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LE MILLÉNAIRE

DU

MONT

ATHOS

NIHIL OBSTAT :
Chevetogne, die 1 5 Maii 1 963.
Nico1aus EGENDER, O.S.B.
Martinus VAN DEN HEUVEL, O.S.B.
Censores deputati.

IMPRIMI POTEST :
Chevetogne, die 1 5 maii 1 963.
Thomas BECQUET, O.S.B.
Prior.

IMPRIMATUR
Namurci, die 1 Junii 1 963.
F. ToussAINT,
vic.

gen.

LE MILLÉNAIRE
DU

MONT ATHOS
963-1963
Études et Mélanges
I

ÉDITIONS DE CHEVETOGNE

Cesario D'AMATO. Placido STAEB. Nobert LEGANYJ. Archiabbé de Pannonhalma. Abbé de St-Paul-hors-les-Murs à Rome. Denys STRITTMATTER. Abbé de Scheyern. CONGRÉGATIONS BÉNÉDICTINES CONFÉDÉRÉES. Johannes HoEcK. Anselmo GIABBANI. Président de la Congrégation belge. Nivardo BUTTARAZZI. Président de la Congrégation suisse. Ferdinand VIDAL. Leone CoRNELLI. Prieur général des Ermites camaldules. Abbé du Mont-Cassin. Abbé de Michaelbeuren. AUTRES CONGRÉGATIONS BÉNÉDICTINES ET MONASTIQUES. Président de la Congrégation bavaroise. 1. Benno GuT. Président de la Congrégation américano-cassinienne. Abbé Primat des Bénédictins. Président de la Congrégation slave. Supérieur général de la Congrégation de France. Abbé de Mariastein. Gabriel SoRTAIS. Abbé général des Cisterciens. Ildefonso REA. Abbé général des Cisterciens de Casamari . Abbé de Downside. Celestino Gusi. Henrich-Suso BRECHTER. qui ont tant mérité devant le Seigneur pour la fidélité à l'appel de l' Évangile. Abbé de Solesmes. Benedictus REETZ. Alfonso SALVINI. Abbé de Bahia. Romualdo ZILIANTI. Président de la Congrégation cassinienne. Abbé de Conception. Abbé de Maredsous. Archiabbé de St-Vincent. Abbé général des Cisterciens d'Italie. Ambrogio BIANCHI. Stephen ScHAPPLER. Président de la Congrégation hongroise. Maur VERZICH. Christopher BUTLER. Archiabbé de la Congrégation brésilienne. Teobaldo MosCATELLI. Il. Abbé général des Vallombrosains. Abbé général des Cisterciens réformés. Abbé Général de la Congrégation de Subiaco. . Basilius NIEDERBERGER. Abbé général des Sylvestrins. Abbé général de la Congrégation de Mont-Olivet. Maur RIHA. Président de la Congrégation de Beuron. Majeur des Ermites camaldules de Monte Corona. Archiabbé de Beuron. toutes les Congrégations monastiques d'Occident sont heureuses d'apporter leur témoignage de reconnaissance à tous les moines hagiorites. Président de la Congrégation anglaise. Ministre général des Chartreux.A l'occasion du millénaire de la Grande Lavra du Mont Athos. et pour le maintien des saintes traditions monastiques. Godefroid DAYEz. Président de la Congrégation helvéto-américaine. Sighard KLEINER. Président de la Congrégation de Ste-Odile. Jean PRou. Président de la Congrégation autri­ chienne. Archiabbé de Ste-Odile.

Eni TH XI/\IETHPI�I TH� EN AriQ OPEI A8Q MEri�TH� /\AYPA� ADA�I TOI� TOY AriQNYMOY OPOY� MONAXOI� TOI� TO�AYTHN DAPA KYPIQ EYP HKO�I XAPIN TH TH� E YArrE/\1 KH� K/\H�EQ� ni�TEI KAI TH TQN TOY MONA�TIKOY BlOY IEPQN DAPA�O�EQN �IAct>Y /\AzEI TEKMHPION EYrNQMO�YNH� DA�AI Al TH� �Y�EQ� TAzEI� MONAXQN EN TIMH DPO�K OMIZOY�I .

CARTE DU MONT ATHOS .

ECHELLE 5' 10 lfiLomètres.LEGENDE + MEG Mono stères Dépendance5 Autres ------------ lieu)( Ande...n5 nom':> grec.s ..E:OU n&phn.er5 0 +AG. (l'3TI) LAVRA ....i \ DfON) • Senli. " ANDP..

0 s .

ÜBt a v.). ( lr��peratoris Justiniani praejatio ad Nove/lam 1 33 : « Quomodo oporteat monachus vivere ») . aÀÀGlÇ ü. xal ov f-i6vov WqJBÀOVV a'ÙTOVÇ TOVÇ elç ToiJTo naet6vw ç. sed etiam aliis omnibus per ejus puritatem et supplicationem ad Deum praebens inspectam utilitatem.naat t5tà Tijç a'ÙTOV ua0a(!ÔTYJTOÇ Uat Tijç 'll(!OÇ eeov tUBTB{aç nage x6f-l BVOV T�V 'll(!é­ novaav wq.à ual Tot. et non solum juuans eos quid ad hoc accedunt.'Q f-lOVYJ(!�Ç {3loç Uat � XaT' a'ÙTOV ()ew(![a 'll(!aywJ. Singularis uita et quae juxta eam peragitur contemplatio res est sacra et ex hoc euehens animas ad Deum. à). . èaTtV tB(!OV Xat àvaym avT60ev TÙÇ 'lfJVXÙ ç el ç ee6v.

Paul LEMERLE. 59 Dom Julien LEROY. Dr. Jean DÉCARREAUX. McNuLTY. J. o. Alphonse V d'Aragon et le Mont Athos .. 149 vm.s.TABLE DES MATIÈRES DU PREMIER VOLUME Introduction par DoM ÜLIVIER RoussEAU. La vie ancienne de saint Athanase l'Athonite composée au début du XJe siècle par Athanase de Lavra m.s. La converszon de saint Athanase l'Athonite à l'idéal cénobitique et l'influence studite 101 . Dom Anscari MuNn6. Du monachisme primitif au mo- 19 nachisme athonite II. Dom Pierre DuMONT. Antonio KoMINIS. 13 I.B.o. Athènes.B. L'higoumène dans la Règle de saint Athanase l'Athonite 121 v. Kaiser und M onch auf dem Athos 145 VII. Chevetogne.s. Professeur à l'Université de Munich. 181 . o. Franz DoLGER. o. M. Professeur à l'Université de Nottingham.B. Montserrat. IV. Paris.B. HAMILTON.s..B. L'érémitisme en Occident Jusqu'en l'an mil 161 IX.. Dr.s. Professeur à l'Université de Bangor et B. o. Professeur à l'Université de Paris. Dom Jean LECLERCQ. Clervaux.. Un canone inedito in onore 135 di Sant' Atanasio l'Atonita VI.fluences on Western Monasticism (900-1100) Greek zn. « Orientale lumen» et « Magistra Latinitas» : .. En-Calcat.

B. Agostino PERTusr. Profess eur à l' Institut orthodoxe de St-Serge à Paris. Dimitri D IMITRIEVré. « Sedere » : A propos de l'hésychasme en Occident 253 xn. La liste des Prôtes de l'Athos 407 . Clervaux. La condition internationale du Mont A thos 38 1 xix.. s. Monasteri e monaci italiani al!' Athos nell' alto Medioevo 217 xr. L' importance du monachisme serbe et ses origines au monastère athonite de Chilandar 265 x m . Dom Jean LECLERCQ. Professeur à l' Institut orthodoxe de St­ Serge à Paris. Dr . Jean DARRouz Ès. 319 xv. Berlin . Hésychius le Sinaïte et ses Centuries . Igor SMOLITSCH. Le message de la Sainte Montagne au monde d'aujourd'hui 373 xVI I I ... . Le monachisme intériorisé 33 1 xvi. A. Paul EvnoKIMOV. Constantin KoNSTANTOPOULo s. Professeur à l' Université catholiq ue de Milan. Le Mont Athos et la Russie 2 79 XIV. Le monachisme . Nicolas A NT ONOPOULo s. o. Léon ZANDER.J. Paris.450 TABLE DES MATIÈRES DU PREMIER VOLUME x. Jean KIRCHMEYER.dans l' tEUvre de Dostoievsky . Dr. S.réalité et idéal . Gouverneur de la Sainte Montagne de l'Athos. D r . 353 xv n. Professeur à l' Université de Beograd. A. Chantilly. Avocat à la cour d'Athènes.

