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CHAPITRE

Lecomportement anormal dans uncontexte historique

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Sommaire

Lecomportement anormal dans uncontexte historique 1 Sommaire 1. Comprendre la psychopathologie 2 2. La tradition

1. Comprendre la psychopathologie

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2. La tradition surnaturelle

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3. La tradition biologique

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4. La tradition psychologique

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5. Le présent : la méthode scientifique

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23 5. Le présent : la méthode scientifique 43 Une compréhension complète de la nature de

Une compréhension complète de la nature de la folie, une conception correcte et distincte de ce qui constitue la distinction entre le sain d’esprit et l’aliéné n’a, pour autant que je sache, pas été trouvée.

Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation.

n’a, pour autant que je sache, pas été trouvée. Schopenhauer , Le monde comme volonté et

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Chapitre 1 – Le comportement anormal dans un contexte historique

1 – Le comportement anormal dans un contexte historique Julie La jeune fille qui s’évanouissait à
1 – Le comportement anormal dans un contexte historique Julie La jeune fille qui s’évanouissait à
1 – Le comportement anormal dans un contexte historique Julie La jeune fille qui s’évanouissait à
1 – Le comportement anormal dans un contexte historique Julie La jeune fille qui s’évanouissait à
1 – Le comportement anormal dans un contexte historique Julie La jeune fille qui s’évanouissait à
1 – Le comportement anormal dans un contexte historique Julie La jeune fille qui s’évanouissait à
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1 – Le comportement anormal dans un contexte historique Julie La jeune fille qui s’évanouissait à

Julie

La jeune fille qui s’évanouissait à la vue du sang

Julie La jeune fille qui s’évanouissait à la vue du sang Julie, une jeune fille de

Julie, une jeune fille de 16 ans, avait été envoyée à notre Centre clinique de traitement de l’anxiété suite à des évanouissements de plus en plus fré- quents. Deux ans auparavant, lors de son premier cours de biologie, son pro- fesseur avait projeté un film décrivant la dissection d’une grenouille afin d’illustrer divers points d’anatomie. Il s’agissait d’un film particulièrement expressif montrant des images très « réalistes » de sang, de tissus et de mus- cles. Vers la moitié de la projection, Julie eut un léger haut-le-cœur et sortit de la classe. Mais les images de cette dissection ne la quittèrent pas et conti- nuèrent à l’importuner et à lui donner parfois des nausées. Elle se mit à éviter des situations l’exposant à la vue du sang ou de blessures et n’ouvrit plus de magazines où ces genres d’images risquaient d’apparaître. Elle se mit à éprouver de la difficulté à la vue de viande crue et même d’un simple spara- drap. Tout ce qui risquait d’évoquer des images de sang ou de lésion provo- quait en elle des étourdissements. Elle en vint au point de ne plus pouvoir entendre l’un de ses amis dire « coupez ! » sans se sentir défaillir. Environ 6 mois avant sa première visite au Centre, elle s’évanouissait chaque fois qu’elle se trouvait confrontée à un objet ou à une situation déclenchant une association d’images en rapport avec le sang. Son médecin de famille ne trouva rien d’anormal, pas plus que d’autres spécialistes qu’elle alla consul- ter. Au moment où elle nous fut envoyée, elle s’évanouissait cinq à dix fois par semaine, souvent en classe. Cette situation était devenue problématique pour elle et perturbait le déroulement normal des activités scolaires : chaque fois qu’elle s’évanouissait, ses camarades se précipitaient vers elles pour l’aider et le cours s’en trouvait interrompu. Du fait que personne n’avait

