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PERIODE PRECOLOMBIENNE

La culture caribéenne est la première à rencontrer l’homme venu au-delà


des mers. Un face à face qui leur sera fatale puisqu’elle sera engloutie
avec une incroyable rapidité, particulièrement dans les Grandes Antilles.
Maladies nouvelles (grippe, variole…), combats, rixes, expéditions
punitives, déportations (et fuite), assimilations, esclavages sont les
principales raisons de cette tragédie. Les habitants des Petites Antilles
résisteront un peu plus longtemps, ceci étant surtout à une colonisation
plus tardive et lente. Arrivés au XIXe siècle, ils quitteront également la
scène de l’histoire.

Ainsi un passé de plus de 6 500 années prendra fin. On pense que la


région connut la présence de l’homme entre –10 000 à – 5 000, soit dans
la période « paléo-indienne », mais il n’existe à ce jour aucune trace. Il
faut attendre la période « méso-indienne » (de - 5000 à notre ère) pour
que l’on retrouve les premières traces de peuplades. Ces chasseurs-
cueilleurs se déplacent au gré des besoins alimentaires (à priori pas
d’habitat) et utilisent la pierre (également os et coquillages) pour divers
besoins. Vers la fin de cette ère (à partir du Vè siècle), arrive une
nouvelle culture originaire de l’Orénoque. Appelée aujourd’hui la
culture saladoïde, ceci en référence au site de Saladero dans l’actuel
Venezuela, elle se distingue par la maîtrise de l’artisanat (céramique), de
l’agriculture, des techniques de navigation et de la pêche. Avec une
progression étonnante, ils gagnent rapidement les Petites Antilles et les
parties méridionales des Grandes Antilles (Porto Rico, Haïti et la
République dominicaine). Ils ont, sans doute, acheminé avec eux des
produits comme le manioc, la patate douce ou encore le piment. Les
conditions de rencontre entre les deux cultures sont encore méconnues
fautes de preuves matérielles. Confrontation ? Assimilation ? Métissage ?
Peut-être que les nouveaux les ont tout simplement repoussé vers les
Grandes Antilles, ceux, dans ce cas-là, qu’auraient rencontrés Colomb (les
Ciboneys) ?

Ce qui est sûre que la culture saladoïde, que l’on appellera arawak ,
s’affirme. Les recherches archéologiques ayant démontrés une certaine
mutation dans les arts, un arrêt de leur flux migratoire et des liens affaiblis
avec le continent à partir du VIè siècle après J.-C., on commence à parler
de la période « néo-indienne » (de notre ère à l’arrivée des colons ;
appelée aussi Huecoïde). Celle-ci a fait couler pas mal d’encres puisqu’on
a eu l’habitude de voir dans ce petit chamboulement l’arrivée d’une
nouvelle vague, également originaire de l’Orénoque, celle des Caraïbes
(ou Kallinagos) auxquels sont associés la plupart des termes coloniaux que
l’on connaît de nos jours, le plus célèbre étant celui de cannibalisme.
Cette théorie s’est surtout appuyée sur les témoignages des premiers
colons différenciant, parfois avec des contours flous, les Arawaks et les
Caraïbes. Et pourtant, l’archéologie, elle, n’a pu constater ni un «
renouvellement » de la population ni la trace d’une confrontation ayant
débouché à une nouvelle culture dissociable. La dénomination de Tainos
que l’on retrouve également dans les premiers récits est celle donnée par
les Européens aux habitants des Grandes Antilles.

PERIODE COLONIALE

La période coloniale de la Caraïbe est surtout associée à l’un des


personnages le plus connu de l’histoire de l’humanité : Christophe
Colomb (1451-1506), cartographe et marin génois nommé le 17 avril
1492 amiral par Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon. Tout
commence lorsqu’il arrive dans la nuit du 12 octobre 1492 à la tête de
trois bateaux (La Pinta, La Nina et La Santa-Maria) et de 90 hommes, aux
îles connues aujourd’hui sous le nom des Bahamas (à San Salvador,
appelée Guanahani par les locaux).

La Martinique sera baptisée par celui-ci lors de son quatrième voyage, en


juin 1502, avant qu’il ne se dirige vers l’Amérique centrale. Pratiquement
tous les noms des îles que nous connaissons aujourd’hui datent de cette
époque. Il en va de même de noms indigènes dont la connaissance,
contrairement à ce qui s’est passé sur le continent, ne repose
pratiquement que sur ces premiers témoignages. D’où les probables et
nombreuses distorsions, renforcées par le temps, avec lesquelles ces
noms sont parvenus jusqu’à nous. Pendant longtemps, on a supposé que
le nom de l’île venait de Madinina, qui devait signifier « l’île aux fleurs »
ou encore « l’île aux femmes ». Pourtant la grande majorité des fleurs
que nous connaissons sur l’île a été introduite par les colons
ultérieurement… Quant aux femmes, il semble très probable que la
réponse se trouve dans la chronologie colombienne. En effet, une légende
autour d’un certain Matinino (île ou région des femmes) était véhiculée en
ces temps là, ce que nous rapporte, par exemple, Pedro Martir de Angleria
(1455-1526, également précepteur de l’un des fils de Colomb, Diego
Colomb), qui a vécu les premières étapes de la colonisation. Colomb, tout
lettré et cultivé qu’il fût, était maladivement obsédé par l’or, qui joua un
rôle important dans ses pérégrinations. La légende de Matinino et l’or
semblent être liés, ce qui aurait donné un dérivé : Madinina (ou
Matinina). On trouve également les nom de « Jouanakaera » (ou
Gwanakaera) rattaché à la culture indigène.

