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LE MEILLEUR DU RUgBYOVALE

« Toulouse, mon club de cœur »

vINCENT CLERC

Décembre 2015 - Janvier 2016

LE CLUB DU MOIS CLERMONT aUvERgNE / ENQUÊTE LE RUgBY DOIT-IL SE RéINvENTER ?

aUvERgNE / ENQUÊTE LE RUgBY DOIT-IL SE RéINvENTER ? VinCent CLERC « Toulouse,   mon   club
aUvERgNE / ENQUÊTE LE RUgBY DOIT-IL SE RéINvENTER ? VinCent CLERC « Toulouse,   mon   club

VinCent

CLERC

« Toulouse,   mon   club   de   cœur »

CLERC « Toulouse,   mon   club   de   cœur » TEChNIQUE La position idéaLe du buteur

TEChNIQUE

La position idéaLe du buteur

DOSSIER

Qui sont Les meiLLeurs demis de mêLée du top 14 ?

Qui sont Les meiLLeurs demis de mêLée du top 14 ? Guy Novès Interview Acte II

Guy Novès

Interview Acte II

demis de mêLée du top 14 ? Guy Novès Interview Acte II François TrINh-Duc Destin ovale

François TrINh-Duc

Destin ovale

numéro

06

LE MEILLEUR DU RUgBY

Décembre 2015 - Janvier 2016

06 LE MEILLEUR DU RUgBY Décembre 2015 - Janvier 2016 06 INTERvIEwS : GEronDEAu GErmAIn SmITH

édito

édito Les Essais Quel est le point commun entre Michel de Montaigne et Jonah Lomu ?

Les Essais

Quel est le point commun entre Michel de Montaigne et Jonah Lomu ? Facile ! Ils ont marqué l’Histoire grâce à des essais. Le premier était dans la réflexion, s’interrogeait sur des sujets existentiels, le second ne se posait pas de questions. Seules les défenses adverses se demandaient comment exister face à un tel phénomène ! Chaque essai de Jonah Lomu apportait une nouvelle interrogation. Comment arrêter la Montagne ? Belle et effrayante.

La légende du rugby s’en est allée sur l’avenue qui mène aux Champs-Élysées des héros sportifs partis trop vite. Il laisse derrière lui une œuvre inachevée, mais restera comme l’homme qui a révolutionné le rugby. Tous les amoureux de ce sport qui l’ont croisé se souviennent de sa gentillesse et de sa disponibilité pour nous faire partager sa passion.

Enfin, et c’est bien normal, la rédaction d’Ovale lui dédie ce numéro.

AG

4 |

la rédaction d’Ovale lui dédie ce numéro. AG 4 | LE MEILLEUR DU RUGBY Ovale est
LE MEILLEUR DU RUGBY Ovale est édité par WANAKA éditioNs 10, rue de Penthièvre 75008
LE MEILLEUR DU RUGBY
Ovale est édité par
WANAKA éditioNs
10, rue de Penthièvre
75008 PARis
Rédacteur en chef
Arnaud sebin
ovale-mag@hotmail.com
Création artistique
Distribution
Annick Pereton
MLP. Les invendus sont détruits. L’éditeur ne
propose pas la vente d’anciens numéros.
an.pereton@sfr.fr
Directeur de la publication
Arnaud Grangier
arnaud.grangier@ovale-mag.fr
Rédacteurs
sylvère Beau, Quentin thomas,
Geoffrey steynes
redaction@ovale-mag.fr
Régie Publicitaire
Wanaka Publicité
tél.: 01 39 43 92 37
Réglage
La Brosse éditions
reglage_lbe@hotmail.com
Dépôt légal : à parution
Assistante de direction
Ont collaboré à ce numéro
Impression
3 e trimestre 2015
sanna Lauri
Fred Brigaud, Adrien Corée
Roto Champagne
issN : 2425-6110

EUGENE PERMA FRANCE S.A. - RCS Bobigny 322 584 723

EUGENE PERMA FRANCE S.A. - RCS Bobigny 322 584 723
EUGENE PERMA FRANCE S.A. - RCS Bobigny 322 584 723
EUGENE PERMA FRANCE S.A. - RCS Bobigny 322 584 723
EUGENE PERMA FRANCE S.A. - RCS Bobigny 322 584 723

sommaire

sommaire 4 édito 12 NEWS FRANCE 16 NEWS Mo Nd E 18 NEWS BUSi NESS 20

4

édito

12

NEWS FRANCE

16

NEWS Mo Nd E

18

NEWS BUSi NESS

20

NEWS i N iti Ati VE

22

GROSSE INTERVIEW

V

i NCEN t CLERC

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CLUB DU MOIS

CLERM oN t -AUVERGNE

40

TECHNIQUE

L

A poS itioN idéALE

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DESTIN OVALE

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40 TECHNIQUE L A poS itioN idéALE d U BU t EUR 47 DESTIN OVALE F

sommaire

sommaire 56 INTERVIEW TOP 14 58 Juan Smith 60 Julien Pierre 62 l ionel m azar
sommaire 56 INTERVIEW TOP 14 58 Juan Smith 60 Julien Pierre 62 l ionel m azar

56

INTERVIEW TOP 14

58

Juan Smith

60

Julien Pierre

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l ionel m azar S

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DOSSIER TOP 14

Galerie de P ortrait S

70

ENQUÊTE

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70

INTERVIEW FRANCE

G

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DOSSIER DÉCALÉ

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hall of fame fabien Galthié

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mat Ch de l éG ende

94

Sho PP in G

98

P om P om

S borde 90 hall of fame fabien Galthié 92 mat Ch de l éG ende 94
Le temps de résister
Le temps de résister

Résistance aux chocs - Énergie Solaire - Radio pilotée - Étanche 200 mètres

BOUTIQUE G-SHOCK

5, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie - 75004 Paris Revendeurs sur g-shock.fr

portfolio Champions Cup 10 10 | |

portfolio Champions Cup

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portfolio Champions Cup SaracenS – ToulouSe louis Picamoles se frotte déjà aux défenses anglaises |

portfolio Champions Cup

SaracenS – ToulouSe louis Picamoles se frotte déjà aux défenses anglaises

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news france spécial transfert EDDy reste Parisien C’est une des belles révélations de la saison

news france

spécial transfert

EDDy reste Parisien C’est une des belles révélations de la saison dernière. ou plutôt, une
EDDy
reste
Parisien
C’est une des belles
révélations de la
saison dernière.
ou plutôt, une belle
confirmation. Eddy
Ben Arous a opté
pour la stabilité en
prolongeant son
contrat avec le Racing
jusqu’en 2019. Une
suite logique pour ce
joueur formé au club.
2019. Une suite logique pour ce joueur formé au club. ChioCCi s’investit Il fait partie des

ChioCCi

s’investit

Il fait partie des malheureux de la liste des 31. Mais Xavier Chiocci ne baisse pas les bras et s’investit à fond avec son club de Toulon. Il s’investit tellement que, pris dans l’euphorie, il décide de prolonger son contrat jusqu’en 2019. Une bonne nouvelle pour le RCT qui conserve un joueur « national » dans son effectif.

Fickou en Douce

un joueur « national » dans son effectif. Fickou en Douce Gaël est un homme comblé.

Gaël est un homme comblé. Une Coupe du monde, certes dans la peau d’un remplaçant, de bonnes prestations sous le maillot toulousain et une petite signature sur un contrat pour prolonger chez les Rouge et Noir. Si Noves faisait appel à lui en février, ce serait presque l’extase.

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Where is Bryan ?

Where is Bryan ? On se demandait ce qu’allait décider Bryan Habana suite au dernier Mondial.

On se demandait ce qu’allait décider Bryan Habana suite au dernier Mondial. Rester à Toulon ou tenter une destination exotique comme le Japon. Il a finalement opté pour la première solution, certainement attiré par le challenge sportif. « J’ai hâte de contribuer au succès de mon club. » Et lui, heureux de contribuer à son enrichissement. Tout le monde est content.

contribuer à son enrichissement. Tout le monde est content. De l’eau à Dumoulin Alors que tout

De l’eau à Dumoulin

Alors que tout le monde l’imaginait continuer sous les couleurs du Racing, Alexandre Dumoulin prend tout le monde à contrepied en signant à Montpellier. Une décision étonnante, qui fait parler, mais qui semble combler le joueur. « C’est un choix purement sportif et un choix de vie. J’ai été emballé par le projet du président Altrad. Je n’ai pas prolongé au Racing pour certaines raisons que je ne donnerai pas. » Pour une fois qu’il réussit un

contrepied, laissons le en profiter.

Picamoles
Picamoles

PREND

L’EUROSTAR

Plus qu’un transfert, le départ de Louis Picamoles à Nor- thampton la saison prochaine est un véritable tournant pour le Top 14. Un international en puissance quitte l’un des plus grands clubs français pour re- joindre l’Angleterre. Une signa- ture qui inquiète de nombreux dirigeants. Le joueur, lui, a l’air satisfait.

de nombreux dirigeants. Le joueur, lui, a l’air satisfait. L’EmpiRE RomAin Une montagne en bord de

L’EmpiRE

RomAin

Une montagne en bord de mer, cela peut surprendre, mais Romain Taofifenua semble apprécier le climat varois. Le deuxième ligne international a prolongé son contrat avec Toulon jusqu’en 2018 et confirme sa volonté de s’imposer dans l’effectif le plus riche d’Europe. Taofifenua, qui a fait de l’équipe de France un réel objectif, n’a pas le droit à l’erreur.

spécial transfert

n’a pas le droit à l’erreur. spécial transfert news france Kayser, c’est osé « C’est une

news france

Kayser, c’est osé

spécial transfert news france Kayser, c’est osé « C’est une grande fierté de pouvoir conserver l’un

« C’est une grande fierté de pouvoir conserver l’un des meilleurs joueurs français à son poste et lui permettre de s’exprimer chez nous, sous nos couleurs, devant notre public. » Jean-Marc Lhermet est heureux. Benjamin Kayser a prolongé son contrat avec Clermont jusqu’en 2019. Un choix par défaut ou un réel choix du cœur ?

la tEntation toulousE Un départ serait très étonnant, mais Fulgence Ouedraogo se pose des questions
la
tEntation
toulousE
Un départ serait très étonnant,
mais Fulgence Ouedraogo se pose
des questions quant à la suite de
sa carrière. Si Toulouse s’intéresse
fortement à lui, le troisième ligne
international reste très attaché
à son club de cœur. Difficile donc
d’imagine un départ. « Il n’y a pas
de soucis par rapport à la poursuite
de l’aventure » . Finalement, tout
est déjà réglé d’avance ?
mclEoD,
mclEoD,

jouEur

fiDèlE

Pièce maîtresse de l’effectif grenoblois, Charl McLeod a prolongé son contrat avec le club isérois jusqu’en 2018. Titulaire indiscutable de l’équipe, le joueur de 32 ans a envie de se battre pour ses couleurs. Un joueur au fort potentiel que Grenoble est tout

heureux de garder.

news monde Boks, dEmAndEz LE pRogRAmmE À peine remise de sa Coupe du monde, l’Afrique

news monde

Boks, dEmAndEz LE pRogRAmmE
Boks, dEmAndEz LE
pRogRAmmE

À peine remise de sa Coupe du monde, l’Afrique du Sud se replonge dans les matchs internationaux en annonçant une série de trois test-matchs contre l’Irlande en juin 2016 à Cape Town, Johannesburg et Port Elizabeth. Trois autres tests sont prévus. Le 20 août face à l’Argentine, le 1er octobre contre l’Australie et le 8 octobre contre la Nouvelle-Zélande. Pas le temps de souffler pour les Boks !

Nouvelle-Zélande. Pas le temps de souffler pour les Boks ! B anqueroute Care, ça veut dire

Banqueroute

Care, ça veut dire attention en Anglais. Pourtant, certains joueurs se laissent avoir bêtement. Danny Care en est l’exemple. Le demi de mêlée anglais aurait placé son argent dans la compagnie pétrolière LCO et aurait perdu près de 140 000 euros. Un mauvais coup de bourse comme on dit ou juste une arnaque ?

Douglas, la tuile

Sa sortie lors de la finale ne laissait rien présager de bon. Kane Douglas souffre en effet d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche. Opération, rééducation puis indisponibilité, la saison du deuxième ligne australien est déjà quasi terminée. Un coup dur pour lui et pour son club de Reds.

terminée. Un coup dur pour lui et pour son club de Reds. AU REvOIR Mr Mccaw
AU REvOIR Mr Mccaw « La finale de la Coupe du monde était mon dernier
AU REvOIR
Mr Mccaw
« La finale de la Coupe du monde
était mon dernier match. J’ai pris
mon temps pour être sûr de ne
pas me tromper. Je suis satisfait
de ce que j’ai accompli » . On ne
reverra donc plus Richie McCaw
sur un terrain. Celui que beaucoup
considèrent comme le meilleur
joueur de tous les temps a décidé
de s’arrêter sur un succès. Certains
devraient s’inspirer de cela au lieu
de faire le match (voire la saison)
de trop.
goromaru
chez les reDs
Depuis leurs performances en
Coupe du monde, les Japonais sont
les cibles de toutes les attentions.
Meilleur marqueur de l’histoire
de sa sélection, Ayumu Goromaru
quitte son championnat local pour
s’engager avec les Queensland
Reds. L’internationalisation du
rugby est en marche.

japon 2019

les yeux sont déjà tournés vers le Japon. World rugby a déjà annoncé les dates de la prochaine coupe du monde. le match d’ouverture aura lieu

le vendredi 20 septembre et la finale sera disputée le samedi 2 novembre. le logo officiel de cette prochaine édition a également été dévoilé. on attend avec impatience de connaître les poules et les adversaires des Bleus.

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news monde Sam, c’est lui qui conduit Un petit tour et puis s’en va. Venu

news monde

Sam, c’est lui qui conduit
Sam, c’est lui qui
conduit

Un petit tour et puis s’en va. Venu prêter main-forte au XV d’Angleterre dans l’optique du Mondial, Sam Burgess rejoint sa famille en Australie. Le joueur de 26 ans a en effet quitté son club de Bath, pour rejoindre le XIII et les Rabbitohs de Sydney. Un départ surprenant, mais qui confirme que le joueur ne s’est jamais vraiment intégré à la sélection.

ne s’est jamais vraiment intégré à la sélection. Cubelli TENTE L’EXPÉRIENCE L’international argentin

Cubelli

TENTE

L’EXPÉRIENCE

L’international argentin Tomas Cubelli jouera en 2016 pour la franchise australienne des Brumbies. Le demi de mêlée, qui s’est engagé pour deux saisons, quitte son club du Belgrano Athletic Club en Argentine pour tenter l’aventure dans le Super Rugby.

Denton le révolutionnaire Il a réalisé une Coupe du monde énorme, à l’image d’une équipe
Denton le révolutionnaire
Il a réalisé une Coupe du monde
énorme, à l’image d’une équipe
d’Écosse courageuse. David
Denton, aujourd’hui à Bath,
souhaite démontrer qu’il a
le niveau pour s’imposer en
Angleterre. La Coupe d’Europe
arrive à point nommé pour
marquer les esprits.

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L’austraLie s’attaque à L’europe Ce n’est plus un programme, c’est un véritable Tournoi qu’a prévu
L’austraLie
s’attaque à
L’europe
Ce n’est plus un programme,
c’est un véritable Tournoi qu’a
prévu l’Australie en 2016. Les
coéquipiers de Michael Hooper
rencontreront le pays de Galles
le 5 novembre, l’Écosse le 12, la
France le 19), l’Irlande le 26 et
l’Angleterre le 3 décembre. Cinq
rencontres contre l’Hémisphère
Nord, un parcours du combattant.
Pourquoi ne pas participer au Six
Nations en février ?
Jean veut
encore
Entre blessures et désillusions,
Jean De Villiers avait besoin d’un
nouveau challenge. C’est chose
faite puisque le centre sud-africain
est désormais un joueur de
Leicester. Une bonne pioche pour
le club anglais, même si on attend
désormais de voir dans quel de
forme physique et psychologique
sera le joueur.
coup dur pour Folau
coup dur pour Folau

Après avoir loupé son Mondial, l’international australien Israël Folau va désormais manquer sa première partie de saison à cause d’une vilaine blessure. Opéré d’une cheville, il est éloigné des terrains pendant trois mois et ne jouera donc pas pour les NTT Docomo Red Hurricanes. Prochaine étape, le Super Rugby avec les Waratahs. Et Folau a des choses à (se) prouver !

avec les Waratahs. Et Folau a des choses à (se) prouver ! GatLanD DIT STOP En

GatLanD DIT STOP

En 2019 ! Mais pas tout de suite. Warren Gatland est aujourd’hui un demi-dieu au pays de Galles. Depuis son arrivée, l’équipe joue bien, gagne des titres et fait rêver les supporters. En poste depuis 2007, le coach néo- zélandais a toutefois annoncé qu’il arrêterait après le Mondial 2019. Douze ans de loyaux services, c’est en effet déjà énorme. Il pourrait rebondir à la tête d’une franchise dans le Super 18.

capitaine abandonné Chris Robshaw a vécu une Coupe du monde difficile, lui le capitaine de
capitaine abandonné
Chris Robshaw
a vécu une Coupe
du monde difficile, lui
le capitaine de la honte. Il
doit néanmoins se replonger au
plus vite dans le championnat anglais
avec son équipe des Harlequins. Preuve
de son implication, il vient de prolonger
son contrat avec son club. Reste à voir
comment va se passer cette saison de
« l’après »…
comment va se passer cette saison de « l’après »… news monde L’Argentine Se place Agustin

news monde

L’Argentine Se place

Agustin Pichot a été élu au Comité exécutif de World Rugby où il remplace l’Irlandais Peter Boyle qui a démissionné. Déjà membre du Conseil, il rejoint ce Comité exécutif formé de 10 membres, dont le président Bernard Lapasset. Une belle réussite pour celui qui est notamment à l’origine de l’intégration de l’Argentine dans Four nations en 2012.

l’intégration de l’Argentine dans Four nations en 2012. retour à la maison On se souvient de

retour à la maison

On se souvient de lui du côté de Toulon. Après deux saisons dans le club anglais de à Worcester, Leonardo Senatore rejoint la franchise argentine qui va disputer le Super 18 en février prochain. Un puma de plus qui rentre au bercail.

les uSa ont leur championnat pro

La Fédération américaine de Rugby a annoncé le lancement en avril de la première compétition professionnelle de l’histoire du pays, le ProRugby. Ce championnat devrait ne regrouper que six équipes, avant d’être rejoint en 2017 par des équipes canadiennes. Une première avancée significative pour un sport qui ne cesse de grandir sur le continent américain.

news business 48 000 La Ligue nationale de rugby a déjà vendu 48 000 billets

news business

48 000

La Ligue nationale de rugby a déjà vendu 48 000 billets pour la prochaine finale du Top 14, qui se déroulera au Camp Nou à Barcelone. Les supporters espagnols, eux, ne pourront acquérir leur billet qu’à partir de janvier 2016.

La Ligue croise les doigts pour que cet événement exceptionnel soit un réel succès sportif.

Le roi Chabal
Le roi
Chabal

Sébastien Chabal est le champion incontesté du Celebrity Marketing au sein du rugby tricolore (21 partenariats avec des marques). Viennent ensuite au coude-à-coude Vincent Clerc (13), Thierry Dusautoir (12), Dimitri Yachvili (12) et Dimitri Szarzewski (11), soient deux retraités parmi les cinq premiers.

Le MOnDial FaIT recette
Le
MOnDial
FaIT
recette

Bernard Lapasset, le président de World Rugby, peut être heureux. Avec 210 millions d’euros de «produit net», jamais une Coupe du monde n’a autant rapporté d’argent. Un chiffre atteint grâce notamment au remplissage très élevé des stades (97%) et au merchandising. Jackpot également pour l’économie britannique avec 1,4 milliards d’euros de retour net.

Le tribunal de commerce de Lyon a prononcé le placement en liquidation judiciaire de IOX

Le tribunal de commerce de Lyon a prononcé le placement en liquidation judiciaire de IOX Tour, agence de

voyages spécialisée dans les séjours autour de grands événements sportifs. L’agence de voyages avait vendu des voyages à des centaines de clients pour la Coupe du Monde de rugby en Grande Bretagne. Des packages qui comprenaient des billets pour assister aux rencontres de la compétition. Mais IOX Tour n’a jamais été agréée pour distribuer ces places. La Fédération Française de Rugby (FFR) est embarrassée par cette affaire car elle comptait faire de IOX Tour son voyagiste officiel pour la saison 2015/2016.

