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Volume LXXXIII N 0 13 - Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa - joyeux temps
Volume LXXXIII
N 0 13
-
Le
journal
indépendant
de
l’Université
d’Ottawa
-
joyeux temps des examens

section

éditorial

Didier Pilon redaction@larotonde.ca

section éditorial Didier Pilon redaction@larotonde.ca Au-delà du bleu et du rose COMITÉ ÉDITORIAL Le temps des

Au-delà du bleu et du rose

COMITÉ ÉDITORIAL

Le temps des fêtes arrive à grands pas. Mais, avant les grandes célébrations fami- liales bien arrosées, des semaines de ma- gasinage nous attendent. Alors que nous cherchons les meilleurs cadeaux pour nos petits cousins, nos nièces ou même les en- fants de nos proches, il se vaut de se ques- tionner sur la nature changeante des jouets.

Commençons à l’aide d’un constat : les jouets pour enfant sont maintenant plus genré qu’ils ne l’ont été tout au long du XXe siècle. Lors des dernières années, un mou- vement de résistance est né pour remettre en cause toutes ces petites étiquettes qui in- diquent qui devrait ou ne devrait pas utiliser un jouet. Serait-il grand temps de repenser les jouets au-delà du rose et du bleu?

La liberté est choix

Imaginez deux enfants de 5 ans, un garçon et une fille. Comme bien d’autres, ils partagent plusieurs champs d’intérêt : ils aiment jouer au parc, s’habiller en costumes colorés, cata- loguer et collectionner les insectes et jouer à papa et maman.

Plus le temps passe, plus les pressions cultu- relles affecteront leurs préférences. On dira que la petite fille est sale lorsqu’elle attrape une grosse chenille. On remettra en ques- tion la virilité du garçon qui cuisine pour ses toutous. Statistiquement, les enfants abandonneront les activités qui ne sont pas considérées « appropriées » pour leur sexe.

L’argument le plus banal – mais aussi l’un des plus imposants – pour contrer cette fracturation des préférences est un appel à la liberté : les enfants devraient être libre de s’épanouir dans leur champs d’intérêt. S’ils ne font de mal à personne, pourquoi ne pas les laisser s’amuser comme bon leur semble?

Apprendre sa place

Toutefois, la genrification des jouets a aus- si des implications sociales beaucoup plus sérieuses. Jouer, c’est aussi construire son identité et former ses aspirations. Malheu- reusement, les stéréotypes qui séparent les jouets pour filles et garçons sont les mêmes qui maintiennent les inégalités des sexes dans le monde adulte.

Alors que les jouets pour filles sont centrés sur l’apparence, la vie familiale (lire « tâches ménagères ») et la passivité, les jouets pour garçons prennent une approche plus active, prônant le mouvement, la compétition, la construction et l’agression.

ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE
ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE

Soyons honnêtes : dans quelle allée re- trouve-t-on les trousses de petits scienti- fiques et les kits d’architecture? Dans quelle allée retrouve-t-on les costumes à paillettes, les biberons et les planches à repasser minia- tures? Pouvons-nous vraiment être surpris que les femmes soient sous-représentées dans les emplois en science, technologie, ingénierie et mathématique alors que ces jouets portent l’étiquette « pour garçons »?

Si les masculinistes aiment bien rappeler que l’écart salarial est en partie explicable par les domaines d’emplois, les heures pas- sées à la maison et l’agressivité lors des né- gociations, ils oublient bien sûr de noter que notre société impose des comportements et priorités différents dès un jeune âge.

Développer ses habiletés

Pourtant, ce ne sont pas que les filles qui sont victimes des jouets genrés. Différents types de jeu développent différentes aptitudes. Ainsi, en limitant les jeux jugés « appropriés », on limite aussi le développement de l’enfant.

On connait bien les avantages développe- mentaux des jouets pour garçons. Les sports aident la force musculaire, la coordination et l’équilibre. Les jeux de construction en-

seignent les principes mathématiques et physiques de base ainsi que le design.

Mais pendant ce temps, les filles développent des compétences bien différentes : l’imagi- nation, l’expression artistique, la commu- nication, et bien d’autres encore. Alors que les parents tiennent pour acquis que les gar- çons doivent être en mouvement constant, les filles apprendre à être patientes, à se concentrer sur des choses minutieuses, et à rester assises pendant de longues durées – des aptitudes bien importantes à l’école. En se costumant pour des jeux de rôles, les enfants font rapidement l’expérience d’une grande variété de situations sociales qui les forcent à résoudre des problèmes en com- muniquant.

Bref, il faut une variété de jouets pour une variété d’habilités. Tous ont à gagner à ne pas limiter leur jeu en fonction de leur sexe.

S’empoisonner jeune

Les jouets les plus neutres sont les plus édu- catifs, c’est bien établi. Mais ce n’est pas tout :

plus un jouet est genré, plus il développe des comportements nocifs, autant chez les filles que chez les garçons.

L’accentuation de l’apparence est omnipré-

sente dans les jouets pour fille. Il faut être belle; il ne faut pas se salir. Un rose immacu- lé démarque le territoire. À 6-7 ans, 87 % les filles sont déjà conscientes qu’elles seront ju- gées plus en fonction de leur allure que leurs compétences.

En revanche, les standards de masculinité à part entière s’incarnent dans des jouets de nature violente, qui vont bien plus loin que des sports agressifs ou des jeux vidéo com- batifs. Au-delà même des figurines de guer- riers (G.I. Joe, super héros, lutteurs), on a même transformé fusils et épées – ces armes mortelles – en jouets.

Ces penchants semblent certes anodins, mais ils se traduiront en tendances systé- miques importantes à l’adolescence. Compa- rons par exemple les perturbations psycho- logiques de l’image du corps et les troubles de conduites alimentaires chez les hommes et les femmes. Comparons aussi les compor- tements violents des sexes. Certes, ce n’est pas entièrement redevable aux jouets, mais à quoi bon verser de l’huile sur le feu?

« Le jeu est le travail de l’enfance », écrit Jean Piaget. Si le travail crée le monde d’au- jourd’hui, le jeu crée le monde de demain. Pensons-y bien lorsque viendra le temps d’acheter nos prochains jouets.

jeu crée le monde de demain. Pensons-y bien lorsque viendra le temps d’acheter nos prochains jouets.

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jeu crée le monde de demain. Pensons-y bien lorsque viendra le temps d’acheter nos prochains jouets.

section

ACTUALITÉS

Clémence Labasse

actu1@larotonde.ca

section ACTUALITÉS Clémence Labasse actu1@larotonde.ca Nouveau recteur et vice-chancelier Jacques Frémont, un corps

Nouveau recteur et vice-chancelier

Jacques Frémont, un corps étranger à la tête de l’Université

Frédérique Mazerolle

Moins d’un mois après l’annonce de l’identi- té du nouveau chancelier, Calin Rovinescu, l’Université d’Ottawa (U d’O) a officiellement présenté au public, vendredi dernier, le 30e recteur et vice-chancelier désigné, Jacques Frémont. Administrateur réputé de l’Univer- sité de Montréal (U de M), ce dernier n’est pas, contrairement aux précédents recteurs, un ancien étudiant de l’U d’O. Aperçu du successeur d’Allan Rock, qui entrera en poste dès juillet 2016.

Suite à un processus de sélection de plus d’un an, c’est sur Jacques Frémont que le choix du Comité de sélection et du Bu- reau des gouverneurs (BdG) s’est arrêté.

Lors de la présentation officielle du nouveau recteur au public vendredi 4 décembre, Robert Giroux, président du BdG, a expliqué que M. Frémont était le candidat idéal en raison de son ex- périence au sein de l’U de M. Non seu- lement professeur à la Faculté de droit de l’U de M, Jacques Frémont y a aus- si occupé de nombreux autres postes, comme secrétaire de la faculté de droit, vice-doyen aux études de premier cycle, doyen de la faculté et vice-recteur aux affaires universitaires.

Fait troublant : en 2009, alors qu’il était encore vice-recteur, Frémont au- rait été mêlé à un conflit entre le syn- dicat général des professeurs et pro- fesseures de l’Université de Montréal et l’institution. Une source anonyme rapporte que l’homme aurait enfreint le code de travail en se mêlant à des négociations d’un renouvèlement de la convention collective.

Michel Seymour, membre du Comité de négociations syndicales de l’époque, considère le tout comme de l’histoire an- cienne. « J’ai la conviction profonde qu’il fera un excellent recteur », dit-il, ajou- tant de même que « cela va entrainer, je crois, une amélioration du climat. »

Un recteur venu d’ailleurs

En novembre dernier, Allan Rock confiait à La Rotonde qu’il avait eu la

PHOTO : GABRIELLE PILLIAT
PHOTO : GABRIELLE PILLIAT

chance, en tant qu’ancien étudiant de l’U d’O ,« d’internaliser les idéaux de l’Université ». Le manque de connais- sance interne de l’Université ne semble cependant pas être un problème pour Jacques Frémont, ancien diplômé de l’Université Laval, de l’Université York et de la London School of Economics and Political Science.

« J’ai passé la majorité de ma carrière à l’Université de Montréal, même si les gens aimaient me rappeler que j’étais un ancien de Laval. On peut dire que j’avais la faute originelle. Il reste que j’ai su faire bonne carrière là-bas. […] J’ai confiance qu’on va vite oublier d’où je viens », plaisante le nouveau recteur désigné.

Frémont, l’homme derrière le pro- jet de loi 59

Jaques Frémont est également connu au Québec pour sa participation à la ré-

daction du projet de loi 59, la loi contre les discours haineux, en tant que pré- sident de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ). Le projet de loi est critiqué par certains commentateurs comme al- lant à l’encontre de la liberté d’expres- sion.

Interrogé quant à sa position face à la « culture du viol », longuement débat- tue ces dernières années sur le campus, Frémont a rapidement mis les points sur les i. « Ces questions ne sont pas spécifiques à l’Université d’Ottawa, c’est partout […], ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas les prendre extrê- mement sérieusement. »

À quoi devra-t-il s’attaquer?

Sous la gouverne d’Allan Rock, l’Univer- sité d’Ottawa a connu plusieurs hausses de frais de scolarité. Dans son discours de présentation, Frémont a expliqué

vouloir aborder la situation du manque de financement de la part du gouverne- ment de l’Ontario avec sensibilité.

« Comme j’ai fait une bonne partie de

ma carrière au Québec, la question de la

sensibilité des droits de scolarité, je la comprends bien. Les frais de scolarité,

ce n’est pas une idéologie. Il faut être

extrêmement sensible à la situation des étudiants, mais aussi à celle des établis- sements. »

Au revoir, monsieur Rock?

L’actuel recteur de l’U d’O, Allan Rock, a rappelé à la foule présente ce vendre-

di que ce n’était pas un adieu pour lui,

mais bien un au revoir. L’ancien avocat deviendra professeur à la Faculté de droit de l’U d’O dès septembre prochain.

« Aujourd’hui, nous annonçons la dé-

signation de Frémont, pas la retraite de Rock. »

prochain. « Aujourd’hui, nous annonçons la dé- signation de Frémont, pas la retraite de Rock. »

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prochain. « Aujourd’hui, nous annonçons la dé- signation de Frémont, pas la retraite de Rock. »
Activisme & Marche 100 % Possible à Ottawa pétition en ligne contre monsanto Remettre l’environnement

