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Office fédéral des routes

Directive

Domaine ouvrages d'art

Joints de chaussée en bitume-polymère

Office fédéral des routes Directive Domaine ouvrages d'art Joints de chaussée en bitume-polymère Edition 2005

Edition 2005

Bundesamt für Strassen • Office fédéral des routes ASTRA • OFROU USTRA • UVIAS Ufficio

Bundesamt für Strassen • Office fédéral des routes ASTRA • OFROU

USTRA • UVIAS

Ufficio federale delle strade • Uffizi federal da vias

Eidg. Dep. für Umwelt, Verkehr, Energie und Kommunikation • Dép. fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication Dip. federale dell’ambiente, dei trasporti, dell’energia e delle comunicazioni • Dep. federal da l'ambient, dals transports, da l'energia e da la communicaziun

Directive

Joints de chaussée en bitume-polymère

Impressum

Membres du groupe de travail "Joints de chaussée en bitume-polymère"

M.

Gut, ingénieur cantonal du canton de Nidwald, Stans (président)

H.

Fleischer, Service des routes et des autoroutes du canton de Vaud, Lausanne

S.

Hean, LFEM, Constructions routières / étanchéités, Dübendorf

J.P. Joris, Office fédéral des routes (OFROU), Berne

P.

Lehmann, CES Bauingenieur AG, Sarnen (mandataire)

D.

Delacroix, IG "Joints de chaussée"

U.

Haldemann, IG "Joints de chaussée" (jusqu'en 2003)

R.

Glanzmann, IG "Joints de chaussée" (à partir de 2004)

Editeur Office fédéral des routes OFROU, Division réseaux routiers; Domaine Standards, recherche, sécurité, 3003 Berne

Lieu, année

Berne, 2005

Distributeur OFCL, distribution de publications, CH-3003 Berne, Fax 031 325 50 58, www.bbl.admin.ch/bundespublikationen N° d'art. 806.315.f Téléchargeable sous : www.astra.admin.ch

Prix (version imprimée) CHF 50.

© "ASTRA" eingeben (sofern ASTRA Herausgeber ist) 2005, reproduction autorisée avec citation de la source.

ENTRÉE EN VIGUEUR

Cette directive entre en vigueur le 31 juillet 2005.

ABROGATION

Avec l'entrée en vigueur de cette directive, l'édition 1998 de la directive "Joints de chaussée en bitume-polymère" est abrogée.

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Table des matières

Avant-propos

6

Avant-propos à la première édition

7

0. Généralités

8

0.1

Introduction

8

0.2 Champ d'application

8

0.3 Compétences

9

0.4 Entrée en vigueur et validité

10

0.5 Autres prescriptions en vigueur

10

1. Terminologie

12

1.1 Termes généraux

12

1.2 Termes spécifiques

13

1.3 Equivalence des termes

15

2. Utilisation des joints de chaussée en bitume-polymère

16

2.1 Indications quant au choix du groupe de systèmes

16

2.2 Domaine d'utilisation

18

2.3 Critères spécifiques relatifs à l'ouvrage

18

2.4 Limites d'utilisation

20

2.5 Exigences minimales pour l'examen initial relatives aux matériaux, au remplissage de la réservation et au système

22

3. Principes du système

25

3.1 Généralités

25

3.2 Eléments constitutifs du joint de chaussée en bitume-polymère

26

3.3

Drainage

27

3.4

Exemple pratique

28

4. Matériaux

31

4.1 Généralités

31

4.2 Plaque de pontage

31

4.3 Tôle de fermeture

31

4.4 Profil d'étanchéité

31

4.5 Géotextile

32

4.6 Couche d'accrochage

32

4.7 Liant

32

4.8 Granulats

32

5. Mise en oeuvre

33

5.1 Généralités

33

5.2 Confection de la réservation

33

5.3 Pose du joint de chaussée

34

6. Essais et surveillance

37

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6.2 Compétences pour les essais et la surveillance

37

6.3 Examen initial

38

6.4 Preuve de conformité

38

6.5 Surveillance interne pendant l'exécution des travaux

38

6.6 Surveillance selon le plan de contrôle

39

6.7 Contrôles de qualité et essais contradictoires

39

6.8 Récapitulation des contrôles et des essais

40

6.9 Reconnaissance réciproque Allemagne - Suisse

40

6.10 Liste comparative des spécifications d'essais suisses et allemandes

42

Annexes

Annexe 1 :

Liste de contrôle des instructions de mise en oeuvre

Annexe 2 :

Exemple de calcul des mouvements horizontaux des joints de chaussée

Annexe 3 :

Technische Prüfvorschriften (Spécifications d'essais)

Annexe 4 :

Procès-verbal de mise en oeuvre

Annexe 5 :

Caractéristiques de l'ouvrage

Annexe 6 :

Documentation photographique "mise en oeuvre"

Annexe 7 :

Documentation photographique "défauts et dégâts"

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AVANT-PROPOS

En publiant la directive "Joints de chaussée en bitume-polymère" en 1998, l'OFROU s'est aventurée en territoire inconnu. Pour la première fois en effet, une directive a été établie en collaboration étroite avec notre voisin du nord, l'Allemagne. Les deux pays avaient alors le but commun de promouvoir les joints de chaussée de ce type tout en augmentant leur quali- té. Malgré les avantages non contestés de ces joints de chaussées étanches et légers, les maîtres de l'ouvrage montraient de la retenue, trop de dégâts devant être constatés. La publication de cette directive a permis de fixer à tous les intéressés des règles claires que les maîtres de l'ouvrage, les ingénieurs et les entreprises doivent observer. La prolifération des méthodes de mise en œuvre a ainsi été stoppée. Depuis lors, le nombre de dégâts a diminué, au grand plaisir des intéressés. Grâce à cette diminution, moins de travaux de ga- rantie ont dû être exécutés, avec pour conséquence moins de nuisances pour les maîtres de l'ouvrage, les entrepreneurs et les usagers de la route. L'examen initial a aussi eu un effet positif puisqu'il a réglé les contrôles de qualité internes en usine (CQU) et la surveillance externe (SUE). Comme en 1998, un groupe de travail dirigé par M. Gut, ingénieur cantonal du canton de Nidwald, a été chargé de la refonte de la directive. On a tenu compte des connaissances de ces dernières années qui, pour autant qu'elles fussent importantes, ont été incluses dans la nouvelle édition. Nous remercions Monsieur Gut et les membres du groupe de travail de leur engagement.

OFFICE FÉDÉRAL DES ROUTES

Rudolf Dieterle

Directeur

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AVANT-PROPOS A LA PREMIÈRE ÉDITION

Des joints de chaussée en bitume-polymère ont été réalisés en nombre croissant en Suisse depuis 1987. Ils s'utilisent essentiellement pour les ponts de longueur limitée. Si on a de plus en plus recours à ces systèmes, c'est parce qu'ils répondent d'une part aux critères d'étan- chéité et de planéité et que d'autre part ils sont faciles à mettre en oeuvre: un joint de chaus- sée se réalise aisément en deux jours seulement (non compris la démolition de l'ancien joint et les travaux de bétonnage éventuels).

Le système, si simple soit-il, n'est pas libre d'embûches, comme le confirme le rapport de re- cherche "Stand der Technik von Fahrbahnübergängen aus Polymerbitumen" (VSS no. 509, 1994) de P. Lehmann. Il s'est avéré que les connaissances imparfaites des intervenants, des maîtres d'ouvrage aux ingénieurs et aux entrepreneurs, ont conduit à de fâcheuses pannes.

En Allemagne, devant une situation analogue, on décida de rédiger les "Zusätzliche Techni- sche Vertragsbedingungen und Richtlinien für die Herstellung von Fahrbahnübergängen aus Asphalt ZTV-BEL-FÜ", tâche confiée à un groupe de travail sous la houlette du Ministère des transports. En même temps se constituait en Suisse un groupe de travail, ayant pour mission la préparation d'une directive pour l'exécution de joints de chaussée en bitume-polymère. Ce groupe de travail a été présidé par M. Gut, ingénieur cantonal de Nidwald, assisté sur le plan technique par P. Lehmann, lui-même membre du groupe de travail allemand, ce qui permit d'harmoniser les exigences des deux pays.

La présente directive s'adresse à tous les intervenants. Elle est en accord avec la directive allemande ZTV-BEL-FÜ: Les essais et la surveillance ont été fixés conjointement par la BAM à Berlin et le LFEM de Dübendorf, ce qui fait que l'acceptation des systèmes dans l'un ou l'autre des deux pays ne nécessite que quelques essais complémentaires, tous les essais si- milaires et équivalents étant reconnus réciproquement par les deux institutions.

Nous remercions les membres du groupe de travail de leur précieuse collaboration et le can- ton de Nidwald pour sa contribution personnelle et financière.

OFFICE FEDERAL DES ROUTES Le chef de la division technique

M. Pigois

Membres du groupe de travail "Joints de chaussée en bitume-polymère"

M.

Gut, ingénieur cantonal du canton de Nidwald, Stans (président)

H.

Fleischer, Service des routes et autoroutes du canton de Vaud, Lausanne

S.

Hean, LFEM, Constructions routières/étanchéités, Dübendorf

R.

Honegger, Aeschlimann SA, Zofingue

J.P. Joris, Office fédéral des routes (OFROU), Berne

P. Lehmann, CES Bauingenieur AG, Sarnen (mandataire)

Dr M.N. Partl, LFEM, Constructions routières/étanchéités, Dübendorf

P. Roser, RSAG Nordwest, Münchenstein

D'autres spécialistes ont été consultés selon les besoins.

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0. GÉNÉRALITÉS

0.1 Introduction

Les joints de chaussée en bitume-polymère servent à ponter et à étancher les joints des ponts ou autres ouvrages de génie civil directement soumis à l'action du trafic. Ils doivent à la fois absorber les mouvements du tablier et de l'infrastructure, transmettre les charges du trafic et assurer la sécurité de la circulation.

