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N° 26

Roissy et
l’Afrique
Panorama des
nouvelles zones
d’activités
économiques :
Des centaines d’hectares
en cours d’aménagement
sur le pôle de Roissy
Pages
Pages :: 30
30 àà 49
49

sommaire

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5 - 27 DOSSIER : ROISSY ET L’AFRIQUE
05-06
07-08
10-13
15-23
24-27

46

39-49 PANORAMA DU DÉVELOPPEMENTDES NOUVELLES ZONES
D’ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES
DU PÔLE DE ROISSY
30-31
32
34
37
39-40
41
42
44
46-48
49

50

Des liens de plus en plus importants…
Le CIAN : les entreprises françaises en Afrique
L’Afrique si proche et pourtant si méconnue
7 années à Cotonou : une expérience africaine
Art-Rivages…

Les ZAE, facteurs de croissance
Gonesse en forme
Roissy Porte-de-France : toujours à la pointe
CDG Est : une ruche d’activités
Canton de Dammartin : ça bouge
Aulnay-sous-Bois : la ZAC des Aulnes
Villepinte : naissance d’un géant, VIPARIS
Aéroville : 270 millions controversés
L’AFTRP : un opérateur historique en pleine mutation
Tremblay : la ZAC « Sud-CDG », c’est pour cette année

50-53 PORTRAIT
Gilles Baëza

54-55 LES ENTREPRISES DU PÔLE
Informatique : de la nécessité de faire appel à des « pros »

56-61 HÔTELLERIE – RESTAURATION

58

Bénéfice. net bimestriel gratuit édité par VPP SARL
1 Clos du Thillay - 95380 Epiais-lès-Louvres
Tél : 01 30 29 04 32
Fax : 01 34 68 52 07
Directeur de la publication : Eric Veillon :
eric.veillon@wanadoo.fr Redaction et publicité : 01 30 29 04 32
Imprimerie : Dulac (Pacy-sur-Eure)
2 Dépôt légal à parution. Tirage : 20.000 exemplaires
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VPP

www.vppcom.com

56-58
60-61

Claude Chevauché (Pullman) : j’ai vraiment l’impression
d’avoir ouvert un nouvel hôtel
Service à table : réactions

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Edito ... Edito ... Edito ... Edito ...
Majorité d’idées pour le pôle de Roissy.
Appel à André Toulouse.
Quand ce numéro 26 de Bénéfice.net sera diffusé, nous ne tarderons pas à
connaître les résultats des élections municipales et cantonales. De nouvelles
équipes seront en place, et elles auront un mandat populaire de 6 ans pour
gérer les collectivités territoriales : communes et départements. Notamment
celles qui concernent le pôle de Roissy. Cette région aéroportuaire,
informelle mais cohérente au niveau du développement économique et de
l’aménagement du territoire, comprend plusieurs dizaines de communes sur
4 Départements et 2 Régions.
Elle sera marquée, ces 6 prochaines années au moins, par le développement très important de
l’aéroport CDG, devenu de fait un consensus politique, en même temps qu’un atout formidable
pour la croissance économique de notre pays, qui en a bien besoin. Le développement de
nouvelles zones d’activités dans et autour du 7ème aéroport mondial, dont nous donnons un
aperçu dans ce numéro, montre la force d’attractivité de la région aéroportuaire, au centre d’un
nœud de communications unique. Et les retombées de cette force sont bénéfiques pour les
populations qui y habitent, beaucoup plus qu’ailleurs.
Pour autant, rien n’est simple. Les disparités de ressources fiscales, dues à un système aussi
compliqué qu’insuffisant de répartition entre collectivités proches sont sources d’incompréhension
et de frustration. Prenez l’exemple de la ville de Sevran, qui peine à survivre, n’ayant que peu
de ressources. Elle héberge nombre de travailleurs du pôle de Roissy, participant ainsi à son
développement, mais sans en avoir les retombées correspondantes. Il faudra que les nouveaux
élus se posent la question d’un meilleur partage des ressources fiscales.
Mais aussi les termes d’un aménagement concerté de notre territoire. La polémique qui a fait
rage autour du projet de centre commercial « Aéroville » et de ses implications économiques,
environnementales et territoriales, montre bien la nécessité d’un minimum sinon de gouvernance,
au moins de concertation par les collectivités du pôle de Roissy et singulièrement par les
communes. On pourrait en dire autant des transports en commun, des infrastructures
(routières notamment), et même de la promotion extérieure du pôle, inexistante dans sa globalité.
L’Etat qui, après la disparition de la « Mission Roissy », ne suit plus vraiment le dossier du pôle
qu’il qualifiait pourtant d’excellence, pourrait, en se fondant sur le discours du 6 juin 2007 du
Président de la République, relancer cette gouvernance souhaitée. Par la Communauté
aéroportuaire ou toute autre solution, mais en s’appuyant sur les maires.
Parmi ceux-ci, un homme pourrait aussi avoir un rôle important dans cette orientation :
André Toulouse, le maire de Roissy, qui sera sûrement réélu brillamment. Le fondateur
visionnaire de Roissy Porte de France a toute l’expérience, la hauteur de vue et l’autorité pour entraîner
le mouvement. Il pourrait redonner vie dans un premier temps à l’association du « Grand Roissy »,
organiser des Etats-Généraux du pôle. Le reste suivra.
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ROISSY ET L’AFRIQUE

.
Des liens de plus en plus importants,
mais toujours diffciles à comprendre
Avouons-le tout de suite : nous
avons été trop ambitieux, sur l’annonce de ce dossier que nous voulions riche et complet. La faute nous
en revient en premier : nous aurions
dû faire davantage d’investigations.
L’enthousiasme initial était dû (et
demeure) aux multiples relations,
grandissantes, entre le continent
africain et notre région aéroportuaire. Mais, outre notre (fausse) dilettante, il ressort des différents
contacts que j’ai pu avoir pour préparer ce dossier, que l’Afrique n’est toujours pas un thème porteur, en gros,
l’Afrique n’est pas « sexy ». Que ce
soit de la part des entreprises (le
CIAN, voir l’article, mis à part) qui
travaillent ici avec le continent, et
Dieu sait s’il y en a, que des particuliers, les gens peinent à évoquer leurs
relations avec l’Afrique. Difficile à expliquer pourquoi, mais voici quelques
pistes. Les « clichés » existent toujours (qui ne sont pas des clichés
d’ailleurs, mais des réalités) :
- guerres et massacres (les évènements du Kenya, pourtant impensables, puis la guerre au Tchad sont
tout récents),
- famines (il y en a encore), immigration illégale, (bien connue dans
notre région aéroportuaire, porte
d’entrée principale de la France, où
l’on est en train de construire un
nouveau et grand centre de rétention, au Mesnil-Amelot),
- corruption (il faut lire l’article du
Monde (31/01/2008) qui rend
compte de l’enquête policière en
cours suite à une plainte déposée
par des associations sur le formidable patrimoine de certains dirigeant africains), sont encore le lot
de nombreux Etats. L’Union africaine
a estimé (en 2006) que 148 milliards
de dollars, soient 25% du Pnb de

l’Afrique, sont perdus chaque année
à cause de la corruption.
Même si nous devons être prudents
dans nos jugements (les guerres en
Europe, la Shoah, ou les massacres
ethniques en ex-Yougoslavie ne
sont pas éloignées), il faut bien admettre que ces maux africains empêchent encore le développement
de l’Afrique et donnent une mauvaise image du continent.
Ce qui ne donne pas le droit, pour
certains du moins, de prendre les
Africains pour des imbéciles. La lamentable affaire des Pieds-Nickelés
de « l’arche de Zoé », qui ont, sous
couvert « d’humanitaire », véritablement tenté d’enlever des enfants en
est un triste exemple. Je voulais
faire, pour ce dossier, un article sur
la « coopération décentralisée » en
Afrique. Comprenez : la coopération
des collectivités territoriales, (communes, départements…) avec leurs
homologues africaines. Trop souvent, je l’ai vu à plusieurs reprises,
elle donne lieu à des épanchements
de « générosité » pas très saine : on
emmène du matériel (souvent obsolète) et on se fait plaisir en allant à
grands frais (avion, hôtels, restaurants…) « donner ». En revanche,
les actions de coopération dans le
domaine direct de l’économie,
comme peut le faire par exemple le
CEEVO (comité d’expansion économique du Val d’Oise) au Cameroun
ou, depuis peu au Maroc vont à coup
sûr dans le bon sens.
Le développement de l’Afrique ne
se fera pas à coup de condescendance sur la misère. « Trade, not
aid », disent les Américains. L’aide
publique passée ou nouvelle, an-

noncée dans différents forums internationaux n’a toujours pas
donné de résultats probants (le
NEPAD, dernier né des programmes
d’aide, est devenu un « machin »,
souligne A. Bouthelier, du CIAN Conseil français des investisseurs
en Afrique-, dans ce dossier).
Même si des progrès réels existent, il reste que l’Afrique est toujours en marge de l’économie
mondiale, malgré sa richesse potentielle. Et pourtant le développement économique est la clé de
tout. Comment voulez-vous que
les jeunes Africains (et les moins
jeunes), dans leur masse, devant
le peu d’avenir qu’ils ont, ne pensent pas à émigrer ?
Vous verrez dans l’article sur le CIAN
que l’exemple à suivre est celui de
l’Asie, qui a su se développer ces 30
dernières années, d’une manière
quasiment miraculeuse.

Pédagogie
Au-delà, des questions profondes
se posent sur les raisons du sousdéveloppement africain. Le Président Sarkozy, à peine élu, (le 26
juillet 2007) a tenté d’y répondre
lors d’un grand discours devant les
étudiants de l’Université de Dakar.
Ce discours a été l’objet de nombreuses critiques venant, pour la
plupart, d’intellectuels, africains
ou européens. Certains passages
du discours, qu’il faut lire en entier, ont pu choquer, mais le Président d’Afrique du Sud, peu suspect
de complaisance, a envoyé rapidement une lettre à N.Sarkozy pour

le féliciter. Vous trouverez celui-ci
facilement sur le site web de l’Elysée.
Le « glissement » de ce dossier sur
« Roissy et l’Afrique », plutôt que
de le laisser tomber, nous a donné
à penser, et ce sentiment a été
partagé par plusieurs de nos interlocuteurs, qu’il fallait en profiter
pour faire ici de la pédagogie.
C’est un continent merveilleux, que
j’aime beaucoup car les qualités des
Africains sont immenses. Ils trouveront, j’en suis sûr, les moyens de surmonter leur difficultés.
On vous recommande en particulier
de prendre le temps de lire ici un résumé de l’histoire de l’Afrique, mal
connue, fait par mon ami Brice Boussari, professeur d’histoire au lycée
Gustave Eiffel à Gagny, que je
connais depuis presque 20 ans. Il a
l’avantage non seulement d’être binational (Français et Béninois) mais
surtout biculturel. Son résumé est
riche, bien documenté, équilibré,
vraiment parfait.
Vous prendrez le temps de lire
aussi, avec intérêt, j’en fais le
pari, le récit d’une expérience africaine, la mienne, que je vous avais
promise dans le BN 24. Puis avec
le CIAN, un regard professionnel
des entreprises françaises sur les
relations commerciales avec
l’Afrique. Et, enfin, nous avons
choisi une société d’Epiais, Art Rivage, pour illustrer les relations
locales. Mais il y en a bien d’autres
: compagnies aériennes, handling,
organisateurs de transport, import-export…Nous y reviendrons,
promis.
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ROISSY ET L’AFRIQUE

Au centre, A. Bouthelier, lors de la présentation du rapport CIAN 2008.

Le CIAN :
les entreprises françaises en Afrique
Difficile d’évoquer des relations économiques françaises avec l’Afrique
sans rencontrer le CIAN. C’est le
Conseil français des Investisseurs en
Afrique, comme ses initiales ne l’indiquent plus. Il est connu du monde des
affaires à cause de la publication, depuis 16 ans, en janvier, de son fameux
rapport annuel, dans un numéro spécial du MOCI (Moniteur du Commerce
International). Une centaine de pages
d’analyses thématiques accompagnées, pays par pays, des tendances
macroéconomiques actualisées.

6
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26

Cette association de chefs d’entreprises, plutôt discrète, dont les origines remontent loin dans le temps, a
connu, connait depuis une décennie,
une sorte de renouveau par rapport au
temps où il s’appelait encore le Conseil
des Investisseurs en Afrique Noire.

J’ai voulu en savoir plus et j’ai
contacté le CIAN par l’intermédiaire de son site web :
www.cian.asso.fr . Excellente réactivité de la part de l’équipe, et j’ai
été fort bien reçu par son Président délégué, Anthony Bouthelier.
Les bureaux du CIAN sont situés
rue de la Chassée d’Antin, à Paris
(9ème). M. Bouthelier me reçoit
tout de suite. L’ambiance est détendue, ça me va bien. « C’est vrai
que le CIAN a pu avoir une image
un peu surannée, un peu « nostalgique de l’ancienne Françafrique
», mais ce temps là est fini. Depuis une quinzaine d’année, la vocation du CIAN est de s’occuper de
l’ensemble du continent, et non
seulement de l’Afrique Noire, d’où
son changement de nom. Et donc
de ne plus être focalisée, comme

dans le temps sur les seuls pays
francophones. Cette évolution
s’est accélérée depuis la Présidence de Gérard Pélisson, qui a
succédé à J.P Prouteau, décédé en
1998 », me confie, suite à ma première question le Président délégué.
«
Gérard
Pélisson,
co-fondateur d’ACCOR, groupe
mondial, a encouragé la venue au
CIAN de gens qui n’avaient pas
seulement un expérience africaine,
mais mondiale ».

Un « Asiatique »
pour l’Afrique…
A l’image donc de mon interlocuteur. Celui-ci a fait presque toute

sa carrière à Pechiney, beaucoup
en Asie-Pacifique, puis en 1994
comme directeur de la division
« afrique ». C’est à ce moment
qu’il découvre le CIAN, dont il devient secrétaire général en 1998,
puis donc Président délégué, en
2006. Un « Asiatique » au CIAN ?
plaisantais-je… Sourires, mais
plus tard dans la discussion (à
propos du NEPAD), il m’explique :
« je vais vous dire pourquoi l’aide
publique au développement n’a
pas réussi en Afrique. Tout simplement parce qu’elle n’a pas fait la
jonction avec le secteur privé.
Prenez l’exemple de la Chine, dont
on parle tant de nos jours. Les dirigeants de ce pays au régime étatique pourtant rigide, à l’économie
plus que dirigée savaient, dans les
années 70, qu’ils allaient dans le

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ROISSY ET L’AFRIQUE

mur. Qu’ont-ils fait ? Ils ont créé
Shenzhen et les zones économiques spéciales. Ils s’étaient
tout bonnement inspirés des méthodes qui avaient fait le succès
de leurs cousins de Singapour. La
méthode asiatique adaptée au
continent africain, voici la voie.
On a vu le résultat en Chine, mais
il y a d’autres exemples en Asie ».
Et on revient au CIAN. « C’est vrai
aussi qu’on est un peu élitiste »,
me répond-il, lorsque je lui pose
la question des adhérents du
« Club ». Pour en faire partie, il
faut d’abord avoir une véritable
expérience africaine, et bien sûr
une honorabilité sans faille. Ces
deux conditions sont validées par
le système du double parrainage.
Et j’apprends qu’il y a une centaine d’entreprises membres,
« mais qui représentent les 2/3
du business français en Afrique »,
précise le Président délégué. Le
groupe Bolloré (transport-logistique avec SDV et Saga) qui se
développe dans des zones africaines nouvelles pour lui (Afrique
de l’Est et australe), la CFAO
(groupe PPR), Total, Lafarge,
Vinci (avec Sogea),Air liquide,
BGI, OPTORG, Coralma, Rougié,
SOMDIAa (GROUPE VILGRAIN)°
ACCOR, Air France ; Thalès, et les
grandes banques etc. sont les
grands noms français en Afrique,
tous membres du CIAN.
« Nous fonctionnons comme un
club, où l’on échange informations et expériences. Par exemple,
lorsqu’une de nos entreprises souhaite s’implanter nouvellement
dans un pays, nous lui faisons gagner un temps précieux par les
conseils et informations que nos
membres, qui connaissent le
pays, pourront lui fournir. Ensuite, nous avons (et de plus en
plus), un rôle de représentation
et de communication. Nous
sommes, de par notre expertise,
la voix des entreprises françaises
en Afrique. Et notre structure

nous permet, par exemple, de
« dénoncer » tels ou tels dysfonctionnement dans tel ou tel pays,
ce que pourrait difficilement
faire, on le comprendra, la ou les
entreprises françaises qui subissent ces dysfonctionnements ».

« Les Etats ont montré
leur limites. »
Revenant sur le fond, M. Bouthelier insiste : le rôle du CIAN est
de rappeler (il est toujours bon de
le faire) l’importance des investissements privés pour qu’augmente la richesse globale dans les
pays d’Afrique », reprenant en ça
les termes que l’on peut voir sur
leur site web : « Le CIAN s'efforce
de coordonner tout ce qui
concourt en Afrique à la prospérité des entreprises sans lesquelles la lutte contre la pauvreté
est un concept vide ».
C’est que, « les Etats ont montré
leurs limites dans leurs capacités
à promouvoir un vrai développement économique, qui profite à
tous », continue-t-il.
« Mais le NEPAD*, n’a-t-il pas pris
en compte ces réalités ? » Certes,
me répond M. Bouthelier en m’expliquant son point de vue : « Le
NEPAD, c’est parti d’Afrique du
Sud, sur des idées du Président
Thabo Mbeki. Il a lancé : le développement doit passer par le secteur privé. C’était bien. Pendant
ce temps, le Président du Sénégal
présentait, en 2001, son plan
« Omega » au sommet France
Afrique de Yaoundé, dans lequel
il prévoyait notamment un développement des infrastructures,
avec des financements d’origine
externe. Or, il est vrai que les certaines infrastructures lourdes
sont finançables par l’aide et le
secteur public… Et c’est A. Wade
qui a gagné : le NEPAD est ainsi

devenu une « usine à projets »,
comme on en a connu dans le
passé, un « machin », sur fond de
rivalités politiques pour le « leadership » en Afrique : Khadafi est
passé par là…Donc, rien de nouveau sous le soleil d’Afrique, de
ce point de vue ».

Le CIAN, nouveau
« think tank » ?
On revient au CIAN. Quid de ses
rapports avec le MEDEF, et le
MEDEF International* ? « Cette
organisation du MEDEF a vocation
à intervenir dans le monde entier.
Mais nous, nous sommes les spécialistes de l’Afrique ». M. Bouthelier me cite des exemples
récents : c’est le CIAN qui était
présent au sommet du G8 à Gleneagles* de 2005. Puis les rapports avec les Américains. Il faut
savoir, m’explique- t-il, que 21%
des approvisionnements pétroliers américains se font en Afrique
(désormais supérieurs à ceux du
Moyen-Orient). Et les USA veulent
porter ce chiffre à 25%. Du coup,
ils souhaitent que le Golfe de Guinée soit sécurisé. Or dans ce Golf,
il y a beaucoup de pays francophones, que les Américains appréhendent mal. C’est ainsi que le
National Intelligence Council* a
récemment tenu un séminaire sur
l’avenir des relations entre
l’Afrique et la France, le CIAN y a
été invité, à titre d’expert.
De même, se tient désormais,
tous les deux ans, un sommet des
affaires USA/Afrique, organisé par
le « Corporate Council on Africa),
dont le cinquième s’est tenu au
CAP, en Afrique du Sud, en novembre dernier. Le CIAN y a été
invité et y a participé. Enfin, le
CIAN fait partie de l’EBCAM (European Business Council for Africa
and the Mediterranean) qui regroupe les « CIAN » européens.

Cette confédération, basée à
Bruxelles, met en avant le rôle
« crucial » du secteur privé et
veut promouvoir le commerce et
les investissements européens au
Sud de l’Europe.
Enfin, signe des temps, M. Bouthelier m’informe que le CIAN est
désormais (depuis mars 2006) administrateur au sein du Conseil de
l’Agence Française de Développement, organisme d’Etat qui coordonne l’aide publique au
développement, ce dont il se réjouit.
Quand je lui demande s’il ne serait pas bon que le CIAN soit un
peu plus « public », un peu mieux
connu, malgré l’efficience de son
rapport annuel (100 000 lecteurs), le Président délégué ne
me dément pas. Mais cette année
2008 sera une première : le 15
janvier, aura été présenté le fameux « rapport » du CIAN lors
d’une conférence de presse.
En terminant l’entretien, je me
risque à lui poser la question suivante, à propos des nouveaux
« entrants » en Afrique (outre les
Américains, les Chinois (qui font
le forcing), les Indiens, les Brésiliens…). «J’ai l’impression, à lire
vos derniers rapports, que la
venue de ces « nouveaux » a provoqué un regain d’intérêt de la
part des entreprises françaises,
qui s’étaient mises un peu à
« bouder » l’Afrique, qu’en pensez-vous ? ». Et M. Bouthelier,
dans un sourire, de me dire que je
n’avais pas tort…

EV

En savoir plus :
www.cian.asso.fr

7
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ROISSY ET L’AFRIQUE

Le témoignage de Gérard Pélisson,
Président du CIAN :

« Il ne peut pas y avoir une
Europe prospère
aux côtés d’une
Afrique à la dérive »

8
BN
26

M. Gérard Pélisson, en tant que
Président du
CIAN, a accepté
d’écrire ce mot
pour les lecteurs
de Bénéfice.net,
dans le cadre de
ce dossier. C’est
un grand honneur
qu’il nous fait, car
cet homme d’affaires visionnaire,
co-fondateur, avec
Paul Dubrule, du
grand groupe
français Accor
(115 hôtels sur
le continent),
président de
l’Union des
rançais de
l’Etranger (UFE)
est un homme
exceptionnel.
Sa réussite et son
expérience donnent à son témoignage sur
l’Afrique une
valeur à prendre
en compte par
tous.

Afrique – Europe : une
relation singulière
La proximité géographique et
l’Histoire fondent la spécificité des
rapports entre l’Afrique et l’Europe.
L’Europe ne peut pas ignorer
l’échec global de ce continent
dans la lutte contre la pauvreté et
les entreprises qui sont les créateurs de ces richesses nécessaires
au développement doivent relever
cet immense défi.
Cependant, l’investissement privé
ne se décrète pas, et les opérateurs économiques, qu’ils soient
africains ou étrangers, ont besoin
d’une bonne visibilité pour mesurer leur risque. N’oublions pas en
effet qu’un entrepreneur est
d’abord un gestionnaire de risque
et que l’opacité, l’arbitraire découragent l’investisseur.
C’est pourquoi les actions du CIAN
se portent prioritairement sur
l’amélioration de l’environnement
des affaires et la promotion d’un
Etat de droit qui garantit l’investisseur contre tous les caprices
d’une puissance publique dont le
moteur est souvent la corruption.
A cet égard, le dernier rapport du

CIAN publié par le MOCI « les Entreprises françaises et l’Afrique »
est révélateur des progrès à accomplir notamment lorsqu’on se
penche sur la carte du harcèlement fiscal.

Ce combat que mène le CIAN doit
être gagné car il ne peut pas y
avoir une Europe prospère aux
côtés d’une Afrique à la dérive.
Gérard Pélisson
Président du CIAN

JE VEUX RECEVOIR BENEFICE.net
à mon nom et à mon adresse.
Je souhaite adhérer à l'Association
“LES LECTEURS DE BENEFICE.net” (loi 1901)

Nom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Je joins un chèque de

20 euros (cotisation normale)

(ordre : Association des
lecteurs de B.N.)

31 euros (j'aime vraiment bien)
76 euros (ou plus) (je soutiens l'association).

signature :
J'ai bien noté que les statuts sont disponibles à l'adresse de :
“BENEFICE.net”,
1 Clos du Thillay - 95380 Epiais-lès-Louvres à laquelle j'envoie le présent bulletin.

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ROISSY ET L’AFRIQUE

L’Afrique si proch
et pourtan
Par Brice Boussari, professeur certifié d’histoire-géographie
L’Afrique n’est séparée de l’Europe
que par quatorze kilomètres au
détroit de Gibraltar. Les relations
entre ces continents sont multiséculaires, même si elles ne se
sont intensifiées qu’au XIXe siècle. Cependant, la connaissance
de l’Afrique et de son histoire a
encore quelques progrès à faire en
France. C’est cette lacune que cet
article se propose modestement
de combler.

Le berceau
de l’Humanité

10
BN
26

On a l’habitude de dire que
l’Afrique est « le berceau de l’Humanité ». Cette expression signifie que les premiers êtres humains
ont vécu en Afrique, il y a plusieurs millions d’années. La vallée
de l’Omo, en Éthiopie, et la vallée
du Rift, entre le Kenya et la Tanzanie, sont les deux endroits où
les restes les plus nombreux ont
été découverts par les paléontologues. Cette idée de l’origine
africaine de l’espèce humaine,
formulée dès 1871 par Charles
Darwin qui a élaboré la théorie de
l’évolution, a eu du mal à s’imposer en Occident. Comment imaginer en effet que l’homme
européen, qui alors dominait le
monde, puisse être originaire de
ce continent sous-développé et
tenu pour « sauvage » ? Cependant, cette idée ne fait plus actuellement l’ombre d’un doute
dans les milieux scientifiques.
L’être humain est bel et bien apparu en Afrique entre 9,5 et 7
millions d’années avant nous. (1)

Deux découvertes, faites par des
Français, sont venus conforter
cette thèse de l’origine africaine
de l’espèce humaine : Lucy, découverte par la mission Yves Coppens en Éthiopie en 1974,
appartenait à la grande famille
des Australopithèques. Elle vivait
il y a environ 3,2 millions d’années, et était à la fois arboricole
et bipède ; son cerveau n’était
guère plus gros que celui d’un
chimpanzé actuel. Quant à Toumaï, découvert au Tchad par
l’équipe de Michel Brunet le 19
juillet 2001, il est considéré
comme l'une des toutes premières
espèces de la lignée humaine
puisqu’il vivait il y a environ 7
millions d’années.
L’espèce humaine a ensuite migré
pour s’installer sur les autres
continents. Les spécialistes s’accordent à penser que l’Homme a
quitté l’Afrique pour le ProcheOrient, l’Asie et l’Europe entre 2
et 1,8 millions d’années. Il s’est
adapté au milieu ambiant et a acquis des caractères secondaires
tels que la pigmentation de la
peau, la forme des yeux ou celle
du nez.

