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LAURENT STEFANINI, REPRÉSENTANT D’ALAIN JUPPÉ À ALGER, À “LIBERTÉ” “Cesser de faire des thèmes du
LAURENT STEFANINI, REPRÉSENTANT D’ALAIN JUPPÉ À ALGER, À “LIBERTÉ”
“Cesser de faire des thèmes du FN
le centre de gravité du débat public”
P.8
D. R.

ALORS QUE DEUX CAS ONT ÉTÉ TRANSFÉRÉS À CONSTANTINE

Grippe saisonnière :

quatre morts à Tébessa P.28

LE DROIT DE SAVOIR, LE DEVOIR D’INFORMER

LIBERTE

LUTTE ANTITERRORISTE

Huit terroristes encerclés à l’ouest du pays P.28

QUOTIDIEN NATIONAL D’INFORMATION. 37, RUE LARBI BEN M’HIDI, ALGER - N° 7105 JEUDI 17 DÉCEMBRE 2015 - ALGÉRIE 20 DA - FRANCE 1,30 € - GB 1£ 20 - ISSN 1111- 4290

LES APPARITIONS DU CHEF DE L'ÉTAT À LA TÉLÉVISION N'ONT PAS CONVAINCU LES "19-4" Zohra
LES APPARITIONS DU CHEF DE
L'ÉTAT À LA TÉLÉVISION N'ONT
PAS CONVAINCU LES "19-4"
Zohra Drif-
Bitat :
"Bouteflika
doit parler"
P.3
Yahia Magha Archives/Liberté

Supplément Économie

MISE EN ŒUVRE DU PLAN ANTI-CRISE

Quand le gouver- nement cafouille

P.9 à 13

HACEN HAMAR, PRÉSIDENT DE L’ES SÉTIF

“OK pour un échange Belameiri contre Mokdad” P.23

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“OK pour un échange Belameiri contre Mokdad” P . 2 3 Publicité ANEP N°355 443 Liberté

ANEP N°355 443 Liberté du 17/12/2015

“OK pour un échange Belameiri contre Mokdad” P . 2 3 Publicité ANEP N°355 443 Liberté

AF

“OK pour un échange Belameiri contre Mokdad” P . 2 3 Publicité ANEP N°355 443 Liberté

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L’actualité en question

Jeudi 17 décembre 2015

LIBERTE

LE SÉNAT VOTE LE PROJET DE LOI DE FINANCES 2016

Le cri d’alerte des députés de l’opposition ignoré

Les intervenants ont plus tenu à répondre à l’opposition parlementaire, lui signifiant qu’ils n’allaient pas prendre en compte son “cri d’alerte” sur “les dangers du projet de loi pour le citoyen et l’économie nationale”.

C omme il fallait s’y attendre, le projet de loi de finances 2016 a été voté, hier, par les membres du Conseil de la nation. Dès l’entame des débats, lundi pas- sé, le ton était donné. Les inter-

ventions des sénateurs inscrits pour le débat ont vite annoncé la couleur : le texte de loi pas- sera comme une lettre à la poste. Ce qui s’est réellement produit. Dans leurs interventions, exception faite de celles des parlementaires du FFS et de celle de Zohra Drif-Bitat, sénatrice désignée dans le cadre du tiers présidentielle et signataire de la lettre des “19” à Bouteflika, les intervenants ont plus tenu à répondre à l’opposition parlemen- taire, lui signifiant qu’ils n’allaient pas prendre en compte son “cri d’alerte” sur “les dangers du projet de loi sur le citoyen et l’économie natio- nale”. Les intervenants ont choisi plutôt de répliquer et d’accuser les députés de l’opposition. Dans leur réquisitoire, ils ont reproché aux députés de l’opposition d’avoir engagé un “débat sté- rile”, versé “dans le populisme” et fait “dans la surenchère politique” pour s’opposer à un texte “particulier” confectionné “dans une conjoncture particulière”. Donc, contre toute

attente, le texte est validé tel qu’il a été présen- té par l’Exécutif, contrairement aux débats hou- leux que le même texte a provoqués à l’Assem- blée nationale où des scènes de révolte ont émaillé les travaux de plénière du 30 no- vembre écoulé consacré au vote des articles du projet de loi. À l’ouverture des travaux de la plénière sous la présidence d’Abdelkader Bensalah, le res- ponsable de la commission des finances du Sé- nat a tenu à rassurer “sur les bonnes intentions” des pouvoirs publics. Le même responsable s’en est pris à l’opposi- tion qui sème, selon lui, “le découragement et le doute chez les citoyens”. “Il faut lire les dis- positions contenues dans ce projet de loi dans le fond”, a-t-il justifié, soulignant que la conjoncture actuelle, marquée par la chute des prix du pétrole, “impose ces choix”. Dans la foulée, le président de la commission des finances a évoqué le taux des transferts so- ciaux comme “un gage” de l’engagement “du gouvernement à maintenir la politique socia- le” dont il ne pourra “se départir”. Reprenant la parole pour le vote, Abdelkader Bensalah a informé que le quorum était atteint avec la pré- sence de 94 membres, munis de 29 procura- tions. Lors du vote, à main levée, du projet de

loi, seul le sénateur du Front des forces socia- listes s’est opposé. Moussa Tamardataza, qui

a aussi voté pour Brahim Meziani, sénateur de

la même formation, contre le projet était le seul

à exprimer son rejet du texte présenté, contrai-

rement aux autres présents qui ont validé à l’unanimité, sans même enregistrer des absten- tions. À l’issue de la séance, Abderrahmane Benkhel- fa, ministre des Finances, a salué ce vote qui

constitue, selon lui, “un soutien à l’action du gouvernement” et “une valeur ajoutée” aux ef- forts de l’Exécutif dans sa quête de mettre sur pied “une économie diversifiée”. Maintenant que le texte est validé par les deux chambres du Parlement, il ne lui manque que la signature de Bouteflika, lui-même saisi par l’opposition parlementaire, pour qu’il soit promulgué.

MOHAMED MOULOUDJ

HAUSSE DES PRIX AVANT L’ENTRÉE EN VIGUEUR DE LA LF 2016

Benkhelfa fustige les commerçants

n À l’issue de la séance de vote du projet de loi de finances 2016, Abderrahmane Benkhelfa, ministre des Finances, a dénoncé la hausse des prix de certains produits par les commerçants avant l'entrée en vigueur de la loi de finances 2016. Ces augmentations, constatées par plusieurs citoyens, ont été relevées par des sénateurs lors de la même séance. Le ministre a fustigé les commerçants qui ont eu recours à ce procédé, soulignant qu’avec la LF 2016, le gouvernement entend lutter contre toute forme de spéculation, de fraude et de contrebande. “Les augmentations ayant touché les tarifs des carburants, de l'électricité et du gaz sont justifiées”, s’est encore défendu le ministre, précisant, en ce sens, qu'elles permettent aux entreprises nationales (Sonatrach, Sonelgaz et Naftal) de compenser les pertes induites par l’écart important entre le coût de la production et le prix de vente. M. Benkhelfa a mis en avant les mesures “incitatives” prévues par la LF 2016 en faveur des entreprises productrices.

M. M.

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les mesures “incitatives” prévues par la LF 2016 en faveur des entreprises productrices. M. M. Publicité

AF

LIBERTE

Jeudi 17 décembre 2015

L’actualité en question

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LES APPARITIONS DU CHEF DE L’ÉTAT À LA TÉLÉVISION N’ONT PAS CONVAINCU LES “19-4”

Zohra Drif-Bitat :

“Bouteflika doit parler”

N’ayant pas reçu de réponse un mois et demi après leur demande d’audience, alors que Bouteflika est montré présidant un conseil restreint autour de l’avant-projet de révision de la Constitution, Zohra Drif-Bitat et Khalida Toumi, membres des “19-4”, rappellent que “la Constitution stipule que le Président s’adresse directement à la nation et non pas à travers des intermédiaires”.

L’ apparition d’Abde- laziz Bouteflika à la télévision à trois re- prises au courant de la semaine, prési- dant des réunions

et recevant des personnalités étran- gères, ne semble pas dissiper les doutes des “19-4”, qui, plus d’un mois après avoir introduit une de- mande d’audience, n’ont toujours pas obtenu de réponse. Se refusant à croire que le Président aurait pu re- cevoir leur lettre et qu’il refuse d’y donner une suite favorable, la séna- trice et moudjahida Zohra Drif-Bi- tat, ainsi que l’ancienne ministre de la Culture Khalida Toumi, avec lesquelles nous avons longuement discuté hier à Alger, pensent que ces apparitions répétitives apportent de l’eau à leur moulin. “Puisqu’on nous le montre à la télévision, puisqu’il re- çoit des personnalités étrangères et préside des réunions, nous pouvons considérer alors que le président de la République a les capacités de recevoir des gens et les écouter. Il n’y aurait donc aucune raison pour qu’Abde-

laziz Bouteflika ne reçoive pas des ci-

toyens qui ont demandé à le voir et

qui ont des choses très graves à lui

ont-elles relevé, tour à tour.

Zohra Drif-Bitat et Khalida Toumi continuent de marteler que ces “faits graves” ne peuvent être portés qu’à la connaissance de la seule person- ne du président de la République, puisque, affirment-elles, elles ne re- connaissent que l’“ordre constitu- tionnel”. Les deux signataires de la lettre des “19-4” rappellent d’ailleurs que “seul le Président incarne l’État et la nation, à l’extérieur et à l’inté- rieur du pays”. D’où d’ailleurs, cet autre rappel qui, venant de deux per- sonnalités connues pour être proches du Président, résonne fort : “La Constitution stipule que le Président

dire

,

s’adresse directement à la nation et non pas à travers des intermédiaires.” Le propos, chargé d’allusions, se comprend comme une réponse à ceux qui ont pris sur eux de signifier une fin de non-recevoir à la de- mande d’audience des “19-4”. Zoh- ra Drif-Bitat et Khalida Toumi disent ne pas comprendre pourquoi, en plus d’avoir “accaparé la parole et les prérogatives du Président”, ces der-

DÉBAT SUR LE PROJET DE LOI DE FINANCES 2016

Zohra Drif-Bitat censurée au Sénat

L’ absence de la sénatrice, hier, au Conseil de la nation, pour la séance de vote du projet de

loi de finances 2016, a beaucoup étonné. L’ancienne moudjahida, avec qui nous avions longuement discuté hier à Alger, en présence de l’ancienne ministre de la Culture Khalida Toumi, s’explique et elle semble avoir toutes les raisons de boycotter un vote dont l’issue était vraisemblablement connue d’avan- ce. Elle a de quoi en vouloir à ses pairs du bureau du Sénat. Tout a commencé lundi matin, lorsqu’elle s’est inscrite sur la liste des interve- nants dans le débat pour la journée de mardi à 11h. Jusque-là, rien d’ex- traordinaire. Sauf que, en fin de journée, elle reçoit la visite, alors qu’elle était dans son bureau, d’un fonctionnaire du Sénat qui l’a in- formée que le débat serait écourté et qu’elle devait finalement intervenir sans tarder. “J’étais dans mon bureau lorsque vers 17h, un fonctionnaire du Sénat est venu me voir pour me de- mander d’intervenir immédiatement au motif que les débats allaient fi- nalement être clôturés ce lundi.” Elle devait donc intervenir même si elle ne s’était pas encore totalement pré- parée. Mais elle n’est pas au bout de sa surprise : “Au moment où je suis entrée dans la salle des plénières, le président du Conseil de la nation, Ab- delkader Bensalah, abandonnait la présidence des débats et quittait les

lieux. Quelqu’un d’autre l’a rempla- cé pour présider la séance. À peine ai- je commencé à lire ma déclaration que ce dernier s’est amusé à éteindre puis à rallumer mon microphone. Au bout de sept minutes, il m’a ôté la pa- role et a carrément débranché mon micro. Je me suis alors levée et j’ai continué mon intervention sans mi- crophone. Mais hélas, la presse n’était plus là pour relater ce qui s’est passé et surtout reprendre mon interven- tion. Et ce n’est pas fortuit s’ils ont choisi de me faire intervenir à 17h passées…” Le hic est que les débats n’ont pas été clôturés comme an- noncé pour Zohra Drif, mais avaient repris le lendemain mardi, dans la matinée. C’était donc une ruse, voi- re une arnaque. Zohra Drif-Bitat considère, à ce propos, qu’elle a été “victime d’une volonté inavouée de censure”. Khalida Toumi, qui a pris part à la discussion, ne pouvait se re- tenir : “Vous vous rendez compte que c’est à la compagne de Hassiba Ben- bouali qu’on a interdit la parole. Ce qu’ils ont fait à Zohra Drif-Bitat est aussi une forme de répression, voire de violence. C’est un comportement mafieux.” Ainsi, Zohra Drif-Bitat es- time avoir accompli son devoir en disant non à “un projet de loi de fi- nances antinational”. Quant au vote, elle dit l’avoir fait “publiquement de- vant le peuple et la presse, et non pas devant cette bande mafieuse”.

M. MEHENNI

niers se rendent à “des réactions d’une violence inouïe contre une simple demande d’audience”. La der- nière réaction violente en date est mise à l’actif du député du Front de libération nationale (FLN), et vice- président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Baha-Eddine Tli- ba, qui a accusé, lors d’un passage sur une chaîne de télévision privée, l’an- cienne ministre de la Culture de cor- ruption. Des attaques auxquelles Khalida Toumi répond, en s’inter- rogeant sur qui peut avoir mission- “cet immense menteur” pour “in- sulter des personnes propres et in- tègres”. Elle considère que c’est par- ce que la “bande mafieuse” qui a ac- tionné Baha-Eddine Tliba “n’a pas d’arguments politiques” qu’“elle pas- se à des tentatives, de toute manière vouées à l’échec, pour disqualifier notre démarche en harponnant sym- boliquement certaines personnali- tés”. Khalida Toumi pense aussi que “parce qu’ils sont dans des logiques mafieuses, qu’ils ne reculeront devant aucun mensonge, même le plus énor- me, pour salir, calomnier et peut-être même fabriquer des dossiers”. Ce- pendant, l’ancienne ministre de la Culture persiste et signe : “Quelles que soient leurs intentions, nous ne reculerons pas d’un pas.” Car pour elle, “des gens qui en arrivent là, c'est- à-dire à agir en bande mafieuse, c’est qu’ils déclarent au monde entier qu’il n’y a plus d’État algérien”.

MEHDI MEHENNI

Ryad Kramdi/Aarchives Liberté
Ryad Kramdi/Aarchives Liberté

Zohra Drif-Bitat est membre du groupe ayant demandé audience à Abdelaziz Bouteflika.

L’ÉDITO

PAR OMAR OUALI

Des images qui s’écoutent ?

Au-delà de son ordre du jour, cette réunion, à

laquelle avaient pris part Abdelmalek Sellal, Ahmed Ouyahia, Tayeb Louh, Ahmed Gaïd Salah, Tayeb Belaïz et Boualem Bessayeh, vaut tant par le “casting” que par les images de l’ENTV. Des images qui répondent à un objectif évident de mise en scène. Il s’agissait, en effet, de montrer à l’opinion publique que le président Bouteflika assume ses attri- butions constitutionnelles. Qu’il est en phase avec les soubresauts de la scène politique. Qu’il est surtout le chef incontesté.”

L undi dernier, le chef de l’État a présidé une réunion dont l’ordre du jour était le texte du projet de Constitution. À travers cette réunion, qui doit être suivie d’une autre aujourd’hui, les obser-

vateurs ont compris que le projet en question, après bien des ava-

tars en relation avec la guerre des clans, est aujourd’hui en phase de finalisation. Exit le général Toufik, le président Bouteflika a désormais toutes les cartes en main pour imposer son projet et balisé en tou-

te quiétude la voie de la succession. Mais au-delà de son ordre du jour,

cette réunion, à laquelle avaient pris part Abdelmalek Sellal, Ahmed Ouyahia, Tayeb Louh, Ahmed Gaïd Salah, Tayeb Belaïz et Boualem Bes- sayeh, vaut tant par le “casting” que par les images de l’ENTV. Des images qui répondent à un objectif évident de mise en scène. Il s’agis- sait, en effet, de montrer à l’opinion publique que le président Bou- teflika assume ses attributions constitutionnelles. Qu’il est en pha- se avec les soubresauts de la scène politique. Qu’il est surtout le chef incontesté. Tout le monde aura compris que le message subliminal des images de la réunion se décline comme d’abord une réponse au

groupe des “19-4” pour qui le Président serait pris en otage par un clan. La question est de savoir si ces images ont produit leur effet. Si pour les partisans du Président, à commencer par Saâdani, il n’y a désor- mais plus de place au doute quant à “l’alacrité du président”, après

la

diffusion de ces “images qui s’écoutent”, c’est loin d’être l’avis de

M

mes Bitat et Khalida Toumi, deux des signataires de la lettre du grou-

pe des “19-4”, qui ne sont pas du tout convaincues. Pour elles, le Pré- sident ne doit pas avoir recours à des artifices de la communication pour s’exprimer, mais parler directement au peuple en vertu de l’ar- ticle 70 de la Constitution. Et tout le problème, depuis le début du qua- trième mandat réside dans la nuance entre ces deux verbes. n

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L’actualité en question

Jeudi 17 décembre 2015

LIBERTE

PHILIPPE DE FONTAINE VIVE, ÉCONOMISTE ET ANCIEN VICE-PRÉSIDENT DE LA BEI

“L’Algérie peut devenir un Canada euro-africain”

Il estime que l’exemple du Canada pourrait beaucoup inspirer l’Algérie. Le Canada s’est développé parce qu’il a fait une entente commerciale majeure avec son grand voisin américain.

L e président du Cercle d'action et de réflexion autour de l'entreprise (Care), Slim Othmani, a estimé, avant-hier, lors d’un dîner-débat

organisé à l’hôtel El-Aurassi, que le pacte économique et social, signé par le patronat, l’UGTA et le gouvernement “est plus que jamais d’actualité”. Ce document, “dont le contenu a été malheureusement perdu de vue”, ré- sume, selon le Care, le sens à donner au mot “inclusion”, un thème qui a été débattu lors de cette rencontre, grandiose, qui a rassemblé 300 in- vités venant d’horizons divers, éco- nomique, académique, culturel, mé- dias, institutionnel et politique et ani- mée par deux experts de renommée mondiale : Hernando de Soto, éco- nomiste libéral péruvien connu pour ses travaux sur l'économie in- formelle, et Philippe de Fontaine Vive, économiste et ancien vice- président de la Banque européenne de l’investissement (BEI). “Nous ne pouvions pas trouver deux personnes mieux qualifiées pour nous parler

d’inclusion économique”, a indiqué Slim Othmani. Pour ce dernier, un des freins les plus puissants à la mise en œuvre des ré- formes profondes de l’économie al- gérienne est l’existence d’une po- pulation active en marge de l’éco-

D. R.
D. R.

Philippe de Fontaine Vive était avant-hier l’invité du Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care).

nomie réelle et en marge du système financier réel qui représente, selon les dernières estimations, plus de 50% du produit intérieur brut. D’un autre côté, le président du Care estime que “l’inclusion de cet- te population au sein de l’économie réelle ne peut s’accommoder d’un sys- tème financier qui tarde à se réformer et dont l’offre de financement a besoin d’instruments plus performants et plus en phase avec les exigences du monde moderne”. Il faut, peut-être, le rappeler, Care avait déjà, en 2012, tenté de sensibiliser le gouvernement

sur l’importance de se pencher sur le secteur informel. Les choses ont évolué. Entre-temps, le gouvernement a lancé le pro- gramme de mise en conformité fis- cale, pour drainer l’argent de l’in- formel dans le circuit bancaire. Mais pour Hernando de Soto, l’économie informelle doit être regardée comme un tout. À partir de l'histoire des États-Unis, Hernando de Soto montre que le dé- veloppement économique ne peut se produire que lorsque le système ju- ridique formel trouve les moyens

d'intégrer toutes ces normes infor- melles, insistant sur le droit de pro- priété. Philippe de Fontaine Vive se dit étonné, en lisant les commen- taires de la presse sur la loi de fi- nances, que le raisonnement soit na- tional au lieu d’être international, re- levant l’urgence d’une intégration de l’Algérie à l’économie internationa- le. Les deux points forts de l’Algérie, que sont les hydrocarbures et la dé- mographie, sont mis en cause “gra- vement” aujourd’hui. “Il ne faut pas être obnubilé par le marché domes- tique”, indique l’économiste. Phi-

lippe de Fontaine Vive estime que l’exemple du Canada pourrait beau- coup inspirer l’Algérie. Le Canada s’est développé parce

qu’il a fait une entente commercia-

le majeure avec son grand voisin

américain. “L’Algérie peut devenir un Canada euro-africain”, a-t-il suggé- ré. “Il est urgent de prendre cette pla-

ce sinon d’autres risquent de le faire”, a averti Philippe de Fontaine Vive. L’économiste a proposé trois pistes d’action, en matière d’inclusion fi- nancière. Premièrement, il propose de s’investir dans le microcrédit. La deuxième piste d’action concer- nant les banques.

