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A propos de ce livre

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BIBLIOTECA PROVIÎI IAIËÜ

-

BIBLIOTECA PROVIÎI IAIËÜ -

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B. Prov.

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Z . LE B. Prov. g gMíscellaneaË .w, ñ -w vñ i ?ZZ 5è . Ê

SUR

LES

&Mags

55 ).

TREMBLEMENS

TERRE

ï

DE

DE LA CALABRE

Pendant l année I 7 8 3.

PAR LE COMMANDEUR

DEODAT DE DOLOMIEU.

ROME

A

CHEZ ANTOINE FULGONI C

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A-uec permi/ rm du Superieur .

ROME A CHEZ ANTOINE FULGONI C M D " C L Hz'z X -.~~. X ~ç

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*MLM-ï

EPI-TRE DEDICA T'OIRE

'

A MONSIEUR LE COMMANDEUR

-DË' LASTERIE_ DU'

' J Aurois pu décorer cette epitre du

nom de quelque grand de la terre , y faire l étalage de es titres fa iueux, de

-7,

_a

_A

2,

cette epitre du nom de quelque grand de la terre , y faire l étalage de

es

es ÿèf tùs imagihaires »PSM \ z mais

re le nom

de mon ami

,

d

y ~préfé

viwngt ans . Ce titre eul renferme.

un ami de

1s

l~ élbge de toutes es qualités; qu il re çoive donc ici un témoignage public

de mon attachement pour lui.

'LE cH DEODAT DE DOLOMIEU

qu il re çoive donc ici un témoignage public de mon attachement pour lui. 'LE cH

AVANT

W~5M

AVANT PROPOS.

A contrarietí a e; 'vents m ayant retenu ur le:

er dela Calabre ulteríeure , pendant tout let toit de .Fe-Urz'er Ô' de Mar: 1 784 , d 1" m' ayant fait toucher idcee iruement a pre que toute; les Ville: a e la.;

e

de

l

Oue

,

j'ai pu faire de: incur ion: a'an: l in-

Co

tëriL'ur [le cette malheureu e province; j ai eu le tem:

de parcourir toute: e: ruine: Ô' de connaitre l étendue

de i- malheur: . Mon gout pour la litbologie m'a por

të a étudier la nature (le/on ol, Ô' la eompo ition elc e:

[Montagnes , Ô* je a'onne ici le re ultat a'e me: ob hrwa tz ont . Je n az' recueilli que lesfaz't: principaux , ceux*

qu att eront longtem: les cireon/lancet locale: (9* qu?

pourront encore , dans cent an; z intére er les pbj iciem (9' le naturalz e . Le: autres détail: n entrent pat dan:

mon plan. Je ne donnerai, ni le journal circon ancié de:

tremblement de terre , ni l état (le la population (9' [lee perte: de chaque lieu en particulier . je n aurais eu qu a

copier le: autres relations Ô mon intention n e/Z par de

faire un gro: Ii Ure , ni de répéter ce que les autre:

ont dit . Je m' attache eulement a ce qui a Été un peu negligé ; c q/l Ô' a en déduire le: principaux phénomëne; qui ont ac

compagne ler ecou es . Mon objet e Z encore de ele/Inui

a élire , a faire Connaitre» la nature a'u ol

re cette idee de merveilleux. qu ont pu autori er le:

A

3

, a faire Connaitre» la nature a'u ol re cette idee de merveilleux. qu ont pu

Pre.

*TAM/W

Premíere; relation: , en parlant a e: Montagne; qui L, ont entrecboquëe: , de: champ: Mz/Porté: entier: a une trex grande elí iancc , ou jette': a' un cote a e 'vallon a

l autre ó c. toutfaitt a peu prêt vrai!, qui a'ovant pa.

roitre tre:extraordinaire!, a'enuë: a e leur circon ianee:

locale: , 'maie qui découlent naturellement a e la connai

ance du ol . f baZarde un mot de tbeoó ie qui me _paroit Ura mblable , mai; ala quelle je n attacbe par la_ me me importance qu a la eonnoz ance exacte de: fait:

d ou je t a fait déni-ver . le ne parle pre que point de Me íne à* de la Sieille .' 1H. l Allemand Con hl dc. -France a a*: dans a relation tout ce qu il] avoit de

plus important a ob erver a

an: la. de truction de cette comparable a celui de! Ville; dela plain-e de Calabre . Ou trou-vera une ir níte * de détailt, que j ai egli gë ,dans plu ieurs relation; imprimée: a Naple: , urtout dans celle du docteur Vivenz ío . Mai: las-:fait: , 'vrai ment important: pour le pby icíen , _y ont en petit

nombre , Ô' cet ouvrage , az'n i que plu ieurt autres ur

le même ujet , parait plutó t écrit en faveur du i ê

me qui attribue les tremblement de' terre a l électricité

qu' il

e

,

n'e i pas

Ville, elont le hrt, tout a reux

que pour faire connaitre le: pbénomëne: qui ont accom

~

pagne la a ó ruction a e la Calabre .

La relation [le M. le cb. Hamilton c l apperçu

d un bon ob ervateur, 'qui n a eu qu un in tant a donner a on Voyage en Calabre. St' le: Commi u'ree , que l' Accaa emie a e Naple: a

tant a donner a on Voyage en Calabre. St' le: Commi u'ree , que l' Accaa

envo

W7W

envoye en Calabre , a-voz'ent rendu publie_ leur tra-vail , j aurais upri me ee memoire , par ce que je n'auroie cu nement rien a ajouter aux oIz/er-Uationt , qu il: ont du _y faire. I ai mit en note: quelque: particularité., gm" L,

ont pas e entielle: a l' objet du memoire ; mai: qui ee pendant peu-vent aider a l' intelligence du texte; elles

contiennent au i quelque: fait: , qui peu-vent intere er hut un autre point de 'vue .

l'ai été accompagné dans mon voyage par le cb. de

godecbart jeune homme plein de zele,d ardeur,ó* de en

ibilitë . Il m'a eté d un grand ecourr dant me: recber

che: ,dont il a partage le: fatigue: avec beaucoup de -ë

patience Ô' de courage .

ecourr dant me: recber che: ,dont il a partage le: fatigue: avec beaucoup de -ë patience

IM!

