pour le Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

I.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

I. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

moment traiter « à coup de pinceaux » ici et là est une démarche certes simplistes mais qui donne de bons résultats. Il n’y a pas qu’une seule solution qui s’offre à eux mais plusieurs stratégies réfléchies et beaucoup de prospections. La réflexion sur la « nature en ville » ou « la ville dans la nature » ne fait que commencer.

en ville » ou « la ville dans la nature » ne fait que commencer. Fabien

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

juillet 2009

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en ville » ou « la ville dans la nature » ne fait que commencer. Fabien

II.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration II. Faire e ntrer la nature dans

II.

Faire entrer la nature dans l’agglomération Lyonnaise

2.1 Le contexte urbanistique Lyonnais

2.1.1 L’Agence d’Urbanisme pour le Développement de l’Agglomération Lyonnais

L’agence d’urbanisme est une association loi 1901 31 qui regroupe plus d’une vingtaine de partenaire à vocation d’intérêt général (collectivités territoriales, Etats, syndicats mixtes, chambre consulaires). Elle doit contribuer, par ses travaux, à l'harmonisation des politiques publiques (article L121-3 du Code de l’urbanisme), à la planification, au projet urbain et à l’observation des territoires. Elle permet aux différents acteurs de l’aménagement du territoire de confronter leurs points de vue et de coordonner leurs actions en conjuguant études urbaines et animations interinstitutionnelles. Elle s’articule autour de 4 pôles : Métropolisation et territoire, Connaissance et représentation, Villes et formes urbaines, Processus et design urbains (cf organigramme en annexe page 106). Egalement, elle suit 4 axes de travail :

Mettre en commun la connaissance des territoires, des acteurs et des projets

• Planifier l’aménagement des territoires

• Aider à l’élaboration de projets communs

• Développer une activité à l’international Dans cet objectif de planification du territoire et d’aménagement, le pôle « grands territoires » (dirigé par Olivier Roussel) participe à l’élaboration du Scot et de l’Inter-Scot (regroupement de 11 Scot métropolitain) grâce à la cohésion d’études sur des problématiques variées, dont les espaces naturels et agricoles, urbains et périurbains. C’est dans ce pôle que j’ai réalisé mon stage sous la direction de Laurence 32 Berne, stage au cour duquel je me suis penché sur à un des principes du Scot 33 : la mise en place des liaisons vertes, éléments de structuration et de mise en réseau de l’armature verte.

31 En droit des associations, une association loi 1901 est, en France, une association à but non lucratif qui relève de la loi du 1 er juillet 1901 mise en place par Waldeck-Rousseau et du décret du 16 août 1901

32 Laurence BERNE : Chargée d'études espaces naturels et agricoles au pôle Grands territoires en collaboration avec Joëlle DIANI, chargée de mission espaces naturels et agricoles et Philippe MARY chargé d’études Scot et Inter-Scot au pôle Grands territoires

33 Mis en place par la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains), le SCOT - Schéma de cohérence territoriale - est un document de planification urbaine déterminant, car il produit des effets juridiques vis-à-vis des futurs projets et des futures politiques à mettre en œuvre. Il remplace l’ancien Schéma directeur.

à mettre en œuvre. Il remplace l’ancien Schéma directeur. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

juillet 2009

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à mettre en œuvre. Il remplace l’ancien Schéma directeur. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

II.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

2.1.2 Le Scot de l’agglomération lyonnais

2.1.2 Le Scot de l’agglomération lyonnais Quelques chiffres Le périmètre du SCOT de

Quelques chiffres Le périmètre du SCOT de l’agglomération lyonnaise, c’est :

• 72 communes

• 73 000 ha

• 1 250 000 habitants

• 585 000 emplois

• 524 000 ménages

Depuis 2006, l’Agence d’urbanisme assure la maitrise d’œuvre du Scot (Maitrise d’ouvrage

SEPAL), qui devrait être adopté fin 2010. Le Scot de l’agglomération lyonnaise s’appliquera

ensuite aux communes du Grand Lyon ainsi qu’au 17 communes voisines de l’Est lyonnais et

du Val d’Ozon, soit 1,25 millions d’habitants pour 73 000 hectares.

Le territoire du SCOT de l’agglomération lyonnaise concentre ¾ de la population de l’aire

urbaine pour seulement 20% du territoire et accueille près de 80% des emplois de l’aire

urbaine (Cf annexe p107). Fortement urbanisé, ce territoire offre cependant des espaces

naturels et agricoles de qualité sur la moitié de sa surface. Il est d’ailleurs situé au contact de

trois « poumons verts » : les Monts du Lyonnais, la Dombes et la plaine du Bas Dauphiné (cf

figure 2 page 37).

Le SCOT vise à assurer une cohérence et un suivi des différents documents de planification

sectoriels (PDU 34 , PLU, PLH, SDUC …), dans le respect des principes du développement

durable.

Il vise une organisation globale et intercommunale du cadre de vie : transport, habitat,

économie, éducation, culture, sport, santé, sécurité… Il permettra de préparer les conditions

de vie des habitants de l’agglomération lyonnaise, à l’horizon 2030, en termes de logements,

transports, emplois, commerces, éducation, santé et de loisirs.

Le Scot fixe une organisation multipolaire qui vise à localiser habitat, emplois et services dans

des polarités urbaines bien équipées et bien desservies, pour permettre une utilisation plus

économe de l’espace. Ainsi, le projet d’aménagement s’inscrit dans le développement durable

avec des choix stratégiques concernant le développement économique, le développement

résidentiel, la solidarité et l’environnement.

34 Plan de Déplacement Urbain, Plan Local d’Urbanisme, Plan Local de l’Habitat, Schéma Directeur d’Urbanisme Commerciale

Plan Local de l’Habitat, Schéma Directeur d’Urbanisme Commerciale Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 3

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

juillet 2009

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Plan Local de l’Habitat, Schéma Directeur d’Urbanisme Commerciale Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 3

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration Ce dernier devient donc, par le Scot,

Ce dernier devient donc, par le Scot, facteur d’attractivité pour la métropole. La mise en œuvre de la multipolarité s’appuie sur :

Le développement des transports en commun, notamment sur le « réseau fer (1)

Le maintien des espaces naturels et agricoles : protection et valorisation du « réseau vert » et de l’ «armature verte » (2)

La valorisation du « réseau bleu », les fleuves dont les fonctions écologiques, paysagères et économiques en font une composante majeure de l’armature du territoire. (3)

une composante majeure de l’armature d u territoire. (3) 1 2 3 Figure 2 : Les
une composante majeure de l’armature d u territoire. (3) 1 2 3 Figure 2 : Les
une composante majeure de l’armature d u territoire. (3) 1 2 3 Figure 2 : Les
1
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composante majeure de l’armature d u territoire. (3) 1 2 3 Figure 2 : Les principales

Figure 2 : Les principales orientations du Scot de l’agglomération lyonnaise

Les principales orientations du Scot de l’agglomération lyonnaise Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 3

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

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Les principales orientations du Scot de l’agglomération lyonnaise Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 3

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration La carte ci-dessus regroupe les principales orientations

La carte ci-dessus regroupe les principales orientations du Scot 35 de l’agglomération lyonnaise:

La priorité au système RER et au désengorgement du nœud ferroviaire lyonnais

La constitution d’une « ville nature » aux espaces verts partout accessibles grâce à leur mise en réseau : concept des liaisons vertes »

Des dispositions environnementales majeures telles que la préservation des corridors écologiques ou encore la réduction des vitesses sur les voiries interurbaines

