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Fais de beaux rêves

d’irruption irrépressible du
NEUROPHYSIOLOGIE sommeil, épisodes pendant lesquels
certains patients rêvent. En 1937,
DU RÊVE l’Allemand Klaue fit la différence
chez le chat entre deux activités
Chez l’adulte les rêves occupent environ 20% du temps corticales au sein du sommeil,
total de sommeil, 45 à 65% chez le nouveau-né, 20 à l’une rapide, l’autre lente, sans les
25% chez le jeune adulte et 13 à 18% chez la personne associer à une activité onirique. En
âgée. Pour l’adulte, la période du rêve représente 1944, l’Allemand Ohlmeyer décrivit
environ 1h1/2 chaque nuit, soit, sur une vie, des cycles d’érections pendant le
une durée moyenne de quatre années. sommeil, qui correspondent en
fait aux périodes de rêve, mais
sans relier les unes aux autres.
Historique
La neurophysiologie du rêve se distingue des La recherche
théories psychologiques en ce sens qu’elle permet
l’étude descriptive et fonctionnelle de l’activité onirique, depuis 1953
aux niveaux biochimique, biologique et anatomique.
Les prémisses de la neurophysiologie se font sentir En 1939, Nathaniel Kleitman publia
avec Alfred Maury, professeur au collège de France. un livre sur le sommeil qui fit réfé-
Jusqu’alors le rêve n’avait pas de structure temporelle rence. Deux de ces étudiants firent
au sein du sommeil. En réveillant des sujets à intervalles également des découvertes impor-
réguliers il remarqua que les souvenirs de rêve étaient tantes : Eugen Aserinsky et William
rares, infirmant l’idée que les rêves survenaient de façon Dement. En 1953, E. Aserinsky émit
permanente pendant le sommeil. Il fit l’hypothèse que le l’hypothèse que les périodes de
rêve était un phénomène épisodique ou aléatoire mouvements oculaires rapides
survenant à des moments particuliers : pendant survenant pendant le sommeil et
l’endormissement, sous l’influence de stimuli enregistrés grâce à un
externes ou internes ou avant le réveil. Aujourd’hui, des électro-oculogramme
chercheurs comme Peretz Lavie considèrent que Maury correspondaient aux périodes des
n’avait pas des rêves, car les expériences se rêves. Cette activité oculaire fut
faisaient juste après son endormissement, nommée PMO (phase de
mais des hallucinations hypnagogiques. mouvements oculaires) ou REM
La neurophysiologie du rêve proprement dite commence (rapid eye movements) par
véritablement au XXe siècle, à partir des années 1950. opposition aux mouvements
Les découvertes antérieures à cette date ne furent oculaires lents et ondulants
tout simplement pas reliées à l’activité onirique, bien observés pendant la phase d’endor-
qu’elles la concernaient plus ou moins directement. missement. W. Dement constata que
C’est ainsi qu’en 1880 le docteur Gélineau décrit la 80 % des dormeurs réveillés pen-
narcolepsie avec ses phases d’abolition du tonus dant les phases REM se rappelaient
musculaire à la suite d’une émotion (cataplexie) ou leurs rêves, contre 7 % seulement
pendant les

03 rêves d’hiver
périodes de sommeil profond. Le groupe de survivants qui avaient toujours des problèmes
rêve survenait par périodes de 20 à Remémoration des rêves et des cauchemars et un groupe d’Israéliens nés en
25 min, séparées par des intervalles Israël. Les dormeurs étaient toujours réveillés lorsque
de 90 minutes, et caractérisé par En 1993 le psychologue cognitiviste David Foulkes se les enregistrements électriques montraient une période
une activité corticale similaire à rend compte que tout le monde n’entend pas la même de sommeil paradoxal, si le troisième groupe avait un
celle de l’endormissement et des chose si on lui demande au réveil « avez-vous rêvé ? » nombre de rêves proche de la moyenne 78 %, ce nombre
mouvements oculaires rapides. Il y a par exemple des gens qui, s’ils ont rêvé d’un fait baissait à 55 % pour le deuxième groupe et n’était que
Ces travaux furent confirmés par M. quotidien, ne considèrent pas cela comme un rêve et de 33 % pour les personnes s’étant bien réadaptées à
Jouvet chez le chat. Il découvrit en répondront donc par la négative à la question. La la vie quotidienne. La seule différence concernant le
outre que pendant les phases REM question a donc été reformulée de manière plus neutre sommeil des différents groupes était sa profondeur. Les
existait une disparition du tonus «  quelque chose vous a-t-il traversé l’esprit avant votre personnes ayant subi un traumatisme avaient unsom-
musculaire axial, associée à une réveil ?  » En analysant les récits obtenus dans les meil plus profond que les personnes en bonne santé.
activité cérébrale intense, proche laboratoires de sommeil, il devint alors évident que les
de l’éveil les yeux ouverts, et de rêves des stades de sommeil autres que le sommeil
l’endormissement les yeux fermés paradoxal, étaient plus fragmentés, plus proches d’une La génération des ima-
(soit une durée de 6 min toutes les simple pensée. « J’ai pensé à mon examen de math. »
25 min chez le chat). C’est ce qui le Tandis que le même thème pendant le sommeil ges oniriques
conduisit à introduire la notion de paradoxal est plus développé avec
sommeil paradoxal, faisant ainsi du une intrigue ou des détails. L’examen des zones actives pendant les
rêve le troisième état Par la reformulation D. Foulkes peut montrer que la différentes phases de sommeil montre que
physiologique du cerveau. Ces fréquence de récits de rêves de sujets réveillés pendant l’hippocampe est actif pendant le sommeil
critères d’atonie, d’activité cérébrale un sommeil lent profond peut atteindre plus de 70 %. paradoxal et c’est lui qui est responsable des images.
et des mouvements oculaires se re- Tous les stades du sommeil sont donc
trouvèrent également chez l’homme. propices à la production de rêves. Toutefois, la source : Wikipédia
faculté de mémorisation est supérieure lorsque le sujet
est réveillé en période de sommeil paradoxal, ce qui
Stimuli externes et permet d’ailleurs d’obtenir des récits de rêve auprès de
presque toutes les personnes (80 %), y compris celles
rêves qui prétendent ne jamais rêver, et ces rêves sont les
plus vifs et les plus riches en
Plusieurs groupes de chercheurs images. En revanche, la remémoration est très difficile
ont tenté de refaire les expériences après un réveil en sommeil lent. Dans tous les cas,
de Maury, en vain. L’intégration le rêve qui survient le plus aisément à la conscience
de stimuli externes dans le rêve est celui qui précède immédiatement le réveil.
était au mieux partielle, souvent
nulle. Dans aucun cas le stimu-
lus ne devint le sujet central d’un L’oubli des rêves
rêve. Cette difficulté de détourner
l’attention du rêveur de sa création Dans son laboratoire du sommeil à Haïfa en Israël,
interne a été nommée par Allan Peretz Lavie a étudié la quantité de rêves dont se
Rechtschaffen « processus mono- souvenaient un groupe de survivants de la Shoah qui
maniaque » (single-minded process). s’étaient bien adaptés à la vie après leur libération, un

