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Le Festival d‘Avignon

Cruda. Vuelta y Vuelta. Al punto. Chamuscada.


de / by Rodrigo García, 2007.
Le Festival d’Avignon, fondé en 1947 par Jean Vilar,
est aujourd’hui l’une des plus importantes manifestations
internationales du spectacle vivant contemporain. Chaque année, en
juillet, Avignon devient une ville-théâtre, transformant son patrimoine
architectural en divers lieux de représentation, majestueux ou étonnants,
accueillant des dizaines de milliers d’amoureux du théâtre de toutes les
générations (plus de 100 000 entrées). Son espace de légende est la Cour
d’honneur du Palais des papes, lieu des représentations théâtrales en plein
air, pour 2000 spectateurs rassemblés dans la nuit provençale. Souvent en
vacances et venus de loin, beaucoup de spectateurs séjournent plusieurs
jours à Avignon et voient quelques-uns des spectacles parmi la quarantaine
d’œuvres de théâtre, de danse, et parfois d’arts plastiques ou de musique.
Le Festival réussit l’alliance originale d’un public populaire avec la
création internationale. Avignon, c’est également un esprit : la
ville est un forum à ciel ouvert, où les festivaliers parlent
des spectacles et partagent leurs expériences de
spectateurs. Un mois durant, tous peuvent
avoir accès à une culture contemporaine
et vivante.

Une aventure artistique


populaire et contemporaine
A popular and contemporary artis- (over 100,000 admissions) of all ages. Its certs or plastic arts events. The Festival
tic adventure. Founded in 1947 by legendary space is the “Cour d’honneur” successfully brings together a general
Jean Vilar, the Avignon Festival is today (main courtyard) of the Popes’ Palace, public and international creation for an
one of the most important contemporary the heart of outdoor performances, original alliance. Avignon is also a state of
performing arts events in the world. before nearly 2,000 spectators, on sum- mind: the city is an open-air forum where
Every year in July, Avignon becomes a mer nights in Provence. The spectators, festival-goers discuss the shows and
city-theater, transforming its architec- often on vacation and far from home, share their experiences as spectators.
tural heritage into various performance spend several days in Avignon and see a For a month, everyone can have access
venues, majestic or surprising, welcom- few of the 40 or so shows, mostly plays to a contemporary and living culture.
ing tens of thousands of theater-lovers and dance recitals and occasionally con-

En couverture : Les Barbares de / by Gorki, mise en scène de / directed by Éric Lacascade, Cour d’honneur, 2006.
Depuis l’édition 2004, Hortense Archambault et Vincent
Baudriller, tous deux trentenaires, dirigent ensemble le Festival. Ils
placent au cœur de leur démarche la rencontre entre la création artistique
et un large public. Ils ont décidé de s’installer avec l’équipe du Festival à
Avignon, pour y inventer le Festival en compagnie des artistes. Ils resserrent ainsi
les liens du Festival avec son territoire, ses partenaires locaux, et développent des
actions toute l’année destinées au public de la région, notamment les jeunes spectateurs.
Ils renforcent dans le même temps les relations avec l’Europe, afin de faire du Festival un
carrefour de la culture européenne.
Le Festival s’investit dans l’accompagnement des équipes artistiques pour le montage financier
et technique de leurs créations comme pour la diffusion des spectacles en France et à l’étranger.
Une autre nouveauté de leur projet consiste à associer un ou deux artistes à la préparation de
chaque édition. Avant de composer le programme, ils dialoguent avec ces “artistes associés”
pour se nourrir chaque année d’une sensibilité, d’un regard différent sur les arts de la
scène et la création. Ainsi en 2004, avec le metteur en scène Thomas Ostermeier,
directeur de la Schaubühne de Berlin, le Festival a mis en avant un théâtre
de troupe qui s’engage sur les questions sociales et politiques de son
temps. Avec l’artiste flamand Jan Fabre en 2005, le Festival a
provoqué de multiples rencontres et échanges entre mots,
corps et images, entre arts de la scène et arts visuels,
questionnant leurs frontières. …

La rencontre avec la scène


d’aujourd’hui
Hortense Archambault, Vincent Baudriller,
conférence de presse de la 60e édition du Festival en 2006.
press conference of the 60th edition of the Festival en 2006.