MSN

IMPRIMATUR,

videbitur Rmo Parti Magi ro Sacri Palarii

Apo olici . RA. Marcucci Patriarc ba Cort/Zantinop. Viee g.

.

ai lû par ordre du _Râle Pete Mâí cre 'du Sacré Palais , un me

moire Sur let tremblement: de terre de la Calabre , compo é

par M. le Commandeur Deodat de Dolomieu . Les ob ervations

tant:

;l exactitude 8c de préci ion , qu ellesppourroient ervir de modé

le aux écrivains ur ces ortes de matieres . Ses re exions, ur la

cau e des derniers tremblements , ont tout a fait nouvelles g 8C

elles ont cana-'Zine combien il e t di cile de former des rai onc

ments plau ibles ur des, e ets au compliqués , ans en avoir été , tel que l auteur, un temoin courageux 6c philo ophe . Les

rien

qui pui e o en er la aine Theologie , 8c elles ont regretter aux

phy iciens qu un ouvrage au intere ant ne oit pas pluséten

du . Il e t très digne de l attention des Philo ophes ô( dela cu

recherches qu on lit dans 'ce beau memoire ne contiennent

IOCales ont décrites par l illu tre 8c avant auteur , avec

rio ité du

Public .

En

oi

de

quoi

j

ai

igné .

A Rome 6. Septembre :784.

Fr. Iaequíer Profe i'ur de Matbematíquet .

IMPRIMATUR.

Fr. Thomas Maria Mamachi Ordinis Prædicatoñ'

rum , Sacri Palatii Apol colici Magi er .

. IMPRIMATUR. Fr. Thomas Maria Mamachi Ordinis Prædicatoñ' rum , Sacri Palatii Apol colici Magi er

ME

"1 \9M

MEMOIRE

SUR LES TREMBLEMENS

DE-

TERRE

DE LA CALABRE ULTERIEURE

Pendant l année X783.

A Tempe lute nos 'Hindi-:ant portus ; nimborum 'aim ef

fu am EF ine ne cadentes aqua: , tecta Propellunt : fu

gz'entes non éqaitur incendium : adver as tonz'trua , EJ minus Cali , ubterranea dor/zut , Û defo î in altum pe

eus rentedz u unt . In pe z'lentia mutare ede: lz'cet . Nul

lum malum ne e ugío e , Hoc malum latz îme patet,

ineuz'tabz'le a'vz'dum , publice noxz'um . Non enim demos

olum , aut familia: , aut urbes ngulas bau t, ed gen

te: tata: , giant/'que ub'vertit .

Seneq. que . natur. lib.VI.

m

D E tOus les éaux de tructeurs , leS 'tremble-x,

mens de terre ont les plus redoutables , 8C les plus faits pour répandre la terreur ô( la. con ernation dans tous les lieux ou ils e font re entir . La nature en convul ion paroit tendre a a. de truction 8c le monde toucher a a n . Sembla bles a la. foudre, qui part ô( nous écra e, avant que

le bruit du tonnere ait pu nous avertir du

danger

qui mênace nos têtes , les tremblemens de terre

ébranlent , renver ent , détrui ent, ans que rien

Puí e

qui mênace nos têtes , les tremblemens de terre ébranlent , renver ent , détrui ent,

WWW

puî e nous indiquer leur aproche, ôè ans que nous

ayons le tems de nous ou traire .au peril (i) . Les animaux , même les moins intelhgens, ont ur nous

l avantage d avoir le pre entiment de ces atals evé

nemens 2, leur in tinct , 'ou leur ens plus délicats,

re ions dont nous n avons pas l idée, les

par des

en avertil ent quelques momens avant , ô( ils an

noncent alors par leurs cris ô( leur impatience, leurs

inquietudes ô( leur crainte (2) . Un pareil avanta

ge u roit il touj0ur~s a l homme pour le mettre en

ureté 'a Non. la fuite la plus prompte, 'le batiment le plus olide (3) , la baraque de bois la 'plus legere

ô( la

-

(I) La eCOu e de iru ctive du

l

'

5. Fevrier , ~ ut ubite

,

in

a

n

.-1 -.

tanée ; rien ne la pré agea , rien ne l annonça 3 elle ébranla 8c renver a dans le même moment , elle ne lai a pas le tems

(2.) Le pre entiment des animaux , a l approche des tremble

mens de terre, e t un phénomène ingulier,& qui doit^

d autant

plus nous urprendre,que nous ne avons pas,par quel ens ils le

reçoivent .- Toutes les e peces l éprouvent , urtout les chiens, les oyes 8c les oi eaux de ba erour . Les heurlemens des chiens dans IES rues de Me ne , étaient i orts , qu on ordonna de les témoignent

tuer . Pendant les éclyp es de oleil , les animaux

une inquietude pre que pareille; au moment de l éciyp e olaire 8c anullaire de I764 ,les animaux dome tiques parurent agités 8c

jetterent des grands cris pendant une partie du tems qu elle dura; cependant elle ne diminua pas plusla lumiere du oleil, que ne? l aurait ait un nuage noir dt épais,quí l auroit entierement coud vert : la di erence de la chaleur de l athmo phére ne fut pre que

pas en ible.Quelle impre on donc put alors avertir les animaux de la nature du Corps qui s interpo oit devant le oleil? Comment

purent ils deviner,que ce n étoic pas le même état des cho es,que

p lor que le oleil e t implement Ob curci par un nuage, qui inter-J

capte a lumiere ?

l

*

(3) On peut attribuer une partie des malheurs de Me ne au peu de olidicévdes bâtimens 5~ la ruine de cette ville &toit pre

parée

une partie des malheurs de Me ne au peu de olidicévdes bâtimens 5~ la ruine de

Narrow

5C la moins élevée, toutes les précautions en n, que

la prudence humaine peut inventer ne auroient lui'

faire éviter la mort qui le menace . La terre s ouvre au lequelila placé on humble cabane , ou on palais

