Vous êtes sur la page 1sur 35

EHESS

L'HABITAT TRADITIONNEL DANS L'ADER (Pays hausa, République du Niger) Author(s): NICOLE ECHARD Source: L'Homme, T. 7, No. 3 (JUILLET-SEPTEMBRE 1967), pp. 48-77 Published by: EHESS

Stable URL: http://www.jstor.org/stable/40589771 .

Accessed: 02/04/2013 20:50

Your use of the JSTOR archive indicates your acceptance of the Terms & Conditions of Use, available at . http://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp

.

JSTOR is a not-for-profit service that helps scholars, researchers, and students discover, use, and build upon a wide range of content in a trusted digital archive. We use information technology and tools to increase productivity and facilitate new forms of scholarship. For more information about JSTOR, please contact support@jstor.org.

.

information about JSTOR, please contact support@jstor.org. . EHESS is collaborating with JSTOR to digitize, preserve and

EHESS is collaborating with JSTOR to digitize, preserve and extend access to L'Homme.

http://www.jstor.org

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

L'HABITATTRADITIONNELDANS L'ADER

(Pays

hausa, République du Niger)

NICOLE

par

ECHARD

Dans

1* Ader,frange norddu pays

hausaformantzonedecontactentrenomades

soit dans des huttes

campements des Twareg

second, semi-

ou de leursanciens

et sédentaires, on rencontretrois types d'habitat. Le premier est celui des

nomades: les Twareg viventsoit sous des tentesde peau,

faitesde légères armaturesde bois sur lesquelles sontfixéesdes nattes, les Peul

ne couvrant jamais d'aucunabrileursinstallations domestiques. Le

permanent, est constitué par

captifs semi-sédentarisés: ceux-ci quittent annuellementles habitationsde type

sédentaire qu'ils occupent,pendant la saison des pluies, au voisinage de leurs

champspour se fixer, en saison sèche, dans des huttesde nattesou de tiges de

leursanimaux.Le troisième,

enfin,permanent, est celui des

étude,l'espace étant

perçu et aménagépar trop différemmentdans les autres groupesévoquéspour

qu'on puisse en tenir compte ici. Les sédentairesde l'Ader, où la densitéhumaine peut atteindre quarante habi-

tantsau kilomètrecarrédanscertaines vallées, vivent groupés dansde

dontla population est parfois inférieureà milleindividusmaisdescendrarement

au-dessousde six cents.Leur culture matérielle, dans l'ensembleassez fruste,

connaîtdeux techniquesplus

par un groupecaste,

étant capable de bâtirsa maisonou son grenier et ne faisant appel à un maçon

spécialiséque

plus complexes. Il

évolution:

formed'habitatde ces derniers qui fait l'objet de cette

les

milaux abordsde points d'eau et de

pâturagespour

cultivateurssédentaires haoussaphones. C'est la

grosvillages

estdétenue

élaborées: l'uneestcellede la

forgequi

l'autreest cellede l'habitat qui est le faitde tous, chacun

pour le façonnage de décorationsou la constructiond'architectures

ne semble pas que l'art de la forge subisseune

quelconque

a changédepuis les origines du groupe

d'après les témoignages, rien n'y

en dehorsde l'utilisation, au lieu

de la ferraille provenant de véhiculesautomobileshors

du métalobtenu jadis par fusiondu

minerai,

d'usage. Par contre,

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

Ph. ι. Ph. 2. - Constructiond'unecase b a n g o o . - V

Ph. ι.

Ph. 2. - Constructiond'unecase bangoo.

-

Village de Buza (Ader, Cerclede Madawa). Greniers (à dr.), enclosfamilial (à g.). (Cliché H. Raulin.)

( à g . ) . (Cliché H. R a u l i n . )

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

P h . 3 . - C a s e kudàndàn. ( C l i
P h . 3 . - C a s e kudàndàn. ( C l i

Ph. 3. - Case kudàndàn. (Cliché H. Raulin.)

Ph. 4. - Toithausa gùugàa.

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

l'habitat traditionnel dans l'ader

49

l'habitata subiet subitencoreunelenteévolutionau coursde laquelle la maison

de terre remplacepeu à peu la paillote.

d'aprèsUrvoy1, d'abord répandue dans tout le Soudan avant de

l'est.

Longtemps, elle ne fut qu'une architecturede luxe réservéeaux chefset aux

notables, mais elle connutun développementparticulièrementimportant dans

le pays hausa

prit le pas

architecturaleait été

dela sociétéet qu'elle n'aurait pris sonextensionactuelle que

environ. Toujours est-il que

tation d'une

Les autresmodèlesainsi que les idées d'aménagements secondairessont

lement importés de annéesoit à

peu, elle

L'architectureen

terre argileuse se serait,

gagner

à

proprement dit (nord de la Nigeriaactuelle)où, peu

l'Ader,

surles habitationsde paille. Dans

il semblerait que cetteforme

réservée, jusqu'au débutdu siècle, aux couches privilégiées

depuiscinquante ans

d'habi-

s'est

rapidementrépandu un modèle simple

central qui est devenuune normede construction.

les

généra-

voyageursqui, nombreux,s'y rendent

amasseren saisonsèche

pièce à pilier

la Nigeriapar

des

chaque modeste péculegrâce

un

sont donc souventindividuellesmais le

des populations au choixet à

semblent porteurs du

fins commerciales, soit poury

à

l'exerciced'une quelconque activité.Les initiatives

goût,

très socialisé, conduitl'ensemble

la répétition d'un certainnombred'éléments qui

prestige inhérentà un tel type d'habitation.