Activisme &

Marche 100 % Possible à Ottawa pétition en ligne contre monsanto Remettre l’environnement au centre
Marche 100 % Possible à Ottawa
pétition en ligne contre monsanto
Remettre l’environnement au centre
des préoccupations
« Crime contre
l’humanité! »
Boni Guy-Roland Kadio
Les pétitions contre la compagnie Monsanto ne sont
pas rares. Une en particulier, lancée via un évènement
Facebook, prend ces derniers mois de plus en plus
d’ampleur. Signée à ce jour par près de 260 000 per-
sonnes, la pétition rédigée en français vise le déman-
tèlement de l’entreprise et en appelle à son procès
pour « crime contre l’humanité ».
« Nous, signataires de la pétition, demandons la fer-
meture définitive de Monsanto et que ses dirigeants
soient traduits en justice pour crime contre l’humanité
et pollution », peut-on lire sur Avaaz.org le site web
sur lequel la pétition est relayée.
PHOTO : AYOUB BEN SASSI
Créée par un certain Antoine V., la pétition adresse ses
réclamations à Barack Obama, président des États-
Unis, Ban Ki-moon, secrétaire générale de l’ONU, et
François Hollande, président de la France. Les signa-
taires accusent Monsanto d’« écocide », c’est-à-dire
de préjudice à la vie humaine et de dévastation de la
population de pollinisateurs.
Charlotte Côté
Ils venaient de Toronto, Kingston, Ottawa, Montréal,
Québec, Sherbrooke… et même du Saguenay-Lac-
Saint-Jean. Le dimanche 29 novembre, après de longs
mois de préparation, la Marche 100 % Possible les a
tous rassemblés à Ottawa pour l’une des plus grandes
manifestations que la Capitale ait vues ces dernières an-
nées. Une marche, parmi tant d’autres à travers le globe,
qui avait un but : lancer un message clair aux dirigeants
de la planète réunis à Paris pour la COP21, il faut sauver
notre planète.
Venus de tous les horizons, les manifestants mar-
chaient pour plusieurs causes : l’abandon de la
construction de nouveaux oléoducs, le respect des
droits des Premières Nations, la protection des eaux,
le désinvestissement des combustibles fossiles, le
soutien des agriculteurs locaux, la conservation de la
biodiversité, et bien d’autres encore.
Pourquoi Monsanto?
Maude, étudiante au cégep à Montréal, affirme que le
sentiment d’unité pendant la marche était fort. « On a
davantage d’espoir en notre nouveau gouvernement,
mais il doit nous donner raison. Ça fait trop long-
temps que les abus durent et le temps des promesses
est révolu; on attend des mesures audacieuses de sa
part », explique la jeune femme.
Monsanto est une entreprise américaine spécialisée
dans l’agroalimentaire qui produit des herbicides et
des semences. « Les pesticides de Monsanto tuent les
abeilles, bouleversent les écosystèmes, polluent les ri-
vières et les nappes phréatiques et sont à l’origine d’un
certain nombre de cancers et de malformations », ex-
pliquent les représentants du groupe derrière la péti-
tion « 10 millions de ‘J’aime’ pour un monde meilleur ».
MARCHER DANS LA BONNE HUMEUR
Dimanche, il est 13 h. Des milliers de personnes
convergent vers l’hôtel de ville d’Ottawa.
« C’est énergisant de voir ces personnes de tous les âges
se réunir », a confié Granny Vivian des Raging Grannies
de Montréal. « On espère maintenant que nos dirigeants
vont nous écouter et prendre des actions concrètes ».
« Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour sauver,
respecter et protéger la Terre-Mère », proclame Clau-
dette Commanda, professeure à l’Université d’Ottawa
issue de la nation algonquine. Elle est suivie de David
Suzuki, célèbre spécialiste canadien de l’environne-
ment, qui ajoute qu’« une économie 100 % propre d’ici
2050 est non seulement nécessaire, mais également 100
% possible ».
Si la marche mettait principalement l’accent sur les
énergies renouvelables, Geneviève, membre d’USC Ca-
nada, a tenu à rappeler que « 44 à 57 % de nos émis-
sions de gaz à effet de serre sont attribuées au transport
de nos aliments – qui, soit dit en passant, voyagent en
moyenne 2500 km avant d’arriver dans l’assiette ».
Ce n’est pas la première fois que la compagnie fait face
à des récriminations, souligne Marc Saner, profes-
seur au département de géographie, environnement
et géomatique de l’Université d’Ottawa. La première
controverse remonte à la Guerre du Viêtnam, quand
l’entreprise avait fourni l’agent orange à l’aviation
américaine, produit qui, « encore aujourd’hui, cause
des problèmes de santé au Viêtnam ». Dans les an-
nées 1970, la controverse éclate de nouveau, cette fois
autour de la production d’un pesticide très toxique,
le DDT qui « créée des problèmes de reproduction
infantile », comme l’explique M. Saner. « Depuis, les
régulations vagues autour de nombreux produits de
Monsanto ont été dénoncées, notamment en ce qui a
trait aux OGM. »
TRUDEAU AURAIT-IL ENTENDU?
Dans le froid et la bonne humeur, au rythme des
tambours et des chants, la foule se met en mouve-
ment. Arrivés sur la colline du Parlement, les milliers
de manifestants s’organisent et forment un énorme
signe humain : « 100 % possible ».
En tout, plus de 25 000 personnes se seront rassem-
blées. Près de 110 partenaires auront aidé à organiser la
Marche, parmi lesquels Fossil Free uOttawa.
En réponse à cela, Trish Jordan, porte-parole de
Monsanto Canada Inc. (Manitoba) se défend : « il n’est
pas nécessaire de revenir sur le passé d’allégations qui
d’ailleurs n’ont pas été prouvées. Ce n’est pas ce qu’est
Monsanto aujourd’hui. » Il juge les accusations dans la
pétition « ridicules » et « sans fondement », et soutient
que « tout ce que Monsanto vend passe par un proces-
sus de régulation mondiale et d’approbation très long et
coûteux ». Selon lui, Monsanto travaille au « dévelop-
pement durable, à aider les agriculteurs et la société ».
DES CENTAINES DE MOUVEMENTS UNIS SOUS UN
MÊME SLOGAN
Un jour après, à Paris, Justin Trudeau a affirmé que le
Canada était « de retour » sur la scène internationale
pour lutter contre le changement climatique. Ainsi, il
semblerait que les vœux de beaucoup sont sur le point
de se réaliser… bien que cela reste encore à prouver.
Au-delà des allégations, M. Saner pense que la solution
pour s’assurer que Monsanto respecte vraiment les en-
gagements environnementaux doit venir des gouverne-
ments : « La solution est que le gouvernement fasse son
travail, ce qui consiste non seulement à réguler, mais à
se donner les moyens pour surveiller cette régulation ou
amender ou faire de nouvelles régulations. »

écologie

L’Université d’Ottawa, certifiée « durable et équitable » et où le désinvestissement rime avec
L’Université d’Ottawa,
certifiée « durable et
équitable »
et où le désinvestissement rime
avec contradiction
Noura Cherkawi
Les écologistes de la communauté universitaire
ont de quoi se réjouir. Dans les classements in-
ternationaux, l’Université d’Ottawa (U d’O) occupe
de très bonnes places en matière de gestion et
de développement durable : 7 e campus canadien
à recevoir le titre de « Campus équitable », 25 e
universités parmi les plus vertes au monde et la
3 e parmi les universités canadiennes! Retour sur
toutes les initiatives faites sur le campus pour le
rendre toujours plus vert.
Depuis de nombreuses années déjà, l’institution
investit dans le développement et la construction
durables. Jardins communautaires, voies de vélo,
recyclage, fontaines : le rapport sur le développe-
ment durable à l’Université d’Ottawa énonce ainsi
une grande partie des initiatives et programmes
qui ont été mis en vigueur pour faire du campus
un endroit plus respectueux de l’environnement.
La gratuiterie est une autre de ces initiatives dont
l’Université est particulièrement fière. Jonathan
Rausseo, gestionnaire du développement durable
à l’U d’O explique que « c’est une des gratuiteries
les plus populaires dans le monde, puisque suite
à des séjours d’étudiants internationaux et na-
tionaux, ce modèle a été reproduit chez eux, par
exemple en France. »
ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE
Frédérique Mazerolle
dans le domaine de l’énergie devient vraiment la
question, de nos jours, qui est prioritaire en matière
de recherche ».
Pour l’avenir, il faudra se tourner vers le Plan
directeur de l’Université, qui a été officiellement
approuvé en novembre par le Bureau des gou-
verneurs (BdG). Néomie Duval, gestionnaire
des relations avec les médias, déclare que «
[l’implication de l’U d’O dans le développement
durable] est notable par l’amélioration des in-
frastructures relatives au transport, la création
de nouveaux espaces verts et la construction
de bâtiments multi usages à haute densité ».
Le projet met particulièrement l’accent sur les
infrastructures et les espaces verts physiques
qui naitront sur le campus dans les prochaines
décennies. La Place de l’Université, ancien parc
de stationnement devant la Faculté des Sciences
sociales, bientôt transformé en espace vert, en
est un des exemples les plus concrets.
Alors que l’Université d’Ottawa (U d’O) se maintient
en haut des classements des institutions postsecon-
daires les plus vertes au pays, il semblerait que rien
n’est tout blanc ni tout noir. Si l’administration prône
son engagement à prendre des décisions d’investis-
sement qui tiennent compte des questions environ-
nementales, sociales et de gouvernance (« ESG »),
elle s’attire pourtant à ce jour encore les foudres
du mouvement mondial Zéro Fossile, qui souhaite
le désinvestissement des universités de l’industrie
pétrolière et des énergies fossiles.
Le 6 novembre, le groupe Énergie Positive, en colla-
boration avec l’organisme Economic Club of Canada,
a invité les membres de la communauté à assister à la
conférence « Grandes idées : dialogue des chefs de file
du secteur de l’énergie ».
Trop d’investissements dans l’industrie de
l’énergie fossile?
Énergie Positive, un symbole de l’implica-
tion de l’U d’O avec l’industrie pétrolière
Beaucoup de membres de la communauté universi-
taire ont dénoncé les liens étroits que continue d’en-
tretenir l’Université avec le secteur énergétique. Fin
septembre, dans une lettre ouverte, une centaine de
professeurs de l’U d’O dénonçaient le financement
que l’institution accorde à l’industrie du pétrole.
Le manque d’appui et de fonds semble toutefois
être une contrainte majeure à la pleine réalisation
du potentiel vert de l’Université. L’an dernier par
exemple, Alice Tremblay, agente de communica-
tion du Bureau du développement durable, an-
nonçait à La Rotonde la création future de deux
projets : une citerne chargée de recueillir l’eau
des pluies pour réduire la consommation d’eau
potable sur le campus et une banque de glace afin
de rafraichir les édifices et diminuer la consom-
mation en électricité. Si les deux idées ont été ap-
prouvées par la province, explique Rausseo, seul le
projet de la citerne a été financé. L’autre est tombé
dans l’oubli, faute de financement.
4 mars 2015 : Encore tout jeune, le groupe Énergie
Positive, financé par Le Collaboratoire, organise une
première conférence exclusive à l’Université d’Ot-
tawa. À la table, professeurs, membres de la com-
munauté et dirigeants de l’industrie pétrolière sont
réunis pour discuter de l’acceptabilité des ressources
énergétiques. De la série de conférences est ressortie
une entente de trois ans sur le projet Énergie Positive,
sous la gouverne de l’U d’O.
En octobre dernier, Noémie Lavoie, membre du
groupe uOttawa Sans Fossiles, admettait avoir de
la difficulté à comprendre pourquoi l’institution ne
voulait pas se désinvestir des industries fossiles. « Je
crois que l’Université est consciente de l’importance
du développement durable, mais qu’elle a peur pour
son portefeuille. »
Interrogée en avril dernier les motifs derrière initia-
tive, Monica Gattinger, professeure au sein de l’École
d’études politique et présidente du Collaboratoire,
déclarait que « la question de l’acceptabilité sociale
Alors que l’Université n’a toujours pas émis de plan
direct quant au désinvestissement, Néomie Duval a
tout de même partagé que « l’Université travaille à
réduire sa dépendance aux combustibles fossiles en
diminuant sa consommation d’énergie […] [en élimi-
nant] l’utilisation de combustibles polluants (comme
le chauffage au pétrole) et en investissant dans les
technologies renouvelables ».

6

actualités

la rotonde

la rotonde

6 actualités la rotonde le Lundi 7 décembre 2015

le Lundi 7 décembre 2015

L’évaluation des professeurs décodée

CHRONIqUE

Désenchantement

estival

 

YASMINE MEHDI

 

Yasmine Mehdi

  Yasmine Mehdi C’est Noël et tu détestes l’Université. Voilà, c’est tout.

C’est Noël et tu détestes l’Université. Voilà, c’est tout.

Fin de session oblige, les étudiants arrivent fatigués en cours, s’installent et complètent distraitement l’évaluation du cours qu’ils suivent depuis maintenant près de trois mois. Mais à quoi sert-elle exactement? Vo- lonté de l’Université d’améliorer l’expérience étudiante? Façon pour les professeurs d’améliorer leur enseignement? Formalité administrative? À l’occasion de la fin de ses- sion, La Rotonde se penche plus en détail sur un processus bien familier de l’expé- rience universitaire.

Correction : ce n’est pas l’Université en soit que tu détestes, même si les dan- seurs du UCU et la queue interminable du Tim Hortons de EITI ont le don de t’irriter. Tu détestes le Savoir que cette institution t’apporte parce qu’elle te vole ta naïveté.

Tu penses avec nostalgie aux jours où tu pouvais déguster un pepper- mint mocha sans penser aux pauvres fermiers d’Amérique du Sud. Tu ai- merais pouvoir acheter un cardigan à ton père, mais tu ne peux le faire sans avoir une once de culpabilité pour les

UNE ÉVALUATION ASSEZ COMPLEXE

enfants bangladais qui ont travaillé à sa confection.

Mis en place en 1978, le processus évalue entre autres la préparation, la communi- cation et la disponibilité des professeurs. Il sert de relais entre les étudiants, qui peuvent

communiquer leur niveau de satisfaction, et l’Université, en plus de donner l’occasion aux professeurs d’améliorer leur cours.

Yves Herry, vice-recteur associé au service d’appui à l’enseignement et à l’apprentis- sage (SAEA), explique dans un courriel à La Rotonde, que les données recueillies auprès des étudiants permettent la production de

plusieurs rapports, dont le rapport A, qui

tut du professeur. Herry révèle que, « dans le cas des enseignants à temps partiel, des résultats régulièrement insatisfaisants dans

l’évaluation de l’enseignement peuvent […] souvent signifier le non-renouvèlement de leur contrat. »

Un professeur à la faculté des Sciences so- ciales (FSS), qui n’a pas de poste à temps plein et qui a souhaité conserver l’anony- mat, confirme que les évaluations d’ensei- gnement sont cruciales lors du processus de

concours de permanence pour les profes- seurs.

de l’Université pour la qualité de l’expé- rience étudiante : « Dans la dernière quin- zaine d’années, l’opinion des étudiants est devenue très importante. »

VERS UNE INFORMATISATION DE L’ÉVA- LUATION

Les jours des évaluations en format papier sont peut-être comptés, puisque depuis peu l’Université étudie la possibilité de les mener de façon virtuelle.

Tu es venue à l’Université sans trop te questionner. Tu croyais que c’était une suite logique de ta vie, une étape obligatoire de ta quête vers l’autosuf- fisance. Tu as choisi un programme comme on choisit un t-shirt en solde, sans l’essayer, sans trop y penser, en te disant qu’il devrait t’aller.

