Vous êtes sur la page 1sur 5

Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr

Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr 1

1

neurologues brésiliens, qui ont suspecté le virus dès septembre 2015, se sont heurtés au scepticisme de leurs collègues.

Le docteur Adriana Melo, spécialiste de médecine

fœtale à l’institut de recherche IPESQ, à Campina Grande, dans l’État de Paraìba, a été la première

PAR MICHEL DE PRACONTAL ARTICLE PUBLIÉ LE LUNDI 15 FÉVRIER 2016

[media_asset|

eyJtZWRpYSI6eyJpZCI6IjU2YmM1YjY4YTVjOTU5ZWEyYzhiNDU2OSIsInBhdGgiOiJmaWxlc1wvMjAxNlwv

preuves s'accumulent de jour en jour pour montrer que la vague de malformations cérébrales observées au Brésil est causée par le virus Zika. Pour le docteur Adriana Melo, l'un des premiers médecins à avoir étudié ces cas, interrogée par Mediapart, il s'agit d'une pathologie inédite, jamais observée précédemment.

Découvert en 1947, le Zika est passé sans transition du statut de curiosité virologique relativement inoffensive à celui de dernier fléau en date, à la suite d’une dramatique vague de microcéphalies au Brésil. Ces malformations congénitales se manifestent, chez les enfants affectés, par une tête plus petite que la normale en liaison avec une atrophie du cerveau. Toute une série de facteurs peuvent causer des microcéphalies, et leur existence ne constitue pas en soi une nouveauté.

Mais un événement exceptionnel a déclenché l’alerte au Brésil : une augmentation soudaine et très forte du nombre de cas de microcéphalie, avec des formes particulièrement graves, détectée à partir d’août 2015 dans plusieurs États du nord-est du pays, environ un an après l’arrivée présumée du virus Zika dans le pays.

[media_asset| eyJtZWRpYSI6eyJpZCI6IjU2YmM1YjY4YTVjOTU5ZWEyYzhiNDU2OSIsInBhdGgiOiJmaWxlc1wvMjAxNlwv développée En 2013-2014, en Polynésie une épidémie française. plus Là encore, sérieuse pour s’est la

Le 1 er février 2016, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré l’épidémie de Zika «urgence de santé publique de portée mondiale », principalement à cause d’une « forte suspicion » de relation causale entre le virus et les microcéphalies. Cette relation n’est pas encore rigoureusement prouvée. Elle a paru, dans un premier temps, improbable à de nombreux spécialistes qui n’avaient jamais vu de pathologie grave associée au Zika. Des pédiatres et

à

prouver que le Zika pouvait franchir la barrière

placentaire (lire notre entretien page deux). Ce qui

a constitué une étape décisive pour relier le virus à

la vague de malformations du cerveau observées au Brésil. Un autre argument avancé par Adriana Melo et ses collègues brésiliens est l’aspect particulier, inédit, des atteintes cérébrales très sévères qu’ils décrivent :

il s’agit de « quelque chose de complètement nouveau, jamais rencontré dans des maladies décrites auparavant », affirme Melo.

D’autres virus peuvent franchir la barrière du placenta et causer des malformations cérébrales chez le fœtus, notamment ceux de la rubéole et de la toxoplasmose. Mais on n’avait rien vu de tel avec le Zika, qui jusqu’à 2013 n’avait jamais rendu personne vraiment malade. Ce virus, transmis par des moustiques cousins de ceux de la dengue et du chikungunya, a été découvert en 1947 sur un « singe sentinelle » enfermé dans une cage dans une forêt d’Ouganda. Endémique dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie, il n’a quasiment pas provoqué de symptômes chez l’homme pendant soixante ans. En 2007, on a observé une première épidémie, plutôt bénigne, sur l’île micronésienne de Yap, en 2007. Il n’y a eu ni décès ni hospitalisation.

plupart des patients identifiés, les symptômes ont été relativement modérés : fièvre, éruption, maux de tête, douleurs articulaires (beaucoup moins handicapantes que celles du chikungunya). Mais on a aussi observé une quarantaine de cas de syndrome de Guillain- Barré potentiellement associés au virus. Il s’agit d’une maladie inflammatoire du système nerveux périphérique qui provoque une faiblesse des membres, parfois une paralysie, en général réversible. Le lien possible entre Zika et le syndrome de Guillain- Barré a fait l’objet d’un article, par une équipe de

1/5

Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr

Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr 2

2

médecins et chercheurs français, en mars 2014. C’est la première publication suggérant que le virus peut entraîner des complications non bénignes et qu’il a une affinité pour le système nerveux.