An encounter with today’s stage. strengthening relations with Europe so that the Festival is enriched each year
Since the 2004 edition, Hortense that the Festival becomes a crossroads with a different sensibility, a different
Archambault and Vincent Baudriller, for European culture. viewpoint on the theater arts and cre-
both in their thirties, have run the The Festival is investing in accompany- ation. So in 2004, with the director
Festival together, focusing on the ing artistic teams to help them find Thomas Ostermeier, who runs the
encounter between the artistic creation financing and deal with technical aspects Schaubühne of Berlin, the Festival high-
and a large public. They decided to move for their creations, as well as aiding them lighted a theater that is engaged in the
to Avignon with the Festival’s team to in finding venues for their shows in social and political questions of its time.
invent the event in the company of France and abroad. With the Flemish artist Jan Fabre in
artists and have tightened the Festival’s Another new dimension of their project 2005, the Festival gave rise to a host of
links with its region and local partners. consists in involving one or two artists in encounters and exchanges between
They develop actions throughout the the preparation of each edition. Before words, bodies and images, between the-
year for the area’s public, notably young putting together the program, they dia- ater arts and visual arts, questioning
spectators. At the same time they are logue with these “associate artists” so their borders. …
Rouge décanté de / by Jeroen Brouwers,
mise en scène de /directed by Guy Cassiers,
avec / with Dirk Roofthooft, 2006.
Asobu de / by Josef Nadj, 2006.

En 2006, avec le chorégraphe de culture hongroise Josef Nadj, la


60e édition a pris une coloration plus onirique et proposé un voyage vers
d’autres formes artistiques et d’autres cultures. En 2007, avec le metteur en scène
français Frédéric Fisbach, le Festival a fait la part belle à toutes les écritures et à la rela-
tion entre les artistes et le public. L’édition de 2008, la première de leur deuxième mandat de
quatre ans, se prépare avec l’actrice française Valérie Dréville et l’artiste italien Romeo Castellucci.
Pour les éditions suivantes, les artistes associés seront annoncés un an à l’avance.
Si chaque édition est ainsi différente l’une de l’autre, fondée sur une certaine diversité des regards, la
création contemporaine reste au centre du Festival et de sa programmation avec sa prise de risque et
la confiance placée dans les metteurs en scène comme entre autres les Français Joël Pommerat, Jean-
François Sivadier, l’Argentin Rodrigo García, les Flamands Jan Lauwers, Guy Cassiers, le Polonais
Krzysztof Warlikowski, l’Allemand Frank Castorf, l’Italien Pippo Delbono. Ces artistes créent spéciale-
ment des œuvres pour Avignon et son public, ce qui est la manière la plus aiguë d’interroger les esthé-
tiques d’aujourd’hui. Ce “risque” artistique demeure une richesse du Festival, où les spectateurs,
quels qu’ils soient et de quelques horizons, milieux, cultures, pays qu’ils proviennent,
puisent une si singulière excitation face à un classique revisité comme devant un texte
d’aujourd’hui, face à une chorégraphie contemporaine comme devant une expé-
rience d’installation visuelle.
Le Festival d’Avignon offre au spectateur le plaisir de la découverte avec
celui de la réflexion, faisant de la ville un forum d’où se dégage une
atmosphère d’engagement dans son temps et du théâtre un
espace propice au dialogue et aux débats, parfois passionnés,
avec les artistes et le public.
Chaise
de / by Edward Bond,
mise en scène de / directed by Alain Françon
avec / with Valérie Dréville, 2006.