Sauf que les cours que tu as choisis à la hâte, non sans l’aide de Rate My Prof, sont en train d’opérer en toi un changement tangible, mais inquali-

fiable. Tu t’intéresses à l’actualité, tu

sert à l’évaluation du rendement individuel annuel des professeurs. Celui-ci ne compile cependant que trois des réponses aux treize questions posées.

Quant aux commentaires rédigés par les étudiants, ceux-ci sont strictement confi- dentiels et ne peuvent être consultés que par les professeurs. Herry commente que cette décision est le fruit d’un accord conjoint entre l’Université et des associations de pro- fesseurs.

Jennifer Deckker, présidente du l’Associa- tion des professeurs de l’Université d’Ot- tawa (APUO), confirme cela, et ajoute : « Les professeurs sont les meilleures personnes pour voir ces commentaires puisqu’ils sont ceux qui peuvent modifier leurs méthodes ou le contenu du cours. »

Cet avis est partagé par Robert Laganière, professeur agrégé à la Faculté de génie. Il croit qu’il ne serait pas pertinent pour ses su- périeurs de lire les commentaires. Il ajoute :

« On veut savoir si le véhicule fonctionne bien. […] Le doyen n’a pas besoin d’ouvrir le capot et de voir où est-ce que ça fume. »

QU’EN DISENT LES PROFESSEURS?

« Ce sont des concours désagréables parce qu’il est difficile d’exceller dans tout ce qu’on nous demande. […] On va se servir des points faibles dans un dossier pour humilier ou en demander plus à un professeur », a-t- il déploré.

Selon lui, la recherche aurait plus d’impor- tance aux yeux de l’administration que les autres compétences évaluées. Il précise : « Dans la réalité, quand mes supérieurs éva- luent le travail des professeurs, c’est la re- cherche qui compte, plus spécifiquement la recherche qui attire de l’argent externe. »

Malgré ces réserves, le professeur dit accor- der beaucoup d’importance à ses évalua- tions et utiliser les commentaires des étu- diants pour améliorer ses cours

Pour Éric Dionne, professeur agrégé de la faculté d’Éducation, c’est l’intérêt le plus fondamental de ces évaluations. D’après lui, l’introspection qu’elle provoquent est récur- rente pour la majorité des professeurs : « Je ne crois pas être un cas isolé, j’ai beaucoup de collègues qui essaient également d’amé- liorer leur cours à la lumière des résultats. »

Membre du Comité du Sénat sur l’évalua- tion de l’enseignement depuis quelques années, Laganière voit cette modernisation d’un bon œil : « Vous savez, ça correspond à la réalité d’aujourd’hui de pouvoir faire des choses en ligne. »

La présidente de l’APUO ne voit toutefois pas ce changement comme une avancée si- gnificative. D’après Deckker, les résultats préliminaires se seraient avérés désastreux : « Le taux de participation des évaluations en ligne est très, très bas et un étudiant peut répondre à l’évaluation sans jamais être allé au cours. »

Pour Kelsey Hoi, étudiante en Science poli- tique et administration publique, une infor- matisation complète du processus n’aurait pas que du bon puisqu’elle serait beaucoup moins interactive. « Je crois que c’est seule- ment en distribuant des copies papier au dé- but des cours magistraux que les étudiants prendront part au questionnaire », a-t-elle commenté.

Ainsi si le futur de l’évaluation est encore incertain, une chose est claire : derrière les ronds que beaucoup d’étudiants noircissent

as voté lors des dernières élections et pire encore, tu n’achètes plus de bou- teilles en plastique.

Crise identitaire : tu ne sais plus trop si le savoir est un ajout à ta merveilleuse personne, ou si au contraire, il s’est em- paré d’une partie de toi. Tu te dis que les gens intelligents doivent forcément être les plus malheureux sur Terre et que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Après tout, mieux vaut être un abruti heureux qu’un érudit misérable.

Sauf que sous cette crise identitaire se cache une autre réalité. Il se trouve que tu aimes bien la nouvelle toi, celle qui pourra enfin débattre avec son oncle un peu ivre et très xénophobe lors d’un interminable souper de Noël.

Tu te dis que le savoir, tout comme la perte d’innocence, est inévitable. Sauf qu’en attendant de te soucier de rides ou de cheveux blancs, il existe encore une ville, à quelques heures de route, où la nouvelle toi n’existe pas encore. Une ville où ta mère préparera sa fameuse dinde rôtie et où tu joueras dans la neige comme quand tu avais cinq ans.

Les conséquences directes de mauvaises ou bonnes évaluations dépendent du sta-

Dionne ajoute que le souhait d’améliorer les cours est un résultat de l’intérêt grandissant

sans trop se poser de questions se cache un processus bien plus complexe qu’on ne pourrait le penser.

C’est Noël et finalement, ta vie n’est pas si mal que ça.

qu’on ne pourrait le penser. C’est Noël et finalement, ta vie n’est pas si mal que

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qu’on ne pourrait le penser. C’est Noël et finalement, ta vie n’est pas si mal que

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numéro 13

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Disparition d’un professeur chargé de cours

Mystère à la Faculté des Sciences sociales

Clémence Labasse

Le 16 octobre, les élèves du cours de POL 4526 Géopolitique contem- poraines reçoivent un courriel de la Faculté des Sciences sociales les avisant à la dernière minute que le cours du 20 et l’examen de mi-ses- sion seraient annulés. Dans les jours qui suivent, les étudiants n’ont plus aucun signe de vie de leur pro- fesseur, Martin Kalulambi-Pongo. Le 29 octobre, un inconnu, Adam Sandor, leur annonce qu’il prendra la relève du professeur. Retour sur la disparition soudaine d’un profes- seur mal aimé.

Un cours qui recommence à zéro du jour au lendemain

Moins de deux semaines après le premier courriel de la Faculté des Sciences sociales, les étudiants apprennent dans un courriel de Adam Sandar, candidat au doc- torat, que celui-ci est leur nou- veau professeur, et que de fait les évaluations pour ce cours re- commencent à 0. Il écrit : « Je ne suis pas d’accord avec le plan du cours qui vous a été donné. »

« On s’est retrouvés à six se- maines de la fin de session à de- voir reprendre un cours à 100 % et à se taper toutes nos évalua- tions en condensé! » raconte Ma- rianne Bastille-Parent, étudiante du cours.

Le nouveau professeur est cepen- dant plus apprécié que l’ancien. « Cette situation est frustrante pour les étudiants malgré le fait que le prof qui le remplace soit très bon », avoue Marie-Pier Al- bert, également étudiante du cours.

En effet, sur le site d’évalua- tion RateMyProfessors.com, Kalulambi-Pongo souffre d’une moyenne très basse, 2.4/5, et les commentaires à son égard ne sont pas tendres. Une personne

anonyme écrit : « Son but est de

voir les étudiants échouer (

). »

sou-

dainement?

Même si les raisons entourant le départ de Kalulambi-Pongo restent floues, il est cependant difficile d’empêcher les rumeurs de circuler.

Adam Sandar avoue ne pas sa- voir grand-chose de la dispari- tion subite de son collègue : « On m’a demandé de le remplacer le 19 octobre, mais je n’ai pas eu plus de détails sur la raison. » Ce n’est pourtant pas ce que ra- conte cet étudiant du cours, qui a préféré rester anonyme : « Le nouveau prof, lors de sa première semaine, nous a dit de ne pas le rencontrer dans le bureau pour notre protection et la sienne. C’était bizarre. »

Pourquoi

disparaitre

si

David Grondin, responsable des études de baccalauréat au dépar- tement de Sciences politiques explique qu’« une enquête est en cours, qui a été motivée par des allégations sérieuses (…) Par souci de l’expérience étudiante, l’administration a pris des me- sures immédiates, mais par res- pect pour le processus d’enquête nous ne pouvons commenter. »

Toujours professeur pour la session d’hiver 2016?

Si Martin Kalulambi-Pongo ne donne présentement plus de cours cette session et n’a pas ré- pondu aux courriels et aux appels de La Rotonde, il est toujours inscrit sur Rabaska que celui-ci donnera trois cours de sciences politiques la session prochaine, POL3515, POL2544 et POL4570.

Interrogés sur le sujet, les ré- ceptionnistes des deux dépar- tements auxquels il est affilié, l’École supérieure d’affaires publiques et internationales et le Département d’études an-

DÈS LE 20 DÉCEMBRE, UN CHANGEMENT DE ROUTE POURRAIT CHANGER VOTRE ROUTINE. • LE MATIN,
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ciennes et sciences des reli- gions, avouent ne pas en être sûrs. « À notre connaissance, il n’enseigne pas à la prochaine session », nous a-t-on affirmé.

« Comme il est chargé de cours, il est possible qu’on lui ait retiré ces cours. C’est possible qu’il y ait une erreur dans le système. »

qu’on lui ait retiré ces cours. C’est possible qu’il y ait une erreur dans le système.

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qu’on lui ait retiré ces cours. C’est possible qu’il y ait une erreur dans le système.

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8 actualités la rotonde le Lundi 7 décembre 2015

la rotonde

8 actualités la rotonde le Lundi 7 décembre 2015

le Lundi 7 décembre 2015

Résidences Takyan Consulting

Après les étudiants sans-abris, les étudiants sans-le-sous

Clémence Labasse

La compagnie de résidence Takyan Consulting Inc. n’est pas étrangère à la mauvaise presse. En début de la session universitaire d’automne 2015, le Ottawa Citizen rapportait que de nombreuses rési- dences étudiantes privées fournies par la compagnie étaient encore en construction. À cette occasion, La Rotonde avait rencon- tré Jaime Casigay, étudiant de 4e année en biochimie, qui à son arrivé à Ottawa avait trouvé l’appartement pour lequel il avait payé la location encore en construction. Et ce n’était que le début de ses problèmes.

Début octobre, après un mois passé dans des auberges de jeunesse et divers hôtels, Jaime Casigay avait enfin l’oc- casion de rentrer dans l’appartement, rue Henderson, pour lequel il avait payé le loyer. Mais il ne s’attendait pas aux longs mois d’attente qui ont suivi.

Le 5 octobre, Casigay expliquait : « J’ai dépensé 2500 $ ce mois-ci en hôtels et auberges. » Pour autant, il s’attendait à être remboursé rapidement, comme Takyan Counsulting le lui avait pro- mis. À lui, et tant d’autres.

Fin novembre, pourtant, l’étudiant n’a toujours pas reçu le moindre signe de vie de la part de la compagnie. « Pen- dant près de 3 mois, j’ai attendu mon remboursement. Je n’en pouvais plus », avoue-t-il. « Après avoir refusé de payer mon loyer pour le reste du mois, lundi dernier, le 30 novembre, je suis allé au bureau de la compagnie pour leur par- ler directement. Je me suis finalement fait rembourser, et ils ont dit être vrai- ment désolés pour le manque d’organi- sation. »

Son colocataire n’a pas eu autant de chances. Le jeune homme attend en- core son remboursement. Jaime ra- conte : « La somme totale dépensée par mon colocataire était trop élevée selon eux, même s’ils n’ont jamais imposé de limite. Maintenant ils veulent que mon coloc négocie avec eux pour être rem- boursé moins. »

Des problèmes partout en ville

Niamh Hester, étudiante en échange à l’Université Carleton et provenant de l’Université de Édimbourg, avait égale- ment dû faire face, lors de son arrivée au Canada, à un logement encore en construction dans le Glebe, un loge- ment lui aussi la propriété de Takyan Counsulting.

loge- ment lui aussi la propriété de Takyan Counsulting. Elle raconte avoir eu dès lors beau-

Elle raconte avoir eu dès lors beau- coup de problèmes avec la compagnie, trop pour se souvenir de tout. « J’ai été remboursée pour mes frais d’hôtel de septembre, mais le loyer n’a jamais été réduit, » se remémore l’étudiante. « Ma colocataire avait payé un dépôt pour sa chambre, et même après un mois, quand ils nous ont finalement dit que nous pouvions emménager, sa chambre était encore en ruines, des tuyaux sortaient des murs. Ils lui ont proposé de vivre

dans une des plus petites chambres, qui n’était pas encore louée. Après 2 semaines sans progrès, ils lui ont dit que sa première chambre pour laquelle, elle avait payée n’était pas habitable, et qu’elle ne pourrait jamais y vivre. »

Appelée à commenter sur le sujet vers la fin de semaine, Takyan Conusulting Inc. n’a à ce jour répondu à aucun de nos appels.

brèves de la semaine

pavillon

d’arts visuels

Vendredi 4 décembre, 12 h. Tess-Tha- lissa Ruel, étudiante en arts visuels, et un ami travaillaient au pavillon des arts visuels, rue Laurier. En sortant de la salle, dans le sous-sol du bâtiment, ils sont confrontés à une étrange vision : « Je vois des ailes qui se déploient et une chauve-souris commence à vo- leter dans les couloirs. Je n’aurais ja- mais cru qu’il y en avait autant ici », raconte-t-elle. Ce n’est en effet pas la première fois qu’un incident de la sorte se produit. L’année dernière, l’étudiante en avait déjà vu voler au troisième étage du bâtiment.

