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Discours préliminaire de l'Encyclopédie / D'Alembert ; publié intégralement d'après l'édition de
Discours préliminaire de l'Encyclopédie / D'Alembert ; publié intégralement d'après l'édition de

Discours préliminaire de l'Encyclopédie / D'Alembert ; publié intégralement d'après

l'édition de 1763,

F. [

]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

par

Alembert, D' (1717-1783). Discours préliminaire de l'Encyclopédie / D'Alembert ; publié intégralement

Alembert, D' (1717-1783). Discours préliminaire de l'Encyclopédie / D'Alembert ; publié intégralement d'après l'édition de 1763,

publié intégralement d'après l'édition de 1763, par F. Picavet, 1894. 1/ Les contenus accessibles sur le

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D'ALEMBERT

niSCnURS

PRELIMINAIRE

~K

L'E!\CyCLOPEDtE

t'UBL!È)t<TteRAt.EMEMTD'<)'tSL'ÊOtTtOHDE<7<3

avecles avertiM<meatade 1759et <763.la dédicacede <75~, desvariantes,desnotes,âmeanatyM et uneiatrodncMon.

PAK

F. PICAVET è%1t't1r~.Prnr"or DUC.olli!jtl'fI"IIi".

.\jlrO:;(.I~Dorteur

V:lltrp r.'lnr"l'f'nl'~it 11:011'd~ I1lI11t~)I!!I4'

Armand

'J.

COLIN

& C~,

Éditer

5< ~US DR ~tÉZtëRBS~~AR~

j

,i

DISCOURS PRÉLIMINAIRE

ne

L'ENCYCLOPÉDIE

COULOMMIERS

Imprimerie

PACL

BRODARD.

D'ALEMBERT

DISCOURS

PRELIMINAIRE

DE

L'MCYCLOPEDIE aveclesavertissementsde1759et1763.ladédicacede1751 P~BUÉrnËGRALEKMD'APRÈSL'ÉBIIiOXDEi7ti:!

des

.r~~é

variantes,

de philù5oilii.

'ldaitrc

des

notes,

une

analyse

et

une

introdaction,

t'A))

F. PICAVET

Docteur

d~ cùcr.;rcccc>

ietlr('

rÉcv:c

Prof~·:·cu.-

au CIIHt-~

dc~ )J~ClC,.Éluèe,.

Eoll:u.

ARMAND

PARIS

COLIN

ET

C"

5,

RUE

DE

~ÈZIËRES

d894

Toasdroitsréserves.

ÉDITEURS

INTRODUCTION

ï.

La

v!e

de d'Alembert.

La vie

de d'AIembert

est pleine

de contrastes

qui

lière

Le

lui

donnent

une physionomie

parmi

les grands

17 novembre

hommes

on

i*H7,

toute

du xvm*'

relevait,

particu-

siècle.

sur

les

marches

tère

presque

de l'église de J\otre-Dame

mourant

Saint-Jean-Lerond,

de

Paris,

l'enfant

Destouches,

du chevalier

le baptis- débile

général

d'artillerie,

et de M"

de Tencin,

une chanoinesse

et

dont

le frère

fut plus sur

tard cardinal

la demande

avec

de Lyon.

saire

Baptisé

de police,

il est élevé

et archevèque d'un commis-

des

soins

infinis

par M"" Rousseau,

d'elle,

il

reste

« la pauvre

jusqu'à

50

ans,

vitrière

dans

». Auprès une

petite

chambre

aunes

mal

de ciel;

aérée

et de laquelle

il y revient

au

sortir

on voit

des

trois

salons

VI

INTRODUCTION

les

arts mécaniques

et

plus

brillants,

des

belles-lettres.