ô( l engloutit (I); le ol, ur

milieu de a cour e

a ueux, s abime, ou

e t porté a une grande

di

an

' ce, eta-éprouvant un boulver ement total ;une mon

tagne e détache , 8C l accable de es débris ; les erte en» tiere de es biens ,' celle de a famille 3C de es amis,

vallées fè rel errent 8C l en evelil ent . La

la. mort mêmeme ont pas les plus grands maux,que nes qui e ont amoncelées ur_ a tête ,~ ans écra er

'pour lors il ait a craindre . Enterré Vif ous les rui»~

la voute ous la quelle il a cherché un azer , il e t condamné a mourir de faim ô( de rage (2), en mau

di ant

'

pare e depuis longtems,par des tremblemens de terre,qui plu eurs ois depuis 1693. avoient ébranlé &1 lézardé toures les mai ons,, 8C par le defaut de population 8c de moyens, qui avoient empê

che de les reparer . Un couvent olidement 8c nouvellement bâ ti au milieu bre , rien ne put ré i ier ala violence des ecou es . Le beau couvent des Benedictins de Soriano, bâti avec autant de magni cence que de olidité apres les tremblemens de terre de 165 9 ,

a été pre que ra é . Cependant pour lui éviter un ort pareil a.» celui qu il avoit éprouvé a cette époque , également fatale pour

la Calabre,& ou il ut déja renver é-,on donna beaucoup d épai eur

de ba e aux murs , qui furent con ruits avec d exellens

materiaux . (1) Plu ieurs paï ans de la plaine de Calabre , fuyants a tra

vers les campagnes , e précipiterent dans les fentes, qui e or

de la Ville n a nullement ou ert . Mais en Cala

moient pour lors dant le ol , ô: di parurent .

» (2) Un quart des victimes du

tremblement de terre du 5. Fe

vrier,qui urent en evelies vives ous les ruines des édi ces écrou lés , auroient urvecu , i on avoit pu leur porter de prompts e cours. Mais dans un de a re au i général, les bras manquoíent :,

.

avoit pu leur porter de prompts e cours. Mais dans un de a re au i

cha

'ar-\12W di ant a famille ôc es amis, dont il accu e indi d Terence'
'ar-\12W
di ant a famille ôc es amis, dont il accu e
indi
d
Terence' 8C la lenteur a venir a on ecours . Il ne
,
peut croire , qu ils alyent éprouvé un malheur ei >
blable au
ien
(1)
,
i
ne ait pas que ceux
qui ur
~
'
vivent

Chacun etoit occupé de es malheurs particuliers , ou de ceux de

a famille; ou ne prenoit aucune part au ort de la per onne in.

di erente . On vit dans le même tems des exemples de tendre e paternelle 8c maritale portée ju qu au devouement, 8c des traits

de cruaùtê 8c d attrocité qui ont frémir . Pendant qu une mere

échevelée,& couverte de ang, venoit demander,a ces ruines en core tremblantesde ls qu elle portoit en fuyant entre es bras,&

qui lui avoit été arraché par la chute d une piece de charpente r, pendant qu un mari a rontoít~ une mort pre que certaine , pour

retrouver une épou e cherie; on voyoit des mon res e précipi ter au milieu des murs chancellans , braver le danger le plus

éminent , fouler au pied des hommes moitié en evelís, qui recla

moîent leur eCOurs. pour aller piller la mai on du riche,& pour

atisfaire une aveugle cupidíté . Ils depouilloient enCore vivans des malheureux, qui leur auraient donné les plus Ortes recom pen es , s ils leur avoient tendu une main charitable . J ai logé a POLISTENA dans la baraque d un galant homme, qui ut en ter

ous les ruines de a mai on g es jambes en l air paroi oient

au de us. Son dome ique vint lui enlever es boucles d argent,

8c e auva en uite, ans vouloir l aider a e dégager. En général )

tout le bas peuple de la Calabre a montré une dépravation

incroyable de moeurs , au milieu des horreurs des tremblemens de terre . La plupart des agriculteurs e trouvoient en ra e cam pagne, lors de la ecou e du 5. Fevrier; ils accourrurent au itot

dans les Villes encore amantes de la pou ere , qu avoit occa

one leur chute : ils y vinrent; non pour y porter des ecours, aucun entiment d humanité ne e t entendre chez eux dans

'

ces a ron es circon tances, mais pour y piller .

(1) 1 ai parlé a un tres grand nombre de per onnes ui ont

été retirées des ruines , dans les di erentes Villes qui j ai vi icé ;

elles m ont 'toutes dit,qu elles croyoient, que leurs mai ons eu les avoient été renver é-es , qu elles ne pouvaient pen er, que la de lruction ut au générale,& qu elles ne concevoient pas com

ment on tardoit autant a Venir leur porter des ecours . Uncd.

~

qu elles ne concevoient pas com ment on tardoit autant a Venir leur porter des ecours

femme

T

N

12W

vivent a cette cata trophe pre que générale, tentent

en vain de le rétirer du milieu des débris enta sés

l immen ité

ur

a

tête

;

a

voix , es cris

arrivent ju qu a eux ;

des ruines re iile a leurs e orts , ô( les

empêche de' pénétrer Ju qu a lur (1). ils ne peuvent

. lui

.

'

femme,clans le bourg de cinq : frondí iut retrouvée vive le epti

cmc jour-Deux enfans qu elle avoit aupres d elley croient morts

de faim 8c croient díja en putréfaction . L un d eux appuyé ur

la cur e de a mere y avoient ocea ioné un pucré action embla

ble . Beaucoup d autres per onnes ont re tées 3 , 4 3C 5 jours

en evelies 3 je les ai vu , je leur ai parlé 8c je leur ai fait expri

mer ce qu elles pen oient dans ces a reux momens . De tous les

maux phy iques , celui dont elles ou roient le plus , étoit la

oif . Le premier be oin, que témoignerent au les animaux re

tirés du milieu des ruines , apres un jeune qui e alle , quelque

fois, ju qu a plus de Sejours , fut de boire z ils ne pouvoient

s en ra a ier . Plu ieurs per onnes, enterrées vives, upporterent

leur malheur avec une fermeté , dont il n y a pas d exemple . 'Je

ne crois même pas , que la nature humaine en oit capable, ans un engourdi ement pre que total dans les facultés intellectuel les . Une femme d opz'do , agée de 19 ans , 8c jolie, etoit pour

lors au terme de a gro el e, elle re a plus de trente heures ous les ruines , elle en fut retirée par on mari , 8c accoucha peu

d heures apres,au heureu ement que i elle n eut éprouvé aucun malheur . le fus aCCUeilli dans a baraque, 8c parmi beaucoup de