D'une manière générale, les demeuresarchitecturalementles

qu'un

plus élaborées,

qui comportent un étage

ainsi

groupes

bourgeoisie, à la prêtrise musul-

maneet à l'aristocratie locale, ne tirent pas l'essentielde leursrevenusde

culturecommec'estlecas pour la quasi-totalité dela population. Touten possédant

du

main-d'œuvresalariéeou

contraintesliées à la pratique de

particulière au sommetde

ment.Par ailleurs, tous les membresde ces

intéressantde noter que l'évolutionde l'habitatvers l'adoption de la maisonde

terreva de

pair que d'un siècle

d'Agadès,

été musulmane. Actuellement, on rencontreencorede

nombreux groupes animistes, mais le prestige social s'attacheà l'islam. Cette

religion est

Elle

tellel'édificationd'une

plus voyantes.

ouvrantsuruneterrassebordéed'unebalustrade ajourée

vestibuleà encadrementde porte décoré, sont des résidencesde

la

l'agri-

domainefoncier qu'ils fontmettreen valeur

la hiérarchiesocialetelle

qu'elle

groupes sont

est

par

de la

par des parentséloignés, ils se situentà l'écart des

l'agriculture et occupent de ce faitune place

conçue musulmanset il est

actuelle-

commerçants, de maraboutsou de chefs politiques traditionnels.Ces

sociaux,qui correspondentrespectivement à

cheptel ainsi qu'un

avec le processus d'islamisation.Celui-cine date dans l'Ader

environ, bien que la chefferie traditionnelle, issue du Sultanat

toujours

plus

extérieureset les

adeptes, à des dépensessomptuaires,

ait

pratiquée dans ses formesles

part de certainsde ses

mosquée.

donne lieu, de la

i. Cf. Y. Urvoy, « L'art dans le territoiredu Niger », IFAN, Études nigériennesII, 1955»PP· 27-30.

4

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

50

NICOLE ECHARD

La diffusionde l'architecturede terres'estdoncfaiteà partir des petits centres

urbains, lieux de résidencedes chefs, des

gagnépeu

des

commerçants et des marabouts, et a

à peu les

villages de moindre importanceoù, déjà, dans la plupart

cas, elle est prédominante.

Technologie de l'habitat1

sont actuellementconstruitsen terre, mais dans les menus

villages de broussese rencontrentà la foisdes habitationsde paille, des maisons

de

toiturede paille. Les habitationsrelèventde deux typesprincipaux : les unes

sontcirculaireset

drangulaires et totalementconstruitesen

Les

pisé

grosbourgs

et, surtout, des constructionsmixtesdontles murssont de terreet la

comportentgénéralement un toitde paille, les autressont qua-

terre gâchée.

i) Les habitationscirculaires (cf.plancheI)

au toit conique sont de taille

comportentque trèsrarement

exiguë, leur diamètreet leur hauteurn'excédant jamais 2,50 à 3 m. Elles ne

étantenfoncésdans la terreou les

piquets

murs prenant directement appui surle sol.Elles ne

constructionde cases

plus

un poteau

reposent sur aucune fondation, les

central

qui, alors qu'il pourraitpermettre la

vastes, n'est utilisé que

s'effondrer prématurément.

commesoutienéventueld'un toit menaçant de

bukkà2 (pluriel

:

Le premiertype

d'habitationcirculaireest la case dite

bukkookii),qui est entièrementconstituéede paille

bois. Des

fichésdans le sol,

au

à l'aide de liens

sommet, donnentau toitfuturune forme plus ou

plusgrande, on dispose des branchagessouples

qui, liésaux montants, formentdeux ou troistores répartis surla hauteurtotale

que

préalablequi figurel'emplacement de la case. A leur extrémité, on attache

espacés de 50 cm environ, surle pourtour d'un cercledessiné

fixéesur une armaturede

piquetsrigides d'un diamètrede 3 à 5 cm, nommés Slkaaslkai, sont

végétaux

de mincesbranches qui, réunieset liées ensembleau

moins conique. Souvent,pour

la cohésionde l'armaturesoit

du toit. Cettearmature légère est ensuiterecouvertede

brinssontliés du côtéde leurextrémité épaisse de manièreà formerdes bandes

de 2 m de longueur environ.Celles-cisont

paille

(hakï) dontles

d'abord disposées sur les montants

1. Nous remercionsici

2. Ou Daakï

usage

M. Planacassagne, architectede

la SEURA, qui a bien voulu

- Tous les termesvernaculairesdonnésicisontceux

nousaiderde ses conseils.

en

assezfortesavec les formesdu hausa standard.Dans le

giqueadopté, le redoublementde la

seulle tonbas estnoté

éjectives : K, S, C) ainsi que le R roulé (R) sont indiquéspar des majuscules.