comme

a côté

de

Grâce

il placera celui

reloge des beaux-arts

à la

famine

de

des

son

il

entre

un

des Quatre-Nations

pour

puis

toutes

la poésie

pour ses études

père,

il marque et

matiques. un succès

le collège. sévèrement

perdre,

cieuses

comme

tourbillons

mente

laisse

la suite,

au

goût

collège

fort

vif

latine

les belles-lettres, il fait

D'ailleurs,

tel que Personne

les mathé-

pour

avec

dans

plus

fait

pré-

le souvenir

s'en conserva

n'a

lui

juge

avait

les plus

cependant

cet enseignement

plus

tard,

qui les années

Janséniste

aux

Paul

disait-il

de

sa jeunesse.

et cartésien

ses maîtres,

l'Epîtrc

espérer

il fut

il croit

idées

physique;

aux

innées, il com-

aux

et

et à la prémotion

de

saint

un nouveau

Romains,

Mais

Pascal.

si, par

l'ad-

encore

aux

toujours, des Jésuites,

janséniste

siècle

affaiblit

comme

il ménagea

ce dernier, moins

versaire

« la canaille

sectes.

l'Encyclopédie

». Il ne se borna

après

pas les jPc~e~, le catho-

Un

eriviron

peut-être

plus

licisme,

rendu

de

l'admira

que l'Apologie force.

Quant

toute

sa vie;

de

Pascal

à Descartes,

il n'en

mais

ne

lui

avait

d'AIembert

fut

de même

ni des

mathématiques

idées

innées,

ni des

et les belles-lettres

tourbillons.

lui

Seules

furent

les

tou-

jours également sûr comme

chères;

l'espéraient

Pascal.

c'est

ainsi,

ses maîtres,

et non

à coup

qu'il rappelle

Avec

les

1200

francs

de

rente

que

lui

avait

LA

VIE

DE

D'ALEMDEUT

VII

laissés

vivre

tune

arrivé

il ne lui

état

qui

était

guère lui assurât

son père, sans

« un

». Ses

amis

a la licence, « la

tard,

de

possible de for-

plus

le droit;

a la

écrivait-il

a étudier

l'engagent

il s'essaye ridicule

de lui-même

chose,

médecine,

plus

la théologie vocation

plus les hommes

aient

inventée, ». Mais

que et avec

après

la métaphysique

sa

il

les mathématiques

pour

l'emporte et les

clierchc

trouve

seul les démonstrations

môme des propositions

solutions,

croit d'abord

qu'il

nouvelles,

mémoires

comme

dynamique

premiers

et

après à l'Académie

le

avoir

présenté des sciences, Son

ans.

suivante

de l'Europe.

~a~'o~?~ à vingt-quatre

place

l'année

mathématiciens

quelques il y entre

T~'a~c

parmi

Trois

de

les

ans

tard,

il

est

couronné

par l'Académie

sans

de

et

de

plus

Berlin, par acclamation.

mathématique

Laplace,

çaient

Pensionnaire

dont

il

est

élu

membre, Ses travaux

scrutin

sur l'astronomie

céleste

la mécanique

préparent

comme

ses recherches

antérieures

annon-

la mécanique

de

personne,

peine,

de Lagrange.

lorsqu'il

ne

en

attachés

analytique en I7oG,

surnuméraire

place vacante,

n'y

s'était

1765,

titu-

au

avait

fait pour et non sans

laire

titre

ce qui

pas

c'est seulement

qu'il devient

tous

les

pensionnaire

droits

et acquiert de membre

ainsi

de l'Académie

des sciences.

Mais

vers

son

ami Diderot, il revient

aux

1749, peut-être « le fils du coutelier

sous l'influence

de Langres

lettres.

Le Discours

préliminaire

de

)),

vin

IXTRODUCTIOX

de l'Encyclopédie

révèle

un écrivain

que l'on

place

à côté

de Voltaire

tenelle

et de Condillac,

et de Buffon.

