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MINI PLANTA SOLAR DEL GUAMO

La petite installation solaire décrite dans ce compte-rendu appartient à la communauté d’El Guamo. Cette communauté, située non loin de Rio Sucio, se trouve sur les bords d’un affluent de la rivière Atrato dans la région du Chocó, en Colombie. Cette petite installation a été mise en place en 2009 par Oliver Style qui travaille pour l’organisation ITACA et la Pastoral Social en Salud, deux projets de l’ONG Concern America (ITACA, une organisation centrée sur des projets ponctuels, fait partie de l’ONG Concern America).

ponctuels, fait partie de l’ONG Concern America ). Source : Informe tecnico sistemas SFV Colombia –

Source : Informe tecnico sistemas SFV Colombia – ITACA – Oliver Style

Lors de ma première visite dans le Chocó dans le cadre de mon volontariat de trois mois pour le CINEP en Colombie, j’ai fait la connaissance d’Oliver Style, un jeune anglo-mexicain œuvrant pour le développement technique et social des personnes qui en sont le plus dépourvues.

Présent à Rio Sucio pour former du personnel local dans le domaine de l’énergie Solaire photovoltaïque il assiste également les gens qu’il forme pour installer des panneaux solaires dans de petites communautés difficilement accessibles du Bajo Atrato. Ce dernier me proposa ainsi de l’accompagner pour aller visiter l’installation d’El Guamo mise en place quelques mois auparavant. Je m’empresse d’accepter l’invitation et nous nous rendons donc a la dite communauté en empruntant la traditionnelle « lancha ». Apres trois heures de voyage, nous abordons El Guamo ou fleurissent de toute part les platanos, aliment de base des chocoanos.

de toute part les platanos, aliment de base des chocoanos. Nous sommes accueillis par Alberto Gonzalez

Nous sommes accueillis par Alberto Gonzalez et Victor Perez, les deux « techniciens » qu’Oliver a forme en mai dernier (nous sommes en février 2010) pour s’occuper de l’installation. Nous nous dirigeons ensuite vers le centre de sante qui abrite l’installation solaire.

Cette dernière se compose de :

- deux panneaux solaires de 130W

- un régulateur de charge de 10A

- quatre batteries de 105 A/h

- un inverseur de charge de 1000W

Le schéma suivant présente le principe de l’installation et les photos permettent d’illustrer chacun des composants :

Source : Informe tecnico sistemas SFV Colombia – ITACA – Oliver Style
Source : Informe tecnico sistemas SFV Colombia – ITACA – Oliver Style
Source : Informe tecnico sistemas SFV Colombia – ITACA – Oliver Style
Source : Informe tecnico sistemas SFV Colombia – ITACA – Oliver Style

Source : Informe tecnico sistemas SFV Colombia – ITACA – Oliver Style

Source : Informe tecnico sistemas SFV Colombia – ITACA – Oliver Style

Le principe est simple, l’énergie solaire récupérée par les deux panneaux (présence d’un paratonnerre en cas de foudre) est transformée en énergie électrique et indirectement transmise au régulateur (il existe un interrupteur qui permet de couper la liaison en cas de mauvais temps pour éviter toute surtension ainsi qu’un fusible thermo électrique charge de protéger le régulateur en cas de surcharge). Ensuite, le régulateur contrôle le chargement des batteries et régule la vitesse de charge. Un code couleur transmis par des LED permet de connaitre l’état de charge des batteries. Alors que les batteries se charge en courant continu (DC), l’inverseur de charge permet de faire passer ce courant en alternatif (AC) et d’alimenter le réseau du poste de sante en 120V (puissance continue de 1000W capable d’alimenter quelques petits appareils et d’éclairer le poste). La aussi l’inverseur est protégé par un fusible et un interrupteur. L’inverseur est aussi pourvu d’un chargeur alternatif indépendant au cas où l’alimentation des batteries se ferait par une source extérieure autre que solaire.

Dans les conditions d’humidité et de chaleur ambiantes et si la maintenance est bien faite, une telle installation peut durer une quinzaine d’années. La durée de vie des batteries n’est cependant que de cinq ans.

Il est difficile de trouver ce type de matériel en Colombie car la filière solaire est peu développée. Ainsi, la majorité du matériel est importée d’Europe ou des Etats-Unis, ce qui augmente les couts. De même, la région est difficilement accessible on l’a vu, la encore il s’ensuivra une augmentation des couts. Au final, une telle installation coute autour de 4000 euros, matériel, installation et transport compris.