(pluriel : Daakunà).

dans ΓAderet

peuventprésenter des différences phonologiques et sémantiques

système de transcriptionphonolo-

voyelleindique sa longueur. Le hausa ayant deux tons,

consonnes glottalisées(injectives : B, D ;

par un accent grave. Les

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

l'habitat traditionnel dans l'ader

51

des

faîtede la case et en allantainsi jusqu'aux

légèrement débordant.On attachesolidement chaque bandeà l'armatureen plu-

tellemanière que le toitsoit

parois.

Puis, on recouvrele toiten déroulantla première bande à partir du

parois, de

faîtage.Quand l'ensembleest achevé, on adjoint

faîte, courentsurla partie extérieuredu toit

piquets,

assurantau toutune plus grande résistance.Il faut

quatre

ans.

ne sont plus trèscourantes actuellement, car on leur préfère

Le terme bangoodésigne le murcirculairelui-mêmeet s'est

appliqué

à

l'ensembledans lequel il entraiten composition.

10 cm

sieurs points et onlieavec soinle

un réseaude cordes qui, partant du

et sontfixéesaux

environtrois journées de travail pourpréparer,agencer lesmatériauxetconstruire

unetellecase dontla duréen'excède pas troisà

Les paillotes

la case dite bangoo dontle murcirculaireestconstruitentorchiset dontla toiture

est faitede

paille. peu à peu trouvé

On érige

le murà mêmele sol en lui donnantune épaisseur de 5 à

on y incorpore, dès qu'il

formerontl'armaturedu toit.On

façonque celuide la paillote

donne davantage

sept ou dix jours,peut

environet

dits

on façonne, avant mêmede commencerla construction, un

taille

est faitde la même

Ce changement de matériaude la paroi

habitation qui, construiteen

condition que l'entretiende la toituresoit assuré

le

êtreinstallésans risque dans la case. Sa place y est fixéeà

d'entrée, alors qu'à

contenantla réserved'eau.

est suffisamment monté, les piquetssouples

ménage une porteet,souvent,

grenier de petite

s'utnoojiqui

qui

constitueradans la case une réservede grains ou de haricots.Le toit

bukkàet débordesurle mur.

de soliditéà une telle

durerde six à sept ans à

régulièrement. Par ailleurs,

manière permanente,peut

gauche de la porte

grandepoterie

foyer de

cuisine, situéà l'extérieurde la paillote de

droitevoisinentle grenier de petite tailleetune

Quand

on veutdonnerà l'habitationune résistance plusgrande, on construit

mixtede case dénomméindifféremmentbukkàou

bangoo, où on utilise

on fixela couverturede paille

et parfois des parois durée.Une tellecase

elle est entretenue, resterhabitable pendant dix années.Commedans le

trouveun grenier intérieuret le

ce

foyerdomestiquey

est installé.

type ait précédé le

bangoo dontla construction

une élaboration plus complexe.

un type

les élémentsde ces deux manières.Cettehabitation présente à la foisle mur circulairede piséet, extérieureet indépendante, unearmaturede boiscommecelle

de la paillote, sur laquelle

également de paille qui protègent le muret prolongent sa

peut, si

bangoo, on y

Techniquement, il semble que

correspond à

La terre gâchée tendantà remplacer la paille, on rencontredes cases entière-

paillote(cf.plancheI, types IV

premier

genre d'habitationontétérelevésdansΓAder.Le

généralement,désigne des cases de très petites

m à 1,80 m de

diamètre),plus ou moins

paroi de grenier.

mentconstruitesde terresurle modèleformeldela

et V). Deux types de ce

est dénommékudàndàn, mot qui,

dimensions (1,60 m de hauteur,1,60

circulaires, et dontle toitest d'argile montéeà la façon d'une

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

52

NICOLE ECHARD

-^^v^V* * sooroo (faîte) ' ' " ^átifâÊT^^^

»

TYPEI - BUKKÀ

TYPEII-BANGOO

··

TYPEII! - TYPEMIXTE

l^^1

L

' ' "'

]

f

"

|

J

ü

^.^

*

^^

//(p//iercentral)

%&t/'im-<gr9niw

TYPEIV - KUDÂNDÀN (terregâchée)

- _^

H'

^-

I

E.N.E.

--

'

I

I

TYPEV-TÀFARFÀRAA

(terregâchée)

Planche I. - Habitationscirculaires.

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

l'habitat traditionnel dans l'ader

53

Ces cases sont érigéespar les jeunesgensqui s'y retirentle

pour y converserentreeux et y passer la nuit. L'emploi

s'est étenduà des cases de dimensionsnormales (diamètre et hauteurde 2,50 m

l'habitation d'adultes,

qu'à

mursemblableà celuidu bangoo et le toitest

deuxou troistoresde branches souples étantinsérésdans

la cohésionde l'ensemble.Le toit est fréquemment recouvertde

protège et donneà la construction l'aspect extérieurdu bangoo. L'aérationn'est

assurée que par la porte, ce qui rendces cases trèschaudeset peu agréables

à habiter.Le deuxième type d'habitationcirculairede torchis, nommé tàfarfàraa2,

est un édificede taille plus vaste dontla hauteurtotale peut atteindre 3,50 m.