J AT

(I) Il e arrivé dans plu ieurs Villes,que des parens & des er viteurs deles, allant chercher,au milieu des ruines,les per onnes

qui leur étoient cheres , entendoient leurs cris , reconnoi oient leurs voix, étoient certains du lieu ou ils étaient en evelis, 8c e VOyoient dans l impui ance de les ecourir . Les débris enta és s oppo oient aux e orts dç_,

iiioient a leurs foibles mains , 8c

leur zèle, 6c de leur tendre e . C e en vain qu ils reclamoient

des ecours étrangers r, leurs cris ,leurs anglots n interre oíent

que ions, je lui demandai ce qu elle pen oit pour lors

TENDOXS , me repondit-elle .

per onne . Couches ur les ruines , on les a vu reduíts a invo quer la mort , pour délivrer leurs parens des horreurs dc leur i nation. ê; ?appeller pour eux même, comme l unique con ula

délivrer leurs parens des horreurs dc leur i nation. ê; ?appeller pour eux même, comme l

OD

î *PSI-!W lui porter la moindre con olation , vô: il .con ervLJI ju qu
î
*PSI-!W
lui porter la moindre con olation , vô: il .con ervLJI
ju qu au dernier oupir, l idée atroce ôc deie peran
_
r'e,de n avoir jamais connu 8c aimé ur laterre , que
ravages a ceux de la terre ébranlée, a quel nouveau
genre de uplice n e -il pas condamné 2 L incendie
des mon res ô( des ingrats .
Mais
le
eu
joint es
gagne lentement les charpentes ô( les bois des édi
ces écroulés; le eu s approche , 8C ce eroit en vain
qu il tenteroit de l éviter; il en e t atteint , il éprou
ve la mort lente ô( cruelle re ervée aux
acrileges
8C aux régicides (I), ô( il maudit avec rai on une r
de tinée , qui confond l inocent 8C le celerat .
l
Te
tion dans leur douleur . Cet adouci ement dans leurs malheurs
leur étoit même refu é, pui que les cris outerrains e ont quel
quefois ait entendre , pendant plu ieurs jours de uite .
Des familles entieres e ont trouvées en evelies, ans qu un
eul individu ait échapé; alo rs,on p a oit ur les tombeaux qui les
renfermoient vivans; on reconnoi oit leur voix,&leur ort n ar
rachoit pas une larme. A TERRA NOVA , 4 augu iins réfugiés ous
une voute de acri ie, qui avoit ré i é au poids immen e des dé
bris, qui s étoient enta és au de us , rent pendant quatre jours
retentir ces ruines de leurs cris z mais de tout le couvent , un
eul s etoit auvé z, que pouvoir i1 contre l immen ité des mate
riaux , qui en eveli oient esñ con reres P Leur voix s éteignít
peu a peu , 8c plu' ieurs jours apres , ces quatre corps furent
trouvés , e tenant embra és .
Plus de la moitié de ceux ,- qui furent écra és ans la Ville
de TERRA NOVA ont demeure s au milieu des ruines , 8c lor que
~
in eíie 3c in outenahle .
je les ai parcouru le 20 Fevrier'1784, il s en exhaloit une odeur
(1) LÔr que la Ville d Opíd'o fut ra ée par les ecou es,& les
-
J

oabre auts les plus violents , le feu gagna ucce vement les charpentes des mai ons renver ées , 8c s établit . ur une partie de l'a Ville r, il ne fut donc pas po ble d y porter aucun ecours,& pre que tOus ceux, qui auroient e'chapé aux ruines,furent les vi ctimes des Harnes . Vingt religieu es de ainte Claire-furenttrou

'vécs calcinées ous les déoris de leur couvent .

des Harnes . Vingt religieu es de ainte Claire-furenttrou 'vécs calcinées ous les déoris de leur

7 31er

Tel cependant a été le ort d une partie des vi ctímes des tremblemens de 1 78 3. Qui peut donc

ans remir ,

pen er

aux de a tres

de Qui peut d un oeil ec parcourir un des plus beaux

.pays de la nature , ur lequel les tremblemens de.) terre ont deployé leur rage avec une fureur dont une terreur pro onde , con iderer l emplacement ,

des Villes ,

ôc

, 1ans

il

la Calabre 3

n

y

a pas d exemples 's Qui

peut

en

n

dont le ol même

a

di paru

re

dont on ne peut juger de la ltuation ,

que

lativement aux Objets , dont elles étoient environ nées . Telles Ônt les premieres idées, qui le pre

entent a ceux qui voyagent dans la Calabre ulte rieure ; telles ont les en ations que j ai éprouvé a chaque pas que j ai fait , en vi itant cette malheu

reu e province, dans les mois de Fevrier ôc de Mars

1.784 telles dnt, en n les impre iions qu1empechent

de con iderer ces Objets avec a ez de ang froid,

pour juger des e ets 8c remonter aux. cau es . Le_

naturali e ô( le phy icien doivent être en garde con tre les êlans de leur en ibilité., ô( de leur imagina

tion , pour ne voir dans ce qui cau e les malheurs d une in nité de familles , ô( la de ruction de 40.*

mille hommes, qu un leger e ort de la nature (l),ôc

pour

(I) Un e ort un peu plus violent auroit peut être u a 1a

nature z. pour occa ioner une cata lrophe pre que générale , pour changer ab olument l ordre actuel des cho es , pour plonger

génération pre ente 6c celles qui l ont précedé dans la nuit de

l oubli, pour aire di paroitre les monumens de nos arts 8c ceux de nos connoi ances,& pour ramener en n les ocietés aux tems de leur premiere enfance . Nous caICUlons les e ets de la nature d apres nos moyensgelle nous paroit terrible 8C armée de tour on

Pouv0íl 2 lor quelle change quelque cho e aux loix, aux quelles

~

paroit terrible 8C armée de tour on Pouv0íl 2 lor quelle change quelque cho e aux

!Nus

MMM

pour dépouiller les relations de toutes les circon tances , que

Jomtes i

la terreur ôc la uper tition y ont

.

