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notes autour de

Comment le langage est venu à l'homme
J.-M. Hombert et G. Lenclud
janv. 2014
(merde, pas à moi !)
˪Une odeur de fruit brûlé, ou fermenté ?˺

ͻ progression dans les (hypo)thèses des auteurs

Le Monde résumait: (1) le langage n'aurait que 70 à 80.000 ans, soit une très courte
période à l'échelle humaine ! mais (2) la "grammaire comparée", basée sur le postulat
controversé de l'existence d'une langue mère, ne remonte que jusqu'à 8000 ans, ce qui rend
impossible l'atteinte de son objectif
"L'échelle humaine" est-elle culturelle ou biologique ? Y-a-t-il un point d'inflexion entre
l'évolution biologique et la transmission de la culture, qui serait paradigme de l'humain ?
Y en aura-t-il un autre entre évolution culturelle et autonomisation de l'intelligence
artificielle, qui serait celui du post-humain ? Y-a-t-il un ou plusieurs moments de
l'apparition du ou des langages ?
On va croiser ici le biologique, le culturel et le linguistique; J.-M. Hombert est ingénieur
en informatique et linguiste, G. Lenclud anthropologue, et l'archéologue J.-P. Demoule
viendra aussi détricoter des mythes (Mais où sont passés les Indo-Européens, le mythe
d'origine de l'Occident, Seuil, déc. 2014). On est ici cognitiviste, centré sur l'évolution de
modules internes qui deviendraient des "cassettes" du langage, mais on pose aussi des
hypothèses en bons scientifiques.

1

LIMINAIRES
L'existence d'une langue-mère est indémontrable, depuis notre système logique. Mais
peut-on postuler un prélangage, c'est-à-dire un mode de communication sans possibilité
d'expression de la pensée ni du temps, précédant la soi-disante illimitation conceptuelle du
langage actuel ? (la logique intrinsèque du langage verbal ne permet pas d'exprimer le
continu de la pensée préverbale; le verbal ne fait que mettre en forme toute pensée). Peuton envisager une évolution encore vers un langage complet, continu, et donc alogique, ou
basé sur une logique de plus en plus floue ? Un langage non plus témoin de notre
réflexivité, mais qui touche réellement à la pensée et à l'objet en même temps ? Ou n'est-ce
le langage de la psychose et du poète ? L'évolution "digitale" d'aujourd'hui, post-humaine,
assemblage d'images plus ou moins réelles, plus ou moins générées par la machine, n'estelle pas distanciation de la pensée ?

L'embrasement symbolique en Europe au début du paléolithique supérieur (-35.000,
art mobilier et pariétal) pourrait-être contemporain de l'expression à voix haute d'une
pensée. Pure hypothèse: il est peut-être seulement l'expression de la réflexivité, de la
conscience de la distanciation entre l'homme et de la nature (cf. R. Poulet, Le vol du
Harfang des neiges, 2015); et langage n'implique pas voix (M. Griaule: "le symbole est
parole en ce bas-monde").
Pour l'heure (p.12) malgré mon a-priori sur les concepts de développement anthropo- et
cérébro-centrés des cognitivistes (la note 1 de l'ouvrage pose un "esprit/cerveau" en entité
à dépendance génétique, "les faits psychologiques n'étant pas isolables de leur substrat
matériel"), et malgré un postulat cybernétique de la "pensée", le ton de ce livre me semble
scientifique: "il y a des obstacles à notre projet; il n'y a pas de fossiles du langage; nous
faisons l'hypothèse d'un seuil génétique du langage, qui est survenu tardivement dans la
lignée humaine; est débattu également l'arbitraire des signes linguistiques:

Une génétique évolutive du symbolique, mais une éclosion culturelle du langage. Dans
le Cratyle de Platon (repris par les stoïciens, et théorie également développée par l'Inde
ancienne, où le sanskrit s'impose aux visions du monde des rishis), "les choses imposent
2

les noms qui leurs sont donnés par l'homme", le langage relie la forme au contenu par
nature (phusei); mais Hermogène pose lui arbitraire du langage, la convention (thesei). Les
auteurs posent alors l'hypothèse d'une antécédence probable des signes sur l'accord
social de leur utilisation: les signes résulteraient d'un seuil génétique d'aptitude à leur
formulation, tandis que leur fonction de désignation serait de l'ordre d'une culture
secondaire à l'acquis cognitif. Alors, on peut tenter de décrire à rebours le processus
biologique évolutif qui a permis l'énonciation de ces signes non encore incorporés dans un
langage. Il y aurait une éclosion programmée du symbolisme, mais pas du langage; un
processus à deux étapes dans l'acquisition du langage, la production du discours, puis
son interprétation. L'origine du langage elle est interconnectée à celle de la culture, cette
capacité à conférer des significations non naturelles différentes aux entités peuplant le
monde ("L'homme donna des noms à tous les animaux, B. Dylan/G. Allwright): la
délimitation du génétique et du culturel semble bien posée. Et la non-synchronicité, en
conséquent, des processus biologiques (des modifications évolutives non coordonnées a
priori dans l'optique de la production d'un langage), linguistiques (processus cognitifs puis
relai culturel), et culturels. Une causalité génétique, évolutive du langage, et (mais
ultérieurement) son avantage sélectif via son impact nutritionnel, l'amélioration des
stratégies de chasse et de cueillette (Chomsky).
Le mode de travail des auteurs est la confrontation des deux voies biologique et culturelle.