Tandis

ment

cause

avec des avantages

son Académie.

ensuite

« l'oublie

» et

de l'Encyclopédie,

une

En

Voltaire,

remplit,

4162,

et de Montesquieu, de Diderot, France

qu'en

même

« le

Frédéric

de Fon-

de Rousseau

le gouverne-

))

II

à

persécute

lui

offre,

considérables,

la présidence

mais

de

1200

de

D'Alembert

modeste

qu'il

toute

refuse,

il accepte

livres.

pension à Berlin

se

il se rend

parce

plus heureux

faire

que

il

a su

respecter,

de président

en fait,

sa vie le rôle

de l'Académie,

la plus L'année

vive,

et

la plus

trouve

chez Frédéric

et la

par

plus

l'amitié

délicate.

franche

où il est pensionné à l'Académie

perpétuel.

très

le roi de Prusse,

il entre

le secrétaire

dont

il est en d'712

années,

et il exerce,

de Duclos,

pour

)).

place

française,

Pendant

public

de longues

d'élite

il se fait

applaudir dans les élections, une influence

faire

En

d'un

surtout

la mort

après

dont

il se sert

grande,

« l'asile

de Suède

de l'Académie

la

reine

de la philosophie

lui

offre

une

i'756,

d'associé

proposition

de

à son

t500

Académie,

et Louis

lui

donne

le

trésor

XV,

une

sur

pen-

royal.

du

Un

pape

de

la

de d'Argenson,

francs

il

sion

an auparavant, Benoit

XIV,

sur

à la recommandation

avait

été

reçu

à l'Institut

En

Bologne.

prime

l'Encyclopédie

i759,

le privilège

et,

un

accordé

arrêt

pour

du

Conseil

l'impression

sup-

de

par

ordre

supérieur,

les jour-

LA

VIE

DE

D'ALEMBEUT

!X

naux en présentent la ruine

« qui

les auteurs,

de

toute

comme

une

secte

de

tout

a juré

toute

morale

société,

et de

». D'Alembert

gouvernement cesse d'être

lations

parée

l'éditeur

que par Diderot, d'en continuer

de l'Encyclopédie

les muti-

pré-

impos-

le Breton

se permet montrent

dans l'œuvrc

était

« en

bien qu'il

sible

vant

la publication

conser-

au moment

le ton qu'on

y avait

pris ». C'est

où les Encyclopédistes

cour

sont

le plus H offre

mal

vus

a la

de France, de rente

que Catherine

à d'Alembert

cent

mille

livres

tion

heur

faire l'éduca-

pour de « contribuer

d'un peuple à devenir,

de son fils. Il refuse

et même

au bon-

comme

ainsi

pour à Berlin.

dont

dont

à l'instruction

se

refuser

il continue

dire, ministre

de

de l'instruction

constantes

publique avec Voltaire, avec Rousseau

En relations

il

en lutte

prépare

il réfute,

doxes

l'apothéose,

avec beaucoup le rôle

sur

de bon

les para- et des

même

élire

il est

du

des

sens, des sciences

plus

sur

corrupteur

les spectacles,

lettres

avec Buffon

Condorcet

tard

comme

sur lequel contre

que

s'il

il remporte, une victoire

trouvé

en faisant

dont

Bailly,

eût

aussi

cercle,

jusqu'à

fier

la quadrature

d'Alembert

ce que

le parti

dirige

la querelle

philosophique,

et

des gluckistes

en amène

Voltaire

la dislocation.

avoir

après

en

tes-

piccinistes vu mourir

avoir

Apres

et M""

de Lespinasse,

souffert

longtemps d'783, laissant

tamentaire.

lui-même,

il meurt

Condorcet

son exécuteur

de cet

pour

La correspondance

homme,

a.

x

INTRODUCTION

dont

proposition qui n'avait

les

écrits

n'avaient

répréhcnsible

fourni

pas », révéla

« une

seule

un sceptique

pas

plus

foi en la métaphysique

qu'en

la religion; nous

a appris

avec

celle

de M"" de Lespinasse,

elle

que

le savant

livré

aux

spécula-

tions

les

plus sublimes,

le philosophe

hautain

qui

riait

comme

d'un

de toutes

celle

poète,

choses,

avait

une sensibilité

d'un

avec

enfant,

des

profonde « trésors

de

comme

bonté

vive

celle

et

de

dévouement

». Il

n'y

a pas

chante,

douleur

dit

M. Joseph

Bertrand,

adressé

par d'Alembert

d'élégie

que

aux

plus

tou-

le cri

de

mânes

de

M'

de Lespinasse.

tl

L'homme.