XVIe et XIIIè siècles

Le XVIè siècle est celui des Espagnols, dont le tourment majeur sont les
activités de pirateries épaulées pour la plupart du temps par ses rivaux
voyant d’un mauvais œil son hégémonie arbitraire dans la région.
Préférant logiquement les grandes espaces du continent et les grandes
îles, les Conquistadores ne s’intéressent pas aux petites îles, comme la
Martinique. La reconversion des indigènes en esclaves se révélant une
tâche impossible, ils optent pour une solution qu’ils connaissent déjà.
Appelée esclavage ou encore commerce triangulaire, la traite négrière
est lancée dès les débuts de la colonisation hispanique.

Ce n’est qu’au XVIIè siècle que débarquent les autres puissances


occidentales de l’époque, l’incontournable Angleterre en tête. Saint-
Christophe (actuel Saint Kitts) devient la première base des Français qui
entament l’aventure sous la direction de Pierre Belain d’Esnambuc
(1585-1637), en 1625. Avec l’appui de Armand Jean du Plessis dit
cardinal de Richelieu (1585-1642), , est créé , la Compagnie de
Saint-Christophe , auquelle est confié le nouveau commerce colonial.
Mal gérée, elle laissera sa place à une autre entité en 1635, la Compagnie
des Isles d'Amérique. Ces débuts sont marqués par des rivalités entres les
différents acteurs dépêchés par la Couronne. En septembre 1635,
D’Esnambuc débarque à Saint-Pierre. Il y fait construire un fort et octroie à
Jean Du Pont, le titre de gouverneur de l’île fraîchement colonisée (1635-
1636). L’arrivée des Français sur l’île irrite les indigènes de la région, y
compris les habitants de la Guadeloupe : ils passent à l’attaque. Cette
première offensive importante est repoussée par Du Pont. Ce dernier est
capturé par les Espagnols alors qu’il tente de gagner Saint-Christophe.
D’Esnambuc nomme à sa place son neveu, Jacques Dyel du Parquet, arrivé
deux ans plus tôt dans la Caraïbe. Contrairement à la Guadeloupe, où
l’aventure commence très mal pour les colons désordonnés, Du Parquet
s’acquitte brillamment de la mission qui lui est confiée. D’ailleurs l’histoire
des deux îles restera assez fidèle à ce premier schéma de la colonisation :
une Guadeloupe souvent bousculée et une Martinique opulente.

Personnage important des débuts de l’histoire de la Martinique, du


Parquet se met très vite au travail : bonnes relations avec les indigènes
de l’île, répartition des terres aux colons, arrivées de nouveaux planteurs,
fondation d’un Conseil souverain (dit supérieur, 1645), un fort à Fort Royal
(future Fort-de-France, la ville est fondée en 1669), introduction de la
canne à sucre (1638), structuration de la vie sociale et des habitations,
acquisition de Sainte-Lucie et de Grenade, etc. Il finira même par racheter
l’île en 1651 de la Compagnie des Isles d'Amérique alors en banqueroute.
De gouverneur il devient seigneur propriétaire, titre qu’il garde jusqu’à sa
mort en 1658.

L’arrivée au pouvoir du roi Soleil, Louis XIV (1654-1715), marque un


tournant majeur dans la destinée de l’île. Jean-Baptiste Colbert (1619-
1683) fonde en 1664, la Compagnie des Indes Occidentales et l’île
revient de nouveau à la Couronne. Dotée de larges prérogatives jusqu’à
battre monnaie, elle reçoit le droit exclusif (1670) du commerce avec le
Nouveau Monde. Se sentant lésés et contrôlant jusqu’à alors le commerce,
les Hollandais profitent d’être en guerre avec la Métropole pour envoyer
en Martinique (juillet 1674) une puissante flotte commandée par le célèbre
lieutenant-amiral Michel-Adrien de Ruiter (1607-1676). Mais l’impensable a
lieu : ils sont repoussés et accusent de lourdes pertes contre une poignée
d’hommes défendant l’île. Outre les Hollandais, l’île recevra plusieurs fois
la visite hostile des Anglais, ce qui aura pour conséquence de délocaliser
la capitale au fil du temps à Fort-de-France, beaucoup plus facile à
défendre. Cela n’empêchera pas Saint-Pierre de demeurer la centre
économique. La nouvelle compagnie est dissoute en 1674, mais malgré
cette énième faillite, le commerce profitable continue, cette fois
dépendante directement de Paris. La France devient un producteur sucrier
incontournable. En 1685, le célèbre Code Noir de Colbert prend acte
officiellement.

XVIIIè et XIXè siècles

La mort de Louis XIV est suivie de la Régence (1715-1723) et de


l’avènement de Louis XV (1723-1774). La Martinique entame le siècle en
bonne santé, à un tel point que les relations peuvent facilement diverger
avec Paris pour cause de conflits d’intérêts. Plus que le roi, c’est le <B<
Fleury de>qui marque cette époque qui voit apparaître une nouvelle
denrée fructueuse, le café, acheminée sur l’île par le capitaine Gabriel de
Clieu, sieur de Derchigny (1687-1774).

L’héritage positif de la restructuration du règne de Colbert aidera


pleinement à doper le commerce maritime, notamment avec les Antilles.
A sa mort, la Martinique affiche une santé économique redoutable
comme pour mieux se préparer aux futurs tempêtes qui guettent. L’île
échappe de justesse au traité de Paris (1763), signé après la guerre des
Sept Ans. Même si le tumulte continue, l’industrie sucrière maintient sa
forme jusqu’à une autre épisode capitale, celle-ci annonciatrice d’un
changement de cap que l’on essaiera de maîtriser tant bien que mal, la
Révolution.

