Vous êtes sur la page 1sur 4

Dossier préparé par la rédaction

Bâtir, rénover, isoler…
avec le chanvre

Filière chanvre,

le renouveau
Le numéro 0 du Lot en Action, publié en juillet 2009, imprimé sur la photocopieuse de la Libraithèque à Cahors, consacrait
son dossier central à la filière chanvre dans le Lot et en particulier à Pierre Amadieu, qui développait alors dans sa grange une
machine mobile pour défibrer le chanvre. Six années après nous revenons sur cette filière chanvre qui se développe à nouveau
après avoir fait partie intégrante de notre culture. Si Pierre n'a pu poursuivre son aventure, il reste un acteur majeur de la filière
chanvre en France et en Europe et organisera, les 5 et 6 décembre prochains à Paris, un village chanvrier à l'occasion de la COP21.
Bâtiment, isolation, plasturgie, alimentation, le chanvre offre de multiples applications, et pour certaines high-tech. Redécouvrir
ses qualités pour construire (ou rénover) et isoler sa maison, c'est ce que nous vous proposons avec ce dossier central. Et la naissance de l'Amac, une Amap dédiée au bâtiment en Bouriane, annonce de nouvelles perspectives, tant dans le développement
local du chanvre que dans le partage des compétences.

La filière chanvre
sous couvert d'un contrôle de l'État, la France
autorise la culture de variétés possédant une
teneur en THC réduite, inférieure à 0,2%.

C

ultivé sur presque 176.000 hectares en
1850 pour les besoins de l'habillement,
du linge de maison, de la corderie, des
calfatages, des filets et des voiles de marine, ou encore pour l'éclairage grâce à ses
huiles ou dans la pharmacopée, le chanvre
sera, jusque dans les années 1930, un des
atouts industriel et économique de la France.
Sa culture comme celle du lin, déclinera dans
les années 1930, à cause des découvertes sur
la polymérisation qui donne accès aux matériaux de synthèse. Peu à peu, le nylon se substituera au profit du chanvre et les polymères
synthétiques, issus du pétrole, commenceront à remplir notre quotidien.
Mais pas seulement. En effet, en 1930 on commence à
interdire sa culture du fait de sa teneur en
psychotropes, c'est l'époque de la prohibition.
Dans certains pays, il sera totalement abandonné, dans d'autres, comme la France, il résistera aux pressions extérieures. Sa culture
repartira dans les années 1970 et aujourd'hui,

Principalement la demande stagne autour
de la papeterie spéciale, de la plasturgie, des
yaourts (avec la production de lait de chanvre
sans lactose), des huiles mais aussi depuis peu
dans la construction. En effet, depuis une vingtaine d'années environ, de nouvelles initiatives
ont vu le jour, pour redévelopper la culture du
chanvre en France, promouvant les avantages
de son utilisation dans la construction. En valorisant la chènevotte par exemple comme granulat pour les bétons de chanvre ou en vrac
comme isolant. La fibre, elle, pouvant servir
dans les panneaux ou comme laine isolante.
En 2014, sur les 10 000 ha de chanvre récoltés
en France (total de 15 000 ha en Europe), 2 000
ha seront utilisés dans la construction, soit environ 20%. On comprend donc qu'avec les cultures
déjà existantes en France, il existe un potentiel
fort quant à son utilisation dans la construction.

Sa culture permet également de réaliser une rotation des sols, c'est une très
bonne tête d'assolement, car celle-ci améliore la capacité en eau des sols en fractionnant ceux-ci en profondeur. Elle laisse donc
un sol propre et une terre meuble, étouffant
les adventices. Elle est parfaite comme préparateur de sol pour une culture céréalière.
D'un point de vue économique, elle fait partie des plantes qui possèdent un cycle végétatif court. 150 jours étalés en moyenne
du 15 avril au 15 septembre. De plus elle
est très productive, en effet pour 1 ha
de culture, on récupère en moyenne 2,5
t de fibre et plus de 4,5 t de chènevotte.

Les débouchés
Du chanvre, on obtient trois produits importants ainsi qu'un sous-produit : la fibre,
la chènevotte, les graines et les poudres.

Les fibres

Principalement aujourd'hui dans la papeterie haut de gamme, avec 55% des fibres de
La culture de la plante chanvre repose chanvre produites, qui assure à la filière sa stasur une agronomie saine et efficace :  bilité. Les fibres sont également utilisées dans
La plante chanvre est une plante à feuilles pal- l'isolation, environ 25% de la production. Enmées, mesurant plus de 2 mètres de haut. Ori- fin les 20% restants partent dans la plasturginaire d'Asie Centrale, elle se cultive en l'ab- gie en venant par exemple remplacer le polysence totale de traitement phytosanitaire car acrylonitrile-butadiène-styrènes des tableaux
économe en intrant (100 unités d'azote par de bord et portières des voitures. Les construchectare contre 160 ou 210 pour le blé). Les ex- teurs automobiles, eux aussi, doivent réfléchir
ploitations agricoles apparaissent donc comme à l'amélioration environnementale de leurs
des réservoirs pour la biodiversité. En effet, elle voitures. Les Peugeot 408 intègrent mainteest favorable aux arthropodes hygrophiles et nant 4 kg de fibres de chanvre dans leurs porombrophiles (exemple: Calosoma auropunc- tières et tableaux de bord. 
Tout cela représente
tatum que l'on pensait disparu depuis 1986). environ 17.000 t dans l'Union Européenne.