Il comporte un pilier centralde terre gâchée

façonque ne se rencontrent que dans un seul

vallée de Badéguichéry) où ce modèleauraitété importé de la

vers 1964, date de la première constructionde ce type. La paille a totalement

disparu, le toitest peu surélevéet seulela formecirculairedu mur rappelle encore

la paillote. Ainsi, la paille,

superflu mais encoreefficacedans son rôle protecteur, et disparaît totalement

de la constructiondu tàfarfàraa. La créationet la

très restreinte, de nouveaux types

aprèsl'apparition de la forme quadrangulaire dansl'habitat local, montrentbien

la persistance de l'attachementà la

soirà deux ou trois du termekudàndàn

ne rencontre guère

à 3 m environ),prévuespour

et qu'on

l'est de l'Ader (région de Bouza) dans deux ou

trois villages1. On érige un

paille qui

le

façonné à la manièredu grenier,

l'argilepour améliorer

et le toitest construitde la même

forme quadrangulaire. De tellescases

l'Ader (Tadupta, région de Kano

situéau centrede

celui d'une maisonen terrede

village

d'abordmatériau unique, devientdansle kudàndànun élément

diffusion, mêmeà

une échelle

maintenantun

plan

circulaire longtemps

forme première.

2) Les

habitations quadt'angulaires(cf.plancheII)

terre gâchée

sont de dimensions plus

vastes et entièrementconstruitesen

argilelatéritique ditelaakaa dontla qualité estvariable

plastique et propre à être

travaillée, elle est souventinfestéede termites qui diminuentde manièreconsi-

dérablela longévité de la bâtisse.La constructioncessant après le débutdes

mières pluiessaisonnières,l'argile

Là, on en extirpe les cailloux,

qui s'y

généité, une paille blancheet légère, nomméeramnoo (AndropogonExilis), qui

y ajouteensuite,pouraugmenter sonhomo-

arméede bois et de pierres.

La terreutiliséeestune

selonles lieux d'où elle est extraite.Plus ou moins

pre-

est transportée sèchesurle lieu d'utilisation.

les brindilleset toutesles impuretés volumineuses

trouvent.On la mouilleet on

1. A Niamey, des habitationsde ce

quartier Boukoki (« paillotes»),

paillotesqui

en

type

se sont

répandues,depuis1965environ, dans

à la suitede Tinter-

le

dictiondes

grandepartiepeuplé de Hausa,

s'enflamment trop facilement.

2. En hausa standard, ce mot désigne une constructionde paille

à deux portes faisant

officede vestibule (R. C. Abraham,Dictionaryof thehausa language).

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

54

NICOLE ECHARD

a été au préalablepilée soigneusement dans un mortier domestique. Pour les

constructionsautres que le

vacheet Ton

le

en le

bangoo et les greniers, on incorpore de la bouse de

de pilons et par piétinement. On laisse reposer

pétrit le

toutà l'aide

mélangeobtenu, nommé kwaaBi,pendantplusieursjours et parfois une semaine,

mouillant quotidiennement afin qu'il « pourrisse »

et devienne épais.

que

La qualité du résultatobtenu dépend de la naturede la terreet du soin

celle

ciment, commeil peut

apporté à sa préparation. Un

du

le retraitde séchage d'uneterremal gâchée.

mur peutprésenter unesurfaceaussilisse

s'ornerde craquelures et de lézardesoccasionnées par

villages de briques crues moulées,composées

laisse sécherau soleil avant de les utiliser.

des constructionsdans les

de

Depuis quelques

années, la plupart

l'aide

quelque

d'argilemélangée de paille, qu'on

Ces

reposé et la constructionne durera

importance sont faitesà

briques sont généralementfabriquées à la hâte avec de la terre qui n'a pas

guère.

Les murssont édifiésdirectementsur le sol. Quand ils sont constituésde

briques, on ajuste ces dernièresavec de la

crépissage. Plus généralement, on les monte par

en y incorporant de petitespierres de dimensions égalesque l'on aligne, un rang

inclinésur la droite, le suivantsur la gauche. Cette technique assureune très

granderésistance, la constructionà l'aide des

tuantune régressionpar rapport à la manièretraditionnelle.

terre gâchée

et on effectueensuiteun

façonnage de la terreà la main

briquescrues,plus rapide, consti-

Le toitle

plus répandu et

le plus facileà réaliserest celui qui repose surun

en même tempsque les murset qui réduit

on

incorpore des pierres, est

pilier centralnommé gimSiki,érigé

la

légèrementplus

et

de

ils sontencastrésen central.Si la pièce a

demi-arcs ayant leur

portée de moitié.Ce

pilier fait d'argile à laquelle

élevé que les parois, la normeétant 3 m de hauteur pour les murs

l'onrecouvre

3,40 m pour le gltnSikl. Onconstruitalorsdesdemi-arcsdebois que

terre, nommés kwoongl,qui partent à mi-hauteurdes parois dans lesquelles

chacundes quatreanglespourprendreappui sur le pilier

une superficieplus importante, on ajoute quatre autres

départ

au milieude chacundes murs.