trouvé quoi que ce soit d’anormal chez Julie, le proviseur finit par conclure qu’elle était une manipulatrice et l’exclut de l’école, en dépit du fait qu’elle était une élève studieuse et disciplinée. En fait, Julie souffrait de ce que nous appelons aujourd’hui une phobie du sous-type sang-injection-accident 1 . Sa réaction, plutôt sévère, satisfaisait au critère de sa qualification de phobique , la phobie étant un trouble psy- chologique caractérisé par la peur marquée et persistante d’un objet ou d’une situation. Toutefois, nombreux sont ceux qui ont des réactions sem- blables à celles de Julie — quoique moins sévères — au moment où ils vont recevoir une injection ou être confrontés à la vue de lésions — avec ou sans saignement. Pour les personnes dont la réaction est aussi sévère que celle de Julie, cette phobie peut être très handicapante. Elles pourraient être ame- nées à éviter certains choix de carrières, médecine ou soins infirmiers et être effrayées par les aiguilles et les injections au point de mettre leur santé en danger quand ces dernières sont nécessaires.

1. Le DSM -IV (abréviation pour « Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) » distingue 5 sous-types de phobies dites spécifiques : le type animal, le type environnemental, le type situa- tionnel, le type sang-injection-accident et enfin la catégorie « autre ». Le type qui nous intéresse est supposé héréditaire et 55 à 70 % des cas sont des femmes (voir DSM-IV, pp. 476/479) N. d. T.

Comprendre la psychopathologiecas sont des femmes (voir DSM-IV, pp. 476/479) N. d. T . Ce matin, vous vous

Ce matin, vous vous êtes levé, avez pris votre petit déjeuner ; ensuite, vous êtes allé étudier en classe. À la fin de la journée, vous avez apprécié la compagnie d’amis avant de tomber dans les bras de Morphée. Il ne vous est probablement jamais venu à l’esprit que de nombreuses personnes en parfaite condition physique sont incapables d’accomplir de telles activités ou l’une ou l’autre d’entre-elles. Ce que ces personnes ont en commun est un trouble psychologique, c’est-à-dire un dys- fonctionnement psychologique associé à un sentiment de détresse ou à une dégrada- tion fonctionnelle ainsi qu’une réaction atypique ou inattendue dans un contexte culturel donné. Mais avant d’avancer plus en détail dans la compréhension de ce que cela signifie, penchons-nous sur un cas individuel :

1.1 ce que cela signifie, penchons-nous sur un cas individuel : Qu’est-ce qu’un trouble psychologique ? Gardant

Qu’est-ce qu’un trouble psychologique ?

Gardant en mémoire les problèmes de Julie, penchons-nous sur la définition du trouble psychologique ou du comportement anormal. Un trouble psychologique est un dysfonctionnement psychologique associé à un sentiment de détresse ou à une dégradation fonctionnelle. Un comportement anormal est une réaction ou réponse comportementale atypique ou inattendue dans un contexte culturel donné

Comprendre la psychopathologie

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Comprendre la psychopathologie 3 (figure 1.1). À première vue, ces trois critères semblent triviaux, mais en
Comprendre la psychopathologie 3 (figure 1.1). À première vue, ces trois critères semblent triviaux, mais en
Comprendre la psychopathologie 3 (figure 1.1). À première vue, ces trois critères semblent triviaux, mais en
Comprendre la psychopathologie 3 (figure 1.1). À première vue, ces trois critères semblent triviaux, mais en
Comprendre la psychopathologie 3 (figure 1.1). À première vue, ces trois critères semblent triviaux, mais en
Comprendre la psychopathologie 3 (figure 1.1). À première vue, ces trois critères semblent triviaux, mais en
Comprendre la psychopathologie 3 (figure 1.1). À première vue, ces trois critères semblent triviaux, mais en
Comprendre la psychopathologie 3 (figure 1.1). À première vue, ces trois critères semblent triviaux, mais en
Comprendre la psychopathologie 3 (figure 1.1). À première vue, ces trois critères semblent triviaux, mais en

(figure 1.1). À première vue, ces trois critères semblent triviaux, mais en réalité, ils ne sont pas faciles à déterminer et valent la peine d’être sondés quant à leur signifi- cation exacte. Vous constaterez, et c’est important, qu’aucun critère unique permet- tant de définir l’anormalité n’a encore été développé.

