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DES BÂTIMENTS POUR LE RÉSEAU

Compte-rendu de montage d'un bâtiment industriel MKB
Par Philippe VÉPIERRE/ CORAIL76

Rubrique de la page centrale du Blog de CORAIL76. Décembre 2015
À l'image des dimensions «conséquentes» du grand réseau H0 lui-même, il va falloir y implanter
un nombre important de maquettes diverses et notamment toutes sortes de constructions,
ouvrages et bâtiments spécialisés, directement ferroviaires ou non, pour constituer un décor le
plus réaliste possible. À l'occasion de l'apparition de bâtiments industriels sur la zone voisine de
la gare de passage, on note d'ores et déjà des origines différentes: fabrications «maison» à base
de carton gris, de carton plume, de plâtre moulé et/ou gravé mais aussi, et c'est récent, carton
en découpe laser, technologie dernier cri alliée à un matériau très... traditionnel, archi-connu
de tous les modélistes et maquettistes.

Présentation et illustration de la boîte MKB, en allemand.

Comme on le voit sur cette vue des pièces venues d'une des feuilles de carton dur, la précision
au 1/10 de mm du faisceau laser permet d'obtenir des éléments détachables prêts à l'emploi,
moyennant juste quelques incisions à la pointe du cutter. Remarquons que le rayon laser,
travaillant à la verticale, les «angles droits dans l'épaisseur» sont au moins aussi précis que sur
des pièces en plastique ou en résine sur grappes venues de moulage. Voilà qui donne
évidemment des assemblages très fin et ajustés donc solides et peu exigeants en matière
adhésive!

Conséquence directe des matériaux utilisés: les outils adéquats. Comme c'est la règle, la petite
lame triangulaire du cutter sera neuve (ou réaffutée avec un mini-fusil adapté). Diverses cales
sont indispensables pour assurer des équerrages/ collages parfaits; pour ce montage, j'ai adopté
des mini-lattes de parquet de récupération ainsi qu'une plaque carrée de plastique ultra-dur
(cale de livraison de lave-linge!) Les collages sont faits, pour ce qui me concerne, à la colle
blanche vinylique d'encadrement, mais chacun pourra utiliser celle de son choix pourvu qu'elle
ne soit pas à prise instantanée. Nous verrons par la suite l'importance de cette précision!

Dans la proposition de MKB, le montage des bâtiments en carton renoue, me semble-t-il, avec
l'esprit des maquettes traditionnelles d'architecture, par superposition de plans en carton
coloré, de façon à constituer une «épaisseur», une masse, contenant ses propres reliefs et
perspectives en quelque sorte, ce que l'on voit bien sur cette photo; l'ensemble contrecollé sera
donc en même temps «prépeint» ou préteinté dans la masse et peut certainement rester dans
cet état à l'implantation dans le décor. Voilà de quoi rassurer les modélistes peu portés sur la
mise en couleur des bâtiments ou réticents à l'idée d'expérimenter les «glacis semi-opaques» à
l'acrylique!

Vue rapprochée d'un pignon assemblé par collage où figurent à la fois les éléments constitutifs
d'une façade de bâtiment: l'aspect en parement briques, l'encadrement et les porte-vitrages
de la fenêtre ainsi que le fond de mur aspect enduit ou cimenté, le tout venu de gravure laser
sur des plaques de carton de couleurs différentes. Ici, la précision de la gravure laser est
évidente aussi bien pour la délimitation des pièces que pour celle en surface du carton aspect
briques; quant aux supports de vitres, leur finesse les mettent au niveau d'une photo-découpe
sur métal de qualité standard. Resterait à évaluer la rigidité du matériau; mais , une fois la
feuille de rhodoïd scotchée en douceur derrière...tout va bien!

Voilà au-moins une technique qui ne change pas pour le modéliste lambda: les vitrages en
rhodoïd scotchés -et pas 'collés'- par l'intérieur; il faudra juste prendre quelques précautions de
discrétion pour un éventuel aménagement intérieur (éclairage, mobilier) et repasser une couche
de peinture sur le tout pour masquer l'adhésif (scotch magic mat).

Au fur et à mesure du montage du bâtiment et en grande partie du fait de la précision des
assemblages, on constate la réelle rigidité de l'ensemble constitué par les murs et les
planchers/plafonds en carton... dont la feuille constituant la «dalle de sol»; comme les
bâtiments destinés au décor du grand réseau de CORAIL76 doivent tous être amovibles pour
maintenance, modification ou ajout d'un éclairage ultérieur, ils sont donc sans plaque de fond;
aussi ai-je ajouté deux cloisons internes destinées à maintenir les façades bien planes.