2.1.3 L’état des lieux du territoire

De 1955 à 2005, les espaces urbanisées sur l’aire métropolitaine de Lyon ont considérablement augmenté, colonisant le centre vers la périphérie le long des grandes voies de circulation. Elle conjugue les effets de l’étalement à une dispersion généralisée des terrains urbanisés dans les sites naturels et agricoles de plus en plus éloignés des pôles urbains principaux : développement concentrique en périphérie, développement axial autour des voies, dispersion des constructions sur les sites naturels et agricoles à partir de petits pôles urbains.

naturels et agricoles à partir de petits pôles urbains. Figure 3 : Evolution de la consommation

Figure 3 : Evolution de la consommation d’espaces urbanisés dans l’aire métropolitaine de Lyon

La diffusion de l’urbanisation à l’extérieur des territoires les plus centraux s’accélère fortement au tournant des années 70. Ce mouvement concerne tout le territoire national. Les communes les plus éloignées de Lyon connaissent une forte croissance, alors même que celles du centre et de la première couronne (cf annexe p108) voient leur population stagner ou régresser significativement, à partir des années 80. Cette tendance restera forte jusque dans les années 90 qui seront marquées par un développement de la croissance urbaine amplifiée à l’extérieur du Grand Lyon.

35 Fiche d’intervention du 19/05/2009

du Grand Lyon. 3 5 Fiche d’intervention du 19/05/2009 Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

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du Grand Lyon. 3 5 Fiche d’intervention du 19/05/2009 Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

II.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

De plus, on observe ce phénomène de périurbanisation en analysant la part de maisons construites. En effet, plus on s’éloigne du centre, plus la part de maisons dans la construction augmente. Ce phénomène s’est intensifié et éloigné de l’agglomération lyonnaise notamment sous l’effet de la création du prêt à taux zéro (1995). Au sein de l’aire urbaine, la géographie des prix présente une organisation concentrique. L’attrait croissant pour l’Est de l’aire urbaine et les territoires de plus en plus lointain (30Km de Lyon et au delà), provient d’une offre foncière plus abondante et encore bon marché. Dans le Grand Lyon en 2005, 18,7% des constructions sont des maisons. Ce taux atteint 67,5% sur l’aire urbaine hors Grand Lyon. Il est intéressant de noter que l’habitat pavillonnaire représente 21,7% du total d’artificialisation (58% de la surface) du Grand Lyon et que l’habitat représente 12,1% de l’espace. Cet étalement urbain est le fruit en autre du protectionnisme de la part du Grand Lyon sur ces territoires par sa politique d’écologique. Au delà de son territoire l’urbanisation devient plus lâche et moins contrôlée. Cet étalement urbain a des effets négatifs : consommation forte des espaces naturels, perte d’identité et dégradation des paysages, augmentation des déplacements et de la motorisation.

L’activité agricole, très présente dans l’espace, l’économie et la vie du territoire de l’aire urbaine, est une valeur patrimoniale identitaire forte. Néanmoins, en 20 ans, l’aire urbaine a perdu plus de 700 exploitations. L’extension urbaine et la forte pression sur les prix du foncier agricole conduisent à un incessant recul de l’activité. Le maintien de cette activité en « porte de ville » représente un défi pour les politiques d’aménagement du territoire. En 12 ans, le territoire de l’aire urbaine a perdu 9% de sa SAU (prés de 1300 ha/an). La pression urbaine en est la principale cause et imprime dans la trame verte des « traces » irréversible. Mais la baisse de la surface agricole est moins rapide que celle des exploitations. Celles-ci ont diminué de 32% entre 1988 à 2000 ce qui correspond à une perte annuelle de plus de 136 exploitations. Ce repli est plus prononcé sur le territoire du Grand Lyon qui, depuis 1988, a perdu 15% de sa SAU et 39% de ses exploitations.

qui, depuis 1988, a perdu 15% de sa SAU et 39% de ses exploitations. Fabien GARDENAT

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

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qui, depuis 1988, a perdu 15% de sa SAU et 39% de ses exploitations. Fabien GARDENAT

II.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

LES PARCS ET JARDINS

Lyon entretient un rapport privilégié avec la nature en raison de sa configuration

géographique : outre ses deux collines et ses deux fleuves, la ville est entourée d'une

prestigieuse ceinture verte. Quel que soit l'endroit où l'on se trouve la nature est toujours toute

proche : les Monts d'Or, les Monts du Lyonnais et la Dombes, vallonnée et rafraîchie par de

nombreux étangs, sont autant de lieux à découvrir. L'agglomération recèle 3 grands parcs

urbains : le parc de la Tête d'Or dont les 105 hectares conçus sur le modèle du jardin anglais

intègrent un lac de 16 hectares créé à partir d'un bras du Rhône mais aussi un parc zoologique

et un jardin botanique ; le parc des Hauteurs dominant la ville et le parc du confluent à

Gerland, remarquable aménagement des berges du Rhône. En sortant de la ville, à quelques

minutes du centre, le parc de Miribel Jonage constitue une zone de loisirs qui offre de

nombreuses activités sportives et nautiques. Le parc de Lacroix-Laval offre un espace de 115

ha de verdure composé de futaies aux essences les plus variées et de vastes prairies, d'étangs

et d'une rivière. Le Parc Départemental de Parilly, situé aux frontières de Lyon, Bron et

Vénissieux, abrite un hippodrome et accueille lui aussi de nombreux visiteurs dans les allées

et ses multiples aires sportives. L’affluence de ces espaces est phénoménal et amène une offre

de nature de proximité et récréative saturée :

Parc de la Tète d’Or : plus de 3 000 000 visiteurs par an jusqu'à 65 000 visiteurs les jours d'affluence

Parc nature de Miribel Jonage : 4 million de visiteurs/an, 2.5 million de visiteurs sur

les 3 mois d’été et 55 000 visiteurs/jour.

Plateau des Grandes terres (Corbas, Feyzin, Vénissieux) : 1152 visiteurs sur 10

journées d’observation au printemps/été 2004.

Les parcs urbains et périurbains actuels ne pouvant plus faire face à la demande croissante de

la société urbaine, il devient indispensable de mettre en réseau les espaces proches et de

localiser de nouveaux sites et espaces permettant notamment un rééquilibrage vers le sud et

l’est. Il est incontestable que ce « réseau vert » acquiert sa force et sa valeur grâce à la

continuité, aux connexions entre la trame verte, la couronne et les cœurs verts (cf figure 4).

