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La crise du travail

- D’AILLEURS LES POLITIQUES DE REINSERTION SOCIALE SANS


REINSERTION SUR LE MARCHE DU TRAVAIL ONT ETE DES ECHECS.

1 - L’EXEMPLE DES POLITIQUES VISANT A DEVELOPPER LE LIEN


SOCIAL DANS LES BANLIEUES

Bien souvent le terme exclusion est mal maîtrisé . En effet : « ce que l’on entend aujourd’hui
par exclusion ne désigne ni l’isolement, ni la non appartenance à une communauté ou à un
groupe » On a ainsi pu constater que : « les jeunes chômeurs des banlieues s’auto-organisent
en communauté (en bandes) où la solidarité, l’entraide, la coopération les lient et les intègrent
plus fortement que les membres d’organisation publiquement reconnues » . Pourtant ces
jeunes demeurent exclus car il leur manque ce qui insère réellement l’individu dans la société
c’est à dire la possession d’un travail . Dès lors , tout le travail social qui est actuellement
mené dans les banlieues qui sont considérées comme des zones prioritaires ne débouchera sur
aucun résultat concret tant que l’on ne créera pas d’emplois en nombre suffisant pour faire des
jeunes de véritables salariés avec tous les droits y afférents .

2 - L’EXEMPLE DU RMI

a - Une bonne mesure.

Le RMI créé en 1988 est une mesure qui visait deux objectifs ainsi que l’indique son nom : le
premier était d’assurer à tous les adultes de plus de 25 ans un revenu minimum qui devait leur
permettre d’éviter de tomber dans la grande pauvreté ( on retient ici la définition de la
pauvreté absolue , non celle de la pauvreté relative). Le second objectif était de permettre à
tous les individus de bénéficier de stage de formation , de réinsertion afin d’accroître leur
chance d’obtenir un emploi .
Le premier objectif a bien été atteint: « la perception du revenu minimum a permis aux
allocataires de couvrir un certains nombre de besoins essentiels, de connaître moins de
difficultés pour régler des charges fixes, voire pour certains d’engager un processus de
désendettement. La sécurité matérielle des allocataires a été complétée par l’amélioration
importante de la couverture maladie qui bénéficie désormais à 97 % d’entre eux ». On note
aussi une amélioration de l’insertion au sens de « insertion dans une sociabilité socio-
familiale »: « Les études du CERC ont montré que le RMI a joué un rôle positif dans les
relations avec l’entourage. La prestation semble avoir renforcé la solidarité familiale plutôt
que de l’avoir remplacé ».

b - Mais insuffisante.

« pourtant au vu des principaux indicateurs disponibles, la dynamique d’insertion reste


encore insuffisante. A la mi 91, près de 30 % des bénéficiaires qui avaient perçu l’allocation
RMI au cours du premier trimestre 1990 ont un emploi ou suivent une formation. Cet accès à
une activité n’a pas entraîné forcément une sortie immédiate du RMI, loin de là .»

c - Qui risque de générer des effets pervers .

Le RMI a eu deux effets pervers auxquels ne s’attendaient pas ses promoteurs :


- Le RMI est devenu un stigmate pour ses bénéficiaires qui ont l’impression (pas toujours à
tort) d’être considérés par la population ayant un emploi comme des fainéants qui ne font
aucun effort pour s’en sortir. On retrouve ici le problème de la responsabilité personnelle de la
pauvreté si chère aux libéraux qui les amènent à conclure que ce sont les aides qui créent les
pauvres et donc qu’il faut les supprimer. Or « ce fait est d’autant plus injuste qu’il s’est agi
pour beaucoup d’un dernier recours qu’ils ont accepté à défaut de trouver un emploi ». On
constate d’ailleurs que : « les deux tiers des allocataires du RMI demandent en priorité un
emploi, et les jeunes se détournent des stages lorsqu’ils ont compris qu’ils ne débouchent pas
sur un vrai travail ».
- « la garantie d’un revenu suffisant n’y changera rien. Ce revenu sera seulement un
revenu octroyé qui place ses bénéficiaires dans la dépendance vis à vis de l’Etat sans leur
donner aucune prise ni aucun droit sur lui ». Mais plus grave encore : « l’inconditionnalité du
revenu signifie au contraire que la société se passera fort bien du concours de ceux qui
préfèrent rester à l’écart : elle leur signifie qu’elle n’a pas besoin d’eux ». On risque alors de
voir une partie croissante de la population (le taux de rmistes ne cessant de progresser) être
durablement exclue de la société.
Pour éviter ces risques, la seule solution réellement efficace est de réinsérer les individus par
le travail .