Le secteur bancaire algérien est un de

ceux qui a la marge d’intérêt la plus importante de la région. “Il n’y a pas assez de concurrence. Il n’y a pas de nouveaux entrants. Il n’y a pas assez d’incitation à prendre des risques sur les petites et moyennes entreprises”,

a déduit l’économiste soulignant

l’urgence d’une réforme bancaire. La troisième piste concerne le fi- nancement de grands projets par le marché à travers des financements structurés. “Vous avez une bonne image. Il faut l’utiliser maintenant pour investir dans des chantiers qui vont permettre la création d’em- plois dans le secteur privé”, suggère l’économiste.

MEZIANE RABHI

IL A PRÉSIDÉ HIER LA RÉUNION DU BUREAU EXÉCUTIF DU FCE

Ali Haddad : “Nous ne faisons pas de politique”

“E ux, ils parlent, nous, nous travaillons.” Le président du Forum des chefs d’entreprise, Ali Haddad, n’a pas

voulu s’attarder sur les critiques de “certaines parties” adressées contre l’association patro- nale. “Il faut respecter tout l’environnement”,

a lancé M. Haddad à l’ouverture de la réunion du bureau exécutif, élargie, organisée hier, à l’hôtel El-Aurassi, à Alger. “L’urgence absolue, aujourd’hui, est que tous les Algériens se met- tent à réfléchir ensemble à leur devenir com- mun, pour trouver les solutions à leurs pro- blèmes et travailler ensemble pour mettre en œuvre ces solutions et nous engager ensemble dans l’entreprise immense de renouveau éco-

nomique national”, a estimé le président du FCE, soulignant la situation économique in- quiétante de l’Algérie. “C’est maintenant que notre pays a le plus grand besoin de sagesse, de toutes ses forces vives, de consensus, de cohésion, de stabilité, de paix et de travail, rien que de travail !”, a-t-il ajouté. Ali Haddad a répété que le FCE “ne fait pas de politique”, même s’il échafaude des politiques de développement économique. “C’est notre rôle et notre devoir de travailler à combler l’absence d’une véritable culture éco- nomique dans notre pays, une absence qui, hé- las, est remplacée par un discours idéologique où prédominent, chez certains, l’invective et la

suspicion”, estime le président du FCE. “Nous devons lutter de toutes nos forces contre la pro- pagation de la crainte et du désespoir véhicu- lés dans les discours tendancieux qui inhibent l’esprit d’initiative, stérilisent le débat construc- tif et contrarient l’émergence d’un véritable consensus national autour de grands chantiers”, a-t-il lancé. Pour Ali Haddad, le FCE est dans le vrai. “Quelles que soient les critiques que certaines parties nous adressent, notre position est jus- te, nous avons la conviction inébranlable”, sou- tient-il, affirmant que le FCE est, aujour- d’hui, le principal acteur économique sur la scène nationale. Le président du FCE obser-

ve avec une grande satisfaction que “le message du Forum et ses propositions sont adoptés, non seulement par d’autres organisations écono- miques et certaines opinions politiques averties, mais aussi les autorités économiques elles- mêmes”. Il évoque “la disponibilité affichée des pouvoirs publics” qui conforte l’organisation patronale que ses propositions ne sont pas ignorées et qu’elle est écoutée. Le FCE nourrit l’espoir que cette évolution por- tera ses fruits et que les politiques qu’il pré- conise finiront par s’imposer. “Nous refusons le statu quo”, souligne M. Haddad, plaidant pour l’accélération du rythme des réformes.

M. R.

ACCOMPAGNEMENT DES BANQUES AU PROFIT DES ENTREPRISES

“Faire du dinar une simple marchandise”

L e rôle de la banque dans une économie donnée, sa fonction d’intermédiation, le système

bancaire qui se définit à partir d’une idéologie de politique économique, ont été les thèmes abordés, hier matin, dans une rencontre à la Chambre de commerce et d’indus- trie de l’Oranie (CCIO). La rencontre qui s’inscrit dans un cycle de formation destiné aux chefs d’entreprise, a pris la forme d’une conférence donnée par l’universitaire et économiste Chouame, de l’uni- versité d’Oran. Alors que le SG de l’Abef a annulé sa venue à Oran, l’orateur a réagi à nombre de choix

en débats ces derniers mois. Il a ain- si présenté un historique sur “la construction du système bancaire en Algérie” partant de Boumediene pour arriver aux réformes de Ham- rouche en 1988, et réagissant à la der- nière sortie d’un autre ministre et économiste, A. Temmar. Et d’estimer que “la privatisation des banques publiques n’est pas la solu- tion pour résoudre la question de la relance économique, ce n’est pas le statut de la banque qui va régler cet- te question”. M. Chouame a ajouté que dans les banques, l’on fonc- tionne encore avec la mentalité “so- cialiste”.

Face à des gérants de sociétés qui se plaignent de la frilosité des banques pour accorder des crédits, le pro- fesseur explique qu’aujourd’hui, la banque doit surtout offrir du savoir- faire quant à l’intermédiation, l’un de ses rôles, qui reste faible, recon- naît-il, avant d’expliquer que “les banques ont peur de prendre des risques”. Lors du débat, des chefs d’entrepri- se ont dénoncé la contrainte de se tourner vers le marché informel de la devise pour trouver des finance- ments et assurer leurs approvision- nements en matières premières ou équipements. La question de la

convertibilité du dinar a été ainsi abordée avec les participants qui ont trouvé en l’orateur une prise de position en accord avec leurs re- vendications sur la nécessité de la convertibilité du dinar ou simple- ment “donner un statut de mar- chandise au dinar”, dira l’écono- miste. Interrogé en marge de la conférence sur l’impact du crédit à la consommation, l’universitaire es- timera que c’est un mauvais choix et qu’il ne produira pas l’effet es- compté. “Cela durera quelques mois, les ménages achèteront des biens, mais très rapidement cela retombe- ra”, dit-il.

En revanche, il est partisan de l’ap- plication des prix réels, augmenta- tion des tarifs de l’énergie, des car- burants, l’arrêt de certaines sub- ventions allant même jusqu’à sou- haiter devant l’étonnement des pré- sents “que la crise perdure et que les prix du pétrole restent à la baisse, peut-être qu’ainsi, on comprendra la réalité de l’économie” et d’affirmer qu’un retour aux réformes de Ham- rouche, “qu’on a abandonnées sciem- ment, est la seule solution aujour- d’hui”.

D. LOUKIL

LIBERTE Jeudi 17 décembre 2015

LE

RADAR

DE LIBERTÉ

DE LIBERTÉ

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IL DEVRAIT Y INAUGURER LA NOUVELLE AÉROGARE ET L’HÔTEL SHERATON

Abdelmalek Sellal à Annaba

AÉROGARE ET L’HÔTEL SHERATON Abdelmalek Sellal à Annaba n D’après une source généralement bien infor- mée,

n D’après une source généralement bien infor- mée, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, de- vrait se rendre la semai- ne prochaine à Annaba pour inaugurer la nou- velle aérogare et le nouvel hôtel 5 étoiles de la chaî- ne internationale Shera- ton. Selon notre source, il n’est pas exclu que Sellal se rende également à l’is- sue de sa visite au com- plexe sidérurgique d’El- Hadjar où les travailleurs d’ArcelorMittal sont in- quiets quant à la pour- suite du plan d’investis- sement fixé pour leur en- treprise à un milliard de dollars.

PRIME DE DÉPART DANS LES ENTREPRISES PUBLIQUES

Interrogations angoissantes chez les travailleurs

PUBLIQUES Interrogations angoissantes chez les travailleurs n La prime de départ dont bénéficient les travailleurs

n La prime de départ dont bénéficient les travailleurs des entreprises publiques au mo- ment de prendre leur retraite est-elle remise en cause, à cause de la crise qui affecte les trésoreries ? Il n’y a rien d’officiel, mais des spéculations laissent entendre que cette pri- me serait tout simplement supprimée à par- tir de janvier 2016. C’est probablement la

raison pour laquelle beaucoup de tra- vailleurs ont décidé de faire valoir leur droit à la retraite, même proportionnelle, avant la fin de l’année en cours, juste pour ne pas perdre le bénéfice de ce pactole sur lequel beaucoup de travailleurs réalisent leur pro- jets une fois à la retraite.

UNE RÉSOLUTION DU CPE DU GROUPE LES Y OBLIGE

Retraite obligatoire pour les P-DG des filiales d’Imetal âgés de 60 ans

pour les P-DG des filiales d’Imetal âgés de 60 ans n Les présidents-directeurs généraux des filiales

n Les présidents-directeurs généraux des filiales ratta- chées au groupe public In- dustries métallurgiques et sidérurgiques (Imetal), âgés de plus de 60 ans, seront mis d’office à la retraite avant

le 31 décembre prochain, conformément à une réso- lution du comité de partici- pation de l’État (CPE) du groupe. Une résolution qui stipule la mise en place du nouvel organigramme et la

mise à la retraite avant la fin de l’année des P-DG ayant atteint l’âge légal. Du coup, nombre de P-DG concer- nés manœuvrent pour rendre caduque la résolu- tion, du moins à y échapper.

ELLE A SALUÉ LEUR MANIÈRE D’EXPRIMER LEUR OPPOSITION AU PLF

L’hommage de Zahia Benarous aux sénateurs du FFS

AU PLF L’hommage de Zahia Benarous aux sénateurs du FFS n Interrogée par des journalistes à

n Interrogée par des journalistes à l’issue de la séance de vote du projet de loi de finances 2016 au Conseil de la nation, Zahia Benarous, sénatrice du tiers présidentiel, a rendu un vibrant hommage aux deux sénateurs du FFS, MM. Moussa Tamardataza et Brahim Meziani, lesquels, selon

la

sénatrice, malgré leur

opposition au PLF 2016, “ont exprimé leur opinion d’une manière civilisée, étudiée et surtout démocratique”.

M

me Benarous, qui a

claqué la porte du parti Taj d’Amar Ghoul depuis plus d’une année, a fait part “de son grand respect à ce parti” fondé par “un grand monsieur, Dda Lhocine”, a-t-elle ajouté.

LA COMÉDIENNE CHAFIA BOUDRAÂ Y SERA HONORÉE

Hommage à “Lalla Aaïni” à Constantine

SERA HONORÉE Hommage à “Lalla Aaïni” à Constantine n En marge de la tenue des Journées

n En marge de la tenue des Journées du film arabe primé qui se dérouleront du 18 au 23 décembre à Constantine, la co- médienne Chafia Boudraâ, plus connue sous le sobriquet de “Lalla Aaïni”, un personnage qu’elle a incarné avec éclat à la télévision, sera honorée. Native de la ville des Ponts, le 22 avril 1930, cet hommage rendu à la grande actrice revêtira, ainsi, une signification particulière.

SYNDICAT DES COMMERÇANTS

Hadj Tahar Boulanouar à la tête d’une nouvelle organisation

n Après avoir démis-

sionné de l’UGCAA, dont il présidait l’une des ailes, Hadj Tahar Boulanouar vient de re- bondir à la tête d’une

nouvelle organisation appelée Association na- tionale des commer- çants et artisans (Anca). Cette association, qui est le fruit d’une série de

tractations et de ren- contres, compte en son sein 29 membres fon- dateurs représentant dif- férentes activités à tra- vers le pays. Un bureau exécutif de 15 membres a été élu, lequel a désigné à son tour Hadj Tahar Boulanouar en qualité de président, accompagné de quatre membres représentant les quatre régions du pays (Nord, Sud, Est, Ouest).

les quatre régions du pays (Nord, Sud, Est, Ouest). ARRÊT SUR IMAGE Photo signée M. Mabrouk

ARRÊT SUR IMAGE

Photo signée M. Mabrouk
Photo signée M. Mabrouk

À Oued-Romane (El-Achour), un danger imminent guette les passants.

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L’actualité en question

Jeudi 17 décembre 2015

LIBERTE

RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2015

L’Algérie en progression

Le dernier rapport du développement humain publié, le 14 décembre dernier, par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), a classé l’Algérie à la 83 e place sur les 155 pays ciblés, avant la Libye (94 e place) et la Tunisie (96 e place) et gagne 10 places en une année.

L es trois pays maghrébins sont pla- cés dans la catégorie du “dévelop- pement humain élevé”, avec un in- dice de développement humain (IDH) évaluant “le bien-être hu- main dans une perspective globa-

le, au-delà du seul revenu”, respectif de 0,736 (Algérie), 0,724 (Libye) et 0,721 (Tuni- sie). Alors que le Maroc (126 e place, IDH :

0,628) et le Mali (179 e place, IDH : 0,419) sont situés dans la catégorie du “développement hu- main moyen”, pour le premier, et celle du “dé- veloppement humain faible”, pour le second. Le rapport 2015 du développement humain, réalisé par le bureau du Rapport sur le déve- loppement humain (BRDH) du Pnud, révè- le également, pour ce qui est de l’indice d’in- égalité de genre (IIG), qu’il s’élève à 0,413 pour l’Algérie, 0,134 pour la Libye, 0,240 pour la Tu- nisie, 0,525 pour le Maroc et 0,677 pour le Mali. S’exprimant sur les réseaux sociaux (facebook), Nourredine Bouderba, expert en affaires so- ciales et ancien membre fédéral de l’UGTA, remarque qu’entre 2013 et 2015, “l’Algérie a gagné 10 places au classement”, passant de la 93 e place à la 83 e place. Concernant l’indice de développement de genre (IDG), il relève que cet indice qui mesure le déficit de progrès

Yahia Magha/Liberté
Yahia Magha/Liberté

(dans 3 dimensions du développement hu- main : santé reproductive, autonomisation et marché du travail) émanant des inégalités entre la femme et l'homme, “s'est lui aussi amélio- ré”, passant ainsi de 0,843 en 2013 à 0,837 en 2015. M. Bouderba tient à rappeler qu’en 2013, “l’Algérie avait perdu 5 places au classement par

L’Algérie a gagné 10 places au classement en deux ans.

rapport à 2008”, année où notre pays était pla- cé à la 88 e place. Mais, il n’en demeure pas moins que les résul- tats obtenus par l’Algérie sont, à ses yeux, fort prometteurs, puisque “de l’année 2008 à 2014, le classement de l'Algérie est passé de la 88 e pla- ce à la 83 e place”. Le dernier rapport du déve-

loppement humain, consacré cette année au “travail au service du développement humain” insiste sur la notion du “travail” qui comprend l’emploi, auquel sont ajoutés “le travail de soins non rémunéré, le travail bénévole et le travail créatif”. Par ailleurs, le document signale que le travail, qualifié de “moyen de gagner sa vie et de garan- tir sa sécurité économique”, est indispensable à “la croissance économique équitable, à la ré- duction de la pauvreté et à l’égalité des sexes”. Et, “lorsqu’il consiste à s’occuper des autres” et à servir l’intérêt public, le travail développe “la cohésion sociale” et renforce “les liens familiaux et communautaires”. Comme il peut jouer éga- lement “un rôle de consolidateur des sociétés”. Notons enfin que le rapport 2015 sur le déve- loppement humain annonce la révision de “la notion et (des) mesures du développement humain”, dès l’année 2016. “Dans ce monde changé et changeant, avec un nouveau pro- gramme pour le développement et de nouveaux objectifs de développement, la révision de la no- tion et des mesures du développement humain, vieilles de 25 ans, est indispensable. Le Rapport sur le développement humain de l’année pro- chaine, le 25 e de la série, sera consacré à ce su- jet”, est-il souligné.

HAFIDA AMEYAR

MÉDICAMENTS

357 produits fabriqués en Algérie interdits à l’importation

n Un arrêté ministériel publié au Journal officiel n°62 a fixé la liste des produits pharmaceutiques à usage humain et matériels médicaux fabriqués en Algérie qui sont interdits à l’importation. Il s’agit de 357 médicaments composés de comprimés, crèmes et pommades dermiques, solutions injectables, suppositoires, pommades ophtalmiques et de sirop, indique ce texte signé par le ministre de

la Santé.

une liste de 11 matériels médicaux fabriqués localement et qui sont aussi interdits à l’importation, telles les seringues, compresses et bandes de gaze et la bicarbonate de soude pour dialyse. Dans ce cadre, cet arrêté ministériel note avoir pris toutes les mesures nécessaires en vue de la satisfaction des besoins du marché national en produits pharmaceutiques figurant sur la liste des produits interdits à l'importation. À rappeler que la facture des importations des médicaments à usage humain a augmenté à 2,41 milliards de dollars en 2014, contre 2,19 milliards de dollars en 2013.

APS

S'ajoute également

AIR ALGÉRIE RENFORCE SA FLOTTE

Acquisition d’un nouveau Boeing 737-800

L compagnie aérienne nationale Air Algé-

rie a réceptionné, hier, un Boeing 737-800,

a

le

deuxième que la compagnie a acquis sur

une commande totale de 10 avions d’une capa- cité de 148 sièges, dont 16 pour la première clas- se. “Air Algérie a un programme de renforcement de sa flotte. Un renforcement dicté par une crois- sance de plus de 10% par an, laquelle nous obli-

ge évidemment à augmenter nos capacités”, a dé- claré Sofiane Bouchouchi, directeur de la main- tenance à Air Algérie. Le nouvel appareil acquis par la compagnie fait partie du programme de renouvellement de la flotte d’Air Algérie qui ambitionne d’acquérir 16 nouveaux avions d’ici à fin 2016. L’entreprise attend encore 6 Boeing 737-800 de 148 places et 2 cargos, soit un total de 8 avions

qui seront réceptionnés entre avril et décembre 2016. Deux 737-700C (112 places, convertibles en avions-cargos) s’y ajouteront en mai et sep- tembre de l’année prochaine. Enfin, Air Algérie attend de réceptionner le mois de juin prochain deux ATR 72-600 de 66 places, après un premier exemplaire reçu en décembre 2014. À la fin de cette opération, l’entreprise entame- ra une seconde phase de développement pour l’horizon 2020-2025 où il sera question de nou- veaux types d’avions, à savoir des appareils moins consommateurs de carburant, et donc moins pollueurs. D’ici à la fin 2016, l’entreprise comptera une flot- te riche de 59 avions et ambitionne d’étoffer sa flotte pour attendre les 100 appareils pour 2025.

“Avec le renforcement de notre flotte, nous devons tout revoir en matière d’organisation pour que la question des retards se pose moins. En ce sens que le programme de modernisation de l’entreprise lan- cé, consistant en la formation supplémentaire des pilotes et des PNC, ainsi que l’augmentation de la capacité des mécaniciens, induira une améliora- tion en ponctualité”, a ajouté M. Bouchouchi. Concernant les avions qui ont 25 ans d’âge et dont Air Algérie cherche à se défaire, le conférencier a fait savoir que “l’entreprise a décidé de les gar- der en fonction pour les vendre de préférence en vol. Les 3 appareils que nous voulons vendre volent en- core, mais la raison qui nous a poussés à les céder est le fait que nous voulons une flotte homogène”.

D. S.

PROTECTION DES SITES DE SONATRACH

Exercice de simulation d’un incident au terminal de Béjaïa

S onatrach a choisi le parc de stockage nord du terminal ma- rin de Béjaïa pour organiser un

exercice de simulation d'un incident technique. L’exercice s’est déroulé hier matin en présence des services de la Protection civile, des éléments des services de sécurité et de la santé. Il a consisté

en la simulation d’un incendie qui s’est déclaré dans le parc de stocka- ge avec un bilan de 21 blessés. Outre les services de sécurité qui se sont attelés à l’organisation de la cir- culation, les éléments de la Protec- tion civile et ceux de la santé ont eu à effectuer des interventions pour les urgences et les premiers secours

médicaux. Selon la cellule de com- munication de Sonatrach, l’objectif visé à travers cet exercice est “d’amé- liorer les capacités d’action des struc- tures de l’entreprise pour faire face aux accidents technologiques et d'as- surer la bonne coordination avec les différents acteurs intervenant dans de telles situations”. “Le déclenchement

des opérations d’intervention d'urgen- ce et de secours médicaux permettra de renforcer la protection des sites de Sonatrach et le développement de leurs capacités de réaction face aux situations d'urgence et de crise”, a- t-on indiqué.

H. KABIR

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SPR

LIBERTE

Jeudi 17 décembre 2015

L’actualité en question

7

CE SONT DES ZONES AGRICOLES QUI NE DISPOSENT PLUS DE RECETTES FISCALES

958 communes classées “pauvres”

La réduction de 2% à 1% (sur le chiffre d’affaires des entreprises) de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) engendrera un “énorme manque à gagner pour ces municipalités”.