_ L hi mre ne ait mention d aucuns tremble

mens de terre , dont les ecou es ayent été au i vio

lentes , ô( les e ets au i de ructeurs que ceux qui

ont dé olé_ la Calabre pendant l année 1 78 3. ce.:

phénomène e t a ez ingulier , a ez impo ant par

u1 même, pour intére er le phy icien, quoique dé pouillé de tout le merveilleux, dont on a urcharge \es premieres relations , qui en ont paru ; ô( on le ferad autant mieux connoitre,qu on le réduira a es moindres mots . Les ecou es ont été d une violen

ce extrême (1) ; vorla une verité de fait , ur la v

«quelle ll ne peut y avorr aucnns doutes . Elles ont

produit,, dans la Calabte ulterieure,v des e ets néce

ai

nous la croyons oumi e, 6c qu elle agit ous nos yeux . Cepen

dant qu e l pour elle une étendue de dix lieues, ur la urface du globe ?que eroit même la di parition de nos Continens , relati vement au y leme olaire . Combien de révolutions générales

n a pas éprouve la terre que nous habitons? Combien de ois n a

t elle pas changé de forme . Nous voyons partout des ve íiges de

_ es revolutions, 8c de es

cata trophes-;noue imagination qui ne

peut les embra er toutes , e perd dans les tems anteríeurs a no tre hi oire . Le premier qui uppo a 'un déplacement dans les

eaux de l Ocean , c e i-a-dire un ordre de cho es di erent du no tre , crut avancer la propo ition la plus hardie; cependant norre' globe a peut être éprouvé vingt révoluti0ns emblables . La up po ition d une eule n explique rien . Nous marchons avec é

curité ur les débris , peut être de dix anciens mondes, 8c nous

rémi ions , lor que la nature change quelques cho es a es e ets

journaliers .

(r) Les ecou es etoient i violentes,que les hommes,qui étoient en'ra e campagne, en furent reuver e s . Les arbres, balancés ur

leurs troncs , plioient ju qu a terre , leur tête touchait le ol . Beaucoup furent arrachés , ëc d autres ca és près de terre .

qu a terre , leur tête touchait le ol . Beaucoup furent arrachés , ëc d

Mf7-'W

aires , vû les circon tances locales ; - voila une e

conde verité, qui a be oin d un peu plus de dévelO

pement , &t que je chercherai a rendre également, évidente , en decrivant la nature du ol , ô( le pays

u r lequel ont été exercés les plus grands ravages . Je deduirai dela les cau es 'pourquoi certaines Villes furent pre que exemptes du fléau général , 'quoiqu elles fu ent compri es dans l enceinte ous la quelle Paroii oieut e faire les plus grands e orts,ôcqui étoit

pres du centre des plus violentes ecou es;pourquoi

í

autres Villes tres voi ines des premieres ne pre en'L tent que des monceaux de ruines;ô( pourquoi quel ques unes en n ne lai ent plus aucuns ve tiges du . Les ecou es des tremblemens de terre de la

d

leur exi ence .

Calabre, quelques violentes-qu elles ayent été, n'ont

pas embra é un bien grand e pace , ô( paroi ent ain i avoir eu une cau e locale . Elles ont eu pour limites l extremité de la Calabre citerieure , 8c elles

n ont point exercé de ravages con iderables au déla

des COLONNES ur la' côte

de

l

e

t

,

ô(

de

1,2L

Ville l AMENTHEA ur celle de l Oue t'. Me ine ell la

du cap

eule Ville de la Sicille , qui ait partagé les de a res

du Continent ; &1 1 on a eu quelques legers re ena

e

ils n ont été que

contrecoup . C e donc dans un e pace. de trente)

lieues de longueur , ur toute la largeur de la Calañ

bre , que l on a éprouvé ce terrible tleau . Dans cet

te etendüe ,- tofus les lieux n ont pasîel uyé des e cou es de la même violence ; tous n ont pas ubi la

même de ruction . Il y a eu autant de varieté dans les e ets de ces tremblemens de terre , qu il y a eu ~

et d'un oible

timens au dela ,

-v

l

dans les e ets de ces tremblemens de terre , qu il y a eu ~

d'empla

»mt-8M

d emplacemens di erens . Tous n ont Pas eu dans le même tems des ecou es de même nature, ô( ces e ets re tent inexplicables pour ceux qui ne con

noi ent pas la nature du terrein , &les circon tan

ces locales . La Calabre ulterieure ,dans a partie inferieu re , peut être con iderée comme une pre qu isle qni

termine l Italie , ô( qui e formée par l étrang e ment des golphes opo és de SQUILACI , ô( de ainñ'

te EUPHEMIE .

Elle e traver ée par le prolonge

ment des apenins , qui décrivant un _e pece d arc de

cercle , vont ' e terminer au cap DELL ARM] , en face de TAORMINA en Sicille , Vis a vis les monts Neptu

niens , qui pourroient être regardés ,v malgré le ca nal qui les epare , comme une continuité de la mê me chaine , étant de même nature , ô( paroi ant courir ur la même direction . Au de ous du gol

de ainte EUPHEMIE , un bras des apenins ort de

he

il chaine principale ,

s étend pre que ,a angle droit,

dans la direction de l Oue , pour former le Willie.)

Promontoire que terminent les caps ZAMBRONE Ô( Vae

TICANO , ô( qui embra e le golphe de ainte EUPHE

MIE. Un autre bras ort dans la même direction, au

de ous de la gro e montagne d'ASPRAMONTF , ô( va

e terminer a la pointe dite du PEZZO , qui s avan

forme le canal

étroit , connu ous le nom

~

~.

.çant en face de la Ville de Me ine ,

de PHARE .