In 2006, with the choreographer of the other, founded on a certain diversity ates, for the spectators, whoever they are
Hungarian culture Josef Nadj, the 60th of viewpoints, contemporary creation re- and whatever horizons, milieus, cultures
edition took on a more dreamlike coloring mains at the core of the Festival and its or countries they come from, extraordi-
and proposed a journey to other artistic programming, with its risk-taking and the narily singular excitement as much for a
forms and cultures. In 2007, with the confidence it places in directors like, revisited classic as for a new text, as much
French director Frédéric Fisbach, the among others, the Frenchmen Joël for contemporary choreography as for a
Festival gave pride of place to all the writ- Pommerat, Jean-François Sivadier, the visual installation experience.
ings and to the relationship between the Argentine Rodrigo García, the Flemish The Avignon Festival offers the public the
artists and the public. The edition of 2008, Jan Lauwers, Guy Cassiers, the Pole pleasure of discovery combined with
the first year of their second four-year Krzysztof Warlikowski, the German Frank thinking, turning the city into a forum
stint as directors, is being prepared with Castorf and the Italian Pippo Delbono. from which an atmosphere of engagement
the French actress Valérie Dréville and These artists have created works espe- in its time emerges and turning the the-
the Italian artist Romeo Castellucci. The cially for Avignon and its public, which is ater into a space that favors dialogue and
associate artists of the further editions the most intense way of questioning debates, occasionally passionate, with the
will be announced a year ahead. today’s aesthetics. This “risk-taking” artists and the public.
So even if each edition is different from remains Avignon’s richness, which cre-
Le Festival d’Avignon s’est imposé comme une
référence majeure dans l’histoire des formes théâtrales.
Plus encore, il est devenu un point névralgique où convergent la
création et l’actualité, la culture et les débats d’opinion, le spectacle
vivant et ses résonances historiques.
En 1947, Jean Vilar conçoit le premier Festival comme la rencontre d’un lieu
d’histoire, Avignon et son Palais des papes, et de la création théâtrale en jouant
Richard II de Shakespeare, inédit en France, et deux auteurs de son temps, Paul Claudel
et Maurice Clavel. C’est une audace qui lui permet de quitter Paris et les petites salles, pour
faire respirer une scène nouvelle. Sur son plateau nu, sous les étoiles, les acteurs bougent, les
couleurs éclatent, les textes emportent, la musique sonne, spectaculaire, qui n’empêche ni la
rigueur ni l’exigence.
Le Festival se consolide avec l’arrivée de Gérard Philipe, l’acteur français le plus populaire des
années cinquante, qui participe à l’aventure à partir de 1951, reprenant le rôle-titre du Cid et
créant celui du Prince de Hombourg. Quelques mois plus tard, Vilar est nommé à la direction
du Théâtre National Populaire à Paris, le TNP, et fait d’Avignon, jusqu’en 1963, le havre
d’accueil de ce renouveau théâtral : sa troupe y crée nombre de ses spectacles, attirant un
public fervent et jeune, avide de débats et de rencontres. Le Festival est alors au centre d’une
cérémonie du théâtre et d’un engagement citoyen.
Quand il quitte la direction du TNP, en 1963, Vilar reste à la tête du Festival. Il cesse d’y
présenter ses mises en scène et décide de le bouleverser pour être en osmose avec les mutations
de la société, en gardant la conviction qu’il doit être un lieu de création artistique pour un public
large. Il double sa durée, invite d’autres metteurs en scène, s’ouvre à de nouvelles généra-
tions et de nouvelles esthétiques – Georges Wilson, puis Roger Planchon,
Antoine Bourseiller… ou encore le Living Théâtre en 1968 – , il introduit la danse –
Maurice Béjart –, le cinéma – Jean-Luc Godard –, et cherche des nouveaux
lieux à investir pour sortir de la seule Cour d’honneur. Il métamor-
phose Avignon en forum. C’est là que le théâtre rencontre la poli-
tique, devenant un laboratoire des politiques culturelles,
une tribune pour les revendications et une scène
pour la contestation, notamment en 1968. …

60 ans d’histoire

Gérard Philipe, Jeanne Moreau


dans Le Prince de Hombourg de Heinrich von Kleist, mise en scène de Jean Vilar, 1953.
in Le Prince de Hombourg by Heinrich von Kleist, directed by Jean Vilar, 1953.
Gérard Philipe, Jean Vilar, Léon Gischia
pendant une répétition dans la Cour d’honneur, 1952 / during a rehearsal in the Cour d’honneur, 1952.

