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« La Guerre D’Argent » Jean Baptiste Colbert

INTRODUCTION

I Présentation

SOMMAIRE

1- De Jean Baptiste Colbert 2- De l’ouvrage « Lettres, Instructions et Mémoires » 3- De l’influence du contexte sur le texte

II Développement de la théorie de Colbert à travers l’exploitation du texte

III Une comparaison de la pensée de Colbert avec deux autres Mercantilismes

1-Mercantilisme Commercialiste 2-Mercantilisme Espagnol

IV Les limites de la pensée de Colbert

BIBLIOGRAPHIE

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Introduction :

Le XVII, est un siècle marqué par de nombreux principes tel que l’ordre, la naissance du classicisme et la démesure au sein du pays. Il est vrai qu’à cette époque la France est touché par la pauvreté ainsi que par une certaine autorité exercée par le Roi tout puissant. Ce dernier a les pleins pouvoirs et doit donc être respecté. De plus, lors de la 1 ère partie du 17 ème siècle, l’Europe se retrouve dominée par la France et ses écrits épistolaires. Jean-Baptiste Colbert aborde le sujet de la « guerre d’argent » à travers une lettre adressée au roi Louis XIV. Dans un premier temps nous allons étudier l’auteur, l’œuvre ainsi que le contexte de l’époque. Puis, nous expliquerons la théorie de l’auteur à travers l’étude du texte. Par la suite nous comparerons le mercantilisme français défendu par Colbert avec le mercantilisme espagnol et commercialiste. Pour terminer, nous verrons si le mercantilisme et le colbertisme sont toujours d’actualité, ainsi nous pourrons voir ou non les limites des idées de l’époque.

I Présentation de l’oeuvre :

1- De Jean Baptiste Colbert

Jean-Baptiste Colbert est né en 1619 à Reims et est décédé en 1683 à Paris. Il appartient à une famille de marchands.

Après avoir travaillé chez un banquier et un notaire, il devient conseiller de Louis XIV de 1665 jusqu'à sa mort, grâce à Manzarin qui l'a conseillé au Roi. Il a alors le titre de contrôleur général des finances, et a à sa charge la gestion de l'économie, des finances et du budget de l'État.

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La politique qu'il a appliqué est le colbertisme. C'est un ensemble de pratiques économiques directement inspirées du mercantilisme qui était le courant de pensées dominant au XVIIe siècle.

Le colbertisme part du constat que la France n’a ni or ni argent ni colonies capables de lui en fournir. Alors, l'objectif principal est l'enrichissement de l'État en faisant en sorte d'avoir une balance commerciale excédentaire ; les importations sont donc limitées et les exportations favorisées en pratiquant le protectionnisme : l’État favorise ses manufactures chargées de produire des biens d’exportation (métaux, produits de luxe : draps, étoffes, tapisseries), il intervient donc massivement sur le marché.

En somme, la spécificité de Colbert par rapport au mercantilisme pur est le développement de l'industrie car c'est là que sont produits les biens qui seront exportés. Il faut intéresser les nobles à l'industrie pour la développer. Il crée de nouvelles entreprises appelées « manufactures » qui sont soutenues financièrement par l'État et doivent respecter les règles de corporation. De plus, il existe des règlements sur la fabrication et la qualité des produits ainsi que des tarifs douaniers protecteurs. Toutes ces mesures limitent les importations.

Les idées de Colbert concernant la marine marchande sont le progrès de celle-ci grâce à des primes à la construction et par la fondation de compagnies royales d'outre-mer.

Le colbertisme peut se résumer par cette phrase : « Tout par et pour la métropole » ce qui signifie que le royaume doit produire suffisamment pour la consommation du peuple et pour l'exportation des biens produits sur le territoire.

Jean-Baptiste Colbert gagne rapidement la confiance du roi grâce à sa politique efficace malgré les conditions défavorables de l’époque: l'État est en déficit à cause des guerres coûteuses et des immenses dépenses royales.