Mauvais

Tour

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Dusautoir en moDe rural Thierry Dusautoir, capitaine du XV de France, devient l’ambassadeur du Groupe
Dusautoir en
moDe rural
Thierry Dusautoir, capitaine du XV
de France, devient l’ambassadeur
du Groupe Frayssinet, n°1 français
de la fertilisation organique
des sols et de la stimulation
naturelle des plantes. Il assurera la
promotion des actions Frayssinet
pour une agriculture durable et
une gestion des espaces verts plus
respectueuse de l’environnement.
Il mettra en avant son attachement
à développer des solutions de
nutrition et stimulation, des sols et
des plantes, saines et biologiques.
Du Orange
pOur la
ville rOse
Pierre Clément, directeur
Orange Sud et René Bouscatel,
président du Stade Toulousain,
ont conclu un nouveau contrat
de partenariat dont le montant
n’a pas été communiqué.
« La région Sud est une
terre de rugby et c’est tout
naturellement que nous
avons voulu poursuivre notre
partenariat avec le Stade
Toulousain », a déclaré Pierre
Clément, directeur Orange Sud.
Du orange avec du rouge et du
noir, ça va faire bizarre non ?
news initiative RugbyClubs le premier réseau social mondial géolocalisé dédié au rugby à l’origine du

news initiative

news initiative RugbyClubs le premier réseau social mondial géolocalisé dédié au rugby à l’origine du projet,

RugbyClubs

le premier réseau social mondial géolocalisé dédié au rugby

réseau social mondial géolocalisé dédié au rugby à l’origine du projet, Niels Netelenbos, et consultant

à l’origine du projet, Niels Netelenbos,

et consultant sportif à la radio.

ancien joueur de rugby, aujourd’hui arbitre

« La première fois que je suis venu à Paris pour un boulot, j’ai désespérément cherché un club près de mon nouveau chez moi. L’idée d’un site Internet répertoriant les clubs de rugby a ainsi germé. » Ce passionné de rugby a également voulu répondre à d’autres questions que les amateurs de rugby, professionnels ou non, peuvent être amenés à se poser un jour : combien y a-t-il de clubs de rugby au Honduras ? Existe-t-il des adeptes du ballon ovale en Laponie ? Comment organiser facilement un tournoi de rugby ? Comment entrer en contact avec un club à Madagascar lors de mes vacances là-bas ? Le site référence et géolocalise aujourd’hui 13 000 clubs. La Ligue Nationale de Rugby et Rugby Europe lui accordent déjà leur confiance. En novembre, à Dublin, Niels Netelenbos a rencontré Brett Gosper, directeur exécutif de World Rugby afin de sceller un partenariat. « Je voulais créer un outil qui n’existait pas encore dans le rugby et qui lui serait utile. Il existe des dizaines de milliers de clubs dans le monde entier et nombre d’entre eux ne disposent d’aucune exposition médiatique par manque de moyens. Je me suis dit alors que tous les clubs devraient avoir la même visibilité et les mêmes chances au niveau du référencement. »

Grâce à cet outil inédit, tous les clubs, du plus petit au plus important, peuvent entrer en contact et échanger. Chacun dispose à cet effet d’un profil qu’il peut mettre à jour en fonction de l’actualité au sein du club, des matchs à venir, des arrivées et des départs de joueurs, des événements et tout ce qui constitue la vie d’un club de rugby, en France et à l’autre bout du monde. D’autres services (payants) seront également proposés aux clubs, comme le fait de pouvoir disposer d’une interface de recrutement ou d’une boutique en ligne. L’objectif de Niels est aussi de permettre aux joueurs de posséder un profil personnel, afin d’avoir un aperçu des postes disponibles et de pouvoir postuler s’ils le souhaitent.

disponibles et de pouvoir postuler s’ils le souhaitent. La porte ouverte à d’autres sports Si RugbyClubs

La porte ouverte à d’autres sports

Si RugbyClubs entend devenir le réseau social mondial de référence en matière de rugby, la porte n’est pas pour autant fermée aux autres sports. Au contraire. Niels envisage déjà d’ouvrir cet outil novateur aux autres pratiques sportives. « Si nous rencontrons un beau succès avec le rugby, nous ouvrirons nos horizons aux autres sports. Quelques-unes des valeurs essentielles du sport, que l’on retrouve particulièrement dans le rugby, sont l’échange, le partage et la solidarité. Nous souhaitons donc développer cette belle dynamique pour insuffler un peu de fraîcheur dans le sport en général. » Pour cela, Niels s’est entouré d’une équipe aussi compétente qu’hétéroclite, composée d’experts en rugby bien sûr, mais aussi de professionnels de la communication, du commerce, du marketing et du développement web.

Niels Netelenbos apporte son expertise et son œil averti lorsqu’il commente les matches de Brive-la-Gaillarde, en Top14 et en Coupe d’Europe, de même que lorsqu’il est l’homme en noir sur les terrains. S’il est à l’origine du projet RugbyClubs, il a bénéficié du soutien de Francis Hachem (FHM Solutions) dans sa mise en œuvre, un chef d’entreprise participant à de nombreux événements sportifs dans le monde entier. RugbyClubs offre ainsi une visibilité mondiale au rugby de clocher, un référencement total et gratuit à tous les clubs et propose un outil optimal de recrutement de joueurs. D’autres fonctions arriveront très prochainement. Amateurs, professionnels, dirigeants, petits joueurs ou stars, tous peuvent trouver leur bonheur sur ce site. RugbyClubs est en train de devenir le réseau mondial de référence pour le rugby.

PRO D2 SAISON

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Seulement sur Eurosport 2

PRO D2 SAISON Seulement sur Eurosport 2 * LES CHAINES EUROSPORT SONT UNIQUEMENT DISPONIBLES SUR Eurosport
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LES CHAINES EUROSPORT SONT UNIQUEMENT DISPONIBLES SUR

Eurosport France (SAS) RCS TVA FR 09 342 965 712 - Crédits photos : Eurosport=Getty Images

*Hors opérateurs locaux

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Vincent CLERC

Vincent CLERC GROSSE INTERVIEW Vincent clerc « Je veux continuer encore un an » À 34

GROSSE INTERVIEW

Vincent

clerc

« Je veux continuer encore un an »

À 34 ans, l’ailier du Stade Toulousain semble avoir retrouvé son meilleur niveau. En fin de contrat en juin prochain, il n’exclut pas de terminer sa carrière à l’étranger.

Propos recueillis par Quentin Thomas

24 | Toulouse réalise un très bon début de championnat. On t’imagine très satisfait ?

24 |

Toulouse réalise un très bon début de championnat. On t’imagine très satisfait ? Comptablement, nous réalisons un bon début de saison oui. Au niveau du contenu, ce n’est pas mal non plus. On est satisfait parce qu’on savait qu’avec la Coupe du monde, les doublons, l’absence des internationaux, ça allait être compliqué. On a su s’adapter à cette contrainte. Désormais, avec le retour des mondialistes, tous les effectifs vont tourner à plein régime. Tous les clubs se sont renforcés. C’est maintenant qu’il va falloir confirmer. Nous basculons également sur la Coupe d’Europe. On a envie de jouer sur tous les tableaux, mais il faut le faire avec humilité.

Le départ de Guy Novès, remplacé par Ugo Mola et Fabien Pelous, ne semble pas avoir perturbé le groupe. Y a-t-il eu des changements dans les méthodes ? S’il y a eu d’importants changements au niveau du staff, l’effectif est, lui, resté stable. La transition s’est donc faite en douceur. Ugo Mola et Fabien Pelous connaissent parfaitement le club et sa philosophie, facilitant le passage d’un staff à un autre. Tout s’est donc fait très naturellement. Le staff est d’ailleurs plus élargi avec Fabien Pelous, Ugo Mola, Pierre Henry Broncan, William Servat et Jean-Baptiste Elissalde. Le discours et les volontés restent, elles, les mêmes qu’auparavant. On est restés dans l’état d’esprit que je

connais dans ce club depuis 14 ans. Le changement s’est donc fait sans rupture et c’est plutôt bien. Après, bien sûr, il y a des évolutions, de par les expériences personnelles de chacun. Il y a quelques modifications sur certains points techniques à l’entraînement et sur l’organisation logistique.

En ce début de saison, l’équipe renoue avec le jeu à la toulousaine, qui avait perdu de sa superbe depuis deux ans. Est-ce dû justement à l’arrivée de ce nouveau staff ? Nous avons été effectivement très irréguliers, notamment la saison dernière, même s’il ne faut pas oublier qu’on a fait une belle deuxième partie de saison, terminant premier de la phase retour. On s’est ensuite incliné de peu en demi-finale. Pour le moment, nous parvenons à être plus réguliers. Le travail que l’on fait depuis des années se met en place avec plus de facilité et nous, les joueurs, prenons beaucoup de plaisir depuis le début de la saison.

Comment expliques-tu ce regain de régularité ? Cela se joue sur des détails. Il y a pour l’instant moins de blessures à certains postes, donc moins de difficultés dans certaines phases de jeu et plus de turnover dans l’effectif. On est aussi plus nombreux aux entraînements. Ça compte beaucoup dans les résultats.

À titre personnel, la participation au Mondial était

l’un de tes objectifs avoués. Ta non-sélection n’a-t- elle pas été trop dure à digérer ? J’ai eu la chance de participer à deux Coupes du monde. Je sais combien c’est génial de vivre ces moments-là. J’avais envie d’en faire une de plus. Malheureusement, ça ne s’est pas fait. C’est comme ça. Je crois qu’on se fixe toujours les objectifs les plus hauts possible. Ça encourage à se dépasser, à s’entraîner et à en vouloir toujours plus. Maintenant, ce n’était pas une grosse surprise. Je m’y attendais. J’étais donc déçu, mais pas frustré. Il faut accepter certaines choses. Je suis revenu à mon meilleur bien trop tard.

Tu avais pourtant multiplié les efforts pour revenir (préparation aux États-Unis, entraînement à la course avec Leslie Djhone)… J’aurais surtout préféré ne pas me blesser ! Mes deux grosses blessures (2008 et 2013) sont apparues à chaque fois après des périodes où j’avais énormément joué. Maintenant, sur 14 ans de carrière, c’est difficile de ne jamais passer au travers. Ça m’a néanmoins permis de vivre d’autres expériences très enrichissantes. Ça permet aussi de travailler ma force mentale. Ce sont des moments difficiles, mais importants dans la vie de sportif.

À 34 ans, tu as encore l’envie d’un jeune homme

Je me fais plaisir ! Je m’amuse sur le terrain. Je me sens bien physiquement. Aujourd’hui, j’ai retrouvé les sensations d’avant blessure.

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physiquement. Aujourd’hui, j’ai retrouvé les sensations d’avant blessure. u Vincent CLERC GROSSE INTERVIEW | 25

Vincent CLERC

physiquement. Aujourd’hui, j’ai retrouvé les sensations d’avant blessure. u Vincent CLERC GROSSE INTERVIEW | 25

GROSSE INTERVIEW

physiquement. Aujourd’hui, j’ai retrouvé les sensations d’avant blessure. u Vincent CLERC GROSSE INTERVIEW | 25
26 | As-tu tiré un trait sur l’équipe de France ? Non, mais je suis

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26 | As-tu tiré un trait sur l’équipe de France ? Non, mais je suis lucide.

As-tu tiré un trait sur l’équipe de France ? Non, mais je suis lucide. J’ai 34 ans et la prochaine Coupe du monde est dans quatre ans. Il n’y a donc quasiment aucune chance que je revienne chez les Bleus. Guy Novès va faire appel à une nouvelle

génération qui va avoir besoin de jouer pour emmagasiner de l’expérience. Ce ne serait pas logique que j’y revienne. Je suis donc conscient que je ne reviendrai sûrement jamais sous le maillot bleu. On

a souvent reproché au XV de France de manquer de

stabilité au niveau de l’effectif. Aujourd’hui, l’intérêt est d’avoir un groupe plus réduit et de le laisser s’exprimer afin qu’il soit prêt pour la prochaine Coupe du monde.

Ton contrat avec le Stade Toulousain se termine en fin de saison. Que vas-tu faire après ? J’ai envie de jouer encore un an au rugby. Je me fais plaisir sur le terrain. J’ai envie de profiter encore de ces moments-là. Où ? Quand ? Comment ? Ce n’est pas défini pour le moment. Nous n’avons pas encore discuté avec Toulouse. Cela viendra sûrement dans les mois à venir. Jusqu’à présent, ce n’est pas trop dans la politique du Stade de faire signer des joueurs après un certain âge. Ça me paraît logique et je le comprends.

Si le club a envie ou besoin que je reste, j’y réfléchirai sérieusement parce que c’est mon club de cœur. Sinon

je n’exclue pas l’étranger, pour vivre une expérience

différente.

Vincent CLERC

Vincent CLERC GROSSE INTERVIEW Tu étais consultant sur TF1 pendant la Coupe du monde. Est-ce une

GROSSE INTERVIEW

Vincent CLERC GROSSE INTERVIEW Tu étais consultant sur TF1 pendant la Coupe du monde. Est-ce une
Vincent CLERC GROSSE INTERVIEW Tu étais consultant sur TF1 pendant la Coupe du monde. Est-ce une
Vincent CLERC GROSSE INTERVIEW Tu étais consultant sur TF1 pendant la Coupe du monde. Est-ce une

Tu étais consultant sur TF1 pendant la Coupe du monde. Est-ce une piste envisageable pour ton après-carrière ?

Pourquoi pas

Cela m’a permis d’avoir un regard différent sur le rugby. C’était très enrichissant. Pour l’instant, il n’y a rien de prévu, mais je ne fermerai pas la porte à cette possibilité. Sinon, je suis associé avec Gregory Lamboley et Philippe Spanghero dans une société d’événementiel et de marketing sportif. Je suis également associé avec Clément Poitrenaud dans une autre société. Nous ouvrons des salles de sport basées sur l’électro-stimulation.

J’ai découvert un autre univers.

Quel est ton avis sur le niveau du Top 14, très décrié après l’échec français du Mondial et la possible mise en place de contrats fédéraux ? On a un très bon championnat ! J’ai entendu certaines critiques sur les compétences, mais je pense que nous sommes très bien entraînés. Il y a sûrement des choses à améliorer sans pour autant toucher à l’identité de nos clubs. Avant d’arriver aux contrats fédéraux, il y a pas mal de choses à faire pour éviter les doublons et laisser plus de temps de préparation et de récupération aux joueurs. Il y a des solutions moins radicales.

Quel genre de solutions ? Descendre à un top 12 ou un top 10. Ça laisserait pas mal de dates libres pour éviter les doublons. Ça permettrait également aux clubs de bénéficier de leurs internationaux sur tous les matchs. Pourquoi ne pas passer aussi de deux à une seule relégation en Pro D2. Les équipes se lâcheraient davantage, car elles auraient moins la pression du résultat.

relégation en Pro D2. Les équipes se lâcheraient davantage, car elles auraient moins la pression du
LE CLUB DU MOIS CLErMOnt Le club maudit des finales est reparti à l’assaut des

LE CLUB DU MOIS

CLErMOnt

LE CLUB DU MOIS CLErMOnt Le club maudit des finales est reparti à l’assaut des sommets,
LE CLUB DU MOIS CLErMOnt Le club maudit des finales est reparti à l’assaut des sommets,
LE CLUB DU MOIS CLErMOnt Le club maudit des finales est reparti à l’assaut des sommets,

Le club maudit des finales est reparti à l’assaut des sommets, plus élevés que ceux d’Auvergne où se construit chaque jour cette équipe soutenue par l’un des meilleurs publics d’Europe. C’est par le travail, comme toujours, que Clermont espère rompre la malédiction et inscrire plus souvent son nom aux palmarès.

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Par Silvère Beau

clermont AUVerGne LE CLUB DU MOIS C haque printemps, le volcan menace d’exploser. Puis il

clermont AUVerGne

clermont AUVerGne LE CLUB DU MOIS C haque printemps, le volcan menace d’exploser. Puis il s’éteint,

LE CLUB DU MOIS

clermont AUVerGne LE CLUB DU MOIS C haque printemps, le volcan menace d’exploser. Puis il s’éteint,
clermont AUVerGne LE CLUB DU MOIS C haque printemps, le volcan menace d’exploser. Puis il s’éteint,

C haque printemps, le volcan menace d’exploser. Puis il s’éteint, presque inexorablement, le temps d’une nouvelle finale perdue. Deux

fois, en mai dernier, la place de Jaude a cru au miracle, mais la Yellow Army a encore dû déposer les armes au pied de la statue de Vercingétorix. Douze défaites en treize tentatives, Clermont semble être le roi du « vice ». En Auvergne, on n’a pas la mémoire courte et personne n’oublie ce terrible acharnement du sort. Il serait en effet tellement injuste de réduire l’ASMCA à cette litanie de désillusions, car pour les perdre, il a bien fallu les atteindre, ces finales !

Plus on vise haut, plus la chute est brutale en cas d’échec. Mais à force de chuter si près du but, la douleur ne devient-elle pas plus ordinaire? « Non, je ne m’y habitue pas, je ne m’y habituerai jamais. Quand on est têtus, il y a toujours l’envie de repartir. On est une équipe de têtus, avec beaucoup de caractère », jure Damien Chouly en expert. Comme chaque fois, Clermont se relève presque indemne à l’aube d’une saison nouvelle. Le double traumatisme du douloureux printemps ? Effacé, oublié. Là non plus, aucun miracle. Juste la récolte d’un travail acharné, d’un état d’esprit sain, d’une ambition qui ne s’essouffle jamais.

Les pieds sur terre et le regard résolument tourné vers l’avenir, Jean-Marc Lhermet raconte l’inépuisable soif de progression du club. « On veut toujours continuer

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FranCk azéma, porteur de valeurs

FranCk azéma, porteur de valeurs Discret et efficace, l’entraîneur du club auvergnat est à son image

Discret et efficace, l’entraîneur du club auvergnat est à son image :

le travail au centre de tout et la passion pour le guider dans un environnement où tout est mis en place pour sa réussite. Il raconte son attachement à ses Jaunards et sa satisfaction après un début de saison réussi.

o n jurerait qu’il parle de lui

quand il évoque ses terres

d’adoption: « Culturelle-

ment, l’Auvergne est une

région travailleuse, dis-

ciplinée. C’est une région volcanique, aussi », sourit-il. Sous ses airs lisses de gentil garçon, on peut parfois voir en interne ce trait de caractère exploser. Plutôt rarement, pour tout un tas de bonnes raisons colportées sans relâche par Franck Azéma depuis son arrivée au sein du staff auvergnat en 2010. Les succès de ses joueurs sont une évidence. Ils l’ont mené la saison dernière à deux finales, ce que Vern Cotter n’avait jamais réussi. De quoi renforcer l’image de loser magnifique qui colle aux basques des Auvergnats.

Comme son capitaine Damien Chouly, Azéma était dans le camp d’en face lorsque Perpignan avait privé Cler- mont d’un Bouclier de Brennus pour la dixième fois de son histoire. La onzième fut la bonne, toujours face à l’USAP. Il pouvait débarquer en Auvergne pour épauler Vern Cotter sans peur et sans reproche. Après quatre années dans l’ombre du taciturne Néo-zélandais, ap- pelé au chevet de l’Écosse, il a été le plus

naturellement du monde intronisé à la

tête de l’effectif d’une maison jaune et bleue dont il connait chaque recoin. Il en

a porté les couleurs aux balbutiements

du professionnalisme (1996-2000), remportant notamment le Bouclier eu- ropéen, preuve que Clermont sait aussi gagner des finales. Celle perdue face à Toulon à Dublin il y a deux saisons (15- 16) avait coupé l’élan de Cotter. La prise des commandes par Franck Azéma a soulagé un effectif frustré par le manque de communication de l’ancien coach, sa froideur, son éloignement. Tout l’inverse de son successeur. « Au fond des tripes de tous les Auvergnats, la simplicité, la fidélité, le respect sont des valeurs profondes. Des valeurs dans lesquelles je me reconnais », clame ce Haut-Savoyard de naissance.