L e ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales (Micl) a re- censé quelque 958 communes “pauvres” sur les 1 541 existantes en Algérie. Ce sont essentiellement des localités à vocation agricole qui

ne disposent pas de recettes fiscales. Toute ac- tivité liée au secteur de l’agriculture étant dé- fiscalisée, tel que l’exige la réglementation en vigueur, ces régions rurales se retrouvent dé- pourvues de ressources financières. Elles font face, de ce fait, à des problèmes de précarité et de déchéance. Le travail de la terre, spécialité des populations qui occupent ces terreaux, reste, en principe, un domaine rentable qui devrait enrichir ces communes, ainsi que leurs habitants. Le qua- lificatif “pauvres”, par conséquent, ne devrait pas leur être attribué. Elles peuvent s’autofi- nancer aisément à travers l’exploitation des di- verses potentialités que recèlent ces terri- toires. Mieux, ces espaces ruraux bénéficient de la solidarité financière des communes riches suivant un dispositif déjà opérationnel. “Elles ne sont pas pauvres d’autant plus que leur vocation est purement agricole. Cependant, elles ne vivent pas des revenus fiscaux”, tient à pré- ciser Azzedine Kerri, directeur de la fiscalité locale au ministère de l’Intérieur. Le classement qu’il a présenté hier lors d’un séminaire sur la

fiscalité locale, organisé en collaboration avec le P3A, indique que 62% des communes sont pauvres, 31% restent moyennement riches, c'est-à-dire qu’elles peuvent prendre en char-

D. R.
D. R.

ge leurs dépenses obligatoires, alors que 7%, soit 103 municipalités, sont considérées com- me étant excessivement riches. Une épineu- se problématique vient, par ailleurs, compli- quer davantage la situation financière des com- munes. Il s’agit de la réduction de 2% à 1% (sur le chiffre d’affaires des entreprises) de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP). La TAP est qualifiée de poule aux œufs d’or des col- lectivités locales puisqu’elle représente près de 60% de leurs recettes fiscales. L’on imagine l’énorme manque à gagner auquel seront

irme l’un d’entre eux. Il fau

confrontées ces localités. D’où, la décision de

réorienter l’assiette fiscale vers l’impôt sur le foncier et le patrimoine qui doit passer, affir- me M. Kerri, de 5% actuellement à 25% dès

2016.

103 communes excessivement riches !

Le diagnostic établi par ce directeur fait res- sortir une “inadéquation” entre les charges et les moyens des collectivités locales. Il existe, certes, une multitude d’impôts et taxes, soit 25 impositions au total, mais le rendement de-

COLLUSIONS EN MATIÈRE DE MARCHÉS PUBLICS

meure faible, relève-t-il. Outre un taux insi- gnifiant, estimé à 5% de l’encadrement en res- sources humaines, soit une moyenne de 9 fonctionnaires/1 000 habitants, M. Kerri évoque un endettement récurrent et cumula- tif des mairies. Ce sont des engagements fi- nanciers sans imputation budgétaires puisque l’État décide, in fine, d’assainir ces situations. Conséquence : aucune commune déficitaire n’est à signaler, si on s’en tient aux déclarations de ce responsable. Il n’a jamais été question de crédits bancaires car les communes expriment souvent une appréhension pour l’emprunt. Les banques aussi affichent clairement leur réti- cence à l’idée de prêter de l’argent aux col- lectivités locales. Cette méfiance partagée a eu pour conséquence une baisse significative du nombre de projets d’investissements dans ces communes. “Il faut impérativement réac- tiver les sous-sections d’investissement écono- miques au sein des APC”, suggère, à ce propos, Azzedine Kerri, qui veut affecter à celles-ci (les APC) un rôle économique. La nouvelle conjoncture que traverse le pays met la tutel- le, souligne-t-il, dans l’obligation de réinstaurer le contrôle préalable des dépenses engagées par les communes et d’instituer un nouveau cadre budgétaire. Il propose encore une intercom- munalité fondée sur une mutualisation des moyens pour la réalisation d’un projet com- mun à deux municipalités, afin de réduire, un tant soit peu, les inégalités constatées entre les collectivités locales.

B. K.

L’art de lever des lièvres…

L e Conseil de la concurrence, nouvelle- ment réactivé après des années de lé- thargie, a organisé, hier, à la résidence

d’État Djenane El-Mithak, une journée d’étu- de sur les “collusions en matière de marchés pu- blics”. Des cadres supérieurs et des universi- taires ont inculqué à des fonctionnaires de ser- vices contractant des marchés publics l’art de “lever des lièvres”. En tout cas, quelques-uns de ces indices leur permettant de détecter d’éventuelles ententes secrètes entre fournisseurs se partageant un marché donné. Le but étant d’optimiser l’uti- lisation des deniers publics, le Conseil de la

concurrence voulait sensibiliser les fonction- naires et l’opinion publique en général, selon son président Amara Zitouni, un magistrat re- traité de la Cour des comptes, contre des pra- tiques anticoncurrentielles de nature à géné- rer des coûts supplémentaires au profit des fournisseurs et au détriment des contri- buables. Dans son intervention intitulée “Approche éco- nomique de la relation entre les marchés pu- blics et droit de la concurrence”, Djilali Slimani, membre permanent du Conseil de la concur- rence, a parcouru la réglementation des mar- chés publics en Algérie, insistant sur la né-

cessité de doter l’opérateur public d’outils ré- férentiels qui facilitent la comparaison des prix pratiqués par les soumissionnaires par rapport à ceux pratiqués sur le marché afin de lutter contre la prédation. Omar Laadjel, sous-di- recteur de la réglementation de la division des marchés publics au ministère des Finances, lui, s’est félicité de l’évolution des lois relatives aux marchés publics condamnant, désormais, ces pratiques frauduleuses. Quant à Jacques Tal- lineau, spécialiste en commerce et intégration économique du Programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association avec l’Union européenne (P3A), il a indiqué que

même si les indices de collision entre four- nisseurs sont difficilement détectables à cau- se de la nature secrète des ententes et ne consti- tuent pas des preuves irréfragables, cela aiderait au moins les contractants à prévenir contre les abus. Et d’énumérer quelques indices récur- rents : “Soumissions non conformes ou com- portant des conditions inacceptables pour l’acheteur public, l’abstention de soumission de la part d’opérateurs ayant les capacités et l’habitude de fournir des services au service contractant, ainsi que les rotations de sou- mission entre opérateurs du même secteur.”

L. H.

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AF

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Entretien

Jeudi 17 décembre 2015

LIBERTE

LAURENT STEFANINI, REPRÉSENTANT D’ALAIN JUPPÉ À ALGER, À “LIBERTÉ”

“Cesser de faire des thèmes du FN le centre de gravité du débat public”

Laurent Stefanini est, depuis deux semaines, le représentant d’Alain Juppé à Alger pour l’élection primaire de la présidentielle française de 2017. De retour de Paris depuis trois jours, il analyse ici les résultats des élections régionales en France, notamment la percée historique du Front national due, selon lui, à “un profond rejet” de la gouvernance du PS. Il relève, toutefois, que “les Républicains n’en bénéficient pas vraiment”. Entretien.

Liberté : Question inévitable pour com- mencer cet entretien : comment peut-on analyser, selon vous, les résultats des élec- tions régionales en France, en n’oubliant pas ceux du premier tour ? Laurent Stefanini : Je pense que vous avez raison de souligner qu’il ne faut absolument pas négliger les en-

du

premier tour. Certes, au final, l’extrême droite ne présidera aucune

région et je m’en félicite. Mais le premier tour

a témoigné d’un profond rejet de l’actuel

pouvoir sans que les Républicains en béné- ficient vraiment. Nous devons, désormais, nous atteler à construire une alternative cré- dible. Ce n’est pas encore le cas.

Réalisé par :

SAÏD CHEKRI

seignements

Les votes favorables au FN sont portés, au moins pour une part non négligeable,

par les jeunes. On peut penser alors que cet-

te

ascension électorale de l’extrême droi-

te

n’est pas soutenue seulement par des

considérations conjoncturelles, qu’elles soient d’ordre sécuritaire ou socioécono- mique. Cette percée n’est-elle pas l’effet d’une lame de fond qui serait en train de travailler la France, voire l’Europe ? Une nouvelle France, beaucoup moins atta- chée à ses valeurs fondatrices, ne serait-elle pas en train de voir le jour sous nos yeux ? Une grande partie de la jeunesse française

est désorientée. La difficulté à entrer sur le marché du travail est patente. Un jeune sur quatre est au chômage. Je ne crois pas que

la jeunesse française renonce aux idéaux qui

ont fait la grandeur de la France. Mais elle

a le sentiment d’une impuissance publique

et peut être sensible à des discours simplistes.

François Hollande avait annoncé que re- donner espoir à la jeunesse française serait l’une de ses priorités. Aujourd’hui, objecti- vement, c’est un échec.

Entre les deux tours, Nicolas Sarkozy, contrairement au Parti socialiste, avait re- fusé, à la fois, le retrait des listes des Ré- publicains arrivées en 3 e position et la fu- sion de ces dernières avec celles du PS pour faire barrage aux candidats du FN. On en

a vu les premières conséquences, sous

forme de premières fissures chez les Ré- publicains, immédiatement après l’an- nonce des résultats du second tour. Que vous inspire l’exclusion annoncée de NKM du bureau politique des Républi- cains ? Signifie-t-elle que M. Sarkozy cherche à mettre de la cohérence au sein de votre parti ou trahit-elle quelque volonté de mainmise sur celui-ci en prévision des primaires ? NKM n’a pas été exclue du bureau politique mais elle quitte sa fonction de n°2 du parti. Je déplore tout ce qui peut donner le senti- ment que le débat est impossible ou même dangereux au sein des Républicains. La vo- cation d’un parti politique est de rassembler et non de se replier sur son noyau dur.

M. Stefanini, vous êtes le représentant d’Alain Juppé à Alger pour les élections pri- maires de la droite et du centre pour la pré- sidentielle de 2017. Vous savez sans doute les appréhensions que suscite la progres- sion des scores du FN chez beaucoup de Français, mais surtout chez les Algériens de France et, au-delà, de tous les étrangers établis dans votre pays. Hormis la formu- le des arrangements strictement électo- raux, convenus dans l’urgence entre deux tours, et dont on ne sait pas s’ils seront tou- jours productifs, que propose le candidat que vous représentez pour renforcer la ré- silience de la France face à la montée de l’extrême droite, la thèse du fameux “pla- fond de verre” étant désormais définiti- vement battue en brèche ? Je pense qu’il faut d’abord cesser de faire des thématiques portées par le FN, le centre de gravité du débat public. Relayer sans cesse les problématiques posées par le FN ne peut que renforcer ce dernier : immigration, insécurité… Sans nier les inquiétudes réelles des Français, il est nécessaire de ne pas fo- caliser le débat sur ces seules questions et, pis encore, de les lier. La croissance atone, le chômage de masse, la perte d’influence de la France en Europe, voilà les vrais défis que nous devons relever. Je suis un partisan de la stratégie du cordon sanitaire qui était cel- le de Jacques Chirac : ni connivence sur les thèmes ni alliance électorale bien sûr avec

Le repli national n’est en aucun cas la solu- tion. Alain Juppé veut une France rassemblée et unie. “La France est riche de sa diversité”, disait Jacques Chirac. Alain Juppé évoque l’“identité heureuse” pour désigner une France où chacun trouve sa place et est fier d’appartenir à la communauté nationale, quelle que soit son origine ou sa religion. Une France inclusive dès lors que l’on respecte les valeurs de la République et la loi votée par le Parlement.

Des observateurs estiment que M. Juppé reste un peu effacé comparativement à son principal rival, Nicolas Sarkozy, qui a certes l’avantage d’une meilleure visibilité en sa qualité de chef de parti. Ce retrait re- lève-t-il d’un choix, mais ne risque-t-il pas de le desservir ? Alain Juppé préfère conserver la maîtrise du temps plutôt que d’occuper l’espace mé- diatique de manière frénétique. Prendre du recul face à l’actualité ne nuit pas à la qua-

lité des propositions, bien au contraire. Il pré- pare avec ses équipes un projet présidentiel solide et réformateur qu’il présentera pro- gressivement aux Français. Il l’a déjà fait pour ce qui a trait à l’éducation, “mère de toutes les réformes”. Je vous rappelle que la primaire, pour laquelle tout citoyen français peut prendre part au vote, aura lieu en novembre 2016 et l’élection présidentielle en avril

2017.

Le concept de “francophonie” est considéré, sans doute à juste à titre, comme un peu éculé. L’on pense qu’il est temps de lui don- ner un contenu rénové et des objectifs plus adaptés aux évolutions enregistrées ces der- nières décennies et aux enjeux actuels. M. Juppé partage-t-il ce point de vue ? Alain Juppé est très attaché à la promotion de la francophonie car une langue n’est pas un simple outil de communication. Le fran- çais porte des valeurs qui nous sont com- munes. De ce point de vue, la francophonie, c’est la modernité, car elle permet de réunir dans un espace commun, autour d’idéaux partagés, des pays du Nord et du Sud, des pays déve- loppés et en voie de développement, des cul- tures très différentes. Elle est un facteur d’uni- té dans le respect de la diversité de chacun. Unis, les pays francophones peuvent porter avec succès la vision d’un monde multipo- laire et respectueux de la diversité culturelle et linguistique.

D. R.
D. R.

“Alain Juppé préfère conserver la maîtrise du temps plutôt que d’occuper l’espace médiatique de manière frénétique. Prendre du recul face à l’actualité ne nuit pas à la qualité des propositions, bien au contraire. Il prépare avec ses équipes un projet présidentiel solide et réformateur qu’il présentera progressivement aux Français.”

ce parti. Les électeurs préfèreront toujours l’original à la copie. Alors, cessons cette surenchère et essayons de répondre aux pro- blèmes des Français en ne versant pas dans le populisme. C’est à mon avis le meilleur moyen de contenir le FN. Je rappelle que lorsque Jacques Chirac présidait, le FN n’a ja- mais atteint la barre des 20%.

Autour de quels thèmes comptez-vous mener votre campagne auprès des Français établis en Algérie pour les convaincre de porter la candidature de M. Juppé plutôt que celle de M. Sarkozy ou de l’un des autres prétendants ? Alain Juppé accorde une grande importan- ce aux Français de l’étranger. Au sein de son équipe de campagne, Erwan Davoux coor- donne les comités de soutien qui se créent un peu partout dans le monde. Il a une vraie affection pour la 9 e circonscription des Fran- çais de l’étranger dont il est originaire. Alain Juppé veut une France qui protège ses ressortissants, mais ouverte sur le monde.

Comment jugez-vous l’état actuel des relations entre Paris et Alger ? M. Juppé a-t-il une conception bien à lui de ce que devront être les relations algéro-françaises à l’avenir ? Les relations franco-algériennes sont au beau fixe, je m’en félicite en tant que Français et ami de l’Al- gérie, mon pays de résidence, au- quel je suis très attaché. Alain Juppé est un homme d’État, il bannit les formules qui peuvent heurter ou vexer et introduire des crispations inutiles dans la relation bilatérale. La France et l’Algérie ont des liens profonds et multiples, ne se- rait-ce que par l’importance des bi- nationaux qui ont vocation à être une passerelle entre les deux pays. Tout candidat à l’élection présidentielle se doit d’accorder une importance capitale à la relation bilatérale et, à mon sens, faire le dé- placement en Algérie.

LIBERTE

Jeudi 17 décembre 2015

Supplément Économie

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MISE EN ŒUVRE DU PLAN ANTI-CRISE

 

QUAND LE GOUVERNEMENT CAFOUILLE

PLAN ANTI-CRISE   QUAND LE GOUVERNEMENT CAFOUILLE U an après la réunion ministérielle présidée par le

U an après la réunion ministérielle présidée par le chef de l’État

l’issue de laquelle a été arrêtée l’esquisse d’un plan anti-crise

n

à

destiné à riposter au choc né de la chute importante des cours du

pétrole, les décisions les plus hardies n’ont pas été encore prises. Qu’il s’agisse de la rationalisation des dépenses publiques et du train de vie de l’État, de la réduction de la facture des importations, du renforcement de l’appareil de production, les décisions sont en deçà des attentes, don- nant cette impression que l’Exécutif est loin d’être un gouvernement de crise. Alors que les premières mesures douloureuses sont annoncées en 2016, quasiment rien n’a changé fondamentalement en termes de gouver- nance, d’amélioration du climat des affaires, de restructurations sec- torielles. Tout laisse croire que ce sont les simples citoyens qui seront les plus touchés par les effets de cette crise. En effet, la dévaluation du dinar qui sera plus importante en 2016 et les augmentations des prix des carburants, de l’électricité et du gaz prévus par la loi de finances 2016 vont sans doute affecter le pouvoir d’achat de la majorité de la popu- lation.

En deçà des attentes

Par : K. REMOUCHE

k.remouche@gmail.com

Cette situation n’augure rien de bon en termes de préservation de la paix sociale. D’autant que le gouvernement rechigne à cibler les niches fiscales pour atténuer les effets de la crise sur le budget de l’État : immobilier, import-import, impôts sur la fortune et les signes extérieurs de richesse. Il rechigne également à lutter contre la fuite illicite des capitaux via particulièrement la chasse aux sur- facturations, ainsi que contre l’informel et la corruption. Les mesures pour drainer les capitaux de l’étranger restent timides. Tout comme le chantier salutaire de renforcement de la production. Plusieurs experts y décèlent un manque de véritable stratégie et de vision. Mais l’un des traits les plus graves de cette période de crise est le dé- ficit de confiance qui coûte très cher à l’économie nationale. Tant que règnera cette défiance de la population et d’une partie des en- trepreneurs à l’égard des décideurs, on ne peut parier un dinar sur une réussite de la résistance aux effets négatifs de la crise financière qui affecte l’Algérie. n

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Supplément Économie

Jeudi 17 décembre 2015

LIBERTE

QUAND LE GOUVERNEMENT CAFOUILLE

 

En juin 2014, les prix du pétrole amorçaient leur chute. En septembre et octobre de l’année dernière, les cours du brut connaissent une dégringolade plus importante. Le gouvernement réagit tardivement à ce choc né de la dépression des valeurs du baril. Ce n’est qu’en décembre 2014 qu’une réunion ministérielle décide un plan anticrise pour riposter à cette chute importante des cours de l’or noir : rationalisation des dépenses publiques, des importations, gel des recrutements dans la Fonction publique, renforcement de l’appareil de production ou diversification de l’économie. À moins de 15 jours de la fin de l’année 2015, ce plan anticrise n’est pas encore affiné et les remèdes les plus efficaces n’ont pas été encore administrés à commencer par une

1- RÉDUCTION DU TRAIN DE VIE DE L’ÉTAT

“Quand les hauts responsables ne donnent pas le la”

réduction du train de vie de l’État. À la source de l’absence de réactivité de l’Exécutif pendant plusieurs mois, l’illusion que les prix du pétrole allaient reprendre rapidement leur courbe ascendante. Le gouvernement s’est contenté au début de l’année en cours d’annoncer les licences d’importation pour rationaliser le commerce extérieur, le gel des projets d’investissement public dont les travaux ne sont pas encore lancés, le crédit à la consommation pour les produits fabriqués localement et un dispositif pour drainer l’argent de l’informel vers le circuit bancaire. À l’orée de 2016, les modalités d’application du texte sur les licences d’importation ne sont pas encore précisées. Pour le second point, la logique sera un peu contrariée. Le gouvernement avait

déclaré que les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’habitat. Cela n’a pas empêché de geler la réalisation de cinq nouveaux CHU. Le crédit à la consommation prévu pour être opérationnel par la loi de finances en 2015 sera reporté à 2016. Pendant ces touches timides du gouvernement, rien n’a arrêté la chute de la valeur du dinar qui sera l’une des

principales causes de la hausse significative des prix des produits de large consommation en 2016. Concernant le dossier sensible des subventions, l’Exécutif prévoit leur réduction mais n’a pas encore fixé d’échéancier ni déterminé un mécanisme pour éviter que la majorité de la population soit pénalisé par la libération des prix du

lait, du pain, du sucre et de l’huile.

K. R.

U ne année après l’an- nonce d’un plan anti- crise, le constat n’est pas rose. Il n’ y a pas eu jusqu’ici de me- sures symboliques de

diminution des salaires des hauts res- ponsables (chef de l’État, Premier mi- nistre, mi- Par
diminution des salaires des hauts res-
ponsables (chef de l’État, Premier mi-
nistre,
mi-
Par :
K. REMOUCHE
nistres) et des
députés.

L’exemple n’est pas donné au plus haut niveau de l’É- tat. Cette absence de telles mesures donne l’impression à l’opinion pu- blique que seuls les simples citoyens devront serrer la ceinture en ces temps de crise. Cette conviction étant ancrée chez la masse des Algériens, il sera dif- ficile de les convaincre à adhérer à des mesures impopulaires en ces temps de vaches maigres. Contacté, Abdelaziz Rahabi, ancien di- plomate et ancien ministre de l’In- formation abonde dans le même sens :

“Quand il y a rupture de confiance entre l’administré et l’État, le citoyen ne peut adhérer à des mesures impopu-

laires. Aujourd’hui, on demande aux plus fragiles ( aux simples ci- toyens) de supporter la charge de la cri- se”. L’absence de telles mesures reflète une situation inquiétante. “Cela signifie que le gouvernement n’a pris la véri- table mesure de la crise qui attend les Algériens”, souligne Abdelaziz Raha- bi. Mais au-delà de la portée symbolique de telles décisions, le problème de fond qui se pose en Algérie est celui du contrôle de la dépense publique, poin- te du doigt l’ancien ministre de l’In- formation. Le décor est planté. “Il ya une volon- té politique de rationaliser la dépense publique. Elle est exprimée. Mais il y a le discours et les actes. Les institutions qui sont chargées de veiller au contrô- le de la dépense publique comme la Cour des comptes sont inopérantes, du moins elles ne publient pas de rapports annuels. L’Inspection générale des fi- nances, l’un des outils de contrôle de la dépense publique, elle non plus, ne pu- blie pas ses conclusions. Le Parlement

est censé contrôler la dépense engagée par le gouvernement, lui non plus ne publie pas de rapports. Comment avoir alors une idée objective sur l’état de la dépense publique! On n’est pas infor- més. On ne sait pas ce que font ces ins- titutions de contrôle. Le critère de transparence est absent. Qui contrôle la régularité, la conformité et l’exacti- tude des comptes de l’État ? C’est la Cour des comptes, l’IGF, le Parle- ment.» En d’autres termes, ces institutions de contrôle ne jouent pas leur rôle, du moins le contribuable n’est pas infor- mé sur leurs activités de contrôle de la dépense publique, laisse-t-il entendre. Le comportement de l’État va égale- ment à l’opposé de l’objectif de ratio- nalisation des dépenses publique :

Savez-vous que l’Assemblée nationa- le et le Parlement réunis en Algérie ont 30 fois plus de véhicules que la chan- cellerie allemande ? Ils ont plus de vé- hicules que les services du Chef du gou- vernement espagnol, que le Congrès américain, le Bundestag réuni (les deux chambres du Parlement alle-

mand). Le Parlement espagnol n’a quasiment pas de véhicules. Le service taxis fonctionne à proximité des sièges des deux chambres du Parlement es- pagnol. Le portail du gouvernement es- pagnol donne par souci de transparence les salaires des hauts responsables et les moyens matériels mis à leur disposi- tion”. Enfin, Abdelaziz Rahabi insis-

te sur le rapport qui devrait présider entre l’État et le citoyen: “Si l’État veut être cru, veut être suivi, veut être cré- dible, il doit donner l’exemple en ra- tionalisant ses dépenses, en les sou- mettant au contrôle populaire (le Par- lement) et à celui des institutions char- gées de cette mission : Cour des comptes et IGF”, conclut-il. K. R.

