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LES DEUX ÉCOLOGIES

“Un   matérialisme   conséquent   ne   peut   penser   une   résurrection   de   la   nature“   dit   Habermas.   Sortons   donc   de

l'anthropomorphisation de la nature, sortons de la résurrection de la nature par l'homme). De nouvelles relations rentre
humain et non humain s'instaurent. Le terme “humain“ entre en crise en tant qu'entité générale abstraite et séparée de la
nature, en tant que productrice d'un projet cosmique et eschatologique. L'humain n'est plus ce ressuscité qui ressuscite la
nature. Il n'est plus cette entité dénaturée qui niant la nature par son travail en préparait ainsi la Grande métamorphose.
S'agit­il   donc   pour   l'homme   d'un   retour   à   l'animalité,   cette   animalité   énoncée   par   Kojeve   dans   la   note   à   la
Phénoménologie de l'esprit de Hegel ? Sorti de sa prétention eschatologique, l'organisme humain n'est­il plus qu'un
collectif bactérien comme les autres animaux ou végétaux, mais qui, à la différence de ces derniers, aurait été colonisé
par un alien, la technique, l'abstraction ?
La technique serait ici l'alien producteur d'un projet cosmique, qui aurait fait de l'humain son hôte pour le faire servir à
un projet (un projet qui demeurerait voilé). “Vous savez, la technique n'est pas une invention des hommes. Plutôt
l'inverse“ dit Lyotard (L'inhumain, p.22).
La technique a détourné un collectif bactérien pour en faire des homo faber, des homo sapiens, etc. Présentée ainsi, la
technique serait étrangère à la nature. Serait­elle donc l'émanation de quelque puissance transcendante, a­cosmique ?
La technique n'est pas hors nature. C'est pourquoi elle ne peut sauver (la nature par la résurrection), ni être sauvée (de
son caractère démoniaque). Elle ne s'inscrit pas dans une eschatologie.

“D'elle­même, dit l'évangile de Marc, la Terre porte des fruits“ (Mc 4,26­29). Elle est automata. La différence entre
l'automate organique et l'automate mécanique issu du langage, de la technique, n'importe pas ici. La technoscience, et
les automates non organiques de sa fabrication semble seulement participer d'un projet non terrestre, de circonstances
cosmiques qui entrent en conflit avec les circonstances terrestres. Qu'importe en effet, dans les temporalités et les
espaces cosmiques, la démesure du plutonium ?

Alien est donc ce qui du cosmos, menace l'écologie propre à la Terre. Et non alien, ce qui participe
de l'écologie terrienne. L'alien est au non alien ce que l'écologie cosmique est à l'écologie terrienne.
Traduit en termes politique, l'alien est au non alien ce que l'État est à la société. Et il existe une lutte
ontologique entre eux. Cette lutte est celle opposant les  grandes religions  d'État, soumettant le
devenir   humain   aux   abstractions   bioastronomiques   des   prêtres,   aux   tribus   telluriques   qui   leur
opposent l'éthique locale et concrète du partisan et sa puissance de métabolisation. 

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, en métabolisant les déterminations cosmiques dans  micro­dispositifs telluriques. 
Mais voici que les grandes abstractions, les grands automates cosmiques se sont incarnés sur la Terre et 
Avec   les   révolutions   techniques,   les   techniques   molaires   (cosmiques)   pénètrent   les   dynamiques   moléculaires :
l'abstraction des nombres vient policer les organisations sociales concrètes. En retour, les dynamiques moléculaires
métabolisent les déterminations cosmiques, générant des micro­dispositifs telluriques. 

reconfigurent en permanence 
sont arrivées au fond des campagnes. Mumford décrit xxx. 
Quelle aliénologie permettrait de socialiser localement et de faire cohabiter dans le terratope commun, les dispositifs
techniques abstraits, étrangers à la Terre ? 
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Ou, pour prendre les grands schémas culturels

 favorise ou menace l'écologie terrienne.  .Sommes­nous donc pris en étau entre un chamanisme tellurique et une abstraction égyptienne ?  Ne sommes­nous donc pas sorti d'Égypte ? …………………………………… L'action solaire elle­même.  . aussi  importante soit­elle pour la respiration et la reproduction biologique. et même. selon les fractures du sol : ici il y a une couche épaisse de capitalocène. mais d'un effleurement partiel cohabitant avec d'autres effleurement.  La technique est­elle cependant elle­même aliéné ? L'autonomisation des dispositifs techniques avancés (algorithmes) qui tend à séparer et entrer en conflit d'intérêt avec le collectif bactérien humain est­il une dérive pathologique ?  Il faut ici se figurer la relation des dispositifs techniques et de leurs effets (capitalocène) de façon no pas chronologique mais géologique : il ne s'agit pas d'un nouvel âge. mélangée à elle. Désormais la vie lente de l'humain biologique entre en contradiction avec l'évolution rapide du langage. mais qui cohabite avec une couche épaisse d'oléocène se situation à proximité.