Quand le Sahara n’était
pas encore un désert
Région désertique la plus vaste
du monde, le Sahara s’étend de
l’Atlantique à la mer Rouge, de
l’Atlas et du plateau libyen au
Sahel. Il couvre près de 10 millions de km2 et s’étend sur 11

pays. C’est une terre de contrastes
frappants aux reliefs multiples, à
la faune et à la flore des plus diverses. Plantes, animaux et populations sont soumis à des
conditions de vie rudes en raison
de l’irrégularité et de la rareté des
précipitations.
Cependant, le Sahara n’a pas toujours été ce désert que nous
connaissons actuellement. Certes,
la contrée n’a jamais été un pays
verdoyant, mais il fut un temps
où elle offrait des conditions de
vie favorables. Du 6e au 3e millénaire av. J.C., une période humide
a permis l’agriculture et l’élevage
dans de multiples régions sahariennes. Au début du Néolithique,
la faune saharienne comportait
hippopotames, buffles, autruches,
girafes et autres animaux sauvages de grande taille. (2)
À l’âge de la pierre polie, le Sahara était vraisemblablement la
zone du monde la plus peuplée,
comme en témoignent les très
nombreuses images rupestres
qu’on y trouve. Ces œuvres d’art,
gravures ou peintures, appartiennent à des époques différentes.
Elles représentent des animaux et
des personnages, parfois isolés,
parfois groupés en scènes complexes. Elles s’échelonnent sur
sept à huit millénaires et font revivre, sur les parois des abris, des
scènes de chasse, de cueillette,
de gardiennage de troupeaux, et
même des scènes d’amour.
On a aussi longtemps cru que le
Sahara, en raison de son immensité désertique, avait constitué de

tous temps une barrière naturelle
entre l’Afrique Blanche et l’Afrique
Noire. En fait, il n’en fut rien. Le
Sahara, depuis la plus haute Antiquité, était traversé de routes
parcourues par des chars de
guerre tirés par des chevaux
comme ceux des Garamantes, ou
par les caravanes de dromadaires
des Touareg. Un commerce intense a relié les deux rives du désert.
Il
concernait
essentiellement l’or, les esclaves,
le sel, et le cuivre. De ce commerce transsaharien, il subsiste
encore celui du sel exploité dans
les salines de Bilma et revendu à
Agadez, Tahoua et Zinder au
Niger.

En Egypte,
des pharaons noirs
La civilisation égyptienne antique
est l’une des plus fascinantes de
l’humanité. Au cours de sa longue
histoire, l’Égypte a alterné les périodes de puissance et les moments de faiblesse. Durant ces
époques les moins fastes, elle fut
souvent envahie et occupée par
ses voisins. Parmi ces envahisseurs, il faut citer les peuples du
Soudan, les Kouchites. Aux alentours de 720 ou 730 av. J.-C., un
Soudanais du nom de Peye ou
Piankhy, qui gouvernait le pays de
Kouch situé entre les Ière et
VIème Cataractes, s’empara du
trône d’Égypte. Il fonda une nouvelle dynastie, la XXVe dynastie,
dite aussi dynastie soudanaise. Son
fils Bakenranef (ou Bocchoris) lui
succéda et tenta de donner à

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oche
ant si méconnue
l'Égypte une législation nouvelle.
Cette dynastie régna soixante ans
sur le trône des pharaons jusqu’à
la conquête de l’Égypte par les Assyriens d’Assourbanipal en 663 av.
J.-C. Cette invasion assyrienne
mettait ainsi fin à la seule dynastie égyptienne authentiquement
noire. (3)

Au Moyen-Âge, de
grands empires
Le Moyen-âge, entre le Xème et le
XVIème siècle, est la période la
plus brillante de l’histoire de
l’Afrique de l’Ouest. C’est le moment où se fondent et se développent
de
grands
empires
structurés, entretenant des relations commerciales et diplomatiques
avec
le
monde
méditerranéen et européen.
Ces empires ont pour nom Empire
du Ghana, Empire du Mali et Empire songhaï.
L’Empire du Ghana naît vers le
IIIème siècle dans une région située entre la Mauritanie, le Sénégal et le Mali actuels, à l’initiative
des Sarakollé. Cet empire, dont
nous connaissons l’existence par
les écrits de voyageurs arabes
comme Ibn Hawkal et Al Bakri,
était surtout réputé pour sa richesse en or. Ibn Hawkal n’hésite
pas à dire de l’empereur du Ghana :
« C’est le plus riche du monde à
cause de l’or ». En effet, l’empereur du Ghana portait le titre de
Khaya Maghan qui signifiait «
Maître de l’or ». La richesse de
l’État provenait de l’exploitation

des mines d’or du Galam, du Bambouk et du Bouré situées au Sud
de l’empire. (4)
Une autre particularité de l’Empire
du Ghana était le mode succession
au trône. La transmission du pouvoir se faisait de manière matrilinéaire. À la mort de l’empereur, le
pouvoir passait, non pas à son
fils, mais à son neveu, c’est-à-dire
au fils de sa sœur. Cela pour s’assurer, nous dit Al Bakri, que le
successeur soit toujours de sang
royal, car si l’on est toujours sûr
d’être le frère de sa sœur, on n’est
pas toujours sûr d’être le père de
son fils. (5)
Cet empire, dont la richesse suscitait la convoitise, succomba sous
les coups des Berbères Almoravides en 1076. Les survivants du
Ghana émigrèrent vers l’Est et allèrent grossir les rangs d’un nouvel État qui émergeait : le Mali.
L’Empire du Mali fut créé par
Soundjata Kéita. La légende de
Soundjata Kéita est l’une des plus
belles légendes africaines. Elle est
encore chantée par les griots du
Mandé, le pays des Mandingues.
Fils de Naré Famaghan, roi d’une
petite chefferie mandé, et de Sogolon Koudouma, Soundjata était
affligé d’un handicap physique. Il
était infirme et souffrait des quolibets dont sa mère était l’objet,
de la part de ses co-épouses. Un
jour, excédé par ces bravades, il
demanda, dit la légende, une
barre de fer pour se redresser sur
ses jambes. Cette barre se plia en
deux sous son poids et se brisa.
On lui présenta le sceptre de son

père pour qu’il se redresse. Et c’est
en s’appuyant sur l’insigne royal
qu’il se mit enfin debout. À la
mort de son père, Soundjata
triompha de tous ses frères puis
vainquit à la bataille de Kirina en
1240 le roi du Sosso, Soumaoro
Kanté que seule une flèche avec
un ergot de coq blanc pouvait
tuer. Il fut un monarque éclairé,
soucieux de développer l’agriculture. Il introduisit au Mali la culture du coton, de l’arachide et de
la papaye.

Soundjata Kéita. Il fut le véritable
fondateur de l’Empire songhaï. Cependant, sa dynastie ne régna pas
longtemps car son fils Sonni Boukary fut renversé par un gouverneur de province qui s’empara du
pouvoir, avec l’appui des ulémas,
sous le nom d’Askia Mohammed. Il
entreprit lui aussi le pèlerinage à
La Mecque en 1496 et, comme
Kankou Moussa, fit preuve de prodigalité tout au long de son parcours. Il fut cependant renversé
en 1528 par son fils aîné Moussa.

L’empire atteignit son apogée
sous les successeurs de Soundjata. Le plus célèbre d’entre fut
sans conteste Kankou Moussa
(1312-1332). En 1324, il entreprit
le pèlerinage à La Mecque accompagné de 60 000 serviteurs, nous
dit Abderrahmane Es Sa'di dans le
Tarikh es-Soudan. Ses hommes
transportaient près de deux
tonnes d’or sous forme de cannes
ou de poudre. Il répandit le métal
jaune avec une telle profusion au
Caire, où il s’arrêta sur la route de
La Mecque, que le cours de l’or
baissa pour plusieurs années,
nous dit le chroniqueur arabe Al
Omari. Sa renommée fut telle qu’il
est le seul monarque africain à figurer sur les atlas d’Angelo Dulcert (1339) et d’Abraham Cresques
(1375) sous le nom de « rex melli »
(roi des mines d’or).

Mais l’Empire songhaï suscite la
convoitise de ses puissants voisins. En 1591, le sultan du Maroc
Moulay Ahmed El Dehebi revendique les mines de sel de Teghaza
qui appartiennent aux Songhaï.
L’empereur Askia Ishak lui répond
en lui envoyant des javelots et
des entraves de fer. C’est une déclaration de guerre. Le sultan prépare son expédition en faisant
appel à des renégats espagnols
convertis à l’islam. À leur tête un
capitaine du nom de Djouder, allie
ténacité et intelligence.

L’Empire du Mali commença à péricliter sous les successeurs de
Kankou Moussa. L’hégémonie dans
la boucle du Niger passa à l’Empire songhaï. Sonni Ali, dit Ali
Ber, c’est-à-dire Ali le Grand, fut
un conquérant comparable à

Le corps expéditionnaire espagnol, bien que constitué de 2000
à 3000 hommes à pied et à cheval, disposait d’une arme jusquelà inconnue en Afrique, le
mousquet. En face, l’armée songhaï possédait la supériorité numérique avec 30 000 fantassins et
12 000 cavaliers armés de lances
et de flèches. Les deux armées se
rencontrèrent à Tondibi le 12 avril
1591. La tactique des Songhaï
consistait à bousculer l’armée marocaine par un troupeau de bœufs
qu’elle poussait devant elle. Mais,

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affolés par les coups de feu, les
bêtes se retournèrent et semèrent la panique dans les rangs
songhaï. L’artillerie marocaine
tailla en pièces la cavalerie songhaï. L’Askia Ishak s’enfuit avec
le gros de son armée. Mais l’honneur fut sauvé par les soldats de
la garde impériale qui refusèrent
de fuir et luttèrent jusqu’à la
mort : « la garde meurt et ne se
rend pas » ! Il ne restait plus à
Djouder qu’à s’emparer des dépouilles de l’empire dont les habitants avaient déserté la
capitale Gao. (6)

L’énigme des murailles
du Zimbabwe
Au cœur de l’actuel Zimbabwe,
des ruines n’ont cessé d’éveiller
la curiosité des explorateurs et
des historiens. Il s’agit d’une muraille faite de pierres monumentales, assemblées sans aucun
mortier, et qui ne sont pas sans
rappeler celles de Cuzco au
Pérou. Il s’agit d’un grand enclos
de forme ovale mesurant deux kilomètres et demi de circonférence, d’une épaisseur de sept
mètres sur une hauteur de dix
mètres environ.

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Ce sont ces ruines qui ont donné
au site son nom puisque Zimbabwe signifie « La grande maison
en pierre ». L’État du Monomotapa, dont Zimbabwe était la capitale, était connu des Européens
dès l’époque moderne. La Fontaine
évoque dans l’une de ses fables,
Les deux amis, ce pays qui passait
à l’époque pour une contrée imaginaire, un pays de cocagne :
Deux vrais amis vivaient au Monomotapa :
L'un ne possédait rien qui n'appartînt à l'autre :
Les amis de ce pays-là
Valent bien dit-on ceux du nôtre.
Le royaume du Monomotapa, tire
son nom de la déformation du
titre du roi le plus prestigieux,
Mwene Moutapa (roi Moutapa). Sa
renommée, qui était parvenue
jusqu’en Europe par l’intermé-

diaire des Portugais du Mozambique, provenait de sa richesse en
cuivre, dont le minerai était commercialisé sous forme de croisettes, et en or. (7)
Ces ruines de Zimbabwe ont
donné lieu à de vives polémiques
sur leurs origines. On a prétendu
que ces restes grandioses étaient
trop beaux techniquement pour
être dus à l’ingéniosité des Bantous. On a parlé de mineurs phéniciens, arabes, persans, et même
des mines du roi Salomon. Tout
ceci a été balayé par les premiers
tests réalisés au carbone 14 et
qui datent les constructions sur
un millénaire du VIIe au XVIIe
siècle. Ce royaume, assez bien organisé pour réaliser des constructions aussi imposantes, était un
État négro-africain, n’en déplaisent à ceux qui sont prompts à
dénier aux Africains toute capacité à réaliser des monuments
faisant appel à des techniques
élaborées.

core très sensible chez les descendants des esclaves déportés
aux Antilles et en Amérique. Il
convient de faire quelques mises
au point sur la question des chiffres et sur le relatif silence dont
bénéficie la traite musulmane.
Il convient tout d’abord de dire
que l’esclavage en Afrique ne commence pas avec la rencontre de ce
continent avec l’Europe. Presque
toutes les sociétés africaines
connaissent l’esclavage domestique. Ces captifs sont surtout des
prisonniers de guerre qui sont soit,
incorporés dans les armées des
vainqueurs, soit deviennent des
esclaves domestiques. Dans la plupart des ethnies, ces captifs de
case sont considérés comme des
membres de la famille ou du clan
et sont généralement bien traités.
La traite hors du continent transforme les relations entre le maître
et l’esclave.

La traite négrière donne depuis
plusieurs années lieu à des polémiques à propos des chiffres d’esclaves transportés hors du
continent africain. La responsabilité des uns et des autres dans
ce trafic est régulièrement posée.
Un courant, venu des pays anglophones d’Afrique et de la communauté noire aux États-Unis, a
lancé le débat du dédommagement des Africains pour les dégâts que le continent aurait
subis. Ce débat passe sous silence la responsabilité des Africains dans ce commerce dont
certains royaumes ont largement
tiré profit.

Combien d’esclaves ont été déportés d’Afrique ? Les chiffres ont
beaucoup varié depuis que cette
question hante les chercheurs. De
200 millions d’esclaves déportés
selon Léopold Sédar Senghor dans
les années 1960, on en est revenu
aujourd’hui à des chiffres beaucoup plus modestes. Entre le VIIe
et le XIXe siècle, environ 17 millions d’Africains ont été razziés et
vendus par des négriers musulmans, à travers le Sahara ou à partir de l’Océan Indien, vers les pays
du Maghreb ou du Golfe Persique.
C’est ce que l’on appelle la « traite
orientale ». Quant à la « traite occidentale », elle dure du XVIe au
XIXe siècle et ne couvre que la
côte Ouest de l’Afrique. Elle est aux
mains des Européens et a concerné
environ 11 millions de personnes.
Au total, les deux traites auraient
enlevé à l’Afrique environ 28 millions de ses fils et filles sur 13 siècles. (8)

Le procès intenté il y a quelques
mois par des associations noires
au chercheur Olivier Pétré-Grenouilleau, auteur d’un ouvrage
récent : Les traites négrières :
Essai d'histoire globale, montre
que cette question demeure en-

L’Occident doit-il faire acte de repentance pour le commerce du
« bois d’ébène » comme on appelait la traite négrière ? Sylvie Brunel, professeur à l’Université
Paul-Valéry de Montpellier, présente les enjeux du débat. (9)

La traite
négrière

La Conférence mondiale contre le
racisme, qui s’est tenue à Durban
en Afrique du Sud en septembre
2001, a inscrit l’esclavage et la
traite négrière au rang des crimes
contre l’humanité. Certains chefs
d’État, tels ceux du Mozambique,
du Cap-Vert ou du Togo, demandent réparation aux pays développés pour la traite dont leurs
sociétés ont été victimes et justifient cette demande en raison
du préjudice subi par le continent
qui pénalise son développement.
Il convient d’abord de rappeler
que l’esclavage n’est pas imputable aux seuls Européens. C’était
une pratique régulière des peuples africains. La traite ellemême n’est pas un phénomène
européen puisqu’elle était pratiquée depuis le VIIe siècle par les
Arabes. La première expédition
des Portugais ne date que de
1444. Par ailleurs, l’esclavage
persiste en Afrique et les descendants d’esclaves (Hartani au
Niger et Haratine en Mauritanie)
souffrent de discriminations sociales et politiques. Il n’en demeure pas moins que les
prélèvements opérés par les Européens et les Arabes ont accentué les inégalités du peuplement
du continent.
L’impact culturel ne doit pas être
sous-estimé non plus. La violence
de la traite a laissé des séquelles
telle la rancœur des Yoruba du
Bénin à l’égard des Fon du royaume
d’Abomey qui les capturaient et les
vendaient. L’Occident doit-il pour
autant faire acte de repentance ? Et
si oui, à qui cette repentance doitelle s’adresser ? Aux Africains ou
aux descendants des victimes, les
Antillais ou les Noirs américains ?
Les dirigeants actuels d’Europe ou
d’Amérique sont-ils responsables
des actes commis par ceux qui les
ont précédés ?
La repentance pose aussi la question des compensations financières qui y sont associées et qui
attisent la convoitise. Quoi et qui
faudrait-il indemniser ? Beaucoup
d’États africains ont tiré profit du
commerce de leurs semblables.
C’est le cas des royaumes

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d’Abomey
(Bénin),
Ashanti
(Ghana), d’Oyo et du Bénin (Nigeria). À quel titre pourraient-ils
prétendre à une compensation ?
La traite négrière a-t-elle réellement entravé le développement de
l’Afrique ? La question mérite
d’être posée si l’on sait que des
régions comme l’Inde ou la Chine,
nullement touchée par la traite,
ont elles aussi connu la stagnation et le sous-développement.
Par ailleurs, les pays et les régions
qui se sont adonnées à la traite ne
sont pas celles qui ont connu la
croissance économique la plus
forte. Une des raisons de l’abolition de l’esclavage est, au-delà
des considérations humanistes, la
faible rentabilité du travail servile
: un esclave travaille moins bien
qu’un homme libre rémunéré.
Une chose est certaine, c’est qu’il
faut coopérer avec l’Afrique pour
l’aider à sortir du sous-développement. Cependant, cette solidarité
ne doit pas s’exercer au nom d’un
prétendue « réparation » d’un
passé dont les torts sont partagés.

La colonisation,
« un passé
qui ne passe pas » ?
Le débat sur la repentance est aussi
d’actualité en ce qui concerne la colonisation. L’Afrique fut à ce titre au
cœur du système colonial et
conserve des traces fortes de la domination européenne.
La colonisation a-t-elle été positive
pour les peuples africains ? Voilà la
question qui revient à intervalle régulier dans le débat qui oppose les
tenants d’une colonisation, qui aurait implanté outre-mer des routes,
des voies de chemins de fer, des
écoles et des hôpitaux. Et une colonisation brutale et violente qui
aurait soumis par le fer et le feu les
populations rebelles et accaparé les
ressources minières et les meilleures terres pour le bonheur de
quelques compagnies concessionnaires et une poignée de colons.

Pour les tenants de la première
thèse, cette colonisation humaniste aurait tiré l’Afrique des affres de l’obscurantisme, combattu
la traite négrière et ouvert le
continent à la modernité. Les défenseurs de cette thèse mettent
en avant les figures emblématiques de Savorgnan de Brazza au
Congo, du Maréchal Lyautey au
Maroc, du Docteur Schweitzer à
Lambaréné au Gabon.
Les tenants de la seconde vous
parlent de la colonne Voulet-Chanoine en 1899, des mains coupées
par les séides de Léopold II au
Congo Belge pour récolte insuffisante de caoutchouc, du massacre
des tirailleurs sénégalais de Thiaroye en 1944, et de la sanglante
répression de la révolte de Madagascar en 1947, sans parler des
guerres d’Indochine et d’Algérie.
La vérité est sans doute à mi-chemin entre les deux thèses.
Les causes de la colonisation sont
de plusieurs ordres. Il y a d’abord
des causes économiques. L’Europe
du milieu du XIXe siècle est en
pleine révolution industrielle et a
besoin de matières premières pour
ses industries. Elle a aussi besoin
de marchés pour écouler sa production de produits manufacturés.
Dans le même temps, l’Europe
connaît un accroissement de sa
population en raison des progrès
de l’hygiène et de la médecine.
Elle va donc rechercher outre-mer
des terres d’accueil pour son tropplein de population. On estime
qu’environ 40 millions de personnes ont quitté le vieux continent, entre 1800 et 1914, pour le
Nouveau monde (États-Unis, Canada, Amérique du Sud) et les
pays neufs (Australie, NouvelleZélande, Afrique du Sud). La troisième cause de la colonisation
tient aux conditions de la navigation. Au XIXe siècle, la marine à
vapeur a besoin de points d’appui
pour s’approvisionner en charbon
et en eau indispensables pour
faire fonctionner ses chaudières.
Toutes les marines européennes
installent donc sur toutes les
côtes des mers et des océans des
escales. La quatrième cause de la

colonisation tient à la bonne
conscience de « l’homme blanc ». Les
Européens, convaincus de la supériorité de leur civilisation, estiment de
leur devoir d’imposer aux populations
africaines ou asiatiques leurs lois et
leurs techniques. C’est ce que le romancier anglais Ruyard Kipling a appelé « le fardeau de l’homme blanc ».
Enfin, la colonisation est aussi une
affaire de puissance et de prestige.
Pour la France, elle apparaît comme
un moyen d’effacer l’humiliation de
la défaite de 1870 face à la Prusse et
de prouver au monde qu’elle reste
une grande nation.
Dans la première moitié du XIXe
siècle, on a surtout affaire à
quelques tentatives isolées de
prises de possessions. Les choses
s’accélèrent à partir des années
1880. Les dirigeants des grandes
puissances se convertissent les
uns après les autres à l’idée coloniale. Du 15 novembre 1884 au 2
février 1885, la Conférence internationale de Berlin détermine les
zones d’influence en Afrique et
tente d’éviter des conflits pour la
prise de possession des territoires.
Elle permet au roi Léopold II de
Belgique de réaliser son rêve de
créer l’État indépendant du Congo
dont il est le souverain.
Cependant, les rivalités coloniales
apparaissent à propos de territoires encore « vacants ». L’incident le plus grave est celui de
Fachoda au Soudan. En 1898, les
Français commandés par le capitaine Marchand et les Anglais du
général Kitchener sont au bord de
la guerre. Seul le recul de la
France permet d’éviter le conflit.
En 1905, c’est l’Allemagne qui
s’oppose à la France à propos du
Maroc. Le soutien de la GrandeBretagne à la France contraint les
Allemands à se retirer. En 1914,
toute l’Afrique est colonisée à
l’exception de deux territoires,
l’Éthiopie et le Libéria.
Au-delà des différentes politiques
et adoptées par les puissances coloniales, la colonisation a bouleversé les structures économiques et
sociales des peuples africains. Elle a
brisé les cadres traditionnels qui as-

suraient la cohésion de ces sociétés
et transformé leurs habitudes et
leurs modes de vie. La spoliation des
terres des Africains et l’usage assez
répandu du travail forcé sont les
formes les plus brutales de la colonisation. Malgré cela les Européens
étaient convaincus qu’ils étaient
porteurs de progrès pour les populations dominées.
Contrairement à une idée répandue, l’Afrique ne refuse pas le progrès, comme on le dit ici ou là. Le
discours de Nicolas Sarkozy à
l’Université Cheikh Anta Diop de
Dakar le 26 juillet 2007 a pu le
laisser croire. Jusqu’à présent, son
développement est entravé par
des maux qui ont pour nom, néocolonialisme, corruption, instabilité politique, guerres civiles,
paludisme et sida. La responsabilité de ses élites et de ses dirigeants est incontestable dans ce
désastre. Cependant, il serait aussi
injuste de croire que l’Afrique est
seule responsable de sa situation actuelle. Malgré tout, elle s’engage
dans la voie du progrès à son
rythme, qui est certes lent, mais qui
ne peut être déterminé que par ellemême. Elle doit concilier les valeurs
qui sont les siennes, c’est-à-dire la
solidarité familiale, le respect des
anciens et la préservation de la nature avec les exigences du développement et le respect des valeurs
désormais universelles que sont les
droits de l’homme et la démocratie.
B.B
Notes
(1) : Yves Coppens, L’Histoire, N° 293,
décembre 2004.
(2): Helfried Weyer, Henri Lhote, Sahara, Berne, Kümmerly+Frey, Éditions
géographiques, 1980.
(3) : Histoire générale de l’Afrique,
volume II, Jeune Afrique, Stock,
Unesco, 1980.
(4) : Joseph Ki-Zerbo, Histoire de
l’Afrique noire, Paris, Hatier, 1978.
(5) : Joseph Ki-Zerbo, Op. cit.
(6) : Sékéné-Mody Cissoko, Histoire

de l’Afrique occidentale, Paris, Présence africaine, 1966.
(7) : Joseph Ki-Zerbo, Op. cit.
(8) : L’Histoire, N° 280, octobre
2003.
(9) : Sylvie Brunel, L’Histoire, N°
280, octobre 2003.