Athènes. 1 954. p. 'HÀ. j usqu'en 1 430. . 82 s. 1 956.. II. p. ZTJÀ. le Mont Athos appartenait à l'Empire byzantin. p.1 430) 1 .E-r:. . 1 938 .A Vl:W V0.9 1 . Fto'ÛnTJ. A l vopt-xai . pp. A ev-r:a'XrJ. 406 s. . p. 'H avv-r:aypau-xij neoa-r:aa[a wii ayto(!EtH'XOV -xaOea-r:wwç.Evvmypau-xov L1 l-xawv. 0. A. p. NB' . 527. cit.TJataan-xov L1 l-xatov.uv .Evp{JovÀ. KovpavmeaKTJ. Nopt'Xov . 'Av-r:wvo­ . . . At hènes. 'H àQyavwatç -r:fiç povaxt-xfiç noÀtuiaç iv 'Ayitp "O(!et. rvwpoi567:TjatÇ. 1 962. 509 s. p. dans « TtpTJn-x6ç T6poç 'A .Voir en plus.Eyovehaa. dans « 'Aexeïov 'E-x-xÀ. 1 958. 28 s. . 439 s. 2 5 1 s. N. p. 1 954. Fvwpoi56-r:TJatç. N. p. 29 s.. année de l'occupation de la Sainte Montagne par les Tm cs. Cette souveraineté a subi diverses éclipses pendant les 1. 458 s. Pour une bibliographie d'ensemble concernant le Mont Athos voir Nt'IWÀÛ. monastère créé par saint Athanase l'Athonite (9 63) . 1 1 3 s. 'Avayvwa-r:onovÀ. qui y exerçait sa pleine souve­ raineté. 724 s.UE BYzANTINE (IX e siècle .ovÀ. dans « 'A(!pev6novÀoç ». dans « Biptç ». p 3 s.Ilanai5&-r:ov.tov -r:oii Kea-r:ovç. . NF' .n. . 'E).XVI I I LA CONDITION I NTERNATIONALE D U MONT ATHOS 1 par le Dr.tulaç -r:oii 'Aylov "Oeovç.ta'XTJ. dans « Biptç ». .. Athènes. 'H àeyavwatç -r:fiç povaxt-xfiç noÀ. . 1 960. '/. . A t hènes . . .rJrJtaan-xoii -xai Kavovt-xoii L1 t-xalov.. . B. 1 939. AE' . . Fvwpoi56-r:TJatç. dans « Biptç ». . dans « Ll t-xatoavvr p>. . 'l. 525 s.fJpovoç ». p. Fto'ÛnTJ.ev0eetai5ov. . p. 33 s. 1 949. B' (a'). Athènes .ET' . A.ov. 334 s. Ko-r:atavov. LI ' . 1 935. Fvwpoi56uwtç.E. p.ov. Xeta-r:o­ qJtÀonovÀ. . L1 ' . 3 1 4 s. A LI ' . 1 949. . O l ayto(!Etn-xoi Oeapol. . .rJVt'Xfj LI TjptoV(}Yla ». L1 ' . 'H ànovopij -r:fiç i5t'Xatoa'ÛVTJÇ iv 'Aylr:p "O(!et. 'EÀÀTJVt'Xov 'E-x'XÀ.. p. 79 s. .Ilavaytw-r:d-xov. 47 1 s. X. ». 34 . '/. .wfheuii5ov. MA ' . dans « 'Aexûov 'E-x-xÀTJataan-xoii -xai Kavovt-xoii Ll t�talov ». . . 1 2 5 s. L1 t-xa­ au-xij ôt-xawi5oala povaa7:TJ(}ta'Xwv àexwv 'Aylov "Oe'!vç. Pour le régime juridique du Mont Athos voir notamment N. 280-297. EÀ. p. Ol-xov6pov. Depuis l'installation des premiers moines au Mont Athos ( 1 x e siècle) ct la fondation de la Grande Laure. Fvwpoi56-r:TJatç. F'. Nicola s ANTONOPOULOS Avocat à la Cour d'Athènes 1. 1957. dans « 'Aexeïov 'E-x'XÀTJataan-xoii -xai Kavovt-xoii LI t-xalov».Eva-r:TJpa -r:oii 'E-x'XÀTJataan�toii Ll t-xalov. L' É POQ. To ü. dans« Biptç».ov. Athènes.ov.. . p. op.{Ja-r:ov -r:oii 'Aylov "Oeovç. . N. dans (( 'EÀÀ. p .1WVÀ. II. Fvwpoi56-r:TJatç. Ilavaytwui-xov.

'Avây.. ' H i6ayiveta wv àÀÀoyevovç ayweehov ftovaxov. 1 1Jï.. 897 s. l'l·wf!or\r!n. 349 s. NfJ'. Athènes. Mil ' . p. IZ'. le 2 e typikon promulgué par le fJâanç njç 'Ayto(!t:trtKijç noÀt u la . celu i de 942 de l'empereur Romain Lécapène . Xu l'T(6. . p . qui eut l'Athos sous son pouvoir. a été ann exé par le Royaume d� Salonique du Roi Boniface de Montferrat. 2. C' est ainsi qu' après la conquête de l'Empire byzantin par la I V e Croisade ( 1 204) . C'est ainsi que les organes législatifs compétents de l' É tat byzantin y exerçaient leurs fonc­ tions librement et sans aucun engagement. Ilanai'Hi. A ' . IloÀvyivovç. L'Empire byzantin ne connaissai t pas de limites à l'exercice du pouvoir étatique sur le Mont Athos au point de vue du droit intemational ou du droit interne. Fvw�toborryatç. . 1 96 1 . ET'. d a ns (. en 1 246.»..aîov ». Ensuite. Taâraov et M. X. EA ' . L' empereur byzantin. p. . IIneaKâKov. EKKÀ'f/ŒHlŒT tKOV Kai Kavo­ VtKOV A tKaîov ». K. . p. K. Fvwpo­ ô6rryatç.. le Mont Athoc. K. . A îy­ Ka. l'Empire byzantin substituera sa souveraineté à celle de l' Empire de Nicée . . Eaem6Àov. . fondateur de la dynastie macédonienne . F. 1 962 .382 N. dans << Bé�ttç». AE' . j usqu'à la conquête de ce royaume par le Despotat d' É pire .. 'PâÀÀ'f/. . Ma6t)�tara A u·Ovoiiç A tKaÎov. 'H ànovo��� rijç btKaw m!vryç év 'A ylcp "Oen . BoÀoviÎK'fl . 1 ' . dans « Béptç. Eerpt:(! t âbov. :Er(! ÜT. N.atç ll ruwa{ov A t­ Kaîov . dans << f9É�ttç». B.. 1 925 .m�.. dans « ' Em6t:Ô> tp. rvw�toborryatç. .f'Ï'"' 'EKKÀrJŒtaauK01Ï Kai KavovtKoii A t . mais il la perdra à nouveau à la fin de la première moitié du :X:Iv e siècle au profi t du roi des Serbes Stefan Dusan. 1 58 s. Il. 11. dans (( Bé�ttÇ ».ta. p. la Sainte Montagne passe sous la souveraineté de ce dernier.ry vo�to6euKov btaKavovta�tov. . 273 s. Ileoaox-Yj elç TO "Aywv "Oeoç. p. No1to6Én7atç << KaT à naeano�tn�v» év Tlp aywgt:tUKtji btKalcp. '/. celui de 900 de l'empereur Léon VI le Sage .). Il ' .1. dans (( 11 tKa ŒU KtJ ». p. p.m•. 348 et << fJÉpt. année de la conquête du Despotat d' É pire par l'Empire de Nicée.:al !I tOtKYJUKOV A tKaiov». 1 959. p.A exûov . p . N.KÀrJŒUWTt K01Ï . :E. 332 s.. rvw�toborryatç. 1 953. l:r. . 780 .. 302 s. PâÀÀry . 'HnnewnK� 'Earfw> . 1 949. Taa�taKibry. 1 926 . ""'" << '. 11. dans (( . 1 937. 247 s. . E. dès son rétablissement.. A partir de 1 26 1 . IlanovÀta . Ilrmov}. TaÀ ta­ boveov. .. 'PaKu{Jâv.ai Kai'DJ ' tKo ii /1 tKulov » . Tvw�tob6rryatç. 2 1 0 s. K.E. Athènes. dan• << 'A ext·ïm' 'E. To �tovaxtKov noUrev�ta wv 'Ayîov "Oeovç "A6w.. 19 . Jean Cantacuzène avait toutefois opéré la reconquê te de la sainte Montagne en 1 350. Tarhaov. IlanarlâTOv. le 1 e r typikon du Mont Athos promulgué par le chrysobull e de 972 de l'empereur Jean Tzimiscès . 428 s . Rappelons quelques exemples : le chrysobulle de 875 de l'empereur Basile I e r . à la souveraineté duquel alors il a été sou mis . A r' . A N T ONOPO ULOS périodes d'annexion par des É tats tiers.rov.

LA CONDI TION IN TERNA TIONA LE D U MONT A THOS 383 chrysobulle de 1 046 de l'empereur Constantin I X Monornaq ue . Il ne s' agissait pas. le sigillion du Patriarche œcuméniq ue de l a même année . dans '/l A. la théorie soutenant que le Mont Athos était un territoire j ouissant d' une certaine indépen­ dance 2 . baies. de protectorat. ni celui d'indépendance ou d' égalité. ni de territoit e aux termes du droit international. ni droit de protection des citoyens. dans 'A A.rJvtxwv leewv flOVWV rov 'Ayîov "Oeovç "A8w. de terri­ toire sous mandat. le chrysobulle de 1 3 1 2 de l'empereur Andronic I I Paléologue . Ilereaxâxov. l'espace aérien même du Mont Athos étaien t considérés comme territoire de l' É tat byzantin . A. 1 925. de confédération d' É tat. LI 1Jft1JTf!téfJaxrJV ij :nsei è!te8vo:not?îaewç rov 'Ayîuv "O(!ov. Les rapports entre l' É tat byzantin et le Mont Athos ressortissaient de l'ordre interne et non de l'ordre international. comme il faut rej eter celle qui lui conférait une certaine autonomie 3• Toutes les formes étatiques reconnues par le droi t 2 . op. p. . 1-'· 34 . Il en était de même au point de vue territorial . le chrysobulle de l'empereur Michel II Paléologue portant 4 e typikon de l'Athos. le 3 c typikon de l'Athos. N'ayant pas de chef d' É tat.. Movaxtx6v :n o A ÎTevfl a rov 'Ayîov "Oeovç "A8w. ne disposait d'aucun organe investi de pouvoir ex jure proprio. ni droi t de conclure des traités internationaux.. Les moines athonites étaient des nationaux de l'empire ' byzantin avec toutes les conséquences. 1 9 1 7. Athènes. lacs. d' union réelle. ' lmr)weuv 111uJ•axoi\ 'A mlvT IJfTt Ç e l ç ràv x. Tà "A y w v "Ouoç xai � iÂA1]Vtx� :noA. l' É tat byzantin était investi de la compétence personnelle et de la compétence territoriale. par conséquent. ou sous tutelle. la presqu'île athonite ne possé­ dait aucune des qualités d'un É tat souverain. Du fait de sa souveraineté sur le Mont Athos. 26. elle n'avait ni droi t de représentation diplomatique. v1-vn .mx�. Ba[t {J É Taov . la partie terrestre. Athènes. . dt. Voir ' Yn6flV1JflU xai è!taflaerveîa rwv x a 81JyOvflévwv xai Èm re6:nwv rwv 1 7 é. p. les eaux territoriales (fleuves. d' É tat fédéral.U. qui découlent tant du droit international que du droit interne. pour employer les tei mes du droit in ternational actuel. Bafl fJhrro v . 3 . d'union personnelle. Y:n6ftV1Jfta Olxovftevtxov Ilare ra exeîov :neoç r�v Ilgea{Jevux�v l:vv()uî­ rrxnp t v nnï A o v rltv ov . LI. d' état semi-souverain ou de colonie. Il n'y avait d' ailleurs pas d'organes d' É tats tiers exerçant leur compétence sur le Mont Athos. 24. É tant donné cet état de choses. ports et rades) . Il faut rejeter. promulgu é par le chrysobulle de 1 394 de l' empereur Manuel II Paléologue .