À l’époque, les médecins de Polynésie française n’ont pas détecté de cas de microcéphalie susceptibles d’être liés à l’épidémie. Ils ont en revanche noté la propagation rapide du virus dans la zone Pacifique. Le docteur Didier Musso, de l’Institut Louis-Malardé, et ses collègues ont pronostiqué sa diffusion au-delà de cette zone.

Quelques semaines après la fin de la coupe du monde de football, disputée en juin-juillet 2014 au Brésil, des médecins de Natal, la capitale de l’État du Rio Grande do Norte, qui avait accueilli certains des matchs, ont observé de nombreux patients atteints du même ensemble de symptômes, faisant penser à une forme douce de la dengue. Rien de très grave, mais on ne comprenait pas quelle était la cause de cette épidémie. Ce n’est qu’au printemps 2015 que le coupable a été identifié : le Zika.

Il était présent sur le continent américain dès l’été 2014. On a supposé qu’il avait été amené de la région Pacifique lors de la coupe du monde. Didier Musso propose une hypothèse alternative : le Zika aurait été transporté en août 2014, pendant le championnat du monde de va’a (pirogue polynésienne) qui s’est déroulé à Rio de Janeiro, et auquel participait la Polynésie française ainsi que trois autres pays touchés par le Zika en 2014. Qui plus est, une étude française a montré que le virus observé au Brésil était génétiquement très proche de celui qui a touché la Polynésie et la région Pacifique.

[[lire_aussi]]

Quelle que soit sa provenance exacte, le Zika a provoqué une épidémie à grande échelle au Brésil et dans 28 pays ou territoires, la plupart sur le continent américain, pour deux raisons principales :

les populations de ces régions n’avaient jamais été exposées à ce virus et n’avaient pas d’immunité contre lui ; et les moustiques du genre Aedes, qui transmettent le Zika, mais aussi le chikungunya, la dengue ou la fièvre jaune, sont ubiquitaires dans ces régions. Ils se

reproduisent et prolifèrent dans les eaux stagnantes, et sont pratiquement impossibles à éradiquer, surtout dans les zones d’habitat pauvre et insalubre.

Les cas se sont multipliés à grande vitesse, sans que l’on puisse estimer précisément le nombre de personnes infectées, du fait que la plupart n’ont pas de symptômes, ou bien de trop légers pour entraîner une consultation médicale. L’OMS évalue entre 3 et 4 millions le nombre d’infections au Zika dans les douze prochains mois (voir une synthèse dans The Lancet).

Du fait du grand nombre élevé d’infections, beaucoup de femmes enceintes ont été touchées par le virus, le plus souvent sans même s’en rendre compte. En août 2015, des médecins de Recife, capitale de l’État de Pernambouc, la pointe nord-est du Brésil, ont commencé à observer des formes graves, et assez atypiques, de microcéphalie. Le nombre de cas a rapidement augmenté, même s’il y a des incertitudes sur l’ampleur réelle de la hausse, du fait que l’on a entrepris de rechercher systématiquement les cas de microcéphalie (lire l’analyse des chiffres par The Lancet).

C’est dans le Pernambouc que l’on a identifié le plus de cas, mais l’ensemble du pays est touché. Début octobre 2015, le ministre de la santé a chargé une épidémiologue, le docteur Celina Turchi, de mener une enquête sur la cause de cette vague de microcéphalies. Une série de virus ont été testés, en vain. Le lien avec le Zika était déjà soupçonné, mais on ne réussissait pas à le confirmer.

Le 11 novembre, le ministère brésilien de la santé déclarait une urgence de santé publique à la suite de la hausse du nombre de nouveau-nés atteints de microcéphalie au Pernambouc. À la date du 17 novembre, 399 cas étaient à l’étude dans sept États du nord-est du Brésil, dont plus de la moitié au Pernambouc. Le même jour, les analyses en laboratoire d’échantillons de liquide amniotique de deux fœtus suivis par Adriana Melo confirmaient pour la première fois que le virus Zika pouvait se transmettre d’une femme enceinte à son enfant, en

2/5

Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr

Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr 3

3

traversant la barrière placentaire. Depuis, au moins deux autres équipes ont trouvé la trace du Zika chez les fœtus touchés par les microcéphalies.