Ces valeurs, il essaie de les transmettre

à ses joueurs puisque ce sont celles

qui font le succès de Clermont depuis des décennies. « Oui, il y a un héritage à transmettre aux jeunes, aux nou- veaux. C’est aussi le travail du staff et des anciens. Sur le début de saison par exemple, j’ai été très heureux de voir que nos jokers Coupe du monde (Vuli Vuli et Natriashvili) comme nos jokers médi- caux (Bruzulié et Van der Vesthuizen) se sont fondus dans notre environnement. Ils n’ont rien calculé. Les recrues comme Camille Gérondeau, Adrien Planté, David Strettle, ou Filip Van der Merwe sont toutes déjà très bien intégrées. Il existe ici un sens du partage et de l’accueil qui permet de gagner du temps. C’est important pour moi de créer très vite un lien affectif. »

Les résultats de la méthode n’ont pas tardé. Un début de saison canon grâce aux recrues et à une belle jeunesse, une place au sommet du Top 14 avant le retour des mondialistes, même Franck

Azéma a été surpris par cette réussite précoce. « Je savais qu’on allait travailler dur, mais ça ne garantissait aucun des résultats dès le début de saison. Le bilan est positif, mais il y a à redire sur des bouts de match. Il faut assumer notre standing », sourit-il. Pour explication, il loue l’efficacité structurelle de la machine auvergnate et la stabilité qui accompagne sa destinée. « Des joueurs comme Zirakashvili, Cudmore ou Rou- gerie sont là depuis des années. Notre système a fait ses preuves. Pourquoi changer des choses qui marchent, même s’il y a toujours une remise en question, l’envie de progresser, d’innover en permanence. On le voit avec le CEP (centre d’entraînement et de perfection- nement). Tout est réuni, la cantine, la balnéo, la salle de muscu… Tout est en transparence, on est en visuel perma- nent. Il nous permet de travailler plus et mieux. »

Pour compenser les absences de ses internationaux, partis guerroyer au Royaume-Uni cet automne, et de quelques blessés (Radosavljevic, James…), Azéma a en effet profité à plein des structures du club, et pas seulement de son nouvel outil à la pointe de toutes les technologies. Il a puisé sans retenue vers ses jeunes pousses, qui elles aussi en ont bien profité. « On a l’envie d’avoir une identité régionale à travers la for- mation. Il y a du caractère en tout cas », se satisfait-il. Encore plus après les deux finales inachevées il y a six mois, il rêve comme toute la région d’un sacre, d’un trophée, d’un triomphe Place de Jaude, comme en 2010. « On a le meilleur public et il le montre régulièrement. Au Michelin, bien sûr, mais aussi en dépla- cement. C’est un public respectueux, exigeant aussi. J’espère qu’on va encore pouvoir partager de belles émotions ensemble cette année. »

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pour faire la différence »,

les détails

« Il faut peaufiner

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clermont AUVerGne

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LE CLUB DU MOIS

I l faut peaufiner clermont AUVerGne LE CLUB DU MOIS de grandir, grâce à des axes

de grandir, grâce à des axes basés sur l’innovation. On est en concurrence avec plusieurs clubs européens qui ont tous en commun de grands joueurs, de grands entraîneurs, des structures solides. Comment s’en différencier ? En faisant mieux qu’eux. Notre nouveau centre d’entraînement et de perfectionnement (le CEP, accolé au stade) est une voie pour mieux travailler à tous les niveaux : nutrition, combat, récupération… Le jeu, la façon de s’entraîner, le médical, il faut peaufiner les détails pour faire cette différence », explique le directeur sportif, qui fête ses trente ans au club.

Scott Spedding y est lui arrivé fin octobre. Il a oublié en quelques séances le blues qu’il avait ramené de la Coupe du monde. Comme toutes les recrues, il a apprécié l’accueil réservé, la maison préparée, les soucis administratifs légués à Mireille, véritable « nounou », comme l’appelle affectueusement Camille Gérondeau (voir interview page 36-37), un autre novice dans l’univers clermontois. Encore ces petits détails qui peuvent faire la différence. « Tout le monde a été très sympa avec moi à mon arrivée, confirme Scott Spedding. On m’a aidé à m’intégrer au plan de jeu le plus rapidement possible, à connaitre les annonces. Ça va aller de mieux en mieux », espère l’arrière tricolore, en concurrence à l’arrière avec Nick Abendanon, élu meilleur joueur européen la saison dernière.

Des internationaux, il y en a quelques-uns du côté de Michelin. Onze d’entre eux ont participé à la récente Coupe du monde, dont sept avec le XV de France. À part Spedding, tous ont été formés à Clermont ou y jouent depuis des années. Benjamin Kayser, par exemple, qui vient de rempiler mi-novembre jusqu’en 2019. « Conserver les joueurs en qui nous avons une totale confiance est toujours le meilleur recrutement possible », reconnaît Jean-Marc Lhermet. D’autres imiteront le talonneur, pour s’inscrire sur la durée u

possible » , reconnaît Jean-Marc Lhermet. D’autres imiteront le talonneur, pour s’inscrire sur la durée u

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clermont AUVerGne LE CLUB DU MOIS dans un projet auquel ils croient et qui fait

clermont AUVerGne

clermont AUVerGne LE CLUB DU MOIS dans un projet auquel ils croient et qui fait ses

LE CLUB DU MOIS

clermont AUVerGne LE CLUB DU MOIS dans un projet auquel ils croient et qui fait ses

dans un projet auquel ils croient et qui fait ses preuves chaque année. Celle-ci n’échappe pas à la règle. Malgré un effectif pro décimé, son entame réussie a même offert à Damien Chouly quelques rares moments de plaisir aux camps de base du XV de France. « On a suivi tous les matchs entre Clermontois. On s’est régalé à chaque fois. Trois victoires bonifiées d’entrée, c’était assez jouissif », se souvient-il.

Ce premier tiers de Top 14 traversé à toute allure est un parfait exemple de la force sourde de ce club, très fort sur ses bases comme les industries Michelin peuvent l’être. Encore plus cette année, depuis l’inauguration cet été du fameux CEP. « Pour travailler, c’est le top. Tout est optimisé, cadré. Il y a tout pour progresser. C’est un très bel outil, un lieu de vie aussi.

Centre d’entraînement et de perfectionnement, ça veut tout dire. On cherche toujours à progresser au niveau physique, rugby, de l’analyse vidéo. Il y a une unité de lieu très intéressante, on peut passer en cinq secondes de la musculation au vestiaire ou au terrain. Il y a un gain de temps, on peut être efficace toute la journée. Tout est cadencé, rythmé », s’emballe Jean- Marc Lhermet, qui en parle comme « du plus bel outil d’entraînement d’Europe, peut-être plus ». Il a coûté 6,5 M€. Un investissement sur le très long terme, comme souvent ici. « Je n’ai pas été surpris. Je savais que c’est un gros club. Les installations sont impressionnantes. Ça fait du bien de travailler dans un tel environnement où tout est pensé pour que l’on travaille le mieux possible », se réjouit Scott Spedding, habitué à plus rudimentaire à Bayonne.

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que l’on travaille le mieux possible », se réjouit Scott Spedding, habitué à plus rudimentaire à
Jean-marC lhermet « La notion d’appartenance est primordiale » Il n’y a pas meilleur témoignage

Jean-marC lhermet

« La notion d’appartenance est primordiale »

Il n’y a pas meilleur témoignage que celui de l’ancien troisième ligne pour évoquer son club de toujours. Capitaine emblématique des années 90, fondateur du centre de formation, il en est le directeur sportif depuis 2004. Il explique pourquoi on n’a pas fini de voir Clermont être aussi performant.

Vous êtes arrivé au club en 1987. Quelles sont les différences principales entre l’AS Montferrand de l’époque et l’ASMCA d’aujourd’hui ?

À part la couleur des maillots, la forme du ballon et le nombre de

joueurs sur le terrain, il n’y a pas grand-chose de commun entre les deux époques. Ce sport a subi une mutation incroyable, avec l’apparition de la Coupe du monde, du professionnalisme, de la Coupe d’Europe. Aujourd’hui, les clubs comme le nôtre tendent vers le très haut niveau en matière de préparation, de staff, de structures. Ce qui n’était pas encore tout à fait le cas il y a vingt ans.

De quoi est constitué l’ADN du club ? C’est d’abord son histoire. On sent au quotidien la fierté d’appartenance à ce maillot, ce club, cette région. On a 90 ans de présence au plus haut niveau sans discontinuer, sans une descente.

Il y a aussi un succès populaire indéniable, un public fidèle,

populaire et ouvrier, un environnement fortement lié à Michelin. On doit beaucoup à ce public notre permanence à ce haut niveau. Notre réussite, on la doit au travail, à beaucoup d’humilité et

d’authenticité, des valeurs partagées par tous ici.

Comment transmettez-vous à vos recrues ce sentiment d’appartenance ? Dans ce club, la stabilité n’est pas un vain mot. Des joueurs sont là depuis longtemps, le staff aussi. Naturellement, le groupe transmet cette fierté de jouer pour ses couleurs, cette ville. On les intègre aussi à la vie clermontoise. Il faut être bien dans sa vie pour être bien sur le terrain. On recrute pour que ces joueurs restent. Il est donc important qu’ils s’y sentent bien, avec leur famille.

La grande stabilité du staff peut-elle aussi expliquer cette régularité au plus haut niveau ? Cette continuité est essentielle. Franck Azéma a joué pour Clermont avant d’être adjoint de Vern Cotter ; Xavier Sadourny (entraîneur adjoint) aussi a porté les couleurs et officié au centre de formation. Il partage d’ailleurs toujours son temps entre les jeunes et le groupe pro, pour assurer la transition.

Est-ce que le très bon début de saison, avec un effectif privé de mondialistes, vous a étonné ?

C’est difficile à dire, je ne sais toujours pas quoi en penser. Il

y avait tellement d’absences, onze mondialistes, des blessés

rapides… En début de saison, on travaillait avec un groupe de

18 pros, étoffé ensuite par deux jokers médicaux et deux autres

« Coupe du monde ». On a donc dû intégrer beaucoup de jeunes,

on l’avait anticipé. On ne pouvait pas savoir que la mayonnaise

prendrait aussi vite. Ces résultats renforcent notre politique.

Cela prouve aussi la réussite de la formation clermontoise… Elle est aussi dans l’ADN du club. On puise dans nos meilleurs jeunes une bonne partie de notre effectif. Aujourd’hui, 40% de nos joueurs sont passés par le centre de formation, c’est énorme. Là aussi, la notion d’appartenance est primordiale. Sans oublier que ces jeunes ont 18 ou 20 ans, on essaie de calquer lors de leurs séances les exigences des pros. On n’oublie pas non plus qu’ils doivent avoir un double projet en poursuivant leurs études. Un jeune qui a bossé comme un fou pendant des années, qui a rêvé de porter ce maillot en regardant des rencontres dans les tribunes de Michelin, a envie de réussir ici, plus que n’importe quelle recrue.

Dans quel état avez-vous récupéré vos mondialistes ? Ç’a été compliqué pour eux. On les a sentis très affectés, mais ils ont basculé très vite, absorbés par la dynamique, l’ambiance au sein de cette équipe. Ils se sont vite replongés dans cette atmosphère et ils n’y pensent plus trop aujourd’hui.

La Champions Cup est-elle plus que jamais un objectif ? Elle fait partie de notre histoire, c’est évidemment un événement important. On y a vécu de belles épopées, souvent en sortant de poules très relevées. Et on va se méfier de la poule de cette année, a priori un peu plus simple sur le papier. On se méfiera néanmoins de tout le monde. Notre ambition est naturelle dans cette épreuve, même si elle ne remplace pas le Top 14, qui représente toujours quelque chose d’incroyable. Est-ce le plus grand championnat du monde ? C’est en tout cas une lutte acharnée. Beaucoup de joueurs ont vécu le titre de 2010, l’incroyable fête qui a suivi. Ils ont très envie de revivre ça.

Malheureusement, le club est aussi connu pour ses défaites en finale. Quels sont les remèdes envisagés ? Ce n’est en tout cas pas une malédiction. Des questions se posent par rapport à ça, mais ce n’est pas la faute à pas de chance. On essaie de trouver des solutions, on analyse tout ça à l’intersaison. Une chose est sûre : ce n’est pas une fatalité. Ça laisse des traces de déception et ça pousse à grandir encore. On a des résultats fabuleux. C’est incroyablement compliqué de jouer deux finales. La solution ? Il faut étoffer encore le groupe avec des joueurs capables d’assumer un véritable leadership, des gagneurs comme on en trouve au Stade Français ou à Toulon.

Le public auvergnat est-il le meilleur de France ? Évidemment! Le meilleur d’Europe aussi ! Il est d’une grande fidélité, se déplace en masse avec toujours un grand respect du public adresse. Celui du Munster n’est pas mal non plus.

« La continuité est essentielle. On recrute pour que ces joueurs restent.»

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clermont AUVerGne LE CLUB DU MOIS Palmarès de l’asmCa l Champion de France 2010 l

clermont AUVerGne

LE CLUB DU MOISclermont AUVerGne Palmarès de l’asmCa l Champion de France 2010 l 11 fois vice-champion de France

clermont AUVerGne LE CLUB DU MOIS Palmarès de l’asmCa l Champion de France 2010 l 11
clermont AUVerGne LE CLUB DU MOIS Palmarès de l’asmCa l Champion de France 2010 l 11

Palmarès de l’asmCa

l

Champion de France 2010

l

11 fois vice-champion de France (1936,

1937, 1970, 1978, 1994, 1999, 2001, 2007, 2008, 2009, 2015).

l 2 victoires en Challenge Européen (1999,

2007).

l

Finaliste de la Coupe d’Europe (2013, 2015).

l

Finaliste du Challenge Européen (2004).

l

3 victoires en Coupe de France Challenge

Yves du Manoir (1938, 1976, 1986).

l 1 victoire en Coupe de la Ligue (2001).

Sans être à l’opposé de Toulon, son bourreau par deux fois en finale de Champions Cup, l’ASMCA n’aime guère plonger dans le star-system. L’équipe en avant, toujours. Et le staff juste derrière. Celui-ci est constitué d’une petite quinzaine de membres, dont Didier Bès, le dernier venu. Intervenant sur le secteur de la mêlée en début de semaine, l’ancien entraîneur adjoint de la Géorgie a été convaincu par la politique du club et une certaine idée de voir plus loin. « Franck (Azéma) construit son staff par étapes. C’est une bonne chose pour la cohésion et la stabilité du projet. Je pense que c’est une force de rajouter des compétences. L’élargissement du staff permet de rajouter du détail et l’on sait tous que c’est cela qui fait la différence dans le haut niveau », rappelle-t-il encore une fois. S’il pouvait trouver celui qui fait gagner les finales…

dans le haut niveau » , rappelle-t-il encore une fois. S’il pouvait trouver celui qui fait
dans le haut niveau » , rappelle-t-il encore une fois. S’il pouvait trouver celui qui fait
LE CLUB DU MOIS clermont AUVerGne 36 | Tu as découvert Clermont en juillet. Quel

LE CLUB DU MOIS

clermont AUVerGne

LE CLUB DU MOIS clermont AUVerGne 36 | Tu as découvert Clermont en juillet. Quel bilan
LE CLUB DU MOIS clermont AUVerGne 36 | Tu as découvert Clermont en juillet. Quel bilan

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Tu as découvert Clermont en juillet. Quel bilan tires-tu de ces premiers mois ? C’est un club où on travaille énormément. La prépa- ration physique a été compliquée pour moi, de loin la plus dure que j’ai vécue. Il y a ici une véritable culture du travail, à l’anglo-saxonne. On commence tôt, on en- chaîne les séances et on finit tard. On m’avait prévenu, mais je ne m’attendais tout de même pas à ça. Cela dit, c’est sans doute la préparation que j’ai préférée depuis mes débuts. Stéphane Bourdin, notre prépara- teur physique, a une relation particulière avec chaque joueur, il individualise beaucoup les séances. Il y a beaucoup d’intensité, plus qu’au Racing. Plus de préci- sion aussi. Tout est bien pensé, dosé.

Pourquoi as-tu décidé de quitter le Racing 92 pour Clermont ? Il me restait un an de contrat et j’étais plutôt parti pour prolonger. Comme d’autres clubs, Clermont me suivait depuis quelque temps. Aux premières discus- sions, l’option était plutôt de signer en 2016. Julien Bonnaire a alors annoncé son départ (en mars) et tout s’est accéléré. Ça m’a fait évidemment réfléchir. Clermont, c’est ce qu’il se fait de mieux, ça fait rêver. Les deux clubs ont trouvé un accord et le Racing m’a libéré.

Comment se passe ton intégration ? C’est toujours particulier une année de Coupe du monde avec des effectifs réduits et de nombreux jeunes. C’est plus simple en fait, on rentre plus vite dans le vif du sujet. Le groupe vit super bien et le club s’occupe de tout pour que notre arrivée se fasse en douceur. Des gens au club se chargent de vous trouver une maison. Mireille, notre nounou à tous, s’occupe de tout l’aspect administratif, surtout pour les étrangers pour qui c’est plus compliqué. À mon arrivée, je n’avais plus qu’à penser au rugby.

Quel a été le discours de politique générale de Franck Azéma ? Il est simple: l’ASM vise des titres et il faut que les qua- rante joueurs de l’effectif soient concernés. On aura besoin de tout le monde et il est impossible que tout le monde joue. Comme chacun en est conscient, ça donne une ambiance très saine. Quand le collectif va bien, les individus vont bien. On a tous envie de jouer, mais on comprend et on accepte les choix du coach. Ce roule- ment, cette concurrence interne font avancer l’équipe.

On t’imagine évidemment satisfait de votre début de saison On aurait effectivement signé tout de suite. On est

Camille

GérondEAu

« Clermont, ce qu’il se fait de mieux »

En arrivant en Auvergne, l’ancien troisième ligne du Racing 92 a découvert avec appétit un nouvel environnement dans lequel il s’est fondu dès le premier jour.

dans lequel il s’est fondu dès le premier jour. forcément contents, mais c’est anecdotique. On va

forcément contents, mais c’est anecdotique. On va jouer sur deux tableaux, viser le plus haut possible, la route est encore tellement longue…

Cette saison, tu as déjà parcouru ballon en mains plus du double de distance que sur toute la saison dernière. Ça te surprend ? Le jeu pratiqué ici est fait pour ça. On fait souvent du large-large, il arrive qu’après plusieurs temps de jeu, il n’y ait plus beaucoup de joueurs à leur poste ! Ça donne beaucoup de courses, un gros volume de jeu. Je sens que mon jeu a déjà évolué, je me sens plus mobile. Au début de la préparation, j’étais en retard sur mes nouveaux coéquipiers. J’en vois les résultats aujourd’hui, je me sens mieux sur le terrain.

Les défaites en finale, on en parle ? Pas dans le vestiaire en tout cas ! Depuis que je suis là, je n’en ai jamais entendu parler une seule fois de toutes ces finales perdues. Dans les autres clubs, oui, on en parle souvent (rires), mais je n’ai entendu aucune allu- sion à un syndrome ou à une malédiction. Et puis, leurs

sion à un syndrome ou à une malédiction. Et puis, leurs résultats sont quand même incroyables

résultats sont quand même incroyables depuis dix ans. Ça reste un des plus grands clubs de France et d’Europe.

L’Europe justement, comment abordez-vous cette campagne? C’est un autre rugby, un autre arbitrage, des affiches face à de très grands clubs. On sent bien que ça tient au cœur au club de la remporter après deux finales per- dues. Je suis ravi de retrouver l’Union Bordeaux-Bègles dans la poule, mon club formateur. On était au fin fond de la Pro D2 quand j’y jouais, il n’y avait pas de salle de muscu. C’est beau de les voir retrouver l’Europe.

Apprécies-tu votre nouveau cadre de vie ? Je ne connaissais pas du tout l’Auvergne et je suis agréablement surpris. J’adore l’arrière-pays. Pourtant, je suis originaire de Bordeaux, j’ai vécu à Paris… Bref, je suis plutôt citadin. J’habite dans Clermont, où les gens sont adorables, le centre-ville est vraiment sympa. Ce n’est pas une légende, on est quand même moins stressé, plus souple en province. Mais je suis content d’avoir connu les deux.

légende, on est quand même moins stressé, plus souple en province. Mais je suis content d’avoir

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portfolio top 14 Toulon / la Rochelle (45-24) Steffon armitage défie Gabriel lacroix en un

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Toulon / la Rochelle (45-24) Steffon armitage défie Gabriel lacroix en un contre un

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La place du haut

du corps pour bien

buter

N’avez-vous jamais remarqué que le bras du côté de la jambe d’appui s’élève et se tend lorsque le joueur arme sa frappe, alors que l’autre bras s’oriente vers le sol. Une gestuelle intentionnelle tout simplement parce que les bras et le buste permettent de développer une frappe plus puissante tout en participant à la stabilisation du bassin et des jambes. Explications.