L’APRÈS-2016

Fin des aides généralisées ?

n Après les premiers “ajustements” réalisés en 2016, la prolongation probable de la crise pétrolière au cours des prochaines années devrait conduire à la mise en œuvre de “réformes de structure” plus profondes de l’économie algérienne. La première, et sans doute la plus importante, a déjà été annoncée par le ministre des Finances. Il s’agit de la réforme du système de subventions. Le grand argentier du pays a indiqué voici quelques jours que le gouvernement est “en train de réfléchir pour aboutir, d’ici 2 à 3 ans, au ciblage des subventions”. Signe que la démarche de l’exécutif n’est plus au simple stade de la “réflexion”, le ministre a ajouté que le gouvernement a commencé “à mettre en place une carte des ménages défavorisés afin de passer d’un système de subventions généralisées à des subventions ciblées”.

H. H.

2 - FIN DES SUBVENTIONS GÉNÉRALISÉES

Inquiétudes et interrogations

D urant l’embellie pétrolière, qui a duré pen- dant quinze ans, le gouvernement, au nom de la paix sociale et grâce aux fi-

nances générée par les hydrocarbures, a généralisé les subventions. Le régime de subventions a été sensiblement accru à partir de

2011, en réponse notamment aux manifestations et aux

pressions sociales faisant craindre un “printemps” algérien. Il couvre au- jourd’hui une très large gamme de produits et de services : essence, électricité, logement, transports, emploi des jeunes, produits alimentaires… Cet- te démarche s’est imposée comme une marque de fabrique de l’État, au point où sa remise en

marque de fabrique de l’État, au point où sa remise en Par : SAID SMATI cause

Par :

SAID SMATI

cause était devenue impensable. Mais c’était compter sans la crise financière que vit actuel- lement le pays du fait de l’effondrement des prix du pétrole. Le gouvernement semble être au pied du mur. Après avoir un moment fait de la résistance en annonçant que les subventions ne seront pas an- nulées et qu’il n'y avait pas de retour en arrière en matière de politique de subventions adoptée sur le plan social, le gouvernement s’est plié à l’évidence. Ainsi, pour la première fois, depuis 1999, le gouvernement décide de toucher au sys- tème des subventions. Dès 2016, les prix des car- burants, de l’électricité et du gaz seront remis “progressivement à leur valeur réelle”. De même

pour les prix des produits de base comme le lait, le sucre ou l’huile, qui connaîtront des aug- mentations. Même si, par précaution, les pouvoirs publics parlent de transition qui se fera “étape par étape” et qui s’accompagnera d’un soutien direct “à ceux qui en ont besoin”, ces annonces susci- tent des inquiétudes et de nombreuses interro- gations. Le gouvernement opte pour la subvention ciblée, une option défendue par les experts depuis plusieurs années, mais ne donne aucune préci- sions sur les critères d’éligibilité aux subventions ciblées. “Sur quelles bases vont-être distribuées ces aides ? Est-ce que ce sera en fonction des sa- laires et dans ce cas-là quel sera le seuil retenu

? Et quid du fichier national d’identification des plus démunis et des travailleurs du secteur in- formel ? Aujourd’hui, tous le monde, y compris le citoyen, est d’accord pour revoir le système de subven- tions. Reste que sa mise en œuvre est difficile. L’administration algérienne n’a pas de statistiques fiables qui permettent un ciblage pertinent des subventions. Le professeur Abdelatif Bena- chenhou, qui a depuis longtemps plaidé “la fin des subventions pour tous” avait reconnu qu’il était difficile pour le gouvernement de passer du projet à l’acte, en l’absence de données chiffrées sur les revenus réels des ménages algériens.

S. S.

3 - DÉPENSES PUBLIQUES

Une réduction modeste et tardive

L a réaction des autorités algériennes face au choc pétrolier dé- clenché en juin 2014 a été tardive. Les premiers ajustements ont été amorcés très timidement dans la LFC 2015. Stimu-

lé par la prise de conscience du caractère durable de la crise pé-

trolière, le processus de réduction des dépenses de l’État n’a été vraiment enclenché qu’avec la loi de finance

2016 qui ne prévoit encore que des coupes bud- gétaires relativement modestes et concentrées essentiellement sur les dépenses d’équipe-

ment .En puisant encore largement dans les res- sources du FFR, la LF 2016 renvoie aux prochaines années les ajus-

tements les plus importants et les “grands chantiers de réforme”.

plus importants et les “grands chantiers de réforme ”. Par : HASSANE HADDOUCHE La loi de

Par :

HASSANE

HADDOUCHE

La loi de finances 2015 comme si de rien n’était Comme si le gouvernement algérien n’avait pas cru dans une pre- mière étape au caractère durable de la crise pétrolière, la loi de fi- nances 2015, tout comme celles qui l’ont précédée depuis 2008, était inscrite sous le signe d’une importante croissance des dépenses publiques.

Ces dernières étaient prévue en hausse de 15,7% par rapport à 2014. Elle était surtout marquée par une très forte croissance des dépenses d'équipement (+32 %) et une augmentation plus modérée des dé- penses de fonctionnement (6 %).

Les timides économies de la LFC 2015 Le gouvernement a amorcé, très timidement, dans la LFC 2015, le processus de réduction des dépenses de l’État. La loi de finances complémentaire rendue publique le 22 juillet 2015 n’annonçait rien de nouveau dans le domaine des dépenses de fonctionnement et semblait confirmer la réputation d’“incompressibilité” de ce type de dépenses. Elle opérait en revanche en matière de dépenses d’équipement quelques coupes encore modestes mais qui don- naient déjà une idée sur l’orientation future des économies bud- gétaires. C’est ainsi que si le budget d’équipement enregistrait une diminution très faible (moins 104 milliards de dinars par rapport à la loi de finances initiale), les autorisations de programmes au titre des infrastructures économiques et sociales étaient en revanche déjà en baisse de près de 400 milliards de dinars.

Loi de finances 2016 : le budget d’équipement, premier visé En réalité, les premiers ajustement véritables en matière de ré- duction des dépenses de l’État sont surtout à mettre à l’actif de la loi de finances 2016 qui prévoit pour la première fois depuis de nombreuses années une diminution des dépenses de près de 9%.Ces économies budgétaires sont surtout concentrées sur le bud- get d’équipement qui recule de 14 %. Les dépenses de fonctionnement sont en revanche peu affectées par la “cure d’austérité” annoncée pour 2016. C’est ainsi en par- ticulier que le montant des transferts sociaux budgétisés a atteint 1840 milliards de dinars dans le cadre du PLF 2016, en hausse de 7,5% par rapport à la LFC 2015. Le caractère encore très modes- te des coupes budgétaires prévues en 2016 va rendre nécessaire le recours à l’épargne budgétaire constituée au cours des dernières années. L’épargne cumulée au sein du FRR devrait passer de 3081 milliards de dinars à fin 2015 à 1797 milliards de dinars en 2016, perdant ainsi près de la moitié de ses dotations.

H. H.

LIBERTE

Jeudi 17 décembre 2015

Supplément Économie

11

QUAND LE GOUVERNEMENT CAFOUILLE

Le gouvernement a envisagé des alternatives au financement par le budget des investissements publics : financements bancaires, BOT, project financing, financements sur le marché boursier, emprunt national, endettement extérieur. Mais elles ne sont pas encore mises en œuvre. Du coup, le gel des projets, le gel des recrutements dans la Fonction publique risquent d’aggraver le chômage, notamment des jeunes diplômés, si rien ne bouge.Enfin,

concernant la mesure la plus importante, le renforcement de l’appareil de production, la diversification de l’économie, le chantier demande beaucoup plus de temps. Paradoxalement, eu égard à l’importance de ce dossier, une démarche consensuelle pour aller dans cette direction n’a pas encore vu le jour. Quant aux chances de succès de ce programme de riposte, de telles décisions mènent à l’échec tant qu’on n’a pas mis en

œuvre la poursuite des réformes : réforme de l’administration, amélioration du climat des affaires, réformes sectorielles, réformes bancaire et financière. Sur ce dernier point, il ne faut pas oublier que les banques traînent toujours un handicap : l’insuffisante capacité d’intermédiation ou de transformation de l’argent collecté en projets d’investissements dans le secteur productif.

K. R.

4 - GEL DES PROJETS

Le développement social impacté

D ans un contexte mar- qué par la baisse des prix du pétrole, l'éco- nomie algérienne est confrontée à l'enjeu d'assurer ses équi-

libres financiers et de diversifier ses sources de revenus, largement domi-

nées par les recettes

d'exportation des

hydrocarbures. La

réduction signifi- cative des revenus du pays contraint le gouvernement à opter pour des mesures de rationalisation budgétai- re. Dans un premier temps, le gou- vernement avait décidé que les projets non nécessaires déjà programmés de- vaient être retardés. Dans le secteur des transports, plusieurs projets sont re-

Par :

SAÏD SMATI

portés comme conséquence de l’aus- térité, notamment ceux relatifs au tramway et à l’extension du métro d’Alger. S’il a été retenu, au départ, comme principe de ne geler que les projets qui n’ont pas été lancés, selon les instructions du Premier ministère, il semble toutefois que la donne ait changé. En effet, une note enjoint les autorités locales de faire l’impasse sur les chantiers dont les travaux n’ont pas atteint 50% d’avancement. Par conséquent, un peu partout à tra- vers l’Algérie, les projets de construc- tion de lycées, écoles, logements, seront suspendus. Le Premier ministre, Ab- delmalek Sellal, a assuré, lors de la ré- union avec les 48 walis en août dernier, que les projets de santé, d’éducation et du logement ne seront pas touchés.

Mais qu’en est-il au juste aujourd’hui ? Surtout quand on apprend, à travers la presse, que cinq projets de réalisa- tion de centres hospitalo-universi- taires (CHU) dans plusieurs wilayas du pays ont été gelés, sur instruction du Premier ministre. Le gouvernement entend également geler certains pro- jets hydrauliques, à l’exemple du grand projet de transfert d’eau à partir d’El Menia (El Goléa) vers les Hauts-Pla- teaux. L’orientation prise par les pou- voirs publics consistant à diversifier les sources de financement autres que le Trésor public semble avoir atteint ses limites. Aujourd’hui, aucune liste ex- haustive n’a été élaborée à cet effet, sur- tout rien de nouveau en ce qui concer- ne le mode de financement à adopter pour les grands projets. Ce qui est à

craindre, dans ce cas, c’est le retard dans le développement social. En effet, certains experts estiment qu’une éventuelle annulation de certains pro- jets d'infrastructures de base, aurait un effet d'entraînement sur les entre- prises de réalisation, appelées à l'ave- nir à faire face à des situations critiques et se verront obligées de diminuer leurs

effectifs, l'essentiel de l'emploi étant créé à travers des projets de la com- mande publique. Le ralentissement de l'activité du secteur du BTPH et de l'ac- tivité économique, d'une manière gé- nérale, entraînera inéluctablement une baisse de la consommation, pré- cisent ces experts.

S. S.

5 - Gel du recrutement dans la Fonction publique

n Afin d’atténuer, un tant soit peu, les conséquences de la conjoncture actuelle sur l'économie nationale, les pouvoirs publics ont décidé le gel des recrutements dans le secteur public durant l’année 2015. À cela s’ajoute la décision de ne plus ouvrir de nouveaux postes après les départs à la retraite dans le secteur classique. Outre le gel d’un grand nombre de projets, le fait de geler le recrutement dans la Fonction publique risque de paralyser les demandeurs d’emploi.

S. S.

6 - DIVERSIFICATION DE L’ÉCONOMIE

Manque de stratégie et de vision

L diversification de l’économie nationale est un objectif ancien. On en parle depuis très longtemps mais cette diversification a, de

a

tout temps, été inhibée par la rente pétrolière qui l’a reléguée en second plan.

L’objectif de diversification

hors les ressources naturelles, bien que réaffirmé unanime-

ment depuis des décennies, est loin de se réaliser. Aujourd’hui que la situation est de plus en plus critique à cause justement de la réduction significative des revenus du pays, la diversification de l’économie nationale est remise au goût du jour et est présentée comme la planche de salut pour le pays. Il n’est jamais trop

Par :

SAÏD SMATI

tard pour bien faire, pourrait-on dire. Durant cet- te année, les pouvoirs publics ont décidé un cer- tain nombre de mesures pour aller dans le sens de cette diversification. Mais le résultat n’est pas au rendez-vous. Pour Smaïl Lalmas, président d'Algérie conseil export (ACE), “il y a eu des actions mais le résultat est là. On n’a rien”. Selon lui, la référence c’est les chiffres. Et 2% d’exportation hors hydrocar- bures, c’est le constat d’échec. Selon le président d'Algérie conseil export, “la diversification de l’économie doit s’intégrer dans le cadre d’une stra- tégie visant la mise en place d’un nouveau modèle économique, sinon c’est du réchauffé”. Smaïl Lalmas déplore le manque de stratégie et de vi-

sion dans la démarche des pouvoirs publics. Pour lui, la diversification doit répondre à un objec- tif avec un plan et son exécution. Une étude sérieuse pour sélectionner les fi- lières compétitives qui ont des avantages de com- pétitivité autant sur le marché national dans un premier temps que sur le marché international dans un second. Cependant, déplore-t-il, cela n’a pas été fait. “On parle de diversification, mais il n’y a pas de travail de fond sur le terrain. Il n’y a pas de stratégie”. Concernant le financement de cette diversification, Smaïl Lalmas indique que les solutions existent. Il évoquera les IDE et les capitaux privés algériens. À condition, comme il l’explique que le gouvernement puisse les in-

téresser en instaurant la confiance avec eux. On se rappelle que le Cercle d'action et de réflexion autour de l'entreprise (CARE), a proposé cinq pistes pour amorcer la diversification de l'éco- nomie nationale. Il s'agit de “diversifier les sources de financement des investissements publics en favorisant le recours au marché financier et aux banques, d'encoura- ger davantage les investissements directs étrangers, d'œuvrer pour un climat d'affaires plus attractif avec un accent particulier sur l'urgence de pro- mulguer le nouveau code d'investissement et en- fin d'améliorer et de moderniser l'organisation du commerce extérieur”.

S. S.

7 - RATIONALISATION DES IMPORTATIONS

Quasiment rien de concret

L plan anti-crise esquissé en dé- cembre 2014 tablait sur les li- cences d’importation pour ré-

duire la facture “importation” qui

s’approchait de la barre des 60 mil- liards de dollars.

En clair, il pré- voyait d’avancer sur le sujet des li-

cences d’impor- tation et instaurer des systèmes de ré- gulation du commerce extérieur. “À deux semaines de janvier 2016, on ne sait toujours pas comment ce texte ré- glementaire sur les licences d’importa- tion promulgué en juillet 2015 va être appliqué, sachant que la mise en pla- ce d’un tel dispositif nécessite des adap- tations organisationnelles et donc du temps. En fin de compte, à l’exception

e

et donc du temps. En fin de compte, à l’exception e Par : K. REMOUCHE de

Par :

K. REMOUCHE

de la mesure administrative de bloca- ge des importations de véhicules très controversée et très nocive pour l’ima- ge de l’Algérie, par des subterfuges ad- ministratifs, rien de concret n’a avan- cé dans ce dossier de rationalisation du commerce extérieur, l’une des mesures phare du plan de riposte à la crise fi- nancière qui affecte le pays en raison de la chute des prix du pétrole”, souligne Mohammed Kessel spécialiste en fi- nances et commerce extérieur. Selon lui, il convient d’arrêter de gé- rer par des mesures administratives mais plutôt d’aller vers des instruments de régulation. Par exemple, réviser le dispositif fiscal pour tout ce qui est revente en l’état, imposer aux banques de ne pas fi- nancer les crédits d’exploitation des so-

ciétés spécialisées dans la revente en l’état et qui enregistre des déficits fi- nanciers couplés à des croissances du chiffre d’affaires, taxer les produits de luxe importés. Il s’agit autrement dit d’utiliser le le- vier fiscal. “Pour les sociétés activant dans la revente en l’état, il convient de les obliger en particulier à payer à l’avance la TVA à l’entrée en territoi- re des marchandises, ce qui va natu- rellement les obliger à facturer pour pouvoir récupérer la TVA payée et ré- duire la capacité de sur-stocker les marchandises et d’importer de maniè- re rationnelle et qu’au besoin. Il s’agit aussi de contraindre les banques par une instruction de la Banque centrale à limiter leurs engagements à une fois les fonds propres sur l’ensemble des

lignes d’exploitation crédoc et lignes lo- cales pour les sociétés d’importation à l’exclusion des entreprises de produc- tion. En d’autres termes, il faut savoir qu’une banque a le droit de s’engager par contrepartie sur un client à hauteur de 25 % de ses fonds propres. Les en- gagements (par signature et par caisse) consentis dans le le cadre de l’impor- tation en revente en l’état devraient être limités à 10% des fonds propres d’une banque par contrepartie et exclure les producteurs de la règle d’une fois les fonds propres de la Banque centrale. Car cette mesure est plus pénalisante pour les producteurs que pour les re- vendeurs en l’état”, suggère Mohamed Kessel. Par ailleurs, pour véritablement ré- duire les importations en ces temps de

crise, il convient de mettre en œuvre la loi sur la normalisation, en parti- culier obliger les importateurs à cer- tifier la qualité des produits introduits en Algérie via des organismes de cer- tification locaux et étrangers. Concernant ces derniers, l’État ne de- vrait autoriser que ceux qui ont des fi- liales de certification présentes en Al- gérie. À noter que les pouvoirs publics ont annoncé la révision de la loi sur la nor- malisation. Un point positif. Encore faut-il bien définir et cibler son champ et ses modalités d’application de ma- nière à optimiser l’efficacité de telles mesures et à prévenir tout impact bureaucratique.

K. R.

12

Supplément Économie

Jeudi 17 décembre 2015

LIBERTE

QUAND LE GOUVERNEMENT CAFOUILLE

 

MISE EN ŒUVRE DU PLAN ANTI-CRISE

Navigation à vue

Un plan anti-crise face à la chute du prix du pétrole a été adopté par le gouvernement, lors d’un Conseil de ministres restreint présidé par le chef de l’Etat, il y a de cela une année. Quel bilan faut-il en faire ?

