Journal du Parti de Gauche de la Vienne : écologie/ socialisme/ république

N°48, Février 2016

La Primaire en politique, c'est pour les pour les enfants. Soyons des adultes !
Certaines personnes, pensent qu'il faudrait participer à des primaires ouvertes de la gauche unie allant du PS
au Front de Gauche, en se basant sur un appel prétendu « citoyen ». EELV, la direction du PCF et Clémentine
Autain soutiennent cela à la condition que ni Valls, ni Macron, ni Hollande ne participent à ce processus, et
que les membres du PS qui soient de la partie mènent une politique alternative à celle de Hollande. Et d'après
« La Vienne Démocratique », journal du PCF 86, l'initiative des primaires ne doit pas être traitée avec mépris.
Au contraire, nous pensons que si !
En préambule, nous disons que sur le principe, nous refusons ces primaires à l'américaine, qui consistent à privatiser les élections, parfois en demandant une contribution financière à ceux qui votent (primaire
du PS de 2011), au contraire d'un droit de
vote que nous revendiquons pour tous. Les
élections primaires posent un autre problème, celui que le peuple serait irrémédiablement divisé en deux : un peuple de
gauche et un autre de droite, votant chacun
à une élection séparée, au lieu de participer
à la même délibération démocratique. Vouloir des primaires, c'est partir du fait que
l'ouvrière ou la chômeuse qui vote à gauche,
doit se sentir plus proche d'un banquier « de
gauche » comme Macron, que de l'ouvrier
ou le chômeur qui se trompe et vote à
droite.
Mais oublions ces principes et penchons
nous sur LE fameux appel pour une primaire de la gôchunie. Espérer d'une primaire élargie au PS (donc aussi au Parti Radical de Gauche, qui soutenait la réforme des
retraites de Sarkozy en 2011), qu'elle mène
une politique radicalement différente de
celle d'Hollande est d'une grande naïveté.
Mais passons.
Non à Thomas Piketty !
Il reste tout de même que cet appel à la
primaire pose problème, et ce même si le PS
n'y participait pas. Car parmi ses initiateurs

ou ses soutiens, on trouve des types qui ne
sont ni au PS, ni des soutiens d'Hollande,
mais qui posent quand même problème.
Daniel Cohn-Bendit, dont plus personne ne
doute de son attachement au libéralisme
économique, détracteur des services publics
devant l'éternel. Romain Goupil, exgauchiste devenu soutien des guerres de
l'OTAN. En surtout pour ne citer que le chef
de file de cette initiative : l'économiste Thomas Piketty. Même s'il ne dit pas que des
conneries, la principale de ses théories en
est une grosse : fusionner les impôts et les
cotisations sociales sur les salaires. Pour dire
cela en français, cela signifie qu'il veut supprimer la sécurité sociale :
1 – en instaurant l'idée que les prestations
dépendant du niveau d'imposition, et
qu'elles ne sont plus universelles, ni définies
à la hauteur des besoins ;
2 – en finançant la sécu par l'impôt, elle est
mélangée avec le budget de l’État, donc on
peut très bien diminuer les allocs familiales
si on a envie de s’équiper d'un nouveau
sous marin nucléaire. Ce n’est pas encore le
cas : la sécu a un budget distinct de celui de
l'état.
3 – à l'heure actuelle, la sécu a uniquement
de la production de valeur économique
(c'est à dire des salaires). Elle n'a pas besoin
du capitalisme, ni besoin de la
finance, ni d'assurances, pour
fonctionner. Avec la proposition
de Piketty, on devient dépendant
d'eux pour pouvoir continuer

financer des prestations sociales.
Comprenez donc que les anti-libéraux que
nous sommes ne peuvent envisager d'avoir
un tel penseur comme allié politique et
responsable de notre programme économique. On est en droit d'attendre du PCF,
qui a contribué il y a 70 ans à la création de
cette sécu, à laquelle nous tenons, qu'il rejette toute collaboration politique avec un
tel économiste « libéral à visage humain », et
se range plutôt derrière les théories économiques de Bernard Friot, un vrai communiste (par ailleurs membre du PCF, mais
ignoré par la direction du Colonel Fabien),
qui propose au contraire de poursuivre les
conquêtes de la sécurité sociale. D'après lui,
il y a un « déjà-là » : grâce à la sécu, 45 % de
la valeur économique des travailleurs est
déjà« socialisée » par la cotisation sociale.
Donc oui, nous traitons cette initiative de
primaire avec mépris. L'enjeu n'est pas de
« rassembler la gauche », pour être « un peu
plus à gauche que Hollande ». Nous revendiquons une politique réellement alternative à
celle du PS : nous sommes un autre camp,
celui de l'intérêt général.
Thomas SAHABI