Pour que l’installation soit pérenne et bien entretenue, Oliver a également forme Alberto et Victor, deux jeunes volontaires de la communauté sur le thème de l’énergie solaire et des petites installations photovoltaïques.

solaire et des petites installations photovoltaïques. Source : Memoria curso solar Mayo 2009 – ITACA –

Source : Memoria curso solar Mayo 2009 – ITACA – Oliver Style

Enfin, un atelier de sensibilisation a l’énergie solaire photovoltaïque a été propose a la communauté entière et plus d’une quinzaine de personnes ont ainsi assisté a cette présentation.

Entretien avec Oliver Style

Dans le cadre de cette visite, j’ai trouve intéressant d’en savoir plus sur le métier d’Olivier et je lui ai donc pose quelques questions sous la forme d’un court entretien.

Pourrais-tu me donner l’intitulé exact de ton emploi et m’expliquer ce que cela comporte ?

Je suis Coordinateur de formation en technologies appropriées 1 (Coordinador de capacitacion en tecnologias apropriadas). C'est-à-dire que je forme les propres utilisateurs des technologies que j’installe tout en m’assurant que ces technologies sont adaptées aux conditions de la région. Je travaille pour ITACA (une organisation de l’ONG Concern America) dont les domaines d’activité sont l’eau, l’assainissement, l’électricité et la construction entre autres (note personnelle : cette organisation voue son action au développement des personnes et communautés qui n’ont pas accès aux ressources de base et qui n’ont pas les moyens de décider librement comment elles veulent vivre).

Je réside en Equateur et je suis souvent amène à rayonner entre ce pays et la Colombie pour mon travail.

Quel est la méthode de travail générale pour la mise en place d’un projet quel qu’il soit ?

Tout d’abord, informer les utilisateurs en leur expliquant les principes basiques d’une telle installation et trouver et former un ou plusieurs technicien(s) qui sera en charge de l’installation. Puis, identifier les besoins et dimensionner l’installation. Enfin, mettre au point l’installation et la réaliser.

Comment cela s’est-il déroule pour le projet de panneaux solaires photovoltaïques (PV) d’El Guamo ?

Apres mes premières visites en mai, nous avons directement mis en place des ateliers de sensibilisation et d’éducation populaire de la communauté. Des ce moment la, a également eu lieu la formation d’Alberto et Victor. Au final, la création du poste de sante et l’installation complète du système des panneaux PV ne s’est faite qu’en octobre. La visite que nous venons d’effectuer m’a permis de vérifier que le système fonctionne et qu’une maintenance régulière est bien faite.

Comment vois-tu la suite de ton travail ici dans les communautés du Bajo Atrato dans le Chocó ?

Plusieurs ONG et organisations sont intéressées par ce type d’installation mais ne passe pas encore le pas du fait de son prix élevé (note personnelle : l’installation d’El Guamo a été finance par GRAMC et la mairie de Palafrugell, Catalogne, Espagne). Les 4 ou 5 centrales électriques solaires installées jusque la sont en quelque sorte des installations pilotes afin de tester la résistance de la technologie aux conditions climatiques locales.

1 Une approche flexible et participative pour développer des technologies économiquement viables, applicables localement et soutenables.

Depuis combien de temps travailles-tu dans ce domaine et quelle formation as-tu ?

J’ai appris sur le tas avec des personnes plus expérimentées, cela fait déjà 10 ans que j’installe ce genre de matériel. Je travaillais avant sur le projet PISTA au Mexique, un autre programme de l’ONG Concern America, je ne travaille pour l’organisation ITACA que depuis 2 ans.

Pourquoi exerces-tu ce travail finalement ?

J’aime le terrain et le contact avec les gens. Cela me permet également de voir directement les résultats de ce que je produis et j’aime voir apprendre les personnes que je forme et apprendre d’eux en retour. Je travaille parfois dans des zones difficiles avec des contextes particuliers, comme le Chocó, c’est aussi un défi et je rencontre souvent dans ces endroits des gens avec beaucoup de capacités qui n’ont pas l’opportunité de les exprimer. C’est pour eux une expérience très positive de pouvoir décider de leur propre développement.

positive de pouvoir décider de leur propre développement. Source : Oliver Style – Photo d’Olivier Style

Source : Oliver Style – Photo d’Olivier Style en face du centre de sante de la communauté d’El GUamo

Pour les détails techniques et les chiffres lies à l’installation, se reporter aux sites internet suivants :

Site d’ITACA: http://www.itacanet.org/

Site de Concern America: http://www.concernamerica.org

Contact d’Oliver Style: itaca2010@gmail.com