pp. p. 'I. Voir des exemples dans F.p. 19 s. 23 . Pour une étude approfondie des privilèges du Mont Athos pendan t l'époque by­ zantine voir N. 1 947.ET'. était exonéré des contributions fis­ cales 7• C. dans son ensemble. 28 s.avuvov KedTovç. p.op. cit. 'Apdvwv. 'Iwaxûp. To "Aytov "Oeoç. I. 'AvTwvonovÀov. 4.. I I I . X. cit. elvat To "Aywv "O u o ç iiÀtn)Oeuov xui fUJ­ ?Jep. A) Les empereurs byzantins avaient concédé aux moines athonites la propriété des terres de la Sainte Montagne ainsi que celle de terres et de biens immobiliers sis en dehors d'elle.Ep. pp. plusieurs monastères étaient exonéré des charges fiscales par des actes spéciaux des empereurs 6 • On peut donc finalement soutenir que pendant l'époque byzantine le Mont Athos. 'Iaweia T o v pv?:. cit . qu'une lettre officielle ( nn:rauwv) de l'empereur Alexis 1 er Comnène stipulait que « la sainte Montagne était libre. 30 s. Si la rédaction des 1 er. seul dé. op.. Athènes. fasc. 1 948. N. et que les moines n' auraient aucune taxe j usqu'à la fin des siècles » 5• D'autre part. p. op. p.avuxwv avTO'X(!aT6(!wv. K . 2 1 s. 'AvTWI'onovÀov. par exemple. MEYER. 3 1 . 25-6 . 'Ayto(!EtuxT] lloÀtuia. c'est dire qu'en droit la communauté monastique ne jouissait sur ce point d'aucun régime favorisé. que nous indiquerons brièvement ci-après 4• 3. Athènes. 46-7 . C'est ams1. Ph. XaT1:. Athènes.eïç.vevrJ. . dans« "AOwç ». 6.384 N. En ce qui concerne l' exercice du pouvoir législatif 8..ovaxovç lwç Tijç avvuÀeiaç wii alwvoç ».vevdx1J. 1 903. op. 52. 42 s. lleei €JeTJaxeiaç xai 'Exx À 1J a ia ç. Xeva6povÀÀa xai Tvmxà neei Toii 'Ayiov "Oeovç TWV àetpv�aTwv pv?:. nous avons vu que les organes compétents de l' É tat byzantin exerçaient leurs fonctions sans aucune limitation. E' et . €JTJPaiov. ANTONOPO ULOS international étant exclues.. 2 e et 3 e typika a connu la participation du Patriarcat œcuménique ct des moines athonites. 5. 7 . 8. 28-9. dans « 'Ae­ xeïov 'ExxÀTjGtaGTt'XOV xai Kavovt'XOV Ll txalov ».. 'Iwaxeip 'IPTJehov. op. 579 . 'lPTJehov.iav rpoeoÀoylav Ji Ètt�(!etdv uva lxew wvç p. p. pp. « €Jeanl1:. 1 72 . 9. B ' . p.Tjïwdvvov. 1 9 1 3. cit. il faut préciser qu'il s' agissait d'un territoire de l' É tat byzantin doté de certains privilèges. Die Haupturkunden Jür die Geschichte der Athoskliister. 2 1 -2 . B) Le Mont Athos jouissait de privilèges fiscaux. . pp. 1 939.ev oi5v w lvvv xai ijp. Leipzig. p... c'est en vertu d'un acte de bienveillance de l'empereur. 1 894. 1 92 1 . y co mpris le système d'autonomie. 'lat­ ?Jweov Movaxov.

A apneov . 1 72 .t Ç6pe O a n a v ra ç dn6 u: are a < 1J ywv {J aa tÀt" wv àvOewnwv . . Em. 9. Xar Ç1J ïW avvo v. r.. par exemple. p. une autre le t tre officielle (mna"tov) du même empereur était ainsi conçue : « BeaniÇope v oiJv rolvvv "ai �peiç. . La plupart du temps. )) (MEYER. . Xa <C1JïWa vv o v. . K. . cr • . Athènes. ïva � àe xa la r wv y e e o vr w v "a 6ù5 e a àn a e ev o x À1J ra ô ta < 1Jefi rat àno naa17ç èn1Je e la ç .A6wç. Ensuite. '1.oylov KovelJ.ov. BI s. le système d'organisation administrative appliq ué était non celui de la œntralisation ou de la concentration mais bien celui de la décentralisation avec un pouvoir de décision pour les affaires locales accordé à des organes élus par les moines athonites. cit. p. N. '0 A6wç. » ( M. Fe/J ewv.). cit. En. p. 1 955.. 3 1 ) . K. 1 935. 587 . 1 2 .cit. avait déterminé les organes athonites compétents pour réaliser l' administration. cil.axov. 28 s . op. naea re èma"6nwv "ai àe x o vr w v "ai navroç <'iA. "Anavra rà iv 'Ayicp "Oeu ieeà "a 6t t5evp a r a . D'autre part. rit. cit.. . 1 82 s.. p.. 1 0. . p. D. llÀÀ' o{hwç U ev6ée a v elvat "ai avroèUanorov . . Ilerea"a"ov. . Enfin. 'H x e ea6V 1J IIOÇ TOii 'Ayiov "Oeovç "A6w. 1 66 s. l'empereur n'en tendait nullement s' engager à adopter la même procédure dans l'avenir. op. 'Avrwvon01!J. » (M.. 79 s. cil.J. 472.) . le législateur. X.axov.J. Kreva. AMAND DE MENDIETA. 503. ! 55 s. elvat To �Aytov "Oe oç èÂev6eeov "ai p1JÔeplav rpoeoJ. 1. cil. 24 . 1 936.. l'empereur byzantin exerçait seul ses attributions législatives comme. Ep veva"1J • op. EvÀoyiov Ko veiJ.ov . p. p. Par ces actes législatifs.oylav ij èn�e etav Ttva ëxetv rovç povaxovç lwç rijç avvreJ. une lettre officielle (:ntTTa"tov) d e l'empereur Alexis 1 er Comnène ordonnait que « 'A). Jl1]Ôeplav "o tvwv fav éxérwaav Ot noÀtTt"oi UI]XOVTeÇ év TqJ 'Ay{cp "Oe et » ( MEYER.. p. La Presqu'(le des caloyers. p. op. d' ailleurs. . 60) . 9. r. Volos. 1 07 . Bruges. 1 886.a . cit. Aapn e o v. 504. . 2 1 . en même temps qu'il interdisait aux organes administratifs byzantins d' éten­ dre leurs attributions au Mont Athos 1 0. cit. . 2 1 . op. . '1. dans « Néoç 'EUrjvopv�pwv ».LA CONDITION INTERNA TIONA LE DU MONT A THOS 385 tenteur des attributions législatives. p. XaTÇ1Jïwavvov. p. En . cit. Le Mont Athos. p.' Wl]tGaV ÈÀ ev6e (! OV TOVTO elvat àno naG1JÇ Èn1] ­ (! Bla ç ' àJ. op.. p.. . . Le chrysobullc de l'empereur Nicéphore Phocas concernant la Grande-Laure stipulait que « . . op.. Fe/J ewv . op.a. A. cit. Pour l' exercice du pouvoir exécutif 9. op. '1. p. p. cit. ! 50 s. op. cil. op.Epveva"1J· op. dans (( 0!]1JII"6VTI"TJ "ai xe t a n a v t" � èy"v"Àonatt5ela ». p. En acceptant en certains cas la collaboration de l' É glise et des moines athonites. da�ts les cas des chrysobulles de 1 406 (portant 4e typikon) . EvJ. 1 9 1 2.' vno TWV {Ja at Àéw v "aTà Ôtm5ox�v TOVTO è6iamaav "ai ovx' vno aÀÀ1JÇ è$ova[aç ' dJ. 2 3 s. 1 903. . ainsi que des chrysobulles relatifs à certains monastères .. 32 . le chrysobulle de l 'empereur Romain Lécapène stipulait que « . p. . . BJ.. 1 9 . 30 s. o/Jev "ai è$a aq�aJ. BJ.à "ai a v ro vç rovç GI]XOVTaç TWV Èna(]XtWV Jl1]Ôepiav peTOX�V fxew èv TqJ 'Ayicp "Oeet » (MEYER.J. p. p. op.. de de 1 3 1 2.. Coru: tantinopi e.elaç roii alwvoç · "ai èJ we lCop ev "ai TOVÇ ènaex twv ae xovra ç "ai nÀ1] Gtoxwe o v ç.) . Le chrysobul­ le de l 'empereur Basile 1 de 875 Jisposait que « . p. op. ) .

'Al'TWV01WtUov. sans aucun engagement et toujours révocables. considéré lui­ même comme collectivité locale. E. appartenait à l' Empire et était soumis à la souveraineté pleine et entière de ce dernier. pendant la période byzantine. la Sainte Montagne appartint donc à cet Empire. par voie de firmans. en même temps que le Patriarche œcuménique. Après l' exclusion de toutes les formes étatiques reconnues par le droit international. Ses pouvoirs législatif. . Les organes législatifs compétents de l'Empire ottoman y exerçaient leurs attributions. qui. N. 4. I I . Si certains privilèges étaient concédés par l' É tat. année de sa libération par les forces armées hellé­ niques. Enfin. pp. cit. ils l' étaient librement. procédait de même à l' élection des organes investis du pouvoir de décision sur des affai res d'in­ térêt local ( Prôte. comme le Su ltan .1 9 1 2 ) 1 .OS Cette décentrali sation comportait deux degrés : le premier visait chaque monastère séparément. il faut conclure qu'il s' agissait purement et simplement d'un territoire à adminis­ tration décentralisée. A N TONOPO UI. exécutif et j udiciaire ne connaissaient d'autres limites que celles imposées par l' article 62 du traité de Berlin de 1 878. le Mont Athos. les moines athonites furent soumis à l' Empire ottoman. En conclusion. investi du pouvoir législatif en vertu des I l . 42-3. procédait à l' élection des organes investis du pouvoir de décision sur des affaires relatives exclusivement au monastère . le second visait l' ensemble du Mont Athos. L' exercice du pouvoir j udiciaire 1 1 était réglé comme le pouvoir administratif par des actes législatifs.386 N. Ces privilèges imposaient des li mites aux organes administratifs et j uridictionnels de l' É tat byzaittin mais non aux organes législatifs. après avoir écarté l' autonomie. qui excluaient les organes de l'état byzantin et le confiaient à des organes athonites. Jusqu'en 1 9 1 2. il s' ensuit que les rapports entre l' É tat byzantin et le Mont Athos se basaient sur l' ordre interne.. En 1 430. considéré comme collectivité locale. op. qui. Conseil des Higoumènes) . LA DoMINATION TURQUE ( 1 43 0. qui y exerça sa pleine souveraineté.