D - IL FAUT DONC RETISSER DU LIEN SOCIAL EN MENANT DES


POLITIQUES QUI REINSERENT SUR LE MARCHE DU TRAVAIL.

1 - DES EXEMPLES DE POLITIQUES DE REINSERTION PAR LE


TRAVAIL.

L’exemple de chômeurs qui « font partie des quelques 70 000 mille personnes en situation
d’exclusion employées régulièrement dans le cadre de ces dispositifs dits d’insertion par
l’économique. (...) . L’idée était à la fois de satisfaire, selon une formule souvent citée, les
demandes sociales laissées sans réponse du fait de leur non rentabilité et d’offrir à la masse
croissante des exclus un moyen d’insertion plus efficace et formateur que les stages parkings.
En effet, les bénéficiaires de ces dispositifs sont employés en milieu professionnel normal
avec un statut de salarié « qui leur permet de compter de nouveau parmi les actifs de la société
parmi ses citoyens ». La grande force de tous ces dispositifs « est d’avoir compris que la
réinsertion passe nécessairement par la remise au travail. Redonner un emploi est le premier
point d’ancrage de la lutte contre l’exclusion ». En effet le retour à l’emploi présente deux
avantages essentiels :
- il répond à la demande des chômeurs
- Il redonne aux populations en difficulté des repères de temps et d’espace qui facilitent leur
réinsertion.
D’ailleurs, « partout on constate que cette démarche de remise au travail apporte le plus de
résultats : 50 à 70 % d’insertion ou de réinsertion à la sortie d’une entreprise d’insertion en
France, 70 % de retour à l’emploi pour les jeunes issus des écoles de production danoise, 90
% de réussite pour le programme Polo.

2 - IL FAUT REVALORISER LA PLACE DU TRAVAIL DANS


LA SOCIETE

les véritables causes de la crise du lien social dans la société française d’aujourd’hui sont
selon le rapport du plan: « ce n’est pas le travail qui manque », ce qui peut sembler paradoxal
quand on dénombre 3 millions de chômeurs. A cela les auteurs de la France malade du travail
ajoutent : « ce n’est pas du chômage que souffre la société française. La France est malade
parce que le travail a perdu la centralité qui devait être la sienne ». Dès lors , on peut penser
que , pour sortir véritablement de la crise du lien social dans laquelle nous nous trouvons
aujourd’hui, les politiques de création d’emplois , en particulier celles passant par la réduction
du temps de travail , ne sont pas suffisantes, elles peuvent même favoriser l’idée que le travail
doit occuper de moins en moins de place dans la vie des actifs. Or comme l’écrit C Dejours «
l’identité ne peut pas se construire uniquement sur l’espace privé ». B Perret critique les
analyses de ceux qui annoncent « sinon la fin du travail, du moins la réduction de son rôle
social. Or « même si son importance quantitative dans l’existence humaine a fortement
diminué, même si le lien entre revenu et travail est devenu plus flou, l’emploi reste au coeur
des processus d’émancipation individuelle, d’intégration et de partage du pouvoir social. Et le
fait qu’il faille toujours moins de travail pour fabriquer un pantalon ou une voiture n’y change
pas grand chose. » Dès lors, ne sommes nous pas condamnés, que l’on le veuille ou non , à
revaloriser le rôle et la place du travail dans nos sociétés ?

D Méda s’efforce de critiquer cette conception quand elle écrit : « la philosophie de nos
sociétés modernes - en effet malades du travail , mais dans un autre sens que celui que
donnent les auteurs précédemment cités à cette expression - tient toute entière dans ce
syllogisme : le lien social est en crise , or le travail est le coeur du lien social, donc il faut plus
de travail. » C’est toute une conception que rejette un nombre croissant de penseurs qui
considèrent que le travail n’a jamais eu pour objectif essentiel de créer du lien social , qu’il
sera d’autant moins à même d’occuper ce rôle dans le futur que l’on ne voit pas comment l’on
pourrait créer suffisamment d’emplois pour que le chômage ne soit plus d’actualité . Dès lors
ne faut-il pas envisager de nouvelles sources de lien social assurant l’intégration des
individus?