Hormis le tourbillon dans lequel l’île va basculer, mettant face à face les
Républicains et les Royalistes, elle vient se rajouter à tout un contexte
guère réjouissant. Les Etats-Unis, nouveau pays indépendant (1776),
propage la notion d’égalité, les sociétés antiesclavagistes (souvent
anglophones) dénoncent les politiques coloniales et La France des
Lumières fustige l’esclavage, alors à son apogée. Entre hésitations,
tergiversations et confrontations l’île passe sous la tutelle anglaise. Elle le
reste jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Napoléon Ier, laissant derrière des
acteurs dont on retiendra des noms tels que Lacrosse ou Delgrès. Adepte
notoire de l’ordre avant tout, Napoléon Ier rétablit l’ancien système
colonial de l’île, l’enjeu commercial étant alors jugé primordial. Ses
déboires avec Buckingham ne manque pas de ramener les Anglais dans la
région et ce jusqu’à la Restauration qui s’installe définitivement après les
Cents Jours. Contre toute attente, la monarchie continue à soutenir
officieusement le commerce colonial adossé à l’esclavage, situation qui
perdure jusqu’en 1831. Par ailleurs, l’instabilité politique menace et
l’arrivée de la révolution des « Trois Glorieuses » n’est pas une réelle
surprise. Charles X est écarté du trône au détriment de Louis-Philippe Ier,
un destin qu’il connaîtra lui-même en 1848 avec la révolution de Février
(1848) et l’avènement de la IIè République. Voici le contexte dans lequel
apparaît un homme qui arrivera, par sa persévérance, à dénouer les
incertitudes flottantes au sein de abolitionnistes, Victor Schœlcher (1804-
1893), sous-secrétaire d'État à la Marine. Si la mémoire collective l’a
retenu avant tout c’est bien pour son indéniable rôle de fil conducteur. Le
27 avril 1848 l’acte d’émancipation est signé (fêtée le 23 mai) et la phrase
historique apparaît : « nulle terre française ne peut plus porter
d'esclaves… ».

La société post-esclavagiste dont l’émergence coïncide aux débuts de


l’industrialisation de l’île (usines de sucre, mécanisation, lignes de
chemins de fers) doit s’adapter aux nouvelles données et la transition est
plutôt douloureuse ayant des conséquences multiples, on s’en doute.
Parmi celles-ci des élections (Schœlcher devient le député de l’île), des
réglementations visant à contrôler la sécurité et à organiser le nouveau
marché du travail et l’appel à une main d’œuvre étrangère afin de palier
aux besoins croissants des usines centrales. La dernière attire dès mai
1653 des originaires de l’Inde. L’île recevra 25 500 personnes jusqu’en
1883, soit presque la moitié de ce que la Guadeloupe a accueilli.

Le Second Empire (Napoléon III) marque le pas au niveau des droits et


libertés en France comme en Martinique. Les projets lancés à l’époque du
gouvernement républicain provisoire ne sont pas remis en cause, ce qui
permet au processus industriel de continuer. L’idée de puissantes banques
pouvant soutenir l’industrie remonte à cette époque. Par contre, la
deuxième moitié du XIXè siècle n’offre plus les avantages du passé et la
production du sucre avec ses débouchés pratiquement garantis est de
plus en plus menacée. Une monoculture qui inquiète déjà à l’époque et
dont les effets sont tangibles. Par exemple, les planteurs puissants, qui
sont en minorité, se renforcent et les petites structures tendent à
disparaître, obligées de céder leurs terres en contrepartie de leurs dettes,
soit à l’usine soit à une plus grande propriété. Les élections de 1881 en
France renforce définitivement la République, l’année où la loi autorisant
les syndicats est décrétée, la liberté de la presse et de l’imprimerie
assurée. Une période très importante pour la Martinique, qui, de son côté,
est entrée dans une nouvelle crise sucrière. Elle va former en grande
partie la société que nous connaissons aujourd’hui. Les vagues
successives de réformes menées en France se reflèteront aux Antilles.
Outre les droits syndicaux, citons l’exemple des lois scolaires de Jules
Ferry (laïcité, gratuité de l’enseignement). Depuis l’abolition, la majorité,
non instruite, ne peut encore prétendre à aucune place au sein de
l’organisation sociale de l’île, la raison principale revenant néanmoins aux
dispositifs administratifs aménagés d’une telle sorte que les anciens
esclaves sont plus ou moins sous contrôle.

PERIODE CONTEMPORAINE
XXème siècle

La Martinique entame le siècle avec la catastrophe de Saint-Pierre (8 mai


1902) : l’éruption de la montagne Pelée. Le symbole de l’ère coloniale
disparaît en une seule journée (plus de 27 000 morts), un choc qui aura de
multiples conséquences : démographique, social, politique et économique.
L’activité économique de l’île se déplace vers Fort-de-France. Le Nord de
l’île, qui a connu les débuts de la colonisation et qui a été le centre
névralgique pendant presque 3 siècles, met un terme à sa prédominance
au détriment du Sud.

Les réformes entreprises par la IIIè République dans les années 1880
marquent pleinement le début du siècle, sur fond de crise de l’industrie
sucrière. Cette même crise qui annonce définitivement la fin de l’âge d’or
: le capital se concentre dans les mains d’un petit cercle privé et du
domaine public. La chute des prix, rendant les coûts pesants, va se
refléter sur la masse salariale, entraînant plusieurs troubles jusqu’à la
départementalisation. Encore très jeune, l’appareil syndical est confronté
à un difficile dilemme : agir dans un environnement où les usines sont
fragiles tandis que la main d’œuvre s’accroît. Une partie ira chercher du
travail dans les travaux du canal de Panama (env. 5 000 personnes), qui a
été pris en charge par les Américains après l’échec retentissant de la
France. Situation à l’opposé de la période abolitionniste, le surplus de
l’offre mettra le patronat en position de force. Le noyau représentant les
classes populaires, qui a commencé à prendre forme à la fin du siècle,
accélère son développement. Bien entendu, ses membres constituent une
sphère assez restreinte et sont surtout issus d’un environnement culturel
leur ayant permis de maîtriser les rouages de la République. Au fur et à
mesure que leur base s’élargit, les visions et combats des uns et des
autres diffèrent. Certains défendent les valeurs républicaines, l’intégration
coloniale ou le principe d’une entité multiculturelle ; d’autres sont
méfiants à l’égard de « l’ancien bourreau » qu’est Paris et tout acte de
rapprochement est considéré comme une assimilation.