ͻ un seuil génétique du langage; un prélangage vocal évolutivement mis à disposition
ͻ une attribution secondaire du symbole

Langage verbal
Pensée logique préverbale
Pensée psychique plus ou moins alogique, plus ou moins continue
Inconscient freudien alogique
Pensée archaïque, originaire (celle du trauma, de la mort, etc...)
Plotin et l'océan de la pronoïa au filtre symbolique du moi, de la conscience réflexive
Logique restreinte du langage et exploratoire d'une pensée extra-türingienne
Longue immaturité de l'enfant d'homme et de la fenêtre de façonnage symbolique

3

THEORIES SUR L'ORIGINES DU LANGAGE ET DES LANGUES
Inarticulation animale de l'enfant sauvage ?
Des coupures ou une continuité dans l'évolution ?
Des processus génétiques et culturels en parallèle ? Synergiques ou libres ?
Récits des mythes, décrets des religions (Babel est monde polyglotte industrieux, que Dieu
punit - ou valide - par multiplication des langues, et la confusion qui s'en suit, n'autorisant
que des retours à la nature qu'en Pentecôte...), modèles des sciences, contexte figé du
"dessein intelligent".

1. La désynchronisation de l'histoire et de la linguistique.
L'institution Eglise interdit au Moyen Âge de se poser la question de l'origine du langage !
Mythe fondateur de l'hébreu, véhicule du latin. Laïcisation de la Renaissance, Rabelais
introduit le terme "arbitraire" pour le langaige (un retour à l'anticratylisme, étude du signe
linguistique). L'hypothèse des auteurs se précise (p. 59): le signe n'est pas imposé par la
chose mais par un processus à guidance en partie génétique, arbitraire par rapport à la
chose qui sera désignée dans une liberté de nomination: une incarnation animale du signe,
mais la contingence de son émission. Le XVIIè, le "Grand Siècle", celui de l'esprit
casanier, provincial, cartésien produit La Grammaire générale et raisonnée dite de PortRoyal: principe créateur de la raison humaine, et animal-machine. L'histoire n'y travaille
plus, mais la logique, dans un "présent intemporel", que rejoindra plus tard Chomsky,
longtemps opposé à l'idée d'une évolution du langage (un produit culturel, en effet,
n'évolue pas verticalement comme un être biologique mais diffuse concentriquement en
nappes et s'interpénètre des autres cultures, c'est toute la thèse de Mais où sont donc passés
les Indo-Européens ? de J.P. Demoule, déc. 2014, qui démonte "au passage" les mythes
racistes associant évolutions biologiques et culturelles). Mais la progression des études
sanskritiques, dont on découvre les similitudes avec le latin, va pourtant mettre en avant
l'idée d'une "langue-mère"; le siècle des "Lumières" sera l'âge d'or des essais sur l'origine
du langage, avec Rousseau et Herder, dont certains thèmes, après la "césure structuraliste"
du XXè, resurgiront au XXIè siècle: les gestes communicatifs des grands singes sont-ils
(Rousseau) les précurseurs phylogénétiques du langage ? Ou bien un répertoire de
vocalisations (Herder) ? Des signaux combinés, en équivalents de mots, et en référence à la
4

chose, ou bien des "blocs" holophrastiques (mot-phrase) vocaux désignant la chose (et/ou
son aura) ? La seconde hypothèse est privilégiée au XVIIIè.

ͻ un prélangage vocal (ou gestuel ?) évolutivement mis à disposition de l'homme (en un
ou plusieurs foyers ?)
ͻ une attribution secondaire du symbole, et l'interpénétration culturelle des différentes
langues créées

Une voie gestes/idéogrammes/musique (art pariétal des penseurs-poètes-chamanes), et
une autre des "concepts", de ceux qui chassent, dehors, exigence d'efficacité et de
rapidité ?
The singings neanderthals, 2006, S. Brown (p. 78 de CLVH): séparation des centres de la
musique et de la parole, il existe des patients amusiques (par atteinte du gyrus frontal
inférieur) comme il existe des patients aphasiques. Alors, un langage composite gestuel et
vocal, antérieur ou évoluant de façon plus ou moins indépendante du symbolisme du
langage ? Une expression initiale de l'aura benjamienne de la chose, perdue ensuite dans le
symbolique utilitaire ? Un objet saisi initialement dans ses aspects passionnels, une
sympathie de la gestuelle, puis un son symbolique produit au filtre corporel ? A contrario,
hypothèse neurobiologique pour certains auteurs d'un précurseur évolutif commun aux
sens de la musique et du langage (cher amusique tonal...).
Image sans plus d'aura du cyberlangage post-humain
Grammaire comparée du XIXè, structure interne du langage, Shlegel, puis Saussure. W.
Jones, Calcutta, 1786, études indo-européennes, "racines verbales". Typologie, langue en
ensemble d'éléments phoniques (le poids de l'écrit s'efface !), variations de racines,
étymologie, parentés entre langues. Exit les "premiers cris de la nature" ! La langue est
assimilée à un organisme...
Société de linguistique de Paris, 1886: en réaction au romantisme allemand (et son indoeuropéanisme), interdit à nouveau sur les communications traitant de l'origine du langage !
Fixisme catholique. Rupture avec la grammaire comparée, Saussure et la linguistique

5

générale, descriptive, synchronique. Refus de la notion d'une transition entre un état nonlinguistique et un état linguistique de l'humanité ! Ethnographie, réduction à la méthode
comparatiste (alors que les artefacts linguistiques anciens sont par définition inaccessibles).
Struturalisme, grammaire générative de Chomsky.