Les joints de chaussée en bitume-polymère constituent un système composé de ma- tériaux compatibles. La masse dilatable composée de liant et de granulat (remplissage de la réservation) doit adhérer de façon durable aux faces latérales et au fond de la ré- servation.

Pour chaque système de joint de chaussée, le fournisseur du système doit établir des instructions de mise en oeuvre selon l'Annexe 1. La présente directive, conjointe- ment avec les instructions de mise ou oeuvre, fait partie du contrat d'entreprise.

La réalisation des joints de chaussée en bitume-polymère pose des exigences sévères au niveau de l'élaboration du projet, de l'exécution et de la surveillance des travaux. L'élaboration du projet et la direction des travaux doivent être confiées à des ingé- nieurs ayant les connaissances spécifiques requises. La mise en œuvre ne devrait être confiée qu'à des entreprises spécialisées, qui pratiquent un système d'assu- rance qualité et disposent d'un personnel qualifié.

Pour des raisons de responsabilité contractuelle il est recommandé de confier l'exécu- tion des joints de chaussée en bitume-polymère (examens préalables des matériaux existants, travaux préparatoires, pose) à un seul et même entrepreneur.

0.2 Champ d'application

La présente directive concernant les joints de chaussée en bitume-polymère s'applique

aux routes nationales,

aux routes principales qui sont soutenues par la Confédération dans le cadre de montants globaux,

à des ouvrages particuliers reconnus en tant que projets spéciaux par le parlement ou le Conseil fédéral.

Seuls les systèmes qui sont admis techniquement et dont la conformité a été attestée peuvent être mis en œuvre sur les ouvrages mentionnés ci-dessus. La liste des systè- mes autorisés est établie et publiée par l'Office fédéral des routes (OFROU) (www.astra.admin.ch).

La présente directive est coordonnée avec la directive allemande "Zusätzlichen Tech- nischen Vertragsbedingungen und Richtlinien für Ingenieurbauten ZTV-ING (Teil 8:

Bauwerksausstattung, Abschnitt 2: Fahrbahnübergänge aus Asphalt, Ausgabe 2003)"; elle correspond à l'état actuel de la technique. Il est recommandé d'utiliser la directive comme base pour la création de joints de chaussée en bitume-polymère pour tous les ponts (c.-à-d. élaboration du projet, mise en œuvre et surveillance).

Les joints de chaussée d'une largeur sortant de la normale ne sont pas pris en compte dans cette directive. Ils nécessitent des clarifications et des conventions particulières.

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Des exceptions à la présente directive sont autorisées pour autant qu'elles soient étayées théoriquement ou par des essais, ou encore si de nouveaux développements et de nouvelles connaissances le justifient.

0.3

Compétences

Afin de garantir et d'améliorer constamment la qualité des joints de chaussée en bi- tume-polymère, les compétences, et donc les responsabilités, sont fixées comme suit :

Phase 1 : Elaboration du projet

Intéressés :

-

Maître de l'ouvrage et ingénieur

Compétences :

- Etude technique et organisationnelle préalable par le maître de l'ouvrage et l'ingénieur (voir 2.1 "Indications quant au choix du groupe de systèmes")

- Calcul des mouvements horizontaux et verticaux par l'ingénieur (voir annexe 2)

- Comparaison des limites d'applications des groupes de systèmes (voir 2.4 "Limites d'application")

- Décision de principe quant au choix d'un groupe de systèmes (selon les spécifications ETA : famille de produits)

- Caractéristiques de l'ouvrage en tant que résumé du projet par l'ingénieur (voir annexe 5)

- Plan de contrôle pour assurer la qualité prévue durant la mise en oeuvre et comme résultat final.

Phase 2 : Mise en oeuvre

Intéressés :

- Fournisseur du système et entreprise spécialisée

Compétences :

- Contrôle des caractéristiques de l'ouvrage par rapport aux limites d'application de leur propre système (examen du système)

- Exécution selon les instructions internes de mise en oeuvre.

Phase 3 : Surveillance durant et après les travaux

Intéressés :

- Ingénieur, entreprise spécialisée, organisme de contrôle et maî- tre de l'ouvrage

Compétences :

- Réalisation (mise en oeuvre, mise en service, achèvement des travaux) par l'ingénieur selon règlement SIA 103, 2003, y c. sur- veillance selon le plan de contrôle - Surveillance interne par l'entreprise spécialisée lors de l'exécu- tion selon le procès-verbal de mise en oeuvre (voir annexe 4)

- Contrôles de qualité par un organisme de contrôle à la demande du maître de l'ouvrage

- Contrôles de qualité supplémentaires sur demande de l'entre- preneur

- Essai contradictoire à la demande du maître de l'ouvrage et/ou de l'entrepreneur.

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0.4 Entrée en vigueur et validité

La présente directive entre en vigueur le 1 er juillet 2005. Tous les entrepreneurs doivent apporter la preuve que leur système a subi l'examen initial avec succès.

Le procès-verbal de l'examen initial doit être dressé par un organisme de contrôle ac- crédité. Seuls les systèmes dont la conformité a été attestée seront admis pour les ou- vrages concernés par cette directive.

Les systèmes qui étaient admis le 30 juin 2005 et dont la conformité était attestée doi- vent remplir les exigences de la directive de l'OFROU de 1998. Les systèmes qui su- bissent l'examen initial après le 30 juin 2005 doivent remplir les exigences de la pré- sente directive.

Le fournisseur du système doit annoncer par écrit à l'entreprise spécialisée (entreprise sous contrat) et à l'organisme de contrôle accrédité chaque modification par rapport au système autorisé (examen initial), ce indépendamment du fait qu'il faille ou non mener des examens initiaux complémentaires.

En cas de modifications des matériaux, du remplissage de la réservation, ou du systè- me de joint de chaussée, l'organisme de contrôle accrédité ayant attesté la conformité et le fournisseur du système décideront ensemble de l'opportunité et de l'étendue des essais complémentaires à effectuer dans le cadre de l'examen initial.

La directive est valable jusqu'au 31 décembre 2010. Les autorités cantonales seront in- formées par écrit d'une éventuelle prolongation de sa validité.

0.5 Autres prescriptions en vigueur

Les prescriptions suivantes doivent être observées :

SN 507 118

Norme SIA 118

Conditions générales pour l'exécution des travaux de construction (édition

 

1991)

SN 507 708

Norme VSS 118/708

Conditions générales pour la supers- tructure des routes (édition 2005)

SN 505 260

Norme SIA 260

Bases pour l'élaboration des projets de structures porteuses (édition 2003)

SN 505 261

Norme SIA 261

Actions sur les structures porteuses (édition 2003) avec les spécifications complémentaires

SN 505 262

Norme SIA 262

Construction en béton (édition 2003) avec les spécifications complémentaires

SN 505 263

Norme SIA 263

Construction en acier (édition 2003) avec les spécifications complémentaires

SN 505 264

Norme SIA 264

Construction mixte acier-béton (édition 2003) avec les spécifications

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complémentaires

SN 588 469

Norme SIA 469

Conservation des ouvrages (édition 1997)

SN 564 281

Norme SIA 281

Lés d'étanchéité à base de bitume ou de bitume-polymère (LBP) (édition 2004)

SN 640 320a

Norme VSS

Dimensionnement; trafic pondéral équivalent (édition 2000)

SN 640 420a

Norme VSS

Enrobés bitumineux; norme de base (édition 2005)

SN 640 430a

Norme VSS

Enrobés bitumineux compactés (édi- tion 2005)

SN 640 440b

Norme VSS

Asphalte coulé routier (édition 2005)

SN 640 461a

Norme VSS

Revêtements en béton (édition 1994)

SN 640 450

Norme VSS

Systèmes d'étanchéité et couches bitumineuses sur ponts en béton (édition 2004)

SN 670 901-1a

Norme européenne EN 932-1 : 1996

Essais pour déterminer les propriétés générales des granulats - Partie 1 :

 

Méthode d'échantillonnage

OFROU

Directive de l'Office fédéral des routes

Directive "Détails de construction de ponts" (édition 1990/révision partielle 1996)

Sont en outre à observer les normes et règles techniques évoquées à l'annexe 3 de la présente directive.

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1.

TERMINOLOGIE

1.1

Termes généraux

Termes

Explications

Maître de l'ouvrage

Celui qui commande un ouvrage en s'engageant à payer une rémunération, éventuellement représenté par la direction des travaux

Entrepreneur

Celui qui exécute un ouvrage aux termes d'un contrat d'entreprise

Instructions de mise en oeuvre

Sert au personnel du chantier pour la surveillance interne durant la mise en oeuvre et à la direction des travaux lors des contrôles sur le chantier

Durabilité

Satisfaction aux exigences de la sécurité structurale et de l'aptitude au service dans le cadre de l'utilisation convenue et de l'effet des actions prévisibles, sans intervention imprévue de maintenance ou de remise en état (conservation)

Surveillance interne

Preuve (à fournir par l'entrepreneur) que les propriétés des matériaux et l'ou- vrage terminé sont conformes aux exigences contractuelles

(durant l'exécution)

Examen initial

Caractérisation des propriétés d'un matériau et preuve générale de sa conve- nance pour les utilisations prévues (base de l'autorisation)

Mise en service

Début de l'utilisation convenue

Maintenance

Préserver l'aptitude au service par des mesures simples et régulières

Remise en état

Rétablir la sécurité structurale et l'aptitude au service pour une durée détermi- née

Certificat de conformité

Attestation par un organisme de contrôle accrédité, selon laquelle les exigences minimales exigées par les directives envers les matériaux, le remplissage de la réservation et le système sont remplies

Contrôle de qualité

Preuve de la qualité requise pendant et après la mise en oeuvre (exigée par le maître de l'ouvrage et/ou l'entrepreneur)

Organisme de contrôle

Organisme reconnu qui mesure, étudie, examine, calibre les propriétés ou les performances de produits ou de matériaux de construction ou qui les détermine par d'autres voies et moyens

Entreprise spécialisée

Entreprise de construction (sous contrat) qui exécute le joint de chaussée en bitume-polymère sur le chantier

Groupes de systèmes de joints de chaussées

Classification des joints de chaussées en groupes comprenant ceux en bitume- polymère, ceux en acier et les autres joints de chaussées

Fournisseur du

Fabricant (concédant de licence) ou fournisseur (preneur de licence) des com- posants du système, en particulier du liant et des granulats

système

Preuve de conformité

Sert à la surveillance de qualité périodique des matières de base et comprend les contrôles de qualité internes en usine (CQU) et la surveillance externe (SUE)

Tableau 1:

Termes généraux

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1.2 Termes spécifiques

Les termes figurant au tableau 2 sont répertoriés par ordre alphabétique. Les exi- gences envers les différents matériaux sont spécifiées au chapitre 4 de la présente di- rective.