L'homme

explique

la

vie.

Pauvre

et

fier,

d'AIembert

fanatisme

déric

aime

son indépendance et il la carde

« jusqu'au

ignore

Fré-

rien

la

))

II comme

avec

avec

tous, ~Xe devant

»,

il

avec

Voltaire.

et

à

la nature

« qu'à

lui-même

bassesse,

arriver

le manège à la fortune.

et l'art

de faire

Il désespère

M'

sa cour

pour

du Deffand,

parce

la

font

qu'il tète devant

être

est « quaker

l'Académie

et passe et devant

le chapeau ceux

qui de Destouches

». L'enfant

abandonné

sur

en

et

de M"

de Tencin

méprise

les fainéants

rance

orgueilleux oisive comme

l'apanage

les

noms

et les

qui regardent

et presque

titres,

l'igno-

le titre

L'HOMME

XI

de leur

la plus

noblesse,

naïve,

que

qui s'étonnent,

avec l'imbécillité

la sottise

humaine

puisse

atta-

aux talents

cher

Il

moque calamité abominable, //<9~M~ M'<?~ y~M ~r

lui le protégé, et Richelieu,

prix et quelque

qui

quelque

celui

avantage.

est

M~ ~e;

se

de

la peste

une

pour

pendant

laquelle

de sa

vie. Choiseul

est

de Voltaire,

pour

que le protecteur

qui n'en

plutôt

avec

qui Voltaire

mais

est en coquetterie

combat

depuis la Régence,

la pensée

pas moins

par

libre

et ses représentants, Rossinante-Childebrand,

et rapproché

est appelé

lui Childebrand, Mandrin-ChIIdcbrand

puis de Cartouche-

Fréron.

Aussi

ne met-il

la généalogie sciences,

des grandes

plus précieuse

pas, dans l'Encyclopédie,

maisons,

pour

qui

mais

celle

sait penser.

des

Il lui coûte

peu de se passer

qu'il

est désintéressé

et n'a

de la richesse, ni besoins

parce ni fantai-

sies

se mettre

et de mourir

mais esclave

jamais

libre.

de sa liberté,

il a résolu

au service

de personne,

de ne

de vivre

Sa

fierté

n'est

pas

de l'orgueil.

L'injustice

le

révolte,

les hommes

morales

il suppose

en est de même

qu'il

et explique

ainsi l'origine Aussi il s'abstient

(p. 20 sqq.).

tous

pour des notions

soigneuse-

ment

partout

de tout

acte injuste, il la rencontre.

et il combat

Même

s'il

l'injustice

se jugeait

de succéder

capable

pour

L'injustice

tifier

ne pas évincer

d'autrui

la nôtre.

Pour

à Fontenelle,

il s'y refuserait

quelqu'un

qui a plus

ne peut

ni provoquer

de droit.

ni jus-

rien

au monde

il n'accepte-

XII

INTRODUCTION

du

vivant

de Maupertuis,

malgré a l'abbé

rait,

quand tion, cherché

sa survivance, sa recommanda-

Bien

même

il aurait, à nuire

de Prades.

loin

à l'Académie

de Nancy,

après la conserve.

la place

d'accepter,

veut

sophes,

maltraité

quin

ôter

qu'on

à Palissot, il souhaite

la comédie

qu'il

Il

des Philo-

Rousseau

l'a

qu'il et déclarera

même

fera

« un arle-

» du fils

de Catherine

« Je n'approuve

écrit

le 9 avril

vous déclariez

comme

d'esprit

1161 d'AIcmbcrt

publiquement

à Voltaire,

contre

pas, que vous

Rousseau

J.-J. «

vous faites.

et qui

n'a

C'est

un malade

de

d'esprit

que

quand

ni l'outrager.

refuse

de Vol-

beaucoup il a la fièvre.