1.1.1 Dysfonctionnement psychologique

Un dysfonctionnement psychologique se rapporte à une cassure dans le fonc- tionnement cognitif, émotionnel et comportemental d’une personne. Supposons que vous soyez sorti et participiez à une soirée sensée amusante, mais qu’au lieu de cela, vous ressentiez durant toute la soirée une peur insupportable et que ce à quoi votre être aspire soit de retourner au plus vite chez vous ; dans ce cas, vos émotions se sont révélées inadéquates. Par contre, si vos amis vous ont averti que la personne avec laquelle vous avez rendez-vous est dangereuse, il n’est pas dysfonctionnel d’éprouver de la peur et de vouloir prendre la poudre d’escampette.

Dans le cas de Julie, on peut parler de dysfonctionnement : elle s’évanouit à la vue du sang. Cependant, de nombreuses personnes éprouvent une version « allégée » d’une telle réaction (se sentent mal à la vue du sang), sans pour autant satisfaire aux critères définissant le « trouble ». Autrement dit, il est souvent difficile de tra- cer la limite entre le dysfonctionnement normal et le dysfonctionnement anormal. C’est pourquoi ces problèmes sont répartis le long d’un continuum ou sont consi- dérés comme des dimensions plutôt que d’être désignés par la présence ou l’absence de catégories. C’est également la raison pour laquelle le constat d’un dysfonction- nement ne suffit pas pour poser le diagnostic de trouble psychologique. C’est la rai- son pour laquelle, nous concevons souvent ce type de difficultés en termes de dimensions ou de difficultés arrangées le long d’un continuum plutôt que comme des catégories de dysfonctions qui seraient présentes ou absentes chez un indi- vidu. C’est également pourquoi la simple présence d’une dysfonction n’est pas une condition suffisante pour satisfaire aux critères de trouble psychologique.

1.1.2 Détresse personnelle

Que la conduite en cause ou le trouble soient associés à de la détresse est un élément important et sans équivoque dans la définition d’un comportement anor- mal. Ce critère est satisfait dès lors qu’un individu affecté par un trouble du com-

Trouble psychologique Dysfonctionnement psychologique Détresse ou dégradation fonctionnelle Réaction atypique
Trouble
psychologique
Dysfonctionnement
psychologique
Détresse ou dégradation
fonctionnelle
Réaction atypique

Figure1.1

Les critères de définition des troubles psychologiques

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Chapitre 1 – Le comportement anormal dans un contexte historique

1 – Le comportement anormal dans un contexte historique portement est extrêmement bouleversé. Nous pouvons
1 – Le comportement anormal dans un contexte historique portement est extrêmement bouleversé. Nous pouvons
1 – Le comportement anormal dans un contexte historique portement est extrêmement bouleversé. Nous pouvons
1 – Le comportement anormal dans un contexte historique portement est extrêmement bouleversé. Nous pouvons
1 – Le comportement anormal dans un contexte historique portement est extrêmement bouleversé. Nous pouvons
1 – Le comportement anormal dans un contexte historique portement est extrêmement bouleversé. Nous pouvons
1 – Le comportement anormal dans un contexte historique portement est extrêmement bouleversé. Nous pouvons
1 – Le comportement anormal dans un contexte historique portement est extrêmement bouleversé. Nous pouvons
1 – Le comportement anormal dans un contexte historique portement est extrêmement bouleversé. Nous pouvons

portement est extrêmement bouleversé. Nous pouvons affirmer sans hésitation que Julie était très contrariée par sa phobie et en souffrait considérablement. Mais rap- pelons-nous que le critère de la souffrance est, en soi, insuffisant pour définir un comportement anormal. Il est, par exemple, normal d’être affligé quand meurt un de nos proches. La condition humaine est ainsi faite que la souffrance et la détresse prennent une part importante dans notre vie. D’autre part, l’absence de souffrance et de détresse constitue un paramètre de définition de certains troubles. Prenons, par exemple, une personne dont les sentiments d’exaltation extrême et la possible impulsivité font partie d’un épisode maniaque. Comme nous le verrons au Chapitre 7, l’une des difficultés majeures liées à ce trouble est que ces personnes se sentent très bien quand elles traversent un épisode maniaque au point qu’elles répu- gnent à entamer ou poursuivre un traitement. Ainsi, définir un trouble psychologi- que par la détresse qu’il engendre est insuffisant, bien que le concept de détresse contribue à une définition appropriée.