Les liaisons entre les parcs (Miribel-Jonage, Lacroix-Laval, Tête d’Or, Gerland, Feyssine,

Parilly, Hauteurs, Berges du Rhône), la ceinture verte et les cœurs verts permettraient de

passer d’un usage intensif d’un nombre limité d’espaces à un usage extensif d’un réseau

beaucoup plus étendu : ces liaisons sont les liaisons vertes (cf page 69).

plus étendu : ces liaisons sont les liaisons vertes (cf page 69). Fabien GARDENAT Mémoire de

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

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plus étendu : ces liaisons sont les liaisons vertes (cf page 69). Fabien GARDENAT Mémoire de

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration Figure 4 : La ceinture verte, les

Figure 4 : La ceinture verte, les cœurs verts et les parcs de l’agglomération lyonnaise

2.2 Les nouveaux enjeux

2.2.1 Un nouveau contexte urbain

L’évolution des relations homme/nature en milieu urbain est à la fois profonde et récente. Les données de sociologie et de géographie montrent clairement l’évolution des idées et des structures, et l’abolition des « systèmes » (système rural, système urbain) qui enfermaient usage et pouvoir dans des cadres précis. Les perceptions et les appréciations par l’homme du « naturel » d’une part, et la multiplication des moyens de transports qui permettent une autre notion et pratiques des distances, d’autre part, ont façonné des paysages complexes où ville et campagne s’interpénètrent. Toute la ville n’est pas bouleversée, les centres villes et péricentres gardent tout leur caractère de zones artificielles bâties et aménagées ; toute ruralité n’est pas bouleversée, de grandes régions conservent un fonctionnement agricole ; mais une large frange mixant ville (intégrant un périurbain rural jusqu’à souvent plus de 20 Km de la ville) sont ces nouveaux paysages. Nouveaux paysages qui deviennent de plus en plus importants avec l’extraordinaire croissance des villes, les bourgs devenant villes devenant mégalopoles, car l’expansion est avant tout spatiale, avant d’être celle du nombre d’habitants. En traçant le périmètre des 354 aires urbaines en 1999, l’Insee souligne que l’espace à dominante urbaine concentre les trois quarts de la population française, soit 48 millions de personnes.

Aujourd’hui, quatre Français sur cinq habitent dans un pôle urbain (ville comptant au minimum 5 000 emplois). L’ancienne opposition ville-campagne s’estompe progressivement au profit d’une nouvelle ligne de partage entre l’artifice et la nature 36 .

36 Article paru dans la revue Techni-Cités n° 28 du 23 avril 2002

6 Article paru dans la revue Techni-Cités n° 28 du 23 avril 2002 Fabien GARDENAT Mémoire

Fabien GARDENAT

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6 Article paru dans la revue Techni-Cités n° 28 du 23 avril 2002 Fabien GARDENAT Mémoire

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration a. Nouveaux désirs du citadin Si les

a. Nouveaux désirs du citadin

Si les Français reconnaissent volontiers que la qualité de la vie s'est améliorée depuis les années 1990, ils déplorent de ne pas avoir suffisamment d'espaces verts à proximité de leur logement. C'est l'un des faits marquants de l'urbanisme actuel : les Français manifestent clairement leur quête de verdure d'autant plus qu'ils vivent dans une grande ville (cf figure 5). Les ménages résidant en immeuble collectif ressentent plus que d'autres l'absence de nature.

Dès la naissance du premier enfant, les jeunes ménages, les familles à l’étroit dans leur appartement quittent les villes centres ou les banlieues fortement urbanisées pour les couronnes périurbaines afin d’occuper des logements plus spacieux et d’accéder à la maison individuelle dotée d’un jardin. Insécurité, stress, pollution, cherté du logement, anonymat sont les maux couramment évoqués par les « accourus », c’est-à-dire d’anciens citadins en mal de verdure. Quatre motivations sont fréquemment évoquées par ces nouveaux migrants :

la recherche d’une meilleure qualité de vie qu’il ne trouve plus en ville ;

l’envie d’habiter une maison attenante à un jardin privatif, bien exposée, protégée des bruits extérieurs et des nuisances urbaines ;

le souhait de vivre dans un village authentique bénéficiant de toutes les commodités, proche d’une ville rapidement accessible ;

le désir de retrouver ses lointaines racines rurales et de maintenir un lien fécond avec la nature.

Figure 5: Les Français veulent des espaces verts de proximité (source CSA Opinion, 1999, en % de personnes sondées)

Avoir des espaces verts à proximité Avoir des commerces à proximité Avoir des transports en
Avoir des espaces verts à proximité
Avoir des commerces à proximité
Avoir des transports en commun
pratiques dans l’agglomération
Pouvoir habiter près de votre lieu de
travail
Habiter en dehors de la ville
Pouvoir facilement sortir au cinéma, au
restaurant, faire du sport
Pouvoir devenir propriétaire
Avoir un logement plus accessible
Pouvoir devenir propriétaire Avoir un logement plus accessible Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 4

Fabien GARDENAT

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Pouvoir devenir propriétaire Avoir un logement plus accessible Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 4

II.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

Les perceptions de la nature sont en train de changer. La dernière enquête disponible réalisée par le bureau d'études Tremplin-Protocoles, en 2003, confirme cette lame de fond : 84 % des Français estiment qu'il faut créer davantage de jardins et de parcs en milieu urbain. La notion de proximité semble importante et appelle d’autres formes que seulement quelques jardins publics éloignés les uns des autres. Un travail rapporté par Lapoix (1991) qui concerne les relations entre l’état de santé de l’homme et celui de la ville (étude MAB/UNESCO « Qualité de la Vie, qualité de la ville ») souligne également l’importance de la relation à la nature dans la sociabilité urbaine. La notion de service rendu par la nature dans la ville est souvent posée mais reste toujours délicate à inventorier si elle est exprimée uniquement par une visée économique. Les citoyens savent bien tout cela et avec l’inquiétude du réchauffement climatique, les ombrages des arbres vont devenir une demande encore plus pressante dans toutes les villes (c’est déjà largement une justification dans les villes du sud) et les surfaces d’infiltration des eaux de pluie, une obligation. Les aspirations des citadins portent sur le modelage des paysages urbains, pas seulement sur la gestion des espaces plantés. Enfin, utilisés comme lieux de rassemblements festifs, les espaces verts sont facteurs de mixité sociale, de convivialité à l’occasion de repas et de spectacles.

b. Nouveaux territoires

La ville est multiforme mais la ville « archipel 37 » définie par Yves Chalas (2002) devient une réalité applicable a beaucoup de cas. Cette ville émergeante n’est plus continue, elle ne s’étend pas contre la campagne et la nature mais au contraire, elle les intègre à son fonctionnement. Le territoire de cette ville peut être largement rural puisqu’on peut être urbain en vivant à l’extérieur de la ville grâce aux transports et aux moyens de télécommunication. Cette ville-territoire est d’ailleurs souvent de plusieurs villes. Elle suppose aussi une ville-nature qui ne se réduit plus aux parc et jardins récréatifs mais qui implique une pratique de cette nature, une campagne vécue. Les services municipaux de certaines villes parlent non seulement de la qualité du cadre de vie mais aussi aujourd’hui aussi des possibilités pour le citadin de « s’approprier et d’user de la nature ». De ce fait, les espaces deviennent multifonctionnels. Dans un tel contexte, les travaux de Donadieu et Fleury (1997, 2004) montrent comment un espace agricole d’une boucle de la seine peut évoluer vers un « parc de campagne » où des relations de loisirs de proximité sont

37 Le modèle de « Ville Archipel » permet de conjuguer trois objectifs stratégiques : le rayonnement métropolitain, les fonctions de centralité et la logique de proximité. Ce modèle qui s’inspire du polycentrisme préserve l’alternance ville/ campagne et donne vie à la notion de ville des proximités favorisant la mise en réseau des communes périphériques. Cet équilibre entre le développement et la préservation des espaces naturels est au servic e des habitants qui vivent dans ce territoire où la qualité de vie est reconnue. Basée sur les solidarités, la cohésion et la mobilité, la ville archipel struct ure le territoire durable, la ville durable pour tous.

archipel struct ure le territoire durable, la ville durable pour tous. Fabien GARDENAT Mémoire de stage

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archipel struct ure le territoire durable, la ville durable pour tous. Fabien GARDENAT Mémoire de stage