Des

chauves-souris

au

Le député de Ottawa-Vanier atteint d’une maladie incurable

Lundi 30 novembre, Mauril Bélan- ger a partagé avec la presse l’annonce qu’il a faite à ses collègues quelques heures plus tôt : « Suite à plusieurs examens, [le docteur Pierre Bourque] m’a diagnostiqué comme étant atteint de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), également appelée, maladie de Charcot. » Le député a par la suite décidé de retirer sa candidature à la présidence de la Chambre des com- munes. Jeudi, lors de l’ouverture de la 42e législature du Parlement, le député a chaudement été applaudi par ses pairs.

La FÉUO organise des focus groupes pour une réforme de l’assurance médicale

Malgré l’échec du référendum pour l’Assurance de santé aux élections par- tielles du 22 octobre dernier, la Fédé- ration étudiante de l’U d’O (FÉUO) ne compte pas abandonner le projet pour autant. Mardi, mercredi et jeudi der- nier, des groupes de discussion étaient organisés sur le campus à propos de l’augmentation de la côtisation au Plan de santé. La publicité a cependant été assez peu relayée parmi les étudiants :

en effet il est indiqué sur la page Face- book de l’évènement que seuls 39 étu- diants y ont participé, soit 0,1 % de la population étudiante.

de l’évènement que seuls 39 étu - diants y ont participé, soit 0,1 % de la

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de l’évènement que seuls 39 étu - diants y ont participé, soit 0,1 % de la

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actualités la rotonde v o l u m e 1 3 9

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actualités la rotonde v o l u m e 1 3 9

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Liste de la semaine

MARINE DUMAS

l u m e 1 3 9 Liste de la semaine MARINE DUMAS cinq infos marquantes

cinq infos marquantes sur la COP21

La semaine dernière a débuté la 21e Conférence des parties sur les changements climatiques, COP21, à Paris. Dès son ouverture, la rencontre a rassemblé plusieurs milliers d’invités venus de tous les milieux : membres de la presse, d’associations, politiciens et chefs d’États. Retour sur cinq informations marquantes de cette première semaine de négociations.

Un but et deux objectifs fondamentauxmarquantes de cette première semaine de négociations. Patiemment attendue depuis de longs mois dans le monde

Patiemment attendue depuis de longs mois dans le monde entier, la COP21 rassemble l’ensemble des dirigeants des pays membres de l’ONU dans le but de trouver un accord sur le climat. Les discussions s’orientent selon deux objectifs : maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 2 °C et aider les pays les plus pauvres à contrer les effets des changements environnementaux.

État d’urgence : un contexte délicatà contrer les effets des changements environnementaux. Après les récents attentats du 13 novembre et la

Après les récents attentats du 13 novembre et la déclaration de l’état d’urgence en France, Paris semblait être un lieu peu propice à accueillir une telle conférence. Pourtant, le président français François Hollande a décidé de maintenir sa tenue, et une information en chassant vite une autre, la tour Eiffel a vite troqué son éclairage bleu-blanc-rouge pour un vert de circonstance.

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Quand des manifestations interdites dérapent

Le dimanche d’ouverture de la COP21 a été marqué par de grands rassemblements partout dans le monde. Venus de tous horizons, divers militants se sont rassemblés place de la République, à Paris, bravant ainsi les interdictions. Les manifestations pacifiques ont vite dégénéré en échauffourées après l’arrivée sur place des Compagnies républicaines de sécurité (CRS). Près de 350 personnes y ont été interpellées.

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Une photo historique… gâchée par le président des Comores

Lundi dernier, la photo d’une poignée de main entre Mahmoud Abbas et Benyamin Netanyahou, dirigeants de la Palestine et d’Israël, a fait le tour du web… mais pas pour la raison escomptée! Au lieu du geste historique, c’est le visage du chef d’État des Comores, Ikililou Dhoinine, qu’on peut voir en premier plan.

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Désaccords sur le texte de l’accord

Les premières négociations en vue de l’adoption d’un texte d’engagement commun se sont tenues le vendredi 4 décembre et ont été ac- compagnées de leur lot de tensions. D’un côté, les pays pétroliers se sont montrés peu disposés à renoncer aux énergies fossiles, qui font leur fortune. De l’autre, les pays en développement ont eu du mal à obtenir de l’aide financière de la part des grandes puissances afin de les aider à faire face aux changements climatiques. Une ébauche de texte a été acceptée samedi 5, et de nouvelles négociations auront lieu cette semaine.

Revue de presse

par Frédérique Mazerolle

Harcèlement au département de Science politique

The Queen’s Journal, Université Queen’s

Un courriel, reçu le mercredi 25 novembre, a choqué la population étudiante de l’Université Queen’s. Après de longs mois de silence, le département de Science politique (DPS) a révélé que de nombreuses instances de harcèlement auraient eu lieu l’an dernier. Selon un rapport, des avances déplacées ainsi que divers abus, physiques et verbaux, auraient été perpétrées à l’en- contre d’assistant.e.s de cours par des étudiant.e.s.

Les étudiant.e.s stoppent une colossale hausse des frais de scolarité

The Dal Gazette, Université Dalhousie

Le 29 novembre dernier, une vingtaine d’étudiant.e.s du Collège d’art et design de la Nouvelle-Écosse (NSCAD) ont interrom- pu une réunion du Bureau des gouverneurs, où les membres s’apprêtaient à voter en faveur d’une hausse de 37 % des frais de scolarité. Le NSCAD est une des quatre écoles d’art indépendantes du pays et les frais de scolarité y sont déjà le double de ceux du Collège d’Alberta ou du Collège Emily Carr. La hausse devait compenser la récente baisse d’admission de 15 %.

20 000 $ d’artéfacts volés au Musée de géologie

The Eyeopener, Université Ryerson

Des dizaines de pierres précieuses ont été dérobées, il y a quelques semaines, au Musée de géologie René-Bureau de l’Université Laval. Les dommages sont estimés à près de 20 000 $. Alors que peu d’informations n’a été divulguées jusqu’à maintenant, des membres de l’administration affirment qu’il y aurait des failles importantes dans le système de sécurité. Seuls de petits cadenas verrouillent les vitrines où se trouvent les artéfacts.

{ La Parenthèse française

{

franco-actus d’à travers le monde

CLÉMENCE LABASSE

ONTARIO – Insultée par un juge parce qu’elle voulait parler français – Après avoir refusé sa demande d’avoir accès à un juge francophone, la Cour de Toronto a pro- mis à Roseline Dorcin qu’elle aurait le droit à une interprète lors de son passage en cours. Le jour de son audience, pourtant, aucun interprète ne se sera présenté. Elle raconte : « Le juge m’a dit que je faisais perdre de l’argent aux contribuables [et que je pouvais me débrouiller en anglais]. »

MALI – La Lituanie envoie 40 soldats au Mali — La Lituanie enverra jusqu’à 40 soldats au Mali pour aider la France face aux djihadistes, a annoncé le 4 décembre le mi- nistre de la défense lituanien. L’an dernier, la Lituanie, qui compte trois millions d’ha- bitants, avait envoyé un avion de transport et dix soldats pour aider la mission en Répu- blique centrafricaine.

ALGÉRIE – Bouteflika officiellement en visite médicale en France — Un com- muniqué officiel a annoncé ce jeudi 3 dé- cembre le déplacement d’Abdelaziz Boutefli- ka à Grenoble, pour des contrôles médicaux. Si depuis son AVC, en 2013, le chef de l’État est très affaibli, les annonces officielles liées à son état de santé se font très rares.

CAMBODGE – Un Français vedette du ballon rond en Asie — Premier foot- balleur de France transféré au Cambodge, Thierry Bin y a vu sa carrière exploser. Né de parents ayant fui le régime des Khmers rouges vers une cité à Aulnay-sous-Bois, le jeune homme est depuis 2015 une véritable célébrité dans son pays d’origine, où il fait la une de nombreux magazines.

LIBYE – Bientôt la nouvelle Syrie? – L’armée française a commencé en novembre à effectuer des vols de reconnaissance au-dessus de la Libye, notamment à proxi- mité de la ville de Syrte, fief libyen de Daesh. Le pays voit depuis 2014 des drapeaux noirs fleurir dans certaines régions où le groupe terroriste gagne du terrain, et où arrivent en masse des djihadistes tunisiens.

FRANCE – Une femme condamnée à 10 ans de prison pour avoir tué son mari qui la battait — La cour d’assises de Loir- et-Cher a confirmé, en appel jeudi dernier, la condamnation à dix ans de réclusion de Jac- queline Sauvage, qui a tué son mari en 2012 après plusieurs années de violence conjugale et d’abus sexuels envers elle et ses enfants.

en 2012 après plusieurs années de violence conjugale et d’abus sexuels envers elle et ses enfants.

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en 2012 après plusieurs années de violence conjugale et d’abus sexuels envers elle et ses enfants.

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10 actualités la rotonde le Lundi 7 décembre 2015

la rotonde

10 actualités la rotonde le Lundi 7 décembre 2015

le Lundi 7 décembre 2015

GRIPO

Opter out ou non, telle est la question

Yasmine Mehdi

Vendredi 4 décembre, 14 h 31. Chen-Tao LaRochelle, étudiant en sciences poli- tiques, entre dans le bureau du Groupe de recherche d’intérêt public de l’Ontario (GRIPO). Le jeune homme a décidé de se désengager financièrement, d’« opter out » de GRIPO et donc de retirer les 3,77 $ qu’il a indirectement versés à l’organisme. Retour sur un mouvement annuel qui de- meure peu connu.

DE L’ARGENT ÉTUDIANT POUR DES CAUSES POLITIQUES ?

Du 23 novembre au 4 décembre, 23 étu- diants se sont présentés au 215D UCU avec leur carte étudiante ainsi qu’une preuve de paiement afin de retirer leur financement du GRIPO, don pourtant autrefois approu- vé par les étudiants. « Notre financement, autonome de la fédération étudiante, a été

établi à travers un référendum. [

est à la base perçu par l’administration, qui

] L’argent

le redistribue » explique Padraic O’Brien, coordonnateur des relations sur le campus du GRIPO

La raison principale invoquée par les per- sonnes derrière l’incitative Opt Out est que les étudiants ne partagent pas forcément les opinions politiques de gauche du GRIPO. LaRochelle explique : « Je suis étudiant, je ne suis pas riche. Je ne suis pas d’accord avec certains programmes et ne veux pas être obligé à payer pour. »

Marcus Réjean Mattinson retire son argent pour la troisième année consécutive, car il se dit préoccupé par l’affiliation du GRIPO avec des groupes d’extrême gauche : « Les com- munistes ont fait des millions de victimes et eux-autres, sur le campus, sont fiers de ça !»

Malrgré tout, le geste d’opter-out reste très symbolique. Mattinson confie pour rire qu’il s’achètera un café du Starbucks grâce à son chèque, histoire de se « payer la traite ».

O’Brien voit le mouvement avec peu d’ani- mosité : « On a un mandat politique défini et toutes les personnes qui ne veulent pas participer à ça peuvent ravoir leur argent, c’est légitime. »

PHOTO : ANTOINE SIMARD-LEGAULT
PHOTO : ANTOINE SIMARD-LEGAULT

PAS ASSEZ DE COMMUNICATION DANS LE FINANCEMENT ?

LaRochelle et Mattinson critiquent égale- ment le GRIPO pour leur manque de com- munication quant à la possibilité de retirer ces fonds. « C’est mal annoncé, c’est caché et le temps est assez limité », relève LaRochelle.

O’Brien assure pourtant que de nombreux

efforts ont été mis de l’avant cette année :

« On a utilisé les réseaux sociaux, notre site Web et on a mis des affiches sur le campus. » Cependant, s’il y a en effet une publication sur le site datée du 6 novembre, rien n’a à ce jour été publié à ce sujet sur la page Face- book du GRIPO.

Publicisé ou non, il n’en demeure pas moins que le mouvement Opt Out pourrait engen- drer un débat sur le manque de transparence.

3e Festival du film des droits de la personne

Sensibilisation, discussion et… action!

Charlotte Côté

À l’affiche, des films venus du Sri Lanka, des Pays-Bas, des États-Unis, du Pakistan et du Canada. Du 3 au 6 décembre, sept films et un atelier étaient présentés gratuitement par le Centre de recherche et d’enseignement sur les droits de la personne (CREDP) à l’Université d’Ottawa (U d’O). Une occasion de remettre l’enjeu de la violence à l’égard des femmes au centre des préoccupations.

Jeudi dernier, le CREDP présentait le premier film de son 3e Festival du film des droits de la personne de l’U d’O à l’auditorium des anciens au Centre universitaire. « C’est l’occasion idéale de se rencontrer, et de visionner des productions cinématographiques aux messages qui résonnent », a assuré Ca- roline Faucher, agente de communica- tions au CREDP. Pour son thème cette année, le centre a décidé de se joindre à la campagne internationale de Women in International Security (WIIS) pour l’élimination de la violence sexuelle et sexiste, « 16 Days of Activism Against Gender Based Violence ».

PHOTO : GABRIELLE PILLIAT
PHOTO : GABRIELLE PILLIAT

Sensibiliser les gens aux droits de la personne

The Hunting Ground, présenté vendredi 4 décembre, a mis à jour des cas de viols sur des campus universitaires améri- cains dissimulés par les institutions. Le même jour, Finding Dawn, un film de

2006 encore d’actualité de nos jours sur la disparition des femmes autochtones au Canada, était également projeté.

D’autres longs métrages, comme Si- lence in the Courts, portant sur deux femmes Sri Lankaises abusées et igno- rées par la justice, ou Fighting the Si- lence, sur le combat d’hommes et de

femmes au Confo, ont rappelé à tous la place marginalisée qu’occupent encore les femmes dans le monde.