60 years of history. The Avignon prevented neither rigor nor the highest so that it would be in osmosis with the
Festival has become a major reference standards. mutations of society, while keeping the
in the history of theater. Furthermore, it The Festival was consolidated with the conviction that it must be an artistic cre-
has turned into a nerve center that gives arrival, in 1951, of Gérard Philipe, the ation center for a broad public. He dou-
rise to the conjunction of creation and most popular actor in France in the bled its length, invited other directors,
current events, culture and opinion 1950s, who took part in the adventure, opened it up to new generations and
debates, the performing arts and their reprising the title role of El Cid and pre- new aesthetics – Georges Wilson, then
historical repercussions. miering in that of Le Prince de Roger Planchon, Antoine Bourseiller…
In 1947, Jean Vilar conceived the first Hombourg. A few months later, Vilar and The Living Theater in 1968. He
Festival as a meeting place for a history- was appointed director of the Théâtre introduced dance – Maurice Béjart –,
laden site, Avignon and its Popes’ National Populaire (TNP) in Paris, and cinema – Jean-Luc Godard – and looked
Palace, and theater creation by staging made Avignon, until 1963, a welcoming for new venues for productions so that
Shakespeare’s Richard II, for the first haven for this renewal of the theater: his the Popes’ Palace would no longer be
time in France, and works by two con- troupe created his shows there, attract- the sole performance site. He metamor-
temporary playwrights, Paul Claudel and ing an ardent and young public, eager phosed Avignon into a forum. It was in
Maurice Clavel. It was this daring that for debates and encounters. The Avignon that the theater encountered
permitted him to leave Paris and its Festival was, at the time, the center for politics, becoming a laboratory for cul-
small venues to bring a new theater into a theater ritual and civic engagement. tural policies, a forum for demands and a
being. On its bare stage, under the stars, When he left the TNP in 1963, Vilar stage for contestation, particularly in
the actors moved, the colors shone, the remained at the head of the Festival. He 1968. …
texts enthralled the public, the music stopped presenting his shows there and
rang out, a spectacular ambience that decided to radically change the Festival
1

1. Le Laveur de vitres
de / by Pina Bausch, 2000.

2. Médée de / by Euripide,
mise en scène de / directed by
Jacques Lassalle,
avec / with Isabelle Huppert, 2000.

3. Richard II
de / by Shakespeare,
4 mise en scène de / directed by
Ariane Mnouchkine, 1982.

4. Le Soulier de satin
de / by Paul Claudel,
2 mise en scène de / directed by
Antoine Vitez, 1987.
Quand Vilar meurt, en mai 1971, un très proche collabo-
rateur, Paul Puaux, continue selon ses principes : accueillir
les créations des principaux théâtres de la décentralisation et per-
mettre la réunion d’un public souvent engagé dans les luttes sociales et
politiques des années soixante-dix. Les renouvellements viennent des jeunes
auteurs, trouvant un espace inédit avec “Théâtre ouvert”, et des créateurs étran-
gers, notamment américains comme Carolyn Carlson, Bob Wilson, Alwin Nikolais.
Autour du Festival, beaucoup de compagnies viennent d’elles-mêmes à Avignon chercher la
reconnaissance et le public : c’est la naissance du off dans un esprit de liberté, sans direction
artistique, où se présentent depuis la fin des années soixante plusieurs dizaines, puis centaines
de spectacles un peu partout dans la ville.
En 1979, Paul Puaux se retire, la direction est confiée à Bernard Faivre d’Arcier (1980-1984 et
1993-2003) et à Alain Crombecque (1985-1992), accompagnés par Christiane Bourbonnaud à
Avignon. Ils placent Avignon au cœur de la création contemporaine, en donnant au Festival les
moyens supplémentaires de produire des spectacles, en l’ouvrant aux cultures du monde et
à l’Europe, en rénovant techniquement l’ensemble des lieux, en y réunissant les professionnels
du spectacle. Avignon reçoit, en vingt ans, la plupart des metteurs en scène ou chorégraphes
de renom : Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil, Jean-Pierre Vincent,
Antoine Vitez, Merce Cunningham, Jacques Lassalle, Peter Brook, Pina Bausch,
Jean-Claude Gallotta, Matthias Langhoff, Georges Lavaudant, Valère Novarina,
Tadeusz Kantor, Bartabas et Zingaro, Patrice Chéreau, Pierre Boulez,
le Royal de Luxe… et de nombreux grands comédiens, Jeanne
Moreau, Isabelle Huppert, Michel Piccoli, Sami Frey…
Le Festival est le rendez-vous des artistes et d’un public
se retrouvant chaque été dans la ville-théâtre.