L

e

pece

de

ar ces montagnes e i ce qu on nom

r ba in contourné me la plaine de a Calabre , ou de MONTELEONE, ô( plus ouvent encore, implementla PLAINE . Ce nom pre ente une idée fau e , pui que le terrein , com

pris dans cet e pace ,

n

e

ni plat ni hori ontal,

pre ente une idée fau e , pui que le terrein , com pris dans cet

corn

WWW \v

comme la dénomination emblerOit l indiquer ; 'mais

il e t inégal Ô( traver é par des vallées ô( des gorges

ro ondes . ition avec les hautes montagnes qui l entourent . Le ol S abai e graduellement , depuis les montagnes du fond qui courent du Nord au Sud , ju qu au bord

Peut-être l a t on dé igné ain i par Opo

de

la mer , ou il e termine

par une plage ba e , en

orme d arc de cercle rentrant , que l'on nommeJ

e

cet e pace ren ermé ,

i dans

Ç

comme je viens de le dire ,entre trois montagnes ô(

la mer , que les e orts de la nature ont été les plus violens ; c'e t le ol malheureux qui ne pre ente plus

que les ruines des villes quis y étoient ormées; c'e t

la ou tous les habitans paroi oient devoués a une

mort certaine ô( inévitable ; c e t donc cette partie

de la Calabre que je dois plus particulierement

faire connoitre . Les _Apenins apres avoir traver é l italie , en ne

pre entant par tout qu une uite de montagnes cal-

caireS , oulèvent ici leur tête , ô( montrent a de

couvert le granit ô( la roche feuilletée , qui for

ment , a eux euls , l extremité de cette longue chaine. Ces ub tances que l'on regarde comme pri mitives , rélativement a la formation de tOuteS les " autres , au de ous des quelles elles ont pre que., toujours placées , ' embleroient O rir une ba e iné branlabl e ; ô( les montagnes_ qu elles con iituent, pé

nétrant par leurs racines ju qu au centre du globe ,

devroient être exemptes de toute vici itude ; C C

cependant es les plus aleur violentes ba e,qu , ô( 0nt ielles été même re enties n ont les pas ecou été

golphe de ?ALMA .

exemptes des mouvemens convul ifs,qui ont détruit

B

2

Tou

tout ce qui étoit a leurs pieds .

été golphe de ?ALMA . exemptes des mouvemens convul ifs,qui ont détruit B 2 Tou tout

\PT-LOW

Toute la partie des Apenins , qui domine le fond de la plaine , ô( dont quelques ommets , ou grouppes plus 'elevés portent les noms di inctifs de MONTE JEJO , MONTE SAGRA , MONTE CAULONE , MONTE

ESOPE , ASPRAMONTE SCC. , e formée pre que entiere

ment d un granit dur , olide , compo é de trois par

ties quartz, feld path blanc , &mica noir -. C e i

pre que le eul genre. de pierre , dont on trouve les'

débris aux pieds des montagnes , c e t le eul que., roulent les torrens; ô( c e t celui dont ont bâtis

tous ceux-des édi ces de la plaine , dans les quels on

a employé des materiaux. olides (1) . Sur quelques

ma es de ce granit, ur la croupe de quelques mOn-_

tagnes 8C ur quelques ommités, ont attachés quel ques bancs de pierres calcaires , qui paroi ent com

me les re tes d un revêtement plus con iderable , que

le tems ou les eaux ont détruit . On

trouve au i

uelques ommets des roches de corne ô( des

ur

chprls écailleux ( hornnblende ), on en voit des frag

mens. dans les ruines de TERRA NOVA , OPIDO ô( SAN

TA CRISTINA . La pente de ces

>

montagnes e l tres ra

pide,

(I) Les materiaux pour bâtir ont ort rares dans toute cettLJ .~ partie de la Calabre . Les mai ons des riches 8c les Egli es ont

con iruites avec les cailloux

rouléspar les torrens ~, ,les ceintres

les montagnes,

des portes 8c des fenêtres ont de granit taillé dans

ôt par con equent fort chers a cau e de la main d oeuvre dc des tran ports . Les mai ons des pauvres & les murs de cloture ont faits avec de l argille melée de able 8( de paille pétris en em ble , mi e ous la forme de brique 3c echée au oleil. Cettç_,

di ette de materiaux empecherav de changer la po itíon de beau

_co up de Villes qui eroient mieux ituées quelques milles plus loin , mais dont les habitans ne veulent pas s elbigner , e perant trouver dans les debrís de leurs anciennes habitations de quoi

bâtir de nouvelles mai ons.

elbigner , e perant trouver dans les debrís de leurs anciennes habitations de quoi bâtir de

*T sth

pide , leur ommet e t décharné , ô( l acceà de plu

ieurs e impraticable . Elles ont cet a pect de viel

le e , 8C de dégradation , que l on ob erve dans tou tes les montagnes. du même genre . Sur le prolon

gement de leur ba e , e ont établis ucce ivement,

com-me_ par depôt ô( ur une tres grande épai eur , b

des couches de able quartzeux , de galets , d argil

le gri e ô( blanchatre , ô( de grains de feld path 8C

de mica provenants de la décompo ition des granits.

Le tout e t mêlé de coquillesôcde ag mens de cor s

marius . Cet amas de matieres , qui n ont point

e

liai ons entr elles

ô(

qui

ont ans

con i tance ,-

pa

roit être' un depôt dela mer , qui pou sée parles vents d Oue t a enta sé au pied de ces montagnes ,

contre ,les quelles elle venoit batre dans un-tems fort

anterieur a l état actuel des cho es , les detritus des

ommets uperieurs ÔC les corps que on mouvement

de uctuation lui fai oit apporter de ort loin . Ce depôt , d abord hori ontal , du Nord au Sud 8C incliné de l e t al Oue t , comme il le paroit par la direction des conches , a été en uite modelé , oit elle même , oit par les dégradations des torrens ' uperieurs , ô( il a formé

par les courans de la mer

cette uite de collines , de vallées ô( dé plaines , qui

urbai sées les unes au de ous des autres , vont e

terminer par une plage ba e ur le bord de la mer .

Les progrès ô( les depoüilles de la végétation , ô(

d autres cau es que je ne connois pas ., ont établi

ur cette ba e mobile , une couche de terre végéta le tenace , argileu , 8c qui e , a noire depuis ou ideux rougeatre ju qu , a très quatre forte, ô( cinq très

pieds d épai eur . Cette e péce d écorce donne un

~

'

B

3

.