Le raccord à l'étanchéité selon la fig. 1, détail A, est l'une des variantes possibles. Dans certains cas, on peut renoncer au débordement de l'étanchéité dans le remplis- sage de la réservation (v. figure 1, détail B).

remplis- sage de la réservation (v. figure 1, détail B). Figure 1 : Terminologie pour les

Figure 1 :

Terminologie pour les joints de chaussée en bitume-polymère

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Termes

Explications et exigences pour les matériaux

1

Plaque de pontage

La plaque de pontage constitue une zone pratiquement sans adhérence pour la dilatation du joint de chaussée et empêche que le matériau de remplissage ne pénètre dans la fente. Exigences v. chap. 4.2.

2

Tôle de fermeture

La tôle de fermeture sert de raccord près de la bordure ou du parapet. Exigences v. chap. 4.3.

3

Raccord

L'étanchéité se prolonge à l'intérieur de la réservation et assure le chevauche- ment de l'étanchéité et du remplissage de la réservation.

à l'étanchéité

4

Revêtement

Le système s'adapte à des revêtements en béton bitumineux, en asphalte coulé, ou en béton.

5

Profil d'étanchéité

Le profil d'étanchéité colmate la fente et empêche la fuite du matériau de rem- plissage durant la mise en oeuvre. Exigences v. ch. 4.4.

6

Vis de centrage

La vis de centrage fixe la position de la plaque de pontage pendant la pose du matériau de remplissage et pendant la durée d'utilisation. Exigences v. chap. 4.2.

7

Réservation

Réservation taillée dans le revêtement pour la pose du joint de chaussée en bi- tume-polymère. Largeur normale: 500 mm.

8

Fente

Espace entre les deux parties avoisinantes de la construction (tablier, culée), sous le joint de chaussée en bitume-polymère.

9

Géotextile

Le géotextile peut être utilisé pour séparer la plaque de pontage du matériau de remplissage. Il ne doit pas entraver la dilatation. Exigences v. chap. 4.5.

10

Couche d'accro-

La couche d'accrochage sur les faces de la réservation sert à améliorer l'adhé- rence entre celles-ci et le matériau de remplissage. Elle assure que la plaque de pontage adhère avec toute sa surface au fond de la réservation. Exigences v. chap. 4.6.

chage

11

Fond de la réserva- tion

Le fond de la réservation est constitué par l'élément de l'ouvrage sur lequel est posé le joint de chaussée. Il est normalement en béton.

12

Faces latérales de la réservation

Les faces latérales de la réservation délimitent celle-ci sur les côtés.

13

Remplissage de la réservation

Le remplissage de la réservation est une masse coulée par couches, dilatable, réversible, non poreuse et carrossable. Il est constitué de liant et de granulats.

14

Surfaçage

Le surfaçage est la surface visible du joint de chaussée. Les matériaux de surfa- çage (matériaux minéraux pour le surfaçage) se composent de gravier fin ou de sable.

15

Liant

Le liant a pour fonction de remplir les vides entre les granulats. Les liants sont constitués de bitumes modifiés avec des polymères BMP ou des bitumes-poly- mères. Exigences v. chap. 4.7.

16

Granulats

Les granulats forment le squelette du remplissage. Il s'agit de matériaux miné- raux concassés. Exigences v. chap. 4.8.

Tableau 2:

Terminologie spécifique et explications

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1.3 Equivalence des termes

Les termes suivants servent à coordonner le document allemand "Zusätzliche Techni- sche Vertragsbedingungen und Richtlinien für Ingenieurbauten ZTV-ING" (Teil 8: Bau- werksausstattung, Abschnitt 2: Fahrbahnübergänge aus Asphalt) et la directive suisse "Joints de chaussée en bitume-polymère".

ZTV-ING Abschnitt 2: Fahrbahnübergänge aus Asphalt

Directive OFROU "Joints de chaussée en bi- tume-polymère"

Fahrbahnübergänge aus Asphalt

Joints de chaussée en bitume-polymère

Fachunternehmen

Entreprise spécialisée

Auftraggeber der Grundprüfungen

Fournisseur du système

Grundprüfungen

Examen initial

Bordblech/Gesimsblech

Tôle de fermeture

Unterlage

Fond de la réservation

Mineralstoffe/Splitte

Granulats

Unterfüllstoffe für Fugenspalte

Profil d'étanchéité

Eigenüberwachungsprüfungen bei der Ausführung

Surveillance interne durant la mise en oeuvre

Tableau 3:

Equivalence des termes Allemagne - Suisse

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2.

UTILISATION DES JOINTS DE CHAUSSÉE EN BITUME-POLYMÈRE

2.1

Indications quant au choix du groupe de systèmes

Lors de l'élaboration d'un projet de joints de chaussée, on se demande en général s'il faut mettre en place des joints en acier ou en bitume-polymère. Les deux groupes de systèmes présentent des avantages et des inconvénients qui influencent le choix du système de joint de chaussée selon la pondération de chacun des critères d'évaluation utilisés. Il faut de toutes manières comparer les domaines d'utilisation et les critères spécifiques avec l'ouvrage concerné.

Pour examiner si le joint est fondamentalement adapté au cas particulier, l'ingénieur et le maître de l'ouvrage doivent procéder aux études préalables techniques, organisa- tionnelles et indépendantes du système suivantes :

Nouvelle construction ou conservation Le type de la mesure est spécialement important parce que les mouvements horizon- taux dus au retrait et au fluage ne doivent plus être pris en compte dans le cas de la conservation. En règle générale, tous les critères spécifiques d'une nouvelle construc- tion sont connus. Par contre, en cas de conservation, si un joint de chaussée est mis en place, la saisie des conditions présentes aux limites et leur prise en compte lors de l'élaboration du projet influencent l'aptitude au fonctionnement et la durée d'utilisation.

Estimation des mouvements horizontaux Il convient d'estimer les mouvements horizontaux en fonction d'un changement de température régulier en première étape, puis de les comparer avec les limites d'utilisa- tion des groupes de systèmes de joints de chaussée. C'est pour cette raison qu'il faut déterminer le point zéro de mouvement et les longueurs libres de dilatation (longueurs du mouvement) du pont (voir exemple à l'annexe 2).

Caractéristiques du trafic Par caractéristiques du trafic, on entend fréquences du trafic et pourcentage de trafic lourd. Les caractéristiques du trafic mènent au dimensionnement de la chaussée à l'aide des charges de trafic équivalentes TF. Les émissions sonores liées aux caracté- ristiques de trafic peuvent influencer le choix du système.

Délais et conditions climatiques Il est important de savoir si la mise en oeuvre des joints de chaussée aura lieu au prin- temps / automne ou en été. Des mesures de protection doivent éventuellement être prévues à cause des conditions météorologiques (par ex. mise sous toit et cloisonne- ment) pour les joints de chaussée en bitume-polymère. Pour les joints en acier, il faut spécialement tenir compte des mesures de préréglage.

Phases des travaux et gestion du trafic Une gestion du trafic efficace durant les travaux est recherchée avant tout lors de la conservation des routes nationales. Les phases des travaux doivent donc être adap- tées à la gestion du trafic afin de minimiser les entraves à la circulation. De brefs chan- tiers d'un jour et une mise en place par étape représentent dès lors un argument impor- tant dans le choix du groupe de systèmes.

Sollicitations mécaniques Les sollicitations mécaniques particulières dues à des forces de freinage et de démar- rage constantes ainsi qu'à du trafic stationnaire ou en mouvement doivent être prises en compte lors de l'évaluation de l'aptitude du groupe de systèmes.

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Edition 2005

 

Critères d'évaluation

Joints de chaussée en acier

Joints de chaussée en bitume-polymère

type et ampleur des mouvements

indépendant du type de joint de chaussée

limites d'utilisation selon la directive OFROU

pente longitudinale et transversale de la chaussée, pente résultante

insignifiant

pente résultante de 6% comme limite

biais

selon type

au maximum 25° entre l'axe longitudinal du pont et la normale à l'axe du joint

coudes adaptabilité géométrique

possible sous réserve

très approprié

épaisseur des revêtements avoisinants

insignifiant

au minimum 70 mm, au maximum 160 mm

matériaux des revêtements avoisinants

insignifiant

teneur en vide < 6% du volume

accessibilité par en dessous

normalement nécessaire

pas nécessaire

évidements, resp. démolition du béton

complication en cas de rem- placement

insignifiant en cas de remplacement

liaison à la structure porteuse (armature)

solide, coûteuse

pas nécessaire, une réservation sèche et propre suffit

liaison à la structure porteuse (béton)

compliquée en cas de rem- placement

pas nécessaire

mise en place du joint par étapes

possible sous réserve

insignifiant parce qu'adaptable

mesures de préréglage pour la mise en place

à

estimer assez tôt

insignifiant

position en hauteur lors de la mise en place

déterminer avant la pose du revêtement

à

réglable, sans joint

conditions météorologiques lors de la mise en place

indépendant de la météo

protection contre les intempéries éven- tuellement nécessaire

durée des travaux lors du remplace- ment du système (entrave à la circulation)

la démolition puis la prise du béton nécessitent beaucoup de temps

ne prend que peu de temps (chantier d'une journée)

sollicitations mécaniques

endommagement possible durant l'entretien hivernal

- tenir compte du trafic stationnaire

- prêter attention aux forces de freinage et de démarrage (signalisation lumineuse, embouteillage, arrêt de bus)

 

- prêter attention à la pente (cisaillement)

- ne convient pas à du trafic lourd au repos

planéité de la surface

diminution durant la durée d'utilisation

sans joint, revêtement continu (rainure)

rugosité de la surface

constante durant la durée d'utilisation

structure de la surface adaptable

étanchéité

selon le type

exigée

production de bruit

augmentation durant la durée d'utilisation

insignifiante, parce que revêtement conti- nu

entretien

selon le type

insignifiant parce que surface plane

expérience

système éprouvé

système susceptible d'être amélioré

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Les résultats de l'étude technique et organisationnelle préalable conduisent à la déci- sion de principe quant à la mise en place d'un joint de chaussée en acier, en bitume- polymère ou d'un autre type. Ils prennent en compte la pondération individuelle des cri- tères d'évaluation, les résultats du calcul détaillé des mouvements horizontaux et verti- caux (voir annexe 2) et la comparaison avec les limites d'utilisation (voir tableau 7).