Le Mahãbhãrata,
mise en scène de / directed by Peter Brook, 1985.

When Vilar died in 1971, a colleague with and the public: this was the birth of the venues and bringing show professionals
whom he had closely worked, Paul off in a spirit of freedom, without artistic together there. Avignon welcomed, in 20
Puaux, continued Vilar’s mission, direction, where, starting in the late years, most of the renowned directors
respecting his principles: welcoming the 1960s, several dozen, then hundreds of and choreographers, Ariane Mnouchkine
creations of the principal theaters outside shows are presented almost everywhere and the Théâtre du Soleil, Jean-Pierre
the capital and permitting an encounter in the city. Vincent, Antoine Vitez, Merce Cunningham,
with a public often involved in the social In 1979, Paul Puaux left the Festival and Jacques Lassalle, Peter Brook, Pina
and political struggles of the 1970s. The the directorship was passed to Bernard Bausch, Jean-Claude Gallotta, Matthias
renewal of the theater came from young Faivre d’Arcier (1980-1984 and 1993- Langhoff, Georges Lavaudant, Valère
authors, who found a new horizon with 2003) and Alain Crombecque (1985- Novarina, Tadeusz Kantor, Bartabas and
The Open Theater, and non-French cre- 1992), accompanied by Christiane Zingaro, Patrice Chéreau, Pierre Boulez,
ators, especially Americans, such as Bourbonnaud in Avignon. Both of whom Royal de Luxe… and many great actors,
Carolyn Carlson, Bob Wilson, Alwin put Avignon at the heart of contempo- Jeanne Moreau, Isabelle Huppert,
Nikolais. rary creation by giving the Festival addi- Michel Piccoli, Sami Frey… The Festival
In the framework of the Festival, many tional resources to produce shows, is the meeting place for artists and a
companies came to Avignon on their opening it up to Europe and the world’s public who come together each summer
own initiative to seek out recognition cultures, technically renovating all the in the city-theater.
Le Festival a commencé en 1947, dans la
Cour d’honneur du Palais des papes, cœur du pro-
jet de Vilar. Peu à peu, à partir du milieu des années
soixante, de nombreux autres lieux, souvent historiques, non
dédiés a priori aux spectacles, sont devenus des espaces théâ-
traux surprenants, originaux, donnant sa personnalité à la
ville-théâtre qu’est ainsi devenue Avignon. Le Festival
ouvre aussi chaque année de nouveaux lieux spéci-
fiques répondant au besoin des artistes. Voici

Une Ville-Théâtre quelques lieux emblématiques :

A city-theater. The Festival started in historical, not originally intended for opens new specific sites each year that
1947 in the “Cour d’honneur” (main shows, metamorphosed into surprising meet the artists’ requirements. Here are a
courtyard) of the Popes’ Palace, the heart and original theater spaces, giving the few of the emblematic venues :
of the Vilar project. Gradually, starting in city-theater that Avignon subsequently
the mid-sixties, many other sites, often became its personality. The Festival also

1 La Cour d’honneur du Palais des 5 Le Théâtre municipal, théâtre à l’ita-


papes (XIVe siècle), une très grande scène lienne (milieu XIXe), seul espace classique
à ciel ouvert pour 2000 spectateurs, le permanent d’Avignon.
cœur du Festival. The municipal theatre, a proscenium theater
The Cour d’honneur (main courtyard) of the fourteenth-century (mid-nineteenth century), the only classical permanent space in
Popes’ Palace, an extremely large stage under the stars for 2,000 Avignon.
spectators, the heart of the Festival.
6 La Chapelle des Pénitents blancs
2Le Cloître des Carmes (XIVe), là où le (XIVe), espace clos et intime, où ont com-
Festival, en 1967, s’est affranchi du Palais. mencé les mises en espaces de textes
Une scène à ciel ouvert qui se prolonge sous contemporains avec “Théâtre ouvert”
les arcades du cloître, pour 500 spectateurs. dans les années soixante-dix.
The Carmelites’ cloister (fourteenth century), the first Festival The White Penitents’ chapel (fourteenth century), a closed and
venue other than the Palace, starting in 1967. An open-air stage intimate space where the readings and stagings of contemporary
that is extended under the cloisters’ arcades, for 500 spectators. texts with The Open Theater of the 1970s started.