L e plan anti-crise, concocté et adop- té lors du Conseil des ministres restreint consacré à cet effet, n’avait pas dévoilé le détail des me- sures arrêtées. Un plan B, voire C, avaient été probablement envisa-

gés. Si tel est le cas, il faut s’attendre à ce que le volet social, préservé jusqu’à présent, sera touché avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer. Le projet

de loi de finances 2016

en est la preuve. “Nous avons pris en compte toutes les possibilités et imaginer les pires scénarios. Bien que les choses ne se règlent pas dans le court terme, nous avons pris toutes nos dispositions pour continuer le programme du gouvernement dans tous ses vo- lets ayant trait au social, l’habitat, l’école, l’eau, et l’université”, avait déclaré le Premier ministre, lors de la cérémonie d’inauguration du Salon de la production nationale. Parmi les mesures phares du plan anti-crise, l’on peut no- ter la rationalisation des dépenses d’équipe- ment, celles du fonctionnement, en gelant no- tamment les recrutements dans la Fonction pu- blique. Dans ce domaine, 80% de dépenses in- compressibles sont consacrées aux salaires, et les transferts sociaux ne cessent d’augmenter, grevant lourdement le budget de l’État. Par ailleurs, l’un des principaux axes du plan

anti-crise concerne la restriction des impor- tations qui atteignaient jusqu’à lors environ 70 milliards de dollars/an. À l’évidence, ce volet pose problème. Certains responsables affir- ment que 80% de nos importations sont des- tinées au fonctionnement de l’économie na- tionale. Et pourtant, tout le monde sait que notre pays est devenu “une poubelle” pour les produits bas de gamme, contrefais et nuisibles pour la santé publique. Pour l’ancien ministre du Commerce, la restriction des importations passera désormais par la restauration de la li- cence d’importation. Ce denier a déclaré que beaucoup d’intérêts seront dérangés. En vérité,

que beaucoup d’intérêts seront dérangés. En vérité, Par : A. HAMMA D. R. L’un des principaux

Par : A. HAMMA

D. R.
D. R.

L’un des principaux axes du plan anti-crise concerne la restriction des importations.

dans cette tourmente, une panne de vision stra- tégique des intérêts supérieurs de la nation est patente. Faut-il comprendre à travers les pro- pos d’Amara Benyounès que les lobbys de l’im- port-import dictent leur loi ? Ainsi, même si le pouvoir tente de rassurer la population, la chute brutale des cours de l’or noir qui se pour- suit, notamment après la dernière réunion de l’Opep, anticipée par les experts et ignorée su- perbement par les autorités, jusqu’à ce qu’elles soient mises dos au mur, vient rappeler à tous, qu’il est grand temps de se préparer à une cure d’austérité. L’État doit donner l’exemple en ré- duisant son train de vie. Le président de la Ré- publique est monté au créneau pour souligner la gravité de la situation en invitant la nation et les institutions à la prudence. Tous les ci- toyens savent que le mode de gouvernance dans notre pays a favorisé la frénésie dispen- dieuse des institutions et responsables de l’É- tat. Le Premier ministre, pour sa part, a ins- truit les membres du gouvernement afin “de

réduire au maximum leur train de vie, de s’abs- tenir de créer toute nouvelle Epic, de baisser la cadence des journées d’étude, séminaires et autres manifestations budgétivores”. On sait, par ailleurs, que le gouvernement a décidé de geler le recrutement dans la Fonction publique et le report de certains projets d’infrastructures dont l’urgence et la nécessité ne sont pas avé- rées. Cependant, de tous ces effets d’annonce, nous ne savons pas quels sont les résultats concrets obtenus. Entre-temps, les importa- tions marquent un léger fléchissement, l’in- formel revient en force et il est pratiquement impossible d’endiguer l’évasion fiscale ainsi que la fuite de capitaux et la dérive dangereuse de la valeur du dinar. À ces effets pervers, liés en grande partie à l’absence, voire au laxisme de l’État par l’abandon de ses fonctions réga- liennes, d’encadrement et de régulation de l’économie, vient s’ajouter la corruption et la dilapidation des deniers publics. Mais il n’y a pas que cela. Le train de vie de l’État, ce sont

aussi les parcs véhicules des ministères, de la Présidence de la République, des deux chambres du Parlement et des entreprises pu- bliques et autres institutions dont l’utilité reste à prouver. Les frais de leur maintenan- ce et de leur consommation inouïe de carbu- rant pèsent lourdement sur le budget de l’É- tat. Les somptueuses résidences d’État dans la capitale et au niveau des wilayas ainsi que tout le patrimoine immobilier en Europe et parti- culièrement en France, sans omettre, bien évi- demment, le faste des réceptions de nos re- présentations diplomatiques à l’étranger lors d’événements nationaux. De même que le bal- let des délégations étrangères en Algérie. A toutes ces dépenses, il faut ajouter les nom- breux avantages accordés aux ministres, aux députés, aux sénateurs et autres hauts res- ponsables de l’État à travers des décrets non publiables. Rappelons-nous, lorsque l’Es- pagne, l’Italie et la Grèce ont connu leur cri- se, les États de ces pays ont procédé à la di- minution des salaires des hauts fonction- naires, et des travailleurs de la Fonction pu- blique. Les ministres ont, par esprit de soli- darité citoyenne, consenti volontairement à se délester d’une part importante de leurs avan- tages. Et dire que nos parlementaires, par ces temps de disette, ne se préoccupent que de leur statut et poussent l’outrecuidance jusqu’à re- vendiquer des revalorisations de leur rému- nération qui frise déjà l’indécence. En vérité, toutes ces anomalies ne sont que la partie vi- sible de l’iceberg, tant le pays est géré dans une grande opacité et tant les tenants du pouvoir demeurent agrippés à la rente pétrolière. In fine, l’État ne semble pas se soucier de la cri- se qui nous impacte ; mais, s’il devait prendre des mesures anti-sociales, ce qui risque d’ar- river, dispose-t-il de la légitimité populaire né- cessaire qui lui permet de franchir ce pas ? Rien n’est moins sûr. Alors, le Premier ministre dai- gnera-t-il exposer un bilan des mesures anti- crise devant le parlement ? A. H.

EN TOUTE LIBERTÉ MUSTAPHA MEKIDECHE mustaphamekideche@ymail.com
EN TOUTE LIBERTÉ
MUSTAPHA MEKIDECHE
mustaphamekideche@ymail.com

Plan anti-crise ou mesures ponctuelles : l’approche actuelle est-elle inscrite dans une démarche systémique ?

À regarder de près nous ne dispo- sons pas à ce jour d’un plan anti-crise intégré et formalisé. Il

y a, certes, des mesures qui ont été prises

par différentes sphères des pouvoirs pu-

blics, en fonction de leur propre éva- luation de la menace, sans pour autant

être inscrites, pour le moment, dans un plan global cohérent décliné par les dif- férentes institutions en charge de la mise en œuvre. Il y a plusieurs raisons

à cela. Par ordre chronologique, la pre-

mière raison a été la sous-estimation de la crise pour, au passage, ne pas “dé- moraliser” l’opinion publique. Cette sous-estimation a été entretenue par la fausse idée d’une crise passagère et de faible amplitude à l’instar de celle de 2008. C’était le discours ambiant servi au cours du deuxième semestre 2014 et même le premier semestre 2015. Cir- culez il n’y rien à voir. Seule la Banque d’Algérie, disposant d’un “logiciel” opé- rationnel, mis au point et utilisé durant les crises de 1986, 2008 et 2014, a entamé très tôt le processus de dépréciation du dinar pour amortir un choc extérieur violent et durable. Ce qui a atténué no- tamment les retombées sur la fiscalité pétrolière. La deuxième raison est l’in- existence d’une institution exécutive vi- gie qui capte les signaux faibles et propose des plans intersectoriels d’une

riposte réformatrice structurelle. Les uns l’appellent “institution cerveau”, d’autres de culture anglo-saxonne, l’identifient

comme une “delivery unit”. En l’ab- sence de cette institution, chaque sec- teur donne alors sa propre grille de lec- ture pour se prémunir : le secteur de hy- drocarbures propose ainsi d’augmen- ter (à la marge ?) la production, le sec- teur du commerce de mettre en place des licences pour contenir les impor-

tations, etc. Mais le fait est que, para- doxalement, la plupart des secteurs déclaraient publiquement ne pas être concernés par les mesures de “ratio- nalisation budgétaire”. La troisième raison est d’ordre politique : la sé- quence d’examen au Parlement du projet de loi de finances pour 2016 l’illustre parfaitement. Malgré le ca- ractère progressif et, somme toute, peu brutal de certaines augmenta- tions (carburants, électricité, etc.), ain- si que l’augmentation mécanique des transferts sociaux, le gouvernement a eu du mal à faire passer la loi de fi- nances pour 2016. D’où, me semble-t-il, de la part de ce dernier, un traitement segmenté des conséquences de la cri- se par doses homéopathiques. Sauf que pour 2017 et après, les marges de manœuvre devenant plus serrées, les ar- bitrages budgétaires deviendront plus

difficiles à faire socialement et politi- quement. C’est tout cela qui me fait dire qu’il est temps de passer d’un traite- ment factuel et partiel de la crise à un traitement global et structurel mais cou- plé avec une mise un œuvre progressive et consensuelle autant que possible. Il s’agit d’abord de dire la vérité sur l’am- plitude et la durée de la crise pétroliè- re pour ne pas se nourrir de fausses illu-

À regarder de près nous ne disposons pas

à ce jour d’un plan anti-crise intégré et formalisé. Il y a, certes, des mesures qui ont été prises par différentes sphères des pouvoirs publics, en fonction de leur propre évaluation de la menace, sans pour autant être inscrites, pour le moment, dans un plan global cohérent décliné par les différentes institutions en charge de la mise en œuvre.

sions. Lors d’une conférence que nous avons faite la semaine dernière à Alger, conjointement avec Francis Perrin, pré- sident de Stratégies et Politiques éner- gétiques (SPE) nous convergions sur le fait qu’il ne fallait pas s’attendre à une remontée significative des cours du pétrole brut avant 2020 (autour de $80, selon l’AIE). Cette remontée des prix du baril de pétrole, autour de 2020, sera la conséquence directe d’un désinves- tissement déjà engagé dans la branche internationale des hydrocarbures qui entraînera à moyen terme une baisse de l’offre mondiale. Cette borne tem- porelle renseigne bien, sur le fait que tout plan anti-crise ne peut être qu’un plan de moyen et long termes avec des réformes structurelles. Ces dernières doi- vent infléchir nos modèles de consom- mation dispendieux caractérisés par le gaspillage et la fuite des produits aux frontières et installer un autre modèle de croissance, esquissé notamment par le Cnes et quelques associations (Nabni, Care). C’est cela qu’il faudra sou- mettre au débat politique et social pour construire, à défaut d’un consen- sus, un large rassemblement. On pas- sera forcement par des dialogues contradictoires et des débats libres et transparents pour équi-répartir les sa- crifices affichés entre tous les seg-

ments de la société, en mettant en place des amortisseurs sociaux pour les couches les plus vulnérables Dans ce lar- ge mouvement politique et social à ini- tier, il conviendra d’isoler puis de réduire les forces prédatrices installées pour l’es- sentiel dans les activités d’import mais pas seulement. Cela donnera plus de for- ce et de motivation aux forces pro- ductrices émergentes privées et pu- bliques qui porteront ensemble le nou- veau modèle de croissance. C’est la seule ligne de clivage compatible avec une sortie de crise par le haut. Opposer le secteur public au secteur privé af- faiblira ce front. Avancer des recettes néolibérales qui ont échoué ailleurs éga- lement. Maintenir des postures popu- listes aussi. À cet égard, les crises éco- nomiques et sociales ayant entraîné les changements des majorités politiques au Venezuela et en Argentine don- nent sérieusement à réfléchir. En conclusion, les éléments indiqués plus haut peuvent être considérés seu- lement comme une esquisse de l’engi- neering de base d’un plan de sortie de crise. Quant à l’engineering de détail on peut le retrouver notamment, et à titre d’illustration, dans les dernières pro- ductions du Cnes et les travaux ré- cents de Nabni. Un chantier à ouvrir. Maintenant.

LIBERTE

Jeudi 17 décembre 2015

Supplément Économie

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ENTREPRISE ET MARCHÉS

SOCIÉTÉ DE TRÉFILAGE D’ALGER (TREFAL)

Assurer les besoins du marché national

Spécialisée dans la fabrication et la commercialisation du treillis soudé, de la poutrelle métallique légère et du fil tréfilé pour armatures, la société de tréfilage d’Alger (Trefal), créée en 1979, capitalise une expérience de plus de 30 ans dans la fabrication des produits destinés principalement au secteur de l’habitat et des travaux publics.

I nstallée dans la banlieue est d’Alger (Réghaïa) sur un terrain de 84,624 m 2 , Trefal se fixe comme objectif de sa- tisfaire et d’assurer les be- soins du marché national en

matière de fil tréfilé, de treillis sou-

dé et de poutrelles métalliques. L’en- treprise est égale-

ment spécialisée dans la commer- cialisation du rond à béton. En termes de parts de marché, elle couvre environ 8% des besoins du marché national et accentue ses efforts sur l’amélioration de sa part de marché à travers essentielle- ment le renouvellement de ses an- ciennes installations. Trefal ambitionne de porter sa part de marché d’ici cinq années à 12%. Le cœur de métier de Trefal est le tréfilage. C’est à partir de ce pro- cessus clé que les produits sont réalisés en subissant d’autres trans- formations intermédiaires (dres- sage et soudage). Les produits fa- briqués et commercialisés par l’uni- té Trefal de Réghaïa sont les fils tré- filés, le treillis soudé et les poutrelles métalliques. Le site de production de Réghaïa comprend quatre ate- liers de fabrication. Un atelier dédié au tréfilage (TF), un autre au dressage, un au treillis soudé (TS) et un aux poutrelles métalliques légères (PML). Les pro- duits de Trefal offrent de nom- breux avantages aux clients. Par rap- port à la poutrelle traditionnelle éla- borée manuellement sur chantier, la poutrelle métallique légère présen- te d’énormes avantages. Elle permet une excellente stabilité, l’élimination du coffrage et des travaux d’arma- ture sur chantier. Même chose pour

et des travaux d’arma- ture sur chantier. Même chose pour Par : SAÏD SMATI D.R. La

Par : SAÏD SMATI

D.R.
D.R.

La société de tréfilage d’Alger (Trefal) couvre environ 8% des besoins du marché national.

le treillis soudé dont l’économie d’utilisation par rapport à une ar- mature de fabrication tradition- nelle se matérialise dans le gain de poids et de temps global sur la mise en œuvre (façonnage, assem- blage, manutention et pose). Sur un autre registre, l’entreprise dévelop- pe de nouveaux produits. D’ailleurs, récemment, elle a mis sur le marché un nouveau produit qui semble trouver un bon accueil chez les clients. Il s’agit de grilles pour les traverses en rond à béton pour rail. Par ailleurs, la société Trefal prévoit dans un proche avenir consentir un investissement qui consistera en l’extension de son usine à travers la

mise en place d’un nouvel atelier qui sera dédié à la fabrication d’arma- tures (poteaux et poteaux poutres). Les qualifications acquises durant de longues années d’expérience ont permis à Trefal d’obtenir en 2004 la certification de son système de ma- nagement de la qualité, suivant la norme ISO 9001/2000, pour la pro- duction et la vente de treillis soudé, de poutrelles métalliques légères et de fils tréfilés clairs. La reconduction de la certification en 2010 a permis au système de ma- nagement qualité de Trefal de pas- ser à la version 2008. Voulant mettre de son côté tous les atouts de réussite, Trefal s’est dotée d’un la- boratoire de contrôle qualité char-

gé du contrôle des caractéristiques mécaniques sur le fil machine et le fil tréfilé, du contrôle des joints soudés (essais d’arrachement et de cisaillement) sur le TS et la PML, du contrôle dimensionnel des pro- duits (diamètre, longueur, largeur) et le suivi d’un programme d’éta- lonnage et de vérification des ins- truments de mesures et d’essais (métrologie). Forte de son expérience, l’entreprise compte parmi ses clients les grandes entreprises du bâtiment, telles que Cosider et Batigec, ainsi que les en- treprises de travaux publics et de chemins de fer, telles que Cosider TP, groupe ETRHB Haddad, Infra Fer et Infra Rail.

S. S.

EN BREF

CROISSANCE INCLUSIVE

Alger classée

16 e en Afrique

n La ville d’Alger arrive à la 16 e place

du classement des grandes villes africaines ayant le plus gros potentiel en matière de croissance inclusive, selon l’édition 2015 de l’indice de croissance des villes africaines publié par le géant mondial des solutions de paiement MasterCard. Dans ce classement qui englobe 74 villes africaines, Alger se fait devancer par Casablanca (2) et Le Caire (14). C’est Maputo, capitale du Mozambique, qui arrive en tête du classement des grandes villes africaines grâce à l’efficacité de ses institutions et au bon climat d’affaires.

ALGER

1 er Salon national algérien de consulting

n Les 19 et 20 décembre courant, au

palais de la culture Moufdi-Zakaria, se tiendra la première édition du Salon national algérien de consulting. Destiné aux cabinets conseil et audit, bureaux d’études et instituts de gestion, le salon se fixe comme objectif de sensibiliser et d’informer l’ensemble des acteurs et intervenants dans la sphère économique nationale sur l’importance de cette activité peu connue dans le management de l’entreprise, en particulier dans la phase actuelle.

CORRUPTION

148 milliards USD par an en Afrique

n Selon le président de la Banque

africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, l’Afrique perd 148 milliards de dollars chaque année en raison de la corruption qui gangrène la plupart des économies du continent. La plupart des 54 pays africains sont très mal classés dans le dernier indice de perception de la corruption établi par l’ONG Transparency International. Les plus mauvais élèves dans ce domaine sont la Guinée-Bissau, le Tchad, le Kenya et le Nigeria, selon ce même classement.

COURS DU DINAR ACHAT VENTE US dollar 1 USD 106,6239 106,6389 Euro 1 EUR 117,7554
COURS DU DINAR
ACHAT
VENTE
US dollar
1 USD
106,6239
106,6389
Euro
1 EUR
117,7554
117,8147
COURS DES MATIÈRES
PREMIÈRES
Brent
Or :
Blé :
Maïs
Cacao
Robusta
38 dollars/baril
1068 dollars
175,50 euros/tonne
163,50 euros/tonne
2300 livres sterling/tonne
1475 dollars/tonne

LU POUR VOUS

Échos du port d’Alger

D epuis le mois d’août dernier, l’Entre- prise portuaire d’Alger a été certifiée à l’ISO 9001, version 2008, par l’orga-

nisme français Cofrac. C’est ce qui est annoncé en couverture du n°112 du mensuel d’infor- mation du port d’Alger du mois d’août, qui précise que le test des capacités de manage- ment ont porté sur une série d’activités liées aux missions du port (pilotage, lamanage, re- morquage, avitaillement en eau de navires, ma- nutention manuelle et mécanique et accona- ge des marchandises divers et conteneurs). La revue précise que ce certificat qui est valable du 11 août 2015 au 10 août 2016 demeure va- lide jusqu’à décision satisfaisante, à l’issue des audits de suivi censés se poursuivre, pour d’autres années encore. Cette certification est devenue nécessaire au moment où les exi-

gences économiques dictent que l’entreprise soit constamment au fait des nouvelles tech- niques de management, et en phase avec l’évolution des normes de gestion. Avec cet- te norme ISO 9001/2008, il s’agit de rendre plus efficient le système de gestion de la qualité, d’acquérir la confiance des partenaires et d’assurer la pérennité de l’efficacité de gestion de la qualité. Sur un autre chapitre, la revue du port d’Alger est revenue sur l’activité du port du mois d’août. Il en ressort que le port a en- registré le passage de 193 navires, affichant une stabilité par rapport à 2014 malgré l’aug- mentation du nombre de navires car-ferries et des bitumiers. La jauge brute totale s’est accrue de 14,06% par rapport à l’année précédente. Elle est passée de 2 042 936 t au mois d’août 2014 à 2 330 146 t pour la même période 2015.

Le volume global des marchan- dises débarquées et embarquées au

port d’Alger, traité par l’EPAL, a connu une légère hausse durant le mois d’août 2015. Il est passé de

928 829 t en 2014 à 944 231 t en

2015, ce qui représente une variation positive de 01,66%. Selon la revue, cette évolution s’explique par la hausse considérable des embar- quements (31%), soit 200 323 t, dominées particulièrement par les produits pétroliers. Le mensuel ajoute que le niveau des importa- tions a connu une diminution de - 4,12%, atteignant un volume de

743 908 t contre 775 910 t durant la

même période 2014.

tions a connu une diminution de - 4,12%, atteignant un volume de 743 908 t contre

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Jeudi 17 décembre 2015

LIBERTE

14 Publicité Jeudi 17 décembre 2015 LIBERTE AF F.2159 AF
14 Publicité Jeudi 17 décembre 2015 LIBERTE AF F.2159 AF

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Jeudi 17 décembre 2015

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LIBERTE Jeudi 17 décembre 2015 Publicité 15 ANEP n° 357 327 Liberté du 17/12/2015 ANEP n°
LIBERTE Jeudi 17 décembre 2015 Publicité 15 ANEP n° 357 327 Liberté du 17/12/2015 ANEP n°

ANEP n° 357 327 Liberté du 17/12/2015

ANEP n° 358 894 Liberté du 17/12/2015

n° 357 327 Liberté du 17/12/2015 ANEP n° 358 894 Liberté du 17/12/2015 ANEP n°23 300

ANEP n°23 300 708 Liberté du 17/12/2015

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Culture

Jeudi 17 décembre 2015

LIBERTE

16 Culture Jeudi 17 décembre 2015 LIBERTE …SORTIR… Ventes-dédicaces n L’écrivaine Maïssa Bey signera son
…SORTIR…
…SORTIR…

Ventes-dédicaces

n L’écrivaine Maïssa Bey signera

son livre Hizya (éditions Barzakh), aujourd’hui à partir de 14h, à la librairie du Tiers monde, (place Émir-Abdelkader, Alger). L’auteur Mehdi Lalloui signera Temps d’exil (éditions Casbah), samedi 19 décembre à partir de 14h30, à la librairie du Tiers-Monde (place Émir-Abdelkader, Alger). L’auteur Karim Younès signera son dernier livre La chute de Grenade (éditions Casbah), samedi 19 décembre à partir de 13h30, à la librairie Mutilivres Cheikh Omar (Tizi Ouzou).

n L’auteur Arezki Metref signera

son ouvrage La traversée du somnambule (éditions Koukou), préface de Boualem Sansal, lundi 21 décembre à partir de 14h30 à la librairie du Tiers-Monde (place Émir-Abdelkader, Alger).