La plante chanvre

La chènevotte
85% de la production finit dans les litières
haut de gamme, pour chevaux par exemple
et 15% part dans la construction soit pour
les mortiers ou en vrac comme isolant. Cela
représente un peu plus d'1 tonne par hectare, soit environ 16.000 t au total en France.

Les graines
La majeure partie part dans l'oisellerie ou dans
la production d'appâts pour poisson, environ 5000 t en France, et l'autre partie s'utilise
dans l'alimentation humaine. En effet, commencent à apparaître des produits alimentaires à base de chanvre comme les huiles de
chanvre riches en oméga 3 et 6 ou des yaourts.

Les poudres (poussières)
Les poudres sont composées des poussières
produites lors de la première transformation
mécanique du chanvre. Elles sont un sous-produit, et pour l'instant n'ont pas de réelle utilité, si ce n'est dans la production de pellets
pour des chaufferies. Elles représentent environ 1 tonne par hectare 
Suite du dossier >

LE LOT EN ACTION n° 95 - vendredi 30 octobre 2015

P 15

Construire en chanvre
Associé à une ossature bois, le chanvre - sous forme de béton de chanvre banché
ou de briques à maçonner - est un matériau chaleureux pourvu de bonnes performances écologiques.

Chènevotte et fibre
Contrairement à d'autres matériaux écologiques comme la terre crue, le bois ou la paille,
l'utilisation du chanvre dans la construction est
assez récente et débute en France dans les années 1980. On utilise d'abord la chènevotte,
résidu de la paille de chanvre après défibrage.
Les petites paillettes de chènevotte sont mélangées à de l'eau et à de la chaux dans une bétonnière ou dans un mélangeur spécial. Une
fois qu'elle a fait sa prise, la chaux assure une
sorte de minéralisation de la chènevotte et lui
apporte ses qualités fongicide et antiparasitaire.
Le chanvre textile est une plante peu exigeante, capable de produire une biomasse très
importante dans des terres ingrates avec très
peu d'intrants et d'arrosage et sans protection
phytosanitaire. Seule la transformation (défibrage et dépoussiérage) est un peu énergivore, mais on peut valoriser un grand nombre
de sous-produits. Les fibres longues et très résistantes de la périphérie de la tige permettent
d'obtenir d'excellents isolants en rouleaux ou en
panneaux souples (laine de chanvre). Elles sont

aussi utilisées par la filière textile (vêtements,
sacs...) ou encore pour fabriquer des papiers
spéciaux. La chènevotte brute fournit aussi un
isolant en vrac économique, de la litière pour
l'élevage ou un paillage couvre-sol pour le jardinage. Quant aux graines, on en tire une huile
aux intéressantes propriétés diététiques et cosmétiques... Un bilan écologique très flatteur.

Béton allégé
En construction, la chènevotte a donc d'abord
été utilisée pour le montage de murs en "béton
allégé", mélange de chanvre et de chaux utilisé
comme matériau de remplissage avec une ossature bois, laquelle peut rester apparente ou
être noyée dans la maçonnerie. Le béton de
chanvre est également recommandé pour la
rénovation de maisons à colombages en remplacement des torchis traditionnels. Contrairement au béton de ciment classique, sa perméabilité à la vapeur d'eau lui permet d'assurer une
très bonne gestion de l'hygrométrie sans VMC.
À partir de 25 cm d'épaisseur, le béton de
chanvre constitue des murs à isolation répartie très performants, sans ponts thermiques et
dotés d'une bonne inertie. Les dosages préconisés varient selon les fournisseurs ; la chaux
est en majorité aérienne mais toujours avec
un complément de chaux hydraulique, parfois de pouzzolane. Le mélange est déposé
entre des banches (planches de coffrage) d'où
le nom de chanvre banché. Une fois le coffrage enlevé et le béton bien sec, on le pro-

tègera avec un enduit traditionnel sable et
chaux à l'extérieur, qui peut être remplacé
par du plâtre ou un enduit terre à l'intérieur.
Le béton de chanvre permet également de
réaliser des chapes isolantes sur terre-plein qui
doivent être protégées d'éventuelles remontées d'humidité par un drainage périphérique
et par un hérisson de gravier ventilé (voir à
ce sujet le livre de Jean-Pierre Oliva, L'isolation écologique, aux éditions Terre vivante).