La notion d’altération est utile, quoique non entièrement satisfaisante. Par exem- ple, beaucoup de gens se trouvent timides ou paresseux. Cela ne signifie pas pour autant qu’il s’agit de personnes anormales. Si toutefois vous êtes timide au point d’éviter toute rencontre, bien qu’au fond vous aimeriez vous faire des amis, alors votre fonctionnement social est altéré. La phobie de Julie a clairement altéré son comportement social, mais nombreux sont ceux chez qui de telles réactions moins sévères n’altèrent pas le fonctionnement social. Cette différence illustre bien que la plupart des troubles psychologiques sont simplement l’expression extrême d’émotions, de comportements et de processus cognitifs normaux.

1.1.3 Caractère atypique ou inattentu du comportement

Finalement, le critère du caractère atypique ou inattendu du comportement dans un contexte culturel donné est important mais encore insuffisant pour déter- miner l’anormalité. Quelque chose peut être qualifié d’anormal parce que rare. Nous pouvons trouver quelqu’un anormalement grand ou petit. Cela signifie que la taille de la personne considérée dévie substantiellement de la moyenne, mais cela ne cons- titue évidemment pas un trouble. Nombreux sont ceux dont le comportement dévie considérablement de la moyenne et que nous regardons comme exceptionnellement talentueux ou excentriques. Beaucoup d’athlètes, d’acteurs et d’artistes sont classés dans cette catégorie. Par exemple, il est anormal de se masturber en public, pour- tant, la chanteuse Madona l’a fait à de nombreuses reprises sur scène ; J. D. Salinger, l’auteur de Catcher in the Rye, s’est retiré dans une petite localité du New Hampshire, refusant toute visite pendant de longues années, sans pour autant ces- ser d’écrire ; le chanteur Marilyn Manson apparaît sur scène habillé et maquillé en femme. Ces personnages célèbres qui gagnent beaucoup d’argent semblent appré- cier leur carrière. Dans la plupart des cas, plus quelqu’un est productif, plus ses excentricités sont tolérées. C’est pourquoi « dévier de la norme » ne suffit pas pour définir l’anormalité.

Un autre point de vue stipule qu’il y a anormalité lorsqu’une norme comportemen- tale établie par la société est violée, même si un certain nombre de personnes sou- tiennent cette violation. Cette définition tient compte de l’importance des différences culturelles dans le rapport au trouble mental. Par exemple, être en état de transe et se croire possédé est considéré comme pathologique dans la plupart

Comprendre la psychopathologie

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Comprendre la psychopathologie 5 des cultures occidentales, mais non dans beaucoup d’autres cultures où ce compor-
Comprendre la psychopathologie 5 des cultures occidentales, mais non dans beaucoup d’autres cultures où ce compor-
Comprendre la psychopathologie 5 des cultures occidentales, mais non dans beaucoup d’autres cultures où ce compor-
Comprendre la psychopathologie 5 des cultures occidentales, mais non dans beaucoup d’autres cultures où ce compor-
Comprendre la psychopathologie 5 des cultures occidentales, mais non dans beaucoup d’autres cultures où ce compor-
Comprendre la psychopathologie 5 des cultures occidentales, mais non dans beaucoup d’autres cultures où ce compor-
Comprendre la psychopathologie 5 des cultures occidentales, mais non dans beaucoup d’autres cultures où ce compor-
Comprendre la psychopathologie 5 des cultures occidentales, mais non dans beaucoup d’autres cultures où ce compor-
Comprendre la psychopathologie 5 des cultures occidentales, mais non dans beaucoup d’autres cultures où ce compor-

