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TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE PARIS 1Ne1600954/9 REPUBLIQUE FRANCAISE ‘Commune de Compans Commune de Gressy Commune de Moussy-le-Neuf Commune d’Othis Commune de Saint-Mard AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS Mme Déal Le juge des référds Juge des rétérés Ordonnance du 28 janvier 2016 Vu la procédure suivante Par une requéte, enregistrée le 20 janvier 2016, par Me Peru de la SELARL GAIA, les communes de Compans, Gressy, Moussy-le-Neuf, Othis, Saint-Mard, représentées par leurs maires dGiment habilités, demandent au juge des référés - d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du préfet de la région d’lle-de-France, en date du 6 janvier 2016, relative aux dispositions transitoires visant 4 assurer le fonetionnement de la nouvelle communauté d’agglomération « Roissy Pays de France » suite & 'ordonnance, en date du6 janvier 2016, de suspension par le juge administratif de l’arrété, en date 18 décembre 2015, par lequel le méme préfet a fixé le nombre et la répartition des si¢ges au sein du conseil communautaire ; = de mettre a la charge de I’Etat une somme de 2 000 euros au titre de larticle L.761-1 du code de justice administrative. Elles soutiennent que - Purgenee existe car le Conseil d’Etat a juge plusieurs fois que la création de nouveaux établissements publics constituait une situation d’urgence pour les communes concernées ; que Vurgence provient aussi des effets contradictoires entre la décision en Jitige et l’ordonnance du tribunal de eéans du 6 janvier 2016, qui a suspendu Pexécution de Parrété en date du 18 décembre 2015 par leque! le préfet de ta région d’le-de-France a fixé le nombre et la répartition des sieges au sein du conseil communautaire de la communauté d’agglomération « Roissy Porte de France » et aboutit ce que les communes ne savent pas précisément & quelle structure intercommunale elles appartiennent pendant la période transitoire qui peut durer six mois compte-tenu des délais pour statuer du Conseil d’Etat et du Conseil Constitutionnel, alors que les élus de ces communes ont des Ne1600954 2 mandats dans Pexécutif de la communauté de communes Plaines et Monts de France, que les compétences de la communauté de communes et de la nouvelle communauté d’agglomération sont concurrentes et qu'il existe des décisions importantes a prendre concernant certains investissements et une question concernant les ressources fiscales pergues par ces différentes intercommunallités ; ~ qu’il existe un doute séricux sur la Iégalité de la décision en = le préfet de région est incompétent pour prendre la décision en ltige ; -lordonnance du 6 janvier 2016 est définitive eta force exécutoire et le préfet a ainsi commis un exeés de pouvoir en faisant obstacle A ’exécution dune décision de justice ; elle est entachée d’erreur de droit, les dispositions du V de Particle L, 5211-41-3 du code général des collectivités territoriales ne pouvant s’appliquer car ’arrétéfixant le nombre et la répartition des siéges étant suspendu les communes membres ne peuvent désigner leurs représentants au sein de l’organe délibérant et ces dispositions ne peuvent avoir d’ effets que pendant un mois pour les seuls actes d’administration conservatoire et urgente. Vu le mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2016, présente parle préfet de la région d'ile de France, qui oppose une fin de non-recevoir tirée de absence de caractére faisant griefde la décision en litige et conclut, au fond, au rejet de la requéte. 11 fait valoir que : = la condition durgence n'est pas remplie car la jurisprudence citée du Conseil d'Etat n'est pas applicable en Vespéce, que les termes de Tordonnance du 6 janvier 2016 ne sont pas méconnus et que la décision en litige vise bien a différer les effets de la création de la communauté agglomération, qu'il n'existe pas de conséquences graves et immeédiates pour les 17 communes membres de la communauté de communes Plaines et Monts de France, que cette communauté de communes a été créée ainsi que son nouvel organe délibérant, que les actes 4 conclure entre la communauté de communes et la communauté dagglomération sont des actes d'administration conservatoire et urgente et pourront ainsi étre passés, et enfin c'est bien la suspension du présent courrier qui causerait un préjudice grave et immédiat tant a un intérét public