2- De l’ouvrage « Lettres, Instructions et Mémoires »

Ce texte ou plutôt cette lettre intitulée « La guerre d’argent » a été écrite par Colbert, ministre des finances de l’époque de Louis XIV. Cette dernière n’est pas extraite d’une œuvre mais d’un recueil de lettres intitulé « lettre, instructions et mémoires de Colbert » publié au XVIIème siècle.

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Cet ouvrage comporte 10 volumes et traite de différents sujets tels que les impôts, la marine, la justice, les colonies,… La lettre suivante est extraite du Tome 2 intitulé : finances, impôts, monnaies. Ce texte nous confirme donc la présence d’une relation épistolaire entre Colbert et le roi Louis XIV qui l’a placé à l’époque en tant que contrôleur général. Cette lettre reprend la principale mission de Colbert, à savoir qu’il se bat pour la relance de l’activité économique de la France, pour lui la richesse d’un pays est basée sur une forte présence de monnaie sur le territoire. « Lettre, instructions et mémoires de Colbert » ont étaient éditée en 1859 sous les ordres de l’empereur Napoléon III par un grand chercheur et historien de l’époque nommé Clément.

3- De l’influence du contexte sur le texte

Le mercantilisme a dominé la pensée économique au moment de la première expansion colonisatrice de l’Europe, au XVIe et XVIIe siècles, et du triomphe de la monarchie absolue. C’est une politique économique et un corps d’idées théoriques ; un phénomène typiquement européen qui couvre la période de la Renaissance à la Révolution Industrielle.

Les pays se demandent comment accroître la richesse de leur pays, comment stimuler l'activité économique. Ce serait la richesse matérielle, le nationalisme économique, l'interventionnisme étatique et le protectionnisme, les solutions à ces interrogations, selon les mercantilistes. Le but de la pensée mercantiliste est d'assurer la prospérité du commerce intérieur et son accroissement au sein d'une nation pour amasser de la richesse.

Les mercantilistes ont deux idées fondamentales : la balance commerciale doit toujours être excédentaire, c'est à dire que les exportations doivent être plus importantes que les importations. En effet, ne doivent être importés que des matières premières (bois, métaux etc.) ou des produits semi-finis comme le tissu. Pour les exportations ce sont les produits manufacturés qui sont privilégiés, ceux à forte valeur ajoutée, c'est à dire ceux qui ont contribués à la création de revenus, ceux qui ont stimulés l'activité économique du pays.

L’autre principale idée concerne la monnaie. Celle-ci peut se trouver sous forme métallique, divisionnaire, fiduciaire, scripturale etc. et à l’époque, la forme convoitée est la métallique, c'est à dire les métaux précieux tels que l'or et l'argent. Cette monnaie possède

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trois fonctions: elle mesure les valeurs, elle permet des échanges et permet la thésaurisation, autrement dit de transférer du pouvoir d'achat d'une période à l'autre. C'est cette accumulation de richesse qu'est la thésaurisation que les mercantilistes désignent comme étant la véritable richesse, selon eux c'est le but que doit viser l'économie. Et c'est grâce à la balance commerciale excédentaire que l'accumulation de monnaie est réalisée, c'est pour cela qu'elle doit rester excédentaire sur le long terme.

C’est cette vision mercantiliste que nous retrouvons dans le texte écrit par Colbert et plus particulièrement sa vision à lui qu’est le colbertisme.

II Développement de la théorie de Colbert à travers l’exploitation du texte

Cette lettre intitulée « guerre d’argent » a comme principal sujet comme son titre l’indique : L’argent. En effet, Colbert explique la base de sa théorie, à la ligne 3 : « la conduite universelle des finances doit toujours veiller et employer tous les soins et l'autorité de Votre majesté pour attirer l'argent dans le royaume ». Nous comprenons d'ores et déjà l'objectif principal : la rentrée massive d'argent dans le territoire grâce aux nombreuses exportations. Il tente donc de nous exposer la situation financière dans laquelle se trouve la France à cette époque. Il est important de noter que le roi, prénommé « Sa majesté » détient le pouvoir. En effet il s’agit d’une économie fortement féodale dit d’ancien régime favorisé par le système des classes.