Rencontres-débats

n Les éditions Chihab organisent

une rencontre-débat avec l’auteure Fatma-Zohra Zamoum autour de son roman Comment j’ai fumé tous mes livres, samedi 19 décembre à partir de 14h30 à la librairie Chihab (10, avenue Brahim-Gharafa, Bab El- Oued, Alger).

n La librairie Tout pour l'Algérie

organise une rencontre-débat suivie d'une vente-dédicace avec Nadia Sebkhi autour de son roman La danse du jasmin (éditions Kalima), samedi 19 décembre, à 14h, au (4, rue du 1 er -Novembre, cité 66- Logements, Zéralda, Alger).

6 e édition du Festival international du cinéma d’Alger (salle el-mouggar)

n Aujourd’hui, à 14h, projection du

documentaire Roshmia (70 mn, 2014, Palestine), de Salim Abu Jabal.

n À 17h, projection du film L’œil du

cyclone (101 mn, 2015, Burkina Faso) de Sékou Traouré.

n À 20h, projection du film

Opération Maillot (90 mn, 2015, Algérie) de Okacha Touita.

n Vendredi 18 décembre

À 14h, projection du documentaire Victor Jara n°2547 (60 mn, 2013, Chili) de Elvira Diaz.

n À 17h, projection du film Les

chansons que mes frères m’ont apprises (94 mn, 2015, Colombie) de Chloé Zhao.

n À 20h, projection du film Difret

(99 mn, 2014, Éthiopie) de Zeresenay Berhane Mehari.

PROJECTION DE “FI RASSI ROND-POINT” DE HASSEN FERHANI AU FICA

Dans la réalité des abattoirs algérois

Projeté en avant-première, mardi, à la salle El-Mouggar, ce documentaire sur l’univers des abattoirs algérois a conquis le public présent.

L e documentaire Fi Ras- si rond-point (Dans ma tête un rond-point) de Hassen Ferhani a été projeté mardi à El- Mouggar, en avant-pre-

mière algérienne. Ce premier long métrage du jeune réalisateur a fait salle comble, lors de la 4 e soirée du 6 e

Festival international du cinéma en- gagé d’Alger (FICA). Cette œuvre sé- lectionnée dans la catégorie docu- mentaire en compétition a déjà reçu de nombreux prix dans des festivals internationaux, notamment ceux de Marseille, Tunis et Turin. Dans cette production de 100 minutes, le réalisateur a abordé un sujet original

et inexploité jusque-là, mais qui res- te également méconnu du grand public : celui des abattoirs algérois. Dans l’enceinte de cet établissement situé à l’avenue des Fusillés (Ruis- seau) travaillent des hommes dans des conditions quasi inhumaines. Ils côtoient dans leur quotidien moro-

se la mort et le sang. Ces hommes donnent l’impression d’être aussi lessivés que les bêtes de l’abattoir. À travers sa caméra, il redonne vie à ces personnes et dresse des portraits touchants et attachants de ces pro- tagonistes si accablées par la vie. On retrouve Youcef (20 ans), un jeune

D.R.
D.R.

qui représente la plupart de la jeu- nesse algérienne qui rêve de voyager, de trouver l’amour ou de s’acheter de belles voitures… Complètement bla- sé et résigné, il se contente de ce qu’il possède, en confiant à son copain surnommé le “Kabyle” : “Dans ce pays, si tu n’es pas aisé, tu ne peux rien t’offrir, tu as seulement le choix entre le vol ou le deal, le suicide et la harga.” Tout en insistant sur le fait que de nombreux de ses copains se sont donné la mort, et la seule cho- se qui le retienne c’est sa mère. Confus et perdu dans ses idées, il lan- ce : “Fi rassi rond-point, car il y a tant de choses dans ma tête que je ne peux résoudre.” Comme des milliers de jeunes issus de familles défavorisées,

la seule ambition de ce jeune hom- me est de quitter le pays pour trou- ver un ailleurs meilleur. Un autre personnage récurrent, Amou le phi- losophe et l’amoureux des oiseaux, la cinquantaine passée, d’un grand humour. Sa phrase favorite : “Nous ne mentons pas, mais nous ne tom- bons pas non plus dans la vérité.” Se- lon ce protagoniste, cette phrase ré- sume l’être humain. D’ailleurs, Has- sen Ferhani songeait à cette citation comme titre du film, mais pour sa longueur, il a opté pour Fi rassi rond-point, a-t-il indiqué durant le débat avec le public. L’abattoir est un très bel édifice de l’extérieur. En y en- trant, on se retrouve plongé dans l’antre du diable, les cadavres de

vaches ensanglantées font partie du décor de cette grande “maison”, les employés y dorment, partagent des confessions, leur vécu, de la joie face au petit écran (match de foot), ou se permettent seulement de pe- tites pauses-café. En fait ce sont là des situations de la vie “normale”, mais chose incroyable est de le faire à côté d’une bête morte étalée sur le sol, ou alors à côté d’une mare de sang. Ces personnes marginalisées passent leur existence dans ces abattoirs, elles ont accepté de témoigner, de se livrer et de se confier en toute inti- mité, elles sont complètement meur- tries. L’un des pionniers, Ami Ali, âgé de 90 ans, était directeur de l’abattoir durant des années (depuis 1945), il se retrouve à nettoyer les vestiaires. Fi rassi rond-point est une belle œuvre. Malgré quelques imperfec- tions, le jeu naturel des protagonistes et leur histoire vous plonge dans leur réalité. Une réalité partagée entre la détresse et la force, la démission et la détermination, l’amertume et l’es- poir. Même s’il ne s’achève pas for- cément par un “happy end”, ce doc se termine, laissant ces hommes poursuivre leur petit bout de chemin avec une note musicale douce et at- tendrissante.

HANA MENASRIA

PRIX PAUL RICŒUR

L’édition critique et polyglotte (français, arabe et kabyle)

D e la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie a été récompensé par ce prix pres- tigieux. Alain Mahé, connu en Algérie pour

ses travaux d’anthropologie de la Kabylie, est le

maître d’œuvre de cette édition, véritable OVNI dans le monde éditorial. Il propose ici en effet non seulement une édition critique de l’ouvrage de La

Boétie enrichie d’un appareil de notes érudites,

d’une traduction en français contemporain et d’un long commentaire (une centaine de pages) mais

aussi une traduction en arabe classique, également abondamment annotée (par Mustapha Safouan) ; en arabe dialectal (par Hakima Berrada, Musta- pha Naoui et Hamdi Chérif) et en… kabyle (par

Ameziane Kezzar). Outre que c’est la première fois qu’on dispose d’une œuvre littéraire en ces trois langues, c’est aussi la première fois qu’est publiée une œuvre philosophique en kabyle. Lors de la cé-

rémonie de remise du prix, le 5 décembre à Pa- ris, Alain Mahé a insisté pour partager ce prix avec l’ensemble de l’équipe qui a participé à ce travail ainsi qu’avec l’éditeur — Abderrahmane Bouchène

— qui a accueilli ce projet sans équivalent. Le prix, biennal, créé par l’association portant le nom du philosophe, récompense un auteur contribuant à la réflexion et au débat public sous une forme qui entre en dialogue avec l’œuvre de Paul Ricœur. Le prix a été décerné par un jury composé de cinq membres (François Dosse, président ; Laure Ad- ler, Olivier Mongin, Michael Foessel et Myriam Revault-d’Allones). Avec ce prix, c’est donc aus- si un éditeur algérien, Abderrahmane Bouchène, qui est distingué ; c’est d’ailleurs le deuxième prix de la maison d’édition algérienne, a confirmé M. Bouchène, que nous avons joint. “On avait déjà obtenu le prix François Billetdoux en 1999, pour le livre de Daniel Timsit, Algérie, récit anachro- nique.” Mais c’est aussi la première œuvre phi- losophique disponible en kabyle et en arabe al- gérien, qui vient d’être ainsi récompensée. Ce n’est tout de même pas rien ! Paradoxalement — compte tenu que les enseignants de berbère manquent pourtant cruellement d’outils péda- gogiques — l’ouvrage n’a suscité que quelques

rares comptes rendus. Sans compter qu’à la faveur des “printemps arabes” l’intérêt d’une réflexion sur les ressorts de la servitude volontaire confère au texte de La Boétie une actualité impérieuse. Avant d’être décerné à Alain Mahé — également auteur de l’Histoire de la Grande Kabylie XIX e XX e siècles chez le même éditeur (2001) –-, le prix Paul Ricœur avait été décerné à l’économiste André Or- léan pour son ouvrage L’empire de la valeur (le 7 janvier 2012) et au philosophe Charles Taylor “pour l’ensemble de son œuvre” (le 21 novembre 2013).Espérons que nos enseignants de berbère s’aviseront de l’intérêt pédagogique de cet ouvrage dont tout est fait pour faciliter un usage scolaire — notamment une double pagination permettant au lecteur de comparer les diverses traductions — et gageons que nos universitaires s’approprieront cette œuvre qui, dans le sillage de Claude Lefort, est une contribution majeure au renouvellement de la philosophie politique moderne.

M. OUYOUGOUTE

de la philosophie politique moderne. M. OUYOUGOUTE AMIN ZAOUI ÉCRIVAIN

AMIN ZAOUI

ÉCRIVAIN

…SOUFFLES…SOUFFLES…SOUFFLES…

Ainsi l’âne enfourcha son maître !

Cela s’est passé à l’université, considérée espace

française ne permettant pas aux chercheurs de lire,

curiosité j’ai suivi le passage de Rachid Boudjedra

jedra. Je ne veux plus de ses romans entre tes

A. Z.

de progrès, de la raison et d’ouverture. Cela s’est produit dans l’une des universités algériennes et elles sont nombreuses, et tant mieux ! Celle qui

d’analyser ou de décortiquer un roman dans sa langue d’origine. L’absence d’orientation des étu- diants-chercheurs vers des nouveaux romans

invité dans une émission télévisuelle. Avec audace et clarté, l’écrivain Rachid Boudjedra a exposé son athéisme. Ceci ne m’a ni choquée ni éloignée de

mains ni dans ta chambre ni dans cette maison. Aujourd’hui, notre voisin le vendeur ambulant des légumes m’a ouvert les yeux sur ce mécréant ! Il

a

enfanté Mohamed Arkoun, Djamel Eddine Ben-

algériens. L’hégémonie des textes des doyens en

mon sujet. J’aime l’écriture romanesque rebelle.

vient de m’annoncer que ce kafer d’écrivain a dé-

cheikh, Abou el Aïd Doudou, Najat Khadda… et d’autres ! J’assistais à une rencontre-débat avec des docto-

comparaison avec les textes de la nouvelle gé- nération d’écrivains arabophones ou franco- phones….

Je suis la sœur d’un frère qui dès sa deuxième an- née du collège a déserté définitivement les bancs de l’école. Il s’est débrouillé, je ne sais pas comment,

claré à la télévision qu’il était apostat. Je refuse que ma sœur croyante, fille de bonne famille réalise une thèse sur la littérature d’un renégat. ) Et sur-

rants. Les futurs chercheurs de la lumière ! La nou- velle intelligence algérienne. Le débat tournait au- tour de la place qu’occupe le roman algérien contemporain des deux langues dans la re- cherche universitaire.

Le débat était le miroir de la crise que traverse la recherche en littérature jusqu’au moment où une jeune doctorante a demandé la parole. Sur un ton amer, après une petite hésitation, la doc- torante a pu se libérer pour expliquer et exposer

une somme d’argent pour s’acheter un véhicule. Il s’est mis en travail noir comme taxieur clan- destin ! Le lendemain de la diffusion de l’émission télévisuelle où Boudjedra était l’invité, mon frè- re est rentré un peu plus tôt que d’habitude. J’ai

le-champ, mon frère le taxieur clandestin a ra- massé tous les romans de Boudjedra, mes fiches de lecture, les a glissés dans un sac-poubelle et il les a jetés sur le trottoir !…” En écoutant le témoignage de cette jeune docto-

À

tour de rôle, dans une ambiance décontractée,

son problème dans le choix de son sujet de thè-

vite pensé qu’il a eu un problème avec la police,

rante, son histoire avec son frère taxieur clandestin,

libre et conviviale, chacun des intervenants a pré- senté son point de vue sur les difficultés rencon- trées par les nouveaux chercheurs étudiant le ro- man algérien. Entre autres la non-disponibilité des textes romanesques dans les librairies des villes

se : “J’ai choisi un roman de Rachid Boudjedra com- me corpus pour ma thèse de doctorat. Un choix comme les autres !! Après quelques mois, j’ai trou- vé un encadreur !! Soulagement ! Avec enthou- siasme et amour j’ai entamé mes lectures pro-

chose récurrente dans le quotidien des taxieurs clandestins. Ou une panne mécanique dans sa vieille bagnole ! Rien de tout cela ! Sur un ton me- naçant et irrité, sans préambule, il a déversé sa co- lère sur moi en criant… Dès maintenant tu t’arrêtes

celle qui sera, sans doute, dans un futur très proche, une enseignante universitaire ou une cher- cheure en littérature, je me suis dit : c’est l’ère où l’âne enfourche son maître !

de l’intérieur. La faiblesse du niveau de la langue

grammées. Par une soirée, avec grand intérêt et

et définitivement ton travail sur cet athée de Boud-

aminzaoui@yahoo.fr

LIBERTE

Jeudi 17 décembre 2015

L’Algérie profonde

17

TIZI OUZOU

Vers la réouverture des bureaux de poste fermés pour insécurité

“Ce n’est pas normal que des citoyens fassent plusieurs kilomètres pour retirer leur argent ou courrier. C’est à l’État d’assurer la sécurité. Ce n’est pas parce qu’un bureau de poste a été victime d’un hold-up qu’on doit fermer ces bureaux et pénaliser les citoyens”, fera remarquer le wali.

L’ ensemble des bu- reaux de poste fer- més à travers la wi- laya de Tizi Ou- zou pour insécu- rité seront rou-

verts, a affirmé, lundi à Drâa Ben Khedda, le wali Brahim Merrad. “Ce n’est pas normal que des ci- toyens fassent plusieurs kilomètres pour retirer leur argent ou courrier. C’est à l’État d’assurer la sécurité. Ce n’est pas parce qu’un bureau de pos- te a été victime d’un hold-up qu’on doit fermer ces bureaux et pénaliser les citoyens”, fera remarquer le wali tout en dénonçant un autre phé- nomène qu’il qualifie de “service par la fenêtre !”. En effet, dans certains bureaux de poste à Tizi Ouzou, les citoyens sont servis par les fenêtres. Les responsables de ces bureaux évo- quent, de leur côté, l’insécurité à la- quelle ils sont exposés. “On m’avait ramené des photos où des citoyens étaient contraint de monter sur des parpaings pour ar- river jusqu’à la fenêtre ! Ce n’est pas

normal”, a-t-il martelé en affir- mant que lors de la prochaine ré- union du Conseil de sécurité de la wilaya, une décision sera prise pour la réouverture de ces bureaux. Pour rappel, la wilaya de Tizi Ouzou compte une quarantaine de bu- reaux de poste fermés essentielle-

Liberté
Liberté

La wilaya de Tizi Ouzou compte une quarantaine de bureaux de poste fermés essentiellement pour cause d’insécurité.

ment pour cause d’insécurité. Lors de cette visite, le wali avait insisté sur la nécessité de redéployer les corps de sécurité, notamment la Gendarmerie nationale dans les localités. Par ailleurs, le wali a inau- guré le projet de l’alimentation en gaz naturel de 2 000 nouveaux foyers à Draâ Ben Khedda et a ré- itéré sa décision de mettre fin aux

oppositions afin de permettre l’ac- cès du réseau de gaz naturel vers les villages. Il a souligné, au passage, que les tra- vaux du barrage Souk N’tlatta dans la commune de Tadmaït ont repris après des mois d’arrêt des travaux suite à des oppositions. À Tirmiti- ne, M.Merrad a visité le nouveau ly- cée dont les travaux sont presque

achevés et la nouvelle cité qui de- vrait servir au recasement d’une cinquantaine de famille qui atten- dent depuis 2012 à cause d’une op- position. Sur place, le wali a or- donné de mettre fin à cette oppo- sition en usant de tous les moyens légaux et de ne plus négocier avec les opposants.

K. TIGHILT

TAUX DE PÉNÉTRATION DU TÉLÉPHONE FIXE ET INTERNET

Béjaïa occupe le 8 e rang national

L a wilaya de Béjaïa est classée au 8 e rang na- tional en matière de raccordement au ré- seau téléphonique fixe avec un taux de pé-

nétration de 57%, alors que la moyenne natio- nale est de 56%. C’est ce qu’a affirmé M. Hand Khemis, directeur d’Algérie Télécom de la wi- laya de Béjaïa, lors de sa conférence de presse, lundi dernier. Présentant le bilan des activités de

la direction opérationnelle des Télécommuni- cations de Béjaïa, M. Khemis indiquera que la di- rection de Béjaïa d’A.T. gère un parc d’équipe- ments téléphoniques et Internet, composé de quelque 196 550 accès au réseau téléphonique, dont 85 030 sur la nouvelle technologie MSAN. Concernant le réseau Internet, elle compte 112

212 accès à la formule ADSL, dont 76 124 sur MSAN, alors que le nombre de stations 4G LTE (Internet sans fils) s’élève à 27, dont 18 en cours de commercialisation. À cela s’ajoutent les trois stations Wifi Out Door localisées au niveau du chef-lieu de la wilaya, à savoir : Place du 1 er Novembre (ex-Gueydon), Brise de mer, et Théâtre régional de Béjaïa (TRB). Il fera savoir que le parc téléphonie compte 89 848 clients, ce- lui de l’ADSL 52 660 abonnés, et celui de la 4G LTE 9 423 clients. S’agissant de la qualité de ser- vice, le responsable local d’A.T. reconnaît que la situation des dérangements n’était “alarmante” que jusqu’au début de l’année 2015. Il a toute- fois précisé que des efforts ont été déployés par

les équipes d’intervention, y compris les week- ends et les journées fériés, pour prendre en char- ge les doléances des clients et améliorer la qua- lité du service. “On est passé de 3 180 dérange- ments au mois de février 2015, à moins de 500 dé- rangements durant le mois en cours”, a-t-il sou- ligné. Sur un autre registre, M. Khemis affirme que le taux de modernisation des équipements d’A.T. à Béjaïa est estimé actuellement à 61%, une opération qui sera menée à terme fin 2016. Le di- recteur d’Algérie Télécom se fixe l’objectif de rac- corder les 52 chefs-lieux communaux de la wi- laya, à la fibre optique, dans le courant du pre- mier semestre de l’année 2016.

KAMAL OUHNIA

OUARGLA

Les 50 logements participatifs sans gaz et sans électricité

n Les habitants des 50 logements participatifs dans le quartier Nasr (Ouargla) se plaignent des problèmes de gaz et d’électricité. En effet, le promoteur immobilier qui a construit cette cité n’a pas tenu ces engagements quant au raccordement desdits logements aux réseaux d’électricité et de gaz. D’ailleurs, sur les 50 personnes bénéficiaires il n’y a que 12 qui ont rejoint leurs habitations. En dépit de doléances adressées par les

concernés aux autorités locales pour venir à bout de leurs peines, rien n’a été fait jusqu’à ce jour. “Nous lançons un appel au wali pour intervenir afin de mettre fin à cette situation causée par le promoteur immobilier qui n’a pas tenu ces engagements concernant le raccordement de notre cité au réseau du gaz de ville et d’électricité. Par conséquent, ce promoteur a bénéficié d’autres projets de construction bien qu’il n’ait pas

achevé ce projet en question. Pis encore ce promoteur nous a exigé de verser un montant additionnel de 600 millions de centimes pour l’installation du transformateur électrique’’, nous déclare un habitant. “Il y a 18 mois que ce promoteur nous a demandé de rejoindre nos habitations avec la promesse de les raccorder, le plus tôt possible, aux réseaux d’électricité et de gaz. Nous avons passé deux étés alimentés à

partir du compteur d’électricité d’un voisin habitant un autre quartier. Nous avons souffert durant cette période’’, nous a ajouté un autre habitant. Enfin, ces habitants se demandent comment ces logements ont été réceptionnés sans qu’ils soient achevés ? Comment les services concernés ont attribué d’autres projets à ce promoteur alors que celui -ci n’a pas achevé les précédents ?

AMMAR DAFEUR

celui -ci n’a pas achevé les précédents ? AMMAR DAFEUR BRÈVES du Centre ÉTUDE D’AMÉNAGEMENT DE

BRÈVES du Centre

ÉTUDE D’AMÉNAGEMENT DE LA ZI DE SIDI KHALED

Le projet enfin “dégelé” !

n L’étude de viabilisation et

l’aménagement de l’extension de la zone industrielle de Sidi Khaled, dans la commune d’El Hachimia, au sud de Bouira, a été confiée au groupe Cosider Engineering. Les différents acteurs associés à ce projet, Engineering Cosider, la direction de l’énergie et des mines (DEM), celle de l’hydraulique, Algérie Telecom, la SDC, ainsi que les autorités locales, se sont réunis lundi dernier, autour des derniers détails de ce chantier. L’étude comprend la prise en charge du volet énergétique, en prenant en considération les nouveaux raccordements aux réseaux d’électricité et de gaz, la création d’une base-vie, la prise en compte du volet architectural des futures bâtisses entrant dans le cadre des investissements, etc. Concernant les décisions qui ont été prises, la DEM devra déplacer le nouveau poste existant et en construire un nouveau d’une capacité de 20 000 watts. La question du lotissement de la zone a également été soulevée, puisqu’il existe 147 lots, allant de 1500 m à 1,5 ha. Le wali de Bouira a indiqué qu’il faudrait la “légalisation” des parcelles existantes, afin de mieux cerner à la demande. En outre, le déplacement des 3 lignes de moyenne tension (3x3) a été envisagé, ainsi que le plan d’aménagement en conformité avec l’ancienne. Pour la zone de servitude, le wali voulait qu’elle ait 4 m avec 3x3 pour les bas-côtés, avec l’aménagement d’un parking pour 80 véhicules légers et 50 poids-lourds.