ͻ il existe un état pré-linguistique de l'humanité
ͻ un prélangage global, vocal et/ou gestuel, évolutivement mis à disposition de l'homme
ͻ une attribution secondaire (et arbitraire ?) du symbole, et l'interpénétration culturelle
des différentes langues créées

2. Hypothèses structuralistes et hypothèses évolutives
Linguistique générale de F. Saussure, 1915: "la langue envisagée en elle-même et par ellemême". Un système, dont les mots, les morphèmes, etc... n'existent que par leurs relations
au sein de ce système. Postulat de l'absence de termes positifs (apophatisme) dans une
langue: "signifiants et signifiés ne sont que ce que les autres ne sont pas". La langue a son
temps interne, le temps lui est extérieur. La langue est forme, et pas une substance; elle n'a
ni existence, ni évolutivité. Il n'y a pas de filiation des langues, mais dans chaque région un
état de langue qui se transforme lentement. Ni frontières, ni familles de langues.
une page d'erreur sur Facebook, 2015:
"Impossible de communiquer en mode sécurisé avec le pair:
aucun algorithme de chiffrement en commun"

Linguistique générative de Chomsky, 1960': une étude de la faculté de langage, étant
donnés d'une part une grammaire mentale (basée sur un module génétique et neuronal),
d'autre part des énoncés linguistiques disponibles. Rejoint la conception modulariste de
l'esprit des cognitivistes, qui s'oppose à la notion d'une "intelligence générale", intégrative
d'emblée. Le langage est un des domaines de la cognition. La grammaire mentale est un

6

ensemble d'algorithmes traitant les représentations, les éléments discrets, et qui permet la
génération de phrases (en nombre virtuellement infini) répondant à des propriétés
formelles (sémantiques), lors de l'apprentissage d'une langue naturelle. Des algorithmes
récursifs, c'est-à-dire contenant un appel à eux-mêmes. La linguistique est l'approche de
ces systèmes formels, science cognitive, et non une institution sociale; réductionnisme
türingien de Chomsky, qui relègue au second plan l'étude de la fonction de communication,
mais développe les processus de représentation de la pensée.
Est-il possible de créer une langue ex-nihilo ?
Par l'homme, non; par l'ordinateur peut-être
On en entend "parler" qui génèrent du langage automatique sans plus beaucoup de lien à
une pensée...

ͻ un état pré-linguistique de l'humanité; la pensée et le langage ne sont pas synchrones
ͻ un prélangage global, vocal et/ou gestuel, évolutivement mis à disposition de l'homme
ͻ une attribution secondaire du symbole (avec distinction entre les fonctions de
représentation et de communication), et une interpénétration culturelle, ensuite, des
différentes langues créées
ͻ pas de langues "vivantes" autonomes, mais une cybernétique et une logique du langage

apophatisme de Saussure (réseau), dénomination infinie de Chomsky (combinatoire)

Hypothèse évolutive: le langage en trait adaptatif par rapport à sa fonction de
communication. Une histoire évolutive des structures anatomiques et des capacités
cognitives. Liebermann 1968 (neuroanatomie des sons de parole humains), Pinker &
Bloom 1990 (langage et sélection naturelle).
Mais Chomsky est défenseur d'une "macromutation", d'un "big-bang linguistique", d'un
"accroissement subit du volume cérébral et du franchissement d'un seuil cognitif", d'un
"état initial de la pensée"... Pour lui la pensée est consubstancielle au langage; l'animal
possède des capacités de réaction spécifiques aux stimuli, sans conception du temps, tandis
que l'homme peut produire un registre illimité de symboles. Anthropocentrisme de

7

Chomsky, pour qui l'évolution n'a pas de prise sur la pensée (rejoignant ainsi le
créationnisme !). Tautologie anti-évolutive: "un système complet (sic) ne peut avoir de
précurseur complet"...
Les cognitivistes et l'émergence du "surhomme".
Dérives eugénistes néonazies... et post-humaines...

Essor des sciences cognitives: distinction des structures et des fonctions du langage, de la
compétence pour le langage et de ses performances. Une évolution non forcément
synchrone de facultés phonologiques ("sculpture de l'onde sonore"), symboliques
(sémantiques), morphologiques (construction de mots à partir de morphèmes) et
syntaxiques (ordonnancement grammatical des mots). L'"organe du langage" est cependant
considéré comme un organe mental intégré entre plusieurs aires cérébrales, et connecté
avec les structures de production et de perception de la parole, du savoir conceptuel, du
savoir social (oups). L'imperfection du langage humain (son ambiguité) est un possible
compromis évolutif. Sur quelle fonction, alors, le langage a-t-il été sélectionné ? La faculté
de communication per se ? Une capacité intellectuelle englobante ? Une autre fonction ?
Ce but "poursuivi", sans le connaître ? L'homme serait l'espèce qui ne "poursuit" plus
(uniquement) le but vital ? La réflexivité, et la culture qui s'ensuit, en détournement vital ?
(p. 130)

