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L’exercice du cas pratique semble bénéficier de la faveur des étudiants.

Il demande pourtant rigueur et


maîtrise des connaissances juridiques au même titre que le commentaire d’arrêt et la dissertation. Voici donc
quelques conseils sur la méthode à appliquer à la résolution des cas pratiques.

Le cas pratique est généralement considéré par les étudiants comme un exercice relativement facile ou, du
moins, plus facile que le commentaire d’arrêt ou la dissertation. Cette croyance vient sans doute de ce que le cas
pratique, par les questions concrètes qu’il pose, suggèrerait plus nettement à l’étudiant la marche à suivre. Cette
conception mérite d’être combattue parce que largement inexacte. Il faut en effet d’emblée dire qu’un bon cas
pratique suppose, non pas de répondre en quelques lignes à la ou aux question(s) posée(s) par « oui » ou par «
non », mais d’exposer une argumentation juridique complète. Autrement dit, ce qui compte, c’est moins la
réponse finale en tant que telle à la question posée que la manière d’y parvenir. Le cas pratique est, comme les
autres exercices juridiques, un exercice destiné à mesurer les capacités de raisonnement de l’étudiant et, bien
évidemment, sa connaissance du cours correspondant à la matière considérée. Ce point est véritablement
essentiel, trop d’étudiants choisissant le cas pratique en pensant que leurs lacunes du point de vue de la
connaissance du cours passeront plus « inaperçues » ici qu’ailleurs. C’est faux, et l’on serait même tenté de
croire que le commentaire d’arrêt ou la dissertation peuvent donner la possibilité à l’étudiant de faire quelques
remarques originales et pertinentes alors même que ses connaissances ne seraient que «moyennes » ce qui ne
veut, on s’en doute, pas dire pour autant, loin s’en faut, qu’un bon commentaire ou qu’une bonne dissertation ne
suppose pas des connaissances solides. Si donc la maîtrise du cours est la première condition, nécessaire, au cas
pratique, il reste qu’un minimum de rigueur du point de vue de la méthode facilitera la réalisation de l’exercice
et, surtout, le rendra, pour le correcteur, plus clair et donc plus facilement intelligible. Voici rapidement exposés
les aspects essentiels de la méthode du cas pratique.

I. Les faits

Après avoir lu attentivement les faits du cas pratique (ce qui peut paraître relever de l’évidence et pourtant…) et
en avoir recensé, au fur et à mesure, les éléments essentiels, il faut, très brièvement, les résumer.

II. Mise en évidence des questions soulevées

Il convient ensuite de répondre à la question ou aux question(s) posée(s). S’il y en a plusieurs, on les prendra les
unes après les autres et les traitera en suivant la méthode donnée ci-après (v. infra III). Si, en revanche, il n’y a
qu’une question, c’est que l’on attend de l’étudiant qu’il dégage lui-même les « sous-questions » que pose le cas
pratique. Il faut donc, dans ce cas, prendre le temps de les mettre en évidence. Ainsi, pour n’en donner qu’un
exemple, il se peut, dans un cas pratique portant sur le droit de la famille, qu’il soit seulement demandé comment
l’un des époux peut sortir des liens du mariage. Or, pour répondre à cette question, il faut en dégager plusieurs
qui structureront l’argumentation. Aussi se demandera-t-on si le mariage est susceptible d’être annulé pour
erreur par exemple (première question), si tel ou tel cas de divorce peut en l’espèce être invoqué avec succès
(deuxième question), etc. Chacune des questions ainsi isolée devra ensuite faire l’objet de développements
spécifiques : après avoir posé la première question (pour reprendre notre exemple : « I. La nullité du mariage
pour erreur »), on y répondra entièrement selon la méthode donnée ci-dessous et, une fois épuisée, on traitera la
deuxième (« II. Le divorce pour rupture de la vie commune »), et ainsi de suite…

III. Résolution du cas

Pour traiter chacune des questions envisagées, les développements devront comporter trois parties :

A.– Les éléments théoriques de solution

Il s’agit, sous cette rubrique, d’exposer les éléments théoriques qui intéressent la question posée. Ce point est
essentiel et c’est même lui qui, pour une large part, conditionne la note attribuée au devoir. C’est donc ici que
l’étudiant devra exploiter ses connaissances en les exposant de façon claire, faisant part des textes et des apports
de la jurisprudence, etc. Il ne faut pas hésiter à en dire beaucoup.

B.– La mise en relation avec les faits

Il s’agit cette fois, en faisant le lien avec ce qui précède (aller à la ligne et commencer cette nouvelle rubrique par
« en l’espèce… »), de vérifier si les solutions théoriques visées plus haut sont, en l’espèce, c’est-à-dire compte
tenu des faits du cas pratique, applicables et pour quelles raisons.
C.– La solution

Cette dernière rubrique est brève. Il s’agit de conclure et donc de répondre de façon très synthétique à la question
posée : « Compte tenu de ce qui vient d’être exposé, il paraît peu probable que l’épouse X puisse obtenir la
nullité du mariage pour erreur. Il convient cependant de se demander, à présent, quelles sont ses chances
d’obtenir la dissolution du mariage par divorce… ». On reprendra cette méthode autant de fois qu’il y a de
questions à traiter, qu’elles aient été explicitement posées dans l’énoncé du cas pratique ou dégagées par
l’étudiant

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