JI. et notam­ ment pp. op. l 85 s. le Tome patriarcal du Saint-Synode du Patriarcat œcuménique de 1 768 . A ce point de vue l' article 9 des Règlements Généraux ( Fevtxwv Kavov taflWl' ) du Mont Athos de 1 9 1 2 stipulait : « Les Saints Monas­ tères du Mont Athos . le Tome patriarcal du Saint-Synode du Patriarc at œcu­ · ménique de 1 806 . . . cit. cit. €J'Y}{Ja{ov. .. 1 796. 46. ni un É tat semi­ souverain 14 • Il faut rej eter également la théorie soutenant qu'aucun pouvoir étatique ne s'exerçait sur le Mont Athos pendant cette 1 2 . 'H ivearwaa uaniaraatç iv 'Ayùp " Oeet. X. wv{lt:Vtx oii Ila-r e u l. p. dans M. au point de vue du pouvoir étatique . Ba�tfléraov.. . appartiennent . en même temps que la Sainte Mon ­ tagne était considérée comme son territoire. Athènes. . op. )> .. Les moines athonites étaient des nationaux de l' Empire (art. 22 . op. 1 85 s. cit. p. 1 74 des Règle­ ments Généraux de 1 9 1 2) . ' Y:n:6�tVYJftG Oluov�tevtxov Jiarewexeiov :n:eoç ri}v Jieeaflevuui}v .duYJ.. Jit:(!t {)(!'Y}I1UÛaç Uat iuuÀYJalaç. op. 3 1 . Comme par le passé la Sainte Montagne ne constituait ni une fédération 1 2 . cit. ' Y:n:6�tVYJfta 'Ieeaç Kotv6rYJWÇ :n:eoç rov Ile6dJeov rijç Ileea{Jwn­ uijç . llferal. art. telle que nous l'avons vue sous la souveraineté byzantine.dx'Yj. 46 . et dans M. 1 803. 327. op. 35 et dans M. cit.ez ov) en 1 783 ct sanctionné par u n e lettre officielle portant le sceau du Saint­ Synode du Patriarcat œcuménique (Ity tÀ. Meral.LA CONDITION INTERNA TIONA LE D U MONT A THOS 387 privilèges généraux consentis à l' É glise par l ' E mpire... op. p. op. . dans 'A).À. FfJÛflfW T oii O l. Citons à titre d' exemples. F.Evvôtdaut:!ptv rov Aov­ Mvov.. cit. 1 4. 8 des Règlements de 1 876.. p. 'JwaUelft 'f{JYJ(!{Wv. 47 . 1 948. 3 . cit. p. 1 9 1 s. p. cit. . 'A). cit. L'Empire ottoman était investi de la compétence tant person­ nelle que territoriale. . . et sans respecter l'ordre chronologique. 32 s. op. Ba�tfléraov. 23 . p . .. 41. p. 195-6. les firmans concernant le régime fiscal de l'Athos de 1 780. 52. Meral. p. p. twbeç Ivvo b txàv F(!Ûflfla ) en 1 793 . le 5 e typikon promulgué par un sigillion du Patriarche de 1 5 75 . 'latôweov Movaxov. le 6 e typikon promulgué p ar une lettre officielle portant le sceau du Patriarche œcuménique ( Ity tÀ. dans 'A ). p. 7. l::ft V(!VdUYJ. La condition inter­ nationale de la Sainte Montagne. . 6. F'. est restée la même sous la domination ottomane. dans 'Aexeiov 'EuuÀ7Jataauuov uai Kavovtuov Ll tualov. .duYJ. uvbe:. KaeoÀiôov. KaeoÀÜ!ov. p. ' Y:n:6- ftVYJfta OluOVftêVtUOV Jiarewexeiov 7l(!OÇ ri}v Jieea{Jevuuf)v . 1 896. . le sigillion du Patriarche œcuménique de 1 864. To wAywv "Oeoç uai iJ éwaatxi} :n:oÀtHXTJ iv 'A varoÀfi.Evvôtaaxé!pew. op. JI. 1 9 1 3. 2 1 . 1 3. ni un territoire autonome 13 . à l'Empire ottoman . Ba�tfléraov. . rov Aovt5tvov. 1 806 et 1 807 . Athènes.Evvôtd­ aue!ptV wv Aovblvov.À.

La participation des moines a tho­ ni tes ou d'autres organes de l' É glise se fondait exclusivement sur le bon vouloir du Patriarcat œcu ménique. p. Exception fai te des secteurs réservés aux organes de l' É tat ottoman. et étaient reconnu s propriétaires des terres de la Sainte Montagne 2 0 • Pour ce qui concerne le pouvoir législatif 21 . pp. op. cit. 'Avrwvo:n:ovilov. 'Avrwvo:n:ovilov. cit. 79 s. p.. le domaine fiscal et douanier. 'Avrwvo:n:ovilov. cit.. le Tome patriarcal de Saint-Synode de 1 806) . 77 s. 1 908. op. HEIDBORN. 1 7. ainsi qu'elle existait durant la période précédente et que n ous avons décrite 1 5 . 20.. 'Avrwvo:n:ovilov. 1 9.. douanier 1 9.. soit en collaboration avec les moines athonites ou d' autres organes de l' É glise (comme par exemple. Le pouvoir exécutif 22 exercé par l'Empire ottoman se limitait à ce que le droit administratif contemporain qualifie de tutelle administrative portant sur le maintien de l'ordre public. par conséquent. Le Patriarche œcuménique exerçait par des « sigilles » certaines compétences législatives sur le Mon t Athos. voir N. 68 s. 70 s. op. N. l' · 66 s. Manuel de droit public et administratif de l'Empire Ottoman. . le Mont Athos était administré selon le système de la décentralisation administrative à deux degrés.. cit. A. .. 9. pp. 64. 64. les organes de l' Empire et ceux de l' É glise. op. dans le cadre des privilèges généraux accordés à cette dernière par la Sublime Porte. 'Avrwvo:n:ovilov. 1 6 . p. 1 8. 1 0 s.. 6 1 s. cit. cit. 'Avrwvo:n:ovilov. 66 s. L'tytÀÀtwl5eç F(!Uf-lf-lr'i.1 909. 2 2 . 64 s . le 6 e Typikon. exerçaient leurs fonctions librement et. rov Ob�ovf-levtuov Jlaret ae x ov en 1 783 . 60 s. 68 s. N.388 N. op. Sommaire­ ment il faut souligner que les moines athonites j ouissaient de privilèges dans le domaine fiscal 1 8. Pour une étude approfondie des privilèges du Mont Athos pendant l'époque ottomane. la Communauté comme telle ne j ouissait d'aucun privilège à cet égard. 2 1 . cit. . A NTONOPO ULOS période 1 6 • Il s'agissait d'un territoire de l'Empire ottoman doté de certains privilèges 16 que nous pourrons relever sans nous y attarder longuement 1 7. p.. N. soit seul (exemple : le sigille de 1 744 . N. 'IatOw(!OV Movaxov. op. N.. mis en vigueur par une lettre officielle portant le sceau du Patriarche œcuménique. étant donné qu'ils étaient sensiblement les mêmes que ceux accordés par l' Empire byzantin. op. p.. 2 2 . dans le cas du S e typikon de 1 5 75) .

1 902. op.entionnés étaient concédés par l'Empire ottoman librement et sans aucun engagement . p. 'A). Avant le traité de Berlin . p.LA CONDI TION INTERNA TIONA LE DU M O N T A THOS 389 p lus haut...a'K1J.. BÂaxov. A. 22 du traité se réfère à l'origine et non à la nationalité. Les privilèges ci-dessus rr. 79 25. le Mont Athos consti­ tuait un arrondissement du Sandj ak de Salonique 23• L' exercice du pouvoir j udiciaire 24 avait été confié aux organes de l' É tat ottoman. cil. après avoir garanti la protection des privilèges des ecclésiastiques et des moines russes qui voyageaient en Turquie. le législateur restait libre de les supprimer. 1 0 s. des mêmes droits et prérogatives que ceux qui sont assurés aux autres établissements religieux et couvents du Mont Athos >> 25• Cette disposition pose. il restait libre de les supprimer à l' égard des moines d'origine autre que russe . p. L'art. note I l . p. 23. l' É tat ottoman s' engageait à maintenir les privilèges accordés à l' égard des moines d'origine russe.. note 1 . I I I . Le traité de San Stefano de 1 878 ainsi que celui de Berlin de la même année avaient imposé cer­ taines engagements à la Subli m e Porte relativement au régime privilégié de Mont Athos. cil. Au contraire. 7. vol. Recueil d'actes internationaux K. L'art. 44 . op. r. 'AvTwvonovÂov. p. Voir le texte dans Gabriel EFFENDI de l'Empire Ottoman. op. HEIDBORN.. 24. cit. cil.. au Patriarcat œcuménique et aux autorités athonites. dans les trois couvents qui leur appartiennent et dans les dépendances de ces derniers. puisque les moines atho­ nites étaient des nationaux ottomans. La protection et la reconnaissance du régime athonite j ouent seulement à l' égard des moines d'origine russe et non à l' égard de tous les moines. NoRADOURGHIAN. stipulait expressément pour les moines que : « Les moines du Mont Athos d' origine russe seront maintenus dans leurs possessions et avan tages antérieurs et continueront à j ouir. l'· 5 1 9 . op. M. cil. va'K1J. p. 2. 1 30. l' É tat ottoman ne s 'engageait point à maintenir les privilèges accordés aux athonites . . op. relativement aux moines athonites. Au point de vue administratif. s. 22 du traité de San Stefano. les deux principes s uivants : A) Protection du régime privilégié du Mont Athos tel qu'il était constitué à l'époque. N.. MeTai. Selon cette disposition . Bap{léTaov. Epve­ cit. 325 . op.