2.2 Domaine d'utilisation

La présente directive concerne la réalisation de joints de chaussée en bitume-poly- mère. Ceux-ci s'appliquent aux joints entre le tablier et la culée et aux joints de dilata- tion intermédiaires de tabliers de ponts.

La présente directive s'applique aussi bien à la construction qu'à la conservation.

2.3 Critères spécifiques relatifs à l'ouvrage

Les critères spécifiques suivants sont à prendre en compte pour les joints de chaussée en bitume-polymère. Les critères, avec les valeurs indicatives données, servent à véri- fier si le type de joint de chaussée en bitume-polymère est adapté à l'utilisation prévue en relation avec les études techniques préalables (voir 2.1).

en relation avec les études techniques préalables (voir 2.1). Figure 2: Mouvements et caractéristiques géométriques

Figure 2:

Mouvements et caractéristiques géométriques

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Critères spécifiques

Valeurs indicatives

 

nature et ampleur des mouvements horizontaux et verticaux

.

exigences : v. chap. 2.4 (tableau 7)

caractéristiques géométriques du joint :

 

pente longitudinale et transversale de la chaussée

.

pente résultante 6 % : aucune mesure

.

pente résultante > 6 % : mesures particulières

biais

.

l'angle entre l'axe longitudinal du pont et la normale à l'axe du joint peut être au maximum de 25° en cas de largeur normale

largeur de la réservation

.

largeur normale 500 mm

.

tolérances d'exécution : + 50 mm jusqu'à -30 mm

épaisseur totale du revêtement de chaussée

.

épaisseur de pose par couche : minimum 30 mm

.

au minimum 70 mm (lorsque les limites d'utilisation du tableau 7 sont atteintes, il faut augmenter l'épaisseur totale de 70 à 90 mm)

.

au maximum 160 mm

.

différence entre la plus petite et la plus grande épais- seur sur la largeur du joint : 10 mm au maximum

épaisseur totale du revêtement du trottoir

.

au minimum 70 mm

caractéristiques du trafic par direction

.

intensité du trafic :

TJM : trafic journalier moyen (moyenne de la somme journalière) qui franchit une section

faible

TJM < 1'000 1'000 < TJM < 20'000 TJM > 20'000

moyenne

forte

 

.

part de poids lourds :

faible

< 5 % 5 % < % PL < 15 % > 15 %

moyenne

forte

.

classes de charge de trafic :

TF :

charge de trafic équivalente charge de trafic exprimée en passages équivalents sur un axe de référence

T3 (moyen) T4 (lourd) T5 (très lourd) T6 (extrêmement lourd)

TF < 300 TF < 1'000 TF < 3'000 TF < 10'000

Tableau 5:

Critères et valeurs indicatives pour les joints de chaussée en bitume- polymère

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Critères spécifiques

Paramètres

matériaux de revêtement

.

revêtements en béton bitumeux selon SN 640 431b avec une teneur en vide maximale de 6 %

.

asphalte coulé selon SN 640 440b

.

revêtements en béton selon SN 640 461a

orientation du fond de la réservation

.

aussi parallèle que possible à la surface de la chaussée

sollicitations mécaniques

.

trafic stationnaire (par ex., signalisation lumineuse, bouchons)

.

forces de freinage et de démarrage (par ex., signalisation lumineuse, voie réservée aux autobus)

.

cisaillement (par ex., pente importante)

.

zone réservée aux piétons

conditions climatiques

.

températures de l'air minimales / maximales

.

insolation / exposition de l'ouvrage

conditions de réalisation

.

délais de mise en oeuvre (saison)

.

mise en oeuvre sous trafic

.

mise en oeuvre par étapes

Tableau 6:

Critères et paramètres pour les joints de chaussée en bitume-polymère

2.4 Limites d'utilisation

La sécurité structurale ne doit pas être vérifiée pour les joints de chaussée, seule une vérification de l'aptitude au service devant être effectuée. L'aptitude au service est dé- montrée lorsque le critère de dimensionnement ci-après est rempli: E d C d . E d repré- sente l'effet prépondérant des cas de charge pris en considération dans le dimension- nement examiné, C d en étant la limite d'utilisation. Pour les joints de chaussée, l'effet prépondérant n'est à calculer que dans de rares cas de charge (Norme SIA 260, art. 4.4.4.2 et 4.4.4.4). Les valeurs de dimensionnement C d des limites d'utilisation sont fixées dans le tableau 7. Ces valeurs limites doivent être respectées sans détérioration durant toute la durée d'utilisation de sorte à assurer l'aptitude au fonctionnement des joints de chaussée en bitume-polymère.

Sollicitation par l'ouvrage et son utilisation

Mouvements vectoriels que les joints de chaussée en bitume- polymère doivent pouvoir absorber sans dommage (au niveau du dimensionnement)

déformations par suite de :

horizontales

verticales

E d = E{G k , P k , Q k1 , ψ 0i Q ki , X d , a d }

y c. effets sur la durée

C d = + 20 mm d'allongement C d = – 10 mm de raccourcissement

C d = 5 mm

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En cas de dérogation aux valeurs indicatives (tableau 5), aux paramètres (ta- bleau 6) et aux limites d'utilisation (tableau 7), l'entrepreneur devra prouver et garantir que le système offert remplit sans détérioration les exigences plus éle- vées.

En principe, c'est au maître de l'ouvrage, respectivement à l'ingénieur, d'établir au pré- alable si le joint de chaussée en bitume-polymère constitue la solution appropriée dans le cas particulier (annexes 2 et 5). Il faut distinguer entre les extrémités de pont avec appuis fixes et mobiles, ainsi qu'entre nouvelle construction et conservation. Cette cla- rification doit résulter d'une vérification de l'aptitude au service selon la norme SIA 260

(2003).

Lors du calcul des mouvements horizontaux, il faut, entre autres, tenir compte des va- riations de température uniformes, ainsi que du retrait et du fluage du béton (effets sur la durée).

La part uniforme de variation de température ΔT 1k se rapporte à la température locale moyenne annuelle qui est en général de 10°C sur le plateau suisse. Des données plus précises peuvent être trouvées dans le tableau 10 de la norme SIA 261/1. Il faut tenir compte de l'écart possible entre la température locale moyenne admise et la tempéra- ture effective lors de l'exécution du joint de chaussée.

Les valeurs de variations de température ΔT 1k indiquées dans le tableau 8 ci-après doivent être majorées de 50% pour la vérification de l'aptitude au service des joints de chaussée (SIA 261, tableau 6 et art. 7.2.6).

Mode de construction

Δ T 1k

Majoration

Δ T 1k, majoré

béton armé, béton précontraint

± 20° C

± 10° C

± 30° C

acier

± 30° C

± 15° C

± 45° C

ouvrage mixte acier - béton

± 25° C

± 12.5° C

± 37.5° C

Tableau 8:

Valeurs caractéristiques de variation uniforme de température

Le fluage et le retrait du béton dépendent principalement de l'humidité environnante, des dimensions des éléments de construction et de la résistance du béton. Le fluage est en outre influencé par le degré d'hydratation du ciment au début des effets, ainsi que par la durée et l'intensité de ces derniers. Ces paramètres doivent être pris en compte lors de l'estimation du coefficient de fluage caractéristique ϕ (t,t 0 ) et de la dé- formation spécifique de retrait ε CS (t).

En cas d'appuis flottants, il faut tenir compte des déplacements dus aux forces de frot- tement et de rappel variables des deux côtés du point zéro de mouvement. La déter- mination de la position exacte de ce point zéro de mouvement est par ailleurs souvent sujette à une certaine incertitude, raison pour laquelle une majoration de sécurité sup- plémentaire par rapport aux longueurs théoriques de dilatation est recommandée dans le cas d'appuis flottants.

Un exemple de calcul des mouvements horizontaux de joints de chaussée est repré- senté à l'annexe 2.

Il s'agit de décider en fonction de l'ouvrage si les joints de chaussées en bitume- polymère peuvent être mis en place dans les zones subissant des actions répétées de forces de freinage et de démarrage (signalisation lumineuse, embouteillage, arrêt de bus) et dans le cas de pentes prononcées. Les joints de chaussée en bitume-polymère ne doivent pas être utilisés si l'on s'attend à du trafic lourd au repos (par ex. aires de stationnement).

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Les joints de chaussée des éléments de pont en saillie peuvent être soumis à des dé- formations verticales accrues de par les charges routières auxquelles ils sont soumis. Ces mouvements doivent être pris en compte lors des études techniques préalables, ce en fonction de la rigidité des éléments concernés.

Selon le tableau 7 un mouvement vertical de 5 mm est admissible. Si cette valeur n'est pas suffisante pour changer les appuis, elle pourra être porté à 10 mm dans les con- ditions suivantes :

Les travaux ne seront exécutés qu'à partir d'une température supérieure à 20° C.