Béton de chanvre projeté
Développé depuis une vingtaine d'années, le
béton de chanvre projeté a acquis ses lettres
de noblesse avec la parution des règles professionnelles d'exécution. Ces règles ont été
mises au point par l'association Construire
en chanvre et validées par les principales instances de la construction. Au-delà de sa seule
résistance thermique, ses nombreux atouts
en font l'un des matériaux les plus complets :
il permet une bonne correction acoustique,
est perméable à la vapeur d'eau, tout ça pour
une masse volumique qui reste très faible.
Il est obtenu à partir d'un mélange de chanvre
et de chaux. Pour les volumes importants, l'application manuelle est fastidieuse, car les mortiers et bétons de chanvre sont peu fluides et
difficilement transportables avec les outils utilisés pour les bétons traditionnels. On peut
donc utiliser des machines adaptées, qui projettent un mélange sec de granulats de chanvre

et de liant. L'eau est ensuite apportée par pulvérisation à la sortie du tuyau de transport
pneumatique. Le béton est ainsi projeté sur
une banche provisoire (lorsqu’on construit)
ou sur un mur existant (lorsqu'on rénove).

Blocs de chanvre
Le maniement du béton de chanvre ne s'improvise pas, une formation spécifique s'impose préalablement. L'association Construire en chanvre
a établi des règles professionnelles en collaboration avec les ministères de l'Agriculture, de
l’Équipement, et l'agence Qualité construction.
La mise en œuvre du béton de chanvre pose
parfois des problèmes de séchage si la construction se fait en période froide et humide. Rien
de tel avec les blocs de chanvre, proposés depuis peu par deux fabricants, l'un en Isère,
l'autre en Bretagne. L'automatisation de la fabrication et le séchage sur le lieu de production assurent une production homogène et
bien sèche. Les blocs se montent à joints croisés
avec un mortier de chaux et une truelle crantée spéciale, là aussi en remplissage d'une ossature bois. Les occupants de maisons en chanvre
apprécient particulièrement le confort thermique, acoustique et hygrothermique qu'apporte ce matériau naturel et recyclable. .

Le chanvre, un matériau performant
Performances thermiques
Une résistance thermique R = 4,35 pour 36
cm. Des murs capables de stocker la chaleur.
Un déphasage thermique de 10h environ.
En réalité les bâtiments réalisés aujourd’hui,
avec des murs de 35 cm d’épaisseur, seront
déjà passifs. En effet, l’inconvénient des outils
de mesures, d’études et de simulation Th-BCE
2012 de la RT 2012, est qu’ils ne prennent
pas en compte toutes les caractéristiques
d’un tel système constructif. Notamment les
caractéristiques hygroscopiques du matériau.

Performances hygrothermiques
La capacité du béton de chanvre à apporter
un confort hygrothermique dans le bâtiment
est un atout principal de ce mode constructif.
En régulant favorablement l'humidité, le béton de chanvre assainit l'air ambiant. Cela en
fait un matériau d'exception.
De nombreux rapports ont été réalisés sur
les propriétés hygroscopiques, et le comportement hygrothermique du béton de
chanvre.
Ces rapports, réalisés en laboratoire
ou sur des bâtiments instrumentés relatent
notamment : 
« ... le béton de chanvre constitue un excellent moyen d'amortir, de manière passive,
les variations quotidiennes de température et
d'hygrométrie : il permet ainsi de réduire la
demande énergétique, et d'améliorer grandement le confort thermique et hydrique
au sein des logements. En outre le béton de
chanvre contribue à limiter les problèmes de
condensation et de moisissures sur les parois,

P 16

nuisibles au confort sanitaire des ambiances »
(Samri - CEREMA) 2008
De plus, le béton de chanvre est un matériau
à changement de phase qui crée de la chaleur au cœur du mur. Il agit comme un climatiseur passif, été comme hiver.
Cette régulation hygrothermique procure
aux usagers des constructions en béton de
chanvre un sentiment de confort important
et une baisse sensible des besoins en énergie.
En voici l'explication :
« Les variations non linéaires de température observées au milieu du mur de béton de
chanvre s'expliquent par l'apparition de phénomènes internes de changement de phase
(vaporisation et condensation). Lorsque la
température extérieure augmente soudainement, de l'eau liquide se vaporise au sein
du matériau, ce qui se traduit par une forte
hausse de l'humidité relative et un amortissement de l'élévation de température dans
le béton de chanvre compte tenu du caractère endothermique des phénomènes de vaporisation. De la même manière, quand la
température imposée sur la paroi extérieure
diminue brusquement, des phénomènes exothermiques de condensation se produisent. 
Par conséquent le béton de chanvre se comporte naturellement comme un matériau à
changement de phase et constitue un meilleur isolant thermique que le béton cellulaire
autoclavé et la brique de terre cuite alors
même que ces trois matériaux de construction présentent des porosités et des conductivités thermiques relativement proches.

LE LOT EN ACTION n° 95 - vendredi 30 octobre 2015

Les transferts convectifs jouent un rôle majeur dans la régulation thermique d'un mur
de béton de chanvre dans la mesure où les
apports continus de vapeur d'eau depuis l'extérieur favorisent les changements de phase
au sein du matériau et permettent, de ce
fait, de réduire sensiblement les variations de
température dans le mur » [Gourlay (2009)].

Performances acoustiques

et montrent la stabilité au feu du mur.
Ces essais ont été réalisés par : 
Le programme AGROBAT -FFB Champagne
Ardenne par le lycée Arago de Reims selon la
norme NF EN 13823.
Le CSTB dans le cadre d'une ATEX.
Lhoist Recherche et Développement.
Les conclusions sont les suivantes : 

Le béton de chanvre est considéré comme
un bon isolant acoustique car il est capable
d'absorber les sons. Ceci est dû à sa porosité
et à la composition de la chènevotte.