Cette lettre nous montre la pensée de l’auteur, à savoir le mercantilisme. Il place le Roi Louis XIV au centre du pays, tout tourne autour de ce dernier. Les pratiques mercantilistes ont pour objectif d’accroître la richesse du pays donc celle du Roi. Le texte nous montre bien que le roi souhaite enrichir son pays en conquérant le monde extérieur pour qu’ainsi son peuple soit satisfait « …pour attirer l’argent dans le royaume, le répandre dans toutes les provinces pour procurer aux peuple la facilité de vivre… (L 4-5) ». Il est important de rappeler qu’à cette époque, l’intérêt du Roi est assimilé à l’intérêt général. Cet enrichissement va donc se traduire par une entrée de richesse la plus importante possible. Cette lettre nous fait comprendre que l’équilibre financier du pays repose sur le Roi, en effet si ce dernier perçoit continuellement de l’argent, le pays sera stable. Pour acquérir cet argent, il faut passer les frontières, il faut conquérir le monde, c'est-à-dire avoir le plus d’argent et de métaux précieux

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sur son territoire pour créer de la richesse pour le Roi mais aussi pour que les citoyens puissent en bénéficier. Pour maximiser cette rentrée de richesses sur le territoire français, de nombreuses mesures sont prises. La première est de favoriser le protectionnisme. C'est une pratique qui prône l'intervention de l'État dans l'économie dans le but est de décourager les français d'importer des biens de l'étranger avec, par exemple, de fortes taxes pour les produits venants de l'extérieur et des aides financières pour les exports.

Ensuite, Colbert explique sa théorie : étant donné que la masse monétaire globale en Europe ne change pas dans le temps (elle est seulement un peu augmentée grâce à celle venant des Indes occidentales), si la quantité d'argent augmente en France, elle baissera forcément dans les États voisins. À cette époque, tous les pays pratiquaient un mercantilisme, mais plus ou moins nuancé. Chacun souhaitait que le plus d'argent possible entre dans son pays sans en ressortir, « en le conservant au dedans du royaume en empêchant qu’il en sorte (l 10-11) » une véritable « guerre d'argent » s'est donc amorcée entre les États d'Europe. Donc, en s'enrichissant, la France appauvrit les autres pays, d'après Colbert : l. 19 « Elle a déjà vaincu l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie, l'Angleterre, dans lesquelles elle a jeté une très grande misère et nécessité et s'est enrichie de leurs dépouilles ». Guerre gagnée selon Colbert grâce aux « manufactures, [au] canal de transnavigation des mers et tant d’autres établissements nouveaux » construits en France et qui ont permis de produire, d'exporter pour ensuite faire rentrer des richesses dans le pays. Cette partie du texte montre bien la tendance de Colbert vers l'industrie.

Ensuite, la France souhaite être un pays autarcique. C'est pourquoi l'industrie est développée afin que les français ne consomment que des produits français et que les produits excédentaires soient exportés. Le commerce intérieur est donc favorisé. Ce mercantilisme tourné vers l'industrie et l'autosuffisance est français et s'appelle le colbertisme. Ainsi, l'argent amassé est répandu dans le royaume pour permettre au peuple de mieux vivre et d’avoir de quoi payer leurs impôts afin d'enrichir l'État et par conséquent le Roi ; cela nous montre bien que l'intérêt du Roi est assimilé à l'intérêt général. En clair, tout l'argent qui entre dans le royaume doit profiter au Roi. Cet argent doit également servir à la grandeur et à la puissance de l'État.

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Colbert conseille au Roi d'alléger les impôts du peuple au lieu de les augmenter car une augmentation induit un mécontentement de la population. Le Roi pourra alors obtenir une compensation par la « guerre d'argent », c'est à dire par la guerre commerciale avec les autres pays européens comme nous venons de le voir.

Pour terminer, nous pouvons retenir la citation de Colbert suivante qui résume bien sa théorie de l’époque : « L'art de l'imposition consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris. » L’état français à travers l’exportation gagne de l’argent qu’il reverse aux citoyens. Ces derniers se sentent ainsi plus riches, cependant, ils doivent payer des impôts ce qui contribue à l’enrichissement du Roi : « ils se font donc plumer ». En effet, ils ne voient que le bon côté des choses : leur enrichissement et non celui du roi. Les citoyens ne s’en rendent pas compte, et par conséquent ne se plaignent pas de la situation : « le moins de cris possibles ». Le roi, quant à lui, amasse tranquillement cet argent, il obtient donc « le plus possible de plumes ». C’est l’art de l’imposition !