La Première Guerre Mondiale est une autre phase importante. Malgré


la crise sucrière, 20 usines sont toujours en activité. Le processus
industriel qui prend ses racines au milieu du XIXè et qui marque, malgré
tout, la première moitié de ce siècle attire une nouvelle migration à très
petite échelle afin de palier les besoins déclenchés par les avancées
techniques, les nouvelles modes de gestion ainsi que le système financier.
Le service militaire est instauré dans les colonies et les premiers conscrits
partent en octobre 1913 (en tout 18 000 combattants). C’est lors de cette
période que se développe la production du rhum, produit que la Métropole
demande pour les tranchées et explosifs.

Après la guerre, l’île renoue avec son contexte économique défavorable.


L’optimisme déclenché par le commerce du rhum s’estompe rapidement
et, pour compléter le tableau, les cours mondiaux du sucre s’effondrent,
dus à une surproduction. Il ne restera que 120 distilleries vers la
Deuxième Guerre Mondiale. A cette même période, vers la fin de la
décennie 1920, une nouvelle denrée arrive dont l’importance sera
croissante, surtout à partir de 1960 : la banane.

La Deuxième Guerre Mondiale se déroule fort différemment pour l’île


puisqu’elle passe sous la tutelle du gouvernement Vichy et subit le blocus
des Forces Alliés. Après la guerre, De Gaulle rend ses hommages aux
Antilles. Economiquement parlant, la Martinique ressent en partie la
situation calamiteuse de la France d’après-guerre : pénuries et envolées
des prix. La loi du 19 mars 1946 est promulguée sous le « Ministère de la
France d’Outre-Mer », et l’île devient un département. La
départementalisation va créer deux blocs dont les visions s’affrontent
toujours : les pours et les contres. Moins nombreux, le second groupe
milite pour une indépendance. On ne parle donc plus de gouverneur mais
de « préfet » et de « sous-préfet ». Les formations de gauche dominent
l’échiquier politique. Cependant, on constate une nette radicalisation de la
branche communiste qui s’oriente vers le choix de l’indépendance,
estimant la France comme une force coloniale. Ce n’est qu’à partir du
Gaullisme que la diversification s’impose.

Le déclin de l'industrie sucrière continue annonçant le chômage à grande


échelle à l’horizon. Privées de ses capitaux qui se dérobent de plus en
plus, les dernières usines restent debout grâce à aux apports du domaine
public. L’incontournable culture de la canne, qui est maintenant connu
pour son rhum, continue et avec à ses côtés la banane. Le secteur agricole
demeure la première activité économique. Il emploie presque la moitié de
la population active dans les années 1950, incluant les activités
ponctuelles, comme les saisonniers.

Dans les années 1950 , la Caraïbe et les pays du Commonwealth


connaissent des mouvements de migration. Les Antilles Françaises sont
concernées. L’Etat prend très vite les choses en main et met sur pied une
réglementation. Le BUMIDOM est créé en 1961 (Bureau des migrations des
départements d'outre-mer) et s’en charge. Le flux s’accélère dans la
décennie 1960 pour ralentir à partir de la décennie 1980 : une période qui
voit environ 190 000 Martiniquais émigrer ! La décentralisation prend
forme en 1982 avec la loi Gaston Deferre. L’année d’après la Martinique se
voir munir d’une seconde collectivité, venant rejoindre le Conseil Général :
le Conseil Régional. Cela donne naissance à un statut particulier, appelé «
monodépartemental ». La décentralisation sera suivie dans les DOM par
une succession de loi visant à favoriser le développement politique, social
et économique. Parmi elles, la « Loi d'Orientation pour l'Outre-Mer
» (LOOM) qui entre vigueur un an après la fameuse Déclaration de Basse-
Terre (décembre 1999). Signée conjointement par les présidents des
conseils régionaux Alfred Marie-Jeanne (Martinique), Lucette Michaux-
Chevry (Guadeloupe) et Antoine Karam (Guyane), la déclaration se donne
pour objectif de rendre public le bilan négatif de ces 3 départements. Ce
manifeste est très important, non par le simple fait d’avoir été signé par
des présidents représentants trois « régions concurrentes », mais surtout
par son côté inédit, où des « tabous » sont brisés. Les termes «
d’assistanat généralisé, dérives sociales » sont pointés du doigt et la
nécessité d’une « initiative locale » mise en évidence.

1492 : Premier voyage de Christophe Colomb: arrivée dans l’île d’Hispaniola (appelée Haïti
par le peuple Taïno, puis, par la suite, Saint-Domingue, par les Européens) ; à San Salvador
(Guanahani) ; aux Bahamas ; et à Cuba (Jouana).

1493 – 1494 : Deuxième voyage de Christophe Colomb : arrivée à la Dominique ; à Marie-


Galante ; à Saint-Thomas ; à la Guadeloupe (Karukera) ; à Saint-Barthélémy ; à Sainte-Croix ;
à Montserrat ; à Antigua ; à Porto Rico ; et à la Jamaïque.