Texte et illustrations Fred Brigaud

LA POSITION IDéALe Du buTeur

LA POSITION IDéALe Du buTeur TECHNIQUE | 41

TECHNIQUE

Frédéric Brigaud est consultant en biomécanique et ostéopathe auprès de sportifs de haut niveau depuis

Frédéric Brigaud est consultant en biomécanique et ostéopathe auprès de sportifs de haut niveau depuis 1994. Il est le concepteur et le développeur des principes biomécaniques posturo-dynamiques EAD (Empilement Articulaire Dynamique) enseignés en kinésithérapie du sport et auprès des BE Sport (ski alpin, tennis, golf, surf). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont dernièrement Corriger le pied sans semelle aux éditions DésIris, 2015. www.eadconcept.com

semelle aux éditions DésIris, 2015. www.eadconcept.com Lorsque bras et buste stabiLisent et accéLèrent La frappe
semelle aux éditions DésIris, 2015. www.eadconcept.com Lorsque bras et buste stabiLisent et accéLèrent La frappe
semelle aux éditions DésIris, 2015. www.eadconcept.com Lorsque bras et buste stabiLisent et accéLèrent La frappe

Lorsque bras et buste stabiLisent et accéLèrent La frappe

Chaque joueur lève et tend le bras au fur et à mesure qu’il arme sa frappe. Le mouvement du bras associé au pivotement du buste, indépendamment du bassin, met en tension deux chaînes musculaires qui parcourent le tronc ; l’une prenant la forme d’une spirale et l’autre plus ou moins verticale selon l’orientation du bras. Deux chaînes musculaires qui relient bras, bassin et jambes. Ainsi, lorsque la frappe est armée, l’ensemble du corps est sous tension, prêt à s’enclencher pour délivrer un maximum de puissance. Cette interrelation entre toutes les parties du corps détermine la qualité, la puissance et la précision du geste. Le haut et le bas du corps sont intimement liés musculairement pour agir de concert et poursuivre un seul et même objectif. Mais pour cela, encore faut-il posséder une jambe d’appui puissante et stable en mesure de maintenir le bassin (voir Ovale

n°5).

Pour se rendre compte de l’impact du haut du corps sur le bassin et les jambes, il suffit de faire le test suivant : debout les pieds serrés, tendre le bras droit à l’horizontale dans le prolongement de l’axe des épaules et le mobiliser d’avant en arrière, indépendamment du buste, de plus en plus rapidement, pendant que le bras gauche reste immobile le long du corps. L’ensemble du corps se met alors à pivoter de droite à gauche autour des appuis au rythme du bras. La mise en mouvement d’un segment, ici le bras (mais cela peut tout aussi bien être le buste), se répercute à l’ensemble du corps. Il existe une interdépendance entre tous les éléments. Un phénomène mécanique qui a ses avantages et ses inconvénients puisque s’il permet d’accélérer le mouvement. Il peut également, s’il est mal orchestré, déstabiliser le joueur.

savoir et pouvoir orienter Les bras Vous remarquerez en observant les joueurs que le bras

savoir et pouvoir orienter Les bras

Vous remarquerez en observant les joueurs que le bras est plus ou moins à la verticale. Certains le positionnent à la verticale dans le prolongement du tronc, la main ouverte et les doigts tendus vers le ciel comme s’ils souhaitaient attraper ou toucher quelque chose située bien au-dessus d’eux alors que d’autres l’orientent à l’horizontale dans le prolongement de l’axe des épaules. L’orientation du bras évolue dans un quadrant supéro-externe allant de la verticale à l’horizontale selon l’orientation et la distance de la frappe mais également en fonction de ses capacités. Le joueur doit donc être en mesure de faire évoluer l’orientation de ses axes de mouvement selon les besoins et le résultat attendu. Cette adaptabilité dans le déroulement du geste est le fait des grands buteurs. Pour cela, ils doivent posséder un corps homogène, complet où chaque partie est correctement et étroitement liée.

Des postures finaLes qui témoignent De La puissance Du tiroù chaque partie est correctement et étroitement liée. Le haut du corps semble être emporté par

Le haut du corps semble être emporté par la puissance de la frappe. Bras et buste pivotent autour de la colonne vertébrale. Les deux bras, après avoir effectué un mouvement circulaire, se retrouvent du même côté, tendus. Le tronc, en extension au départ du mouvement, fléchit légèrement sous la contrainte. Cependant, là encore, selon leurs capacités, les joueurs parviennent plus ou moins à maintenir leur corps dans une posture favorable sans se laisser emporter par le mouvement. D’un point de vue biomécanique, la qualité d’un buteur ne se résume pas seulement au nombre de tirs cadrés, mais à sa capacité à produire une gestuelle de qualité tout au long du mouvement. Retenez que l’ensemble du corps est sollicité pour parvenir à frapper le ballon. Un effondrement de la posture finale d’un joueur témoigne des faiblesses de sa gestuelle technique. La posture finale est une conséquence, non un objectif, le joueur ne cherche ni à se tordre ni à se plier.

le joueur ne cherche ni à se tordre ni à se plier. un geste puissant mais

un geste puissant mais pas sans risque

En raison du mouvement qui s’opère au sein du corps et de sa puissance, une telle gestuelle n’est pas anodine. Le pivotement du buste indépendamment du bassin autour de la colonne vertébrale produit un mouvement de torsion. Un mouvement de torsion comparable à celui que

l’on effectue lorsque l’on essore à la main une serpillère. Cependant, ici, ce n’est pas un simple morceau de tissu, mais la colonne et les éléments qui la composent qui sont mis en jeu. Dès lors, si le joueur ne contrôle pas l’amplitude du mouvement et se laisse emporter par la puissance de celui-ci, il impacte directement et fortement cette structure au risque d’en altérer certaines parties, notamment la région lombaire. S’il semble assez facile d’envoyer le ballon entre les poteaux, il est nettement plus difficile d’y parvenir en réalisant une gestuelle optimale respectueuse du corps. Le geste technique doit

être maitrisé et le corps adapté à celui-ci.

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optimale respectueuse du corps. Le geste technique doit être maitrisé et le corps adapté à celui-ci.
optimale respectueuse du corps. Le geste technique doit être maitrisé et le corps adapté à celui-ci.
optimale respectueuse du corps. Le geste technique doit être maitrisé et le corps adapté à celui-ci.
Lorsque l’on regarde les différentes postures de départ et les mouvements qui s’en suivent dans
Lorsque l’on regarde les différentes postures de départ
et les mouvements qui s’en suivent dans la plupart des
cas, elles n’imposent aucunes contraintes mécaniques
particulières. Par contre, certaines facilitent le
déroulement du geste comme ici avec Samuel Marques.

LA POSTITION IDéALe Du buTeur

LA POSTITION IDéALe Du buTeur TECHNIQUE quaDe cooper Le super héro à Découvrir ! Une posture

TECHNIQUE

LA POSTITION IDéALe Du buTeur TECHNIQUE quaDe cooper Le super héro à Découvrir ! Une posture
quaDe cooper Le super héro à Découvrir ! Une posture atypique, mais très réfléchie. À
quaDe cooper Le super
héro à Découvrir !
Une posture atypique, mais très réfléchie. À la différence des
autres joueurs du Top 14, il emploie une toute autre stratégie
puisqu’il démarre avec le buste et les bras déjà tournés, proche
d’une posture finale. Le pivotement de son buste est plus
important et arme de fait son geste avec davantage de puissance.
Gare à ceux qui tenteraient cette gestuelle sans la maitriser car
les contraintes en torsion sont nettement plus importantes. Avec
une telle posture de départ, une simple cape le ferait passer pour
un super héro s’apprêtant à s’élancer. Il possède une gestuelle
technique très particulière que nous aurons plaisir à regarder, les
recruteurs toulonnais ne l’ont pas choisi par hasard…
Buste et bras vont e ectuer
une amplitude de mouvement
plus importante
Bras et buste sont
tournés vers la droite
au départ du mouvement
Posture de départ
de Quade Cooper
Frédéric Brigaud © 2015

Il y a ceux qui fléchissent plus le tronc, plus qu’ils ne pivotent le buste et à l’inverse, ceux qui pivotent davantage le buste plus qu’ils ne fléchissent le tronc, ou encore ceux qui combinent les deux. Autant de stratégies biomécaniques qui résultent de l’angle de tir, des automatismes acquis, des capacités physiques du joueur mais qui témoignent également, comme précédemment évoqué, de leurs qualités. Plus les mouvements du haut du corps sont contrôlés et adaptés plus le corps est puissant et l’interrelation haut/bas équilibrée. La réussite, la régularité et la durée d’un joueur dépendent de sa capacité à produire une gestuelle optimale construite sur un corps adapté et une posture stable. La moindre défaillance se répercute directement sur le corps et la précision du tir.

répercute directement sur le corps et la précision du tir. Des postures De Départ parfois surprenantes

Des postures De Départ parfois surprenantes

Il pourrait sembler étrange de terminer l’article par l’analyse de la posture de départ, et pourtant ce n’est qu’une fois que l’on a compris le déroulement du geste et le résultat attendu que nous sommes en mesure de porter un regard critique à la posture de départ. Adopter telle ou telle posture parce qu’elle semble réussir chez certains joueurs sans en comprendre les tenants et les aboutissants, ne présente aucun intérêt et paraît peu efficace. Au-delà du fait qu’elle permet au joueur d’une certaine façon de produire un ‘’reset’’ et de se concentrer pour ne pas dire se recentrer, nous pouvons nous demander si elle ne prédispose pas d’une certaine manière à l’action à mener. Augmente-t-elle la puissance, la stabilité, l’équilibre ? Place- t-elle le corps sous tension, tel un ressort ? Facilite-t-elle le déroulement du geste ?

Lorsque l’on regarde les différentes postures de départ et les mouvements qui s’en suivent dans la plupart des cas, elles n’imposent aucunes contraintes mécaniques particulières. Par contre, certaines facilitent le déroulement du geste. C’est le cas de Frédéric Michalak qui reproduit la posture de Wilkinson ; les pieds joints, les genoux légèrement fléchis, le tronc à 40°, les coudes à 90°, les poings serrés et accolés. Le plus souvent, après être resté immobile quelques instants, il piétine d’un ou deux pas, recule un pied pour se retrouver dans une position de déséquilibre antérieur assimilable à celle du sprinter après quelques mètres de course, avant d’enclencher une très brève course. Durant la phase d’élan il se redresse, pivote légèrement le buste tout en levant le bras. En agissant ainsi, il met sous tension les différentes chaînes musculaires précédemment citées. Il arme son geste. Certains joueurs adoptent une posture différente et se campent sur leurs deux pieds, écartés de la largeur des épaules, avant de s’élancer. D’autres encore optent pour quelque chose de différent comme Quade Cooper, le nouveau toulonnais.

INTERVIEW Gaëtan Germain Gaëtan Germain « Je bute depuis que J’ai commencé le rugby »

INTERVIEW

Gaëtan Germain

GaëtanGermain

« Je bute depuis que J’ai commencé le rugby »

Germain « Je bute depuis que J’ai commencé le rugby » Auteur d’un début de saison

Auteur d’un début de saison tonitruant avec Brive, Gaëtan Germain est un excellent buteur, l’un des meilleurs du Top 14. Il se confie sur son club, son jeu, ses objectifs, mais aussi sur son rôle face aux perches.

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Propos recueillis par Adrien Corée

Le bon début de saison de Brive vous fait-il revoir vos objectifs à la hausse ? Il ne faut surtout pas s’enflammer. Certes, c’est très bien sur le plan comptable, mais on sait d’où on vient, on sait qu’on a beaucoup souffert l’année dernière. On ne veut donc pas reproduire les mêmes erreurs. On est content de ce que l’on réalise, mais le maintien reste toujours l’objectif numéro 1.

Faut-il voir dans ces bons résultats un rapport avec l’arrivée de certains joueurs (Iribaren, Pointud, Ugalde…) ? Ces joueurs nous apportent beaucoup d’homogénéité. On peut également se permettre de tourner l’effectif sans l’affaiblir pour autant. Ils apportent aussi dans la vie de groupe. C’est tout bénéfice pour l’équipe.

En 2011, tu avais marqué 12 des 18 points de la victoire du Racing à Brive. Imaginais-tu devenir un jour l’idole d’Amédée-Domenech ? Non. Je n’imaginais pas du tout que cela se passerait comme ça ! Honnêtement, je ne pensais pas signer à Brive. Ensuite, ce sont des choix de carrière. Je suis venu ici pour reprendre un petit peu de temps de jeu. Aujourd’hui, je me sens bien à Brive. J’ai la confiance de tout le monde. Je progresse. Je continue d’ailleurs à apprendre tous les jours.

En mars dernier, tu as d’ailleurs prolongé jusqu’en

2018…

Je me sens très bien dans ce club ! C’est très important pour moi d’être bien dans sa tête et d’évoluer au quotidien avec des copains. J’ai surtout la chance d’avoir du temps de jeu. Je dois en profiter. Je suis ici

pour progresser, pour m’entraîner dur et pour jouer tous les week-ends.

Tu es l’un des meilleurs buteurs du championnat. As-tu toujours excellé dans ce domaine ? Je bute depuis que j’ai commencé le rugby, à l’âge de 16 ans. Avant, je jouais au foot. Ça m’a beaucoup aidé.

Surveilles-tu ta position au classement des buteurs ? J’ai vu que je ne suis pas trop mal classé… Après, voilà, on est au tiers du championnat, cela reste donc anecdotique pour le moment. Il n’y a pas de quoi s’enflammer. Les chiffres seront plus significatifs à la dernière journée du championnat.

As-tu été attentif à la Coupe du monde ? Certaines performances t’ont-elles marqué ? Je l’ai suivi, comme tout le monde. On a vu que certaines « petites » équipes étaient capables d’embêter des plus grosses. C’est quelque chose de nouveau, qui fait du bien au rugby. On a vu aussi que globalement, ce sont les équipes qui mettent le plus de volume de jeu qui l’emportent, chose qui n’est pas vraie en Top 14…

On parle de toi pour revêtir le maillot du XV de France. Tu y penses ? J’y pense un peu, car j’entends mon nom circuler. Je pense devoir encore progresser dans de nombreux secteurs pour prétendre au maillot bleu. J’ai encore une belle marge de progression avant de me dire que j’ai vraiment le niveau pour l’équipe de France. Je me concentre donc sur le CAB et sur mon jeu. Après…

dire que j’ai vraiment le niveau pour l’équipe de France. Je me concentre donc sur le

François Trinh-Duc

François Trinh-Duc DESTin OVALE François Trinh-Duc Homme attachant et joueur atypique, le demi d’ouverture de

DESTin OVALE

François

Trinh-Duc

Homme attachant et joueur atypique, le demi d’ouverture de Montpellier sort toujours grandi des épreuves qu’il traverse. À 29 ans, en Bleu comme avec son club de toujours, il est à un carrefour d’une carrière exemplaire.

Par Silvère Beau

I l a retrouvé ses deux enfants, son

épouse, son club et tout est allé un

peu mieux. Homme de bonheurs

simples, François Trinh-Duc s’est

réfugié une nouvelle fois dans le

cocon familial pour rebondir au plus vite après ce 23 août de sinistre mémoire pour lui et tous ses fans. Il n’en a d’ailleurs jamais compté autant que ce jour-là, internautes et supporters révoltés par le choix de Philippe Saint-André. Le Montpelliérain a donc tourné la page, renfilé la cuirasse de son club de toujours et reçu une ovation émouvante pour son retour sur le terrain de… Pau. Trois mois plus tôt, son nom figurait dans une liste élargie de 36 noms énoncés par PSA. Une vidéo, devenue phénomène viral quelques minutes après sa diffusion, capte son bonheur après la bonne nouvelle. Un pur moment de plaisir. L’équipe de France est son moteur, sa quête comme le rappelle Fabien Galthié, son entraîneur pendant quatre ans à Montpellier. « On joue comme on vit et le jeu de François ressemble à sa personnalité. C’est un mec qui a besoin de défis, de se frotter à l’adversaire, de prendre des risques. » Trinh-Duc a donc rêvé de traverser la Manche, de vivre cette nouvelle aventure en Bleu, mais après deux mois et demi à pédaler sur les cimes alpines et à lever de la fonte à Marcoussis, il est resté à quai, comme quatre partenaires d’infortune, au moment d’embarquer dans l’Eurostar. « Il y a des choses plus graves dans la vie, mais c’est une belle claque… »

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Quand il suit pour la première fois son grand frère, Pierre, à l’école de rugby du pic Saint-Loup, François a six ans et une seule envie : s’amuser. « La politique de l’école est basée sur le plaisir, sans aucune obligation de résultat. Je n’en ai que de merveilleux souvenirs. Je m’y suis fait des amis pour la vie, dont Fufu (Fulgence Ouedraogo). » L’œil pétille. Il se revoit galoper en culotte courte sur les terrains à l’ombre du piton du même nom, à quelques minutes de Saint-Gély-du- Fesc, banlieue cossue de Montpellier où Brassens est mort et où, lui, grandit. Il y soigne sa timidité et trouve des artifices pour compenser sa petite taille comme

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« Il y a des choses plus graves dans la vie, mais c’est une belle claque… »

François Trinh-Duc

François Trinh-Duc DESTin OVALE | 49

DESTin OVALE

François Trinh-Duc DESTin OVALE | 49

le rappelle Didier Varaud, son premier éducateur. « François était un garçon facile à vivre, qui voulait simplement jouer avec ses amis autour d’un ballon. Il voulait aussi rattraper son frère, Pierre, de 18 mois son aîné, mais n’avait pas de dispositions particulières. S’il en est là aujourd’hui, c’est grâce au travail. » L’école où officie Didier est presque devenue une succursale familiale des Trinh-Duc après avoir vu défiler les trois frères. La mère y tient d’ailleurs toujours la boutique. Et François y passe régulièrement avec ses fils (Théo, 4 ans et Raphaël, 2 ans) qui pourraient bientôt suivre le chemin du papa.

Les années d’insouciance s’étirent jusqu’à l’adolescence. François a bien grandi, s’est étoffé, combine déjà puissance et vivacité. Seul un obstacle se pose sur la route de son évolution. « Il n’y avait pas d’équipe Seniors au pic Saint-Loup. Je rejoins donc le centre de formation de Montpellier en cadets pour pouvoir continuer à jouer au rugby. J’ai 16 ans et je n’imagine pas devenir un jour professionnel. Ce n’est que l’année suivante que je prends conscience que cette possibilité existe. » De toute façon, François ne sait pas trop quoi faire d’autre. Les études ne sont pas une passion et ne lui procurent aucune vocation. Autant alors jouer au rugby, surtout que de nombreux potes de l’école prennent le même chemin. François écume alors les dernières catégories de jeunes d’un club qui vient tout juste de retrouver l’élite et qui a besoin de sang frais. « C’est aussi l’époque où je monte au Pôle France à Marcoussis. Je saisis alors

l’opportunité de passer un cap. » C’est la promotion “Jean-Pierre Rives”, celle des Guirado, Mermoz ou Médard. Il commence enfin à rêver tout haut d’une carrière ovale, tout en continuant bien entendu ses études, une exigence parentale. Il obtient un bac S et une licence de management du sport, mais le rugby reste au centre de tout. Il a alors 19 ans lorsque sa vie bascule.