3 Le Cloître des Célestins (XIVe), où 7 La Salle Benoît-XII, salle de specta-


la scène est organisée autour de deux cle permanente d’Avignon pour 430 spec-
magnifiques platanes, et à ses côtés tateurs.
l’Église des Célestins, qui est devenue un The Salle Benoît-XII, a permanent theater
des lieux propices aux expériences théâtrales et aux arts in Avignon for 430 spectators.
visuels.
The Celestines’ cloister (fourteenth century), where the stage is 8 La Chartreuse de Villeneuve lez
organized around two magnificent sycamore trees, and alongside Avignon (XIVe), de l’autre côté du Rhône,
the Church of the Celestines, which has become one of the ven- est un lieu de recherche, de résidences
ues that welcomes experimental theater and the visual arts. d’auteurs et Centre national des écritures
du spectacle toute l’année, avec une salle de spectacle perma-
4 La Carrière Boulbon, espace creusé nente dans le Tinel de la Chartreuse.
dans la roche blanche, à 10 kilomètres de The former Carthusian monastery of Villeneuve lez Avignon
la ville, en pleine nature : un lieu très spec- (fourteenth century), on the other side of the Rhône, is a
taculaire qui, depuis Le Mahãbhãrata de research venue, an authors’ residence and national writing cen-
Peter Brook en 1985, est devenu le pendant naturel de la Cour ter for shows, open all year, with a permanent theater in Tinel de
d’honneur. la Chartreuse.
The Boulbon quarry, a space carved out of white rock, 10 kilome-
ters from the city, in the middle of nature: a spectacular venue
that, since Peter Brook’s Mahãbhãrata in 1985, has become the
natural counterpart of the Cour d’honneur.
Avignon

9 Le Gymnase du lycée Aubanel, 12 Le Cloître Saint-Louis, grand bâti-


transformé en salle de spectacle, ouvert ment du XVIIe siècle, restauré, où sont ins-
en 1985 pour Tadeusz Kantor. tallés les bureaux du Festival toute l’an-
The gymnasium of the Aubanel high née, accueille le public et les profession-
school, transformed into a theater each year, starting in 1985 for nels pendant le Festival. Dans la cour s’organisent tous les
Tadeusz Kantor. jours du Festival des débats publics avec les artistes.
The Saint-Louis cloister, a large restored seventeenth-century
10 La Cour et le Gymnase du lycée building in which the Festival’s year-round offices are located
Mistral, nouveaux lieux en centre-ville and were the public and professionals are welcomed during the
utilisés depuis 2006. Festival. Public debates with the artists are held in its courtyard
The courtyard and gymnasium of the every day of the Festival.
Mistral high school, new venues in the center of the city used
since 2006. 13 L’École d’art, dédiée depuis 2007 à la
rencontre entre les artistes et les specta-
Le lycée Saint-Joseph (XIXe) est lar-
11 teurs, avec un foyer, des expositions, de
gement utilisé avec sa grande cour carrée nombreuses rencontres publiques…
à ciel ouvert pour 750 spectateurs, sa The art school, dedicated since 2007 to encounters between the
chapelle, son petit jardin et son gymnase artists and the spectators, with a foyer, exhibitions and many
pour, aujourd’hui, les rencontres avec des philosophes du public encounters…
“Théâtre des idées”. Le lycée Saint-Joseph accueille égale-
ment le centre de jeunes et de séjours du Festival organisé par 14Le Musée Calvet (XVIIIe) ouvre sa
les CEMÉA. cour pour des lectures et la présence de
The Saint-Joseph high school (nineteenth century) has been France Culture.
used intensivly since the 1990s, with its large square open court- The Calvet Museum (eighteenth century)
yard for 750 spectators, its chapel, small garden and gymnasium opens it courtyard for readings and broadcasts by the radio
that now hosts encounters with philosophers of the “Theater of station France Culture.
Ideas”. The Saint-Joseph high school is also home to the center
organized by the CEMÉA. 15 La Maison Jean Vilar, lieu de