Aussi s'opposc-t-il

son offrande

taire,

avec

Fréron

Voltaire

Il ne faut

ni le guérir

à ce qu'on de la statue

éner~iqucment pour l'érection

qu'il

ne serait

décriés

« Qu'est-ce,

pas~'MS/e de le mettre

et déshonorés

écrit-il

le nom

parce

des hommes

comme

encore

à

de Cré-

et Palissot.

ou

le 8 septembre une

1762, qu'un

sous

élo~e

d'éloge je pense absolument

sur Je

billon

qu'on

comme

satire

Quoique

plutôt vous attribue?

l'auteur

de

cette

brochure

mérite

de Crébillon,

je suis

très

facile

qu'on

ait choisi

le

moment

cadavre; cela n'eût

avec Frédéric,

de sa mort

il fallait

des pierres

pour jeter le laisser

sur son

et

de lui-même

pourrir

» Toute sa correspondance

serait

à citer.

pas étélon~.

avec Voltaire

Il a les

plus grands l'écrivain

égards

que

toute

pour

le roi

l'Europe

victorieux

admire

réserve

le droit

de penser

par lui-même,

et pour

mais

il se

de com-

I.'HOMME

battre

défendre

rabaisser

time.

les jugements ceux

qui

ceux

qu'ils

qui

lui paraissent

sont injustement exaltent

sans

faux,

attaqués,

raison

D'AIcmbcrt

intelligence

ne consulte

pour

le règlement

pas

seulement

sa

de

vie

XII!

de

de

légi-

son

le

bonheur

point

n'y

lettres

joyeuse,

ou le malheur

en perd de sacrifice

de ses

amis

l'intéresse

au

le sommeil

qu'il

émues

et le repos,

et qu'il

ne

leur

lasse.

Deux

d'espérance « -la

éprouver

qu'il

a point

de sa jeunesse,

témoignent

et pleines

qu'il pouvait

plus

passions

vive,

la

». Ses

tendre

et la

douce

des

plus

plus

relations

que,

M"" de Lespinasse les

avec

nous

naissances

son

qu'il

prouvent

son malheur,

con-

pour ne suffisaient

perdu

humaines

et qu'il

à remplir

le temps

pas

tout

cœur

« croyait aimer )).

avait passé

sans

On pourrait Condorcet, lave

ce qu'il

les deux

à le faire

clamer

dire

de d'Alembert,

 

comme

de

volcan

couve

en

lui

sous

la

et juste, souvent,

ce qu'il

aime, il cherche-

pas

qu'il

circonstance

raison,

avec

veuille

pro-

la vérité

que

pour

elle

est

fort

nuisible.

opportun

et le

qu'un croit vrai

choses

concordent

Non

triompher. tous et en toute

car

il pense,

mal préparés estime

pour

tout entière, des

esprits

Mais

dès

le moment

qu'il

succès possible,

il se lance

dans

la lutte

sa réserve

hautaine,

pas toujours s'était

son amour

de la justice

dans

ne réussissent

limites

à le retenir

les

qu'il

la

à lui-même;

la passion

imposées

pour

X!V

INTRODUCTION

vérité

injuste,

pour

nous,

peut

le

faire

paraître,

sinon

à ses

propres

yeux,

un spectateur en mains

désintéressé

toutes

les pièces

même

le

rendre

tout

au

moins

et qui

a, comme

du procès.