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration intégrées aux espaces de production agricole. A

intégrées aux espaces de production agricole. A l’opposé d’un zonage entre agriculture et ville, il est suggéré une campagne urbaine, construite, habitée et cultivée. Ce « ne sont ni des vides, ni des coupures entre les communes : au contraire, ce sont des pleins, le « ciment » sur lequel s'est fait le développement partagé du territoire ». Un travail comparatif récent réalisé dans l’agglomération de Rome (Sorace, 2001) montre qu’un site agricole urbain est un meilleur choix qu’un parc urbain pour augmenter une faune sauvage évaluée à travers les communautés d’oiseaux et de micromammifères. Les paysagistes qui ont repris aussi le terme d’écologie, passent progressivement d’un aménagement des formes (dans un but esthétique essentiellement) à l’intégration de biotopes, comme c’est le cas dans plusieurs projets d’habitats ou de réhabilitations industrielles dans la Ruhr (Peter Latz in Masboungi, 2002). La Trame paysagère de la ville-archipel est l’addition et la mise en réseau des espaces non bâtis qui font la ville intercommunale, qui l’organisent et la structurent : espaces agricoles, bois, rivières, espaces inondables, espaces de respiration (ou coupures d’urbanisation), espaces patrimoniaux et corridors écologiques. La Trame paysagère doit intégrer les circulations douces, les points de franchissements des infrastructures qui forment des coupures, afin de garantir la mise en réseau de ces espaces au bénéfice des habitants, ainsi que des plantes et des animaux. A l’échelle intercommunale de l’agglomération, le concept de Trame paysagère prend finalement le relais de celui de « ceinture verte », qui reste mieux adapté à l’échelle locale d’un site. Les SCOT sont les instruments privilégiés de définition de la Trame paysagère intercommunale (cf Scot de lyon page 62). Pourtant, dans les faits, bon nombre de plans d’urbanisme restent sur des procédures simplistes où les projets architecturaux sont les plus importants que la réflexion sur l’organisation et l’intégration des occupations du sol. Le changement d’échelle nécessaire à la prise en compte de façon durable des relations environnementales, économiques et sociales reste difficile.

La ville-archipel ne prône pas en effet une dilution du bâti dans le non bâti (ou l’inverse), mais une claire organisation entre densité bâtie et densité de nature, à l’échelle de la perception sensible. Densifier et protéger : la décantation nécessaire du territoire

c. Nouvelles règles

Pourtant l’émergence du concept de développement durable a marqué une rupture considérable avec l’époque précédente. Apparue lors de la conférence de Stockholm sur l’Environnement en 1972, la définition du terme de développement durable qui a été retenue

la définition du terme de développement durable qui a été retenue Fabien GARDENAT Mémoire de stage

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la définition du terme de développement durable qui a été retenue Fabien GARDENAT Mémoire de stage

II.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

est celle donnée par Brundtland (1987) : « le développement durable répond aux besoins des générations présentes sans compromettre ceux des générations futures ». Le sommet de Rio en 1992 a fixé, notamment à travers le concept d’Agenda 21, les différents objectifs en matière de développement durable. Parmi ceux-ci, les responsabilités qui incombent aux collectivités locales, ont été établies (Agenda 21 locaux) et ont abouti à la création d’un réseau de villes durables qui s’est consolidé au fur et à mesure des conférences européennes. Les villes françaises n’ont réagi qu’après un appel à projet du ministère de l’Aménagement et du territoire en 1997 ; en 1999, seulement 51 projets d’Agenda 21 locaux étaient déposés. En fait, beaucoup plus de villes se sont investies dans la Charte d’Environnement (ou charte d’écologie urbaine) qui correspond à une première étape vers l’Agenda 21 local. Il s’agit alors plus d’un guide d’action que les collectivités définissent elles-mêmes et contractualisent avec le ministère de l’Environnement. D’un point de vue législatif, le principe de développement durable a été consacré à travers la loi d’Orientation sur l’Aménagement et le Développement Durable (LOADDT) de 1999. Cette loi tend à donner des outils contractuels à l’initiative locale des agglomérations ou des pays pour qu’ils élaborent des projets de développement en cohérence avec l’agenda 21. La loi de Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) qui suit en décembre 2000 donne un cadre juridique aux politiques d’aménagement en s’appuyant sur les principes du développement durable et sur l’exigence de mixité sociale. Elle définit notamment de nouveaux Schémas Directeurs, les Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT), dont un des objectifs est de mettre en cohérence les politiques sectorielles sur un ensemble de plusieurs communes et d’assurer l’équilibre entre les zones urbanisées et les zones naturelles ou agricoles. La transformation des Plans d’Occupation du Sol (POS) en Plan Local d’Urbanisme (PLU) doit également répondre aux nouveaux enjeux de renouvellement urbain et de la mixité sociale. Le PLU dépasse donc le droit des sols pour intégrer en plus un projet d’aménagement et de développement durable (PADD) pour la commune. Il existe aujourd’hui donc un contexte très propice à une gestion de l’espace à la fois plus intégrante et plus cohérente sur des plus larges territoires qui aboutit à toute une série de questions sur le fonctionnement et les stratégies de gestion de la part des collectivités.

et les stratégies de gestion de la part des collectivités. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

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et les stratégies de gestion de la part des collectivités. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet

II.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

2.2.2 Le marketing territorial

a. Les espaces verts urbains sont-ils un facteur de choix résidentiel ?

Derrière l’évolution du rapport ville-nature, se jouent des revalorisations territoriales, des opportunités de développement, des enjeux d’équité sociale, des défis environnementaux, des identités culturelles locales ou régionales. Tout ce qui a une valeur peut faire l’objet de captation, de privatisation, de ghettoïsation. La nature n’est pas en reste. Les nouvelles formes de valorisation de la nature redistribuent les cartes de la valeur foncière, de la ségrégation spatiale, de la qualité de vie. Comment faire pour que la protection de la nature ne fasse pas de l’inflation des prix immobiliers et de l’exclusion sociale ? Désormais, les urbains veulent faire pénétrer la nature en ville, ils protègent les espaces interstitiels, les espaces agricoles périurbains, les coulées vertes (cf figure 6 ci-dessous). La tentation est grande de classer inconstructibles les espaces naturels restants pour éviter de payer le foncier au prix du terrain à bâtir. Ainsi, le propriétaire situé en zone constructible, en limite d’un espace naturel protégé, bénéficie d’une vue qui constitue une rente, intégrée dans la valeur de sa propriété bien qu’elle provienne de l’espace voisin.

Figure 6 : Critères de choix du logement cités par les personnes interrogées dans l’enquête
Figure 6 : Critères de choix du logement cités par les personnes
interrogées dans l’enquête de S. Gueymard

Les projets de préservation de la nature en ville inventent de nouvelles négociations avec les agriculteurs et les propriétaires d’espaces naturels. Les projets de reconversion de sites naturels et de friches urbaines expérimentent de nouvelles façons de produire de la valeur, de la financer, de récupérer les plus-values dans l’opération. Ils anticipent l’effet de valorisation sur l’exclusion sociale des populations et prévoient le maintien sur place des habitants.

des population s et prévoient le maintien sur place des habitants. Fabien GARDENAT Mémoire de stage

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des population s et prévoient le maintien sur place des habitants. Fabien GARDENAT Mémoire de stage

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration Concevoir un projet à partir de l’élément