Le poète, atteignant au langage des Dieux, est économe
L'ambiguïté reste la passe vers la pronoïa
L'inconscient, c'est de ne pas devoir nous dire à nous-même ce que nous pensons
Peut-on parler de la pensée ?
Gestualité globale/Oralité/Ecriture/Virtuosphère:
"Ecrire n'est donc pas mourir: c'est la mort qui nous dicte, contrepoint de la parole à
l'oralité des vivants"

8

ͻ un état pré-linguistique de l'humanité; la pensée et le langage ne sont pas synchrones
ͻ un prélangage global, vocal et/ou gestuel, évolutivement mis à disposition de l'homme
ͻ une attribution secondaire et arbitraire du symbole (avec distinction entre les fonctions
de représentation et de communication)
ͻ une interpénétration culturelle des différentes langues créées, mais pas de langues
"vivantes" autonomes
ͻ un "organe mental du langage", intégré entre plusieurs aires cérébrales; une
cybernétique et une logique du langage

Affinement de l'hypothèse évolutivo-environnementale:
- La construction évolutive de l'organe du langage n'avait pas pour "objectif" (unique) le
langage. Une voie, parmi d'autres combinatoires évolutives, d'un langage ?
- Tamis de la transmission générationnelle, de moins en moins efficace quand la capacité
de communication s'accroît (un seuil culturel à l'explosion syntaxique cognitive ?) (un
amortissement de l'inné par le culturel)
- Non discontinuité évolutive: des formes intermédiaires, des protolangages

ͻ un état pré-linguistique de l'humanité; la pensée (réflexivité, propre de l'homme) et le
langage ne sont pas d'émergence synchrone
ͻ un prélangage global, vocal et/ou gestuel, évolutivement mis à disposition de l'homme
ͻ un "organe mental du langage" (module "computationnel", génératif, caractéristique
de l'homme pour Chomsky) intégré entre plusieurs aires cérébrales; une cybernétique et
une logique du langage
ͻ une attribution secondaire et arbitraire du symbole (avec distinction entre les fonctions
de représentation et de communication)
ͻ l'hominisation: une continuité génétique et neurologique jusqu'au franchissement d'un
seuil culturel: le langage décloisonne l'évolution neurologique
ͻ une interpénétration culturelle des différentes langues créées, mais pas de langues
"vivantes" autonomes

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ARCHEOLOGIE, ETHNOLOGIE, NEUROLOGIE
1. Repères pour un protolangage
(Bickerton 1990)
- 7MA, Miocène: lignée des primates humains
- Australopithecus afarensis -3,6 MA: traces de pieds. Coeff. encéphalisation (ce) 2,2 à 2,9.
Individualisation du lobe F inférieur (future aire de Broca)
- H. habilis, H. rudolfensis: industrie d'Olduvaï. Lobe P supérieur G (Wernicke); les aires
visuelles sont repoussées en arrière1.
- Communication par signaux jusqu'à H. erectus (> 2 MA)
- Biface (outil acheuléen) (en Europe uniquement car extinction H. erectus en Asie ?) - 1,5
MA (ce = 3,5)
-

H.

erectus:

protolangage,

accroissement

du

volume

cérébral

et

aptitudes

représentationnelles (à la différence du signal, le mot est détaché de l'ici et du maintenant).
Ajustement aux contraintes environnementales (outils et déplacements; H. erectus, "le
grand voyageur", longiligne, gagne tout l'ancien monde: "première mondialisation"). ce = 4
- Feu en - 400.000 en Europe
- Apparition "soudaine" du langage chez H. sapiens, développement des capacités
syntaxiques (origine de l'espèce humaine actuelle entre -280.000 et - 140.000 ans selon
l'étude de l'ADN mitochondrial); migrations d'H. sapiens est-africain à partir - 200.000,
paléolithique moyen en Afrique (Middle stone age)
- Homme linguistiquement moderne: entre -100.000 et -60.000 en Afrique, soit une date
très récente dans l'humanité, mais chez des chasseurs-cueilleurs pour encore longtemps.
Evolution multirégionale très importante en Afrique. Nouvelle sortie d'Afrique entre 70.000 et - 60.000. Coexistence de plusieurs espèces d'Homo jusqu'à - 27.000 ans (=
extinction H. neanderthalis en Europe, chez qui des sépultures sont attestées à - 100.000.
Petites communautés isolées). ce = 7, cortex = 85% du volume cérébral, néocortex préF et
T inférieur.
- "Révolution culturelle"du paléolithique supérieur et de l'aurignacien - 35.000: art pariétal,
campements plus importants (plusieurs dizaines de personnes parfois), spécialisations
sociales (cf. richesse variable des sépultures), les groupes se fréquentent (cf. circulation des
coquillages)
Signal découplé probable chez erectus
1 L'aura migraineuse, se déplaçant corticalement d'arrière en avant, en retour au premier plan des
sensations visuelles !
10