La vitesse de relèvement sera limitée à 2 mm à l'heure.

On contrôlera l'état des joints de chaussée à la fin des travaux, en particulier s'ils sont exempts de fissures.

Durant la période de garantie, ou en cas de réserves, l'accord de l'entrepreneur qui a exécuté le joint sera préalablement requis.

Plus le biais d'un joint de chaussée augmente par rapport à l'axe du pont, plus on roule longuement sur lui, d'où une augmentation de la fréquence des dégâts. Le biais peut être de 25° au maximum dans le cas d'une largeur normale de 500 mm, de sorte que la largeur maximale de la réservation ne dépasse pas 550 mm (soit la largeur normale de 500 mm plus la tolérance d'exécution de 50 mm).

2.5 Exigences minimales pour l'examen initial relatives aux matériaux, au remplis- sage de la réservation et au système

Les tableaux 9 à 12 résument les types d'essais, leurs buts et les exigences pour le liant, les granulats, le matériau de remplissage et le système de joint de chaussée. L'abréviation SE se réfère aux spécifications d'essais données à l'annexe 3.

No.

Type d'essai

Essai selon

But

Exigences

chapitre SE

1

nature et aspect

2.1.1.1

description générale

aucune

2

composition

2.1.1.2

caractérisation générale

aucune (indication des valeurs obtenues)

3

poids spécifique

2.1.1.3

caractérisation générale

aucune (indication des valeurs obtenues)

4

recouvrance élastique (RE) à 0° C, par ductilité

2.1.1.4

élasticité et résistance à la rupture à froid

L 0 150 mm RE 75 %

5

dispersion des poly- mères dans le liant

2.1.1.5

homogénéité dispersion de phase

aucune prescription (re- commandé : égale ou meil- leure que sur le cliché V de la figure 2.1 des SE)

6

résistance à la chaleur

2.1.1.6

résistance aux détériora- tions thermiques lors de la mise en oeuvre

perte de poids 1 M-% L 0 150 mm RE 75 % Δ RE 15 %

7

tendance à la décanta- tion - sédimentation

2.1.1.7

facilité de mise en oeuvre

E A 3 M-%

8

viscosité dynamique

2.1.1.8

facilité de mise en oeuvre

aucune (indication des valeurs obtenues)

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No.

Type d'essai

Essai selon

But

Exigences

chapitre SE

9

indices dynamiques aux températures d'utilisa- tion

2.1.1.9

variabilité avec la tempé- rature des propriétés mécaniques

aucune (indication des va- leurs obtenues et du dia- gramme)

10

fluage (longueur) à 60° C

2.1.1.10

stabilité de la forme en été

3 mm

11

état des polymères par chromatographie sur gel

2.1.1.11

caractérisation des poly- mères "fingerprint"

aucune (fournir le chromato- gramme avec la répartition des poids moléculaires)

12

température de mise en oeuvre

2.1.1.12

contrôle de la tempéra- ture lors de la pose

selon indications du fournis- seur; indiquer l'évolution de la température

Tableau 9:

Liant : essais, but et exigences

No.

Type d'essai

Essai selon

But

Exigences

chapitre SE

1

nature minérale et propreté

2.1.2.1

identification générale

impuretés organiques m LPC 0.1

pourcentage inadapté du point de vue pétrographi- que 6 M-%

granulats durs du point de vue pétrographique 60 M-%

2

granulométrie

2.1.2.2

caractérisation générale

selon fournisseur du système

3

poids spécifique appa- rent et absorption d'eau

2.1.2.3

caractérisation générale

aucune (indication des valeurs obtenues)

4

densité apparente, teneur en vide

2.1.2.4

caractérisation générale

aucune (indication des valeurs obtenues)

5

forme et arrondi du grain

2.1.2.5

appréciation du squelette

forme du grain :

indice d'aplatissement Fl 25

 

arrondi du grain : pourcen- tage des grains cassés de la catégorie C 95/1

6

résistance à l'écrase- ment

2.1.2.6

résistance à l'écrasement des grains

selon SN 670 103a / EN 13043, 2002 : LA 25

7

résistance à la chaleur

2.1.2.7

résistance aux détériora- tions thermiques lors de la mise en oeuvre

LA 30

8

teneur en poussières

2.1.2.8

adhérence granulats / liant

selon indication du fournis- seur du système (recom- mandation : degré 2 ou meilleur au tableau 2.1 des SE)

9

température de mise en

2.1.2.9

contrôle de la tempéra-

selon indications du fournis-

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No.

Type d'essai

Essai selon

But

Exigences

chapitre SE

 

oeuvre

 

ture lors de la mise en oeuvre

seur; indiquer l'évolution de la température

Tableau 10:

Granulats: essais, but et exigences

No.

Type d'essai

Essai selon

But

Exigences

chapitre SE

1

nature et aspect

2.2.2

description générale

aucune

2

proportion granulats / liant

2.2.3

caractérisation générale

selon indications du fournis- seur du système

3

poids spécifique, masse volumique apparente et teneur en vide

2.2.4

caractérisation générale

aucune (indication des valeurs obtenues) teneur en vide 3 V-%

4

essai brésilien à - 20° C

2.2.5

résistance à la traction à froid

1.8 N/mm²

5

profondeur de pénétra- tion

2.2.6

déformation sous charge statique

aucune (indication des valeurs obtenues)

Tableau 11:

Remplissage de la réservation: essais, but et exigences

No.

Type d'essai

Essai selon

But

Exigences

chapitre SE

1

essai de variation de température

3.1.3

fatigue (cohésion) par des mouvements hori-

mouvements horizontaux :

zontaux lents (quasi statiques) à des tempéra- tures entre

25 mm (allongement)

12.5 mm (raccourcisse- ment)

- 20° C et +

50° C

2

essai d'oscillation

3.1.4

fatigue (cohésion) par des mouvements hori- zontaux dynamiques rapides à une tempéra- ture constante de - 20° C

1.3 x 10 6 cycles de char- ge

3

essai d'adhérence

3.2

adhérence du remplis- sage de la réservation au revêtement à - 20° C

1.8 N/mm² à la rupture

sur la surface d'adhérence

Tableau 12:

Système de joint de chaussée: essais, but et exigences

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3.

PRINCIPES DU SYSTÈME

3.1

Généralités

Les joints de chaussée en bitume-polymère servent à étancher des joints de dilatation carrossables et doivent résister aux sollicitations résultant de l'utilisation de l'ouvrage. Ils doivent pouvoir absorber durablement les mouvements répétés lents ou rapides et résister durablement aux sollicitations du trafic. Ils doivent absorber sans se fissurer les déformations et contraintes dues au trafic, au climat ou aux mouvements de l'ouvrage

Les systèmes de joints de chaussée en bitume-polymère peuvent être constitués de diverses manières en ce qui concerne les composants et les matériaux utilisés, la suite des couches et les dimensions. Les instructions de mise en œuvre prévalent pour la construction d'un système de joint de chaussée.

Les joints de chaussée en bitume-polymère d'une surlargeur (largeur > 550 mm, c.-à-d. largeur normale de 500 mm plus tolérance d'exécution de 50 mm) ne sont pas pris en compte dans cette directive.

de 50 mm) ne sont pas pris en compte dans cette directive. Figure 3: Dimensions théoriques

Figure 3:

Dimensions théoriques requises des joints de chaussée en bitume- polymère

Les joints de chaussée en bitume-polymère ne doivent être utilisés qu'en relation avec des revêtements conformes aux normes, c.-à-d. d'une teneur en vide de 6% au maxi- mum. D'éventuels revêtements d'une teneur en vide supérieure à 6% doivent être rem- placés au préalable sur une largeur d'au moins 1 m par un revêtement conforme.

Sur la largeur de la chaussée, la réservation ne doit pas être traversée par des draina- ges, des gaines de câble ou autres. Sur la largeur du trottoir, ces installations sont ad- mises, à condition d'être recouvertes par au moins 70 mm de matériau de remplissage.

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3.2 Eléments constitutifs du joint de chaussée en bitume-polymère

3.2.1 Chaussée

Découper parallèlement par sciage ou par fraisage les deux faces latérales de la ré- servation dans le revêtement, sans endommager l'étanchéité.

En règle générale, la largeur de la réservation est de 500 mm, avec des tolérances d'exécution de + 50 mm / - 30 mm.

Le fond de la réservation est normalement en béton. En cas d'autres matériaux, on s'assurera au préalable de leur compatibilité. Le fond doit être au même niveau des deux côtés du joint. Une tolérance de 10 % de la largeur de la fente est acceptée. Des différences de niveau plus grandes doivent être égalisées. Le fond de la réservation et la surface du revêtement doivent être aussi parallèles que possible; les différences d'é- paisseur du revêtement dans le sens de circulation ne doivent pas dépasser 10 mm.

Le fond et les faces latérales de la réservation doivent être secs, compacts, rugueux et propres (exempts de résidus d'enduit d'apprêt, lait de ciment etc.). Pendant la prépa- ration, d'éventuels raccords d'étanchéité doivent être protégés (voir 5.2). Le drainage du revêtement doit être assuré au point le plus bas du revêtement.

Après la pose de la couche d'accrochage (voir 4.6) sur le fond et les faces latérales de la réservation et la mise en place du profil d'étanchéité dans la fente (voir 4.4), on posera sur cette dernière une plaque de pontage destinée à supporter le poids du tra- fic et à empêcher le matériau de remplissage de s'infiltrer dans la fente. La plaque doit être centrée au-dessus de la fente et fixéede manière mobile d'un seul côté. L'épaisseur et la largeur de la plaque de pontage doivent être adaptées à la largeur maximale de la fente et aux sollicitations. La longueur des plaques de pontage en mé- tal doit être choisie de façon à éviter les dégâts par déformation thermique lors de la pose du matériau de remplissage. La plaque de pontage ne doit pas adhérer à la couche d'accrochage, ni au remplissage de la réservation. On peut séparer la face supérieure de la plaque de pontage et le remplissage de la réservation par une couche de géotextile.