1493 : Partage du monde par le Pape Alexandre IV entre les Portugais qui reçoivent le
continent africain et les Espagnols qui se voient attribuer le « Nouveau Monde ». Les
Portugais pratiquaient la traite négrière depuis 1440.

1495 : Mise en vente des premiers esclaves Africains sur les bords du Guadalquivir, en
Espagne.

1498 : Troisième voyage de Christophe Colomb: arrivée à Trinidad ; à Tobago ; à la Grenade ;


et à Saint-Vincent.
1502 : Quatrième voyage de Christophe Colomb : arrivée à la Martinique (Matinino) ; et à
Sainte-Lucie.

1605 : Les Karibs repoussent des colons anglais qui tentent de s'implanter à Sainte-Lucie ; de
même, en 1609, à la Grenade.

1612 – 1615 : Les Anglais prennent possessions de la Barbade.

1625 : Les Anglais partagent Saint-Christophe avec les Français.

1626 – 1635 : Compagnie de Saint Christophe, créée par Richelieu.

1627 : Alliance du français Belain D'Esnambuc et de l'anglais Thomas Warner pour le partage
de l'île Saint-Christophe, ce qui comprend l'élimination des Karibs. Guerres successives entre
Karibs et Européens.

1635 : Début de l’implantation française à la Guadeloupe par Liénart de L’Olive et Duplessis ;


et, à la Martinique, par Belain d’Esnambuc. Création de la Compagnie des Îles d’Amérique,
par Richelieu.
1640 : Début de l’industrie sucrière à la Barbade.

1642 : Louis XIII autorise la traite des Africains et l’esclavage.

1650 : Début de l’industrie sucrière dans les colonies françaises.


1654 : Des Juifs Hollandais, réfugiés du Brésil, apportent aux Antilles la technique du moulin
à sucre. Entre 1654 et 1660, premières grandes révoltes d’esclaves, en Guadeloupe et en
Jamaïque.

1655 : Les Anglais s’emparent de la Jamaïque.

1656 : Massacre de Karibs au Morne des Sauteurs, en Guadeloupe.

1660 : Traité de paix entre Français, Anglais et Karibs signé en Guadeloupe ; il attribue les
îles de Saint-Vincent et de la Dominique aux Karibs. Début de la production sucrière aux îles
françaises.
1664 : Implantation des Français sur l’île de la Tortue et sur la partie Occidentale de Saint-
Domingue. La Compagnie des Indes Occidentales est fondée par Colbert.

1666 – 1667 : Implantation des Hollandais en Guyane. Bombardement de


Saint Pierre par les Anglais. Si le début de la colonisation a vu la
prépondérance de la culture du tabac ou de l'indigo, les dernières années
du 17e siècle et le 18e ont vu l'explosion de la culture de la canne à sucre.

Les hollandais réfugiés du Brésil dont ils avaient été chassés en 1656 se
réfugient en Martinique et principalement en Guadeloupe avec leurs
esclaves et la connaissance de la culture de la canne ainsi que de la
fabrication du sucre.

Dès lors une profonde transformation se fera aux Antilles car l'apport
massif d'esclaves transformera une société où les engagés et petits colons
n'ont plus leur place et la grande propriété prendra le pas sur la petite
habitation.

La dépendance envers la métropole, seule autorisée au commerce du


sucre et à son raffinage par la loi de l'exclusif qui interdit tout commerce
avec l'étranger, sera complète.

Les ports tels que Nantes, Bordeaux ou, plus tardivement Marseille,
profiteront d'un monopole qui liera leur destin aux Antilles.

Le Père Labat, si célèbre aux Antilles, assistera à cette transformation et la


racontera avec une verve qui en fait le plus connu de nos chroniqueurs et
probablement le plus réédité.

Le gouverneur et l'intendant représentaient le pouvoir royal, l'un dans le


domaine militaire et l'autre dans le domaine financier et législatif. N'étant
pas soumis l'un à l'autre ils se feront souvent une guerre larvée dont les
bureaux du ministère de la marine (ce n'était alors ni les colonies ni les
DOM-TOM) seront les arbitres. La mésentente pouvait s'étendre aux
habitants et en 1717 les Martiniquais n'hésitèrent pas à rembarquer
gouverneur et intendant. Le Conseil Souverain qui se composait des
principaux propriétaires avait un pouvoir judiciaire et législatif en ce qui
concernait l'île dans laquelle il siégeait.

Chaque quartier, (on ne parlait pas de commune), possédait une milice


formée de ses habitants et commandée par un capitaine de milice qui
était, en règle général, l'un des propriétaires les plus riches.

Si les petites îles et la Guyane restent habitées par de petits propriétaires


demeurant en majorité sur leur habitation, une grande partie de Saint
Domingue française, futur Haïti, est aux mains de géreurs d'habitations
dont les propriétaires résident souvent en France. Le poids économique et
donc politique de Saint Domingue ne cesse de croître. La cour de Louis XVI
comprendra un grand nombre de créoles, car la noblesse plus ou moins
désargentée n'hésitera pas à faire un "beau mariage" avec une riche
héritière dominguoise.

Les maîtres envoyaient certains de leurs esclaves se former en France et


des communautés d'affranchis, malheureusement mal connues, vivaient
dans les grandes villes telles que Paris, Bordeaux, Nantes et Marseille.

Sur place restent, entre autres, des descendants des premiers boucaniers
qui vivaient par deux, partageant tout et héritant l'un de l'autre. Ils
doivent leur nom au boucan, sorte de claies sur lesquelles ils fumaient la
viande des boeufs et cochons sauvages qu'ils tuaient. N'hésitant pas en
temps de guerre à rejoindre les flibustiers pour de plus ou moins
fructueuses expéditions ils se feront une réputation de courage et
d'indocilité amplement méritée.