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Expatriation en Afrique :

Sept années à Cotonou :
une expérience africaine
Par Eric Veillon
Les lecteurs assidus de Bénéfice.net s’en souviendront (les
autres pourront s’y reporter)
de mon (trop) long portrait
dans le numéro 24. Je me promettais de raconter dans celuici
mes…
tribulations
africaines. « Tribulations »
n’est pas vraiment le mot, car
les aventures furent agréables,
suffisamment en tout cas pour
que les bons souvenirs l’emportent sur les mauvais, et
pour vouloir les publier ici.
Ce sont des souvenirs d’expatriation, de vie, qui sont toujours passionnants, mais
l’expatriation en Afrique noire
francophone est… spéciale.
Prenez-le donc pour un témoignage, plutôt qu’autre chose.
Le choc culturel y est certainement plus grand qu’ailleurs,
d’autant plus grand que l’usage
de la langue française par les
Africains brouille, dans un tout
premier temps, les cartes de
celui qui y arrive. En tout cas,
ce que je peux dire, c’est qu’un
séjour assez long en Afrique
noire ne laisse personne indifférent, et que tous ceux qui
l’ont fait se sentent proches de
ceux… qui l’on fait. On dirait
que ces gens se disent : « il a
vécu en Afrique, alors il sait ce
que je sais et que ceux qui ne
l’ont pas fait ne peuvent ni
comprendre, ni savoir ». Et ça
crée toujours des liens, toujours sympathiques. Parmi
plein d’autres, je choisirai un
exemple de « Roissy ». Lors
d’une manifestation à l’hôtel

Radisson, organisée par le
sieur Guérin, (qui fut directeur
de la « coopération » économique et sociale d’ADP), je
discute avec quelques collaborateurs dudit Guérin, qui fut
longtemps mon ennemi déclaré, mais à ce moment là,
nous étions en « trêve ». Une
de ses collaboratrices (charmante, aux beaux yeux bleus,
elle est aujourd’hui en retraite), ignorant la trêve, me
regarde comme si j’étais le diable, pas sympa du tout. Une
discussion s’engage, anodine
et la bougresse m’agresse
grave. Ca m’amuse, et, chemin
faisant dans la discussion, elle
me confie qu’elle a passé toute
sa jeunesse en Afrique. Du
coup je lui dis que moi aussi,
je suis « Africain », que mes
enfants ont grandis là-bas etc.
Eh bien juste après ça, s’en
était fini de l’agressivité, terminée la discussion oiseuse,
son regard a complètement
changé, ses yeux exprimaient
la sympathie, la nostalgie… Et
on est devenus copains… J’en
ai « en pagaille », comme on
dit en Afrique, des anecdotes
comme ça. Ca sert même dans
le business. Les « Africains »
constituent une sorte de « fraternelle » informelle, qui vaut
bien celles des frangins…
Mais oyez donc…
En 1981, Sylvia, la mère de
mon fils, âgé de 6 mois, reçoit
un coup de fil de son administration (le Trésor public) qui
lui propose un poste au
…Bénin. C’est qu’elle avait

déjà été en poste en Afrique
noire (au Tchad). Il faut donner une réponse rapidement
(dans
la
semaine).

De Paris à Cotonou,
en passant par
« Ouaga »,
avec le Point Air.
« Ne pas être con »
A cette époque, je travaille
comme assistant parlementaire
au groupe communiste de l’Assemblée nationale, j’ai 27 ans
et, franchement, je ne sais
toujours pas quoi faire dans la
vie, ayant tiré un trait sur mes
perspectives de « professionnel de la politique ». Je dis
OK, pouvant me permettre une
année sabbatique, et l‘Afrique
m’ayant toujours attiré, bien
que n’y étant que peu allé (10
jours au Rwanda, chez ses parents en poste à Kigali, en
1979). C’est alors que j’apprends que le groupe agro-alimentaire de J.B Doumeng,
« Interagra », très lié au PCF
comme chacun le savait, a des
intérêts au Bénin. Je me renseigne, et prend contact avec
Doumeng himself, grâce à mon
collègue assistant parlementaire et (toujours) ami Raymond, qui avait fait partie de
la fameuse « commission
agraire » du « Parti ». Je suis
reçu à Noé, (Haute Garonne),
le fief de Doumeng, par son
fils Jean-Louis, PDG d’une fi-

liale du groupe : « Les Silos du
Sud-ouest »(SSO). J’apprends
que le groupe y a vendu, voici
peu, un entrepôt frigorifique à
l’Etat béninois, situé dans le
port de pêche, à Cotonou. La
gestion de celui-ci laisse à désirer, mais au-delà, l’ensemble
des actions commerciales du
groupe au Bénin pose problème. En gros une délégation
du groupe, dirigée par J.B
Doumeng doit rencontrer le
Président Kérékou en octobre
pour mettre les choses à plat.
Concernant l’entrepôt frigorifique, il est question que SSO
en reprenne la gestion directe,
tout y menant une action
d’import de produits congelés,
afin de le rentabiliser. En
effet, la CEE croule à l’époque
sous la viande, notamment. Ce
sont 700 000 tonnes de viande
bovine qui dorment à grands
frais dans les chambres froides
de la Communauté, du fait de
la PAC et des mécanismes
d’intervention sur les marchés
et on est prêt à payer,
moyennant les fameuses
« restitutions », quiconque
débarrassera tout ça. SSO a besoin dans ce cas d’un gestionnaire et ça peut-être moi, me
confie Jean-Louis. Or, je n’ai
aucune compétence réelle en
matière de gestion administrative et financière, hormis mes
vagues souvenirs de cours de
Sciences éco, rapides, à la fac.
Je lui en fais part. Il me dit
alors que pour ce poste, il suffit de ne pas être con, me demande si je le suis, (je lui

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réponds non) et me voilà engagé. Contrat plutôt avantageux d’expatrié (pas très payé
par rapport à d’autres, mais
c’était beaucoup pour moi :
14 000 FF par mois net de tout,
au début, 2 mois de congés,
quelques avantages en nature
viendront s’y greffer, voyage
avion etc.). Mais contrat suspensif : il sera valable que si les projets du groupe sont avalisés par
le gouvernement béninois.

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On est en septembre et il est
temps de partir. Sylvia part
avec notre fils de son coté, aux
frais de l’Etat, son employeur,
(qui ne payait pas à l’époque,
le voyage aux concubins, ça a
changé depuis). Je dois donc
payer mon billet et, à cette
époque du duopole UTA-Air
Afrique, ça coutait les yeux de
la tête ! Du coup (j’en avais
entendu parler) j’achète un billet aller-simple (1000 F) à la
compagnie Point Air (de Mulhouse) (un ancêtre des low
cost). J’atterrirai à Ouagadougou (Haute-Volta encore à
l’époque), venant de Lyon
après un voyage nocturne en
bus depuis la place de la Madeleine à Paris. Première anecdote qui montre combien
l’ignorance des réalités africaines est grande. J’avais regardé la carte et compté rallier
Ouaga à Cotonou, via Lomé, en
taxi-brousse (le Bénin n’ayant
pas, à l’époque de route goudronnée Nord-Sud). Je dis à
Sylvia : j’en aurai au moins
pour 48h de voyage. J’avais
beau avoir fais des études (de
géographie en particulier), j’en
étais presqu’au point d’une
image caricaturale du voyage :
je n’étais pas loin du coupecoupe pour me frayer un chemin ! C’est dire… Mais un de
mes amis étudiants, géographe
pur sucre, qui était venu nous
rendre visite par la suite, par le

même chemin, avait prévu, lui,
une semaine ! Les Africains vont
se marrer. Mais c’est révélateur.
On arrive le midi à Ouaga, sous
un soleil de plomb. L’Afrique,
enfin ! J’avais sympathisé avec
mon voisin de siège, dans
l’avion. Un jeune français qui
allait à Ouaga pour je ne sais
plus quoi. Les taxis nous prenant pour des milliardaires, on
décide de rallier le centre ville
à pied. A tord ! Avec le soleil
et les valises, on a failli tomber en syncope !
On visite la ville avec mon camarade de voyage et on se sépare après la découverte du
marché, qui fut un grand moment…Choc des images, du
marché…
Le lendemain, après une nuit
dans un hôtel du coin (inénarrable) me voilà parti en taxibrousse : une 404 bâchée, 12
personnes à l’arrière, 3 à
l’avant. Je paye 11 000 F. CFA
(un peu plus de 30 euros) pour
aller à Lomé : ce n’est pas cher.
J’étais à l’arrière, (à l’avant
c’est plus cher) et c’est parti.
La « bâchée » est super chargée, les apprentis du chauffeur
virevoltant d’une manière impressionnante (et dangereuse)
à l’extérieur de la voiture. Je
me délecte des paysages de la
Haute-Volta : c’est l’Afrique
comme dans les livres. On arrive au poste frontière avec le
Togo, en fin d’après-midi.
Pose, négociations… Le chef
de poste m’invite gentiment à
manger dans le plat commun
avec ses amis : la vue de la
« sauce » avec les galettes de
maïs
fermentées.
(sorte
d’akassa du Bénin, je l’ai appris
après) ne m’inspire guère. Je
refuse poliment. Est-ce pour
cela,
lors
de
la
« fouille », qu’il m’a délesté de
trois paquets de « Disque Bleu »
(que je fumais alors), je ne

crois pas. C’était plutôt une
manière de dire bienvenue…
On repart. La nuit tombe vite
sous ces latitudes. Le taxi file
vite, le chauffeur, un grand
Voltaïque musulman, sympa,
cool même, est expérimenté.
Je découvre les barrages sur la
route togolaise : spectacle
inouï des barrages de la
douane, des gendarmes, de la
police locale, voire des « milices locales », armes de guerre
en bandoulière, uniformes dépareillés, ouverts, lamentables… Quand ça dure trop, on
sort. A chaque fois j’observe
que le chauffeur n’a pas assez
donné « la bière » (comprenez
l’argent…). « Débâchez ! » dit
alors, à chaque coup, le représentant de « l’ordre ». Vu le
nombre (incroyable) de paquets ficelés (astucieusement
d’ailleurs) sur le toit de la bâchée, le chauffeur s’exécute et
repaye… L’aube arrive. Non
loin de Lomé, la capitale, le
chauffeur s’arrête. Mais pas de
barrage. Je descends et vois le
chauffeur s’enfoncer légèrement dans la brousse avec un
paquet au bras. Curieux, je le
suis. Et je le vois, au loin, déployer un tapis, faire ses ablutions, et prier vers le soleil
levant, dont la lumière inondait le paysage de la brousse.
Moi, l’athée, j’étais impressionné par ce spectacle
presque…biblique. Je n’oublierai jamais ce grand moment
de ferveur, magnifique…
On arrive à la grande gare routière de Lomé. Le soleil commence à cogner fort. Je dois
trouver un taxi pour Cotonou.
Heureusement, il y avait un
Béninois, venu de France par le
même avion que moi, dans le
taxi précédent. Me voyant
perdu, il m’a aidé pour trouver
une « occasion » et on a fait la
route ensemble. Magnifique

route, longeant la mer jusqu’à
Cotonou, distant d’environ 150
km. Postes frontières, habituels douaniers recopiant,
d’une écriture presque calligraphiée, à l’ancienne, les informations de votre passeport. Le
Bénin ! Enfin le voici ! Je
m’envahis du paysage, les
gens, les palmiers, les cabris…mes yeux sont partout.
Arrivé vers midi à la gare routière de Jonquet, à Cotonou, la
grande ville. Mon compagnon
m’invite à venir chez son
oncle, histoire de me laver
avant de chercher la maison où
Sylvia et mon fils m’attendaient. L’oncle était un vieux
docteur en médecine, dont j’ai
malheureusement oublié le
nom, un sage, visiblement.
Douche, collation, première discussion politique avec cet ancien, opposant au régime
dictatorial, et qui regrettait
franchement l’époque coloniale.
A l’époque, je ne peux pas le
comprendre…Mon compagnon
de voyage, installé en France,
déballait pendant ce temps, et
joyeusement, les pièces détachées automobiles qu’il avait ramenées, histoire de gagner trois
sous. Le choc culturel commençait avec tout ça, il allait durer
au moins 6 mois.

Découverte
de Cotonou
Accompagné en voiture par le
petit-fils du docteur, je retrouve
enfin ma jeune famille avec joie.
Dans une villa du quartier européen (le quartier des « anciens
français », c’est-à-dire des colons, m’apprend mon jeune
chauffeur) de la « Patte d’Oie »,
située non loin de l’aéroport international de Cadjéhoun. Une
petite villa sans prétention, sans
piscine, 4 pièces dont un grand

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salon, une terrasse adorable qui
donne sur le jardin : palmiers,
bougainvillées partout, et même
un splendide « arbre du voyageur ».
Retrouvailles. Le petit Alain
est aux bons soins de la
« Dada » (« grande sœur » en
fon, la langue de Cotonou,
surnom donné pour les nounous), embauchée par Sylvia
(qui connait la vie en Afrique
noire, ayant passé sa jeunesse
au Tchad) qui s’en occupe
toute la journée.
Les jours passent et je visite
la ville en taxi (notre « 4L »
et nos affaires ne sont pas encore arrivées de France). Dès
10h30, je rentre car le soleil
tape trop et la chaleur est intense en cette période (mais
je m’y habituerai rapidement
et avec plaisir). Je passe à
l’entrepôt frigorifique, me présente à l’antenne du groupe
Doumeng qui est sur place et
qui prépare l’arrivée du grand
patron. L’après-midi, c’est piscine et bains de mer.
Les jours passent encore.
Connaissance des Français expatriés, la plupart coopérants,
avec lesquels quelques exceptions mises à part, le courant
ne passera jamais. Je retourne
à l’improviste un matin à
« l’entrepôt » et je m’aperçois
que le staff de Doumeng est
arrivé : malgré mon téléphone, personne ne m’avait
prévenu. Ca commençait bien.
Je file me changer et je rejoins la délégation. J.B Doumeng était arrivé avec son
avion perso, ce qui avait fait
grande impression… Dans les
jours qui ont suivi, j’ai participé aux « négociations » du
groupe avec le gouvernement
béninois. Plusieurs dossiers
étaient litigieux, ou plutôt vaseux : l’entrepôt, mais aussi

les bateaux de pêche (deux
vieux rafiots grecs que Doumeng avait revendu à la société nationale (la Sonapêche)
de pêcherie et qui ne fonctionnaient pas, un troupeau
de moutons « mérinos » vendu
par Doumeng, au mépris de
toute considération climatique, qui avaient passé l’arme
à gauche rapidement, mais qui
avaient été soignés à grand
frais, la maïserie de Bohicon,
le « bulk » de Godomey (un
projet de mélangeur d’engrais
surdimensionné), tous ces
projets « cofacés », c'est-àdire garantis par l’assurance
de l’Etat français, la Coface, à
l’époque publique, en cas de
non paiement… Je ne peux
pas tout écrire ici, malheureusement, mais tout ça ne sentait pas bon, d’un côté comme
de l’autre. Mais je n’étais pas
en état de rentrer dans les détails. Pour moi, le Bénin « révolutionnaire
»
tentait
d’améliorer le bonheur du peuple contre « l’impérialisme ».
Et le groupe Doumeng allait
dans ce sens. Je n’y croyais
déjà plus trop, mais bon…
Tout va bien, lors des « négociations » qui se déroulent
avec le chef de l’Etat Kérékou,
Baba Moussa, alors ministre du
« plan » étant l’interlocuteur
principal. Lors d’une réunion,
Doumeng, plein de verve, dit à
ses interlocuteurs africains,
« je suis le seul homme d’affaires au monde à pouvoir lever
3 millions de dollars, sans signature ! ». J’ai appris après
que le gouvernement béninois,
déjà aux abois financièrement,
l’avait ensuite mandaté pour
rechercher tout de suite 1 million de dollars… Puis, à la fin
de la réunion, il me présente et
dit, fort : « voici Eric Veillon,
c’est un vrai communiste, vous
savez ! ». Complices, les dirigeants africains me regar-

dent…Moi, j’me sens pas
bien… Le « Vieux » le voit et,
à la sortie, me dit avec son accent rocailleux du Sud-ouest,
en me prenant par l’épaule, à
l’américaine, « tu sais, c’est
dur d’être un féodal communiste », comme pour s’excuser.
Je ne savais plus que penser,
ou plutôt, j’ai remis mes réflexions à plus tard.

Au « Frigo »,
chez Doumeng,
avec la viande…
Du coup je suis confirmé dans
mon contrat de travail. Me
voilà donc en train de remplacer M.X, un Béninois, parent
d’un intermédiaire qui avait «
facilité » en haut lieu les
transactions de Doumeng. M.X
avait géré jusque là l’entrepôt,
le « frigo » pour le compte de
SSO. Il a eu droit à un audit
soupçonneux sur les comptes
qu’il avait tenus, de la part de
l’équipe Doumeng. J’avais
trouvé la méthode pas très
correcte, d’autant que la gestion s’est avérée irréprochable. Du coup on a sympathisé
et j’ai eu droit à quelques
confidences.
Mais pour l’heure, il faut rentabiliser le « frigo ». L’idée de
Doumeng était d’importer de
la viande congelée d’Europe,
de la stocker à Cotonou et de
la vendre, principalement à
des revendeurs pour le Nigeria, grand pays voisin. En fait,
la vendre à des contrebandiers
car le Nigeria avait prohibé
l’importation de viandes. En
effet, le gouvernement nigérian venait de lancer son «
Plan Vert », et s’efforçait de
développer élevage et agriculture. Plan auquel participait
par ailleurs le groupe Dou-

meng par ailleurs, en créant
de grandes fermes avec un richissime « Chief » nigérian,
dans la région d’Ibadan (où je
me suis rendu ensuite).
On décide donc de faire un
essai. A l’époque, les importations de viandes n’étaient pas
libres au Bénin. Nous avons eu
l’autorisation de la Sodera,
une société d’Etat moribonde
sensée s’occuper d’élevage. Et,
difficulté de plus, de la viande
congelée avait été importée
quelques années auparavant
et les consommateurs béninois, préférant la viande
fraiche, l’avaient boudée. Normalement ça ne devait pas
marcher. Après une rapide
étude de prix, je décide de
commander 40 tonnes de
viande bovine : moitié en
« avants désossés » en cartons
de 25 kg et le reste en « quartiers arrière ». Les prix à l’arrivée, compte tenu des
« restitutions » européennes,
sont ridiculement bas. Les cartons de viande désossée s’arrachent comme des petits
pains. Je vends également facilement les quartiers arrière à
des bouchers des marchés de
Cotonou. Idée des prix : la
viande « sans os » se vendait à
l’époque 1200 F CFA le kilo
(24 FF) et la viande avec os
autour de 800 (16 FF). Nous,
avec des marges confortables
en France et sur place (au
moins 40%) on vendait en
demi gros, (au carton et le
quartier) respectivement à
800 et 550… Ce fut un succès
commercial et financier, qui
m’a valu une première reconnaissance du groupe et la
confirmation de ma période
d’essai. Pour décharger les
viandes (en cale frigo, à
l’époque), j’ai découvert le «
fonctionnement » du Port et la
corruption qui y régnait, pratiquement à chaque mètre. Le

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déchargement fut épique,
toute
une
nuit,
par
+ 26°: il n’y avait aucun camion frigo en état de marche
au Bénin à l’époque, je dis bien
aucun. Au matin, je n’avais
cédé à aucune « sollicitation
indue », pourtant nombreuses
à chaque étape du déchargement, me contentant de promettre gratification « après »
et non « avant », si tout se
passait bien et surtout rapidement. J’ai, par la suite, gardé
cette méthode ferme et je peux
dire que pendant des années,
je n’ai quasiment jamais cédé
au chantage de la corruption.
Petite histoire, au matin, après
le déchargement, j’avais, de
nervosité (il fallait faire vite
pour éviter la décongélation)
« mangé » la moitié de la
moustache que j’arborais
alors…
Parallèlement, on a continué à
vendre du froid, en conservant
les milliers de tonnes de poissons « soviétiques » déchargées
des
immenses
navires-usines qui croisaient
dans l’Atlantique Sud.

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On entreposait aussi des denrées fraiches et congelées importées par des opérateurs
locaux : des tonnes de croupions et d’ailerons de dinde,
des pommes, mais aussi des
produits frais réimportés du
Togo voisin par une société de
passeurs béninois : fromages,
crème et lait UHT, charcuterie,
puis quelques viandes de bœuf
piècées (filets, trains d’entrecôtes etc.). Il faut dire que le
Togo, à l’époque, taxait beaucoup moins ces produits que le
Bénin révolutionnaire, qui les
frappait de droit de douane
quasi prohibitifs, car destinés
aux Blancs, soupçonnés en
bloc d’avoir tenté de renverser
le régime (on se souviendra du
coup manqué de Bob Denard et

des ses mercenaires, en 1977,
qui avait légitimement frappé
l’opinion béninoise).
Les choses se compliquent
dans l’année 1982. Déjà,
voyant le succès de la vente
des 40 tonnes de viande, un
« cadre » du groupe Doumeng,
basé à Paris, passant outre
mon avis, m’expédie, à prix
plus élevé que la précédente
cargaison, carrément 170
tonnes de viande, dont l’essentiel était constitué de « quartiers arrières ». Alléché par le
gain, (les bénéfices étaient
partagés en deux : 50% pour le
« frigo », -qui était géré par
nous pour le compte des autorités béninoises- et 50% pour
le groupe Doumeng, sans
compter la marge réalisée par
ledit groupe au départ de
France) le cadrillon avait argué
de mon inexpérience pour imposer une telle quantité, sans
écouter mes arguments de prudence. Or les « quartiers arrière »
avaient été vendus aux bouchers locaux, ceux qui sont les
sur les marchés, seuls capables
de les débiter. Faut dire que les
premières livraisons avaient
foutu le bazar dans la chaine
bovine locale : les « chevillards »
béninois, qui vendaient les
bêtes aux bouchers (et qui les
« tenaient » par le crédit)
avaient été furieux, et je le savais.
Les 170 tonnes arrivent, à bord
d’un bateau frigo spécial qui
avait été affrété par le groupe
Doumeng pour une vente de 1
200 tonnes de viande au gouvernement de John Rowlings,
du Ghana voisin, qui avait basculé un temps « à l’Est ».
J’avais été mis au courant de
la transaction : je ne vous dis
pas les bénéfices !
Et ce qui devait arriver arriva :
les chevillards locaux, malgré

mes offres mirifiques aux bouchers (j’avais voulu, pour débloquer la situation, donner
carrément 500 kg à l’un d’entre
eux, qui a refusé !) avaient interdits à ceux-ci d’acheter, et
les quelques 90 tonnes de
« quartiers arrière » restèrent
des années dans l’entrepôt, générant des frais importants.
Pendant ce temps, l’affaire du
« frigo » et sa conclusion en
faveur de Doumeng ayant créé
des… frustrations du côté de
certains cadres administratifs
et politiques béninois, je découvre, suite à une affaire fumeuse de plainte d’une
commerçante cliente du « frigo »,
les joies de plusieurs interrogatoires d’un policier de la Sûreté
nationale béninoise. Je ne
comprends rien. Ca sent le
Kafka tropical, assez pour m’inquiéter pendant un moment,
pas assez pour que le policier
aille jusqu’au bout de ses menaces d’emprisonnement et
d’expulsion, totalement infondées. J’ai commencé à comprendre, je n’ai pas cédé et
l’affaire à fait « pschitt ». Premiers contacts avec l’arbitraire…

Prendre l’avion pour
pointer à l’ANPE

Et nous avons continué comme
ça, essayant également d’imiter les importateurs locaux, le
groupe Doumeng continuant à
m’imposer des marchandises
qui ne correspondaient pas à la
demande locale, notamment 40
tonnes de pommes. Les
pommes, fortement taxées, se
vendaient cher au détail : 10
FF l’unité. C’était un fruit exotique pour les Africains. Mais

ceux-ci voulaient des belles
pommes Golden, sans aspérités, bien lisses. Le groupe
m’avait expédié une autre variété, bonne certes, meilleure
que les fades Golden, mais
avec ces aspérités. Résultat, il
a fallu les vendre à perte. Mais
un autre importateur, qui avait
fait venir des pommes genre
Golden, mais de couleur verte,
a eu des problèmes : un vétérinaire local, inspectant les
chambres froides, m’avait
apostrophé : « pourquoi avezvous importé des pommes pas
mûres ? Est-ce que « le
consommateur » vous a demandé des pommes vertes ?! ».
J’ai dû expliquer et faire un cadeau pour garder les bonnes
relations… Observant le manège commercial grandissant
de mes clients « passeurs du
Togo » (voir plus haut), et
connaissant mieux le marché
local, je propose à mon Directeur de Paris (une soi-disant
« pointure », un ancien de la
SCOA, la grande société commerciale française en Afrique),
d’importer des viandes piècées,
que je suis sûr de bien vendre
aux hôtels-restaurants du coin,
à l’antenne Sodexho locale, qui
commence à fournir le ravitaillement à la nouvelle station
pétrolière off-shore, exploitée
dans les eaux béninoises par la
société norvégienne « Saga »,
et surtout à la communauté
européenne, qui, faute d’approvionnement local, allait
faire ses courses chaque weekend au Togo voisin. Le grand
Directeur refuse, arguant :
« nous ne sommes pas des épiciers ». Bon…
C’est à ce moment que le sens
du business me revient (voir
BN 24 page 24). Il faut dire
qu’en Afrique, le commerce est
partout, tout le monde en fait,
fonctionnaires compris. Une
énième difficulté avec mon

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ROISSY ET L’AFRIQUE

« Directeur », me donne envie
de voler de mes propres ailes.
En 1982, gagnant bien ma vie
(selon mes critères, à
l’époque) et ayant droit à
deux mois de congés payés, je
sens qu’il est difficile pour
mon Directeur de me remplacer pendant ce temps. Je lui
propose alors de ne prendre
qu’un mois, et qu’on me paye
le second. « Oh là là, pas possible ! Illégal ! » me répond la
pointure…Bon. J’avais prévu
d’épouser Sylvia en septembre
(pendant mes congés), malgré
ma répulsion pour le mariage.
J’épouse donc. Mon père, qui
était venu nous rendre visite
au Bénin (ce fut épique !)
malgré sa maladie, décide de
mourir quelques jours avant le
mariage, à 49 ans. Quelques
jours après, je reçois un coup
de fil de mon Directeur me demandant si je voulais bien
rentrer un mois plus tôt au
Bénin, ma présence étant visiblement jugée indispensable. Amusé, je dis « OK » mais
l’homme ne veut pas me payer.
J’aurai droit à un mois de
congé en mars. Je suis donc
rentré précipitamment au
« frigo ». Février arrivé, je demande mon billet d’avion pour
mars, car j’avais, du coup,
prévu quelque chose d’important, que la morale m’interdit
de citer ici. Le gars refuse.
Echange de télex… Je maintiens et je pars. Fin mars je
rencontre le jeune patron fils
de Doumeng, explique et le
met à l’aise : « de toute façon,
vous avez ma démission si
vous la souhaitez ». Je ne suis
pas homme à « prudhommer »,
si on veut plus de moi, je
pars. Voulant protéger son Directeur, il accepte ma proposition de démission. Je ne
pensais pas qu’il l’aurait accepté, mais j’en avais accepté
l’augure. Du coup, on fait un
avenant au contrat de travail,

et je vais pouvoir percevoir les
ASSEDIC. C’est ainsi que j’ai
pris l’avion de Cotonou à
Paris, pour aller « pointer »
(on pointait chaque mois à
l’époque) à l’ANPE du 19ème
arrondissement, chez les « câdres ».
J’avais trois sous devant moi,
une femme fonctionnaire avec
qui on allait faire un autre
bébé (ce fut Lorraine, née à
Cotonou en 1984) et une
envie d’aventure en Afrique.
J’ai été servi.
Je ne savais pas vraiment quoi
faire (toutefois le commerce
international m’avait piqué),
mais je savais ce que je ne
voulais plus faire : travailler
pour quelqu’un. Ce n’était pas
une question d’argent, ni de
pouvoir, mais c’était frustrant,
professionnellement parlant,
d’être salarié. J’aime assumer
mes responsabilités, prendre
des risques.
J’ai pensé un moment ouvrir
un petit bar-brochettesgâteaux à la noix de coco,
dans le centre ville de Cotonou. Comme ça… J’ai pensé
aussi, avec mes contacts de la
représentation commerciale
soviétique au Bénin (son chef
était devenu un ami, avec lequel on se faisait des orgies
de caviar : j’ai connu le caviar
à la louche !) importer justement du caviar russe pour la
nomenklatura béninoise, que
je savais avide de produits de
luxe, à n’importe quel prix. Un
voyage épique à Hambourg,
pour visiter une société soviétique d’import-export spécialisée dans le commerce de
caviar, ça faisait vraiment
roman d’espionnage… Ca ne
s’est pas fait, mais j’étais
content de voyager et de
prendre des contacts commerciaux de bon niveau.