Fin de saison 2005. Trinh-Duc découvre l’élite face à Biarritz. Un souvenir qui le fait encore sourire aujourd’hui. « Tout commence par une lourde défaite (45-3). Il n’y a alors plus d’enjeu pour nous et le BO joue sa qualification. Ça reste malgré tout un grand moment, partagé avec Fufu qui joue lui aussi son premier match pro ». Un simple galop d’essai, un orteil dans le petit bain avant de plonger dans le grand. Malgré quelques sélections nationales en moins de 19 ans, dont un joli voyage en Afrique du Sud pour une première Coupe du monde, François doit patienter jusqu’en janvier 2007 pour redécouvrir les joies du championnat. Il faut dire que l’heure est grave. À huit journées du verdict, le MHR fleurte avec la relégation. L’opération maintien est alors confiée à la génération Trinh-Duc. Un sauvetage réussi qu’il raconte comme un conte de fées. « L’équipe est au bord du gouffre. Le président (Thierry Pérez) décide de mourir les armes à la main et de lancer des joueurs du centre de formation. On a une énorme pression, mais on joue comme en Espoirs, comme à l’entraînement, soutenus par quelques cadres qui nous aident à nous u

mais on joue comme en Espoirs, comme à l’entraînement, soutenus par quelques cadres qui nous aident

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François Trinh-Duc

François Trinh-Duc DESTin OVALE « Il n’avait pas de dispositions particulières. S’il en est là aujourd’hui,

DESTin OVALE

« Il n’avait pas de dispositions particulières. S’il en est là aujourd’hui, c’est grâce au
« Il n’avait pas
de dispositions
particulières.
S’il en est là
aujourd’hui,
c’est grâce
au travail. »
Didier Varaud

sublimer. On remporte avec bonus notre premier match à Bayonne (39-17), puis d’autres face à Biarritz ou Bourgoin. On se maintient à la dernière journée malgré une défaite à Perpignan. » Plusieurs carrières sont lancées, dont celles de Trinh-Duc, Ouedraogo, Picamoles et Tomas, quatre joueurs issus du centre de formation du MHR bientôt appelés en XV de France.

Avant, il y a cette Coupe du monde en France à regarder à la télé, le cuisant échec des Bleus de Bernard Laporte et la nomination de Marc Lièvremont qui, lui aussi, décrète la prise de pouvoir de la belle jeunesse tricolore, et ce, dès son premier match en Écosse. François Trinh-Duc devient alors le premier

international français d’origine asiatique (voir encadré

ci -contre). « Nous jouons dans un stade de Murrayfield

plein à craquer. Cette victoire (27-6) reste un excellent souvenir. Je me suis vite aperçu que tout va plus vite,

que les chocs sont plus brutaux ». Quelques mois plus tard, il décolle pour la Nouvelle-Zélande avec une première escale dans le brouillard de Dunedin. Lancé par Picamoles, le Montpelliérain joue aux quilles avec trois défenseurs all blacks pour mettre les Bleus sur orbite (27-22). Un exploit qui reste à ce jour la dernière victoire française sur la Nouvelle-Zélande. Blessé, Morgan Parra n’est pas de ce périple. Les deux joueurs forment pourtant la charnière la plus utilisée par Lièvremont. « Pendant quatre ans, on a la chance de souvent jouer ensemble. On ne se connaissait pas du tout. On a donc pris le temps de le faire et de trouver des repères communs. » L’hiver 2010 est celui de la consécration pour le binôme, maîtres-artisans du dernier Grand Chelem de l’équipe de France. Le Montpelliérain, qui débute chaque rencontre, marche sur l’eau et ses adversaires. « Cela reste un très grand moment. Le Tournoi, c’est mythique, avec des ambiances merveilleuses au Royaume-Uni, une ferveur incroyable. Je me souviens surtout du bonheur sur le visage de mes coéquipiers à la remise du trophée au Stade de France. » C’était face à l’Angleterre de Jonny Wilkinson, grâce à trois pénalités de Parra et un drop de Trinh-Duc.

Retour au quotidien. C’est encore une époque où le MHR rime avec galère, où chaque fin de saison est une lutte étouffante pour conserver une place en Top 14. Nommé entraîneur de Montpellier en juin 2010, Fabien Galthié avait déjà croisé François Trinh-Duc dans les couloirs du stade de Velez, en Argentine, où les Bleus étaient en tournée. Il trouve alors un groupe usé par

les mauvais résultats. « Quand je suis arrivé, François

et d’autres joueurs m’ont dit qu’ils voulaient partir en

fin de saison, fatigués de jouer le maintien jusqu’à

la dernière journée. Pourtant, dès notre première

conversation, j’ai senti son engagement, qu’il était prêt à tout donner. » Charmé par son nouveau coach, Trinh-Duc prolonge de deux ans. « Partis de nulle part », comme ils le disent en cœur, l’ancien entraîneur du Stade Français, François Trinh-Duc et toute la bande vivent une saison extraordinaire. « Personne ne nous attendait. Jouer une finale de Top 14 au Stade de France avec une bande d’amis qui a plus l’habitude de jouer le maintien, c’est merveilleux. Les entraîneurs Galthié et Béchu nous ont aidés toute la saison à nous sublimer. On en a profité à fond parce qu’on n’est jamais sûr d’avoir une deuxième chance. »

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Plutôt à l’aise devant les objectifs, on l’a vu dans des pubs pour Mennen, Renault
Plutôt à l’aise devant les objectifs, on l’a vu dans des pubs pour Mennen, Renault
Plutôt à l’aise devant les objectifs, on l’a vu dans des pubs pour Mennen, Renault
Plutôt à l’aise devant les objectifs, on l’a vu dans des pubs pour Mennen, Renault

Plutôt à l’aise devant les objectifs, on l’a vu dans des pubs pour Mennen, Renault ou, plus localement, un parking VIP du centre-ville de Montpellier. La plus célèbre reste néanmoins cellepourlescasquesBeatscetété,unsummum d’autodérision cinq jours seulement après son éviction du groupe tricolore. Homme d’affaires débutant, mais déjà avisé, François soutient aussi plusieurs associations caritatives. Il est notamment le parrain de “Pour un sourire d’enfants”, une ONG qui lutte contre la misère au Cambodge. En 2010, il a visité le pays, Hong- Kong et le Laos lors d’une tournée de promotion du rugby en Asie. Le Vietnam, que son grand- père a quitté en 1950 pour atterrir à Agen, n’était malheureusement pas au programme. François, pourtant grand voyageur, n’y a encore jamais mis les pieds. « C’est en projet, mais je dois trouver le temps. J’ai envie de découvrir les gens, le pays de mes origines. C’est important. »

C omme il n’y a pas que le rugby dans la vie, François Trinh- Duc sait s’occuper entre deux entraînements. On le voit parfois sur les fairways locaux jouer au golf, « sans classement,

ni esprit de compétition », mais le plus clair de son temps libre, il le passe devant ou derrière le bar de « La Chistera », un combo restau-grill & pub où ses coéquipiers viennent souvent savourer une viande grillée au feu de bois. François a fondé l’endroit il y a quatre ans avec deux amis, à deux pas de la place de la Comédie. « Ça me donne l’occasion de faire

autre chose, de relativiser les moments difficiles sur le terrain, de rencontrer des gens d’horizons différents. Ça se passe bien. Je continue d’apprendre. » Pour une reconversion de chef ? « Je ne vais derrière les fourneaux que pour les photos ! », s’esclaffe-t-il.

Pour une reconversion de chef ? « Je ne vais derrière les fourneaux que pour les
DESTin OVALE François Trinh-Duc Trois semaines plus tard, Trinh-Duc est invité à vivre une première

DESTin OVALE

François Trinh-Duc

Trois semaines plus tard, Trinh-Duc est invité

à vivre une première préparation à une Coupe du

monde, intense, longue, exigeante. « C’est là, dans la difficulté, que le groupe s’est formé. Tout le monde

avait tellement hâte de débuter. » Il y a ces deux premiers succès contre le Japon et le Canada, guère convaincants. Face aux All Blacks, Parra est nommé

à l’ouverture, un poste où il n’a jamais évolué en pro.

Malgré la lourde défaite (17-37), le Clermontois y reste les cinq derniers matches, jusqu’à la finale. Trinh-Duc subit cette situation sans amertume apparente. « J’ai toujours tout donné, avec l’ambition de retrouver ma place sur le terrain. Il y a ce triste match face aux Tonga qui permet de nous resserrer, de continuer à créer cet état d’esprit qui nous maintiendra à flot jusqu’au bout. Plus personne ne compte sur nous. On se recentre alors sur nous-mêmes, on se prend en main ». S’il débute la finale sur le banc, François entre sur le terrain après 20 minutes de jeu, remplaçant alors un Morgan Parra au faciès martyrisé par le genou de McCaw. Une finale héroïque (7-8) et des regrets pour toujours. Une histoire dont il sort très usé. « On a connu des très bas et quelques hauts. Quatre mois, c’était très long. On finit pourtant si proche des All Blacks, de ce titre. On mérite même sans doute de gagner. Il y a, c’est vrai, des coups de sifflet que l’on ne comprend pas. » Il sait que le retour sera doux. Théo, son premier enfant, est né trois jours avant le grand départ pour le bout du monde. Il est temps de faire connaissance. « C’était un crève-cœur de les quitter en août, mais une grande aide pour remonter la pente au retour de Nouvelle-Zélande. »

Juste avant le long périple, un ancien bédouin génie des affaires est devenu actionnaire principal du MHR. Mohed Altrad voit grand et augmente chaque saison le budget du club. « On avait besoin d’une sécurité financière pour avancer. On jouait la relégation par manque de moyens. Lui nous les donne, pour que cette équipe aille chercher des titres. » Sur la route des sommets, Montpellier patine, éliminé trois fois de suite par Castres en barrage d’abord, puis en demi-finale en 2014, emmené par un Trinh-Duc dont le rayonnement impressionne Fabien Galthié,

FiCHE TECHniQUE

François Trinh-DuC

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Né le 11 novembre 1986 à Montpellier

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Taille : 1,84 m,

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Poids : 86 kg

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Équipe de France :

50 sélections (33 fois titulaire), 9 essais

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Palmarès :

Vice-champion de France avec Montpellier (2011) ; Vice-champion du monde (2011)

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« Le jeu de François ressemble à sa personnalité. C’est un mec qui a besoin de défis, de se frotter à l’adversaire, de prendre des risques. »

Fabien Galthié

admiratif du joueur. « Quand je le nomme capitaine il y a deux ans, il décline l’offre dans un premier temps. Le lendemain, après réflexion, il accepte le rôle et se révèle. Il fait une merveilleuse saison, totalement investi dans son rôle. Je garde le souvenir d’une collaboration touchante avec un garçon plein d’émotivité, toujours honnête. Il se livre totalement quand il est en confiance. Au cours de ma carrière d’entraîneur, j’ai côtoyé de grands joueurs comme Pichot, Roncero, Dominici ou Hernandez. Je place François dans le Top 5 de mes rencontres ».

Le MHR retrouve soudain un peu d’allant. Pas suffisamment pour décrocher une place en phase finale, pour la première fois depuis cinq ans. François part alors pour un été de tourbillons émotionnels, entre sa convocation dans le groupe élargi, deux mois de commando et le verdict tranchant de PSA qui le renvoie dans ses pénates. Au nom de la complémentarité de ses paires de demis et d’un jeu au pied face aux perches jugé en deçà de ses concurrents, le rêve bleu tourne au cauchemar. Pourtant, François s’est tellement battu pour réparer ce tibia fracturé sur la pelouse d’Oyonnax en octobre 2014 et retrouver les Bleus, malgré une désaffection évidente du

staff tricolore pour son talent (6 titularisations sous l’ère PSA, 27 avec Lièvremont). « C’était

staff tricolore pour son talent (6 titularisations sous l’ère PSA, 27 avec Lièvremont). « C’était la première fois que j’étais opéré. Je me souviens de la douleur sur le moment. Trois jours après, j’étais en centre de rééducation. J’ai fait beaucoup d’efforts afin d’accrocher le bon wagon. Ces trois dernières années, j’ai fait tous mes choix en fonction de cette Coupe du monde ». En état de choc face aux explications en tête à tête de Saint-André ce funeste 23 août, il rentre à Montpellier le moral bas, mais la tête haute. « Je n’ai aucun regret parce que j’ai tout donné pendant cette préparation au niveau rugbystique, mais aussi humain. J’ai beaucoup échangé, avec le staff, mes partenaires, je donnais mon avis. Impossible de faire plus. C’est la simple loi du sport. Un 10 devait disparaitre. J’arrivais pourtant dans la forme de ma vie après avoir tant bossé pendant l’été. »

Fabien Galthié n’aurait pas fait ce choix-là. Pour lui, François Trinh-Duc en 10 avec les Bleus, est une évidence. Guy Novès, le nouveau sélectionneur, sera-t- il du même avis ? Trinh-Duc l’espère. « On s’est serré la main lors des matches contre Toulouse, mais je ne l’ai jamais vraiment rencontré. Son palmarès parle pour lui, son expérience aussi. » En 2019, pour la Coupe

du monde au Japon, l’ouvreur montpelliérain aura 33 ans, comme Michalak cet automne. Jules Plisson et Camille Lopez sont des rivaux crédibles. Pour donner les meilleures chances à Trinh-Duc d’être dans la première liste de l’ère Novès fin janvier, le MHR doit convaincre. Et ce, sans Coupe d’Europe. « On aurait évidemment préféré la jouer, mais il faut faire sans. On va jouer néanmoins European Rugby Challenge Cup, avec par exemple des matchs contre les Harlequins. Ça va permettre de donner du temps de jeu aux jeunes, peut-être de créer une homogénéité. On verra bien où ça nous mène. »

Montpelliérain de naissance, François Trinh-Duc a déjà pensé quitter le berceau héraultais. En fin de contrat à l’issue de la saison, le dilemme se pose de nouveau. « J’aimerais voir autre chose un jour, mais je n’ai rien décidé. Est-ce le bon moment pour partir ? » Dans sa trentième année, il pourrait le penser et répondre aux sirènes de Toulouse ou Toulon, candidats autoproclamés. L’Afrique du Sud ou le Japon sont aussi évoqués. L’attachement viscéral à sa région et surtout, sa famille, sont des arguments contre ces destinations exotiques. L’envie de ne pas trop s’éloigner des Bleus certainement aussi…

arguments contre ces destinations exotiques. L’envie de ne pas trop s’éloigner des Bleus certainement aussi… |

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portfolio top 14 Bordeaux Bègles / Toulouse (12-10) gillian galan sonne la charge… en vain 56
Bordeaux Bègles / Toulouse (12-10) gillian galan sonne la charge… en vain
Bordeaux Bègles / Toulouse (12-10) gillian galan sonne la charge… en vain

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INTERVIEW Juan Smith « Continuer à éCrire l’histoire » Le troisième ligne du RCT est

INTERVIEW

Juan Smith

« Continuer à éCrire l’histoire »

Le troisième ligne du RCT est heureux de voir enfin sa formation cinq étoiles au complet. Les recrues, le début de saison, Bernard Laporte, la Coupe du monde, Juan Smith parle avec passion de son sport, de son équipe et de ses ambitions.

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Propos recueillis par Silvère Beau

Pas trop surpris par votre début de saison ? Pas du tout ! Avec dix-sept

Pas trop surpris par votre début de saison ? Pas du tout ! Avec dix-sept joueurs à la Coupe du monde, nous savions que ce serait difficile. Finalement, dans ces conditions, ce n’est pas si mal. On a désormais intégré toutes les recrues, l’effectif est au complet. Nous ne sommes pas décrochés non plus et la saison est encore longue. On est plutôt content d’être là où on est.

Concrètement, qu’est-ce qui va changer ? Beaucoup de grands joueurs reviennent aux affaires et il faut les intégrer à l’équipe. À chaque match, le staff doit faire des choix et les bons, car on a deux beaux challenges à relever. On a perdu quelques gars importants (Ali Williams, Bakkies Botha, Carl Hayman), mais il y a quand même beaucoup de joueurs d’expérience et de haut niveau dans notre groupe.

Comment le staff gère-t-il cet effectif pléthorique ? Bernard Laporte a des problèmes de riche ! Derrière par exemple, il n’y a que des grands noms, avec notamment Quade Cooper ou Ma’a Nonu qui viennent nous renforcer. Mais jouer sur les deux tableaux (Top 14 et la Champions Cup) est tellement difficile qu’il faut un tel effectif pour y parvenir. Ça va nous permettre de faire tourner et de garder de la fraîcheur pour les phases finales.

Avec toutes ces stars, faut-il aussi gérer les egos ? C’est un challenge permanent pour Bernard de faire cohabiter tous ces joueurs qui ont tous connu des moments de gloire avec leur équipe nationale. Il faut trouver le bon équilibre, gérer les temps de jeu, les déceptions de certains. Bernard est très fort pour ça ! Derrière lui, l’équipe avance unie. Il sait comment gérer l’équipe sur la durée d’une saison, ce qui nous permet d’arriver en général assez frais lors des matchs couperets.

C’est sa dernière saison sur le banc du RCT. Cela la rend-elle spéciale ? On va essayer de ne pas trop y penser. On sait depuis longtemps qu’il y aura du changement au sein du staff la saison prochaine. On essaiera de le faire partir au sommet.

Juan SMITH / Toulon

essaiera de le faire partir au sommet. Juan SMITH / Toulon INTERVIEW TOP 14 Parmi les

INTERVIEW TOP 14

faire partir au sommet. Juan SMITH / Toulon INTERVIEW TOP 14 Parmi les recrues, on trouve

Parmi les recrues, on trouve Duane Vermeulen, un autre troisième ligne sud-africain. Que penses-tu de lui ? Duane a cinq ans de moins que moi, mais on se connaît bien pour avoir joué ensemble au Free State. C’était un jeune gars qui venait des Pumas, une petite province sud-africaine. C’est un type adorable. Je suis évidemment heureux de jouer à ses côtés. Sa puissance va nous faire avancer.

Il n’est pas le seul grand nom à vous avoir rejoint… Quade Cooper nous apporte beaucoup de variations dans le jeu. C’est très excitant de jouer à ses côtés. Je suis content aussi de voir Tom Taylor. Sans Parler de Ma’a Nonu qui va bientôt tout dévaster sur son passage.

Sur le papier, on n’est pas loin de la meilleure équipe de club de l’histoire, non ? L’année dernière, c’était déjà pas mal ! Mais on a beau avoir les meilleurs joueurs, il faut pouvoir les faire évoluer ensemble. C’est le boulot et le talent de Bernard Laporte. Cette équipe ne cesse de progresser, saison après saison.

Si vous deviez choisir en Top 14 ou Champions Cup ? Les deux, une deuxième fois ! Le Top 14, c’est quand même très spécial. On veut soulever de nouveau le Bouclier de Brennus. Mais gagner quatre fois la Coupe d’Europe, c’est forcément inédit, puisque personne n’en avait remporté trois de suite. On veut continuer à écrire l’histoire.

Comment avez-vous vécu la Coupe du monde très spéciale des Springboks ? Ce premier match perdu face au Japon m’a forcément laissé un goût très amer. Il y a toujours une première fois, mais on espérait que ce ne soit pas face au Japon, lors d’une Coupe du monde. Eddie Jones (l’entraîneur du Japon) était dans notre staff en 2007 et je ne suis pas très étonné par sa réussite. Cette défaite a été un vrai coup dur, mais le crédit des Boks de s’en être relevé est encore plus grand. Ils perdent de deux petits points face aux magnifiques All Backs et prennent la troisième place. L’aventure se finit plutôt bien finalement

points face aux magnifiques All Backs et prennent la troisième place. L’aventure se finit plutôt bien
INTERVIEW Julien Pierre « On avance tOus ensemble » C’est le dernier challenge d’une carrière

INTERVIEW

Julien Pierre

« On avance tOus ensemble »

C’est le dernier challenge d’une carrière débutée à La Rochelle il y a dix-sept ans. Le deuxième ligne de la Section Paloise, 34 ans, est un peu frustré du début de saison de son dernier club, mais entend bien l’aider à se maintenir en Top 14.

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Propos recueillis par Silvère Beau

Quel bilan tires-tu de ce premier tiers de championnat ? Il aurait pu être meilleur

Quel bilan tires-tu de ce premier tiers de championnat ?

Il aurait pu être meilleur avec un succès en plus. La

défaite face à Brive nous laisse notamment beaucoup de regrets. On leur a offert le match, on avait joué dix minutes et c’est dommageable d’avoir lâché ces points.

L’équipe a-t-elle une grande marge de progression ? Ce qui est positif, c’est que notre jeu se met en place. On trouve peu à peu des repères collectifs et on prend du plaisir sur le terrain. Même à Oyonnax où on a pris lourd (42-23, le 31 octobre), on a pris du plaisir. On aurait pu les priver du bonus avec un essai, refusé, à la dernière minute, on en met deux beaux, pas eux. Mais ce n’est pas là qu’on a perdu les points qui nous manquent aujourd’hui. Tout ça va s’améliorer petit à petit. On va continuer à bosser dur, on voit des choses se mettre en place. On a bon espoir.