III Une comparaison de la pensée de Colbert avec deux autres Mercantilismes

Il est important de rappeler que Colbert défend le Mercantilisme Français, mais certains auteurs ont quant à eux défendu les mercantilismes Anglais, Espagnol ou Fiduciaire. Notons que le terme « Mercantiliste » a pour traduction « Marchand » en Italien. Nous avons donc décidé, de sélectionner le Mercantilisme Anglais dit Commercialisme ainsi que le Mercantilisme Espagnol dit bullionisme pour les comparer au mercantilisme Français.

D'autres auteurs défendent le mercantilisme Français, parmi eux, Jean Bodin (1529- 1596) qui fut l'un des premiers à soutenir le mercantilisme dans ses écrits. Selon lui, la richesse économique est la principale condition d'un État puissant, elle est à l’origine de la croissance dans beaucoup de domaines. La richesse vient généralement du profit des marchands. L’objectif est de récolter le plus de métaux possible tout en empêchant la sortie de ces derniers hors du territoire. Le fait d’accumuler autant de métaux va entraîner l’inflation. La monnaie, la richesse et les échanges sont donc des termes placés au centre de la théorie de Bodin et que Jean Baptiste Colbert a repris par la suite.

Les idées d’Antoine de Montchrestien (1575-1621) sont également assez proches de celles de Colbert et Bodin.

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Pour Montchrestien, le commerce intérieur n'engendre ni gain ni perte, le but est la puissance du Roi et non le profit des particuliers. Il souhaite que la France se suffise à elle- même au niveau des matières premières principales, qu'elle en trouve le plus possible sur son sol. Il souhaite que l'Etat réalise un contrôle strict de la qualité des produits exportés et de ceux qui circulent dans le commerce intérieur au pays. Il ne veut pas que les français aient besoin d'importer des produits étrangers. Ainsi, il demande le renforcement des autorités des métiers et l'intervention de l'Administration centrale. Ce souhait sera réalisé par Colbert.

Colbert et Montchrestien ont également des idées semblables en ce qui concerne les colonies et la marine.

Après avoir vu les axes principaux du mercantilisme Français et particulièrement le colbertisme à travers le texte, il va être intéressant de le comparer au mercantilisme Anglais et Espagnol pour voir si il y a des points communs ou non entre eux.

1- Mercantilisme Commercialiste

Ce mercantilisme commercialiste est principalement Anglais, et est représenté la plupart du temps par Thomas Mun (1571-1641) et William Petty (1623-1687). Le mercantilisme qu’ils défendent repose principalement sur le commerce extérieur et plus particulièrement sur le commerce maritime. Un système de contrats oblige les exportateurs à se faire payer en or, rapatrié en Angleterre. Les importateurs, eux, sont obligés d’acheter les produits anglais avec leurs gains. C’est donc grâce à cela que l’état s’enrichit. L'Angleterre commerce également beaucoup avec ses colonies, profitant de sa supériorité pour leur interdire le commerce avec les autres pays.

Points communs avec le mercantilisme Français : Tout comme pour la France,

l’Angleterre a instauré des droits de douane sur les produits importés et des subventions sur les exports.

Points qui divergent avec le mercantilisme Français : Le commerce extérieur est

fortement favorisé dans le mercantilisme Anglais, en particulier le commerce maritime. Le commerce intérieur en Angleterre est interdit contrairement à la France où il est fortement favorisé.