Les affaires
commencent.
« Angus »
Un jour, de retour à Cotonou,
le conseiller commercial bulgare au Bénin, Dimitri Derlipanski, avec qui j’avais
sympathisé, me propose d’importer des produits de son
pays. Parmi eux, le concentré
de tomate, qui est un des
grands produits consommé en
masse en Afrique occidentale,
et singulièrement au Bénin,
qui réexporte, ne l’oubliez jamais, au grand Nigéria voisin,
grâce notamment, à l’immense
marché Dantokpa de Cotonou.
Il me fait des bons prix. L’idée
me plait et j’en parle à M. X, le
Béninois avec qui j’avais sympathisé. On décide de faire
l’affaire ensemble. Du coup je
rentre en France où je crée
une SARL qui s’appellera SERVEX (Société pour Entreprendre, Rechercher et Vendre à
l’Extérieur, anagramme central
d’Eric Veillon, c’était ma période mégalo). Et je profite de
la loi sur les créations d’entreprises pour les chômeurs, initiée par Raymond Barre : je
rafle toutes mes indemnités
Assedic…
J’ouvre un compte à la BNP,
au siège social, royalement. Et
j’émets un « crédoc », lettre
de crédit « irrévocable et
confirmée », pour pouvoir importer et vendre à la société
de mon partenaire M. X un
container de petites boites de
concentré de tomates, le deal
étant qu’on se partagera les
bénéfices après les ventes.
Mais les Bulgares n’ont pas été
à la hauteur. Ils ont tardé,
malgré la lettre, à expédier. Et
le marché de « la tomate »,
entre temps, s’est dégradé

(comprenez : il y en avait
plein). Du coup, arrivé à Cotonou, je stocke les 1000 cartons de tomate dans le garage
de notre villa (la tête de ma
femme, fonctionnaire…), et
on attend des jours meilleurs.
Mais le climat tropical, lui,
n’attend pas. En plus du mauvais conditionnement bulgare
(les cartons étaient nuls, alors
que les cartons italiens de
« De Rica », la grande marque
italienne en vogue sur le marché africain étaient impeccables, et les cartons, c’est
important en Afrique), la chaleur fait exploser les boites
dans mon garage : on entend
des « pschitt »… On vend
vite, on solde plutôt : on perd
chacun 10 000 FF sur l’opération. Malgré cela, j’étais
content : j’avais réussi à faire
une opération « intercontinentale »…
Pendant ce temps, j’avançais
sur mon idée de « viandes piècées ». Je me mets d’accord
avec M. X. On crée une SARL
commune (51% pour lui, 49
pour moi) pour commercialiser
ces importations que je négocie en France avec la SOCOPA.
Mais M. X m’assure que lui seul
peut importer et qu’il nous revendra la marchandise au prix
de revient. Qu’importe, justement ! Je ne vérifie pas la législation locale, fluctuante à
l’époque, et puisque je suis en
confiance avec lui…C’est ma
première grosse erreur, qui me
coutera cher.
Pour l’heure, je dresse une liste
de produits « européens » et
on importe un premier container frigo, SOCOPA nous faisant
crédit. Filets, faux-filets,
rumsteck, noix et carré de
veau et même des T-Bones arrivent pour la première fois au
port de Cotonou. Les prix sont
excellents, on, (plutôt : je)

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fait un tabac, et on gagne pas
mal d’argent en vendant aux
hôtels, restaurants, à Sodexho…
Les « passeurs » du Togo (voir
plus haut) font la gueule, car
nos prix sont 1/3 moins chers.
On recommande des containers.
Du coup, je m’éclate : gigots et
carrés d’agneau de NouvelleZélande, rôtis de bœuf, de porc,
de veau congelés, en plus du
reste. On diversifie de plus en
plus : légumes surgelés, frites,
coquilles Saint-Jacques... Les
particuliers européens nous
achètent des cartons entiers et
se les partagent : je me souviens d’une vente mémorable
dans les locaux même de l’ambassade de France… Et les
marges gonflent, à ce niveau
de vente… Certains coopérants
achètent des cartons entiers et
revendent, en prenant une
marge, à leurs amis les morceaux au détail, histoire de se
faire un peu plus de blé… J’organise chez les particuliers des
réunions type « Tupperware »
mais pour la viande !
J’achète un grand congélateur
pour stocker, dans mon garage
(libéré des concentrés de tomates) les restes des morceaux
invendus chez les particuliers :
difficile de vendre toujours
juste les cartons). Ma femme
doit commencer à penser à divorcer à ce moment-là…

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Du coup je pense à ouvrir une
boutique, genre Picard Surgelés. Je m’assure de récupérer
l’usage de la scie à viande
« Biro » que j’avais acheté pour
le « frigo » auprès de mon successeur chez Doumeng. Je
trouve une grande villa au
cœur du quartier « huppé » de
la Haie-Vive, voisin de la «
Patte d’Oie », où vivent de
nombreux « expatriés », fonctionnaires internationaux et

riches béninois. Un grand garage attenant fera office de
boutique. J’achète 6 congélateurs, j’agence, je débauche
une Française, mariée à un Béninois, qui travaillait pour une
supérette locale tenue par
celui qui est devenu mon grand
ami Saturnin Agbota. On ouvre
la boutique qui va s’appeler
« Angus », du nom de cette
race de viande géniale d’origine écossaise et qui était le
nom d’un restaurant du 8ème
arrondissement de Paris, situé
à coté de la permanence du
PCF, que je « suivais » quelques
années auparavant.
La boutique marche bien. On
découpe les viandes congelées
en tranche, qu’on met dans des
sachets. On y vend aussi, tant
qu’à faire, des alcools et des vins,
achetés à des grossistes locaux.
Puis, ayant rencontré le Directeur
de « Papet » (aujourd’hui Sodifrais), une entreprise de Rungis
spécialisée dans les produits frais
et qui venait d’être rachetée par
le groupe ACCOR, nous importons
depuis Paris, chaque semaine,
des produits frais « hauts de
gamme » qui manquaient sur le
marché local : fromages, fruits du
monde entier, huitres, foies gras
etc. La boutique devient un croisement entre « Picard Surgelés »
et une épicerie fine. Baba
Moussa, ex-ministre du Plan devient l’un de nos meilleurs
clients… Et les ventes de demigros continuent.
Avec le succès, les problèmes arrivent. M. X fait en sorte que
notre société commune ne
puisse pas importer directement
et se met à avoir une conception originale du prix de revient.
Il gonfle sans arrêt celui-ci afin
de s’assurer une marge personnelle confortable, autrement dit
il veut gagner sur les deux tableaux. On discute, il ne veut
rien savoir. Crispation…

Succès du
« Rayon
de Cadjéhoun »
J’avais sympathisé avec un banquier de la seule banque commerciale (d’Etat) où nous avions
notre compte. Devant l’intransigeance de M.X, assuré du soutien de la banque, je lui propose
de racheter ses parts, lesquelles,
vu le potentiel de l’entreprise,
commençaient à avoir de la valeur. M. X, qui sait que je n’ai
pas cet argent, mais qui ignore
le soutien du banquier, devient
soupçonneux et refuse mon
offre, pensant continuer son
petit manège lucratif.
Je n’ai plus envie de travailler
« avec » lui dans ces conditions et prépare une solution
alternative. Je sais qu’il ne
peut continuer durablement
tout seul la boutique. A cette
époque, j’avais déjà prévu de
quitter le garage devenu trop
petit et j’avais repéré un local,
non loin de là, sur la route
inter-états, à Cadjehoun, entre
les quartiers « Haie-Vive » où
nous étions et « Patte d’Oie »,
tous deux « résidentiels » et à
côté du quartier populaire africain. Ca avait été un ancien
supermarché qui avait eu une
existence éphémère, mais qui
avait cessé ses activités : son
fondateur, un professeur de
droit béninois ayant eu
quelques problèmes. Auparavant, ça avait été une ancienne
« usine » de conditionnement
de crevettes pour l’export.
Je trouve le propriétaire et on
visite l’endroit, très grand mais
dans un piteux état. Il y a encore les anciennes chambres
froides de l’usine de crevettes
et même de vielles étuves.
L’endroit fera l’affaire, et je le

loue. Dans le même temps, je
crée une nouvelle société, que
j’appelle SERVEX-Bénin, à laquelle j’associe mon employée
française, et un autre employé
béninois. Mon banquier étant
devenu entre temps Directeur
général de la banque, je n’ai
pas eu de mal à obtenir un prêt
pour démarrer. On repart de
zéro : travaux, agencements,
achats de congélateurs, d’une
vitrine frigo etc. J’appelle le
commerce « Le Rayon de Cadjehoun »…Comme il y a de la
place, l’endroit devient carrément une superette, avec toujours les viandes, les produits
frais et l’épicerie fine, mais du
coup on revend de tout : boissons, conserves, hygiène, et
même des habits, acheté à un
intermédiaire nigérian, des
jouets…La clientèle se diversifie : toujours « élitiste » mais
aussi populaire. Le chiffre d’affaires explose.
Ce qui mécontente M. X,
énervé, qui porte plainte à la
police contre moi, pour « non
redditions de comptes ». Ce qui
était cocasse, car c’est lui qui
était chargé, statutairement,
de la comptabilité de notre société commune. C’est ainsi que
j’ai eu à répondre à plusieurs
convocations et que j’ai retrouvé mon policier du début
(voir plus haut). Re-belotte :
intimidations,
menaces,
« kafka tropical »… Le « dossier » étant vide, j’ai fini par
sympathiser avec le pandore et
ça c’est terminé avec un cadeau : une bonne grosse dinde
congelée pour Noël, et un carton de champagne.
Mais il y a un autre problème :
M.X n’ayant pas payé le dernier
container de viandes, SOCOPA
est fâchée et refuse de nous
accorder un crédit, tant que le
container n’est pas payé. Mais
c’est X. qui a l’argent. Or nous

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ne pouvons acheter cash un
container de marchandises qui
coutait au moins 200 000 FF.
Du coup, je reprends contact
avec mes « passeurs du Togo »,
à qui j’avais pourtant causé
beaucoup de tord, commercialement parlant.

taurant », à côté de la superette, dans les anciennes
chambres froides. On avait
tout en stock, dans la superette : viandes, légumes, produits frais, vins et alcools.
Donc pas de problème de fond
de roulement…

Ceux-ci importaient maintenant directement, par bateau,
les précieuses viandes et autres produits surgelés. On s’est
mis d’accord : ils deviendront
notre fournisseur. Mais nos
marges sur ces produits ne seront jamais pareilles qu’en important nous même. Ce détail
est crucial pour la suite. Pour
l’heure, on a ce qu’il faut et on
verra bien ensuite pour pouvoir importer nous même.

Je prends les travaux en main :
on casse, on garde les parois
recouvertes de polystyrène expansé, qui seront bien pratiques
pour
l’isolation
thermique, (le bar sera climatisé), on trouve un menuisier
génial qui nous construit un
comptoir superbe, long, et en
courbe. Le bar comme les meubles seront en acajou, bois magnifique, pas cher en Afrique.
Une terrasse devant, qui sera
couverte ensuite, une autre
derrière, discrète, dans laquelle
je plante un jeune « Flamboyant », qui poussera à une
vitesse vertigineuse, superbe…
On se fait sponsoriser par l’un
de nos fournisseurs libanais,
qui importait (entre autres)
vins, alcools et champagnes :
le bar s’appellera le « Cutty
Sark Bar », du nom du whisky
bien connu.

La superette tourne bien. On
embauche. Premier problème :
l’employé béninois, que j’avais
associé, pique dans la caisse
dès les premiers jours. Je suis
catastrophé car j’aimais bien
ce jeune, très dynamique. On
trouve un accord et il ne travaillera plus avec nous.

Le plus beau bar
de Cotonou
On avait bien sûr repris les importations « avion » de produits frais avec « Papet ».
Parfois deux arrivages par semaine de produits fortement
taxés, mais qui se vendaient
bien. Notamment des moules.
Or, parfois, il nous en restait
sur le dos, ce qui était embêtant car ça nous mangeait une
partie de notre bénéfice. Alors
on les faisait cuire, on les
congelait et on les vendait
comme ça, en sachets.
Ca m’a donné l’idée, petit à
petit, d’ouvrir un « bar–res-

On embauche une barmaid, un
ancien « boy » de ma bellesœur qui était au Nigéria, une
« armoire à glace », ceinture
noire de judo fera aussi le barman, et assurera la sécurité.
Puis un cuisinier, lui aussi ancien « boy » d’un expatrié anglais qui avait quitté le Bénin
(les cuisiniers béninois sont
réputés). Mon cousin Alain,
qui était venu nous rendre visite, nous aide pour l’ouverture : une grande soirée avec
des expatriés anglais (je
n’évoquerai pas la grande nuit
précédente, historique, avec
ledit cousin…).
Le bar marche bien. Le resto
un peu moins, mais ca va. On

a une clientèle d’expatriés,
français, anglais, allemands,
qui boivent bien. On installe
un jeu de fléchettes à la demande des Anglais. J’vous dis
pas les soirées endiablées ! On
a même un billard américain.
L’endroit devient le plus beau
bar de Cotonou ! Les recettes
augmentent bien (mon taux
d’alcoolémie aussi…). On engage Bignon, au bar, une très
jolie jeune femme de 20 ans,
qui fait partie de la famille béninoise de mon associée française.
A ce propos, les choses vont
mal. Mon associée, qui n’était
pas mariée avec son compagnon béninois, mais qui avait
eu un enfant avec, tombe
amoureuse d’un client anglais,
puis d’un Allemand (qu’elle
épousera plus tard). Crise dans
le couple franco-béninois. Séparation…

La spirale
de l’échec
La superette marchait toujours bien, mais les difficultés
commencent. L’économie du
pays va très mal. Les grands
chantiers, déjà peu nombreux,
se ferment les uns après les
autres, entrainant le départ de
nombreux expatriés, qui
étaient nos clients, et du bar,
et de la superette. Les salaires
des fonctionnaires béninois
tardent à être versés, et la spirale infernale commence. La
principale banque du pays (le
nôtre) est exsangue. Son DG,
qui m’avait aidé, est arrêté,
emprisonné. Notre chiffre
d’affaire commence à baisser
sérieusement, et le peu d’argent qu’on avait mis, trop rapidement,
dans
la
construction du bar avait pesé

sur notre trésorerie. Et,
comme on n’importe toujours
pas nos viandes, nos marges
sont insuffisantes. On commence à prendre du retard sur
le paiement de nos fournisseurs locaux. Certains nous
coupent leur crédit. On a donc
moins de marchandises, et
donc encore moins de recettes. Il nous faut de l’argent, rapidement. Je refais
une demande de crédit à la
banque, d’autant que nous
avions des relations, heureusement, avec la nouvelle direction. Or la banque n’a
vraiment presque plus d’argent. On nous accorde quand
même la moitié de ce qu’on
avait demandé. Je sais que
c’est insuffisant, mais je suis
contraint, d’une certaine manière, d’accepter.
Quelques semaines passent,
péniblement. On a peu de produits : les linéaires de pâtes
alimentaires ou de lait en
boite s’allongent, au détriment d’autres produits, qu’on
ne peut plus acheter. On est
au bord du gouffre. Un fournisseur indien, à qui on devait
une petite somme, fait saisir
notre camionnette par un
huissier ami. On la récupère
facilement, mais ça faisait
désordre et ça ressemblait à
un début de curée. D’autant
que, sentant le vent mauvais
(et alerté par quelqu’un de
très proche de moi, je l’ai appris bien plus tard, une trahison, en quelque sorte)
l’entreprise française qui nous
avait vendu la vitrine frigorifique (quelques 50 000 FF) et
qui avait souhaité, au début,
rentrer dans notre capital avec
cet apport, exige le paiement
de ladite vitrine.
Imprudemment, je m’exécute,
aggravant encore notre situation, déjà périlleuse.

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Que faire ? Je décide de me
rapprocher de Saturnin Agbota,
qui était devenu un de nos fournisseurs, et dont les affaires florissaient.
Discussions
au
Sheraton, examen des comptes,
Saturnin, en homme d’affaires
avisé, refuse l’association que
je lui propose. Il prend le
temps malgré tout de réfléchir
et me propose, quelques jours
après, que sa société reprenne
la nôtre, mais en location-gérance. A condition que mon associée française (son ancienne
employée, que je lui avais « piquée ») et moi-même restions
aux commandes, en tant que
salariés. Je n’ai pas le choix.
On accepte, malgré un salaire
de misère.

Les évènements se précipitent.
Mon associée, toujours amoureuse de son Teuton (elle vivait
chez lui) décide en secret, et
m’en informe, de partir définitivement avec lui en Allemagne, avec son petit garçon
métis. Officiellement, elle part
en vacances. Le père de l’enfant, qui est un ami, vient me
voir, pour en savoir plus. Je ne
peux rien lui dire. Il a pourtant
les moyens légaux d’empêcher
l’enfant de partir. Il ne le fera
pas, voulant croire, contre
toute évidence, qu’elle reviendra, ou au moins que son
gamin retournera dans son
pays. A ce jour, ce père n’a plus
jamais revu son fils. Drame des
couples de pays différents !

Du coup, la superette est réapprovisionnée, mais les affaires
vivotent et la situation économique du pays s’aggrave encore. Le bar, lui, est loué à un
restaurateur libanais voisin.
L’ambiance n’est plus là. D’autant que ma femme, lassée de
mes frasques africaines tous
azimuts, ne veut plus vivre
avec moi… Or elle doit quitter
son poste de Cotonou. On en
discute. Elle peut avoir Lomé,
la capitale togolaise proche. Ca
me va. Mais on lui a proposé
Djibouti, qu’elle a accepté sans
mon accord. Elle fini par me
prévenir et y partira avec les
enfants. Déception et colère.
Je suis déstabilisé. Je ne crois
plus dans la possibilité de redresser l’affaire, du moins dans
ces conditions et la perspective de rester seul en Afrique,
sans argent ou presque, que
j’avais imaginé un temps, est
désormais exclue pour moi. Le
risque de marginalisation est
grand, comme je l’ai vu auprès
de certains Français « déclassés » au Bénin, et qui, pour la
plupart, ont fini dans la
mouise et l’alcoolisme… Je
dois partir.

Je me décide à informer de la
situation Saturnin, devenu à la
fois mon locataire-gérant et…
mon patron ! Il aurait déjà pu
me bloquer une fois, il ne l’a
pas fait. Je lui dis que je dois
arrêter. Il le comprend et accepte. On fait les papiers nécessaires, dans les règles.
J’apprécie cette générosité,
que je n’oublierai jamais. Puis
je dépose le bilan de Servex
Bénin, que j’ai déclarée en cessation de paiement, au Tribunal de commerce. Chose qui se
faisait rarement (je crois même
que c’était la première fois)
dans ce Bénin d’alors, où le
droit des affaires était embryonnaire. Je confie alors, officiellement, le suivi de l’affaire
à un avocat renommé du pays.