Concevoir un projet à partir de l’élément naturel inverse l’ordre habituel des interventions. La nature n’est plus l’espace d’accompagnement des projets, mais l’architecture préalable aux projets. Dans un article de l’express du 5 septembre 2005, Philippe Fertoret, responsable de la régie Lyonnaise confirme cette aspiration à plus de nature dans l’habitat «l’appel du vert fonctionne à plein et le jardin est l’objet de toutes les convoitises. Ce qui se développe le plus, c’est l’appartement –maison à un étage avec un bout de terrain. Les gens veulent au minimum une terrasse, un balcon ou un peu de pelouse ». L’étude sur l’attractivité résidentielle dans le territoire du Scot de l’agglomération lyonnaise conduite en 2004 pour le compte du Grand Lyon, de la DDE et de SEPAL montre que l’appartement terrasse est privilégié par 77 % des 1150 personnes interrogées. Le naturel, le végétal, l'organique deviennent des éléments incontournables dans l'habitat 38 . Le centre aéré de Caluire est un bel exemple de construction en lien avec un environnement d’exception 39 . Antoine Gaillard, cabinet d’architecture Richard Plottier, relate l’évolution du projet, significative de cette préoccupation de prise en compte des éléments naturels en centre urbain : «Nous avons donc particulièrement travaillé à l’interface entre le bâti et le site, sur les vues, à la prise en compte de la pente, des végétaux. Nous avons voulu conjuguer un effet intérieur « cocon » avec une relation au végétal, à l’extérieur. Dans la construction de logements, on va rechercher à donner à l’extérieur ce qu’il n’y a pas à l’intérieur, d’où la création de terrasses plantées…Cette attention portée à l’extérieur est telle qu’on parle même de bâti planté… »

b. Entre protection et projet marketing : l’exemple du V.VERT

En vue d’augmenter la présence d’espaces verts, les pouvoirs publics estiment opportun de mettre en place une politique de verdissement et de reconquête du paysage : « c’est le moyen de hausser la qualité d’un espace appauvri par l’urbanisation récente, et de constituer, avec des équipements de loisirs tels que golfs, parcs urbains, itinéraires de promenades, le cadre attractif qui doit accompagner les développements urbains prévus » (Jean-Philippe HUERTAS, 2008) 40 .

38 Source : La végétalisation verticale s'implante à Paris - La Gazette des Communes - 17/01/05 Les architectes adorent les murs végétaux - Management - février 2005 Balades d'archi - l'Expressmag - 11/10/04 L'immeuble aux 379 bambous Le Moniteur du BTP - 11/06/04.

39 Entretient de Millénaire 3 et Catherine Panassier, 2006

40 Source : Le mémoire de fin d’études, rédigé par Jean-Philippe HUERTAS, élève ingénieur à l’École nationale des travaux publics de l’État

ingénieur à l’École nationale des travaux publics de l’État Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

juillet 2009

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ingénieur à l’École nationale des travaux publics de l’État Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration Un tracé en forme de V prend

Un tracé en forme de V prend le nom de « V-Vert », c’est une zone soustraite à l’urbanisation, en qualité de patrimoine d’intérêt écologique et paysager. Il est composé d’une branche nord s’adossant sur les communes de Décines-Charpieu, Genas et Meyzieu ; une branche sud s’appuyant sur les communes de Bron et de Saint-Priest. Le parc départemental de Parilly, les forts de

Bron et de Saint-Priest, le golf de Chassieu constituent des « cœurs de nature », autrement dit des espaces verts préexistants autour desquels s’articule une trame verte plus ou moins lâche. La trame verte organisée « en pas japonais » va peu à peu être confortée par des plantations arborées pour créer des liaisons vertes fonctionnelles entre les « réservoirs de nature », notamment entre le fort de Saint-Priest et le parc de Parilly (cf figure 7 ci-dessus). Certains épaississements du trait de crayon prennent corps sur le terrain : la plantation de la forêt des Hauts de Feuilly dont la gestion est confiée à l’Office national des forêts en est l’illustration la plus aboutie.

Figure 7 : Coulée verte du V-vert sud, panneau d’information dans la forêt de Feuilly
Figure 7 : Coulée verte du V-vert sud, panneau
d’information dans la forêt de Feuilly

Malgré une vocation écologique (préfiguration des corridors écologiques) du V-vert de l’Est lyonnais, la technopole de la Portes des Alpes fût créée. Depuis quelques années déjà, sa vocation dans les textes de planification était difficilement discernable : zone naturelle protégée pour sa qualité écologique ou espace vert destiné à donner de la valeur à l’urbanisation alentour. La naissance du V-vert a eu lieu, mais elle est restée basée sur une ambigüité durable entre protection du patrimoine naturel et agricole et urbanisation paysagée. Pour légitimer l’urbanisation du V-vert, le Grand Lyon avance l’argument du développement durable : il faut associer développement économique, développement social et protection de l’environnement. Il semble que le parti préconisé soit une urbanisation raisonnée et « paysagée ».

Dans l’objectif de développer le paysage, 40 hectares de forêt ont été plantés au début des années 2000 sur le pourtour de la technopôle. Géré par l’ONF, cet espace permet l’insertion paysagère de la technopole dans son environnement : la forêt de Feuilly.

de la technopole dans son environnement : la forêt de Feuilly. Fabien GARDENAT Mémoire de stage

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

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de la technopole dans son environnement : la forêt de Feuilly. Fabien GARDENAT Mémoire de stage

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration Le Grand Lyon et la technopole Porte

Le Grand Lyon et la technopole Porte des alpes, se défendent d’urbaniser un espace de nature en arguant son caractère HQE, la faiblesse de la densité, la part de l’occupation du sol réservée aux espaces verts 41 . Ceci est pourtant en contradiction avec les orientations de la « ville compacte » comme réponse à la crise environnementale. La technopôle participe t’elle à l’étalement urbain ? La première chose que l’on peut noter, c’est qu’il a permis de limiter l’urbanisation diffuse des périmètres et la préservation d’une agriculture périurbaine, notamment au niveau de la branche nord. A l’échelle du Grand Lyon, un total de 2000 hectares a été rétro-zoné d’«urbanisable» à «naturel ». Les représentants du Grand Lyon insistent sur le fait que la technopole Porte des Alpes fait partie intégrante du V-vert en raison de son fort caractère paysager, même si elle comporte des nombreuses industries et établissements tertiaires. Les associations expliquent en revanche que ce projet a complètement dénaturé le V-vert sud, celui-ci étant voué à disparaître prochainement sous l’impact de l’urbanisation. La démarche de création de nouveaux espaces verts tels que le V-vert est bien une démarche marketing urbain: il s’agit d’améliorer l’image du territoire en formalisant l’ensemble des actions sous un même patronyme. En améliorant l’image de l’Est Lyonnais auprès du grand public, on crée l’envie d’y habiter ou d’y travailler. Dans l'espace mondialisé, avec l'importance croissante du phénomène de métropolisation, l'enjeu pour les villes consiste à attirer les hommes et les capitaux pour conforter leur croissance. La notion de cadre de vie et de protection de l’environnement devenant des problématiques majeurs dans le monde d’aujourd’hui, une ville qui joue la carte de la ville « verte » en tirera forcement une image avantageuse sur la scène nationale et internationale. Le projet de grand stade « OL LAND » vient compliquer la situation au niveau du V-vert nord, et nourrit la polémique entre acteurs institutionnels, associations et habitants. Le Grand- Lyon et l’agence d’urbanisme envisagent la probable installation de l’OL LAND comme un possible moteur pour l’aménagement de cette zone. Aujourd’hui délaissée car considérée comme un non-enjeu, le V-vert nord pourrait profiter de l’attrait nouveau engendré par le grand stade par la mise en place d’aménagement paysager de grande ampleur. Les associations locales telles que l’ADDEL et Chassieu Environnement redoutent que le V- vert soit urbanisé progressivement dans les dix ans à venir