Oexmelin nous a laissé un récit de son séjour parmi eux qui, lui aussi, a
connu de nombreuses rééditions.

Toute cette richesse repose sur le travail des esclaves regroupés par
atelier. Un atelier pouvait comprendre plusieurs centaines d'esclaves
créoles, donc nés aux îles, ou bossales, c'est à dire nés en Afrique. "Biens
meubles", ils n'avaient aucun droit et il arrivait que les membres d'une
même famille soient vendus séparément. Dès 1687 le code noir avait
pourtant codifié les rapports de maîtres à esclaves pour éviter des abus
cruels.

Cette population, de loin la plus nombreuse, puisque les recensements la


montrent de 3 à 10 fois plus nombreuse que celle des blancs et des
mulâtres, reste très mal connue.

Peu de documents de cette époque peuvent nous donner une idée précise
de la vie des esclaves. Des historiens se sont efforcés d'en reconstituer
tout ou partie mais quelquefois en projetant leurs propres idées modernes.

Cette longue période qui s'étend des années 1670 à la Révolution connut
de nombreuses guerres entre les états européens.
1673 : La traite négrière française est organisée par la Compagnie du Sénégal.

1674 : Suppression de la Compagnie des Indes Occidentales. Les Îles d’Amérique passent
sous l’autorité directe du Roi Louis XIV.

1678 : La fin de la guerre de la Hollande accélère l’expansion sucrière des Iles du Vent.

1679 : Edification de Fort-Royal, en Martinique. Compagnie du Sénégal s’engage a fournir


aux îles 2.000 esclaves par an, mais c’est surtout le commerce privé qui les approvisionne.
1684 : Interdiction de créer des raffineries de sucre dans les îles françaises.

1685 : Promulgation du Code Noir. Le premier moulin à sucre est mis en fonctionnement à
Saint Domingue.

1697 : Traité de Ryswick : Madrid reconnaît la possession française de la partie occidentale de


l’Île de Saint Domingue.

1698 : Etablissement français en Louisiane. Création de la Compagnie de Saint Domingue.

Entre 1698 et 1774, 13.000 engagés sont partis du port de Bordeaux vers le Nouveau Monde.

1720 : Gabriel de Clieu, gouverneur de la Martinique, introduit le café aux


îles.

La période qui s'étend de 1790 à 1802 marqua une fracture entre les îles.

Pendant que la Guadeloupe défendait seule en Amérique les idéaux les


plus durs de la Révolution, aidant de ses faibles moyens la Guyane, la
Martinique restait dans l'ordre ancien en se gardant au Roi sous la
domination anglaise.

Saint Domingue, à travers une révolution sanglante, gagnait son


indépendance.

On assiste de 1789 à 1792 à une lutte politique intense entre les différents
acteurs antillais.

Des représentants en France des propriétaires blancs siègent à


l'Assemblée Constituante.

Avec l'aide de personnalités telles que l'abbé Grégoire, Robespierre et


Rebwell les hommes de couleur libres obtiennent l'égalité des droits en
1790 et 1792. Enfin le 4 février 1794 la Convention "déclare aboli
l'esclavage des nègres dans toutes les colonies".
Sonthonnax, commissaire envoyé à St Domingue par la Convention n'avait
pas attendu ce décret et avait procédé à l'affranchissement dès le mois
d'août 1793. (2)

C'est le premier document officiel en créole que l'on possède :

"Toute nègues & milates, qui zesclaves encore, nous déclaré io toute libe.
Io gagné même droit que toutes les autes citoyens Français; mais, io va
suive zordonnance que nous va fait."

A la Guadeloupe et à la Martinique la lutte se déroule à deux niveaux :

- "Patriotes" contre royalistes. Les premiers étant principalement


constitués par les citadins : commissionnaires, commerçants et artisans
des ports de St Pierre, de Basse-Terre ou de Pointe à Pitre; les seconds par
les habitants propriétaires.

- Gens de couleur libres contre les précédents. En fonction des "alliances"


ils se trouveront partagés entre les deux camps.

Ces luttes fratricides vont provoquer des émigrations et des expulsions qui
touchent toutes les classes de la population en fonction du camp qui
triomphe. Tantôt les Royalistes expulsent les Patriotes, tantôt c'est le
contraire.

Au fil des archives de nombreuses villes de métropole on trouve des


documents sur ces "réfugiés des colonies" à qui étaient octroyés des
secours.

L'année 1794 scelle la séparation de la Guadeloupe et de la Martinique :

Les Anglais s'emparent de la Martinique (23 mars) qui restera sous leur
contrôle jusqu'en 1802, donc sans appliquer les lois de la Révolution.

La Guadeloupe, d'abord conquise aussi par les Anglais (20 avril) sera vite
reprise (2 juin) par les Français et connaîtra sous Victor Hugues un régime
que certains qualifient de terreur mais qui a aussi été une grande page de
gloire dans la lutte contre l'Angleterre alors maîtresse des mers. Ce régime
durera jusqu'en 1798 où Victor Hugues sera rappelé en France pour
ensuite être nommé en Guyane où... il rétablira l'esclavage.

Nombreux furent alors les anciens esclaves qui se couvrirent de gloire sur
les bateaux corsaires qui furent seuls à permettre à la Guadeloupe,
coupée de la métropole, de survivre.

C'est à cette époque que la Guyane sera utilisée comme terre de


déportation dont l'étiquette la poursuivra jusqu'à Kourou.
Bien d'autres antillais se rendirent célèbres. Outre Joséphine on peut citer
Dugommier, général de la République, mort au champs d'honneur tout
comme Pelage; le chevalier de St Georges grand musicien.

Guadeloupe et Saint Domingue qui avaient participé activement à la


Révolution durent subir cruellement "le retour à l'ordre ancien".