A
la Maison Blanche…

Quelques jours après (on était
le jour du débat « Chirac-Mitterrand », juste avant le

deuxième tour de la présidentielle de mai 1988), alors que
je passe au « bar » désormais
tenu par mes amis libanais,
j’apprends que des policiers y
sont aussi passés, me demandant. Ils ont laissé une convocation
pour
midi,
au
Commissariat d’à coté. Je sens
l’embrouille, d’autant que le
Commissaire, qui était devenu
un ami, venait d’être remplacé
et que je ne connaissais pas
son remplaçant. Prudent, je me
rends au commissariat, avec
des cigarettes en suffisance…
J’attends deux heures. Arrive
ledit Commissaire, accompagné
de mon fournisseur de viandes
(l’ex « passeur » du Togo, voir
plus haut), goguenard. En fait,
le vieil oncle de l’ex-passeur,
avec lequel il était associé,
était mort quelques temps auparavant. J’avais assisté à l’enterrement.
On
devait
effectivement à leur société
une somme, de mémoire de
40 000 FF. Le neveu, malin,
avait recréé une autre société à
son nom et récupéré (au détriment des héritiers du vieux)
frauduleusement les créances du
« tonton », dont la nôtre, et il
m’en avait, sentant nos difficultés, exigé le paiement. J’explique cela au commissaire,
dont l’attitude hautaine montrait qu’il avait déjà choisi son
camp. Je ne contestais pas la
dette, mais elle n’était pas due
à cette société, mais à l’autre,
en cours de partage entre les
héritiers. Je ne devais donc
rien à celui-ci. Le Commissaire
m’ordonne alors de payer à
l’autre société. Je lui réponds
que je ne peux le faire, même
si je le voulais, le bilan venant
d’être déposé au tribunal. Le
policier ne veut pas entendre
parler de tribunal : je paye ou
je suis arrêté ! Je maintiens ma
position, et me voilà emmené
au Commissariat central, où je

me retrouve en quelque sorte
gardé à vue, dans une maison
située dans la cour du Commissariat, appelée « Maison
Blanche ». Y « résidaient » plusieurs hommes, dont certains depuis des mois (dont un, depuis
plus de deux ans !), en attente,
sinon de jugement, du moins de
règlement d’affaires de gros sous,
détournements et autres. Ambiance. Moi qui suis claustrophobe !
J’avais réussi à faire prévenir
ma femme (dont la décision de
séparation était une fois de
plus confortée). Elle m’apporte
à manger, de la lecture, des cigarettes… Je lui dis de prévenir le Consul de France, qu’il
me sorte de là. Le Consul arrive, pour me dire qu’il ne peut
rien faire, et qu’en plus on
était vendredi soir… J’étais
bon pour passer le week-end,
au moins (ou deux ans ??) sur
place. Je demande à voir le
Commissaire central, pas
moyen, évidemment.
Les portes de la Maison
Blanche se referment, à la
tombée de la nuit (le jour, tout
le monde peut se balader « librement », dans la grande cour
du Commissariat). J’ai droit à
une natte pour dormir. L’ambiance est plutôt bonne avec
mes « codétenus », tous d’un
bon niveau social. Je regarde
le débat Chirac-Mitterrand qui
commence, pensant avec regret que je ne pourrai pas voter
le dimanche… C’est alors que
la porte s’ouvre et qu’on vient
me chercher. Pour me libérer.
Ouf ! En fait, c’était Saturnin
Agbota qui, prévenu, avait fait
jouer ses hautes relations et
m’avait fait sortir… Encore
une reconnaissance.
La semaine d’après, mon « dénonciateur », apprenant ma
« libération », et ayant donc

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compris que j’avais des relations plus solides que les
siennes (dans ce pays où tout
se règle par des relations discrètes, le soir, à la maison,
plutôt que dans les bureaux
ou tribunaux) m’invite à manger : on était redevenu amis.
Et on l’est toujours, je l’ai revu
encore plusieurs fois, l’an
passé encore dans son splendide restaurant, spécialisé
dans l’organisation de séminaires, immense, sur la Route
des Pêches, où l’on a fait un
repas pantagruélique avec lui,
sa famille et Bignon...
Encouragé par l’évènement, M.
X tente de réveiller l’affaire de

la « non-reddition » de
comptes. Re-convocation, et
là, je me fâche : le policier
(celui de la dinde de Noël)
prend peur et laisse tomber…
On m’avait tout de même
confisqué mon passeport. J’ai
fini par le récupérer. La date
du vol pour Paris approchait :
ma future ex m’avait quand
même pris un billet… Je
n’étais pas interdit de quitter
le territoire, mais je devais
être prudent. Aussi, le jour du
départ, (fin juin, début juillet
1988) avions-nous décidé de
ne pas nous enregistrer ensemble… Ma femme m’avait
dit, la main sur le cœur : « je
ne partirai pas sans toi, de

toute façon »… Je laisse l’embarquement se terminer. J’arrive en dernier, je monte la
passerelle de l’avion. La porte
allait se fermer juste devant
moi. Je la retiens et je rentre
dans l’avion devant le regard
médusé de ma future ex… On
décolle. Je me saoule au cognac d’UTA…
Fin de l’aventure béninoise, du
moins la première. Je suis vidé
quand j’arrive à Paris, sans la
moindre intention de ce que je
vais faire. Sentiment d’échec,
de culpabilité que je mettrai
un certain temps à dépasser.
Mais, en même temps, tellement heureux d’avoir appris

tant de choses en Afrique,
d’avoir compris, autant que
faire se peut, les Africains, et
définitivement amoureux du
Bénin, où je me promettais de
revenir, c’était sûr.
J’y suis retourné plusieurs fois
et j’y retournerai encore. La
place manque dans cet article
trop long, pour évoquer tout,
notamment les nombreuses
anecdotes, la description de la
vie, politique notamment, làbas : de quoi faire un roman.
La suite : voir Bénéfice.net
n°24…
EV

La victoire de la démocratie
A la fin de l’année 1989, le régime de Kérékou est exsangue, politiquement et surtout financièrement. En décembre, il est
contraint de reconnaitre le multipartisme, d’abandonner le « marxisme-léninisme ». Du 19 au 28 février 1990, une
« Conférence nationale des forces vives de la nation» se tient, sous la présidence de Mgr de Souza, archevêque de Cotonou,
qui jettera les bases d’un système démocratique, assez unique en Afrique, toujours en vigueur aujourd’hui.

La couverture : explications
La plupart des lecteurs de RoissyMail
connaît cette belle jeune femme. Elle
s’appelle Bignon (il faut prononcer
« Bion »). C’est une Béninoise, du
pays Bariba (ou Batonou, c’est mieux
dit), un grand et formidable peuple du
Nord Bénin. C’est elle que j’avais embauchée dans le «Cutty Sark Bar ». On
est toujours restés en contact, depuis
donc plus de vingt ans. C’est une princesse, originaire de Ouné, près de Banikouara, une des grandes villes
batonou. J’ai pris cette photo, rapidement, un matin d’août 2006, au bel
hôtel de Kandi (République du Bénin),
lorsque nous étions en route vers le
Niger voisin. Il m’a semblé que tout
était dit dans son regard, comme révélateur de cette Afrique aussi tranquille
qu’interrogative et inquiète.
Elle est adorable. C’est une « Marianne »
africaine…

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ROISSY ET L’AFRIQUE
Dany et Alain Dresser,
lors de ma visite au
show-room.

« Art-Riva
d’Afrique
Baptiste devant un
tabouret ashanti,
tout juste débalé.

L’arrivée d’un
container, rempli
d’objets d’art est
toujours un
moment
d’émotion…
Ici, à Epiais…

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Sur le stand d’Art-Rivages, au
salon « Maison et Objet » :
on retrouve « ma » statue sexy,
avec les colons derrière.

Septembre 2007. Quelque
part, à Epiais-lès-Louvres
(95) se cache presque un
petit entrepôt,
peu engageant d’extérieur.
Mais comme on le sait tous,
les apparences sont
souvent trompeuses et ici,
c’est bien le cas. A peine
rentré dans l’enceinte qu’on
aperçoit, par terre, ça et là,
une poterie, ou un bouddha
bizarre qui semble être le
gardien mystérieux des
lieux. Intriguant…
Le mystère reste entier quand on monte aux bureaux, situés en mezzanine, en jetant un coup
d’œil en passant aux rayonnages surchargés de
paquets emballés ou déballés dans l’entrepôt.
Mais bien vite, des statues africaines du couloir
donnent le ton. Et l’on rencontre Dany, puis son
mari Alain Dresser, les patrons d’Art-Rivages, fidèle lecteur de RoissyMail, qui me réserve un accueil chaleureux. Art-Rivages importe et
distribue en Europe des objets de décoration
d’Asie et d’Afrique. C’est cette dernière qui m’intéresse. Je souhaite en parler dans ce
Bénéfice.net. Accepté. Première étape : l’arrivée
dans quelques jours d’un container en provenance d’Abidjan, rempli de marchandises. J’irai
prendre des photos au dépotage. Puis, grand moment quelques jours après : le fameux salon
« Maison et Objet » où Art-Rivages expose depuis
10 ans. Photos, parues dans RoissyMail, puis
enfin, entretien avec Alain pour la présentation
de la société.

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ROISSY ET L’AFRIQUE

Si proche si loin

vages » ramène lescolons
ue…à Epiais-lès-Louvres
Ce jour-là, Alain Dresser fêtait
ses 60 ans, (je lui en aurais
donné moins). Souriant, affable même, il se prête sans hésitations au jeu des questions.
Il a créé, ou plus exactement,
sa femme et lui ont créé ArtRivages au début de 1998.
C’était quelque temps après
son licenciement. Il était cadre
commercial dans une grande
entreprise de biscuiterie. Celleci a connu restructurations et
reprises diverses. Et il s’est vu
pousser vers la sortie après une
énième vente de l’entreprise. A
50 ans, c’est devenu banal en
France… Pas affolé du tout, il
part dans de bonnes conditions
et songe à la suite. « J’avais
surtout envie de ne plus faire
ce que j’avais déjà fait », se
souvient Alain en riant. Du
coup ils prennent le temps,
avec Dany, de murir des projets. Une maison d’hôtes, un
p’tit hôtel dans le Midi ne leur
déplairaient pas. Ce Français,
né en Belgique, et qui a fait
son service militaire à Tahiti
(y’a pire…), aime voyager.
L’opportunité de racheter une
entreprise d’import de sacs
plastiques en provenance d’Indonésie, ajoutée aux contacts
qu’il avait avec la Confédération générale des Importateurs
leur donne envie d’importer
d’autres choses que des sacs

plastiques. Des objets d’art…
Les voici partis à monter l’affaire. Avec, tout d’abord une
visite d’une foire au Sri-Lanka.
Ils en profitent pour aller visiter un chauffeur de tourisme,
nommé Lucky, dont ils avaient
fait la connaissance lors d’un
précédent voyage, et avec lequel ils avaient sympathisé.
Arrivés dans la maison de
Lucky, ils apprennent qu’il est
parti en Indonésie où il s’occupe désormais de négoce de
bijoux… De quoi conforter les
Dresser dans leurs idées… Ils
retournent en France. Au diable les sacs plastiques (ils ont
eu raison…), mais l’affaire va
bientôt être dans l’sac. Ils écrivent à Lucky, qui vit désormais
à Bali, et celui-ci leur répond :
« c’est ici que ça se passe »…
L’idée d’import prend corps. En
bons professionnels de la
vente, le couple fait une étude
de marché, des reconnaissances au salon « Maison et
Objet », des voyages en Indonésie, en Thaïlande (au salon
de la déco)…
Vive la crise monétaire !
Et c’est ainsi qu’Art-Rivages est
créée début 1998. « On part
acheter. Or, nous sommes en
pleine crise monétaire asiatique. La valeur des monnaies,
notamment la roupie indonésienne est divisée par deux !

Du coup au lieu d’un container,
j’en achète trois… », raconte
Alain, encore heureux de la
belle affaire. Les containers,
pleins de terres cuites et de
bois sculptés arrivent en août
et seront entreposés à Fosses
(95). Fins prêts pour leur premier « Maison et Objet » où ils
loueront un stand de 9 m2. Les
ventes couvrent à peine les
frais du salon, mais surprise,
elles ne se font qu’au détail,
alors que les Dresser s’attendaient à des commandes de
gros. Il va falloir revoir la
copie…
Du coup, voilà Alain qui se (re)
fait VRP. Il met des marchandises dans de grands cabas et
part faire du porte-à-porte
dans les boutiques parisiennes
de « déco ». « J’ai éprouvé un
drôle de sentiment », m’explique-t-il, toujours en souriant. « Je me retrouvais dans
la même situation qu’à mes débuts de vendeur, lorsque je
tournais avec des cabas de biscuits ». Et de faire aussi les salons « grand public » pour se
faire connaitre. Et là, c’est
bingo ! L’enseigne « La Maison
coloniale » les contacte et
passe une première commande
significative. Puis, c’est au
tourde Roche-Bobois… Et c’est
l’enchaînement. Aujourd’hui

les produits se vendent bien,
provenant d’Indonésie, de
Thaïlande, puis du Viêt-Nam…
Et l’épisode africain…

Ben
mon colon !
En 2001 / 2002, les Dresser ont un
contact : une relation à eux leur
dit : « je connais quelqu’un en
Afrique qui fabrique des « colons ».
Ca devrait bien se vendre… ». Et
Alain de m’expliquer : « il y a une
histoire de ces colons, à partir des
traditions locales (comme celle des
Baoulés). Pendant la période coloniale, des sculpteurs ont voulu
habiller leurs statues traditionnelles, (le plus souvent nues et
suggestives) avec des habits de
Blancs (les missionnaires y
contribuant certainement…).
Puis ils se mettent à sculpter des
Blancs (en fait avec le visage
rouge, ce qui donna son nom à ce
type de statue : les « Rouges »).
Les statues sont devenues ensuite filiformes, et de plus en
plus décorées et habillées, suivant les modes, comme celles des
« sapeurs »*, par exemple ».
Voyage en Côte d’Ivoire, où les
Dresser vont voir le produit. « Pas
mal ; un peu cher, mais on essaie ».

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Baptiste, au salon, avec, cette fois, les laques
asiatiques en arrière plan.

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Cette statue m’a tapé dans l’œil. Elle me
rappelle… plusieurs personnes (ah !
« Les seins pointus comme des sagaies » !).

Du coup, ils montent un
deuxième stand à « Maison et Objets » (où ils n’ont pas cessé d’exposer depuis leur création) qui
sera africain, avec les colons. Et
c’est le succès d’emblée. Les commandes affluent, notamment
d’Italie et d’Espagne. Alain Dresser trouve un partenaire ivoirien,
qui fait fabriquer les colons (à
chaque fois une pièce unique,
tallée dans la masse, voir encadré) mais aussi qui va lui apporter d’autres objets de décorations
(statues baoulés, Awalé, et même
des « portes de grenier » ou des
« boîtes à souris ») que des
« traqueurs » africains vont acheter dans les villages de la région :
Côte d’Ivoire, Ghana…

forme Alain. Comme, dans les
bonnes années, ils en importent
2500 unités, on devine facilement le business…

De l’inconvénient de
faire faire sa pub à
l’étranger…

En revenant sur l’Afrique, je veux
avoir les impressions d’Alain,
comment il fait là-bas. « On
traîne partout, me confie-t-il.
Notamment dans les quartiers des
antiquaires, où les contacts sont
importants et où l’on trouve des
merveilles ». Les relations sont
bonnes et Alain a compris, visiblement, la mentalité africaine.
Et de me compter des exemples,
comme ce jour, à Cocody, le fameux quartier d’Abidjan, où il a
mangé par terre avec des antiquaires sénégalais, à la main, un
excellent thiboudien, le fameux
riz au poisson, leur plat national.
«En Asie, c’est différent, les relations sont plus distantes…».

«Entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique,
Art-Rivages fait donc facilement
son marché, profitant, en ces
temps de mondialisation, des opportunités. Y compris pour concevoir et imprimer des notes
techniques sur les produits. Chacun
sait qu’en Asie c’est pas cher. Seulement voilà, une telle note a été
faite en Indonésie, à propos des colons. Et du coup, les imitations
asiatiques des colons africains se
sont multipliées : « on en fabrique
même en Chine », maintenant,
soupire Alain. Ce qui n’arrange pas
les choses sur ce produit, d’autant
qu’en France, l’engouement pour
les « Arts premiers » est terminé (la
fin de cet engouement a correspondu, m’apprend Alain, à l’ouverture du Musée Branly qui leur sont
consacrés, ce qui est étonnant).
Mais heureusement, pas à l’étranger, et notamment l’Italie, qui reste
un client important pour les ventes
de colons. Il reste qu’un colon
s’achète au détail, chez Roche-Bobois, entre 400 et 600 euros, m’in-

Pas « politiquement
correct »
Encore faut-il compter avec des éléments imprévus. Exemple aux USA
où Art-Rivages arrive à contacter
une chaine de magasins, dont
l’acheteur est très intéressé par les
fameux colons. Mais la Direction de
la chaîne impose son véto : les colons ne sont pas « politiquement
corrects » car ils peuvent être
considérés comme « racistes »…

Mais il faut savoir acheter. Et le partage des tâches, entre Alain et
Dany (ils voyagent toujours ensemble), ça a été vite fait. « Si je choisis
un objet, on peut être sûr qu’il ne
se vendra pas ! », rigole Alain. C’est
Dany qui a le flair pour trouver les
bonnes affaires, celles du moins qui
se vendront. Alain, lui, s’occupe de
toute la logistique, fait l’interprète
et le commercial en chef… En fait,
c’est Dany qui avait « poussé » à
créer l’entreprise.
En descendant voir le show-room,

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que je n’avais pas encore découvert, Alain me confie qu’au
début de l’aventure, c’était
plutôt le plaisir des voyages
qui les motivaient. Puis, avec
les opportunités, l’affaire est
devenue plus business, avec
une croissance de 10% par an.
Installée depuis 6 ans à Epiais,
dans des locaux appartenant à
la famille Duru (près de la
Ferme du Manoir), Art-Rivages
offre un catalogue de 1600 références (à voir sur leur site
internet) dont 4 à 500 nouvelles chaque année. Et l’entreprise, qui fait un chiffre
d’affaires de 1.2 million d’euros, fait des bénéfices. Elle
compte 8 employés, et l’avenir
est assuré : Baptiste, le « numéro 2 » de l’entreprise, qui
m’avait bien reçu lors de l’arrivée du container, un ami de
la famille, reprendra l’affaire le

moment venu. Mais Alain ne
me semble pas pressé…

« Portes ouvertes »
La visite du show-room est venue
terminer l’entretien. L’image
est facile, mais c’est une véritable caverne d’Ali-Baba, où se
mêlent laques de Chine, colons, tabourets, lampes, statues africaines, bouddhas de
toutes sortes et de toutes
tailles, masques ethniques, bijoux, terres cuites, soieries,
bronzes, vannerie en osier, en
bambou, en rotin…
Et même des objets incroyables
comme des grosses racines
d’arbre, décoratives, qui se
vendent une fortune comme

j’ai pu le constater sur leur
stand, à Maison & Objet.
Art-Rivages ne vend pas aux particuliers, et c’est bien dommage.
« Mais », m’annonce Alain,
« comme nous sommes souvent
sollicités, c’est pourquoi nous
avons décidé d’organiser, c’était en
novembre dernier, une journée
expo-vente ouverte au public ».
RoissyMail.com en a parlé et le
bouche-à-oreille a fonctionné. Une
responsable de la com’ d’une
grande entreprise aérienne du coin
(cliente à nous) a même fait
quelques achats… conséquents…
De quoi renouveler cette journée
les années à venir…
EV
« Sapeur » : partisan de la « sape »,
mouvement lancé par des Congolais
(ou des Zaïrois) amoureux des habits
chics, de marques, de griffe…

Tout savoir sur Art-Rivages
www.art-rivages.fr

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Sud-Charles de Gaulle, Gonesse, Sa
Saint-Mard…

Panorama du déve
nouvelles zone
économique
Les zones d’activités économiques, fa
Les zones d’activités économiques
(ZAE) poussent comme des champignons sur le pôle de Roissy. Les
« anciennes », bien sûr, dans lesquelles il se passe toujours quelque
chose : nouvelles implantations,
nouvelles constructions. Prenez
l’exemple de Paris Nord 2 : on pourrait penser que le parc international
d’activité est « terminé », et bien
on voit toujours des constructions
en cours. Idem pour la ZAC de la
Villette-aux-Aulnes, à Mitry-Mory,
qui s’est bien remplie et qui est devenue une très belle zone. Cette
année voit le début opérationnel
de plusieurs nouvelles zones, sur le
périmètre du pôle de Roissy, au
moins tel que le définit la carte
Roissy 2025. Cela confirme l’attractivité de la région aéroportuaire,
dont il faut toujours rappeler les
atouts : aéroports CDG et du Bourget, parcs d’exposition de Villepinte
(qui va s’étendre) et du Bourget,
autoroutes, RER, TGV, espaces dis-

ponibles… Nous avons choisi de
vous en présenter quelques-unes.
Mais il faut savoir que le suivi parfait de toute l’actualité économique du pôle, même si nous
sommes bien informés, dépasse
nos seules capacités. Tout va si
vite ! Il faudra, si une structure
commune à l’ensemble du pôle voit
le jour, comme l’Arlésienne « Communauté aéroportuaire », créer un
puissant observatoire économique,
capable de quantifier l’existant et
ainsi promouvoir l’ensemble de
notre région, si dynamique.

Acharnement
environnementaliste
Quand une nouvelle zone d’activités voit le jour, c’est tout boni,

pour tout le monde. Cela fait travailler des aménageurs, des architectes-urbanistes, des consultants,
des entreprises du BTP, des espaces
verts, de l’eau et de l’assainissement, des conseils en immobilier
d’entreprises, des vendeurs de mobilier de bureau… Puis, lorsque les
entreprises s’installent, des emplois
y sont créés ou transférés, eux
aussi source d’activité pour les
commerces, les entreprises liées à
l’habitat et... les autres entreprises.
Les communes et les autres collectivités locales s’y retrouvent en
percevant les taxes locales, et, bien
sûr l’Etat… Un exemple, un seul,
en matière fiscale : en 1983, la
commune de Moussy-le-Neuf percevait quelques 80 000 F de TP de
la part de ses quelques artisans et
commerçants. Autant dire, rien. A
cette époque, le maire, avisé, a décidé de créer un quartier destiné à
accueillir des entreprises : « La Barogne 1 ». Dans la description que

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Saint-Pathus, Villiers-le-Bel, Vémars, Moussy,

veloppement des
es d’activités
es du pôle de Roissy
s, facteur de croissance
nous avions faite de la ZAE dans le
premier Bénéfice.net (juillet 98) le
produit de la TP était monté à
2.5 millions de F. « Et ce n’est pas
fini », écrivions-nous alors. Eh
bien le produit de la TP pour
cette commune de plus de
2781 habitants, est désormais de
450 000 euros (soit 2.9 millions F),
sans compter le produit des parties « communautaires » de la
zone (138 000 € en 2007) qui
vont à la Communauté de communes dont le maire, Bernard Rigault, est le Président, et sans
compter le produit de la taxe foncière.
Et, pour être complet, sans compter les réductions des bases de la
TP que l’Etat a consenti aux entreprises, mais… avec l’argent
des collectivités locales… Il faut
signaler enfin, bien que ce ne
soit pas l’objet de cet article, les
nombreux chantiers en cours ou
en projet, concernant les loge-

ments : requalification dans le
cadre de l’ANRU, lotissements divers (comme à Dammartin, Villeron ou à Louvres), qui ajoutent
au dynamisme économique de
notre région. Ils feront l’objet
d’un prochain article.
La création d’une ZAE est donc
toujours une bonne nouvelle !
C’est toujours le produit d’un dossier complexe, faisant appel à des
professionnels et à des élus avisés. Et, puisque c’est dans l’air du
temps, sachez que tous les projets en cours font preuve d’un
acharnement environnementaliste et autres HQE débordant :
c’est à celui qui sera le plus vert !
Voici un point d’actualité. Vous
pouvez vous aider, pour situer les
ZAE, de la carte Roissy 2025
(www.vppcom.com/carte).
31

EV

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Gonesse en forme
Les zones d’activités de Gonesse sont importantes et bien
situées, même si certaines auraient bien besoin d’un coup de jeune.
Zoom sur ses nouvelles ZA :

1) Le Triangle de Gonesse bientôt fini ?
Le « Triangle de Gonesse » est un
vaste espace situé entre l’ancienne
RN 17 et l’A1, en forme de triangle.
C’est un emplacement stratégique,
dont l’aménagement global fait
l’objet de convoitises, même si tout
traîne un peu. C’est « le plus vaste
espace non urbanisé le plus proche
de Paris », indique la page « Economie » du site web de la ville. Il faut
dire que le dossier est complexe.
Au Sud a été aménagée, avec succès, la ZAC des Tulipes, par l’AFTRP.
Au Nord, sur le territoire de Roissyen-France s’étend le territoire du
futur golf de 18 trous, dont les
contours précis devraient être
bientôt connus. Entre les deux,
une zone centrale, un large espace
d’autant plus disponible que le PEB
(Plan d’exposition au bruit) y interdit la construction d’habitat.

C’est là que doit se faire un jour
une gare RER qui accueillera la
jonction entre le RER D et le RER B
et l’aéroport CDG. Ce secteur a déjà
fait l’objet de nombreuses études
(voir BN n°2 déc.98) : celle de l’association Euro Val d’Oise (regroupant à l’époque les communes
concernées par le Triangle : outre
Gonesse, Roissy, Le Thillay, Bonneuil et Vaud’herland), qui fut reprise partiellement par le SDRIF de
1994. Puis un premier « concours
international d’idées » eu lieu, emporté par l’architecte-urbaniste Michel Macary. Le SIEVO (syndicat
intercommunal pour l’Est du Val
d’Oise) s’en est mêlé et ensuite un
schéma de secteur a été réalisé par
l’urbaniste François Grether pour l’exMission Roissy. Puis l’AFTRP avait été
chargée, en 1998, par Bonneuil et

Gonesse de faire une étude de « définition urbaine et technique » pour
les secteurs central et sud.
Et, at last but not least, en 2006,
un nouvel arrivé, l’EPA Plaine de
France a lancé « après consultation,
un marché de définition visant à
définir une programmation globale,
un plan stratégique d'ensemble (qui
prenne en compte le développement des zones contiguës) et un
projet d'aménagement ». Le 11 décembre de la même année 3
équipes ont été sélectionnées et un
jury composé de responsables politiques du secteur décidera en avril
2008 le dossier qui sera retenu.
Nul ne doute que le « Triangle » va
se faire et qu’un nouveau quartier
commercial et d’affaires sera créé

autour de la future gare RER. On
peut toutefois s’interroger sur les
lenteurs du dossier, et, singulièrement, de celui du raccordement
des RER D et B et de la gare. En
effet, selon de nombreux élus du
Val d’Oise, ce raccordement permettrait aux populations d’accéder
plus facilement aux emplois de
CDG. On se demande pourquoi ça
ne va pas plus vite ! Essayez donc
de trouver quelqu’un qui connaît
bien le dossier : on est preneur !
Sur la pointe Sud du Triangle, la
ZAC des Tulipes continue, avec le
futur village d’entreprise (Parc
PME) qui va être construit par
Nexity, des ateliers locatifs que
devrait construire la CCI (voir
l’illustration). Un petit centre
commercial (30 000 m2 sur 8 hectares) est prévu aussi.

Les futurs Ateliers locatifs, construits par la CCI du Val d’Oise (agence Henriet-Alméras)

2) Gonesse Aéropark
32
BN
26

C’est l’autre aménagement économique du moment de la ville de
Gonesse. Anciennement appelée
« ZAC Entrée Sud », elle est aménagée par SEGRO (Slough Estate
Group), un opérateur foncier an-

glais, coté aux bourses de Londres et de Paris. La ZAC, qui prévoit 56 500 m2 de surfaces, sur 14
hectares paysagés est en cours
d’aménagement et de construction.
Il y aura 10 bâtiments au total, di-

visibles en lots de 700 à 5 000 m2.
La première tranche (3 bâtiments, 19 900 m2) sera livrée cet
été pour une mise à disposition au
3ème trimestre 2008. Mais déjà un
restaurant y est ouvert (Courte

Paille) et un autre est presque terminée (La Criée).
Vous en saurez plus sur le site ad
hoc : www.aeropark-gonesse.com
C’est CBRE qui commercialise
(01 53 64 33 27).