41 Entretient Stéphane MAZEREEL, grand Lyon et Jean-Philippe HUERTAS

Entretient Stéphane MAZEREEL, grand Lyon et Jean-Philippe HUERTAS Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 4

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

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Entretient Stéphane MAZEREEL, grand Lyon et Jean-Philippe HUERTAS Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 4

II.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

2.2.3 Des réponses foisonnantes face à cette demande de nature

a. Les jardins partagés : lieu de réappropriation de l’espace commun

Depuis une petite dizaine d'années, la plupart des initiatives visibles correspondent à la création de jardins familiaux ou partagés 42 . Initiatives spontanées accompagnées par des

structures associatives en partenariats avec la ville et ses services, ces jardins se multiplient dans les coins les plus incongrus de la ville 43 . Leur grande diversité permet toutefois d’observer des bénéfices communs 44 . Comptent ainsi parmi les grands atouts de ces initiatives : l’amélioration de la diversité de l’alimentation et une économie (pour les potagers essentiellement), des temps forts de sociabilité (échanges de savoir-faire, coups de mains, le jardin devient un espace extérieur pour des repas collectifs improvisés…), une vie publique enrichie (le jardin est un lieu de promenade, souvent respecté par tous…), un facteur de socialisation des jeunes (notamment par une approche valorisée de la valeur travail même lorsqu’ils ne fréquentent pas le lieu), et d’autres bénéfices plus évidents et non moins importants, individuels, collectifs ou interpersonnels, comme le plaisir de la récolte, la possibilité d’offrir des légumes (partage), mais aussi des fleurs dont la valeur esthétique se double d’une valeur affective. C’est ainsi souvent la sphère privée (la famille, la personne), mais aussi la sphère publique qui se trouve consolidée par les jardins collectifs qu’ils soient familiaux ou à vocation d’insertion 45 .

au

développement de l'offre de jardins familiaux et partagés, sous diverses formes : jardins collectifs, pédagogiques, communautaires, d'insertion… Dans l'agglomération c'est essentiellement l'association le Passe-Jardins qui accompagne les projets de jardins partagés 46

sur les plans méthodologiques, techniques et administratifs. Une dizaine d'hectares de nouveaux jardins sont d'ailleurs prévus sur les communes de Feyzin, Rillieux, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Villeurbanne. Le Grand Lyon compte en septembre 2005, 47 jardins partagés répartis sur son territoire : 9 jardins partagés en pied d'immeuble, 21 jardins pédagogiques, 10 jardins collectifs d'habitants, 6 jardins d'insertion et 1 jardin nomade.

Plusieurs institutions (Grand Lyon, bailleurs sociaux, communes

)

concourent

42 Le premier jardin partagé est le Vert Luizet, créé à Villeurbanne en 1998 en lieu et place d'un futur immeuble. Une fois constitué, l'importance de cet espace pour ses usagers a contraint la mairie à leur trouver un nouvel endroit où installer leur jardin. Aujourd'hui, on compte une soixante de jardins partagés dans l'ensemble de l'agglomération dont la moitié a pour vocation l'éducation à l'environnement (jardins pédagogiques dans des éco les, centres de loisirs). La surface totale de ces jardins s'élève environ à 30 000 m². Les plus grands étant les jardins d'insertion.

43 Parmi les nouvelles initiatives en lien avec la nature en ville se distinguent quelques actions très originales comme celles de l’association Jardingue, jardin collectif dans le 5è arrondissement de Lyon qui fleurit les fissures au milieu du bitume, ou le jardin Brin d’Guill, concept de jardin nomade, qui se déplace en fonction de l’avancement d’un projet immobilier du 7è arrondissement.

44 L'ensemble de ces jardins a été présenté dans l'annuaire des jardins partagés réalisés par l'association le Passe-Jardins, édité par le Grand Lyon.

45 Jardinage et développement social Le jardin dans tous ses états, guide méthodologique

46 cf. Interview de Bernard Justet, Président de l'association des jardins familiaux du Fort de Bron, propos reccueillis par Sandra Decelle, novembre 2005.

www.millenaire3.com

reccueillis par Sandra Decelle, novembre 2005. www.millenaire3.com Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 5 0

Fabien GARDENAT

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reccueillis par Sandra Decelle, novembre 2005. www.millenaire3.com Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 5 0

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration Ces jardins témoignent d’une réappropriation du terrain

Ces jardins témoignent d’une réappropriation du terrain collectif qui s’accompagne d’une

véritable valorisation. Le terrain collectif n’est plus seulement l’affaire des collectivités

territoriales, elle est aussi celle de chacun. Ainsi, comme le dit Catherine Creuse,

coordinatrice du Passe-Jardins, relais du réseau Le Jardin dans Tous ses États, «un jardin

partagé, c’est aussi laisser ses habitants se saisir de leur territoire » et « le jardin est à la fois

un prétexte pour se rencontrer et pour être acteur de son environnement ». C’est donc la

collectivité, dans son soutien à ses initiatives qui légitime cette appropriation et la favorise.

Elle permet en tout cas de faire naître le désir chez les habitants, la volonté politique chez les

élus et l'orchestration, le conseil et l'accompagnement par les associations ou les fédérations

impliquées et spécialisées, de garantir la réussite d’un projet de jardin collectif.

b. Projet nature et Charte de l’arbre

Le Grand Lyon a mis en place la politique des « Projet Nature ». C’est un « outil de gestion

durable et de mise en valeur des espaces de la trame verte, un instrument financier, un espace

de concertation » 47

Il s’agit d’une politique de gestion des espaces vert en collaboration avec d’autres acteurs

institutionnels : le conseil général du Rhône et les communes concernées par les projets

nature. Ce sont les communes qui doivent initier le processus de projet nature. Elles sont alors

soutenues financièrement et logistiquement par le Grand Lyon et le conseil général pour la

mise en place du projet. Les « projets nature » du grand Lyon font l’objet d’une charte de

gestion qui est censée assurer leur pérennité. Les principes des chartes de gestion sont les

suivants, déclinés en plans annuels : La préservation, pour maîtriser l’étalement urbain

Les sites les plus sensibles sont protégés par acquisition, par convention amiable ou par le

biais des documents d’urbanisme. La valorisation de la diversité

Des actions sont menées pour maintenir des paysages variés sur le territoire, et pour aider au maintien de l’agriculture.

La gestion et l’entretien Les zones agricoles : des contrats sont signées avec les agriculteurs pour l’entretien des

parcelles peu rentables ou pour des restaurations paysagères. Les espaces naturels : ils sont

nettoyés et entretenus par les communes et les Brigades vertes du Département du Rhône.

47 Guide nature du Grand Lyon

vertes du Département du Rhône. 4 7 Guide nature du Grand Lyon Fabien GARDENAT Mémoire de

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

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vertes du Département du Rhône. 4 7 Guide nature du Grand Lyon Fabien GARDENAT Mémoire de

II.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

L’accueil et la sensibilisation du public Dans le cadre de ses Projets Nature, le Grand Lyon a créé 24 sentiers de promenade, permettant une ouverture raisonnée des milieux naturels au plus grand nombre de citadins : La fréquentation anarchique est contrôlée. Le territoire du V-vert dispose d’un projet nature au niveau de sa branche nord, sur les communes de Decines-Charpieu et Chassieu. Il s’agit du projet nature des « collines de l’est ». Le projet nature des collines de l’est lyonnais s‘est donné comme objectifs de sensibiliser le public à la fonction de l’agriculture périurbaine, d’aider au maintien de l‘agriculture dans la plaine de l’est lyonnais et de favoriser la fréquentation de cet espace par le public tout en préservant les cultures. La maîtrise d’ouvrage du projet est portée par la commune de Décines- Charpieu après accord et délégation faite par la commune de Chassieu dans le cadre d’une convention les liant. Le financement de l’ensemble des opérations (par exemple achat de parcelles, démolition de bâtiments agricoles, viabilisation de sentier), sont financés à hauteur de 40% pour le Grand Lyon, 40 % pour le conseil général, 10% par commune concernées. Ce dernier objectif est permis par la mise en place de sentiers piétonniers ; ici, le sentier du Tournesol.