A posteriori, on peut s’étonner qu’il ait fallu

attendre l’épidémie brésilienne pour que l’alerte soit déclenchée. Le 24 novembre 2015, les autorités de santé de la collectivité d’outre-mer ont signalé rétrospectivement une vague inhabituelle d’au moins 17 cas de malformations du système nerveux central chez des fœtus et des nouveau-nés, coïncidant chronologiquement avec l’épidémie de Zika. Cette alerte a été reprise dans un rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), diffusé le 25 novembre, qui mettait l’accent sur le lien potentiel entre le Zika et les microcéphalies au Brésil.

Tout récemment, la plausibilité de ce lien a été confirmée aux États-Unis, après l’étude d’un cas de malformation chez le bébé d’une femme enceinte vivant à Hawaii, mais qui a séjourné au Brésil pendant une partie de sa grossesse. Pourquoi n’a-t- on pas observé l’association Zika/microcéphalie avant l’entrée du virus sur le continent américain ?

Le docteur Denis Coulombier, de l’ECDC, avance plusieurs hypothèses : « D’abord, la souche virale asiatique, en cause en Polynésie et aux Amériques, diffère de la souche africaine, ce qui pourrait expliquer en partie pourquoi l’association n’a pas

été notée en Afrique. D’autre part, en Afrique et en Asie, il y a eu des épisodes épidémiques sporadiques, étalés dans le temps, et non explosifs comme sur le continent américain. De plus, dans les régions où le virus circule depuis un certain temps, une partie de

la population est immunisée et les taux d’attaques

sont relativement faibles. Les femmes en âge de procréer peuvent avoir déjà eu la maladie, ce qui les protège pendant la grossesse. Dans des populations “naïves” ou non immunisées, tous les groupes sont touchés et notamment les femmes enceintes, d’où l’accroissement des cas au Brésil. Ce qui a aussi été accentué parce que le virus s’est diffusé dans des zones urbaines relativement peuplées, où les cas de

malformations ont été plus concentrés dans l’espace, permettant un rapprochement entre ces cas qui a pu générer l’alerte. »

Des analyses ont confirmé l'infection par le Zika de fœtus atteints de malformations Le docteur Adriana Melo est chercheuse à l’IPESQ (Instituto de Pesquisa Professor Joaquim Amorim), à Campina Grande, dans l’État de Paraìba, l’un de ceux où l’on a commencé à observer des microcéphalies très graves susceptibles d’être liées à l’épidémie de Zika. Elle a été l’un des premiers médecins à étudier ces cas troublants, car ils ne ressemblent pas aux malformations cérébrales déjà connues.

Combien de cas avez-vous étudiés ?

[media_asset|

eyJtZWRpYSI6eyJpZCI6IjU2YmM1ZGQ4MjRkZTNkM

suis spécialiste de médecine fœtale, je travaille uniquement sur des fœtus. À ce jour, j’ai suivi vingt cas de microcéphalie, associés à différents degrés de dommages cérébraux. Parmi ceux-ci, j’ai identifié cinq fœtus avec microcéphalie chez lesquels nous avons réussi à détecter le matériel génétique du virus Zika dans le liquide amniotique par la technique de PCR. Nous avons aussi trouvé le virus dans le placenta et dans le sang du cordon ombilical d’un bébé qui est mort quelques heures après sa naissance.

Par ailleurs, des chercheurs de l’État du Pernambouc ont relevé la présence de Zika dans des échantillons de liquide amniotique, et des chercheurs du Natal l’ont trouvé dans le placenta et le matériel issu d’un avortement. Le nombre de cas devrait augmenter quand nous disposerons d’un test sérologique pour évaluer la présence d’anticorps spécifiques liés au Zika.

Peut-on aujourd’hui être certain d’un lien causal entre le virus Zika et ces malformations ?