Le remplissage de la réservation doit adhérer aux faces latérales et au fond de la ré- servation sur la longueur b de part et d'autre de la plaque de pontage. La valeur de b doit correspondre au moins à l'épaisseur a du revêtement (voir figure 3). L'épaisseur des diverses couches doit assurer un remplissage complet des vides du squelette avec le liant. L'épaisseur minimale de mise en œuvre est de 30 mm. Le rem- plissage de la réservation doit être étanche à l'eau (un maximum de 3% est autorisé pour les vides). Les granulats du remplissage, la méthode de mise en oeuvre et le type de compactage doivent être choisis de sorte à empêcher l'apparition d'un surplus de liant à la surface lors de la mise en œuvre ou à cause d'un déplacement éventuel des granulats dû aux charges de trafic.

L'épaisseur totale du joint de chaussée doit correspondre à l'épaisseur du revêtement avoisinant. Elle doit être de 70 mm au moins et ne pas dépasser 160 mm. Des écarts de 10 mm sont tolérés. Sur la largeur de la chaussée, des changements brusques d'é- paisseur ne sont pas admis. Lorsque les limites d'utilisation du tableau 7 sont atteintes, il faut augmenter l'épaisseur minimale de 70 à 90 mm. Le surfaçage du remplissage de la réservation doit être adapté aux surfaces avoisi- nantes du revêtement (planéité, rugosité, pente, hauteur). Les différences de hauteur ne doivent pas dépasser 2 mm vers le bas et 5 mm vers le haut.

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Le surfaçage peut être réalisé avec du gravier fin ou du sable. Le matériau de surfaça- ge doit adhérer au matériau de remplissage et résister à l'abrasion. Il doit en outre être antidérapant, se confondre visuellement avec le revêtement et offrir une protection contre les rayons UV.

3.2.2

Trottoirs

La mise en oeuvre et la largeur des joints de chaussée en bitume-polymère sont iden- tiques pour le trottoir et la chaussée.

L'épaisseur totale du joint de chaussée ne peut être supérieure à 160 mm et ne doit ja- mais être inférieure à 70 mm.

Le remplissage de la réservation doit être revêtu d'un surfaçage praticable, durable, carrossable et antidérapant.

3.2.3

Transition entre la chaussée et le trottoir

La transition entre la chaussée et le trottoir doit être délimitée soit par une tôle de fer- meture coudée à angle droit (voir figures 4 et 5), soit par une bordure (voir figures 6 et 7). La tôle de fermeture, respectivement la bordure, retient le remplissage de la réser- vation du trottoir. La hauteur du remplissage de la réservation devrait être réduite aussi peu que possible par la bordure, ce qui signifie que la face inférieure de cette dernière doit être détachée. L'inconvénient de cette exigence est d'affaiblir la bordure qui risque d'être cassée si des véhicules roulent dessus.

Une fente suffisante doit être prévue entre les tôles de fermeture ou entre les bordures.

3.2.4

Bord du pont

L'expérience montre que la fermeture des joints de chaussée est difficile dans la zone du bord du pont, raison pour laquelle la largeur normale des joints de chaussée en bi- tume-polymère doit être de 500 mm sur toute leur longueur. Il faut éviter les modifica- tions de section au bord des ponts, tant en hauteur qu'en largeur. La face frontale de la réservation devrait être accolée au béton. Il faut prendre des mesures particulières pour assurer l'étanchéité entre le rebord extérieur du bord du pont et le joint de chaus- sée en bitume-polymère (par ex. une bande d'étanchéité en PVC protégée par la tôle de fermeture). Dans ce cas de figure, on peut renoncer à la tôle de retenue verticale.

Il est également possible de supprimer la bordure du pont sur une longueur de 500 mm et de poser le joint de chaussée jusqu'au bord extérieur du pont. Des mesures particu- lières doivent alors être prises en ce qui concerne l'étanchéité.

Au droit du joint, les bords du pont doivent être pourvus d'une tôle de fermeture inoxy- dable suffisamment rigide, d'au moins 2 mm d'épaisseur, fixée à une extrémité.

3.3

Drainage

Si le revêtement d'un pont est en béton bitumineux, ou s'il s'agit d'un revêtement spé- cial perméable, le drainage doit être prévu en amont du joint de chaussée, directement sur l'étanchéité, au point le plus bas.

L'eau doit être évacuée selon le chapitre 5 (paragraphe 2.2 "Drainage du revêtement") des directives de l'OFROU concernant les détails de construction de ponts.

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3.4 Exemple pratique

Les figures suivantes décrivent les éléments constitutifs du système.

décrivent les éléments constitutifs du système. Figure 4: Vue en biais de la transition entre la

Figure 4:

Vue en biais de la transition entre la chaussée et le trottoir avec tôle de fermeture

entre la chaussée et le trottoir avec tôle de fermeture Figure 5: Vue en plan de

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en bitume-polymère" Page 29 Edition 2005 Figure 6: Vue en biais de la transition entre la

Figure 6:

Vue en biais de la transition entre la chaussée et le trottoir avec bordure

de la transition entre la chaussée et le trottoir avec bordure Figure 7: Vue en plan

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Directive "Joints de chaussée en bitume-polymère" Page 30 Edition 2005 Figure 8: Coupe longitudinale 1-1

Figure 8:

Coupe longitudinale 1-1

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4.

MATÉRIAUX

4.1

Généralités

L'aptitude des matériaux, du remplissage de la réservation et du système de joint de chaussée doit être confirmée par un examen initial. Les différents essais sont résu- més aux tableaux 9 à 12 et décrits en détail à l'annexe 3.

Les emballages doivent au moins porter les renseignements suivants :

Nom et adresse du fournisseur du système

Identification exacte du produit

Poids net en kg

Conditions d'entreposage (température, durée, etc.)

Caractérisation selon Ordonnance sur le transport des marchandises dangereuses

Numéro du lot de fabrication

Date de fabrication (mois, année)

4.2

Plaque de pontage

Sont utilisées des plaques de pontage en acier inoxydable (acier V2A, numéro d'identi- fication 1.4301), ou en acier de qualité équivalente, ou encore en matière plastique compatible avec le liant et résistant à la chaleur. Les lames métalliques doivent être fi- xées avec des vis de fixation en métal identique.

La largeur de la plaque de pontage doit correspondre aux dimensions géométriques données par la figure 3. Elle doit avoir au moins 2 mm d'épaisseur et satisfaire aux exi- gences statiques (largeur de la fente).

4.3

Tôle de fermeture

Les tôles de fermeture doivent être en acier inoxydable (acier V2A, numéro d'identifica- tion 1.4301). Leur épaisseur, qui dépend des exigences constructives, ne doit pas être inférieure à 2 mm.

4.4

Profil d'étanchéité

Les profils d'étanchéité doivent être préformés, résister à la chaleur à court terme, ab- sorber peu d'eau, posséder une stabilité de forme suffisante et conserver une élasticité suffisante durant leur mise en oeuvre. Les profils d'étanchéité n'ont aucune fonction d'étanchéité durant la durée d'utilisation, cette fonction devant être assurée par le sys- tème lui-même.

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4.5 Géotextile

Au cas où les géotextiles ont une fonction d'armature, c.-à-d. de renforcement, le four- nisseur du système est tenu de spécifier et de justifier leurs propriétés mécaniques. Leur résistance à la chaleur doit également être assurée.

4.6 Couche d'accrochage

La réservation est revêtue soit de primaire d'accrochage et de liant, soit uniquement de liant. En ce qui concerne les faces latérales de la réservation, il faut veiller à ce que le solvant présent dans la couche d'accrochage ne soit pas absorbé par les revêtements avoisinants.

4.7 Liant

Sont utilisés des bitumes modifiés par des polymères mélangés à des produits de cou- page et autres additifs. Le liant doit être fourni par le fabricant emballé et prêt à l'em- ploi.

4.8 Granulats

Pour remplir la réservation, on utilisera des concassés propres, de forme cubique et à arrêtes vives, calibrés en une ou en deux fractions granulométriques. Les granulats doivent être livrés sur le chantier, prêts à l'emploi, emballés ou dans des conteneurs calorifuges. Il doivent être livrés secs, exempts de poussière et entreposés à l'abri de l'humidité.

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5.

MISE EN OEUVRE

5.1

Généralités

Les instructions de mise en œuvre font partie de l'autorisation et doivent être tenues à disposition sur le chantier dans la langue du maître de l'ouvrage.

La méthode, le nombre et le calendrier des essais doivent être convenus au préalable dans un plan de contrôle fixé entre le maître de l'ouvrage et l'entrepreneur.

Les différentes phases des travaux, de la préparation du fond de la réservation jus- qu'au surfaçage, doivent se succéder rapidement.

Il faut s'assurer que l'eau de ruissellement et d'infiltration soit drainée et évacuée du chantier pendant toute la durée des travaux.

Sur le chantier, tous les matériaux doivent être tenus au sec et à l'abri de la chaleur et du froid.

Le fond de la réservation en béton devrait avoir la résistance à l'arrachement suivante :

valeur moyenne d'une série de trois :

1.5 N/mm²

valeur unique d'une série de trois :

1.0 N/mm².

Si l'on ne dispose pas d'une protection particulière (par ex., mise sous toit), la pose de la couche d'accrochage et le remplissage de la réservation ne doivent se faire que par temps sec. La température de surface des éléments de construction doit dépasser + 5° C et être au moins 3° C au-dessus du point de rosée.

L'entrepreneur dressera un procès-verbal de la mise en oeuvre selon l'annexe 4. Il remettra les documents au maître de l'ouvrage, resp. à la direction des travaux, de son propre chef à la fin des travaux.

5.2

Confection de la réservation

5.2.1 Confection dans un revêtement de chaussées existant

Tracer la position du joint de dilatation et les limites latérales de la réservation sur la chaussée.

Découper parallèlement, par sciage ou par fraisage du revêtement, les deux faces laté- rales de la réservation sans endommager l'étanchéité.