La stabilité au feu d'un mur fini enduit, le
classe dans la catégorie française M0, incombustible, au côté de la pierre, brique, ciment,
tuiles, béton, verre, laine de roche etc.

La chènevotte du béton de chanvre est une
particule qui présente un indice de vide élevé et une anisotropie. Le passage d'une onde
acoustique va mettre en vibration les molécules d'air qui vont venir se frotter et déformer les parois des pores présents dans la
chènevotte, et ainsi convertir leur énergie
acoustique en énergie thermique. Cette porosité offre donc au béton de chanvre un bon
comportement acoustique sans altérer son
étanchéité à l'air.

Dans la classification européenne EN 135011, il rentre dans la catégorie A2 S1 d0.

Quelques valeurs : 
Un mur de béton de 30 cm aura un affaiblissement de 59dB et un coefficient d'absorption de 0.8.
Un voile en béton de 20 cm aura un affaiblissement acoustique de 59dB.

Stabilité exceptionnelle au feu
Pour un mur de 30 cm, enduit de part et
d'autre à la chaux, des tests de résistance au
feu ont été réalisés par différents organismes,

A2 = produits peu ou très peu combustibles
S1 = production de fumée très limitée
d0 = pas de production de goutte ou de
débris enflammés
Dans un test de mise au feu du béton de
chanvre pendant une durée de 24h, effectué
dans le Centre de Recherche et Développement Arago, on a pu constater que le feu ne
se propage que très lentement dans le béton
de chanvre. De plus, le feu n'engendre pas de
chute de débris enflammés, et les fumées occasionnées sont très faibles.
Enfin, l'ATEX réalisée par le CSTB a montré
que le béton de chanvre enduit était classé E
90 (résistance au feu 90 min) et EI 90 (résistance et isolation au feu 90 min).

Résistance aux attaques diverses
Le chanvre est très peu, voire pas du tout, sujet aux attaques par les rongeurs et les cham-

pignons. Une fois enduit, il présente une résistance bactérienne et fongique naturelle.
Principalement grâce au liant chaux et à la
grande durabilité de la chènevotte. Ce constat
a été fait dans les principaux ouvrages déjà
réalisés qui n'ont jamais subi d'attaques.

Stabilité sismique
À propos de la résistance aux sollicitations
horizontales engendrées par une secousse
sismique, l'expérience a montré que le béton
de chanvre conforte l'ossature bois qu'il ren-

ferme. En effet le matériau possède un module d'élasticité faible, il est très souple et agit
comme un contreventement pour la structure bois.
Module d'élasticité d'un béton de chanvre,
réalisé à T=20°C et HR=50%, à 60 jours est
d'environ 15 MPa, pour une résistance à la
compression de 0,2 MPa.
Un béton armé possède un module d'élasticité environ 20 fois supérieur.

Une architecture légère

à mettre en valeur
Contrairement au béton armé, le béton de
chanvre présente une densité faible, permettant la mise en place d'architecture légère.
Les bétons de chanvre utilisés pour réaliser
des murs ont une masse volumique apparente d'environ p=400 kg/m3.
Cette faible densité va permettre une mise
en place plus facile qu'un béton traditionnel
lors de projets d'extensions/surélévations par
exemple. On peut citer des exemples en ré-

gion parisienne où l'on retrouve énormément
de pavillons en situation de précarité énergétique : Ces pavillons gagnent alors en surface
et en confort thermique.
Dans le cas présenté à gauche, les habitants
ont vu leur surface de plancher augmenter de
30% et une diminution de leur facture énergétique.
Pavillon Renaudin, en banlieue
sienne.
Photos de Bio-Architecte. 

pari-

Techniques de construction

D

eux techniques de mise en œuvre sont
actuellement pratiquées : 
La mise en œuvre manuelle qui consiste
à déverser entre deux banches le béton de
chanvre. Les prescriptions sont décrites dans
les livrets "Les Bonnes Pratiques" et "Application mur" des Règles Professionnelles d'Exécution d'Ouvrages en Béton de Chanvre. Ces
règles précisent qu'il appartient au professionnel d'apporter à son assureur la preuve
de son savoir-faire et de sa maîtrise du produit, lesquels peuvent s'acquérir par des formations adaptées.
La mise en œuvre à la machine qui consiste à
projeter le béton de chanvre sur une banche
avec une machine adaptée. En effet, les bétons de chanvre étant peu fluides, on utilise des machines de projection pour le béton (guniteuse) qui transportent par air dans
des tuyaux le mélange liant-granulats sec, le
mouillage s'effectuant peu avant la sortie de
la matière. Bien que n'étant pas encore décrite avec précision dans les Règles Professionnelles d'Exécution d'Ouvrages en Béton
de Chanvre, il conviendra de se référer à ce
document, qu'il s'agisse des prescriptions, du
choix des produits ou des formations adaptées.
Des machines à projeter le chanvre sont disponibles sur le marché, à la vente comme à
la location. Il en existe différentes tailles, avec
différents principes.