ANTONOPO ULOS B) Garantie de l' égalité des droits et des privilèges des moines russes en comparaison de ceux des moines d' origine autre que russe. C' est ainsi alors qu' une amélioration du statut légal j ouerait automatiquement à l' égard de tous les moines sans aucune exception . 1 9 1 -2 . pp. sans considération de leur pays d'origine. Ceci avait pour conséquence que si une modification favorable était apportée au statut des moines d'origine non russe. qui y exe1 ce sa pl eine souveraineté. Cette disposition pose les principes suivants. seront maintenus dans leurs possessions et avantages antérieurs et j ouiront. stipulait. 3. Enfin. après avoir fait allusion à la protection de la liberté religieuse ainsi qu'aux privilèges des ecclésiastiques. p. spécialement pour les moines athonites.. cit. sans distinction d'origine . Voir le texte dans BENOIT BRUNSWIK. op. .390 N. 26. Par contre. IV. En vertu de cette disposition. l' É tat ottoman n' avait nullement l'obligation d' étendre à tous les privilèges qu'il pourrait accorder aux moines d'origine russe. sans aucune exception. d'une entière égalité de droits et prérogatives ». dans son alinéa 8 : « Les moines du Mont Athos. pendant la domination tm que. pèlerins et moines de toute nationalité voyageant en Turquie. 3 1 6 . 1 903. relative ment aux moines athonites : A ) Reconnaissance et garantie du régime privilégié du Mont Athos à l' égard de tous les moines. 1 878. les privilèges accordés aux moines d'origine russe restaient inchangés. Le traité de Berlin. l'Em­ pire ottoman s'engageait à maintenir le régime privilégié de la Sainte Montagne à l' égard de tous les moines. Voici donc une différence fondamentale entre les traités de San Stefano et celui de Berlin. san s pouvoir le suppri mer ou le restreindre. B) Garanti e de l 'égalité de j ouissance des droits et des privi­ lèges en faveur de tous les moines. C'est là qu' apparaît une nouvelle différence par rapport au traité de San Stefano. elle j ouerait automatiquement en faveur des moines d'origine russe. quel que soit leur pays d'origine. Gabriel EFFENDI NoRADOURGHIAN. En conclusion. en cas de modification défavorable prise envers les mêmes. L'art 62 du tr aité de Bedin de 1 878 2 6 . le Mont Athos appartenait à l'Empire ottoman.

l'île de Crète exceptée. Fr.. en vue d'arrêter. 1 9 1 5. 1 6 1-. 5 du traité de Londres conclu entre la Turquie et les Alliés balkaniques le l 7 /30 mai 1 9 1 3 stipulait : « Sa Maj esté l' Empereur des Ottomans et leurs Maj estés les Souverains alliés déclarent confier à Sa Maj esté l' Empereur d'Allemagne. à Sa Maj esté le Roi de Grande Bretagne et d'Irlande et des territoires britanniques au delà des mers. à M. llerea"û. 5 . Les traits principaux des propositions russes portaient sur les points suivants : a) Le Mont Athos devrait constituer un É tat indépendant et neutre. Voir le texte dans G. p. 5 du traité de Londres. à Sa Maj esté le Roi d'Italie et à Sa Maj esté l ' Empereur de toutes les Russies le soin de statuer sur le sort de toute les îles ottomanes de la mer É gée. cit. V I I I . LA P ÉRIODE TRAN SITOIRE ( 1 9 1 2. cit. qui n'y souscrivait aucun enga­ gement. Roi de Bohême et Roi Apostolique de Hongrie. vol. il j ouissait de certains privilèges consentis par l' Empire. I l l . le Président de la République française."ov.t Bap. 1 6 . ainsi que les moines des kellia russes du Mont Athos.LA C ONDI TION IN TER NA TIONA I. de sorte que sa position a influencé les décisions de cette conférence. Les traités de Berlin et de San Stefano vinrent modifier cette situation en obligeant l' Empire ottoman à maintenir et respecter le régi me privilégié du Mont Athos à l' égard de tous les moines mis sur un pied d' égalité. et de la péninsule du Mont Athos » 27• En exécution de l'art. LI. La Russie y a montré un vif intérêt en ce qui concerne la condition internationale du Mont Athos. Empereur des Indes.1 923) l. DE MARTENS. op.E D U MONT A THOS 39 1 Territoire décentralisé et non autonome. La Russie. Le 2 novembre 1 9 1 2 marque la date de la libération de la Sainte Montagne par la flotte grecque. 'A. 3 • série. op. p. ent1 e autres. Nouveau recueil général de traités et autres actes relatifs aux rapports de droit international..{Jiraov. soumis à la protection des pays ortho27. le statut de la péninsule de la Sainte Montagne. Il pouvai t donc supprimer ou restreindre ces privilèges. présentèrent à la conférence leurs rapports rel atifs au statut atho­ nite. une conférence au niveau d' ambassadeurs des Grandes Puissances a eu lieu à Londres en 1 9 1 3. p. L'art. à Sa Maj esté l'Empereur d'Autriche. .

entl e lesquels toutes les terres de la presqu'île du Mont Athos sont partagées. p . mais sans installation pour lancer des torpilles ou poser des mines. d'un calibre de 7 cm au maximum. Cependant. qui protestèrent tant devant la Conféren­ ce qu' auprès des ministres des Affaires étrangères des Grandes Puissances. 40 . p. 2 .tiques usages locaux » 29• La conférence de Londres. chacun. en base duquel leur établissement est admis. 9 0 s . M. op. 'AvTwvo:n:ovÀov. 57 .d'K1J. cit. Voir le texte dans 'AÀ. ils seront. b) Les skites slaves deviendraient des monastères 28• Ces propositious rencontrèrent l'opposition des moines athonites et du Patriarcat œcuménique. op. le gouvernement russe. METai. op. par conséquent. qui déclarait que : « Le Mont Athos aura une autonomie indépendante et neutre. A NTONOPO ULOS doxes . Il est interdit aux bâtiments de guerre de toutes les Puissances de stationner ou de s' arrêter dans les eaux de la presqu'île.. en déclarant que le Mont Athos était un territoire inséparable de la Grèce et que. puisq u'il en a été avisé à peine en novembre 1 9 1 3. sans adopter les propositions russes. p. ainsi que du fait que le gouvernement hellénique ignorait son contenu. Le nombre de ces bâtiments de service ne devra pas excéder deux .. Les communautés religieuses orthodoxes d e toutes les Puissances auront le droit d'affermer des terres pour y installer leurs moines. Voir N . restera chargé de l'administr ation selon l' usage séculaire de la Sainte Montagne. op. Kuvâ. A l'issue de la Conférence de Londres. 2 9 . '/wa'KEtfl 'l{lrJ(!hov. cil. 1 78 . Le Conseil ( Protaton ou Synaxis) . composé des vingt représentants des vingt couvents. s' est exprimée d' une façon vague. armés de canons. X. Ce Conseil disposera d'une force de police pour le maintien de l'ordre et de la sécurité publique et aura le droit d' exercer la police de ses côtes à l'aide de bâtiments légers. 887 s . profitant des termes vagues du protocole. l'· 36 s. sauf en cas de force majem e . 6 s. ... Ces nouveaux arrivants devront obtenir d'un des vingt couv ents propriétaires de toutes les terres du Mont Athos le titre et le contrat d'usage. il appartenait à celle-ci d'y exer cer sa pleine souveraineté. à l'exclusion des sous-marins. a tenté de régler le 28.. tel établissement étant du domaine exclusif de l'administration inté­ rieure et soumis aux ar. BapfliTaov. les représentants signèrent un Protocole. cit. cil.392 N. p..

que les troupes grecques seraient éloignées et qu'il serait procédé à la délimitation du Mont Athos. 2 . Les négociations com­ mencèrent à Constantinople entre les représentants diplomatiques des deux pays . nommé par le gouvernement hellénique et relevant directement du Ministère des Affaires étrangères de Grèce. l'ambassadeur russe à Constantinople posa de nouveau la question en demandant à l'ambassadeur de Grèce l'ouverture des négociations sur les problèmes athm. le gouvernement russe demandait au gouvernement hellénique de retil er les troupes grecques et de procéder en commun avec la Russie à la délimitation de la fron­ tière de la Sainte Montagne. le rapport présenté à cet effet en mai 1 9 1 4 par le représentant de la Russie de Giers à l'ambassadeur de la Grèce portait sur l�s points suivants : l . Le gouvernement hellénique assurait les Russes de ce que le principe de neutralité de la Sainte Montagne sous la protection des Puissances or thodoxes serait maintenu. Au mois de février 1 9 1 4. Le pouvoir civil serait provisoirement exercé par un com­ missaire. A la suite de cette déclaration. pendant son séj our à l'Athos. Ce fonctionnaire participerait à l' exercice du pouvoir civil au Mont Athos conj ointement avec le . 4. des droits et prérogatives que possédaient en Orient les représentan ts diplo­ matiques des Grandes Puissances. Ce dernier acceptait en août 1 9 1 3 l'appli­ cation au Mont Athos d'un régime d'autonomie. Aucune mesUl e ayant un caractère général ne pourrait être prise au Mont Athos par le Gouvernement hellénique sans le con­ sentement préalable du gouvernement russe. ainsi que la nomination d'un fonctionnaire. le gouverne­ ment russe demandait aux Grecs s'ils acceptaient de procéder à la règlementation des question des l'Athos. En novembre 1 9 1 3.LA CONDITION IN TERNA TIONA LE D U M ON T A THOS 393 problème de l' Athos par des négociations bipartites avec le gouver­ nement hellénique. Le Mont Athos devrait être placé sous la suprématie spiri­ tuelle du Patriarcat œcu ménique. qui s' établirait sous la protection des É tats orthodoxes.ites. Le gouvernement hellénique reconnaîtrait au gouvernement russe le droit de protection exercée sur les suj ets et établissements religieux russes du Mont Athos. 3. Un corps de gendarmerie serait placé sous les ordres de ce fonction­ naire. qui jouirait.

394 N. Pour les négociat ions gréco-russes voir 'A . p. 7 . Appel des j uge­ ments rendus par le tribunal de première instance au Mont Athos serait interjeté devant les tribunaux consulaires à Constantinople. 6. le tribunal du Mont Athos aurait qualité de j uge d'instruction et remettrait l 'inculpé ainsi que son dossier au tribunal consulaire de sa nationalité à Constantinople. . soient admis dans le corps de gendarmerie. Les skites russes deviendraient monastères. 5. en nombre autant que possible égal à celui des suj ets hellènes. skite. à cause du déclanchement de la première guerre mon­ diale 3 0 • 30. Le système fiscal en vigueur à l' époque au Mont Athos serait conservé à l'avenir et le montant invariable de l'impôt serait perçu au gouvernement hellénique. op. 8. pourraient toucher aux intérêts des moines et des établissements russes. Un tribunal de pl emière instance serait établi au Mont Athos par les soins du gouvernement hellénique. veillerait à ce que les suj ets 1 usses. t Buft{JÉTavv. 5 s. cit . Ce dernier ne procéderait pas à l' arrestation d'un membre appar­ tenant aux groupements sus-mentionnés ni ne pénétrerait dans son domicile sans l'assistance du dit représentan t. Il j ugerait en présence des représentants des groupements nationaux. dont il s'agissait. kellion et kalyve qu'ils habitaient. Le fonctionnaire. Les moines conserveraient la nationalité à laquelle ils appar­ tenaient avant leur entrée dans la communauté monastique et ils auraient le droit de hisser leurs pavillons nationaux sur tout monas­ tère. Les négociations entreprises par le gouvernement helléniq ue et le gouvernement russe furent interrompues quelques mois plus tard. qui de son côté suppo1 terait les b ai s nécessaires pour 1' administration de la Sainte Montagne. Chaque groupement de moines appartenant à la mêm e nationalité et composé au moins de 250 membres procéderait à l' élection d'un délégué pour le représenter auprès du Commissaire. Pour tous les délits et crimes entraînant une peine d'emprisonne­ ment dépassant deux mois. 9. . A N TONOPO ULOS Commissaire grec dans toutes les questions qui auraient un carac­ tère général et qui. d'une manière ou d' une autre. ainsi que sur leurs embarcations de différent tonnage.