Le toit, dénommé gùugàa, est beaucoupplus rareet seulsles maçonsspécia-

dansdeshabitationsde chefset de

manque de longuespoutres, et pour

pièces,

les Haoussa ont constituédes arcs en

petitsqu'il

lisés originaires de la Nigeria

guèreque

proprement on a appelé « voûte haoussa» et que

remédierau

resserrerles

estnécessaire pourpouvoir utiliser

pour les coursonsdesbranchesd'arbres.» Des arcs complets, au lieude demi-arcs

prenantappui sur un piliercentral,supportent donc la couverture.Ces arcs

divisentle plafond encaissonsaussi

savent le construire.Aussi ne le rencontre-t-on

riches commerçants. C'estce qu'im-

définitainsi

Urvoy1

: « Pour

éviternéanmoinsd'avoirà

trop pisé arméde bois,qui

1. Cf. Urvoy, op. cit.,p. 30,

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

l'habitat traditionnel dans l'ader

55

ou demi-arcssontnommésdawaakin Sigufà « les chevauxde la maison »,

Sigufà

étantletermele plusgénéralementemployépourdésigner unehabitationdeterre.

Maisonà pilier centrai (sigufà mai glmsiki)

Maisonà étage etterrasse

(LA

V

ma'aji

J

Γ^ΉΪ^··^«*'«

û

ιf

Vestibuled'entrée (zaurfc)

Planche II. - Habitations quadrangulaires.

Sur cet agencement d'arcs ou de demi-arcsde terre armée, sont

les

seront par la suiterecouvertesde

posées,

unesà côté des autres, de courtessolives qui

terre gâchée.Parfois,pour avoirun plafondplus propre, on dispose de vieilles nattesentreles arcset les solives. Cette technique de construction permet de n'avoirà utiliser pour les solives,

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

56

NICOLE ECHARD

ainsi que pour l'armaturedes arcs

les unesaux autres,

que On recherchede préférence des bois robusteset non cassants,peu facilement

attaqués par les termites,pourvus de qualités

d'aucun interdit.Les bois les plus fréquemment utiliséssontles suivants:

qui

est constituéede branches souples liées

des bois courts, aisés à trouverdans la savane voisine.

occulteset ne faisant l'objet

bàgàaRuuwaa, Acacia arabica

bauSè,

ciciwaa,

DunDuu,

'isklcii,

markee,

tàraakaDii,

tunfafiyà,

Terminalia Maerua angolensis Dichrostachys nutans Balsamodendron africanum Anogneissusleiocarpus
?

Caîotropisprocera

plus accentuée.Dans les petits centresurbainsse répand, sousl'influence occidentale,

l'utilisationde

plat et légèrement incliné pourpermettre l'écoulementdes eaux de pluie.

Le modede constructiondonneà ces toitsune formede dôme

poutres de traverse prenantappui

ou moins

surles murs1.Le toitest alors

Souvent, les murs formentacrotère.On ménage

gargouilles de

dizainesde centimètresdes murs.

alors dans le reborddes

poteriequi fontretomberl'eau des

Chaque année, après les

ouverturesoù l'on insèredes

pluies à quelques

premièrestornades, les fuitesdu toit sont colmatéesavec

de la

terre gâchée.

Dans le cas d'habitations simples, ces toitsne sont jamais transformésen

l'emploi

étage,

effectuée par des

chambre supérieure, de

de la chambreinférieure.Celle-ciest bordéed'une

terrassesutiles dont la constructiond'un

position d'élémentsd'habitationtels qu'ils ontété définis plushaut, faitsouvent

ouvrirla

dimensions plusexiguës, suruneterrasseconsti-

tuée par une partie du toit

maçons spécialisés,par super-

est quasiment inconnudans la région. Toutefois

balustrade ajourée selon des motifs géométriques construitsen terrearméede

bois.

notablesne semble

n'ont jamais été

utiliséscommelieu d'habitationou de détente.La

jadis destinéeau rangement des biensles plus précieux de la maisondont on

redoutaitle vol. Tout au

supplémentaire.Quant à la terrasse, elle systématiquement en Afrique du Nord.

L'étage

et sa terrasse adjacente, dontla constructionchez les chefset les

pas

remonterà plus de quatre-vingtsans,

chambre supérieure était

plus,actuellement, servira-t-ellede chambreà coucher

n'est jamais utiliséecommecela se fait

sonttailléesdes marches, l'escalier qui soit pris sur la chambredont il est

monteà l'étage

séparépar

un

Plan inclinédans lequel

est toujoursintérieur,qu'il

murou

nuer, au-delàdu premierétage,pour finiren

qu'il soitconstruitdansunetrès petitepièceadjacentepouvant se conti-

tourelledominantl'ensemblede la

i. Le

manque

de bois et le coût des

poutres métalliques

réduisentconsidérablement

l'emploi et le développement d'une telle technique dans ΓAder,

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

l'habitat traditionnel dans l'ader

57

construction.La plate-forme terminaleest comme la terrassebordée d'une balustrade ajourée.