Murs et cloisons
Le béton de chanvre peut être utilisé pour réaliser des murs et des cloisons. Pour cela il est
mis en place en remplissage de parois avec
une ossature porteuse, totalement noyée ou
visible sur une face.

Constructions neuves
Qu'ils soient confectionnés ou préfabriqués,
les bétons de chanvre peuvent être utilisés
pour la réalisation de mur non-porteur. Ils
assureront donc le remplissage et l'isolation
en étant associés à des structures porteuses,
le plus couramment en bois mais également
en béton ou en métal.
Suivant les techniques
de mise en œuvre et de l'architecture du bâtiment, l'ossature pourra être noyée dans le
béton ou visible et affleurante à l'intérieur ou
à l'extérieur ou encore placée totalement à
l'extérieur du béton de chanvre.

Bâtiments à colombage
Les bétons de chanvre sont adaptés à la rénovation de maison à colombages pour laquelle
elle est une des solutions la plus performante,
techniquement et économiquement et de
nombreux chantiers ont été réalisés avec succès depuis plus de vingt ans. Parmi ces réalisations, il faut noter la rénovation de la Mai-

son de la Turque à Nogent-sur-Seine en 1986
qui est la plus ancienne réalisation en béton
de chanvre répertoriée.
Généralement, l’ossature bois est laissée
apparente à l’extérieur de la construction et
est noyée dans le béton de chanvre côté intérieur. Les solutions visant à laisser l’ossature apparente des deux côtés sont thermiquement inadaptée (épaisseur trop faible)
et techniquement peu fiable (liaison insuffisante avec l’ossature bois).
Suivant les régions, l’enduit de finition extérieur viendra au nu des colombes ou en surépaisseur.
La technique de remplissage de
colombages avec du béton de chanvre est
préconisée dans le Guide de recommandation pour le DPE (Ministère de l’emploi, de la
cohésion sociale et du logement) (voir ci-dessous Enduit en mortier de Chanvre).
Dimensionnement
Les bétons de chanvre couramment utilisés pour réaliser des murs ont des masses
volumiques de l’ordre de 400 kg/m3 et une
conductivité thermique de l’ordre de 0.085
W.m-1K-1.
Les mesures de conductivité thermique sont réalisées par les fabricants de
chaux, et peuvent être légèrement inférieures
ou supérieures.
Mur en béton de chanvre entre banchages
perdus et bardage bois, béton de densité
de l’ordre de 250 kg/m3 et une conductivité
thermique de l’ordre de 0.06 W.m-1K-1.
Mur
composite béton de chanvre et enduit épais
en béton de chanvre : béton de densité de
l’ordre de 250 kg/m3 et une conductivité thermique de l’ordre de 0.06 W.m-1K-1 et enduit
de chanvre densité de l’ordre de 800 kg/m3
et une conductivité thermique de l’ordre de
0.17 W.m-1K-1 d’une épaisseur de 5 cm.
Les ouvrages bénéficient par ailleurs du fonctionnement hygrothermique spécifique des
mortiers et bétons de chanvre qui permet
d’améliorer les performances énergétiques
attendues :
• Déphasage thermique.
• Changement de phase de l’eau au sein du
mur

Finitions
Dans tous les cas il est important que le revêtement de protection soit perméable à la
vapeur d’eau, conformément aux Règles Professionnelles d’Exécution d’Ouvrages en Béton de Chanvre (RPEOBC).

Les sols
On considère que le béton de chanvre est
mis en œuvre en isolation de sol lorsqu'il est
utilisé pour réaliser des formes isolantes sur
un élément porteur, que se soit en rénovation
ou en construction neuve. La souplesse des
bétons de chanvre permettra aux formes de
supporter la déformation des planchers en
limitant les risques de déformation. Par ail-

leurs, grâce à leur faible masse volumique –
sans doute la plus faible parmi les différents
bétons légers usuels – l’utilisation des bétons
de chanvre évitera de surcharger les planchers mais apportera également un confort
de mise en œuvre appréciable dans certains
cas.

Forme sur terre-plein
Il est indispensable de prendre toutes les précautions pour limiter la concentration d’humidité dans la forme isolante et il vaudra
mieux éviter cette solution sur des terrains
trop difficiles à drainer.
Dans tous les cas, il
faudra veiller à éviter d’empêcher la migration vers l’extérieur de l’eau qui pourrait pénétrer dans le béton de chanvre par la pose,
par exemple de revêtement de sol totalement
étanche.
Enfin, conformément aux RPEOBC,
le béton de chanvre sera mis en place obligatoirement sur un élément porteur, la stabilité mécanique de l'ensemble (forme isolante en béton de chanvre et sol) est assurée
par l'élément porteur (et non par le béton de
chanvre).
Les formes isolantes sur terre-plein
sont généralement mises en œuvre sur des
épaisseurs supérieures à 15 cm.