Langage improbable chez neanderthalis
Langage "nécessaire" en -35.000 / capacités de symbolisation
Le protolangage serait un lexique croissant, "télégraphique", correspondant au dictionnaire
mental. On pourrait en retrouver des équivalents dans les pidgins, les parlers enfantins < 2
ans, (le "langage" des primates non-humains entraînés), (la communication de certains
déficients intellectuels). Un pidgin est une construction élémentaire observée lors de la
nécessité de communication dans une langue étrangère, la "lexification" d'une langue
étrangère; il aboutit rapidement (sur une génération) à une langue créole.
dédifférenciation linguistique et industrielle de la Zomia
La musique, ce sont des phrases, ou des phases plutôt, à la limite du langage humain

2002, le "nouveau Chomsky":
- un système conceptuel intentionnel (sémantique; "esprit", représentation, mais pas de
méta-représentation) (... IRP)
- des structures génératives du langage ("computationnel": langage au sens étroit,
syntaxique; récursivité) (... ICV)
- le système sensori-moteur (phonique): capacités de découpe du flux sonore; des capacités
d'imitation (absentes chez les primates non-humains; réduites aux sons de langue
maternelle chez l'homme)
Ce système générationnel du langage, permettant la production d'un nombre virtuellement
illimité d'expressions discrètes couplant son et sens, siège de la réflexivité, serait le
monopole de l'homme. Quelles sont, évolutivement, ses "fonctions étiologiques" ?
(orientation ? numération ? intelligence sociale ? ...). Hypothèse d'une évolution cloisonnée
pour des fonctions autres que le langage, et d'un décloisonnement chez l'homme à d'autres
domaines cognitifs.
Critiques (Pinker): la récursivité n'est pas le seul élément spécifique de l'humanité, et ne
peut à elle seule correspondre au langage au sens étroit.
Le propre de l'homme est le décloisonnement des "modules cognitifs" ! ouf !

11

2. les systèmes de communication animaux
L'anatomie envisage homologues et analogues, "modules" et phénotypes, mais éthologie et
psychologie comparée ne disposent d'aucun artéfacts. Recherche d'un lien neuroanatomie
et socialité (collection d'individus, grégarité, apprentissage). "Niche cognitive"
environnementale. Mais y-a-t-il eu une synchronie entre le génétique évolutif et la
complexification du flux de communication ?
Une intention de communication (il n'y a pas de communication végétale selon les auteurs;
la plante dont les feuilles pendent déclenche un comportement d'arrosage chez le primate
humain, mais sans intentionnalité) (pourtant le corps à un langage)
Comportements

instinctifs

ou

intentionnels

(involontaires

ou

volontaires):

la

communication est un comportement intentionnel volontaire, linguistique ou nonlinguistique; seul ce dernier serait en relation intrinsèque avec la détention de croyances
réflexives, ce propre de l'humain. L'information réflexive n'est pas entièrement contenue
dans le signal émis.
Emition de phéromones en réponse à un stimulus
Babillement des oiseaux
Pré-chant des oisillons
Canal visuel et langage corporel (cf. la langue des signes, un "autre monde", plus
complet !)
Intention, raison d'agir, réflexivité dans la prononciation d'une phrase. Objectif d'influence
sur les états mentaux d'autrui, et non (uniquement) sur ses agissements (une sorte
d'"empathie active" !)

opposition et arthrose: ne rend pas primate non-humain

3. Du geste à la parole chez les primates non-humains
- La digitalisation d'une communication d'abord analogique
Le siège du langage abstrait est dans l'hémisphère G chez l'homme: aire de Broca (F)
/scissure de Sylvius / aire de Wernicke (T). L'hémisphère D est celui de l'analogie.
Une modalité digitale (langage parlé) et non analogique (pensée préverbale ?) de
l'énonciation: terme inaccessible, discrétisation du continu (cf. P. Quignard, Le mot sur le
12

bout de la langue)
Analogique de l'intonation (structure d'une image en "vrac", comme un arôme, ou
l'expression d'un visage), digitalisation du phonologique (ex.: limite du /p/ et du /b/) (cf.
musique modale / tonale !)
Gestes-cris et rire sont analogiques; le geste communicatif du PNH est digitalisé, geste
d'ostension (pointer), "voie royale vers le langage", les démonstratifs. Cf. latéralisation, du
langage comme de la main. IRM: latéralité comportementale des PNH en captivité, et peutêtre des chimpanzés en liberté (aire de Brodmann 44, équivalent de Broca, plus importante
à G qu'à D)
Hypothèse des neurones-miroirs en organe de passage du geste à la parole. Activation chez
le macaque lors de l'observation d'une tâche (1992), détection ensuite chez l'homme, en
faveur de l'hypothèse du précurseur gestuel du langage (du copying global au symbole par
mise en connectique ???)

ͻ la réflexivité en propre de l'homme, mais un état pré-linguistique de l'humanité; un
prélangage global gestuel, voie vers le digital logique de l'énonciation; une attribution
secondaire et arbitraire du symbole phonique
ͻ l'hominisation: une continuité génétique et neurologique jusqu'au franchissement d'un
"seuil". Bipédie et altricialité secondaire, interaction accrue entre cerveau immatureenvironnement, le langage s'émancipe alors de l'évolution neurologique
ͻ le concept d'évolution en mosaïque de modules neurologiques est-il compatible avec la
notion systémique d'"émergence" d'un langage ? Un "organe mental du langage" intégré
entre plusieurs aires cérébrales ?