La charte de l’arbre du Grand Lyon : un outil pour respecter la biodiversité

L’arbre urbain, l’hôte privilégié du Grand Lyon 48 , cristallise à la fois les attentes sociales fortes et des réactions affectives aigües révélant un attachement profond de la population, mais aussi parfois une méconnaissance de cet acteur incontournable de notre cadre de vie. Afin de préserver les arbres de l’agglomération mais aussi de mieux les faire connaître, le Grand Lyon a adopté une charte de l’arbre en 2000. L’élaboration de la charte est fondée sur un état des lieux précis et sur l’identification des enjeux concernant la présence de l’arbre en ville (ses vertus, une situation sanitaire préoccupante). A partir de ces connaissances et de leurs analyse, cinq principes fondamentaux ont été définis afin de devenir le socle des plantations de demain (intégrer l’arbre dans les paysages – la diversité, enjeu esthétique, écologique et culturel la permanence ; pour un paysage attrayant tout au long de l’année – la durée, faire du temps un allié la maîtrise des dépenses publiques). Une vingtaine de fiches actions permettent de protéger l’arbre en ville, de concevoir les futures plantations pour développer harmonieusement l’arbre dans la cité, informer et sensibiliser le public.

48 Charte de l’arbre, Communauté Urbaine de Lyon, Direction de la voierie, unité des arbres et paysages, 2000

de Lyon, Direction de la voierie, unité des arbres et paysages, 2000 Fabien GARDENAT Mémoire de

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

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de Lyon, Direction de la voierie, unité des arbres et paysages, 2000 Fabien GARDENAT Mémoire de

II.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration 2.3 40 ans de planification au service

2.3

40 ans de planification au service du vert (Inversion de regard)

L’espace vert se situe historiquement dans le contexte de l'histoire des jardins et se rapporte à

des conceptions héritées, dans le domaine de l'urbanisme, des hygiénistes du XIX e siècle qui

se souciaient de dé-densifier l'espace urbain pour que les habitations (et les habitants) aient

accès au soleil et à l'air pur. Le Corbusier reprit cette idée dans sa Charte d'Athènes en 1943.

En 1933 au Congrès international d'architecture moderne (CIAM) d'Athènes, il affirme : « Les

matériaux de l'urbanisme sont le soleil, l'espace, les arbres, l'acier et le ciment armé, dans cet

ordre et dans cette hiérarchie. » Par conséquent, les "espaces verts" sont nés sous l'égide de

la volonté de donner une plus grande place à la nature au sein même de la ville, ce que les

politiques urbaines ont consacré depuis les années 1950 en affectant une certaine part de

l'espace à la création d'espaces non bâtis, "libres", généralement plantés, donc "verts".

2.3.1 Historique des concepts de la planification verte face a la croissance urbaine : Une évolution de la perception

a. Les débuts des réflexions sur les espaces verts pendant la première partie du XXe siècle

Au début du XXe siècle, Lyon connait une croissance urbaine rapide et continue qui

submerge les tentatives des services techniques. Mais déjà des critiques fusent sur la situation

lyonnaise en déplorant « le manque d’air pur, de jour, de la verdure, des squares pour les

amusements d’enfants et pour les promenades des habitants comme cela se pratique ailleurs,

comme le commande l’hygiène » par la revue Construction Lyonnaise.

Dés 1911, la société française des urbanistes est fondée, regroupant architectes, ingénieures et

paysagistes, qui avait déjà pour but de « réaliser des études en commun des questions

relatives à la construction et à l'amélioration des agglomérations urbaines et rurales ainsi

que le développement de cette science 49 ».

Ces techniciens participaient au sein du Musée Social sous la direction de Jules Siegfried, à la

préparation du texte qui devint la première loi française sur "l'Aménagement,

l'embellissement et l'extension des villes 50 " et fut l’occasion en 1910 de la naissance du mot

« urbanisme » en France (C.DELFANTE, A.DALLY-MARTIN, 1994).

Cette loi précise que toute commune de plus de 10 000 habitants est tenue d’établir des projets

d’aménagement, d’extension et d’embellissement des villes constitués d'un plan et d'un

programme de servitudes. Le plan délimitait les éléments de la voirie, les places, les jardins,

49 Site internet de la Société Française des Urbanistes : www.urbanistes.com/page-4.html 50 Loi "Cornudet" du 14 Mars 1919 et modification du 19 juillet 1924

"Cornudet" du 14 Mars 1919 et modification du 19 juillet 1924 Fabien GARDENAT Mémoire de stage

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"Cornudet" du 14 Mars 1919 et modification du 19 juillet 1924 Fabien GARDENAT Mémoire de stage

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La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

les réserves boisées et les emplacements réservés aux services publics. Le programme de servitude constituait la partie réglementaire du document, il permettait d'assurer le respect des dispositions du projet en fixant la nature et les conditions d'implantation des constructions de chaque zone nécessaire à la beauté, à la salubrité et à l’assainissement de la ville 51 .De plus, elle expose pour la première fois la nécessité dans un contexte de croissance urbaine forte, de planifier les espaces non-construits, destinés à la détente. La participation de Jean Claude Forestier à la rédaction de la loi sur les plans d’extension et d’embellissement est certainement capitale par la vision qu’il apporte car dans le cas lyonnais des similitudes plus ou moins fortes ont été observé au fil des documents de planification urbaine. Il publie en 1908 « Grandes villes et systèmes de parcs » dans lequel il théorise un système hiérarchisé d’espaces végétaux structurant la croissance urbaine (J.FORESTIER, 1997). Forestier prend conscience de la nécessité de programmer un système de parcs, de jardins, la protection des paysages et la constitution de grandes réserves foncières en prévision d’une extension urbaine future face à la situation parisienne « endormie après l’effort admirable d’Haussmann et d’Alphand 52 qui nous faisait croire à la réalisation de la cité parfaite. » Le système de parc entend d’une part apporter un palliatif à la croissance urbaine et à la nécessité de vivre en ville et d’autre part être constitué d’un réseau complexe et hiérarchisé. Ce système regroupe 5 éléments :

Les grandes réserves et les paysages (reste dans leur état initial ex des bois, pâturages, rivières…)

Les parcs suburbains (déterminés selon les besoins de la ville et régulièrement répartis)

Les grands parcs urbains (embellissement de la ville et de son hygiène)

Les petits parcs-les jardins de quartier (purs ornements de verdure)

Les avenues de promenades (liaisons à tout l’ensemble) ; Eléments essentiels (supra :

liaisons vertes) pour mettre en valeur les points de vue, les bords de rivière, les paysages intéressants ou pittoresques.