, a très quatre forte, ô( cinq très pieds d épai eur . Cette e péce

e?

.fo-N

_M

-

,

,1'

eu de olidité a ce ol , qui e trouve encore lié par

es racines nombreu es des arbres qui pou ent a à_, urface . Ces racines pénètrent très profondément , pour allerchercher l humidité , que con erve tou

jours la partie inferieure de ce able . Cette partie de la Calabre e i aro ée par les eaux des montagnes upérieures , qui ont tres abon

.

dantes pendant l hyver ô( le printems, 81.' qui, apres les pluies ô( la fonte des neiges , e precipitent par torrents dans la PLAINE .-Elles entraînent alors tout ce

qu elles trouvent ur leur pa age , ô( lor qu elles

ont commencé a ouvrir un illon dans la terre végé

tale , elles approfondi ent ai ément leurs lits dans un ol qui ne pre ente plus aucune ré i ance . Elles creu ent ain i des gorges d une profondeur eXtrême ,

quelqùefois de x cents pieds . Mais leurs encai e_ ments re tent toujours e carpés & pre que perpendi

uperleure , entre

CUlaires ~; parceque la couche

la sée de racines , retient les terres qui ont-au de ous , ôc les empêche de s ébouler pour prendre leur talus ñ. Tout le pays e t donc illo nné ô( coupé par

des ravins , .plus ~ou moins larges ô( profonds , ou

coulent de, petites rivieres , dont les eaux e reuni

ent , pour former les deux euves METRAMO ÔC PE TRACE . Ces fleUVes débouchent dans la mer a_ peu

de di tance l un de l autre , apres avoir traver é la.s 'partie inferieure de la plaine , dont leurs attéri e

ments ont augmenté 8C augmentent encore journel lement l étendue , comme on peut l ob erver a leur

embouchure . Leurs rives qui ont de la plus gran _de fertilité ô( qui ont u ceptibles d être aro ées *, ne ont pas cependant la partie la plus cultivée de ce beau

ô( qui ont u ceptibles d être aro ées *, ne ont pas cependant la partie

,beau pays , on

vais air .

n

o

e

W2

ng

pas les habiter a cau e

du mau

Cette dégradation operée par les eauxa pro

duit deux e ets . Elle a d abord formé un tres grand'

nombre de gorges ô( de vallées , qui ont divi é ÔC morcellé l ancien ol . Quelques unes de ces vallées

ont devenues u ceptibles de culture ; les autres S y.

refu ent encore , parceque les inondations de cha

que année les recouVrent de able , de graviEr ô( des debris des terreins uperieurs. Pre que toutes ont

encai ées par des e carpements' tres hauts , embla bles a des murs; quelques uns de ces encai sements

ayant acquis un peu de talus , e ont couverts d ar

bres n ont a pente nece aire pour outenir les terres ur une ba e proportionée a leur hauteur. Les parties de

ui contribuent a leur olidité; mais aucuns

l ancienne plaine,qui n ont pas été dégradées par les

ont re ées au de us de ces valons ,

eaux , ment_ des plataux , dont les hauteurs e core pon

dent , qui ont plus on moins étendus , ô( qui ont toujours environnés des ravins que jeviens de décrire .

Quelques uns de ces plateaux , parfaitement i olés ,

re emblent a ces montagnes calcaires a ommet ap

plat ii , que l On voit ' ouvent dans les plaines, ô( dont

es couches core pondent a celles des hauteurs voi i nes. La nature a pu,par un mouvement violent de u ctuation dans la ma e des eaux de la me'r,operer and

ciennement ur les ols a noyaux calcaires , plus mous qu ils ne le ont aujourdhui , ce qu elle fait ous nos

yeux Cettedans lespartieplainesde laabloneuCalabre es ,dedontla jeCalabreviens

ô( y for-v

de

ï

donner une legere idée , e la plus riche , tant par'

'

B

4.

la je Calabre viens ô( y for-v de ï donner une legere idée , e la

l'éton

W24-W

'l étonnante ifertilité de on ol, que parla varie-té de

es productions (1) . Elle e au l la plus peuplée.; .

Un nombre'immen e de villes , bourgs ô( Villages , e ont repandus ur a urface: beaucoup etoient itués ur les coteaux au pied de la grande chaine.,- ; y

quelqües uns ur ces portions de plateaux , 'que les eaux ont re pecté , ô( dont j ai déja parlé ; d autres en n ur de petites plaines inclinées, qui de loin do

minent la mer . Deux eules Villes ont maritimes ,'

PALM] 8C BAGNARA . On s etoit de préférence placé our avoir l avantage# d un meilleur air , d une po ition 'plus agréable', ô( d une 'viie plus etendue . Mais 'lu ieurs de ces Vil Ies,pour n être' _pas trop eloignées des eaux qui cou

dans les ituations elevées ,

~

_

.

~ loient

~ (r) On ne peut pas e former l idée dela grande fertilité de la'

Calabre, urtout de la partie dite la PLAINE . Elle e l au deilus de tout ce qu on peut s imaginer.Les champs couverts d Oliviers, les plus grands qui exi ent nulle part, _ ont encore u ceptibles d être cn emencés . Les vignes chargent de leurs pampres les arbres de orts . Le ble a une Valle forêll,par la quantite d argres dont il e couvert ,

pay s re emñ'

di erentes e peces , ans nui re a leur rap

8c cependant il donne encore du bled pour nourir es habitans. ll

cil propre a toutes _e peces de productions , 8c la nature y pre.

vient les de irs du cultivateur . Les bras n y ont jamais a ez nombreux pour recueillir 'toutes les olives, qui ni ent par pour-r les mois

rit' aux pieds des arbres dans

de Fevrier 6C Mars . Dès

bandes d étrangers, de Siciliensviennent, pour lors, aider a en ,

faire la recolte , 8c partagent avec les proprietaires . L huile e le _

principal objet d exportation , 8C on peut dire qu il en ort tou

tes les années un euve de la PLAINE de Calabre . Dans les autres ~ parties, le principal produit e la oie , il s y en fait une tresi grande quantité . Par tout .les vins ont bons 8C tres abondants

Le peuple eroit en n

i

.

.

le plus heureux de la terre

.