des cultures occidentales, mais non dans beaucoup d’autres cultures où ce compor- tement est accepté, voire attendu (voir Chapitre 6). (La perspective culturelle ser- vira souvent de référence importante tout au long de ce livre.) Un exemple instructif de ce point de vue nous a été rapporté par Robert Sapolsky (2002), illus- tre neuroscientifique qui durant ses études travailla en étroite collaboration avec la tribu masaï en Afrique de l’Est. Un jour, Rhoda, une amie masaï de Sapolsky, lui demanda d’amener sa jeep le plus vite possible dans un village masaï où une femme avait présenté un comportement très agressif et affirmait avoir entendu des voix. Elle avait en fait tué une chèvre à mains nues. Sapolski et quelques Masaïs réussi- rent à la maîtriser et à l’emmener dans un centre de santé local. Réalisant que se présentait pour lui l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le point de vue masaï à propos des troubles mentaux, il retranscrivit la discussion suivante qu’il eut avec son amie Rhoda :

« Eh bien, Rhoda, » commençai-je laconiquement, « qu’est-ce qui, selon toi, n’allait pas avec cette femme ? » Elle me regarda comme si j’étais fou.

« Elle est folle. »

« Mais comment peux-tu le savoir ? »

« Elle est folle. Ne peux-tu t’en rendre compte à la façon dont elle se comporte ? »

« Mais comment détermines-tu, toi, qu’elle est folle ? Qu’a-t-elle fait ? »

« Elle a tué une chèvre. »

« Oh », fis-je, empreint d’un détachement tout anthropologique, « mais les Masaïs tuent des chèvres tout le temps… »

Elle me dévisagea comme si j’étais devenu vraiment idiot. « Seuls les hommes tuent les chèvres », me répondit-elle.

« Bon, et à quoi d’autre peux-tu déterminer qu’elle est folle ? »

« Elle entend des voix. »

Une fois de plus, je me montrai perplexe. « Ah, mais les Masaïs entendent des voix, parfois. » (lors de cérémonies, avant de partir en transhumance avec le bétail, les Masaïs exécutent des danses rituelles induisant des transes durant lesquelles ils affirment entendre des voix), et en une phrase, Rhoda résuma la quasi-moitié de ce que chacun devrait savoir en psychiatrie trans culturelle :

« Mais elle a entendu des voix au mauvais moment. » (p. 138).

Cependant, la violation de la norme sociale établie comme critère suffisant du dia- gnostic d’anormalité, a parfois été utilisée abusivement. L’exemple des interne- ments psychiatriques de dissidents politiques, jadis pratiqués dans l’ancienne Union Soviétique avant la chute du communisme, montre que le comportement des dissidents considéré comme une violation des normes sociales, n’aurait jamais dû être la raison de leur internement.

Dans une analyse très pénétrante, Jérôme Wakefield (1992, 1999) utilise un style télégraphique dans sa définition du trouble mental : « dysfonctionnement dangereux ». Un concept apparenté et également utile consiste à déterminer la mesure dans laquelle le comportement observé est sous le contrôle de la personne qui le présente (s’agit-il d’un comportement qu’elle ne veut consciemment pas avoir ? (Widiger & Sarkis, 2000). Une variante de cette approche du trouble men- tal est souvent adoptée dans la pratique psychodiagnostique courante, comme l’illustre la quatrième édition du manuel diagnostique et statistique DSM-IV-TR (publié par l’American Psychiatric Association en 2000) qui contient la liste cou-

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Chapitre 1 – Le comportement anormal dans un contexte historique

1 – Le comportement anormal dans un contexte historique rante des critères des troubles psychologiques. C’est
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rante des critères des troubles psychologiques. C’est cette approche qui guide notre réflexion tout au long de cet ouvrage.