affect sous-cortical, et digitalisation corticale gauche

- Le concept fragile d'une évolution en "double mosaïque" et d'une "émergence" du
langage
paléoanthropologie physique / langage-biopsyche / tentative de flux, d'un "traité
d'évolution-bioculturelle"...
Cassettes-monades... Les organes ne suffisent plus au réductionnisme cognitiviste, il faut

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encore plus abolir l'organisme, le considérer en mosaïque où chacune des parties a
existence autonome... Alors qu'il y a plus dans un système que dans l'ensemble de ses
parties, et que la partie ne vit que de son illimitation...
Au mélange des archives biologiques de la paléontologie et des artefacts culturels de
l'archéologie, que l'on avait pourtant jusque-là justement posés comme asynchrones et ne
relevant pas des mêmes processus... (voir J.-P. Demoule)
Mais on suit ici le postulat de G. Chapoutier, 2003: "les parties du tout présentent leur
individualité". Le langage aurait émergé à la suite d'un cumul de micromutations des
constituants du système de communication"
L'émergence est une caractéristique des systèmes complexes,
pas des monades autonomes...
Difficile quête de l'IRM paléolithique ! "Le détail des sillons corticaux échappe aux
moulages endocrâniens" ! Etude de l'asymétrie corticale. Gros cerveau et capacités
alimentaires, interactions sociales, langage.
"Chevauchement de modules cérébraux cognitifs et évolution en double mosaïque",
"autocatalytique", et "émergence de propriétés" (cf. note 1 de cet ouvrage et concept d'une
"architecture esprit/cerveau"; mais si l'on considère l'émergence de propriétés nouvelles, on
postule l'évolution d'un système interactif, et non de monades cognitives).
"Tout se passe comme si le langage avait colonisé notre cerveau", son émergence prenant
le dessus sur les modules cognitifs discrets, alors fédérés en ensemble...

- Un lien bipédie / gestualité / langage: l'altricialité secondaire
(l'oeuf et la poule...)
Rétrécissement du bassin et immaturité du cerveau du nouveau-né: impact accru de
l'apprentissage (avec impact de l'environnement et transmission culturelle); arrêt de
l'évolution de la capacité crânienne du foetus, mais pas de l'adulte:
Augmentation de la capacité cérébrale par altricialité (degré et vitesse de maturation d'un
cerveau animal au cours de l'ontogenèse) secondaire (- 500.000, chez H. sapiens et sans
14

doute pas H. erectus; doute chez néanderthal; processus intraspécifique à H. sapiens
moderne essentiellement)
Altricialité secondaire et transmission culturelle transgénérationnelle, l'humanisation
devient génétique et culturelle. "Brisure de l'allométrie" et de la relation ce/capacités
cognitives. "Complémentarité entre hémisphères compense la limitation du volume
cérébral" (cf. le corps calleux développé d'Einstein, dont le cerveau était de taille
modérée; une délatéralisation secondaire pour augmenter les performances ?)
Bipédie et amélioration du contrôle respiratoire

---> hypothèse des auteurs:
Le langage est récent chez l'homme, par "capitalisation rapide sur quelques dizaines de
milliers d'années de potentialités biologiques lentement accumulées".

TENTATIVES DE DATATION DE L'APPARITION DU LANGAGE
- anatomie de la parole:
(un titre de paragraphe révélateur de la collusion structure/fonction tantôt décriée, tantôt
admise par les auteurs)
"tout se passe comme si nous étions constamment en avance, lorsque nous parlons, par
rapport aux sons que nous sommes en train d'émettre"
L'énergie sonore est produite par le larynx dont la descente anatomique a permis
l'accroissement, la capacité de résonance (incurvation du basicrâne chez H. erectus - 2MA,
larynx moderne à - 300.000). Descente moins forte chez néanderthal que chez erectus.
Etudes sur le canal hypoglosse. Augmentation de la musculature thoracique et abdominale
jusqu'à - 500.000 (mais adaptation à la course plutôt qu'au langage, puis exaption, ici
encore, au langage ?).
"Mise "hors-jeu" des expressions sonores programmées sous-corticales par les sons de
parole corticaux"
Les circuits neuronaux du langage, complexes, sont mal connus chez l'homme moderne,
15

comme ceux de nombreux comportements corporels complexes (tel le lancer de précision,
attesté en - 400.000)
Hypothèses localisatrices (aire de Broca, siège principal des "neurones miroirs") (ganglions
de la base et récursivité ?)
Gène FOXP2 "du langage", contrôle des gestes oro-faciaux, - 200.000 ?
Une capacité à émettre des suites de sons de parole vers - 500.000 ou - 400.000, mais cette
capacité physiologique n'était pas forcément associée à un langage moderne.
- évolution culturelle
C. Levi-Strauss: "l'émergence de la culture coïncide avec celle du langage" (cf. seuil
symbolique et rupture de l'allométrie). Les symboles, des significations non-naturelles
attribuées par l'homme à ses actions et au monde, une réorganisation de l'expérience
sensible au sein d'un système sémantique; ces significations agissent en retour sur le
comportement (distinction difficile en conséquence des raisons, sens, valeurs, causes).
Invasion de l'anthropocentrisme dans notre univers, "illusion occidentale" (M. Sahlins
2009).
Postulat: faire signifier le monde est corrélé au faire signifier les sons de la voix
- Culturalité d'Homo: - 300.000 pour les archéologues (soit secondaire au pré-requis
biologique) (Afrique pigments - 280.000, parures - 100.000, décisions de migration 60.000, voir J.-P. Bocquet-Appel); l'outil en effet n'est pas artefact de culture s'il ne vaut
que pour sa fonction d'outil; dissociation entre la complexité d'une intervention donnée et
son symbolisme; "superposition au monde physique d'un monde bis" (cf. introduction de
M. Eliade au Chamanisme, ou "Nous avons tous deux vies" de F. Pessoa !). Y-a-t-il une
irréversibilité dans cette révolution culturelle sur la nature ? Archéologie et philosophie
doivent ici travailler de concert... "bouteille à l'encre", cet H. culturalis ! Les hommes sontils les auteurs de leurs institutions ? Les locuteurs d'une langue en sont-ils les auteurs ?
Transcendance symbolique des structuralistes, plutôt que convention passée entre les
humains ? Les institutions sont-elles des êtres linguistiques ? Sommes-nous asservis à
notre "néo-organe" digital ? Non, disent les auteurs, l'enfant reconstruit la langue qu'on lui
apprend, et l'use à sa manière" (?)...