. mais

il

n entre pas dans mon plan de faire la critique , ou du gouverne ment , ou des' eigneurs particuliers qui ont de va ies po e ons ~

en .Calabre .

'

'

ou du gouverne ment , ou des' eigneurs particuliers qui ont de va ies po e

|

WWW

loiént dans las vallées s etoient etablie's auprès des e carpemens , ur le bord des ravins . Cette- po

tion a occa ionné les circon tances' ingulieres ,dont leurs ruines furent accompagnées r

Le bras des Apenins -,

que

ai

dit s étendre a.

j angle droit pour former un corps de montagne ou un pro montoire terminé par le cap' ZAMERONE ô( VATI'

CANO , a également pour ba e ô( pour noyeau 1L

,

granit ; .mais cette roche n y e t pas partout égale d.

ment a decouvert . Elle paroit a nud dans les e carñ:

pemens qui aCcompagnent la co e , entre les caps

ZAMBRONE ô( VATICANO ;~ elle y e en ma es enor mes , dans les quelles je

n ai jamais pu decouvrir ,~

ni couches , ni ordre imétrique . Ce granit e

tresdur ; on grain Ô( a compo ition ont les mê

mes que celui des montagnes , qui cecupent le;

fond de la plaine lépipedes,te par une produite pece ded uneprécipitationcry alli ation(1) . confu _e , ai ~

On y voit de grandes taches paral

~ Ce promontoire , que je nomme-rai de tropea,

a

a cau e de la Ville

qui

e

les deux caps ,

bâtie au del ous

va en retrait depuis

a

ba

e

ju

entre

qu

on ommet , 8C il pre ente quatre petites plaines ,

pro

(r) On exploite ce granit g o n en ait des marches d e Caliers,'

. des cuves pour les fontaines 8c autres ouvrages de ce genre . Je -VOítàNa

croirois qu une partie des colonnes de granit 'que l

ples , 8c dans plu ieurs Villes de la Sicille , 6c qu n décote du

nom de granit' oriental , quoiqu il n en ait pas la' couleur-'rouge ,

a été tlré de ces rochers . en les parcourant , j ai trouvé , dans un

e carpement ' ur le bord dela mer , au de ous du village dg,

parghelia, une anCÎEnne carriere, ou il y a enèore plu ieurs belles ~ &grandes colonnes toutes taillées,quelques àurres commencéesz

&- des fragm'cns de beaucoup qui s étoisnt rompucs pendant le

travail

,

.

r

àurres commencéesz &- des fragm'cns de beaucoup qui s étoisnt rompucs pendant le travail , .

.

\

"MMM

prolongées d un cap; a l autre,en terra es comme les

marches d un amphitheatre , 8c eparées par des

Coteaux rapides . On y uit le gradation des marie res dont le c0rps de la montagne e i: compo é . Le granit olide forme le premier échelon (1); .au de us , e une tres grande épai seur de granit décomd, po é , dont les grains ont perdu leur adherence , 8C

ui e détruit au moindre choc . Dans cette e ece

:ie roche pourrie , les eaux ont ouvert de pro onds

ravins , urtout dans la partie du cap ZAMBRONE ,- ou

elles

(r) Au milieu de la plaine fertile, qui ferme le premier eche lon dela montagne de TROPEA,e le petit bourg de PARGHEUA,

remarquable par l indu rie de es habitans , dont le caractere con'

tra e avec celui, de's autres Calabrois . IIS ont tous adonnés au

commerce étranger i. Ils partent le printems 8c e repandent en

Lombardie , en France , en E pagne, en Allemagne . Il y tra

quent, non le produit de leurs terres qui fourni ent peu d objets

d exportationsgmaís des Marchandi es d un tran port acile,_ telles que des e ences, des oyes , des couvertures de coton tres bien a

travaillées &C- qu ils achètent dans les autres parties de la Cala

bre : 8c ils portent en retour quelques'objets de luxe , qu ils re pandent en uite dans la province . Le village e' de ert pendant

l été. Les femmes 8c les viellards ont la recolte, 8c pendant l an.

tomne les hommes revimnent dépo er chez eux les pro ts dz,

leur indu trie , 8C en emencer leurs terres . Pre que tous parlent

François; leurs manieres ont moins dures , leurs m urs moins

auvages que celles de leurs voi ins d Ils joui ent des petites ai ances de la vie inconniíes a leurs compatriotes . Il e i a remar quer: que quoique les femmes ne oyent jamais des voyages ,l e

pece e re ent en quelques manieres , des cour es 8c dela fre

quentation _des hommes dans les pays etrangers d Les hommes ~ ont grands ,des femmes lbnt jolies , 8,( ont un teint très blanc; quelques unes ont_ les yeux bleiinga beauté des femmes de ce vil

lage -e i citée dans tons les environs . Une autre cho e au i ingu

liere , c e que l exemple de PARAGHELIA ne e communique pas

qu a demie lieue, 8c que toute

l indu rîe de la Calabre oit renferme e dans ce petit bourg .

ala ville de

TRO_P_EA ,, qui n

en

e

que toute l indu rîe de la Calabre oit renferme e dans ce petit bourg .

"f N27

.

«V

elle-s ont ait des coupures e rayantes , 'qui péné trent toute l épai eur de la montagne ~, mais dont

les bords , quoique très rapides , ont pris cependant un peu de talus , n ayant pas comme dans la plaine une croute olide qui outienne les terres , ô( qui s oppo e aux éboulemens . Sur le granit en décom

po ition e une couche de plu ieurs centaines de

pieds dépai eur, formée d un beau able quartzeux blanc , dans lequel j ai trouvée beaucoup de corps

marins ô( urtout une grande quantité de uperbes échinometres . En n la partie la plus haute de cette montagne , celle qui forme on ommet ,' e une pierre _calcaire blanche à bancs hori ontaux . Ce

ommet aplati , ur lequel domine la eule monta

gne calcaire -, i olée , ditte PORO , qui porte les rui

nes d un anCÎen

ne ineg-ale , qui e rolonge ju qu a la grande chai-~

ne , en pa ant del ons MONTELEONE . Mais ce haut

chateau , orme une e pece de plai

'plateau ne partage pas la fertilité' des plaines ô( des .