51 Site de l’Université Lumière Lyon 2 : http://doc-iep.univ-lyon2.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/MSPCP/fenestref/these_front.html 52 Jean-Charles Adolphe Alphand (1817-1891) : il concentre les instruments nécessaires à la maîtrise de l’espace bâti, planté, voirie et réseau ferré. Ses travaux vont accompagner les grandes percées du préfet Haussmann.

travaux vont accompagner les grandes percées du préfet Haussmann. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

Fabien GARDENAT

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travaux vont accompagner les grandes percées du préfet Haussmann. Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

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La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

b. L’intégration des espaces naturels dans l’urbanisme par Le Corbusier

Le Corbusier 53 dès 1925 déclarait « il faut planter des arbres ! L’arbre s’offre pour notre

bien-être physique et spirituel.» La ville moderne s’inscrit en contraste avec la ville traditionnelle qui ne fait qu’accroitre sa densité aux dépens « des plantations qui sont le poumon de la ville » ; « la ville de demain peut vivre totalement au milieu des verdures » ; qui relève déjà une vision très forte sur l’espace vert dans l’urbanisme. Suite au congrès d’urbanisme de Strasbourg de 1923, Le Corbusier pose les quatre principes de l’urbanisme moderne (Le Corbusier, 1925) :

Décongestionner le centre des villes

Accroître leur densité

Développer les moyens de circulation

Augmenter les surfaces plantées pour assurer une hygiène suffisante et un calme utile au travail.

L’idée de « ville verte » est déjà largement développée ainsi les centres villes voient leur densité s’élever tout en augmentant leurs surfaces plantées avec la typologie de 3 type d’habitat : le gratte ciel, les immeubles et la cité-jardin 54 . Son mode de pensée est toujours présente aujourd’hui dans les visions d’aménagement c'est-à-dire une organisation spatiale de la ville autour et dans les parcs qui doivent permettre de limiter les déplacements et de faciliter la marche. La Charte d’Athènes est le nom donné au document ayant pour base les conclusions du quatrième congrès des CIAM 55 qui s’est tenu lors d’une croisière entre Marseille et la capital grecque en 1933 et dont le thème fut : « La ville fonctionnelle. » La Charte d’Athènes fut publiée anonymement en 1942 mais c’est la version de 1957, signée Le Corbusier et assortie de ses commentaires (« un véritable manifeste de l’urbanisme progressiste ») qui va avoir un succès retentissant. L’organisation des espaces urbains autour des espaces verts de loisirs est une des caractéristiques importantes de la charte d’Athènes. Le rôle des espaces verts est ici à la fois esthétique mais surtout social, pour le « repos du travailleur ». Deux niveaux y est décrits : le parc dans la ville verte composée d’unités d’habitations et le vaste parc d’activités sportives et culturelles, relié par voie routière. Le sport, activité encore peu démocratisé doit se développer et être réaliser en quasi-totalité dans

53 Charles Edouard Jeanneret (1887-1965) prend dès 1919 le pseudonyme de « Le Corbusier », adaptation d’une ancienne branche de sa famille

54 Les cités-jardins sont des villes, aménagées pour une vie saine, largement pourvues d’espaces verts, ce sont également des villes autonomes qui ont leurs propres activités économiques basées sur trois principes selon l’anglais Ebenezer Howard : l’élimination de la spéculation sur les terrains ; ensuite le contrôle de croissance de la population, puis la limitation de cette population.

55 Les Congrès Internationaux d’Architecte Moderne sont fondés en 1928 à la Sarraz en Suisse et réunissent un groupe d’architectes de toutes nationalités

et réunissent un groupe d’architectes de toutes nationalités Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 5

Fabien GARDENAT

Mémoire de stage

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et réunissent un groupe d’architectes de toutes nationalités Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009 5

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration les espaces verts. Cependant dans la plupart

les espaces verts. Cependant dans la plupart des réalisations des grands ensembles, l’espace vert est vite devenu l’équipement le moins urgent à réaliser, au fur et à mesure que le réseau routier offre des possibilités nouvelles. En effet le développement des routes et d’autoroutes a eu un effet démultiplicateur sur les choix d’implantation des acteurs : habitat, emplois mais aussi loisirs. L’organisation prévue par la Charte d’Athènes pour les loisirs s’est vite trouvée dépassée même si ses bases d’organisation restent actuelles. Cette organisation s’est trouvée finalement « abandonnée au marché » 56 . Pour preuve, les loisirs gratuits que constituent les parcs et les espaces verts, ainsi que dans une moindre mesure l’espace public urbain sont les dernières exceptions et ne sont jamais cités en lui-même dans les enquêtes relatives aux loisirs montrant l’ampleur de leur popularité. Cependant, l’espace vert joue toujours un rôle très important au niveau social : la moitié de la population française ne part pas en week end 57 (dont la moitié pour des raisons financières). Les principes de la Charte d’Athènes vont se retrouver à des degrés divers dans l’élaboration des SDAU 58 et des POS dits de première génération. Le zonage de l’ensemble du territoire, incluant les espaces naturels et ruraux va devenir la base d’intervention des acteurs publics.

c. La prise en compte des espaces verts dans les documents d’urbanisme après la charte d’Athènes Les premières normes nationales en matière d’espaces verts sont postérieures à la Charte d’Athènes et remontent aux travaux de la Commission de la vie dans les grands ensembles qui a élaboré en 1959, la « Grille Dupont 59 » d’où procède la circulaire du 2 juin 1960 sur les équipements collectifs. Cette circulaire recommande d’affecter de 80 à 85 mètres carrés d’espaces verts par logement (sans tenir compte des équipements sportifs) auxquels il convient d’ajouter 17 à 35 mètres carrés par logement d’espaces boisés périphériques, soit d’après les données démographiques de l’époque, 25 à 30 mètres carrés par habitant. Pour un grand ensemble de 10 000 logements, cela représente 100 à 120 hectares. Le pourcentage de la surface du grand ensemble occupé par l’addition des espaces verts, des jeux et des jardins représente alors entre 45 et 55% de la superficie totale. De 1962 à 1965, les normes d’espaces verts sont reconsidérées et modulées en fonction des caractéristiques de l’habitat, individuel ou collectifs variant de 40 mètres carrés par logement

56 PAQUOT Thierry, Urbanisme n°330,mai-juin 2003

57 Enquête CREDOC 2001

58 Le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme, ou SDAU, était un document d'urbanisme français, composant les règles locales d'urbanisme supracommunales et fut remplacé par les Schémas directeurs par la Loi du 7 janvier 1983 (décentralisation du droit de l'urbanisme).

59 Urbanisme n°62-63 (1959) « L’équipement des grands ensembles »

Urbanisme n°62-63 (1959) « L’équipement des grands ensembles » Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

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Urbanisme n°62-63 (1959) « L’équipement des grands ensembles » Fabien GARDENAT Mémoire de stage juillet 2009

II.

La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

II. La mise en œuvre des liaisons vertes : un processus en cours d’élaboration

dans un petit ensemble à 150 mètres carrés dans un grand ensemble, soit de 11 à 45 mètres carrés par habitant. En 1969, l’institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la région Parisienne porte l’ensemble des équipements « d’extension urbaine » à 25 mètres carrés par habitant. Les parcs régionaux, forêts et les parcs de fin de semaine atteignent 100 mètres carrés par habitant. En 1971, le Centre de Recherche en Urbanisme (CRU) définit les fonctions des espaces interstitiels dans une optique de lutter contre une urbanisation diffuse (G.CORINIO, JP.JOLY,

1971).

L’espace interstitiel est le support principal des activités de loisirs de plein air « de part ses

relations de proximité et l’étendue qu’il offre, il sera l’outil privilégié de l’intégratio