qu’a la situation des requérantes ; ~ il nexiste aucun doute sérieux sur la Légalité de la décision en litige car + le préfet de région est compétent pour doter 'EPCI d'un organe délibérant ; ~ cette décision n'est pas entachée dlexcés de pouvoir ; - quill n'existe aucune erreur de droit les dispositions de larticle L.5211-41-3 étant applicable, Ia durée de la période transitoire n'est pas fixée et il se devait d'assurer la période transitoire. ‘Vu les autres piéces du dossier. ‘Wu la requéte numéro 1600956 enregistrée le 20 janvier 2016 par laquelle les communes de Compans, Gressy, Moussy-le-Neuf, Othis, Saint-Mard demande l’annulation de la décision du 6 janvier 2016. Vu: = la Constitution du 4 octobre 1958 et notamment son article 72 = [a loi n® 2014-58 du 27 janvier 2014 modifige par la loi n° 2015-991 du 7 aodt 2015 ; = le code général des collectivités territoriales ; = le code de justice administrative ; = Fordonnance n° 1521399, en date du 6 janvier 2016, du juge des référés du tribunal administratif de Paris. Nev600954 3 La présidente du tribunal a désigné Mme Déal, président, pour statuer sur les demandes de réferé. Aprés avoir convoqué & une audience publique = Me Peru, représentant les communes de Compans, Gressy, Moussy-le-Neuf, Othis, Saint- Mard ; Le préfet de la région d'Ile-de-France. ‘Aprds la présentation du rapport, ont été entendues au cours de Maudience publique du 27 janvier 2016 14 heures : les observations de Me Farrugia, représentant Jes communes de Compans, Gressy, Moussy-le-Neuf, Othis, Saint-Mard qui a repris et développé ses écritures ; - les observations de Mme Paulin et M. Guerza, représentants le préfet de la région d"Ile- de-France qui ont repris les termes du mémoire en défense et ont précisé que la nouvelle communauté dagglomération était bien dotée d’un exéoutif provisoire, qu’aucune convocation n’existait pour une réunion du conseil communautaire et que c'est la loi MAPTAM qui fixait la création des nouvelles intercommunalités au 1% janvier 2016, L’instruction a été close a I’issue de l'audience a 15 heures. Sur_les_conclusions_présentées_au_titre de article L, 521-1 _du_code de justice administrative : 1. Considérant qu'aux termes de larticle L. 521-1 du code de justice administrative : «Quand une décision administrative, méme de rejet fait Vobjet d'une requéte en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de Vexécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justfie et qu'il est fait état d'un moyen propre a créer, en l'état de Vinstruction, un doute sériewx quant @ la légalité de la décision (..) » et qutaux termes de Varticle L.. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale, Lorsqu'il lui est demandé de prononeer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de Uheure de Vaudience publique (...)» ; qu’enfin aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requéte visant au prononcé de mesures d’urgence doit (..) justifier de l'urgence de l'affaire » Sur Ja fin de non-recevoir opposée par le préfet de la région d'Ile-de-Frar 2. Considérant que la lettre adressée, par le préfet de la région «ile de France, datée du 6 janvier 2016, aux maires des communes comprises dans le périmétre de la communauté d'agglomération « Roissy Pays de France » a pour objet de prévoir les dispositions transitoires. visant 4 assurer le fonctionnement de cette communauté d’agglomération a la suite de Pordonnance, en date du 6 janvier 2016, par laquelle le juge des référés du tribunal de céans, a 11600954 4 suspendu larrété, en date 18 décembre 2015, fixant le nombre et la répartition des siéges au sein du conseil communautaire ; que, contrairement a ce que soutient le préfet de a région d’lle-de-France dans son mémoire en défense, cette lettre n’a pas pour seul objet de reproduire les dispositions du code général des collectivités teritoriales, mais de donner une instruction sur la maniére dont doit fonctionner l’organe délibérant de la communauté d’agglomération pendant la période transitoire ; que par suite cette décision fait grief aux cing communes requérantes membres de la nouvelle communauté d’agglomération ; qu’ainsi, la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la région d'lle-de-France doit étre écartée ; que la requéte est recevable ; ‘SurTurgence : 3. Considérant que Turgence justifie Ia suspension de Vexécution d'une décision administrative lorsque celle-ci