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Partie 1 : La création de richesses et la croissance économique

Sous partie 1 : Les finalités de la croissance

Chapitre 2 :

LE DEVELOPPEMENT DURABLE

(Synthèse rédigée)

Plan :

1- Les externalités négatives de la croissance économique

2- Le concept de développement durable

3- L’intégration politique du concept de développement durable en France 4- L’influence du développement durable sur les processus de décision des agents économiques

1- Les externalités négatives de la croissance économique

L’histoire nous montre que la croissance économique engendre sur longue période toute une série d’effets bénéfiques pour les agents économiques : enrichissement général, amélioration des indicateurs de développement, augmentation de l’efficacité productive, etc…

Il apparaît pourtant aujourd’hui évident que le modèle de croissance industrielle extensive qui a permis aux pays riches de se développer au cours du XX e siècle (et qui est aujourd’hui à la base du décollage de certains pays émergents comme la Chine et l’Inde) engendre des effets pervers. Ces effets sont considérés comme des externalités négatives, dans la mesure où il s’agit de situations dans lesquelles l’activité économique produit des effets néfastes pour certains agents, sans que ceux-ci soient impliqués dans l’action, ni dédommagés par l’auteur des effets.

On peut distinguer trois grands types d’impacts négatifs imputables à notre modèle de croissance :

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Pollution :

Pollution atmosphérique, pollution des sols, pollution des nappes phréatiques, pollution sonore, dégradation des milieux naturels pouvant conduire à une réduction de la biodiversité.

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Surexploitation de certaines ressources :

La surexploitation de certaines ressources, conduisant à leur épuisement rapide. Les ressources non renouvelables comme les énergies fossiles sont bien sûr particulièrement concernées, mais il faut noter que même les ressources apparemment renouvelables (forêts, eau potable) sont menacées, car leur rythme d’exploitation dépasse parfois leur rythme de renouvellement.

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Nouveaux risques sanitaires :

Certaines activités industrielles conduisent à mettre les hommes en contact avec des produits dont l’impact sanitaire est insuffisamment évalué. Si certains produits dangereux sont aujourd’hui identifiés (ex : amiante), d’autres n’ont pas fait l’objet d’études visant à évaluer précisément leur impact sur la santé humaine (ex : produits chimiques, appareils produisant des rayonnements électromagnétiques).

2- Le concept de développement durable

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Son émergence :

Le concept de développement durable apparaît comme une réaction face aux externalités précédemment évoquées. Il a progressivement émergé d’une prise de conscience collective dont on peut retenir les étapes suivantes :

1) Le rapport fondateur « Notre avenir à tous » (1987) :

La Commission des Nations Unies pour l’environnement et le développement, présidée alors par Madame Brundtland, publie en 1987 un rapport « notre avenir à tous » qui a défini pour la première fois le concept comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Ce consensus s’est matérialisé dans le cadre de grandes conférences internationales qui réunissent les hommes d’État, les spécialistes, et les grandes organisations écologiques et humanitaires.

2) Le premier sommet de la Terre (1992) :

En 1992, se tient le premier Sommet de la terre à Rio qui s’achève par l’adoption de quatre textes essentiels qui rythment encore aujourd’hui les sommets internationaux (Sommet de la terre, Forum mondial de l’eau, etc.) et fixent l’orientation des politiques en faveur du développement durable.

3) Le protocole de Kyoto (1997) :

Parmi eux, le protocole de Kyoto qui fixe pour la première fois des objectifs de réduction de rejet de gaz à effet de serre dans l’atmosphère afin de lutter contre le réchauffement climatique.

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Définition et piliers :

1) Définition :

La définition institutionnelle du développement durable la plus souvent reprise est la suivante :

Un développement qui s’efforce de répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs. (Rapport de Mme Brundtland, « Notre avenir à tous », 1987).

2) Piliers / objectifs :

Le développement durable cherche donc à concilier trois objectifs essentiels :

- croissance économique ;

- progrès social ;

- préservation de l‘environnement.

L’Union Européenne a repris à son compte ces objectifs, en adoptant une « stratégie pour le développement durable » s’appuyant sur 4 piliers :

- pilier environnemental : protection de la biodiversité, promotion des énergies renouvelables, …

- pilier économique : lutte contre la pauvreté, réduction des inégalités entre régions européennes, …

- Pilier social : promotion de la parité et du respect des droits fondamentaux, …

- pilier international : promotion de l’aide publique au développement, partenariats avec les PED (Pays en développement), commerce équitable (système d'échange visant à assurer des revenus décents aux paysans des pays en développement (PED) par des relations de solidarité directe avec les consommateurs du Nord)…. Concilier ces objectifs et prendre appui sur ces piliers implique la mise en œuvre d’une solidarité intergénérationnelle, régie par le principe de précaution, pour que le bien être d’une génération ne soit pas obtenu au détriment des suivantes. Il nécessite aussi de concilier les intérêts divergents des pays en développement et des pays développés.

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Indicateurs :

Pour évaluer les effets à long terme des comportements présents ainsi que les progrès accomplis ou à réaliser, un certain nombre d’indicateurs ont été développés.