moBilisatiOns

N

on, il n'y a tout de même
pas eu un corps à corps
entre de vaillants manifestants prenant par les cornes
1200 taurillons ! La manifestation du 16
janvier contre le projet de ferme-usine à
Coussay-les-Bois a cependant rassemblé
un bon millier de personnes venues
principalement des environs, mais aussi
de lieux emblématiques en France où se
déroulent des luttes contre des projets

1200 manifestants
contre 1200 taurillons
du même type. Des personnes engagées contre la
ferme des 1000 vaches dans
la Somme étaient ainsi présentes, de même que des
militants opposés à l'ayraultport de Notre-Dame-des-Landes.
Après le vote unanime du conseil municipal de Coussay-les-Bois contre la fermeusine, après l'avis favorable du souspréfet, c'est maintenant le temps de l'enquête d'utilité publique. Jusqu'au 05
février, des courriers peuvent être adressés à la mairie de Coussay-les-Bois à destination du commissaire enquêteur, par
voie postale ou par courrier électronique
(à l'adresse coussay-les-bois@cg86.fr ou

bien en se rendant sur le site de la mairie
http://www.coussay-les-bois.fr/ , préciser
« à l'attention du commissaire enquêteur » dans l'objet du message). Il est
également possible de rencontrer sans
rendez-vous le commissaire enquêteur à
la mairie le jeudi 28 janvier 2016 de 14
heures à 17 heures et le vendredi 5 févier
2016 de 14 heures à 17 heures
Une réunion publique dirigée par le
commissaire enquêteur se tiendra le
jeudi 28 janvier à 20h00 à la salle des
fêtes de Coussay-les-bois. Nous devons y
être en nombre pour redire notre opposition à ce projet écologiquement dangereux et économiquement inepte.
Cédric Mulet-Marquis

Theatre : tout est encore possible
Le dossier de l'ancien théâtre municipal a été examiné, jeudi 11 février, par le Tribunal administratif de
Poitiers. Dans ses conclusions, le rapporteur public a retenu principalement un argument donné par les
requérants : le manque de places de stationnement nécessaires lorsqu'un immeuble renferme des logements
collectifs. La décision est en délibéré.

L

a décision en délibéré, un sursis
demandé : tout est encore possible. Le rapporteur public demande un sursis à statuer (3mois) ce qui
signifie que la Ville de Poitiers devrait
régulariser certains points pour voir validée sa décision d'autoriser un promoteur
à saccager le théâtre historique de Poitiers. On peut dire que c'est une première
victoire pour le collectif de défense du
théâtre, dont on a retenu une partie des
arguments. D'autant que, si le rapporteur
a rejeté, de notre point de vue, avec beaucoup de légèreté, des arguments primordiaux, il a brossé, dans son rapport, un
portrait de nos adversaires (ville et promoteur confondus) peu flatteur. Dans
cette histoire, la volonté de nos adversaires de dissimuler, de brouiller le réel
s'est entendue semée ici ou là dans la
démonstration de l'homme de loi.
On retiendra ainsi de cette audience,
l’avertissement moral sur les photos destinées à montrer l’impact environnemental
du projet et qui dissimulent intentionnellement le clocher de l’église SaintPorchaire. "Il ne faudra pas recommen-