X I I . Le traité signé à Athènes le 1 / 1 4 novembre 1 9 1 3 entre la Grèce et la Turquie 32 ne s'occupa pas expressément du Mont Athos. 3. p. cit . 32 . L' art. 1 3 du traité signé à Sèvres le 1 0 août 1 920 concernant la protection des minorités en Grèce stipulait que « La Grèce s'engage à reconnaître et maintenir les droits traditionnels et les libertés. le tracé suivant : la l igne frontière partira de la nouvelle fron tière bulgaro-serbe sur la crête de Bela�ièa planina. op. op. Voir le texte dans MARTENS. . Voir le texte dans MARTENS. vol . cil... parmi lesquels celui du Mont Athos. op. . . p. cil. cit. C'est pourquoi les ratifications du traité conclu à Sèvres de"V raient être déposées en même temps que les ratifications relatives au traité de paix et autres actes signés à Lausanne. 3 1 . vol . 6 l « Entre le Royaume de Grèce et le Royaume de Bulgarie. op. Voir le texte dans MARTENS. 5 du traité de paix signé à Bucarest le 28 j uillet / 1 0 août 1 9 1 3 3 1 détermina l a ligne de frontière entre l a Grèce et la Bulgarie . le Mont Athos se trouvait parmi les territoires passés sous la souveraineté de la Grèce. vol. V I I I . cit. L'art. XII. Vo ir le texte dans MARTEN S. la frontière suivra. p . Voir l e texte dans MARTENS. 664 s. p. cit. vol . p. op.. dont j ouissent les communautés monastiques non grecques du Mont Athos d' après les dispositions de l'art. 62 du traité de Berlin du 1 3 juillet 1 878 >> 34• D' autre part les articles 27 et 84 du traité de paix signé à Sèvres le 1 0 août 1 920 36 déterminèrent la frontière de la Turquie en reconnaissant en même temps la souveraineté de la Grèce sur certains territoires. 34. 93 s. . vo l . op. XII. Le traité de Neuilly-sur-Seine du 2 7 novembre 1 9 1 9 33 procéda à la d élimitation de la frontière de Bulgarie et reconnut la souveraineté de la Grèce sm certain s territoires. 36.LA CONDI TION IN TERNA TIONALE D U MONT A THOS 395 3 . Voir le texte dans MARTENS. 806. vol. XI I I . 323 s. Le Protocole signé à Lausanne le 24 j uillet 1 92 3 r elatif au traité conclu à Sèvres le lO août 1 92 0 concernant la protection des minorités en Grèce 36 disposa que les Parties contractantes es­ timent que la mise en vigueur des traités de paix et autres actes conclus au cours de la conférence de Lausanne rend n écessaire la mise en vigueur du traité conclu à Sèvres le 10 août 1 92 0 concer­ nant la protection des minorités en Grèce.. p. pour aboutir à l'em­ bouchure de la Mesta à la mer É gée >> . 33. conformément au procès-verbal arrêté par les délégués militaires respectifs et annexé au Protocole n° 9 du 25 juillet (7 août) 1 9 1 3 de la Conférence de Bucarest. parmi lesquels celui du Mont Athos. V I I I .'i. 448 .

tout de même. Le mot-clé de la phrase sus-mentionnée est « l' autonomie ».396 N. q uan t au fond. une telle expression de volonté de la part de la Grèce ou d'autres É tats n'existait pas. translative de souveraineté. La position de la Russie a j usqu' à un certain point influencé les décisions de la conférence. . cit. 1 96 1 . dans « 'HnEt(!WTt'K� 'EaTia )) . 1 03 . a rej eté les propositions russes. par conséquent. Bap{Jùaov. op. il faut se demander si l' état hellénique y exerçait la souveraineté ou s'il s' agissait simplement d'une occupation militaire. parce que l'occupation militaire n'est pas translative de souveraineté. Le traité de Londres n'a pas reconnu la souveraineté de la Grèce sur le Mont Athos. 1 . la Grèce y exerçait les pouvoirs émanant de l'occupation militaire.. E. op. la théorie 37 d'api ès laquelle la Grèce exerçait son pouvoir souverain sur le Mont Athos dès l'occupation de ce dernier par les forces armées helléniques. 625. p.. IIuoaox� iv To "Aywv "Ouoç. cil. AN TONOPO ULOS 4. un autre élément est aussi nécessaire : l'expression de la volonté de l' É tat intéressé ou d'autres É tats. 5. Mais. II . Ilanai5dwv. Pour la transformation de l'occupation militai1 e en annexion. . 1 9 1 3. IlavaytwHi"Kov. Le problème qui se pose ensuite est la précision du moment à partir duquel l'occupation militaire de la Grèce s'est transformée en annexion . p. Il faut rej eter. . qui. Kauaf3o'KV(!OV. à la lumière des dis­ positions ci-dessus mentionnées. Plus précisément. M. Il se pose donc le problème de savoir. soit unilatéralement soit par un traité interna­ tional affirmant ou reconnaissant expressément ou t acitement l' annexion (animus) . cil. Depuis la libération du Mont Athos par les forces armées hellé­ niques. dans le cas qui nous concerne. p. Constantinople. La phrase du Protocole : « Le Mont Athos aura une autonomie indépendante et neutre » exprime le désir de la conférence de satisfaire aux posi­ tions contradictoires. p. Tov 'A yiov "Oeovç TÙ ôl"Kata "Kai neovopta. L' élément de l'occupation militaire consiste j ustement dans le fait de l'exercice effectif de l'occupation (corpus) . op. 2 7 . à travers laquelle la confé1 ence a reconnu la souveraineté de la Grèce sur le Mont 37. A [ aÀavt"Kai lJtEtat'lvaetç 6v 'Ayîw "Oe et. p. La conférence de Londres s'est exprimée en termes très vagues et contradictoires. (J ' . 'A). quelle était la condition inter­ nationale de la Sainte Montagne pendant cette période transi­ toire. selon les règles de la Haye de 1 907..

l'interprétation logique nous conduit à la conclusion que le mot « indépendante ». Bap.t Bap. ce qui signi­ fiait que la Russie reconnaissait qu' à ce moment-là la souveraineté de la Grèce sur le Mont Athos était une réalité juridique. Il faut écarter.. cil. Mera�d�YJ. p. op. le gouvernement russe déclara it que. 209 s.LA CONDI TION IN TERNA TIONA LE D U MONT A THOS 397 Athos. De plus. qui y exerce sa pleine souveraineté (voir notamment la décision d'union avec la Gr èce du 30 octobre 1 9 1 3) 38• D'autre part les négociations gréco-russes nous confirment l'idée que la Russie considérait la Grèce comme ti tulaire de la souveraineté sur le Mont Athos.. cil. 37 s. il poserait des questions de principe 39• Ensuite. se rattache au mot-clé « autonomie » et se réfère au régime privilégié du Mont Athos. 'A). 38 s. pp. limitée tout de même par de nombreuses restrictions.{Jé­ -r:auv. . partie du territoire hellénique. C'est pourquoi les proj ets russes de faire du Mont Athos un état indépendant ou d'imposer des restrictions à la souveraineté de la Grèce restèrent sans lendemain. par exemple.{Jéwov. I l . 39. p. par conséquent. le même gouvernement déclarait que la Grèce ne devrait pas y maintenir la souveraineté 4 0.{Jémov. M. au mois de novembre 1 9 1 3. La conférence de Londres. Kaeaf3u�veov. op. le rapport du représentant du gouvernement russe de Giers se fondai t sur l'exercice de la souveraineté de la Grèce sur le Mont Athos. 9.. p. j ouissant de son régime privilégié et séculaire. . si la Grèce n'acceptait pas ses propositions. 'A. Ainsi.. . Les moines d'origine grecque du Mont Athos ont déclaré que le Mont Athos constitue une partie inséparable de la Grèce. Ensuite.1 0. M. 38. op. 'A. cit. Le déclanchement de la pre mière guerre mondiale et la révo­ lution communiste ont marqué la fin de l'intérêt que la Russie pm tait au Mont Athos. le sens technique du terme selon la terminologie du droit inter­ national..t Bap. le mot « neutre » se réfère également au mot « autonomie )) et signifie la neutralisation du territoire athonite. par conséquent. cit. a reconnu la souve­ raineté de la Grèce sur le Mont Athos. Le mot « indépendante » est en réalité contradictoire par rapport au mot « autonomie ». qui d'après le Protocole signé à l'issue de cette conférence. 40. p. adj ectif qualificatif.. op. même pendan t la période transitoire. Mais. op. cit. constituait un territoire auto­ nome et neutralisé.