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Roissy Porte de France :
toujours à la pointe !
1) Vémars :
c’est bien parti

10 bassins étagés
de rétention des
eaux pluviales

Ecran végétal
végétal
Ecran
dense
dense
Activité logistique

Voie cardinale

Ecran végétal
séparation pars:village
sur 60m de large

Les bulldozers sont à l’ouvrage
depuis peu dans cette future
zone de quelques 50 ha, dont
l’accouchement fut difficile.
Réalisées sous forme de lotissement, les intervenants sont Daniel Compiègne (Senlis) qui a
fourni le foncier, GSE, le fameux
contractant général qui va
construire, pour le compte de
Prologis 178 000 m2 d’entrepôts.
C’est une grosse opération, non
loin de celle de Moussy-le-Neuf,
la commune voisine.

Activité messageries

Bassin terminal paysagé
de rétention des eaux
pluviales

Activités industrielles
PME/PMI

Services collectifs

2) Louvres : profondes mutations en cours
La ville de Louvres va connaître encore de profonds changements ces
prochaines années, mais les dossiers sont déjà en cours d’étude.
Cette ville est appelée à voir sa population augmenter d’une manière
importante, d’autant que la com-

mune est située non loin de CDG,
mais hors zone de bruit. Une ZAC
d’activités est prévue depuis longtemps, la « Butte-aux-Bergers », à
l’Est des zones urbanisées. Un aménageur devait être désigné, il y a
déjà plus de deux ans, mais l’opéra-

tion prend désormais place dans un
plan d’ensemble, au cœur duquel
se trouve le futur « pôle gare ». Et
comme l’actuelle zone d’activités
est située juste à côté de la gare
RER, l’idée est de libérer petit à
petit les terrains de la ZA pour des

commerces et des habitations, et
d’aménager concurremment la nouvelle ZA. C’est l’EPA Plaine de
France qui pilote le projet, qui a
fait l’objet de nombreuses études,
en liaison bien sûr avec la commune et Roissy Porte de France.

3) Roissy-en-France : toujours plein de ZAE en cours
- Parc Mail

34
BN
26

Ca a été annoncé au dernier SIMI,
le salon parisien de l’immobilier
d’entreprise. Le promoteur investisseur suisse Sogelym-Steiner, dont le
siège français est à Lyon, va créer,
dans « RoissyParc International »

(aménagé par l’AFTRP), dans la partie « Demi-Lune », en face de
Fedex, un « Parc Mail », sur 16 ha.
En tout 55 000 m2 pour des activités tertiaires vont être construits
en 5 tranches, sur un vaste espace
paysagé. Une première tranche de
10 000 m2 fera l’objet d’un permis

de construire qui sera déposé fin
mai prochain, pour une mise en service fin 2009. Sylvain Bertrand, qui
dirige le projet chez Sogelym, insiste sur la qualité du futur site avec
des services importants comme un
RIE (restaurant interentreprises),
une crèche, un gestionnaire sur site,

et même un fitness… Mais l’équipe
travaille actuellement, en liaison
avec la CC Roissy Porte de France sur
des transports en commun permettant de relier efficacement les RER B
et D, et le cabinet conseil du futur
golf de Roissy, mitoyen, pour des
synergies possibles.

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Le programme permettra du locatif
et de la vente clé en main, pour des
modules allant de 1200 à 13000 m2,
jusqu’à 10 000. Enfin, si les prix ne
sont pas encore tout à fait fixés,
grâce aux nouvelles méthodes de
constructions et de gestion, les
charges seront « maîtrisées », ce qui
permettra d’être compétitif, promet
M. Bertrand.

- Les 18 trous de Roissy
Derrière le futur Parc Mail, va se
créer un golf de 18 trous. L’annonce n’est pas nouvelle, mais
les choses vont bon train. Un
Bureau d’études travaille sur le
dossier et, contrairement à ce
qui avait pu être entendu ça et
là, le golf ne sera pas associé à
un programme immobilier d’envergure, seul un Club House est
prévu. La présence d’un 18 trous
à Roissy, avec tout le potentiel
hôtelier de la région sera un
atout supplémentaire pour l’at-

tractivité du pôle de Roissy. Une
Académie de golf est même prévue.

- ZAC Sud Roissy :
pas avant 2010

On en a déjà parlé (voir BN 23
page 18). L’entrée Sud de Roissy
(où est situé notamment l’élevage de cochons) va faire l’objet
C’est Atis Real et DBX qui comd’un grand aménagement sur
mercialisent. Les contacts pour
11hectares. Ca devait commencer
Parc Mail sont donc M. Bertrand
en 2007 mais l’aménageur (la SE(04 72 74 69 69) et www.sogeMAVO, la SEM du 95), par la voix
lym-steiner.fr et Roissy Dévelopde son Directeur, Eric Renkert,
pement au 01 34 29 45 89.
nous précise que, vu
la
complexité du
dossier, les
différentes
procédures
risquent
d ’ ê t r e
longues et
la réalisation est reVoici ce à quoi pourra ressembler Airapolis, ici près du rond-point « Cosson »
portée à
(image : Axel Schoenert Architectes Associés)

2010. C’est un beau projet, très
bien situé. Les choses sont en
cours et les entreprises peuvent
déjà s’y intéresser : on parle de
bureaux, de logements dont une
MAPAD (c’est sûr), de commerces
dont un bowling...

- Airapolis : ça avance
Le grand projet (centre d’exposition, hôtels…) imaginé par
Heinz Gloor, situé à Roissy-Village avance. Les terrains ont été
acquis par la Communauté de
communes puis revendus à une
SARL : Roissy Euro Centre, dans
le capital duquel se trouve le
président du World Trade Center
de Sao Paulo, Gilberto Bomeny,
ami de H. Gloor. Le maire de
Roissy, André Toulouse, s’est déplacé récemment au Brésil pour
aller le rencontrer, visiter le WTC
et parler de l’architecture d’Airapolis. Il en est revenu enthousiaste. Déjà la CDEC a autorisé les
3 hôtels prévus. Un dossier que
nous suivons, évidemment.

CDG Est :
une ruche d’activités
« Nos futures extensions concernent le territoire
seine-et-marnais » a précisé René Brun, directeur
de l’aéroport CDG à « Trajectoires », le journal de
Seine-et-Marne Développement. Après l’ouverture
du terminal S3 et celle, toute prochaine du nouveau terminal régional 2G (en septembre 2008),
ce sera celle du satellite S4 en 2012 (500 millions
d’euros investis, hors traitement bagages) en
2012. Toute la partie Est de CDG est en chantier :
nouveaux taxiways, nouveaux parkings avions,
voitures, nouvelle tour de contrôle (la 4ème),
nouveaux espaces pour les entreprises comme
Servair, Acna ou Air France Industries. Les mouvements de camions de terrassement sont incessants depuis des mois, les bétonnières tournent à
plein régime. Tout cela donne du travail aux entreprises de BTP, à leurs sous-traitants…

Partout, à l’Est de CDG, terrassements, camions
bétonnières…

La quatrième tour
de contrôle en
construction

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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

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Canton de Dammartin :
Ça bouge beaucoup dans ce secteur, de mieux en mieux placé
car il est situé à l’Est de CDG, qui concentre l’essentiel du développement futur de l’aéroport (S3, S4, diverses zones pour activités comme nous venons de le décrire) et qui sera desservie par
le futur contournement « Nord » de la Francilienne.

1) Le Mesnil-Amelot : 60 ha toujours en attente
Depuis des années devait être
choisi un aménageur pour la
nouvelle zone « intercommunautaire » du Mesnil, située juste en
face de CDG (sur un peu plus de

60 ha). Mais la situation complexe à la Communauté de communes Plaine de France ne l’a
pas permis encore à ce jour, malgré un récent appel à candida-

ture auquel, selon nos informations, 3 opérateurs (Rhéa,
l’AFTRP et Nexity) ont répondu,
mais n’ont jamais reçu de réponse. Nul doute, enfin on es-

père, qu’une fois les élections
municipales passées, les choses
s’accélèreront. C’est une des
zones les plus prometteuses du
pôle.

2) Saint-Pathus : logistique
C’est une grande zone d’activité logistique qui est en cours d’aménagement à Saint-Pathus (77), située
au Nord-Est du pôle de Roissy, sous
forme de lotissement. 52 ha au
total sur lesquels vont être
construits 212 000 m2. C’est une
opération menée conjointement
par Van Maerk Immo, un « general
contractant » lillois et par le leader

américain AMB. C’est Laurent
Latte, qui en est l’architecte et le
paysagiste. Le permis de lotir est
purgé, les travaux de viabilisation
et de terrassement sont en cours,
et seront terminés avant l’été. Les
permis de construire seront délivrés avant l’automne 2008, pour
des constructions qui débuteront
début 2009.

Ce que sera la future zone de Saint-Pathus (illustration Laurent Latte)

3) Dammartin-en-Goële : pas facile de s’y retrouver. 20 ha pour AMB.
La ZAE de Dammartin, dont on
ne sait pas très bien quel nom
elle a (Prés Boucher), est aussi
bien située, avec un accès à la
2X4 voies RN2, est difficile à suivre, les différents opérateurs
(hors Nexity) n’étant pas très
communicants. Merci quand
même à M. Labourdette, de la
mairie de Dammartin, pour ses
tuyaux, mais on sent quand
même que le développement
économique n’est pas la tasse de
thé de la municipalité. Cette
zone a été achetée voici
quelques années par l’ex-Hays

Logistique, puis par Kuhne&Nagel,
logisticien lui aussi. Pas moyen
d’avoir des infos chez eux sur
l’aménagement et la gestion de la
ZAE : on va dire que leur métier
principal est la logistique, et non
l’aménagement… Un projet d’extension d’une vingtaine d’hectares,
au nord de la zone, vers Othis, est
inscrit au SDRIF depuis des années. Il semble que les choses bougent car ces hectares viennent
d’être acquis par l’Américain AMB,
qui a déposé un permis de lotir.
20% de cette surface seraient
consacrés aux activités logistiques.

En revanche, les choses avancent sur
la ZAC de la Folle Emprince, (foto)
qui est en face de la ZAE, et que va
aménager Nexity (Foncier Conseil).
Plusieurs centaines de logements
(814) doivent y être construits, et
un lycée. En 2006, la mairie de
Dammartin jugeait « obscures »
(voir BN 23 page 23) les raisons qui
avaient poussées la mairie voisine
d’Othis (politiquement à gauche,
comme celle de Dammartin) à déposer un recours administratif
contre le PLU (Plan local d’urbanisme) de cette dernière, bloquant
de fait l’avancée de la ZAC et la

construction du lycée. Or, en décembre 2007, le recours a été levé,
les mauvaises langues disent que
c’est à cause d’un accord politique à
gauche : Monique Papin est devenue
président du Comité de soutien de
M. Corneille (PS), candidat aux cantonales et successeur désigné de M.
Romandel, maire d’Othis et conseiller régional (apparenté communiste). Si cela est vrai (aucune
communication n’a été faite à ce
sujet) on peut s’étonner de pareilles
manœuvres, qui aura fait perdre
deux années au moins à la construction du lycée et des logements...

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4) Saint-Mard : le futur Parc d’activités de la Goële sur 70 ha
au Berger », associant Rhéa et un investisseur, le groupe Desjouis.

On peut bien voir, grâce à cette belle perspective, le futur Parc de
Saint-Mard, le long de la N2 (image Agence Malot et AssociésBureau d'étude A.T.T.B).

Les espaces disponibles pour les
activités économiques à SaintMard (77) sont une vieille histoire. Il était question, depuis les
années au moins 90, d’y établir
une gare de fret ferroviaire, qui
n’a jamais vu le jour. Du coup,
ces espaces ont été repensés.
Sur le plan administratif, deux

nouvelles zones d’activités y sont
créées, formant le Parc d’activités
de la Goële : une ZAC intercommunale (Communauté de communes
(CC) de Dammartin PGM) nommée
« Fontaine-du- Berger » sur 63 ha
et une ZAC communale « Les DeuxMoulins » sur 7 ha. Le concessionnaire est la « SARL de la Fontaine

Ce Parc est bien parti. En bonne
intelligence, l’aménageur a créé
avec les collectivités un comité de
pilotage réunissant les parties prenantes sur l’ensemble de l’opération. Sur la Fontaine-aux-Bergers
241 000 m2 de surface seront
construits dont 2/3 consacrés aux
« activités » et à la logistique,
celle-ci étant limitée à 75000 m2.
Un terrain de 5000 m2 sera donné
par l’aménageur à la CC pour un
équipement public. L’ensemble
sera bien sûr paysagé et les équipements publics (voiries, espaces
verts…) seront remis à la collectivité après l’achèvement de la
ZAC, « d’où la recherche d’un coût
de fonctionnement raisonnable »,
assure Catherine. Dercourt, res-

ponsable de Rhéa. Le démarrage
des travaux est prévu fin 2008.
La réalisation est prévue sur
7 années. Bonne nouvelle, le
groupe PRD (www.prd-fr.com), un
investisseur promoteur, s’est
porté acquéreur pour 36 ha au
total, dont 16 consacrés à la logistique.
Quant à la ZAC communale « Les
Deux-Moulins », 30 000 m2 de
surfaces sont prévues pour des
commerces, activités industrielles
et tertiaires, de la restauration et
des services. La durée de réalisation prévue est de 4 ans.
Vous situerez bien les deux zones
sur la carte Roissy 2025 et sur l’illustration. Le contact pour ces
opérations, c’est Mme Dercourt,
au 01.46.86.03.67

5) Moussy-le-Neuf. Barogne 8 : « Accès Nord » sur 26 hectares
La zone d’activité ou plutôt les
zones d’activités de Moussy-leNeuf répondent au nom de « La
Barogne ». Initiées par le maire,
Bernard Rigault, (également président de la CC de Dammartin PGM),

en 1980, La Barogne, par ses extensions successives, atteint
désormais la taille d’environ 55
hectares, dont 26 vont être
construits bientôt. La nouvelle
tranche, dénommée Barogne 8 ou

encore « Accès Nord » a été lancée
par IMC Promotion (Daniel Compiègne), alliée au promoteur Cibex,
qui a amené Gecina, un gros investisseur immobilier européen côté
en bourse. Au programme, 4 bâti-

ments pour 93 223 m2 de surface.
Les PC ont été délivrés en janvier.
Un premier bâtiment de 16 572 m2
va être construit et sera livré en
2009. Les commercialisateurs sont
DBX, Jones Lang Lasalle, et Savills.

Ce que sera « Accès Nord » à Moussy-le-Neuf.

6) Saint-Soupplets : Altra termine sa zone de 4 hectares
C’est la société Altra (Dammartin)
40 qui a été choisie pour aménager
BN une petite ZA sous forme de lo26

tissement dans le prolongement
de celles existantes, à SaintSoupplets. 12 parcelles de 2000 à

6000 m2 sont aménagées. Il en
reste quelques unes à vendre. Le
bon contact c’est Sylvain Muscianese

au 01.60.03.44.22
(voir publicité).

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Aulnaysous-Bois :
une petite
zone franche de
2.1ha
Le tissu de ZAE d’Aulnay, déjà très important, va
s’enrichir d’une petite dernière : la ZAC des Aulnes,
située au milieu du grand boulevard urbain, dans
les quartiers Nord, presqu’en face de la Maison de
l’Entreprise et de l’Emploi (M2E). Sur 2.1 ha, elle
développera 7400 m2 en tertiaire (bureaux) et 7900
en activités. La livraison est prévue pour 2010. C’est
la Sidec, une SEM du 93, qui aménage
(www.sidec.fr).

La future ZAC des Aulnes, sur le terre-plein du Boulevard urbain, en pleine zone franche

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Villepinte : l’extension du Parc
d’exposition est lancée.
Naissance d’un géant : VIPARIS
C’est un évènement : le 28 janvier dernier la CCIP, propriétaire
du parc d’Exposition a officialisé
son mariage avec Unibail-Rodamco dans leurs domaines res-

pectifs des congrès-exposition,
aussi bien au niveau de la propriété et de la gestion des sites
que de l’organisation de salons.
La nouvelle entité s’appelle VIPA-

Lancement officiel de Viparis et de l’extension de Paris Nord
Villepinte, le 28 janvier dernier. On aperçoit le Président de la CCIP,
Pierre Simon, Christine Lagarde, Martine Valleton, maire de
Villepinte, Luc Chatel, Guillaume Poitrinal, Président du Directoire
d’Unibail-Rodamco.

RIS. Les sites concernés sont,
pour Unibail : le parc d’expo de
la Poste de Versailles, le CNIT, le
Carrousel du Louvres, l’Espace
Champerret et l’Espace Grand
Arche. Pour la CCIP, outre Villepinte, le Parc d’expo du Bourget,
le palais des congrès de Versailles, le palais des congrès de
Paris (porte Maillot). Au total
575 000 m2 de surfaces dédiées.
Les noces se sont déroulées à
Paris Nord Villepinte en présence
de deux ministres, pas moins :
Christine Lagarde et Luc Chatel.

A cette occasion, le coup d’envoi
a été lancé pour la construction
du nouveau hall de 36 000 m2
dont la mise en exploitation est
prévue dès 2010. Ce qui fera au
total 240 000 m2 de surface d’exposition. Mais le programme complet de l’extension l’amènera
progressivement à 350 000 m2. De
quoi en faire un super champion
européen, avec l’ensemble de la
place de Paris.
Vous en saurez plus sur :
www.viparis.net

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42 Luc Chatel et Christine Lagarde.
BN
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NOUS CONTACTER AU : 01 48 63 90 80

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Aéroville : 270 millions d’euros
pour un projet de centre commercial
controversé
Nous avons déjà évoqué, tant sur
BN que dans RoissyMail le projet
d’ADP et d’Unibail-Rodamco : un
grand centre commercial en
pleine zone de fret 4 à CDG, juste
à côté de Paris Nord 2. 100 000 m2
au total, 270 millions d’investissement, 4 700 places de parking…

l’aéroport ne devrait pas accueillir de tels équipements, mais
plutôt des entreprises liées au
secteur aérien et international.
Ce qui ne devrait pas être l’avis
de sa collègue la CCI de Seine-

Saint-Denis car cette CCI dépend
de celle de Paris, alliée désormais
à Unibail : on ne la voit pas s’opposer à un projet de son nouveau et puissant partenaire.
De toute façon, ADP est maître
chez elle…

La décision reviendra à la CDEC
(commission d’équipement commercial) du 93 et à la CNEC
(commission nationale) en cas
d’appel. Si Aéroville se fait, ça
sera une quasiment nouvelle
ZAE…

Situé à cheval sur les communes de Tremblay (93) et
Roissy-en-France (95) ces deux
villes soutiennent le projet. De
nombreuses oppositions se sont
exprimées envers ce projet, notamment les villes de Gonesse,
Aulnay (qui veut défendre son
centre Parinor, en plein agrandissement) et Dammartin…
La Région Ile-de-France est
également contre. L’affaire devient politique…
Les principales craintes concernent le surdimensionnement du
projet et les encombrements de
circulation engendrés, dans un
secteur déjà thrombosé. Certains pensent, comme la CCI
Versailles Val d’Oise Yvelines,
qui s’est opposée au projet, que

On voit très bien ici le projet Aéroville, sur CDG (fret 4) et en face de Paris Nord 2 (foto Urbapresse).

L’immobilier d’entreprise et RoissyMail
Dès qu’il y a quelque chose de nouveau ou d’intéressant sur le pôle de Roissy en matière d’immobilier d’entreprise (et il y en a beaucoup),
vous aurez toutes les chances de l’apprendre en lisant notre newsletter RoissyMail (www.roissymail.com). C’est aussi un excellent média
pour la publicité, pour promouvoir une vente ou une location. RoissyMail paraît 2 à 3 fois par semaine, selon l’actualité. Plus de 7200
personnes y sont abonnées (au moment où nous éditons ce mag, début février 2008), mais est lue, grâce aux très bons référencements
de ses articles par les moteurs de recherche, par bien plus de monde. Les lecteurs sont principalement des chefs et cadres d’entreprises,
des élus et des « administratifs », des cadres des agences de développement économique et… un nombre croissant de journalistes.
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L’ AFTRP
historique
Michel Bournat, Directeur délégué Nord de l’AFTRP

Le territoire d’intervention de la Délégation Nord de l’AFTRP
Le futur quartier de la Pépinière, à Villepinte, accueillera un millier d’habitants.

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Son nom, « Agence
Foncière et Technique de
la Région Parisienne » a
aujourd’hui un petit air
désuet. C’est que cette
agence, (un « EPIC » :
établissement public à
caractère commercial) fut
créée par l’Etat en 1962
pour être le « porteur
foncier » des futures
villes nouvelles décidé
par le plan Delouvrier de
l’ancienne « région
parisienne », devenue
aujourd’hui l’Ile-de-France.
Depuis cette date,
l’Agence a bien changé et
elle va encore changer.
Beaucoup de nos lecteurs
connaissent l’AFTRP,
dont le PDG est
M. François Delarue,
nommé en janvier 2006
(voir RoissyMail n°106).
L’Agence est aussi un
opérateur historique sur le
pôle de Roissy, avec son
« navire amiral »,
Paris Nord 2.
Mais les choses bougent…

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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

P : un opérateur
e en pleine mutation.
Nous avons voulu faire le point
des activités de l’Agence dans
notre région. Pas mieux pour cela
que de rendre visite à Michel
Bournat, Directeur de la délégation « Nord », créée en 2001 et
qui a pris le relais, en l’amplifiant
(voir son « territoire ») de l’antenne de l’agence, installée depuis bien plus longtemps à
Paris Nord 2.
Revenant sur l’histoire de l’AFTRP,
Michel Bournat nous rappelle
que, de « porteur foncier » pour
les villes nouvelles, l’Agence est
devenue, forte de son savoir-faire
« porteur foncier » sur fonds propres pour d’autres collectivités
locales. Et, comme il n’y a qu’un
pas à faire pour « glisser » du
« foncier » à l’aménagement,
l’Agence l’a franchit en devenant
aménageur, au début des années
70, avec la première ZUP (Zone
d’Urbanisation Prioritaire) de
Vitry (94) mais surtout avec
Paris Nord 2, aujourd’hui terminée et qui connait le succès que
l’on sait. Elle est aussi la « gardienne » des terrains « zadés »,
c’est-à-dire situés dans une ZAD
(zone d’aménagement différé).
Une ZAD, c’est un dispositif permettant aux terrains situés sur le
périmètre d’un projet annoncé de
ne pas faire l’objet d’une spéculation, en attente de la réalisation de ce projet. Tel a été
notamment le cas au sud de CDG,
où l’AFTRP a exercé son droit de
préemption pour garder la valeur

des terrains. C’est ainsi qu’elle a
pu vendre 20.7 hectares qu’elle
avait acquis auparavant, à la
SIPAC, la société de la Chambre
de Commerce de Paris pour
l’agrandissement du parc d’exposition de Paris Nord Villepinte, et
va pouvoir aménager la ZAC « Sud
Charles-de-Gaulle » (voir encadré).
Depuis sa création, l’AFTRP a enrichit ses compétences et diversifié le champ de ses
interventions : expertise foncière, aménageur, puis développeur urbain, mais aussi
mandataire d’équipements publics (comme la base de loisirs de
Torcy par exemple). C’est aujourd’hui une équipe d’environ
170 personnes, dont 80% de cadres, spécialistes de l’ingénierie
foncière et immobilière, et de
l’aménagement urbain, capables
de piloter des projets importants
et complexes. Il faut parcourir le
site
web
de
l’Agence
(www.aftrp.com) pour se faire
une idée plus juste et plus vaste
de l’action régionale de l’Agence.

Révolution ?
Longtemps considérée comme
« le bras séculier » de l’Etat dans
la région, le statut de l’AFTRP a
évolué ces dernières années.
D’essentiellement « étatique »,
son Conseil d’Administration a vu

les voix des représentants du
Conseil régional et des Départements d’Ile-de-France augmenter.
Il est à noter que l’AFTRP ne bénéficie d’aucune subvention de
fonctionnement et vit de ses opérations. On aurait pu penser que
l’Agence passe sous le contrôle
entier de la Région, comme il en
a été pour le STIF (l’autorité des
transports publics régionaux).
C’est certainement à cause de
cela que la Région a voulu créer
son propre établissement foncier
(EPFR), récemment (voir encadré). Mais, interrogée sur ce
point, l’Agence pense « qu’il n’y
a aucune logique à ce (qu’elle)
passe à la Région puisque les
compétences en urbanisme opérationnel appartiennent aux
communes et structures intercommunales. C’est tout à fait différent du STIF dont le « transfert »
à la région ne fait qu’aligner l’Ilede-France avec 20 ans de retard
sur l’ensemble des autres régions
qui ont des compétences en matière de transport ». Dont acte,
donc.
Enfin, le plus important peutêtre, et c’est une révolution, c’est
que, suite à une jurisprudence récente, les aménageurs (privés
comme publics) sont désormais
soumis à la concurrence. Fini le
temps donc, où l’aménageur agissait dans le doux confort des relations directes avec les
collectivités. Ceci s’applique naturellement aussi à l’AFTRP. Elle

doit désormais répondre aux appels d’offres, comme elle l’a fait
récemment pour des futures
zones d’activités en Seine et
Marne. L’aménageur public AFTRP
va devoir désormais faire du
« commercial ». Enfin, il faut
noter une autre modification du
panorama des acteurs de l’aménagement du territoire de la Plaine
de France et du secteur roisséen,
avec la création de l’EPA Plaine
de France dont le rôle premier est
d’impulser et conduire des réflexions stratégiques sur ce vaste
territoire en mutation, mais aussi
de conduire des opérations sur le
terrain…comme l’AFTRP.
En ce moment, l’AFTRP a « en
portefeuille » une cinquantaine
d’opérations dans toute l’Ile de
France, dont - outre donc Paris
Nord 2 – une petite quinzaine
dans notre secteur roisséen, gérées par la Direction Déléguée
Nord (14 personnes), et notamment :
- la ZAC « des Tulipes, sud et nord »
à Gonesse (avec l’installation
entre autres de DGX Pharma et du
nouveau siège de Manutan), où a
été lancé un concours pour l’aménagement d’un centre commercial
de 30 000 m2 sur 8 hectares.
- Les zones de la « Demi-Lune »
et du « Moulin », (qui forment
Roissy Parc International) à
Roissy-en-France et, récemment
l’aménagement de la zone des

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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

Tissonvilliers « III », sur 16 hectares à Villiers-le-Bel.
- La ZAC « Sud Charles-de-Gaulle »
à Tremblay-en-France (voir encadré).
Mais, en plus de ses activités de
développement économique, l’Etat
a assigné à l’Agence, dans une
« feuille de route », sous forme de
contrat d’objectif, d’autres priorités, dont les deux suivantes.