R. B.

ALORS QUE LE PERMIS DE LOTIR DE LA ZI DE BÉNI MANÇOUR EST EN STAND BY

La nouvelle zone industrielle d’El-Kseur mise en branle

n Selon un communiqué de la cellule de

communication de la wilaya de Béjaïa , le permis de lotir de la nouvelle zone industrielle d’El-Kseur à 30 km du chef- lieu de wilaya , a été signé. L'Aniref a été, en outre, instruite afin d'entamer les travaux d'aménagement et de viabilisation du site au plus tard début janvier 2016. De ce fait, l’affection des lots qui doivent recevoir les projets d’investissement est désormais une réalité. De son côté, la direction du commerce est chargée d'instruire les demandes d'éventuels porteurs de projets. S’agissant de la zone industrielle de Béni-Mançour, appelée à être un grand pôle industriel, le permis de lotir est, avance-t-on, en instance de signature, après que des modifications y aient été apportées.

A. HAMMOUCHE

INVESTISSEMENT

Les laboratoires Biopharm s’installent à Bouira

n Les laboratoires Biopharm, l’un des

plus importants fabricants de médicaments en Algérie, compte s’installer à Bouira. Selon le chargé de communication de la wilaya, M. Ladjel Latrech, la décision a été prise lundi, lors d’une réunion avec le chef de l’exécutif de la wilaya et les responsables de cette entreprise pharmaceutique. Le site du futur investissement de cette société, sera la zone industrielle de Sidi-Khaled (El Hachimia). Cependant, la nature dudit projet, n’a pas encore été rendue publique. À titre indicatif, le groupe Biopharm lequel appartient en partie à la famille Kerrar, a récemment paraphé un contrat qualifié de “juteux’’ avec le géant indien des médicaments génériques Cipa, pour créer une joint- venture en Algérie.

R. B.

LIBERTE

Jeudi 17 décembre 2015

L’Algérie profonde

17

JOURNÉE D'ÉTUDE SUR LES ÉQUIPEMENTS D'AIDES À LA NAVIGATION ET LA PÊCHE À COLLO

Des mesures qui restent insuffisantes

Des équipements de navigation comme le l'échosondeur, le sonar et le net sonde ont été déclas- sés pour une acquisition sans autorisation. Cependant, ces mesures restent insuffisantes de l’avis des participants à cette journée qui appellent à élargir le déclassement à d'autres équipements comme le VHF et le GPS qui sont à l'heure de la technologie de pointe.

L 'institut technologique de la pêche

de l'aquaculture de Collo (ITPA)

organisé, ce mardi, une journée

et

a

régionale d'études sur les équipe- ments d'aides à la navigation et la pêche avec la participation de cadre

de la pêche de Annaba, Jijel et Skikda et cela suite à la parution du nouveau décret exécutif 250/15, daté du 29 décembre 2015, qui limite les conditions d'acquisition de ces équipements, leur utilisation et leur cession au professionnel de la pêche. Ce décret permet désormais d'ac- quérir d'autres équipements classés sensibles sans recourir à l'autorisation préalable des ser- vices concernés. Ainsi, des équipements de navigation comme le l'échosondeur, le sonar et le net sonde ont été déclassés pour une acquisi- tion sans autorisation. Cependant, ces mesures restent insuffisantes de l’avis des participants à cette journée qui appellent à élargir le déclasse- ment à d'autres équipements comme le VHF et le GPS qui sont à l'heure de la technologie de pointe. Un intervenant considère cela comme une aberration de l'administration de classer ces équipement sensibles alors que maintenant les véhicules sont par exemple dotés de GPS mais on exige aux armateurs, qui généralement utilisent leurs embarcations en plein mer dans certaines zones complètement isolées, une autorisation qui implique une longue attente et partant des retards qui pèsent sur l'activité de la pêche, diront encore les intervenants dans ce débat chaud auquel a été livré principalement le responsable de l'Agence nationale de radio navigation maritime (ANRNM). Les profes- sionnels de la pêche et même un importateur fournisseur de ces équipements considèrent que la situation actuelle reste toujours bloquée,

D. R.
D. R.

Les embarcations n’étant pas équipées du strict nécessaire, les pêcheurs et fournisseurs sont pénalisés.

appelant à déclasser d'autres équipements qui sont d'ailleurs obligatoires pour la navigation en haute mer. L'un d'eux dira encore : “Les embarcations devront être équipées et armées du nécessaire sans restriction”, faisant remarquer que les téléphones portables sont dotés de ces équipements. Ils étaient aussi unanimes à dire que beaucoup reste à faire, beaucoup de lacunes sont à revoir, appelant à réviser ce décret afin d’inclure d'autres mécanismes qui s'inspirent de la réalité du terrain pour ne pas léser et les pêcheurs et les fournisseurs, tout en étalant cer- tains problèmes qui se posent pour chaque

GUELMA

acquéreur. Lors de cette journée, M. Hocine Boudjaja, de l'ITPA de Collo et M. Hocine Boulainine, représentant de l'ANRNM, sont intervenus sur le thème de l'identification des équipements d'aide à la navigation maritime dit sensibles. M. Djallel Samir, un fournisseur de ces équipements, est intervenu sur les critères techniques et pratiques de ces équipements alors que M. Réda Benali, un cadre à la direc- tion de la pêche, s'est penché sur les conditions légales pour l'acquisition et l'utilisation de ces équipements.

A. BOUKARINE

Accidents de moto : un drame qui perdure

L e constat est accablant et il n'engendre aucune réaction salutaire des pouvoirs

publics pour endiguer ces drames qui endeuillent quotidiennement des familles. Les statistiques éta- blies par les services compétents sont révélatrices. À titre illustra- tif, au cours des 11 mois de l'an- née en cours, sur 190 accidents de la circulation ayant causé 9 morts et 218 blessés dans la wilaya de Guelma, 54 accidents sont impu- tés aux motos avec un bilan de 3 morts et 54 blessés. La cote d'aler- te est atteinte, voire dépassée ! Des citoyens se sont rapprochés de nous pour exprimer leur désar-

roi et leur colère face à ces acci- dents récurrents qui interpellent les pouvoirs publics. Un septuagé- naire nous confie : “Mes voisins ont perdu il y a 4 ans leur fils âgé de 18 ans à la suite d'un accident de moto survenu au carrefour de la cité Émir-Abdelkader à Guelma, et ils sont inconsolables ! Chaque semaine, des familles sont endeuillées et chacun invoque la fatalité. C'est faux ! Nous sommes tous responsables et notre conscience nous interpelle pour sauver des vies humaines !”. Une mère de famille intervient dans la discussion : “Comment tolérer que des gamins pilotent de grosses

motos sans être inquiétés par les services de sécurité ? Les motocy- clistes n'appliquent pas le code de la route, ils empruntent les sens interdits, ne marquent pas les stops, franchissent la ligne conti- nue, effectuent des dépassements dangereux et sèment la terreur dans les cités et quartiers où des innocents bambins sont fauchés par ces chauffards !” Nos interlo- cuteurs s'étonnent que ces motards circulent sans le port du casque obligatoire en dépit d'une campagne de prévention médiati- sée tous azimuts. Ils vadrouillent en ville sans se soucier de la pré- sence des policiers et des gen-

darmes dont le devoir est d'inter- venir pour exiger les documents indispensables et verbaliser ceux qui enfreignent la loi. Cette léthargie, voire cette carence encourage ces jeunes inconscients qui sont devenus un danger public. Un quinquagénaire déver- se sa colère : “Sous d'autres cieux, le code de la route est appliqué avec rigueur, et lors de mon récent voyage dans un pays voisin, j'ai constaté la discipline des motocy- clistes qui portent le casque protec- teur ! Chez nous, les services de sécurité ne réagissent pas, pour- quoi ?”

HAMID BAALI

Démantèlement d’un réseau de dealers et saisie de 1,4 kg de kif

U n coup de filet a

été opéré par les

éléments de la

police judiciaire relevant de la sûreté de la daïra de Khézaras, avons-nous appris de sources poli- cières. C'est à la faveur de renseignements et d'in-

tenses investigations que les policiers sont parve- nus à identifier, à localiser et à appréhender sept individus âgés de 19 à 24 ans qui opéraient à la cité Ahmed-Hannachi, dis- tante d'une quinzaine de kilomètres du chef-lieu de

wilaya. Une fouille appro- fondie a permis la décou- verte et la saisie de 1,4 kg de kif traité, de dizaines de comprimés psycho- tropes, d'une somme d'ar- gent provenant de la vente de ces produits et la récupération de deux

armes prohibées, un cou- teau à cran d'arrêt et un cutter. Après leur audi- tion par les services de sécurité, les 7 malfrats ont été présentés devant le procureur de la République pour associa- tion de malfaiteurs, pos-

session et commercialisa- tion de drogue et port d’armes prohibées. Le principal inculpé a été écroué et ses comparses ont été laissés en liberté provisoire.

HAMID BAALI

ont été laissés en liberté provisoire. HAMID BAALI BRÈVES de l’Est RAMDANE DJAMEL (SKIKDA) Suicide d'un

BRÈVES de l’Est

RAMDANE DJAMEL (SKIKDA)

Suicide d'un père de famille

Le corps d'un homme S. B., âgé

de 47 ans, a été trouvé, ce mardi après-midi, pendu à un arbre au lieudit le Pont des cavaliers, dans la commune de Ramdane Djamel, une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Skikda. Les raisons qui ont poussé ce père de famille à mettre fin à ses jours restent inconnues mais probablement seraient liées à des problèmes socioéconomiques vu qu'il se trouve au chômage. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie pour élucider les circonstances de ce drame.

A. BOUKARINE

TÉBESSA

Saisi de 3 800 dinars tunisiens

La brigade mobile des Douanes

de Bir El Ater, dans le cadre de la lutte contre la contrebande, a intercepté un véhicule utilitaire de marque Ford, lundi dernier, sur l’axe Bir El Ater-Cheria, apprend-on de sources concordantes. Surpris par l’apparition du véhicule des agents de la douane, le conducteur du vehicule refusa de se soumettre aux injonctions de ces derniers, et alors une course poursuite a été engagée. Les éléments de la brigade mobile ont réussi à intercepter la voiture et sa fouille a permis d’identifier les trois personnes à bord. Un Algérien et deux ressortissants tunisiens, qui ont fait l’objet de fouille minutieuse ayant abouti à la découverte de 3800 dinars tunisiens et 52 955 dinars algériens.

RACHID G.

BORDJ BOU-ARRÉRIDJ

Un réseau de trafic d’armes neutralisé

Un réseau de trafic d’armes à

feu, composé de trois individus, a été démantelé par la brigade judiciaire de la sûreté de wilaya de Bordj Bou- Arréridj ont indiqué hier, les services de ce corps de sécurité. un fusil de chasse de marque étrangère, des cartouches et pas moins de 1785 grammes de plomb, ont était saisis. La même source a précisé c’est à la suite d’informations faisant état de la présence d’une personne, D. A., 23 ans, “vendant des armes à feu” dans la commune de Belimour, 25 kilomètres au sud-est de Bordj Bou-Arréridj que les enquêteurs ont interpellé le mis en cause à bord d’une voiture dont la fouille minutieuse a permis la découverte d’un fusil de chasse et des munitions. Son complice, originaire de Batna a réussi à prendre la fuite. L’enquête a conduit à l’arrestation d’un troisième complice, B. A., 26 ans, en possession de pas moins de 1785 grammes de plomb. Déférés devant la justice, l’un des mis en cause a été écroué, un autre placé sous contrôle judiciaire tandis que le troisième est toujours recherché.

CHABANE BOUARISSA

LIBERTE

Jeudi 17 décembre 2015

L’Algérie profonde

17

EN PRÉSENCE DU REPRÉSENTANT DE LA FAO

Tlemcen, capitale de la CFPPO

La réunion des chefs des services forestiers qui a planté son décor à Tlemcen “visera aussi à rechercher les moyens d’intégrer les politiques et stratégies forestières et des parcours au sein d’un programme national plus large, touchant la sécurité ali- mentaire, la réduction de la pauvreté et le développement rural”.

T lemcen a abrité pendant quatre jours la 22 e session de la commission des forêts et des parcours pour le

Proche-Orient (CFPPO), placée sous le thème “gestion et construction de paysages rési- lients dans les zones arides pour des moyens de subsistance durable et une meilleure protec- tion sociale”. Les travaux se sont déroulés au siège du parc natio- nal (plateau de Lalla Setti) avec la participation de Nabil Assaf, représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’ali- mentation et l’agriculture (FAO) ; Aïssa Chekli, président de la conférence ; Abdelkader Yettou, directeur général des forêts, représentant le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et la Pêche, ainsi que plusieurs délé- gués internationaux et experts. Au cours de ce forum politique et technique, les participants ont fait le point sur la situation des forêts dans la région

Proche-Orient/Maghreb, sur la

D. R.
D. R.

Chercheurs et experts mettent tout en œuvre pour améliorer la gestion durable des ressources forestières et des pâturages dans la région.

base du rapport de 2015 d’éva- luation des ressources fores- tières mondiales de la FAO. Dans un document élaboré pour la circonstance, Abdel Hamied Adam Hamid, fonc-

tionnaire forestier principal au sein de la CFPP, a souligné que “les cadres et experts chercheront des moyens pour développer et adopter un ensemble de critères et d’indicateurs pour améliorer

la gestion durable des ressources forestières et des pâturages dans la région”. Il aussi ajouté qu’“au centre des discussions, il y aura les questions de surveillance des terres arides, la restauration des paysages arides dégradés, le rôle du secteur privé dans la foreste- rie et les questions transversales de la parité hommes-femmes, de la jeunesse et de l’éducation”. La réunion des chefs des services forestiers qui a planté son décor à Tlemcen “visera aussi à rechercher les moyens d’intégrer les politiques et stratégies fores- tières et des parcours au sein d’un programme national plus large, touchant la sécurité ali- mentaire, la réduction de la pau- vreté et le développement rural.” Les participants ont par ailleurs pris acte des processus poli- tiques mondiaux en explorant les possibilités offertes au sec- teur de la foresterie et des par- cours dans la région, suite à l’adoption du programme de développement durable à l’hori- zon 2030 et aux résultats de la COP 21 à Paris.

B. ABDELMADJID

AÉROPORT INTERNATIONAL D’ORAN

Arrivée des Français d’Atlas Atlantique Airlines

L a compagnie française Atlas Atlantique Airlines (AAA) reliera, dès jeudi prochain, à partir de l’aéroport

international d’Oran Ahmed-Ben-Bella les aéroports français de Saint-Étienne- Bouthéon, Paris-Vatry et de Carcassonne- Salvaza. Avec l’arrivée de la AAA à Oran, le nombre de compagnies aériennes étran- gères passe à 12 en attendant, selon le char- gé de communication de l’EGSA-Oran, l’en- trée en fonction d’Egypt Air qui a émis le vœu de s’installer à Oran. Notre source indique que les services de la compagnie égyptienne ont déjà entamé une série de prospections à travers des visites

aéroportuaires. L’arrivée du premier vol à Es Sénia en provenance de la ville de Saint- Étienne est prévue aujourd’hui à 15h45, a-t- on précisé de même source. Ainsi, trois vols hebdomadaires sont pro- grammés sur l’aéroport d’Oran et un autre sur l’aéroport Messali-Hadj à Tlemcen- Zenata. Tout en exploitant sa flotte en affrè- tement pour le compte d’autres compagnies françaises, notamment dans l’aviation d’af- faires, AAA, anciennement Atlantique Air Assistance, développe un réseau de lignes régulières vers le Maghreb. “Elle reliera Paris-Vatry, à Alger, Oran, Tlemcen en Algérie ainsi que Oujda et Casablanca au

Maroc. Les vols vers le Maghreb sont assurés par un Airbus A320 de 180 places”, a affirmé notre interlocuteur. Il est important de souligner qu’entre jan- vier et novembre 2015, le nombre de passa- gers enregistrés pour l'aéroport d'Oran sur les deux réseaux national et international est de 1 534 564 (427 908 sur le national et 1 106 635 pour l'international). Globalement, les plateformes aéroportuaires de l'EGSA-Oran ont enregistré durant cette période un peu plus de 2 millions de passagers tous réseaux confondus, des chiffres qui seront appelés à la hausse de 3% en 2016.

K. REGUIEG-ISSAAD

ORAN

Arrestation

Découverte

d’un repris

de 169 cadavres

de justice

en 11 mois

n Les policiers de la 15e Sûreté urbaine ont arrêté un repris de justice, âgé d’une quarantaine d’années, impliqué dans de nombreuses affaires de vol. Le mis en cause a été localisé dans une wilaya voisine, et en vertu d’une autorisation d’extension de compétence, les policiers l’y ont appréhendé. Il a été placé sous mandat de dépôt.

n 169 cadavres de personnes décédées dans des circonstances pas toujours résolues ont été découverts pour les 11 premiers mois de 2015 par les services de la Protection civile à Oran. Si certaines morts sont naturelles, dues principalement à des crises cardiaques ou des raisons médicales, des cas restent encore suspects de personnes ayant perdu la vie dans leur domicile, sur leur lieu de travail ou des endroits isolés.

AYOUB A.

A. A.

Un sexagénaire mortellement percuté par un véhicule à Oued Tlélat

n Un sexagénaire a été mortellement heurté par une Dacia immatriculée à Mascara conduite par L. B., 52 ans. L’accident s’est produit, mardi, à 17h50, sur la RN2 à Oued Tlélat. La victime a succombé sur place à ses blessures à la tête, une enquête a été ouverte.

A. A.

Un mort sur la voie publique à Arzew

n Le corps d’un sexagénaire a été découvert, mardi, sur la voie publique, à haï Akid- Abbas, à Arzew. Le même jour, et à 15h21, le corps de B. M., 81 ans, a été découvert, dans un domicile, à El-Hamri, dans un état de décomposition avancée. Une enquête a été ouverte.

A. A.

Un bébé mort abandonné à la gare d’El- Hamri

n Le corps sans vie d’un bébé de 11 mois a été retrouvé, mardi, à 23h50, à la gare routière d’El- Hamri. Une enquête a été ouverte.

A. A.

routière d’El- Hamri. Une enquête a été ouverte. A. A. BRÈVES de l’Ouest AÏN TEMOUCHENT 2300

BRÈVES de l’Ouest

AÏN TEMOUCHENT

2300 doses de vaccin contre la poliomyélite

 

Dans le cadre du nouveau calendrier

national de vaccination des enfants contre la poliomyélite dont la campagne a débuté, mardi dernier, le P r Ismaïl Mesbah, directeur de la prévention auprès du département de la santé, a précisé que contrairement aux années précédentes où la vaccination se faisait à l’aide de gouttes, l’actuelle campagne a introduit la vaccination antipoliomyélitique injectable. Elle sera suivie d’un nouveau vaccin destiné à lutter contre les infections pneumococciques chez les enfants. La wilaya de Aïn Témouchent a bénéficié, quant à elle, de 2300 doses de vaccin antipoliomyélitique réparties à travers ses 64 établissements publics de santé. Le D r Bentouir Baroudi, chef du service médecine préventive auprès de la direction de la santé de la wilaya, a expliqué qu’avec le nouveau vaccin, l’immunité des enfants sera davantage renforcée.

 

M.

LARADJ

 

ADRAR

Démantèlement d'un réseau de prostitution

Les éléments de police judiciaire relevant

de la Sûreté de wilaya d'Adrar ont démantelé, cette semaine, un réseau de prostitution qui avait pris ses quartiers dans l’appartement de la matrone présumée, K. F., 63 ans. Les policiers, munis d'un mandat de perquisition, ont investi les lieux et appréhendé neuf personnes dont trois femmes.

 

R.

ROUKBI

 

TIARET

Les travailleurs de l’EPTUS en grève illimitée

Les travailleurs de l’Entreprise publique

des transports urbains et suburbains (EPTUS) de Tiaret observent, depuis hier et pour une durée illimitée, un mouvement de protestation pour dénoncer la situation dégradée de leur entreprise. Dans un communiqué remis à notre bureau, ces derniers réclament, en premier lieu, le renouvellement de la section syndicale, la perception de la prime de rendement collectif (PRC) non reçue depuis 2008, la revalorisation de la grille des salaires et le contrôle de la gestion des œuvres sociales qui manque de transparence jusque-là. Dans la foulée, les protestataires dénoncent le non-respect de la convention collective du travail et l’arbitraire dans le recrutement des permanents qui ne tient compte ni de l’ancienneté ni de l’expérience professionnelle. L’annulation des sanctions disciplinaires de premier et deuxième degrés, infligées depuis plus d’une année, fait aussi partie des revendications des travailleurs qui n’ont pas omis de signaler la non application de l’article 87 bis. Par ailleurs, il est précisé dans ledit communiqué que le débrayage a été décidé après une rencontre avec le directeur de l’entreprise auquel a été soumise la plateforme revendicatrice et à l’issue de laquelle un ultimatum de 10 jours a été accordé pour avoir des réponses et des éclaircissements.