On connaît pour St Domingue l'échec de l'expédition Leclerc, la détention


de Toussaint Louverture et les révoltes qui conduisirent à l'indépendance.

A la Basse-Terre de la Guadeloupe la révolte de Delgrès se termina


tragiquement dans un suicide collectif (28 mai 1802). A Pointe à Pitre
Ignace et ses partisans furent exterminés.

Les gouvernements de Louis XVIII, Charles X et Louis Philippe ne font


évoluer que très lentement l'administration des colonies.

1804 : Sacre et couronnement de l’impératrice Joséphine de Beauharnais,


native des Trois-Ilets (1763), épouse de Napoléon Bonaparte.

1812 : Benjamin Delessert fait connaître la betterave à Napoléon.

1815 : Napoléon Ier interdit également la traite négrière lors des Cents
Jours. Son successeur Louis XVIII est obligé de s’y plier, devant la pression
anglaise. Toutefois, l’interdiction ne sera réellement appliquée qu’à partir
de 1831.

Si la traite est abolie en 1817, il faudra attendre 1831 pour que le contrôle
effectif de cette interdiction soit fait.

Les hommes de couleur obtiennent en 1830 les mêmes droits que les
blancs.

Il faut attendre la seconde République pour que les mouvements de plus


en plus puissants en faveur de l'émancipation puissent triompher. Si
Schoelcher reste la figure la plus connue il ne faut pas oublier des
personnages tels que Bissette ou Tocqueville.

En ce même début du XIXe siècle l'introduction progressive du sucre de


betterave et la protection dont celui-ci profitera feront décliner
l'importance du sucre de canne et partant l'économie antillaise en souffrira
profondément.

Privés de main d'oeuvre les propriétaires utilisent des "travailleurs libres"


venus par bateaux entiers de l'Inde, d'Afrique ou même0 de Chine.

La grande propriété cède la place à l'Usine, le plus souvent contrôlée par


des capitaux métropolitains. Mais l'essor du sucre de betterave, les
difficultés de reconversion à d'autres plantations ne favorisent pas la
tranquillité sociale qui est elle -même perturbée par des luttes politiques
intenses.

Lors de la première guerre mondiale de nombreux antillais et guyanais


sont tombés sur tous les champs de bataille d'Europe sous le drapeau
tricolore et ce n'est qu'à l'issue de la deuxième guerre que le statut de
département fut donné. C'était reconnaître par là que l'histoire des
Antilles, de la Réunion et de la Guyane était aussi longue et glorieuse que
bien des provinces de métropole.

Le généalogiste, ou comme il est appelé maintenant, l'historien des


familles, est toujours surpris lorsque au cours de ses recherches sur les
Antilles, la Guyane ou la Réunion, il lui arrive detrouver des ancêtres de
toutes les nations et de tous les continents : anglais irlandais, suisses,
espagnols, italiens, allemands, hollandais... mais aussi parfois des turcs
et... des caraïbes. L'Afrique est représentée par Ibos, Congos, Ouolofs,
Aradas etc. originaires de la côte occidentale du Sénégal au Congo.

De même les colons sont venus de toutes les provinces de métropole et si,
du fait du premier peuplement normand qui a influencé le fonds culturel
d'une façon indélébile comme à Saint Barthélemy, on croit qu'ils étaient
tous normands cela est à placer au musée des légendes.

De même les femmes de mauvaise vie, les cadets de familles nobles ayant
eu une mauvaise affaire, les escrocs, gens de sac et de corde sont autant
de légendes que bien peu peuvent prouver mais qui sont colporté avec
délectation par de pseudo historiens en mal de sensationnel. Et pourtant
n'y a-t-il pas mieux à dire de ceux qui vivent aux Antilles, en Guyane, à la
Réunion et de tous ceux qui sont fiers d'être créoles de naissance ou de
tradition ?

La richesse de l'histoire et des hommes qui l'ont faite est une source
inépuisable de découvertes et d'admiration. Le nom de créole qui désigne
dès le début ceux qui sont nés aux îles d'ascendance non américaine,
blancs, noirs ou animaux, est beaucoup plus riche que béké ou afro-
caraïbe.

1844-45 : Premières usines sucrières, dites centrales ; la production


industrielle s’accélère.

1848 : Abolition de l’esclavage (célébrée le 22 mai), par un décret de


Victor Schoelcher (1804-1893).

1851 : Une loi de juillet 1851 autorise l’ouverture de la Banque coloniale


(l’actuelle Banque des Antilles françaises, BDAF).

1852-1870 : Le Second Empire, les libertés subissent de nombreuses


restrictions.
1853 : Début de l’immigration indienne.

1863 : Ouverture du deuxième établissement financier : le Crédit foncier


colonial.

1871 : IIIe République. Représentation des colonies à l’Assemblée


nationale, à la Chambre des députés, puis au Sénat. Les nombreuses
réformes lancées en France (laïcité, gratuité de l’enseignement, etc.)
trouvent un écho en Martinique.

1901 : Marie-Samuel Joseph Lagrosillière, dit « Lagro », fonde le Parti


socialiste.

1902 : Eruption de la montagne Pelée, destruction de la ville de Saint-


Pierre (env. 27 000 morts). Fort-de-France cumule les fonctions de capitale
administrative, commerciale, financière et culturelle.

1905 : Chantier du canal de Panama ; plus de 5 000 Martiniquais partent


y travailler.

1913 : Première Guerre mondiale et départs des premiers conscrits. La


guerre permet à la Martinique d’exporter du rhum massivement jusqu’en
1922.

1928-1930 : La banane fait une entrée timide dans l’économie.

1929-1932 : La montagne Pelée se réveille de nouveau mais cette fois,


les précautions sont prises.