04 05 rêves d’hiver
étude du rêve

« Rêver c’est se date :


adresse :

désintéresser. »
type de couchage :
type :
cauchemar rêves
Henri Bergson qualificatif
récit du rêve :

diagnostic :

rêves d’hiver 06 07
étude du rêve étude du rêve

date : date :
adresse : adresse :
type de couchage : type de couchage :
type : type :
cauchemar rêves cauchemar rêves
qualificatif qualificatif
récit du rêve : récit du rêve :

diagnostic : diagnostic :

rêves d’hiver 8 9
étude du rêve
date :
« Nous sommes faits de
la même étoffe que les
adresse :
type de couchage :
type :
cauchemar rêves
songes. »
qualificatif Shakespeare / La Tempête
récit du rêve :

diagnostic :

10 11 rêves d’hiver
étude du rêve étude du rêve

date : date :
adresse : adresse :
type de couchage : type de couchage :
type : type :
cauchemar rêves cauchemar rêves
qualificatif qualificatif
récit du rêve : récit du rêve :

diagnostic : diagnostic :

rêves d’hiver 12 13
étude du rêve

« La vie est un rêve ; c’est date :


adresse :
le réveil qui nous tue. » type de couchage :
type :
cauchemar rêves
Virginia Woolf qualificatif
récit du rêve :

diagnostic :

rêves d’hiver 14 15
étude du rêve étude du rêve

date : date :
adresse : adresse :
type de couchage : type de couchage :
type : type :
cauchemar rêves cauchemar rêves
qualificatif qualificatif
récit du rêve : récit du rêve :

diagnostic : diagnostic :

rêves d’hiver 16 17
étude du rêve

« Le rêve est le gardien


date :
adresse :
type de couchage :
type :
du sommeil. »
cauchemar rêves
qualificatif Sigmund Freud / Introduction à la psychanalyse
récit du rêve :

diagnostic :

18 19 rêves d’hiver
étude du rêve étude du rêve

date : date :
adresse : adresse :
type de couchage : type de couchage :
type : type :
cauchemar rêves cauchemar rêves
qualificatif qualificatif
récit du rêve : récit du rêve :

diagnostic : diagnostic :

rêves d’hiver 20 21
étude du rêve

« Le rêve est la date :


adresse :
satisfaction d’un type de couchage :

désir. »
type :
cauchemar rêves
Sigmund Freud qualificatif
récit du rêve :

diagnostic :

rêves d’hiver 22 23
étude du rêve étude du rêve

date : date :
adresse : adresse :
type de couchage : type de couchage :
type : type :
cauchemar rêves cauchemar rêves
qualificatif qualificatif
récit du rêve : récit du rêve :

diagnostic : diagnostic :

rêves d’hiver 24 25
étude du rêve
date : “L’homme ne pourra jamais
adresse : cesser de rêver. Le rêve est la nour-
type de couchage : riture de l’âme comme les aliments
type : sont la nourriture du corps.”
cauchemar rêves
qualificatif Paulo Cœlho / Extrait de Le Pèlerin de Compostelle
récit du rêve :

diagnostic :

26 27 rêves d’hiver
étude du rêve

date :
adresse :
type de couchage :
type :
cauchemar rêves
qualificatif
récit du rêve :

diagnostic :

rêves d’hiver 28