 

R. SALEM

 

MASCARA

Pénurie de bouteilles de gaz butane

La disponibilité de la bouteille de gaz

butane se pose avec acuité dans la wilaya de Mascara notamment au niveau des communes dépourvues de gaz de ville. Selon un agent de Naftal, le problème réside dans l’absence de bouteilles vides. Pour lui, le produit est disponible mais il y a pénurie de bouteilles. “Ceux qui en possèdent les stockent et en privent les autres”.

A. BENMECHTA

18

Actu-Alger

Jeudi 17 décembre 2015

LIBERTE

DISPARITION D’UNE ÉLÈVE AU CEM DJEBEL- CHELIA (AÏN TAYA)

Ses parents lancent un SOS

n Tout a commencé le lundi 7 décembre lorsque B. Baya dite Chahinez, âgée à peine de 15 ans est sortie de son domicile familial, comme chaque jour, pour rejoindre son CEM Djebel- Chelia de Aïn Taya, mais sans jamais revenir. Le père, Kamal et la mère ont attendu ce jour là, désespérément le retour de leur fille, jusqu'à une heure tardive de la soirée mais en vain, l’adolescente est portée disparue. Elle n’a plus donné signe de vie à ce jour. Alertés par la famille le lendemain de sa disparition, les éléments de la gendarmerie d’Aïn Taya ont vite déclenché une enquête en collectant toutes les informations ayant un lien avec la disparition de Chahinez. Contacté par nos soins, le père de la disparue qui était abattu et ne pouvant même pas s’exprimer nous a déclaré : “Ma fille est sortie lundi matin pour aller au collège, mais elle n’est plus revenue. Ma fille je l’ai éduqué et je ne lui ai appris que des bonnes choses. Je sais qu’elle est entre les mains d’une bande de malfaiteurs”. Et d’ajouter : “Sa mère ne sait plus ce qu’elle fait, elle est gravement malade, je l’amène chaque jour à l’hôpital. Son état de santé s’est vraiment détérioré après la disparition de notre fille. Je demande aux citoyens de m’aider à retrouver ma fille. Depuis sa disparition, ma vie est bouleversée, je sais plus quoi faire. Je demande de l’aide car on est une famille pauvre. Nous attendons chaque jour le retour de notre fille à la maison”. Les copines de Chahinez tentent de retrouver sa trace, via les réseaux sociaux surtout Facebook, où la photo de l’adolescente disparue est affichée pour que les internautes partagent l’avis de recherche. Au CEM Djebel-Chelia, on ne cesse d’évoquer cette collégienne disparue qui est en 2 e année moyenne. Les élèves, les profs ou les agents d’administration sont choqués par la disparition de Chahinez. D’ailleurs la photo de l’élève, est placardée à l’entrée du CEM. La disparition de Chahinez a mis, aussi, les parents d’élèves en alerte. Les services de la sûreté urbaine d’Aïn Taya sont, aussi, en alerte maximum. La seule question qui et sur toutes les lèvres à Aïn Taya est : qui est derrière l’enlèvement de Chahinez? Ses parents gardent tout de même l’espoir que Chahinez revienne à la maison.

N. Z.

ÉRADICATION DU COMMERCE INFORMEL

Bachdjarah se débarrasse de ses revendeurs à la sauvette

L’image de désolation que générait le carrousel de camelots aux abords des marchés de légumes et de fruits de la localité est maintenant loin dans le rétroviseur.

B achdjarah est l’une des rares communes d’Al- ger qui soit venue à bout du marché informel au- quel était confrontée une population qui a

failli en venir aux mains avec les ca- melots si envahissants. Et depuis, la quiétude s’en ressent sur le citoyen, notamment aux alentours de l’îlot d’habitations contiguës au marché Brinis-Mouloud, où le squat de trottoirs n’avait d’égal nulle part ailleurs. Donc, c’en est bel et bien fini du désordre qui avait présagé tant de fois de l’irréparable ; on se rappelle des querelles entre les riverains et les colonnes de marchands ambulants. À ce propos, Sahraoui Bouzid, le mai- re de Bachdjarah, a déclaré : “Pré- sentement, nous sommes dans l’attente de la livraison d’un marché couvert de type Batimétal d’un volume d’une quarantaine de locaux, qui procure- rons sans doute emplois et gains ex- clusivement à d’authentiques chô- meurs de la commune. Pour cela, il est prévu d’attribuer un local pour deux bénéficiaires, afin de faire le maximum

d’heureux parmi nos concitoyens. Certes, le nombre de vendeurs infor- mels a diminué d’une façon appré- ciable, eu égard à la résorption de l’ha- bitat précaire, où 1040 familles de Hay Ennakhil ont été relogées au début de l’année dans différents sites de la Mi- tidja, dont la ville de Larbâa. Donc, il

est vrai que l’opération de reloge- ment de nos sans-logis a concouru à diminuer nettement l’effectif des squat- teurs de trottoirs, particulièrement aux abords du marché Brinis-Mou- loud.” À ceux-là, s’étaient ajoutés les habitants de l’ancienne ferme agricole Ben Boulaïd et les résidents de la cité d’“Urgence” de triste mé- moire, baptisée au nom de l’ancien président du sénat Bachir Boumaza pour l’avoir inauguré en 1963, a-t-on su de notre interlocuteur. En fin de compte, le relogement s’est avéré cette aubaine trop belle pour l’équi- pe municipale de Bachdjarah, qui vient de réussir la gageure d’éradiquer le commerce informel qui causait tant de torts aux commerçants légaux. Du reste, l’image de désolation que générait le carrousel de camelots aux abords des marchés de légumes et de fruits de la localité est maintenant loin dans le rétroviseur, à l’instar du mar- ché appelé communément “Mar-

seille”. C’est dire que le programme de relogement qu’a initié la wilaya d’Alger a réussi là où a échoué l’ac- tion “coup-de-poing” des pouvoirs publics d’éradiquer les méfaits du né- goce informel. Alors, pour dissuader à tout jamais d’éventuels squatteurs, force est d’admettre que les com- missariats de proximité ont été d’un apport appréciable. “De ce fait, le mar- ché d’une capacité d’accueil de 500 étals vient d’étoffer davantage l’action sociale de proximité. En effet, nous avions préservé ce souk de la démoli- tion qui a effacé l’hideuse image de la cité des Palmiers du paysage de Ba- chdjarah. Malheureusement, nos pro- jets se heurtent en ce moment à la ra- reté du foncier, d’où la résolution de faire du marché l’usage d’entrepôt, voi- re de bureaux pour nos structures tech- niques”, a ajouté notre interlocu- teur. Mieux, en l’absence de vendeurs informels, l’exécutif municipal pro- fite, sinon s’autorise la liberté, voire

même le luxe d’aménager ses “as- wak”, notamment le souk sis au lieu- dit Djenane-Mabrouk, où le chantier inhérent à l’embellissement des lo- caux a été inauguré, il y a trois mois, nous dit le maire. Toutefois, la commune de Bachdja- rah demeure indigente en matière de perception de l’impôt. “À l’indigence de notre ressource humaine, particu- lièrement au chapitre du personnel de l’encadrement technique, s’ajoute l’in- suffisance de notre trésorerie, inapte à auto-subventionner nos projets so- ciaux d’accompagnement. À ce sujet, nous n’avons d’autre alternative que le recours au financement que garantit le plan de développement local (PCD)”, a conclu notre interlocuteur. Forte d’une population de 90 000 âmes, Bachdjarah a basculé dans la précarité sociale depuis la fermeture de l’usine Michelin sise à Hay El-Badr (ex-Lotissement Michel).

L. N.

Éradication des dernières poches de bidonvilles

n “Happy end” pour 280 familles éligibles au relogement ! Celles-ci viennent d’être attributaires de nouvelles demeures. C’est ce qui ressort de la déclaration du maire de Bachdjarah : “Il s’agit des occupants de l’ancienne ferme Gaspard de Prony ainsi que des résidents de la vétuste exploitation agricole Jaïs, située à la rue Ali-Saâdi et les âmes malheureuses qui s’entassaient dans les favelas d’Oued Ouchaïah, notamment dans le baraquement édifié le long des rues A, E, et C.” Outre cela, se sont ajoutés les

250 habitants du bidonville érigé au cœur de la forêt des Palmiers ainsi que 90 familles recensées au camps du lieudit El-Qaria d’Oued Ouchaïah et autant à la favela d’El-Kharroub. Au demeurant, la liste s’est élargie davantage, puisqu’il était prévu d’ajouter aussi la ferme Sigui, établie à Haï El- Badr. ≤Du reste, il y en aura du foncier pour permettre l’embellissement de l’aspect urbain pas du tout attrayant de Bachdjarah.

L. N.

LA 20 e OPÉRATION DE RELOGEMENT LANCÉE HIER

6 000 familles concernées

L a 20 e opération de relogement dans la capitale concerne au to- tal 6 000 familles occupant des

bidonvilles ou des caves ou encore des terrasses d’immeubles. La première phase de l’opération a débuté hier mercredi. Lors d'une conférence de presse animée avant- hier, le wali d’Alger a indiqué que le recasement de quelque 6 000 fa- milles de 16 communes de la capita- le se fera en 4 étapes. Ainsi donc, pas

moins de 1 093 familles de 6 com- munes sont concernées. Il s'agit des communes de Kouba, El-Harrach, Bachdjerrah, El Magharia, Hussein Dey et Rouiba. La 2 e étape concernera 5 communes à savoir Rouiba, Dar El Beida, Hus- sein Dey, Bologhine et Bordj El-Kif- fan, avec un total de 1.297 familles. La 3 e étape touchera les communes d’Oued Koriche, Bouzaréah, Alger- centre, Sidi M’ hamed, Gué de

Constantine, Bordj El-Kiffan, Mo- hammadia, Baraki et El-Harrach avec 1 113 familles. La 4 e étape concernera la commune de Gué de Constantine où les bidonvilles 1, 2 et 3 d’Aïn El Malha seront rasés. 2 380 familles seront touchées en plus des habitants de la cité Sonelgaz. Les sites d'accueil des familles relogées sont répartis à travers les communes d'El-Harrach, Birtouta et Bordj El- Kiffan. Il s'agit également de nouvelles

cités dont la cité des 4 359-Logements à Rachid Kourifa (El-Harrach), la cité des 871-Logements à El-Kahla (Bir- touta) et les cités des 411+302-Lo- gements à Dergana (Bordj El-Kiffan). Rappelons enfin que la première opération de relogement dans la ca- pitale lancée par les services de la wi- laya d'Alger remonte à juin 2014.

A. A.

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ANEP n°357 349 Liberté du 17/12/2015
ANEP n°357 349 Liberté du 17/12/2015
LIBERTE Jeudi 17 décembre 2015 Environnement 19 ACCORD À LA COP21 Entre prouesse diplomatique et

LIBERTE

Jeudi 17 décembre 2015

Environnement

19

ACCORD À LA COP21

Entre prouesse diplomatique et confusion dans les objectifs

“Le texte que nous avons bâti ensemble constitue le meilleur équilibre possible.” C’est par cette phrase que Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères français, a répondu aux sceptiques sur l’accord universel qui a clos les travaux de cette 21e conférence internationale sur le climat.

M ais pour mesu- rer le chemin parcouru, il faut partir de la mission assi- gnée à ce ren-

dez vous, à savoir arriver à un accord universel juridiquement

contraignant permettant de limi- ter le réchauf- Par : fement clima- tique à 2°C à
contraignant permettant de limi-
ter le réchauf-
Par :
fement clima-
tique à 2°C à la
RABAH SAÏD

fin de ce siècle. Force est de constater que les contributions volontaires trans- mises par les États, en tout cas les plus pollueurs d’entre eux, étaient loin de cet objectif. Elles sont plu- tôt dans la cible des 3°C au mieux. Les raisons sont multiples :

contraintes de politiques inté- rieures, force des lobbies, refus des principaux pays producteurs du pétrole de limiter leur production, refus des pays riches d’assumer un transfert de ressources (finance- ments, technologie) et des com- pensations dans les catastrophes liées au dérèglement du climat… Il

fallait donc changer son fusil d’épaule pour ne pas se séparer sans accord, comme à Copenhague.

Un équilibrisme de rigueur

Le résultat de ce “compromis” est d’abord l'absence de quotas chif- frés. Les rapports du Groupe inter- gouvernemental pour l’évolution du climat (GIEC) sont sans ambi- guïté, une cible de 1,5°C signifie clairement une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 70 à 80% d'ici la deuxième moitié du siècle et conséquemment la fin programmée de l’utilisation du charbon, du pétrole et du gaz pour laisser place à “zéro émission” bien avant 2100. La formule qui consis- te à viser 1,5°C sans chiffrer les réductions est semble-t-il l’œuvre d’un groupe de 80 pays parmi les- quels les pays africains et des Caraïbes ainsi que l’Union euro- péenne, les États-Unis et le Brésil ; le tout sous la pression d’ONG et de la société civile en général. Pour

D. R.
D. R.

ce faire, il y a lieu d’arriver à l'équi- libre entre les émissions anthro- piques (causées par l’homme) et les capacités d'absorption naturelle de la planète, ce qui suppose un rôle prépondérant à donner aux puits de carbone, c'est-à-dire les forêts pour un bilan “zéro émis- sion” vers la seconde partie du siècle. Mais les négociations étaient sur la corde raide comme l’illustre la bataille sur le mot anglais “shall” (doivent) qui figu- rait dans une version antérieure de l’accord. Shall “est juridiquement contraignant” et, selon le New York Time du 5 décembre, ces cinq lettres ont affolé l’Administration Obama. À quelques heures de la présentation du texte, le terme a

remplacé par

été

“should” (devraient), moins contraignant. D’où le paragraphe 4 de l’article 4 qui devient “les pays développés devraient (et non plus doivent) continuer à être en première ligne pour mener à bien des plans natio- naux de réduction d’émissions de gaz à effet de serre”. Ouf ! Mais on peut le comprendre, car selon les juristes si le mot avait été mainte- nu, le texte de l’accord passera automatiquement au Sénat améri- cain (tout ce que voulait éviter Obama) dominé par les républi- cains eux-mêmes dominés par les

Les 195 pays ont adopté un accord sur le climat.

climato-sceptiques (qui pensent que l’homme n’est en rien respon- sable du changement du climat). Le site de référence australien (abc.net) rapporte les incidences de ce changement (shall) et la menace du Nicaragua pour se reti- rer de la conférence ainsi que les interventions de Cuba pour le faire revenir et plus tard celles de la Chine qui ne voulait pas d’un retrait des États-Unis.

Des faiblesses certaines

La combustion des énergies fos- siles continue à ne pas être motionnée explicitement comme responsable de l’accumulation des gaz à effet de serre (GES) et la tari- fication carbone a été retirée du texte d’accord. Conséquemment (?) les secteurs du transport inter- national maritime et aérien sau- tent aussi. Optionnels dans le texte transmis par les négociateurs aux “politiques”, le paragraphe qui trai- te du sujet a tout simplement dis- paru ; pourtant ce secteur est res- ponsable de 8% des émissions de GES. Une autre faiblesse concerne les compensations. En effet, si l’ac- cord décrit “l’importance de préve- nir, minimiser et aborder les pertes et dommages associés aux effets négatifs du changement climatique, incluant les événements extrêmes et les événements à évolution lente

(mers, océans)…”, la responsabilité des pays développés en tant qu’émetteurs his- toriques des GES est évacuée pour être logée dans “l'entente” ou “le soutien” entre pays. Quant aux objectifs des pays en termes de réduction, on peut lire dans l’ac- cord (II-13) “renou- velle son invitation à toutes les parties qui ne l’ont pas encore fait de faire part au secré- tariat de leurs contri- butions prévues déter- minées au niveau

national en vue d’at- teindre l’objectif de la Convention tel qu’il est énoncé en son article 2 dès que possible et bien avant la vingt-deuxième session de la Conférence des parties (novembre 2016) et d’une manière propre à améliorer la clarté, la transparence et la compréhension des contribu- tions prévues déterminées au niveau national”. C’est donc plus un souhait qu’une obligation.

Restons optimistes

La prochaine conférence (COP22) est prévue au Maroc du 7 au 18 novembre 2016. Hakima El-Haité, la ministre marocaine de l'Environnement, souhaite que cette COP22 soit celle “de l'action, de l'innovation et du partage des solutions”. D’ici là, il faut espérer que les engagements auxquels se sont astreints les États et les multinatio- nales ne seront pas que des vœux pieux. L’objet n’est pas simple, il s’agit de décarboner la production des biens et des services à l’échelle de la planète. En face d’un système financier mondial maintes fois pointé du doigt pour avoir créé son propre univers et en l’absence d’une gouvernance mondiale, le pari paraît difficile.

R. S.

ASSISES NATIONALES SUR L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE HORIZON 2030

Les slogans à l’honneur

L es Assises nationales sur l’aménagement du territoire se sont tenues le lundi et le mardi (14 et 15 décembre) à Alger pour

“actualiser et mettre à jour le plan national d’aménagement du territoire pour l’horizon 2030”. Il est question “d’examiner les moyens de construire une économie nationale diversifiée hors hydrocarbures”. Plus de 1200 acteurs du secteur se sont retrouvés au Palais des nations (Club des Pins) pour, selon le ministre de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de l’Artisanat, Amar Ghoul, “régler la boussole de l’économie nationale ainsi que celles du fon- cier, de l’investissement et du découpage admi- nistratif”. Il explique que cette rencontre est motivée par le souci de gérer dorénavant le ter-

ritoire en fonction de paramètres purement économiques qui prennent en ligne de compte la rentabilité et les spécificités de chaque région et non pas de manière administrative qui par- fois n’obéit à aucune considération et pertinen- ce économiques. Pour rappel, le Schéma national d’aménage- ment du territoire (SNAT), élaboré en 2010, prévoit une révision tous les cinq ans des poli- tiques autour des quatre lignes adoptées, à savoir la durabilité des ressources, le rééquili- brage du territoire, l’attractivité et la compétiti- vité des territoires, l’équité sociale et territoria- le. On note l’absence du Premier ministre et d’une partie importante du staff gouvernemen- tal en charge des dossiers économiques. La

conjoncture financière et les incertitudes qu’el- le fait peser sur la situation politique et écono- mique du pays ne sont pas de nature à appré- hender des questions de fond et de long terme. Les annonces antérieures du ministre de tutel- le, Amar Ghoul, comme “l’Algérie va construire 500 000 lits dans le secteur du tourisme dans les cinq prochaines années (100 000 par an)” alors que le pays a eu toutes les peines du monde pour arriver à 200 000 depuis l’indépendance, discréditent aux yeux de beaucoup ce rendez- vous. Vue l’importance du sujet qui est cœur du développement durable nous reviendrons plus longuement sur cette question

R. S.

ÉCHOS

NÉGOCIATIONS À LA COP21

Les pays du Golfe emmenés par l’Arabie Saoudite se distinguent

n Lors de la Conférence

internationale sur le climat, les pays du Golfe se sont distingués en s’opposant sur plusieurs fronts. Le premier est relatif à la fixation de la hausse de la température à ne dépasser à la fin du siècle pour permettre l’adaptation des espèces végétales et animales, les fameux 2°. Le deuxième est l’opposition à participer à l’alimentation du Fonds vert au motif que ces pays ne sont pas des pays développés ; sur ce sujet, plusieurs pays industrialisés estiment que le niveau de consommation et donc de l’empreinte écologique des monarchies pétrolière n’ont rien à leur envier. Le troisième est l’introduction du mécanisme de révision des ambitions à la hausse après 2020 (c’est-à-dire après que l’accord de Paris serait entré en vigueur). Enfin le quatrième point d’achoppement est le refus de toute référence au principe du respect des droits de l’Homme.

R. S.

CHANGEMENTS

CLIMATIQUES

Les femmes africaines au premier plan

n Hindou Oumarou Ibrahim est

coordinatrice de l'Association des femmes des peuples autochtones du Tchad. Présente à la CoP21, elle milite pour la reconnaissance de l’impact exceptionnel des changements climatiques sur les femmes en Afrique et pour un mécanisme “pertes et dommages”. Dans un entretien au journal électronique Novethic (site d’économie responsable), elle pointe du doigt l’exode massif des hommes pour chercher du travail et verser de l’argent à leurs familles à cause de sécheresses longues et répétitives. Au Tchad, dit-elle, cet exode qui vide les villages fait qu’“elles travaillent deux fois plus : elles s’occupent du foyer, des enfants et des personnes âgées. Elles font le travail des hommes, elles travaillent la terre, s’occupent des bêtes. Avec le réchauffement climatique, ce travail est devenu plus dur : il faut

aller de plus en plus loin pour

trouver des pâturages et chercher de l’eau”. C’est toute la structure familiale qui est bouleversée. L’instabilité sociale s’installe dans les communautés. “Les hommes partent dans les villes chercher du travail, mais il n’y en a pas. Et ils ont honte de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles. Quant aux femmes, elles sont surchargées de travail et doivent laisser de côté des aspects importants de la vie sociale dont elles ont la charge, comme l’éducation des enfants. Voilà ce que la désertification veut dire. L’impact du réchauffement climatique, nous le ressentons directement, concrètement, parce que nous vivons avec la nature”, ajoute la militante tchadienne.

20

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Jeudi 17 décembre 2015

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