Produire
des charges foncières
de logement

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On manque de logement en
France, et en Ile-de-France en
particulier. Il s’agit donc de fabriquer des « charges foncières »
(en fait des droits à bâtir, sur des
terrains aménagés), mais « exabrupto », me précise M. Bournat, c'est-à-dire sur des terrains
neufs pour la construction de logements. Or le problème est là :
dans notre secteur, il n’y a pas
beaucoup de terrains disponibles
pour le logement (dans la réglementation en vigueur, aggravée
par le PEB, Plan d’Exposition au
Bruit). Un projet important occupe néanmoins l’AFTRP : la
« Pépinière » à Villepinte, une
ZAC de 14 hectares (dont la moitié en espace verts) permettant
la construction notamment de
350 logements (1 millier d’habitants) dans un souci affirmé du
respect des principes du développement durable et de l’environnement. C’est une ancienne
friche (occupée autrefois par
une pépinière) qui rentre bien
dans la mission de l’AFTRP qui
s’est vue concéder l’aménagement en 2007. Les choses avancent vite et après avoir fixé les
principes d’urbanisme, l’Agence
a engagé une première consultation de promoteurs.

Autre projet, moins avancé
celui-là : Louvres (95). Il s’agit
du projet « Pôle Gare / secteur
Pommiers Frais-Lieux », pour lequel plusieurs études ont été engagées depuis 2004 sous l’égide
du SIEVO et de l’EPA Plaine de
France, dont celle du foncier réalisée par l’AFTRP.

Participer à la
rénovation urbaine
(Plan Borloo)
L’AFTRP a reçu comme mission
de participer à la réalisation du
Plan national de Rénovation Urbaine, initié en 2003 et piloté
par l’ANRU (Agence Nationale
pour la Rénovation Urbaine). Ce
plan prévoit la rénovation d’environ 800 quartiers (démolitions,
reconstructions et réhabilitations) d’ici 2013.
L’AFTRP s’est vu confier dans
notre secteur, sous forme de
traité de concession d’aménagement, les quartiers « sensibles »
de Clichy-sous-Bois-Montfermeil
(Forestière et Bosquets), de
Garges-lès-Gonesse (La Muette)
et de Villiers-le-Bel (Les Carreaux). Toutes ces opérations
sont d’envergure et mobilisent
des moyens considérables, abondés par l’ANRU (rien que 460
millions d’euros pour la première
phase de Clichy-Montfermeil, par
exemple).
On peut parler d’une nouvelle
étape dans la vie de l’AFTRP, qui
est en train de s’adapter aux
nouvelles donnes. Mais, pour
conclure ce trop court article,
j’emprunterai volontiers les propos
qu’avaient tenus M. de Robien,
alors ministre de l’Equipement, lors
du 40ème anniversaire de l’Agence,
le 25 septembre 2002, rappelant
l’importance et les difficultés de
ses missions :

« A l'heure où l'AFTRP participe
au retour au droit commun des
villes nouvelles les plus développées, il est naturel d'évoquer le
grand projet de rééquilibrage de
l'Île-de-France conduit depuis
quarante ans.
Ce projet n'aurait pu être mené à
bien sans un outil opérationnel,
sans l'action de professionnels de
la négociation foncière, capables
d'acheter au bon moment, ni trop
tôt, ni trop tard, et de convaincre
les propriétaires, parcelle par
parcelle, afin d'avoir recours le
moins possible à la procédure

d'exception qu'est l'expropriation.
Et puisque l'ombre de Paul DELOUVRIER plane forcément sur
un tel anniversaire, je veux insister sur la difficulté de ce métier
en le citant mais nombre d'entre
vous, j'imagine, connaisse cette
formule : "les propriétaires fonciers les plus coriaces, disait-il,
sont, par ordre décroissant, les
congrégations religieuses féminines, la Caisse des Dépôts et
Consignations, les congrégations
religieuses masculines". Pour
vaincre de telles forces, il fallait
un outil puissant ! »

L’AFTRP et les Etablissements
Publics Fonciers (EPF)
en Ile-de-France
Par décrets du 13 septembre 2006, l’Etat a créé 4 Etablissements publics fonciers (EPF) en Ile-de-France : à la demande
des Départements concernés, un EPF sur les Yvelines, un sur
les Hauts-de-Seine, un sur le Val d’Oise et un EP Ile-de-France
à la demande de la Région. Ces Etablissements, qui n’interviennent que dans le domaine foncier, perçoivent une ressource fiscale dédiée, la taxe spéciale d’Equipement (de 10€
par habitants) pour financer leurs interventions.
Les décrets de création de ces 4 E¨PF prévoient qu’ils peuvent
passer avec l’AFTRP des conventions dans lesquelles cette dernière peut concourir aux missions de ces Etablissements. A ce
titre, l’AFTRP :
- a signé 3 conventions avec le Département des Yvelines (pour
la réalisation d’un observatoire foncier, d’une étude de définition de stratégie foncière sur le périmètre de l’OIN du Mantois
Seine aval et le gestion de ZAD ainsi que de terrains appartenant à l’EPF,
- a assisté l’EPF du Val d’Oise, notamment dans l’élaboration de
son plan pluri annuel d’interventions et dans l’élaboration de
conventions foncières avec les collectivités locales ou leurs
Etablissements publics de coopération intercommunale, ainsi
que pour l’élaboration de leurs bases de données foncières et
des missions de maitrise foncière,
- devrait signer prochainement des conventions d’assistance foncière avec l’EPF des Hauts-de-Seine et avec celui d’Ile-de-France.
(Source : AFTRP)

EV

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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

La future ZAC « Sud-CDG » engagée cette année.
L’AFTRP avait été le «gardien » de son espace, elle en sera l’aménageur.
Vous avez aimé Paris Nord 2 ? Vous adorerez
« Paris-Nord 3 ». Ou plutôt la ZAC « Sud
Charles-de-Gaulle » puisque c’est son nom officiel (du moins à ce jour).
Naturellement, le SDRIF (schéma directeur
d’Ile-de-France) de 1994 identifiait le pôle de
Roissy comme l’un des 5 « centres d’envergure européenne » de la région capitale, avec
la vocation à y recevoir, l’aéroport CDG aidant, des entreprises « travaillant à l’international ». Le projet d’extension de « Paris
Nord 3 » était donc dans les tiroirs au moins
depuis cette date. Appelée ZAI (Zone d’activités internationales) en 1998 lors de la signature d’un premier protocole entre
Tremblay-en-France, Villepinte, ADP, la CCIP

et l’AFTRP, la ZAC « Sud Charles-de-Gaulle »
est désormais définitivement sur les rails.
La concertation préalable à la création de la
ZAC a été lancée en novembre 2007 pour se
terminer fin février 2008. Sur le site d’information créé spécialement pour cette concertation (www.zacsudcdg-concertation.com ),
particulièrement bien fait et documenté, on
y a appris que la nouvelle zone d’activité
s’étendra au total sur 169 hectares a dont 71
accueilleront une partie de l’extension du
Parc d’exposition de Villepinte (avec une Cité
de l’Exposition et de la Communication) et
98 hectares un nouveau parc d’activités international. A l’issue de la concertation, le
bilan en sera fait et s’en suivra alors un dossier de création qui précisera les grandes

orientations, la prévision des constructions,
l’étude d’impact etc. Puis une fois la ZAC créée
(au printemps de cette année), l’AFTRP, aménageur, élaborera un dossier de réalisation
dans lequel seront définis le projet urbain, les
équipements publics à réaliser, les constructions, les modalités de financement dans le
temps. Ce dossier sera ensuite envoyé au préfet
de Seine-Saint-Denis, qui demandera son avis
à la commune de Tremblay. Puis le représentant de l’Etat prendra un arrêté approuvant le
programme des équipements publics. Le temps
que la ville modifie en conséquence son PLU
(Plan Local d’Urbanisme), au printemps 2009,
tout sera fin prêt pour les constructions.
Un beau parc en perspective, idéalement situé.

On peut bien situer le territoire de la ZAC Sud-Charles-de-Gaulle, excellemment situé.

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PORTRAIT

Gilles
préside
des polic
Ca fait quand
même plus de 20 ans
qu’il travaille sur
l’aéroport CDG.
Et, très
franchement,
j’ai fait sa
connaissance
depuis peu.
Je ne sais pas
pourquoi, j’ai tout
de suite pensé à
faire un jour son
portrait dans
Bénéfice.net…

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Gilles, devant chez nous, à
Epiais-lès-Louvres

C’est une histoire d’Internet… Comme notre
newsletter RoissyMail est de plus en plus
connue, nous avons de plus en plus de contacts
par mail : des inscriptions, mais aussi des commentaires, des coups de cœur (ou de gueule) de
nos lecteurs, de plus en plus nombreux. C’est
ainsi que nous avons été destinataires, il y a un
peu plus d’un an, de mails faisant la promotion
des bonnes affaires de l’Amicale des policiers de
Roissy, que nous connaissions de nom. Voyages,
foies gras, vins fins, etc. Et que j’ai vu apparaître
le nom du signataire de ces mails : « Gilles
Baëza, l’heureux président de l’Amicale des policiers de Roissy »…Ca m’a fait sourire et je

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PORTRAIT

es Baëza : l’« heureux
dent » de l’Amicale
iciers de Roissy
m’étais dit que quelqu’un qui se
présente comme ça ne devait
laisser personne indifférent.
Du coup on a sympathisé par
mail et j’ai reçu un autre jour
(c’était au début de la campagne des présidentielles) un
mail de sa boîte perso, un mot
du genre : « préparez-vous au
grand moment… ». Piqué, j’ai
donc répondu audit, voulant
en savoir plus. Gilles me répond laconiquement, toujours
aussi mystérieux. J’insiste, un
brin provocateur : « c’est parce
que vous êtes flic, que vous
entretenez le secret ? ». Et je
finis par comprendre qu’il
s’agit du premier grand meeting de François Bayrou. Moi
qui avais déjà fait mon choix
pour l’élection en faveur du
leader centriste, gagné par son
discours dépassant les vieux
clivages droite-gauche (que N.
Sarkozy a repris, au passage),
j’étais aussi surpris que ravi…
Et de confier, carrément, à
mon mystérieux interlocuteur :
« vous votez Bayrou ? Moi
aussi ! ». Ca a créé des liens.
Du coup, je décide d’aller au
meeting de Bayrou, au Zénith,
mais nous sommes arrivés en
retard (avec mon bon cousin,
de passage), comme vous
pourrez le revoir dans RoissyMail n°222 du 22 mars 2007.

Puis j’ai appris à mieux connaître Gilles. C’est un homme attachant, beaucoup plus timide
qu’il n’en a l’air. Ce fils de
Pieds-noirs, issu d’une famille
qui avait fait souche en Algérie
depuis le début du 20ème siècle,
est né, lui, en France, en 1963.
Son père, qui vit toujours,
avait été policier dans la région d’Alger. J’ai une sympathie pour les Pieds-noirs, car
leur histoire fut tragique, trop
caricaturale vue d’un certain
milieu, et la nostalgie est
grande parmi eux. J’ai présenté, l’autre fois, Gilles à
Alain Vidal, un des Pieds-noirs
célèbres de Roissy, au Club de
Cigares. J’étais sûr de mon
coup. Les v’la partis en discussion. Gilles appelle son père au
téléphone, le passe à Vidal…Et
ça a duré… Souvenirs, amis
communs, émotions…
Après la guerre d’Algérie, Baëza
père est affecté dans le Puyde-Dôme. Changement radical
de décor. Pas tellement, me
précise Gilles : il neige sur les
hauteurs de l’Atlas Tellien et il
fait très chaud sur le Massif
Central en Eté. C’est dans une
petite ville du département des
volcans que le jeune Gilles découvre la société et ses regards. « J’étais pris pour un
Arabe, alors que je ne l’étais

pas. Les gens ne comprenaient
pas tout… », me raconte
Gilles, plongé dans ses souvenirs. « C’est sûrement de là que
vient ma volonté de combattre
l’injustice. Arabes ou Piedsnoirs, on était « les autres »,
différent. Cette différence nous
rapprochaient, en fait ».
Ses études terminées, il veut
s’engager dans l’Armée. « Je
voulais voir ce qu’était la
guerre », me confie-t-il, d’un
air grave. Il avait fait une PMS
(préparation militaire supérieure), mais un accident au
cours de celle-ci l’empêche de
faire les EOR (Ecoles d’officier
de réserve). Qu’à cela ne
tienne, il se porte volontaire
pour un service long (16 mois
au lieu de 12), qu’il fera en totalité au fameux camp du Val
d’Ahon, dans le Doubs (surnommé « la petite Sibérie »)
tellement il fait froid. Il y fait
le PEG, puis le peloton de
sous-officier. Il veut partir en
mission au Liban, mais le sinistre attentat contre l’armée
française au poste du « Drakkar
» l’en empêchera. Il quitte finalement l’Armée sans regrets.
Et il glissera vers la police, où
l’expérience paternelle l’aidera
assurément. En 1984, il réussit
le concours de gardien de la
paix. Il fera 8 mois de forma-

tion à Fosses-sur-Mer en 1985,
et en 1986 le voici affecté,
comme il l’avait demandé
(c’était encore possible à
l’époque, me précise-t-il) à
Roissy, à la Police de l’Air et
des Frontières, comme elle
s’appelait alors (maintenant
c’est la Police Aux Frontières).
Pendant un mois, il fait le travail de base des policiers de la
PAF : contrôler les passeports
dans ce qui est devenu la plus
importante frontière française.
Il est affecté ensuite au Commissariat de la PAF, « police
générale ». En 1987, il suit une
formation d’artificier à Orly,
pendant 8 semaines, mais il
sera finalement affecté en octobre 90 à la première BAC
(Brigade Anti Criminalité) où il
effectue, avec un collègue, en
civil, des missions de recherche
de flagrants délits, arpentant,
de nuit comme de jour, les
zones de CDG où les vols augmentent avec le développement du fret. Jusqu’à la guerre
du Golfe, et jusqu’au 15 janvier
91, où se met en place l’organisation du fameux plan Vigipirate. « Ce moment a été une
étape forte », se rappelle
Gilles. On a vécu trois mois
très durs, tant sur le plan physique que moral. Incomparable
avec l’après 11 septembre
2001, du moins l’ai-je ressenti

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PORTRAIT

comme ça. Le trafic a chuté,
la moindre valise isolée pouvait créer un vent de panique
parmi les passagers. On
n’avait pas l’habitude. Personne ne l’avait. Nous étions
tous inquiets ». Retour au travail de commissariat, puis en
1993, il passe l’examen pour
devenir brigadier.

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Mais Gilles a déjà
une autre casquette.
Comme son père l’a
été, c’est un syndicaliste et un mutualiste. Il était déjà
délégué du SNPT
(Syndicat national
de la police en
tenue), affilié à la
FASP (Fédération Autonome des Syndicats
de
Police,
aujourd’hui UNSA Police), délégué de la
MGP (Mutuelle Générale de la Police). Le
voici, en 1994, entièrement « détaché
syndical ». Il faut savoir, pour les non
initiés, que les syndicats policiers ont un rôle
très important, au point qu’on
parle d’une « bonne intelligence » entre administration
et syndicats. En plus, le taux
de syndicalisation est fort
chez les policiers (3 sur 4 environ) : c’est dû, m’explique
Gilles, aux risques du métier
et au besoin, sûrement plus
fort que dans d’autres métiers
de fonctionnaires, d’être protégé. Gilles fut un moment secrétaire départemental adjoint
de son syndicat, alors que son
collègue Claude Crombet (que,
le monde est petit, nous
avions interviewé dans le numéro 2 de Bénéfice.net, il
était alors président des œuvres sociales de la PAF, ancêtre de l’Amicale), était
secrétaire départemental.

Gilles est aussi, à cette
époque, représentant du personnel (des brigadiers) à la
CAPI (Commission paritaire
interdépartementale) au SGAP
(Secrétariat Général pour l’Administration de la Police) qui
est à Versailles et s’occupe des
carrières, des locaux et du matériel des policiers de la
grande couronne. Et, égale-

sommes fonctionnaires, nous
n’avons pas de Comité d’entreprise, et les avantages qui
vont avec pour les salariés ».
Il y a bien une amicale existante, mais elle était en sommeil… Alors Gilles va créer,
avec des amis, ce qui est devenu aujourd’hui l’Amicale des
Policiers de Roissy, qui a pris
de l’envergure : 400 000 euros

Gilles et ses collègues, membre du Bureau de l’Amicale
des Policiers de Roissy.

ment, au CTP (Comité Technique Paritaire)départemental
qui s’occupe, lui, des conditions de travail collectives.
« C’est un travail très enrichissant, très intéressant : il s’agit
de défendre les dossiers des
collègues, leurs conditions,
m’explique Gilles. Mais il y a
l’envers du décor : on est bien
placé pour voir les difficultés
de certains services et… le
« blues du policier ».
Il siègera à la CAPI jusqu’en
2001. En 1999, il avait intégré
le service social de la PAF
(B.A.S : bureau d’action sociale), ce qui sied bien à sa
fibre, car il y est toujours. «
Mais en 2002, je vois bien que
l’action sociale du ministère
est bien faible. Comme nous

de « chiffre d’affaires » (en
fait de mouvements financiers :
achat/vente, car l’association
ne fait pas de bénéfices).
Si l’Amicale ne compte « que »
200 adhérents (sur un effectif
total de la PAF de Roissy de
1800 policiers, ce qui n’est
pas rien), « on a voulu que
tous les collègues, membres
ou non de l’association, puissent bénéficier des actions
que nous menons ». C’est normal, m’explique Gilles en
m’apprenant que les ressources propres de l’Amicale
proviennent en grande partie
(hormis les cotisations de
chaque membre) des rétrocessions des distributeurs de
boissons installés dans les différents locaux de la PAF. Par

contre, et c’est normal aussi, certaines prestations qui bénéficient
de remises plus importantes
(jusqu’à 100 euros par exemple
pour des séjours de vacances) seront réservées aux seuls membres :
il s’agit aussi d’encourager
l’adhésion à l’Amicale. Mais, et
c’est moins connu, un grand
nombre de prestations sont aussi
ouvertes aux « extérieurs »,
comme on peut le voir
sur le site de l’Amicale :
www.apr95.asso.fr (voir
encadré).
En fait, l’action de l’Amicale (gérée au sein du Bureau d’Action sociale) va
bien au-delà des seuls tarifs sur les vacances ou sur
les chocolats de fin d’année. En discutant avec
Gilles, on sent bien que lui
et son équipe sont indispensables à la vie globale
de la PAF. Je me risque à
lui demander : « vous
faites du lobbying social
à la PAF? ». Gilles n’hésite pas : « oui, et je n’ai
pas honte de le dire. Et
les Directeurs successifs
l’ont bien compris, en appuyant
toujours notre démarche. Vos
lecteurs doivent le savoir : le
travail des policiers en général,
et ceux de notre PAF en particulier, est un travail difficile (et
dangereux, on l’oublie trop souvent), parfois ingrat, toujours
stressant mais aussi enthousiasmant, car nous avons en charge
la sécurité et la sûreté des citoyens. A notre niveau, avec les
actions sociales que nous menons, nous voulons participer au
bien-être de nos collègues, et
donc à la réussite de la mission
de la police nationale ».
On est bien d’accord avec lui.
« Heureux » président de l’Amicale, notre Gilles… Mais « astucieux » président aussi. Le
patron de la PAF, le (la ?)

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PORTRAIT

Contrôleur général Nadine Joly
est présidente d’honneur de
l‘Amicale et l’ancien patron,
Jean-Yves Taupin, aujourd’hui
patron de la PAF nationale (celui
qui appelait Gilles « l’agitateur
social »), qui avait autorisé et
encouragé sa création en est devenu président honoraire…
Je suis passé, du coup, quelques
fois, au local de l’Amicale, où il
règne une bonne ambiance, (surtout lorsqu’il faut goûter les meilleurs vins ou les chocolats qu’il
faut commander…). Je sais l’importance psychologique de ces
lieux, dans d’autres administrations, ou dans les entreprises. J’y
ai rencontré ses collègues du
Conseil d’Administration (les voir

sur la photo) et constaté avec satisfaction que la plupart sont des
lecteurs assidus de Bénéfice.net.
Ca se sent, Gilles est avec ses
collègues comme un poisson
dans l’eau. Mais aussi dans la
vie de tous les jours. C’est un
passionné, un bénévole, un
militant, au sens noble de ces
termes qui sont parfois, de nos
jours, galvaudés. Il faut aimer
les gens pour être comme ça.
Il est membre de plusieurs associations, comme la crèche
des « Ptits Avions » de Chennevières-lès-Louvres où il est
trésorier, le Comité Habitat de
CDG (« toujours utile pour le
logement des collègues »),
mais aussi « Pays de Roissy

CDG », les parents d’élèves du
cours Bautin, à Juilly, que fréquente sa fille, et j’en oublie.
Et la politique ! Son engagement au service des autres
n’est pas seulement corporatiste ou « local ». Il est
conseiller municipal de Thieux,
petite commune de Seine-etMarne proche de l’aéroport, où
il résidait. Mais comme il habite désormais à Mitry-Mory, il
s’intéresse (de près) à la vie de
sa nouvelle commune et aux
prochaines élections municipales. «Je me suis toujours intéressé à la politique »,
m’a-t-il confié (voici un langage qui me plaît…), j‘ai une
sensibilité humaine ou une
fibre sociale plutôt développée

mais je sais comment fonctionne le monde, alors pragmatisme ou pas, je me sens
totalement à l’aise au centre ».
Membre de l’UDF, il a mouillé
son polo orange en faisant une
campagne de terrain en faveur
de François Bayrou (dont il est
persuadé qu’il a « rendez-vous
avec l’Histoire ») et il a remis
ça, enthousiaste, aux législatives. Et il était à Villepinte, en
novembre, pour le congrès fondateur du Modem, toujours
avec le même enthousiasme, la
même cohérence…
Gilles ? Heureux citoyen français du XXIème siècle !
EV

Vous en saurez plus sur l’Amicale des Policiers en visitant leur site www.apr95.asso.fr , qui met en ligne les bonnes affaires : grand choix
de vins fins, foie gras, bonbons, etc. Mais aussi les promos sur les vacances, les parcs de loisir.

La Ville de Claye-Souilly s’engage
en faveur de l’environnement
« Faire primer le végétal sur le béton », tel est le credo de
la politique de développement menée à Claye-Souilly,
commune qui a adopté un Plan d’Environnement
Collectivité (PEC) afin de donner un cadre à son action.

De plus, la municipalité travaille à la création d’une Zone
d’Aménagement Concerté, où le label HQE sera omniprésent. A noter
qu’en 2008 une nouvelle école maternelle sera construite à Bois Fleuri ;
cette dernière intégrant également des cibles HQE. Enfin, le salon
de l’environnement Terre de Brie qui sera organisé en juin 2008
permettra de poursuivre les actions d’information engagées auprès
de la population.

www.claye-souilly.fr

La ville de Claye-Souilly mise sur l’exemplarité, comme c’est le cas
avec son premier équipement communal (Centre de Loisirs – Salle
polyvalente) en Haute Qualité Environnementale qui permet de
sensibiliser au mieux la population, et tout particulièrement les
enfants. Symbole de l’enracinement de la ville dans le développement
durable, le Recycl’Arbre, sculpture de 9 mètres de hauteur réalisée
avec 70 000 canettes en alu et 7000 bouteilles en plastique, trône
désormais devant le Centre de loisirs.

Mairie de Claye-Souilly - Allée André-Benoist - 77410 CLAYE-SOUILLY
Tél. : 01 60 26 92 00 - Fax : 01 60 26 30 06 - contact@mairie-claye-souilly.fr

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LES ENTREPRISES DU PÔLE

Informat
de faire ap

Jean-Marie, un des techniciens de
Paradisia, à la tâche.

Comment gérer au mieux son inform
bonheur, à VPP, avec Manu et l’équi
Manu en pose,
pour l’article.