porte atteinte de maniére suffisamment grave et immédiate un intérét public, & la situation du requérant ou aux intéréts qu'il entend défendre ; qu'il appartient au Juge des référés d'apprécier concrétement, compte tenu des justifications foumies parle requérant, si les effets de la décision contestée sont de nature & caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de Ia requéte au fond, son exécution soit suspendue ; que lurgence doit étre apprécige objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l’affaire ; 4, Considérant que les communes requérantes soutiennent que I’interprétation donnée par le préfet de la région d’lle-de-France des dispositions transitoires & prendre la suite de la suspension par ordonnance du juge des référés du tribunal de céans de l'arrété du méme préfet fixant la composition du conseil communautaire est contraire aux termes mémes de cette ordonnance ; que cette divergence d’interprétation ne leur permet de connaitre ni I’étendue des compétences des différentes structures intercommunales concemées, ni la composition des différents organes exécutifs et délibérants, ni les modalités précises de fonetionnement des différents services publics dont sont chargés ces établissements publics de coopération intercommunale ; qu’elles se trouvent ainsi dans une trés grande incertitude juridique et que cette période peut durer pendant un temps actuellement indéterminé; que si le préfet de la région d’Ile-de-France soutient dans son mémoire en défense, que c'est la suspension de la décision en litige qui porterait atteinte 4 I’intérét public car elle ne permettrait pas de donner le méme niveau d’information & tous les acteurs concemnés, il résulte de la nature méme de la décision en litige que l’impératif de sécurité juridique qui s’attache au bon fonctionnement des différents niveaux de collectivités territoriales constitue un intérét public nenlitige porte une atteinte grave et immédiate a un intérét public ; que la condition d’urgence prévue par Particle L. 521-1 du code de justice administrative doit done étre regardée comme remplic ; supérieur ; u’ainsi les communes requérantes sont fondées a soutenir que la dé Sur l'existence in doute sérieux quant a la I ni de 5. Considérant d’une part, qu’aux termes du V de artile L.521 1-4-3 du code général des collectivités territoriales : « Le mandat des membres en fonction avant la fusion des établissements Publics de coopération intercommunale est prorogé jusqu'a installation du nouvel organe délibérant au plus tard le vendredi de la quatriéme semaine suivant la fusion. La présidence de Vétablissement issu de la fusion est, d ttre transitoire, assurée par le plus dé des présidents des établissements publics ayant fusionné. Les pouvoirs des membres et du président sont limités aux actes d'administration conservatoire et urgente, »; que ces dispositions concerment la période transitoire, nécessairement inférieure & un mois, pendant laquelle, le nouvel établissement public de coopération intercommunale, créé par la fusion de collectivités territoriales, dont le périmeétre, les compétences et la composition du nouvel organe délibérant ayant été fixés par arrété du NPI600954 5 représentant de Etat, les dispositions matérielles sont prises par un organe exécuti installer Vorgane délibérant et de procéder A I’élection des instances exécutives ; provisoire afin 6. Considérant, d’autre part, que si, eu égard & leur caractére provisoire, les décisions du juge des référés n’ont pas, au principal, P’autorité de la chose jugée, elles sont néanmoins, conformément au principe rappelé & l'article L.11 du code de justice administrative, exécutoires et, cen vertu de I’autorité qui s’attache aux décisions de justice, obligatoires; qu’il est constant que par son ordonnanee en date du 6 janvier 2016, le juge des référés du tribunal de céans a suspendu Vexécution de ’arrété du préfet de la région d’Ile-de-France fixant le nombre et la répartition des siéges au sein du consei communautaire de la nouvelle communauté d’agglomération « Roissy Pays de France » et ce jusqu’au jugement de Paffaire au fond ou jusqu’a intervention d’une nouvelle ordonnance de référé ; que la suspension des effets de cet arrété a pour conséquence que, depuis cette date et jusqu’a une date actuellement indéterminége, aucun conseil communautaire ne peut étre

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