cer", a dit le rapporteur ! On retiendra la
volonté de passer sous silence la nécessité de créer les places de parking (auto et
vélo) attachées la construction d'un habitat collectif ; on retiendra la mauvaise foi
de la déclaration d'habitat individuel
quand il s'agit de créer un immeuble
collectif ; on retiendra ce "manque de
rigueur" qui brouille les hauteurs de
réalisation pour permettre au promoteur
de construire des duplex (il a besoin de
80 cm supplémentaires par rapport à la
référence admise, différence octroyée
généreusement à la faveur de ce manque
de rigueur).
Bref, nous sommes là devant des arrangements avec les règlements qui ne laissent
pas de nous interroger : un simple particulier aurait-il obtenu, dans de telles
conditions, un permis de construire tel
que celui-ci ?
Une interrogation que nous prolongeons
jusqu'à l'utilité-même du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur de la ville de
Poitiers : le rapporteur retient, cette fois,
juste sur la valeur de la bonne foi de la
mairie, la volonté de protéger les "parties

remarquables du bâtiment", accepte ses
déclarations sur la protection du hall
d'accueil et du Verre Eglomisé de Pansart,
mais n'aborde à aucun moment le fait que
le projet passe par une destruction. Le
projet tout entier du promoteur contrevient pourtant au règlement du PSMV
mais le fait qu'il soit porté par la municipalité suffirait à légitimer le fait que le
patrimoine serait préservé. Un PSMV, ce
serait donc uniquement destiné à contraindre les particuliers et ça laisserait les
coudées franches à tous les projets municipaux ?
Pour conclure, si le tribunal se contente
de statuer sur le sursis demandé, forts
d'un rapport cependant extrêmement
critique de la manière dont la mairie a
instruit ce permis de construire, le collectif est bien déterminé à poursuivre jusqu'à l'annulation pure et simple de ce
permis de construire. Et n'oublie pas que
le tribunal de Bordeaux, doit encore se
prononcer en appel sur l'annulation de la
vente du théâtre historique de Poitiers.
Jacques Arfeuillère

cOmprendrE
Uberisation : tous patrons
ou tous esclaves ?
Des applications mobiles comme UBER inspirent nos dirigeants pour généraliser un
modèle promouvant l'idée de faire travailler des gens pour des tâches ponctuelles
(un ménage, louer son appartement, une course de taxi…). Et d'abolir le salariat et
devenir tous travailleurs indépendants. Mais derrière cette vision idéalisée pourrait se cacher un vrai cauchemar : exploitation et marchandisation généralisée.

V

ous touchez un salaire en
fonction de votre poste,
votre grade, vos heures de
travail ? Votre employeur
vous donne une fiche de paye, un
chèque, et des cotisations finançant des
droits sociaux. Vous êtes donc salarié.
Pour ma part, les hasards de la vie m'ont
amené à créer mon entreprise et je n'ai
pas de salarié. Pas de fiche de paye : je
me paye après avoir payé les fournisseurs, les frais généraux, les impôts et la
sécu. Je suis payé « à la tâche » en fonction de tarifs que je définis, quelque soit
le temps passé réellement. Pas de congés
payés, mais des tarifs définis pour arrêter
l'activité quelques semaines quand
même. Je travaille parfois beaucoup,
mais mais seuls donneurs d'ordre sont
les clients. Si j'ai la fièvre, je reste au lit
et j'évite paperasse et visite médicale
pour un si petit jour de repos. Je suis
maître de mon outil de travail, je le possède. Je ne suis donc pas un
« prolétaire » au sens marxiste, mais un
travailleur libre. Et si tout le monde était
travailleur libre : nous possédons notre
outil de travail et notre contribution à la
société serait uniquement d'accomplir
notre part de travail ! Finalement Uber
ne permet-il pas d'aller vers cet idéal et
d'abolir le joug du salariat
(revendication marxiste) ?
ET BIEN NON !
Illustrons avec des chiffres. Au sens marxiste, le salariat est le fait pour un propriétaire capitaliste (un « patron ») de se
rémunérer sur la plus-value générée par
le travail d'un autre. Pour dire ça en