Chaque projection était suivie d’une dis- cussion, soit avec les cinéastes, ou avec des experts. Pour Faucher, cet aspect du festival était central : « On veut impli- quer les gens; leur permettre de voir un documentaire, d’avoir une discussion liée au sujet et d’acquérir davantage de connaissances sur ces enjeux ».

Les Pays-Bas à l’honneur

Le samedi 5 décembre, Femke van Velzen, coréalisatrice hollandaise de documentaires indépendants, offrait un atelier sur l’utilisation des films pour pro- mouvoir les droits de la personne. « Sa sœur Ilse et elle ont produit trois docu- mentaires sur le Congo, dont Fighting the Silence et Weapon of War, tous deux pré- sentés au festival. C’est un honneur de les recevoir parmi nous », s’est enthousiasmé Faucher à la veille de sa venue.

C’est le Royaume des Pays-Bas qui a d’ailleurs commandité le déplacement de Femke van Velzen à l’université, et qui commandite le festival.

commandité le déplacement de Femke van Velzen à l’université, et qui commandite le festival. www.larotonde.ca

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commandité le déplacement de Femke van Velzen à l’université, et qui commandite le festival. www.larotonde.ca

section

Arts et culture

Lissa Léger culture@larotonde.ca

section Arts et culture Lissa Léger culture@larotonde.ca Turning Tides, quand l’art contemporain initie le dialogue

Turning Tides, quand l’art contemporain initie le dialogue entre l’humain et la nature

Lissa Léger

Le cours de quatrième année « Curating for Contemporary Art », offert par le départe- ment d’Arts visuels, offre la possibilité aux étudiant.e.s de se mettre au défi en orga- nisant une exposition d’art. Dans le cadre du cours, la professeure Celina Jeffrey a divisé ses étudiants en quatre groupes et leur a imposé une thématique, ainsi qu’un lieu. Pour un des groupes, leur terrain de jeu se trouvait à la Galerie 115 et il devait traiter d’eau. Retour sur Turning Tides, le vernissage du 3 décembre dernier.

Suite à un appel de candidatures ouvert aux étudiants et à la communauté, les sept conservatrices ont arrêté leur choix sur huit œuvres de huit artistes. Plutôt que de stagner en surface, l’exposition submerge les visiteurs dans un dialogue intérieur en lien avec l’élé- ment. Pour plaire au grand public, les conser- vatrices ont avancé l’idée de l’eau comme res- source écologique et culturelle fondamentale.

Vernissage sur le campus

Comment l’eau peut être une ressource culturelle? Chanelle Lalonde, étudiante et

conservatrice de l’exposition, explique que

« certains artistes ont contesté cette décla-

ration tandis que d’autres étaient d’accord. Initialement, nous avons considéré l’eau comme ressource culturelle parce qu’elle fait partie de notre quotidien. L’utilisation de l’eau varie d’une culture à l’autre, son côté rituel est changeant. »

Pour l’artiste François Cambe, originaire du sud de la France et établi à Ottawa depuis un an, l’eau est « une ressource naturelle ». L’installation de Cambe, Cascade Pattern, était la seule œuvre qui abordait le sujet de l’eau sans l’inclure directement dans l’œuvre. Cambe utilise des matières recyclables dans son travail artistique, ce qui le distingue du lot. C’est la première étude explorant le sujet que Cambe entreprend, avec une cascade de tissus multicolores fabriqués industrielle- ment. Les sept autres artistes ont tous inclus l’élément dans leur travail, soit en photo, par projection ou en exposant l’eau elle-même. François Cambe a voulu miser sur les concepts bien connus : « Si je vous dis : ‘Ne pensez pas à une pomme.’ Qu’est-ce que vous

PHOTO : GABRIELLE PILLIAT
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GABRIELLE PILLIAT

Cascade pattern, installation de françois cambe.

allez avoir dans la tête? C’est cet effet que je souhaite mettre en place, appeler ‘cascade’ un élément qui n’a pas d’eau nous renvoie juste- ment à notre conception de l’eau. »

À l’occasion, la Galerie 115 avait des airs de grande galerie d’art dans son esthétisme et sa disposition. Les conservatrices de l’expo-

sition peuvent être fières d’avoir mis sur pied une exposition intelligente qui a rassemblé des artistes de la communauté étudiante et de celle d’Ottawa. Vous pouvez apprécier l’exposition Turning Tides jusqu’au 8 dé- cembre à la Galerie 115, 100, rue Laurier.

La quête d’une passion aux couleurs vibrantes

Marie-Eve Fortier

Il y a deux ans, elle peignait sa première toile : le corps voluptueux d’une femme ba- sanée dansant avec un homme anonyme devant deux inconnus à l’envie palpable. Couleurs éclatantes et émotion tangible, la toile « The Lady in Red » fige un pur instant d’ensorcellement.

Au café Nostalgica, mardi dernier, la pé- tillante Nadia Jam, étudiante de 19 ans en Science politique à l’Université d’Ottawa, lançait sa toute première exposition d’art visuel, qui comprenait 13 toiles. Elle y est l’artiste vedette exposée pour le mois de dé- cembre. Famille, amis et clients curieux ont ajouté leur énergie à la chaleur de cet évène- ment bien spécial pour la jeune peintre.

Son art : cinq portraits sur toile aux cou- leurs vives, trois toiles rose et noir au style pop-art, deux paysages, une nature morte et deux visages de femme, dont l’une peinte sur d’anciennes notes de

cours. Son médium est majoritairement l’acrylique, la dernière œuvre étant la seule toile peinte à l’aquarelle.

« J’aime peindre le corps féminin et j’aime

encore plus les visages. Dans les traits d’un visage, on trouve une multitude de possibi- lités de créer une image parfaite, ou impar- faite. À la fin, tout art est appréciable et mes parents et amis me prouvent, par leur pré- sence ce soir, qu’ils apprécieront ma vision peu importe, ce qui me rend un peu moins nerveuse face à cette première exposition! »

Représentation d’elle-même ?

Nadia peint surtout par et pour les autres. Représenter la passion qui anime les gens qui croisent son chemin est ce qui la fait vi- brer. « C’est difficile de créer des œuvres qui plairont à la majorité des gens, de représen- ter le plaisir et l’intérêt artistiques de tout un chacun. Tout le monde aime l’art, mais certains préfèreront l’abstrait, d’autres, les natures mortes. Voilà pourquoi je propose ici plusieurs sujets. »

Le style de Nadia Jam est éclectique. Elle

PHOTO : GABRIELLE PILLIAT
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GABRIELLE PILLIAT

avoue être encore à la recherche de son propre coup de pinceau. « Je souhaite que les gens me disent ce qu’ils perçoivent, ce qu’ils retirent de mes peintures. Je me trouve face à l’inconnu en ce moment. »

Elle ne cache pas ses influences, entre autres Jose Rivas et Jarek Puczel. Certaines de ses

toiles sont d’ailleurs plus que simplement inspirées par ces artistes, elles sont presque identiques aux œuvres originales. En espé- rant que cette première exposition lui per- mette de trouver un style qui lui est propre. « The Lady in Red » démontre qu’elle en est tout à fait capable.

un style qui lui est propre. « The Lady in Red » démontre qu’elle en est

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un style qui lui est propre. « The Lady in Red » démontre qu’elle en est

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arts et culture

12 arts et culture la rotonde le Lundi 7 décembre 2015

la rotonde

12 arts et culture la rotonde le Lundi 7 décembre 2015

le Lundi 7 décembre 2015

Les critiques

Théâtre sur le campus

Les Reines (du carnaval)

Myriam Bourdeau-Potvin

Afin de souligner le 400 e anniversaire du décès de Shakespeare, le metteur en scène et étudiant à la maitrise André Per- rier a offert la fin de semaine dernière le fruit d’une exploration du mouvement chorégraphique transposé au théâtre. La pièce originale de Normand Chaurette, dramaturge derrière l’essai primé du prix du Gouverneur général « Comment tuer Shakespeare », présente le point de vue biscornu des femmes omniprésentes des œuvres shakespeariennes à travers six personnages qu’il nomme les reines.

Plutôt que de présenter la tragique mort d’un roi et les complots des hommes pour accé- der au pouvoir, Les Reines dépeint la bisbille entre des femmes ambitieuses rappelant les reines d’un carnaval. Elles se battent pour une couronne finalement illusoire et n’ont

comme pouvoir que de s’attaquer les unes aux autres. Entre la mort lente du roi et la jalousie des reines, le ridicule de la situation est accentué par des gestuelles extravagantes et des incohérences temporelles. Cette si- gnature typique de l’écriture du dramaturge Normand Chaurette se caractérise par un « temps-accordéon; le temps s’étire et se ré- tracte, et quelques moments manquent entre chaque scène; ce sont ceux qui se trouvent dans les craques de l’accordéon ».

Perrier devait intégrer la chorégraphie au théâtre, mais selon ses dires, le texte résiste beaucoup aux mouvements. Le défi était donc de créer un univers dans lequel de nombreux mouvements étaient permis. Il en résulte une sorte de conte de fées déchues, entremêlé de pas-de-chats empruntés aux grands ballets, de chants folkloriques et de rictus de danse contemporaine. Les scènes s’enchaînent dans un château en décrépitude; les décors évoquent vaguement un hangar industriel vétuste, enseveli par une tempête de neige incessante et ponctué de semi-transparences glaciales et de dorures flétries, à l’image des personnages qui y évoluent.

PHOTO : MARIANNE DUVAL
PHOTO :
MARIANNE DUVAL

Malgré les couteaux qui volent bas et les ré- pliques cinglantes des reines, l’équipe qu’a assemblée le metteur en scène se devait d’être harmonieuse. Les actrices admettent avoir construit leur personnage à partir d’ex- ploration de mouvements : une grande par-

tie du travail devait donc se faire en équipe. M. Perrier avoue d’ailleurs qu’en audition, il

a observé les performances autant sur scène

que hors-scène : « Elles étaient toutes en émerveillement devant le travail des autres et pour moi ça indique qu’il n’y aura pas d’égo [mal placé], que ce sont des gens qui vont s’entraider et travailler ensemble. »

L’interprétation des personnages passait d’abord par ces mouvements, que celle in- terprétée soit jeune ou vieille, névrosée ou mutilée, bipolaire ou dépressive.

Finalement, les techniques de dyna- mo-rythme empruntées aux mimes, l’utili- sation de formes géométriques dans les dé- placements sur scène ainsi que la gestuelle personnalisée de chaque personnage per- mettent à André Perrier de gagner son gage et il réussit avec succès à rendre dynamique une pièce qui aurait pu être aussi longue et pénible que la mort du roi Édouard.

3 e festival du film des droits de la personne : critique the hunting ground

L’épineuse question du viol estudiantin

Camille Pagé-Taillon

Après avoir été violées, deux étudiantes ap- prennent que les coupables, connus et avé- rés, ne seront jamais condamnés par leur université. Tel est l’évènement perturbateur du documentaire The Hunting Ground, réa- lisé par Kirby Dick et Amy Ziering en 2015. Présenté vendredi dernier à l’occasion du 3 e Festival du film des droits de la personne de l’Université d’Ottawa, ce film dénonce une réalité qui fait écho à l’actualité de notre éta- blissement, soit celle du viol dans les univer- sités nord-américaines.

Apprenant que leurs agresseurs échappent à la justice universitaire, les étudiantes contactent d’autres victimes. Elles font sitôt un constat alarmant : ce qu’elles pensaient être un cas isolé de violence sexuelle est en fait vécu par une proportion troublant de la population étudiante, en majorité féminine. Les deux jeunes femmes décident de faire le tour des universités américaines pour ren- contrer ces victimes, faire entendre leurs

voix et nuancer la vision idéalisée des éta- blissements, moins utopique qu’il n’y parait.

Leur tâche s’avère d’autant plus difficile que les administrations rechignent à rendre jus- tice aux victimes : le viol n’est pas gage de bonne publicité. Les différents témoignages disposent, au vu et au su de tous, les incohé- rencessystémiquesencontexteuniversitaire:

de nombreux coupables, si ce n’est la majo- rité, ne sont et ne seront jamais condamnés pour leur crime. Dans le cas d’athlètes de haut niveau, parrainés par les institutions, une accusation de viol, si elle se révélait vé- ridique, ternirait l’image de l’université et rendrait difficile l’obtention de bourses et d’ententes de parrainage.

Il en découle par ailleurs d’innombrables contradictions concernant les peines aux accusés. Si une centaine de plaintes sont déposées chaque année, seuls un ou deux agresseurs feront face aux tribunaux. Ces derniers encourent des peines souvent ju- gées insuffisantes, soit, entre autres, une expulsion d’un jour du campus, une amende de quelques dollars et, dans le cas d’athlètes de haut niveau, parfois rien du tout. En ef- fet, ceux-ci bénéficient de la mauvaise foi de l’administration et d’une protection quasi

ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE
ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE

« politique ». Le témoignage des victimes est

ainsi mis en doute de manière systématique.

The Hunting Ground révèle de manière inquié- tante que, dans un système si opaque, les droits des étudiant.e.s sont encore sujets à débat.