1.1.4 Vers une définition acceptée de l’anormalité

En conclusion, il est difficile de distinguer « le normal » de « l’anormal » (Lilienfeld & Marino, 1995, 1999) et le débat n’est pas près de s’achever (Houts, 2001 ; Clark, 1999 ; Klein, 1999 ; Spitzer, 1999 ; Wakefield, 2003). La définition la plus largement acceptée figurant dans le DSM-IV-TR décrit comme anormaux les dysfonctionnements comportementaux, émotionnels ou cognitifs inhabituels dans leur contexte culturel, associés à de la détresse personnelle ou à une altéra- tion considérable du fonctionnement. Cette définition peut s’avérer utile au tra- vers des cultures et sous-cultures dès lors que l’on accorde une attention particulière aux concepts de « fonctionnel » et « dysfonctionnel » (ou non contrôlé) dans une structure socioculturelle donnée. Mais il n’est jamais facile de déterminer ce que sont une dysfonction ou un manque de contrôle, et certains chercheurs arguent de façon convaincante que les professions de la santé ne pourront jamais définir de façon satisfaisante la « maladie » ou le « trouble » (par exemple, Lilienfeld et Marino, 1995 ; 1999). Le meilleur moyen d’y parvenir est d’examiner la mesure dans laquelle le trouble où la maladie correspond au « profil typique » d’un trouble — par exemple, à la dépression majeure ou à la schizophrénie — en présentant tous ou la majorité des symptômes que les experts s’accordent à identifier comme témoi- gnant de la présence du trouble. Nous désignons un profil typique par le terme de prototype et, comme nous le verrons dans le Chapitre 3, les critères diagnostiques du DSM-IV que vous trouverez au long de cet ouvrage sont tous des prototypes. Cela signifie qu’un patient peut présenter quelques symptômes ou caractéristiques d’un trouble (un nombre minimum), mais pas tous et pourtant, satisfaire aux critè- res du trouble parce que les symptômes qu’il présente correspondent suffisamment au « prototype ». Une fois de plus, ce concept est décrit de façon plus complète dans le Chapitre 3 où le diagnostic des troubles psychologiques est discuté.

Actuellement, le processus de planification pour l’élaboration de la cinquième édi- tion du Manuel diagnostique et statistique (DSM-V) a commencé (Kupfer, First, & Regier, 2002) et les comités de planification ont déjà commencé à se débattre avec les questions d’améliorations pouvant être apportées aux définitions des « troubles » évoqués. Premièrement, ils proposent d’entreprendre une analyse minutieuse des concepts qui désignent couramment les troubles mentaux tels que repris dans le DSM-IV-TR et d’évaluer le degré auquel ils sont conformes (ou non) à leurs nombreuses compréhensions actuelles. Deuxièmement, ils proposent de réaliser des sondages auprès de professionnels de la santé mentale à travers le monde afin de se faire une meilleure idée de la façon dont le concept de « troubles mentaux » est compris d’un pays à l’autre et de vérifier l’émergence de dénomina- teurs communs indiscutables. Finalement, par ce même procédé de sondages, ils comptent vérifier ce qui, aux yeux des professionnels de la santé mentale à travers le monde, sépare un sujet qui satisfait véritablement aux critères de trouble mental d’autres individus qui pourraient présenter une forme légère du même trouble sans que celle-ci n’interfère avec leur fonctionnement (Rounsaville et al., 2002). Nous espérons que ces sondages nous éclaireront sur l’épineux problème de la défi- nition d’un trouble mental.

Comprendre la psychopathologie

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Comprendre la psychopathologie 7 Au terme de ce paragraphe, nous vous proposons de relever le défi
Comprendre la psychopathologie 7 Au terme de ce paragraphe, nous vous proposons de relever le défi
Comprendre la psychopathologie 7 Au terme de ce paragraphe, nous vous proposons de relever le défi
Comprendre la psychopathologie 7 Au terme de ce paragraphe, nous vous proposons de relever le défi
Comprendre la psychopathologie 7 Au terme de ce paragraphe, nous vous proposons de relever le défi
Comprendre la psychopathologie 7 Au terme de ce paragraphe, nous vous proposons de relever le défi
Comprendre la psychopathologie 7 Au terme de ce paragraphe, nous vous proposons de relever le défi
Comprendre la psychopathologie 7 Au terme de ce paragraphe, nous vous proposons de relever le défi
Comprendre la psychopathologie 7 Au terme de ce paragraphe, nous vous proposons de relever le défi