La Section Paloise flirte avec la zone rouge. Cela t’inquiète-t-il ? On a besoin de temps pour trouver notre jeu dans ce championnat. On ne passe pas notre temps à regarder

le classement, à s’alarmer de nous voir en bas. Il y

a beaucoup d’enthousiasme, d’envie de travailler,

de bien faire les choses. Beaucoup de nos joueurs découvrent le Top 14, ils ont besoin d’un peu de temps pour s’y adapter. Jeunes, moins jeunes, on avance tous ensemble.

Du haut de tes 34 ans, as-tu un rôle de « grand frère » au sein de cet effectif ? Je n’aime pas trop ce terme. Je n’ai pas de rôle particulier, mais comme tous les anciens, je donne mon avis. Avec Damien Traille ou Jean Bouilhou, James Coughlan aussi, on échange beaucoup avec le staff. Pas sur la gestion ou le jeu, chacun son boulot, mais sur des réflexions sur la touche par exemple. Avec nos âges avancés, notre expérience peut servir.

D’autres trentenaires, néo-zélandais et doubles champions du monde (Colin Slade, Conrad Smith) viennent renforcer la Section… Nous ne nous faisons pas d’illusions. Ils ne vont pas faire gagner tous les matchs à la Section Paloise. On sait néanmoins qu’ils vont apporter beaucoup de sérénité derrière. Ils vont obligatoirement tirer l’équipe vers le haut. Ce que j’entends à propos de Conrad, et

Julien PIERRE / Pau

INTERVIEW TOP 14que j’entends à propos de Conrad, et Julien PIERRE / Pau ça depuis des années, pas

à propos de Conrad, et Julien PIERRE / Pau INTERVIEW TOP 14 ça depuis des années,

ça depuis des années, pas seulement depuis l’annonce de son arrivée à Pau, c’est que c’est un très grand professionnel. Il va s’investir et vivre de belles heures ici avec nous.

Le 16 octobre dernier, tu es revenu à Clermont (10-35). Avec émotion ? Je n’ai pas eu d’émotion particulière parce que j’avais décidé de mettre cet aspect-là de côté. Moi, je voulais gagner. L’autre raison, c’est que je ne connaissais pas grand monde en face entre les joueurs partis à la Coupe du monde et les nouveaux. Mais après le match, j’ai quand même retrouvé les copains et j’ai pu rester un peu là-bas.

Tu connais parfaitement Clermont, tu découvres

Pau. Quelles sont les différences les plus criantes entre les deux clubs? Ce n’est absolument pas comparable. Clermont est

à la pointe de tout, depuis des années. La Section

vient tout juste de retrouver l’élite. Elle a néanmoins des choses à prendre du modèle clermontois, de la formation jusque tout en haut. Le point commun, c’est que Pau a beaucoup d’ambitions, même si ce ne sont pas les mêmes. J’ai très envie de croire en ce projet. Celui du nouveau stade s’inspire d’ailleurs du Michelin (inauguration prévue en septembre 2017).

Pau ne vise-t-il que le maintien ? On n’affiche aucune ambition, on n’a même pas envie de se parler de maintien. Si on prend du plaisir sur le terrain, on gagnera des matchs. Si on gagne, on prendra du plaisir. Ce n’est pas la peine de regarder en permanence vers le bas. Il ne faut surtout pas tomber dans cette attitude. Le groupe est enthousiaste et on se souvient que tout s’est joué la saison dernière à l’ultime journée.

Tu as signé deux ans. As-vous réfléchi à ce qu’il se passera par la suite? Ah, l’après-rugby, on en parle pendant toute notre

carrière de rugbyman ! Il se prépare, se construit petit

petit. J’ai déjà différents projets, plus ou moins dans l’univers du rugby. À Clermont d’ailleurs, d’où vient ma femme et où je retournerai ensuite. Et ce n’est qu’à 1h30 de Bourgoin, où j’ai ouvert un restaurant, le Bistrot Colette, avec deux associés, dont Julien Bonnaire. J’aurai de quoi m’occuper.

à

un restaurant, le Bistrot Colette, avec deux associés, dont Julien Bonnaire. J’aurai de quoi m’occuper. à
INTERVIEW Lionel Mazars « On ira chercher le maintien par le jeu » Si Lionel

INTERVIEW

Lionel Mazars

« On ira chercher le maintien par le jeu »

Si Lionel Mazars est conscient que la saison va être longue et difficile, il garde confiance en son groupe et nous assure qu’Agen va trouver le salut en continuant à produire du jeu.

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Propos recueillis par Arnaud Sebin

Ce début de saison est-il conforme à ce que tu attendais ? Oui et non.

Ce début de saison est-il conforme à ce que tu attendais ? Oui et non. Si d’un côté, nous sommes très satisfaits de l’ensemble des prestations depuis le début de la saison, comptablement, il nous manque quelques points perdus en route pour être pleinement satisfait.

Le club a-t-il revu ses objectifs ? Non pas du tout. On savait malgré tout qu’on aurait des moments difficiles. Nous étions donc plus ou moins préparés. Nos objectifs, nous les connaissons et nous nous devons tout faire pour les atteindre.

Vous essayez de mettre beaucoup de rythme sur le terrain. Peut-on jouer le maintien et produire du jeu ? Le jeu reste notre identité. On a le groupe et les joueurs pour être performants dans ce secteur. On ira chercher notre objectif par le jeu.

Dans quel secteur l’équipe pèche-t-elle le plus ? Sûrement dans la discipline qui, chaque match, nous coute énormément de points. On se doit de progresser rapidement dans ce secteur à l’avenir pour arrêter de faire des cadeaux aux adversaires.

Tu es un des joueurs les plus expérimentés de l’effectif. Quel est ton rôle au quotidien dans ce groupe ? On est plusieurs à avoir un peu d’expérience, on a un groupe de leaders. Notre but est de transmettre les quelques conseils que l’on peut donner pour en faire profiter le groupe. Nous sommes au service de l’équipe.

Les entraineurs disent que tu es le régulateur des lignes arrière. Cela consiste en quoi ? J’essaie de faire au maximum le lien entre les avants et les trois-quarts. J’essaie aussi de faire respecter les consignes des coachs.

Tu as l’image du bon mec. Est-ce un défaut dans un sport dit de combat ? Je ne sais pas si je suis un bon mec…(sourires). Lorsqu’on rentre sur un terrain de rugby, on devient joueur et compétiteur avant tout, on est là pour gagner.

Agen-va-t-il jouer le challenge européen à fond ? Le club a choisi la politique de donner la chance aux

Lionel Mazars / agen

la politique de donner la chance aux Lionel Mazars / agen INTERVIEW TOP 14 jeunes talents

INTERVIEW TOP 14

donner la chance aux Lionel Mazars / agen INTERVIEW TOP 14 jeunes talents du club. À

jeunes talents du club. À eux de se donner à fond dans cette compétition pour aller le plus loin possible. Je n’ai aucun doute, ils joueront le coup à fond !

Que penses-tu du procès que l’ont fait actuellement au Top 14 ? Je ne me pose pas de questions. De toute façon, ce n’est pas moi qui déciderai.

Tu as prolongé jusqu’en 2018. Tu t’imagines finir ta carrière au SUA ? Oui. Je pense avoir signé l’un de mes derniers contrats professionnels.

Le SUA va-t-il s’accrocher jusqu’à la fin ? Bien sûr ! On ne lâchera rien, et ce, jusqu’aux dernières journées de Top 14. Il va falloir compter sur Agen.

Bien sûr ! On ne lâchera rien, et ce, jusqu’aux dernières journées de Top 14. Il
Bien sûr ! On ne lâchera rien, et ce, jusqu’aux dernières journées de Top 14. Il

galerie de portraits

Un championnat est fait de stars, mais aussi de joueurs de l’ombre. Il y a ceux qui sont en forme, ceux qui cherchent à retrouver leur meilleur niveau. Il y a ceux qui reviennent de blessures, mais aussi ceux qui n’arrivent pas à trouver leurs marques dans leur nouvelle équipe. Un championnat est quelque chose de vivant, qui évolue chaque saison. Nous vous proposons de retrouver dans chaque numéro une galerie de portraits, de découvrir ceux qui nous font aimer le Top 14.

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Par Adrien Corée (avec AS)

Nicky RobiNsoN |
Nicky RobiNsoN
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Galerie de portraits D O S S I E R T O P 1 4

Galerie de portraits

DOSSIER TOP 14

Marvin o’CoNNoR Toby Flood
Marvin o’CoNNoR
Toby Flood
Benjamin Urdapiletta Demi d’ouverture - Castres Sa position lors des tirs au but et son
Benjamin Urdapiletta
Demi d’ouverture - Castres
Sa position lors des tirs au but et son bras en balancier
sont inimitables. Sa réussite face aux perches n’est pas
loin de l’être aussi. Urdapiletta convertit quasiment à
chaque fois les pénalités qui s’offrent à lui. Son leadership
et sa vista lui permettent de s’imposer dans n’importe
quelle équipe comme un chef, par l’exemple, mais aussi
par la parole. Son attirance naturelle pour le jeu au large
reflète son talent et son envie. Blessé, l’ouvreur argentin
manquera malheureusement 3 mois de compétition.
argentin manquera malheureusement 3 mois de compétition. Blair connor Ailier - Bordeaux-Bègless Blair Connor a mis
Blair connor Ailier - Bordeaux-Bègless Blair Connor a mis longtemps à se décider entre l’appel
Blair connor
Ailier - Bordeaux-Bègless
Blair Connor a mis longtemps à se décider
entre l’appel de la vague et l’odeur des
vestiaires. Si l’Australien assouvit toujours
sa passion pour le surf sur les plages
d’Aquitaine, il excelle également au rugby,
son choix du cœur. Un début de saison
fantastique, où ses crochets et ses feintes de
passe font cauchemarder les ailiers adverses.
Sa pointe de vitesse ne passe pas non plus
inaperçue. Le sélectionneur national garde
un œil attentif sur ce joueur passé par les
sélections de jeunes en Australie, mais qui
peut postuler au maillot frappé du coq…
BUrton Francis Demi d’ouverture - Agen Burton Francis est l’une des rares satisfactions de ce
BUrton Francis
Demi d’ouverture - Agen
Burton Francis est l’une des rares
satisfactions de ce début de sai-
son du côté d’Agen. Le Sud-Afri-
cain est en effet un des meilleurs
réalisateurs du Top 14. Si tout
ne fut pas rose pour lui depuis
son arrivée en France en 2013,
l’ouvreur agenais a su faire le dos
rond, travailler, pour enfin retrou-
ver toutes ses sensations et être
régulier dans ses performances.
Francis montre aujourd’hui toute
l’étendue de son talent et régale
son public. S’il continue comme
ça tous les week-ends, les résul-
tats du SUA suivront forcément.

Galerie de portraits

Galerie de portraits D O S S I E R T O P 1 4 camille

DOSSIER TOP 14

Galerie de portraits D O S S I E R T O P 1 4 camille
camille chat Talonneur - Racing 92 En France, le poste de talonneur n’est pas le
camille chat
Talonneur - Racing 92
En France, le poste de talonneur n’est
pas le moins pourvu. Derrière Guilhem
Guirado, Benjamin Kayser ou Dimitri
Szarzewski, le jeune Camille Chat a
pu bénéficier de l’absence du dernier
nommé, retenu avec les Bleus, pour
s’imposer au Racing 92. De sortie en
sortie, le numéro 2 s’est découvert un
talent de puncher inarrêtable qui met à
mal n’importe laquelle des défenses qui
se présentent face aux Franciliens. Au
point de laisser le capitaine Szarzewski
squatter le banc de touche ?
djiBril camara - Arrière - Stade Français Aux côtés de Parisse, Burban ou Dupuy, un
djiBril camara - Arrière - Stade Français
Aux côtés de Parisse, Burban ou Dupuy, un homme
ne fait pas beaucoup parler de lui, un titulaire
pourtant indiscutable dans la quête du Brennus :
Djibril Camara. En délicatesse sous les ordres de
Richard Pool-Jones, l’arrière renaît sous ceux de
Gonzalo Quesada. Décisif et acharné en défense
comme en attaque, Camara brille lorsqu’on le met
en confiance et sait faire preuve d’audace. « C’est
sûr, j’aime bien relancer, prendre des risques ». Et
nous faire plaisir par la même occasion.
david strettle - Ailier - Clermont Non retenu par Stuart Lancaster pour la Coupe du
david strettle - Ailier - Clermont
Non retenu par Stuart Lancaster pour la Coupe
du monde, l’ailier a rejoint Clermont avec l’envie
de s’éclater sur les pelouses de France. Et on
peut dire qu’à 32 ans, il sait se faire plaisir,
accumulant les percées plein champ et les
plongeons dans l’en-but. Son association avec
Abendanon dans le fond du terrain n’a d’ailleurs
pas fini de faire parler d’elle en Auvergne.
Avec un titre en fin de saison, les deux Anglais
auraient droit à une statue place de la Jaude.

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marvin o’connor - Ailier - Montpellier Les cravates, Marvin O’Connor les connaît bien. À Bayonne,
marvin o’connor - Ailier - Montpellier
Les cravates, Marvin O’Connor les connaît bien. À
Bayonne, le néo-Montpelliérain les collectionnait
déjà. Il faut dire que son gabarit (1m75) n’aide pas ses
adversaires qui ne se baissent pas assez vite pour le
plaquer. Les appuis dévastateurs et la vitesse pure de
cet ailier de poche font bien les affaires du MHR. Les
Héraultais savent en effet qu’ils doivent beaucoup à
leur serial marqueur depuis le début saison.
beaucoup à leur serial marqueur depuis le début saison. josUa tUisova - Ailier - Toulon Inarrêtable
josUa tUisova - Ailier - Toulon Inarrêtable ! C’est sans doute le mot qui résume
josUa tUisova - Ailier - Toulon
Inarrêtable ! C’est sans doute le mot qui résume
le mieux cet ailier surpuissant, qui n’est pas sans
rappeler les démonstrations de Jonah Lomu hier
et Julian Savea aujourd’hui. Contrairement à eux,
Josua Tuisova ne porte pas la tunique des All
Blacks, mais celle des Rouges et Noirs du RCT. Pas
de haka donc, mais le Pilou-Pilou pour débuter les
rencontres. Né aux Fidji, l’ailier de 21 ans, à Toulon
depuis 2013, pourrait très vite postuler pour les
Bleus s’il continue à enflammer Mayol de la sorte.
les Bleus s’il continue à enflammer Mayol de la sorte. nicky roBinson Demi d’ouverture - Oyonnax
nicky roBinson Demi d’ouverture - Oyonnax Après Cardiff, Gloucester, les Wasps et Bristol, le Gallois
nicky roBinson
Demi d’ouverture - Oyonnax
Après Cardiff, Gloucester, les
Wasps et Bristol, le Gallois
Robinson a décidé de poser ses
valises à Oyonnax. Sa mission :
succéder à Urdapiletta, véritable
icône dans l’Ain. Pour le moment,
le numéro 10 la remplit de manière
impeccable. Robinson s’impose
en véritable métronome du rugby
et se montre très inspiré face aux
perches. Il permet surtout au club
de ne pas sombrer malgré des
prestations collectives décevantes.
À Nicky Robinson de prendre les
choses en main.

Galerie de portraits

Galerie de portraits D O S S I E R T O P 1 4 paUl

DOSSIER TOP 14

paUl jedrasiak Deuxième ligne - Clermont Pendant que la France peine en Coupe du monde,
paUl jedrasiak
Deuxième ligne - Clermont
Pendant que la France peine en Coupe du
monde, de nouvelles têtes sortent sur les
terrains du Top 14. Si on avait furtivement
vu sa carrure en fin de saison dernière,
Paul Jedrasiak explose réellement en ce
début de saison. Dans un style proche
de Brodie Rettalick et Sam Whitelock,
Jedrasiak montre d’énormes capacités du
haut de ses 22 ans. Alors que son contrat
portait encore sur deux saisons, Paul
Jedrasiak a étendu son bail à Clermont,
s’engageant pour deux saisons supplé-
mentaires. S’il garde ce niveau, le chemin
vers le XV de France lui est tout tracé.
niveau, le chemin vers le XV de France lui est tout tracé. toBy Flood - Centre
toBy Flood - Centre - Toulouse Doublé en sélection par les jeunes Ford et Farrell,
toBy Flood - Centre - Toulouse
Doublé en sélection par les jeunes Ford et Farrell,
l’ouvreur des Tigers de Leicester a fait le choix de
tenter l’aventure du Top 14. « J’ai toujours voulu jouer
dans un autre pays. » Aujourd’hui, Toby Flood ne
regrette rien. Au cœur d’une ligne d’attaque créative,
son association avec Luke McAlister fait des ravages.
Sa polyvalence 10-12 laisse, elle, souvent place
au doute dans les esprits adverses, ses qualités de
buteur faisant le reste. Le classement actuel du Stade
Toulousain n’est pas étranger aux performances de son
métronome anglais.
pas étranger aux performances de son métronome anglais. petrUs haUman - Troisième ligne – Brive Son
petrUs haUman - Troisième ligne – Brive Son nom n’est pas le plus ronflant du
petrUs haUman - Troisième ligne – Brive
Son nom n’est pas le plus ronflant du
championnat, mais ce joueur est essentiel au
pack briviste. Arrivé en France en 2007 à Aurillac,
le Sud-Africain rejoint Brive en 2011. Il participe
grandement à la remontée du club en première
division en 2013 et fait figure de titulaire
indiscutable aujourd’hui au sein de la troisième
ligne du CAB. Intraitable sous les ballons hauts,
le flanker, reconnu comme un pénible, s’inscrit
plus dans un rôle de numéro 8, contrairement à
ce que le 6 dans son dos peut laisser faire croire.
Un atout majeur dans le jeu briviste.

Le rugby doit-iL

Une expérimentation est en cours dans le championnat gallois afin de favoriser la continuité du jeu. La principale mesure : un changement de barème pour faire évoluer les mentalités et assurer le spectacle. Explications

Par Quentin Thomas

L e constat est implacable. Dans l’hémisphère nord, le jeu est bridé par l’enjeu. Et c’est particulièrement le cas en France. En témoigne la dernière finale du Top 14 opposant le Stade-

Français à Clermont, le 13 juin dernier. À l’heure où l’argent est roi, et le rugby devenu spectacle, les amateurs de grandes envolées restent souvent sur leur faim. Ce n’est pas faute de réformes. Mêlées, touches, instauration de bonus offensifs et défensifs, depuis une dizaine d’années, les règles ont évolué dans le but d’accroitre le temps de jeu effectif. Pourtant, rien n’y fait. Les défenses prennent trop souvent le pas sur l’attaque et le jeu stéréotypé en sort grand vainqueur. Et si le Pays de Galles avait trouvé la solution ? Pour tenter de faire évoluer les mentalités, la Welsh Rugby Union a décidé, sous l’égide de la Fédération internationale (World Rugby) d’expérimenter une série de mesures radicales dans le championnat national nommé “Principality Premiership” qui exclut les quatre provinces galloises qui évoluent en “Celtic League” (Newport Dragons, Ospreys, Cardiff Blues et Scarlets).

En FrancE dès 2017 ?

La principale nouveauté concerne le barème de points. L’essai passe de cinq à six points alors que les pénalités et les drops n’en valent désormais plus que deux, comme les transformations. Autre nouveauté, lorsque l’arbitre siffle un essai de pénalité, celui-ci est automatiquement crédité de huit points, sans avoir à taper la transformation. Les mêlées simulées doivent se jouer obligatoirement

Les mêlées simulées doivent se jouer obligatoirement 70 | 70 | à huit contre huit. Enfin,

70 |

70 |

à huit contre huit. Enfin, au terme des 80 minutes,

l’arbitre ne siffle que si quelqu’un marque ou que le ballon sort des limites du terrain. En cas d’en-avant, le match se poursuit. Vous l’aurez compris, l’ambition

est de faire la part belle au jeu en incitant les équipes

à privilégier les essais pour s’imposer. Quatre pénalités

sont nécessaires pour arriver à hauteur d’un essai transformé (8 points). Avec l’ancien système, seules trois suffisaient à engranger plus de points qu’un essai. Les premiers résultats s’avèrent d’ailleurs prometteurs. En seulement 10 journées, le leader Pontypridd a déjà inscrit 48 essais pour 26 encaissés. À titre de comparaison, Toulon, meilleure attaque du championnat de France, a marqué 31 essais pour 26 encaissés, en huit journées. L’expérimentation est suivie de très près par World Rugby. L’organisme a décidé d’instaurer un groupe d’étude qui aura comme objectif d’aller sonder les différents acteurs du monde du rugby (joueurs, entraîneurs, arbitres, médias) en 2016. Cette commission lui conseillera d’appliquer ou non ces modifications. Si la réponse est positive, une nouvelle expérimentation, cette fois à l’échelle planétaire, pourrait débuter en 2017, pour une mise en application définitive en 2018.