Organisée par le Centre de recherche et d’en- seignement sur les droits de la personne, cette troisième édition du Festival était cen-

trée sur la violence faite aux femmes. Grâce à des documentaires tournés dans diffé- rentes parties du monde et touchant, pour la plupart, à la question du viol, le festival aura permis de présenter ce qui existe quant à la prévention de la violence sexuelle et aux actions menées « aux niveaux local, national et international » pour combattre le fléau.

et aux actions menées « aux niveaux local, national et international » pour combattre le fléau.

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et aux actions menées « aux niveaux local, national et international » pour combattre le fléau.

arts et culture

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Réduire – Recycler – Réutiliser

Fêter Noël avec bonne conscience

Myriam Bourdeau-Potvin

Si le temps des fêtes est un moment pour retrouver sa famille et se reconnecter aux « vraies valeurs », il est souvent égale- ment associé à une période de consom- mation excessive. Si vous êtes comme les responsables de la coopérative de vélo, vous n’aurez pas participé au Vendredi noir et n’achèterez pas de décorations de Noël à rabais le 26 décembre : vous allez plutôt les créer vous-même à partir de ma- tières recyclées.

La Coopérative de vélo de l’Université d’Ot- tawa est toujours à la recherche de nouveaux projets pour réutiliser les nombreux pneus, chaines et diverses pièces laissées derrière par d’anciens étudiants. « Une fois aux deux ans, le service de sécurité fait le tour du campus pour récupérer les vélos abandon-

nés et nous les rapporte ici, dans l’atelier de la coopérative », explique Alex Bobkov, assistant-coordonnateur de la coopérative.

« Certains cadres sont encore réutilisables

et les meilleurs sont réservés, repeints et remis à neuf », ajoute-t-il en désignant la trentaine de vélos entreposés dans l’atelier, chacun identifié par le nom de l’apprenti- mécanicien qui y travaille au gré de ses disponibilités. « Les pièces qui ne sont pas

réutilisées sont tout de même conservées et accumulées à travers les années, donc beaucoup de matériaux dorment dans nos tiroirs », ajoute-t-il en ouvrant des armoires remplies de pédales, de freins à disque, de maillons et d’objets métalliques.

Le mardi 1er décembre, dans le cadre d’un atelier de confection de décorations, ces pièces abandonnées côtoyaient des pail- lettes, de la peinture dorée en aérosol et des cure-pipes aux couleurs de Noël. « Il y a tellement de choses qui traînent ici, alors on essaie d’en récupérer le plus possible », explique Laura Miller, coordonnatrice de la coopérative. Ce n’est pas la première fois que l’équipe fait preuve de créativité : « Ce genre

d’événements aide à conscientiser les gens en leur prouvant que plusieurs objets qui les entourent sont encore utiles », explique la responsable. « En plus, ils donnent une touche personnelle aux décorations qui ani- ment l’ambiance des fêtes! » Une belle façon de célébrer tout en gardant un esprit vert!

Outre cette soirée créative donnée dans l’atelier de vélo, plusieurs séminaires sont offerts de façon hebdomadaire tout au long de l’année scolaire. L’atelier est éga- lement ouvert tout l’été : il est possible d’y travailler sur son propre vélo, de prendre part aux projets d’autres étudiants ou en- core d’assouvir sa soif d’apprendre les bases de la mécanique.

Roadtrip hivernal et recettes pour la route

Camille Pagé-Taillon

Certain.e.s étudiant.e.s prévenant.e.s dé- cident de travailler pendant le congé des fêtes afin de se construire un coussin fi- nancier pour le semestre à venir. D’autres ignorent les dettes imminentes afin de s’évader pour dépenser ce qui reste de leur argent économisé au cours de l’été. Quoique la première catégorie soit admi- rable, cet article s’adresse à la seconde.

Même si plusieurs préfèrent fuir la souf- fleuse et se faire griller au soleil pendant la période des fêtes, la réalité des étudiants, pour la grande majorité, est toute autre. Toutefois, au lieu de se morfondre, pourquoi ne pas profiter du charme de notre hiver ca- nadien et s’offrir une fin de semaine de ski au Mont-Tremblant, ou bien un réveillon du jour de l’An épique dans une métropole comme Montréal ou Toronto? Le charme de ces destinations? Elles sont toutes ac- cessibles en voiture (ainsi qu’en train et en autobus). Vous n’aurez donc pas à vider

votre compte de banque et pourrez aussi éviter l’air recyclé de l’avion et les enfants bruyants en savourant l’expérience typique du roadtrip entre amis.

L’idée de prendre la route à la Jack Kerouac

et de se laisser guider par la première neige

a bien son attrait

heures de route un passager s’exclame,

« J’ai faim! » Comme la montagne de ba-

gages dans le coffre arrière, tout est alors prompt à s’effondrer. La congestion de Montréal bat son plein, la fatigue frappe, et le passager de la banquette arrière devient rancunier puisqu’il préfère la musique al- ternative alors que le DJ autoproclamé fait rouler un amalgame de Britney Spears et de Ariana Grande depuis Cumberland.

jusqu’à ce qu’après deux

Pas de panique! Avec quelques recettes bien pensées, vous pourrez éviter l’apocalypse qui menace votre petit groupe de voyageurs. Tout le monde est heureux lorsque rassasié et il est difficile de remettre en question des choix musicaux la bouche pleine. Voici des grignotines originales qui satisferont n’im- porte quel voyageur, peu importe les restric- tions alimentaires.

Chips de chou frisé

*végétalien *sans gluten

Ingrédients :

1

botte de chou frisé

3

cuillères à soupe d’huile d’olive

Sel au gout Assaisonnements optionnels (ex. parmesan, paprika fumé ou bien vinaigre)

Instructions :

Déchirer les feuilles de chou frisé en petites bouchées, en s’assurant de retirer les tiges. Rajouter l’huile et bien masser pour que les crevasses soient recouvertes. Étaler sur une plaque à biscuits et rajouter les assaisonnements optionnels. Enfourner à 300 o F pendant 20 minutes, en tournant les chips après 10 minutes.

20 minutes, en tournant les chips après 10 minutes. ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE Pois chiches rôtis
20 minutes, en tournant les chips après 10 minutes. ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE Pois chiches rôtis

ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE

Pois chiches rôtis sucrés salés

*végétalien *sans gluten

Ingrédients :

1 boîte de pois chiches, égouttés et rincés

1 cuillère à thé d’huile d’olive 2 cuillères à soupe de sirop d’érable ½ cuillère à thé de sel

Instructions :

Préchauffer le four à 400 o F. Sécher les pois chiches à l’aide d’un essuie-tout. Transférer les sur une plaque à biscuits, puis distribuer l’huile d’olive, le sirop d’érable et le sel de façon uniforme sur les pois chiches. Enfourner pendant 20 minutes, remuer les pois chiches, puis faire rôtir encore 10 à 15 minutes ou jusqu’à ce qu’ils soient dorés et croustillants.

puis faire rôtir encore 10 à 15 minutes ou jusqu’à ce qu’ils soient dorés et croustillants.

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puis faire rôtir encore 10 à 15 minutes ou jusqu’à ce qu’ils soient dorés et croustillants.

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arts et culture

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14 arts et culture la rotonde le Lundi 7 décembre 2015

le Lundi 7 décembre 2015

Université d’Ottawa | University of Ottawa UN NOUVEAU CHAPITRE À ÉCRIRE L’Université d’Ottawa est fière
Université d’Ottawa
|
University of Ottawa
UN NOUVEAU
CHAPITRE À ÉCRIRE
L’Université d’Ottawa est fière d’accueillir une des sommités en droit constitutionnel au Canada,
M. Jacques Frémont, à titre de prochain recteur et vice-chancelier.
Expert de renommée mondiale dans les domaines des droits de la personne, de la gouvernance
et de la démocratie, M. Frémont a été titulaire de nombreux postes de direction tant dans le
milieu universitaire que dans le secteur public. Il apporte à l’Université d’Ottawa un bagage
inestimable d’expérience.
Cet ancien provost et vice-recteur aux affaires académiques à l’Université de Montréal a aussi
coordonné les efforts pour soutenir l’enseignement supérieur partout dans le monde à titre de
directeur de l’International Higher Education Support Program pour les Open Society Foundations
à New York. Il est aujourd’hui président de la Commission des droits de la personne et des droits
de la jeunesse du Québec.
Visionnaire aguerri ayant une connaissance poussée du monde universitaire et de ses rouages
au Canada comme à l’étranger, M. Frémont est la personne toute désignée pour diriger un
établissement de recherche et d’enseignement prestigieux comme l’Université d’Ottawa. Il
entrera en fonction le 1 er juillet 2016.
C’est avec un immense plaisir que nous accueillons Jacques Frémont pour écrire avec nous le
prochain chapitre de l’histoire de l’Université d’Ottawa.
Défier les conventions
 

Calendrier Culturel

 
 

du 7 décembre au 13 décembre

Lundi

Mardi

Mercredi

Jeudi

Vendredi

Samedi

Dimanche

Dernière soirée

Cinécauserie avec le documentaire:

Ventre d’artisanat:

Exposition et

Fête de fin de session.

Exposition étu- diante: Le soi collectif.

Cabaret burlesque et spectacle de variété. LIVE on Elgin,

cocktail.

Cool Kids Craft Show. House of TARG, 17 h

vente d’oeuvres

Mellos restaurant,

Vieux-Hull. Le Troquet,

d’art.

Café Alternatif,

Simard 129,

Galerie SAW,

18

h

19 h 15

17

h

19

h

18

h

21

h

     

Lancement du livre: Le care, Éthique féministe actuelle. FSS 5028, 17 h 30

The Cardboard

   

Orchestre Pop -

Concert d’hiver.

Projection du film Stunt Rock. Avant-Garde Bar

Déjeuné de

crêpes. (Gratuit) Centre du bilin- guisme,

Crowns, Suits N Toques et Dirty Sol. Rainbow Bistro,

Heat et Adam Strangler.

Amanda Cottreau et Grace Defined. Bread By Us,

Perez,

Le Petit Chicago,

20

h

19 h

21

h

14

h

 

11

h 30

21

h

   

Exposition: Turning Tides. Galerie 115 9 h à 16 h 30

Dirty Birds Come- dy Showcase. LIVE on Elgin.

19

h 30

Chris Staig et Darius Murray.

Raw Sugar Café,

21

h

Moon Destroyers, Germaphobes, Ruth Grader. Pressed,

James Armstrong. Rainbow Bistro,

21

h

The Vintage Variety Vaudeville Christmas Revue.

20

h

La cour des arts, 13 h et 19 h 30

Variety Vaudeville Christmas Revue. 20 h La cour des arts, 13 h et 19 h 30

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Variety Vaudeville Christmas Revue. 20 h La cour des arts, 13 h et 19 h 30

section

sports et bien-être

Service des sports

section sports et bien-être Service des sports Un assistant à la haute performance annoncé jeudi GHASSEN

Un assistant à la haute performance annoncé jeudi

GHASSEN ATHMNI

Le directeur du Service des sports de l’Université aura un nouvel assistant haute performance à partir de ce jeudi. Si le nom de la personne en question n’a pas encore été révélé, le proces- sus de sélection a abouti à une déci- sion selon les dires de Marc Schryburt lors d’une entrevue qu’il a accordée à La Rotonde.

« Le candidat ou la candidate a été

choisi et nous l’annoncerons jeudi prochain », a confié M. Schryburt. La création de ce poste est cen- sée remédier au fait qu’il n’y ait

pas d’unité séparée dédiée spéci- fiquement aux étudiants-athlètes.

« Quand j’ai comparé avec ce qui

se fait sur d’autres campus, j’ai re- marqué que les autres universités

avaient deux ou trois unités dis- tinctes », a-t-il expliqué.

Le nouvel assistant aura la tâche de superviser les entraineurs-chefs des onze équipes interuniversitaires ain- si que les clubs compétitifs.

Le recrutement de ce nouveau membre de la direction des Gee- Gees est aussi étroitement lié au nouveau Centre de haute perfor- mance qui est en construction sous le pavillon Montpetit. Ces nouvelles installations permettront de séparer l’unité de haute performance dédiée aux athlètes de l’unité récréative qui dessert les étudiants, les employés et le public.

Financement

Hormis ce nouveau Centre de haute performance, la construction de nouvelles installations est aus- si prévue sur un plus long terme. Selon M. Schryburt les nouveaux édifices seront nécessaires pour améliorer la qualité des services et générer plus de revenus. « Il faut savoir que l’argent investi dans les

PHOTO : GABRIELLE PIALLIAT
PHOTO : GABRIELLE PIALLIAT

équipes interuniversitaires et les clubs provient des revenus générés par le Service. »

Les revenus du Service provenant des frais de scolarité sont unique- ment utilisés pour entretenir les installations qui sont accessibles aux étudiants, ce qui comprend la masse salariale du personnel. Ce sont les dons, les contrats avec les équipementiers et les revenus des intra-muros qui constituent la par- tie du budget rattachée aux athlètes. Pour accorder plus de financement aux clubs compétitifs qui perçoivent beaucoup moins de fonds que les équipes interuniversitaires, les Gee- Gees devront donc générer plus de revenus, affirme le directeur. En 2017, après l’évaluation des pro- grammes, certains clubs pourront aspirer à devenir des équipes in- teruniversitaires, si la direction du Service juge que c’est approprié.

Sport féminin

Ce potentiel changement devra éga-

lement se faire dans le respect du règlement stipulant que le nombre des athlètes masculin soit égals au nombre d’athlètes féminines. M. Schryburt a d’ailleurs insisté sur l’importance de promouvoir les équipes féminines de l’Université, ainsi que la présence des femmes aux différents postes d’entraineurs et de personnel d’encadrement mé- dical et technique.