1939-1945 : De septembre 1939 à juillet 1943, l’île passe sous le régime


de Vichy représenté par l’amiral Georges Robert.

1946 : La Martinique devient département français, représentée par


quatre députés et deux sénateurs. Un an plus tard Pierre Albert Trouillé est
le premier préfet de l’île.

1951 : Premier cyclone baptisé (Dog).

1958 : Création en mars du Parti progressiste martiniquais (PPM), sous la


direction d’Aimé Césaire. Création la même année de l’UNR (Union pour la
nouvelle République), présidée par Camille Petit. Le parti change de nom
en 1971, pour devenir l’UDR (Union des démocrates républicains) et, en
1976, le RPR (Rassemblement pour la République).

1961 : Création du BUMIDOM (Bureau des migrations des départements


d’outre-mer) qui prend en charge l’organisation de flux migratoire vers la
métropole.

1963 : Cyclone Edith (10 morts et dégâts considérables). 4 ans plus tard,
un autre (Beulah).
1971 : Mise en service de la raffinerie de pétrole de Californie.

1973 : Alfred Marie-Jeanne, Lucien Veilleur, Marc Pulvar et Garcin Malsa


fondent le mouvement « La Parole au Peuple ».

1972-1974 : La Martinique devient une région « monodépartementale ».

1978 : Alfred Marie-Jeanne fonde le Mouvement indépendantiste


martiniquais (MIM).

1983 : Création du Conseil régional, dans le cadre de la décentralisation.


Aimé Césaire est le premier président. L’université des Antilles-Guyane est
ouverte officiellement.

1986 : Camille Darsières succède à Aimé Césaire au Conseil régional. Il


laissera sa place 6 ans plus tard à Claude Lise.

1994 : La Martinique reste ancrée à gauche. Le Conseil régional est


présidé par un communiste et dominé par le PPM, alors que le Conseil
général est présidé et dominé par le PPM.

1997 : Elections législatives. Deux députés de droite (Anicet Turinet et


Pierre Petit), un député indépendantiste (une première), Alfred Marie-
Jeanne et un député PPM, Camille Darsière.

1998 : 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

1998 : L’indépendantiste Alfred Marie-Jeanne devient le président du


Conseil régional. Après trente années de persévérance, ses efforts sont
récompensés par les électeurs martiniquais. Cohabitation entre la droite
classique (RPR), la gauche martiniquaise (PPM) et le MIM. Alfred Marie-
Jeanne milite avant tout pour le concept de « l’Assemblée unique » (l’île a
un double statut de région et de département).

1999 : La Déclaration de Basse-Terre. Signée conjointement par les


présidents des Conseils régionaux Lucette Michaux-Chevry (Guadeloupe),
Alfred Marie-Jeanne et Antoine Karam (Guyane), la déclaration se donne
pour objectif de rendre public le bilan négatif de ces trois départements.

Mars 99 : La banane martiniquaise est au centre de la bataille


commerciale que se livrent les Etats-Unis et l’Europe. 2000 : Loi
d’orientation pour l’outre-mer.

Juin 2000 : Aimé Césaire annonce qu’il ne se représentera pas à la mairie


de Fort-de-France aux prochaines élections municipales. Un an plus tard
Serge Létchimy (PPM) lui succède.

8 mai 2002 : Commémoration du centenaire de l’éruption de la


montagne Pelée. L’anniversaire a été accompagné de festivités, avec
notamment le premier grand rassemblement de vieux gréements et
grands voiliers de la Caraïbe (4 au 8 mai 2002).

2003 : « Plus de responsabilité et moins d’assistanat ». La réponse


pourrait-elle être la Loi de programme pour l’outre-mer ? En avril 2003, le
Conseil régional annonce la création d’un fond de soutien à l’économie
locale pour relancer l’investissement. Décembre 2003 : Référendum sur
l’avenir institutionnel. Le « non » l’emporte de justesse avec 50,48 % des
suffrages.

2004 : En février, le 24e préfet de la Martinique, Yves Dassonville, vient


remplacer Michel Cadot (2000-2004). Après la sécheresse de 2003, des
pluies diluviennes s’abattent sur l’île. L’agriculture est touchée. En visite
en Martinique, le ministre de l’agriculture Hervé Gaymard apporte une
aide de 9 millions d’euros pour la banane, qui est en crise. Cette aide
s’ajoute à celle de Bruxelles, soit un montant de 17 millions d’euros, une
somme jugée insuffisante. Les syndicats CSTM et l’UGTM déclenchent une
délicate polémique autour des enseignants venant de métropole. Ils
mettent en avant la différenciation culturelle et les postes qui devraient
être attribués de préférence aux locaux. Une hausse de la délinquance est
constatée sur cette même année. Elle viendra s’ajouter au problème de
l’immigration clandestine qui préoccupe l’Etat et les instances locales.

2005 : Référendum sur le traité de Constitution européenne. La


Martinique répond « oui » avec 69 % (faible participation de 22,2 %). Le
secteur de la canne est debout. La demande d’une aide est relancée.
L’affaire Dieudonné connaît une petite suite en Martinique, où il subit une
agression. Plusieurs personnalités de l’île condamnent l’acte et la tension
retombe. Un face-à-face entre la Région et le préfet. Ce dernier proteste
contre une subvention attribuée à l’Association des Etats de la Caraïbe,
estimant que cela relève de la souveraineté nationale. La baisse du
tourisme de croisière se confirme. La crise de la banane antillaise continue
: le comité de gestion de la Commission européenne débloque une aide de
110 millions d’euros. Difficile congrès du Parti progressiste martiniquais
(PPM). François Baroin est le nouveau ministre de l’outre-mer ; il remplace
Brigitte Girardin.

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