Le changement, c’est (pas) maintenant

La possible application de telles mesures dans le championnat fait réagir les acteurs du Top 14. Gaétan Germain, l’un des meilleurs réalisateurs, se dit favorable. « Ça permettrait de faire plus de jeu et de prendre plus de plaisir. Tout le monde y trouverait son

se dit favorable. « Ça permettrait de faire plus de jeu et de prendre plus de

Refonte du Rugby

Refonte du Rugby enquête se réinventer ?

enquête

se réinventer ?

Refonte du Rugby enquête se réinventer ? compte » . Mais le Briviste reste pessimiste quant

compte ». Mais le Briviste reste pessimiste quant à l’arrivée de ces changements dans l’Hexagone. « Dans l’hémisphère sud, ils savent que le salut passe par le jeu, c’est ancré en eux. Ici, on s’enferme dans un registre. Beaucoup d’entraîneurs préfèrent ne pas prendre de risque. Ils demandent de ne pas jouer dans son camp, de bien sortir et d’avoir une bonne défense, plutôt que de créer et prendre le risque de se faire contrer. Je trouve cela frustrant. Mais ça va être dur de faire changer les mentalités et de mettre ça en place », insiste-t-il. Stéphane Glas, ancien trois-quarts centre international et aujourd’hui entraîneur d’Oyonnax

international et aujourd’hui entraîneur d’Oyonnax ne voit que très peu d’intérêt à ces modifications :

ne voit que très peu d’intérêt à ces modifications : « Quand j’étais gamin, l’essai était à quatre points -jusqu’en 1992- la pénalité à trois. C’est vrai que ça ne faisait pas beaucoup de différences entre les deux. Mais maintenant, avec le bonus offensif, je trouve que notre formule est bonne. Je ne suis pas sûr que de passer l’essai 6 points et la pénalité à deux ça change grand-chose. Après je suis peut-être de la vieille école », sourit le technicien. « Je me régale à voir des matchs où ça joue beaucoup, mais j’aime aussi voir des matchs difficiles, où la tension est palpable, car l’enjeu important, même s’il y a moins de jeu. » Le débat ne fait que commencer

est palpable, car l’enjeu important, même s’il y a moins de jeu. » Le débat ne
est palpable, car l’enjeu important, même s’il y a moins de jeu. » Le débat ne

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portfolio top 14 La RocheLLe / agen (23-6) Les Rochelais tentent de s’échapper des griffes

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La RocheLLe / agen (23-6) Les Rochelais tentent de s’échapper des griffes agenaises

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Guy Novès

Guy Novès INTERVIEW FRANCE G u y Novès « Je vais essayer de m’accrocher à mes

INTERVIEW FRANCE

Guy

Novès

« Je vais essayer de m’accrocher à mes convictions »

À peine arrivé à la tête du XV de France, Guy Novès n’a pas tardé à dicter ses premières volontés. Pour lui, l’important est de donner de la fierté et du plaisir à travers un jeu spectaculaire. Il attend pour cela un engagement sans faille de ses « élus ».

Propos recueillis par Quentin Thomas

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Guy Novès

Guy Novès INTERVIEW FRANCE Vous avez pris vos fonctions le 1 e r novembre dernier. Comment

INTERVIEW FRANCE

Guy Novès INTERVIEW FRANCE Vous avez pris vos fonctions le 1 e r novembre dernier. Comment

Vous avez pris vos fonctions le 1 er novembre dernier. Comment se sont passés vos premiers jours de sélectionneur ? Mon emploi du temps est très chargé entre le travail et les réunions à Marcoussis et les nombreuses sollicitations des médias. Avec le staff, nous avons pris nos repères dans nos bureaux, même si je connaissais déjà les lieux pour y être venu lorsque l’équipe de France était à l’extérieur. Nous avons rencontré l’ensemble des personnes qui vont œuvrer à nos côtés. Il était important de se régler afin de pouvoir travailler efficacement sur la mise en place du calendrier et du plan de jeu.

Vous vous êtes notamment entretenu avec le DTN, Didier Retière Nous avons eu un échange de deux heures. Je tenais à le rencontrer pour partager nos points de vue et valider ensemble notre idée de l’avenir du rugby en France, même si ma mission principale reste de tout faire pour que l’équipe de France réponde aux attentes des uns et des autres. Sans être sûr de rien, ni avoir de baguette magique, je vais m’engager pleinement aux côtés de Yannick Bru et Jeff Dubois.

Vous êtes-vous fixé des objectifs précis à atteindre ? Ce qui me plairait avant tout, c’est de voir les Français éprouver un sentiment d’appartenance et de fierté à chaque fois que l’équipe nationale joue, comme c’est le cas dans d’autres sports comme le volley ou le hand. Si après un match, un enfant a envie de prendre un ballon pour galoper dans un pré et pour réaliser ce qu’il a vu à la télévision, c’est que j’aurai atteint une de mes cibles.

Comment comptez-vous faire rêver le public français ? Faire rêver, c’est peut-être ambitieux. Pour moi, tout passe par le spectacle. Le public paye pour ça. C’est comme pour un film. On peut se régaler même si le héros meurt à la fin. À l’inverse, si on s’emmerde, mais qu’à la fin, le héros est en vie, on n’a plus envie d’aller au cinéma. C’est comme ça que je vois les choses. Pour moi, le contenu sera déterminant.

« Les sélectionnés seront des élus, avec une mission et un comportement à adopter. »

Vous êtes donc prêt à sacrifier le résultat au profit de la performance globale ? Ceux qui me connaissent savent qu’avec moi, on rentre sur un terrain pour gagner. Mais tout ne peut pas se mettre en place en trois jours. Je vais essayer de m’accrocher sur le contenu des matchs au risque d’être un peu moins performant au début. Cela ne veut pas dire au risque de perdre, car on essayera toujours de gagner. Est-ce qu’on est capable de battre l’Irlande, le pays de Galles, l’Angleterre, l’Écosse ou l’Italie ? Je n’en sais rien. Au risque de donner l’impression de perdre du temps, je vais essayer de m’accrocher à mes convictions. Seule une équipe a gagné la Coupe du Monde, la Nouvelle-Zélande. L’Argentine, qui a produit un jeu fantastique, a fini 4 , alors qu’il lui est déjà arrivé de finir troisième. On pourrait dire qu’ils ont régressé alors qu’on affirme tous l’inverse. Le Japon est présenté comme une équipe fantastique parce qu’ils ont battu

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78 | l’Afrique du Sud, mais ils ont aussi pris 40 points contre l’Écosse. On

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78 | l’Afrique du Sud, mais ils ont aussi pris 40 points contre l’Écosse. On peut

l’Afrique du Sud, mais ils ont aussi pris 40 points contre l’Écosse. On peut faire dire tout ce qu’on veut à qui on veut. Nous, on va essayer de gagner des matchs et faire du mieux possible. Après, je ne suis pas un fakir.

À l’instar des équipes qui ont brillé pendant la Coupe du monde, vous souhaitez donc mettre en place un jeu plus axé sur le mouvement, qui ne se limite plus au physique ? Quand la mêlée néo-zélandaise emporte la mêlée australienne, il y a une grande part de physique. Même chose lorsque Savea emporte tout sur son passage. Les joueurs physiques doivent néanmoins être capables de répondre à un jeu de mouvement. Les rugbymen sont désormais des athlètes de haut niveau et plus des mastodontes dangereux sur deux mètres carrés. Ils sont capables de courir longtemps, souvent et vite. Mais on peut se préparer physiquement sans pour autant oublier le ballon. Ça veut dire aussi qu’il faut tenter des choses. Si un joueur ne tente jamais, il ne sait pas s’il est capable de le faire. La règle étant faite pour favoriser le déplacement, il faut s’en imprégner et l’adopter.

Pensez-vous que le rugby français a le réservoir de joueurs pour pratiquer un jeu plus ambitieux ? Que je le pense ou non, ce n’est pas le débat. Vous ne

? Que je le pense ou non, ce n’est pas le débat. Vous ne pouvez pas

pouvez pas faire passer des messages à des joueurs si vous ne croyez pas en eux. Et je crois en un certain nombre de joueurs. Pour moi, les sélectionnés seront des élus, avec une mission et un comportement à adopter. Est-ce qu’ils en auront les moyens physiques ou techniques ? On verra. Maintenant, quand on représente une nation, la moindre des choses est de mourir pour elle. Si on n’en est pas capable, il vaut mieux rester chez soi. Les joueurs doivent tout faire, non pas pour se faire plaisir, mais pour donner du plaisir.

Vous parlez d’élus, le terme est fort C’est volontaire, cela correspond à ce que je ressens et je pense. On n’est pas en sélection pour se promener, mettre le maillot de l’équipe de France et repartir en étant heureux d’avoir été choisi. Un élu représente un peuple. Il faut que les internationaux soient dignes. À partir du moment où un joueur choisit d’accepter sa sélection, il se doit de tout donner.

Au niveau de leur mentalité et du jeu proposé, les Argentins ont peut-être montré la marche à suivre pendant le Mondial ? Ils sont ceux que j’admire le plus rugbystiquement, mais ils ne m’ont rien montré du tout. Leur comportement en équipe nationale me paraît normal.

Guy Novès

Guy Novès INTERVIEW FRANCE « Si les mecs ne sont pas responsables, ils dégagent. » Je

INTERVIEW FRANCE

Guy Novès INTERVIEW FRANCE « Si les mecs ne sont pas responsables, ils dégagent. » Je

« Si les mecs ne sont pas responsables, ils dégagent. »

Je voudrais que la génération qui arrive en prenne conscience. C’est avant tout une histoire d’éducation. On ne fait plus de morale à l’école, je trouve cela un peu désolant. Pour montrer l’exemple à notre jeunesse, il faut montrer que lorsqu’on porte le maillot d’une l’équipe dans un sport de combat collectif, on doit avoir l’attitude guerrière des militaires au combat.

Vous attendez donc que les joueurs se responsabilisent ? Ils jouent un sport passion, ils ont la chance de ne pas avoir les mains dans le cambouis, d’être à l’usine ou de mettre leur vie en danger. Si les mecs ne sont pas responsables, ils dégagent. Ils représentent des gens qui rêvent d’eux et qui payent pour venir les voir. S’ils ne sont pas conscients qu’il faut se responsabiliser, c’est qu’effectivement la société française a perdu toutes ses valeurs. Quand j’entends que celles du rugby sont mises en exemple, je crois c’est à eux de le montrer en premier.

Votre premier souhait est de pouvoir bénéficier des internationaux deux jours de plus, courant janvier,

pour préparer le tournoi des six nations Oui, j’aimerais les avoir deux lundis supplémentaires. Par expérience, je sais que ce jour est consacré à la récupération. Je m’engage à ce que les joueurs ne soient pas sur le terrain et que la journée soit simplement rythmée par des discussions. L’effort serait minime pour les clubs. Cela me permettrait de gagner du temps et de leur présenter le système de jeu et ma façon de voir les choses.

Serge Blanco sera-t-il présent à vos côtés ? Il n’est pas prévu qu’il ait le même rôle qu’avec Philippe Saint-André, mais je travaille avec lui autour du comité de suivi. Il continuera d’assurer sa mission de responsable. En discutant tous les deux, on décidera des joueurs à suivre. Les informations lui remonteront par l’intermédiaire de Jean-Michel Rancoule entre autres et il me les fera passer.

Quel est votre avis sur les contrats fédéraux et le conflit qui oppose la Ligue Nationale de Rugby et la Fédération ? Chacun doit rester à sa place. Ce n’est pas mon rôle de parler de politique. Aujourd’hui, je peux assurer que la Fédération Française de Rugby a vraiment l’intention de faire évoluer les choses. Et j’essayerai d’apporter ma pierre à l’édifice.

a vraiment l’intention de faire évoluer les choses. Et j’essayerai d’apporter ma pierre à l’édifice. |

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Peuplé de stars internationales du jeu, le Top 14 est accusé de tuer le rugby français en ne faisant pas jouer les jeunes prometteurs de l’Hexagone. Pourtant, de nombreux joueurs français se montrent tous les week-ends sur les terrains. Le poste de demi de mêlée dispose même d’un impressionnant vivier de talents « bien de chez nous ». Revue d’effectif.

Par Adrien Corée (avec Arnaud Sebin)

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demis de mêlées

demis de mêlées DOSSIER Décalé Baptiste serin - Club : Bordeaux-Bègles Âge : 21 ans -

DOSSIER Décalé

Baptiste serin - Club : Bordeaux-Bègles Âge : 21 ans - Gabarit : 1m80, 76kg

Il est en train de se révéler au grand public. Considéré comme la belle trouvaille de l’année, Batiste Serin promène sa crinière blonde et sa petite moustache sur les terrains de Top 14. Sereinement, tranquillement comme sûr de son jeu. Si Raphaël Ibanez, son manager à l’UBB, dit sobrement de lui « qu’il est sur la bonne voie, qu’il a de la qualité dans son jeu, de la clairvoyance et aussi, cet instinct de compétiteur », force est de constater que le joueur progresse à une vitesse folle. Polyvalent, il peut couvrir également le poste d’ouvreur et distiller ses longues passes vers sa ligne de trois quarts ou occuper le terrain par son jeu au pied précis. Peut- être encore trop jeune et inexpérimenté pour les Bleus, il donne toutefois de belles promesses pour l’avenir.

MorGan parra Club : Clermont Âge : 26 ans Gabarit : 1m80, 86kg Il gardera
MorGan parra
Club : Clermont
Âge : 26 ans
Gabarit : 1m80, 86kg
Il gardera certainement gravée
la cicatrice du 62-13 encore
longtemps. Une de plus après
la finale amèrement perdue de
2011 ou celles avec Clermont.
S’il n’est pas très chanceux,
Morgan Parra reste un meneur
d’hommes reconnu et admiré
partout en France. Son contrat
avec l’ASM expire en juin prochain
et de nombreux clubs sont déjà
sur le dossier. Propulsé titulaire
des Bleus à tout juste 19 ans, il
cumule déjà plus de 60 sélections
à un âge où il peut encore espérer
beaucoup des Bleus. Parra est fait
du même bois que ses prestigieux
aînés, les Fourroux, Gallion,
Berbizier, les Galthié, Yachvili,
Elissalde… Son aura auprès de
ses coéquipiers n’est plus à
démontrer. Si son niveau de jeu se
bonifie avec les années, le maillot
frappé du coq lui sera réservé.
Avec le brassard de capitaine ?
Jonathan pélissié Club : toulon Âge : 27 ans Gabarit : 1m79, 80kg Son histoire
Jonathan pélissié
Club : toulon
Âge : 27 ans
Gabarit : 1m79, 80kg
Son histoire avec les Bleus est
pour le moment plutôt courte. Une
titularisation contre les Tonga en
novembre 2013 pour une victoire
pas très convaincante (38-18), puis
plus rien. Jugé Jonathan Pélissié
sur ce seul match serait d’ailleurs
une erreur. Après ses débuts à
Brive, son explosion à Grenoble,
sa confirmation à Montpellier, le
demi de mêlée évolue maintenant
à Toulon avec la nette intention de
cumuler les minutes et marquer
les esprits. Sous les ordres de
Bernard Laporte, Pélissié veut
s’imposer dans un effectif ultra
riche et talentueux. L’expérience
qu’il va acquérir auprès des Giteau,
Mitchell, Nonu, Fernandez Lobbe lui
sera d’une grande utilité pour revêtir
le maillot tricolore. S’il continue à
marquer ses essais fantastiques et
qu’il perfectionne sa précision au
pied, on ne voit pas comment Guy
Novès pourrait se passer de lui.

demis de mêlées

demis de mêlées DOSSIER Décalé séBastien Bézy - Club : toulouse Âge : 23 ans -

DOSSIER Décalé

séBastien Bézy - Club : toulouse Âge : 23 ans - Gabarit : 1m74, 72kg
séBastien Bézy - Club : toulouse
Âge : 23 ans - Gabarit : 1m74, 72kg
Il fait partie de la liste des jeunes joueurs prometteurs que l’opinion publique appelle à servir la patrie en
danger aux côtés des Paul Jedrasiak, Yacouba Camara ou encore Jules Plisson. Buteur fiable et surtout
adepte de la relance et du jeu de passe, le demi de mêlée toulousain éclate au grand jour avec des presta-
tions dignes des plus grands. Adopté par le public d’Ernest-Wallon, Sébastien Bézy remporte peu à peu l’ad-
hésion de tous les acteurs du rugby français. Il accumule les matchs, gagne en expérience et en confiance,
devenant l’un des favoris au maillot neuf pour le prochain Tournoi. Maintenant, il n’y a plus qu’à franchir le
cap international. Guy Novès connaît déjà son numéro…
rory KoCKott Club : Castres Âge : 29 ans - Gabarit : 1m80, 92kg Il
rory KoCKott
Club : Castres
Âge : 29 ans -
Gabarit : 1m80, 92kg
Il fut de l’aventure malheureuse
des Bleus en Coupe du monde.
Troisième choix dans la
hiérarchie des demis, il n’a eu
que trop peu d’occasions de se
mettre en évidence. Avec son
style atypique, fait de puissance
de percussion et de prise de
risque, Kockott peut apporter
une touche d’hémisphère
Sud dans un jeu français qui
ne demande qu’à trouver un
nouveau souffle. Conscient que
tout passe par ses prestations
en club, Rory se replonge
pleinement dans le Top 14.
Castres a besoin de lui et vice-
versa. Un joueur néanmoins
intéressant pour Guy Novès, qui
n’a pas 10 000 solutions de ce
type dans le championnat.
yann lesGourGues Club : Bordeaux-Bègles Âge : 24 ans Garabit : 1m75, 77kg Il a
yann lesGourGues
Club : Bordeaux-Bègles
Âge : 24 ans
Garabit : 1m75, 77kg
Il a séduit Chaban-Delmas avant même
de porter les damiers de l’UBB. C’était le
3 mai 2014 à l’occasion de la dernière
journée du Top 14. Condamné à la
relégation avant la rencontre, le Biarritz
Olympique sombre une nouvelle fois,
encaissant huit essais des Girondins.
Ce jour-là, seul un Basque survole les
débats, il porte le numéro 9 et s’appelle
Yann Lesgourgues. Depuis, le natif
de Bayonne fait les beaux jours de
Bordeaux-Bègles, démontrant une
ingéniosité débordante quand il s’agit
de mener le jeu, prouvant qu’à 24 ans, il
connaît déjà bien les ficelles du métier.
En plus de ses qualités intrinsèques de
demi de mêlée, il dispose d’une vitesse
digne d’un ailier. Il n’est d’ailleurs pas
rare de le voir plonger dans l’en-but
au terme de belles envolées. Il ne lui
reste finalement qu’à capitaliser de la
confiance et à s’installer durablement
chez les titulaires de l’UBB pour espérer
postuler chez les Bleus.