Au terme de ce paragraphe, nous vous proposons de relever le défi d’amener le problème de la définition du comportement anormal vers une étape ultérieure en fonction de la considération suivante : qu’adviendrait-il si Julie s’évanouissait si souvent qu’après un certain temps, ni ses camarades de classe, ni ses professeurs ne le remarqueraient plus parce qu’elle reprendrait conscience très rapidement ? Et si Julie continuait à obtenir de bons résultats scolaires, le fait de tourner de l’œil à chaque évocation du sang constituerait-il un trouble ? Parlerait-on d’altération ? De dysfonctionnement ? De détresse ? Qu’en pensez-vous ?

1.2

dysfonctionnement ? De détresse ? Qu’en pensez-vous ? 1.2 La science de la psychopathologie La psychopathologie

La science de la psychopathologie

La psychopathologie est l’étude scientifique des troubles psychologiques. Elle comprend des professionnels spécialisés dans de nombreux domaines apparen- tés tels que psychologues cliniciens et conseillers, psychopédagogues, psychiatres, assistants sociaux et infirmiers spécialisés dans les soins psychiatriques, ainsi que les thérapeutes familiaux et de couples et les conseillers en santé mentale. En France, en Belgique, en Suisse et au Québec, les psychologues cliniciens doivent pré- parer un diplôme universitaire spécialisé dans le domaine de la psychologie clinique ou un doctorat selon qu’ils souhaitent s’orienter vers le conseil en entreprises pri- vées ou la recherche. Aux États-Unis, les psychologues cliniciens ou conseillers doi- vent obtenir le grade de docteur et suivre pendant environ cinq années un stage post-doctoral qui a pour objectif de les préparer à la recherche sur les causes et les traitements des troubles psychologiques ainsi qu’au diagnostic, à l’évaluation et au traitement de ces troubles par une intervention psychosociale. Les psychologues expérimentalistes et les psychologues sociaux se consacrent, quant à eux, à la recherche relative aux déterminants de base des comportements humains, sans se préoccuper de l’évaluation ou du traitement des troubles mentaux. De plus, bien que beaucoup de ses spécialités se recouvrent considérablement, les psychologues- conseillers ou d’orientation, se consacrent à l’étude et à l’orientation sociale et pro- fessionnelle d’individus essentiellement sains alors que les psychologues cliniciens se destinent généralement à la recherche et au traitement des troubles psychologi- ques sévères.

Les psychiatres commencent par obtenir leur diplôme de médecine pour, ensuite, se spécialiser pendant 3 à 4 ans d’internat en service de psychiatrie. En recherche, ils s’intéressent également à la nature et aux causes des troubles psychologiques, mais orientent leur réflexion vers une compréhension des fondements biologiques de ceux-ci. Eux aussi (comme les psychologues cliniciens), pratiquent la psychodia- gnostic et proposent des traitements appropriés, essentiellement médicamenteux, bien que beaucoup y intègrent un traitement psychosocial.

Les assistants sociaux psychiatriques sont titulaires d’un diplôme spécialisé les habi- litant à recueillir l’information pertinente relative à la situation familiale et sociale d’individus souffrant de troubles psychologiques. Ils traitent également ces trou- bles en portant le plus souvent leur attention sur les problèmes familiaux qui leur sont associés. Les personnes spécialisées en soins infirmiers psychiatriques obtien- nent un diplôme spécial (une maîtrise ou même un doctorat aux États-Unis) et font partie d’une équipe soignante traitant les patients hospitalisés pour troubles psy- chologiques. Finalement, les thérapeutes familiaux et les thérapeutes de couples