Ces éléments - étage,terrasse, tourelle - , qui ne peuvent être érigésque

un

maçonspécialisé et sont dépourvus de toute fonction,signalent au passant

prestige social.

prestige.

De la même façon, un vestibule d'entrée, ditzaurè y estun élémentde

pour

recevoirses visiteurs.Le zaurè

par

la richessedu propriétaire dontils renforcentconsidérablementle

C'est là que le maîtrede maisonse tient

estmunide deux portes, l'une donnantsurla rue, l'autreouvrantsurl'intérieur de l'enclos,qui assurentuneaérationconstante.Il estconstruitsoitsurle modèle de la Sïgufà mai glmSikl, la maisonà pilier, soitsurceluide la Sïgufà mai gùugàa,

la maisonà plafond dit hausa. A l'intérieurest parfoisérigé un siègequadran-

gulaire en terresur lequel s'asseoitle maîtrede maison.Dans les

ménagées des niches (ma'aji),

d'entrelacs.Le principal élémentde prestige du zaurèest certesla fuskànzaurè,

« la figure du zaurè », encadrementde

orné

arméeétroitset pointusque l'on retrouveà chaque angle de toutehabitation.

Ils sontnommés s'ooràayee(au singuliers'ooroo), du

mentunetresseou une touffede cheveux partant du sommetde la tête.L'enca-

drementde porte est façonné à la mainavec de la

pour le modelerde latéritique, ce qui

spécialistes de ces décorations qui effectuentle travail, chacund'eux connaissant

troisou

à partir d'un certainnombrede

quels ils ne semblentattribueraucune significationparticulière1. Ainsi,

Mahamanfilsde Djibo, habitantla

nairede la

de portes(cf.planche III, encadrementsnos 2,4,6,

lui-même). Son père

murs, ont été

encadréesou nonde décorationsen reliefen forme

porteextérieur,toujoursplus

ou moins

(cf.plancheIII). La

figure du vestibuleest surmontéed'élémentsde terre

terme qui

désignegénérale-

terre gâchée.Parfois, on utilise

l'argileblanche, ou bienon applique de la chaux sur l'argile

le faitressortirsurl'ensemblede la façade. Cesontdes

maçons

quatre

manièresdifférentes qui lui sont personnelles et qu'il a élaborées

motifs traditionnels,d'origineinconnue, et aux-

le

maçon

région(Tahwa) mais dontle père est origi-

capable d'exécuter quatretypes différentsd'encadrements

et dessinexécuté par le

maçon

Nigeria, est

ne savait effectuerce travailmais édifiait par contredes

la

fils ignore la technique. Un tel encadrement

et, par

la suite, un entretienannuel

décoration disparaît, effacée par

étages et des toits gùugàa dontle

est réaliséen deux ou trois jours de travail

le ruissellementdes

eaux

courant.Toutefoismais très rarement, on rencontreun

autre type, constituéd'uneconstructionavancéeen arc abritantl'entréede l'ha-

bitation

Badéguichéry).

de la

est nécessaire, sans quoi

de pluie.

porte

L'encadrement plaqué surle muret légèrement débordantautour

plus

est le

(cf. planche III, encadrementde porte d'Angoaldenya, vallée de

toutesces habitations, la porte(koofà,pluriel : koofaafii) est la seule

Dans

1. Cf. à ce sujetJ.Gabus, Au Sahara, artset symboles,Neuchâtel,1958,pp. 373-390.

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

58

NICOLE

Tahwa:dessinsde AboubakarAnoni

b^i

FT

S

1. quartier mareda

{V ι

J)Ail J_ A

ECHARD

in- b- 4-

g

β s

2. quartier mareda

^JMVL^^

A

LJuLJLJii

3. quartier zulanke

4. quartier zulanke

O (

Ej_lSi MM 1 1

lin

11

<BIla

5. quartier zulanke

6. quartiersabongari

Planche III. - Encadrementsde portes.

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

j

φ

^ jj)

®

/>ψ ^

l'habitat

traditionnel

dans l'ader

ty^y

')

á

ιΓΟ "j

J -«- 7. quartiersabongari

Vv>' ^νψ' ^7

Tahwa:dessindeAboubakarAnoni

59

UJi^a

îl ^°Q κι/Ρ ^

f-- γγ-γ:.

.-.J^" ^

'&::-y '^·'*·%

'&::-y '^·'*·%

lor

^

l>'

,

,

^

(f0^:

(f0^:

ILõí

v^/v

v^/v

8. Angoaldenya

(vallée de Badéguichéry)

î^

5v

Hic

|.: jL

'

:·Α

lii

V-.V

'

J

9.Tahwa:dessindu maçon Mahaman:

4èmemanièred'encadrementde porte (dessinexécutéle12mai1966à Tahwa)

Planche III. - Encadrementsde portes(suite).