français : si je suis salarié payé 10 € nets
pour une heure, mon boss paye 10 € de
cotisations pour moi et provisionne 12
euros pour les frais généraux de l'entreprise. Je lui fais dépenser 32 euros par
heure. Sauf qu'il facture mon heure de
travail à 40 euros. Cela signifie donc qu'il
fait 8 euros de profit, qu'il peut se verser
à lui sans travailler ou à des actionnaires.
Quand je travaille en indépendant, je ne
fructifie le capital de personne. Si je
facture 40 €, retirons 10 € pour les frais
généraux de l'entreprise, il reste 30 euros pour payer les cotisations sociales
(10 €), dégager un revenu (15€) pour le
travail fait et tout le temps passé à du
secrétariat notamment et éventuellement
faire un bénéfice à réinvestir (5 €). Je
peux cotiser pour une retraite et des
droits proche d'un salarié (en réalité
c'est mal foutu mais théoriquement cela
est possible).
Si je travaille sous Uber, on va me prendre une commission sur chaque heure
de travail (par exemple 5 €), il me reste
25 euros pour constituer un salaire,
payer les frais généraux (ma voiture car
je fais taxi) et éventuellement payer des
cotisations (mais avec un statut autoentrepreneur, j'en paye moins, donc j'ai
aussi quasiment aucun droits sociaux).
Uber se fait donc une rente sur mon
travail. Cela reste donc du salariat, avec
toutes ses contraintes, mais sans les
avantages (stabilité du revenu, congés
payés, conventions collectives, sécu) et
avec les inconvénients du travail indépendant (précarité).

Enfin l'uberisation tue toute qualification. Oui, certains métiers n'en sont pas
vraiment (par exemple celui d' « agent
de communication maritime »), mais on
ne peut pas s'improviser plombier ou
cuistot. Cela supprime les garanties de
sécurité pour le travailleur comme pour
la qualité du travail fourni (ex : construction). L'uberisation pousse à vendre
tout : louer sa maison pendant les vacances au lieu de la prêter à des amis,
donc mettre dans le monde marchand
des choses qui ne l'étaient pas auparavant. Le cas extrême a été constaté en
Allemagne où une application de ce type
permettait de faire appel à une prostituée, ou de le devenir.
Certains diront que« le progrès technique est inéluctable » et qu'il amène
une « économie collaborative». D'autres
que «c'était une bonne idée qui a dérivé », citant à l'appui le site de covoiturage autrefois bénévole, devenu très
lucratif. Dans tous les cas, ce modèle
« collaboratif » ne fonctionne qu'à grand
renfort de technologies fabriquées par
des quasi-esclaves en Asie. George Orwell a dit : « l'homme pourrait alors
utiliser avec discernement les produits
de la science et de l'industrie en leur
appli-quant à tous le même critère : cela
me rend-il plus humain ou moins humain ? » Cette phrase concerne pleinement les smartphones, qui nous amènent, avec l'uberisation, au stade ultime
du capitalisme inhumain.
Thomas SAHABI

Qui protege qui ?

Q

ui protège qui ? Quand on
prend un peu de recul, qu'on
regarde d'un peu plus loin, de
l’étranger, la politique suivie aujourd'hui en France, il est des questions
simples qui trouvent des réponses
simples. La Une de Courrier, cette se-

D

maine, à Poitiers et en France, devrait ouvrir les yeux de tous ceux
qui célèbrent encore cet état d'urgence qui nous met pieds et poings
liés entre les mains d'un pouvoir
sans contrôle et de sa police sans
mesure. La vieille dame, symbole
du citoyen qu'il faut protéger, du
citoyen vulnérable, est, ici, en
même temps, le citoyen immobilisé
par un exécutif omnipotent. Katia
Lipovoi, protectrice des oiseaux,
est en passe de devenir symbole de
cette dérive qu'il faut à tout prix enrayer. Que ces images soient le réveil
des consciences ! Mon petit garçon de 9
ans, qui connaît La Fontaine, sait déjà, à
son âge le prix de la liberté ! Et choisit,
sans hésiter la cause du loup. Rappelons

-nous la fable :
"Chemin faisant, il vit le col du Chien
pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ?
rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis
attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez
donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais
qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un
trésor. "
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court
encor.
Jacques Arfeuillère

Chronique de l'etat d'urgence permanent

es images incroyables ! Regardons simplement
cette septuagénaire à terre immobilisée violemment par 4 policiers. Les mobilisations citoyennes ainsi réprimées doivent poser question. Rien ne peut
justifier l'intervention policière sur
cette mère de famille émue, sur
cette habitante pressée sur le sol ; rien
ne peut justifier le
geste de ce policier
qui met la main sur
son arme : n'est-il
pas capable de comprendre la nature de
cette manifestation ?
Ne lui a-t-on appris
qu'un seul et même réflexe ? Et toujours cette réponse méprisante des élus responsables de la décision : tout le
monde n'est pas mobilisé, "ce ne sont pas tous les habitants
de Beaulieu", répond l'adjointe aux espaces verts à prpos de
cette manifestation pour défendre des arbres.