mémoire et centre de ressources sur le


Festival avec une annexe de la Bibliothèque
Crédits photographiques
Couverture, p. 1, 3, 4, 5, 6, p. 11 et 12 n° 1, 2, 3, 4, 10, 11, 12, 13, 14 et 4e de couver- nationale de France, accueille des exposi-
ture : C. Raynaud de Lage / Festival d’Avignon ; p. 7, 8 : Agnès Varda / Agence tions et organise des rencontres.
Enguerand - Bernand ; p. 9 n° 1 et 2 : P. Delacroix / Festival d’Avignon ; p. 9 n° 3, 4 et The Maison Jean Vilar, containing the Festival’s archives man-
p. 10 : Agence Enguerand - Bernand, p. 11 n° 5 : J. - P. Campomar / Ville d’Avignon ;
p. 11 n° 6 : Festival d’Avignon ; p. 11 et 12 n° 7, 9 : Bellamy / Festival d’Avignon ; p. 11 aged by the National Library of France, hosts exhibitions and
n° 8 : CNES Villeneuve lez Avignon, p. 12 n° 15 : Maison Jean Vilar. organizes encounters.
Repères
Le Festival d’Avignon

• présente, chaque année, entre 35 et 40 spectacles différents français et étrangers pour environ
300 représentations.

• organise autour des spectacles des rencontres avec les artistes du Festival, des lectures de textes inédits,
des projections de films, des expositions qui permettent au spectateur de mieux rencontrer l’œuvre des artistes présentés
en la parcourant sous des angles différents.

• transforme une vingtaine de lieux, le plus souvent patrimoniaux et en plein air, en lieux scéniques, très variés par
leur architecture et leur nombre de places, de 50 à 2000.

• délivre entre 100 000 et 150 000 billets pour les spectacles payants et accueille entre 20 000 et 40 000
spectateurs dans ses manifestations gratuites. Ses spectateurs viennent environ pour 35 % de la région d’Avignon, 20 % d’Ile-
de-France, 35 % des autres régions françaises et 10 % de l’étranger, avec depuis 2005 une fréquentation moyenne de 88 %.

• réunit près de 450 journalistes français et étrangers qui écrivent plus de 2000 articles sur le Festival. Des émissions
de télévision ou de radio s’y déroulent en direct. Tous les grands supports de presse écrite y envoient des correspondants.

• réunit plus de 3000 professionnels du spectacle vivant, venant du monde entier, pour organiser des
rencontres professionnelles sur les arts de la scène et les politiques culturelles. Véritable forum professionnel, le Festival
organise tous les jours des débats participant à la confrontation d’idées et de points de vue que constitue ce moment unique
dans la vie culturelle européenne.

• édite chaque année 50 000 avant-programmes et 160 000 programmes (en français et en anglais). En juillet, 50 000
guides du spectateur (agenda des manifestations gratuites du Festival) sont distribués sur place. Le site Internet, en français
et en anglais, connaît une fréquentation croissante (600 000 visites en 2007).

• est dirigé depuis 2004, à Avignon, par Hortense Archambault et Vincent Baudriller.

• son équipe est composée de 22 permanents, elle s’agrandit progressivement pour atteindre en juillet
environ 700 salariés, dont près de 300 techniciens relevant du régime spécifique des intermittents du spectacle ;
s’y ajoutent plus de mille personnes salariées par les compagnies invitées.

• est une association à but non lucratif régie par la loi 1901, subventionnée par l’État (Ministère de la Culture et de la
Communication), la Ville d’Avignon, le Département de Vaucluse, la Région Provence-Alpes-Côte
d’Azur et le programme culture de l’Union Européenne.

• son conseil d’administration, réunissant des représentants de l’État, des collectivités territoriales et des personnalités
qualifiées, est présidé par Louis Schweitzer.

• bénéficie d’un budget de 10 millions d’euros pour l’année 2007, dont les dépenses se répartissent environ
à un tiers pour l’achat des spectacles et les coproductions, un tiers pour l’aménagement et le fonctionnement
des différents lieux de spectacles, un tiers pour le fonctionnement et la communication.
Ses ressources proviennent pour 60 % de subventions publiques (60 % de l’État, 20 % de la Ville d’Avignon, 11 % du
Département de Vaucluse, 9 % de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur) et de 40 % de recettes propres (vente de billets,
mécénat, sociétés civiles, partenariats spécifiques).