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

60

NICOLE ECHARD

ouverture importante. Elle est

de bois soutientla paroi. Parfoison élèveun seuilde

pour faireobstacleau ruissellementdes eaux de pluie et aux animaux

la

circulairesde terre, un rétrécissementde l'ouvertureen sonmilieu (cf.plancheI,

schémadu bangoo). Des « trous»

mentun linteaude

fenêtres,groupéspar

des

à un dispositif de tiges

pour la fermer (cikà,cf.planche V, fig.3).

ménagéependant

la constructionet un linteau

quelque

20 cm de hauteur

divagants,

présence de

ces dernierscommandant également, dans le cas des habitations

(taagoogii,singulier : taagà), comportantégale-

le haut des murs, faisantofficede

fabrique

bois, sont ménagés dans

deuxdansun soucidécoratif.En milieu urbain, on

portes

de tôle onduléeencadréesde bois, mais en milieururalon s'en tient

de mil liées entreelles que l'on pose contrel'ouverture

3)

Le

D'autresconstructions complètent l'habitationà proprementparler.

grenier(cf.plancheIV), dit rlheewaa, mot désignant tout

conique en terre - par exemple le

prête

contenantde

forme plus ou moins

la fusiondu mineraide toujours en terre gâchée.

à

haut fourneaudestiné

fer - , serait,d'après les informateurs, construit depuis

On peut supposerque ce type a été adopté de longue

à son édificationdélicate.

date dans l'Ader où la qualité de la terrese

A l'estet à l'ouest, les

régionsvoisines1,

paille. Ce dernier, en effet, estmoinsrésistant

que le grenier de terreet protège moinsbienles céréales qui y sont engrangées.

Par ailleurs, un grenier édifié soigneusement avec une terrebientravaillée peut

durerde

à remplacerpeu à peu le grenier de

de plus en plusimportante du grenier de terre qui tend, dansles

greniers sontfaitsde paille, maison constateunediffusion

vingt

à trenteans et

parfoisplus,

alors que la durabilitéde la paille

grain(cf.planche IV,

l'ouverture,

chapeau de paille.

excèderarement quelques années.

Les petitsgreniers destinésà

typeI), les haricotset parfois d'autresmenues provisions telles que des criquets

cuits, sontde formeovoïdeet n'excèdent pas 2 m de hauteur. Façonnés comme

une

situéeà leurextrémité supérieure, est couverted'unesortede

emmagasiner lescéréalesen

grandepoterie, ils reposent sur un socle de quelquespierres et

Les

greniers où l'on

formentle

engrange les céréalesen

épis (cf.plancheIV, type II)

2,50 m environ.Ils sont on dispose des schistes

pierres entassées,

la terre

que

tout socle

ontunehauteurde 2,50

érigésgénéralement sur un socle de pierres sur lequel

platsqui

rayonnent des branches qui,rejoignant la circonférence,supporteront unecouche

de

utiliséeest de bonne

et reposent alorsdirectementsurle sol

4 m et un diamètrede 1,50 à

fond. Parfois, à partir d'un appui

centralde

pierres recouverte d'argile.Quand

qualité,

les

le sol estuneroche compacte et

grenierspeuvent être dépourvus de

(cf.plancheIV, typeIII).

1. Cf. H. Raulin, La

techniquesagraires en Afriquetropicale du Nord,

: « Consé-

Études et Documents de l'Institut quences du changementtechnique ».

dynamique

des

d'Ethnologie, Paris, CNRS, 1966, chap, m, 3

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

l'habitat traditionnel dans l'ader

6i

TYPEI - PETITSGRENIERS

(haricot,

railet sorgho en grains)

/ '

TYPEII - GRENIERSASOCLE (mil et sorgho en épis)

TYPEIII-GRENIERSSANSSOCLE

Planche IV. -

Greniers.

^

^

pierres

fy1^ de schiste II

socle de pierres

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

62

NICOLE ECHARD

Les parois n'ont que 5 à 7 cm d'épaisseur.Aussi, ne

anneau concentrique à la fois, de 10 à 20 cmde hauteur, donton continuer.Une ouverture latérale, à hauteur d'homme, est

pour

l'édificationdes grandsgreniers dont elle rend plus aisé l'accès.

hautdu grenier varie: elle peut

d'un col de cruche.La moitié supérieure est ensuitecouvertede

protège et l'ouverturesituéeau sommetest fermée, commecelledes

niers,par une sortede chapeau de paille.

d'uneéchelleforméed'unesolidebranchefourchueaux deuxmontantsde

onlieun ou deuxéchelonsde boisavec

façonne-t-onqu'un

séchage

ménagéependant

attendle

La formedu

êtreovoïdecommeelle peutemprunter le modèle

paille qui la

L'accès au

petitsgre-

grenier se faitau moyen

laquelle

descordes végétales(cf.plancheV, fig.2).

pouce

et les

grenier est la même que celle de la poterie

montée parmodelage de la terreentrele

vementcirculaire.Le

grenier, à fond égalementarrondi,puis

se faitd'une

d'autre part,par

saire des anneaux concentriques successifsavant la continuationdu travail.