Oui, mais ceux-là le sont : c'est ce qu'on appelle une mobilisation citoyenne, des gens qui s'engagent collectivement
pour discuter des politiques publiques. Continuez à ne pas
les entendre et continuez à regretter le désengagement des
autres : vous n'en êtes au
premier oxymore politique. "L'état d’urgence
permanent" soutenue par
vos amis en est un autre.
Et continuez à tout justifier
par la sécurité : ces arbres
sains, vivant depuis des
décennies en harmonie
avec les habitants doivent
être abattus par principe
de précaution. Un arbre, ça
peut tomber en cas de
tempête, nous rappelle
cette élue. Il ne faut mettre
que des petits, des tout petits... Et remplacer l'herbe qui
peut glisser en cas de pluie !
Et interdire, pour notre sécurité, d'aller manifester notre
engagement citoyen dans la rue.
Jacques Arfeuillère

cOmprendrE

La technique du contre-feu
Dénoncée par la NR, la technique du contre-feu est de plus en plus
utilisée par la mairie : quand un dossier brûle, on joue sur l’agenda
pour attirer l’attention ailleurs. On coupe des arbres ici, on invite
les journalistes à un joyeuse plantation à l’autre bout de la ville !

I

l faut lire ce petit billet de JeanJacques Boissonneau à l’issue des
événements des arbres de Beaulieu. Le journaliste de la Nouvelle République a raison : la municipalité communique, communique encore, communique toujours et a tendance à croire
aujourd'hui que c'est ainsi qu'on crée le
lien avec la population. La technique du
contre-feu, la dernière trouvaille géniale
de l'équipe Claeys, a déjà été utilisé
deux fois pour essayer de masquer la
mise à mort du Théâtre historique de
Poitiers plutôt que de recevoir le collectif porteur de 8000 signatures de citoyens. L'an dernier, le jour de la décision du TA sur la demande d'annulation
de la vente, on sortait à grand renfort de
com, le projet du Miroir ; la semaine
dernière au moment de l'audience sur
le permis de construire, on faisait la
présentation du programme des expo
du Miroir hors les murs. Message :
"nous ne sommes pas de ceux qui tuent

un théâtre, nous sommes de
ceux qui font naître de la culture..."
Hier, selon le même procédé, on a allumé le contre feu d'un verger partagé
face à des arbres massacrés : "Nous ne
sommes pas de ceux qui abattons des
arbres, nous sommes de ceux qui les
plantons avec les habitants..."
Sauf qu'on n'établit pas le lien avec une
population en cherchant à maîtriser les
agendas, en calculant l'image et son
impact... Il arrive que cette image, on se
la prenne comme un boomerang quand,
mal contrôlée elle nous échappe. C'est
ce qui s'est passé hier. La brutalité policière sous le nez des caméras et voilà
que la fracture ouverte entre ceux qui
décident sans entendre et ceux qui ne
trouvent aucune oreille est visible pas
des milliers de personnes grâce aux
images du quotidien régionale et de la
télévision.
Communiquer n'est pas parler, communiquer n'est pas entendre, communiquer n'est pas construire. A l'origine des