la neutralisation et les restrictions de la souveraineté hellénique par les dispositions des traités internationaux ultérieurs à celui-ci. 5. le traité signé à Sèvres concernant la protection des minorités en Grèce et le protocole signé à Lausanne ont résolu le problème en reconnaissant incon­ testablement et défini tivement la souveraineté de la Grèce sur le Mont Athos. le traité en question devrait reconnaître et régler expressément la transmission de la souveraineté à la Grèce. ensuite. a reconnu tacitement la souveraineté helléniq ue sur le territoire en question. d'Athènes et de Neuilly-sur-Seine. déterminant la frontière de la Grèce et de la Bulgarie ainsi que les territoires ottomans soumis à la souveraineté de la Grèce.398 N. Enfin. comportait de multiples consé­ quences reconnues par le droit international. les dispositions du Protocole en question sont devenues caduques en ce qui concerne l'autonomie. 4 du traité d'Athènes de 1 9 1 3. effectuée par annexion. En conclusion. Il en est de même du Protocole signé à Lausanne. De plus. L'art. compte tenu des contestations de la Russie. La souveraineté de la Grèce sur le Mont Athos fut reconnue. parmi lesquels celui du Mont Athos. les moines athonites sont devenus nationaux grecs d' après les principes généraux du droi t international et l'art. par les traités de Bucarest. 1 3 du traité signé à Sèvres reconnaissant et garantissant le régime privilégié du Mont Athos supposait préexis­ tante la souveraineté de la Grèce sur le Mont Athos. l'occupation militaire du Mont Athos par la Grèce depuis le 2 novembt e 1 9 1 2 s'est transformée en annexion par le Protocole de Londres. . qui stipulait que « les individus domiciliés dans les territoires de l'Empire ottoman passant sous la domination de la Grèce deviendront s�j ets hellènes » . Si l'on acceptait que la Grèce continuait à y exercer ses compétences découlant de l'occupation mi litaire. C'est ainsi que le territoire athonite est devenu territoire de l' É tat hellénique. 5 du traité de Bucat est. Il en est de même des traités d'Athènes et de Neuilly­ sur-Seine. La transmission de la souveraineté de l'Empire ottoman à la Grèce. ANTONOPO ULOS Pourtant. L'art.

suivant son antique régi me privilégié. La Charte constitution­ nelle du Mont Athos. Les articles 1 09. entre lesquels est répartie toute la presqu'île de l'Athos. . sans autre formalité. Les organes législatifs. » Le Mont Athos est administré suivant son statut par ses vingt Saints Monastères. restés en vigueur après l' abrogation de la Constitution de 1 92 7 par l'Acte constitutionnel N ° 7 du 28 /29 octobre 1 935. furent incorporés dans la Constitution actuelle. Loi No 60 1 0 du 2 9 / 3 1 j anvier 1 934. . Au point de vue spirituel. LA coNDITION INTERNATIONALE ACTUELLE nu 399 M o NT An-IO s 1 .1 1 2 de la Consti tution hellénique de 1 92 7 avaient reconnu e t garanti sur l e plan constitutionnel l e régime athonite. Insistons un peu sur la disposition constitutionnelle régissant le régime du Mont Athos ainsi que sur les actes législatifs. rédigée en 1 924. l'art . administratifs et juridictionnels de l' É tat hellénique y exercent leurs attributions respectives. reproduisant textuellement les articles l 09. . Tou s ceux qui y mènent l a vie monastique acquièrent la nationalité hellénique dès qu'ils sont admi s comme novices ou moines. le Mont Athos relève de la j uridiction immédiate du Patriarcat œcuménique. dont la souveraineté sur ce territoire demeure intacte . Ces articles constitutionnels. . constitue. Actuellement. dont le sol est inaliénable. Les actes internationaux mentionnés au chapitre précédent transférèrent à la Grèce la souveraineté de l ' E mpire ottoman sur le Mont Athos. Décret législatif N ° 2623 du 1 9 /28 septembre 1 953) régissent actuellement le régime de la Sainte Montagne. L'art. le Mont Athos appartient à la Grèce. 1 03 de la Consti tution de 1 952. . Les deux textes légis­ latifs en question. fut promulguée par le Décret législatif du 1 0 / 1 6 septembre 1 926. L'administration est exercée .1 1 2 de la Constitution de 1 92 7 . de l' É tat hellénique. dont la souveraineté sm ce territoire demeure intacte >>. 1 03 de la Consti tution hellénique de 1 952 stipule : « La presqu'île de l'Athos . Décret-Loi N° 758 du 6 Juin /2 j uillet 1 937. En effet. est ainsi conçu : « La presqu'ile de l'Athos. complétés et mod i fiés ultérieurement par divers actes législatifs ( Loi N ° 47 1 6 du 1 3 / 1 8 mai 1 430. qui à partir et au delà de Megali Vigla forme le territoire du Mont Athos. une partie décentralisée de l' É tat hellénique.LA CONDI TlON IN TERNA TIONA LE DU III ONT A THOS IV. constitue . qui y exerce ainsi sa pleine souveraineté. . une parti e .

» Les pouvoirs sus-mentionnés de l' É tat sont exercés par un Gouverneur. auquel incombe en outre exclu­ sivement le maintien de l'ordre public et de la sûreté publique. L' étude approfondie de ces conséquences ainsi que du mode d' acquisition 4 1 . Athènes. Constitution hellénique. A N TONOPO ULOS par des représentants de ses Saints Monastères qui forment la Sainte Communauté. Il est absolument interdit d'apporter une modification quelconque au . sous la haute surveillance du Patriarcat œcuménique. ainsi que les préro­ gatives douanières et fiscales du Mont Athos » 41 • 2 . 1 03 de la Constitution de 1 952 dispose que « Tous ceux qui y mènent la vie monastique acquièrent la na­ tionalité hellénique dès qu'ils sont admis comme novices ou moines. avec la coopération du représentants de l' É tat. L ' art 6 de la Charte constitutionnelle du Mont Athos stipule : « Tous les moines qui habitent le Mont Athos. D' autre part l'art. » L' observation exacte des régimes du Mont Athos est placée. de même que le pouvoir j udiciaire exercé par les Autorités Conventuelles et par la Sainte Communauté. d'autre part au point de vue administratif. sont considérés comme suj ets hellènes ». d'une part au point de vue spirituel.400 N. . L' acquisition de la nationalité hellénique par les moines athonites a de multiples conséquences provenant des règles de l'ordre interne ou intern ational. >> La détermination détaillée des régimes du Mont Athos et des modalités de leur fonctionnement se fait au moyen d'une Charte constitutionnelle du Mont Athos. quel que soit leur pays d'origine. dont les droits et devoirs sont déterminés par une loi. sous la surveillance de l' É tat. non plus que dans leur ordre hiérar­ chique ou à leurs rapports avec leurs dépenda aces . La conséquence la plus marq uante est l' acqui­ sition automatique de la nationalité hellénique par les moines athonites. est investi de la compétence personnelle ainsi que de la compé­ tence ten itoriale. L' É tat hellénique.système administra tif ou au nombre des Monastères du Mont Athos. sans autre formalité » . Voir le texte en traduction française dans Institut hellénique de droit international et étranger. 1 955. l' établissement d'hétérodoxes ou de schismatiques y est interdit. et ratifiée par le Patriar<:: a t œcuménique et la Chambre des Députés des Hellènes. exerçant la souveraineté sur le Mont Athos. qui est rédigée et votée par les Saints Monastères.

Elle ne se rapproche. .. 1 7 1 s. une fois encore. 43. cit. . par conséquent. . II. de territoire neutralisé ou de territoire autonome. d e l' É tat hellénique ». 1 06 . . L'art .EvaTTJp. LI ' .uov. . cit.a 'EuxÂ. ni de la condition internationale de la Cité du Vatican. . . fleuves. qui y exerce sa pleine souve­ raineté 44• La formule de l' article 1 03 de la Constitution de 1 952 42 . de protectorat. ports et rades) du Mont Athos air.E.. 'H d:n:ovo p. Les rapports entre la Grèce et le Mont Athos émanent de l'ordre interne et non de l'ordre international. Pour l'ensemble d u problème voir N. . elle ne j ouit pas de droits que le droit intern ational reconnaît aux É tats (il n'y a pas de chef d' É tat. . d'union réelle. p. p. Pour l'ensemble du problème voir Ibid. ni le droit de protection des citoyens. '/. 'H.TJ- .ov. ni le droit d'in­ dépendance) . que le Mont Athos appartient à la Grèce.. B ' . 1 64 s. p. 'AvTwvo:n:ovÂ. . � Tijç !5txawavVTJÇ iv 'Aytw "Oen.si que son espace aérien sont considérés comme territoire de l' É tat hellénique. p. Pour écarter certaines erreurs. MH' . de terri­ toire sous mandat. 420. La condition internationale du Mont Athos ne se rapproche d' aucune forme antérieure ou contemporaine connue dans le cadre du droit international. . ni le droit de conclure des traités inter­ nationaux.ov.. elle ne dispose pas d'organes investis de pouvoir ex iure proprio. N. elle n'exerce pas de souveraineté. ni de territoire au sens du droit interna­ tional . de colonie. 66 s. dans (( 'AexEiov 'ExXÂ. op. 1 957. elle n'a pas le droit de repré­ sentation diplomatique. IIavaytwTâ-xov.LA CONDI TION INTERNA TIONA LE D U M ON T A THOS 40 1 et de perte de la nationalité hellénique nous porterait en dehors des limites du présent article 42• La partie terrestre (sol et sous-sol) . Il ne s' agit pas. 1 958. 1 2 7 s. .EoÂ. 1 03 de la Constitution de 1 952 stipule à cet égard que « La presqu'île de l'Athos . lacs. p. 1 77 . Kvewxo:n:ovÂ. rwv:n: 'fj . d' É tat fédéral. ni de celle du Patriarcat œcuménique. 1 66. II. de confédération d' É tats. d'union personnelle. notamment pp. 'EÂ. il n'y a pas de « nationalité athonite » et. elle ne possède pas de qualités d'un É tat souverain.TJataauxov il txalov. maritime et fluviale ( mer territoriale. d'état demi-souverain. C e problème aussi n e peut non plus être examiné ici 43• É tant donné que la Sainte Montagne appartient à la Grèce.1. dans « f9ép. Rapport sous Conseil d' É tat 1 093 j l 936. op. op. . en général.Â. cit. p.TJvtxàv Ll wtXTJTtXov Ll txawv.tdnTJ. 'AvTwvo:n:ovÂov. il faut signaler. 44.tç ». . IIavaytwni. en plus. une partie . il conviendrait de mieux éclaircir deux points : tout d'abord. baies. constitue . 457 . de territoire sous tutelle.