Toutefois

c'est

par essence

un spéculatif;

mais

que Voltaire,

de Kant

ou

il n'est

de Biran.

plus

un spéculatif Ce n'est

pas

à la façon

pur

non

pas les recher-

plus un Leibnitz,

ches positives

du physicien les c!as-<itications

rassemblés

qu'attirent des sciences

et du

également

exactes,

les expériences

les descriptions les documents

chimiste,

des naturalistes,

et

des

et

se

les discussions

par l'historien,

des jurisconsultes,

Très

secrétaire

qu'il

des politiques

théologiens,

des métaphysiciens.

refuse

des sciences, naissances

à être

il

éncrgiqucment, de l'Académie

de

perpétuel

faut beaucoup

con-

parce de chimie,

d'anatomie,

de botanique,

qu'il

~c~/e?'

n'a

comme

point

et qu'il

Passionné

Descartes,

pour de certitude

~Kcre ~e~e~

la vérité,

11 ne trouve,

que dans les mathé-

matiques.

laisse

A la métaphysique une

petite

encore

et à la théologie,

place

dans

le Z~coMrg

il

Mais

les

et les jansénistes

vient

lui

peu

~r<e.

jésuites Il en

à peu

lui

attaquent

à ne plus

l'Encyclopédie.

guère

séparer

le fanatisme

« qui

de la théo-

est étroite-

ou de la métaphysique unie

», parce

logie

ment

aux progrès

dont il proclamait

selon

qu'elles

s'opposent

de la raison.

Même la religion

révélée

la nécessité,

mais

qu I! rédui-

vérités

à croire

et

sait

1751 à « quelques

déjà

en

L'HOMME

XV

a

(p. 34-3~), « Le christianisme,

à Frédéric

un

nombre

il voudrait

H,

fut

petit

de préceptes

la simplifier

à pratiquer

de plus

en plus.

écrit-il

le 30 novembre

1770

à son

origine

un

pur

déisme;

»

Jésus-Christ,

de

la

hommes

une espèce et

de philosophe.ennemi

prêchant

des

persécution la bienfaisance

et en vérité.

cette

genre

qui

culte

en

prêtres,

aux

en

et la justice, et à adorer

les Pères, On rendrait

lui

en

réduisant

Dieu

la loi à aimer

esprit

ont changé

service

les dogmes, rémunérateur

tition,

au

son prochain

S. Paul,

les conciles

un

un

grand

oublier

Dieu

la supers-

n'exige

religion. humain, se bornant

faisant

à prêcher

qui réprouve

et

uns

lui

et vengeur

déteste

1 intolérance

qui

d'autre

de la part

des hommes

les

que celui

les autres.

faut

de

»

au

le

s'aimer

Et Frédéric

peuple

et de

se supporter soutenant

contre

qu'il

1771

un autre

culte qu'une

le 1"

religion

raisonnable,

« Si

d'AIembcrt

traité

religion

de faire

fort

digne

lui écrit

février

de Westphalie

permettait

fût

une quatrième Votre

un

dans l'empire,

bâtir

je prierais ou à Potsdam

honoré

Majesté

temple

manière

à Berlin

Dieu

l'on

d'une

simple

de lui,

ne préchat

que l'humanité

et

au

la justice; bout

et si la foule

n'allait

pas à ce temple

il

pour gagner

faut

bien

victo-

le culte

réaliser

ce

de quelques années

Votre Majesté » La Convention, n'a-t-elle

années

(car à la raison

accorder

sa cause), rieuse.

de l'Etre

quelques

serait pleinement en instituant

pas voulu

suprême,

xn

INTRODUCTION

que d'Alembert

proposait

à Frédéric

II? Mais

elle

n'a

la

elle

pu faire

une expérience

concluante,

raison

avait

n'a

pas

besoin

eu

les quelques sa cause

années

pour gagner

puisque

dont

D'Alembert,

de

par

en restreignant révélée,

de plus a de moins

C'est

(n.

en plus en moins

qu'on

le

rôle

confiance

voit

c'est

Correspondance

la religion

en

la métaphysique.

ce

les .&<°~c~

de ~7o~o/)/N'e mieux

« A foi et à serment, trouve

2G). Mais la

par

écrit-il

à

ce dont

on s'aperçoit

encore

Voltaire

les ténèbres

le 29 aoùt

dans toutes

raisonnable

d'769, je ne

de parti

métaphysiques,

que

déric

dans

le scepticisme

».

Même

langage

avec

Fré-

qui le force

II,

«