Pour établir la causalité, il ne suffit pas de constater que des femmes chez qui l'on a identifié la maladie après coup ont eu des bébés atteints de malformations. Il faut suivre un ensemble de femmes enceintes infectées par le virus, voir combien de fœtus vont développer une microcéphalie, et comparer à ce que

3/5

Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr

Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr 4

4

l’on observe dans une population non touchée par le virus. C’est le principe des études de cohortes cas- témoins, qui sont en cours dans plusieurs centres de recherche au Brésil. Le problème est que ces études sont longues et coûteuses.

À ce stade, il y a une forte probabilité de lien causal, qui repose sur la description précise des cas. La structure des dommages cérébraux associés à la microcéphalie, qui a été décrite par plusieurs spécialistes au Brésil, est quelque chose de complètement nouveau, jamais rencontré dans les maladies décrites auparavant. C’est pour cette raison que j’ai décidé, en novembre 2015, de récolter des échantillons de liquide amniotique. À l’époque, je savais que j’avais quelque chose de nouveau et que le liquide amniotique pourrait nous donner des pistes. Quand une mère est infectée, l’agent infectieux peut franchir la barrière placentaire et atteindre le fœtus. Une fois malade, le fœtus élimine l’agent dans l’urine, principal constituant du liquide amniotique.

En suivant cette logique, j’ai collecté les échantillons et j’ai demandé à un laboratoire de la Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz) de rechercher le virus Zika ainsi que d’autres agents infectieux dans ces échantillons. Nous avons trouvé du matériel génétique de Zika dans deux échantillons. C’était la première fois que l’on détectait le virus dans du liquide amniotique [l’étude a été publiée en janvier 2016 dans Ultrasound in Obstetrics and Gynecology]. Mais ce n’était que le début.

Pourtant, certains experts contestent encore le lien entre ces malformations et le virus Zika. Un récent rapport du réseau Latin American Network of Congenital Malformations conclut que la plupart des cas pourraient être liés à des biais d’observation et à un surdiagnostic consécutif à l’alerte. Comment réagissez-vous ?

Peut-être que le fait que ce groupe n’était pas présent dans les zones les plus atteintes lui rend difficile d’accepter la situation. Un autre élément qui, pour moi comme pour d’autres collègues, a rendu la recherche difficile, c’est l’emploi de ce terme de microcéphalie. C’est un terme trop général qui recouvre une grande

hétérogénéité de pathologies, et de plus il y a toujours un certain nombre de microcéphalies dans une population. Peut-être qu’une appellation plus correcte serait “dommage cérébral ou trouble congénital lié au Zika”, dont le signe principal serait la microcéphalie.

Pour quiconque examine les fœtus ou nouveau-nés atteints, il est évident qu’il s’agit de quelque chose de nouveau, de jamais vu. Dans les microcéphalies habituelles causées par des agents infectieux, on observe des destructions de cellules et de certaines structures qui se sont formées auparavant. Ce que nous avons là est totalement différent parce qu’il y a des structures dont la formation s’est arrêtée, comme si le développement du cerveau avait été bloqué.

Dès les premiers cas que j’ai étudiés, je n’ai jamais eu le moindre doute sur le caractère inédit et spécifique de cette pathologie, non parce qu’il y a une microcéphalie, mais principalement à cause de l’aspect hypoplasique – insuffisamment développé – du cervelet, associé à une calcification du tissu cérébral, avec un cerveau sans sillons, quasiment lisse (cette combinaison de traits pathologiques est inhabituelle et ne ressemble pas à ce que l’on connaît avec d’autres virus).

Dans certains cas, on observe aussi une ventriculomégalie – dilatation des ventricules du cerveau –, avec une augmentation du volume de liquide céphalorachidien. Si elle est prononcée, elle peut masquer la microcéphalie : une tête qui était initialement trop petite, par suite d’une atrophie cérébrale, peut à la naissance présenter une mesure quasiment normale, alors que l’enfant a un cerveau très peu développé.

Dans ma ville de Campina Grande, en plus de ces cas avec hypoplasie du cervelet, ventriculomégalie et calcifications, j’ai suivi des cas encore plus lourds dans lesquels le bébé est atteint d’arthrogrypose, raideurs des articulations qui sont liées aux atteintes cérébrales. Sur les six cas de ce type que j’ai observés, quatre nouveau-nés sont morts rapidement ; un a survécu, mais son arthrogrypose était limitée aux orteils ; le sixième, diagnostiqué in utero, est encore en gestation. Je pense que ces observations démontrent que le Zika a

4/5

Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr

Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr 5

5

un fort neurotropisme, autrement dit une forte capacité

à infecter les cellules nerveuses qui sont ses cibles préférentielles.