Forme sur plancher d’étage
Les caractéristiques des bétons de chanvre
(masse volumique, souplesse, perméabilité
à la vapeur d’eau, facilité de mise en œuvre)
en font des bétons légers particulièrement
adaptés aux formes isolantes sur plancher en
structure bois. Il faut rappeler qu’il est formellement déconseillé de poser des matériaux imperméables à la vapeur d’eau sur des
planchers et structures en bois.
Les bétons de
chanvre étant peu fluides, les formes peuvent
être mise en place directement sur des panneaux ou des parquets en bois. Elles sont
généralement mises en œuvre sur des épaisseurs supérieures à 7 cm.

Constructions anciennes
« Il ne faut surtout pas mettre en place de
revêtements étanches (chape ciment ou carrelage étanches…) car ils induisent une surcharge de remontées capillaires dans les
murs. Conseiller des chapes perméables à la
vapeur d’eau et/ou isolantes avec un drainage
préalable du sol (hérisson) et des murs (drains
périphériques). Pour l’installation d’un plancher chauffant, ces dispositions deviennent
nécessaires.
Un film étanche fait perdre la
capacité « respirante » du plancher. » Extrait
du Guide de recommandation pour le DPE –
Ministère de l’emploi, de la cohésion sociale
et du logement.
Dimensionnement
Les bétons de chanvre utilisés pour réaliser
des isolations de sol ont une masse volumique apparente de l’ordre de 500 kg/m3 et
une conductivité thermique de l’ordre de 0.1
W.m-1K- 1

Mise en œuvre
La mise en œuvre est similaire à celle des

autres bétons légers : le béton de chanvre est
mis en œuvre par déversement, étalé sans
être tassé sur les surfaces à couvrir, dressé à la
règle et légèrement taloché.
Il faut attendre le séchage complet avant de
poser le revêtement de sol, quelle que soit
la nature de ce dernier. La durée de séchage
varie en fonction des conditions climatiques
et des matériaux utilisés. Il convient de se
conformer aux prescriptions des fournisseurs
mais les RPEOBC, auxquelles il faut se conformer dans tous les cas, prescrivent une durée
minimale de 30 jours.

Revêtement de sol
Tous les types de revêtements de sols qui
sont perméables à la vapeur d’eau peuvent
être appliqués sur les formes en bétons de
chanvre.
Toutefois, les bétons de chanvre ayant une
faible résistance en compression, les carrelages seront soit scellés avec un mortier à la
chaux soit collés sur une chape de répartition.
Les revêtements souples devront également
être posés sur une chape de répartition. Les
parquets pourront être posés sur lambourdes
ou flottants. Pour les détails de pose voir les
RPEOBC.

Enduits en bétons de chanvre
Ils sont utilisés pour réaliser des enduits intérieurs ou extérieurs. Leurs intérêts sont multiples : outre une large gamme d’aspects
décoratifs, il est possible de les appliquer en
forte épaisseur pour des reprises de mur (faux
aplomb, reprise de maçonnerie) mais surtout
ils permettent d’améliorer sensiblement le
confort thermique et acoustique. Ils sont utilisés en construction neuve et en rénovation.

Construction neuve
En construction neuve, en intérieur, les enduits de mortier de chanvre peuvent être utilisés pour améliorer l’acoustique dans des bâtiments.
Par ailleurs, ils sont un complément
efficace des murs en béton de chanvre : leur
forte perméabilité à la vapeur d’eau permet
en effet de ne pas altérer l’excellent comportement hygrothermique de ces parois.

Rénovation
Les enduits de mortiers de chanvre sont particulièrement intéressants en rénovation.
Reprises de murs : il n’y a pas d’inconvénient à appliquer de très fortes épaisseurs
(supérieure à 20 cm) permettant de réaliser
des reprises importantes sur des murs très
dégradés.
Amélioration thermique : il est
nécessaire de prendre en compte les spécificités des techniques des matériaux qui ont
servi à réaliser les parois de ces bâtiments,
en particulier, leur perméabilité à la vapeur
d’eau.
Comme cela est claire- Suite du dossier >

LE LOT EN ACTION n° 95 - vendredi 30 octobre 2015

P 17

ment exposé dans le Guide de recommandation pour le DPE (Ministère de l’emploi, de la
cohésion sociale et du logement), les caractéristiques des mortiers de chanvre permettent,
dans de nombreux cas de répondre aux exigences complexes de l’amélioration thermique des bâtiments anciens.
Dimensionnement
Les mortiers de chanvre utilisés en application « enduit » peuvent être de deux types : 
Enduits de forte épaisseur appliqués à la machine à projeter : utilisé pour des  rénovations
suffisamment importantes, le béton utilisé
pour le corps d’enduit est du même type que
celui préconisé pour la réalisation de murs ;
ils ont des densités de l’ordre de 400 kg/m3
et une conductivité thermique de l’ordre de
0.1 W.m-1K-1. Ils doivent recevoir une finition ventilée (bois), ou perméable à la vapeur
d’eau (enduit). (Système d’adhérence) 
Enduits d'épaisseur moyenne ou faible appliqués manuellement ou au pot de projection
: ils ont des masses volumiques apparentes
de l'ordre de 800 kg/m3 et peuvent être appliqués en fortes épaisseurs.