Si les grands évènements sportifs qu’impliquent les Gee-Gees (Panda, Classique de la capitale) concernent essentiellement les équipes mas- culines, plusieurs équipes fémi- nines sont très performantes et concourent régulièrement pour des médailles dans les finales provin- ciales et nationales.

« Créer de l’engouement pour les équipes féminines est un défi que je me donne pour la prochaine année », a-t-il rajouté. « À chaque semaine, nous mettrons l’emphase sur un match d’une équipe féminine pour attirer plus de public. »

Le hockey masculin recrute

Interrogé au sujet des développe- ments en ce qui concerne l’équipe de hockey masculin. M Schryburt a dit être très satisfait du travail de Patrick Grandmaitre et du comité de relance.

« Nous sommes présentement en phase de recrutement. Cela arrive rarement dans la carrière d’un en- traineur d’être engagé et de n’avoir aucune équipe. Nous allons passer de zéro à 25 joueurs et devrons être compétitifs en septembre prochain », a rappelé Marc Schryburt.

Le Service a mis à la disposition de M. Grandmaitre une équipe dont la tâche est d’obtenir des contrats de commandites, des dons et des bourses afin d’attirer des joueurs en réussite scolaire. Début 2016, le pro- gramme procédera à l’achat d’équi- pement pour la nouvelle troupe.

scolaire. Début 2016, le pro - gramme procédera à l’achat d’équi- pement pour la nouvelle troupe.

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scolaire. Début 2016, le pro - gramme procédera à l’achat d’équi- pement pour la nouvelle troupe.

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sports et bien-être

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le Lundi 7 décembre 2015

rencontre avec les entraineurs

Bilan des équipes interuniversitaires à la trève

BONI GUY-ROLAND KADIO

Les équipes interuniversitaires encore en lice dans les compétitions des Sports uni- versitaires de l’Ontario (SUO) et du Réseau du sport étudiant du Québec (RSÉQ) et qui profiteront de la trêve hivernale pour prépa- rer la fin de saison sont toutes en position de se qualifier pour les finales provinciales et nationales. C’est aussi le moment pour les entraineurs d’évaluer leur début de saison et d’établir leurs objectifs pour l’hiver 2016.

Volleyball, 6-4, 3e au SUO-EST

Lionel Woods, entraineur-chef

« Nous sommes satisfaits de notre rang comme une garantie de place au play- off, et nous aurions aimé avoir une fiche de 8-2, mais à la fin, ce n’est pas le plus important. »

let pour le championnat national. Pour ce faire, en tant que jeune équipe rema- niée, nous allons d’abord et avant tout rester en bonne santé, rester humbles et rester concentrés sur chaque week-end comme une opportunité de se pratiquer pour les séries éliminatoires de prépa- ration », dit-il.

Basketball masculin*, 7-0, 1er au SIC et au SUO

Justin Serresse, entraineur-assistant

« Nous sommes très contents de notre début de saison, nos deux nouveaux in- térieurs (deux transferts — Nathan Mc- Carthy de McMaster et Brody Maracle de Carleton) se sont bien intégrés, ils apportent une présence physique dans la raquette et nous permettent d’être bien plus dominants au rebond. »

En tant qu’équipe numéro 1 au pays, le but est naturellement de remporter le titre SIC. « Les trois dernières années, nous avons été très proches du but. Sur un plan tactique, nos pertes de balle en transition, nos lectures de jeu offensives et notre activité défensive seront les clefs du succès sur le terrain ».

*Andy Sparks, entraineur-chef de l’équipe de basketball féminin, qui fi- gure au 1er rang de la division Nord du championnat SUO, n’était pas dispo- nible pour nous livrer ses impressions sur les sept (6-1) rencontres disputées par son équipe.

Hockey féminin, 7-4-0, 1er au RSÉQ, 10e au SIC

Yanick Evola, entraineur-chef

« Nous sommes très fiers du travail effectué par toute l’organisation du hockey féminin jusqu’à présent. Nous avons un groupe de joueuses fières et enthousiastes et ce fût une très belle première moitié de saison. »

Qu’en est-il de l’objectif de la saison? « Notre objectif est d’être les meilleurs de nous-mêmes chaque jour. Nous suivons un processus défini et nous devons res- ter concentré sur que l’on contrôle. Pour atteindre nos objectifs d’équipe, nous devrons continuer à nous impliquer tous les jours et à démontrer un engage- ment continu envers tout un chacun. »

Concernant le potentiel de son équipe, M. Woods est sans équivoque : « Cette équipe a une chance légitime de gagner un championnat et possède déjà un bil-

Tirs de barrage

Andrew D’Souza, numéro 1 au Canada

bil- Tirs de barrage Andrew D’Souza, numéro 1 au Canada GHASSEN ATHMNI Médaillé d’argent aux Jeux
bil- Tirs de barrage Andrew D’Souza, numéro 1 au Canada GHASSEN ATHMNI Médaillé d’argent aux Jeux
bil- Tirs de barrage Andrew D’Souza, numéro 1 au Canada GHASSEN ATHMNI Médaillé d’argent aux Jeux

GHASSEN ATHMNI

Médaillé d’argent aux Jeux panaméricains de Toronto en août dernier, Andrew D’Souza a de- puis accédé au rang de numéro 1 canadien de badminton. Cet étudiant en Sciences de l’acti- vité physique a rendu visite aux locaux de La Rotonde pour parler des difficultés auxquelles un étudiant-athlète de haut niveau doit face lors de son parcours vers les Jeux olympiques et les championnats des Sports universitaires de l’Ontario (SUO).

La Rotonde : Vous êtes le meilleur badiste au Canada, pourtant vous ne faites pas partie de l’équipe de Badminton des Gee-Gees. Qu’est-ce qui vous en empêche ?

Andrew D’Souza : Mon emploi du temps est très chargé. Je dois voyager plusieurs fois à chaque saison et cela ne me permet pas d’être assidu avec l’équipe. L’année dernière par exemple, j’étais à l’étranger pendant qu’ils étaient aux championnats SUO. Cette année je vais quand même disputer les championnats

(au mois de mars) avec les Gee-Gees. Repré- senter l’Université, c’est quelque chose que je tenais à faire.

LR : Après les Jeux panaméricains, préparez-vous les Jeux olympiques de Rio ?

AD : En fait, malheureusement, je ne vais pas participer aux JO. Pour y aller, il faut faire par- tie d’un circuit particulier, ce qui implique de jouer une trentaine de tournois entre mai 2015 et mai 2016. J’aurais pu le faire si j’avais eu les fonds nécessaires, mais comme ce n’était pas le cas, je ne me suis pas inscrit. J’y ai pensé après la médaille à Toronto, mais c’était déjà trop tard. Je vais peut-être essayer de me qua- lifier pour les Jeux de Tokyo en 2020.

LR : Avez-vous eu plus de contact avec des commanditaires potentiels après avoir remporté la médaille?

AD : Il y a eu un peu plus de possibilités qu’avant la médaille. Cela dit, ce n’est pas le genre de commandites qui pouvaient me per- mettre d’envisager les JO.

LR : Pensez-vous à tenter l’aven- ture professionnelle ?

PHOTO : AYOUB BEN SASSI
PHOTO : AYOUB BEN SASSI

AD : J’aimerais beaucoup, mais honnêtement, c’est difficile. Dans certains pays comme l’Inde ou la Chine, il y a plusieurs professionnels qui vivent du badminton. Il me faut être parmi les 50 meilleurs badistes au monde pour en faire ma carrière.

LR : Dans quelle mesure appli- quez-vous ce que vous apprenez dans vos cours à votre activité de

sportif de haut niveau?

AD : C’est plus simple pour moi de com- prendre comment fonctionne mon corps, cela m’aide beaucoup, Comme tous les athlètes, je suis passionné par l’exercice. Je veux être en bonne santé mais je veux aussi aider la popu- lation à être en bonne santé, c’est pour cette raison que je suis dans ce programme.

aider la popu- lation à être en bonne santé, c’est pour cette raison que je suis

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Bien être

Démystifier l’entraînement cardiovasculaire

ALEXANDRA VIENNEAU

Existe-t-il une forme de cardio ul- time? La Rotonde s’est penchée sur ce dossier pour en apprendre plus sur les différentes formes et aspects de cette activité populaire.

Qu’on apprécie ou non l’activité cardiovasculaire, c’est un arrêt obligatoire pour les adeptes d’ac- tivité physique qui souhaitent perdre de la masse graisseuse et améliorer leur santé. M. Pascal Imbeault, professeur à l’Univer- sité d’Ottawa (U d’O) en physio- logiste de l’exercice et passionné du tissu adipeux, explique les différents types de cardio ainsi que leurs avantages et leurs dé- savantages. Ce dialogue instruc- tif débusque certains mythes et jette une lumière sur certaines vérités méconnues.

HIIT

Il faut d’abord comprendre que l’entrainement fractionné à haute intensité (la version française du High Intensity Internal Training, ou HIIT) est une forme de cardio où l’on produit un effort maximal en alternance (par exemple, un sprint de 40 secondes suivi d’une période de « repos » de 2 minutes où l’on marcherait avant d’en- chaîner avec un nouveau sprint, et ainsi de suite).

Le HIIT devient de plus en plus la forme de cardio la plus appréciée par les athlètes (ou les gens pres- sés) en raison de son aspect ra- pide et efficace. M. Imbeault nous explique que 25 minutes d’inter- valle à haute intensité font brûler autant de calories que 45 minutes de cardio en continu. Par contre, le HIIT n’est pas à prescrire à tous, « ce n’est pas tout le monde qui peut s’adonner spontanément à la haute intensité », commente M. Imbeault. « Il faut, à priori, être en forme pour en faire parce que la haute intensité, comme le mot l’in- dique, pousse la machinerie [hu-

ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE
ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE

maine] à de plus hauts niveaux. » Il faudrait donc se construire une base avec des exercices de cardio en continu et alterner avec celui à haute intensité pour obtenir de meilleurs résultats.

L’expert précise en revanche que la croyance populaire que le HIIT augmenterait notablement le mé- tabolisme post-exercice serait un mythe. Il avance plutôt qu’« il y aurait une petite hausse de la dé- pense énergétique post-exercice, mais ce n’est pas ce qui va rendre la haute intensité si bénéfique ».

Autre fait intéressant, des scien- tistes ont découvert un effet contraire chez les deux sexes. Se- lon les dires du physiologiste : « on a démontré que lorsqu’on s’en- traine à haute intensité, on va avoir un sentiment d’appétit amoindri… chez l’homme. Le hic, on observe l’inverse chez la femme. » Il faut donc être très prudente pour ne pas reprendre les calories brûlées rapidement après l’entrainement.

LISS

Le LISS, ou cardio en continu, est le type que l’on retrouve le plus souvent dans les salles de sport. En pratiquant le LISS, les gens de- meurent à une certaine résistance tout au long de leur entrainement. La raison de sa popularité est que c’est une forme plus facile, surtout pour les débutants, et que c’est bénéfique sur la santé cardiovas- culaire et celle des jointures (join- tures qui sont souvent mises à mal durant la haute intensité).

Au lieu d’aller puiser dans les ré- serves de glucides comme le fait le HIIT, le cardio en continu pige directement dans les réserves graisseuses du corps. Mais, il y a une nuance à faire : « l’important, c’est la dépense énergétique finale qu’importe les carburants qu’on oxyde [lipides ou glucides] ». Le seul désavantage que l’on peut trouver au LISS est la composante temporelle plus grande que la haute intensité. Cependant, notre

expert ajoute que « c’est bien dé- montré maintenant que l’on peut segmenter nos entrainements en trois, quatre ou en même cinq, six sessions et avoir exactement les mêmes effets bénéfiques qu’une seule session de continu ».

On apprend aussi que faire du cardio léger entre les « sets » de musculation aiderait le temps de réparation et récupération du muscle en aidant le corps à dé- barrasser le muscle des dérivés métaboliques créés lors de l’exer- cice. Ainsi, cela aiderait à garder une même performance muscu- laire optimale plus longtemps et diminuerait la douleur des mi- crodéchirures du lendemain.

Bref, le secret serait de ne pas trop abuser des sessions d’intervalles (2 sessions par semaine, recom- mande M. Imbeault pour que le corps récupère), mais surtout, va- rier les types de cardio et les diffé- rentes machines.

que le corps récupère), mais surtout, va- rier les types de cardio et les diffé -

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que le corps récupère), mais surtout, va- rier les types de cardio et les diffé -

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labyrinthes

section labyrinthes Séquence finale Mes paupières sont lourdes, presque impossibles à soulever. Mes yeux verts, trop

Séquence finale

Mes paupières sont lourdes, presque impossibles à soulever. Mes yeux verts, trop sensibles, encaissent maladroitement la lumière lorsque je parviens à les ouvrir. Celle-ci est trop vive, elle me donne un léger mal de tête. Incapable de m’habituer, je les referme aussitôt.