BTJfJaiov.. cette dernière pouvait y exercer sa souveraineté libremen t et sans aucun engagement. 780 . 1 77 s. fJ. . 898 s.'vaTTJfJ. dans « Bt!tJ. MH'. 266 s. op. FvwtJ. 1 952. p.ol56rTJatç. tandis que la communauté monastique athonite constitue la collectivité locale du deuxième degré. malgré les points qui rapprochent le système de décentralisation athonite du système de décentra ­ lisation généralement applicable en Grèce.tç ».'raatvo:novA. p. '/. En plus voir M.402 N. To a{Jawv wii 'Ayiov woeovç.tç. Ensuite. le Mont Athos n'est pas un territoire autonome 4 5 • L'art. . p. rijç..ov. B. TaatJ. .»..d î"awv.EV0:7lOVAOÇ». p. l. une partie décentralisée d e l' É tat hellénique. . Contra (soutenant qu' il s'agit d'un territoire autonome) X. II.. ML! '.Er. Voir la bibliographie citée ci-dessus et concernant l'exercice de la souveraineté de la Grèce sur le Mont Athos. Ll toi"TJTt"ov .o06Tr}Œtç. p. dans « Bt!tJ.'raatvo:novA. L'. ]. le système athonite présente assez de particularités.. 'Avrwvo:novA.tç ». » . 1 056. NB' .OS est très nette à cet égard (« La presqu'île de l'Athos .. note 1 . Ll evrd""'· 'H deydvwatç. FvwtJ. 1 25 s. p.. 18 s..'. AN TONOPO UJ. NB' .ov. Dans l' É tat hellénique. FvwtJ. 1 949. p. LI ' . les organes du Mont Athos sont investis du pouvoir de décision sur des affaires locales. La décen­ tralisation athonite se forme en deux degrés. 1 056 . cit . 1 1 8 s. Rapport sous Conseil d' État /309 / 1 954.ov. p. 3. 1 07 s.OVUXI"ijç. la communauté athonite j ouit d'un régime privilégi é. . . . :noA. dont l a souveraineté sur ce tet ritoire demeure intacte ») . 47.ov. que la Constitution elle-même reconnaît et garantit 4 7 • Le Mont Athos étant soumis à la souveraineté de la Grèce. l. Il faut signaler. exception faite des engagements im­ posés par le traité conclu à Sèvres.. Korau. Comme par le passé. les monastères séparément considérés constituent des collectivités locales du premier degré. p. BARTÉLEMY­ l.. dans « BétJ. cil. p.a"fi5TJç. Pour l'ensemble du problème voir N. p. JI!/. op . 45.. note 1 .. note 1 . 494-5 . dans « 'AetJ. note 1 . . l. Ll wt"TJTt"ov Ll î"awv.ov. . EE' . EE'. . Ll évl5ta.tOV(!YÎa ». op. 1 954.tç.ol56nwtç. Une république de moines. 46.. Conseil d' État 1309 / 1 954.ufnTJ. 'Avayvw­ aw:novA. cit.. A'.tÇ ». . 1 03 de la Constitution qui vient d'être cité stipule claire­ ment qu'il s' agit d'un territoire administré selon le système de décentra lisation 4 6 • En effet. Ileei OeTJa"e faç "ai e""ATJŒÎaç. Ilavaytwni.. dans «'EAATJVI"� Ll TJtJ. op.taooveov. 'HA. D ÉCARREAux. 6. p. 1 954. p. Kve w"o:novA. . 525 s. Paris.. 2 1 8. dans « Bt!tJ. cit.'oA. que."ov. dans « Bt!tJ. 1 956. 727 note 1 . 420. .h•ov.tuiaç wii 'Ayiov w 0eovç. constitue . N. . dans « Bt!tJ. 30. pourtant. 1 2 7 s. l. p. p.tÇ ». A ' . 1093/ 1936. 68 . 91 . notamment pp. 526. La Grèce ne s' engageait pas à reconnaître et à maintenir les privilèges consentis aux moines ataan"oii "ai Kavovt"oii Ll t"aiov » . TaA.U etc. Conseil d'État. pp. 65 suiv.

4. comme. a agi librement et sans aucun engagement dans le domaine de protection du régi me athonite. En revanche. a reconnu et garanti le régime privilégié de la communauté monastique. b) Les communautés monastiques doivent être considérées comme athonites. notamment par voie législative. la Grèce. qui ont rendu de multiples services à la nation hellénique et à l' É glise orthodoxe. par le traité ci-dessus mentionné. Passons maintenant aux engagements internationaux de la Grèce relativement au régi me de la communauté monastique. 1 3 du traité signé à Sèvres .LA CONDI TION IN TERNA TIONALE D U MONT A THOS 403 athonites par l ' E mpire byzantin et l ' E mpire ottoman. autrement dit situées sur le territoire du Mont Athos. Les conditions d' application de cette disposition sont les sui­ vantes : a) Les bénéficiaires sont les communautés monastiques non grecques. L'art. Si. impose certaines restrictions à l' exercice de la souveraineté sur le Mont Athos en stipulant que : « La Grèce s' engage à reconnaître et maintenir les droits tradi­ tionnels et les libertés. Il est entendu que la modification de l' étendue du territoire athonite. à l' exercice de son pouvoir souverain. l' article en question ne s' applique pas au cas des communautés monastiques com­ posées des moines d'origine grecque. par exemple. En effet. la Grèce demeure libre de sup­ primer totalement ou de restreindre les privilèges reconnus en fave ur des moines athonites. une communauté monastique était . Le régime privilégié du Mont Athos reste en vigueur au fur et à mesure que l' É tat hellénique le reconnaît. concernant la protection des minorités en Grèce. A l' exception des engagements internationaux imposés . des moines d'origine russe. à l' exception des engagements internationaux déj à mentionnés. tout de même. est sans effet au point de vue de la qualification d'une communauté monastique en tant qu' athonite ou non. dont j ouissent les communautés monastiques non grecques au Mont Athos d' après les dispositions de l' article 62 du traité de Berlin du 1 3 j uillet 1 878 » . Il s' agit d'un cas clas­ sique de protection des minor ités. pour des raisons de tradition et de reconnaissance aux moines athonites. L' É tat hellénique. autrement dit les communautés monastiques com­ posées des moines d'origine non grecque. ultérieurement à l'époque de la conclusion du traité. le l ü août 1 920. tel qu'il a été conçu à l' époque de la conclusion du traité. par conséquent.

La protection des minorités au Mont Athos consiste dans l'en­ gagement de la Grèce à reconnaître et à maintenir les droits et libertés dont j ouissent les communautés monastiques non grecques d'après l' art. car autrement il aurait la possibilité d'accorder les privilèges garantis par le traité.404 N. La solution du traité signé à Sèvres s'impose. 1 3 du traité conclu à Sèvres et l'art. restreindre ou modifier. car autre­ ment il aurait la possibilité de priver certaines communautés monastiques des privilèges reconnus et garantis ipar le traité signé à Sèvres. l' art. parce qu'il se réfère au traité de Berlin seulement quant à la détermination des droits et privilèges que la Grèce s'en­ gage à reconnaître et à maintenir et non quant aux suj ets qui j ouissent de ces privilèges. Elle ne peut pas. le traité conclu à Sèvres concerne seulement les moines d'origine non grecque. Relativement à la protection des minorités au Mont Athos. Ensuite. A N TONOPO ULOS considérée comm e athonite à l'époque de la conclusion du traité. 62 du traité de Berlin. restreindre ou modifier les dits privilèges à l' égard des moines grecs. 62 du traité de Berlin posent les principes suivants : A) La Grèce s'engage à reconnaître et à maintenir les droits . <>i une communauté monastique n'était pas considérée comme athonite à l' époque de la conclusion du traité. par conséquent. supprimer totalement. p ar conséquent. D'autre p art le traité signé à Sèvres. d'origine russe) . Celui-ci avait reconnu et garanti tant le régime privilégié que le principe de l' égalité de jouissance des dits privilèges en faveur de tous les moines. traditionnels seulement en faveur des moines d'origine non grecque (par exemple. Contrai­ rement à ce dernier. en tant qu' ultérieur à celui de Berlin. d'une façon ou d'une autre. C) La Grèce s'engage à respecter le principe de l' égalité de j ouissance des privilèges en faveur des moines d'origine non . les privilèges en question à l' égard de ces moines. supprimer. B) La Grèce ne s'engage pas à reconnaître et à maintenir les privilèges en question à l' égard des moines d'origine grecque. à d' autres communautés monastiques. le législateur ne pourrait pas la priver de cette qualité. exclusivement en faveur des communautés monastiques consi­ dérées comme athonites à cette époque. Elle peut. le législateur ne pourrait pas lui conférer cette qualité en élargissant l'étendue du territoire athonite. modifie ce dernier à ce point.

exception faite des engagements internationaux imposés à la Grèce par l'art. Si la Grèce accorde des privilèges en plus de ceux qu' elle a déj à accordés. ces pr ivilèges sont conférés automatiquement aux moines d'origine non grecque de façon que ces derniers j ouissent des mêmes privilèges que les moines d'origine grecque. Le principe de l' égalité. la modification en question j oue à l' égard de tous les moines d'origine non grecque en ce que tous les moines d'origine non grecque j ouissent des privilèges égaux. . accorder des privilèges en faveur de ce1 tains moines d' origine non grecque sans les accorder à tous ces moines. D) La Grèce ne s' engage pas. Ensuite. tout de même. tous les moines d'origine non grecque en j ouissent automatiquement. En conclusion. mais un teuitoire administré selon le système de décentralisation administrative. au point de vue du droit inter­ national. à l' exception des engagements internationaux qui ont été indiqués plus haut. qui y exerce sa pleine souveraineté. ne pas accorder aux moines d'origine grecque de privilèges a ccordés aux moines d'origine non grecque. s'impose au législateur en vertu de l'art. par conséquent. la communauté monastique j ouit de certains privilèg�s reconnus et consentis librement par l' É tat hellénique.LA CONDITION INTERNA TIONA LE D U MON T A THOS 405 g1 ecque. à l' égard de tous les moines athonites ayant la na tion alité hellénique. Ensuite. à réaliser le principe de l' égalité de j ouissance des droits et des privilèges en faveur des moines d'origine grecque. restreindre ou modifier les dits privilèges librement. En effet. le Mont Athos ne forme pas un territoire autonome. Le traité conclu à Sèvres a imposé certaines limites à l'exercice de la souveraineté de la Grèce sur le Mont Athos en vue de la protection des minorités athonites. Si la Grèce procède à la restriction ou à l'abrogation des privilèges accordés aux moines d'origine non grecque de plus dü minimum i mposé par le tr aité signé à Sèvres. Ces derniers j ouissent des privilèges accordés à une catégorie d'eux automatiquement. 3 de la Constitution de 1 952. ou restreindre ou supprimer à l' égard de ceux-ci le'! privilèges accordés à une catégorie d'entre eux ou aux moines d'origine non grecque. 5. Elle ne peut pas. par conséquent. actuellement le Mont Athos appartient à la Grèce. Elle peut. 1 3 du traité signé à Sèvres. L' É tat hellénique peut sup­ primer. si la Grèce accorde aux moines d' origine grecque des privilège� en plus de ceux dont jouissent les moines d'origine non grecque.