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2-

Mercantilisme Espagnol

L'Espagne au XVIIe siècle colonise l'Amérique du Sud et contrôle la plupart des mines, par l’exploitation de celles-ci, elle voit donc la quantité d'or sur son territoire augmenter de manière très important et cherche à tout prix à le garder. Ici, le protectionnisme est également un moyen de garder les richesses. L’Espagne exploite ses colonies sans limites et interdit l’exportation de l’or : ses métaux précieux ne sont recherchés que pour eux-mêmes, ils sont thésaurisés (c'est une forme d'épargne, ils sont gardés sans être utilisés, ils ne circulent pas et ne stimulent donc pas l'économie). De ce fait, même si l'Espagne possède de grandes richesses, le peuple est en majorité très pauvre. On appelle cette pratique le bullionisme, de l'anglais « bullion » qui signifie lingot. Ce mercantilisme est représenté par Luis Ortiz, Jeronimo de Uztariz (1670-1732) et Bernardo de Ulloa (mort en 1740).

Points communs avec le mercantilisme Français : Conserver dans le territoire les

métaux acquis, avoir à sa disposition le plus de richesses possible. Le phénomène de l’inflation va se développer tout comme pour le mercantilisme Français.

Points qui divergent avec le mercantilisme Français : Les exportations vont être

interdites pour le mercantilisme Espagnol, alors qu’elles sont favorisées pour le Mercantilisme Français. L’Espagne ne privilégie pas l’industrie contrairement à la France.

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IV Les limites de la pensée de Colbert

Actuellement, le colbertisme et encore moins le mercantilisme n’existe. En effet, ce ne sont plus des pensées d’actualité. Ainsi, nous allons voir pourquoi elles n’ont pas subsisté.

Voyons tout d’abord les causes de l’échec du Colbertisme.

Pour commencer, la concurrence des anglais et des hollandais est forte et difficile à évincer. Egalement, les métaux précieux se font rares et cela ne facilite pas les idées économiques de Colbert sur leur accumulation. Ensuite, il privilégie l’industrie et la production de produits de luxe ou de qualité, or la période est à des prix et des revenus qui baissent ; la clientèle habituelle n’a donc plus les moyens d’acheter ses bons produits, ce qui est un problème.

Colbert s’est aussi retrouvé confronté à la structure socio-économique française d’avant :

Les négociants souhaitaient pouvoir faire ce qu’ils voulaient, être libres de commercer comme ils le voulaient et non devoir suivre les obligations fixées par l’Etat. De même les marchands, fabricants ou encore artisans n’étaient pas favorables aux idées de Colbert, concernant les contrôles, monopoles et règlements. Les nobles quant à eux étaient véritablement contre l’activité commerciale. Colbert s’est heurté à l’insuffisance du crédit, au coût et à la lenteur des transports à l’époque.

On trouve donc une pensée qui est inadaptée, et à la concurrence et à la crise économique des métaux précieux. De plus, son système n’est pas en accord avec les traditions de la France d’Ancien Régime. En effet, celle-ci est encore assez féodale à l’époque et il est impossible de réaliser un changement capitaliste rapide. Puis, l’influence de Colbert sur le Roi Louis XIV diminue peu à peu.

De plus, le colbertisme n’a pas fonctionné car Colbert a trop privilégié l’Industrie au détriment de l’agriculture et parce qu’il a trop réglementé les activités industrielles et commerciales. Aussi, Colbert veut que la France puisse se suffire à elle-même, qu’elle puisse se passer des autres peuples, or ces derniers sont voués à faire de même. Et, il est sûr qu’ils y arriveront, ils trouveront ailleurs ce qu’ils venaient chercher en France. Alors ce n’était pas la bonne solution qu’avait choisi Colbert.

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Le colbertisme comme le mercantilisme a une mauvaise vision de la richesse car la richesse n’est pas que l’accumulation de numéraire. Selon Pierre Le Pesant de Boisguilbert (1646-1714) :

« Il est aisé de voir que pour faire beaucoup de revenu il n'est pas nécessaire qu'il y ait beaucoup d'argent, mais seulement beaucoup de consommation, un million faisant plus d'effet de cette sorte que dix millions lorsqu'il y a point de consommation, parce que ce million se renouvelle mille fois à chaque pas, tandis que les dix millions restés en un coffre ne sont pas plus utiles à l'État que si c'étaient des pierres. »

L'argent est alors nécessaire lorsqu’il y a de la consommation car il y a vente et revente mais lorsqu’il n’y a plus de consommation, l’argent ne sert à rien.

Ainsi il pose les limites du Colbertisme et par extension du Mercantilisme.

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