Breves
x autres exL'arrivée de E. Cosse (et des deu
est saluée par le chanécologistes) au gouvernement
de Ségolène Royal (qui
gement de nom du ministère
COP 21) : le ministère
devient aussi présidente de la
re de l'environnede l'écologie redevient ministè
, qui ne surprend,
ment ! Un sacré bond en arrière
x qui n'en seraient pas
pas, bien sûr, mais révèle à ceu
taque de ce gouverneencore persuadés l'angle d'at
es. Où on fait de l’enviment sur les sujets écologiqu
d'écologie politique.
ronnementalisme, on ne fait pas
dit son amour de la
On parle de qualité de vie, on
é le soin de prendre en
nature et on confie au march
éoccupation", cette
compte, selon ses lois, cette "pr
arder plus franche"bucolicité". Il est temps de reg
regarder en face la
ment vers l'écosocialisme et de
crise écologique ! J.A

brutalités d'hier, il y a cette brutalité
quotidienne d'un pouvoir qui ne croit
pas à la participation citoyenne, qui se
protège derrière le paravent de la démocratie représentative, et n'agite la démocratie participative que quand il sait
pouvoir la contrôler. Là, on s'appuie sur
une réunion de conseil de quartier qui
réunit une trentaine de personnes mais
on refuse de rencontrer des pétitionnaires qui en ont rencontré 600 autres.
Qui est légitime ? Je ne répondrai pas
mais je pense qu'on ne doit fermer la
porte ni à l'un ni à l'autre. Quand des
citoyens se mobilisent, on s'en félicite,
on les rencontre, on voit ce que l'on
peut construire avec eux. On ne tourne
pas le dos, comme hier matin, en comptant sur un travail de com pour provoquer l'oubli. En prenant le risque de
marquer les mémoires d'une femme à
terre qui a voulu sauver des arbres. En
prenant le risque d'aggraver la fracture...
Jacques Arfeuillère

Il y a les "interdits" prése
nts dans l’air que l’on res
pire en Vienne et ’qui
font que l'utilisation de
s pesticides peut releve
r d'un choix cynique ; ma
y a aussi les volumes qu
is il
i donnent le tournis ! Ce
sujet est un sujet majeu
et qui ne dépend pas de
r
la responsabilité des seu
ls agriculteurs. Il faut redéfinir la politique agric
ole, la réorienter vers le
bio, lui redonner sa dim
sion humaine. La logiqu
ene productiviste a détru
it
les
emplois, empoisonne
la terre et l'eau et nourr
it essentiellement les mu
ltinationales qui produisent ces substances. Qu
and faire pousser le blé
pe
ut conduire à la mort, il
est temps de repenser
le système. Et tout cela
commence, dans nos ha
tudes alimentaires qui
bidoivent devenir conscie
ntes émancipées de la
cité, dans nos décision
publis locales pour les cantin
es (scolaires et autres),
notre soutien à l'agricu
dans
lture et au maraichage
biologiques. A Grand Po
dans la future grande Co
itie
rs,
mmunauté urbaine et "ru
rale", ce chantier doit
être ouvert et on doit fai
re de notre territoire, un
territoire agricole d'avenir : par le développeme
nt de la commande pu
blique en produits bio,
l'organisation d’événeme
par
nts de promotion et d'é
changes sur l'agriculture
biologique de proximité
, par la préservation de
s surfaces de terres agricoles, par le soutien à l’in
stallation de nouveaux
paysans, par une politi
de préservation de l'eau
que
et de l'air rigoureuse. J.A