On a vu que le kudàndàn, case circulaire d'argile dontle toit peut avoirune portée

de 3 m, est édifiéde la même façon. De par

statiques

de la

minceconstruiteen béton à l'aide d'un

miseen

lous et des maisonsde

néces-

La technique d'édificationdu

autres doigts, selonun mou-

passage de la poterie, à fond toujoursarrondi, au petit

au grenier de grandetaille, à fond plat,

partpar une modificationdu matériau (incorporation de paille) et,

un

légerchangementtechniquequi

est celuidu

séchage

l'utilisationmaximumdes qualités

le

à

plus remarquable

la voûteen voile

du

matériau employé, ce type

de construction -

est

région d'un point

de vue architectural -

analogue

coffrage. Par ailleurs, la technique de

celledes planchers anda-

œuvre est,jusqu'à l'achèvement,comparable à

pierresplates des Causses (France).

Une construction rudimentaire,atteignant au plus 90 cm de hauteur, dite

parfois aux jeunes chevreaux (cf.plancheV,

akuRkli, sertd'abrià la volailleet

fig.1). Elle est faite d'argile, en formede cône tronqué dont la grande base

repose sur le sol, et on y animaux.

installedes poteries briséesservantde logement aux

Les ensemblesd'habitationsont généralement entourésde clôtures.Certaines

tiges

plusfréquemment, on érige unmur d'argile,katangaa,

monteun murde

pierres

lequel on insèredes pierres,et,plusrarement, on

n'excède pas 1,60m,permet d'avoirdesrela-

voisinage « par-dessus le mur» : échangesd'ingrédientsdomestiques,

soientrecluses, ne sortentni

n'aperçoivent aucun

homme.

sont constituéesde branches épineuses mortes plantées dans le sol ou de

demilliéeslesunesaux autresetfixéesà des piquets enfoncésenterre.Cesclôtures

de paille sontditesdàrnii.Le

dans

sèches.La hauteurdes clôtures,qui

tionsde

de nourriture et,surtout, conversations. Cependant, les mursd'enceinte peuvent

atteindre2 m à 2,50 m de hauteur lorsque le maîtrede maison exige de ses

épousesqu'elles

L'entréeest ménagée dansla clôtureet fermée par une branchetransversale ou unbouchon d'épinesqui empêchera le bétail étranger de divaguer dansla cour.

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

l'habitat traditionnel dans l'ader

63

Dans les villages de quelque

pénètre dans l'intérieurde l'enclos.

importance, c'est par le vestibule,zaurè,que Ton

typebangoo est

supportant une légère

couverturede

femmes vaquent à une cloisonde

paille

isolele lieud'ablutions.

Devant l'entréede l'habitationde

quelque30 cm de hauteur, qui

parfois construitun muret

délimiteun cerclecouvertd'un auventrectan-

de

gulaire forméde piquets

tiges

quelques-unes de leurs occupationsdomestiques.Souvent,

ou de terre, situéedansun coin

fixésdans le sol

de mil. C'est là que l'on s'abritedu soleil et que les

éloigné de la cour,

C^

^y

lK*f

V>u

Fig.1.akuRkïi: abri pour la

volaille, les jeunes chevreauxet

les jeunesagneaux

l

p,g 2 Echelle

Fig. 3.cikà: porte de

tiges demil

Fig. 4.Tabouret

Planche V

il

u

Fig.5.Support denattes

4) U aménagement intérieurde la maison dépend de la richessede la femme

elle qu'appartiennent les diverses pièces de mobilier

qui l'occupe,

avec lesquelles elle est venueet

L'influencede la

dansle courantdu xixe

sédentarisés, se faitconsidérablementsentirdansl'ameublement. L'adoption des

formes twaregprocède

la reconnaissanced'une qualité artisanale supérieure des productions. C'est ainsi

car c'est à

qu'elle

emportera en cas de divorce.

culture twareg, très importante dans

cette région dominée

parfois

siècle parplusieursgroupestamacheqqui s'y

de l'imitationdu

sont

conquérant et constitue,par ailleurs,

This content downloaded from 132.206.27.24 on Tue, 2 Apr 2013 20:50:01 PM All use subject to JSTOR Terms and Conditions

64

NICOLE ECHARD

que s'est répandul'usage

supérieures sontsouventdécorées par incisionau fer rouge, ainsi que

de

parfois incrustésde petits élémentsde métal

d'originetamacheq,

quent ces pièces. longue natte également à chaînede cuirmais beaucoupplus fine, de fabrication

twareg.

dits« forgerons blancs », établisdans les

du lit twareg, dontl'armaturede bois et les traverses

des supports

nattes,pièces de bois en Y (cf.plancheV, fig.5), égalementpyrogravés et

repoussé. Ce sont les forgerons

villages,qui

fabri-

Le litestrecouvertd'unenatteà chaînede cuiret entouréd'une

Un

lit dontl'introductionne semble

pas

trèsancienneest fabriquépar les

type de couchele plus

longue natte

9).