Quelques minutes ou quelques heures plus tard, j’émerge de nouveau du pays des rêves. Un léger brouillard flotte devant moi. Je tente de l’effacer, mais je suis incapable de faire le moindre geste. Mes membres sont immobiles, flasques. Je ne peux que cli- gner des yeux. Hébété, j’aperçois de la buée qui sort de ma bouche entrouverte et figée elle aussi. Fait-il froid? Je n’en suis pas conscient. Est-ce pour cela que mon corps refuse de coopérer? Est-il gelé? Pourquoi le se- rait-il? La panique me gagne. Des réflexions négatives s’entrechoquent dans ma tête. Je peine à respirer. Je n’entends rien, je me morfonds dans le vide de ma pa- ralysie. À part la vue, aucun de mes cinq sens ne ré- agit. C’est un cauchemar éveillé. Mes yeux ne cessent de tourner dans toutes les directions, désireux d’aper- cevoir quelque chose de nouveau. Mais, il n’y a rien :

seulement le la solitude qui me fait perdre la notion du temps. Les secondes filent entre mes doigts comme de l’eau. Je ne peux plus dormir, je suis trop agité par la brutalité de ce qui m’arrive.

À un certain moment, la brume commence à s’estom- per petit à petit. Mon cœur se calme légèrement devant ce changement. Hébété, je remarque trois petites am- poules blanches et électriques vissées au plafond gris, près de mes yeux. Pourquoi ma figure est-elle si rap- prochée du mur? Un fourmillement désagréable se ré- pand dans mon corps. Mon incapacité à le chasser me rend presque fou. Ma peau chauffe comme si je m’étais brûlé. Que m’arrive-t-il? Ça pince, ça fait mal. Déso- rienté, je constate que l’usage de mes sens commence à me revenir. J’ai un goût métallique dans la bouche. Il est désagréable, mais tolérable comparé à la douleur qui me tenaille. Des gouttelettes d’eau tombent entre mes lèvres sèches que je peux maintenant refermer. Ma tête s’enfonce dans un tissu légèrement mou. Est- elle sur un oreiller? J’entends un craquement. Mon ouïe est revenue! Quelques secondes plus tard, le cré- pitement retentit de nouveau. Il est suivi d’une odeur nauséabonde. Mon odorat a refait surface! Je suis réellement en train de décongeler. Moins craintif, je m’habitue à l’effluve néfaste. Quelques minutes plus tard, je peux remuer mes orteils qui cognent contre une surface dure. N’ayant pas récupéré mon entière mobilité, je lutte longuement afin de pencher mon menton vers l’avant. Je détaille des couleurs sombres sur ma personne. Je porte d’étranges vêtements qui ressemblent à une combinaison de plongée noire. Je prends conscience que je suis confiné, couché dans une pièce pas plus grosse qu’un cercueil. J’angoisse un peu. Qu’est-ce que je fabrique ici? Me croit-on mort?

Je parvins à remuer mes doigts qui ne coopèrent pas facilement : ils plient difficilement. Je m’exerce alors à

faire disparaître cette pression. Très bientôt, elle n’est plus qu’un souvenir. Après avoir pu faire de même pour mon cou et ma tête, je tente de m’attaquer à mes bras et à mes jambes, mais mon coffre est trop étroit. Je ne peux pas gesticuler à ma guise. Je ramène mes mains ensemble et je les frotte vigoureusement pour chasser le froid que je ressens. Tout à coup, un son aigu retentit à l’intérieur de ma tête. Il me vrille les tym- pans et le choc résonne dans tout mon être. Quel est ce phénomène bizarre? Un nouveau son s’y joint et je me rends compte que je hurle ma détresse.

Ma voix est rauque, éteinte depuis une éternité. Je crie jusqu’à ce que ma souffrance diminue. Lorsque ma voix s’éteint, je tousse.

─ Ding.

J’entends du bruit, mais je ne peux pas déterminer sa provenance. Vient-il de l’extérieur?

─ Ding.

J’ai mal à la tête, ma gorge est sèche et mes yeux sont devenus vitreux. Je suis confus, j’aimerais savoir ce qui se passe. Mais je suis cloîtrée dans l’impossibilité. Des battements me font sursauter. De l’autre côté des murs, quelque chose violente les parois. Est-ce que ce sont des personnes qui s’agitent ainsi? Font-elles ex- près? Pour les faire taire, je les copie : je cogne et je pousse contre les murs de ma prison. Le son d’une clochette répétitive retentit et cesse mon manège. Je distingue clairement son origine : elle me parvint du bout de mes pieds, derrière le fond de ma cellule. Elle est suivie par des hurlements d’agonie ou de joie. Certes, ce sont bien des humains qui se sont trémous- sés des deux côtés : ce sont les mêmes qui gueulent. Des larmes coulent sur mes joues. Et moi? Ouvrirai-je la bouche par bonheur ou par malheur? Un déclic se fait entendre et un vent d’air frais vient caresser ma figure. Je me sens tiré. Les trois minuscules lumières s’éloignent de moi et la longitude grise prend fin. C’est un médecin qui m’accueille à l’extérieur du comparti- ment dans lequel j’étais coincé. Il porte le même ha- billement que moi, mais il est à peine visible sous son sarrau blanc. Il abhorre une étiquette qui indique qu’il est le docteur Terry Tom. Les bras tremblants, j’essaie de me lever tranquillement du plateau de métal dans lequel j’étais étendu. Je manque de force et ses mains gantées m’attrapent, et me soutiennent dans une po- sition assise. Je tourne la tête dans tous les sens pour analyser ce que je vois, mais le préposé médical m’at- trape le menton. Il m’ordonne de rester tranquille et de suivre la lumière rouge d’un pointeur. Il semble déjà connaître mon état puisqu’il relâche son emprise et m’ordonne d’avaler deux pilules vertes avec un grand verre d’eau. J’en redemande trois, tellement j’ai soif. À ma quatrième quémande, il me donne une bouteille d’eau avec un plateau de nourriture composé d’un jus d’orange, de poitrines de poulet et de brocolis. Je me rends compte que je suis affamé lorsque je prends

Ariane Millette

ma première bouchée. Assis sur mon lit de métal, je déguste silencieusement mon repas. Quinze minutes plus tard, le ventre gonflé, je me sens mieux. Un haut- parleur invisible annonce que l’opération est termi- née et que c’est le moment du déchargement. Terry Tom revient et me donne un minuteur. Il me pointe une pièce et il me consigne de m’y diriger lorsque le compte-minutes sonnera. Je le regarde. Le petit écran m’indique que j’en ai encore pour deux heures. Je sou- ris et je m’apprête à remercier l’infirmier, mais il est déjà parti consulter d’autres patients. J’examine le lieu du regard. Rempli de centaines de divisions, il s’étend à perte de vue. Il y a beaucoup de mouvement de va- et-vient. De nouveaux éveillés s’époumonent encore. Presque tout l’équipage est décongelé. Est-ce un échec ou une réussite? Ces deux dernières phrases songées m’étonnent. Suis-je dans un moyen de transport quel- conque? Pourquoi ai-je l’impression d’être au courant de quelque chose qui ne semble pas vouloir se clari- fier dans mes pensées? À ma droite, un vieillard m’ob- serve assis sur une couchette similaire. Ses traits me semblent familiers. J’ouvre la bouche pour le saluer, mais aucun son n’en sort. Je prends une gorgée d’eau et je réessaye. Cette fois, je parviens à effectuer une maigre salutation :

─ Bonjour, murmuré-je en me sentant encore un peu faible.

Celui-ci esquisse un sourire en voyant l’effort de mon approche.

─ Je doute que tu me reconnaisses, me dit-il triste-

ment. Quelque chose n’a pas bien fonctionné, Justin. J’ai vieilli.

Justin? J’ai un nom? Je ne m’en rappelle pas. Et lui, comment me connait-il? Qui est-il? J’ai une sensation de liquide sur la joue. Je porte une main à mon visage. Je saigne du nez. L’autre se déplace sans difficulté mal- gré son âge et son aspect fragile. Il me tend une boîte de tissus. Je prends un mouchoir et le maintiens contre mes narines.

─ Je m’appelle Stanley, me clarifie-t-il. Je suis réveillé depuis une heure et demie. Il y a de l’incertitude dans tes yeux, Justin… Ne t’inquiète pas, je suis persuadé que ta mémoire va te revenir.

Devant mon air incompréhensif, il ajoute :

─ Nous sommes copains toi et moi, m’avoue-t-il.

Un dispositif noir se met à vibrer dans sa main gauche. C’est son minuteur qui sonne.

─ Je dois y aller, émet-il.

Je le regarde partir vers la salle où je dois me rendre plus tard. Un peu perdu, je me demande si je vais finir par comprendre quelque chose. Que se passe-t-il?

─ Alors, on a des problèmes de mémoire? marmonne

par comprendre quelque chose. Que se passe-t-il? ─ Alors, on a des problèmes de mémoire? marmonne

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par comprendre quelque chose. Que se passe-t-il? ─ Alors, on a des problèmes de mémoire? marmonne

un individu derrière moi.

Je me retourne et je vois le praticien Terry Tom. Je re- tire les tissus de mon nez et je constate que le saigne- ment a cessé.

─ Supposément, répliqué-je.

Il me tend un verre rempli d’un liquide jaune peu ap- pétissant. Il m’ordonne de l’avaler. Je m’exécute non- chalamment en me pinçant le nez. La réaction est im- médiate : une sensation glacée englobe mon corps. De quoi s’agit-il? Un arrière-goût de vinaigre me donne envie de vomir. Le médecin s’éloigne et il me laisse divaguer pendant une heure et demie. Lorsque mon dispositif sonne, je saute au sol et, surpris, je réalise que j’ai retrouvé assez de force pour marcher. Je me dirige dans la salle où Stanley a disparu. On me fait faire un examen médical complet. Mes résultats sont normaux et lorsque je quitte le local, je tombe nez à nez avec Stanley. Son nom complet m’échappe des lèvres :

─ Stanley Daoust.

Choqué, je réalise que je me souviens de lui. C’est mon cousin. La substance jaunâtre était sûrement un aide-mémoire.

─ Viens, me presse-t-il, ils ont ouvert les portes.

Quelles portes? Le seul membre vivant de ma famille m’empoigne le poignet. Je mesure la gravité de sa si- tuation. Va-t-il demeurer ainsi pour le restant de ces jours? Est-ce réversible? Comme s’il entendait mes ré- flexions, il me confie son désarroi :

─ Mon aspect est permanent. La dose d’anti-âge n’a pas été assez forte.

Je baisse la tête, honteux d’avoir gardé un corps ado- lescent.

─ Ce n’est pas grave, m’assure-t-il. Ceci en vaut la peine.

Il me tire dans la pièce la plus proche. Une lumière orange m’aveugle.

─ Que… bredouillé-je en me frottant les yeux.

Stanley répond à ma place :

─ Un soleil! vocifère-t-il, heureux.

Des tâches jaunes-oranges dansent devant mes yeux. Je les ignore et elles finissent par se dissiper au bout de quelques secondes. Un sentiment de nostalgie me fait tituber : nous avons réussi.

Tout est clair maintenant : c’est la séquence finale. Je vois enfin le jour après une éternité passé dans la noir-

ceur. Stanley me parle, mais je n’entends pas ce qu’il dit. Tout est flou : les bruits comme tout ce qui m’entoure sauf pour la magnificence qui se trouve devant moi. Je suis une foule qui descend sur la terre ferme. Enli- gnés devant le vaisseau nous constatons l’opportunité qui nous a été donnée. Une grosse boule dorée se situe haut dans le ciel turquoise au-dessus de nos têtes. Je baisse les yeux vers le sol. Nous sommes arrivés à des- tination et nous allons devoir tout construire. Autour de moi, des gens rient, d’autres pleurent des morts. Pas tous n’ont survécu. Seuls les plus jeunes, comme moi, ont été tenaces. Certains malheureux comme Stanley se sont réveillés avec quelques mauvaises surprises :

des membres complètement paralysés, des couleurs étranges sur leur peau, un vieillissement non voulu Après tout, ce qui nous arrive est entièrement notre faute. Nous devons encaisser ces conséquences. Il y a cent ans, nous avons choisi d’y participer. C’était une expérience faisable, une échappatoire qui assurait notre survie : la Voie Lactée était presque à son apogée et nous sommes des prisonniers qui avons été envoyés pour peupler et façonner la nouvelle terre. Nous allons préserver l’humanité de son extinction en recommen- çant à zéro dans la galaxie centrale de l’univers. Sous l’aube du nouveau soleil, je retourne au vaisseau spa- tial. Je me jure de travailler avec acharnement pour rendre cette planète habitable pour les prochains arri- vants. Et je vais commencer dès maintenant.

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souhaite remercier les contributeurs.trices de la semaine MARINE DUMAS - ALEXANDRA VIENNEAU - Camille Pagé-Taillon -

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Merci de la part de l’équipe de La Rotonde

Fortier Merci de la part de l’équipe de La Rotonde L ÉDITION DU LUNDI 7 DÉCEMBRE
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ÉDITION DU LUNDI 7 DÉCEMBRE 2015

109, rue Osgoode Ottawa, Ontario K1N 6S1 TEL: 613-421-4686

RÉDACTION Rédacteur en chef Didier Pilon redaction@larotonde.ca

SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Frédéric Lanouette correction@larotonde.ca

CORRECTEUR

WEB

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Vacant

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SPORTS

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DIRECTION GÉNÉRALE Ayoub Ben Sassi direction@larotonde.ca

PROCHAINE PARUTION

Lundi, le 11 janvier 2016

La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Publications de La Rotonde Inc., et distribué à 2 000 copies dans la région d’Ottawa. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés.

La Rotonde n’est pas responsable de l’emploi à des fins diffa- matoires de ses articles ou éléments graphiques, en totalité ou en partie.

d’un.e chef arts et culture & d’un.e directeur.trice de production à raison de 27 h
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