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La Maya est-elle ce jeu de frontières associées aux transitions culturelles,
réel et pensée préverbale / sociétés orales / institutions de l'écrit ?
Illimitation de la pensée pronoïa ?
Systèmes de parenté et d'alliance des ethnologues: identification précise des individus,
attribution de pouvoir à des frontières, à l'argent, la propriété, la nationalité, la religion,
etc...: tout ceci nécessite l'exercie du langage, ce système logique. Qui nous est rendu
possible par une évolution neurologique, qui nous contraint par son autonomie culturelle.
Mais il existe également une dimension morale et esthétique des faits institutionnels. Cf.
Malaise dans la culture.
le despotisme du langage est aussi glissement des frontières, par les espaces vides du
discours même, par la dialectique, par la torsion poétique, par le balayage lacanien du
réel par la chaîne des signifiants, par les chevauchements des traductions, etc...

ͻ la réflexivité de la pensée est le propre de l'homme, mais il existe un état prélinguistique de l'humanité; un prélangage global gestuel est voie vers le digital logique
de l'énonciation; l'attribution du symbole au signal phonique est secondaire et
arbitraire; pas de "langue-mère" ni d'"évolution" des langues, mais une interpénétration
culturelle des différentes langues créées
ͻ l'hominisation: une continuité génétique et neurologique jusqu'au franchissement d'un
"seuil" où le langage s'émancipe de l'évolution. Un neo-organe mental du langage ( 500.000 ans ?) résultant de l'intégration entre plusieurs aires cérébrales ayant évolué
"en mosaïque" pour des fonctions biologiques distinctes
ͻ absence d'artefacts archéologiques du langage, mais hypothèse - 80.000 ans pour son
émergence (microlithes africains). Langage et "deuxième monde", non naturel, de
l'institution
ͻ notre cerveau immature étant longtemps exposé à l'environnement culturel, sommesnous asservis au langage ?

- Quel est l'artefact archéologique de la réflexivité de la pensée, de la boucle "méta" du
logiciel cognitif ? (Davidson et Noble 1993, cf. p. 381; Wynn 1979; épistémologie

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génétique de J. Piaget)
Serait associé aux différentes formes de planification, représentationnelles ou procédurales.
. Olduvai (galet aménagé): "pas le requis cérébral"
. H. erectus, biface, - 1,6 MA: les outils sont peut-être les éclats, le biface un "trognon non
intentionnel": les auteurs tentent de retarder l'émergence de la réflexivité pour la "caler"
aux données corticales putatives; "identiques sur une très longue période" (bifaces 300.000 en Tanzanie); cependant logique tout-partie, les bifaces évolués de l'acheuléen
tardif (H. erectus) correspondent à une intelligence opératoire moderne, sans conclure à
l'existence du langage. Reproduction d'une technique ne nécessitant que l'exemple visuel.
"Réinvention lors des migrations".
. Mêmes remarques pour le débitage levalloisien de Néanderthal du paléolithique moyen
. "Dessein mental" au paléolithique supérieur avec les microlithes africains (pointes à
emmancher et leur variabilité) du Middle Stone Age (- 80.000 à - 60.000). Necessité de
choix, traditions selon les communautés, styles.
. Corrélation parures / langage / appartenance sociale (- 100.000 coquillages Proche-Orient
et oeuf d'autruche Afrique du sud).
. Inhumations intentionnelles et êtres pleinement linguistiques (cérémonie, dépôts,
spéculations sur le devenir dans un "monde bis"). H. sapiens, Proche-Orient, plus ancienne
tombe connue (- 100.000). Tombes rares en Europe jusqu'en - 30.000, et au plus
occasionnelles chez Néanderthal. Cf. aussi l'angoisse affective de l'éléphant lors du décés
d'un proche, et parfoisla projection de terre, de branchages (souci de protection du soleil,
de nourriture pour le mourant ?) Empathie des PNH et soins aux blessés (mais l'empathie
est sympathique et sous-corticale); chez l'humain il y a codification de l'empathie...
. Structures sociales et dominance physique chez les PNH (dominance transitoire), et
langage chez les PH. Sociabilité transcendantale et pas seulement transactionnelle: cf. rôle
d'aîné (M. Bloch 2008, p. 392).
. Images artistiques: "Vénus" aurignacienne sculptée en ivoire, - 35.000 (inventée en
2008). Fonction esthétique: signifier, faire ressentir, etc... "Ne serait pas le fait d'un état
affectif privé" mais de l'appartenance de l'artiste à une communauté structurée2: l'art en
2 Les "Vénus" ne seraient pas des statuettes de fécondité mais des représentations du monde premier animal
dont les chasseurs-cueilleurs craignaient d'être clivés, selon R. Poulet, Le vol du Harfang des neiges,
2015; représentation hypertrophiée des organes sexuels mais peu ou pas du visage le plus souvent,
comme dans les scènes pariétales de chasses animales les hommes sont très peu représentés: reproduction
et mort en liens restant directs avec l'animalité, crainte du "monde bis" symbolique. "Régression"
esthétique par rapport à la logique symbolique du langage, retour au préverbal en réaction au langage;
paradoxe de la nécessité du symbolique pour un retour au réel, l'image préexiste bien au langage (cf.
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possible, grâce à la technicité, de l'accès à la communauté archaïque, du voyage entre
"mondes bis".
Quand nous dépasserons l'humanité alors nous serons homme
L'animal fut une aide L'animal est l'entrave
Sri Aurobindo / G. Moustaki
- Conclusions:
biologiques
. allongement de l'enfance cérébrale à partir de - 500.000
. augmentation du rythme d'évolution du ce au cours des 300.000 dernières années, depuis
l'espèce mère sapiens/Néanderthal
. faculté de parole chez N., mais débat sur l'accès au "langage intellectuel"3
. modernité linguistique acquise sans aucun doute en - 40.000
archéologiques
. l'avénement de l'Homo culturellement moderne se prépare sur le sol africain
. "évolution" mosaïque également, pas plus de "front unique" qu'en biologie, et
dissociations possibles des avancées culturelles de celles du langage
. critère proposé d'acquisition du langage: institutionnalisation (et non outil, parures,
sépultures, etc...): statut, signification non naturelle, conscience réflexive. Afrique - 80.000