Si la maquette d'origine proposée par MKB propose les éléments nécessaires et suffisants au
montage d'une maquette digne de ce nom, rien n'empêche le modéliste d'y ajouter quelques
détails supplémentaires pour donner plus de «caractère» au bâtiment ou renforcer son réalisme:
gaînes électriques, compteurs, armoires, manches à air, aérateurs/extracteurs, plafonniers et
éclairages, panonceaux et signalétique.

Ce qui fait l'un des atouts de cette maquette MKB c'est la présence d'un pont-roulant auto-porté
pour charges moyennes autorisant de multiples destinations à l'entreprise évoquée par la
maquette, en fonction de la nature des charges présentées: bois, métal, colis, palanquées, etc.
Bien entendu cet ouvrage en 3D est constitué d'éléments en carton... 2D, venus de gravure et
particulièrement fins; leur assemblage final est obtenu après un dégrappage et un
assemblage/contrecollage nécessairement précis; disons «précautionneux»; mais le modéliste
patient sera récompensé de sa peine: le résultat est à la hauteur!

Extrait de la -plutôt- succinte notice de montage, réduite à des schémas explicatifs; par
exemple ces montants du pont-roulant. Les chiffres renvoient à la numérotation figurant sur les
plaques de carton gravées fournies dans la boîte.

Comme dit précédemment, le positionnement correct et ultra-précis des «épaisseurs» de ces
montants, par exemple, et leur contrecollage nécessite l'emploi d'une colle à prise absolument
non-rapide! La colle blanche d'encadreur à, en plus, l'intérêt d'imprégner toute l'épaisseur du
carton et donc en séchant, d' ajouter beaucoup de rigidité aux assemblages.

Une fois monté, le pont-roulant a fière allure; son tirant d'air est suffisant pour surplomber
aisément tout wagon plat présenté sur la voie de manœuvre attenante.

L'ensemble proposé par MKB se composant d'un bâtiment central, de deux annexes et d'un pontroulant, chacun peut être positionné de façon autonome en s'éloignant de la version très
compacte proposée sur l'illustration de la boîte, en l'occurrence une entreprise insérée (ou
coincée!) entre deux autres bâtiments.

Premier essai d'encombrement du bâtiment sur la zone de la future gare de passage du
grand réseau H0 de CORAIL76. Chacun pourra personnaliser le style et l'état des deux
annexes du bâtiment principal en fonction de ses goûts, de l'espace disponible et de la
destination des équipements, d'autant que le kit contient aussi de quoi construire des
murs d'enceinte; la voie peut-être disposée en 'passage' ou en 'impasse' et rappelons que
l'espace entre le bâtiment et le pont-roulant est couvert par un palan de
transbordement sur-poutre en 'H' venant de l'intérieur du rez de chaussée.

**************
Pour conclure ce rapide compte-rendu de montage, je peux témoigner que cette
maquette MKB à base de carton dur en découpe laser est de très bonne qualité, vendue
à un tarif raisonnable et adapté par Maketis, soit à peine plus de 40 euros.
Précisons qu'elle ne s'adresse pas vraiment à des modélistes débutants (ou alors très
patients et particulièrement doués!) cela étant dû, en partie, à une notice succinte,
réduite à des schémas fléchés/numérotés requérant largement la «prise d'initiative»...et
l'expérience du modéliste; l'ordre des opérations successives et des assemblages
suggérés par cette notice ne correspond pas souvent/toujours avec celui de la praticité
de construction. Serait-ce son origine teutonne, un peu...austère?
Donc, s'il est vrai que la précision de l'assemblage de chacun de ses éléments détermine
la qualité finale de toute maquette, il faudra donc veiller à effectuer régulièrement des
montages à blanc avant tout collage pour valider la bonne progression des travaux à
effectuer; cela est particulièrement vrai pour les murs du bâtiment principal, les
planchers/plafonds qui s'emboîtent réellement par des rangs d'encoches au 1/10e de mm
à condition d'assurer de parfaits équerrages.
Cela concerne aussi l'adjonction de dispositifs divers, non prévus par le fabricant, de
type conduits, canalisations, aérateurs, qu'ils soient traversant -ou- emmanchés dans les
parois, qui seront bien plus faciles et moins destructifs à préparer à plat, avant tout
montage en volume.
Par voie de conséquence, il paraît justifié de recommander l'usage de colle à prise
lente pour ce type de matériau, le carton dur, les collages étant «sans remord ni
retour»!
Comme il se trouve qu'un modèle de grue de la même origine MKB vendu par MAKETIS
est aussi «sur le gaz», je vais devoir vous quitter: j'ai à faire!
À votre disposition pour toute précision ou renseignement sur ce montage.
webmastercorail76@gmail.com
Textes et photos : Philippe VEPIERRE/CORAIL76.

©Janvier 2016