Mise en œuvre
Les enduits chanvre sont appliqués manuellement ou mécaniquement sur le support
et sont généralement composés d'un gobetis (mortier de chaux, de sable et/ou de
chanvre), d'un corps d'enduit en mortier de
chanvre et d'une finition (nécessaire en extérieur).
Dans tous les cas, les enduits seront
réalisés conformément aux RPEOBC : Application Enduit

Couche de finition et décoration
À l'extérieur, les enduits de chanvre recevront
une couche de finition perméable aussi à la
vapeur d'eau importante (enduit à la chaux).
À l'intérieur, le mortier de chanvre pourra

Mise en œuvre

être recouvert d'une finition perméable à
la vapeur d’eau ou rester apparent. Il est à
noter que le fait de laisser les particules de
chanvre apparentes améliore très sensiblement le fonctionnement hygrothermique et
le confort acoustique.

Isolation de toiture
Le béton de chanvre peut être utilisé comme
matériau d’isolation en toiture. Dans ce cas, il
s’agit d’un béton très léger donc peu dosé en
liant ayant une masse volumique apparente
de l’ordre de 220 kg/m3.
Mis en œuvre par déversement sur le parement intérieur des combles, il permet ainsi
d’obtenir une isolation continue et stable.
Dimensionnement
Les bétons de chanvre couramment utilisés
pour réaliser des isolations de toiture sont
dosés entre 100 et 120 kg de liant /m3. Ils
ont des densités de l’ordre de 200 kg/m3 à
250 Kg/m3 et une conductivité thermique de
l’ordre de 0.06 W.m-1K-1.
Il faut également prendre en compte que ce
type d’isolation apporte également de l’inertie thermique et, surtout, que le fonctionnement hygrothermique du matériau entraîne
des performances énergétiques élevées ainsi
qu’un confort d’été remarquable même sous
les combles.

Le béton de chanvre est mis en œuvre en isolation de toiture par projection ou déversement, sur un support rigide, continu ou pas,
en tenant compte du poids supplémentaire
que devra supporter la charpente.
La mise en œuvre a lieu avant la mise en
place de la couverture – ce qui aura tendance à limiter l’emploi à de la construction
neuve ou à des rénovations lourdes incluant
la réfection de la toiture et l’adaptation de
la charpente.
Dans tous les cas, les enduits
seront réalisés conformément aux RPEOBC :
Isolation de Toiture.
Après déversement, le béton de chanvre est
dressé à la taloche sans tasser, légèrement en
retrait du niveau supérieur des chevrons afin
de laisser un vide d’air entre ces chevrons et
le pare-vent. Celui-ci est obligatoire pour limiter la circulation d’air dans le matériau en
période très venteuse.
Pour optimiser le caractère isolant du béton
de chanvre, on met en place, à l’avancement,
en face supérieure un pare-vent pour éviter le
passage de l’air.
La couverture peut être mise
en place à l’avancement à condition d’assurer
une ventilation suffisante pour le séchage.

Autres utilisations
Chènevotte en vrac
La chènevotte en vrac peut être utilisée
comme isolant dans les combles. Elle est
alors répandue sur 30 cm environ. On vient
ensuite la recouvrir de chaux, qui avec l'humidité ambiante permettra de former une
masse compacte. Pour assurer l'étanchéité à l'air, il faudra s'assurer de bien disposer de part et d'autre de la chènevotte une
sous-toiture et de boucher, comme pour
une maison, tous les points d'entrée d'air.

Les blocs de chanvre

En 1998, des entrepreneurs ont axé leurs
recherches sur le développement de blocs
de béton de chanvre, proposant ainsi un
autre système de mise en œuvre. Sa mise
en place ressemble à celle des parpaings.
Les blocs sont assemblés en quinconce à
l'aide d'une colle et comme pour les maisons en parpaings, aux extrémités viennent
s'insérer des éléments verticaux, ici en bois
plutôt qu'en acier.
En isolation par l'extérieur, ou en cloisonnement, les blocs de chanvre sont très
utiles, de par leur facilité de mise en œuvre
qui ne nécessite pas de machine sur le
chantier. Enfin, ils sont très appréciés car il
n'y a pas de temps de séchage.

Laine de chanvre
Les fibres de chanvre issues du défibrage
constituent une alternative aux fibres minérales, en isolation. Ces fibres, de la même
manière que la chènevotte, présentent un
effet "puits de carbone" de 1,7 kg de CO2
eq/kg de matière. Elles sont de plus entièrement recyclables, à la différence des
fibres minérales, n'émettent pas de CO2 et
sont agréables à poser contrairement aux
fibres minérales. Les laines de chanvre ainsi constituées sont produites sur différents
sites en France. 

Préfabrication
De nouvelles recherches ont été réalisées
sur des modes constructifs en préfabrication, qui permettent d'assembler rapidement un matériau déjà sec... 

Association pour un Mouvement de l'Agro-Construction Social Écologique

L

'Amac vient tout juste d'être créée en
Bouriane. À l'image des Amap (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne), qui fonctionnent plutôt
bien et se multiplient sur notre territoire,
l'Amac souhaite appliquer le même principe, mais au lieu de livrer aux consom'acteurs des fruits et légumes, il s'agira de matériaux pour construire leur maison !