Des cas de microcéphalie suspectés d’être liés au Zika ont été signalés en Polynésie française. Avez- vous connaissance de ces cas ? Sont-ils aussi graves que ceux que vous avez observés ?

Je ne sais pas si les cas de Polynésie française sont aussi graves. Nous ne pouvons pas comparer le degré de sévérité des lésions entre les deux pays, car nous n’avons pas accès aux rapports d’examens de

Polynésie. Ce que je peux dire, c’est que le fait qu’au départ, l’épidémie de Zika en Polynésie française n’ait pas été reliée à des cas de microcéphalie nous

a compliqué la tâche. Il a été difficile, au Brésil,

de convaincre les populations et les autorités que ce lien pouvait exister, puisqu’on ne l’avait pas vu en Polynésie. En ce qui me concerne, j’ai alerté dès le début sur le fait que ce n’était pas parce qu’aucun cas n’avait été rapporté que de tels cas n’existaient pas. Pour moi, cela montrait seulement que les microcéphalies n’étaient pas assez nombreuses

pour attirer l’attention. Et c’est bien ce qui s’est produit : les 17 cas polynésiens se sont « dilués » dans la masse, sans alerter les chercheurs et les autorités.

Au Brésil, la population de la région métropolitaine de Recife est de près de 4 millions d’habitants, quinze fois celle de la Polynésie française, le nombre de sujets exposés a été très supérieur et il y a eu assez de cas pour attirer rapidement l’attention. En deux mois environ, on a détecté une vague de près de 60 microcéphalies, au lieu de quelques-unes.

D’après vous, y a-t-il eu une réticence des autorités sanitaires à reconnaître le rôle du Zika ? Ou ce lien est-il seulement difficile à prouver ?

Le Zika n’est pas simple à étudier. Les femmes enceintes qui sont infectées par le virus ne vont pas à l’hôpital ou chez le médecin, parce que les symptômes sont en général légers, et le virus disparaît rapidement de la circulation sanguine, ce qui complique sa détection. Nous ne disposons pas à ce jour d’un test sérologique spécifique qui soit efficace à grande échelle, ce qui rend difficile l’évaluation du nombre réel de personnes infectées. Il n’est donc pas aisé de prouver l’association entre le Zika et les microcéphalies.

Directeur de la publication : Edwy Plenel Directeur éditorial : François Bonnet Le journal MEDIAPART est édité par la Société Editrice de Mediapart (SAS). Durée de la société : quatre-vingt-dix-neuf ans à compter du 24 octobre 2007. Capital social : 28 501,20€. Immatriculée sous le numéro 500 631 932 RCS PARIS. Numéro de Commission paritaire des publications et agences de presse : 1214Y90071 et 1219Y90071. Conseil d'administration : François Bonnet, Michel Broué, Gérard Cicurel, Laurent Mauduit, Edwy Plenel (Président), Marie-Hélène Smiéjan, Thierry Wilhelm. Actionnaires directs et indirects : Godefroy Beauvallet, François Bonnet, Laurent Mauduit, Edwy Plenel, Marie- Hélène Smiéjan ; Laurent Chemla, F. Vitrani ; Société Ecofinance, Société Doxa, Société des Amis de Mediapart.

Rédaction et administration : 8 passage Brulon 75012 Paris Courriel : contact@mediapart.fr Téléphone : + 33 (0) 1 44 68 99 08 Télécopie : + 33 (0) 1 44 68 01 90 Propriétaire, éditeur, imprimeur : la Société Editrice de Mediapart, Société par actions simplifiée au capital de 28 501,20€, immatriculée sous le numéro 500 631 932 RCS PARIS, dont le siège social est situé au 8 passage Brulon, 75012 Paris. Abonnement : pour toute information, question ou conseil, le service abonné de Mediapart peut être contacté par courriel à l’adresse : serviceabonnement@mediapart.fr. ou par courrier à l'adresse : Service abonnés Mediapart, 4, rue Saint Hilaire 86000 Poitiers. Vous pouvez également adresser vos courriers à Société Editrice de Mediapart, 8 passage Brulon, 75012 Paris.

5/5