La confection de la réservation s'effectue selon les instructions de mise en œuvre. La liaison avec l'étanchéité peut être réalisée selon les variantes 1 et 2 dans le cas d'une nouvelle construction et selon les variantes 1 et 3 dans le cas de conservation.

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Variante

Schéma

Commentaire

Application

variante 1

variante 1 découpe de l'étanchéité le long des faces latérales de la réservation nouvelle construction ou

découpe de l'étanchéité le long des faces latérales de la réservation

nouvelle construction ou conservation

variante 2

variante 2 mise à nu complète de l'étanchéité et liaison du raccord dans le remplissage de

mise à nu complète de l'étanchéité et liaison du raccord dans le remplissage de la réservation

uniquement nouvelle construction

variante 3

variante 3 mise à nu partielle de l'étanchéité et liaison du raccord dans le remplissage de

mise à nu partielle de l'étanchéité et liaison du raccord dans le remplissage de la réservation

uniquement conserva- tion

Tableau 13:

Raccord du remplissage de la réservation à l'étanchéité

Dans le cas de la variante 1, découper le long des lignes de démarcation puis excaver

ou fraiser la réservation. Dans le cas des variantes 2 et 3, découper le revêtement 80

mm à l'intérieur des deux lignes de démarcation puis dégarnir la réservation, avec un

marteau piqueur ou une fraise. Le fond en béton ne doit pas être endommagé durant ces opérations; l'enlèvement du béton sur une profondeur de 1 à 2 mm n'est pas consi- déré comme détérioration.

Le dégarnissage du revêtement sur la bande de 80 mm et la mise à nu de l'étanchéité (variantes 2 et 3) nécessitent beaucoup d'attention et doivent se faire à la main, sans endommager l'étanchéité.

L'entrepreneur, dans les instructions de mise en oeuvre, doit indiquer au maître de l'ou- vrage la variante choisie en fonction du système pour réaliser le raccord entre le rem- plissage de la réservation et l'étanchéité.

5.2.2 Confection dans un revêtement neuf

Suivant le système appliqué, poser l'étanchéité de manière qu'elle aboutisse à la face

latérale de la réservation ou qu'elle la dépasse (variante 1, resp. variante 2). Dans le

cas de la variante 2, prévoir une couche de séparation flexible sur l'étanchéité avant la

pose du revêtement. Des panneaux de coffrage, ou autres, ne sont pas admis comme

éléments de séparation.

5.3 Pose du joint de chaussée

Afin d'améliorer l'adhérence de la couche d'accrochage, il faut préparer la surface du

fond en béton en le soufflant à l'air sec. Avant la pose du joint de chaussée, il convient de nettoyer la réservation à l'air comprimé déshuilé ou avec un aspirateur. Les faces latérales devraient être parallèles.

Après avoir rempli la fente avec le profil d'étanchéité et appliqué la couche d'accro- chage dans la réservation, centrer la plaque de pontage au-dessus de l'ouverture, la fixer solidement dans cette position et la recouvrir de couche d'accrochage. Suivant le système, on recouvrira encore la plaque de pontage d'un géotextile. Il faut observer un temps de séchage suffisant de la couche d'accrochage de sorte que l'éventuel solvant de l'agent d'adhérence ne soit pas absorbé par les revêtements avoisinants.

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Les faces latérales de la réservation doivent être soigneusement chauffées à l'air chaud avant la pose du matériau de remplissage. S'il est nécessaire de faire des joints de travail dans le joint de chaussée, la face frontale du matériau déjà mis en place doit être soigneusement réchauffée à l'air chaud avant de poursuivre le remplissage. Il faut veiller à éviter tout surplus de liant dans cette zone qui représenterait un point faible et doit donc être réduit à un minimum.

Les températures de préparation et de pose du liant dépendent spécifiquement des produits et doivent être indiquées dans les instructions de mise en œuvre. Le liant doit être uniquement préparé et conservé dans un malaxeur chauffé indirectement au ma- zout ou à l'air. Le malaxeur doit être équipé d'un thermostat et d'un entraînement à mo- teur. Seuls des emballages complets peuvent être utilisés. Le mélange chauffé ne doit pas séjourner plus de 8 heures dans le malaxeur qu'il faut vider complètement après chaque journée de travail. Il est interdit de réutiliser les restes de liant déjà chauffé une fois. Il convient de mesurer et d'enregistrer en permanence la température du mélange aux endroits critiques, ce de manière digitale.

Le chauffage des granulats non préenrobés se fait dans un malaxeur à l'aide de lances à air chaud, ce qui complique le contrôle de la température de préparation. Il est impor- tant de s'assurer que ces granulats non préenrobés n'entrent jamais en contact avec le liant tant que leur température dépasse celle admise au maximum pour le liant. C'est pourquoi, juste avant leur mise en œuvre, il s'agit de contrôler leur température qui de- vrait atteindre au moins 150° C.

Les granulats avec préenrobage doivent être préparés plus soigneusement que ceux qui n'en ont pas. La température de préparation ne doit jamais dépasser celle admise au maximum pour le préenrobage. Dans le cas de ce type de granulats, le maintien de la température de mise en œuvre ne représente pas un problème puisque c'est la tem- pérature du préenrobage qui est déterminante.

La teneur en poussière des granulats réchauffés ne doit pas dépasser le degré 2 selon le tableau 2.1 de l'annexe 3. Les températures de préparation et de pose du liant et des granulats, ainsi que les particularités de détail spécifiques des instructions de mise en œuvre doivent être respectées.

Il convient de ne poser à la fois que la quantité de granulats qui peut être enrobée en une seule passe. L'épaisseur maximale de pose ne doit pas dépasser 40 mm par cou- che et doit être au moins de 30 mm. Le mélange des granulats et du liant doit être fait selon les instructions de mise en œuvre.

Le surfaçage doit être appliqué sur le remplissage de la réservation refroidi (tempéra- ture max. 50° C). Les joints de chaussée en bitume-polymère ne doivent pas être re- froidis artificiellement durant leur mise en œuvre. Après le refroidissement, la surface doit être exempte d'excès de liant.

Le procédé exact de confection du surfaçage doit être décrit dans les instructions de mise en œuvre.

Le trafic ne peut circuler que lorsque le remplissage de la réservation est stable. C'est la raison pour laquelle le température mesurée à la surface du surfaçage doit corres- pondre à celle du revêtement avoisinant (pour des températures de revêtement > 50° C) ou être de 50° C au maximum (pour des températures de revêtement < 50° C). Il est judicieux du point de vue qualitatif que le refroidissement s'effectue len- tement. Etant donné la durée d'utilisation recherchée de 10 à 15 ans, il paraît suppor- table de laisser fermées les voies de circulation concernées la nuit qui suit la pose.

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D'expérience, le rendement journalier d'une équipe de 4 hommes est au maximum de 12 à 17 m' par jour pour un remplacement complet de joint de chaussée en bitume- polymère (démolition du joint existant, préparation, pose). Ce rendement ne peut ce- pendant être atteint que si des conditions météorologiques propices au système rè- gnent.

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6.

ESSAIS ET SURVEILLANCE

6.1

Généralités

On distingue, dans le cadre des contrôles et de la surveillance :

 

Examen initial

Contrôles de qualité interne en usine (CQU) et surveillance externe (SUE)

 

Contrôles sur le chantier

Surveillance propre durant l'exécution des travaux

 

Surveillance selon plan de contrôle

Contrôles de qualité et essais contradictoires.

Les essais comprennent en général les phases suivantes :

Prélèvement et identification des échantillons

Entreposage

Emballage pour l'envoi

Transport du lieu de prélèvement à la station d'essai

 

Essais

Procès-verbal des essais

Entreposage des échantillons de référence

 

Elimination conforme aux règles de l'écologie.

Les essais des matériaux, du remplissage de la réservation et ceux relatifs au système de joint de chaussée, se font selon les spécifications d'essais de l'annexe 3.

6.2

Compétences pour les essais et la surveillance

 

Le tableau 14 fixe les compétences de chacun pour la demande d'essais et de surveil- lance.

Essais et surveillance

Fournisseur du

Ingénieur

Entreprise

système

spécialisée

examen initial selon chapitre 6.3 avec rapport d'essais et certificat de conformité (pour l'autorisation)

X

----

----

contrôles de qualité interne en usine (CQU) et surveil- lance externe (SUE) selon chapitre 6.4 (pour la pro- longation de la validité après l'examen initial)

X

----

----

surveillance propre selon chapitre 6.5 (durant l'exécution des travaux)

----

----

X

surveillance d'après plan de contrôle selon chapitre 6.6 (durant l'exécution des travaux)

----

X

----

contrôles de qualité selon chapitre 6.7.1 (après les travaux)

----

X

----

contrôles de qualité complémentaires selon chapitre 6.7.2 (après les travaux)

----

X

X

essais contradictoires selon chapitre 6.7.3 (après les travaux)

----

X

X

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6.3

Examen initial

L'examen initial sert à caractériser les matériaux et les systèmes, ainsi qu'à fournir la preuve générale de leur convenance. Il appartient à l'entrepreneur de fournir cette preuve par un rapport d'essais et un certificat de conformité d'un organisme de contrôle accrédité. C'est au fournisseur du système et à l'auteur du certificat de conformité de fi- xer d'un commun accord l'étendue d'un nouvel examen initial en cas de modification des matériaux de remplissage de la réservation ou du système de joint de chaussée.

L'étendue des essais, leur but et les exigences de qualité posées aux matériaux sont définies aux tableaux 9 à 12. Les essais se font selon les spécifications d'essais tech- niques SE de l'annexe 3. L'examen initial est à la charge du fournisseur du système.

6.4

Preuve de conformité

La preuve de conformité comprend les contrôles de qualité internes en usine (CQU) et la surveillance externe (SUE). Elle sert à caractériser périodiquement la qualité des matières de base du système autorisé. Un système reste autorisé après l'examen initial lorsqu'on peut démontrer par une preuve de conformité que les exigences de contrôle sont remplies.