Espagne : le vainqueur est
rarement celui auquel on pensait
Les élections de la fin 2015 ont confirmé la redistribution des forces politique en Espagne. Elles ont mis
fin à 40 ans de « bipartisme » PSOE/droite post franquiste ouvrant l’ère des combinazione complexes.
Junts per si, en faveur de l’indépendance.
Mais la gauche radicale indépendantiste de
…mais pas en
la CUP a fait une percée et s’est retrouvée
sièges.
en position clé pour assurer une majorité à
la Junts au sein du parlement catalan.
Le mode de scrutin (proportionnelle à la
ne gauche majoritaire en
plus forte moyenne) avantage le parti arri- Après des jours de négociation, la CUP
voix…
obtenait la tête du sortant Artur Mas et
La gauche (PSOE + IU + Pode- vé en tête, tout particulièrement dans les
départements qui comptent peu de sièges à votait pour le maire de Gérone, Carles
mos) obtient la majorité des
pourvoir. A ce jeu, le PP tire très bien son Puigdemont. La marche vers l’indépenvoix : 46,4% soit + 10,8%.
Le PSOE (socialistes) sauve de peu sa place épingle du jeu. Cela dit, même allié à Ciu- dance reprenait.
de second parti mais obtient un score mé- dadanos, il ne parvient pas à dégager une Entre temps, le PP abandonnait au PSOE la
majorité. Encore faudrait-il que ce dernier présidence des cortès nationales à un sodiocre (22%, -6,7%). Il s’est replié sur ses
cialiste, et pas n’importe lequel : Patxi Loparti le veuille bien. Jadis, on serait allé
bastions d’Andalousie et d’Aragon. Podemos réalise la percée attendue avec 20,7%, chercher la droite autonomiste catalane, la pez, ancien président anti indépendantiste
du Pays Basque. Bonne manœuvre pour
CiU, réputée se vendre au plus offrant.
en particulier dans les régions où il avait
Mais elle n’est plus fréquentable en raison neutraliser les socialistes catalans sans
fait de bons scores aux élections autodoute prêts à une combinaison avec les
nomes. Sa victoire se confirme à Madrid et de ses options indépendantistes et elle a
troupes de Podemos favorables à un réféest particulièrement nette à Barcelone. Il a été balayée lors de ces élections.
On pourrait dès lors imaginer une grande rendum. Or Podemos activement soutenu
aspiré une nouvelle fois une partie de
par la nouvelle maire de Barcelone, Ada
l’électorat de IU (gauche unie) qui est mar- coalition à l’allemande allant du PP au
Colau constituent désormais la principale
PSOE avec Ciudadanos pour pivot. Que
ginalisée.
force politique à gauche en Catalogne.
deviendrait
dans
ce
cas
le
PSOE
lors
d’élecLe PP (droite populaire) s’effondre passant
de 44,6% à 28,7%. Ses seules consolations ? tions anticipées face à Podemos non compromis avec le PP ? Les socialistes semblent Ces manœuvres agacent la troïka qui fait
Une place de numéro 1 et une assise qui
pression en faveur d’un gouvernement
prêt à s’allier à Podemos, mais il est clair
reste nationale et peut permettre une reconquête. Murcie et la Castille demeurent que P Iglesias, chef d’une force montante, d’union nationale et que l’exemple portuses fiefs. Par contre, la dégringolade consta- ne compte pas faire de la simple figuration. gais défrise. Mais quelle est son pouvoir ?
tée à Valence et aux Baléares se confirme. Bref, la situation paraît inextricable ce qui L’Espagne vit une mutation profonde de
son système politique qui s’adapte à la
signifie fort intéressante politiquement.
Ciudadanos que les sondages voyaient
société née de la crise. Rien ne semble
beaucoup plus haut, formation anti autodevoir arrêter cette marche née des indiPendant ce temps en Catalogne…
nomiste de droite « moderne » obtient
gnés et qui enterrera ceux qui ont bâtis
13,9% des voix et talonne souvent les
leur pouvoir avec ou contre Franco. Les
La question catalane sous-tend le débat
autres listes. En cela, on peut dire que le
pays est passé du bi au quadripartisme. Le national. Lors des élections de septembre Espagnols construisent une vraie démocratie, souhaitons-leur le succès dans cette
parti, pendant de droite de Podemos récu- 2015 la CDC (ex CiU) avait conclu un acpère les voix de droite en Castille, Aragon cord électoral avec l’ERC (nationalistes de tâche ardue.
gauche) présentant une liste plébiscitaire, Laurent Chevrel
et à Valence.

U

Journal du parti de Gauche de la Vienne, février 2016. Directeur de publication : Jean-Luc Morisset et Séverine Lenhard. Rédacteurs : Jacques Arfeuillère, Cédric Mulet-Marquis, Thomas Sahabi, Laurent Chevrel. Maquette : Séverine Lenhard. Photos : ©Severine
Lenhard. Imprimé par nos soins à 1000 exemplaires. ISSN : 2116-3456 Contact de la rédaction : jacques.arfeuillere@wanadoo.fr,
http://86.lepartidegauche.fr/
Abonnement de soutien : 15 € en chèque à l’ordre du Parti de gauche 86, à adresser à Jacques Arfeuillère, 16 rue Maillochon, 86 000 POITIERS.

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