Pourquoi ?
Nos territoires ont des ressources naturelles
mais nos modes de pensée, bordés par la
grande normalisation, les occultent. On ne
nous propose plus qu’une construction standardisée, avec des composants importés, à
l'origine opaque. Les transactions sont faites
sur des modèles de décision et d'achat rapides. Assembler ces composants les plus finis possibles sans se soucier de l'impact environnemental, économique ou social. L’artisan
est dépossédé de son art, il n’a plus
de guide que spécifications techniques,
son acte déjà industrialisé, le voilà tâcheron.
Maîtres d’ouvrage, architectes se plient à la
norme produite par le législateur à la solde
des lobbies.

Amac C'est quoi ?
Une réponse équitable, honnête, responsable et coopérative pour des actions et
des méthodes de production et de mise en
œuvre liées à la construction et à la rénovation de l'habitat individuel ou collectif, utilisant des ressources naturelles et durables de
proximité.

P 18

Comment ?
En réduisant la chaîne de production et d'exploitation à sa plus simple expression :
- besoins exprimés
- ressources disponibles et constatées
- formalisation du besoin.
- exploitation et transformation éventuelle de
la ressource
- livraison du bien correspondant au besoin
exprimé
Une maison écologique n'est pas uniquement une boîte étanche à énergie positive,
elle prend tout son sens quand son empreinte finale sur la planète est la plus réduite possible et qu'elle contribue pendant
sa phase de construction au progrès social et
économique.

Aux fondamentaux de l'Amac
Structure relationnelle, collégiale, elle a en
charge de mobiliser les surfaces disponibles
en les rapprochant des projets de construction, l'offre et la demande se complètent,
s'accompagnent.
En gommant les écarts entre volume de
la demande et volume de l'offre, elle limite les comportements spéculatifs, dont
la recherche d'exportation hors du territoire
concerné ou encore la pression sur les prix,
tant à la hausse qu'à la baisse.
Dans sa dimension collégiale, elle contribue
à l'établissement du juste prix.
Elle contribue à la valorisation de petites surfaces agricoles et des petites structures agri-

LE LOT EN ACTION n° 95 - vendredi 30 octobre 2015

coles.
Elle contribue à la valorisation du travail et
des savoir-faire locaux, comme elle contribue
à l'autonomie et à la résilience locale par la satisfaction des besoins locaux exprimés grâce
à une production locale.
Le concept d'Amac est lancé, peut être estil déjà formalisé pour certains d'entre nous?
Il est maintenant nécessaire de le partager,
de l'approfondir car il constitue le lien fondamental, local entre offre et demande et c'est
à partir de cette échelle et de cette équité
locale que le chanvre et autres matériaux locaux deviendront un jour des produits largement adoptés, constituant ainsi une part de
l'alternative et de la transition globales.

Exemple d'échange possible dans une AMAC
Une maison de 100 m2 a besoin d’une tonne
de laine de chanvre (partie fibreuse de la
plante) pour obtenir un niveau d'isolation
jusqu'à un R de 7. L'agriculteur voisin en utilisant une parcelle de terrain d'un hectare produira en 4 mois une quantité suffisante de
chanvre sec pour satisfaire ce besoin.
La production est à la portée de la plupart
des agriculteurs. La transformation adaptée à
ce seul objectif est possible, nous l'avons démontré avec des outils compacts, robustes et
mutualisables.
L'exemple est aussi applicable pour le bois
dans la construction : structure du bâti, planchers, voliges, ouvrants, meubles... les pailles
de céréales, et toutes ressources issues de
l'agriculture ou de la foresterie qui peuvent

trouver localement, à la fois les outils pour
leur transformation et la demande pour
leur mise en œuvre. 
Contact : Sider Merzouk 06 62 78 25 33 / 05 65 41 65 19 /
sider@cercleco.fr

SOURCES

L'Association Construire en Chanvre

L

'association Construire en Chanvre a été
créée en 1998 par les professionnels du
bâtiment pour rassembler des compétences
et des énergies, échanger et confronter des
expériences, faire évoluer et acquérir des
savoir-faire et des connaissances, former de
nouveaux professionnels.
Ses membres sont
issus de toute la filière : chercheurs, fabricants, maîtres d'œuvre, distributeurs, entreprises de mise en œuvre, maîtres d'ouvrage
...
Construire en Chanvre est à l'origine des
règles professionnelles permettant d'être assuré et à l'origine de nombreuses recherches
techniques sur le béton de chanvre.
C'est un
lieu de rencontre, d'échanges, de réflexions
et de progrès où chacun peut librement donner, partager et faire progresser un art de
bâtir toujours plus en accord avec l'homme
et la nature dans le respect des règles de la
construction.
Site internet : www.construire-en-chanvre.fr

Éditions Terre Vivante
- Le guide Terre vivante de l'habitat sain et
naturel (la bible !), 320 pages, 32 €, ISBN
978-2-36098-143-4
- La construction écologique, 256 pages,
28,40 €, ISBN 978-2-36098-013-0 