---> Hypothèse provisoire quant à l'émergence du langage moderne: - 100.000 / - 80.000
(cf. arrivée de H. en Australie entre - 60.000 et - 50.000: l'atteinte de terres inconnues par
voie maritime nécessite une planification des ressources, embarcations, etc... pour un
voyage exploratoire)
rêves Aborigènes) mais l'outil acquis permet la sculpture d'un préverbal. Art révélé de l'inconscient, mais
au prisme d'une "école", d'un "programme artistique" ?
3 Cf. Science mai 2014: la comparaison de la méthylation de l'ADN suggérerait (malgré de nombreux biais
possibles, et l'échantillon extrêmement réduit) la présence de caractères génétiques liés à la schizophrénie
chez sapiens, mais pas chez N.: un parallélisme possible entre le développement du langage et celui de la
psychose, du fait du caractère clivant de la culture. Dans la psychose, on est soumis à un caractère
faussement plein, continu du langage, alors que celui-ci n'est que "catalogue" d'interdits logiques à
explorer.
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L'HOMME LINGUISTIQUE MODERNE
Le signal est plus émotif que cognitif chez l'animal, tendant à déchiffrer les intentions
d'autrui. Les signes du protolangage permettent des actions coopératives, et enfin (?) le
langage moderne permet une infinité de phrases par usage compositionnel de ces signes.
Le signal découplé du "ici et maintenant" fut sans doute contemporain des déplacements
(transport collectif des carcasses à la chasse, puis déplacements des groupes eux-mêmes
chez H. erectus). Chez sapiens, augmentation du répertoire du protolangage, peut-être
aussi musical, et apparition d'une syntaxe. Possibilité d'usages mixtes de protolangage et de
langage. Un avantage sélectif du langage (repérage de la nourriture, fabrication des outils ?
avantage reproductif ?). Démographie, sociabilité et langage (du "grooming", épouillage
collectif, au soin réciproque, au travail de cohésion). Groupes de quelques dizaines
d'individus chez les chimpanzés, 150 chez les sapiens archaïques. Récits mythiques de
fondation.
Le débat sur une "langue originelle" (voir l'analyse historique de J.-P. Demoule dans Mais
où sont donc passés les Indo-Européens ?): les grammaires comparées ne la feraient
remonter qu'à - 8000 ans (10 millions d'individus alors); le langage émerge lui entre 80.000 et - 60.000 ans dans un monde peuplé d'un millions de personnes environ: un
"protoword" prébabélien à la langue unique et une évolution en "arbre" ??? Ou des
émergences multiples et des échanges en nappes ?

Entre pronoïa et machine de Türing, le langage

Quel post-langage ? Arrêt de l'évolution neurobiologique du fait de l'appendicisation posthumaine, cette réduction cybernétique à des modules neuronaux non intégrés, et
confinement dans la logique de la langue, glissement sur les images ? Ou poursuite d'un
développement cognitif indépendant du langage, d'une "téloduction" corticale vers une
noosphère, "supra-communication" hors emprise de la culture-outil, atteinte au "corps des
anges" gödelien ? Et, par delà l'évolution génétique verticale des capacités cognitives, une
viralité de la logique, par transfert horizontal, dans des "fenêtres d'ouverture" du
développement embryonnaire ?
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