6.4.1

Contrôles de qualité internes en usine (CQU)

Les contrôles de qualité internes en usine comprenant les essais prévus dans les ta- bleaux 15 et 16. Ils servent à caractériser la qualité des matériaux de base (liant et granulats) de chaque livraison, respectivement de chaque lot de fabrication. Ils peuvent être effectués par un laboratoire approprié du fabricant. Les résultats des essais doi- vent être évalués puis conservés durant cinq ans au minimum.

6.4.2

Surveillance externe (SUE)

La surveillance externe comprend les essais prévus dans les tableaux 15 et 16 et sert à caractériser la qualité des matériaux de base (liant et granulats) du système autorisé. Elle doit être effectuée tous les deux ans par un organisme de contrôle accrédité man- daté par le fournisseur du système.

6.5

Surveillance interne pendant l'exécution des travaux

Les contrôles de qualité effectués par l'entrepreneur pendant la mise en oeuvre ser- vent à constater si la qualité des matériaux et celle du produit terminé satisfont aux exi- gences contractuelles.

L'entrepreneur exercera une surveillance interne soignée et suffisante. Le détail des contrôles internes de qualité des matériaux et de l'exécution des travaux est défini dans le procès-verbal de mise en œuvre (voir annexe 4). Les résultats seront consi- gnés dans le procès-verbal de mise en oeuvre. En cas de non-conformité, on avisera le maître de l'ouvrage et on prendra immédiatement les mesures qui s'imposent.

Les résultats de la surveillance interne seront remis au maître de l'ouvrage. L'entrepre- neur supporte les frais y relatifs.

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6.5.1

Surveillance interne des matériaux

 

Par exemple:

Bulletins de livraison et identification des matériaux (par ex. N° des lots de fabrica- tion)

Contrôle visuel des emballages et de leur contenu

 

Entreposage des matériaux selon instructions

Granulats et matériaux de surfaçage selon composition, granulométrie, siccité et te- neur en poussière

Type et dimensions de la plaque de pontage et du géotextile.

 

6.5.2

Surveillance interne de l'exécution

Par exemple:

Relevé des conditions ambiantes (températures, humidité de l'air etc.)

 

Nature des matériaux de revêtement et du fond de la réservation

Géométrie et planéité du fond de la réservation et des faces latérales

Aptitude au fonctionnement de l'étanchéité (état intact, adhésion au fond de la ré- servation)

Observation des températures de mise en oeuvre du liant et des granulats

 

Application des couches selon les prescriptions (épaisseur et nombre)

Observation des conditions de mise en oeuvre et des délais d'attente

Contrôle visuel de la régularité de la surface de chaque couche et constatation d'éventuels défauts

Méthode de surfaçage et plage de température durant le surfaçage

 

Adhérence du matériau de surfaçage à la surface.

6.6

Surveillance selon le plan de contrôle

Les données concernant les contrôles de qualité sont spécifiées dans le plan de con- trôle qui doit contenir les éléments ci-après :

Personne contrôlant les travaux

 

Nature, étendue, exécution et calendrier des contrôles

Exigences de qualité et écarts autorisés

Réglementation des compétences et du flux d'information.

6.7

Contrôles de qualité et essais contradictoires

6.7.1

Contrôles de qualité

Les contrôles de qualité sont effectués par le maître de l'ouvrage pour constater si les propriétés des matériaux et le produit terminé sont conformes aux exigences contractu- elles.

Les résultats font partie du procès-verbal de réception.

Les prélèvements et les essais effectués sur le chantier par le maître de l'ouvrage le sont en présence de l'entrepreneur, à moins que celui-ci ne réponde pas à la convoca- tion.

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Si c'est l'entrepreneur qui doit prélever et emballer les échantillons pour l'envoi, ces prestations devront faire l'objet d'un article dans la série de prix. Les essais eux- mêmes sont effectués par le maître de l'ouvrage ou un organisme de contrôle désigné par ce dernier.

Pendant la pose sur le chantier, on prélèvera des échantillons pour les contrôles de qualité exigés dans les spécifications d'essais SE (annexe 3, chapitres 1.4.1 et 1.4.2).

La prise en charge des frais des contrôles de qualité est réglée par la norme SIA 118.

6.7.2

Contrôles de qualité complémentaires

Au cas où le résultat d'un contrôle de qualité n'est pas considéré comme représentatif, l'entrepreneur est en droit d'exiger des contrôles complémentaires qui seront effectués sur des échantillons prélevés sur le joint de chaussée terminé. Le maître de l'ouvrage et l'entrepreneur décident en commun de l'endroit et du nombre de prélèvements.

Les frais des contrôles de qualité complémentaires demandés par l'entrepreneur sont à la charge de l'entrepreneur.

Le maître de l'ouvrage peut exécuter de son propre chef des contrôles de qualité com- plémentaires.

6.7.3

Essais contradictoires

Un essai contradictoire est la répétition d'un contrôle de qualité, lorsque le maître de l'ouvrage ou l'entrepreneur ont exprimé un doute fondé quant à son exécution (par ex. sur la base de leurs propres essais). L'essai contradictoire se fait sur demande d'une des parties et sera confié à un organisme de contrôle reconnu par les deux parties et n'ayant pas participé au précédant contrôle. Les résultats des essais contradictoires remplacent ceux du premier contrôle.

Les coûts des essais contradictoires, tous frais compris, sont à la charge de la partie à qui les résultats donnent tort.

6.8

Récapitulation des contrôles et des essais

La nature et l'étendue des contrôles et des essais du liant, des granulats, du remplis- sage de la réservation ainsi que du système de joint de chaussée sont résumées aux tableaux 1.1 à 1.4 de l'annexe 3.

6.9

Reconnaissance réciproque Allemagne - Suisse

La collaboration entre l'Allemagne et la Suisse a abouti à la reconnaissance réciproque des essais et exigences prévus d'une part dans les "Zusätzliche Technische Vertrags- bedingungen und Richtlinien für Ingenieurbauten ZTV-ING (Teil 8: Bauwerksausstat- tung, Abschnitt 2: Fahrbahnübergänge aus Asphalt)" et d'autre part dans la directive "Joints de chaussée en bitume-polymère".

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Les rapports d'essai sont réciproquement reconnus lorsque ils ont été établis par un organisme de contrôle suisse accrédité ou par un organisme équivalent allemand, ac- crédité par le Ministère allemand des transports (Bundesministerium für Verkehr, Bau- und Wohnungswesen).

Un examen initial effectué en Suisse sera aussi reconnu en Allemagne, pour autant que les essais complémentaires suivants aient été effectués selon les "Technische Lieferbedingungen für die Baustoffe zur Herstellung von Fahrbahnübergängen aus Asphalt TL-BEL-FÜ" et les "Technische Prüfvorschriften für Fahrbahnübergänge aus Asphalt TP-BEL-FÜ" :

Alinéa des SE

Essais complémentaires

D

2.1.1.4

Erweichungspunkt der Tränkmasse

D

2.1.1.5

Elastische Rückstellung bei 25° C

D

2.1.1.8

Beständigkeit gegen Hitzeeinwirkung

D

2.1.1.11

Dynamisch-elastische Kennwerte in Abhängigkeit von der Temperatur

D

2.1.1.12

Glasübergangstemperatur, Spröd/Zäh-Übergang, Schmelzpunkt kristalliner Berei- che

Tableau 15:

Essais complémentaires pour validation en Allemagne de l'examen initial suisse

Pour qu'un examen initial effectué en Allemagne soit reconnu en Suisse, il doit être conforme à la directive "Joints de chaussée en bitume-polymère", ce qui suppose que les essais complémentaires suivants aient été effectués :

Alinéa des SE

Essais complémentaires

Remarques

CH 2.1.1.6

résistance à la chaleur

essai avec ERG

CH 2.1.1.9

indices dynamiques aux températures d'utilisation

essai avec KAST-BIN

CH 2.1.1.11

état des polymères par chromatographie sur gel

 

CH 2.2.6

profondeur de pénétration

 

CH 3.2

essai d'adhérence

 

Tableau 16:

Essais complémentaires pour validation en Suisse de l'examen initial allemand

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L'examen initial doit être l'oeuvre un seul organisme de contrôle. Les essais complé- mentaires selon les tableaux 19 et 20 peuvent être exécutés soit par l'organisme de contrôle qui a procédé à l'examen initial soit par un autre organisme accrédité ou re- connu par le Ministère allemand des transports. Le rapport d'ensemble, en revanche, doit être l'oeuvre d'un seul organisme de contrôle qui délivre en même temps le certifi- cat de conformité.

Le cas échéant, il peut être nécessaire de vérifier que les matériaux livrés pour des es- sais complémentaires soient identiques à ceux qui ont subi l'examen initial.

Il est considéré comme important que les organes de contrôle des deux pays échan- gent leurs expériences par des contacts périodiques.

6.10 Liste comparative des spécifications d'essais suisses et allemandes

6.10.1 Essais des granulats

Chap. SE

Essais

Iden-

Equi-

Diffé-

Exigences

Remarques

tique

valent

rent

D

CH

D

2.1.2.1

Mineralstoffart

     

oui

   

D

2.1.2.2

Reinheit nature minérale et propreté

X

CH2.1.2.1

oui

D

2.1.2.3

Korngrössenverteilung

 

X

 

oui

   

CH2.1.2.2

granulométrie

oui

D

2.1.2.4

Dichte, Rohdichte, Porosität poids spécifique, absorption d'eau

     

non

   

CH2.1.2.3

X

non

D

2.1.2.5

Schüttdichte densité apparente, teneur en vide

     

non

   

CH2.1.2.4

X

non

D

2.1.2.6

Kornform forme et arrondi du grain

     

oui

   

CH2.1.2.5

X

oui

D

2.1.2.7

Widerstand gegen Schlagbe- anspruchung résistance à l'écrasement

     

oui

   

CH2.1.2.6

X

oui

D

2.1.2.8