• a établi des relations durables avec des mécènes comme avec Dexia depuis plus de 25 ans et mis en place depuis 2006
un cercle des entreprises partenaires du Festival regroupant déjà une vingtaine de petites et moyennes entreprises.

• autour du Festival d’Avignon, le off avec 700 compagnies qui se présentent de leur propre initiative dans une centaine
de lieux différents en trouvant les financements nécessaires.

• génère des retombées économiques sur la ville estimées à 23 millions d’euros (sans compter les retombées
des autres manifestations comme le off, les rencontres professionnelles, etc.).
Key facts
The Avignon Festival

• presents, each year, between 35 and 40 different shows, French and non-French, totaling about
300 performances.

• organizes, in the framework of the shows, encounters with Festival artists, readings of new texts, film projections
and exhibitions that permit the spectator to become more familiar with the body of work of the artists presented by showing it
from different angles.

• transforms about 20 venues, most often historical and outdoors, into theater spaces, extremely varied in terms of their
architecture and capacity: from 50 to 2,000 seats.

• delivers between 100,000 and 150,000 tickets for shows that charge admission and welcomes between 20,000 and
40,000 spectators to its free events. As for the spectators themselves, 35% come from the region around Avignon, 20% from the
Ile-de-France, 35% from other French regions and 10% from abroad, with an average attendance rate of 88% since 2005.

• brings together nearly 450 journalists from France and abroad who write over 2,000 articles on the Festival, which is
covered live through television and radio programs. All the major supports of the written press send correspondents to it.

• gathers over 3,000 performing arts professionals who come from the whole world to organize professional mee-
tings on the performing arts and cultural policies. A genuine professional forum, the Festival holds debates every day in which
ideas and viewpoints are compared, constituting a unique moment in European cultural life.

• publishes each year 50,000 preliminary programs and 160,000 programs (in French and English). In July, 50,000
spectator guides (a calendar of all the free events of the Festival) are distributed at the Festival itself. The Internet site,
in French and English, is increasingly visited (600,000 visits in 2007).

• has been run in Avignon by Hortense Archambault and Vincent Baudriller since 2004.

• has a team composed of 22 permanent staff members, this number gradually reaching about 700 employees in
July, including more than 300 technicians who work under a special social security system for employees in the performing arts, to
which may be added over 1,000 people employed by the guest companies.

• is a not-for-profit association governed by the law of 1901, funded by the French government (Ministry of Culture
and Communication), the city of Avignon, the Vaucluse administrative department, the Provence-Alpes-
Côte d’Azur region and the European Union cultural program.

• has a board of directors comprised of representatives of the French government and regional administrations as well as quali-
fied personalities, and is chaired by Louis Schweitzer.

• has a budget of 10 million euros for 2007. Its expenditures are broken down into a third for purchasing the shows and
coproductions, a third for the preparation and operation of the different performance venues and a third for operations and
communication.
Sixty percent of its financial resources come from official subsidies (60% from the French government, 20% from the city of
Avignon, 11% from the Vaucluse administrative department, 9% from the Provence-Alpes-Côte d’Azur region) and 40%
from the Festival’s own revenue (ticket sales, sponsorship, specific partnerships).

• has established long-lasting sponsor relations, for example with Dexia, in place for over 25 years, and in 2006 a group
of companies that are Festival partners, which now is comprised of about 20 small and medium-sized firms.

• Avignon is also home to the off, about 700 companies presenting works on their own initiative in about a hundred different
venues, finding necessary funding.

• generates economic benefits for the city estimated at 23 million euros, without counting the financial impact of the
other events (the off, professional encounters, etc.).
© Festival d’Avignon 2007 / Conception graphique : Jérôme Le Scanff

Rencontre entre les artistes et le public / Public encounter with the artists,
Cour du Cloître Saint-Louis, 2005.

Festival d’Avignon
Cloître Saint-Louis – 20, rue du portail Boquier – 84000 Avignon
Tél. : +33 (0)4 90 27 66 50 / Fax. : +33 (0)4 90 27 66 83
www.festival-avignon.com