1) L’empreinte écologique :

Méthode consistant à évaluer l’impact de l’activité humaine sur le milieu naturel en calculant la surface productive nécessaire à la satisfaction des besoins économiques de la population d’un territoire donné sur une période donnée.

2) L’indicateur de progrès durable :

Il corrige le niveau de PIB et de consommation en ajoutant ou en retranchant divers facteurs selon qu’ils contribuent au développement économique durable et au bien être social (bénévolat, travail domestique, …) ou non (destruction de ressources non renouvelables, progression des inégalités, accidents de la route, …).

3) Autres indicateurs :

De multiples indicateurs synthétiques ont été produits depuis une dizaine d’années : PIB vert, indices de bien-être durable, tableau de bord du développement durable, etc.

3- L’intégration politique du concept de développement durable en France

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Politique du développement durable en France :

Pour ce qui concerne la France, on peut constater une prise en compte progressive des objectifs du développement durable par les pouvoirs publics.

- En 2007 a été créé le premier ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire.

- Dans la foulée, un « Grenelle de l’environnement » a été organisé : il s’agissait de tables rondes organisées avec tous les acteurs économiques, qui ont débouché sur une série de projets compatibles avec les objectifs du développement durable. Parmi les mesures emblématiques adoptées à la suite du Grenelle de l’environnement, on peut citer la taxation des véhicules polluants ou l’engagement à porter la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie totale à 20% à l’horizon 2020. Remarque : A l’échelle d’une collectivité territoriale, mise en place d’un « agenda 21 » (Exple :

Bourg en Bresse)

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Instruments de la politique du développement durable en France :

Les instruments à la disposition des autorités pour promouvoir le développement durable peuvent être classés selon le degré de contrainte exercée : on distingue les outils basés sur la contrainte réglementaire, et les instruments basés sur l’incitation (fiscale ou économique).

1) Les instruments réglementaires :

Etiquetage obligatoire pour certains produits polluants, normes d’émission de produits polluants pour certaines industries, obligation de recyclage des produits industriels…

2) Les instruments incitatifs

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En ce qui concerne les instruments incitatifs, la fiscalité occupe une grande place : il s’agit d’inciter les agents, par le biais de taxes ou de crédits d’impôts, à orienter leur activité de manière à préserver l’environnement. Un mécanisme original d’incitation a également été mis en place en Europe dans les années 2000 : il s’agit d’un marché de permis d’émission de gaz à effets de serre (GES). Ce dispositif permet aux entreprises émettant des GES d’échanger des permis d’émission (appelés parfois « permis à polluer ») sur un marché spécifique : les entreprises les plus vertueuses (qui

polluent peu) peuvent ainsi tirer bénéfice de leur comportement en revendant les permis qu’elles n’ont pas utilisés. Parmi ces instruments, figurent également les subventions.

4- L’influence du développement durable sur les processus de décision des agents économiques

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L’influence sur les ménages :

1) Des contraintes :

Le respect des impératifs du développement durable engendre parfois des contraintes pour les ménages : outre certaines contraintes réglementaires (ex : obligation de tri des déchets dans certaines communes), les écotaxes se traduisent par un surcoût sur l’achat de certains biens (ex : les véhicules 4/4 polluants sont aujourd’hui plus chers à l’achat, en raison du malus qui leur est appliqué).

2) Des opportunités :

En revanche, ceux qui choisissent de s’engager dans une démarche de préservation de l’environnement sont incités à le faire par le biais de mesures fiscales : un consommateur qui décide d’acheter un véhicule émettant peu de CO 2 peut espérer bénéficier d’une aide gouvernementale. De même, un ménage souhaitant investir dans des équipements utilisant les énergies renouvelables (chauffe-eau solaire par exemple) peut recevoir des subventions de l’État ou des collectivités locales participant au financement du matériel. L’ensemble de ces mesures vise à orienter les comportements et les habitudes de consommation des ménages afin de les rendre compatibles avec les objectifs du développement durable.

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L’influence sur les entreprises :

1) Des contraintes :

Tout comme les ménages, les entreprises peuvent ressentir les impératifs du développement durable comme une série de contraintes. Ces contraintes peuvent être fortes lorsque l’activité exercée est potentiellement dommageable pour l’environnement : les entreprises sont alors tenues de se conformer à une réglementation parfois très stricte et d’acquitter des taxes qui peuvent être lourdes. Ceci est perçu par certaines comme source de coûts, et donc susceptible de nuire à leur compétitivité à court terme.

2) Des opportunités :

Pourtant, le respect des impératifs du développement durable peut aussi être source d’opportunités et de profit pour les entreprises qui ont choisi de s’engager dans le secteur des activités respectueuses de l’environnement. La mise au point de nouveaux procédés ou matériaux respectueux de l’environnement constitue par exemple un créneau aujourd’hui très porteur (les Anglo-saxons emploient l’expression de green business pour qualifier ces secteurs d’activité). A compléter par le chap. 2 de Management « Finalité et responsabilité sociétale de l’entreprise » : Intérêts pour l’entreprise.