Paradisia
25, avenue Louis-de-Broglie
95500 Le Thillay
www.paradisia.fr
Vous pourrez les retrouver pratiquement sur chaque « RoissyMail »

Allez, commençons par des
lieux (pas si) communs (que
ça). Pour les entreprises, de
toutes tailles (et pour les particuliers aussi, dans une autre
mesure), les « NTIC », les
nouvelles techniques d’information et de communication,
sont devenues un élément
vital de leur activité. Informatique, internet, téléphonie
mobile et les « convergences » de toutes sortes
(voyez l’i-phone et autres, les
GPS…), la mise en œuvre de
tout ça, sa compréhension,
sinon sa maîtrise, les nouveautés ont de quoi donner le
tournis aux plus malins d’entre nous.
Notre entreprise VPP a beau
s’être servie depuis le début
(voici 11 ans), des ces nouvelles
(et merveilleuses) technologies,
la rapidité presque diabolique
des innovations en ce domaine
est telle que nous avons du mal
à tout suivre, si on veut être
honnête.

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L’informatique est la pièce
maîtresse de tous ces dispositifs. Mais plus moyen de «
tourner » touts seuls sur ces
points, ou avec l’aide de « copains », ou celle de « professionnels » auto-proclamés. Il
faut nécessairement de l’expertise, des conseils, du vrai
professionnalisme.

Nous avons trouvé tout ça
chez Paradisia, une entreprise
créée voici 4 ans par Emmanuel Vigier (« Manu » pour les
intimes), dont le siège est à
Le Thillay (95). Même si tout
reste compliqué, quand on
veut bien faire les choses, Paradisia nous a donné toute satisfaction, ce qui lui vaut cet
article louangeur, que nous
voulions faire, Manu vous le
confirmera, depuis longtemps.

« Revendeur
informatique » ?
Quand on lui pose la question
du métier de Paradisia, Manu
répond sans hésiter « revendeur
informatique ». Personnellement je trouve la formule un
peu réductrice mais voici ses
explications : « notre premier
rôle consiste à vendre à nos
clients le matériel dont ils ont
besoin, ainsi que les accessoires
et les consommables qui vont
avec. Et, bien sûr, nous en assurons au besoin la maintenance, mais nous ne sommes
pas, à proprement parler une
SSII (société de service en ingénierie informatique).
La nuance est subtile pour des
non spécialistes, mais on comprend. Peu importe le vocabu-

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LES ENTREPRISES DU PÔLE

atique : de la nécessité
appel à des « pros ».
nformatique ? Pas évident. Mais crucial… Nous avons trouvé notre
équipe de Paradisia.
laire, voici comment ils fonctionnent, avec nous et avec de nombreux autres clients. Ceux-ci
(comme nous), « veulent de plus en
plus de fonctionnalité et de tranquillité », explique Manu. « Les
clients ne se posent plus vraiment
la question de savoir ce qu’il y a à
l’intérieur d’un ordinateur. Au vu de
leurs besoins, c’est à nous de comprendre et de calibrer le matériel
nécessaire ».
L’exemple de la maintenance est
révélateur. « Dans 99% des cas, explique manu, c’est le constructeur
qui assure la maintenance dans le
cadre de la garantie. Or appeler la
maintenance d’un constructeur est
compliqué. C’est là que nous intervenons ».
Paradisia vend (ou loue) tout ce qui
est nécessaire pour travailler : serveurs, PC, imprimantes, mais aussi
des routeurs, comme le fameux
Zyxel, pour les mises en réseau.
Après le choix des matériels vient
le temps de la configuration, toujours adaptée aux besoins du client.
Toutes les marques sont vendues,
même si certaines ont la préférence
de l’entreprise (comme le MSI M662
sur lequel j’écris cet article). « Notre
force est notre bonne connaissance
du rapport qualité/prix, ajouté à la
qualité de notre maintenance, et
notre réactivité ».
Nous pouvons en témoigner. Depuis que nous travaillons avec Paradisia, nous avons dû renouveler

en bonne partie notre petit parc
informatique, notre système d’impression, ainsi que nos logiciels, les
procédures de sauvegarde... A
chaque achat, les choses se sont
bien passées : prix corrects, configuration et surtout, après, aide et
conseils.

Magie de la
maintenance
à distance
C’est que, indépendamment de la
qualité du matériel, il y a toujours
des nouveautés, des nouveaux logiciels, des mises à jour, des compatibilités qu’il faut prendre en
compte (on a vu ça avec Vista).
Chercher la bonne solution à tel ou
tel problème, surtout dans un environnement où s’enchevêtrent (ou
se superposent) fonctionnalités et
applications, nous prendrait un
temps fou, même en admettant que
notre « culture informatique » soit
bonne, ce qui n’est pas vraiment le
cas. Et c’est là où l’intervention de
l’équipe de Paradisia (ils sont 5 en
tout) est formidable et rassurante.
Dès qu’on a problème quelconque,
on appelle la hotline. Et, grâce à un
logiciel spécial, on peut « donner la
main » à leur technicien, qui intervient directement sur nos PC, à distance (on reprend la main après et

ils ne peuvent intervenir qu’avec
notre accord). On peut suivre
ainsi ce qu’il fait pour chercher la
solution au problème, en
quelques minutes. Au besoin, si
le problème est plus sérieux, le
technicien, suivant l’urgence
(c’est toujours urgent chez nous),
vient sur place, mais c’est rare.

doit avoir envers « son informaticien ». Je dirais que c’est comparable aux relations de confiance
qu’on peut avoir (ou pas) avec son
garagiste, son banquier, son médecin, voire son expert-comptable...
Mais attention : le niveau du service doit être, selon moi, proportionnel à celui de la confiance.

« C’est l’avantage de la proximité »,
dit Manu en souriant. « Mais aujourd’hui, la proximité se fait aussi
sur les longues distances. Nous
avons des clients à Paris, mais aussi
à Marseille, par exemple. Pour certaines filiales de sociétés dont nous
avons fourni et installé le matériel
et dont assurons la maintenance,
pour vous dire, les utilisateurs ne
s’occupent de rien et bien souvent,
nous sommes en fait les seuls à savoir où sont situés leurs serveurs
dans l’entreprise ».

Là-dessus, depuis bientôt 4 ans,
rien à dire, sinon des compliments, à l’équipe de Paradisia. Ils
nous ont fait gagner beaucoup de
temps, et donc beaucoup d’argent. En plus, ils agissent comme
des personnes « ressources ».
Leur connaissance globale du
monde de l’informatique, tant en
« hard » qu’en « soft », leur permet de nous orienter sur d’autres
intervenants (développeurs, par
exemple) dont on peut avoir besoin.

Question tarifs, il est difficile de
donner des chiffres, car, explique
Manu, chaque utilisateur a des besoins particuliers. Ceux de notre
société VPP (3 PC, 1 Mac en réseaux, des imprimantes…) différent par exemple de leur client GEH
(Groupe Europe Handling) qui
compte 17 serveurs et 150
postes…. En général, les contrats
incluent la hotline et la prise en
main à distance illimitée, plus
« 20h physiques max », par an.

On vous les recommande donc,
tranquillement. Mais laissons à
Manu le mot de la fin : « l’informatique est devenu le compagnon quotidien de chacun, à tous
les niveaux, de la secrétaire au
patron, en passant par les cadres.
Notre tâche est d’expliquer à tous
la façon de progresser dans les
différents univers qui les concernent, afin qu’ils soient de plus en
plus autonomes, et que nous intervenions de moins en moins.
C’est du « gagnant-gagnant ».

Mais ce qui est le plus important, à
mes yeux, c’est la confiance qu’on

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Interview : Claude C
Pullman Roissy Char

« J’ai vrai
l’ imp
ouvert

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Claude Chevauché : un grand professionnel

Depuis décembre 2007,
l’hôtel Sofitel de Roissy
CDG a changé
d’enseigne. Il est
devenu Pullman,
nouveau réseau
d’hôtels haut de
gamme 4* du groupe
Accor, dédié aux
voyageurs d’affaires.
Nous avons bien suivi
ce changement
important pour l’hôtel
le plus ancien de la
plate-forme
aéroportuaire
(il a ouvert en 1974).
Claude Chevauché,
qui en est le Directeur
Général, nous dit tout.

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e Chevauché, directeur général de l’hôtel
harles de Gaulle Airport :

aiment
mpression d’avoir
rt un nouvel hôtel »
Bénéfice.net : M. Chevauché,
nos lecteurs ne manqueront
pas de voir dans ce numéro de
Bénéfice.net les différents visuels pour Pullman. Pourquoi
une telle communication ?
Claude Chevauché : Parce que
nous avons voulu, au travers de
ces visuels, montrer toutes les
nouvelles facettes des prestations de Pullman. Entre autres
mettre en valeur nos nouvelles
offres, entièrement repensées, en
matière d’accueil, d’organisation
des rencontres d’affaires, de restauration. Par ailleurs, il est incontestable que Bénéfice.net
correspond à nos attentes, en
matière de communication avec
notre clientèle et les différents
acteurs du pôle de Roissy.
Alors justement, pourquoi ce
changement et que sont ces
innovations proposées par
Pullman ?
C.C : Le projet Pullman est issu

d’une réflexion du groupe qui
a duré plus d’un an. Nous
avons constaté que certains
hôtels Sofitel ou hôtels Mercure étaient en fait des hôtels
à haut volume « individuels affaires » et « groupes affaires »,
comme nous les appelons. Par
« groupes affaires », on entend
les « séminaires résidentiels »,
qui vont jusqu’à 80, 120 personnes, et les « Conventions »
au-delà. Le Sofitel Paris
Charles de Gaulle Airport, mais
aussi le Sofitel Paris Porte de
Sèvres, celui de Paris Bercy ou
le Paris La Défense Grande
Arche étaient nettement dans
ce cas. Or, cette clientèle a des
attentes bien spécifiques liées
à la motivation de leur séjour.
Bien sûr, tous nos clients recherchent le confort et le service, mais la clientèle d’affaires
a de plus en plus des besoins
propres, recherche de plus en
plus des prestations adaptées,
pensées et visibles. Par exemple la connectivité à Internet

doit être facile et irréprochable, de façon à pouvoir être en
permanence rapproché de son
bureau ou de son domicile. On
doit pouvoir avoir tout, y compris des webcams dans les
chambres, sur demande !
BN : et donc, concrètement ?
C.C : concrètement, tout a été repensé en fonction de cette clientèle majoritaire. L’esprit Pullman
c’est la créativité, l’innovation et
l’autonomie, basées sur la convivialité, la sérénité et la connectivité. Les équipes Pullman sont en
permanence au contact du client,
dans une démarche d’échange et
d’animation, avec la notion « Get
Closer » ou autrement « plus
proche de vous ».
BN : oui, mais…
C.C : attendez ! Tout commence
par un poste nouveau : le « welcomer Pullman». Celui-ci (ou
celle-ci) accueille tout de suite le

client qui rentre à l’hôtel, il va
vers lui. Le welcomer Pullman
connaît toute la journée de l’hôtel : séminaires, VIP etc. Du
matin jusqu’au soir. C’est un peu
un « dispatcher » qui tout de
suite écoute, oriente, prend en
charge. Ensuite Pullman inaugure
une nouvelle approche dans l’organisation des conventions et séminaires, avec son offre
« Co-meeting ». Avec encore un
nouvel acteur nommé « Event
Manager ». C’est un poste clé.
Dès le contrat passé entre le service commercial de l’hôtel et le
client, l’Event prend le relais. Il
devient l’interlocuteur unique
pour l’organisation de l’évènement, en amont. Il va pouvoir
ainsi proposer des valeurs ajoutées, après contact avec le client,
pour la réussite de la réunion. Par
exemple pour l’animation de la
ou des soirées, mais aussi le nouveau concept Pullman : les
« Coach à la Carte » ou les
« Pauses Innovantes ». Celles-ci,
importantes comme on le sait

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Le restaurant du Pullman: entièrement rénové, chaleureux. On aime. Vous pourrez consulter la carte tous les jours sur roissymail.com

dans ce type de journées d’études,
peuvent être par exemple des
pauses à thèmes, ludiques ou gustatives : en été un parcours santé
dans notre parc ou aller en cuisine
faire un gâteau, apprendre une recette… l’Event Manager propose,
suit, organise, en liaison avec l’IT
Solutions Manager…
BN : « IT Solutions Manager » :
quid ?
C.C : j’y arrive. Peu de réunions
se déroulent maintenant sans un
matériel
sophistiqué,
des
connexions diverses et multiples :
l’IT Solutions Manager est un
technicien expert, il est là pour
préparer le matériel et veiller à
toute demande en cours de réunion, qu’elle vienne de l’Event manager ou des clients directement.

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Mais ce n’est pas tout. Pullman a
créé le « Chill Out Space », un
salon « détente » sur l’espace
même de la réunion. L’idée est de
disposer d’un endroit moins « officiel » que la salle de conférence
pour que les participants puissent continuer leurs discussions
dans la détente : canapés confortables, bar à eau, café, etc. Toujours à disposition.

BN : les autres changements ?
Le lobby, son mobilier s’est
transformé, on le voit nettement en entrant…
C.C : la mise en place du welcomer
Pullman a tout changé, tout a été
remis en question. La conciergerie
a pris place au point d’information, et deux desks d’accueil distincts ont été créés pour répondre
aux besoins des différents types de
clients : groupes, individuels. Le
restaurant, lui aussi, a complètement changé, dans un concept
Pullman également…
BN : on garde le meilleur pour
la fin (ou la faim…). Alors ce
nouveau restaurant ?
C.C : Je sais que vous le connaissez déjà, et que vous l’avez apprécié, ce qui nous ravit. Comme
vous avez pu le voir, le changement est complet : mobilier complètement
différent,
plus
chaleureux, meilleure disposition
des tables. Dont, comme vous
l’avez déjà appréciée, la fameuse
« table d’hôtes », en hauteur, qui
permet de manger avec d’autres,
d’échanger. Et ça plait ! Mais le
nouveau concept, élaboré ici,
avec l’ensemble du personnel,

c’est le spectacle autour de la
nouvelle carte : le boulanger qui
vous fait choisir votre pain qui
sera servi chaud si vous le souhaitez, le boucher avec son chariot de viande, la cuisine active,
spectacle grâce à la magie du
« Wok »… C’est magnifique et
nos clients nous le disent. Et les
résultats sont déjà là.
BN : Ca fait des changements
énormes tout ça ? Pour tous, et
pour vous, personnellement ?
C.C : Je suis ici depuis 14 ans. J’ai
vraiment l’impression d’avoir ouvert un nouvel hôtel. C’est un
concept fort, enthousiasmant,
proche comme jamais du client.
12 hôtels sont devenus Pullman,
dont 8 en France, et 50 le seront
d’ici la fin 2008 dans le monde
(300 en 2015). Pour l’hôtelierrestaurateur que je suis, d’âme et
de tradition, j’en éprouve une
grande satisfaction personnelle.
Et l’ensemble de l’équipe s’est fortement impliqué dans cette nouvelle étape. Ce concept Pullman
met en valeur les hommes et les
femmes qui y travaillent en renforçant leur rôle au service du
client. C’est du bonheur pour cet
hôtel de 30 ans qui, comme vous

le savez bien, M. Veillon, est un
peu l’âme et la mémoire de notre
grande aventure aéroportuaire.
Propos recueillis par E.V

Pullman et le
groupe ACCOR sur
le pôle de Roissy
Le groupe français ACCOR, fondé
par Gérard Pélisson et Paul Dubrule, un des leaders mondiaux
de l’hôtellerie est particulièrement présent sur le pôle de
Roissy. Outre notre Pullman donc,
on trouve sur CDG un Novotel et
un Ibis (à Roissypôle). A Roissyen-France et Paris Nord 2 le Mercure Roissy, un autre Novotel,
deux Suite Hôtel, un Formule 1,
deux Ibis. Mais le groupe est présent aussi à Aulnay (Novotel),
Gonesse (Ibis), Saint-Witz (Mercure), Le Blanc-Mesnil (Novotel)…
Accor, c’est 4 000 hôtels, 500 000
chambres dans 100 pays. Vous en
saurez plus sur :
www.accor.com/fr/groupe/accueil.asp et sur :
www.pullmanhotels.com

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Service à t
réactions
Les réactions à l’article critiquant le mauvais service (global) dans nos restaurants
ont été nombreuses. Beaucoup de réactions orales et discrètes qui nous ont donné
raison. Mais que l’on se rassure, si l’on peut dire, ce n’est pas une spécialité du pôle
de Roissy. J’ai passé une semaine itinérante, en octobre, de Paris à la Lorraine en
passant par les Châteaux de la Loire, histoire de montrer la France profonde à mon
amie Bignon, revenue pour la deuxième fois dans notre pays. On a mangé midi et
soir dans des restaurants, y compris dans les « bonnes auberges » de province. Et
bien à part une exception notable (le Relais des Lacs, à Planchez, en plein Morvan,
près de Château-Chinon : incroyable bonne surprise en, accueil, service et excellente
cuisine), c’était partout la cata : nourriture préfabriquée, service et accueil déplorables, prix fantaisistes… Le problème est national.
Ci-dessous des réactions écrites. Dont la première, emailée par un lecteur québécois de passage à Roissy et qui avait lu Bénéfice.net au mercure de Roissy où il était descendu avec
son épouse, éloquente. Celle, très intéressante, de M. Marchand, le directeur du Novotel
Roissy Terminal qui montre que les choses ne sont pas simples. Et celle de l’IMA de Villiers-le-Bel. J’ai bien sûr répondu à tous. La table ronde ne s’est pas tenue, et ce n’est pas
vraiment à moi de l’organiser, mis plutôt aux professionnels, qu’ils soient serveurs, « patrons » ou formateurs. La contribution de Philippe Marchand est aussi étonnante lorsqu’il
écrit que RoissyMail ou Bénéfice.net sont « craints » et qu’ils peuvent « faire ou défaire
des réputations ». A aucun moment nous ne cherchons à nuire à quiconque, surtout pas
aux hôteliers restaurateurs, dont nous admirons profondément le métier. Lorsque nous
avons des critiques négatives à faire, nous ne citons jamais l’établissement. Mais nous ne
nous gênons pas, c’est vrai de dire du bien de certains, qui le méritent (au passage, le Bouchon Gourmand de Tremblay est toujours aussi bon). Il fallait donc, visiblement, le préciser.
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Bignon devant le célèbre établissement du regretté Bernard Loiseau, à Saulieu : on a admiré la carte…

De Paul Ducharme (Sherbrooke, Québec Canada)
Bonjour M. Veillon,
J'ai bien apprécié votre article dans la revue BENEFICE, N° 25, de septembre-octobre. Mon
épouse et moi avons visité la France durant tout le mois de septembre. Magnifique pays que
le vôtre. Nous avons fait un magnifique voyage. La veille de notre départ, je suis tombé sur
votre article par hasard et je n'ai pu m'empêcher de le lire en entier à mon épouse tellement
vous exprimez ce que nous avons vécu dans la très grande majorité des restaurants où nous
avons mangé. Tout ce que vous relatez, exactement tout, nous l'avons vécu. Pour des touristes, c'est très désagréable. On ne prend plus le temps d'écouter le client, les serveurs quittent la table, alors que la conversation n'est pas terminée. Ils sont toujours pressés... Là où
le service était le plus sympa, c'était dans les petits bistros où le service était fait sans
prétention et avec chaleur. En terminant, je suis d'accord avec votre suggestion, soit
de laisser le pourboire à la discrétion du client.
P.S. j'aimerais vous relire après votre "table ronde". Pourriez-vous me faire parvenir votre
article. Merci.

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à table :
s à l’article de BN 25
De Philippe Marchand, Directeur
du Novotel Roissy Terminal
Comme vous le savez, je viens de rejoindre la plateforme de Roissy et je
suis devenu un lecteur assidu et de
RoissyMail et de Bénéfice Net.
L'article sur la qualité du service dans
les Restaurant de Roissy a attiré
toute mon attention.
Je sais que je prends un risque en
vous donnant mon avis, c'est celui de
rompre l'adage qui consiste à penser
"pour vivre heureux, vivons caché".
Je sais aussi que votre média envoyé
à + de 6700 personnes par mail est
craint, aussi bien par les chefs d'entreprises, que les hommes politiques
et d'après votre attachement à parler
de la Restauration, par les hôteliersrestaurateurs aussi.
Je sais que vous pouvez contribuer, à
faire ou défaire des réputations et ce
ne sont ni Helmut, ni les commerçants
de Belleville qui me contrediront.
Cependant, j'aime bien donner mon
avis, et j'aime bien l'exprimer dans
les dossiers que je maîtrise et j'ai la
faiblesse de penser que c'est le cas au
niveau de la pratique du métier de
serveur.
Pour avoir été payé pendant 11 ans
au %, je ne peux pas laisser penser
que c'est la solution pour imaginer
avoir en retour un service attentif,
De Elise VILLIERME,
Directrice de l’Institut
des Métiers de
l’Artisanat

respectant les rythmes de chacun et
faisant preuve d'un professionnalisme à toute épreuve.
Comment être serein, lorsque vous
n'avez que le S.M.I.C. garanti !, que
la proportion que vous prélevez sur la
note du client reste de 15%, alors que
le S.M.I.C. augmente lui de 5% par an
(et je ne pense pas que ce soit anormal), donc que la somme à répartir
reste la même et le nombre de collaborateurs à rémunérer aussi. Non le
cœur du problème n'est pas là.
Essayez d'aller voir un loueur, un
banquier avec des Bulletins de Salaires irréguliers qui sur une base 100
(Le S.M.I.C donc) peuvent atteindre
parfois des sommets (200 %, 300%,
400%...) mais peuvent aussi plafonner. Vous demandez à votre interlocuteur de raisonner en salaire annuel,
vous attendez d'avoir fait 3 bons mois
pour monter vos dossiers et le 4ème
mois, cela peut être la chute vertigineuse. Aucune visibilité, aucune sécurité de rémunération, sauf si vous
êtes dans une usine à repas avec des
prix de ventes élevés rapportant une
masse à répartir au dessus de ces
considérations.
Ici la notion de Travailler plus pour
Gagner plus prend parfois tout son
sens. Quoique je ne puisse pas affirmer avoir été mieux pris en charge,
Bonjour,
Je viens par ce mail vous confirmer la
possibilité de réaliser à l'IMA la table
ronde que vous proposiez dans Bénéfice et que vous avez évoqué avec Sté-

accueilli, servi, accompagné durant
mon repas, et salué à mon départ
dans des établissements ou les serveurs (ses) étaient rémunérés au service.
Rappelez-vous, vos expériences estivales dans les "pièges à touristes" où
vous attendez gentiment qu'une table
se libère, tellement ils renouvellent
les tables et où les collaborateurs
"gagnent un max" et malgré tout
vous traitent souvent comme "des cochons de payants".
Non, la solution n'est pas dans le retour au %, je ne suis pas « patron »,
et j'ai donc mon libre-arbitre pour
l'exprimer.
Le respect doit rester une valeur fondamentale, pour mettre en confiance
les collaborateurs, l'écoute, l'intérêt,
le dialogue, la Formation sont fondateurs d'une harmonie qui permet de
transmettre de la sérénité et de l'implication vis à vis de nos clients.
L'attention "du Patron" qu'il soit propriétaire ou exploitant, permet aussi
de baliser les étapes d'un service de
qualité.
Cela ne nous empêche pas parfois,
d'être mauvais, car comme toute
prestation humaine il y a des facteurs qui ne peuvent pas être maîtrisés. Aucun restaurateur n'est à l’abri
d'une défaillance, mais qui l'est et
phane Bonnel, professeur en salle, lors
d'un entretien téléphonique.
Je pense que réunir une vingtaine de
restaurateurs pour échanger serait un
bon compromis pour un accueil agréa-

dans quel domaine ?
De plus, nos prestations sont immatérielles, j'ai bien - j'ai mal mangé,
j'ai payé une addition et que me reste
t-il en retour...un sentiment. Il est
normal donc, que l'on puisse à un
moment avoir envie de "pousser un
coup de gueule" sur la qualité du service en général et des recrutements
en particulier.
La fréquence des repas pris dans des
entreprises de restauration amène
peut-être aussi une augmentation de
l'exigence, toujours est-il que je comprends votre "perception de client" et
que je l'approuve, mais j'ai aussi
envie de défendre une certaine idée
du travail bien fait, qui passe par du
management et de l'humain.
Ce métier mérite que l'on respecte la
filière, que l'on maintienne un niveau
de collaborateurs en rapport avec une
profession dont le fondement n'est-il
pas le service, dans son sens le plus
noble du terme et non pas du point
de vue servile, et qui est basé sur le
plaisir, plaisir que l'on prend à servir
notre client et que l'on doit prendre à
partager ou non un bon repas, ou
sinon un bon moment.
Espérant ne pas avoir été trop long
et trop barbant. Je vous souhaite "un
bon appétit"
Cordialement.
ble dans nos locaux.
Nous restons à votre disposition
pour le choix de la date.
Avec mes meilleurs souhaits de réception.

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Dans un cadre campagnard, dans la belle commune d’Epiais-lès-Louvres,
à 5mn de l’Aéroport Charles-de-Gaulle, 10 mn du parc des Expositions,
10 mn du parc Astérix et 30 mn de DisneyLand Paris

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vous permettront de bien travailler, au calme,
à la lumière du jour.

I Pour vos mariages

et autres cérémonies familiales ou
soirées entre amis,
Notre cadre se prête très
volontiers aux mariages et
aux fêtes de famille, aux
soirées à thème, aux cocktails... Notre parc, la
piscine et sa terrasse
viendront compléter
votre joie d’être
ensemble.

* sauf le samedi midi
et le dimanche soir

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Contactez-nous au : 01

34 47 77 77

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