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demis de mêlées DOSSIER Décalé MaxiMe MaChenaud - Club : racing Âge : 26 ans -

DOSSIER Décalé

MaxiMe MaChenaud - Club : racing Âge : 26 ans - Gabarit : 1m74, 80kg
MaxiMe MaChenaud - Club : racing
Âge : 26 ans - Gabarit : 1m74, 80kg
Absent du Mondial en Angleterre, Machenaud a tourné la page pour se concentrer sur son club et son nou-
veau statut de capitaine. Un rôle qu’il prend très à cœur et qui lui réussit plutôt bien en ce début de saison.
Sa précision aux tirs au but et sa vista lui donnent une nouvelle dimension. Avec ou sans lui, le Racing
n’est plus la même équipe. Sa présence rassure, ses prestations confortent ses entraîneurs dans leur choix,
comme en fin de saison dernière où il a littéralement surnagé, inscrivant des essais à la chaîne. On attend
avec impatience son association avec Dan Carter, qui ne peut que lui apporter du positif. Le fiasco des Bleus
lors de la Coupe du monde pourrait lui être favorable. Comme quoi, les absents n’ont pas toujours tort.
Jean-MarC doussain Club : toulouse Âge : 24 ans Gabarit : 1m74, 92kg Jean-Marc Doussain
Jean-MarC doussain
Club : toulouse
Âge : 24 ans
Gabarit : 1m74, 92kg
Jean-Marc Doussain détient,
pour un moment encore, un
record peu banal : une première
sélection (cinq minutes) en
finale de Coupe du monde. Le
sélectionneur d’alors, Marc
Lièvremont, déclarait à l’époque :
« Je rêvais que le gamin entre
et nous fasse gagner ». Il n’en
sera rien… Pour Doussain, tout
ceci ne fait que commencer.
Épanoui au Stade Toulousain,
il tarde cependant à s’affirmer
comme le demi de demain,
voyant même un certain Bezy lui
passer devant. Avec ses qualités
de buteur et de défenseur hors
pair, il peut toutefois croire en
un avenir radieux en équipe
de France. Souvent balloté
entre l’ouverture et la mêlée,
il doit faire attention à ne pas
être touché par le syndrome
Michalak, polyvalent, mais
jamais vraiment titulaire.
yteddy iriBaren - Club : Brive - Âge : 25 ans - Gabarit : 1m72,
yteddy iriBaren - Club : Brive - Âge : 25 ans - Gabarit : 1m72, 67kg
Teddy Iribaren fait partie de ces joueurs comme on n’en fait plus. Poids plume du championnat, son physique n’est pas sans rappeler
celui de Pierre Mignoni. Son jeu aussi d’ailleurs. Adepte de pénalités jouées rapidement, Iribaren aime semer la pagaille dans la défense
adverse et faire avancer son équipe par la ruse plutôt que par la force. À la tête d’un pack surpuissant et intimidant pour les équipes
adverses, Iribaren s’impose comme le « Petit Caporal » du CAB. Son physique modeste ne l’empêche pas d’enflammer le stadium,
preuve que le Wattbike ne suffit pas toujours.

demis de mêlées

demis de mêlées DOSSIER Décalé Benoît paillauGue - Club : Montpellier Âge : 27 ans -

DOSSIER Décalé

Benoît paillauGue - Club : Montpellier Âge : 27 ans - Gabarit : 1m72, 74kg
Benoît paillauGue - Club : Montpellier
Âge : 27 ans - Gabarit : 1m72, 74kg
Aussi étonnant que cela puisse paraître, Benoît Paillaugue n’a jamais eu sa chance avec le XV de France.
Cela fait pourtant un moment qu’il démontre tout son potentiel sur les pelouses du Top 14 sous les couleurs
de Montpellier. Sa précision chirurgicale dans les tirs au but et son flair de filou lui permettent de gagner le
respect de ses coéquipiers, mais aussi la reconnaissance de ses pairs. Chahuté par la concurrence de Julien
Tomas, Jonathan Pélissié et Teddy Iribaren ces dernières années (tous partis depuis), Benoît Paillaugue doit
composer cette saison avec l’arrivée du numéro 9 australien Nic White, en provenance des Brumbies. Un
nouveau challenge à la hauteur des possibilités du joueur.

Sébastien

TiLLous-BoRde

Après une Coupe du monde ratée avec les Bleus, Sébastien Tillous Borde doit se reconcentrer sur le Top 14 pour rester le numéro 1 à son poste. Si a force et sa présence physique autour des rucks ne sont plus à démontrer, il doit prouver à Guy Novès qu’il reste le patron du championnat à son poste.

séBastien tillous-Borde - Club : toulon Âge : 30 ans - Gabarit : 1m76, 88kg
séBastien tillous-Borde - Club : toulon
Âge : 30 ans - Gabarit : 1m76, 88kg

Que penses-tu du jeu pratiqué par l’équipe actuellement ? Je pense qu’on pratique un beau jeu tourné vers l’offensive. On essaie de s’améliorer chaque week- end et d’augmenter notre niveau. Il faut continuer à progresser.

Le championnat te semble-t-il plus relevé que les autres années ? Sincèrement, je n’ai pas encore joué assez de matchs par me faire un avis. Je ferai un bilan dans quelque temps.

Que penses-tu de l’arrivée de nombreux joueurs de l’hémisphère Sud cette saison ? C’est une bonne chose de voir des joueurs comme Maha Nonu ou Durane Vermeulen venir en Top 14. Cela amène du beau jeu, de l’expérience. Cela ne doit pas être pour autant un handicap pour les jeunes joueurs qui commencent et qui ont besoin de temps de jeu.

Toulon peut-il réussir la passe de quatre en Coupe d’Europe ? Cela va être très compliqué, on est dans une poule très relevée avec Bath, les Wasps et le Leinster. Elles peuvent toutes les 3 prétendre au titre. Si on arrive à sortir de la poule, cela pourra être réalisable. Être 4 fois d’affilée Champion d’Europe, ça n’a jamais été fait. Si ça se présente, j’espère qu’on le fera.

Quelle équipe crains-tu le plus dans votre poule ? Comme je le disais, les 3 sont très difficiles à jouer, elles se sont arrêtées au même niveau l’année dernière. Chaque match va être très important. SI je dois en choisir une, Bath joue très bien, elle est très bien organisée.

Le départ programmé de Bernard Laporte perturbe-t-il le groupe ? Non pas du tout, il est encore avec nous jusqu’à la fin de saison, on ne l’a pas trop évoqué.

On dit de toi que tu es un travailleur acharné, extrêmement pointilleux. Comment cela se traduit-il au quotidien ? C’est vrai que je travaille beaucoup, j’essaie d’être sérieux, d’avoir une bonne hygiène de vie, de travailler en qualité et pas seulement en quantité. Concrètement, après les entrainements, je reste sur le terrain pour faire du jeu au pied, des passes. Physiquement, je me rajoute quelques séances de course, de vitesse et j’essaie d’être précis pour ne pas trop me fatiguer.

demis de mêlées

précis pour ne pas trop me fatiguer. demis de mêlées INTERVIEW Tu as prolongé ton contrat

INTERVIEW

Tu as prolongé ton contrat avec Toulon jusqu’en 2018. Penses tu continuer à jouer au-delà ? Je ne sais pas encore, cela sera mon corps et ma tête qui dicteront cela. Pour l’instant, je me sens comme un jeune de 20 ans. L’après rugby est proche, mais

aussi tellement loin

possible et après on verra.

Je vais essayer de jouer le mieux

Tu dis souvent être à l’écoute de ton corps. Que fais-tu pour l’entretenir ? Si je constate que je suis fatigué, je travaille un peu moins. J’essaie de récupérer plus, de dormir plus, de me reposer entre les entrainements pour revenir en forme. Quand je suis fatigué, il m’arrive d’aller à la mer pour tremper mes jambes dans l’eau froide. Je fais aussi de temps en temps au club des séances de cryothérapie, de la presso thérapie, des soins de massage…

Tu fais très attention à ton alimentation. À quoi ressemblent les repas d’une journée type de ton quotidien ? La nutrition est quelque chose qui me passionne donc je respecte cela avec rigueur : bien dormir, bien manger, bien s’entrainer sont les 3 choses essentielles pour être performant. Le matin, je me fais un shaker avec des bananes, de la glace, 30gr de protéines 100% Pure Isolate Eric Favre, un peu de flocons d’avoine, des flocons de riz, de sarrasin, des noix, des amandes et des noisettes, des baies de goji, de cranberry (canneberge), des graines de courge, du miel avec du lait d’amande. Je prends aussi quelques suppléments comme l’Ester C, complexe Vitamines&Minéraux… Je pars ensuite au stade. Je m’entraine, puis après je prends mon complexe Myoprogen avec des acides aminés, de la maltodextrine, des anti-oxydants, des sels minéraux… pour bien récupérer au niveau musculaire et énergétique. Le midi, un peu de viande blanche ou poisson avec un féculent (riz, boulgour, quinoa, millet) et un légume. L’après midi, après l’entrainement, je prends une collation protéinée (100% Pure Isolate de Eric Favre) avec une banane. Le soir, surtout l’hiver, je mange une soupe de légumes bios préparée par ma femme, avec un peu de féculents, de la viande, du poisson ou des œufs. J’essaie de varier. Je prends aussi des Omega 3 (Ocean Krill) au repas du soir, avec du Tri magnésium, Supra Q10 (anti-oxydants), Quand c’est une période de préparation physique intense, il m’arrive de prendre une compote ou des dattes avant de me coucher avec un peu de protéine (Tri Pro 95 de Eric Favre), quand j’ai beaucoup d’écart entre le repas du soir et le moment où je vais me coucher.

Pro 95 de Eric Favre), quand j’ai beaucoup d’écart entre le repas du soir et le

Fabien

Galthié

De ses débuts à Colomiers jusqu’à cette nuit pluvieuse de Sydney, retour sur la carrière mouvementée de l’enfant de Cahors, entre d’incessants va-et-vient en sélection et un exil de six mois en Afrique du Sud.

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Par Adrien Corée

La carrière rocambolesque de Fabien Galthié commence réellement en 1989, lors d’un match de sélection régionale entre l’équipe Midi-Pyrénées et celle de côte Basque. Aux côtés du demi de mêlée, il y a des joueurs comme Denis Charvet, Eric Bonneval, Emile Ntamack ou Jean-Luc Sadourny. « Que du beau monde ! Mais en face, c’est du très lourd ! Il y a Serge Blanco, Pascal Ondarts, Patrice Lagisquet, Jean Condom. La colonne vertébrale de l’équipe de France. » Galthié et les siens l’emportent finalement devant les caméras de télévision. Du haut de ses 20 ans, le jeune Columérin se fait remarquer. « D’un seul coup, avec cette victoire, on nous voit, on me voit ! » Commence

alors une ère internationale qui s’étirera sur douze ans. En 1990, Jacques Fouroux l’appelle pour effectuer un stage de préparation. Finalement non retenu, Galthié prend son mal en patience. Un an exactement, avant d’être sélectionné pour un test-match en Roumanie en juin 1991 par le nouveau sélectionneur, Daniel Dubroca. Un match compliqué pour les Bleus, dans une ambiance hostile, quelques mois après la chute du régime communiste de Ceausescu. La France s’impose, Galthié réussit lui ses débuts sous le maillot tricolore. Une aventure sous le maillot bleu qui le mène à disputer quatre Coupes du Monde, ce qu’aucun autre joueur français n’a accompli. Il y a tout d’abord

1991 et le traquenard anglais en quart

de finale qui l’écarte quelques mois plus tard de la sélection : « A ce moment-là, je comprends que l’équipe de France est une

chose rare et très précieuse. » Vient ensuite

1995 et le Mondial sud-africain qui lui

passe sous le nez (Galthié joue pour la Western Province et n’est plus dans les papiers du sélectionneur), avant d’être rappelé par le staff en pleine compétition pour pallier les nombreuses blessures. Les quatre années menant au Mondial 1999 en

France et au Pays de Galles ressemblent aux précédentes, les blessures en plus :

« Je fais quatre mois avant de me blesser à la cheville. Je reprends la compétition et six mois plus tard, c’est le genou qui cède. » Ironie du sort, c’est grâce à une blessure, celle de Pierre Mignoni, qu’il réintègre le groupe France pendant la Coupe du Monde 1999. Le succès face à l’Argentine et surtout, le récital contre les Blacks, le placent dans la peau d’un titulaire indiscutable.

Fabien Galthié hall of fame Le nouveau sélectionneur, Bernard Laporte, lui entraîneur du Stade Français

Fabien Galthié

Fabien Galthié hall of fame Le nouveau sélectionneur, Bernard Laporte, lui entraîneur du Stade Français de

hall of fame

Fabien Galthié hall of fame Le nouveau sélectionneur, Bernard Laporte, lui entraîneur du Stade Français de

Le nouveau sélectionneur, Bernard Laporte, lui

entraîneur du Stade Français de 2004 à 2008, avec

confie le capitanat. Sans grande concurrence, Fabien

un

titre à la clé. Le stratège qu’il est conseille ensuite

Galthié donne la pleine mesure de son talent, que ce soit sous la tunique bleue ou celle du Stade Français

l’équipe d’Argentine avant de prendre en main Montpellier, équipe avec laquelle il joue une finale de

qu’il a rejoint pour assouvir sa faim de titres. Un Grand

Top 14 dès la première année. L’idylle montpelliéraine

Chelem en 2002, une reconnaissance mondiale avec

se

poursuit sans encombre jusqu’à la saison 2014-

un titre de meilleur joueur du monde la même année

2015 où le technicien est remercié après une série de

et un premier titre de champion de France face à Perpignan en 2003 pour son dernier match en club,

défaites. Parallèlement, Galthié commente les matchs des Bleus pour France Télévision depuis 2006 avec un

Fabien Galthié se présente face au dernier grand défi de sa carrière de rugbyman, une Coupe du Monde en Australie. La compétition débute parfaitement avec de gros scores contre des nations comme l’Écosse ou

franc succès et tient une chronique dans le quotidien L’Équipe. Mais pour cet hyperactif, une case n’a toujours pas été cochée, un sésame qu’il brigue depuis longtemps maintenant : le poste de sélectionneur du

l’Irlande. Malheureusement, cet élan se brise en demi

XV

de France. En 2007, il se fait ravir la place par Marc

contre le réalisme anglais et son intraitable buteur

Lièvremont. En 2011, c’est Philippe Saint-André qui

Jonny Wilkinson. Fabien Galthié achève alors sa

lui

passe devant. Guy Novès lui grille enfin la politesse

carrière avec un compteur bloqué à 64 sélections, un

en

2015. Bien malin qui pourra savoir où rebondira

record pour un demi de mêlée français. Infatigable passionné, Fabien Galthié devient

Galthié dans les semaines à venir. Pour les Bleus, rendez-vous en 2019…

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Brive – Leicester 28 - 9

C’était un autre temps. Un temps où les maillots étaient encore amples et parfois à manches longues. Un temps où les Tigers de Leicester n’arboraient pas des numéros dans leur dos, mais des lettres, de A à O au lieu de 1 à 15, seule originalité que les Anglais peuvent revendiquer sur le terrain de l’Arms Park ce 25 janvier 1997. Cet après-midi-là, ce sont bien les Français qui montrent le plus de fantaisie et de créativité, dans une ambiance plutôt hostile…

Par Adrien Corée

Située à trois heures de route de Leicester, la capitale galloise est envahie par les supporters anglais, tout de vert et rouge vêtus. Une donnée qu’avait prévu Laurent Seigne, l’entraîneur briviste. « Nous savions que sur les 40 000 spectateurs de Cardiff, 20 000 seraient des supporters de Leicester et 5 000 de Brive seulement. Si nous entamions bien le match, nous pouvions mettre de notre côté les 15 000 spectateurs sans parti pris et rééquilibrer les forces. » Et dès la 5 e minute, c’est l’arrière corrézien qui met le feu dans une défense approximative de Leicester. En éliminant trois défenseurs sur 50 mètres, Sébastien

Viars entre dans la légende des Noirs et Blancs avec un essai qui fait encore frissonner les supporters brivistes. Le CAB mène déjà 8-0. Si en demi, les Tigers ont humilié le champion en titre toulousain (37-11), ils n’ont pas le même rendement lors de cette finale. Pourtant, de grands joueurs composent cette équipe, comme le légendaire Martin Johnson ou les vieux briscards Rory Underwood et Dean Richards. On voit aussi de nouvelles têtes pointer le bout du nez. Graham Rowntree, Richard Cockerill, John Liley sont tous des internationaux en puissance. Un Liley qui passe d’ailleurs deux pénalités

Brive - Leicester

Brive - Leicester match de légende pour maintenir tant bien que mal son équipe dans le

match de légende

Brive - Leicester match de légende pour maintenir tant bien que mal son équipe dans le

pour maintenir tant bien que mal son équipe dans

le coup. À la mi-temps, le CAB ne mène que de deux

points (8-6) malgré une domination sans partage. Dans les vestiaires, les Corréziens se regardent tous.

Les Duboisset, Travers, Casadeï, Carbonneau, Venditti, Lamaison, Penaud s’encouragent et se promettent d’y arriver. Hors de question d’échouer après un si beau parcours. Ils se motivent également en se remémorant

la façon dont le capitaine anglais Dean Richards a pris

de haut son homologue briviste Alain Penaud lors de

la conférence de presse des capitaines la veille.

Au retour des vestiaires, Liley convertit une nouvelle pénalité pour les Anglais qui passent devant pour la première… et dernière fois. Peu avant l’heure

de jeu, un récital écrit « Noir sur Blanc » commence. Il

y a d’abord l’ailier droit Gérald Fabre qui, à la manière de son arrière en début de match, donne le tournis au défenseur anglais avant de redonner l’avantage

aux siens (13-9). Dix minutes plus tard, c’est l’autre ailier, Sébastien Carrat, qui alourdit le score à la suite d’un magnifique mouvement collectif. Christophe Lamaison, pas en réussite sur ce match, rate une nouvelle fois la transformation avant de se racheter avec un drop qui douche les derniers espoirs anglais

à la 74 e minute (21-9). Carrat plante même un dernier essai, son deuxième de la journée, après un très bon travail de Viars qui fait parler une fois de ses qualités offensives.

Viars qui fait parler une fois de ses qualités offensives. 28-9, le score final est sans

28-9, le score final est sans appel et presque flatteur pour les Anglais. À Brive, la fête se prolonge jusqu’au bout de la nuit pour les supporters. Eux qui sont privés de titre de champion de France malgré quatre finales (1965, 1972, 1975, 1996) voient désormais leur équipe sur le toit de l’Europe ! Les joueurs sont reçus à l’Élysée par le président Chirac qui s’affiche avec la Corrèze qui gagne. Plus qu’un département, c’est la France qui fait rayonner son rugby sur le vieux continent, après le succès du Stade Toulousain lors de la première édition précédente.

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Double Wood, avec beaucoup de modération. Ce single malt, un grand classique du Speyside, vieilli en fûts de bourbon, a été affiné un an dans des fûts de sherry Oloroso. De couleur ambrée, le nez est marqué par le sherry et les agrumes. La bouche évoque tour à tour la douceur du sherry, les agrumes et les épices. La finale est longue et chaleureuse.

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POM POM GIRL Ketty, pom-pom girl de l’Union BordeaUx Bègles Propos recueillis par Arnaud Grangier

POM POM GIRL

Ketty,

pom-pom girl de l’Union BordeaUx Bègles

Propos recueillis par Arnaud Grangier

BordeaUx Bègles Propos recueillis par Arnaud Grangier Comment devient-on pom-pom girl pour les UBB Girls ?

Comment devient-on pom-pom girl pour les UBB Girls ? Il faut avant tout savoir danser, vouloir vivre une aventure extraordinaire et surtout, avoir l’esprit d’équipe ! J’ai monté et créé la troupe des UBB Girls en recrutant lors de mes cours. En effet, je suis prof de Ragga, Street-jazz, hip-hop et Zumba. J’ai dirigé la troupe pendant trois ans et depuis juin 2015, je ne travaille plus avec l’UBB. Je viens de monter une nouvelle équipe pour les Girondins de Bordeaux et les Boxers de Bordeaux. Aujourd’hui, pour les Boxers de Bordeaux, nous sommes les Austra Girls et pour les Girondins, nous sommes les Latin Girls (pompom girls officielles des girondins de Bordeaux).

Aimes-tu l’ambiance du stade Chaban Delmas ? L’ambiance à Chaban est extraordinaire, le public bordelais est fantastique. De même, l’ambiance au nouveau stade est tout aussi fabuleuse ! Les Ultra Marines nous ont applaudies chaleureusement lors de notre première prestation.

Reçois-tu des compliments ou des remarques de joueurs, supporters

Les supporters sont vraiment adorables avec nous. Beaucoup nous félicitent et nous remercient d’amener un peu d’animation lors des matchs.

?

Comment conçois-tu les chorégraphies ? Ayant ma propre salle de danse, je crée mes chorégraphies généralement le dimanche, tranquillement !

Regardes-tu les autres équipes de pom-pom girls ? Honnêtement, non, mais il n’y a pas de concurrence ou de rivalité, nous sommes toutes là pour soutenir notre équipe et amener un peu de féminité dans un univers très masculin.

Comment prépares-tu un match ? Généralement, lorsqu’un match débute à 18h, nous sommes au stade dès 14h pour faire nos répétitions !

Suis-tu les matchs de rugby et quel est votre joueur préféré ? Aujourd’hui, je suis plus les matchs de foot ! Désolée… Mon joueur préféré reste quand même Matthew Clarkin.